LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : l’Ă©dition 100% digitale !

lille-pianos-festival-2020-annonce-concerts-festival-classiquenewsLILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : 100% digital, les 12, 13 et 14 juin 2020 – Crise sanitaire oblige, le LILLE PIANO(S) FESTIVAL est en 2020, 100% DIGITAL. Le Festival propose tout un cycle de concerts gratuits en direct et en rediffusion sur la chaĂ®ne youtube et la page facebook de l’Orchestre National de Lille (ON LILLE). Au total sur 3 jours, 30 artistes invitĂ©s dans plusieurs programmes entièrement numĂ©rique. Ce sont 19 concerts en direct ou en diffĂ©rĂ© qui porteront la flamme d’un festival parmi les plus importants de la capitale lilloise. Les performances sont assurĂ©es depuis l’auditorium du Nouveau Siècle Ă  Lille mais aussi Brooklyn, Philadelphie, Amsterdam et Bruxelles ! Les musiciens de l’Orchestre National de Lille participent Ă©videment Ă  l’évĂ©nement. Alexandre Kantorow (laurĂ©at du dernier Concours Tchaikovski de Moscou, 2019) ouvre le bal avec un concert dès le 12 juin depuis le Nouveau Siècle Ă  Lille… En en clĂ´ture, le Concerto n°3 pour piano et orchestre de BEETHOVEN (250 ans oblige en 2020 !), avec l’excellent David Kadouch accompagnĂ© par l’Orchestre National de Lille sous la direction d’Alexandre Bloch (version pour orchestre Ă  cordes, car l’orchestre a tenu Ă  respecter les mesures sanitaires) : Dim 14 juin 2020, 20h – 20h40.

La programmation complète et les programmes des concerts sur le site de l’Orchestre National de Lille / page dédiée au Festival LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020, un festival entièrement digital : https://www.onlille.com/saison_19-20/lille-pianos-festival/

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VIVRE EN DIRECT Le LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020
sur Youtube
https://www.youtube.com/watch?v=zTniJB0ZeCc&fbclid=IwAR0WJttJu82PhUC_J6Tu-PUgMeBfx3NUR6nCut-RSKqbclBMPLu0N8I6Hk0

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Les 12, 13 et 14 juin 2020, les artistes conviés par l’Orchestre National de Lille pour son LILLE PIANO(S) FESTIVAL s’invitent chez vous, pendant 3 jours. Tous les concerts se vivent en direct et en replay sur la chaîne YOUTUBE Orchestre National de Lille. Outre la diversité des programmes et des profils, le cycle événement, Lille Piano(s) festival 2020 est aussi un défi technologique comprenant plusieurs captations depuis Philadelphie, New York ou Amsterdam… de quoi, avant de pouvoir prendre l’avion, nous donner des ailes. Après le confinement et alors que les salles de concerts et d’opéras sont encore à l’arrêt, sans public, l’Orchestre National de Lille nous offre un somptueux cadeaux, riche en ivresse et vertiges prometteurs…

TEMPS FORTS
L’ouverture du Festival (ven 12 juin) est un temps fort avec un tremplin remarquable aux nouveaux temépraments ; celui de la trompettiste Lucienne Renaudin Vary à 20h (avec Félicien Brut, accordéon : récital trompette et accordéon) puis à 20h30 : récital de piano du 1er Prix du Concours international Tchaikovski, Alexandre Kantorow, qui joue Brahms (Ballades et Sonates n°3).
LILLE PIANO(S) Festival 2020 célèbre évidemment les 250 ans de la naissance de Beethoven : c’est un fil rouge qui traverse les 3 journées. Intégrale des Sonates piano et violoncelle (Jonas Vitaud et Victor Julien-Laferrière : sam 13 juin, 19h (Sonates 2, 4 et 5), puis dim 14 juin, 19h (Sonates 1 et 3) ; depuis Philadelphie, Jonathan Biss joue les Sonates pour piano Pathétique opus 13, n°27 opus 90, n°32 opus 111, samedi 13 juin 2020 à 21h30 (1h). En clôture, l’excellent David Kadouch aborde le Concerto pour piano et orchestre n°3 (concert de clôture), avec l’ONL et Alexandre Bloch.

 

JAZZ
Depuis Amsterdam (Studio 150 Bethlehemkerk), Xavi Torres Trio, ven 12 juin 2020 à 19h (durée : 40 mn) ; puis à 22h, même jour, récital trompette et piano : Erik Truffaz & Estreilla Besson. Depuis New York, le pianiste Dan Tepfer : natural machines, dim 14 juin à 21h.

 

JEUNE PUBLIC
Ciné concert pour les petits (dès 3 ans) : « Décrocher la lune » par Ollivier Leroy et Pierre-Yves Prothais, dim 14 juin à 11h. Piano Zolo (Romain Dubois) : concert pour toute la famille, dim 14 juin à 14h

 

 

Les « PLUS »

Le Festival a conçu en marge des concerts proprement dits, plusieurs « intermèdes », bulles musicales et bords de scènes avec la complicitĂ© d’Alexandre Bloch, François Bou et le compositeur Julien Joubert : ven 12 (18h30 et 22h50), sam 13 (18h et 22h25), dim 14 juin (16h30 et 20h45)… A ne pas manquer aussi : un concert Neebiic « avant-ringardiste » avec Ă©lectro et expĂ©rimentations sonores, samedi 13 juin Ă  23h20 (durĂ©e : 1h20) et « Blow up », commande de l’Orchestre National de Lille au compositeur Ă‚ke Parmerud : 15 mn en immersion sonore (ven 12 Ă  23h05, et dim 14 juin Ă  18h puis 22h – HervĂ© DĂ©jardin, metteur en ondes). Enfin ne manquez pas deux ateliers explicatifs « un piano, comment ça marche ? » (ven 12 juin, 10h) – « un orgue comment ça marche ? » (ven 12 juin, 10h30).

