Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux Dames, le 9 juillet 2016. Couperin, Guillemain, Quentin, TĂ©lĂ©mann. Ensemble Nevermind (Anna Besson, traverso; Louis Creac’h, violon; Robin Pharo, viole de gambe; Jean Rondeau, clavecin).

nevermind-2Après une courte et nĂ©cessaire pause, nous passons de l’auditorium Ă  l’Ă©glise abbatiale de l’Abbaye aux Dames. Nous changeons aussi de pĂ©riode, laissant derrière nous, les percussions d’Ars Nova, pour l’ensemble Nevermind, installĂ© en rĂ©sidence depuis septembre 2015. Ce Quatuor instrumental, formĂ© de quatre amis qui se sont rencontrĂ©s au CNSMD de Paris, se consacre Ă  la dĂ©couverte ou Ă  la redĂ©couverte de compositeurs mĂ©connus, voire totalement inconnus, de la pĂ©riode baroque française. C’est ainsi que le programme de ce nouveau concert dĂ©voile Louis-Gabriel Guillemain (1705-1770) et Jean-Baptiste Quentin (1690-vers1750); deux compositeurs inscrits au programme de leur dernier cd.

 

 

Nevermind en ascension : toujours plus haut, plus beau, plus vivant….

 

Pour dĂ©buter son concert, Nevermind prĂ©sente une Ĺ“uvre dĂ©jĂ  connue du public : La PiĂ©montoise (4ème Ordre : Les Nations) composĂ©e par François Couperin (1668-1733). Si la direction de Jean Rondeau, depuis son clavecin, est discrète et ferme, la complicitĂ© des quatre instrumentistes lui rĂ©pond avec gourmandise : l’interprĂ©tation est rigoureuse, dynamique, entraĂ®nante ; les interprètes expriment ce voyage dĂ©signĂ© vers le PiĂ©mont. Le
cĹ“ur du concert, concerne d’abord Louis-Gabriel Guillemain (1705-1770); violoniste prodige, nommĂ© « violon ordinaire du Roi », Guillemain est aussi compositeur pour le violon, bien sĂ»r, mais aussi pour des ensembles de musique de chambre et pour orchestre.

En ce dĂ©but d’après midi, c’est la Sonate en quatuor n° 3 que nous propose Nevermind; l’écriture en est charmante, lĂ©gère quoique hardie et exigeante prĂ©figurant ce que sera celle de Mozart quelques annĂ©es plus tard. Avec Jean-Baptiste Quentin (1690-vers1750), contemporain de Guillemain, nous entrons dans un univers plus mystĂ©rieux; l’oeuvre de Quentin est confidentielle mais dense : seulement une vingtaine de recueils dont le dernier date de 1750. S’il disparaĂ®t cette mĂŞme annĂ©e, sa mort elle-mĂŞme reste inexplicable ; et on en ignore la date exacte ; Quentin n’en laisse pas moins des partitions qui gagnent Ă  ĂŞtre connues. Compositeur vivant en plein cĹ“ur de la pĂ©riode baroque, il hĂ©rite des techniques de composition de ses prĂ©dĂ©cesseurs immĂ©diats, Lully ou Marin Marais par exemple et de ses contemporains, Campra ou Rameau entre autres. Avec le Concert Ă  quatre parties (Ĺ“uvre XII, Largo) et la Sonate en quatuor n°3 (Ĺ“uvre XV), Nevermind nous propose deux Ĺ“uvres dont le style est très personnel; marquĂ© par ses illustres contemporains, Quentin ne les copie pas pour autant. Sa musique est certes rigoureuse mais les quatre complices en donnent une lecture dynamique, vivante, sans lourdeur.
Pour terminer, Georg-Philipp Telemann (1681-1767) : un auteur emblématique de la formation car les Quatre instrumentistes se sont rencontrés autour de Telemann qui a composé pour leur formation précise (flûte, violon, viole de gambe, clavecin) ; avec le Nouveau quatuor parisien n°6 en mi mineur, composé lors de son séjour parisien, Nevermind revient à un répertoire certes plus traditionnel mais tout aussi intéressant, alliant raffinement, tension, dramatisme élégant. Les interprètes honorent ainsi un compositeur qui leur a permis dès leurs débuts de s’affirmer : ses Quatuors parisiens sont écrits pour leur formation instrumentale : violon, flûte, viole et clavecin.

