COMPTE-RENDU, critique, opéra. SAINT- ÉTIENNE, Opéra. Le 5 mai 2019. ISOUARD : Cendrillon. Orch.et chœur de l’Opéra de St-Étienne, Julien Chauvin.

ISOUARD-cendrillon-saint-etienne-opera-critique-opera-critique-concerts-classiquenews-classique-news-musique-classique-critique-compte-rendu-concerts-agenda-spectacles-operas-festivalsCOMPTE-RENDU, critique, opéra. SAINT- ÉTIENNE, Opéra. Le 5 mai 2019. ISOUARD : Cendrillon. Orchestre et chœur de l’opéra de Saint-Étienne, Julien Chauvin. Un petit bijou du XVIIIe siècle renaît de ses cendres grâce à l’opéra de Saint-Étienne, dans une mise en scène simple mais très efficace. Un casting quasi superlatif orchestré par de très jeunes musiciens sous la baguette experte de Julien Chauvin. Une magnifique redécouverte.

 

 

MAGNIFIQUE REDECOUVERTE
Une Cendrillon impériale

 

 

Représenté en 1810 au théâtre Feydeau, la Cendrillon de Nicolas Isouard précède de près de quatre-vingt-dix ans celle de Massenet et de sept ans celle, plus célèbre, de Rossini. On ne connaissait l’œuvre que grâce à un vieil enregistrement de Richard Bonynge qu’il convenait de dépoussiérer. Sans posséder l’ampleur et la richesse de ces deux illustres aînées, la version d’Isouard est loin de démériter. Les pages brillantes et séduisantes abondent, et l’opéra tout entier (malgré quelques coupures, notamment des chœurs) est superbement écrit. On est d’emblée enchanté par le duo des deux sœurs (« Arrangeons ces dentelles »), par la diction éloquente du précepteur (« La charité »), par l’irrésistible boléro du second acte de Clorinde (« Couronnons-nous de fleurs nouvelles »), l’air de bravoure de Tisbé du 3e acte, et surtout par la superbe romance de Cendrillon du premier acte (« Je suis modeste et soumise »), proprement envoûtante.

La mise en scène de Marc Pacquien est très réussie. Une simple maison bleu-gris construite autour d’un double escalier, laisse apparaître tour à tour le château du baron ou le palais du prince, quelques effets d’illusion (un balai qui bouge tout seul, une citrouille qui vole dans les airs, une canne qui apparaît comme par magie), les costumes ravissants et colorés de Claire Risterucci, et une direction d’acteur efficace contribuent à la grande réussite du spectacle.

La distribution est d’un très haut niveau, à commencer, par le rôle-titre. Anaïs Constans possède une voix souple et sonore, magnifiquement projetée, tandis que Jeanne Crousaud et Mercedes Arcuri jouent à merveille leur rôle espiègle avec un abattage vocal – les passages virtuoses abondent (duo : « Ah, quel plaisir, ah, quel beau jeu ») – qui force le respect. Jérôme Boutiller est toujours aussi impeccable : son chant d’une grande noblesse d’élocution fait mouche dans les passages d’une simplicité apparente (« Ayez pitié de ma misère »). Dans le rôle du faux prince, Riccardo Romeo ne démérite pas, même si sa diction laisse parfois à désirer, mais sa très belle présence scénique compense quelques (rares) défaillances vocales. La prestance de l’écuyer – qui se révèlera être le vrai prince – est l’un des atouts de Christophe Vandevelde : voix solidement charpentée, voce spinta d’un très grand naturel doublée d’un très beau jeu d’acteur, qualité qu’il partage d’ailleurs avec tous ses partenaires (les dialogues parlés sont très vivants et fort bien déclamés) ; une mention spéciale pour le formidable numéro du baron de Montefiascone, bellement incarné par Jean-Paul Muel, acteur extraordinaire qui porte pour une grande part le dynamisme communicatif de toute la partition.