PLUS D’INFOS : onlille.com

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Le programme JOUR PAR JOUR

 

VENDREDI 12 JUIN 2020
Ouverture du Festival
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18h30 > 19h
Présentation du Lille Piano(s) Festival
Avec François Bou, Alexandre Bloch, Fabio Sinacori, Julien Joubert

19h > 19h40
Depuis Amsterdam (Studio 150 Bethlehemkerk),
Xavi Torres Trio (jazz)
20h > 20h30
Récital trompette / accordéon
Lucienne Renaudin Vary et FĂ©licien Brut

20h30 > 21h30
Concert d’ouverture
Récital d’Alexandre Kantorow
(1er Prix du Concours international Tchaikovski)
Brahms : 4 ballades opus 10, Sonate n°3 opus 5 en fa mineur
En replay sur le site de France 3 Hauts de Seine

21h30 > 22h
Jean-François Zygel improvise sur Beethoven
250è anniversaire de Beethoven
(concert repris les sam 13, 20h puis dim 14 Ă  18h30).

22h
RĂ©cital trompette et piano : Erik Truffaz & Estreilla Besson (jazz)

22h50
Bord de scène avec les artistes

23h05
Blow up
expérience sonore immersive imaginée par le compositeur Âke Parmerud à partir des sept « la «  d’un piano… Commande de l’ONL LILLE Orchestre National de Lille

 

 

 

 

SAMEDI 13 JUIN 2020
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18h
Bulle musicale
avec Alexandre Bloch et Julien Joubert

18h35 > 19h
Bernard Foccroulle, orgue
De Bull à Florentz…

19h > 20h05
Intégrale des Sonates piano et violoncelle de Beethoven
Jonas Vitaud et Victor Julien-Laferrière (Sonates 2, 4 et 5),

20h > 20h30
Jean-François Zygel improvise sur Beethoven

20h30 > 21h20
Beethoven Night : hommage Ă  Beethoven
Paul Lay, piano – impros sur les thèmes de Beethoven

21h30 > 22h30
Depuis Philadelphie, Jonathan Biss joue Beethoven : Sonates pour piano Pathétique opus 13, n°27 opus 90, n°32 opus 111

22h25 : bulle musicale
avec Alexandre Bloch et Julien Joubert

22h35 > 23h20
Izvora quintet (Jazz)

23h20 > 23h40
Duo Neebiic – concert Ă©lectro avant-ringardiste

 

 

 

 

 

DIMANCHE 14 JUIN 2020
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11h > 11h40
« Décrocher la lune » (Jeune public)
Ciné concert pour les petits (dès 3 ans)
par Ollivier Leroy et Pierre-Yves Prothais

14h > 14h30
concert pour toute la famille
Piano Zolo (Romain Dubois)

16h30 > 17h10
Bulle musicale avec Alexandre Bloch et Julien Joubert

17h10 > 18h
RĂ©cital Marie-Ange Nguci
Bach / Busoni, Beethoven, Ravel, Scriabine…

18h
Blow up, expérience sonore immersive

18h30 > 19h
Jean-François Zygel improvise sur Beethoven

19h
Intégrale des Sonates piano et violoncelle de Beethoven
Jonas Vitaud et Victor Julien-Laferrière (Sonates 1 et 3)

20h > 20h40
Concert de clĂ´ture : Beethoven
David Kadouch aborde le Concerto pour piano et orchestre n°3 l’ONL Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch (direction musicale).

20h40 > 21h
Bord de scène avec les artistes : David Kadouch, Alexandre Bloch et Julien Joubert.

 

 

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COMPTES RENDUS

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lille-pianos-festival-digital-en-direct-sur-youtube-classiquenewsLILLE PIANO(S) FESTIVAL édition 2020, 100% digitale donc se savoure devant l’écran et en direct sur Youtube. Ainsi est célébré le retour des artistes : ils ont vaincu ce silence asphyxiant qui le tenait isolés ; ils ont rompu l’étouffoir qui les rendait muets pendant le confinement imposé à tous depuis la mi mars. Avant le retour du public dans les salles, tous les concerts 2020 sont retransmis en direct, filmés pour leur majorité dans le vaste auditorium du nouveau Siècle de Lille, lieu de la résidence de l’Orchestre National de Lille.

VENDREDI 12 JUIN 2020. A son dĂ©marrage, pour ses premiers concerts, le Festival Digital « ose » les mĂ©langes inĂ©dits, entre les rĂ©pertoires et les Ă©poques, les styles et les genres. D’abord Ă  19h, session de Jazz avec le Xavi Torres Trio (en direct depuis Amsterdam) : – encore un pied de nez Ă  l’isolement ! emmenĂ©s par la verve des instrumentistes, on a enfin le sentiment de respirer par grandes bouffĂ©es musicales… Le sens de l’impro et une vraie entente chantante s’écoulent d’un musicien  Ă  l’autre : suavitĂ© ronde du saxo, motricitĂ© rythmique de la batterie et piano presque enivrĂ© dont sa nature mĂŞme rappelle la source, ce piano laboratoire d’un Beethoven inspirĂ© par la lyre romantique. L’auditeur reconnaĂ®t la pulsion frĂ©nĂ©tique, gĂ©nĂ©reuse du compositeur ; ses mĂ©lodies reconstruites dans un flux qui marque en ouverture du Festival, un goĂ»t san frontière, une curiositĂ© multiple pour les mĂ©tissages de couleurs et de timbres.
Lucienne-renaudin-very-accordeon-trompette-lille-pianos-festival-2020-critique-concert-classiquenewsMême tremplin inventif aux alliages originaux pour la jeune Lucienne Renaudin Vary et Félicien Brut (20h), s’accordant de concert dans un duo imprévu … trompette, accordéon. Pieds nus, d’une belle ivresse, la trompette s’immisce dans les volutes d’un accordéon lui aussi porté par un pur vent de liberté : un essor à deux voix d’une irrépressible chorégraphie… rossinienne (danza / tarentelle en ouverture) ; le clavier à bretelles joue des effets de soufflets. Félicien Brut prend le micro : il s’adresse aux internautes ; les deux artistes honorent par leur complicité rayonnante ce brin d’impertinente facilité qui fait la marque des grands instants de musique : jubilatoire entente qui aime aussi éclairer l’âme des thèmes populaires sublimés par l’écriture des compositeurs savants. Le populaire, le savant savaient se mêler, sans mesure, avec génie. Leur Bartok, grand collecteur de thème folkloriques (Danses populaires roumaines) respire, s’enivre lui aussi, exalte un désir généreux dans sa saine rusticité.
PortĂ©e par le clavier Ă  bretelles, aux teintes tĂ©nues, adaptĂ©es, Lucienne RV a ce talent rare de faire oublier la technique pour exprimer l’essence d’une nostalgie viscĂ©rale et toujours d’une finesse musicale Ă  l’élĂ©gance toute française. Et pour finir, rien n’égale la tendresse millimĂ©trĂ©e de Bernstein : « Maria, Maria » (West Side Story), parfum suspendu d’un amour qui s’est imposĂ© contre la loi de la haine et la barbarie des communautĂ©s rivales. L’accordĂ©on danse avec la trompette, bel Ă©cho Ă  cette MASS tonitruante, Ă©chevelĂ©e dans sa tendresse fraternelle que l’Orchestre National de Lille sous la direction d’Alexandre Bloch ont su nous rĂ©galer en clĂ´ture de la saison 2018 – 2019. « My Favorite things », jouĂ© aussi par Coltrane, conclut ce formidable duo d’une musicalitĂ© toute de velours tissĂ© Ă  deux voix complices.

