COMPTE RENDU, DANSE. Berlin, Staatsballet Berlin, le 4 nov 2018. LA BAYADERE, Ratmansky d’aprùs Petipa

COMPTE RENDU, DANSE. Berlin, Staatsballet Berlin, le 4 nov 2018. LA BAYADERE, Ratmansky d’aprĂšs Petipa. DANSE ORIENTALE et THEATRALE. Restituer la tradition des ballets impĂ©rieux russes selon l’excellence du chorĂ©graphe Marius Petitpa, tel est le dĂ©fi depuis quelques annĂ©es du chorĂ©graphes russe Alexei Ratmansky, actuellement en rĂ©sidence Ă  l’American Ballet Theater. Il a dĂ©jĂ  reconstruit Le Corsaire (Bolshoi), Paquita (Munich), La Belle au bois dormant (Scala), Le Lac des cygnes (ZĂŒrich). En novembre et dĂ©cembre 2018, Ratmansky reconstitue donc La BayadĂšre pour le Staatsballet de Berlin.

 

 

 

A Berlin, Ratmansky reconstitue Les BayadĂšres de Petitpa
Jusqu’au 9 fĂ©vrier 2019

 

 
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A partir des notations chorĂ©graphiques et croquis du chorĂ©graphe, il est possible de restituer une recrĂ©ation, forcĂ©ment subjective, c’est une relecture contemporaine de la gestuelle et de l’esthĂ©tique dĂ©veloppĂ©es par Petipa Ă  la fin du XIXĂš.
Le Français aprĂšs avoir servi pendant 60 ans, les Ballets russes impĂ©riaux a laissĂ© un corpus de mouvements et postures qui ont Ă©tĂ© transcrits dans des carnets, sous sa dictĂ©e, de son vivant pour les archives du Mariinski (Alphabet des mouvements du corps humain du danseur Vladimir Stepanov). Avec la RĂ©volution russe, les carnets passent aux States, aujourd’hui propriĂ©tĂ© de l’UniversitĂ© d’Harvard (Collection Sergueiev, soit 24 ballets annotĂ©s et dĂ©crits dans le dĂ©tail).
Ratmansky a consultĂ© cette source et dĂ©montrĂ© depuis lors combien les soit disantes versions Petipa, en cours jusqu’au dĂ©but 2000, sont en rĂ©alitĂ© trĂšs Ă©loignĂ©es de l’art Petipa.

i_La_Bayadere_Alexei_Ratmansky-9DĂ©jĂ  du vivant de Petipa, qui assistait alors en fin de carriĂšre Ă  la reprise de ses ballets, se plaignait dĂ©jĂ  de leur dĂ©naturation par le geste impropre des nouveaux chorĂ©graphes et danseurs russes. Avec la RĂ©volution, les spectateurs ont Ă©cartĂ© le raffinement et l’élĂ©gance pour n’applaudir que la pure acrobatie, Ă©lĂ©ment le plus hĂ©roĂŻque propre Ă  exalter l’idĂ©al rĂ©volutionnaire et bolchĂ©vique.
Ainsi Ă  ce jour la restitution la plus marquante de Ratmansky demeure La BayadĂšre (crĂ©Ă©e en 1877), et remarquablement bien notĂ©e et dĂ©crite, avec souvent absent, le dernier acte oĂč le temple est dĂ©truit (Ă©voquĂ©e par la vidĂ©o); Ratmansky Ă©carte les crĂ©ations postĂ©rieures, propre au fantasme bolchĂ©vique : « pas de deux du voile », mais rĂ©tablit plutĂŽt la danse des « fleurs de lotus », comme toute la pantomime, et prĂšs d’une trentaine de BayadĂšres dans l’acte des Ombres (Petipa en avait prĂ©vu quasi 50 !).

Plus intĂ©ressant encore, La BayadĂšre de Petipa dĂ©montre un souci d’exactitude dans l’évocation orientale, en liaison avec l’apport des expos universelles. La musique de Ludwig Minkus se rĂ©vĂšle idĂ©alement dansante et dramatique : le manuscrit est conservĂ© au Mariinsky.
ImmĂ©diatement dans cette restitution (plutĂŽt que reconstitution), la cohĂ©rence renforcĂ©e du drame collectif saisit par sa justesse et l’acuitĂ© des nerfs de l’action. Exit les solos impressionnants (celui par exemple de l’IdĂŽle dorĂ©e qui ont pourtant fait le succĂšs du ballet)


