Paris, TCE : Nathalie Stutzmann en chef d’orchestre

stutzmann nathalie schubert lieder IMG_0389-Nathalie-RT-Warmer_(c)_Simon_Fowler-480Paris, TCE. Concert Mozart, Nathalie Stutzmann. Le 12 mai 2015, 20h. Haffner, Concerto pour clarinette... La contralto Nathalie Stutzmann ne chante pas mais dirige son premier concert Ă  la tĂŞte de l’Orchestre de chambre de Paris. Artiste invitĂ©e de la phalange parisienne, la cantatrice chef s’engage pour Mozart et offre une soirĂ©e “Promenades Ă  Salzbourg“. En 1782, le compositeur qui a quittĂ© Salzbourg pour Vienne reçoit la commande d’une nouvelle symphonie, en l’occurrence pour fĂŞter l’anoblissement de Siegmund Haffner dont le compositeur avait 6 annĂ©es auparavant Ă©crit une SĂ©rĂ©nade pour le mariage de la fille. En 1786, Mozart vient de crĂ©er avec triomphe L’Enlèvement au sĂ©rail qui marque la puissance de l’opĂ©ra en langue allemande (singspiel). SubmergĂ© par les commandes, Mozart compose la nuit et achève la Haffner le 3 aoĂ»t 1786, alors qu’il tout juste l’Ă©poux de son adorable Constanz.

 

mozart_portrait-300Symphonie Haffner, 1786. Plan : allegro con spirito, andante, menuetto, finale : presto. L’Allegro initial affirme une Ă©nergie proche de l’exclamation exaspĂ©rĂ©e voire de la colère tout en intĂ©grant la manière de JS Bach que Mozart copiait alors avec admiration. L’Andante contraste singulièrement avec le premier Allegro : d’une sĂ©rĂ©nitĂ© proche de la SĂ©rĂ©nade avec mĂŞme des accents mĂ©lancoliques. Après la fraĂ®cheur du Menuet auquel Mozart semble vouloir donner des dĂ©veloppements nouveaux, le Finale : Presto emprunte Ă  l’Enlèvement au sĂ©rail l’air de triomphe du chef des esclaves Osmin : entrain, allĂ©gresse d’une sĂ©quence qui doit ĂŞtre jouĂ©e aussi vite que possible dans un dernier rire empressĂ©. De toute Ă©vidence par ses rĂ©ussites contrastĂ©e, la modernitĂ© du premier mouvement, l’effet des contraste d’une rare intelligence, l’essence théâtrale, dramatique et mĂŞme prĂ©cisĂ©ment opĂ©ratique de la Haffner, voici l’une des plus importantes Symphonies Viennoises de Mozart, de facto la plus prometteuse car la première d’une sĂ©rie frappant par son intelligence et son originalitĂ©.

 

 

 

Mozart portraitXSymphonie n°41 “Jupiter” (1788) :  K 551, la 41è dite Symphonie “Jupiter”: en ut, le dernier opus symphonique de Mozart marque l’affirmation et le triomphe des valeurs humanistes, en liaison avec ses affinitĂ©s franc-maçonniques. Le plan est l’un des plus Ă©quilibrĂ©s qui soient: vaste architecture, solennelle et lĂ©gère Ă  la fois, qui semble fixer sans l’assĂ©cher le plan sonate et aussi rĂ©capituler toutes les passions Ă©prouvĂ©es et vĂ©cues au cours des deux Symphonies prĂ©cĂ©dentes; et leur donner une rĂ©ponse, comme un prolongement en forme d’apothĂ©ose : en particulier si l’on joue dans la continuitĂ© la dernière agitation de la 39è puis le premier mouvement de la 40è: un monde surgit alors avec la Jupiter, celui plein de souffle et d’une vitalitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e qui annonce immĂ©diatement la vision et l’activitĂ© de Beethoven. Jouer dans leur continuitĂ© organique les 3 dernières Symphonies de Mozart est un pari risquĂ© pour les interprètes mais une expĂ©rience musicalement pertinente: l’auditeur peut rĂ©tablir l’enchaĂ®nement des parties et prendre conscience de l’Ĺ“uvre magistralement cohĂ©rente de Mozart Ă  la fin des annĂ©es 1780. Nikolaus Harnoncourt en a rĂ©cemment dĂ©montrĂ© au disque la profonde unitĂ© organique. Ainsi le 10 aoĂ»t 1788, Mozart met-il un terme Ă  sa propre aventure purement symphonique, affirmant dans l’ut majeur, sa maĂ®trise Ă©blouissante du contrepoint comme de l’harmonie :

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)Autant la sol mineur dĂ©route par sa palpitation envoĂ»tante fondamentalement irrĂ©solue,  autant dès son entrĂ©e magistrale par son allegro vivace,  la Jupiter affirme sa souveraine quiĂ©tude balisĂ©e Ă  laquelle Harnoncourt apporte de superbe respirations sur un tempo plutĂ´t (lui aussi) serein. Le Cantabile qui suit affirme mais sur le ton d’une tendresse franche, le sentiment de plĂ©nitude avec des pupitres (bois et vents) d’une fusion magique. Mozart n’évite pas quelques lueurs plus inquiĂ©tantes,  tentation de l’abĂ®me bientĂ´t effacĂ©e/attĂ©nuĂ©e par la somptuositĂ© discursive de l’orchestre aux teintes et nuances d’une diversitĂ© Ă©tonnante. Mais on sent bien que la dynamique jaillissante et millimĂ©trĂ©e, les mille nuances expressives et les mille couleurs qu’apporte Harnoncourt, profitent de sa connaissance très poussĂ©e de la vie et de l’écriture mozartiennes : Harnoncourt a en mĂ©moire, l’expĂ©rience de Mozart dans l’oratorio haendelien et dans celui des grands compositeurs contemporains, en particulier CPE Bah dont il dirige l’oratorio La RĂ©surrection et l’Ascension de JĂ©sus, au printemps 1788 soit juste avant de composer le triptyque qui nous occupe : scintillement instrumental,  raffinement orchestral,  combinaisons jubilaire des solistes de chaque pupitre. … l’idĂ©e d’un rapprochement entre l’écriture hautement inspirĂ©e du fils Bach est Ă©videmment tentante. Qu’il soit ou nom fondamentalement inspirĂ© par un sujet sacrĂ© fondant sa religiositĂ© expliquant sous la plume de Harnoncourt l’usage du terme « oratorio » …, l’éloquence très individualisĂ©e de chaque instrument ou de chaque pupitre rappelle Ă©videmment par leur jeu concertant en dialogue permanent,  l’arène continue d’un vrai drame instrumental – nous ne dirions pas oratorio mais plutĂ´t en première choix, opĂ©ra instrumental-, dont la souffle et comme le discours nous parlent constamment” … (extrait de la critique complète du CD  “instrumental oratorium “, les 3 dernières Symphonies de Mozart par Nikolaus Harnoncourt, rĂ©dacteur : Camille de Joyeuse).

