COMPTE-RENDU, opéra. PARIS, Garnier, le 12 sept 2019. VERDI: La Traviata. Yende, Bernheim, Mariotti / Stone.

Traviata opera garnier paris critique opera classiquenews 600x337_charles_duprat_opera_national_de_paris-la-traviata-19-20-charles-duprat-onp-22-_1Compte rendu, opéra. Paris. Opéra Garnier, 12 septembre 2019. La Traviata, Verdi. Pretty Yende, Benjamin Bernheim, Ludovic Tézier… Orchestre de l’opéra. Michele Mariotti, direction. Simon Stone, mise en scène. Nouvelle production du chef-d’œuvre verdien, La Traviata, à l’affiche pour la rentrée 2019 2020 de l’Opéra National de Paris. L’australien Simon Stone signe une transposition de l’intrigue à notre époque, avec la volonté évidente de parler à la jeunesse actuelle. La soprano Pretty Yende dans le rôle-titre fait une prise de rôle magistrale, entourée des grandes voix telles que celles du ténor Benjamin Bernheim et du baryton Ludovic Tézier. L’orchestre maison est dirigé par le chef italien Michele Mariotti. Une nouveauté riche en paillettes et perlimpinpin, bruyante et incohérente parfois, malgré la beauté plastique indéniable de la soprano, les néons, les costumes hautes en couleur… le bijou reste invisible aux yeux.

 

 

La Traviata 2.0…
en frivolité stylisée

 

 

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La Traviata est certainement l’un des opéras les plus célèbres et joués dans le monde entier. Le livret de Francesco Maria Piave d’après La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils n’y est pas pour rien. Le grand Verdi a su donner davantage de consistance et d’humanité aux personnages mis en musique. Si l’histoire archiconnue de Violetta Valéry, « courtisane », est un produit de son époque, inspiré d’ailleurs de faits réels, seule la musique fantastique de Verdi cautionne l’indéniable popularité inépuisable de l’opus. Si le public contemporain européen est de moins en moins friand d’histoires tragiques où les femmes sont condamnées à la victimisation par une société à la misogynie conquérante, nous aimons toujours être conquis par les sopranos qui s’attaquent au rôle, et qui malgré la mort tragique sur scène, gagnent néanmoins à la fin de la performance, par la force de leur talent et leur insigne compétence.

Dans la transposition du metteur en scène, M. Stone, nous avons droit à un première acte qui frappe l’oeil par l’usage ingénieux de la vidéo (signée Zakk Hein), avec les références contemporaines d’Instagram et Whatsapp. Violetta a donc des milliers de « followers », va faire la fête dans un célèbre club privé parisien, s’achète un #kebab en fin de soirée, etc.. Ca interpelle, c’est surprenant, c’est agréable, c’est cool, c’est fugace… C’est souvent anti musical. Regardons ce qu’il se passe sur scène au moment le plus connu du grand public de cet acte, la chanson à boire (le Brindisi)… Rien. Cela pourrait être presque intéressant, de faire d’un morceau choral et dansant un moment de tension dramatique apparente… Mais pourquoi ? Et comment ? Personne ne sait. La musique est dansante et légère, mais personne ne bouge. Si les interprètes n’avaient pas tourné le dos au public à certains moments, nous aurions pu dire qu’il s’agissait d’une mise en scène d’inspiration baroque, du fait de l’aspect profondément conventionnel de la proposition.
A un moment au 2e acte, nous avons droit à des néons tout à fait orgiaques, c’est audacieux et c’est kitsch. On adore. Immédiatement après vient une procession des choristes déguisés en plusieurs personnages des fantasmes érotiques, il y a du cuir, du latex, des godemichets… et sagement se forment des couples tout à fait hétéronormés, qui sagement regardent le public de face, sans bouger, pendant qu’ils chantent leur chœur puis quittent la scène. Il y a aussi pendant cet acte un bovidé sur scène. A la fin de l’acte la salle fut inondé d’applaudissements… et de quelques huées. Au troisième acte, le plus sobre, dans un contexte médical, plus ou moins explicite, l’espace scénique est constamment « pollué » par des mécanismes qui font marcher la scénographie, produisant d’insupportables bruits.

Heureusement les performances vocales sont salvatrices. Il y a un travail d’acteur indéniable, surtout de la part des protagonistes, mais également chez quelques seconds rôles. Ils sont habités par le drame, même si la proposition est étrangement moins dramatique que ce que nous en attendions.

 

 

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Pretty Yende dans le rôle-titre est une force discrète. Nous savons qu’elle a longtemps attendu avant d’incarner le rôle, malgré les propositions depuis de nombreuses années. Elle a bien fait ! Elle a le physique qui correspond au personnage et surtout elle est tout particulièrement juste dans la caractérisation, qui peut facilement sombrer dans l’excès de pathos. Si son jeu d’actrice est génial, le bijou est dans la voix. Sa performance est resplendissante, son souffle coupe le souffle et son legato ensorcelle, tout simplement. Le timbre est beau et touchant, et ses coloratures, bien que virtuoses, ne sont jamais frivoles. Son interprétation ultime, l’«addio del passato » à la fin de l’opéra est un moment inoubliable, où seul les frissons nous rappellent que le temps n’était pas vraiment suspendu. Une prise de rôle magistrale !

