CD, critique. MOZART & contemporaries. VĂ­kingur Ă“lafsson, piano (1 cd Deutsche Grammophon)

mozart-vikingur-olafsson-cd-deutsche-grammophon-review-critique-cd-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-oct-2021CD, critique. MOZART & contemporaries. Víkingur Ólafsson, piano. Suite sous le feu d’une digitalité sensible, de l’émergence du chant de l’enfance, cette tendresse lumineuse dont Mozart a le secret (jaillissant comme un filon intact du Rondo K 494). La valeur de ce programme tient à ce jeu étonnant où les contrastes naissent d’une palette éblouissante de compositeurs contemporains de Wolfgang « contemporaries » : CPE Bach, Galuppi et Cimarosa principalement, ce dernier dans une gravité sincère insoupçonnée et ainsi révélée…) dont la grâce en partage sait renouveler de façon inventive la forme de la sonate classique ; revitalisant toujours le discours dans le style galant ; où quand tout a été dit, ne reste que le silence pour conclusion. Dans cette arène vive, crépitante, se distingue le feu parfois éruptif et crépitant des CPE Bach (électricité du Rondo H290) ou Cimarosa (pâleur inquiète de la Sonate n°42 / dans l’arrangement d’Olafson dont la couleur indique ce gouffre mozartien partagé). Tout semble préparer à la parole sans concession, d’un dépouillement bouleversant d’un Mozart de fait au centre du programme, touché, frappé, irradié, transcendé (pudeur et solitude de la Fantaisie K397, perle de la collection, enchaîné sans autre transition avec la joie miraculée du Rondo K485). Ainsi se réalise la liberté de l’interprète qui sélectionne et agence en un périple saisissant chaque séquence. Mozart s’affirme le plus complet, le plus direct : éloquence jaillissante de la Petite Gigue (K 574) à laquelle l’interprète fait correspondre l’enchantement intime de la Sonate K 545… Haydn, ne démérite en rien : sa Sonate n°47 a la gravité et l’élégance de Mozart et sous les doigts directs du pianiste, elle affirme une franchise crépitante douée d’un humour articulé et vivace. Tandis que la K 457 éblouit par sa tendresse clairvoyante d’une infinie et grave douceur (adagio)…
CLIC_macaron_2014Parsemé d’éclairs et de traits d’une tendresse grave, le recueil établit un parcours d’une saisissante sincérité, joué avec une passion nuancée au dosages délectables (dont la gravité joué comme une finesse noire ainsi que tend à le suggérer la plume noire que tient l’interprète sur la cover de ce cd ciselé). Confirmant l’intelligence sensible du pianiste, désormais pilier de l’écurie DG / Deutsche Grammophon (avec Daniil Trifonov). Incontournable.

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CD, critique. MOZART & contemporaries. VĂ­kingur Ă“lafsson, piano (1 cd Deutsche Grammophon) – enregistrĂ© en avril 2021, Reykjavik- CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2021.

 

 

 

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