On l’attendait avec d’autant plus d’impatience que son récent Premier Prix au Concours Tchaikovski faisait promettre un son et un style … d’excellence. Le récital d’Alexandre Kantorow a exaucé nos souhaits (20h30). Programme tout Brahms ; d’abord les Ballades : gravité inquiète, secrète, intime, d’où s’écoulent des résonances presque insouciantes. Appel au rêve et à la nuit. Le pianiste tisse la matière d’une tendresse affleurante qui fait surgir une contine de l’enfance mais avec une rage qui vainc et organise tout sentiment de nostalgie. La clarté des deux mains éclaire la savante alchimie des harmonies, tandis que le jeu se montre à l’écoute de tous les chants intérieurs qui murmurent à l’oreille du compositeur dont le goût de la nostalgie mystérieuse, presque Debussyste, se révèle alors, dans ce chant d’une pudeur infinie. Alexandre Kantorow passe d’un climat à l’autre, en syncopes trépidantes, en nuances lovées dans le mystère ; sa palette explore toutes les teintes et demi teintes du sentiment brahmsien avec une finesse sans démonstration, un naturel qui équilibre jaillissements et replis pudiques, fureur à peine contrôlée. Cette maîtrise des contrastes qui laisse toujours claire et limpide la matière de la confession, gagne une éloquence vive, celle d’une digitalité inscrite dans l’ombre et le goût de l’évanescence, la résonance. Une vaste béatitude qui enveloppe la dernière Ballade.

kantorox-alexandre-piano-lille-pianos-festival-critique-BRAHMS-classiquenewsPuis c’est brillante et affirmée, l’ouverture de la Sonate n°3 (1853) que le pianiste enchaîne immédiatement à la fin de la dernière Ballade. Alexandre Kantorow en exprime le symphonisme fougueux  qui impressionna tant Schumann, à Dusseldorf (nov 1853) heureux de reconnaître en Johannes son héritier le plus captivant ; Brahms n’ayant que 20 ans lorsqu’il la composa. De vaste proportions, à la mesure de ce cœur immense toujours insatisfait, la Sonate de Brahms dure 40 mn, un record dans le genre, comprenant 5 mouvements (Allegro maestoso, Andante, Scherzo, Intermezzo, Finale-Allegro moderato ma rubato). Dès l’allegro initial et son arche frénétique, à la fois, grave et sombre, d’un tragique mystérieux, le pianiste sait inscrire la vaste entrée comme une interrogation viscérale, avec ses lueurs et ses échos lointains, d’une infinie rêverie. La souplesse et la tendresse du jeu, à la fois claires et sobres, articulent la suavité d’un Brahms amoureux dont la vie sentimentale demeure mystérieuse, certes ancrée dans la proximité de Clara Schumann. L’interprète détecte tous les chants parallèles, les échos, les scintillements d’une partition au flux versatile, d’une richesse émotionnelle immense. En funambule enivré, Alexandre Kantorow saisit par la profondeur et la gravité d’un jeu qui sait être toujours clairement structuré. L’Andante déroule son chant aux trilles mozartiens d’une infinie tendresse. Le Scherzo plus rapeux, s’électrise tandis que l’intermezzo est traversé d’éclairs et de spasmes d’une intranquillité fiévreuse. Tout le cycle est porté par la grande maturité et une élégance sonore rare. La technique elle permet d’échafauder une architecture fine, puissante, riche de mille nuances inquiètes. Superbe pianisme. RV est pris demain samedi 14 juin 2020 dès 18h… Rédaction : Lucas Irom / classiquenews 2020.

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vitaud-julien-laferriere-concert-beethoven-critique-classiquenewsSAMEDI 13 JUIN 2020. Nouvelle belle complicité (qui fait suite aux programmes de vendredi soir), entre le pianiste Jonas Vitaud et le violoncelle Victor Julien-Laferrière ; leur intégrale des Sonates violoncelle et piano de Beethoven, premier volet du cycle aujourd’hui (la suite demain dimanche à 19h) déploie un appétit partagé. Les deux instrumentistes affirment la fougue et la vitalité qui porte le style de Beethoven dont les élans viriles s’accompagnent toujours d’une résonance plus tendre et amoureuse. On regrette parfois une affirmation trop appuyée, car la malice et l’élégance haydnienne, dans l’esprit typiquement viennois doivent aussi peser et compenser la volonté et l’autodétermination ; mais le souffle, la verve en diable emporte l’adhésion (Sonates enchainées 2, 4 et 5). La dernière Sonate sonne plus âpre et moins « séduisante », un bain bouillonnant d’idées et de remise à neuf du développement formel. Habité par l’idée musicale, la nécessité et l’urgence traversent cette partition, écartant toute les dilutions et tentations juvéniles du début.

