COMPTE-RENDU, opéra. MONTPELLIER, le 12 juillet 2019. OFFENBACH : POMME D’API,Carpentier,Droy, J-C Keck.

offenbach-jacques-concerts-opera-presentation-par-classiquenews-Jacques_Offenbach_by_NadarCOMPTE-RENDU, opérette, MONTPELLIER, Festival Radio-France Occitanie Montpellier, Opéra-Comédie, le 12 juillet 2019. Hélène Carpentier, Lionel Peintre, Sébastien Droy, Anne Pagès, Jean-Christophe Keck. Outre les circonstances dramatiques que rappelait le titre, on se souvient encore du Ba-Ta-Clan joyeux que nous offraient Jean-Christophe Keck et ses complices, ici même, en juillet 2016. Ils récidivent à la faveur de l’année Offenbach, avec Pomme d’Api, savoureuse opérette où la fantaisie et la tendresse font bon ménage, pour un dénouement heureux. En 1873, les temps sont révolus de la satire sociale et politique, pour une comédie bourgeoise, drôle, romanesque et sentimentale. Marginale ? Peut-être par sa faible diffusion, certes, mais essentielle parmi les œuvres en un acte d’Offenbach dont elle constitue un sommet, cette opérette – opéra-bouffe à la française, avec le triangle amoureux – est ravissante d’invention, de drôlerie comme de tendresse.

 

 

L’homme à la pomme…d’Api

 

 
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Symbole de la tentation, le surnom de Pomm’ d’Api pouvait-il mieux convenir à la jeune et jolie Catherine, dont Gustave a dû se séparer, à son vif regret, sous la pression de son oncle, rentier et bon vivant ? Le neveu tentera de la reconquérir, mais elle feindra de répondre aux avances du barbon, qui, touché enfin par la sincérité de leur amour, consentira à leur mariage.

Le programme signale, justement, que seuls Mozart, Rossini et Offenbach supportent aisément la réduction au piano, par la grâce de l’invention rythmique renouvelée, comme de l’intérêt mélodique. Anne Pagès, au clavier, le confirme pleinement : l’humour, la vivacité, mais aussi les épanchements lyriques sont parfaitement illustrés.

Jean-Christophe Keck, homme-orchestre de cette réalisation sera tour à tour présentateur, chef, et récitant, nous donnant les indications scéniques qui accompagnent la partition. L’engagement et les qualités des comédiens, des chanteurs nous font oublier que c’est une version de concert qui nous est offerte. Au premier chef, l’inénarrable Rabastens, ici campé par Lionel Peintre, excellent baryton à l’émission sonore, parfaitement articulée, et bien timbrée dans tous les registres. Son neveu, Gustave est chanté par Sébastien Droy, solide ténor, sensible et ardent. Hélène Carpentier est Catherine, alias Pomme d’Api. Cette jeune et prometteuse soprano, voix ample et libre, fait preuve de qualités dramatiques qui nous ravissent également. Donc un trio équilibré, complice, qui nous fait partager son entrain comme ses passions. Chacun des huit numéros mériterait un commentaire, tant leur qualité est égale. Contentons-nous de signaler l’excellence du trio des côtelettes, parodique à souhait, sur un texte insensé, et le duo où Gustave et Pomme d’Api évoquent leurs amours passées, d’une incontestable émotion.
Vive Offenbach ! Que nos scènes lyriques cessent enfin de mépriser, pour beaucoup d’entre elles, ses petits chefs-d’œuvre d’humour, pour le plus grand bonheur du public !

 

 

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COMPTE-RENDU, opérette, MONTPELLIER, Festival Radio-France Occitanie Montpellier, Opéra-Comédie, le 12 juillet 2019. Hélène Carpentier, Lionel Peintre, Sébastien Droy, Anne Pagès, Jean-Christophe Keck. Illustrations : © Victor Garcia

 

  

 

Compte-rendu, opéra. Genève, Casino-Théâtre, le 7 juillet 2015. Jacques Offenbach : Pomme d’Api & Monsieur Choufleuri restera chez lui. Richard Rittelmann (Rabastens & Choufleuri), Marion Grange (Catherine & Ernestine), André Gass (Gustave & Babylas), Humberto Ayerbe Pino (Petermann), Fernando Cuellar (Mr Balandard), Laura Andres (Mme Balandard). Pierre-Emmanuel Rousseau (mise en scène, décors & costumes). Franco Trinca, direction.