Ratmansky s’interroge sur le style acrobatique des danseurs de l’époque de Petitpa (technique de la « petite batterie ») : il n’y est pas question des sauts spectaculaires et des solos virtuoses donc. Petipa Ă©tait prĂ©occupĂ© par la situation dramatique, les groupes, le tableau global, plutĂŽt que le geste isolĂ© de la prima ballerina ou du premier danseur. Ainsi s’inscrit l’intĂ©gralitĂ© de la pantomime comme pilier de cette narration retrouvĂ©e, oĂč le geste allusif et chorĂ©graphique rĂ©tablit le continuum du ballet : le thĂ©Ăątre et les enjeux psychologiques sont remarquablement rĂ©affirmĂ©s dans un ballet auparavant peu apprĂ©ciĂ© pour la cohĂ©rence et sa capacitĂ© Ă  exprimer une histoire. Un travail autant de chorĂ©graphe que de dramaturge.

Staatsballett-Berlin-La-Bayadere-14-728x485Evidemment la Gamzatti (Evelina Godunova) perd de son importance, dansant surtout en fin d’action. Couple Ă©tincelant, le Solor du trĂšs classique et solide Daniil Simkin qui a rejoint la troupe berlinoise, comme la subtile et palpitante Nikiya d’Anna Ol, actrice autant que danseuse. VoilĂ  donc une nouvelle version qu’il faut absolument connaĂźtre, aux cĂŽtĂ©s de celle toujours triomphante dĂ©fendue par l’OpĂ©ra de Paris /version Noureev (1992) -

 

  

 
 

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COMPTE RENDU, danse. Berlin. Staatsoper unter den Linden, le 4 novembre 2018. La BayadĂšre, ballet en 4 actes. Ludwig Minkus / Marius Petipa / restitution, arrangement, complĂ©ments : Alexei Ratmansky. DĂ©cors, costumes : JĂ©rĂŽme Kaplan. Anna Ol (Nikiya) ; Daniil Simkin (Solor) ; Evelina Godunova (Gamzatti) ; solistes et corps de ballet du Staatsballett Berlin. Staatskapelle Berlin / Victorien Vanoosten, direction – Illustrations : © Yan REVZAOV

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A l’affiche du Staatsballet BERLIN, La BayadĂšre version Petipa originelle, par Alexei Ratmansky, jusqu’au 9 fĂ©vreier 2019
https://www.staatsballett-berlin.de/en/spielplan/la-bayadere/09-11-2018/719

 

 

 

 

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LA BAYADERE, approfondir

Présentation de la BayadÚre, Opéra de Paris, Noureev (1992)
http://www.classiquenews.com/la-bayadere-de-rudolf-noureev/
Le prĂ©texte de cet orientalisme est l’Inde enchanteresse des BayadĂšres qui existent pour hypnotiser : aventure amoureuse, trahison et donc vengeance, rivalitĂ©s entre deux femmes Ă©prises (Nikiya, bayadĂšre, esclave et danseuse hindoue, aux arabesques fascinantes – Gamzati, princesse, fille de Raja) : La BayadĂšre emprunte son dĂ©ploiement au genre du grand ballet classique et romantique, dont la forme spectaculaire cristallise le goĂ»t pour l’Orient. Mais Petipa rĂ©ussit aussi un drame psychologique et aussi spectaculaire : le point d’orgue est l’acte III, celui des ombres (ombres jaillissantes tel un collier de perles, rĂ©pĂ©tant Ă  l’infini une silhouette obsĂ©dante et lascive, totalement enivrante
 comme la thĂ©orie des cygnes blancs dans Le Lac des cygnes de Tchaikovski, autre sommet du ballet classique) : l’acte III des ombres est bien l’image la plus forte de ce ballet fĂ©erique, lui-mĂȘme comble de la magie orientaliste.

 

 

CATEL Charles-Simon_CatelSur le mĂȘme thĂšme des BAYADERES, consultez aussi l’opĂ©ra de CATEL : Les BayadĂšres, ouvrage sanguinaire et frĂ©nĂ©tique post gluckiste et romantique (1810) / CD. Catel: Les BayadĂšres, 1810. Deux annĂ©es aprĂšs un Amadis pĂ©tillant et lĂ©ger (2010), d’un dramatisme finement ciselĂ©, -coup de gĂ©nie du fils Bach invitĂ© en France Ă  servir le genre tragique en 1779-,  le chef Didier Talpain nous revient dans cet enregistrement de la mĂȘme eau, dĂ©voilant un Catel datĂ© de 1810 : fresque lyrique Ă  grand effectif, d’un orientalisme enchanteur pour lequel l’équipe de musiciens rĂ©unis renouvelle un sans faute ; le chef retrouve la quasi mĂȘme Ă©quipe de chanteurs et surtout le formidable orchestre Musica Florea, articulĂ©, jamais Ă©pais ni lourd, d’une expressivitĂ© naturelle indiscutablement idĂ©al s’agissant

http://www.classiquenews.com/cd-catel-les-bayaderes-1810-talpain-2012/

 