 

zygel-jean-francois-piano-improvisation-beethoven-lille-pianos-festival-critique-classiquenewsPuis à 20h, place au « Maître de l’impro », Jean-François Zygel. Le pianiste montre combien la grille transmise par Beethoven, est proche du jazz. A propos du romantisme, le pianiste improvisateur éclaire ce en quoi Ludwig peut être à la fois le dernier des classiques et le premier des Romantiques ; la vitalité nerveuse de Beethoven qui a recueilli des mains de Haydn l’âme de Mozart, est-il réellement cet impétueux résolument romantique dont le rapport au monde est viscéralement dissonant ? ; ses marches funèbres si nombreuses indiquent un créateur habité par l’idée de la mort. Marche funèbre de la 3è, de la 7è symphonie, premier mouvement de la Sonate dite « au Clair de Lune »… disent cette obsession permanente. Aussitôt l’improvisateur rétablit le lugubre beethovénien, cette conscience de la Faucheuse qui donne à son œuvre entière, son rayonnement et sa profondeur singulière. Sa mélancolie solitaire. Oui, Beethoven est-il vraiment romantique ? Zygel subtil enchaîne et pose la question : car son style désigne la souffrance et le funèbre plutôt qu’il ne les exprime : c’est un héroïque théâtral, un tragique au diapason des événements guerriers et de l’épopée napoléonienne qui ont foudroyé son époque. La question est posée : Ludwig est le héros de sa propre vie, surtout dans ses concertos pour piano, confronté à la masse orchestrale ; il trépigne, intranquille et insatisfait : Jean-François Zygel nous immerge derechef dans un matériau sonore de son cru où la syncope et les fanfares et les sonneries lointaines des trompettes, les marches guerrières évoquent l’esprit d’une époque à feu et à sang, celle de Beethoven. Voilà qui fait sonner Ludwig comme Prokofiev et Chostakovitch. La quête d’un Beethoven expérimentateur et finalement inventeur se précise de la même façon : Ludwig n’a-t-il pas inventé le genre du Scherzo, moment de divertissement hérité des quatuors classiques, comportant sa danse soit le menuet, que Ludwig magnifie en l’énergisant jusqu’à la transe rythmique. La séquence jusque là marqué par le jeu, devient une fulmination d’énergie. De l’explication à l’exemple, Zygel joue une danse enjouée, frénétique, d’une mécanique hallucinée… un Scherzo dans l’esprit de Beethoven, à sa manière. Lumineuse éloquence.

Décidément, Zygel l’improvisateur et le pédagogue sait nous envoûter comme un magicien pianiste. Ses réflexions sur la musique et l’écriture de Beethoven demeurent captivantes. Le débat est ouvert. Et la session au piano est une excellente manière de célébrer les 250 ans de la naissance du plus grands des… Romantiques.

PAUL-LAY-jazz-beethoven-concert-lille-pianos-festival-2020-critique-classiquenews20h30, Paul Lay autre improvisateur, rend son propre hommage à Ludwig mais dans une langue et un vocabulaire jazz. Swing somptueux et d’une volubilité enchantée, d’après Beethoven, grâce à un toucher contrôlé, Paul Lay installe une véritable ambiance jazzy qui soigne le son, l’élégance rythmique : sous ses doigts, l’impétuosité beethovénienne danse, s’enivre y compris en un Finale aérien, qui danse avec les étoiles, l’Ode à la joie, traité en éclairs, scintillements, crépitements. Un festival énergisant.

 

 

 

A 21h30, depuis Philadelphie, Jonathan Biss joue les Sonates de Beethoven : Pathétique opus 13 ; n°27 opus 90 ; n°32 opus 111. La Pathétique est emportée par une ivresse ardente, énergique qui ne sacrifie en rien la clarté du geste, parfois fougueux à l’extrême.

BISS-jonathan-piano-beethoven-sonates-concert-critique-classiquenewsDans le cas de l’opus 90, tout est exprimé avec une intensité tranchante mais un contrôle technique permanent qui insuffle au développement, une rage intérieure, impérieuse et… définitive ; l’héroïsme tragique de Beethoven s’y déverse en un torrent au souffle long, halluciné. L’empreinte du fatum s’épaissit, irrépressible. Le pianiste s’est enregistré chez lui aux USA, et la prise de son n’a pas cette clarté ni cette précision des concerts diffusés depuis Lille. Nonobstant, l’implication de l’interprète est totale : les coups de fatum se font martèlement, faisant jaillir un flot incessant de pointes sarcastiques, au bord de la folie, auxquelles le héros pianiste oppose une ivresse dansante, la volonté déterminée d’en découdre puis d’asséner et de réaliser son appel à la sérénité. Biss aborde enfin l’opus 111 tel une matière éruptive. Ultime laboratoire pianistique d’un Beethoven habité par le sens de la forme, qui s’interroge sur le sens même de l’écriture, l’opus 111 semble placer Beethoven dans les rets d’une fatalité inéluctable. L’homme face à son destin: le lion solitaire y exprime comme une confession personnelle sa propre tragédie intime (thème du destin mordant et glaçant) auquel le pianiste sait opposer une danse intérieure qui porte la trace d’une infaillible espérance. Le contraste de deux directions s’avère toujours comme ici, bouleversant. C’est un champ de bataille mené avec une clairvoyance inédite, l’expression d’une lutte arrachée à la vie elle-même, en dépit dans son cas propre, de son handicap, le plus lourd payé par un compositeur et un musicien : … la surdité. Dernière Sonate, la n°32 est bien le bilan de toute une recherche qui recueille aussi les blessures d’une vie d’épreuves. Biss enflamme son clavier en tensions radicales et contrastes exacerbés. Y compris dans la seconde partie, ample et long adieu à la forme que le pianiste compositeur a chéri entre toutes. L’adieu s’étire, dilate la forme et suspend le temps en une forme interrogative, à la fois renoncement et aussi suprême insatisfaction. L’amertume le dispute à une étonnante poésie du désespoir. Le pianiste américain questionne l’expression de la lutte. Puis, conduit jusqu’à la résolution de la seconde partie, le flux libératoire, temps de fraternisation sans écarter dans l’ombre, les doutes amers, et l’ivresse de temps intimes désormais inaccessibles. Malgré la faible qualité sonore de la captation, l’engagement du pianiste suscite l’adhésion. Rédaction : Elvire James.