Nevermind, nouveau quatuor sur instruments d'Ă©poqueLe geste est dĂ©fricheur, Ă©clairant ce qui se cache ainsi Ă  l’ombre des plus connus : Lully, Campra, Rameau ou Marin Marais. Avec Louis-Gabriel Guillemain (1705-1770) et Jean-Baptiste Quentin (1690-vers1750), NeverMind met en lumière deux hommes dont la musique n’a rien Ă  envier Ă  celle de leurs contemporains. Avec Couperin et Telemann, les Quatre apportent une touche «sĂ©curitaire» Ă  un concert qui a le mĂ©rite de nous faire sortir des sentiers battus.

Saintes. Abbaye aux dames, le 9 juillet 2016. François Couperin (1668-1733) : La PiĂ©montoise (4ème Ordre : Les Nations), Louis-Gabriel Guillemain (1705-1770) : Sonate en quatuor N°3, Jean-Baptiste Quentin (1690-vers1750) : concert Ă  quatre parties, Ĺ“uvre XII (largo), Sonate en quatuor n°3, Ĺ“uvre XV (1747), Georg-Philipp Telemann (1681-1767) : Nouveau quatuor parisien n°6 en mi mineur. Ensemble Nevermind (Anna Besson, traverse / Louis Creac’h, violon / Robin Pharo, viole de gamme / Jean Rondeau, clavecin).

APPROFONDIR : VOIR le reportage vidĂ©o dĂ©diĂ© au jeune ensemble Nevermind en rĂ©sidence Ă  Saintes (fĂ©vrier 2016, premier concert : jouer les Baroques allemands, français, italiens…)

 

Reportage. L’ensemble NEVERMIND en résidence à Saintes (février 2016)

logoSaintes_A3_noirReportage. L’ensemble NEVERMIND en rĂ©sidence Ă  Saintes (fĂ©vrier 2016) — Le quatuor de solistes sur instruments d’Ă©poque  (formation originale Ă  quatre voix Ă©gales : traverso, violo,, viole de gamme et clavecin) NEVERMIND est en rĂ©sidence Ă  l’Abbaye aux Dames, la citĂ© musicale, Ă  Saintes. Approche intensive du rĂ©pertoire baroque, en particulier les Quatuors parisiens de Telemann, cycle emblĂ©matique dans la constitution du groupe, travail collectif Ă  Saintes, relation aux publics, projets futurs et programmes pour le festival estival de Saintes… — rĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM — © studio CLASSIQUENEWS.COM 2016

Compte-rendu, concert. Saintes, Auditorium, le 10 fĂ©vrier 2016. Rameau, Couperin, Telemann… Ensemble Nevermind

Compte rendu, concert. Saintes, Auditorium. Le 10 fĂ©vrier 2016. Ensemble Nevermind : Couperin, Rameau, Telemann… Acteurs d’une rĂ©sidence Ă  l’Abbaye aux Dames de Saintes, le jeune ensemble Nevermind (sur instruments d’Ă©poque) affirme l’entente musicale de quatre instrumentistes dont la complicitĂ© et le plaisir partagĂ© scellent une nouvelle sonoritĂ© concertante. Après tout, les quatuors baroque ne sont pas lĂ©gions et les quatre tempĂ©raments ainsi accordĂ©s (flĂ»te, violon, clavecin, viole de gambe) mĂ©ritent bien une scène spĂ©cifique, qui rĂ©sidence oblige, prĂ©sente en ce soir du 10 fĂ©vrier, dans l’Auditorium de Saintes, les fruits de leur travail rĂ©alisĂ© sur quatre journĂ©es. Un travail de prĂ©cision comme une mĂ©canique subtile engage chaque instrumentiste pour la rĂ©alisation de cette conversation musicale oĂą le jeu concertant est l’expression d’un Ă©quilibre collectif qui recherche l’Ă©loquence harmonieuse des partis associĂ©s. Les instruments se chauffent et s’accordent dans le Marais d’ouverture (qui est certes sur le canevas d’un trio: en l’occurrence, un extrait du Trio n°5 des Pièces pour le coucher du Roi ; puis c’est surtout les 3 Pièces de clavecin en concert, celles sublimes du Concert V de Rameau, oĂą le tissu si subtile cette fois Ă  quatre voix Ă©gales, permet concrètement de rĂ©aliser ce jeu collectif oĂą la somme des parties sĂ©parĂ©es engendre cet enchantement d’une ineffable poĂ©sie : La Cupis fait entendre pour la voix de dessus, le très beau son du violon de Louis Crea’ch, ex Ă©lève de l’orchestre maison, Jeune Orchestre de l’Abbaye (Ă  l’Ă©poque de sa formation et de son apprentissage : “Jeune Orchestre Atlantique”) : la maĂ®trise des intentions, l’intelligence des phrasĂ©s, le style d’une pudeur fine et tendre Ă  la fois, affirment nettement la sensibilitĂ© de l’instrumentiste ; un artiste d’une rare comprĂ©hension et d’une plĂ©nitude  stylistique manifeste dont l’Abbaye aux Dames peut ĂŞtre fière d’avoir ainsi favorisĂ© l’Ă©closion et la maturation. D’une mĂŞme sĂ»retĂ© de ton, carrure preste et technicitĂ© coulante, le clavecin de Jean Rondeau (que l’on ne prĂ©sente plus car l’intĂ©ressĂ© mène parallèlement une carrière de claveciniste remarquĂ© – son dernier cd dĂ©diĂ© Ă  Rameau et surtout Royer affirme comme un nouveau jalon, cohĂ©rence et maturitĂ© de ses convictions artistiques).