Dans le triumvirat des protagonistes, les rôles masculins d’Alfredo et de Giorgio Germont, fils et père, sont tout aussi brillamment interprétés. La performance de Ludovic Tézier dans le rôle du père est une Master Class de chant lyrique et de style. Le ténor Benjamin Bernheim est tout panache ! Il est vaillant dans les limites de la proposition scénique, mais a surtout une force expressive remarquable dans l’instrument. Le timbre est charmant ; sa voix remplit la salle et touche les coeurs.

Le choeur de l’Opéra sous la direction de José Luis Basso est à la hauteur des autres éléments de la production. La direction musicale du chef Michele Mariotti est tout à fait intéressante. Si dans l’ensemble tout paraît correcte, la performance des vents est tout à fait hors du commun. Si les voix de la Yende et de Bernheim, lors du duo du 1er acte « Un di, felice, eterea » sont ravissantes, les vents sont quant à eux, …sublimes.

 

 

 

 

 
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Nouvelle Traviata à l’Opéra National de Paris, avec un trio de protagonistes qui cautionnent entièrement le déplacement, une mise en scène pétillante et légère qui ne laisse pas indifférent. A l’affiche au Palais Garnier les 18, 21, 24, 26 et 28 septembre ainsi que les 1, 4, 6, 9, 12 et 16 octobre 2019, avec deux distributions. Illustrations : © Charles Duprat / OnP

 

 
 

 

Compte-rendu, Opéra. Barcelone, Liceu, le 19 oct 2018. BELLINI : I Puritani. Camarena, Yende, Miksimmon / Franklin.

Compte-rendu, Opéra. Liceu de Barcelone, le 19 octobre 2018. Vincenzo Bellini : I Puritani. Camarena, Yende, Kwicein, Mimica… Miksimmon / Franklin. En réunissant Pretty Yende et Javier Camarena en têtes d’affiche, I Puritani au Gran Teatre del Liceu de Barcelone était sans aucun doute l’un des spectacles les plus attendus de la saison européenne. Pour ce qui est de la partie vocale, les attentes n’ont pas été déçues…

 
 
 

Grande soirée belcantiste au Liceu !

 
 
 

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Pour le reste, on sait que I Puritani est un opéra extrêmement difficile à mettre en scène, son livret accusant d’évidents déséquilibres, et ce n’est pas la mise en scène confiée à l’irlandaise Annilese Miskimmon qui viendra résoudre la difficile équation, puisqu’elle complexifie un peu plus une histoire déjà passablement alambiquée. Car elle voir un parallèle entre l’époque de Cromwell à laquelle se passe l’histoire et la guerre de religion qui ensanglanta Belfast au milieu des années 70. Mais à la simple transposition, Miksimmon préfère juxtaposer les deux époques, et dans le (misérable et affreux) décor d’une salle des fêtes de la banlieue de Belfast, ce sont des personnages habillés en costumes du XVIIe qui y évoluent… L’intrigue apparaît encore plus opaque qu’elle ne l’est déjà, et l’on pardonnera encore moins cette nouvelle habitude de modifier les « happy ends » en drame : ici Arturo ne convole pas vers un juste bonheur mais est assassiné par les protestants, Elvira n’ayant d’autre choix que de sombrer à nouveau dans la folie…

De son côté, la direction musicale de Christopher Franklin alterne hauts et bas, commençant sous le signe de l’épure avant de basculer dans un ouragan sonore de proportions presque wagnériennes. On portera néanmoins à son crédit sa manière d’accompagner les chanteurs et de préserver la continuité musicale de la partition, ce qui n’est pas une tâche facile dans I Puritani…

