CD, coffret événement, critique. Coffret OFFENBACH : The operas & opérettes / operettas Collection (30 cd Warner classics).

offenbach operas & operettas collection 30 cd warner classics centenaire naissance dossier offenbach 2019 classiquenewsCD, coffret événement, critique. Coffret OFFENBACH : The operas & opérettes / operettas Collection (30 cd Warner classics). Après un excellent coffret Berlioz, également édité pour l’anniversaire 2019, voici en 30 cd, l’intégrale Warner OFFENBACH, qui permet de mesurer la verve prolifique du Jacques des Boulevards, roi autoproclamé de la pantalonnade. Esprit canaille, libertin critique, Offenbach a su faire rire et divertir la bonne société du Second Empire, tout en épinglant en un savant jeu de miroir, les travers et les abus comme l’immoralité de son esprit de fête (comme rameau à son époque, à la Cour de Louis XV, pour lequel il réinvente le genre lyrique, mêle les registres… comme Offenbach, un siècle après.
Warner classics a pris soin d’équilibrer sa sélection. Il n’y manque qu’un seul ouvrage de valeur, le premier Les fées du Rhin, magistralement créé à l’opéra de Tours en 2018 (Classiquenews était présent et a réalisé un documentaire sur le sujet, jalon majeur de notre connaissance de Jacques Offenbach / VOIR notre reportage Les Fées du Rhin, Opéra de Tours, oct 2018). Cette opéra de jeunesse qui rivalise avec Weber et Wagner comme le grand opéra français était jusque là connu … dans sa version allemande car il faut créé à Vienne et chanté en allemand. Offenbach demeure un compositeur également fêté de chaque côté du Rhin, en France et Allemagne. Double tradition que prend en compte intelligemment le coffret Warner classics : y paraissent ainsi dans les deux langues, Orphée aux enfers, La Belle Hélène, La Vie Parisienne, Les Contes d’Hoffmann, en un jeu de lectures parallèles qui nourrit la vision des drames et comédies et relativise la place de Jacques en France…

Bicentenaire OFFENBACH 2019Le coffret Warner est un absolu indispensable. On y retrouve ainsi les premiers ouvrages et les grands standards, les petites perles oubliées et les opus majeurs (par ordre d’apparition dans le coffret : Ba-ta-clan (Orc JF Paillard, Marcel Couraud), Les Bavards (ORTF, Marcel Couraud), Orphée aux enfers (Capitole, Plasson avec Rhodes, Mesplé, Sénéchal, Berbié, Lafont…le nec plus ultra du chant français articulé et mordant), auquel répond la version en allemand, car Offenbach fut joué et reste à l’affiche de nombreux théâtres allemands, chanté dans la langue de Goethe (Orpheus in der Unterwelt, Phil. Hungarica, Willy Mattes), La Belle Hélène (Jessye Norman, Bacquier, Lafont, … Capitole / Plasson), et donc Die Schöene Elena (Münchner Rundfunkorchester, Willy Mattes), La Vie Parisienne (Crespin, Sénéchal, Mesplé, … Capitole, Plasson), Pariser Leben (Anneliese Rothenberger, Münchner Rundfunkorchester, Willy Mattes)… ; La fille du Tambour major (Orch Sté des Concerts du Conservatoire, Félix Nuvolone) ; La Grande Duchesse de Gerolstein (extraits, Eliane Lublin, JP Marty), Die Großherzogin von Gerolstein (Enriqueta Tarrés, Kölner RForchester, Pinchas Steinberg) ; La Périchole (Berganza, carreras, Bacquier, Sénéchal… Capitole, Plasson) ; Les Brigands (Le Roux, E Vidal, … Opéra de Lyon, Gardiner); Pomme d’Api, Monsieur Choufleuri, Mesdames de la Halle (Mesplé, Lafont, Trempont… Orch Philh. Monte Carlo, Manuel Rosenthal). De même, fermant la collection, dans une même combinaison bilingue complémentaire : Les Contes d’Hoffmann (Neil Shicoff, Murray, Plowright, Jessye Norman, La Monnaie, S Cambreling) / Hoffmanns Erzählungen (Siegfried Jerusalem, Norma Sharp, julia Varady, Dietrich Fischer-Dieskau… Münchner RForchester, Heinz Wallberg)…
Bonus découverte : les cd 29 et 30, respectivement : récital Offenbach de Jane Rhodes (Orch Bordeaux, Roberto Benzi), enfin La Gaîté Parisienne (Suite orchestrale, par Orch Monte-Carlo, Manuel Rosenthal ; version pour 3 pianos), puis inédits, Offenbach mélodiste, auteur de joyaux à redécouvrir, et à goûter grâce aux dons du diseur François Le Roux (« 6 fables de la Fontaine », dont le délectable « Le Savetier et le financier »,… très actuel, avec Jeff Cohen au piano).

CLIC_macaron_2014Parce qu’il souligne la grande tradition du chant français – à une époque où le chanteur sait articuler et défendre non pas une voix, (sa voix) mais un texte, de surcroît s’agissant de grands chanteurs d’opéras ; parce qu’il dévoile tout autant la tradition outre-Rhin des opéras d’Offenbach chantés à Cologne, à Munich… en allemand (d’autant plus avec le concours de grands chanteurs wagnériens : écouter Hoffmanns Erzählungen)… ; pour les mélodies ainsi dénichées qui devraient figurer avec Berlioz, Poulenc, Debussy, Ravel ou Chausson, Massenet et Hahn, dans tout concours de mélodie française qui se respecte… le coffret OFFENBACH concocté par Warner classics pour l’année Offenbach 2019 est un incontournable / indispensable. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2019.