Dans la fosse, la baguette expérimentée de Julien Chauvin défend avec conviction et justesse ces pages injustement oubliées en dirigeant une phalange d’une insolente jeunesse : l’orchestre est constitué des membres de l’Académie du C.C.R. de Saint-Étienne, qui révèlent avec bonheur leur très haut niveau d’exécution (on pardonnera quelques couacs des cors). Bonne nouvelle : des reprises de ce superbe opéra-féérie sont prévues prochainement avec l’orchestre « historiquement informé » de Julien Chauvin. À ne pas manquer.

 

 

 

 

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Compte-rendu. Saint-Étienne, Opéra de Saint-Étienne, Isouard, Cendrillon, 05 mai 2019. Anaïs Constans (Cendrillon), Jeanne Crousaud (Clorinde), Mercedes Arcuri (Tisbé), Riccardo Romeo (Le Prince Ramir), Jérôme Boutiller (Le précepteur Alidor), Christophe Vandevelde (L’écuyer Dandini), Jean-Paul Muel (Le baron de Montefiascone), Marc Paquien (Mise en scène), Julie Pouillon (Assistante à la mise en scène), Emmanuel Clolus (Décors), Claire Risterucci (Costumes), Dominique Brughière (Lumières), Thomas Tacquet (Chef de chant), Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Saint-Étienne, Julien Chauvin (direction).

 

 

SAINT-ETIENNE, Opéra. BIZET : CARMEN. 12,14,16 juin 2019.

bizet-jeune-compositeurSAINT-ETIENNE, Opéra. BIZET : CARMEN. 12,14,16 juin 2019. Carmen, est selon la conception de son créateur Georges Bizet, une bohémienne libre et sensuelle ; elle suit ses désirs et séduit le trop faible brigadier Don José. Mais ce dernier est déjà fiancé à la (blonde) et plutôt sage Michaëlla… José succombe, s’engage, se passionne pour la brune éruptive et explosive Carmen… Bien qu’il n’est jamais été en Espagne, Bizet offre une alternative exceptionnellement raffinée au wagnérisme ambiant : il exprime à travers l’histoire et le drame de Mérimée, la sensualité ibérique, en une orchestration des plus ciselée. Bientôt Carmen délaisse son nouvel amant pour un autre, le torero viril et triomphant, Escamillo, un être de lumière qui contraste avec José, âme rongée et même dévorée par la culpabilité…

Créé en 1875 à la salle Favart, l’ouvrage n’intéresse personne, et choque même le bon bourgeois par l’inconvenance de son propos : la sensualité criminelle et sadique d’une Carmen… femme libre, sirène obscène, dominatrice qui change d’amants comme de chemises… Bizet offre un tout autre visage de la femme, a l’opposé des Elvira, Lucia, Leïla… parfois courageuses, toujours sacrifiées et suicidaires… En séparation avec Wagner, Nietzsche reconnaît chez Bizet, cette expressivité nouvelle, régénératrice, et tant attendue, le libérant des brumes empoisonnées de opéras wagnériens. De fait, l’opéra selon Bizet, ne manque ni de couleurs envoûtantes, ni de puissance tragique. A travers le drame de Carmen, femme émancipée, l’opéra est un chef d’oeuvre devenu mythe. L’exception visionnaire de tout l’opéra romantique français.

 

 

 

Carmen de BIZET à l’Opéra de SAINT-ETIENNE

Les 12, 14 juin à 20h et le 16 juin 2019 à 15h

RESERVEZ VOTRE PLACE

http://www.opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/carmen/s-497/

MER. 12 JUIN 2019, 20H

VEN. 14 JUIN 2019, 20H

DIM. 16 JUIN 2019, 15H

 

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LIVRET D’HENRI MEILHAC ET DE LUDOVIC HALÉVY

D’APRÈS CARMEN, UNE NOUVELLE DE PROSPER MÉRIMÉE

CRÉATION LE 3 MARS 1875 À PARIS (OPÉRA COMIQUE)

VERSION AVEC RÉCITATIFS DE GUIRAUD

Distribution :

