Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232, Opera Fuoco, David STERN

Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232 / Opera Fuoco / David STERN.. En cette fin d’après-midi, l’excitation monte dans l’attente du concert de clĂ´ture de la Bachfest, dĂ©diĂ© Ă  la Messe en si mineur (1749) de Bach : tous les pas semblent converger vers l’Eglise Saint-Thomas, la plus prestigieuse de la ville de Leipzig, remplie Ă  craquer pour l’occasion. C’est lĂ  qu’officia le maitre de 1724 jusqu’Ă  sa mort, lui donnant ses lettres de noblesses, avant d’y ĂŞtre enterrĂ© au niveau du choeur. MĂŞme si l’acoustique est quelque peu Ă©touffĂ©e Ă  cet endroit, donnant une impression d’Ă©loignement par rapport aux interprètes rĂ©unis sur la tribune de l’orgue Ă  l’opposĂ©, entendre la Messe en si mineur aux cotĂ©s du maitre ne peut manquer d’impressionner.

 

 

 

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Les premières notes de l’ouvrage raisonnent avec un sens Ă©vident de l’Ă©conomie et de la modestie, en un legato enveloppant : l’impression de douceur ainsi obtenue invite au recueillement, comme une caresse bienveillante. On est bien Ă©loignĂ© des lectures nerveuses et virtuoses qui donnent un visage plus spectaculaire Ă  cette messe. Ce geste serein a pour avantage de mettre en valeur la jeunesse triomphante du splendide choeur d’enfants Tölzer, venu tout droit de Munich. Alors que l’ouvrage ne fait pas parti de leur rĂ©pertoire, les jeunes interprètes font preuve d’une vaillance et d’une prĂ©cision sans faille, de surcroit jamais pris en dĂ©faut dans la nĂ©cessaire justesse. C’est la sans doute le bĂ©nĂ©fice d’une tournĂ©e mondiale qui les a menĂ© en Chine et en France, au service de la promotion de cet ouvrage, avec David Stern.

Si la direction du chef amĂ©ricain a les avantages dĂ©taillĂ©s plus haut, on pourra toutefois regretter que le niveau technique global de son ensemble affiche plusieurs imperfections tout du long du concert, notamment au niveau des vents et trompettes, juste corrects. La qualitĂ© des solistes rĂ©unis se montrent aussi inĂ©gale, avec de jeunes chanteurs très prometteurs, Theodora Raftis et AndrĂ©s Agudelo, tous deux parfaits d’aisance technique. Andreas Scholl a pour lui des phrasĂ©s toujours aussi distinguĂ©s, mais dĂ©sormais entachĂ©s d’un timbre très dur dans l’aigu, tandis que Laurent Naouri a du mal Ă  faire valoir ses habituelles qualitĂ©s interprĂ©tatives dans ce rĂ©pertoire, dĂ©cevant les attentes par une Ă©mission engorgĂ©e et terne.

 

 

 

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Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232. Theodora Raftis (soprano), Adèle Charvet (mezzo soprano), Andreas Scholl (alto), Andrés Agudelo (ténor), Laurent Naouri (basse), Tölzer Knabenchor, Opera Fuoco, David Stern (direction). Crédit photo : © Bachfest Leipzig : Gert Mothes.

 

 

 
 

 

 

OPERA FUOCO : Die Stumme Serenade

David Stern et Opera Fuoco à ShanghaiLEVALLOIS-P. OPERA FUOCO, le 11 mai 2019 : KORNGOLD : Die Stumme Serenade, création française. Opera Fuoco / David Stern confirme son geste convaincant, défricheur dans l’exhumation de purs joyaux lyriques. Une source de découverte pour le public, un moyen concret de professionnalisation pour la troupe de jeunes tempéraments coachés par David Stern, et prêts à relever les défis de nouveaux ouvrages. Chanter, jouer, surtout articuler un texte : voilà les ressorts d’une réussite musicale que CLASSIQUENEWS a peu à peu suivi et distingué. La compagnie OPERA FUOCO est une équipe de chanteurs et aussi un orchestre (sur instruments anciens) : deux piliers pour une relecture prometteuse des ouvrages choisis par David Stern (VOIR notre reportage dédié à Opéra Fuoco, de Shanghai à Paris : Mozart, Haendel )… Ce 11 mai 2019 est donc une date incontournable pour le mélomane et l’amateur de nouvelles voix comme d’ouvrages peu connus.

Dernier joyau de l’opérette viennoise
Est-ce un opéra ? Une opérette ? Ou une comédie musicale ? Rien de tel : DIE STUMME SERENADE incarne un genre qui lui est propre, dernières floraisons de la grande tradition de l’opérette viennoise.
Amour brĂ»lant, sĂ©rĂ©nades nocturnes, enlèvements, attentats Ă  la bombe et haute couture emballĂ©s dans une grande vague de musique brillante. DIE STUMME SERENADE est un joyau oubliĂ© de la riche Ĺ“uvre d’Erich Wolfgang Korngold. On y voit comment le roi de la mode napolitaine Andrea CoclĂ© – entourĂ© de son harem de mannequins – sacrifie tout, pour l’amour d’une femme. Une femme qui est malheureusement mariĂ©e Ă  la personne la plus influente du pays… Des bombes sont placĂ©es sous des lits et des criminels sont exposĂ©s. Et tandis que le champagne coule Ă  flot aux sons envoĂ»tants de l’orchestre, nous assistons Ă  la façon dont l’amour coĂ»te presque la tĂŞte Ă  CoclĂ©. Sera-t-il graciĂ©, ou est-ce une mort cruelle par un peloton d’exĂ©cution qui l’attend ? Quand amour et politique se croisent, quel est le victorieux…

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KORNGOLD : DIE STUMME SERENADEboutonreservation
Compagnie OPERA FUOCO
Samedi 11 Mai 2019 Ă  20h30
Levallois, Salle Ravel
33, rue Gabriel PĂ©ri
92300 Levallois-Perret

MĂ©tro : Anatole France (ligne 3)
+ d’infos : informations & réservation sur le site OPERA FUOCO / David Stern
http://operafuoco.fr


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OPERA FUOCO

Atelier lyrique:
Sylvia Lombardi – Dania El Zein
Andrea Coclè – Olivier Bergeron
Louise – Julie Goussot
Margherita – Natalie Perez
Emilie – Justine Vultaggio
Pauline – Alexia Macbeth Sam – Olivier Gourdy
Caretto – Louis Roullier Premier Ministre Lugarini – Marco Angioloni

Orchestre:
Katharina Wolff – violon
Petr Ruzicka – violon
Jérôme Huille – violoncelle
Jean Bregnac – flûte
Clément Caratini – clarinette/saxophone
Didier Plisson – Percussions
Stéphane Petitjean – piano
Charlotte Gauthier – piano/célesta
Direction – David Stern

CIE WINTERREISE
Olivier DhĂ©nin – mise en scène, dramaturgie et scĂ©nographie
Anne Terrasse – lumière
Hélène Vergnes – costumes
Nina Pavlista – chorégraphie
Thibaut Lunet – régie artistique
André Tallon – Assistanat à la mise en scène
Lou Bounnaudet – Assistanat au costume & broderie
Justine Baron, Livia Jouan, Héloïse Fizet – atelier décor
Léa Dernet, Mathis Dondet, Florence Metzinger – atelier costume
Sandra Basso – répétitrice théâtre

LEVALLOIS : KISS ME KATE par Opera Fuoco

Chine. David Stern dirige le Festival Baroque de ShanghaiLEVALLOIS (92). Opera Fuoco : Kiss me Kate. Le 24 septembre 2016. Jeune troupe impliquée pour comédie troublante. Le chef charismatique David Stern a fondé sa propre compagnie lyrique pour servir les partitions les plus subtiles et accompagner les jeunes chanteurs acteurs, invités à les incarner ; éclectique dans ses goûts, passionné et exclusif pour chaque nouvelle immersion musicale, le chef- qui est aussi un orateur de premier plan, défend avec un appétit et une attention décuplée, son goût du texte. Et quel texte ! Cole Porter, entre humour et sophistication, a le génie du verbe et de la situation dramatique.
En témoigne l’ivresse poétique du livret de Kiss me Kate (1948), inspiré par Shakespeare (La mégère apprivoisée) d’une élégance spécifiquement américaine, et qui n’a rien à voir avec ce spectaculaire, parfois rien que visuel et donc platement creux que l’on plaque au style Broadway. En deux étapes, Le chef fondateur d’Opera Fuoco, troupe dynamique de jeunes talents complémentaires, aborde le chef d’oeuvre de Porter et réunit autour de lui, un collectif de tempéraments prometteurs. En octobre 2015, le chef fondateur d’Opera Fusco avait abordé en une première approche la comédie profonde / insouciante de Porter. A Levallois, le travail s’est approfondi ; il permet aux jeunes chanteurs de perfectionner leur sens dramatique et leur finesse vocale au service d’une comédie élégante et mordante. LIRE notre présentation complète de Kiss me Kate par Opera Fuoco le 24 septembre 2016 à Levallois

 

 

Avec les jeunes chanteurs de la compagnie Opera fuoco

Soprano – Julie Prola
Mezzo-soprano – Sophia Stern
Ténor – Martin Candela
Ténor – Alexandre Pradier
Baryton – Alexandre Artemenko
Baryton – Benoit Rameau

Pianiste – Karolos Zouganelis
Violon – Katharina Wolff
Contrebasse – Joseph Carver
Saxophone/Clarinette – Clément Caratini
Percussions – Phelan
Direction – David Stern

 

 

 

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VOIR aussi notre teaser vidéo Kiss me Kate by les jeunes talents de la Compagnie Opera Fuoco 

 

 

 

Toutes les infos, billetterie, réservations
sur le site d’OPERA FUOCO, David Stern :

Levallois, Salle Ravel
Samedi 24 septembre 2016, 16h30

RESERVEZ VOTRE PLACE
Salle Ravel – 33 Rue Gabriel Péri, 92300 Levallois-Perret – 01 47 15 76 76

 

 

 

LIRE KISS ME KATE par Opera Fuoco, première session, Paris, Fondation Mona Bismarck, octobre 2015

 

 

 

MIEUX CONNAITRE la COMPAGNIE OPERA FUOCO ?


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VOIR
notre grand reportage exclusif OPERA FUOCO, de Paris à Shanghai (décembre 2016) — OPERA FUOCO, grand reportage vidéo. Orchestre, troupe de chanteurs et aussi laboratoire lyrique où les jeunes talents apprennent le métier… OPERA FUOCO, créé par le chef d’orchestre DAVID STERN, est un collectif conçu pour le chanteur et l’opéra, toutes les formes d’opéra. Comment fonctionne l’Atelier lyrique d’Opera Fuoco ? Quels sont les objectifs et les enjeux, défendus depuis la création de l’ensemble par son fondateur, le chef David Stern ?… Opera Fuoco, de Paris à Shanghaï. GRAND REPORTAGE VIDEO par le studio CLASSIQUENEWS.COM (Réalisateur : Philippe Alexandre PHAM)

KISS ME KATE par OPERA FUOCO, David Stern

Chine. David Stern dirige le Festival Baroque de ShanghaiLevallois (92). Opera Fuoco : Kiss me Kate. Le 24 septembre 2016. Jeune troupe impliquée pour comédie troublante. Le chef charismatique David Stern a fondé sa propre compagnie lyrique pour servir les partitions les plus subtiles et accompagner les jeunes chanteurs acteurs, invités à les incarner ; éclectique dans ses goûts, passionné et exclusif pour chaque nouvelle immersion musicale, le chef- qui est aussi un orateur de premier plan, défend avec un appétit et une attention décuplée, son goût du texte. Et quel texte ! Cole Porter, entre humour et sophistication, a le génie du verbe et de la situation dramatique.
En témoigne l’ivresse poétique du livret de Kiss me Kate (1948), inspiré par Shakespeare (La mégère apprivoisée) d’une élégance spécifiquement américaine, et qui n’a rien à voir avec ce spectaculaire, parfois rien que visuel et donc platement creux que l’on plaque au style Broadway. En deux étapes, Le chef fondateur d’Opera Fuoco, troupe dynamique de jeunes talents complémentaires, aborde le chef d’oeuvre de Porter et réunit autour de lui, un collectif de tempéraments prometteurs. En octobre 2015, le chef fondateur d’Opera Fusco avait abordé en une première approche la comédie profonde / insouciante de Porter. A Levallois, le travail s’est approfondi ; il permet aux jeunes chanteurs de perfectionner leur sens dramatique et leur finesse vocale au service d’une comédie élégante et mordante.