OFFENBACH 2019 : dossier pour le bicentenaire 2019

offenbach-violoncelle-jacques-offenbach-anniversaire-2019-par-classiquenews-dossier-OFFENBACH-2019OFFENBACH 2019. Dossier Jacques Offenbach 2019. Classiquenews accompagne l’actualité des anniversaires et rend hommage au génie de Jacques Offenbach dont 2019, marque le bicentenaire de la naissance (né le 20 juin 1819). Il est temps de faire le point sur le profil esthétique et l’apport lyrique d’un génie du drame parodique et délirant dont la verve ne se réduit pas, de loin, aux opéras bouffes potaches et aux pantalonnades de salon. En auteur critique sur le genre théâtral et lyrique, Offenbach ne fait pas qu’amuser la galerie, c’est à dire le bon bourgeois et le prince désabusé du Second Empire. il réinvente l’espace théâtral, lui trouve de nouveaux genres entre la féerie (déjà approché dans Les Fées du Rhin de 1864, qui n’écarte pas la violence ni le désenchantement), et le fantastique comme en témoigne son dernier grand œuvre, enfin reconstitué, Les Contes d’Hofmann, sommet transmis à tire posthume, et qui souligne ce génie poétique et lyrique que nous continuons à lui refuser – préférant ne voir que La Périchole et le si justement parodique Orphée aux Enfers. Offenbach ne se réduit pas à l’étiquette léger et fantasque; il règne dans son oeuvre une liberté poétique inouïe et inégalée à son époque.

Jacob (Jacques) Offenbach (1819-1880) est né d’un père juif, à Cologne. Il se voue d’abord à une carrière de violoncelliste professionnel : il est doué et rejoint bientôt le Conservatoire de Paris (1833 : après avoir été auditionné par l’inflexible Cherubini). Il est instrumentiste dans l’orchestre de l’Opéra-Comique (1835), fréquente les salons à la mode dont celui de la Comtesse de Vaux (c’est là qu’il rencontre le fondateur du Figaro, Hippolyte de Villemessant qui sera un fidèle et indéfectible soutien). Il compose pour son violoncelle (Concerto militaire), des romances… Et tente rapidement de se faire un nom comme auteur pour la scène lyrique. C’est sa vocation et sa passion. Le chef et compositeur célébré Fromental Halévy, de confession juive également, le prend sous sa coupe et lui donne des leçons d’orchestration et de composition. En 1844, le violoncelliste virtuose part en tournée, se fait un nom et un compte en banque qui lui permet d’épouser Herminie Alcain, après qu’il ait épousé aussi la religion catholique.
L’apprentissage musical se poursuit : dans le salon de la comtesse de Vaux, Offenbach éblouit ses auditeurs en parodiant le Désert de Félicien David. Une prouesse qui souligne son tempérament irrévérencieux, facétieux, comme génie du décalage et comme dramaturge inspiré.
Pendant la révolution de 1848, le couple Offenbach repart à Cologne.

APRES 1848… Puis à son retour dans la capitale, le directeur de l’Institution théâtrale, Arsène Houssaye, le nomme directeur musical de la Comédie Française dont il réorganise l’orchestre, et livre une dizaine des musiques de scènes, de 1850 à 1855. Offenbach s’est forgé un nom, une réputation comme musicien pour la scène : ni l’Opéra-Comique, ni l’Opéra de Paris ne lui commandent d’ouvrages.
Hervé (Florimond Ronger) inventeur de l’opérette (il a son propre théâtre : Les Folies-Nouvelles depuis 1852), encourage Offenbach à faire de même. Auparavant, il assure la création de l’opérette en un acte Oyayaye ou la Reine des îles, le 26 juin 1855 : succès. Offenbach qui n’attend plus de se faire jouer à l’Opéra-Comique, inaugure sa propre scène parisienne, encore intimiste (300 places) : Les Bouffes-Parisiens (1855, ex Salle Lacaze), qui située juste en face du Palais de l’Industrie et de l’Exposition Universelle, attire les foules.

GENIE PARODIQUE ET FANTASTIQUE… A partir de cette époque, s’affirme peu à peu le génie d’un violoncelliste, compositeur taillé pour la comédie délirante et poétique, la parodie bouffe : se succèdent malgré les vicissitudes politiques, de nombreux chefs d’oeuvres dont la réussite encore inépuisée, fait de Jacques Offenbach, l’un des compositeurs les plus joués dans le monde, aux côtés de Bizet (Carmen), Mozart, Wagner, Puccini, et l’indétronable Verdi.
En témoignent les ouvrages suivants, entre autres : Orphée aux Enfers (1858), Barkouf (1860 qui marque enfin une création produite salle Favart, mais qui reste un échec amer…), La Belle Hélène (1864), La Vie parisienne (1866), La Grande-Duchesse de Gérolstein (1867), Les Brigands (1869)…

La carrière d’Offenbach à Paris est aussi celle d’un compositeur impresario et directeur de théâtre qui comme Vivaldi à Venise au début du XVIIIè, tente de se forger un nom, une réputation, une gloire. Après Les Bouffes-Parisiens, Offenbach éprouve de nouveaux lieux, de nouvelle salles… dont La Gaîté (juillet 1873) dont il devient le directeur, conquérant un public nombreux avec la reprise d’Orphée aux enfers, son opéra fétiche. Mais malgré une contribution avec Victorien Sardou (Geneviève de Brabant qui est un échec), le compositeur doit éponger des dettes répétées, et abandonne ses fonctions de directeur.

