LIVRE événement, critique. Pauline Ritaine : Paul Dukas, Écrits sur la musique (éditions Musicae)

DUKAS-paul-Pauline-Ritaine-ecrits-critique-musical-DUKAS-opera-analyse-critique-livre-critique-classiquenews-aedam-musicae-sep-2019LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Pauline Ritaine : Paul Dukas, Écrits sur la musique (Ă©ditions Musicae). Avec Camille Saint-SaĂ«ns ou Claude Debussy, le Prix de Rome (1889) Paul Dukas (1865-1935) a suivi le sillage d’Hector Berlioz comme critique musical. Lorsqu’un compositeur dĂ©crypte le travail d’autres confrères, la vision est toujours solidement argumentĂ©, rĂ©vĂ©lant autant sur les Ĺ“uvres concernĂ©es que sur son Ă©criture et son esthĂ©tique propres. Érudit et d’un goĂ»t très fin, l’auteur du seul opĂ©ra Ă  la fois wagnĂ©rien et debussyste : Ariane et Barbe-Bleue (1907), de L’Apprenti sorcier (1897) ou de La PĂ©ri (1911) – emblème de l’âge d’or du symphonisme et de l’opĂ©ra français fin de siècle / Belle Époque, rĂ©dige entre 1892 et 1932 presque quatre-cents articles oĂą la finesse le dispute Ă  un sens de la synthèse et de la contextualisation selon les idĂ©es et les courants de pensĂ©e Ă  son Ă©poque. Ainsi ni la polĂ©mique, ni l’ironie ne sont exclues. Dukas commente, analyse, dĂ©tecte les dĂ©fauts ou les longueurs (Dans la Walkyrie, le long duo Wotan / Fricka), identifie ce qui dĂ©termine les Ă©lĂ©ments esthĂ©tiques contemporains : symbolistes, impressionnistes, vĂ©ristes, wagnĂ©rien Ă©videmment, et spĂ©cifiquement français. Autant de convictions d’une pensĂ©e construite et très affinĂ©e qui sait dĂ©tecter les bouleversements esthĂ©tiques et institutionnels dont les rĂ©formes de l’OpĂ©ra et du Conservatoire de Paris (oĂą il enseigne tardivement la composition).
Comme Saint-Saëns, Dukas se passionne pour la redécouverte du patrimoine musical ancien (Renaissance, Baroque…) : folklores régionaux et aussi musiques extra-européennes.
Mais tout cela lui pèse car son temps d’écriture et d’analyse dévore celui dédié à la composition : il s’en ouvre clairement à Vincent d’Indy qui lui, a toujours su refusé toute demande de rédaction critique (ce qui n’empêcha pas d’affirmer haut et fort ses propres certitudes).
Dans ce volume 1, dédié au « théâtre lyrique », l’auteure organise le corpus autographe non pas chronologiquement mais thématiquement, identifiant les grands sujets qui ont inspiré le Dukas critique musical : « art & société » ; critiques (Hippolyte et Aricie, Castor, Les Indes Galantes… de Rameau, mars 1894 ; La Flûte enchantée, Don Juan de Mozart ; Armide et Orphée de Gluck ; Fidelio de Beethoven…, surtout la Tétralogie, 1892 et Tristan, 1899, de Wagner car Dukas cède aux miroitements orchestraux de Wagner ; puis le « théâtre lyrique contemporain » : entre autres, Samson de Saint-Saëns (1892), Werther de Massenet (1893), Falstaff de Verdi (1894), Ferval de D’Indy (1897), Louise de Charpentier (1900), les Barbares de St-Saëns (1901), Le Roi Arthus de Chausson (1903), Padmâvatî de Roussel ou Les Noces de Stravinsky (1923). Captivant regard d’un critique lui-même compositeur pour l’opéra. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2019.

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Pauline Ritaine : Paul Dukas, Écrits sur la musique (Ă©ditions Musicae / Coll. Musiques-XIX-XXe siècles – 344 pages – Format : 17.5 x 24 cm (Ă©p. 2.5 cm) (625 gr) – DĂ©pot lĂ©gal : Juillet 2019 – Cotage : AEM-189 – ISBN : 978-2-919046-42-3 – CLIC de classiquenews septembre 2019.