Synopsis. Dans un théâtre de Baltimore, les répétitions de l’adaptation musicale de La Mégère apprivoisée réunissent Fred Graham interprétant Petruchio et son ex-épouse, la célèbre actrice de cinéma Lili Vanessi qui interprète Katharine. L’actuelle petite amie de Fred, Lois Lane, qui joue Bianca, est séduite par Bill Calhoun, Lucentio sur scène. Lili est fiancée au riche Harrison Howell, bien que toujours amoureuse de Fred. L’œuvre est une pièce dans la pièce, alternant les situations dans la réalité et sur la scène en répétition, créant de drôles de quiproquos et un va-et-vient entre les personnages réels et leurs rôles d’acteurs…

 

 

 

Avec les jeunes chanteurs de la compagnie Opera fuoco

Soprano – Julie Prola
Mezzo-soprano – Sophia Stern
Ténor – Martin Candela
Ténor – Alexandre Pradier
Baryton – Alexandre Artemenko
Baryton – Benoit Rameau

Pianiste – Karolos Zouganelis
Violon – Katharina Wolff
Contrebasse – Joseph Carver
Saxophone/Clarinette – Clément Caratini
Percussions – Phelan
Direction – David Stern

 

 

 

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VOIR aussi notre teaser vidéo Kiss me Kate by les jeunes talents de la Compagnie Opera Fuoco 

 

 

 

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sur le site d’OPERA FUOCO, David Stern :

Levallois, Salle Ravel
Samedi 24 septembre 2016, 16h30

RESERVEZ VOTRE PLACE
Salle Ravel – 33 Rue Gabriel Péri, 92300 Levallois-Perret – 01 47 15 76 76

 

 

 

LIRE KISS ME KATE par Opera Fuoco, première session, Paris, Fondation Mona Bismarck, octobre 2015

 

 

 

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Cosi Fanciulli par OPERA FUOCO

Rueil Malmaison(92). Le 10 mai 2016 : Cosi Fanciulli par Opera Fuoco et David Stern. Reprise attendue au Théâtre AndrĂ© Malraux de Rueil Malmaison : l’opĂ©ra contemporain de 2014, Cosi Fanciulli relit l’impertinence poĂ©tique et cynique du duo lyrique, Mozart et Da Ponte. C’est aussi l’occasion de retrouver la formidable machine Ă  rĂŞver, dĂ©fendue par une Ă©quipe de talents complĂ©mentaires, unis par un vĂ©ritable esprit de troupe : Opera Fuoco, la compagnie lyrique portĂ©e, dirigĂ©e par l’excellent David Stern. Au dĂ©but il y a d’abord l’opĂ©ra qui conclut la trilogie Da Ponte / Mozart, Cosi fan Tutte… quand deux fiancĂ©es napolitaines, apparemment fidèles, succombent Ă  la tentation que leur prĂ©sentent non sans perversitĂ©, leurs fiancĂ©s respectifs. C’est l’école de l’amour, un apprentissage âpre et amer, oĂą les dĂ©sirs et les serments originels sont trahis et effacĂ©s avec un naturel terrifiant. Le cĹ“ur a ses raisons…

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Opera Fuoco reprend l’une de ses productions emblématiques, tremplin de jeunes tempéraments et œuvre poétique contemporaine…

Cosi Fanciulli : le complot des ados

Nicolas Bacri et Eric Emmanuel Schmitt ont imaginé une parure complémentaire à l’opéra de Mozart, en évoquant le temps d’avant. C’est à dire en reconstruisant un ouvrage en remontant à l’époque d’avant Da Ponte et Mozart, quand les adolescents amoureux étaient insouciants et farceurs. Ici, l’action s’inverse. Alors que chez Mozart et Da Ponte, l’intrigue et son déroulé étaient pilotés par le philosophes cynique Don Alfonso et sa complice en manipulation, la servante Despina, ici les 2 couples Fiordiligi et Dorabella / Ferrando et Guglielmo reprennent la main et œuvrent pour contrer le rapprochement complice des deux plus âgés, Alfonso et Despina. En somme c’est la revanche des jeunes. Cosi Fanciulli ou le complot des ados…

Mozartien dans l’âme, – il se dit mĂŞme miraculeusement sauvĂ©, comme remis Ă  la vie grâce Ă  la musique du divin Wolfgang, Eric Emmanuel Schmitt Ă©crit un nouveau livret, Cosi Fanciulli, oĂą l’écrivain mĂ©lomane aborde Ă  sa façon les thèmes qui ont inspirĂ©s Da Ponte et Mozart au XVIIIè : l’ambiguĂŻtĂ© des sentiments, l’ivresse sensuelle gĂ©nĂ©ralisĂ©e, la naĂŻvetĂ© trompĂ©e, la ruse effrĂ©nĂ©e, le souverain dĂ©sir, la manipulation, cynisme contre sincĂ©rité…

CommandĂ©e par Opera Fuoco en 2012, crĂ©Ă©e en 2014, Cosi Fanciulli rĂ©alise le rĂŞve de tout compositeur Ă  l’opĂ©ra : rĂ©enchanter la scène lyrique en s’inspirant d’un chef d’œuvre lyrique de Mozart, tout en s’adressant par les choix de composition au public le plus large possible. Le rĂ©sultat renouvelle la rĂ©ussite de Mozart et Da Ponte car le spectacle d’Opera Fuoco nous touche par sa cohĂ©rence et sa vĂ©ritĂ©. Incontournable.

 

 

 

 

boutonreservationCosi Fanciulli par Opera Fuoco
Théâtre André Malraux, Rueil Malmaison
mardi 10 mai 2016, 20h45
Durée : 2h avec entracte

Théâtre André Malraux, Rueil Malmaison
http://www.tam.fr/Fiche_Spectacle.asp?Spectacle=882&Genre=6

 

Cosi Fanciulli (2014)
d’après « Cosi fan tutte » de Mozart / Da Ponte

Musique: Nicolas Bacri
Livret: Eric-Emmanuel Schmitt
Direction musicale: David Stern
Mise en espace: Anais de Courson
Régie Lumière: Luc Khiari

Solistes de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco
Orchestre Opera Fuoco
Chœur d’enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine (Direction : Gaël Darchen)

 

 

ARGUMENT
COSI AVANT COSI. Cosi Fanciulli est un prélude à Cosi Fan Tutte, impliquant tous les personnages de l’opéra quelques années avant que ne débute l’intrigue mise en musique par Mozart et en mots par Da Ponte. Les deux couples sont alors de jeunes adolescents qui s’engagent dans un complot comique visant à empêcher l’idylle entre Don Alfonso, leur professeur de chant, et Despina.

 

 

RÉSERVATION
Réservation à venir pour la représentation du mardi 10 mai 2016 au Théâtre André Malraux :

 

LIRE aussi notre compte rendu complet d’ALCINA de Haendel Ă  Shanghai, par Opera Fuoco en dĂ©cembre 2015

 

VOIR le grand reportage dédié à la Compagnie lyrique OPERA FUOCO : de Paris à Shanghai, masterclasses préparatoires, transmission, formation linguistique, souci du texte et du style, le laboratoire vocal et lyrique sous la conduite de David Stern

OPERA FUOCO : la Compagnie lyrique de David Stern, de Paris Ă  ShanghaĂŻ (2016)

opera-fuoco-logo-2015OPERA FUOCO, grand reportage vidĂ©o. Orchestre, troupe de chanteurs et aussi laboratoire lyrique oĂą les jeunes talents apprennent le mĂ©tier… OPERA FUOCO, crĂ©Ă© par le chef d’orchestre DAVID STERN, est un collectif conçu pour le chanteur et l’opĂ©ra, toutes les formes d’opĂ©ra. Comment fonctionne l’Atelier lyrique d’Opera Fuoco ? Quels sont les objectifs et les enjeux, dĂ©fendus depuis la crĂ©ation de l’ensemble par son fondateur, le chef David Stern ?… Opera Fuoco, de Paris Ă  ShanghaĂŻ. GRAND REPORTAGE VIDEO par le studio CLASSIQUENEWS.COM (RĂ©alisateur : Philippe Alexandre PHAM)

Damon de Telemann Ă  Magdebourg

Chine. David Stern dirige le Festival Baroque de ShanghaiMagdeburg, Théâtre. 12-19 mars 2016. Telemann : Damon. Opera Fuoco, David Stern. Après une Alcina saisissante Ă  Shanghai (dĂ©cembre 2015, dans le cadre du festival Baroque de Shanghai, Chine), voici Damon Ă  Magdebourg. La Compagnie lyrique Opera Fuoco forte de ses jeunes talents vocaux, ciselĂ©s, engagĂ©s sous la direction de David Stern, Ă©claire avant l’annĂ©e 2017, grande annĂ©e Telemann, le gĂ©nie dramatique et poĂ©tique de l’auteur des Quatuors parisiens. C’est l’occasion pour l’Ă©quipe de David Stern, vraie troupe dans l’esprit de complicitĂ© et de famille, d’aborder toute la subtilitĂ© d’un auteur cosmopolite mais profond et Ă©tonnament juste (comme Haendel et Rameau ses contemporains). La partition de 1724 (intitulĂ©e Der neumodische Liebhaber Damon) a pour sujet la vengeance de Damon qui s’imposant en Arcadie au risque de troubler l’harmonie habituelle, entend se venger de Tyrsis. Querelles et intrigues de bergers arcadiens qui engagent pourtant le cĹ“ur et les vĹ“ux de chaque amoureux Ă©conduit : comme souvent, sous le masque d’un divertissement comique, se  prĂ©cisent des failles Ă©motionnelles d’une finesse imprĂ©vues. Dans sa première mouture (Les satyre en Arcadie, Ă©laborĂ© Ă  Francfort)), l’opĂ©ra fut crĂ©Ă© prĂ©cĂ©demment Ă  l’OpĂ©ra de Leipzig en 1719, soit deux annĂ©es avant que Telemann de devienne directeur de la musique Ă  Hambourg en 1721.