 

 

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APRES 1870… Les opéras qui suivent 1870, année de la défaite française et de la chute du second Empire, sont l’œuvre d’un compositeur à nouveau inquiété et vilipendé en raison de sa naissance « prussienne » – son origine allemande constituant dans le contexte propre aux années 1870, une source de soupçons. Offenbach le traitre est devenu suspect.
Sa verve ne tarit pas bien au contraire et les derniers opéras, jusqu’aux Contes d’Hoffmann, laissé inachevé et dans un ordre incertain, démontrent l’évolution d’une écriture maîtrisée et jaillissante : La Périchole (créée en 2 actes en 1868 ; puis en 1874 avec 3 actes), La Fille du tambour-major (1879), enfin l’opéra fantastique Les Contes d’Hoffmann, sommet lyrique posthume.

 

 

 

 

 

 

FOCUS sur quelques œuvres
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MADAME FAVART (1878)

Opéra dévoilé en 2019, Madame Favart sort de l’ombre et permet aussi à son auteur de jouir d’un plaisir qu’il ne connut qu’exceptionnellement de son vivant : être joué à l’Opéra-Comique. Or Offenbach a réalisé son but : revivifier l’opéra-comique comme un genre noble, inventif, enraient de seconde zone… Créé le 30 décembre 1878, Madame Favart, est un opéra-comique en trois actes / paroles de MM. Alfred Duru et Henry Chivot / musique de Jacques Offenbach. Offenbach s’éprend de la silhouette et de la voix de l’actrice et cantatrice Mademoiselle de Chantilly (vedette de la Comédie Italienne dans les rôles de bergères alanguies), qui fit tourner la tête avec Jacques, à son mari, à son public, et au grand Maurice de Saxe, Maréchal glorieux qui ne pouvait se passer du talent de l’actrice y compris sur le champs de bataille… Cochin l’a dessinée en 1753 : profil charmant et doucereux à la piquante excentricité de lolita XVIIIè. certes égratignée par Grimm qui, réduisant son chant n’en fit qu’une danseuse vulgaire en sabots. Le compositeur prend possession de son sujet pour en déduire un ouvrage emblématique de son écriture et inspiration : une comédie déjantée, délirante, fertile en quiproquos, travestissements et séquences burlesques. C’est surtout aux côtés de Madame, le personnage de son mari Favart qui lui vole presque la vedette. Musicalement, Offenbach redouble de franche et suave gaieté, un naturel enjoué et facétieux qui le caractérise dans la manière de portraiturer ses héros (et son héroïne). Bizet aurait sa Carmen ; Offenbach à sa Périchole, sa Gerolstein et sa … Favart. D’autant que pour mieux caractériser Madame Favart, Offenbach s’y affirme en roi du couplet et de la chanson, à succès : ainsi Favart elle-même au XVIIIè avait subjugué par une certaine gouaille chansonnière. Pour la création, Mademoiselle Girard défendit avec cœur et expressivité une partition qui semblait ciselée pour elle.

 

 

 

LES CONTES D’HOFFMANN (1877-…)

La composition remonte au début 1877… La première représentation complète a été présentée à l’Opéra-Comique (version en 5 actes) en novembre 1911. Le livret reprend la pièce originelle coécrite par Jules Barbier et Michel Carré en 1851. A la source, les écrits du compositeur romantique allemand Ernst Theodor Amadeus Hoffmann. Icône du romantisme allemand, sombre, fantastique, énigmatique mais onirique, Hoffmann témoigne de ses échecs amoureux, de tavernes en palais à Venise; audacieux, expérimental, le génie d’Offenbach est d’abord de se renouveler : il le démontre dans cet ouvrage qui l’occupe pendant sa dernière décennie : le sujet est sombre, noir même, car y perce et se répète la malédiction du poète, impuissant, démuni. Offenbach meurt pendant les répétitions de 1880. L’orchestration et certains récitatifs sont complétés par Ernest Guiraud. Trop longue finalement, la partition proposée à la création est réduite d’un tiers. Depuis sa redécouverte, la partition ne cesse d’être le sujet de nouvelles hypothèses quant à sa reconstruction fidèle au plan de l’auteur.

Pourtant, en dépît de sa nature instable, la partition en l’état ne cesse de subjuguer : qui pourrait résister à la tension dramatique ainsi créée autour des 3 visages féminins célébrés par Hoffmann / Offenbach : Olympia, la poupée mécanique plus vraie que nature / Antonia, la jeune cantatrice morte de trop chanter / Giuletta, sirène vaporeuse et vénitienne… au charme envoûtant (cf la barcarolle « Belle nuit, ô nuit d’amour »). Offenbach signe ainsi son œuvre à la fois la plus énigmatique et la plus sensuelle.

 

 

 

 

 

 

Approfondir

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Retrouvez ici les réalisations les plus marquantes en liaison avec le bicentenaire JACQUES OFFENBACH 2019 : 

 

 

 

L'Opéra de TOURS réussit la création mondiale des Fées du Rhin d'OffenbachLes Fées de Jacques Offenbach présenté par l’OPERA DE TOURS
Benjamin Pionnier crée l’événement à TOURS en septembre 2018 et bien avant l’année Offenbach 2019 (bicentenaire de la naissance en 1819) : grâce au chef et directeur de l’Opéra, voici (enfin) la création mondiale de l’opéra Les Fées de Jacques Offenbach, une offrande conçu par l’auteur des Contes d’Hoffmann, à la fois onirique et violente, fantastique et désenchantée qui est ici en 2018, restitué en français – l’original avait été donné à Vienne en Allemand, depuis lors jamais repris dans sa version originelle. Production événement qui marque d’une pierre blanche les projets OFFENBACH, d’autant plus attendus en 2019. VOIR notre reportage vidéo et LIRE notre comtpe rendu des Fées d’Offenbach, création mondiale à l’Opéra de Tours

 

 