 

 

 

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DVD, COFFRET GREAT BALLETS From the Bolshoi vol. 2 (4 dvd, Bel Air classiques)

BOLSHOI ballet dvd critique classiquenews clic dec 2018 cadeaux dvd noel 2018 bac619-coffretdvd-bolshoi balletvol2-recto-365x519DVD, COFFRET GREAT BALLETS From the Bolshoi vol. 2 (4 dvd, Bel Air classiques). Voici le deuxiĂšme volume de la sĂ©rie de coffrets « Great Ballets from the Bolshoi », un Digistack-Collectr (4 Ballets) contenant les derniers grands succĂšs du Ballet du BolchoĂŻ. Deux noms accrĂ©ditent les enregistrements : l’Etoile Svetlana Zakharova et le chorĂ©graphe soviĂ©tique Yuri Grigorovich, deux figures dĂ©sormais emblĂ©matiques du style russe version Bolshoi. LA BAYADERE… (version de Youri Grigorovitch) rĂ©unit trois stars et une plĂ©iade de remarquables artistes du BolchoĂŻ. La production de 2013 Ă©voque les Indes orientales conçues, rĂȘvĂ©es par Minkus et Marius Petipa en 1877: s’y impose la grand solo de la BayadĂšre alors trahies et dĂ©laissĂ©e, et le tableau du royaume des ombres, Ă©vanescent et onirique. Svetlana Zakharova Ă©blouit dans le rĂŽle clĂ© de la vestale Nikiya. ElĂ©gance de la ligne, dĂ©tachĂ© Ă©lastique et souple composant un rubato aujourd’hui spĂ©cifique des plus romantiques, et visage digne, solaire, mais habitĂ© : voici le standard russe actuel de la danse colorĂ© par ce dĂ©tachement propre au Mariinsky ; Ă  ses cĂŽtĂ©s, perce le tempĂ©rament plus hĂ©roĂŻque de Maria Alexandrova qui offre Ă  la princesse Gamzatti une nouvelle profondeur. MĂȘme nuances pour le jeune danseur Vladislav Lantratov dont le guerrier Solor se distingue par sa finesse. Youri Grigorovitch souligne la rivalitĂ© entre les deux femmes pour le bel adolescent un rien versatile. Les sauts, jetĂ©s, alanguissements affrontĂ©s ou sols des deux ballerines emportent l’adhĂ©sion.

MARCO SPADA indique clairement l’apport du travail de Pierre Lacotte au Bolshoi. Le chorĂ©graphe français reprend et modifie la version de Noureev (1980) et affine plutĂŽt une alliance mieux Ă©quilibrĂ©e entre l’élĂ©gance française et l’imagination contrastĂ©e de l’esprit russe, en particulier la poĂ©sie typique moscovite. La volontĂ© d’effets et de variations se concentre sur le jeu des bas de jambes : vĂ©locitĂ© et souplesse soutenue qui doivent contredire la pression de l’apesanteur. RĂšgne dans ce style quand mĂȘme des plus artificiels, la grĂące aĂ©rienne de l’amĂ©ricain David Hallberg ; il fait un Spada fougueux, vrai Mercure agile malgrĂ© sa noire activitĂ© de brigand. MĂȘme joie de danser et plaisir de jouer chez les danseuses transfuges du Marrinsky : Olga Smirnova et Evgenia Obraztsova (respectivement Angela et Sampietri) ; avec une nervositĂ© prĂ©cise chez les hommes : Semyon Chudin et Igor Tsvirko (Federici et Pepinelli). La valeur de cette recrĂ©ation assez rĂ©cente (2014) tient Ă  la caractĂ©risation fortement individualisĂ©e que chacun apporte Ă  son profil dansant. Belle Ă©quipe et beaux acteurs.