Passions et complots en Arcadie

 

Opéra baroque. Opera Fuoco ressuscite Damon de Telemann

 

Le berger Damon, figure de la bacchanale donc d’essence dyonisiaque et sensuel, affirme son pouvoir rĂ©cent en Arcadie, terre de l’Ă©quilibre des hommes et de la nature, en un pacte olympien/apollonien. Damon souhaite la chute de son ennemi Tyrsis, qui avait entraĂ®nĂ© sa disgrâce passĂ©e. Pourtant Damon est nĂ© en Arcadie et avait toute lĂ©gitimitĂ© pour y vivre. Heureusement depuis la mort de Tyrsis, Damon peut enfin s’battre librement en terres arcadiennes… Avant le songe d’une nuit d’Ă©tĂ© et son labyrinthe amoureux (Shakespeare/Mendelssohn), Damon de Telemann met en scène les personnages de l’Arcadie idyllique, celle dĂ©peinte par Virgile dans ses Ă©glogues (ou Buccoliques) : toujours il y est question d’injustice de l’amour et de passion amoureuse ; langueur, extase, espoir, mais aussi manipulation et tromperie jalonnent pour chaque cĹ“ur Ă©prouvĂ©, un parcours Ă©motionnel qui emporte parfois la raison jusqu’au bord de la folie : les bergers poètes, les naĂŻades et les satyres composent le peuple de l’Arcadie buccolique et Virgile lui-mĂŞme inspirĂ© de ThĂ©ocrite, met en scène le berger Damon, âme Ă©plorĂ©e après Nysa l’ait quittĂ© (Eglogue VIII) ; la partition cultive les tableaux multiples, le jeu dĂ©routant des apparences, le charme troublant des illusions (scènes d’ivresse, de sommeil et de nuit, de songe et d’extase, travestissements et quiproquos Ă  la clĂ©, comme dans l’opĂ©ra vĂ©nitien du siècle antĂ©rieur). Dans sa mixitĂ© poĂ©tique, mĂŞlant sĂ©rieux hĂ©roique et tragique, comme comique, sentimentale et pathĂ©tique, voire satirique, l’ouvrage annonce dĂ©jĂ  ce que fera Mozart dans le genre dramma giocoso : une synthèse diverse oĂą règne avant tout, la magie, fĂ©erie et miroir rĂ©aliste, du théâtre. En Damon, il faut reconnaĂ®tre la volontĂ© de dignitĂ© d’un ĂŞtre hybride Ă©cartĂ© du fait de sa naissance (satyre et non homme), auquel statut et estime ont Ă©tĂ© refusĂ©s.
Telemann, gĂ©nie du Baroque germaniqueMais la culture de Telemann, Ă©rudit et habile facĂ©tieux, aime aussi se jouer de sa propre forme ; et l’auteur combine en un jeu de distanciation propice Ă  la profondeur du genre, grands airs italiens da capo, ariosos, pastiches d’airs français et divertissements chorĂ©graphiques Ă  la française, sertis et reliĂ©s par des rĂ©citatifs savoureux, assemblĂ©s dans un continuum souple et expressif. Tout le gĂ©nie de Telemann est concentrĂ© dans Damon et promet une superbe (re)dĂ©couverte. L’Ĺ“uvre est bien connue du public de Magdebourg car on se souvient que Michael Schneider l’avait dĂ©jĂ  “ressuscitĂ©” sur la mĂŞme scène en 1996, soit il y a 20 ans (enregistrement cd chez CPO).

 

 

 

 

header_damonDamon de Telemann au Théâtre de Magdebourg (Allemagne)
4 représentations événements
Samedi 12 mars 2016 Ă  19h30
Dimanche 13 mars 2016 Ă  16h
Vendredi 18 mars 2016 Ă  19h30
Samedi 19 mars 2016 Ă  19h30

avec

Laurindo – Alexandre Artemenko
Tyrsis – Martin Candela
Elpina – Jennifer Courcier
Ergasto – Thomas Florio
Damon – Martin-Jan Nijhof
Mirtilla – Natalie Perez
Nigella – Sylvia Ziegler

Orchestre – Opera Fuoco
David Stern, direction
Mise-en-scène – Aron Stiehl

PRÉSENTATION

GĂ©nie protĂ©iforme, Telemann illumine le XVIIIè, contemporain de Rameau et plus cĂ©lèbre de son vivant que Jean-SĂ©bastien Bach. NĂ© en 1681 et mort en 1767, il a Ă©crit dans toutes les formes, rĂ©ussit une synthèse Ă©blouissante entre les styles français, italien, germanique. Compositeur douĂ© d’un sens dramatique naturel,- comme Rameau, son Ă©gal en France, Telemann laisse de nombreux opĂ©ras qui reste Ă  redĂ©couvrir et Ă  juger Ă  leur juste valeur. Damon en fait Ă©videmment partie. L’intrigue en est majoritairement comique mais l’Ă©criture ose de nombreux registres poĂ©tiques mĂŞlĂ©s avec un sens expressif et une intelligence dramatique de premier plan. LIRE notre dossier portrait de Telemann

POUSSIN-INSPIRATION-POESIE-CARRE-VIGNETTE-Poussin_Inspiration_of_the_poet_LouvreSynopsis de Damon… Damon et sa troupe de satyres surgissent en pleine Arcadie. Depuis la mort de Tyrsis, Damon est devenu tout puissant et nul ne peut Ă©chapper Ă  ses assiduitĂ©s, pas mĂŞme la jeune Mirtilla qui se rĂ©fugie dans une folie feinte, ni Elpina qui en tombe amoureuse. Mais ce que Damon ne peut soupçonner c’est que derrière la belle nymphe Caliste se cache Tyrsis qui a feint la mort pour lui Ă©chapper.

 

 

Illustration : La Grande Bacchanale, avec la joueuse de luth de Nicolas Poussin (DR)

 

 

LIRE aussi ALCINA de Haendel par David Stern et OPERA FUOCO à Shanghai, décembre 2015 / Festival international de musique baroque de Shanghai

 

 

PARIS. Candide de Bernstein par David Stern, Opera Fuoco

Chine. David Stern dirige le Festival Baroque de ShanghaiParis, Mona Bismarck AC. Vendredi 29 janvier 2016. Bernstein : Candide. Le Centre AmĂ©ricain Mona Bismark accueille après Kiss me Kate de Porter en octobre dernier, l’opĂ©ra de Bernstein d’après Voltaire : Candide. Le chef David Stern prĂ©sente, commente chaque scène de l’opĂ©ra ; il guide les spectateurs pour mieux saisir l’enjeu dramatique des situations et aussi le formidable travail d’interprĂ©tation rĂ©alisĂ© alors (pendant la semaine qui prĂ©cède la reprĂ©sentation du vendredi) par la jeune (et fine) Ă©quipe des jeunes chanteurs qui composent aujourd’hui, l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco. Comme il existe Le jardin des Voix de William Christie, David Stern a fondĂ© sa propre troupe de jeunes talents dont les tempĂ©raments en plein apprentissage se retrouvent autour de diffĂ©rentes productions. Avec l’excellent continuiste Jay Bernfeld, partenaire privilĂ©giĂ© du maestro (et conseiller pĂ©dagogique pour chaque session), et pour cet “atelier Bernstein”, David Charles Abell, les jeunes chanteurs acteurs apprennent toutes les nuances de leurs rĂ´les respectifs.

opera-fuoco-logo-2015Depuis plusieurs annĂ©es, le Mona Bismark American Center accompagne le travail exemplaire d’Opera Fuoco sur l’opĂ©ra, en particulier autour des Ĺ“uvres du rĂ©pertoire lyrique amĂ©ricain (d’oĂą le principe d’une saison amĂ©ricaine Ă  Paris…). Après Kiss me kate (VIDEO. Voir notre clip vidĂ©o de Kiss me Kate par les jeunes chanteurs de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco), toute l’Ă©quipe s’intĂ©resse au drame voltairien mis en musique par Leonard Bernstein. C’est outre le travail sur l’articulation fluide et naturelle de l’amĂ©ricain (un vrai dĂ©fi pour de jeunes chanteurs français), une approche sensible, millimĂ©trĂ©e sur l’incarnation dramatique de chaque personnage, sur l’enjeu de chaque situation dramatique…

 

 

Bernstein : le legs Sibelius remastĂ©risĂ©L’Ă©crivain Lilian Hellman adapte entre comĂ©die, opĂ©rette et opĂ©ra, le texte  philosophique / satirique de Voltaire (1758). Cynique, rĂ©aliste, fataliste, le drame voltairien est mordant par sa charge satirique sur la sociĂ©tĂ© des hommes mais il conserve aussi jusqu’Ă  son dĂ©nouement, une indĂ©fectible espĂ©rance. L’Ă©criture de Bernstein cultive comme personne avant lui, l’Ă©lĂ©gance et la subtilitĂ© comique (parfois dĂ©lirante comme l’atteste l’Ă©poustouflant air pour soprano coloratoure : « Glitter and Be Gay » ),  tout en soulignant aussi les accents d’un noir rĂ©alisme. CrĂ©Ă© en 1956, – rĂ©visĂ© en 1988, la justesse expressive et la richesse mĂ©lodique comme la prĂ©cision de l’orchestration de Candide, annoncent directement le sommet lyrique de Bernstein : West side story, crĂ©Ă© l’annĂ©e suivante en 1957. C’est peu de dire aujourd’hui que grâce Ă  l’intelligence poĂ©tique d’un Bernstein, le Musical de Broadway atteint le souffle et la noblesse de l’opĂ©ra.

 

 

Au cours du XXè, la partition de Bernstein dont on apprend peu Ă  peu Ă  mesurer le gĂ©nie lyrique, s’est imposĂ©e Ă  Broadway en 1956, au West End Theatre de Londres, au Metropolitan de New York, Ă  la Scala de Milan, Ă  l’English national Opera de Londres et rĂ©cemment au Théâtre du Châtelet Ă  Paris en 2006. Candide est devenu un culte du genre avec des airs tels que connus de tous.

 

 

 

boutonreservationBernstein : Candide
Paris, Mona Bismark American Center
Le 27 janvier 2016, 15h : répétition publique
Le 29 janvier 2016, 20h : représentation
Opera Fuoco
David Stern, direction

RĂ©servations conseillĂ©es par tĂ©lĂ©phone au 01 53 11 08 99 ou sur l’email : production@operafuoco.fr

 

 

La Compagnie Lyrique fondĂ©e par David Stern poursuit son exploration des oeuvres du rĂ©pertoire lyrique avec l’engagement que l’on sait, alliant, complicitĂ©, finesse, expressivitĂ©. Suivis, coachĂ©s, encouragĂ©s par l’Ă©quipe de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco, les jeunes chanteurs gagnent pas Ă  pas, en sĂ»retĂ©, maturitĂ©, finesse de jeu et de technique… Des progrès que les spectateurs lĂ©gitimement sĂ©duits par l’initiative d’Opera Fuoco, suivent de production en programme, de concert-rencontre en nouvelles productions d’opĂ©ras…

 

 

voltaireLIRE AUSSI notre dossier spĂ©cial / prĂ©sentation de Candide de Bernstein d’après Voltaire (1956)… EditĂ© en 1759, Candide de Voltaire (qui fut mis Ă  l’Index par le Vatican), suscita un immense succès. Son humanisme cynique qui se montre anticlĂ©rical, pessimiste, anti-romantique, a pour sujet (en façade), la critique du monde harmonique et positiviste de Leibniz, incarnĂ© par la figure de Panglos dont Candide est le disciple forcenĂ©. “Non, tout ne va si bien dans le meilleur des mondes”, semble proclamer en retour Voltaire, avec ce rĂ©alisme libertaire qui tout en soulignant les tĂ©nèbres de notre civilisation, capte et encense toujours les bonnes volontĂ©s pour la rendre meilleure. Candide est bien en ce sens un pamphlet, mais Voltaire en fait aussi un roman philosophique qui outrepasse son utilitĂ© et son occurrence polĂ©mique. L’auteur n’épargne en rien ses personnages: tout s’ingĂ©nie Ă  contrarier leur plan, Ă  corrompre leur fragile et pourtant infatigable espĂ©rance, leur vaine volontĂ©. Tout conspire Ă  tuer leur aspiration, Ă  vaincre toute idĂ©e de bonheur. RĂ©alisme, cruditĂ© mĂŞme cruautĂ©. Partout la barbarie règne et se dĂ©ploie… Cependant, l’écrivain philosophe souligne a contrario non sans admiration, la rĂ©sistance et le courage que ses hĂ©ros dĂ©ploient coĂ»te que coĂ»te pour se maintenir et dĂ©fendre une certaine idĂ©e d’humanitĂ©. L’invention foisonnante de l’écriture valorise encore le texte et ses portĂ©es critiques. Conte philosophique, Candide est Ă©galement un superbe drame littĂ©raire qui revisite les formes connues du roman: Ă©popĂ©e picaresque et verve rabelaisienne, orientalisme, Ă©vasion et marivaudage, leçon de vie et de sagesse… du pain bĂ©ni pour compositeurs et dramaturges.