 

offenbach jacques biographie bleu nuit editeur jean philippe biojout critique annonce classiquenewsLIVRE événement, critique. Jean-Philippe Biojout : OFFENBACH (Bleu Nuit éditeur). Pour l’année OFFENBACH, en 2019 pour le bicentenaire de sa naissance (1819), Bleu Nuit dégaine une biographie complète et très accessible qui rappelle combien au sujet du Mozart des Boulevards (parisiens), il reste de nombreuses et dommageables imprécisions et contre vérités. Ainsi, parmi d’autres, Jacques Offenbach n’a pas écrit d’opérettes (il faut les restituer à l’inventeur du genre : Hervé qui sera son concurrent dans les années 1850), mais des opéras-bouffes, ou selon ses propres termes, des « pastiches d’opéras à la mode »… où rayonnent délire, fantasque, surréalisme avant l’heure, humour débridé, comique loufoque, arlequinades et pantomimes en tous genres…). Il a connu aussi les honneurs de l’Opéra de Paris, non pour son grand opéra Les Fées du Rhin, récemment restituées en français par l’Opéra de Tours (création mondiale en sept 2018), mais grâce au génie de sa musique chorégraphique (Les Papillons, ballet-pantomime joué in loco pendant 2 années!).  Coup de cœur de CLASSIQUENEWS / CLIC DE CLASSIQUENEWS de janvier 2019

 

 

 

offenbach figaro lettres offenbachnous ecrit actes sud critique compte rendu livreLIVRE, critique. M. OFFENBACH nous écrit (Actes Sud / Pal Bru-Zane). L’année OFFENBACH 2019 commence très bien grâce à la publication par Actes Sud de cette collection de lettres écrites par Offenbach, adressées au journal Le Figaro : le compositeur était l’ami personnel du fondateur du journal Hippolyte de Villemessant (1810 – 1879, un an avant Offenbach). Les deux hommes étaient voisins en Normandie, propriétaire chacun d’une villa à Etretat ; à Paris, ils se fréquentent dans les salons en vu… Une proximité qui en rendrait jaloux plus d’un aujourd’hui et qui dans la seconde moitié du XIXè, permet à l’auteur d’Orphée aux enfers de s’expliquer auprès du public, évoquer ses riches et rocambolesques soirées et fêtes données dans son appartement de la rue Laffite où figurent Bizet, Doré, Halévy… ; de provoquer le débat, susciter le scandale… positif, lui assurant une publicité avantageuse pour ses propres spectacles (par exemple lors de la création d’Orphée aux Bouffes-Parisiens en 1858). Le compositeur est une vedette, un auteur dont on parle, habitué désormais à utiliser le media comme un tremplin, une tribune. D’autant que, comme le montre l’introduction et les textes ainsi regroupés, Jacques Offenbach ne manque ni de pertinence ni d’à propos ni de sens de la formule. Un génie de la réponse synthétique, dévoilant aussi une intelligence des situations et du milieu musical et médiatique. LIRE notre critique intégrale du livre M OFFENBACH NOUS ECRIT (Actes Sud)

 

 

 

 

 

 

Les événements : concerts et opéras Offenbach

 


en 2019, qu’il ne faut pas manquer …
(sélection par classiquenews)

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PARIS, Opéra-Comique, du 20 au 30 juin 2019
Madame Favart
RESERVER VOTRE PLACE
https://www.opera-comique.com/fr/saisons/saison-2019/madame-favart

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NOTRE SELECTION CD – au fil de l’année 2019

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OFFENBACH coloratoure cd opera concert critique cd review cd classiquenewsCD, critique. Offenbach colorature. Jodie Devos, soprano. Airs d’opéras (1 cd Alpha, 2018). BOF… Le programme élaboré ne manque pas de diversité mais il pêche par un manque de cohérence. Evidemment pour s’assurer un certain impact auprès du consommateur landa, il fallait nécessairement afficher la Barcarolle des Contes d’Hoffmann… Pour des surprises on repassera ; cependant Vert-Vert, Les Bergers, Les Bavards, Le Roi Carotte, et aussi Robinson Crusoé et Fantasio (dont deux magnifiques séquences de la princesse Elsbeth), … pour ne citer que quelques œuvres, méritent le détour et suscitent l’envie d’en écouter davantage. Ce qui est méritant quand même. La coloratoure chez Offenbach promettait une face cachée du compositeur : à torts réduit à ses pantalonades burlesques et fantasques, le compositeur fêté en 2019, s’est soucié comme un réel auteur sérieux, des voix et du beau chant romantique français. En témoigne l’engagement de la soprano belge Jodie DevosEN LIRE +

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MAM’ZELLE NITOUCHE : l’opérette selon Hervé (1883)

herve par lui meme actes sud livres critique classiquenews operette offenbach herve ISBN 978 2 330 05650 6TOURS, Opéra. 27 – 31 décembre 2018. Mam’zelle Nitouche. Le vaudeville d’Hervé marque l’essor voire l’âge d’or de l’opérette française florissante sur les grands boulevards parisiens dans les années 1880, années marquées aussi par la wagnérisme en Europe. Offenbach a triomphé dans les années 1860. De sa véritable identité, Florimond Ronger, Hervé (1825 – 1892) cumule tous les talents (organiste, chanteurs, acteurs, directeur de troupes, metteur en scène, compositeur, écrivain…) : ce rival d’Offenbach prend une place croissante aujourd’hui ; il livre les titres les plus déjantés dans la veine comique burlesque.
Autodidacte, l’orphelin apprend la composition aux côté d’Auber à Paris; sa première opérette, Don Quichotte est une pochade parodique et comique, assez déjantée, créé en … 1847. Il n’a que 22 ans. Puis, dans les années 1850, il présente ses propres opérettes et celles d’Offenbach. Aux « Délassements-Comiques », nouvelle salle dont il est directeur musical, Hervé propose Le Hussard persécuté qui frappe les esprits… il devient alors un auteur réputé. Suivent Les Chevaliers de la table ronde (Bouffes-Parisiens), puis Le petit Faust (1869, aux Folies-Dramatiques), applaudis surtout en Angleterre. Vite démodé à Paris, Hervé joue et chante dans Orphée aux enfers d’Offenbach en 1878 : il est Jupiter.
Mais il n’a pas dit son dernier mot. Aux Variétés, Hervé refait carrière grâce à ses vaudevilles-opérettes écrites pour sa muse Anna JUDIC : ainsi Lili (1882) et Mam’zelle Nitouche de 1883. Le sujet s’inspire de ses débuts à Paris quand il était organiste (à Saint-Eustache) et compositeur la nuit…. Créée aux Variétés le 26 janvier 1883, sur un livret de Meilhac et Millaud, elle remporte un grand succès (212 représentations).