LE LAC DES CYGNES. En 2015, Grigorovich incarne la conception toute Bolshoi de l’art de l’onirisme : le lac immatĂ©riel convoque la matĂ©rialitĂ© des corps aussi souples que tangibles Ă  sa surface
 Une vision qui s’écarte de ce que fait et dĂ©veloppe Noureev Ă  l’Ouest. Le premier prĂ©fĂšre le collectif et son harmonie d’ensemble ; le second lui ajoute le trouble et les conflits individuels. Des regards qui sont liĂ©s au systĂšme politique qui les portent chacun, qui sont en miroir de leur situation personnelle aussi. Donc Grigorovich sculpte littĂ©ralement l’immatĂ©rialitĂ© collective des actes blancs, dont les membres ne s’économisent jamais. La recherche de rythmes et de contrastes se rĂ©alise plutĂŽt dans ce catalogue passionnant de couleurs locales, avec dessins et motifs bien spĂ©cifiques : chien et souplesse de la danse hongroise d’Angelina Karpova ; danse espagnole Ă©ruptive d’Anna Tikhomirova ; la danse de caractĂšre Ă©blouit de tous ses feux. Tout cela valorise l’émergence de la ballerina par excellence, icĂŽne de cette Ă©lĂ©gance absolue, Ă  la fois mĂ©canique et intĂ©rioritĂ©, de la principale Svetlana Zakharova, alliant technicitĂ© et froideur mesurĂ©e. Une perfection pour l’image de la femme inaccessible, et la figure dĂ©moniaque du cygne noir. D’autant qu’à ses cĂŽtĂ©s, le frĂȘle mais trĂšs assurĂ© techniquement Denis Rodkin assure le rĂŽle du Prince enivrĂ©, dĂ©sirant. Saluons tout autant les trois « amis » de ce dernier, vĂ©ritables machines physiques, emblĂ©matique de la motricitĂ© Ă  toutes Ă©preuves propres au Bolshoi : les deux danseuses : Kristina Kretova et Elizaveta Kruteleva, et surtout le bouffon acrobate trĂšs affirmĂ© d’Igor Tsvirko (que l’on retrouve aussi dans Marco Spada en Pepinelli, lire ci dessus) : ses sauts ont un ballon impressionnant. La version affirme de façon irrĂ©sistible la haute technicitĂ© et le sens dramatique des danseurs du Bolshoi aujourd’hui.

The GOLDEN AGE / L’ñge d’or : Quand le BolchoĂŻ replonge dans sa fabuleuse histoire chorĂ©graphique, il profite ici des 90 ans du maĂźtre de ballet, Yuri Grigorovich, son ancien directeur (30 annĂ©es d’un pilotage quasi tyrannique Ă  l’époque du rĂ©gime soviĂ©tique), pour reproduire l’un de ses ballets Ă  la fois techniquement abouti et politiquement correct : L’ñge d’or (1982), vĂ©ritable manifeste apparemment nostalgique d’une certaine grandeur communiste propre Ă  l’ùre stalinienne. Le sujet exploite le souffle qui naĂźt des tableaux collectifs (que Grigorovich a toujours parfaitement organisĂ©s et rĂ©glĂ©s – cette maĂźtrise a fait le triomphe de son ballet Spartacus et surtout Ivan le terrible)
. Au crĂ©dit de cette version prĂ©sentĂ© en octobre 2016, la performance et l’engagement du danseur Ă©toile en chef maffieux, Yashka : Mikhail Lobukhin dont la maĂźtrise et la grĂące expressive restent simples, naturels, d’une Ă©vidente sincĂ©ritĂ© 
 LIRE notre compte rendu complet L’ñge d’or / The Golden Age

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DVD coffret événement, critique. GREAT BALLETS from the BOLSHOI, vol 2 (4 dvd BEL AIR classiques) :
> L’Âge d’Or (2016)
> Le Lac des Cygnes (2015)
> Marco Spada (2014)
> La BayadÚre (2013)

La Belle au Bois Dormant (Tchaikovski, Petipa)

The Sleeping Beauty main image-1CinĂ©ma. Tchaikovski : La Belle au Bois dormant, Marius Petipa. Le 19 mars 2014, 20h15. La saison d’opĂ©ras et de ballets au cinĂ©ma et en direct du Royal Opera House se poursuit avec le mercredi 19 mars 2014 Ă  20h15, le ballet La Belle au Bois Dormant, chorĂ©graphie de Marius Petipa, diffusĂ©, en direct depuis Londres, dans 120 salles de cinĂ©mas en France.La Belle au Bois Dormant est le symbole mĂȘme du ballet classique et cette version reste fidĂšle Ă  l’acadĂ©misme classique de Marius Petipa, français installĂ© en Russie (en 1847), fondateur Ă  Saint-PĂ©tersbourg de l’école russe de danse. Son pĂšre et son frĂšre sont danseurs et maĂźtre de ballet. Avant de rejoindre la Russie, Marius devient danseur Ă©toile Ă  Nantes, Paris, Bordeaux : il est l’élĂšve du virtuose Auguste Ventris et danse avec la vedette Carlotta Grisi, modĂšle de la ballerine romantique. A Saint-PĂ©tersbourg, il est d’abord danseur du ThĂ©Ăątre ImpĂ©rial et devient en 1862, chorĂ©graphe en chef. Ses premiers chefs d’oeuvres immĂ©diatement acclamĂ©s sont La Fille de Pharaon (d’aprĂšs Le roman de la momie de ThĂ©ophile Gautier).