 

 

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LILLE PIANO(S) DIGITIAL 2020
Dimanche 14 juin 2020

17h10
NGUCI-marie-ange-piano-jeune-talent-critique-piano-classiquenewsRĂ©cital de MARIE-ANGE NGUCI AUTOUR DE LA FANTAISIE DE BEETHOVEN – Ĺ’uvres de Bach/Busoni – Beethoven – Froberger – Ravel – Scriabine. Fulgurant, mordant et d’une Ă©tonnante intelligence des contrastes, le jeu de Marie-Ange Nguci Ă©coute la matière, fait surgir des Ă©lans murmurĂ©s d’une poĂ©tique Ă©trange, liquide, suspendue, auxquels rĂ©pondent des dĂ©flagrations tranchantes ; mais il y aussi un impressionnisme sonore qui s’écoule, et des rythmes qui s’entrecroisent et se chevauchent dans un festival Ă©motionnel permanent, contrĂ´lĂ©, scintillant : son Scriabine (Sonate n°5 opus 53) Ă©claire la fabrique des rĂ©sonances et des couleurs du compositeur magicien. Jamais diluĂ©e, ni dĂ©monstrative comme beaucoup, jamais dure mais Ă©vocatrice, la pianiste ouvre large la fenĂŞtre des horizons de l’inouĂŻ. Son Scriabine cisèle la fureur des cosmos rugissants comme le plus petit atome sonore.
C’est la même écoute intérieure et un son souverain dans Une barque sur l’océan de Ravel : aucun doute, la pianiste maîtrise le sens pictural de la matière pianistique ; elle colore par touches, par effets entrelacés, sculpte chaque inflexion avec un souci du son, admirable. Le toucher est de velours, véritable appel au rêve, à l’imaginaire, au dépassement… une perfection sensuelle qui n’omet en rien les aspérités et la solidité de l’architecture. Le temps et l’espace fusionnent sous les doigts de cette nouvelle enchanteresse du clavier. L’intelligence des enchaînements souligne combien il y a parenté et continuité de Scriabine à Ravel, deux alchimistes de la matière sonore.

NGUCI-marie-ange-piano-concert-critique-lille-pianos-digital-classiquenews-juin-2020Majeures aussi à l’écoute de ce récital événement : l’intensité du jeu, la clarté de l’architecture, l’écoute intérieure révélant les intentions souterraines en particulier dans la Fantaisie d’un Beethoven qui expérimente, écoute, murmure, va toujours au delà de la sonorité énoncée, à la recherche des vibrations harmoniques, sublimant le cadre formel. Tout est prodigieusement développé dans le sens d’une exploration cohérente ; la digitalité de l’excellente jeune pianiste albanaise Marie-Ange Nguci éblouit par la douceur articulée de son approche, éclairant déjà chez Beethoven, une effusion prolixe… déjà schumanienne ; tout s’organise peu à peu, du magma sonore qui bouillonne, vers un climat de tendresse ténu, éperdu, et toujours amoureusement énoncé. Le style héroïque de Beethoven se lit directement dans une écriture qui proclame, ivre de sa propre joie. D’une douceur déterminée qui enchante, berce et captive grâce à un toucher rare, idéal.

Son Bach / Busoni est d’une intériorité lovée dans les plis et replis d’une pudeur ornementée mais en rien maniériste, tant le jeu reste sobre, dépouillé, essentiel, direct, et d’une suggestivité de velours; l’éloquence et la pensée musicale de l’interprète lui permettent des passages inouïs entre l’infini ténu, murmuré et la solennité d’une architecture colossale. La vision et le parcours tracés relèvent d’une poétesse du clavier tant sa maîtrise technique et la maturité esthétique, le goût du beau son, l’évidence de la construction, la sobriété surtout d’un jeu réservé mais incandescent… sont fusionnées, admirables. Révélation totale. Une déjà grande musicienne dont la sincérité et la pudeur électrisent. Certes des signes d’une fébrilité juvénile qui montrent encore le chemin à parcourir, mais le potentiel est immense. Merci à LILLE PIANO(S) FESTIVAL de nous offrir ce tremplin exaltant. Après tout la vocation d’un festival de piano n’est-elle pas de nous surprendre en nous faisant vivre le grand frisson. Ce récital en direct nous en a réservé l’expérience mémorable. A suivre.

Programme
SCRIABINE : Sonate n°5 op. 53
RAVEL : Une barque sur l’océan
FROBERGER : Tombeau
BEETHOVEN : Fantaisie op.77
J.-S. BACH / BUSONI : Chaconne

VOIR, REVOIR, les concerts LILLE PIANO(S) DIGITAL 2020 ici :
sur la chaine Youtube de l’ON LILLE – Orchestre National de Lille

Le concert de Marie-Ange NGUCI :
https://www.youtube.com/watch?v=TpgPGamR-fM

Player vidéo : la journée de dimanche 14 juin 2020, dans sa totalité :

 

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18h. Parmi les « intermèdes » réjouissant, citons « BLOW UP », proposition à savourer les yeux fermés, formidable expérience auditive stéréophonique à écouter avec un casque pour en mesurer la plasticité spatialisée, d’une oreille à l’autre. Composition : Åke Parmerud / Réalisation et mise en ondes : Hervé Déjardin

Les afficionados et les nĂ©ophytes avaient le bonheur de retrouver les leçons non moins rĂ©jouissantes du professeur improvisateur Jean-François Zygel (18h30) / « JEAN-FRANÇOIS ZYGEL IMPROVISE SUR BEETHOVEN #3 », 3è et dernière session d’un cycle dont s’agissant de la sĂ©quence d’hier, – samedi 14 juin-, nous avons dit tout le bien, ou comment croiser Ă©coute, Ă©rudition, divertissement.

De même, le dernier volet de l’INTÉGRALE DES SONATES POUR VIOLONCELLE ET PIANO DE BEETHOVEN #2 (19h) permet de mesurer l’entente des deux instrumentistes invités pour se faire : Victor Julien-Laferrière et Jonas Vitaud, dont l’écoute croisée a gagné davantage de précision et de naturel dans les deux Sonates (n°1 et n°3) ; c’est le chant d’une vitalité heureuse, où dans le jeu alterné, dialogué des deux musiciens, s’écoulent et se renforcent l’éloquence frénétique, une ardeur toute classique, des échos lyrique et tendres… soit un Beethoven ardent, brillant et profond à la fois.