 

 

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C’est surtout après le Couperin d’une grande finesse (superbes passages harmoniques, extraits de La PiĂ©montaise des Nations), l’intensitĂ© dramatique et les somptueuses couleurs du Telemann moins connu (extraits du 6ème opus des Quatuors Parisiens : idĂ©alement destinĂ©s pour la formation instrumentale en quatuor, les partitions de Telemann frappent par leur grand raffinement, leur caractère noble et Ă©videmment italien, quand leur architecture puissante cultive aussi de superbes atmosphères dĂ©jĂ  presque nĂ©oclassiques (or nous ne sommes que dans les annĂ©es 1730…). A l’Ă©poque oĂą Rameau fait sa rĂ©volution lyrique, le chant instrumental, cosmopolite et raffinĂ© de Telemann n’a rien Ă  lui envier. Et les solistes de Nevermind lui dĂ©dient leur travail d’horlogerie, prĂ©cision et souffle expressif combinĂ©s. Un rĂ©el accomplissement qui confère au groupe sa lĂ©gitimitĂ© instrumentale ; c’est d’ailleurs autour des Quatuors parisiens de Telemann que les quatre solistes se sont reconnus, accordĂ©s, combinĂ©s avec la rĂ©ussite qui ce soir se rĂ©vèle souvent irrĂ©sistible.

Fruit de la rĂ©sidence Ă  Saintes, ce Telemann prometteur laisse entrevoir un prochain enregistrement de la totalitĂ© des Quatuors parisiens ; mais il a su aussi nourrir un tout autre travail sur le jeu quasi improvisĂ© (au prix de quelle maĂ®trise, en particulier sur le souffle et l’exactitude rythmique) d’un traditionnel irlandais (Port na bPĂşcaĂ­), “un air de très ancienne mĂ©moire” prĂ©cise la flĂ»tiste Anna Besson visiblement très inspirĂ© par ce dĂ©fi : le traverso emporte l’enthousiasme par ses sonoritĂ©s intĂ©rieures et mĂ©ditatives, en total accord avec le clavecin Ă©nigmatique de Jean Rondeau. On en redemande.

 

SAINTES, PEPINIERE DES JEUNES TEMPERAMENTS. Saintes jalonne ainsi sa saison musicale dans l’annĂ©e par des rendez vous dĂ©sormais incontournables : cette rĂ©sidence Nevermind et l’offrande de ce concert du 10 fĂ©vrier, composent les Ă©lĂ©ments d’un tremplin offert aux jeunes tempĂ©raments, prometteurs et dĂ©fricheurs. Les spectateurs peuvent retrouver les interprètes au moment du festival estival, dont le programme prolonge un cheminement artistique Ă©laborĂ© sur la durĂ©e. Cet Ă©tĂ©, en juillet 2016, les festivaliers pourront dĂ©couvrir comme l’Ă©tape suivante de leur parcours musical Ă  Saintes, ce travail spĂ©cifique sur le jeu concertant, fruit de l’Ă©coute, de la complicitĂ© et du plaisir, composantes toujours irrĂ©sistible d’une nouvelle fraternitĂ© musicale qui s’Ă©crit dĂ©sormais de concert en concert. Jeune ensemble Ă  suivre.