Fondé en 1966, l’Opéra de Chambre de Genève met à l’honneur, chaque été, en collaboration avec l’Orchestre de chambre de Genève, des titres rares du répertoire lyrique tels que – ces cinq dernières années -,  Lo Speziale de Haydn, Le Serve rivali de Traetta ou encore Il Mondo della luna de Piccinni.  Directeur artistique et musical de la compagnie helvète, le chef italien Franco Trinca s’est porté cette année sur le couplé : Pomme d’Api/Monsieur Choufleuri restera chez lui de Jacques Offenbach. Après que Genève ait connu un record de chaleur historique en ce jour de première du 7 juillet (42 degrés!), le spectacle a malheureusement du être déplacé (à cause des orages) de la superbe cours de l’hôtel de ville au Casino-Théâtre de Genève, charmante salle au demeurant, mais où régnait une chaleur dépassant les 30 degrés. Commençons ainsi cette recension en saluant artistes comme public qui ont affronté ces aléas sans broncher, et qui ont quand même offert, pour les premiers, une haute qualité artistique.  

 

 

 

Comédies rafraîchissantes sous la canicule de Genève

 

 

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Car il faut  (beaucoup) de talent pour interpréter Offenbach, même lorsqu’il s’agit d’ouvrages mineurs comme ce soir, tant la drôlerie y est débridée, la musique, qu’elle soit sautillante ou sentimentale, toujours peine de verve et les situations bouffonnes toujours irrésistibles  Qu’on songe seulement ici à la scène, dans Monsieur Choufleuri, où les trois protagonistes se livrent à une parodie de l’opéra italien en personnifiant Henriette Sontag, Antonio Tamburini et Giovanni Rubini.  On ne saurait trop souligner les qualités dramatiques et lyriques de Marion Grange, Ernestine (et Catherine dans Pomme d’Api) tout à fait charmante et parfaitement en voix, de Richard Rittelmann, Choufleuri (et Rabastens) désopilant, d’une « rondeur » comique aussi à l’aise dans les parties chantées que parlées, et enfin du prometteur ténor alsacien André Gass, Babylas (et Gustave) fantaisiste, au superbe registre aigu.  Une mention également pour l’inénarrable Petermann- le majordome à l’accent belge -  de Humberto Ayerbe Pino. A la tête de l’Orchestre de Chambre de Genève, Franco Trinca fait preuve de la même bonne humeur et de la même précision, deux vertus essentielles à ce répertoire.

Signataire d’une production de l’Amant Jaloux de Grétry – salué par le public comme la critique à l’Opéra Comique en 2010 -, Pierre-Emmanuel Rousseau (qui signe également décors et costumes) livre une mise en scène alerte et drolatique, ne lésinant ni sur les gags, ni sur les anachronismes. Au regard de l’exiguïté des lieux, la scénographie est spartiate mais fonctionnelle - : un divan, une table, quelques chaises et de très beaux panneaux reproduisant des lithographies du Palais Garnier. Sans nul doute, c’est avec conviction et talent que cette sympathique équipe a défendu les deux petits chefs d’œuvre de parodie et d’humour – trop rarement montés – de l’auteur de La Belle Hélène.

Compte-rendu, opéra. Genève, Casino-Théâtre. Jacques Offenbach : Pomme d’Api & Monsieur Choufleuri restera chez lui. Richard Rittelmann (Rabastens & Choufleuri), Marion Grange (Caherine & Ernestine), André Gass (Gustave & Babylas), Humberto Ayerbe Pino (Petermann), Fernando Cuellar (Mr Balandard), Laura Andres (Mme Balandard). Pierre-Emmanuel Rousseau (mise en scène, décors & costumes). Franco