 

Promenades Ă  Salzbourg

 

boutonreservationConcert Mozart. Orchestre de chambre de Paris, Nathalie Stutzmann
Mardi 12 mai 2015, 20h
Paris, Théâtre des Champs-Elysées

 

Symphonie n° 35 en ré majeur « Haffner »
Concerto pour clarinette et orchestre en la majeur
Symphonie n° 41 en ut majeur « Jupiter »

VOIR l’annonce vidĂ©o du concert Mozart, “Promenades Ă  Salzbourg” au TCE dirigĂ© par Nathalie Stutzmann, le 12 mai 2015 : travail avec les instrumentistes de l’Orchestre de chambre de Paris ; pourquoi l’expĂ©rience de la cantatrice peut-elle ĂŞtre d’un bĂ©nĂ©fique apport dans l’interprĂ©tation de Mozart ? ; caractère des Ĺ“uvres choisies, regard sur le Concerto pour clarinette, la Symphonie Haffner…

Mozart symphonique : Nathalie Stutzmann dirige la Haffner et la Jupiter

stutzmann nathalie schubert lieder IMG_0389-Nathalie-RT-Warmer_(c)_Simon_Fowler-480Paris, TCE. Concert Mozart, Nathalie Stutzmann. Le 12 mai 2015, 20h. Haffner, Concerto pour clarinette... La contralto Nathalie Stutzmann ne chante pas mais dirige son premier concert Ă  la tĂŞte de l’Orchestre de chambre de Paris. Artiste invitĂ©e de la phalange parisienne, la cantatrice chef s’engage pour Mozart et offre une soirĂ©e “Promenades Ă  Salzbourg“. En 1782, le compositeur qui a quittĂ© Salzbourg pour Vienne reçoit la commande d’une nouvelle symphonie, en l’occurrence pour fĂŞter l’anoblissement de Siegmund Haffner dont le compositeur avait 6 annĂ©es auparavant Ă©crit une SĂ©rĂ©nade pour le mariage de la fille. En 1786, Mozart vient de crĂ©er avec triomphe L’Enlèvement au sĂ©rail qui marque la puissance de l’opĂ©ra en langue allemande (singspiel). SubmergĂ© par les commandes, Mozart compose la nuit et achève la Haffner le 3 aoĂ»t 1786, alors qu’il tout juste l’Ă©poux de son adorable Constanz.

 

mozart_portrait-300Symphonie Haffner, 1786. Plan : allegro con spirito, andante, menuetto, finale : presto. L’Allegro initial affirme une Ă©nergie proche de l’exclamation exaspĂ©rĂ©e voire de la colère tout en intĂ©grant la manière de JS Bach que Mozart copiait alors avec admiration. L’Andante contraste singulièrement avec le premier Allegro : d’une sĂ©rĂ©nitĂ© proche de la SĂ©rĂ©nade avec mĂŞme des accents mĂ©lancoliques. Après la fraĂ®cheur du Menuet auquel Mozart semble vouloir donner des dĂ©veloppements nouveaux, le Finale : Presto emprunte Ă  l’Enlèvement au sĂ©rail l’air de triomphe du chef des esclaves Osmin : entrain, allĂ©gresse d’une sĂ©quence qui doit ĂŞtre jouĂ©e aussi vite que possible dans un dernier rire empressĂ©. De toute Ă©vidence par ses rĂ©ussites contrastĂ©e, la modernitĂ© du premier mouvement, l’effet des contraste d’une rare intelligence, l’essence théâtrale, dramatique et mĂŞme prĂ©cisĂ©ment opĂ©ratique de la Haffner, voici l’une des plus importantes Symphonies Viennoises de Mozart, de facto la plus prometteuse car la première d’une sĂ©rie frappant par son intelligence et son originalitĂ©.

 

 

 

Mozart portraitXSymphonie n°41 “Jupiter” (1788) :  K 551, la 41è dite Symphonie “Jupiter”: en ut, le dernier opus symphonique de Mozart marque l’affirmation et le triomphe des valeurs humanistes, en liaison avec ses affinitĂ©s franc-maçonniques. Le plan est l’un des plus Ă©quilibrĂ©s qui soient: vaste architecture, solennelle et lĂ©gère Ă  la fois, qui semble fixer sans l’assĂ©cher le plan sonate et aussi rĂ©capituler toutes les passions Ă©prouvĂ©es et vĂ©cues au cours des deux Symphonies prĂ©cĂ©dentes; et leur donner une rĂ©ponse, comme un prolongement en forme d’apothĂ©ose : en particulier si l’on joue dans la continuitĂ© la dernière agitation de la 39è puis le premier mouvement de la 40è: un monde surgit alors avec la Jupiter, celui plein de souffle et d’une vitalitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e qui annonce immĂ©diatement la vision et l’activitĂ© de Beethoven. Jouer dans leur continuitĂ© organique les 3 dernières Symphonies de Mozart est un pari risquĂ© pour les interprètes mais une expĂ©rience musicalement pertinente: l’auditeur peut rĂ©tablir l’enchaĂ®nement des parties et prendre conscience de l’Ĺ“uvre magistralement cohĂ©rente de Mozart Ă  la fin des annĂ©es 1780. Nikolaus Harnoncourt en a rĂ©cemment dĂ©montrĂ© au disque la profonde unitĂ© organique. Ainsi le 10 aoĂ»t 1788, Mozart met-il un terme Ă  sa propre aventure purement symphonique, affirmant dans l’ut majeur, sa maĂ®trise Ă©blouissante du contrepoint comme de l’harmonie :

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)Autant la sol mineur dĂ©route par sa palpitation envoĂ»tante fondamentalement irrĂ©solue,  autant dès son entrĂ©e magistrale par son allegro vivace,  la Jupiter affirme sa souveraine quiĂ©tude balisĂ©e Ă  laquelle Harnoncourt apporte de superbe respirations sur un tempo plutĂ´t (lui aussi) serein. Le Cantabile qui suit affirme mais sur le ton d’une tendresse franche, le sentiment de plĂ©nitude avec des pupitres (bois et vents) d’une fusion magique. Mozart n’évite pas quelques lueurs plus inquiĂ©tantes,  tentation de l’abĂ®me bientĂ´t effacĂ©e/attĂ©nuĂ©e par la somptuositĂ© discursive de l’orchestre aux teintes et nuances d’une diversitĂ© Ă©tonnante. Mais on sent bien que la dynamique jaillissante et millimĂ©trĂ©e, les mille nuances expressives et les mille couleurs qu’apporte Harnoncourt, profitent de sa connaissance très poussĂ©e de la vie et de l’écriture mozartiennes : Harnoncourt a en mĂ©moire, l’expĂ©rience de Mozart dans l’oratorio haendelien et dans celui des grands compositeurs contemporains, en particulier CPE Bah dont il dirige l’oratorio La RĂ©surrection et l’Ascension de JĂ©sus, au printemps 1788 soit juste avant de composer le triptyque qui nous occupe : scintillement instrumental,  raffinement orchestral,  combinaisons jubilaire des solistes de chaque pupitre. … l’idĂ©e d’un rapprochement entre l’écriture hautement inspirĂ©e du fils Bach est Ă©videmment tentante. Qu’il soit ou nom fondamentalement inspirĂ© par un sujet sacrĂ© fondant sa religiositĂ© expliquant sous la plume de Harnoncourt l’usage du terme « oratorio » …, l’éloquence très individualisĂ©e de chaque instrument ou de chaque pupitre rappelle Ă©videmment par leur jeu concertant en dialogue permanent,  l’arène continue d’un vrai drame instrumental – nous ne dirions pas oratorio mais plutĂ´t en première choix, opĂ©ra instrumental-, dont la souffle et comme le discours nous parlent constamment” … (extrait de la critique complète du CD  “instrumental oratorium “, les 3 dernières Symphonies de Mozart par Nikolaus Harnoncourt, rĂ©dacteur : Camille de Joyeuse).