DIRECTION MUSICALE : ALAIN GUINGAL

MISE EN SCÈNE : NICOLA BERLOFFA

CARMEN : ISABELLE DRUET

DON JOSÉ : FLORIAN LACONI

MICAËLA : LUDIVINE GOMBERT

ESCAMILLO : JEAN-KRISTOF BOUTON

FRASQUITA : JULIE MOSSAY

MERCÉDÈS : ANNA DESTRAËL

LE DANCAÏRE : YANN TOUSSAINT

LE REMENDADO : MARC LARCHER

ZUNIGA : JEAN-VINCENT BLOT

MORALÈS : FRÉDÉRIC CORNILLE

ORCHESTRE SYMPHONIQUE SAINT-ÉTIENNE LOIRE

CHŒUR LYRIQUE SAINT-ÉTIENNE LOIRE

DIRECTION : LAURENT TOUCHE

MAÎTRISE DE LA LOIRE / DIRECTION : JEAN-BAPTISTE BERTRAND

SAINT-ETIENNE, Opéra. BIZET : CARMEN. 12,14,16 juin 2019

 

 

 

L’Opéra de Saint-Etienne ressucite la Cendrillon de “Nicolo” (Isouard)

ISOUARD-opera-creation-critique-opera-critique-concerts-classiquenews-Nicolas_Isouard_par_DucarmeSAINT-ETIENNE, Opéra. Isouard : Cendrillon : 3, 5 mai 2019. Après Dante, recréation majeure de 2019, qui ressuscite le génie oublié, mésestimé du compositeur romantique Benjamin Godard, récemment remis à l’honneur, voici une autre pépite lyrique que dévoile l’Opéra de Saint-Etienne : Cendrillon du Français romantique mort en 1818, à 44 ans, NICOLAS ISOUARD (1773 – 1818). On lui doit un Barbier de Séville dès 1796 (d’après Beaumarchais) dont la verve et le raffinement mélodique marquera Rossini : formé à Malte et à Naples, Isouard est un auteur qui maîtrise la virtuosité vocale allié à un sens réel du drame. Proche de Kreutzer à Paris, dès 1799 : Isouard fonde une maison d’édition avec ce dernier ; il comprend que pour les parisiens mélomanes, si volages, l’Italie signifie génie : devenu « NICOLÓ », il réussit sur la scène parisienne avec Michel-Ange (1802) et L’Intrigue aux fenêtres (1805). Il rivalise avec Boieldieu et profitant du séjour de ce dernier en Russie, illumine par son génie raffiné la scène de l’Opéra-Comique où il présente avec grand succès Les Rendez-vous bourgeois (1807), Cendrillon (1810) d’après Charles Perrault, La Joconde (1814), Aladin ou la Lampe merveilleuse1 (1822, opus posthume). Son intelligence apporte une vision personnelle sur le thème de Perrault : Isouard cultive la veine onirique et même féerique, apportant une conception du drame lyrique, à la fois puissante et poétique.

 
 
 

SYNOPSIS et PRESENTATION :
ISOUARD-cendrillon-saint-etienne-opera-critique-opera-critique-concerts-classiquenews-classique-news-musique-classique-critique-compte-rendu-concerts-agenda-spectacles-operas-festivalsClorinde et Tisbé, cruelles demi-soeurs de Cendrillon, la traitent comme une servante. Quand Alidor, travesti en mendiant, implorant la charité, suscite la gentillesse d’une seule : Cendrillon. Ce geste généreux lui permet d’accéder au bal donné par le Prince, … puis de devenir l’élue de son cœur, la princesse qu’il recherchait désespérément. L’opéra féerie d’une grande originalité onirique, restera à l’affiche plusieurs décennies. La chanteuse vedette Mme Saint-Aubin dans le rôle-titre interprétait avec délice ses airs célèbres dont « Je suis fidèle et soumise » (repris comme un tube dans tous les salons parisiens) ; même accueil enthousiastes face aux airs acrobatiques des deux demi-sœurs jalouses et sadiques : Mmes Duret et Regnault y excellaient. Et les hommes, le baron de Montefiascone et l’écuyer Dandini redoublent de boursouflures comiques et délirantes. Entre comique de situation, parfois pré offenbachien, et onirisme féerique, la Cendrillon d’Isoaurd sait marquer les esprits et les auditeurs, grâce à sa finesse dramatique; Isouard épingle la fatuité bruyante, la vanité burlesque et cocasse qui contrastent avec la figure plus discrête de Cendrillon. L’œuvre fut louée par sa subtilité par Berlioe dans le Journal des Débats en 1845.