Par bonheur, la distribution vocale rachète tout. L’Arturo de Javier Camarena était, bien entendu, la principale attraction de la soirée, et le ténor mexicain s’est joué de cette tessiture suraigüe avec son aisance coutumière, y ajoutant une pureté dans le legato, une lumière dans le timbre, une suavité dans les accents, et une intensité dans le phrasé sans rivales aujourd’hui dans ce répertoire. Tour à tour tendre et ardent, le personnage convainc de bout en bout, même s’il « se contente » d’un contre-Ré en lieu et place du contre-Fa attendu dans le fameux « Credeasi misera ». Propulsée vers les sommets depuis qu’elle a remporté le prestigieux Concours Operalia, la soprano sud-africaine Pretty Yende ne démérite pas en Elvira, délivrant un chant techniquement irréprochable, et faisant preuve d’une capacité à contrôler superbement l’émission de ses notes aigües, claires et timbrées sans jamais être criées, mais l’actrice peine en revanche à convaincre dans les moments les plus dramatiques de la partition. Devant l’enthousiasme généré par leur duo du III, Camarena et Yende bissent le célèbre « Vieni fra queste braccia », qui récolte bien 5mn d’applaudissements… Le baryton polonais Mariusz Kwicein offre un magnifique portrait de Riccardo, en ajoutant à la noblesse du phrasé bellinien une incroyable souplesse dans les ornements. Quant à la basse croate Marko Mimica, il possède tous les atouts pour être un Giorgio d’exception : splendeur du timbre, puissance vocale, legato racé et prestance scénique. Les comprimari n’appellent aucun reproche, avec une mention pour l’Enrichetta de Lidia Vinyes-Curtis, tandis que le ChÅ“ur du Gran Teatre del Liceu s’avèrent également d’une très belle tenue.

 
 
 

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Compte-rendu, Opéra. Liceu de Barcelone, le 19 octobre 2018. Vincenzo Bellini : I Puritani. Camarena, Yende, Kwicein, Mimica… Miksimmon / Franklin. Illustration © A. Bofill

 
 
 

PARIS : Pretty Yende chante Lucia à Bastille

PARIS, Opéra Bastille. Donizetti : Lucia di Lammermoor, 14 octobre – 16 novembre 2016. En adaptant pour Donizetti en 1835, le roman de Walter Scott, Salvatore Cammarano souligne l’impuissance tragique d’une fille pourtant bien née… elle est noble en son château, mais orpheline et sans le sou.

 

 

 

TOURS : Lucia de Lammermoor, les 7, 9, 11 octobre 2016

Le supplice de Lady Jane Grey par le peintre Hippolyte Paul Delaroche, 1834.

 

 

donizetti-687Lucia pourrait être une histoire parallèle au Roméo et Juliette de Shakespeare, l’une de ses possibles « variations » : il y est question comme dans le drame médiéval d’une rivalité entre deux clans, ici les Ashton et les Ravenswood. Et dans ce conflit qui détruit les familles, surgit l’amour qui unit pourtant deux de ses membres : Lucia Ashton aime passionnément Eduardo Ravenswood. Mais le frère de Lucia, Lord Enrico Ashton fait savoir dès la première scène qu’il décide du sort de sa soeur et la promet à un riche mariage, – avec Arturo Bucklaw, pour redorer le blason familial (et empocher les fruits de la dot). Les quiproquos malheureux (rendus possible par une étonnante passivité aveugle d’Eduardo), précipite le sort de Lucia pourtant constante et loyale dans ses sentiments : si elle épouse forcée, Arturo, elle le tue le soir des noces, puis devenue folle, se tue, entrainant le suicide d’Eduardo. Tragédie inéluctable des amants sur terre : les cÅ“urs purs ne sont pas de ce monde. Le dernier et troisième acte de Lucia est le plus spectaculaire : la scène de folie, écrin à vocalises, permet à la seule figure vraiment développée du drame lyrique, Lucia, âme pure et sacrifiée, de développer sa langueur mortifère dans une série de vocalises que Donizeeti doit à son prédécesseur Bellini. Donizetti cisèle la langue du bel canto le plus suave et délicat, sur le livret de Cammarano particulièrement efficace et simple, dans lequel le trio infernal de l’opéra italien romantique : baryton noir voire sadique (Enrico le frère), ténor ardent angélique (Edgardo l’amant écarté), soprano éclatant sacrificiel (Lucia) se fixe définitivement. Courrez applaudir cette production à l’Opéra Bastille, pour y YENDE-Pretty-582-390-pretty-yende-james-vaughan-verbier-festival_d_jpg_720x405_crop_upscale_q95écouter entre autres l’excellente et envoûtante soprano sud africaine Pretty Yende, qui dès 2010, était couronnée du Premier Prix au Concours international de Bel Canto Vincenzo Bellini : une artiste jeune et subtile, aux facilités techniques exceptionnelles, qui doit sa suprême musicalité à son passage entre autres, au sein de l’Académie de La Scala. Depuis sa distinction au Concours Bellini 2010, Pretty Yende chante au Metropolitan Opera, à La Scala et à présent, sur la scène de Bastille dans un rôle de pur bel canto, rôle pour lequel elle avait justement décroché le Prix Bellini 2010. C’était déjà en France. Voici donc le grand retour de la jeune diva bellinienne dans un ouvrage qu’elle sert admirablement.