Plus d’infos sur le site musicae.fr :
http://www.musicae.fr/livre-Paul-Dukas—Ecrits-sur-la-musique-Edite-par-Pauline-Ritaine-189-150.html

COMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE, Capitole, le 7 avril 2019. DUKAS :  Ariane et Barbe Bleue. Koch, Le Texier / ROPHE.

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULOUSE, Théâtre du Capitole, le 7 avril 2019. P. DUKAS.  Ariane et Barbe Bleue. S. PODA . S. Koch. V. Le Texier. J. Baechle. Orchestre et ChĹ“ur du Théâtre du Capitole. P. ROPHE, direction. Une très impressionnante production du seul opĂ©ra de Paul Dukas au Capitole : Une parfaite rĂ©ussite. Pour son entrĂ©e au rĂ©pertoire, la production de Stefano Poda qui gère tout le visuel, mise en scène, dĂ©cors, costumes et lumières est admirable d’intelligence. A nouveau le directeur de la maison, Christophe Ghristi, semble avoir su trouver cette parfaite alchimie entre scène et voix qui magnifie l’opĂ©ra. La scĂ©nographie est riche et complexe Ă  la hauteur de la partition de Dukas. Tout est blanc sur scène dans une harmonie pleine de sous entendus, symboles de la recherche d’ absolu d’Ariane.

 
 
 

Labyrinthe saisissant…
PARFAITE ARIANE AU CAPITOLE

 
 
 

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Les lumières dessinent donc le noir et le gris. Une certaine lassitude est Ă©vitĂ©e de justesse car la richesse du symbole est constamment renouvelĂ©e. Les costumes sont superbes et les dĂ©cors enthousiasmants : un immense mur de corps entassĂ©s au fond et un grand labyrinthe qui descend des cintres, crĂ©ent un huis clos Ă©prouvant. Et des jeux entre les femmes de Barbe Bleu très intĂ©ressants, reprennent le fameux labyrinthe d’Ariane, symbole si riche. L’impossibilitĂ© pour Ariane de libĂ©rer ses “sĹ“urs” dĂ©montre que la libertĂ© ne peut jamais s’offrir mais uniquement se mĂ©riter par le courage de sa volontĂ©.  Ainsi les cinq femmes de Barbe Bleue se rĂ©signent au malheur connu y trouvant des facilitĂ©s (les pierres prĂ©cieuses) n’osant pas suivre Ariane sur le chemin de la libertĂ© avec ce que cela comporte d’imprĂ©vus, prĂ©fĂ©rant faire confiance Ă  l’hypothĂ©tique repentir de Barbe Bleue.
Le jeux est très convainquant avec des danseuses ne faisant pas redondance, mais développant corporellement chaque personnage avec talent. C’est évidemment le jeu subtil de l’actrice Dominique Sanda en Alladine  (rôle muet) qui est le plus éloquent mais chaque cantatrice est convaincante.

Ce sont la beauté des voix et la splendeur de l’orchestre  qui magnifient parfaitement  la somptueuse partition de Paul Dukas. Sophie Koch conserve sa splendeur de timbre sur toute la tessiture, sa projection est impressionnante et sa diction la plus compréhensible qui soit. Son incarnation d’une Ariane volontaire et inflexible, mais avec amour, restera inoubliable. Le Barbe Bleue de Vincent Le Texier est sobre et efficace. Un rôle important est dévolu à la nourrice et Janina Baechle sait avec une grande intelligence se servir de sa large voix pour donner beaucoup d’humanité à celle qui accompagne Ariane dans sa quête jusqu’au bout de sa propre peur. La proximité des deux voix en terme de couleurs profondes permet un jeu de miroir très réussi.
Les cinq premières femmes de Barbe Bleue apportent plus de lumières dans les timbres. Ainsi particulièrement Andrea Soare en Mélisande et Marie-Laure Garnier en Ygraine. Mais il faut toutes les citer tant l’accord des voix est réussi :  Eva Zaïcik en  Sélysette  et Erminie Blondel en Bellangère.