 
 
 

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Cendrillon de Nicolas ISOUARD
GRAND THÉÂTRE MASSENET
Opéra féerie en 3 actes, créé en février 1810 à l’Opéra-Comique
Livret de Charles-Guillaume Étienne, d’après le conte de Charles Perrault.

2 représentations publiques
VENDREDI 03 MAI 2019 : 20hboutonreservation
DIMANCHE 05 MAI 2019: 15h

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/cendrillon/s-496/

Opéra de Saint-Étienne
Réservations : +33 4 77 47 83 40
opera.saint-etienne.fr
Tarifs de 10 à 36,70 euros

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TARIF F • DE 10 € À 36,70 €
DURÉE 1H30 ENVIRON, SANS ENTRACTE
LANGUE EN FRANÇAIS, SURTITRÉ EN FRANÇAIS

PROPOS D’AVANT-SPECTACLE
PAR CÉDRIC GARDE, PROFESSEUR AGRÉGÉ DE MUSIQUE,
UNE HEURE AVANT CHAQUE REPRÉSENTATION.
GRATUIT SUR PRÉSENTATION DU BILLET DU JOUR.

 ORCHESTRE SYMPHONIQUE SAINT-ÉTIENNE LOIRE

Julien Chauvin, direction musicale
Marc Paquien, mise en scène
assisté de Julie Pouillon
Emmanuel Clolus, décors
Claire Risterucci, costumes
Nathy Polak, maquillages et coiffures
Dominique Bruguière, lumières
Pierre Gaillardot, assistant lumières
et directeur technique
Abdul Alafrez, effets spéciaux


Cendrillon, Anaïs Constans
Clorinde, Jeanne Crousaud
Tisbé, Mercedes Arcuri
Ramir, prince de Salerne, Manuel Nuñez Camelino
Alidor, son précepteur, Jérôme Boutillier
Dandini, écuyer du prince, Christophe Vandevelde
Le Baron de Montefiascone, Jean-Paul Muel

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Illustrations :

Mme Saint-Aubin dans l’acte II de Cendrillon (DR)
Kasimir Malevich, The Wedding, 1903, Museum Ludwig, Cologne © RheinischesBildarchiv (DR)

 
 
 

COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Opéra, le 8 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor, Vesperini / Gerts

COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Opéra, le 8 mars 2019. GODARD : Dante. Gaugler, Marin-Degor, Vesperini / Gerts. Révélé il y trois ans à Munich, lors d’un mémorable concert et enregistré dans la foulée avant une reprise à Versailles, le Dante de Benjamin Godard reçoit enfin les honneurs d’une recréation scénique. Mise en scène et direction d’acteurs efficace pour une partition qui regorge de beautés compensant une intrigue quelque peu statique.

 

 

 

La lyrique Comédie

 

DANTE godard paul gaugler frederic caton

 

 

 