 

 

mam-zelle-nitouche-denise-herve-operette-critique-annonce-opera-par-classiquenewsSYNOPSIS… Célestin, organiste au couvent des Hirondelles le jour, est Floridor, auteur d’opérettes le soir. Denise de Flavigny, fierté du couvent, travaille sous sa direction ses cantiques. Mais Denise aime plutôt chanter les airs de Floridor… trouvées dans les affaires de Célestin. A Paris, la nonne devenue Mam’zelle Nitouche assure la relève dans la dernière pièce de Célestin, puis les deux se déguisent en recrues de l’armée, avant que le fiancé de Denise ne tombe amoureux (aussi) de Nitouche… le vaudeville est riche en péripéties, délirant à souhaits, rien que divertissant grâce à la facilité qu’a Hervé à mêler tous les genres : sacré, grivois, militaire… Hervé est bien, avec Offenbach, l‘inventeur de l’opérette française. Voilà une partition qui « dévoile les plus grands mystères, … » car « nous vous parlerons d’amour, de femmes à barbes, et de vocations ; cette vocation qui fait brûler les planches, valser les couvents et vibrer les garnisons… venez déguster nos religieuses !… ». Le ton est dit. Place au délire théâtral et musical.

 

 

 

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Hervé : Mam’zelle Nitoucheboutonreservation
Opéra de Tours

Jeudi 27 décembre – 20h
Vendredi 28 décembre – 20h
Dimanche 30 décembre – 15h
Lundi 31 décembre 2018 – 19h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/mam-zelle-nitouche

 

 

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mam-zelle-nitouche-denise-herve-operette-critique-annonce-opera-par-classiquenewsMam’zelle Nitouche de Hervé – Vaudeville – Opérette en 3 actes et 4 tableaux
Créé le 26 janvier 1883 au Théâtre des Variétés
Livret d’Henri Meilhac et Arthur Millaud

Denise de Flavigny / Mam’zelle Nitouche : Lara Neumann
Célestin / Floridor : Damien Bigourdan / Matthieu Lécroart
La Supérieure / Corinne : Miss Knife (Olivier Py)
Loriot : Olivier Py
Le Vicomte Ferdinand de Champlâtreux : Flannan Obé
Le Major, comte de Château-Gibus : Eddie Chignara
La Tourière / Sylvia : Sandrine Sutter
Le Directeur de théâtre : Antoine Philippot
Lydie : Clémentine Bourgoin
Gimblette : Ivanka Moizan
Gustave, officier : Pierre Lebon
Robert, officier : David Ghilardi
Le Régisseur de scène : Piero (alias Pierre-André Weitz)

Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

Direction musicale : Christophe Grapperon
Mise en scène, décors et costumes : Pierre-André Weitz

 

 

 

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Compte rendu, opéra. Nantes. Angers Nantes Opéra, le 9 janvier 2016. Hervé : Les Chevaliers de la Table Ronde.Pierre-André Weitz

herve chevaliers table ronde opera herve critique review annonceL’année 2016 nantaise commence avec une heureuse résurrection : celle du père de l’opérette, Louis-Auguste-Florimond Ronger, dit Hervé (1825-1892). Ainsi grâce à Angers Nantes Opéra, la partition oubliée du premier grand opéra-bouffe en trois actes d’Hervé « Les Chevaliers de la Table Ronde » revient en vie, et ce avec la fabuleuse participation de la compagnie lyrique Les Brigands, soit treize chanteurs-acteurs et douze instrumentistes. La partition est adaptée par Thibault Perrine. Le directeur musical de la compagnie, Christophe Grapperon, est à la baguette et la mise en scène, les costumes et la scénographie sont assurées par le décorateur complice d’Olivier Py : Pierre-André Weitz (NDLR : lequel fait donc ses premières armes comme metteur en scène) !

 

 

 

« On ne peut plus rentrer quand on en est dehors » : l’opéra bouffe où l’on mange bien…

On ne sait pas ce que c’est, mais que c’est bon !

 

 

herve chevaliers de la table ronde 3 classiquenews annonce review critique 20151122-chevaliers-3La résurrection du compositeur auparavant controversé est une réhabilitation, tellement l’artiste et son œuvre sont négligés, tant la production est bonne. Les représentations nantaises faisant partie d’une tournée nationale et internationale du spectacle, nous en augurons le plus vif succès. L’œuvre en trois actes est délicieusement invraisemblable et parodique. L’histoire se passe quelque part, dans un pays improbable entre le Moyen Age et 2017, dans une « baraque de fête foraine en bois, un château en quelque sorte », une bande de chevaliers errants décide d’enlever le chevalier Roland qui, épris de Mélusine l’enchanteresse, affiche une mollesse domestique insupportable, honteuse à leurs yeux. L’occasion d’agir est donnée par le tournoi du Duc Rodomont dont la récompense est la main de sa fille Angélique, qu’il veut faire épouser à un homme courageux mais surtout riche pour l’aider dans sa propre détresse financière. Il soupçonne la Duchesse Totoche d’avoir un amant qui l’entretient. Une succession de qui pro quo s’enchaîne et se déchaîne ; après maints couplets délicieusement légers, ariettes grandiloquentes, faux récitatifs expressionnistes et caricaturaux, avec une bonne dose de danse folle, d’amour, d’humour, de citations et parodies musicales, de chanteurs déguisés en singe, des murs cassés (surtout le 4e), nous en arrivons au lieto fine, où « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