 
 
 

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L’Orchestre du Capitole est sensationnel, tous les musiciens sont virtuoses et intensément engagés dans un jeu parfait.  La direction de Pascal Rophé est limpide et sûre ce qui est bienvenu dans une partition aussi complexe. Paul Dukas y fait une extraordinaire recherche de lumière pour accompagner  son héroïne, partant  d’une texture parfois complexe et épaisse.  Voici donc une très belle version du seul opéra, véritable chef d’oeuvre inclassable, de Paul Dukas.  Elle  a été offerte au public du Capitole par une équipe de haut vol.  France Musique a posé ses micros et Culture Box ses caméras pour immortaliser cet opéra si rare qui sera diffusé les 14 avril et 5 mai 2019.

 
 
   
 
 

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Compte-rendu Opéra. Toulouse. Théâtre du Capitole. Le 7 avril 2019. Paul Dukas (1865-1935) : Ariane et Barbe Bleue, Opéra en trois actes. Livret de Maurice Maeterlinck. Création le 10 mai 1907 à l’Opéra-Comique.  Nouvelle production. Stefano Poda, mise en scène, décors, costumes et lumières. Sophie Koch : Ariane. Vincent Le Texier : Barbe-Bleue. Janina Baechle : La Nourrice. Eva Zaïcik  : Sélysette. Marie-Laure Garnier : Ygraine. Andreea Soare : Mélisande. Erminie Blondel : Bellangère.  Dominique Sanda : Alladine. Orchestre national du Capitole et Chœur du Capitole, Alfonso Caiani : chef de chœur. Pascal Rophé : direction musicale. Illustrations : © Cosimo Mirco Magliocca / Capitole de Toulouse 2019.

 
 
   
 
 

CD.Paul Dukas : VellĂ©da, Polyeucte, L’Apprenti sorcier (Les Siècles, Roth, 2011)

CD. Paul Dukas : VellĂ©da, Polyeucte, L’Apprenti sorcier (Les Siècles, Roth, 2011)… Contrairement Ă  la photo de couverture, le programme jubilatoire du cd, met en lumière la première manière de Dukas, alors fraĂ®chement dĂ©barquĂ© de toute rĂ©compense acadĂ©mique car il a Ă©chouĂ© au Concours du Prix de Rome… le jeune tempĂ©rament poursuit nĂ©anmoins sa carrière .

Se risquant dans la grande forme … avec un aplomb conquĂ©rant Ă©clectique, avec un mĂ©tier dĂ©jĂ  mĂ»r  qui n’avait point besoin de palmes ni decorum romains… Après leur prĂ©cĂ©dent rĂ©vĂ©lant un Debussy jamais Ă©coutĂ© jusque lĂ  (La Mer, Première Suite d’orchestre … dĂ©poussiĂ©rĂ©es avec une subtilitĂ© irrĂ©sistible, cd Les Siècles Live paru en mars 2013), ce nouveau disque des Siècles confirment la savante Ă©lĂ©gance dont l’orchestre sur instruments anciens fondĂ© et dirigĂ© par François Xavier Roth est capable aujourd’hui. Face Ă  tant d’orchestres modernes qui s’entĂŞtent Ă  jouer les romantiques (français) sans instruments adĂ©quats, – plutĂ´t dans la puissance moins dans la finesse-, voici assurĂ©ment une phalange modèle autant par sa probitĂ© Ă  retrouver le format sonore originel des oeuvres que par ses choix de programmes toujours audacieux, originaux voire expĂ©rimentaux. Certes le seul emploi des instruments d’Ă©poque ne suffit pas Ă  rĂ©ussir un programme : c’est toute la valeur de la direction du chef que de ne jamais sacrifier la juste intonation, la ciselure poĂ©tique, sur l’autel de la claironnante ou dĂ©monstrative restitution historique. Les trois Ĺ“uvres retenues ici fonctionnent comme un triptyque magistral, dĂ©voilant Ă  raisons, la maturitĂ© orchestrale du jeune Dukas Ă  la charnière des annĂ©es 1890… Il n’est pas d’orchestre aussi vivant et palpitant entièrement dĂ©diĂ© aux lectures historiques, qui soit aussi convaincant aujourd’hui, que Les Siècles donc, comme le JOA Jeune Orchestre atlantique et la prometteuse Symphonie des Lumières (fondĂ©e par l’ex violoniste au sein des Siècles et assistant de FX Roth, Nicolas Simon).