Pretty Yende, nouvelle diva belcantisteCD. Pretty Yende vient de publier chez Sony classical son premier album, dédié, logiquement aux compositeurs italiens belcantistes, de Rossini, à Donizetti, dans omettre le maître entre tous, Bellini. CD “A journey” par Pretty Yende, CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016

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Lucia di Lammermoor de Donizetti à l’Opéra Bastille

Opéra séria en trois actes
Livret de Salvatore Cammarano
Création le 26 septembre 1835 à Naples

Direction musicale : Riccardo Frizza
Mise en scène : Andrei Serban

Lucia : Prety Yende, soprano (14,17, 23 octobre, 4, 8, 16 novembre 2016)
/ Nina Minasyan

Edgardo : Piero Pretti / Rame Lahaj
Enrico : Artur Rucinski
Arturo Bucklaw : Oleksiy Palchykov
Alisa : Gemma Ni Bhriain
Normanno : Yu Shao

Choeurs et Orchestre de l’Opéra National de Paris

 

 

CD, compte rendu critique. « A journey »… Pretty Yende, soprano. Bel canto et opéras romantiques français : Rossini, Bellini, Donizetti, Gounod, Delibes… (1cd Sony classical)

YENDE-pretty-cd-a-journey-582-582-cd-review-cd-compte-rendu-classiquenews-clic-de-classiquenews-Pretty-Yende-CoverCD, compte rendu critique. «  A journey »… Pretty Yende, soprano. Bel canto et opéras romantiques français : Rossini, Bellini, Donizetti, Gounod, Delibes… (1cd Sony classical)Jeune souveraine du beau chant… Coloratoure exceptionnellement douée, la jeune soprano sud africaine Pretty Yende (à peine trentenaire en 2016) fut révélée avant tout dès 2010, lors du premier Concours international de Bel Canto Vincenzo Bellini, seule compétition (française) dédiée aux spécifiés du chant bellinien (c’est à dire préverdien); son chant sûr et raffiné s’affirme ici au sommet de sa jeune carrière, telle une nouvelle Jessye Norman, alliant la grâce, le style, une technicité brillante et naturelle … au service des compositeurs lyriques d’avant Verdi : Rossini et son élégance virtuose ; Bellini et ses langueurs suaves d’une ineffable tendresse ; Donizetti, touche à touche géniale autant dans la veine dramatique et tragique que comique et bouffone… Soit de l’expressivité mordante et une noblesse naturelle doublée d’une technicité acrobatique avérée… autant de qualités qui lors du premier Concours précité, avait particulièrement marqué les esprits du Jury et du public.
Vraie coloratoure, douée d’une flexibilité saisissante, aux côtés de la beauté d’un timbre qui demain, chantera Bellini évidemment (Lucia à l’Opéra Bastille en 2016), surtout Mozart, la jeune diva (née en 1985) affirme sans détours, une étonnante maturité, une plasticité riche et nuancée malgré son jeune âge.
L’agilité des vocalises, la justesse de l’intonation, à la fois séduisante et brillante illumine l’intelligence juvénile de sa Rosina (Una voce poco fa) : tout l’art de la jeune diva se déploie ici : assurée, palpitante, d’un cristal inouï tant le brio pyrotechnique de ses vocalises reste remarquable de précision et de musicalité. En elle, rayonne une coloratoure virtuose, élégante, noble, d’une grande finesse de style et d’une juvénilité expressive illimitées.
En Français, sa Lakmé déroule une suavité à la fois opulente et enchantée, dans le duo des fleurs de Lamé (avec Kate Aldrich, à l’émission bien basse et comme voilée… de surcroît sur un tempo trop lent à notre goût). Si la tenue de Pretty Yende demeure sans faille, il n’en va pas de même avec ses partenaires… 2ème chanteuse ici et chef. La baguette lourde, trop détaillée, finit par enliser, malheureusement le duo qui en conséquence, n’est pas le meilleur titre du récital. Les récentes lectures sur instruments d’époque ont dévoilé une autre sonorité, pour les opéras romantiques français.

BELLINIENNE ENCHANTERESSE… Ecartons ces infimes réserves qui d’ailleurs ne concernent pas la jeune diva méritante mais plutôt ses partenaires. Car l’évidence vient après ces Rossini et Delibes du début : le plat de résistance reste le premier air Bellinien : Béatrice di Tenda, « Respiro io qui … puis Ah, la pena in lor Piombo » ; l’expérience bellinienne spécifique de Pretty Yende se distingue nettement dans cette séquence vocalement convaincante – dommage là encore que la direction de Marco Armiliato en fait des tonnes, à contrecourant de la finesse élégantissime requise (que réalise sans faute la soprano pour sa part). Tendresse initiale du récitatif, – à l’évocation de la fleur flétrie, condamnée ; Pretty Yende exprime avec une subtilité irrésistible la noblesse d’une âme sacrifiée. Puis à l’énoncé de l’air proprement dit (par le cor et les flûtes), la suavité enchantée du timbre impose définitivement la cantatrice belcantiste. C’est une femme qui dévoile une conscience nouvelle, celle qui lui fait mesurer son aveuglement précédent, une princesse d’une subtilité impressionnante que son repentir rend davantage admirable sur le plan moral: les vocalises et le legato sont parfaits de précision, d’intensité, et dans une vision globale, relèvent d’une intelligence musicienne capable de construire l’air en une vision architecturée idéalement énoncée. Pretty Yende nuance son expressivité sans jamais sacrifier l’élégance du chant, la noblesse de l’intonation, affirmant des variations d’une justesse déchirante (avec le choeur affligé, compassionnel). La cabalette de la souveraine fraternelle impose le même souci esthétique et un sens du texte qui se déroule comme une caresse, capable de vocalises qui égalent indiscutablement celles de l’impératrice actuelle du genre, Edita Gruberova (souhaitons la même intelligence et la même longévité à sa jeune héritière Pretty Yende).