 

 
 
 

Promenades Ă  Salzbourg

 

boutonreservationConcert Mozart. Orchestre de chambre de Paris, Nathalie Stutzmann
Mardi 12 mai 2015, 20h
Paris, Théâtre des Champs-Elysées

 

Symphonie n° 35 en ré majeur « Haffner »
Concerto pour clarinette et orchestre en la majeur
Symphonie n° 41 en ut majeur « Jupiter »

VOIR l’annonce vidĂ©o du concert Mozart, “Promenades Ă  Salzbourg” au TCE dirigĂ© par Nathalie Stutzmann, le 12 mai 2015 : travail avec les instrumentistes de l’Orchestre de chambre de Paris ; pourquoi l’expĂ©rience de la cantatrice peut-elle ĂŞtre d’un bĂ©nĂ©fique apport dans l’interprĂ©tation de Mozart ? ; caractère des Ĺ“uvres choisies, regard sur le Concerto pour clarinette, la Symphonie Haffner…

Entretien vidĂ©o : Concert Mozart par L’Orchestre de chambre de Paris et Nathalie Stutzmann, 12 mai 2015

orchestre de chambre de Paris OCP logo 2013PARIS. Promenades Ă  Salzbourg : le 12 Mai 2015, Nathalie Stutzmann dirige l’Orchestre de chambre de Paris et Julian Bliss (clarinette) dans un programme 100% Mozart : Symphonie Haffner, Concerto pour clarinette, Symphonie Jupiter. Entretien vidĂ©o © CLASSIQUENEWS.TV 2015.

Concert Promenades Ă  Salzbourg, le 12 mai 2015, 20h. Paris, TCE

 

Compte rendu, concert. Paris. Théâtre des Champs Elysées, le 18 février 2015. Beethoven, Bruch, Mendelssohn. Daniel Hope, violon. Maîtrise de Paris. Patrick Marco, direction. Orchestre de Chambre de Paris. Thomas Dausgaard, direction.

orchestre de chambre de Paris OCP logo 2013Le Théâtre des Champs ÉlysĂ©es accueille Ă  nouveau l’Orchestre de Chambre de Paris pour un concert extraordinaire oĂą l’on dĂ©couvre les diffĂ©rents visages du romantisme classique, de Beethoven Ă  Bruch, passant par Mendelssohn, avec un certain focus sur la théâtralitĂ© de la pĂ©riode. La MaĂ®trise de Paris et le violoniste Daniel Hope se joignent Ă  l’ensemble dirigĂ© par Thomas Dausgaard, en chef invitĂ©. Une soirĂ©e riche en Ă©motion avec un programme et des interprètes de qualitĂ©, visiblement impliquĂ©s.

 

 

 

Voyage romantique de qualité

 

HOPE daniel violon portrait daniel-hope2Le concert dĂ©bute avec l’ouverture Coriolan de Beethoven, composĂ©e en 1807 pour la pièce de théâtre Ă©ponyme de Heinrich Joseph von Collin. Comme dans toute la musique du compositeur, nous sommes en permanence interpellĂ©s par la tension crĂ©Ă©e par deux thèmes contrastants, conflictuels. Une mise en musique habile qui dĂ©voile l’Ă©tat d’esprit ambigu du gĂ©nĂ©ral Romain exilĂ© : Coriolan. L’Orchestre de Chambre de Paris montre ici un art du chiaroscuro plein de brio, avec des contrastes tonaux très marquĂ©s. Une atmosphère hĂ©roĂŻque s’installe mais pas sans l’hĂ©sitation inhĂ©rente au sujet dramatique. Place ensuite, Ă  l’un des bijoux pour violon et orchestre de l’ère romantique, le Concerto en sol mineur de Max Bruch, composĂ© en 1866. Le violoniste britannique Daniel Hope (Ă©lève de Yehudi Menuhin) est le soliste invitĂ©. Dès la première mesure, il fait preuve d’une grande musicalitĂ©. Dans son jeu sincère et agile, le violoniste montre sa dextĂ©ritĂ© tactile et une comprĂ©hension presque spirituelle de l’oeuvre, sans jamais tomber dans le piège de la dĂ©monstration gratuite ni de la virtuositĂ© mondaine. La complicitĂ© avec l’orchestre est aussi saisissante, quand les cordes rayonnent de brio, le soliste affirme son chant mi-mĂ©ditatif mi-mĂ©lancolique et l’effet est impressionnant. Ainsi le deuxième mouvement est un vĂ©ritable sommet de beautĂ© bouleversante, inspirant Ă  l’auditoire des larmes qui Ă©difient l’âme. Le dernier mouvement dĂ©borde d’Ă©nergie ; il clĂ´t la première partie du programme jusqu’aux hauteurs heureuses oĂą nous emmènent un soliste et un orchestre bien tempĂ©rĂ©s. Et puisque le bonheur est toujours payant, le public enflammĂ© inspire Daniel Hope Ă  offrir un bis plein d’humanitĂ©, le Kaddish de Ravel, l’une de ses 2 mĂ©lodies hĂ©braĂŻques composĂ©es pour violon et piano.

Après l’entracte, la MaĂ®trise de Paris paraĂ®t sur scène pour jouer avec l’orchestre Le Songe d’une Nuit d’étĂ© de FĂ©lix Mendelssohn. Une musique Ă  la cĂ©lĂ©britĂ© indĂ©niable fraĂ®chement interprĂ©tĂ©e par le chĹ“ur de jeunes filles et l’Orchestre sous la baguette très affĂ»tĂ©e de Dausgaard. Si d’un premier regard, le choix des tempi dans l’ouverture, Ă©tonne, nous constatons rapidement un brio Ă©volutif qui finit de façon brillante. Dans le scherzo qui suit, les cuivres presque dissonants reprĂ©sentent une malheureuse distraction par rapport aux cordes, elles, dĂ©licieuses. En effet, les cuivres ce soir laissent beaucoup Ă  dĂ©sirer, la prestation des bois est au contraire (et comme c’est souvent le cas pour cet orchestre), magnifique. Remarquons la flĂ»te en particulier. Dans le fantastique lied qui suit, deux jeunes filles de la MaĂ®trise de Paris sont solistes ; leur performance a une candeur et une lĂ©gèretĂ© touchante Ă  souhait. Puis les bois continuent Ă  rayonner, les beaux bassons dans l’andante s’accordant superbement aux cordes bien Ă©quilibrĂ©es. Dans l’archicĂ©lèbre Marche Nuptiale, les cuivres semblent n’ĂŞtre plus dĂ©saccordĂ©s et se marient de façon Ă©loquente aux bois charmants, surtout la clarinette et le hautbois. Le concert se termine en beautĂ© avec le finale avec choeur et solistes, riche et gĂ©nĂ©reux de fantaisie.