 

 

Dukas : flamboyances d’Ă©poque

 

dukas_les_siecles_roth_velleda_polyeucte_Apprenti_sorcier_cd_actes-SudLouons d’abord cette cantate VellĂ©da (1889), pĂ©chĂ© acadĂ©mique, sertie par un orfèvre Ă©mule de Wagner, bientĂ´t bayreuthien fervent et admiratif (- mais qui criera tant sa haine du boch et de toute la culture germanique avec lui après 1918 … haute Ă©motivitĂ©, triste contexte) : ici, le chef veille surtout Ă  l’Ă©quilibre voix et instruments, soulignant sans lourdeur le talent de Dukas Ă  exprimer des atmosphères d’une incomparable richesse de couleurs …  ;  Polyeucte (1891) juste après le temps des cantates (tentative vaine pour dĂ©crocher le Prix de Rome, hĂ©las pour lui)  s’inscrit parfaitement aux cĂ´tĂ©s de VellĂ©da la druidesse gauloise, comme Norma ; mais c’est surtout L’Apprenti sorcier (composĂ© en 1896, crĂ©Ă© Ă  Paris en 1897) qui s’impose Ă  nous par sa franchise narrative, sa construction gĂ©niale, son instrumentation scintillante.
Les 3 oeuvres indiquent clairement quelle conscience laborieuse et finalement gĂ©niale anime dĂ©jĂ  le jeune Dukas autour de la trentaine : un vrai symphoniste qui a le sens du drame et de l’architecture poĂ©tique, cherchant absolument une avancĂ©e, une issue entre le franckisme (très prĂ©sent) et le wagnĂ©risme de son temps, ouvert bientĂ´t aux mystères envoĂ»tants du PellĂ©as de Debussy : une manière française Ă©vidente dans cette orchestration subtile et souvent diaphane – elle-mĂŞme hĂ©ritière de Rameau comme de Berlioz-, qui souligne avec quel art il sait dessiner en vrai atmosphĂ©riste (comme Vivaldi dans ses Quatre Saisons) … des nuĂ©es sombres et Ă©paisses, des brumes flottantes pour les Ă©claircir ensuite afin de susciter une aube nouvelle, porteuse d’espĂ©rance (tout le plan de l’ouverture de Polyeucte, mais aussi cette aurore amoureuse qui fait le dĂ©but de VellĂ©da).  Le tapis instrumental d’un fini exceptionnel qui ouvre sa cantate VellĂ©da saisit ainsi, ce prĂ©ambule (digne du Strauss de La femme sans ombre quand y paraĂ®t pour la première fois l’ImpĂ©ratrice) est le plus rĂ©ussi … d’une extase poĂ©tique proche du sublime, car la Cantate de commande n’Ă©vite pas ensuite les longueurs ni les formules dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©es y compris dans le duo des amants. La pièce majeure rĂ©vĂ©latrice de cette hypersensibilitĂ© symphonique reste Ă©videmment le tissu goethĂ©en de L’Apprenti sorcier qui combine flamboyance instrumentale et construction dramatique en une synthèse exemplaire.

 

 

Sublime ouverture Polyeucte

 