En 1869, il est premier maĂźtre de ballet, dirigeant une troupe de 250 danseurs. De 1855 Ă  1887, Petipa est aussi directeur de l’Ecole impĂ©riale de danse. S’appuyant sur une technique impeccable, le chorĂ©graphe approfondit l’expressivitĂ© de la danseuse, plaçant la pantomime au centre du dramatise chorĂ©graphique. Les ballets ne sont uniquement une vitrine de bravoure et de performance en tout genre, il s’agit aussi de drame ayant leur propre profondeur et une nouvelle couleur psychologique. Alors relĂ©guĂ©s Ă  de simple fonction de porteurs, les danseurs conquiĂšrent grĂące Ă  Petipa, une importance nouvelle, Ă©quilibrant alors l’action, jusque lĂ  faire valoir des performance de la premiĂšre ballerine. Petipa approfondit et perfectionne son style sur les musiques de divers compositeurs : Minkus (Don Quichotte, BolchoĂŻ, 1869 ; La BayadĂšre, nouveau thĂ©Ăątre Mariinski de Saint-PĂ©tersbourg, 1877). C’est cependant Piotr Illyitch Tchaikovski qui reste son compositeur de prĂ©dilection : leur entente artistique relĂšve du miracle mĂȘme comme en tĂ©moigne la rĂ©ussite de nombreux ballets : la Belle au bois dormant (1890), ouvre une trilogie exceptionnelle oĂč Ă  l’élĂ©gance technique que requiert le style Petipa rĂ©pond le gĂ©nie mĂ©lodique et l’instrumentation raffinĂ©e de TchaĂŻkovski ; puis se sont les deux ballets Casse-Noisette (1892) et le Lac des cygnes (1895).

Petipa synthĂ©tise l’art classique acadĂ©mique et le romantisme passionnĂ©. Son souci de vraisemblance dramatique, le partage des rĂŽles importants entre danseurs et danseuses apportent un nouveau souffle Ă  l’art chorĂ©graphique Ă  son Ă©poque. Ayant fait ses adieux en 1904, Petipa laisse un hĂ©ritage exceptionnellement riche auquel s’abreuvent tous les chorĂ©graphes aprĂšs lui. C’est Ă  Petipa que Giselle, ballet romantique par excellence, doit d’ĂȘtre ressuscitĂ©. Rodolf Noureev disciple de Petipa souligne l’apport de son maĂźtre : libertĂ© du corps maĂźtrisĂ©, geste poĂ©tique, allure porteuse de l’idĂ©e. Avec Petipa, la danse devient un art majeur; il fusionne technicitĂ© et sensibilitĂ©. Une combinaison magicienne que toutes les troupes ambitionnent aujourd’hui de perpĂ©tuer.

Distribution :
PRINCESSE AURORE – Sarah Lamb
PRINCE DESIRE – Steven McRae
MUSIQUE – Piotr Ilitch TchaĂŻkovski
CHOREGRAPHIE – Marius Petipa
CHEF D’ORCHESTRE – Valeriy Ovsyanikov
DECORS – Oliver Messel
PRODUCTION – Monica Mason & Christopher Newton –
INTRIGUE :
Le ballet commence par un prologue d’une vingtaine de minutes, oĂč l’on cĂ©lĂšbre le baptĂȘme de la princesse Aurore. La fĂ©e des Lilas amĂšne avec elle six autres fĂ©es qui lui promettent toutes les perfections et les bonheurs. Mais paraĂźt la mĂ©chante fĂ©e Carabosse qui reproche au roi de ne pas l’avoir invitĂ©e Ă  la fĂȘte. Pour se venger, elle jette un sort terrible Ă  Aurore ; celle-ci se piquera le doigt avec une aiguille et mourra. Mais la fĂ©e des Lilas attĂ©nue le mauvais sort : la princesse ne mourra pas, elle s’endormira pour cent ans
 un prince pourra dĂ©senvoĂ»ter la jeune femme par un baiser libĂ©rateur

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Lire notre dossier La Belle au bois dormant, Sleeping Beauty de Tchaikovski, chorégraphie de Matthew Bourne

Lire notre article sur La Belle au bois dormant, chorégraphie de Yuri Grigorovitch