En apparence, le drame d’Édouard Blau et de Benjamin Godard reproduit la structure du Grand Opéra : quatre actes, une juxtaposition de tableaux plus qu’un entremêlement d’intrigues complexes, une grande importance accordée aux masses chorales et une inscription dans l’Histoire, ici la Florence du XIIIe siècle troublée par les luttes intestines entre Guelfes et Gibelins. C’est un bref et dramatique interlude qui nous plonge directement au cœur du sujet à travers un double chœur véhément opposant les deux factions rivales. Le lien avec le poème de Dante est assez ténu et c’est à un épisode de la vie sentimentale du poète que l’intrigue de l’opéra s’intéresse : à la rivalité politique qui sert de toile de fond à l’histoire, fait écho la rivalité amoureuse entre Dante et son ami Simeone Bardi pour la jeune et belle Béatrice. Celle-ci est secondée par sa confidente Gemma, tandis que l’ombre de Virgile sert de contrepoint au voyage du poète dans les Enfers – précédé d’une très entrainante tarentelle – occasion pour évoquer quelques épisodes de la Divine Comédie (Paolo et Francesca, Ugolin) opposés à une vision fantasmée du Paradis dans une synthèse dramatiquement efficace.
La mise en scène de Jean-Romain Vesperini, les décors sobres de Bruno de Lavenère et les costumes superbes de Cédric Tirado, constituent un écrin idéal pour cette recréation (quelques colonnes entourées d’une passerelle et des escaliers en hélice), un décor unique amovible permettant de suggestifs changements d’angle, magnifié par les lumières chaleureuses de Christophe Chaupin.
La distribution réunie pour cette recréation mondiale, qui diffère de celle du disque (seule Diana Axentii fit partie de la première aventure) brille par sa cohésion et sa cohérence. Dans le rôle-titre, le ténor Paul Gaugler révèle des accents héroïques souvent convaincants, une légèreté de timbre qui trahit la fragilité du personnage, même s’il est parfois à la peine quand il est sollicité dans le registre aigu (« Ah, de tous mes espoirs ») ; la Béatrice de Sophie Marin-Degor n’est pas vraiment la jeune fille de quinze ans qu’elle est censé incarner et si son chant traduit sa riche et longue expérience, notamment dans ses brillants aigus, le registre médium manque de moelleux et la diction en pâtit quelque peu (« Comme deux oiseaux que leur vol rassemble »). L’autre interprète féminine, la Gemma de la mezzo Aurhélia Varak, bouleverse par un timbre mordant, riche et ample, notamment dans la romance du dernier acte (« Au milieu de vous, dans ce monastère ») et dans le superbe duo avec Bardi au début du second acte (« À lui, dès son enfance »). Mais la palme revient justement au baryton Jérôme Boutiller, incarnation admirable du noble chant à la française ; diction et projection impeccables, chacune de ces interventions est un concentré d’énergie pathétique qui rendrait sublime le plus médiocre livret. Dans le rôle de l’ombre de Virgile, la basse Frédéric Caton est sombre à souhait dans ses interventions de la vision dantesque du 3e acte. Contraste saisissant avec le timbre solaire de son écolier Diana Axentii qui, bien que souffrante le soir de la première, a fort bien tiré son épingle du jeu dans son ode à Virgile. Le héraut d’armes Jean-François Novelli, qu’on ne voit pourtant guère sur scène, complète efficacement la distribution.
Dans la fosse, la baguette alerte de Mihhail Gerts rend justice à cette partition qui combine efficacement les registres – les volutes miroitantes de la tarentelle et celles hypnotiques du tourbillon infernal –, privilégiant dans tous les cas une grande lisibilité des pupitres. On saluera également la magnifique prestation des chœurs (préparés par Laurent Touche), plus engagés encore qu’au disque. Malgré quelques menues coupures, cette résurrection du Dante de Godard poursuit le travail de défrichage de l’opéra de Saint-Étienne qui se poursuivra en mai avec la rare Cendrillon d’Isouard.  Dernière demain, mardi 12 mars 2019.
http://www.opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, Opéra, le 8 mars 2019. GODARD : Dante. Paul Gaugler (Dante), Sophie Marin-Degor (Béatrice), Jérôme Boutiller  (Bardi), Aurhélia Varak (Gemma), Frédéric Caton (L’ombre de Virgile / Un vieillard), Diana Axentii (L’écolier), Jean-François Novelli (Un héraut d’armes), Claire Babel, Émilie Broyer, Brigitte Chosson, Véronique Richard (Les religieuses), Jean-Romain Vesperini (mise en scène), Claire Manjarrès (assistante à la mise en scène), Bruno de Lavenère (décors), Cédric Tirado (costumes), Christophe Chaupin (lumières), Laurent Touche (Chef de chœurs), Orchestre symphonique Saint- Étienne, Mihhail Gerts  (direction). Photos : © Cyrille Cauvet – Opéra de Saint-Étienne