C’est toute la potion magique dont nous avons besoin cet hiver quelque peu terrifiant, et en cette époque de manière générale, avec ses grandes parts de trauma, de terreur, de violences. D’une délicieuse légèreté, la production apporte du baume au cœur en ce début 2016. Ce breuvage ne peut être autre qu’une production dont la liberté jouissive, la désobligeance jubilatoire et pétillante, l’auto-dérision insolente et percutante, ravissent les cœurs et font mal au ventre tellement c’est drôle.
Un bijoux retrouvé et redoré qui méritait évidemment d’être exhumé. Une production avec tant de vertus que nous ne pourrons pas toutes aborder, mais qui mérite quantité de louanges. A commencer par le travail d’édition et de transcription musicale, de la part de Thibault Perrine, qui a gardé l’essentielle et le particulier de la partition orchestrale pour un effectif de 12 instrumentistes, privilégiant ainsi les voix. Suivant en cela la légère adaptation de l’œuvre (deux versions de l’auteur existent, la première de 1866 et l’autre de 1872), dans le plus typique esprit de l’opérette. Ceci va des costumes intemporels en noir et blanc, mélangeant styles et genres (nous avons droit même aux chevaliers errants habillés en footballeurs sponsorisés par une marque de bière française), jusqu’aux affectations particulières et caractéristiques dans les dialogues et façons de parler (Roland a l’accent le plus facétieux d’un « gars » de banlieue populaire, par exemple). Un travail qui révèle une équipe soudée et dont la bonne entente et la complicité sont évidentes et stimulantes !

herve opera chevaliers table ronde critique annonce review classiquenews 1 20151122-chevaliers-4Comme la musique d’ailleurs ! Pas de sérieux ni de snobisme quelconque dans cet opus revisité. Le personnage de la Duchesse Totoche, qui parle en récitatif beaucoup trop expressif et discordant par rapport à son texte est LA parodie de la Diva d’Opera seria. Elle est superbement interprétée par la soprano Ingrid Perruche. Le Médor du ténor Mathias Vidal, est tellement solaire et incarné qu’on dirait que c’est vrai qu’il aime Angélique d’un amour « volcanique » et que son cœur est vraiment « brûlé, carbonisé » par sa beauté « mirifique ». Angélique, la soprano Lara Neumann, est pétillante et ingénue à souhait, nous n’oublions toujours pas son duo avec Médor au premier acte où son cœur battait, battait, battait, pour notre plus grand bonheur. Le Duc Rodomont du ténor Damien Bigourdan joue la carte de l’expressionnisme mélodramatique hystéro-comique, galactique, délirant, en verve comme personne, son air au premier acte est un tour de force théâtral et onomatopéique. Le personnage de l’enchanteresse Mélusine sied parfaitement à l’artiste complète qu’est la soprano Chantal Santon-Jeffery, avec la prestance sur scène qui est la sienne et sa puissance et agilité vocale, ses vocalises au finale du II, sont des plus redoutables. Les 4 chevaliers errants se distinguent surtout par leurs talents comiques, et deux d’entre eux pour la qualité de leurs danses et mouvements on ne peut mieux déjantés ! Le Roland du ténor Rémy Mathieu se distingue aussi par son talent de comédien (l’ancien enfant chanteur de maîtrise à Monaco devient banlieusard particulièrement convaincant et de façon étonnante!). Remarquons également que la diction de presque toute la troupe est à la fois suffisamment percutante et claire pour que le public puisse concentrer sa vue comme son écoute, sur l’action et non les sous-titres.

 

 

Nous sortons de la représentation avec une sensation de légèreté tout à fait hilarante et véritablement antidépressive. La compagnie Les Brigands avec ses chanteurs et musiciens offrent une prestation, pour cette première nantaise, de grand entrain et haute qualité. La mise en scène de Pierre-André Weitz (surtout connu comme le scénographe fétiche d’Olivier Py), dans ce lieu unique qu’on comprend très vite, est surtout efficace. La musique instrumentale réduite l’est aussi, et la performance des musiciens est concordante à celle des chanteurs, donc très bien. Ce beau et drôle projet mérite d’être connu d’un très grand public ; chacun des spectateur présent ce soir s’est délecté de la gaîté irrévérencieuse omniprésente dans l’œuvre et sa mise en valeur par la performance tonique des interprètes. A voir et revoir sans modération les 12, 13 et 14 janvier à Nantes, puis les 16, 17 et 19 janvier 2016 à Angers.

 

 

 

Compte rendu, opéra. Nantes. Angers Nantes Opéra, le 9 janvier 2016. Hervé : Les Chevaliers de la Table Ronde. Damien Bigourdan, Ingrid Perruche, Mathias Vidal… Compagnie Les Brigands. Thibault Perrine, transcription. Christophe Grapperon, direction musicale. Pierre-André Weitz, mise en scène, costumes et scénographie.