Encore une fois l’Orchestre de Chambre de Paris rĂ©gale l’audience avec un concert de qualitĂ©, avec la fraĂ®cheur et ce je ne sais quoi d’intimiste qui lui est propre, dans un programme riche et intĂ©ressant oĂą le protagoniste reste la beautĂ©. Enthousiasmant.

Compte rendu, concert. Paris. Théâtre des Champs Elysées, le 18 février 2015. Beethoven, Bruch, Mendelssohn. Daniel Hope, violon. Maîtrise de Paris. Patrick Marco, direction. Orchestre de Chambre de Paris. Thomas Dausgaard, direction.

Vidéo, entretien. Nathalie Stutzmann chante les lieder de Schubert

orchestre de chambre de Paris OCP logo 2013Paris, TCE. Lieder de Schubert, OCP, Nathalie Stutzmann. Le 13 janvier 2015, 20h.  Au moment de fêter les 20 ans de sa collaboration avec la pianiste Inger Södergren dans l’interprétation des lieder de Schubert (le coffret de 3 cd réunissant les cycles Wintereise, Die Schöne Müllerin, Schwanengesang est édité en décembre par Erato), la contralto Nathalie Stutzmann propose un récital Schubert dédié aux lieder mais dans une parure orchestrale, celle élaborée par Anton Webern et dont les défis instrumentaux sont relevés ce soir par l’Orchestre de chambre de Paris sous la direction de son chef principal Thomas Zehetmair. En LIRE+

 

Paris, TCE, le 31 octobre 2014. Milos, guitare. Rodrigo: Concerto d’Aranjuez

milos guitare milos karadaglicParis, TCE, le 31 octobre 2014. Milos, guitare. Rodrigo: Concerto d’Aranjuez. Fin de mois ibérique et romantique pour l’Orchestre de chambre de Paris qui sous le titre d’un programme intitulé « soirée à Madrid » invite le guitariste Milos dans un classique du répertoire symphonique pour guitare, le célébrissime concerto d’Aranjuez de Rodrigo, composé en 1939 au cours de la dernière année de son séjour à Paris et pendant la Guerre civile.

 

Programme espagnol. SurnommĂ© le « Mozart espagnol », Juan CrisĂłstomo de Arriaga compose son unique opĂ©ra, Los esclavos felices, Ă  l’âge de 15 ans… PrĂ©coce, le musicien meurt Ă  20 ans.  Il incarne un style virtuose, parfois fulgurant au diapason d’une vie fauchĂ©e avant l’âge mĂ»r. Tout comme Arriaga, Manuel de Falla, un siècle plus tard, Ă©tudie Ă  Paris. D’une saveur piquante, Le Magistrat et la Meunière est une première Ă©bauche qui deviendra par la suite Le Tricorne ; c’est un mimodrame, rarement donnĂ© comme ce soir dans la version originale, pour petit ensemble. Il en va diffĂ©remment du Concerto d’Aranjuez, la pièce la plus cĂ©lèbre de Joaquin Rodrigo (1901-1999), interprĂ©tĂ©e par le guitariste nĂ© en 1983 au Montenegro, Miloš Karadaglić ou tout simplement « Milos », son nom de scène dĂ©sormais : ses rĂ©fĂ©rences aux danses populaires (en particulier dans le finale – Allegro gentile-, la danse de cour associĂ©es aux rythmes ternaires…) tentent d’effacer les horreurs de la guerre civile qui dĂ©chire alors l’Espagne.

Un nouveau poète de la guitare : Milos

Milos_Karadaglic_(c)_Lars_BorgesMilos a depuis son enfance une affection particulière pour le folklore et le spleen ibérique : à 8 ans,  il a un choc en écoutant Asturias d’Albéniz (par Segovia) que lui fait découvrir son père. Elève à Londres (Royal Academy of Music) de Michael Lewin, l’adolescent Milos apprend son métier en écoutant aussi le guitariste classique Julian Bream. Le jeune Milos adapte pour la guitare plusieurs pièces de Granados, originellement écrites pour le piano. ll s’agit d’élargir le répertoire comme approfondir la musique espagnole. Dans son premier album discographique édité chez Deutsche Grammophon « Mediterraneo » (juin 2011), Milos enregistre le cœur du répertoire espagnol romantique : autour d’Albeniz, Granados, Tárrega, mais aussi Carlo Domeniconi… Récemment Milos a travaillé avec le compositeur Andrew Lloyd Weber pour le thème principal de la comédie musicale «  Theme from Stephen Ward »… En multipliant les rencontres et les formes musicales, le guitariste enrichit une expérience déjà riche dans l’univers de la guitare classique.  Le Monténégrin veut rendre accessible la guitare au plus grand nombre : son charme et sa constance relèvent aujourd’hui ce défi. Milos connaît d’autant mieux le Concerto d’Aranjuez de Rodrigo qu’il l’a enregistré (avec d’autres pièces du compositeur dont Invocación y danza, Fantasia para un gentilhombre…)  sous la direction de Yannick Nézet Séguin.

Le concerto d’Aranjuez de Rodrigo écrit à Paris alors que l’Espagne s’entredéchire pendant la Guerre Civile (1939) est le premier de ses 5 Concertos pour guitare. On y relève l’influence des maîtres anciens Domenico Scarlatti, Padre Soler. Le titre renvoie au jardins (enchanteurs) du palais royal d’Aranjuez, édifié pour Felipe II. C’est une partition panthéiste, un hymne au miracle de la nature où s’expriment directement les merveilles du jardin célébré : chant des oiseaux, ruissellement des fontaines multiples, jusqu’au parfum des magnolias en fleurs… un Eden terrestre en temps de guerre. Au temps de la barbarie, le compositeur affirme a contrario le miracle atemporel et éblouissant des fleurs et des oiseaux… Le second mouvement (Adagio où dialoguent la guitare avec les bois et les cuivres : cor anglais, basson, hautbois, cor d’harmonie…), le plus introspectif, entre sérénité et tristesse pudique n’est pas inspiré des victimes du bombardement de Guernica survenu en 1937 (comme on le dit très souvent), mais de la lune de miel du compositeur avec sa femme Victoria.

Soirée à Madrid
Paris, vendredi 31 octobre 2014
Théâtre des Champs-Eysées, 20h

Orchestre de chambre de Paris
Roberto Forés Veses, direction
Miloš Karadaglić, guitare

Programme

Arriaga : Les Esclaves heureux, ouverture
Rodrigo : Concerto d’Aranjuez, pour guitare et orchestre
De Falla : Le Magistrat et la Meunière

Rappel : critique du cd Latino de Milos par Elvire James, juin 2012

Milos, le nouveau poète guitariste. En roi du tango et des mĂ©lodies populaires les plus nobles qui parlent au coeur immĂ©diatement, Carlos Gardel dont Por una cabeza Ă©crit en 1935, l’annĂ©e de sa mort, paraĂ®t ici d’une suavitĂ© souveraine, lĂ©gère, badine Ă  laquelle Milos apporte une distinction pudique. MĂŞme entrain pour cet autre tango très connu, La Cumparsita de l’uruguayen Gerardo Matos Rodriguez, composĂ©e en 1917: Milos souligne avec un sens des nuances personnel, le dĂ©sĂ©quilibre et les vertiges d’un air ciselĂ© entre nostalgie et tendresse… LIRE la critique complète du cd Latino par Milos (Villa-Lobos, Piazzolla, Gardel, …)

LIRE aussi la critique du cd Mediterraneo par Milos (Albeniz, Tarreaga, Granados… )

Compte rendu, concert. Paris. Cathédrale Notre-Dame de Paris, le 23 mai 2014. Mozart : « Grande » Messe en Ut. Christina Landshamer, Ingeborg Gillebo, Pascal Charbonneau, Peter Harvey, solistes. Maitrise Notre-Dame de Paris. Lionel Sow, direction. Orchestre de Chambre de Paris. Roger Norrington, direction.