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REPORTAGE vidéo 1/2 : DANTE à l’Opéra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison

dante-godard-opera-critique-annonce-opera-benjamin-godard-opera-de-saint-etienne-annonce-critique-opera-classiquenewsREPORTAGE vidéo 1/2 : DANTE à l’Opéra de Saint-Etienne, une nouvelle production 100 % maison. DANTE 1/2 : Recréation événement à l’Opéra de Saint-Étienne, Dante de Benjamin Godard n’avait pas été remonté sur scène depuis sa création (malheureuse) à l’Opéra Comique en 1890. Grâce aux ressources de l’Opéra stéphanois, en particulier parce que l’institution lyrique abrite tous les ateliers de fabrication, nécessaires à la réalisation d’une nouvelle production (décors, costumes, machinerie…), l’ouvrage renaît les 8, 10 et 12 mars 2019.
REPORTAGE 1/2 dédié à la résurrection d’un chef d’œuvre de l’opéra romantique français, alternative convaincante au wagnérisme. Sommaire : entretien avec Eric Blanc de la Naulte, directeur général et Jean-Romain Vesperini, metteur en scène. Témoignent aussi Cédric Tirado, créateur des costumes ; Pierre Roustan, chef constructeur… La production est un événement « made in Opéra de Saint-Etienne » pour lequel tous les ateliers maison ont été sollicités. L’Opéra de Saint-Etienne est le seul opéra en France, avec l’Opéra national de Paris, à regrouper en son sein, tous les métiers du spectacle vivant, avantage majeur pour le confort des équipes artistiques, ici dédiées à la réestimation d’une partition éblouissante. © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham

 

 

 

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REPORTAGE 2/2 : Présentation de la partition ; pourquoi remonter aujourd’hui Dante de Benjamin Godard ? Et si Dante était un ouvrage majeur de l’opéra romantique français, oublié, enfin révélé ?

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dante opera de saint etienneVOIR AUSSI notre TEASER VIDEO DANTE de Benjamin Godard, récréé à Saint-Etienne - Recréation mondiale de la version scénique, l’opéra romantique, infernal et onirique de Benjamin Godard (créé à l’Opéra Comique à Paris en 1890) ressuscite à Saint-Etienne, grâce aux équipes du Grand Théâtre Massenet. Nouvelle production événement, les 8, 10, 12 mars 2019 à l’Opéra de Saint-Etienne – teaser vidéo © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019

http://www.classiquenews.com/teaser-video-dante-de-benjamin-godard-a-lopera-de-saint-etienne-81012-mars-2019/

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VOIR aussi la VIDEOLETTER de l’Opéra de Saint-Etienne, février – mars 2019 (le sujet DANTE est traité, présenté à partir de 1mn17)

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LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD

TEASER vidéo. DANTE de Benjamin Godard à l’Opéra de Saint-Etienne (8,10,12 mars 2019)

DANTE-benjamin-godard-opera-saint-etienne-annonce-evenement-opera-classiquenewsTeaser vidéo. Opéra de SAINT-ETIENNE, Benjamin Godard : DANTE. Recréation mondiale de la version scénique, l’opéra romantique, infernal et onirique de Benjamin Godard (créé à l’Opéra Comique à Paris en 1890) ressuscite à Saint-Etienne, grâce aux équipes du Grand Théâtre Massenet. Nouvelle production événement, les 8, 10, 12 mars 2019 à l’Opéra de Saint-Etienne – teaser vidéo © studio CLASSIQUENEWS.TV 2019

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NOTRE AVIS : POURQUOI NE PAS MANQUER LA NOUVELLE PRODUCTION DE DANTE à l’Opéra de SAINT-ETIENNE ?

 

 

 

DANTE à l’Opéra de Saint-Étienne
L’OPERA MAISON, COUSU MAIN

 

 

godard-benjamin-piano-opera-par-classiquenews-opera-dante-critique-annonce-reportage-Benjamin_GodardEn mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne implique toutes ses ressources maison pour réaliser la recréation scénique d’un sommet de l’opéra français romantique à l’époque de Wagner…  À 41 ans Benjamin Godard signe son ultime opéra inspiré de la vie du poète florentin : Dante, 1890. En un continuum orchestral harmoniquement somptueux, enveloppant un chant aussi lyrique et éperdu que celui de Gounod, Verdi ou Massenet, Godard offre une alternative lyrique au wagnérisme ambiant. Dans Dante, Godard célèbre le génie du poète et du créateur, comme Wagner et Berlioz l’ont réalisé aussi dans leurs ouvrages respectifs, Tannhauser et Benvenuto Cellini. Finalement dès l’acte I, Béatrice la femme aimée sublimée convoitée, comme l’ombre de Virgile qui lui apparaît en songe et suscite le sujet de l’acte III, encourage le poète à réaliser son œuvre poétique.
La première ardente et amoureuse (synthèse entre la Marguerite de Berlioz et la Juliette de Gounod), encourage le poète à se dédier à sa lyre poétique (“pour être aimé fais ton devoir” proclame-t-elle) ; le second, révèle à Dante les horreurs et la grâce des Enfers, propres à stimuler sa verve créative. Que serait il ce poète que les événement politiques ont brisé, sans sa muse et son mentor ? La première lui inspire son élan vital ; le second, le thème des Enfers pour la Comédie Humaine.
GODARD souligne tout cela dans une écriture qui est éclectique mais cohérente, profonde voire sombre, et douée de couleurs saisissantes.