 
 
CD. PRETTY YENDE, nouvelle diva belcantiste

 
 

Ambassadrice de charme et d’un style raffiné chez Rossini, Bellini, Donizetti…

Pretty Yende : nouvelle et sublime diva belcantiste

 

L’idéal esthétique, élégantissime, d’une tendresse souriante, toujours raffinée, portant le Rossini du Comte Ory, se déploie pareillement et en français dans la grande scène suivante : « En proie à la tristesse… » : « La Yende » maîtrise le texte, reste intelligible, douée de nuances et de couleurs d’une suavité là encore irrésistible. Sa Comtesse s’alanguit, semble sculpter son superbe miel vocal sans limites, assénant des aigus supersoniques d’une clarté, intensité, couleur remarquablement sûres (remerciement à l’ermite : « Céleste providence », puis cabalette qui suit : « Cher Isolier… »).

Plus sombre, la couleur de la Juliette de Gounod, confirme les affinités de la diva avec le romantisme français : « Dieu quel frisson court dans les veines… » ; l’amoureuse pure et la mort, s’affirment ici dans un tableau terrible, pathétique, héroique, d’essence fantastique aussi dont la froide volonté impose une morbide détermination (évocation du poignard), auquel le lyrisme éperdu de « verse toi-même ce breuvage » convoque immédiatement l’intensité de l’actrice tragique et tendre. Là encore on regrette la lourdeur de la baguette, mais la finesse de la chanteuse éblouit totalement. La versatilité expressive et dans chaque séquence émotionnelle, le style et l’intelligibilité de l’interprète imposent une exceptionnelle flexibilité dramatique.

Rôle qu’elle connaît parfaitement à présent pour l’avoir chanté au Concours Bellini dès 2010, sa Lucia saisit par la même maturité, une intelligence dramatique exquise, son incandescente juvénilité. alors que ses consoeurs attendent l’âge mûr pour triompher des vocalises entre autres, Pretty Yende éblouit par la jeunesse de son chant. Longuement présenté à la harpe, « Ancor non giunse!… » est plainte éthérée d’une tristesse infinie (du caractère qui marqua tant Chopin), ensuite l’énoncé de « Regnava tel silenzio » affirme la profondeur de la diva, puis enfin sa prière irrépressible, creuse sa joie infinie : la palette des nuances et des couleurs éblouit par son intensité, la carrure irréprochable des vocalises démontre une maîtrise coloratoure époustouflante…

La dernière plage confirme les dispositions belcantistes, précisément belliniennes de la jeune diva : d’un caractère immédiatement enivré et enchanté, ciselant une Elvira (I Puritani, un rôle que Pretty Yende avait déjà présenté lors du Concours Bellini 2010), d’une surprenante intensité, la soprano éblouit par sa facilité acrobatique, la flexibilité des vocalises, la justesse des notes tenues couvertes, et dans l’ensemble de l’architecture dramatique, une intensité continue jamais mise à mal, jamais déplacée, jamais forcée, toujours sincère et d’une finesse absolue. En plus de sa vocalisation habitée, Pretty Yende affirme une intelligence et une vérité expressive indiscutables.
« Qui la voce sua soave… » exprime le rêve, la fragilité, l’hypersensibilité d’une âme prête à s‘évanouir à force d’épreuves surmontés, de traumatismes vécus. L’autorité vocale, l’élégance et la finesse du chant effacent toute réserve : Pretty Yende impose un talent d’actrice tragique irrésistible dans la grande scène de la folie : la dernière séquence après 11mn d’effusion coloriste, tragique, de candeur hébétée, affirme une ardeur échevelée : « Vien diletto è in ciel la luna! / Viens mon bien aimé la lune est dans le ciel »… , celle d’une femme sacrifiée, devenue folle… la vocalité rayonnante, réalisant toutes les variations possibles, de Pretty Yende impose une exceptionnelle intelligence virtuose, le chant exprimant le paroxysme émotionnel qui emporte la jeune femme mariée contre son gré et rendue criminelle. Stupenda.