Sir Roger Norrington dirige la Messe en ut de MozartLa CathĂ©drale de Notre-Dame de Paris accueille l’Orchestre de Chambre de Paris sous la direction musicale de son premier chef invitĂ© Roger Norrington et une distribution des solistes pleine de cĹ“ur. Cadre et compagnie idĂ©aux pour la reprĂ©sentation de la « Grande » messe inachevĂ©e de Mozart, la Messe en Ut mineur, en l’occurrence prĂ©sentĂ©e dans la version reconstituĂ©e par le pianiste et compositeur Robert Levin (2005). Dire que Roger Norrington est l’une des figures emblĂ©matiques du mouvement « baroqueux » n’est qu’approximation. La pratique historiquement informĂ©e (HIP en anglais) qu’il dĂ©fend si vivement pour notre plus grand bonheur, est un concept que le mot « baroqueux », si banal, n’illustre pas avec justesse. Certes, il est baroqueux parce qu’il s’Ă©loigne de la tradition post-romantique devenue standard Ă  la fin du XIXe siècle, mais ceci n’implique pas toujours le fait de jouer sur instruments d’Ă©poque. Son approche historique a une profondeur qui dĂ©passe la date de facture des instruments. Le focus est plus dans la façon de jouer une Ĺ“uvre qu’autre chose. Dans ce sens, sa dĂ©marche a une valeur inestimable. Entendre un orchestre moderne s’attaquer Ă  un rĂ©pertoire prĂ©-romantique de façon historiquement informĂ©e, peut tout simplement ĂŞtre une expĂ©rience positive, bouleversante, transcendantale pour mĂ©lomanes et musiciens confondus. C’est le cas ce soir Ă  Notre-Dame avec cet opus qui condense en lui-mĂŞme le siècle qui l’a vu naĂ®tre.

L’OCP et Norrington à Notre-Dame : un Mozart majestueux !


Beaucoup d’encre a coulĂ© sur la ou les raisons pour lesquelles Mozart n’a pas achevĂ© le monument qu’est cette cĂ©lèbre Messe en Ut (K 427), parfaitement positionnĂ©e par son envergure entre les grandes Ĺ“uvres de Bach (Passions, Messe en si) et celle en RĂ© majeur de Beethoven. Elle a Ă©tĂ© composĂ©e pendant une pĂ©riode assez instable de la vie de Mozart, entre 1782 et 1783. A l’origine destinĂ©e Ă  sa femme Constance, elle restera inachevĂ©e comme la plupart des Ĺ“uvres qu’il aurait Ă©crit pour elle. Fait curieux, mais anecdotique. Sa valeur « religieuse » a aussi inspirĂ© (et inspire encore, bizarrement) de vives discussions. Il existe toujours une minoritĂ© de gens qui ne supportent pas qu’il y ait d’impressionnantes vocalises dans une messe, pour eux c’est tellement profane que c’est sacrilège ! Curieusement, et pour partager une autre anecdote, le Pape actuel, Francois, considère cette messe comme Ă©tant sans Ă©gale, et plus prĂ©cisĂ©ment que le « Et incarnatus est » Ă©lève l’homme vers Dieu.

mozart_portrait-300DĂ©passons l’anecdote. La ferveur Ă  la CathĂ©drale, en cette soirĂ©e de printemps, est palpable. Elle s’exprime par l’investissement et le plaisir Ă©vident des artistes Ă  interprĂ©ter la Messe. Les solistes et les musiciens se regardent et sourient avec un bonheur paisible, tout en jouant une musique redoutable. Les voix fĂ©minines, comme souvent chez Mozart, sont privilĂ©giĂ©es. La soprano Christina Landshamer chante le « Kyrie » et le « Et incarnatus est » avec beaucoup de sentiment ; dans le dernier sa voix achève des sommets cĂ©lestes et se confond avec les sublimes vents obligĂ©s. La jeune mezzo-soprano Ingeborg Gillebo, qui remplace Jennifer Larmore programmĂ©e originellement, est rayonnante dans l’italianisme virtuose et joyeux du « Laudamus te » ou encore dans le duo « Domine », variante sacrĂ©e des incroyables duos fĂ©minins des opĂ©ras de Mozart. Le tĂ©nor Pascal Charbonneau est visiblement habitĂ© par la musique, dont il chantonne en silence les chĹ“urs. Quand c’est Ă  lui de chanter vĂ©ritablement il fait preuve d’agilitĂ© et de lĂ©gèretĂ©, mĂŞme si le timbre paraĂ®t plus corsĂ© que d’habitude, ce qui s’accorde superbement Ă  l’œuvre. La basse Peter Harvey, qui, certes, chante peu, offre une prestation sans dĂ©faut.

Nous nous attendons toujours a d’excellentes performances de la part de la MaĂ®trise Notre-Dame de Paris sous la direction de Lionel Sow. Nous ne sommes pas déçus ce soir mais notre apprĂ©ciation n’est pas sans rĂ©serves. Le chĹ“ur ne paraĂ®t pas toujours concertĂ© lors des nombreux, glorieux et difficiles double-choeurs haendeliens, surtout au dĂ©but. Mais ces petits dĂ©tails dans la dynamique initiale, s’expriment au final en une performance d’une grande humanitĂ©, d’une intense ferveur.

Pour leur part, les musiciens de l’Orchestre de Chambre de Paris sont Ă  la hauteur de la pièce et du lieu. Le toujours fabuleux et implacable premier violon de Deborah Nemtanu, ou encore le non moins fantastique groupe des vents tout particulièrement sollicitĂ©, ont Ă©tĂ© tous impressionnants dans leur prestation. Idem pour les cordes sans vibrato (ou peu, Ă  vrai dire) que nous aimons tant chez Norrington, Ă  la belle prĂ©sence malgrĂ© quelques petits oublis et notes comiques des violoncelles. Nous sommes encore Ă©bahis par la beautĂ© du concert et n’avons que des fĂ©licitations pour les artistes. Un concert de talents concertĂ©s qui restera dans nos mĂ©moires, et dans nos cĹ“urs.

Compte rendu, concert. Paris. Cathédrale Notre-Dame de Paris, le 23 mai 2014. Mozart : « Grande » Messe en Ut. Christina Landshamer, Ingeborg Gillebo, Pascal Charbonneau, Peter Harvey, solistes. Maitrise Notre-Dame de Paris. Lionel Sow, direction. Orchestre de Chambre de Paris. Roger Norrington, direction.