RECRÉATION A SAINT-ÉTIENNE… Réalisant sa première mise en scène avec décors, costumes, machinerie totalement produits par ses propres ateliers, l’Opéra de Saint-Étienne signe une nouvelle production maison, cousue main, dont l’engagement des chanteurs, l’efficacité et le grand esthétisme du dispositif visuel et scénographique (de surcroit sans l’artifice de la vidéo) relèvent les défis d’une recréation mondiale spectaculaire.

Les néophytes s’y délecteront, comme les connaisseurs, de personnages flamboyants, très finement brossés ; d’une mise en scène qui impressionne par ses effets millimétrés. Le jeu des passerelles qui s’ouvrent et se croisent, grâce à une plateforme sur tournette, le tableau du feu réel, bûcher central symbolisant toutes les sphères infernales bientôt décrites par le poète dans son œuvre à venir (et qui fonde l’impact onirique du fameux songe de Dante à l’acte III) ; la réalité changeante du chœur constamment sollicité… apportent la preuve qu’un ouvrage injustement oublié renaît aujourd’hui pour réactiver la magie de l’opéra et enchanter le public. Dante est un événement lyrique majeur de cette saison 2019-2020. Et la démonstration que les opéras en région sont les plus actifs et les plus audacieux en terme de répertoire.
Après Les fées du Rhin, opéra fantastique et féerique de Jacques Offenbach (1864) recréé en français par l’Opéra de Tours (en septembre 2018), voici en mars 2019, défendu par l’Opéra de Saint-Étienne, un ouvrage romantique français de première importance, à la fois éperdu, sauvage, onirique et fantastique. Superbe découverte et nouvelle production événement.

 

VOIR aussi la VIDEOLETTER de l’Opéra de Saint-Etienne, février – mars 2019 (le sujet DANTE est traité, présenté à partir de 1mn17)

 

 

DANTE, l'opéra surnaturel et onirique de GODARD à Saint-Etienne

 

 

 

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5 scènes et tableaux remarquables, à ne pas manquer :

L’air de Dante à l’acte 1 (Tout est fini)
La confrontation Gemma / Simeone à l’acte II
Le duo d’amour Dante /Béatrice à la fin du même acte II
Le songe de Dante et l’apparition de Virgile qui le mène aux enfers, acte III
Le dernier air de Béatrice au couvent , acte IV, dont l’intensité de la prière amoureuse est bouleversante (aussi intense que les airs de Juliette dans Roméo et Juliette de Gounod)

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

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LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD

 

 

 

OPERA DE SAINT-ETIENNE, DANTE. Présentation vidéo

dante-virgile-operasaitn-etienne-godardSAINT-ETIENNE, Opéra. Les 8, 10, 12 mars 2019, DANTE de Benjamin Godard. Recréation mondiale d’un opéra romantique français oublié (1890). Dans sa VIDEOLETTER de février mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne présente son actualité scénique dont à partir de 1mn17, l’opéra en recréation mondiale (nouvelle production) DANTE de Benjamin Godard, chef d’oeuvre oublié de 1890 qui ose inventer sur la scène lyrique, un drame romantique, onirique et infernal d’un raffinement orchestral inouï. Présentation vidéo

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NOTRE AVIS : POURQUOI NE PAS MANQUER LA NOUVELLE PRODUCTION DE DANTE à l’Opéra de SAINT-ETIENNE ? 