Aucun doute, le Concours Bellini 2010 avait bien raison de couronner le génie belcantiste de la jeune diva… que toutes les scènes du monde s’arrachent non sans raison à présent. C’est pourquoi malgré l’entourage musical parfois décevant (chef, orchestre et chanteurs n’ont certes pas la finesse musicale de la diva), ce premier disque est davantage qu’une carte de visite : c’est bien la confirmation qu’un immense talent belcantiste est maintenant prêt à éblouir le monde lyrique. On ne peut que s’incliner devant une telle perfection vocale. Bravissimo Pretty.

 
 

CLIC D'OR macaron 200CD événement, compte rendu critique. PRETTY YENDE, soprano. A Journey : airs de Rossini (Le Barbier de Séville, Le Comte Ory) ; Bellini (Béatrice de Tende / Beatrice di Tenda, I Puritani), Donizetti (Lucia di Lammermoor), Delibes, Gounod. Orchestra sinfonica nazionale della RAI. Marco Armiliato, direction (1 cd SONY classical). Enregistrement réalisé à Turin (Italie) en août et septembre 2015. CLIC de CLASSIQUENEWS.COM (rentrée 2016). Parution : le 16 septembre 2016.

 
 

AGENDA : Pretty Yende après avoir chanté Rosina du Barbier de Séville à l’Opéra Bastille à Paris, revient du 14 octobre au 16 novembre 2016, dans le rôle de Lucia, Lucia di Lammermoor. VISITER le site de l’Opéra national de Paris, page dédiée à Lucia di Lammermoor avec Pretty Yende

CD événement, annonce : « A journey » : PRETTY YENDE, soprano. Airs d’opéras : Rossini, Bellini, Donizetti, Delibes, Gounod (1 cd SONY classical, Turin, août-septembre 2015)

YENDE-pretty-cd-a-journey-582-582-cd-review-cd-compte-rendu-classiquenews-clic-de-classiquenews-Pretty-Yende-CoverCD événement, annonce : «  A journey » : PRETTY YENDE, soprano. Airs d’opéras : Rossini, Bellini, Donizetti, Delibes, Gounod (1 cd SONY classical, Turin, août-septembre 2015). Révélée par le Premier Prix obtenu en 2010 au premier Concours international de Bel Canto Vincenzo Bellini, la jeune diva sud africaine Pretty Yende éblouit dans un nouveau récital lyrique à paraître en septembre 2016 chez SONY CLASSICAL. Le seul concours français dédié au chant bellinien – compétition unique au monde et française (co fondée par le chef Marco Guidarini et Youra Simonetti / MusicArte) avait eu avant tout le monde, l’intuition qu’une nouvelle grande voix était née. “A star is born” selon la formule : de fait, 6 ans après avoir été ainsi distinguée en France, la soprano convainc totalement dans un récital lyrique qui n’est pas une carte de visite artistique – le fleuron de toute jeune diva en début de carrière : c’est plutôt la confirmation de son immense tallent bellinien, l’éclatante démonstration de sa stupéfiante maîtrise belcantiste, la révélation confirmée qu’une nouvelle Edita Gruberova est prête désormais à prendre la relève dans la registre des coloratoures aux facilités stratosphériques, alliant, autorité expressive, agilité technique, surtout finesse d’un style qui cisèle articulation, phrasés, legato. C’est peu dire que dans ce nouvel album irrésistible, Pretty Yende éblouit par l’intelligence de son chant et la subtilité de son style. Ses Elvira et Lucia (chez Bellini et Donizetti), ses Rossini (Rosina du Barbier de Séville et Comtesse du Comte Ory) y affirment l’éclat actuel d’un bel canto exceptionnellement raffiné et techniquement sûr; Pretty Yende confirme qu’une immense diva bellinienne est enfin présente, prête à éblouir les scènes lyriques; mais l’album affirme aussi ses affinités avec le romantisme français (Gounod et Delibes). Prochain compte rendu de l’album « A journey » / un voyage, par la soprano sud Africaine Pretty Yende, à venir sur Classiquenews.com

 

 

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Compte-rendu, opéra. Barcelone ; Gran Teatre del Liceu, le 27 juin 2015. Gaetano Donizetti : Don Pasquale. Roberto de Candia (Don Pasquale), Pretty Yende (Norina), Juan Francisco Gatell (Ernesto), Mariusz Kwiecien (Malatesta). Laurent Pelly, mise en scène. Diego Matheuz, direction.

Bien qu’indiquée comme nouvelle production, ce Don Pasquale au Liceu de Barcelone – signée par le célèbre metteur en scène Laurent Pelly (dont on se souvient in loco d’une Fille du régiment et d’une Cendrillon plutôt réussies) – est la reprise d’un spectacle qui a vu le jour l’été passé au Festival de Santa Fe. En situant l’intrigue dans les années cinquante, Pelly vise à souligner les analogies entre le cinéma italien de cette période-là et le chef d’Å“uvre comique de Donizetti, qui, par certains aspects, pourrait être considéré comme une comédie à la Monicelli ou à la Risi avant la lettre. L’homme de théâtre français signe un spectacle très agréable et amusant en tout cas, avec quelques trouvailles hilarantes, comme le renversement – au sens propre – de la maison de Don Pasquale, au III, après que Norina ait décidé de transformer la triste demeure du vieillard en un endroit coquet et coloré.