 

Concerto pour hautbois de R. Strauss et RhĂ©nane de Schumann par l’Orchestre de chambre de Paris

schumann_robertParis, TCE. Orchestre de chambre de Paris. Strauss, Schumann : le 26 avril 2014, 20h. Suisse, Automne 1945 : au moment de la capitulation nazie, Strauss un temps instrumentalisé par le régime hitlérien, exprime son chant personnel, regrettant les dommages infligés par la guerre. Pour l’orchestre de la Tonhalle de Zürich, le compositeur écrit son Concerto pour hautbois (créé le 26 février 1946), réminiscence du style classique viennois, à la fois mesuré et rococo. L’instrument soliste y dialogue en batifolant avec l’orchestre en effectif réduit. Les trois mouvements s’enchaînent : dès le commencement, le hautbois est particulièrement sollicité, alliant fantaisie, humeur burlesque, vraie élégance de ton (Allegro moderato) ; l’Andante, de forme lied, déploie un chant cantabile d’une tranquillité (alliant tendresse et parfois gravité) toute mozartienne ; dans le dernier épisode (Vivace-allegro), le soliste est invité à démontrer toute sa brillante élocution, versatilité et liberté étant de mise, en particulier dans la Sicilienne finale.

Symphonie n°3 Rhénane de Robert Schumann. L’Orchestre de chambre de Paris poursuit son cycle Schumann avec la Rhénane, l’une de plus lyrique et exaltante du corpus des 4 Symphonies composées par le Romantique. Créée en février 1851, la partition s’écoule comme un fleuve impétueux, riches en images et en couleurs qui affirme encore et toujours, un esprit rageur et combattif. Celui d’un Schumann démiurge à l’échelle de la nature. Les indications en allemand soulignent la germanité du plan d’ensemble dont la vitalité revisite Mendelssohn, et l’ambition structurelle, le maître à tous : Beethoven. Paysages d’Allemagne honorés et brossés avec panache et lyrisme depuis les rives du Rhin, la Rhénane doit s’affirmer par son souffle suggestif. En particulier, le Scherzo : la houle généreuse des violoncelles, aux crêtes soulignées par les flûtes, y évoquerait (selon Schumann lui-même) une « matinée sur le Rhin », comme l’indique le superbe contrechant des cors dialoguant avec les hautbois aux couleurs élégantes dont l’activité gagne les cordes. Le Nicht schnell baigne dans une tranquillité pastorale qui met en lumière le très beau dialogue dans l’exposition des pupitres entre eux, surtout cordes et vents. Le point d’orgue de la Rhénane demeure le 3ème épisode « Feierlich » (maestoso): Schumann inscrit comme un emblème la grave noblesse et la solennité majestueuse de l’ensemble. L’ampleur Beethovénienne de l’écriture impose une conscience élargie comme foudroyée … et ce n’est pas les fanfares souhaitant renouer avec l’aisance triomphale par un ample portique qui effacent les langueurs éteintes comme décomposées. Le caractère du mouvement est celui d’un anéantissement, aboutissement d’un repli dépressif exténué… avant que ne retentissent, comme l’indice d’un salut recouvré, les accents haletants, dansants, irrépressibles du Lebahft final.

Orchestre de chambre de Paris
saison 2013-2014

Samedi 26 avril 2014, 20h
Paris, Théâtre des Champs Elysées TCE

Philippe Manoury: Strange Ritual
Strauss : Concerto pour hautbois et orchestre en ré majeur
Schumann : Symphonie n°3 «  Rhénane » en mi bémol majeur

Thomas Zehetmair, direction
François Leleux, hautbois

illustration : Robert Schumann

Laurent Korcia joue Chausson et Schumann avec l’Orchestre de Chambre de Paris

L. Korcia®Elodie CrebassaParis, TCE, le 19 mars, 20h. L’Orchestre de chambre de Paris et Laurent Korcia jouent Chausson. Et poursuivent aussi avec la 2ème Symphonie de Robert Schumann, le fil rouge de la saison 2013-2014 de l’Orchestre de chambre de Paris. Le disciple de Massenet et de Franck, ami de Fauré et de Duparc, Ernest Chausson reçoit durablement et profondément l’influence de Wagner. Toute son oeuvre, d’un affinement extrême sur le plan de l’écriture et de l’orchestration, porte la marque de ce poison et de cet envoûtement qui s’exprime en accents passionnés et denses, entre amertume, ivresse anéantissement.
Chef-d’oeuvre du genre, le Poème de l’amour et de la mer, une « mélodie-cantate », pourrait être la réponse en musique à L’Amour et la Vie d’une femme de Schumann. Schumann, précisément, dont la Seconde Symphonie referme le concert : « Elle m’a causé bien des peines ; j’ai passé bien des nuits inquiètes à méditer sur elle », confiera le compositeur.
Le Poème pour violon opus 25 (achevée dès 1893) est aussi original que l’atypique et puissante Symphonie écrite peu avant (1892). Au départ, il s’agissait d’un prolongement ou d’une émanation de la nouvelle de son ami l’écrivain Tourgueniev (le chant de l’amour triomphant), mais la force de sublimation du compositeur détache le Poème de sa filiation littéraire ; c’est une oeuvre absolue, développement personnel de musique pure dont l’immense sensation de vapeur là encore indique dans la carrière de son auteur une maturité captivante. L’œuvre est finalement créée par Eugène Ysaÿe en 1896. D’un caractère wagnérien et proche de ce wagnérisme assimilé de façon si originale à la manière de Franck, le Poème ne laisse pas de frapper chaque auditeur par sa morsure enivrée, l’action du poison wagnérien, distillé tel un baume magique.

Symphonie n°2 de Robert Schumann
Esquissée en 1845, créée à Leipzig en 1846, la Symphonie n°2 approfondit encore l’acte novateur chez Schumann qui porte toute l’architecture par le seul fait de l’écoulement mélodique. L’unité organique naît des multiples cellules thématiques qui se répondent en dialogue, c’est un jaillissement irrésistible et malgré la versatilité psychique de l’auteur, un désir d’organisation et de cohérence par l’acte musical, un formidable hymne à la vie, gorgé d’espérance qui s’oriente dans la lumière. Il est vrai que la Symphonie n°2 de Schumann porte aussi l’empreinte de son mariage tant espéré avec Clara, pianiste et virtuose et véritable muse sur le plan personnel et artistique. Chronologiquement il s’agit en fait de la 3ème Symphonie, composée dans la suite du Concerto pour piano (écrit pour sa chère et tendre épouse).

 

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Programme

Chausson :
Poème de l’amour et de la mer
Poème pour violon

Paganini :
I Palpiti pour violon et orchestre

Schumann : Symphonie n°2 en ut majeur

Jean-Jacques Kantorow, direction*
Laurent Korcia, violon*
Ann Hallenberg, mezzo-soprano

*Changement d’artistes : le chef et violoniste Joseph Swensen est remplacĂ© par Jean-Jacques Kantorow Ă  la baguette et Laurent Korcia au violon.