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DAVID-KADOUCH-BEETHOVEN-LILLE-PIANOS-DIGITAL-2020-alexandre-Bloch-orchestre-national-de-Lille-critique-classiquenews20h, CONCERT DE CLÔTURE. L’attente se concentre surtout sur le dernier programme, concert de clôture d’un Festival aussi inédit que réussi : à 20h, le 3è Concerto pour piano et orchestre de Beethoven. Ces deux là devaient se rencontrer tôt ou tard et fusionner littéralement. Entre le chef Alexandre Bloch et David Kadouch, pianiste dont classiquenews suit le parcours depuis longtemps, une complicité évidente se tisse ; un bonheur du jeu partagé s’offre immédiatement à l’image. Et les musiciens du National de Lille (que les cordes) ne se font guère prier.
Immédiatement se distingue l’éloquence tendre, d’une élégance souveraine du premier mouvement dont le soliste exprime entre expressivité, tension, fluidité, la volubilité …mozartienne. Cette vision très articulée cisèle l’introspection de ce massif que beaucoup aborde plus sec et tendu, plus épais et minéral. Le choix du caractère, celui d’une introspection « fiévreuse » selon les propres mots du soliste, était juste.
L’Adagio est le chant d’une paix hors temps, énoncé avec une simplicité économe, un naturel sans effet aucun, et aussi une gravité feutrée qui ébranle toute triomphalisme : l’accord cordes et piano est ici le plus sûr, amoureusement, tendrement réalisé. David Kadouch en exprime les vertiges d’une errance (la pédale) profonde et qui se rattache enfin de séquence à la réalité de l’espoir. Le pianiste déploie une palette de couleurs, riches et sensibles, dans le sillon de ce qu’il a appris en écoutant Daniel Barenboim.
La version pour cordes par quelques instrumentistes du National de Lille, à bonne distance les uns des autres, distanciation sanitaire oblige, revêt un symbole fort : le retour à la parole des instruments qui s’étaient tu jusque là, hors des salles de concert. Moment suspendu qui nous rappelle le pouvoir poétique essentiel de la divine musique. Le chef trouve des respirations amples et graves, justes et sincères. Laissant au piano, la vitalité et l’éloquence du cœur. Le caractère est bien celui d’une confession d’un Beethoven amoureux, inspiré par une submersion de sentiments d’une intensité saisissante ; le style du pianiste orchestre de mains de maître cette immersion pleine de grâce, puis enchaîne l’énergique Allegro final avec une douceur impériale, une vitalité chorégraphique, bondissante et même swinguée que les cordes du National de Lille colorent d’une nervosité ronde… toute viennoise. L’héroisme beethovénien a ici l’élégance presque facétieuse de Haydn et la sincérité de Wolfgang. L’architecture de la partition en sort lumineuse, de la conscience du destin (do mineur) au début ; au sentiment de la perte (Adagio), jusqu’à la résistance portée dans le finale, son espérance qui porte au triomphe. C’est dire la réussite de ce dernier concert qui referme l’édition 100% digitale du LILLE PIANO(S) FESTIVAL en apothéose. Sublime conclusion à une édition inédite technologiquement, indiscutable artistiquement.
Sans embrassades mais s’applaudissant entre eux, la joie entre les musiciens est palpable. Pour les deux musiciens Alexandre Bloch et David Kadouch, il s’agit de leur premier concert en grande formation (depuis le début du confinement). Formidable moment de partage et d’élégance, de sincérité, de bonheur. Mémorable. Rédaction : Camille de Joyeuse pour classiquenews.com.

BEETHOVEN, CONCERTO POUR PIANO N°3
Concerto pour piano n°3 (version pour orchestre à cordes, arrangement Vinzent Lachner d’après la version à deux pianos de Franz Liszt)
Piano : David Kadouch
Orchestre National de Lille
Direction : Alexandre Bloch

REVOIR le concerto n°3 pour piano et orchestre de Beethoven
par David Kadouch et Alexandre Bloch, Orchestre National de Lille :
https://www.youtube.com/watch?v=hQX7NdLPQR4

 

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REVOIR TOUS LES CONCERTS DU LILLE PIANO(S) DIGITAL 2020
sur la chaîne youtube de l’ON LILLE Orchestre National de Lille
https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw

 

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LILLE : Lionel Bringuier dirige l’ONL / Destin Russe

DESTIN RUSSE pour l'Orchestre National de LilleLILLE, ONL, le 11 mars 2020, 20h. DESTIN RUSSE. Tchaikovski, Prokofiev. A partir de la musique de Bach (choral « Es ist genug » extrait de la cantate « O Ewigkeit du Donnerwort » BWV 20), le compositeur finlandais en rĂ©sidence Ă  l’ON LILLE Orchestre National de Lille, Magnus Lindberg, suit le traces d’Alban Berg qui a parodiĂ© le mĂŞme choral pour son Concerto pour violon. Le Finlandais en dĂ©duit une partition flamboyante, intitulĂ©e simplement et logiquement “Chorale”, pleine d’espĂ©rance et aussi de vertiges sombres et de tensions inquiĂ©tantes.
Prokofiev compose en France son Concerto pour piano n°3 pendant l’été 1921 ; il le crée en déc 1921 à Chicago : même conçue comme un complément léger au n°2, la partition est un sommet de difficultés rythmiques, de vivacité mélodiques voire de défis dans les tempos, car Prokofiev reste avant tout inqualifiable et irréductible à toute classification. Pianiste virtuose, Prokofiev joue lui-même la partie soliste à la création

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1Dense, élégante, mais aussi grave, annonçant les vertiges et le passage dans l’audelà, inscrit dans le dernier mouvement de la 6è symphonie (« Pathétique »), la Symphonie n°5 est conçue en 1888, soit une décennie après la 4è. Moment de doute et de questionnement intense sur le sens de la musique et de sa propre vie, le contexte explique la gravité qui soustend toute la symphonie. Tchaikovski souligne la constance de son inspiration qui n’a jamais faibli et regrettera après les réserves des critiques, ce trop d’affectation, un manque de sincérité qui auraient soit disant nui à son travail… Quoiqu’il en soit c’est justement son ambivalence entre éclaircie ou dépaysante insouciance qui fonde la valeur de l’opus symphonique.