 

DANTE à l’Opéra de Saint-Étienne
L’OPERA MAISON, COUSU MAIN

 

 

godard-benjamin-piano-opera-par-classiquenews-opera-dante-critique-annonce-reportage-Benjamin_GodardEn mars 2019, l’Opéra de Saint-Etienne implique toutes ses ressources maison pour réaliser la recréation scénique d’un sommet de l’opéra français romantique à l’époque de Wagner…  À 41 ans Benjamin Godard signe son ultime opéra inspiré de la vie du poète florentin : Dante, 1890. En un continuum orchestral harmoniquement somptueux, enveloppant un chant aussi lyrique et éperdu que celui de Gounod, Verdi ou Massenet, Godard offre une alternative lyrique au wagnérisme ambiant. Dans Dante, Godard célèbre le génie du poète et du créateur, comme Wagner et Berlioz l’ont réalisé aussi dans leurs ouvrages respectifs, Tannhauser et Benvenuto Cellini. Finalement dès l’acte I, Béatrice la femme aimée sublimée convoitée, comme l’ombre de Virgile qui lui apparaît en songe et suscite le sujet de l’acte III, encourage le poète à réaliser son œuvre poétique.
La première ardente et amoureuse (synthèse entre la Marguerite de Berlioz et la Juliette de Gounod), encourage le poète à se dédier à sa lyre poétique (“pour être aimé fais ton devoir” proclame-t-elle) ; le second, révèle à Dante les horreurs et la grâce des Enfers, propres à stimuler sa verve créative. Que serait il ce poète que les événement politiques ont brisé, sans sa muse et son mentor ? La première lui inspire son élan vital ; le second, le thème des Enfers pour la Comédie Humaine.
GODARD souligne tout cela dans une écriture qui est éclectique mais cohérente, profonde voire sombre, et douée de couleurs saisissantes.

RECRÉATION A SAINT-ÉTIENNE… Réalisant sa première mise en scène avec décors, costumes, machinerie totalement produits par ses propres ateliers, l’Opéra de Saint-Étienne signe une nouvelle production maison, cousue main, dont l’engagement des chanteurs, l’efficacité et le grand esthétisme du dispositif visuel et scénographique (de surcroit sans l’artifice de la vidéo) relèvent les défis d’une recréation mondiale spectaculaire.

Les néophytes s’y délecteront, comme les connaisseurs, de personnages flamboyants, très finement brossés ; d’une mise en scène qui impressionne par ses effets millimétrés. Le jeu des passerelles qui s’ouvrent et se croisent, grâce à une plateforme sur tournette, le tableau du feu réel, bûcher central symbolisant toutes les sphères infernales bientôt décrites par le poète dans son œuvre à venir (et qui fonde l’impact onirique du fameux songe de Dante à l’acte III) ; la réalité changeante du chœur constamment sollicité… apportent la preuve qu’un ouvrage injustement oublié renaît aujourd’hui pour réactiver la magie de l’opéra et enchanter le public. Dante est un événement lyrique majeur de cette saison 2019-2020. Et la démonstration que les opéras en région sont les plus actifs et les plus audacieux en terme de répertoire.
Après Les fées du Rhin, opéra fantastique et féerique de Jacques Offenbach (1864) recréé en français par l’Opéra de Tours (en septembre 2018), voici en mars 2019, défendu par l’Opéra de Saint-Étienne, un ouvrage romantique français de première importance, à la fois éperdu, sauvage, onirique et fantastique. Superbe découverte et nouvelle production événement.

 

 

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5 scènes et tableaux remarquables, à ne pas manquer :

L’air de Dante à l’acte 1 (Tout est fini)
La confrontation Gemma / Simeone à l’acte II
Le duo d’amour Dante /Béatrice à la fin du même acte II
Le songe de Dante et l’apparition de Virgile qui le mène aux enfers, acte III
Le dernier air de Béatrice au couvent , acte IV, dont l’intensité de la prière amoureuse est bouleversante (aussi intense que les airs de Juliette dans Roméo et Juliette de Gounod)

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théâtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

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LIRE aussi notre présentation de l’Opéra DANTE de Benjamin GODARD