Dans Polyeucte, -superbe rĂ©vĂ©lation lĂ  encore, peut-ĂŞtre le plus grand choc du programme-,  l’orchestre exprime la gravitĂ© psychique et vĂ©nĂ©neuse (une trame wagnĂ©rienne pour le coup) qui renvoie naturellement au drame cornĂ©lien ; crĂ©Ă©e en 1892, la partition Ă©blouit par sa grâce comme sa profondeur instrumentale (belle grandeur amère des cordes) : les musiciens dĂ©fendent une clartĂ© qui se montre habile et bĂ©nĂ©fique dans les Ă©quilibres, les balances, le relief mordant et lumineux des instruments d’Ă©poque, cet intimisme restituĂ© qui permet de mieux Ă©valuer la sensibilitĂ© et le perfectionnisme (quasi maladif) de Dukas. Et lĂ  aussi, l’orchestre par son chant irrĂ©sistible fait entendre ce qui dĂ©chire l’esprit du jeune hĂ©ros : Polyeucte est une âme tiraillĂ©e et ardente pris entre son amour pour Pauline et sa foi chrĂ©tienne ; amour profane, amour sensuel, dĂ©sir et contemplation, voilĂ  deux pĂ´les entre lesquels balance un orchestre en Ă©tat de transe, d’une finesse absolue et d’un Ă©quilibre sonore prodigieux : sur l’ocĂ©an d’une houle psychique, se distingue tour Ă  tour la frĂŞle et dĂ©chirante mĂ©lopĂ©e des timbres solistes cor anglais, clarinette, hautbois (dialoguant avec les violoncelles) …  avant que les cordes n’Ă©lève l’action intĂ©rieure en une libĂ©ration ultime magnifiquement orchestrĂ©e. Au terme de ce que nous pourrions entendre comme une lente, âpre puis enivrante mĂ©tamorphose, Polyeucte rĂ©sout ses tiraillements en fusionnant les deux, sublimer son amour, incarner sa foi par le martyre. Il y a du wagnĂ©risme finement tissĂ© mais aussi cette aspiration spirituelle, parfaitement franckiste dans le dĂ©roulĂ© de cette ouverture ample et ambitieuse , de plus plus ascensionnelle (lisztĂ©enne Ă©galement) de plus de 14 mn ! De fait, l’Ĺ“uvre se termine en une sorte d’extase Ă©nigmatique et mystĂ©rieuse qui conserve son intensitĂ© jusqu’Ă  sa dernière nuance piano. Chef et orchestre expriment chaque nuance de cette ascension progressive avec une flamme quasi hypnotique.
De la juvĂ©nilitĂ© faussement victorieuse du jeune sorcier Ă  sa terreur foudroyante face au balai qui se multiplie et qu’il ne maĂ®trise plus, la direction de François-Xavier Roth exprime toutes les facettes de L’Apprenti …  partition prodigieuse en avatars enchaĂ®nĂ©s et multiples, qui doit moins son attractivitĂ© jamais dĂ©mentie depuis sa crĂ©ation de 1897-, Ă  son sujet fabuleux qu’au traitement que lui rĂ©serve le gĂ©nial orchestrateur. Toutes les alliances de timbres et la succession des Ă©pisodes se trouvent rĂ©Ă©clairĂ©es et rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es par un jaillissement permanent du scintillement instrumental. Une richesse sonore exaltante et trĂ©pidante qui avait dĂ©jĂ  fait le miracle du concert vĂ©nitien, quand orchestre et chef donnaient avec VellĂ©da, L’Apprenti sorcier Ă  l’Ă©tage de la Scuola di san Rocco en 2011, devant les camĂ©ras de classiquenews.com (prĂ©sent pour cet Ă©vĂ©nement musical italien) : voir notre reportage vidĂ©o : VellĂ©da de Dukas rĂ©vĂ©lĂ© par Les Siècles et François Xavier Roth Ă  Venise.

VoilĂ  donc un nouveau disque qui dans le sillon de l’avancĂ©e scientifique sur instruments d’Ă©poque compose un bel apport pour notre connaissance dĂ©sormais renouvelĂ©e du romantisme Ă  la française, avec Rebel (Le Cercle de l’Harmonie), avec aussi le superbe disque des mĂŞmes Siècles dĂ©cidĂ©ment très inspirĂ©s par les Français (Dubois dont l’ouverture de Frithiof) ou l’excellent volume des cantates du Prix de Rome de Max d’Ollone rĂ©cemment ressuscitĂ©es, avec quel panache Ă©galement – oĂą l’on retrouve d’ailleurs la mĂŞme Chantal Santon, dans FrĂ©dĂ©gonde, dont la Galeswinthe est d’une eau tout aussi pure et aĂ©rienne presque Ă©thĂ©rĂ©e que sa VellĂ©da dukasienne. Superbe disque dĂ©fendu par un orchestre fabuleux et un chef d’une mesure et d’une tension inspirĂ©es. Incontournable. CD coup de coeur de classiquenews de dĂ©cembre 2013.

Paul Dukas : VellĂ©da (cantate), Polyeucte, L’Apprenti Sorcier. Les Siècles. François Xavier Roth, direction. Enregistrement rĂ©alisĂ© en 2011 et 2012 (1 cd Les Siècles Live).