PARIS. Candide de Bernstein par David Stern, Opera Fuoco

Chine. David Stern dirige le Festival Baroque de ShanghaiParis, Mona Bismarck AC. Vendredi 29 janvier 2016. Bernstein : Candide. Le Centre AmĂ©ricain Mona Bismark accueille après Kiss me Kate de Porter en octobre dernier, l’opĂ©ra de Bernstein d’après Voltaire : Candide. Le chef David Stern prĂ©sente, commente chaque scène de l’opĂ©ra ; il guide les spectateurs pour mieux saisir l’enjeu dramatique des situations et aussi le formidable travail d’interprĂ©tation rĂ©alisĂ© alors (pendant la semaine qui prĂ©cède la reprĂ©sentation du vendredi) par la jeune (et fine) Ă©quipe des jeunes chanteurs qui composent aujourd’hui, l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco. Comme il existe Le jardin des Voix de William Christie, David Stern a fondĂ© sa propre troupe de jeunes talents dont les tempĂ©raments en plein apprentissage se retrouvent autour de diffĂ©rentes productions. Avec l’excellent continuiste Jay Bernfeld, partenaire privilĂ©giĂ© du maestro (et conseiller pĂ©dagogique pour chaque session), et pour cet “atelier Bernstein”, David Charles Abell, les jeunes chanteurs acteurs apprennent toutes les nuances de leurs rĂ´les respectifs.

opera-fuoco-logo-2015Depuis plusieurs annĂ©es, le Mona Bismark American Center accompagne le travail exemplaire d’Opera Fuoco sur l’opĂ©ra, en particulier autour des Ĺ“uvres du rĂ©pertoire lyrique amĂ©ricain (d’oĂą le principe d’une saison amĂ©ricaine Ă  Paris…). Après Kiss me kate (VIDEO. Voir notre clip vidĂ©o de Kiss me Kate par les jeunes chanteurs de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco), toute l’Ă©quipe s’intĂ©resse au drame voltairien mis en musique par Leonard Bernstein. C’est outre le travail sur l’articulation fluide et naturelle de l’amĂ©ricain (un vrai dĂ©fi pour de jeunes chanteurs français), une approche sensible, millimĂ©trĂ©e sur l’incarnation dramatique de chaque personnage, sur l’enjeu de chaque situation dramatique…

 

 

Bernstein : le legs Sibelius remastĂ©risĂ©L’Ă©crivain Lilian Hellman adapte entre comĂ©die, opĂ©rette et opĂ©ra, le texte  philosophique / satirique de Voltaire (1758). Cynique, rĂ©aliste, fataliste, le drame voltairien est mordant par sa charge satirique sur la sociĂ©tĂ© des hommes mais il conserve aussi jusqu’Ă  son dĂ©nouement, une indĂ©fectible espĂ©rance. L’Ă©criture de Bernstein cultive comme personne avant lui, l’Ă©lĂ©gance et la subtilitĂ© comique (parfois dĂ©lirante comme l’atteste l’Ă©poustouflant air pour soprano coloratoure : « Glitter and Be Gay » ),  tout en soulignant aussi les accents d’un noir rĂ©alisme. CrĂ©Ă© en 1956, – rĂ©visĂ© en 1988, la justesse expressive et la richesse mĂ©lodique comme la prĂ©cision de l’orchestration de Candide, annoncent directement le sommet lyrique de Bernstein : West side story, crĂ©Ă© l’annĂ©e suivante en 1957. C’est peu de dire aujourd’hui que grâce Ă  l’intelligence poĂ©tique d’un Bernstein, le Musical de Broadway atteint le souffle et la noblesse de l’opĂ©ra.

 

 

Au cours du XXè, la partition de Bernstein dont on apprend peu Ă  peu Ă  mesurer le gĂ©nie lyrique, s’est imposĂ©e Ă  Broadway en 1956, au West End Theatre de Londres, au Metropolitan de New York, Ă  la Scala de Milan, Ă  l’English national Opera de Londres et rĂ©cemment au Théâtre du Châtelet Ă  Paris en 2006. Candide est devenu un culte du genre avec des airs tels que connus de tous.

 

 

 

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Paris, Mona Bismark American Center
Le 27 janvier 2016, 15h : répétition publique
Le 29 janvier 2016, 20h : représentation
Opera Fuoco
David Stern, direction

RĂ©servations conseillĂ©es par tĂ©lĂ©phone au 01 53 11 08 99 ou sur l’email : production@operafuoco.fr

 

 

La Compagnie Lyrique fondĂ©e par David Stern poursuit son exploration des oeuvres du rĂ©pertoire lyrique avec l’engagement que l’on sait, alliant, complicitĂ©, finesse, expressivitĂ©. Suivis, coachĂ©s, encouragĂ©s par l’Ă©quipe de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco, les jeunes chanteurs gagnent pas Ă  pas, en sĂ»retĂ©, maturitĂ©, finesse de jeu et de technique… Des progrès que les spectateurs lĂ©gitimement sĂ©duits par l’initiative d’Opera Fuoco, suivent de production en programme, de concert-rencontre en nouvelles productions d’opĂ©ras…

 

 

voltaireLIRE AUSSI notre dossier spĂ©cial / prĂ©sentation de Candide de Bernstein d’après Voltaire (1956)… EditĂ© en 1759, Candide de Voltaire (qui fut mis Ă  l’Index par le Vatican), suscita un immense succès. Son humanisme cynique qui se montre anticlĂ©rical, pessimiste, anti-romantique, a pour sujet (en façade), la critique du monde harmonique et positiviste de Leibniz, incarnĂ© par la figure de Panglos dont Candide est le disciple forcenĂ©. “Non, tout ne va si bien dans le meilleur des mondes”, semble proclamer en retour Voltaire, avec ce rĂ©alisme libertaire qui tout en soulignant les tĂ©nèbres de notre civilisation, capte et encense toujours les bonnes volontĂ©s pour la rendre meilleure. Candide est bien en ce sens un pamphlet, mais Voltaire en fait aussi un roman philosophique qui outrepasse son utilitĂ© et son occurrence polĂ©mique. L’auteur n’épargne en rien ses personnages: tout s’ingĂ©nie Ă  contrarier leur plan, Ă  corrompre leur fragile et pourtant infatigable espĂ©rance, leur vaine volontĂ©. Tout conspire Ă  tuer leur aspiration, Ă  vaincre toute idĂ©e de bonheur. RĂ©alisme, cruditĂ© mĂŞme cruautĂ©. Partout la barbarie règne et se dĂ©ploie… Cependant, l’écrivain philosophe souligne a contrario non sans admiration, la rĂ©sistance et le courage que ses hĂ©ros dĂ©ploient coĂ»te que coĂ»te pour se maintenir et dĂ©fendre une certaine idĂ©e d’humanitĂ©. L’invention foisonnante de l’écriture valorise encore le texte et ses portĂ©es critiques. Conte philosophique, Candide est Ă©galement un superbe drame littĂ©raire qui revisite les formes connues du roman: Ă©popĂ©e picaresque et verve rabelaisienne, orientalisme, Ă©vasion et marivaudage, leçon de vie et de sagesse… du pain bĂ©ni pour compositeurs et dramaturges.

Candide de Bernstein par David Stern, Opera Fuoco

Chine. David Stern dirige le Festival Baroque de ShanghaiParis, Mona Bismarck AC. Vendredi 29 janvier 2016. Bernstein : Candide. Le Centre AmĂ©ricain Mona Bismark accueille après Kiss me Kate de Porter en octobre dernier, l’opĂ©ra de Bernstein d’après Voltaire : Candide. Le chef David Stern prĂ©sente, commente chaque scène de l’opĂ©ra ; il guide les spectateurs pour mieux saisir l’enjeu dramatique des situations et aussi le formidable travail d’interprĂ©tation rĂ©alisĂ© alors (pendant la semaine qui prĂ©cède la reprĂ©sentation du vendredi) par la jeune (et fine) Ă©quipe des jeunes chanteurs qui composent aujourd’hui, l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco. Comme il existe Le jardin des Voix de William Christie, David Stern a fondĂ© sa propre troupe de jeunes talents dont les tempĂ©raments en plein apprentissage se retrouvent autour de diffĂ©rentes productions. Avec l’excellent continuiste Jay Bernfeld, partenaire privilĂ©giĂ© du maestro (et conseiller pĂ©dagogique pour chaque session), et pour cet “atelier Bernstein”, David Charles Abell, les jeunes chanteurs acteurs apprennent toutes les nuances de leurs rĂ´les respectifs.

opera-fuoco-logo-2015Depuis plusieurs annĂ©es, le Mona Bismark American Center accompagne le travail exemplaire d’Opera Fuoco sur l’opĂ©ra, en particulier autour des Ĺ“uvres du rĂ©pertoire lyrique amĂ©ricain (d’oĂą le principe d’une saison amĂ©ricaine Ă  Paris…). Après Kiss me kate (VIDEO. Voir notre clip vidĂ©o de Kiss me Kate par les jeunes chanteurs de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco), toute l’Ă©quipe s’intĂ©resse au drame voltairien mis en musique par Leonard Bernstein. C’est outre le travail sur l’articulation fluide et naturelle de l’amĂ©ricain (un vrai dĂ©fi pour de jeunes chanteurs français), une approche sensible, millimĂ©trĂ©e sur l’incarnation dramatique de chaque personnage, sur l’enjeu de chaque situation dramatique…

 

 

Bernstein : le legs Sibelius remastĂ©risĂ©L’Ă©crivain Lilian Hellman adapte entre comĂ©die, opĂ©rette et opĂ©ra, le texte  philosophique / satirique de Voltaire (1758). Cynique, rĂ©aliste, fataliste, le drame voltairien est mordant par sa charge satirique sur la sociĂ©tĂ© des hommes mais il conserve aussi jusqu’Ă  son dĂ©nouement, une indĂ©fectible espĂ©rance. L’Ă©criture de Bernstein cultive comme personne avant lui, l’Ă©lĂ©gance et la subtilitĂ© comique (parfois dĂ©lirante comme l’atteste l’Ă©poustouflant air pour soprano coloratoure : « Glitter and Be Gay » ),  tout en soulignant aussi les accents d’un noir rĂ©alisme. CrĂ©Ă© en 1956, – rĂ©visĂ© en 1988, la justesse expressive et la richesse mĂ©lodique comme la prĂ©cision de l’orchestration de Candide, annoncent directement le sommet lyrique de Bernstein : West side story, crĂ©Ă© l’annĂ©e suivante en 1957. C’est peu de dire aujourd’hui que grâce Ă  l’intelligence poĂ©tique d’un Bernstein, le Musical de Broadway atteint le souffle et la noblesse de l’opĂ©ra.

 

 

Au cours du XXè, la partition de Bernstein dont on apprend peu Ă  peu Ă  mesurer le gĂ©nie lyrique, s’est imposĂ©e Ă  Broadway en 1956, au West End Theatre de Londres, au Metropolitan de New York, Ă  la Scala de Milan, Ă  l’English national Opera de Londres et rĂ©cemment au Théâtre du Châtelet Ă  Paris en 2006. Candide est devenu un culte du genre avec des airs tels que connus de tous.