 

 

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Soprano et ténor en verve à Barcelone

2 voix à suivre : Pretty Yende et Juan Francisco Gatell

 

 

C’est la soprano sud africaine Pretty Yende qui interprète le rôle de la jeune délurée. Elle a tout pour séduire, à commencer par un tempérament dramatique et un abattage qui auraient dû mettre Don Pasquale sur ses gardes, quant à la prétendue « naïveté » de la jeune fille ! Bref, la chanteuse entraîne tout le monde dans le tourbillon de sa vitalité. Sur le plan vocal, les moyens sont incontestables, avec un aigu d’une grande facilité, soutenus par une technique impeccable.

Dans le rôle-titre, la basse bouffe italienne Roberto de Candia confirme sa totale maîtrise d’un emploi qu’il ne tire jamais vers la caricature ni les effets faciles. Sa voix saine nous change de tant de Pasquale aux moyens usés, l’interprète s’avérant plus touchant que grotesque, avec une articulation et une projection de la langue de Dante exemplaires. A saluer également la performance du baryton polonais Mariusz Kwiecien qui s’impose d’entrée, dans le rôle de Malatesta, avec un magnifique « Bella siccome un angelo ». La voix est bien conduite, le chanteur généreux, et la présence scénique incontestable.
Mais la véritable surprise est venue de du ténor argentin Juan Francisco Gatell qui, malgré son jeune âge, campe un Ernesto d’une sensibilité et d’un raffinement dans le phrasé dignes d’admiration. Son art de la nuance fait notamment merveille dans le fameux « Com’è gentil », d’abord susurré, puis couronné in fine par un aigu éclatant. Une mention également pour les chÅ“urs maisons, auxquels le public réserve une ovation après leur « valzer » du troisième acte.

liceu-barcelone-pretty-yende-don-pasquale-compte-rendu-critique-clasiquenews1Sous la baguette du jeune chef brésilien Diego Matheuz – nommé récemment directeur musical de La Fenice de Venise -, l’Orchestre du Gran Teatre del Liceu répond avec beaucoup de concentration au moindre de ses gestes, pour obtenir une exécution plus qu’honorable. On apprécie surtout les qualités de maestro concertatore de Matheuz qui dirige avec finesse, richesse de coloris et variété dans la dynamique, sans jamais sacrifier les voix, ni le nécessaire équilibre entre fosse et plateau. Lui fait peut-être défaut ce zeste de flexibilité dans le rythme, obtenu par un savant dosage de rubato et de rallentando, que Don Pasquale réclame, plus que tout autre opéra de
Donizetti.

 

 

Compte-rendu.Opéra. Barcelone ; Gran Teatre del Liceu, le 27 juin 2015. Gaetano Donizetti : Don Pasquale. Roberto de Candia (Don Pasquale), Pretty Yende (Norina), Juan Francisco Gatell (Ernesto), Mariusz Kwiecien (Malatesta). Laurent Pelly, mise en scène. Diego Matheuz, direction.

 

 

Berlin, Deutsche Oper. Pretty Yende chante Lucia di Lammermoor

une-evasion-deutsche-oper-berlin-580-570Berlin, Deutsche Oper. Donizetti : Lucia di Lammermoor :  les 1er, 6 février 2015. L’année où meurt Bellini, sur le métier des Puritains pour la scène parisienne, Donizetti son challenger livre Lucia di Lammermoor créé au San Carlo de Naples le 26 septembre 1835. Le compositeur gagne ainsi ses lettres de noblesse, s’affirmant avant Verdi, tel le champion du romantisme lyrique à l’italienne. Walter Scott donne l’intrigue inspirée d’une histoire authentique : celle de Janet Dalrymple qui en 1668 assassine son mari pendant leur nuit de noces et le paye fort au prix de sa raison. Edgardo fait figure de bon, opposé à Enrico, le méchant manipulateur contre lequel doit lutter la riche héritière Lucia. Modèle des héroï¨nes romantiques sacrifiées, Lucia s’immole en perdant la raison dans la fameuse scène de la folie, martyr et embrasement extatique à l’acte III. Le rôle de Lucia offre au soprano coloratoure, de style bellinien obligé, une palette de sentiments nuancés et profonds, exprimés avec une rare justesse : désir d’une jeune âme juvénile, d’autant plus exacerbée face à un frère sadique et noir et un amant étrangement distancié, absent, aimant mais si peu complice.