Réservez votre place sur le site de l’Orchestre de chambre de Paris

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Fazil Say et l’Orchestre de chambre de Paris jouent Saint-SaĂ«ns

norrington sir roger norringtonParis, TCE: concert Orchestre de Chambre de Paris. Fazil Say, Norrington, le 12 février 2014,20h. Très souvent les compositeurs s’entraident. Ainsi Schumann, incité par Wagner à composer un premier opéra, se lança dans l’écriture de Genoveva, d’après la légende de sainte Geneviève de Brabant. L’ouvrage dont témoigne ce soir l’ouverture, reste un chef d’oeuvre méconnu du romantisme germanique, contemporain et au destin fraternel avec Lohengrin de Wagner. Les deux opéras composés et achevés en 1848 voient leur création reportée en 1850 : Genoveva est même défendu et créé par Liszt lui-même à Weimar… Si la Quatrième Symphonie connut une création, en 1841, malheureuse, la partition aujourd’hui fait la gloire des orchestres chevronnés, désireux d’affronter et de vaincre sa fièvre contagieuse. L’énergie de Sir Roger Norrington, son souci des phrasés comme de l’architecture globale devrait exalter les couleurs et le feu irrépressible de la symphonie schumanienne.

Mercredi 12 février 2014, 20h
Paris, Théâtre des Champs Elysées TCE

Orchestre de chambre de Paris
Sir Roger Norrington direction
Fazil Say piano

Schumann : Genoveva, ouverture op. 81
Saint-Saëns : Concerto pour piano n° 2 op. 22
Bach-Busoni : Chaconne BWV 1004

Fazil Say, piano

Schumann : Symphonie n° 4 op. 120

VIDEO. Michel van der Aa : Up close, création française (septembre 2013)

up close Michel van der AaEn septembre 2013, l’Orchestre de chambre de Paris crĂ©Ă©e Up close du compositeur contemporain Michel van der Aa : dispositif audio visuel oĂą les instrumentistes portent l’action d’un film Ă©crit par le compositeur qui est aussi rĂ©alisateur. Up close met en avant la virtuositĂ© d’une violoncelliste solo (Emmanuelle Bertrand soliste de la crĂ©ation parisienne). Le sujet aborde le thème de la rencontre, de la communication entre les ĂŞtres. C’est un objet scĂ©nographie oĂą musique et vidĂ©o sont Ă©troitement associĂ©s … Reportage exclusif CLASSIQUENEWS.COM

Un concert en prison… L’Orchestre de chambre de Paris au Centre pĂ©nitentiaire de RĂ©au

Reau_prison_concertVIDEO. L’Orchestre de chambre de Paris Ă  la prison de RĂ©au (septembre 2013) … Le Centre pĂ©nitentiaire Sud Francilien de RĂ©au dans le 77 est l’une des prisons les plus rĂ©centes donc les plus modernes de l’Île de France. Son gymnase accueille un concert de musique classique au programme Ă©clectique de Wagner et Beethoven Ă  Offenbach dont l’unitĂ© tient Ă  la famille d’instruments requis pour l’occasion : uniquement des cuivres, ceux de l’Orchestre de chambre de Paris, rĂ©unis ici en Sextuor. Fidèle Ă  son esprit mobile, proche de tous les publics, l’Orchestre parisien a mandatĂ© 6 de ses membres actifs pour dĂ©fendre une action en prison destinĂ©e aux dĂ©tenus. L’expĂ©rience peut paraĂ®tre exceptionnelle, elle est quasiment familière pour les musiciens, certains la pratiquent depuis presque 10 ans dĂ©jà… Tel le violoniste Franck Della Valle (visionner notre reportage vidĂ©o, lien en fin d’article).

 

 

 

La musique en prison

6 musiciens de l’Orchestre de chambre de Paris à la prison de Réau (77). Tout visiteur sait de quoi il retourne. Pour pénétrer dans l’enceinte du bâtiment, il faut se désaisir de toutes ses affaires personnelles (clés, portable, papiers…) ; on passe plusieurs sas de sécurité que seul un badge préparé et obtenu après moult autorisations, aide à franchir. Puis ce sont plusieurs séries de grilles et de portes blindées qui nous conduisent finalement au lieu du concert.

Un humanisme musical. Heureuse occasion, le temps du programme musical, les murs des cellules volent en éclat, les contraintes du règlement très encadré semblent s’adoucir. ” C’est un concert comme tous ceux que nous réalisons précise l’un des cuivres de l’Orchestre, mais c’est toujours très spécial”.

L’endroit n’est pas neutre et jouer ici, devant tous les détenus, remodèle totalement l’enjeu et le déroulement du concert ; pas de relâche mais une concentration plus active et un esprit intuitif de la part des instrumentistes présents : ils ne font pas que jouer, ils parlent, expliquent, commentent … suscitent d’inévitables questions qui en fin de programme signifient davantage qu’une écoute sage et polie.
Le dispositif en soi n’est pas neuf : beaucoup de musique vivante pénètrent ainsi dans l’espace fermé de la prison. Quoique le classique n’est pas le genre de musique le plus fréquemment joué dans l’enceinte confinée. Mais ce qui est original en revanche c’est le public mixte de cet après midi : les femmes ont rejoint les hommes pour cet instant de partage et de rencontre, scrupuleusement encadré par les surveillants.
Lire notre compte rendu complet du concert de l’Orchestre de chambre de Paris Ă  la prison de RĂ©au …

Compte-rendu : Paris. Théâtre des Champs Élysées, le 21 mai 2013. Orchestre de chambre de Paris. Deborah Nemtanu, violon et direction. François Leleux, hautbois et direction.

Schubert portraitLe Théâtre des Champs ÉlysĂ©es accueille l’Orchestre de Chambre de Paris pour un concert mettant en avant leur acadĂ©mie bi-annuelle du ” JouĂ©-DirigĂ© “. Le programme de la soirĂ©e est dirigĂ© par le violon solo de l’ensemble DĂ©borah Nemtanu et un soliste invitĂ©, le gĂ©nial hautboĂŻste François Leleux, artiste associĂ© de l’Orchestre.

Nous nous attendions Ă  la crĂ©ation d’un Concertino pour violon, hautbois et orchestre de Thierry Escaich, commandĂ© par l’Orchestre, mais nous constatons qu’il est absent du programme. A sa place, s’est glissĂ©e une composition de circonstance du compositeur Bruno Maderna, ” Music of gaity ” dal “Fitzwilliam Virginal Book” mettant en valeur …  le violon et le hautbois. Cette pièce qui ouvre le concert n’est pas particulièrement rĂ©volutionnaire, mais elle est chantante et engageante en ce qui concerne les solistes …  tout Ă  fait brillants. Il s’agĂ®t d’un arrangement d’une sĂ©rie de pièces anglaises du 17e siècle. Elle n’est pas sans intĂ©rĂŞt, Maderna crĂ©e des beaux timbres comme dans la deuxième chanson oĂą se trouve le hautbois solo plutĂ´t serein accompagnĂ© uniquement par les cordes basses pour ensuite cĂ©der la place au violon solo larmoyant. Cependant la plupart des morceaux sont, comme le titre l’indique, gais et dansants. La composition n’a malheureusement ni le swing baroque que nous aimons tant, ni une Ă©criture d’une modernitĂ© vraiment saisissante. Sorte d’hommage divertissant et peu mĂ©morable, il est pourtant très bien jouĂ© par le musiciens.