 

 

 

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Paris, Mona Bismark American Center
Le 27 janvier 2016, 15h : répétition publique
Le 29 janvier 2016, 20h : représentation
Opera Fuoco
David Stern, direction

RĂ©servations conseillĂ©es par tĂ©lĂ©phone au 01 53 11 08 99 ou sur l’email : production@operafuoco.fr

 

 

La Compagnie Lyrique fondĂ©e par David Stern poursuit son exploration des oeuvres du rĂ©pertoire lyrique avec l’engagement que l’on sait, alliant, complicitĂ©, finesse, expressivitĂ©. Suivis, coachĂ©s, encouragĂ©s par l’Ă©quipe de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco, les jeunes chanteurs gagnent pas Ă  pas, en sĂ»retĂ©, maturitĂ©, finesse de jeu et de technique… Des progrès que les spectateurs lĂ©gitimement sĂ©duits par l’initiative d’Opera Fuoco, suivent de production en programme, de concert-rencontre en nouvelles productions d’opĂ©ras…

 

 

voltaireLIRE AUSSI notre dossier spĂ©cial / prĂ©sentation de Candide de Bernstein d’après Voltaire (1956)… EditĂ© en 1759, Candide de Voltaire (qui fut mis Ă  l’Index par le Vatican), suscita un immense succès. Son humanisme cynique qui se montre anticlĂ©rical, pessimiste, anti-romantique, a pour sujet (en façade), la critique du monde harmonique et positiviste de Leibniz, incarnĂ© par la figure de Panglos dont Candide est le disciple forcenĂ©. “Non, tout ne va si bien dans le meilleur des mondes”, semble proclamer en retour Voltaire, avec ce rĂ©alisme libertaire qui tout en soulignant les tĂ©nèbres de notre civilisation, capte et encense toujours les bonnes volontĂ©s pour la rendre meilleure. Candide est bien en ce sens un pamphlet, mais Voltaire en fait aussi un roman philosophique qui outrepasse son utilitĂ© et son occurrence polĂ©mique. L’auteur n’épargne en rien ses personnages: tout s’ingĂ©nie Ă  contrarier leur plan, Ă  corrompre leur fragile et pourtant infatigable espĂ©rance, leur vaine volontĂ©. Tout conspire Ă  tuer leur aspiration, Ă  vaincre toute idĂ©e de bonheur. RĂ©alisme, cruditĂ© mĂŞme cruautĂ©. Partout la barbarie règne et se dĂ©ploie… Cependant, l’écrivain philosophe souligne a contrario non sans admiration, la rĂ©sistance et le courage que ses hĂ©ros dĂ©ploient coĂ»te que coĂ»te pour se maintenir et dĂ©fendre une certaine idĂ©e d’humanitĂ©. L’invention foisonnante de l’écriture valorise encore le texte et ses portĂ©es critiques. Conte philosophique, Candide est Ă©galement un superbe drame littĂ©raire qui revisite les formes connues du roman: Ă©popĂ©e picaresque et verve rabelaisienne, orientalisme, Ă©vasion et marivaudage, leçon de vie et de sagesse… du pain bĂ©ni pour compositeurs et dramaturges.

Compte rendu, opĂ©ra. Shanghai, Shanghai Symphony Hall, le 18 dĂ©cembre 2015. Haendel : Alcina. Opera Fuoco. David Stern, direction. Raffaella Milanesi (Alcina), Jeunes chanteurs de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco.

STERN-david-maestro-chef-orchestre-gallery_03HD_DAVID_STERN-582-594-UNE-HOMEDavid Stern Ă  Shanghai. En dĂ©cembre 2015, la prĂ©sence du fils d’Isaac Stern, le chef David Stern dans la mĂ©gapole chinoise (23 millions de citadins, la concentration urbaine la plus importante au monde) relève d’une aventure romanesque qui prend l’ampleur d’une lĂ©gende telle qu’on les aime. Les amateurs, mĂ©lomanes avisĂ©s ou connaisseurs voire historiens de la musique savent combien la tournĂ©e du père, Isaac Stern, en Chine, en 1979, passant ainsi significativement Ă  Shanghai, -immortalisĂ©e par un cĂ©lèbre documentaire intitulĂ© “De Mao Ă  Mozart” (Ă©ditĂ© en 1980), a profondĂ©ment marquĂ© l’histoire de la musique occidentale dans l’Empire du milieu : c’est mĂŞme Ă  partir de cet Ă©vĂ©nement choc, – rare et exceptionnelle rencontre culturelle entre deux mondes distincts, qu’est nĂ©e l’aventure de la musique occidentale en Chine. A la lueur de ce prĂ©cĂ©dent, on estimera aisĂ©ment la mesure de la dĂ©jĂ  2ème Ă©dition du Festival Baroque Ă  Shanghai, en dĂ©cembre 2015, Ă©vĂ©nement portĂ© et pilotĂ© par David Stern (qui en est le directeur artistique) en collaboration Ă©troite avec l’Orchestre Symphonique de Shanghai (SSO). Il estv vrai que la programmation 2015 comprenait outre les rvs avec Opera Fuoco, un programme oĂą les musiciens de l’orchestre shanghaiais jouaient avec leurs confrères europĂ©ens dans un programme redoutable (Telemann, Haendel) sous la direction de maestro Stern.

 

 

 

Opera Fuoco et David Stern Ă  Shanghai

 

 

ALCINA-Raffaella-Milanesi-582-390-HOMEPAGE-CLASSIQUENEWS

 

 

Comme hier, Isaac ouvrait une nouvelle perspective en faisant jouer Mozart et Brahms aux jeunes violonistes chinois, Ă©lèves du Conservatoire de musique de Shanghai (l’institution participe aussi Ă  la rĂ©ussite du festival baroque en 2015), David en continuateur inspirĂ© et dĂ©fricheur, plus de 35 ans après, poursuit l’aventure paternelle en terre asiatique, mais la renouvelle et sait stimuler la curiositĂ© des chinois pour Haendel et Telemann, sans omettre Bach et ses fils (pour ne citer que les compositeurs mis Ă  l’honneur en 2015). Pour Alcina, se sont les Ă©lèves de ce mĂŞme Conservatoire qui ont assurĂ© la tenue des parties chorales le 18 dĂ©cembre dernier, lors du concert officiel de l’opĂ©ra de Haendel ainsi donnĂ© dans l’impressionnant Concert Hall du SSO (Shanghai Symphony Orchestra : un Ă©crin acoustiquement fabuleux). L’Ă©popĂ©e gagne donc une cohĂ©rence inĂ©dite et surprenante, du père au fils, chacun apportant dans ce rapprochement des peuples et des cultures, tout un continent musical non pas dans l’esprit d’une redite mais dans celui d’un complĂ©ment, dans la quĂŞte d’un accomplissement. Un nouveau jalon sera atteint cet Ă©tĂ© (aoĂ»t 2016) avec le lancement du Concours international de violon Ă  Shanghai qui portera le nom du pionnier dĂ©sormais cĂ©lĂ©brĂ© : Isaac Stern.

Au demeurant, l’activitĂ© de David Stern Ă  Shanghai, prend aussi une dimension spĂ©cifique car en liaison avec la crĂ©ation de sa propre compagnie d’opĂ©ra, Opera Fuoco, il s’agit d’accomplir tout un cheminement artistique et donc pĂ©dagogique vĂ©cu avec le noyau de jeunes chanteurs qui constitue les tempĂ©raments les plus prometteurs de l’Atelier Lyrique de la Compagnie : des jeunes interprètes auxquels le maestro, gĂ©nĂ©reux et toujours disponible, veut apporter les clĂ©s de leur futur mĂ©tier : travailler le texte, l’articuler, l’incarner ; comprendre les enjeux dramatiques, Ă©couter les autres, trouver sa place dans une Ă©quipe et Ă  l’autre bout du monde, gĂ©rer stress, fatigue (dĂ©calage horaire), tension, concentration… Avec les annĂ©es, parce qu’aussi l’accompagnement et l’aide aux jeunes se rĂ©alisent sur plusieurs annĂ©es, des liens se sont tissĂ©s ; un esprit de troupe et de famille s’est renforcĂ© ; tout cela concourt Ă  la rĂ©ussite d’une aventure lyrique unique au monde. Le dĂ©passement de soi, le partage, et le plaisir dans la discipline font le miracle de ce qui s’est produit Ă  Shanghai en dĂ©cembre dernier. Opera Fuoco rĂ©invente l’idĂ©e d’une Ă©quipe d’opĂ©ra : Ă  la fois laboratoire, pĂ©pinière, fabrique vocale…. C’est un collectif qui depuis quelques annĂ©es a acquis une identitĂ© renforcĂ©e grâce Ă  la conjonction des talents complĂ©mentaires et distincts (la compagnie, aujourd’hui productrice de spectacles ; l’orchestre sur instruments anciens ; la troupe de jeune chanteurs d’un niveau plus que prometteur…) que le chef a su marier, et qui assurent la rĂ©ussite de chaque production.

 
 

ALCINA-RAFFAELLA-MILANESI-582-ALCINA-CLASSIQUENEWS-copyright

 
 
 

alcina-stern-shanghai-raffaella-milanesiALCINA A SHANGHAI. EmblĂ©matique Ă  tous Ă©gards, la production de cette Alcina de rĂŞve, prĂ©sentĂ©e sur le plateau du Shanghai Symphony Hall, ce 18 dĂ©cembre 2015 indique le chemin parcouru et le niveau d’exigence de la troupe ; un niveau exemplaire car ici a contrario d’autres expĂ©riences de transmission et de savoir partagĂ©, il s’agit de nouer un mode de travail sur le long terme ; la notion de talent soudain n’existe pas ; c’est une vue (dangereuse) du marketing outrancier. Rien ne remplace l’Ĺ“uvre du temps ; les acquis façonnĂ©s pas Ă  pas ; la lente mais sĂ»re maturation d’un jeune tempĂ©rament… David Stern l’a bien compris ; lui qui avec un instinct exceptionnel et toujours sĂ»r, sait choisir chaque voix pour son rĂ´le idĂ©al et au bon moment : cette acuitĂ© et ce discernement artistique fondent aussi les vertus de sa dĂ©marche. Autour du chef se retrouvent de jeunes tempĂ©raments qui ont pris l’habitude de jouer et de chanter ensemble. L’esprit de complicitĂ© prĂ©vaut chez Opera Fuoco ; une Ă©mulation fraternelle cultivĂ©e par la bienveillance et la confiance, qui profite aussi de la proximitĂ© de professionnels aguerris, …. des pointures vocales Ă  la prĂ©sence charismatique : c’est Ă©videmment le cas de la soprano italienne Raffaella Milanesi : ardente et subtile Alcina dont elle exprime les moindres tiraillements intĂ©rieurs, surtout le parcours psychologique, de la magicienne triomphante Ă  l’amoureuse dĂ©truite, abandonnĂ©e (par Roger/Ruggiero), basculant finalement dans l’amertume haineuse et destructrice. C’est peu dire que Raffaella Milanesi marque le rĂ´le ; funambule, fĂ©line, habitĂ©e voire possĂ©dĂ©e par le rĂ´le, la jeune diva s’empare du caractère, le dĂ©cortique au millimètre, l’analyse, rĂ©vĂ©lant le gĂ©nie psychologique de Haendel ; continument en contrĂ´le et d’une concentration optimale (il en faut pour enchaĂ®ner ses deux airs monstrueux au II), elle se taille une voie royale par une prise de rĂ´le Ă©blouissante, de justesse comme d’intensitĂ©. On a guère vĂ©cu une telle dĂ©charge directe et juste, sauf prĂ©cĂ©demment avec la regrettĂ©e Lorraine Hunt (autre

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haendĂ©lienne de premier plan). C’est une performance ponctuĂ©e de moments de grâce absolue, en Ă©troite symbiose avec le geste du chef et la finesse de l’orchestre : un modèle de concentration et de chant projetĂ©, nuancĂ© et souple pour les jeunes qui l’entourent ; le duo amoureux (style je t’aime moi non plus) qu’elle compose alors avec le Ruggiero juvĂ©nil de la jeune et suave Lea Desandre (photo ci dessus avec Alexandre Artemenko) atteint un sommet de sensualitĂ© envoĂ»tante (Ă  quand son Ariodante, prolongement naturel et complĂ©mentaire de sa formidable prise de rĂ´le Ă  Shanghai ?) ; de toute Ă©vidence, les deux forment un couple oĂą la grâce le dispute Ă  la vĂ©ritĂ©. Timbre de miel, voix Ă  la fois fine et puissante, la jeune mezzo subjugue car comme ses partenaires, l’interprète apporte sur scène, une personnalitĂ© dotĂ©e de profondeur (la marque de la troupe Opera Fuoco ?) ; c’est pour chacun une histoire, un vĂ©cu, une sensibilitĂ© dont la sobriĂ©tĂ© du geste, l’efficacitĂ© du jeu dĂ©voilent les tensions, la prĂ©cision des intentions, la justesse du style ; tout ce qui enrichit ici la palette expressive de vrais chanteurs-acteurs. On aura rarement dĂ©celĂ© chez de jeunes artistes, l’Ă©mergence d’une telle comprĂ©hension profonde, plurielle, intime des oeuvres. PilotĂ©s par David Stern et son Ă©quipe, chaque interprète sait trouver son pĂ©rimètre expressif qui convient Ă  sa tessiture, sa personnalitĂ©, ses possibilitĂ©s rĂ©elles.