 

Lucia, un sommet du bel canto romantique

 

lucia-deutsche-oper-berlin-580-380-pretty-yendeLucia est encore une adolescente au désir ardent, d’un romantisme entier et passionnel : les vocalises de sa partie s’intensifient à mesure que la souffrance ou la frustration se déploient. Elle affronte directement la brutalité d’une société phallocratique qui traite les femmes comme des marchandises, à épouser ou à renier. La figure de l’épouse sacrifiée, comme immolée par son propre frère marque les esprits des contemporains de Donizetti dont évidemment Flaubert : Emma Bovary, la protagoniste tragique de son roman fameux, assiste à la représentation de Lucia en français : Emma voit alors dans Lucia, sa propre image, une prémonition de son propre destin désormais voué à la mort. C’est Maria Callas la première qui en 1955 restitue en bellinienne accomplie la force émotionnelle du personnage, les aspirations de la jeune femme affrontée malgré elle et jusqu’à la mort, à l’esprit étroit et roublard d’une société d’hommes hostiles…

 

 

 

2 raisons pour ne pas manquer La Lucia de Berlin

l’évaluation de classiquenews.com

CLIC D'OR macaron 2001- la mise en scène classique promet de respecter la gradation de plus en plus pathétique et tragique du drame, en particulier la scène de la folie de Lucia au III

CLIC_macaron_20142- dans le rôle de Lucia, la jeune soprano sud africaine Pretty Yende fait ses débuts attendus dans un grand rôle romantique tendu et nuancé ; de la grâce juvénile et adolescente à la folie de la femme sacrifiée et criminelle, la cantatrice, couronnée par le Grand Prix Bellini en 2010 (avant sa distinction par le prix Operalia l’année suivante en 2011) devrait éblouir l’audience par sa ligne vocale, son timbre diamantin taillé pour les héroïnes angéliques, mais aussi son intelligence des coloratoures, non plus mécaniques mais finement expressives. Classiquenews suit la carrière de Pretty Yende depuis ses débuts et l’obtention de son Grand Prix au 1er Concours Bellini 2010.

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Temps forts de la partition, acte par acte :
Ce qu’il ne faut pas manquer, les épisodes du drame les plus décisifs…

En Ecosse, les Ashton (Enrico et sa soeur Lucia) vouent une terrible haine à leur rival, Edgardo, hériter de la famille Ravenswood.
Au I : Les deux amants. Enivrés par leur amour, Edgardo et Lucia s’abandonnent à la langueur extatique (duo Sulla tomba)
Au II : Le mariage forcé. C’est l’acte de la manigance, celle du frère sadique Enrico et de son complice Raimondo qui forcent Lucia à épouser un bon parti : Arturo Bucklaw. Les deux intrigants réalisent leur projet en faisant croire à Lucia qu’Edgardo l’a trahie pour une autre. Le sextuor final est le plus impressionnant : face aux agents du complot (Enrico, Raimondo, Arturo) se dressent les amants hier unis, à présent désunis : Edgardo jette l’anneau que lui avait remis Lucia au I.
Au III : La folie de Lucia. Alors qu’Edgardo et Enrico se sont donné rendez vous pour se battre, surgit Lucia démente, errant dans le château encore animé par les murmures de la fête nuptiale : elle vient de tuer Arturo, sa robe maculée de sang (scène de la folie : Il dolce suono…). Alors qu’il allait se battre avec Enrico, Edgardo en apprenant la mort de Lucia, se poignarde.

 

 

Lucia di Lammermoor au Deutsche Oper de Berlin :
Vendredi 6 février – Berlin, 19h30


Ivan Repusic, direction musicale
Filippo Sanjust, mise en scène

Simone Piazzola, Enrico
Pretty Yende, Lucia
Joseph Calleja, Edgardo
Matthew Newlin, Arturo
Andrew Harris, Raimondo
Ronnita Miller, Alice

Orchestre et choeur de la Deutsche Oper
Visiter le site du Deutsche Oper Berlin

A l’affiche les 1er, 6 février 2015
Consulter la page Lucia di Lammermoor sur le site du Deutsche Oper Berli

 

 
 

 

Organisez votre séjour à Berlin : les 6 et 7 février 2015

Profitez de la représentation du vendredi 6 février 2015 au Deutsche Oper pour rester à Berlin, et voir le lendemain samedi 7 février : Macbeth de Verdi au Staatsoper de Berlin, 18h. Daniel Barenboim, direction. Avec Placido Domingo, Macbeth. René Pape, Banquo. Liudmyla Monastyrska, Lady Macbeth, Rollando Villazon, Macduff… Peter Mussbach, mise en scène. Là aussi le plateau vocal promet un grand moment musical et lyrique (Placido Domingo en Macbeth) d’autant plus convaincant sous la baguette de Barenboim et dans la mise en scène de Peter Musbach (homme de théâtre dont le travail scénique et visuel demeure toujours passionnant).

Week end à Berlin : Lucia et Macbeth, les 6 et 7 février 2015. Destination voyage culturel et lyrique proposé par Europera La Fugue. A partir de 250 euros par personne… toutes les infos, les modalités de réservation sur le site www.europera.com