BRINGUIER lionel concert classiquenews destinrussePour ce programme, Lionel Bringuier (photo ci dessus) dirige l’Orchestre national de Lille (initialement prĂ©vue, la cheffe Han-Na Chang a annulĂ© sa venue Ă  Lille, Ă©tant souffrante) – Aux cĂ´tĂ©s du maestro français, le pianiste – 1er prix du Concours Reine Elisabeth – Lukáš Vondráček initialement programmĂ©, malade, est remplacĂ© par le jeune virtuose russe ALEXANDER MALOFEEV, tempĂ©rament dĂ©jĂ  puissant et tout en finesse (photo ci dessous) qui est prĂŞt Ă  relever les dĂ©fis du Concerto de Prokofiev.

 

malofeev alexander piano orchestre national de lille concert classiquenews

 

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Lionel Bringuier, direction

 

LILLE, Auditorium du Nouveau Siècleboutonreservation
Mercredi 11 mars 2020, 20h

 

 

Programme

Lindberg :
Chorale

Prokofiev :
Concerto pour piano et orchestre n°3 en do Majeur o p.26

TchaĂŻkovski :
Symphonie n°5 en mi mineur op.64

 

 

 

 

Tarifs : 5 Ă  55€ – RĂ©servations sur www.onlille.com et Ă  la Boutique de l’Orchestre, 3 place Mendès
France – LILLE – Renseignements 03 20 12 82 40
(du lundi au vendredi 10h-18h)

 

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Programme repris également en région Hauts-de-France :
Jeudi 12 mars au ZĂ©phyr de HEM Ă  20h

ONL, ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, nouvelle saison 2019 – 2020

ONL-orchestre-national-de-lille-saison-2019-2020-nouvelle-saison-symphonique-annonce-concerts-symphonies-chefs-maestro-opera-classiquenews-VIGNETTE-COR-19-20SAISON 2019 – 2020. ONL, Orchestre National de Lille. L’orchestre fondĂ© par Jean-Claude Casadesus poursuit sa formidable odyssĂ©e grâce Ă  son nouveau directeur musical, Alexandre BLOCH. Un musicien dynamique qui ne s’économise guère, ayant le goĂ»t des dĂ©fis impressionnants, fusionnant grands effectifs et sens du dĂ©tail comme de l’architecture. Les deux annĂ©es Ă©coulĂ©es ont dĂ©montrĂ© cette capacitĂ© du colossal et de l’intime dans le choix de partitions qui supposent un grand engagement collectif : l’inclassable mais fraternelle MASS de Bernstein, le cycle en cours dĂ©diĂ© aux Symphonies de Gustav Mahler (avec bientĂ´t le massif herculĂ©en de la 8è dite des « mille » qui rĂ©unit alors, les 20 et 21 novembre 2019, pas moins de 300 artistes sur le plateau)…
La nouvelle saison 2019-2020 s’annonce sous les mêmes proportions (dont la 9è de Beethoven associant solistes, chœurs et orchestre pour un final somptueusement festif les 25 et 26 juin 2020), avec un souci « pédagogique » d’ampleur, celui de révéler les « chefs d’œuvres intemporels » du répertoire, ceux qui ressuscitent pour le plus grand nombre, les vertiges de l’expérience symphonique.

 

 

En 2019 – 2020, l’ONL Ă©crit un nouveau chapitre de son odyssĂ©e symphonique…

MAHLER, BEETHOVEN, LINDBERG…

 

 

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Ainsi l’ONL Ă©largit toujours davantage sont rĂ©pertoire, interrogeant les pages ambitieuses taillĂ©es par les plus grands compositeurs : Haydn, Bizet, TchaĂŻkovski, Dvorak, Brahms, Schubert, sans omettre les rĂ©formateurs du XXè : Ravel et Debussy (entre autres, cycle « J’aime la musique française » : concerts des 24, 25 janvier, puis 28 janv au 1er fĂ©vrier 2020 : La Mer, Ma mère l’Oye, La Valse) ; mais aussi Chostakovtich (Symphonies n°1 par Jean-Claude Casadesus, les 6 et 7 nov, / Symphonie n°5 par Alexandre Bloch, les 24 et 25 avril 2020), aux cĂ´tĂ©s de Beethoven dont 2020 marque le 150è anniversaire. Pleins feux aussi sur l’écriture du compositeur en rĂ©sidence et chef Magnus Lindberg dont plusieurs programmes dĂ©voileront davantage la singularitĂ© instrumentale : samedi 8 fĂ©vrier 2020 (« Lindberg exprience »: concert dirigĂ©, commentĂ© par le compositeur : Ottoni, Parada…) – autres rvs Lindberg : les 5 sept 2019, 11 mars et 25 et 26 juin 2019.

2019 voit l’achèvement du cycle GUSTAV MAHLER : soit 5 nouveaux rendez vous désormais incontournable au Nouveau Siècle de Lille pour tous ceux que le grand frisson orchestral attire et captive : Adagio de la 10è (le 5 sept), surtout 6ème (les 1er et 2 octobre), la sublime 7è ou « chant de la nuit » (le 18 octobre), Symphonie n°8 des « mille » (les 20 et 21 nov), enfin ultime programme ou « Adieu mahlérien », Symphonie n°9, les 15 et 16 janvier 2020.

Riche en propositions musicales nouvelles, l’ONL sait aussi se réinventer pour chaque nouvelle saison : en témoignent ses formats orchestraux inédits capables de séduire et fidéliser un public de plus en plus élargi : ciné-concerts (Star Wars, épisodes VI et VII, les 21 et 22 fév 2020 : « Le retour du Jedi » ; puis, les 2 et 3 avril 2020 : « Le réveil de la force »), « Just play » (24 sept), « concert flash » (45 mn de musique à la pause déjeuner : les 10 oct, 7 nov 2019 ; 20 janv, 12 mars 2010), «  Famillissimo » (programmes oniriques pour les petits et leurs familles : les 31 oct, 30 nov 2019 ; puis 28 et 29 fév : session autour de Beethoven et le hip hop ; le 4 avril 2020)

Autres temps forts d’une saison Ă©clectique et pĂ©dagogique : les grands invitĂ©s solistes de la nouvelle saison 2019 – 2020 qui travailleront avec Alexandre Bloch, … tels le violoniste Sergey Khachatryan (Concerto n°1 de Chostakovitch), ou le violoncelliste style Jean-Guilhen Queyras (Haydn, Bizet, Beethoven).

