Le premier Rameau, claveciniste compositeur

Un Rameau méconnu : Les Fêtes de Polymnielogo_france_musique_DETOUREFrance Musique. Dimanche 14 février 2016, à 14h. Rameau : Suite en la… Tribunes des critiques.France Musique questionne une oeuvre rarement mise en avant : la Suite pour clavier composant le sujet novateur et original de son Premier recueil de pièces de clavecin, édité à Paris en 1706, à l’occasion de son premier et court séjour dans la Capitale  française. La Suite en la mineure est une oeuvre de jeunesse, extraite du Premier Livre de pièces de clavecin (édité  à compte d’auteur, fin 1706) lorsque le jeune Rameau alors âgé de 23 ans, réalise son premier séjour à Paris. Le futur auteur pour l’opéra signe alors un recueil important voire majeur qui devance celui de Couperin dont le Premier Livre paraît en 1713. Les 10 pièces du recueil respectent le cadre classique de la Suite de danses à la française, préalablement introduites par un Prélude qui en son début, fait clairement référence aux maîtres anciens (de fait Rameau se montre disciple de d’Anglebert, surtout de Marchand). Partition précoce, la maturité s’y révèle pourtant, le tempérament aussi : une puissance de l’originalité qui est autant érudite, savante que sensuelle et naturellement accessible. Déjà se profile le génie de l’harmonie (subtiles dissonances du Prélude…). 

Avant de rejoindre la capitale, Rameau a quitté Clermont, dont il tenait les orgues de la cathédrale. A Paris, il recherche un poste d’organiste et en profite pour aller écouter un modèle pour lui : Louis Marchand. Pendant ce court séjour parisien, Rameau assiste à l’Alcyone de Marais (février 1706) et aussi aux reprises des opéras de Lully (dont Thésée en 1707).

Plan

1ère et 2e Allemande
La première, solennelle et presque grave ; la seconde, plus lègère.

Courante
Clair hommage là encore à Louis Marchand.

Gigue
Biographe de Rameau, Cuthbert Girdlestone, la trouve sautillante et « contrapuntale ». La puissance de son développement désigne le jeune génie de Rameau.

1ère et 2e Sarabande
Rameau y glisse une tendresse inédite à l’esprit de cette danse.

Vénitienne
Ce Rondeau est un clair hommage à l’opéra La Vénitienne de Michel de la Barre (1705).

Gavotte
Energie et vitalité empruntent à Louis Marchand, auquel Rameau ajoute la maîtrise ahurissante de la variation.

Menuet
La sobriété et l’élégance de la pièce finale doivent inspirer à l’amateur praticien des variations à sa volonté. Rameau pense à ses “clients” / élèves : à eux de jouer à présent.

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique. Dimanche 14 février 2016, à 14h. Rameau : Suite en la… Tribunes des critiques. Voir aussi la fiche de l’émission sur le site de France Musique.