Face Ă  cette tigresse magicienne, Ă  la fois souveraine et mendiante, que ce Roger a de panache et aussi de candeur, accent d’une noble et sincère adolescence. Aucune faute Ă  la distribution : en soeur complice, souvent Ă©merveillĂ©e (par l’amour que lui inspire Bradamante, la première compagne de Roger, dĂ©guisĂ©e en … homme), la Morgane de DaphnĂ© Touchais (partenaire fidèle d’Opera Fuoco depuis des annĂ©es), affirme le rayonnement de son personnage, une âme solaire contrastant Ă©videmment avec la tĂ©nĂ©breuse Alcina. MĂŞme solide assurance pour AngĂ©lique Noldus, familière du rĂ´le travesti de Bradamante.

 
 


 
 

alcina-oronte-sahy-ratia-tenor-classiquenews-shanghai-classiquenews-copyright-philippe-alexandre-pham-shanghai-david-stern-582JEUNES TEMPERAMENTS DRAMATIQUES. Saluons parmi les plus jeunes solistes de l’Atelier Lyrique, trois autres tempĂ©raments qui sont aussi de superbes voix, pas seulement caractĂ©risĂ©es mais dĂ©jĂ  polies et assurĂ©es, des sensibilitĂ©s vives au relief dramatique captivant : le tĂ©nor Sahy Ratianarinaivo (Oronte, photo ci contre), juvĂ©nilitĂ©, flexibilitĂ© au bel canto irrĂ©sistible (son “momento di contento” est projetĂ© / formulĂ© avec une fraĂ®cheur et une innocence dĂ©lectable ; c’est un belcantiste nĂ© qui devrait demain chanter Bellini…) ; l’Oberto très abouti de la jeune Natalie Perez dont le dernier air, exprime toute l’horreur que lui inspire la magicienne qui a tombĂ© le masque : superbe progression vocale dans l’horreur et la blessure intime ; enfin le baryton Alexandre Artemenko (photo ci dessous) qui assure une sincĂ©ritĂ© bouleversante dans son seul air de Melisso : mĂŞme si l’articulation de l’italien est encore perfectible, la sincĂ©ritĂ© et la sobriĂ©tĂ© de l’intention, la noble virilitĂ© du timbre montrent combien le jeune acteur a saisi l’enjeu du personnage au moment oĂą il chante… encore un accomplissement Ă  mettre au bĂ©nĂ©fice du geste Opera Fuoco. Outre la volontĂ© de les aider Ă  prendre conscience de toutes les composantes du mĂ©tier, l’Ă©quipe offre surtout aux jeunes chanteurs une ambiance idĂ©ale pour accomplir leur tempĂ©rament, approfondir alcina-melisso-alexandre-ARTEMENKO-review-critique-alcina-shanghai-classiquenews-decembre-2015-copyright-classiquenewsleur caractère ; d’autant que sans mise en scène (est ce vraiment utile ici ?), chacun doit nĂ©cessairement se dĂ©passer pour exprimer par un jeu dramatique mesurĂ© et un chant d’autant mieux exposĂ©, la vĂ©ritĂ© de leur personnage. Il n’est pas de formation aussi dĂ©cisive pour le jeune chanteur que celle offerte par Opera Fuoco. PrĂ©alable Ă  cette Alcina chinoise, les jeunes ont peu suivre au cours des mois prĂ©cĂ©dents, plusieurs masterclasses oĂą Ă  chaque fois, c’est un style et une langue spĂ©cifique qu’il a fallu comprendre, pratiquer, exprimer, ciseler. Au cĹ“ur du projet d’Opera Fuoco et selon l’objectif de David Stern, c’est surtout le sens et le texte qui impriment la vision globale : “il ne s’agit pas seulement d’avoir une belle voix ; il faut encore savoir ce que l’on dit, ce qui est en jeu, ce que l’on peut exprimer dans chaque situation“, ne cesse de prĂ©ciser le maestro pĂ©dagogue.

 
 
 

La Compagnie lyrique Opera Fuoco réinvente la notion de troupe et de transmission

David Stern et Opera Fuoco : l’Ă©cole de la vĂ©ritĂ©

 
 

PARCOURS PRÉALABLE : Cole Porter, Gluck, Berlioz… Ainsi avant Haendel Ă  Shanghai, chaque jeune chanteur a pu (re)dĂ©couvrir les dĂ©fis du chant amĂ©ricain (Kiss me Kate de Cole Porter) ; le raffinement de la dĂ©clamation française chez Gluck et Berlioz ; Ă  chaque session, un invitĂ© spĂ©cialiste de ce rĂ©pertoire complète les indications et les conseils de David Stern et de Jay Bernfeld, conseiller pĂ©dagogique : Jeff Cohen pour Porter, VĂ©ronique Gens pour la mĂ©lodie et l’opĂ©ra français classique et romantique. Jamais en reste d’une idĂ©e nouvelle, pourvu qu’elle soit formatrice et engage plus encore les jeunes apprentis chanteurs, David Stern a mĂŞme inventĂ© une nouvelle forme de spectacle : le concert-rencontre oĂą il prend la parole, explique tous les enjeux du rĂ©pertoire et des Ĺ“uvres afin que le public mesure l’ampleur du travail effectuĂ© par les Ă©lèves de l’Atelier Lyrique.

 

opera-fuoco-logo-2015DĂ©fenseur du texte au mot près, soucieux de l’histoire, de son explicitation par le geste et le chant, le chef a mĂŞme conçu un nouveau spectacle avec l’Ă©crivain Eric-Emmanuel Schmitt : Ă  partir de la traduction du livret de Da Ponte des Noces de Figaro de Mozart, les deux passeurs ont Ă©laborĂ© un programme oĂą la mise en regard du français inspirĂ© de Beaumarchais et de l’italien mis en musique par Mozart, rĂ©vèle les spĂ©cificitĂ©s de chaque langue : encore une affaire de texte, encore et toujours la question du sens et de sa juste et naturelle formulation. Evidemment les jeunes voix sont mises Ă  contribution : chanter en français et en italien, le dĂ©sir ou l’allusion, sonne diffĂ©remment. Quelle connotation pour quelle intention ? Ici, le chanteur apprend toutes les nuances du jeu de l’acteur. C’est une nouvelle expĂ©rience capitale et enrichissante pour l’interprète. Et la rĂ©alisation d’un idĂ©al pour David Stern : la vĂ©ritĂ©. C’est peut-ĂŞtre cela, au fond, le but ultime du maestro et ce qu’il a construit Ă  travers l’aventure d’Opera Fuoco : l’Ă©cole de la vĂ©ritĂ©. Ce concert du 18 dĂ©cembre Ă  Shanghai restera comme un jalon important de l’histoire d’Opera Fuoco. En plus d’offrir un somptueux tremplin Ă  ses jeunes apprentis, le chef a aussi permis au public chinois, de dĂ©couvrir sur instruments d’Ă©poque, et dĂ©fendu par une distribution idĂ©ale, l’un des sommets de l’opĂ©ra baroque. La nouvelle saison d’Opera Fuoco, portĂ©e par un tel esprit de complicitĂ© et d’accomplissement promet encore bien d’autres surprises et dĂ©couvertes. Fin janvier, voici l’offrande d’une nouvelle session de travail autour de Candide de Bernstein (le 29 janvier 2016, 20h – Fondation Mona Bismark American Center). Puis, avant l’heure (les cĂ©lĂ©brations Telemann 2017), Damon opĂ©ra oubliĂ© de Telemann Ă  Magdebourg en Allemagne (les 12, 13, 18 et 19 mars 2016), – Ă©videmment une nouvelle production (mise en scène) promettant de nouveaux apports tout autant captivant que ceux que nous avons vĂ©cu Ă  Shanghai, en dĂ©cembre 2015, lors du IIè festival de musique Baroque. A suivre.

  

ALCINA-HANDEL-HAENDEL-RAFFAELLA-MILANESI-DAVID-STERN-CLASSIQUENEWS

 
 

Compte rendu, opĂ©ra. Shanghai, Shanghai Symphony Hall, le 18 dĂ©cembre 2015. Haendel : Alcina. Opera Fuoco. David Stern, direction. Raffaella Milanesi (Alcina), Jeunes chanteurs de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco. LIRE aussi notre prĂ©sentation annonce du 2ème festival de musique Baroque Ă  Shanghai : David Stern dirige Alcina de Haendel avec l’orchestre et l’Atelier lyrique d’Opera Fuoco

Approfondir : tous les programmes et productions d’OPERA FUOCO de la saison 2015-2016, sur le site d’OPERA FUOCO.FR

 
Toutes les photos de la production ALCINA par David Stern / Opera Fuoco Shanghai 2015 © CLASSIQUENEWS.COM / Philippe Alexandre PHAM

 
 

SHANGHAI. 2ème Festival Baroque

stern david chef opera fuoco atelier lyrique et compagnie review compte rendu classiquenewsShanghai (Chine), 2ème Festival Baroque. Les 18 , 19, 20 décembre 2015. David Stern dirige Alcina de Haendel (temps fort, le 18). Festival baroque de Shangai, an II. La musique européenne baroque s’exporte en Chine : qui pourrait douter aujourd’hui que l’Empire du milieu ne soit pas l’avenir du baroque, son prochain Eldorado ? Comme le Japon fut et demeure la terre des romantiques (combien de mélomanes y sont aficionados des récitals de piano comme des concerts symphoniques ?), augurons que la chine demain à travers ses grandes métropoles et leurs auditoriums et salles de concert souvent pharaoniques, grâce aux millions de potentiels amoureux du Baroque, ne devienne la terre d’élection de la musique baroque. Des artisans y travaillent et au coeur de ce mouvement nouveau, de grands projets culturels alliant diffusion et transmission. Le chef David Stern s’engage totalement pour la réussite de ce partage entre les continents : la 2ème édition du Festival Baroque de Shangai a lieu en décembre 2015 : les 18, 19 et 20 décembre 2015 précisément. Avec comme temps fort, Alcina le 18 janvier 2015.

opera-fuoco-logo-2015Les jeunes chanteurs de sa troupe lyrique OPERA FUOCO, confrontés aux défis de l’articulation et de l’interprétation vocale ont travaillé pour l’occasion le chef d’oeuvre de Haendel, celui londonien, ardent défenseur de l’opéra italien, Alcina. En mêlant féerie et héroïsme, Haendel revisite la lyre passionnelle et fantastique de L’Arioste (Roland furieux, Orlando Furioso) où l’enchanteresse amoureuse éprise de son cher chevalier Ruggiero, désespère, succombe, renonce : rien ne peut vaincre l’amour. Les enchantements et la magie n’ont aucune prise sur la force des sentiments sincères. En forçant Renaud à l’aimer, Alcina se trompe sur elle-même : rien ne dure sur des mensonges. Car Roger/Ruggiero s’il demeure aux côtés de la magicienne, ne l’aime pas : il est envoûté. Comme toutes les créatures réunies sur l’île d’Alcina…

 

 

 

Directeur artistique du Festival baroque de Shanghai, David Stern joue Alcina de Haendel

OPERA FUOCO Ă  Shanghai

 

 

OPERA FUOCO, David Stern : chanter Gluck et BerliozDavid Stern, fin interprète, très soucieux de l’intelligibilité des situations comme de la caractérisation des profils psychologiques, affirme un tempérament lyrique passionnant. En plus des couleurs dramatiques de l’orchestre, le chef, fondateur d’OPERA FUOCO et directeur artistique du Festival Baroque de Shanghai souligne la force et aussi le désespoir qui s’inscrivent au cœur de chaque protagoniste : la solitude et les vertiges amers serrent le coeur et l’âme des deux héros : Alcina et Roger. Au moment où la France reçoit le choc du premier opéra de Rameau (Hippolyte et Aricie de 1733), Handel crée devant l’audience londonienne son seria Alcina en 1735.