C’est dans les pièces mĂ©dianes du programme oĂą nous trouverons les moments les plus beaux et les plus intĂ©ressants du concert.

D’abord dans le Concerto pour violon et orchestre n°5 en la majeur de Mozart, jouĂ© et dirigĂ© par la violoniste Deborah Nemtanu. Ă€ notre connaissance Mozart jouait et dirigeait ses concerti pour piano et orchestre avec un immense succès. La dynamique avec ses 5 concerti pour violon semble plus compliquĂ© pour la pratique, mais nous saluons l’effort de la violoniste dont l’engagement et la musicalitĂ© se reflètent aussi dans l’orchestre. Les musiciens sont en parfaite harmonie en particulier dans l’allegro aperto initial jouĂ© Ă  piacere, avec une certaine lĂ©gèretĂ©, mais non dĂ©pourvue de caractère, comme dans le rondeau final d’une vĂ©hĂ©mence magistrale et oĂą l’orchestre gère aisĂ©ment le mĂ©lange de grâce et de naturel propre au mouvement qui est Ă  la fois alla turca et un menuet !  Si la cohĂ©sion est moins Ă©vidente dans l’adagio central d’une simplicitĂ© et d’une innocence Ă©mouvante, Deborah Nemtanu l’interprète de façon impeccable, son jeu Ă©tant d’une beautĂ© paisible.

L’Adagio et Variations pour hautbois et orchestre op. 102 de Hummel, Ă©lève de Mozart et rival de Beethoven, est jouĂ© et dirigĂ© par François Leleux. Il s’agĂ®t Ă  la base d’une adaptation d’un Nocturne pour piano Ă  4 mains du compositeur. Aussi, c’est l’occasion pour Leleux de montrer en quoi il est l’un des grands hautboĂŻstes du siècle. Le thème de l’adagio est d’une beautĂ© irrĂ©sistible. L’Orchestre de chambre de Paris est rĂ©actif et dynamique : il passe facilement du tempĂ©rament singspielesque de la première variation au nocturne central jusqu’au galop d’une des dernières variations aux cordes pizzicato. Leleux en est pourtant le protagoniste indĂ©niable. La virtuose dextĂ©ritĂ© de son jeu ne compromet en rien la clartĂ© ni la musicalitĂ© exquise de son phrasĂ©.

Nous sommes Ă©blouis par sa prestation et très contents de dĂ©couvrir l’oeuvre de Hummel, un compositeur Ă  la postĂ©ritĂ© ingrate qui mĂ©rite sans doute qu’on redĂ©couvre ses pages.

Le programme se termine avec la Symphonie n°4 en Ut mineur de Franz Schubert dite “Tragique”, dirigĂ© par François Leleux. D’allure BeethovĂ©nienne et aux accents inspirĂ©s du mouvement Sturm und drang propre Ă  la fin du 18e siècle tardif, il s’agĂ®t en effet d’une oeuvre de jeunesse. Leleux fait un excellent travail avec l’orchestre, il privilĂ©gie les contrastes entre les blocs orchestraux et la dynamique est vivace. Comme d’habitude les vents de l’Orchestre de chambre de Paris offrent un spectacle fantastique. Le dialogue entre les cordes prĂ©cises et pleines de brio avec les vents lyriques au 2e mouvement est un moment d’un grande beautĂ©. Le 3e mouvement aux sonoritĂ©s populaires acquiert une certaine sensualitĂ© sous la baguette de Leleux. Le spectacle se termine avec un orchestre Ă©lectrique, plein d’esprit.

Le public conquis a beau inonder la salle par ses chaleureux applaudissements, il n’aura pas droit Ă  un bis. Pour nous,  l’excellente prestation des solistes n’empĂŞche pas cette impression  d’avoir assistĂ© Ă  un concert un rien  dĂ©monstratif … ma non troppo.

Illustration : Franz Schubert (DR)

CD. Ravel, Debussy : Ochestre de chambre de Paris (1 cd NaĂŻve)

CD. Ravel, Debussy : Ochestre de chambre de Paris (1 cd NaĂŻve). Thomas Zehetmair favorise d’emblĂ©e une expressivitĂ© parfois rugueuse dans Tzigane, en une approche parfaitement caractĂ©risĂ©e… la formule est bien connue des abonnĂ©s de l’Orchestre de chambre de Paris : selon le principe du ” jouĂ© / dirigĂ© “, le chef est aussi supersoliste, relevant sans failles les dĂ©fis de ce double emploi. On reste sur notre fin en revanche s’agissant des Ravel suivants: malgrĂ© une Ă©vidente virtuositĂ© instrumentale, très mise en avant par l’enregistrement comme le jeu des balances interprĂ©tatives, chef et musiciens manquent cette hypersensibilitĂ© nostalgique  (citant l’esprit baroque d’une subtile suggestivitĂ©, en particulier dans le Tombeau de Couperin), alchimie tĂ©nue dont Ravel en horloger orfèvre dĂ©tient le secret.

 

 

 

zehetmair_ravel_debussy_naive_orchestre_chambre_parisLes Debussy (Petite Suite dans l’orchestration validĂ©e par l’auteur de Henri BĂĽssler), plus coulants, expression d’une jeunesse apparemment  bienheureuse vont mieux aux musiciens, associant Ă©lĂ©gance et dĂ©sinvolture, frappĂ©es par le sceau d’une très belle transparence (superbe Menuet).  Les Danses profane et sacrĂ©e dĂ©fendues par la harpe puissante et charpentĂ©e (Ă  pĂ©dales) du soliste très en verve (Emmanuel Ceysson) se distinguent nettement par la franchise du jeu et la fermetĂ© de la sonoritĂ©. Comme pour la Suite, et d’une façon gĂ©nĂ©rale,  l’allant chorĂ©graphique s’accorde idĂ©alement au style fouillĂ© et articulĂ© de l’orchestre.
Sous la direction ferme du chef ( un brin trop sage certainement), les instrumentistes affirment un niveau superlatif. De toute Ă©vidence, au service d’un programme symphonique francais des plus rĂ©jouissants, voici l’un des meilleurs disques rĂ©cent de l’Orchestre de chambre de Paris.  Une carte de visite et davantage : l’affirmation d’une belle implication collective en devenir qui invite Ă  retrouver les musiciens au concert.

 

 

Debussy, Ravel : Orchestre de chambre de Paris. Thomas Zehetmair, violon et direction. 1 cd Naïve V 5345. Enregistré en 2013. Parution fin octobre 2012. Le programme du disque est donné en concert avec la Symphonie n°5 de Beethoven, le 12 novembre 2013 au TCE, Paris.

 

 

agenda

Orchestre de chambre de Paris
saison 2013-2014

 

Beethoven
Symphonie n°5

Ravel

Tzigane
Pavane pour une infante défunte
Le Tombeau de Couperin

Debussy
Sarabande

Orchestre de chambre de Paris
Thomas Zehetmair, violon et directionParis, TCE
Mardi 12 novembre 2013, 20h