Livres, compte rendu critique. Hervé par lui-même. Par Pascal Blanchet (Editions Actes Sud)

herve par lui meme actes sud livres critique classiquenews operette offenbach herve ISBN 978 2 330 05650 6Livres, compte rendu critique. Hervé par lui-même. Par Pascal Blanchet (Editions Actes Sud). La riche correspondance d’Hervé aux directeurs de théâtre : Emile Perrin l’inflexible directeur de l’Opéra-comique ; Eugène Bertrand, directeur des Variétés ; ses propres écrits aussi préface (pour Chilpéric), textes divers, mais aussi les minutes du son procès de 1856 (détournement de mineur, un jeune serveur qu’il invita chez lui…) mais aussi livrets, articles (fantasques comme celui sur le trombone), … racontent ici l’épopée du Compositeur toqué, vrai inventeur de l’opérette (au milieu des années 1850), interprète et rival de Jacques Offenbach. Louis-Auguste-Florimond Ronger, dit Hervé (1825- 1892), montre un courage et une ténacité hors normes, la certitude de pouvoir apporter concrètement des éléments importants dans l’histoire de l’opéra : son ambition, créer un ouvrage sur la scène de l’Opéra Comique… consécration qui lui sera refusée par l’ignoble directeur Perrin, très emblématique de cette arrogance parisienne méprisable et polémiste. Les textes et lettres sélectionnés suivent la chronologie, permettant de reconstituer la carrière d’Hervé au théâtre. En complément, une riche comparaison Hervé et Offenbach souligne la fécondité d’une oeuvre personnelle, originale, entre Paris et Londres. Hervé mieux reconnu et compris par les londoniens, sera naturalisé anglais. Il est temps aujourd’hui, à l’heure où l’on redécouvre ses Chevaliers de la table ronde (tournée 2016 qui passe par Nantes et Angers en janvier 2016) et qui pourtant n’est pas la meilleure œuvre pour découvrir l’univers déjanté et poétique d’Hervé, de mesurer adjectivement la valeur d’une œuvre musicale et théâtrale aussi cohérente et convaincante de celle d’Offenbach. Lecture nécessaire.

Livres, compte rendu critique. Hervé par lui-même. Par Pascal Blanchet. Actes Sud Beaux Arts, Octobre, 2015 / 11,0 x 17,6 / 224 pages, ISBN 978-2-330-05650-6. Prix indicatif : 9,50€

Nouvelle Chauve Souris à Tours

Johann_Strauss_IITours, Opéra. La Chauve Souris : 27>31 décembre 2014. Johann Strauss fils, roi de la valse à Vienne, est aussi un génie de l’opérette. Pour preuve le raffinement délirant jamais démenti de son joyau lyrique, La Chauve Souris… Elle avance masquée,  reste insaisissable et symbolise la folie raffinée d’une nuit d’effervescence absolue offrant aux chanteurs des rôles déjantés travestis, à l’orchestre grâce à l’inspiration superlative de Johann Strauss fils, une texture instrumentale ciselée,  qui incarne depuis la création de l’oeuvre en 1874,  le sommet de la culture viennoise associant valses envoûtantes hypnotiques et dramaturgie cocasse,  drolatique, délirante. Ainsi à l’époque où Paris découvre les impressionnistes (exposition au salon de 1874),  Vienne s’abandonne dans l’ivresse d’une musique flamboyante et d’un théâtre déjanté qui peut aussi se comprendre comme le miroir de sa propose vanité, comme une satire mordante autant qu’élégante de la société puritaine,  hypocrite,  hiérarchisée. C’est l’époque de l’empire vacillant celui qui après le choc de 1870 qui voit émerger la Prusse conquérante,  va bientôt être entraîné avec la fin de la première guerre en 1918.
Les choeurs virtuoses,  la magie mélodique et le raffinement de l’orchestration qui synthétise le meilleur Strauss,  sans omettre la délicatesse de l’intrigue qui revisite les standards des comédies de boulevards mais sur un mode léger et infiniment subtil comme les grands airs isolés (celui de la comtesse hongroise chantant dans Heimat un grand solo nostalgique d’une irrésistible sensibilité pendant la fête chez Orlofski au II)…. sont autant de qualités complémentaires d’un spectacle d’une profondeur poétique rare et d’une expressivité palpitante pour peu que le chef et les chanteurs réunis dont la fameuse invitée surprise (gala dans l’opéra) aient à coeur d’en ciseler toutes les facettes, hors de la caricature.
Fortement pénétré par l’esprit de la fin comme déjà conscient de la chute des valeurs impériales,  l’ouvrage enchante autant par ses formidables audaces dramatiques que le raffinement d’une partition parmi les plus bouleversantes qui soient.  Sous le masque de la comédie et de la farce,  le ton est bien celui d’une parodie de la vie sociale où en une nuit de travestissement et d’ivresse, les véritables sentiments se révèlent. Les masques, les identités croisées, usurpées symbolisent la crise et le délitement d’une société malade.  Rares les mise en scène capables de jouer sur les deux tableaux: la sincérité,  l’élégance mais aussi la verve et l’intelligence parodique. Souhaitons que la nouvelle production de l’Opéra de Tours réunisse l’une ou l’autre et probablement les deux car le souci du chef,  l’engagement des musiciens du Symphonique maison comme souvent la cohérence du plateau vocal réalisent d’indiscutables réussites à Tours.