Milanesi raffaellaA l’origine le rôle de Ruggiero était tenu par un castrat (Carestini), il est aujourd’hui chanté par une mezzo (rôle travesti). Le drame assimile le goût vénitien pour les travestissements, les identités troubles, le croisement des sexes, une scène qui mêle l’illusion et le songe, la folie et des gouffres plus sombres. Car c’est tout le monde idéal mais artificiel d’Alicia sur son île qui y est menacé puis détruit ; inspiré de L’Arioste, Handel dépeint un monde désenchanté, forcé à la réalité. Une magicienne (Alcina) bien qu’amoureuse, y éprouve peu à peu les limites de son pouvoir dérisoire ; un homme pourtant chevalier (Ruggiero) apprend le goût amer et aigre de la solitude et du désenchantement ; les forces initiales sont mises à mal lorsque Bradamante (la fiancée de Ruggiero) débarque sur l’île, sous l’identité fausse de Ricciardo, un aventurier dont s’éprend la propre sœur d’Alcina, Morgana. AU couple de départ répondent deux autres : Ruggiero/Bradamante, Ricciardo/Morgana…

En vérité l’amour sincère a désarmé Alcina : éprise au delà de sa magie du beau chevalier, la magicienne a perdu tout pouvoir et doit accepter d’être vaincue.

Parmi les grands moments de la partition, offrant pour chacun des protagonistes, une séquence particulièrement expressives :

  • La lamentation d’Alcina
  • Le grand air de Ruggiero faisant ses adieux Ă  l’illusion magique
  • L’utlime trio rĂ©unissant Alcina, Bradamante, Ruggiero

Le rôle d’Alicia offre une incarnation passionnante pour toute les grandes sopranos lyriques et coloratoure. Toutes dont la palus récente Renée Fleming s’y sont confrontées aux défis de la langue haendéliennes.

Desandre mezzo opera fuoco Lea-DesandreA Shanghai aux côtés de la soprano ardente et sensuelle, Rafaella Milanesi (portrait ci dessus) les jeunes chanteurs très prometteurs de l’Atelier Lyrique d’OPERA FUOCO défendent chacun leur personnage : Lea Desandre (mezzo, portrait ci-contre), Sahy Ratianarinaivo (ténor) et Alexandre Artemenko (baryton)… trois voix intenses et déjà très fortement caractérisées que les familiers d’Opera Fuoco ont pu suivre lors des dernières sessions de travail et des derniers concerts qui en ont découlé (Kiss me Kate de Cole Porter, programme romantique français de Gluck à Berlioz…)

De sorte que c’est l’interprétation affûtée et subtile de la passion baroque, défendue par de jeunes interprètes très impliqués qui s’affirme ainsi à Shangai, grâce à la volonté d’un chef audacieux et charismatique, David Stern.

 

 

 

 

OPERA FUOCO, David Stern : chanter Gluck et BerliozAlcina de Haendel Ă  Shanghai
Le 18 décembre 2015, 20h
Shanghai Symphony Hall
1380 Fuxing Zhong Lu, near Baoqing Lu

distribution
Alcina – Raffaella Milanesi
Ruggiero – Lea Desandre
Bradamente – Angélique Noldus
Morgana – Daphné Touchais
Oberto – Natalie Perez
Oronte – Sahy Ratianarinaivo
Melisso – Alexandre Artemenko

Direction – David Stern
Orchestre – Opera Fuoco

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Les 2 autres concerts au programme du 2ème Festival Baroque de Shanghai (direction artistique : David Stern)

OPERA FUOCO, David Stern : chanter Gluck et BerliozSamedi 19 décembre 2015, 19h45
Chamber Hall
Shanghai Symphony Hall
JS Bach, Telemann, CPE Bach (Symphonie Hambourgeoise)
Mozart : Exsultate Jubilate

Gu Wenmeng, soprano
Orchestre Symphonique de Shangai, SSO
Opera Fuoco
David Stern, direction

OPERA FUOCO, David Stern : chanter Gluck et BerliozDimanche 20 décembre 2015, 19h45
Chamber Hall
Shanghai Symphony Hall
Haendel : extraits d’Hercules, Ariodante. Water Music

Alice Coote, mezzo
Opera Fuoco
David Stern, direction

 

 

Visitez le site d’OPERA FUOCO

VOIR la page dédiée à Alcina de Haendel au Festival de Shanghai

 

VIDEO, extraits. OPERA FUOCO : les jeunes chanteurs de l’Atelier Lyrique chantent Kiss me Kate de Cole Porter (oct 2015)

opera-fuoco-logo-2015VIDEO, extraits.La Compagnie lyrique OPERA FUOCO crĂ©Ă©e par David Stern offrait aux jeunes chanteurs apprentis familiers de son Atelier lyrique, l’opportunitĂ© de chanter l’Ă©lĂ©gance de Cole Porter : en dĂ©coule un jeu subtil et enjouĂ©, dĂ©fendu par un collectif de tempĂ©raments finement caractĂ©risĂ©s. Extraits vidĂ©o du concert rĂ©alisĂ© Ă  la Fondation Mona Bismark Ă  Paris en octobre 2015 © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

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LIRE aussi notre prĂ©sentation complète de la session masterclasses puis concert Kiss me Kate de Cole Porter par l’Atelier Lyrique d’OPERA FUOCO (David Stern, direction). Le chef charismatique David Stern, Ă©clectique dans ses goĂ»ts, passionnĂ© et exclusif pour chaque nouvelle immersion musicale dĂ©fend Ă  Paris, son goĂ»t du texte. Et quel texte ! Cole Porter, entre humour et sophistication, a le gĂ©nie du verbe et de la situation dramatique qui lui sied. En tĂ©moigne l’ivresse poĂ©tique du livret de Kiss me Kate (1948), inspirĂ© par Shakespeare (La mĂ©gère apprivoisĂ©e) d’une Ă©lĂ©gance spĂ©cifiquement amĂ©ricaine, et qui n’a rien Ă  voir avec ce spectaculaire, parfois rien que visuel et donc platement creux que l’on plaque au style Broadway. En deux Ă©tapes, Le chef fondateur d’Opera Fuoco, troupe dynamique de jeunes talents complĂ©mentaires, aborde le chef d’oeuvre de Porter et rĂ©unit autour de lui, un collectif de tempĂ©raments prometteurs : Jay Bernfeld et Jeff Cohen, deux spĂ©cialistes des lectures subtiles plutĂ´t très exigeantes…

 

 

 

Chanter Gluck et Berlioz : les jeunes chanteurs d’Opera Fuoco

OPERA FUOCO, David Stern : chanter Gluck et BerliozBoul.-Billancourt. Opera Fuoco, concert Gluck et Berlioz.  Le 20 novembre 2015. Chanter Gluck et Berlioz. Sous le pilotage du chef David Stern, crĂ©ateur et directeur musical de la troupe lyrique OpĂ©ra Fuoco, les jeunes chanteurs de l’Atelier lyrique d’Opera Fuoco approfondissent leur approche de la dĂ©clamation française, grâce aussi Ă  la coopĂ©ration de la soprano VĂ©ronique Gens, artiste invitĂ©e, guide exceptionnel pour rĂ©ussir cette immersion Ă  la fois musicale et linguistique. IntitulĂ© “Naissance du Romantisme, de Gluck Ă  Berlioz“, le programme qui fait l’objet d’un concert vendredi 20 novembre 2015 (19h30), exige articulation, intonation juste, flexibilitĂ© de la voix. Car ici comme depuis Rameau au siècle prĂ©cĂ©dent, l’intelligibilitĂ© du texte compte avant tout, outre les qualitĂ©s purement vocales du soliste : VĂ©ronique Gens, tragĂ©dienne reconnue, dont le verbe maĂ®trisĂ©e en fait une diseuse très convaincante a transmis son  expĂ©rience du rĂ©pertoire : rĂ©sultats et bĂ©nĂ©fices ce soir dès 19h30, Ă  Boulogne-Billancourt, Bibliothèque-MusĂ©e Paul Marmottan

Opéra Fuoco : la fabrique vocale

logo_operafuoco4Avec Gluck et Berlioz, c’est une manière d’exprimer les passions de l’âme et de faire avancer l’action, très particulière et donc spĂ©cifiquement française qui se prĂ©cise peu Ă  peu ; les Ĺ“uvres retenues sont parmi les plus difficiles : les airs d’opĂ©ras de Gluck, ceux de Berlioz aux cĂ´tĂ©s de ses mĂ©lodies dont Les Nuits d’Ă©tĂ© exigent des tempĂ©raments subtils, rompus Ă  l’exercice de l’intelligibilitĂ©. Chaque nuance du poème mis en musique doit produire sa juste expression… Faire chanter le texte et parler la musique… LIRE notre prĂ©sentation complète du concert “naissance du romantisme français, de Gluck et Berlioz par l’Atelier lyrique d’OpĂ©ra Fuoco

Naissance du romantisme français
De Gluck et Berlioz

Concert / Rencontre
Vendredi 20 novembre 2015, 19h30
Bibliothèque Paul-Marmottan, Boulogne-Billancourt
réservation obligatoire : 01 55 18 57 77.

Distribution
Les chanteurs de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco

Directeur artistique : David Stern
Conseiller pédagogique: Jay Bernfeld
Artiste invitée : Véronique Gens
Pianiste : Kayo Tsukamoto

 

La Naissance du romantisme par les jeunes chanteurs d’Opera Fuoco

OPERA FUOCO, David Stern : chanter Gluck et BerliozBoul.-Billancourt. Opera Fuoco, de Gluck Ă  Berlioz. Les 18, 20 novembre 2015. Pendant 4 jours de masterclass intensives, sous le pilotage de David Stern et Jay Bernfeld, – en maĂ®tres pĂ©dagogues complices et complĂ©mentaires-, les jeunes chanteurs de l’Atelier lyrique d’Opera Fuoco approfondissent leur approche de la dĂ©clamation française, grâce aussi Ă  la coopĂ©ration de la soprano VĂ©ronique Gens, artiste invitĂ©e, guide exceptionnel pour rĂ©ussir cette immersion Ă  la fois musicale et linguistique. IntitulĂ© “Naissance du Romantisme, de Gluck Ă  Berlioz“, le programme qui fait l’objet d’un concert vendredi 20 novembre 2015 (19h30), exige articulation, intonation juste, flexibilitĂ© de la voix. Car ici comme depuis Rameau au siècle prĂ©cĂ©dent, l’intelligibilitĂ© du texte compte avant tout, outre les qualitĂ©s purement vocales du soliste : VĂ©ronique Gens, tragĂ©dienne reconnue, dont le verbe maĂ®trisĂ©e en fait une diseuse très convaincante transmettra son sens dramatique et son souci de l’articulation. Opera Fuoco renouvelle ainsi ses sessions de perfectionnement Ă  l’adresse des jeunes interprètes soucieux de maĂ®triser technicitĂ© et justesse stylistique selon le rĂ©pertoire choisi.

logo_operafuoco4Avec Gluck et Berlioz, c’est une manière d’exprimer les passions de l’âme et de faire avancer l’action, très particulière et donc spĂ©cifiquement française qui se prĂ©cise peu Ă  peu ; les Ĺ“uvres retenues sont parmi les plus difficiles : les airs d’opĂ©ras de Gluck, ceux de Berlioz aux cĂ´tĂ©s de ses mĂ©lodies dont Les Nuits d’Ă©tĂ© exigent des tempĂ©raments subtils, rompus Ă  l’exercice de l’intelligibilitĂ©. Chaque nuance du poème mis en musique doit produire sa juste expression… Faire chanter le texte et parler la musique. La formulation est bien connue : elle n’a jamais mieux dĂ©fini que ce cas. Inscrire dans un mĂŞme programme Gluck et Berlioz est un vrai dĂ©fi, d’autant plus intĂ©ressant que le Romantique fut un grand admirateur de son prĂ©dĂ©cesseur au point entre autres de concevoir une nouvelle version d’OrphĂ©e et Eurydice (version pour Pauline Viardot dans le rĂ´le d’OrphĂ©e). Les jeunes chanteurs de la troupe rĂ©unie par David Stern abordent les Nuits d’Ă©tĂ©, des extraits de BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dicte, La Damnation de Faust de Berlioz ; les hĂ©ros de Gluck : IphigĂ©nie, Armide, Alceste, Thoas, Oreste… de Gluck.

veronique-gensComme le bel canto ciselĂ© par Bellini, Rossini et Donizetti, l’art de la dĂ©clamation française, et le chant romantique en particulier, attisent la curiositĂ© de peu de chanteurs car la pratique Ă©reinte les plus dĂ©terminĂ©s ; pourtant, les occasions d’engagement se multiplient mais on cherche toujours une RĂ©gine Crespin, un Roberto Alagna… capables demain de chanter et Gluck et Berlioz. VĂ©ronique Gens qui s’est particulièrement distinguĂ©e dans le rĂ©pertoire baroque, classique et romantique maĂ®trise remarquablement l’art redoutable du chant et de la mĂ©lodie française ; celle qui a marquĂ© l’interprĂ©tation des rĂ´les gluckistes encore rĂ©cemment (IphigĂ©nie en Tauride, IphigĂ©nie en Aulide…) vient de faire paraĂ®tre un superbe album dĂ©diĂ© justement Ă  la mĂ©lodie française, celle de Hahn, Chasson, Duparc… “Néère” gens veronique melodies duparc hahn chausson alpha cd critique compte rendu review account of CLASSIQUENNEWS CLIC de classiquenews octobre 2015(LIRE notre compte rendu critique complet de l’album Hahn, Duparc, Chausson par VĂ©ronique Gens 1 cd NaĂŻve, “Néère”). Les sessions de ce nouvel atelier vocal ainsi que le concert qui en dĂ©coule ce 20 novembre Ă  la Bibliothèque Paul Marmottan de Boulogne-Billancourt, s’annoncent passionnants.