 

 

Vitalité concertante : Nevermind à Saintes

rondeau-jean-clavecin-poitiers-tap-classiquenewsSaintes. Concert Nevermind. Mercredi 10 fĂ©vrier 2016. C’est un nouvel ensemble Ă  quatre voix Ă©gales qui sait dĂ©ployer une pĂ©tulante vitalitĂ© sur instruments d’Ă©poque : flĂ»te ou plutĂ´t traverso, violon, clavecin et viole de gambe. Le programme de ce 10 fĂ©vrier est le prolongement finalisĂ© et abouti d’une rĂ©sidence de près de 4 jours, dans l’Ă©crin inspirant de l’Abbaye aux Dames de Saintes. Comme l’ensemble de voix de femmes De Caelis – en rĂ©sidence en 2015 pour l’enregistrement de leur programme en crĂ©ation dĂ©diĂ© Ă  Hildegard von Bigen : VOIR notre reportage vidĂ©o sur le travail de De Caelis Ă  Saintes en 2014 avec Zad Moultaka, “Jardin clos” puis Gemme en 2014), les quatre instrumentistes de Nevermind explorent Ă  Saintes en 2016, de nouveaux champs musicaux : un Baroque revivifiĂ© au diapason de l’Ă©nergie collective. Sur instruments anciens, les 4 tempĂ©raments innovent, surprennent, osent par un jeu concertĂ©, concertant, virtuose et profond d’une indiscutable clartĂ© expressive qui rend chaque interprĂ©tation captivante, par la prĂ©cision rythmique et le souci de l’Ă©coute partagĂ©e. De la fougue, une sensibilitĂ© ciselĂ©e, partagĂ©e par des partenaires complices qui cultivent le respect mutuel, le rebond, dans l’esprit si dĂ©licat d’une conversation musicale… Au programme quelques joyaux baroques français du Grand Siècle (Marais) et du XVIIIè (Couperin et Rameau), mis en regard avec deux monstres sacrĂ©s du XVIIIè germanique, JS Bach et Telemann…

 

 

 

boutonreservationEnsemble Nevermind
Programme : Marais, Couperin, Rameau, Bach, Telemann (extraits des Quatuors Parisiens)
Mercredi 10 février 2016, 20h30
Saintes, Auditorium de l’Abbaye

Anna Besson, traverso
Louis Creac’h, violon
Robin Gabriel Pharo, viole de gambe
Jean Rondeau, clavecin

 

 

CONVERSATION MUSICALE A QUATRE VOIX. Evolutive, souvent surprenante, l’Ă©criture instrumentale Ă  l’âge Baroque est l’une des plus inventives. Jean Rondeau et ses complices interrogent toutes les possibilitĂ©s expressives du cadre concertant oĂą 3 instruments solistes jouent de concert sur un continuo des plus subtiles. L’ensemble Nevermind met en lumière la partie Ă©clatante et continue de la basse continue (continuo), assurĂ©e par le clavecin et la viole entre autres, qui sait nuancer sa partie lorsqu’il faut par exemple mettre en lumière les instruments concertants, comme c’est le cas de la Suite en trio n°5 en mi mineur de Marin Marais ou dans La PiĂ©montoise, tirĂ©e du recueil Les Nations de François Couperin. Souple, agile, le continuo dĂ©ploie un subtil tapis sonore sans couvrir les instruments solistes.
Plus dĂ©concertant encore, la place que Rameau sait dĂ©dier au clavecin dès lors moins instrument du continuo que soliste de premier plan ; ainsi dans ses Pièces pour clavecin en concerts, le clavecin est l’instrument central autour duquel s’organise la conversation musicale. Le compositeur n’hĂ©site pas Ă  dĂ©fier la virtuositĂ© du soliste : un main assure la basse continue pendant que l’autre dĂ©fend la partie concertante et soliste, dialoguant avec les autres instruments. Un dĂ©fi pour l’interprète.
Jean-SĂ©bastien Bach innove encore en associant deux flĂ»tes, ou en dĂ©diant sa partition uniquement Ă  la viole ou au clavecin (Sonate in sol majeur BWV 1039). Mais l’un des plus grands gĂ©nies europĂ©ens de l’Ă©poque baroque, Telemann – plus cĂ©lèbre encore de son vivant que Bach, publie Ă  Paris, ses fameux Quatuors Parisiens dont la formation reste constante, et lĂ  encore, sujet de dĂ©fis concertants permanents : flĂ»te, violon, viole et clavecin…

Article actualisé le 13 février 2016 : le jeune ensemble Nevermind à Saintes.