 

 

Johann Strauss II
Die fledermaus, La Chauve Souris
Opérette viennoise en 3 actes, livret de Richard Genée
Création à Vienne, Theater an der Wien, le 5 avril 1874
Edition Bärenreiter (édition critique) – Chantée en Allemand, dialogues en français, surtitré en français

Tarifs : série E (de 7€ à 65€) le 31/12/2014 : série E+ (de 7€ à 70€)
Réservations : 02 47 60 20 20 / www.operadetours.fr

4 représentations à Tours :

Samedi 27 décembre,  20h
Dimanche 28 décembre, 15h
Mardi 30 décembre, 20h
Mercredi 31 décembre, 20h

Orchestre Symphonique Région Centre – Tours
Chœurs de l’Opéra de Tours
(Direction : Emmanuel Trenque)

Nouvelle co-production Opéra de Tours,
Opéra de Reims, Art musical et Opéra Théâtre Grand Avignon

Avec le soutien exceptionnel de l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours, à l’occasion de ses soixante ans

Direction  : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Jacques Duparc
Décors Christophe Vallaux et Art musical Costumes, accessoires : Art musical Lumières : Marc Delamézière

Rosalinde : Mireille Delunsch
Adele : Vannina Santoni
Prince Orlofsky : Aude Extremo
Gabriel von Eisenstein : Didier Henry
Dr Falke : Michal Partyka*
Franck : Frédéric Goncalves*
Frosch : Jacques Duparc
Alfred : Eric Huchet
Dr Blind : Jacques Lemaire

* Débuts à l’Opéra de Tours

Conférence des Amis du Centre Lyrique de Tours
Conférence ACLT
Samedi 13 décembre, 14h30
Salle Jean Vilar, Grand Théâtre de Tours Intervenant : Didier Roumilhac

 

Argument – synopsis
Un matin, revenant tous deux d’un bal masqué, le rentier Gaillardin contraignit son ami Duparquet, notaire, à traverser la ville, revêtu de son déguisement : une énorme Chauve-souris. Duparquet feignit d’en rire avec les autres mais jura de se venger.

Acte I : à Pontoise chez Gaillardin
Une altercation avec un garde-champêtre a valu à Gaillardin huit jours de prison. Il décide d’oublier son chagrin dans le fumet d’un bon diner. Duparquet lui propose de passer cette dernière soirée en joyeuse compagnie chez le Prince Orlofsky. Gaillardin enthousiaste accepte, au grand soulagement de Caroline, son épouse qui va ainsi pouvoir diner en tête à tête avec Alfred, un ami venu lui demander un rendez-vous. Survient Tourillon, le directeur de la prison. Alfred ne voulant pas révéler son identité,  achève la soirée en prison, sous le nom de Gaillardin.

Acte II : Chez le Prince Orlofsky
Caroline ayant eu vent de l’équipée de son mari, se rend aussi à la soirée chez le Prince, se faisant passer pour une « comtesse hongroise ». Duparquet la reconnaît. Gaillardin sous le nom du Marquis de Valengoujar fait une cour assidue à la prétendue Comtesse et Caroline se fait confier en gage d’amour sa montre, auquel son chevalier servant tient beaucoup.

Acte III : A la prison de Pontoise, à l’aube
Sous le faux nom de Baron de Villebouzin, Tourillon a été à la fête lui aussi et n’est rentré qu’au petit matin. Gaillardin, alias marquis de Valengoujar, arrive à la prison au grand ébahissement de Tourillon qui lui déclare que le « vrai » Gaillardin est enfermé depuis la veille. Gaillardin très intrigué se fait passer pour un avocat et interroge Alfred dans sa cellule ; sa femme Caroline, munie de la montre, arrive à son tour avec Duparquet. Celui-ci avoue être l’auteur de cette machination. Gaillardin se souvient de la « chauve-souris », honteux et confus il ne sera pas le dernier à en rire.

Sur la mise en scène de La Chauve Souris à l’opéra de Tours

Un mot de Jacques Duparc, metteur en scène

Die FLEDERMAÜS , LA CHAUVE SOURIS….quel drôle de titre pour une œuvre musicale d’opéra… ! Ces ouvrages portent souvent des titres ronflants: “Princesse Czardas”, “Valses de Vienne”, “Quadrille Viennois”, etc… Et puis ces histoires racontent souvent des romans de Prince et de Princesse.
Dans la Chauve-souris, rien de tel : nous nageons dans une existence banale de petits bourgeois étriqués, incultes et avec pour déco sur les murs des têtes de sangliers de cerfs ou de biches et un renard empaillé près de l’escalier! Et un prince androgyne blasé par la vie!
Et pour clôre le tout, un 3ème acte qui se passe dans une prison! Nous pourrions alors penser que cet ouvrage raconte une histoire à la Feydeau avec un amant dans le placard: même pas! L’héroïne est une femme mariée, fidèle avec nobles valeurs et sentiments!
Alors bien sûr, tout cela excite nos papilles par l’originalité du propos! Et la beauté de la musique bien sûr! Strauss est au sommet de son art! On peut peut-être même oser dire que cette œuvre est une comédie musicale avant l’heure, mais une “comédie musicale- opéra” ! Je pense notamment à tout le final du 2ème acte chez Orlovsky.

Car la partition mérite des belles voix et au delà des airs de Valse ou de polkas – je pense notamment à l’air de Rosalinde “CZARDAS” au 2ème acte”, Strauss et les librettistes nous conduisent dans un tourbillon de duos, de trios et d’ensemble musicaux qui font oublier le rythme des Valses pour donner de vrais contenus aux situations théâtrales qui nous sont proposées : je pense notamment au Trio du 3ème acte dans la Prison. Je ne vous parle pas de l’Ouverture à l’orchestre qui reste l une des plus belles de ce répertoire….
Bref, cette Chauve-souris, (Der Fledermaüs titre original) reste un magnifique divertissement musical et théâtral , coloré et festif , qui mérite de rester au répertoire des belles et grandes œuvres à proposer à tous les amateurs de musique et de théâtre chanté!

Télé,Arte. Ida Falk Winland chante l’opérette de Vienne à Broadway

Télé, Arte: Ida Falk Winland chante l’opérette, le 28 avril 2013,19h

arte_logo_2013Maestro. De Vienne à Broadway, la soprano Ida Falk Winland chante au Cirque d’hiver à Paris l’ivresse des comédies légères et pourtant profondes: au programme, Johann Strauss, Gershwin, Bernstein. L’opérette et la comédie musicale partagent une électricité contagieuse portée par la diva suédoise. Concert, France, 43 mn.