 

 

Naissance du romantisme français
De Gluck et Berlioz

Master class du 16 au 19 novembre 2015

 

Répétition publique :
Mercredi 18 novembre 2015, 15h-17h
Inscription obligatoire : production@operafuoco.fr

Concert / Rencontre
Vendredi 20 novembre 2015, 19h30
Bibliothèque Paul-Marmottan, Boulogne-Billancourt
réservation obligatoire : 01 55 18 57 77.

Distribution
Les chanteurs de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco

Directeur artistique : David Stern
Conseiller pédagogique: Jay Bernfeld
Artiste invitée : Véronique Gens
Pianiste : Kayo Tsukamoto

 

 

David Stern dirige Kiss me Kate de Porter Ă  Paris

stern-david-kiss-me-kate-opera-fuoco-CLASSIQUENEWS-review-presentationAffiche-SAISON-AMERICAINE-OF-LD-V2Paris, Mona Bismark Center. Porter : Kiss me Kate, les 14 et 15 octobre 2015. Le chef charismatique David Stern, Ă©clectique dans ses goĂ»ts, passionnĂ© et exclusif pour chaque nouvelle immersion musicale dĂ©fend Ă  Paris, son goĂ»t du texte. Et quel texte ! Cole Porter, entre humour et sophistication, a le gĂ©nie du verbe et de la situation dramatique qui lui sied. En tĂ©moigne l’ivresse poĂ©tique du livret de Kiss me Kate (1948), inspirĂ© par Shakespeare (La mĂ©gère apprivoisĂ©e) d’une Ă©lĂ©gance spĂ©cifiquement amĂ©ricaine, et qui n’a rien Ă  voir avec ce spectaculaire, parfois rien que visuel et donc platement creux que l’on plaque au style Broadway. En deux Ă©tapes, Le chef fondateur d’Opera Fuoco, troupe dynamique de jeunes talents complĂ©mentaires, aborde le chef d’oeuvre de Porter et rĂ©unit autour de lui, un collectif de tempĂ©raments prometteurs : Jay Bernfeld et Jeff Cohen, deux spĂ©cialistes des lectures subtiles plutĂ´t très exigeantes. Une Ă©quipe qui pilote et conduit instrumentistes et chanteurs pendant une semaine intensive avant la reprĂ©sentation. Le rĂ©sultat devrait ĂŞtre au rendez-vous : les 14 octobre, session de travail ouverte au public (15h-17h). Puis surtout la reprĂ©sentation de Kiss me Kate, jeudi 15 octobre, 19h30, Ă  Paris au Centre amĂ©ricain Mona Bismark. La production fait partie du cycle musique amĂ©ricaine dĂ©fendu par David Stern et les jeunes chanteurs de son Ă©quipe engagĂ©e. Prochains rendez-vous : Candide de Bersntein, le 19 janvier 2016 puis le 1er fĂ©vrier 2016 – puis Baroque’n rhythm, « du baroque au jazz », le 21 juin 2016 (Centre amĂ©ricain Mona Bismark Ă  Paris). Les AmĂ©ricains, les plus raffinĂ©s et les plus passionnants sont Ă  Paris grâce au travail d’un chef au geste dĂ©fricheur et communicatif, David Stern.

Toutes les infos, billetterie, réservations
sur le site d’OPERA FUOCO, David Stern

boutonreservationParis, Mona Bismark American Center
Cole Porter : Kiss me Kate
Les 14 et 15 octobre 2015

VIDEO. Cantates romantiques : Karine Deshayes chante les hĂ©roĂŻnes de Cherubini, Boisselot, HĂ©rold…

Karine Deshayes, cantatesVIDEO. HĂ©roĂŻnes passionnĂ©es du romantisme français. La mezzo soprano Karine Deshayes chante la passion romantique des hĂ©roĂŻnes outragĂ©es, bafouĂ©es, trompĂ©es : MĂ©dĂ©e et CircĂ© de Cherubini, la druidesse VellĂ©da de Boisselot, Ariane de HĂ©rold … A l’âge romantique malgrĂ© les conventions d’une forme scrupuleusement rĂ©glementĂ©e, la Cantate française offre aux cantatrices de superbes incarnations fĂ©minines, en tĂ©moigne ce disque nouvellement Ă©ditĂ© en janvier 2014 et qu’a remarquĂ© CLASSIQUENEWS.COM. En composant un programme dĂ©diĂ© Ă  l’acadĂ©misme musical, Opera Fuoco dĂ©voile la haute qualitĂ© des partitions livrĂ©s par les candidats ou laurĂ©ats du Parix de Rome. En tĂ©moigne le fleuron de cet album : VellĂ©da de Boisselot, de 1836 qui Ă  l’Ă©poque des Huguenots de Meyerbeer fait une synthèse remarquable de Berlioz et de Bellini. C’est aussi un modèle oubliĂ© qui surgit ici, Cherubini dont la passion expressive, prĂ©cĂ©dant le Concours du Prix de Rome inspire les jeunes compositeurs motivĂ©s pour le dĂ©crocher : ainsi sa cantate CircĂ© (1789) et surtout les extraits de MĂ©dĂ©e (1797, ouverture et air de NĂ©ris) apportent la preuve de son tempĂ©rament fougueux et raffinĂ©… un modèle dans le genre dramatique. Reportage vidĂ©o exclusif

Desayhes_opera_fuoco_david_stern_cantates_romantiques_herold_cherubini_boisselot_cantates_romantiquesCD. Lire aussi la critique du cd French romantic Cantatas, Cantatas romantiques françaises de Cherubini, Boisselot, HĂ©rold par Karine Deshayes : “ La valeur de ce nouvel album tient Ă  son sujet : la Cantate acadĂ©mique. Il s’agit bien de dĂ©montrer la très haute qualitĂ© d’écriture (d’essence lyrique et dramatique) d’un genre qui inspire ici de rĂ©els accomplissements (donc en particulier au milieu des annĂ©es 1830, pleine pĂ©riode romantique). La Cantate romantique, en tĂ©moignent celles nombreuses de Berlioz, a suscitĂ© d’indiscutables gĂ©nies musiciens, futurs compositeurs d’opĂ©ras… qu’il faudra bien un jour ou l’autre dĂ©voiler enfin. Concernant ce programme, les deux partitions majeures demeurent la cantate CircĂ© de Cherubini de 1789 et cette VellĂ©da de Boisselot (1836), aĂ®nĂ©e de celle de Dukas, lui aussi poète inspirĂ© par le profil de la gauloise magnifique. CircĂ© confirme la finesse d’écriture d’un Cherubini qui a l’ampleur et le raffinement… ” Ă©crit notre rĂ©dactrice Elvire James. Lire ici la critique intĂ©grale

Compte rendu, rĂ©cital. Paris. Fondation Mona Bismarck, le 29 novembre 2013. Opera Fuoco, session de l’Atelier Lyrique. David Stern, direction musicale.

Nous sommes Ă  la Fondation Mona Bismarck pour un concert-rencontre de l’Atelier Lyrique d’Opera Fuoco, sous la direction de David Stern (portrait ci- contre), actuel directeur musical de l’OpĂ©ra de Tel-Aviv et en rĂ©sidence au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines depuis 2005 Ă  la tĂŞte de son ensemble dĂ©diĂ© au lyrique, baroque, classique et romantique, Opera Fuoco. Le programme consiste en une sĂ©lection d’airs italiens du XVIIIe siècle autour de Haendel. Il s’agĂ®t du rĂ©sultat d’une session de travail avec la soprano Jill Feldman.

 

 

Jeunes chanteurs autour de Haendel

 

Portrait__Frederic_Guy_LOWEn crĂ©ant Opera Fuoco en 2003, David Stern souhaite se consacrer Ă  l’interprĂ©tation du rĂ©pertoire lyrique des XVIIIe et XIXe siècles avec les instruments d’Ă©poque. Il constitue en 2008 l’Atelier Lyrique de l’ensemble, avec la noble mission de former des jeunes chanteurs et leur donner davantage de visibilitĂ©. Parmi ses anciens Ă©lèves, dĂ©jĂ  quelques noms en vedette: Cyrille Dubois, Jean-Gabriel Saint-Martin ou encore Chantal Santon que nous avons pu revoir dans plusieurs concerts et qui sont en train d’embellir les salles de leurs talents prometteurs dĂ©jĂ  affirmĂ©s.

Voici donc la dernière gĂ©nĂ©ration de l’Atelier Lyrique. Six jeunes chanteurs avec quelques instrumentistes de l’orchestre offrent un concert intimiste, pimentĂ© par les remarques Ă  la fois ludiques et explicatives de David Stern. Des très beaux airs de Haendel et Porpora, ou encore Conti, sont interprĂ©tĂ©s par la troupe avec un investissement et un Ă©clat propre Ă  la jeunesse. Nous sommes avant tout surpris de les voir si disposĂ©s Ă  s’attaquer Ă  des airs si virtuoses.

La mezzo-soprano de 23 ans, Eleonora de la Pena est l’une des figures prometteuses de la soirĂ©e. D’un caractère brillant et extraverti, elle impressionne surtout dans les morceaux de bravoure qu’elle chante facilement et avec brio, notamment l’air pyrotechnique de Porpora « Tu mi disprezzi ingrato ». La soprano Lucy Page a, quant Ă  elle, une prestance altière allĂ©chante et un chant maĂ®trisĂ© : les ornements qu’elle ajoute Ă  l’air de Haendel « Combatti da forte » sont particulièrement rĂ©ussis. Le baryton Rudi Fernandez, mĂŞme s’il nous laisse de marbre lors dans ses airs mĂ©ditatifs et plaintifs, montre une colorature solide dans le da capo de l’air de Haendel « Sibilar l’angui d’Aletto ». Nous remarquons Ă©galement le superbe accompagnement de Philippe Grisvard au clavecin et de Jay Bernfeld Ă  la viole de gambe.

 

 

Saluons l’entreprise de David Stern et sa belle implication dans la crĂ©ation, la formation, le partage de la musique. Une telle passion qui fait Ă©cole et apporte ses fruits est convaincante, souhaitons lĂ  contagieuse et attendons la sortie du prochain disque d’Opera Fuoco : Cantates prĂ©romantiques françaises avec Karine Deshayes (annoncĂ© fin janvier 2014) ainsi que la crĂ©ation de Cosi Fanciulli de Nicolas Bacri, commandĂ© par l’orchestre.

 

Illustration : David Stern (DR)