Jamais en reste d’un redéfinition créative ou d’une exploration complémentaire, l’ONL Orchestre national de Lille proposera en juin 2020, une nouvelle version du LILLE PIANO(S) Festival (cycle de concerts autour du piano qui investit plusieurs lieux de Lille, les 12, 13 et 14 juin 2020), et aussi un nouveau rendez-vous estival, « Les Nuits d’été », qui propose de relire un opéra célèbre en son auditorium du Nouveau siècle, noyau de ses activités musicales.

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TOUTES LES INFOS et les modalités de réservation
(différentes formules et pass, abonnements saison
sur le site de
l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
https://www.onlille.com/saison_19-20/pass_19-20/

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CD
les derniers cd de l’Orchestre National de Lille, critiqués sur CLASSIQUENEWS

CD, critique. Les Pêcheurs de Perles de BIZET : Fuchs, Dubois, Sempey…

CD, critique. CHAUSSON : oeuvres symphoniques / Poème de l’amour et de la mer / Symphonie opus 20

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REPORTAGES VIDEOS
Les derniers reportages dédiés au travail de l’ONL Orchestre National de Lille :

REPORTAGE VIDEO : Les PĂŞcheurs de perles

REPORTAGE VIDEO : MASS de Bernstein

ET bientĂ´t en nov 2019 : Symphonie des Mille de Gustav Mahler

LILLE, ONL. Les 8, 9 nov 2018 : JC Casadesus dirige Rimsky, Dvorak

LILLE, ONL. Les 8, 9 nov 2018 : JC Casadesus dirige Rimsky, Dvorak. Fièvre russe à Lille pour un programme exaltant et ambitieux intitulé « MILLE ET UNE NUITS », en référence au conte oriental qu’a mis en musique l’excellent Rimsky-Korsakov (Sheherazade).

casadesus_jean_claude_portrait_290Pour sa première série de la saison 2018-2019, le chef fondateur de l’ONL Orchestre National de Lille invite le jeune soliste français Victor Julien-Laferrière dans le Concerto pour violoncelle de DVORAK; Victor Julien-Laferrière, a été récemment récompensé de la Victoire de la musique classique de l’année. Il a aussi remporté le Concours Reine Elisabeth 2017.

Le Concerto pour violoncelle op.104 de Dvořák est l’un des piliers du répertoire du violoncelle ; comme la Symphonie du Nouveau Monde, le Concerto remonte à l’année 1894 quand Dvorak dirigeait le Conservatoire de New-York. Que la tonalité affirmée de si mineur ait été inspirée par le son des chutes du … Niagara, ou pas, il ne manque pas de souffle et de grandeur dans un Concerto qui place clairement le violoncelle au centre d’un drame passionné, à la mesure de déflagrations aquatiques amples et suggestives. Dvorak écrit une pièce majeure qui ne cite pas ou très peu le nouveau continent, mais plutôt sa terre natale (mouvement lent, et finale du dernier) : rien ne résiste à l’appel de la Bohème originelle.

7 années auparavant, Rimsky-Korsakov démontre une inspiration éblouissante dans sa mise en musique de la légende orientale, « les Mille et une Nuits », source littéraire et onirique puissante, à la mode en Russie au cours du XIXe siècle. Que rehausse encore le génie du compositeur russe, comme orchestrateur : de fait, son écriture partage cet orientalisme fièvreux et très coloré, avec le peintre français Gérôme, inventeur de l’orientalisme pictural, et qui éblouit spécifiquement par son sens d’un chromatisme d’une sensualité irrésistible.

REPORT D’UNE MISE A MORT PROGRAMMÉ… Rimski-Korsakov explicite lui-même le programme de son poème symphonique ainsi : « Le sultan Shahriar, persuadé de la perfidie et de l’infidélité des femmes, jura de faire mettre à mort chacune de ses épouses après la première nuit. Mais la sultane Shéhérazade réussit à sauver sa vie en le captivant par des histoires qu’elle lui raconta pendant mille et une nuits. Pris par la curiosité, le sultan remettait de jour en jour l’exécution de son épouse et finit par y renoncer définitivement. Shéhérazade lui conta bien des merveilles, en citant les vers des poètes et les textes des chansons, et en imbriquant les histoires les unes dans les autres.» Comme son héroïne multiplie les épisodes et enrichit sa narrations de milles rebondissements imprévus, Rimsky, qui orchestre simultanément l’opéra « Le Prince Igor » de son compatriote Borodine, s’ingénie à développer 1001 nuances et couleurs instrumentales, osant des combinaisons de timbres, des mélanges à foison. S’il cite de façon répétitive, un même motif, Rimsky s’écarte du principe du leitmotiv wagnérien, car jamais un même air n’est attaché à la même idée : de fait, le même motif mélodique évoque tour à tour, le sultan magnifique, l’océan sur lequel navigue le marin Sindbad… rien n’est figé, tout se métamorphose… comme l’écriture de Rimsky qui atteint un raffinement proche des futurs impressionnistes. Dans cette houle mouvante et enivrée, perce le violon solo sublime de Shéhérazade qui lui incarne toujours la figure de la princesse au génie poétique et narratif central.

LAFERRIERE violoncelleVictor Julien-Laferriere © Lyodoh KanekoAGENDA : ne manquer aussi le 9 novembre 2018, 12h30…
A noter que le violoncelliste aura sa « carte blanche » à Lille, à l’Auditorium le vend 9 nov 2018, 12h30. Au programme de ce récital de la mi journée : JS BACH (Suite pour violoncelle n°1) et KODALY (Sonate pour violoncelle seul).

LILLE, Auditorium le Nouveau Siècle
Les 8 et 9 novembre 2018
Jean-Claude CASADESUS (chef fondateur) dirige l’ONL ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE dans  DVORAK et RIMSKY-KORSAKOV
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