Les 4 Nevermind : jubilation instrumentale Ă  Saintes

rondeau-jean-clavecin-poitiers-tap-classiquenewsSaintes. Concert Nevermind. Mercredi 10 fĂ©vrier 2016. C’est un nouvel ensemble Ă  quatre voix Ă©gales qui sait dĂ©ployer une pĂ©tulante vitalitĂ© sur instruments d’Ă©poque : flĂ»te ou plutĂ´t traverso, violon, clavecin et viole de gambe. Le programme de ce 10 fĂ©vrier est le prolongement finalisĂ© et abouti d’une rĂ©sidence de près de 4 jours, dans l’Ă©crin inspirant de l’Abbaye aux Dames de Saintes. Comme l’ensemble de voix de femmes De Caelis – en rĂ©sidence en 2015 pour l’enregistrement de leur programme en crĂ©ation dĂ©diĂ© Ă  Hildegard von Bigen : VOIR notre reportage vidĂ©o sur le travail de De Caelis Ă  Saintes en 2014 avec Zad Moultaka, “Jardin clos” puis Gemme en 2014), les quatre instrumentistes de Nevermind explorent Ă  Saintes en 2016, de nouveaux champs musicaux : un Baroque revivifiĂ© au diapason de l’Ă©nergie collective. Sur instruments anciens, les 4 tempĂ©raments innovent, surprennent, osent par un jeu concertĂ©, concertant, virtuose et profond d’une indiscutable clartĂ© expressive qui rend chaque interprĂ©tation captivante, par la prĂ©cision rythmique et le souci de l’Ă©coute partagĂ©e. De la fougue, une sensibilitĂ© ciselĂ©e, partagĂ©e par des partenaires complices qui cultivent le respect mutuel, le rebond, dans l’esprit si dĂ©licat d’une conversation musicale… Au programme quelques joyaux baroques français du Grand Siècle (Marais) et du XVIIIè (Couperin et Rameau), mis en regard avec deux monstres sacrĂ©s du XVIIIè germanique, JS Bach et Telemann…

 

 

 

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Programme : Marais, Couperin, Rameau, Bach, Telemann (extraits des Quatuors Parisiens)
Mercredi 10 février 2016, 20h30
Saintes, Auditorium de l’Abbaye

Anna Besson, traverso
Louis Creac’h, violon
Robin Gabriel Pharo, viole de gambe
Jean Rondeau, clavecin

 

 

CONVERSATION MUSICALE A QUATRE VOIX. Evolutive, souvent surprenante, l’Ă©criture instrumentale Ă  l’âge Baroque est l’une des plus inventives. Jean Rondeau et ses complices interrogent toutes les possibilitĂ©s expressives du cadre concertant oĂą 3 instruments solistes jouent de concert sur un continuo des plus subtiles. L’ensemble Nevermind met en lumière la partie Ă©clatante et continue de la basse continue (continuo), assurĂ©e par le clavecin et la viole entre autres, qui sait nuancer sa partie lorsqu’il faut par exemple mettre en lumière les instruments concertants, comme c’est le cas de la Suite en trio n°5 en mi mineur de Marin Marais ou dans La PiĂ©montoise, tirĂ©e du recueil Les Nations de François Couperin. Souple, agile, le continuo dĂ©ploie un subtil tapis sonore sans couvrir les instruments solistes.
Plus dĂ©concertant encore, la place que Rameau sait dĂ©dier au clavecin dès lors moins instrument du continuo que soliste de premier plan ; ainsi dans ses Pièces pour clavecin en concerts, le clavecin est l’instrument central autour duquel s’organise la conversation musicale. Le compositeur n’hĂ©site pas Ă  dĂ©fier la virtuositĂ© du soliste : un main assure la basse continue pendant que l’autre dĂ©fend la partie concertante et soliste, dialoguant avec les autres instruments. Un dĂ©fi pour l’interprète.
Jean-SĂ©bastien Bach innove encore en associant deux flĂ»tes, ou en dĂ©diant sa partition uniquement Ă  la viole ou au clavecin (Sonate in sol majeur BWV 1039). Mais l’un des plus grands gĂ©nies europĂ©ens de l’Ă©poque baroque, Telemann – plus cĂ©lèbre encore de son vivant que Bach, publie Ă  Paris, ses fameux Quatuors Parisiens dont la formation reste constante, et lĂ  encore, sujet de dĂ©fis concertants permanents : flĂ»te, violon, viole et clavecin…

Article actualisé le 13 février 2016 : le jeune ensemble Nevermind à Saintes.

L’ensemble Nevermind Ă  Saintes

rondeau-jean-clavecin-poitiers-tap-classiquenewsSaintes. Concert Nevermind. Mercredi 10 fĂ©vrier 2016. C’est un nouvel ensemble Ă  quatre voix Ă©gales qui sait dĂ©ployer une pĂ©tulante vitalitĂ© sur instruments d’Ă©poque : flĂ»te ou plutĂ´t traverso, violon, clavecin et viole de gambe. Le programme de ce 10 fĂ©vrier est le prolongement finalisĂ© et abouti d’une rĂ©sidence de près de 4 jours, dans l’Ă©crin inspirant de l’Abbaye aux Dames de Saintes. Comme l’ensemble de voix de femmes De Caelis – en rĂ©sidence en 2015 pour l’enregistrement de leur programme en crĂ©ation dĂ©diĂ© Ă  Hildegard von Bigen : VOIR notre reportage vidĂ©o sur le travail de De Caelis Ă  Saintes en 2014 avec Zad Moultaka, “Jardin clos” puis Gemme en 2014), les quatre instrumentistes de Nevermind explorent Ă  Saintes en 2016, de nouveaux champs musicaux : un Baroque revivifiĂ© au diapason de l’Ă©nergie collective. Sur instruments anciens, les 4 tempĂ©raments innovent, surprennent, osent par un jeu concertĂ©, concertant, virtuose et profond d’une indiscutable clartĂ© expressive qui rend chaque interprĂ©tation captivante, par la prĂ©cision rythmique et le souci de l’Ă©coute partagĂ©e. De la fougue, une sensibilitĂ© ciselĂ©e, partagĂ©e par des partenaires complices qui cultivent le respect mutuel, le rebond, dans l’esprit si dĂ©licat d’une conversation musicale… Au programme quelques joyaux baroques français du Grand Siècle (Marais) et du XVIIIè (Couperin et Rameau), mis en regard avec deux monstres sacrĂ©s du XVIIIè germanique, JS Bach et Telemann…

 

 

 

boutonreservationEnsemble Nevermind
Programme : Marais, Couperin, Rameau, Bach, Telemann (extraits des Quatuors Parisiens)
Mercredi 10 février 2016, 20h30
Saintes, Auditorium de l’Abbaye

Anna Besson, traverso
Louis Creac’h, violon
Robin Gabriel Pharo, viole de gambe
Jean Rondeau, clavecin

 

 

CONVERSATION MUSICALE A QUATRE VOIX. Evolutive, souvent surprenante, l’Ă©criture instrumentale Ă  l’âge Baroque est l’une des plus inventives. Jean Rondeau et ses complices interrogent toutes les possibilitĂ©s expressives du cadre concertant oĂą 3 instruments solistes jouent de concert sur un continuo des plus subtiles. L’ensemble Nevermind met en lumière la partie Ă©clatante et continue de la basse continue (continuo), assurĂ©e par le clavecin et la viole entre autres, qui sait nuancer sa partie lorsqu’il faut par exemple mettre en lumière les instruments concertants, comme c’est le cas de la Suite en trio n°5 en mi mineur de Marin Marais ou dans La PiĂ©montoise, tirĂ©e du recueil Les Nations de François Couperin. Souple, agile, le continuo dĂ©ploie un subtil tapis sonore sans couvrir les instruments solistes.
Plus dĂ©concertant encore, la place que Rameau sait dĂ©dier au clavecin dès lors moins instrument du continuo que soliste de premier plan ; ainsi dans ses Pièces pour clavecin en concerts, le clavecin est l’instrument central autour duquel s’organise la conversation musicale. Le compositeur n’hĂ©site pas Ă  dĂ©fier la virtuositĂ© du soliste : un main assure la basse continue pendant que l’autre dĂ©fend la partie concertante et soliste, dialoguant avec les autres instruments. Un dĂ©fi pour l’interprète.
Jean-SĂ©bastien Bach innove encore en associant deux flĂ»tes, ou en dĂ©diant sa partition uniquement Ă  la viole ou au clavecin (Sonate in sol majeur BWV 1039). Mais l’un des plus grands gĂ©nies europĂ©ens de l’Ă©poque baroque, Telemann – plus cĂ©lèbre encore de son vivant que Bach, publie Ă  Paris, ses fameux Quatuors Parisiens dont la formation reste constante, et lĂ  encore, sujet de dĂ©fis concertants permanents : flĂ»te, violon, viole et clavecin…

Article actualisé le 13 février 2016 : le jeune ensemble Nevermind à Saintes.