La RĂ©surrection de NEUKOMM, Le Couronnement de MOZART

COURONNEMENT et RÉSURRECTION Ă  TOURCOING et VERSAILLESTOURCOING, le 11 janvier 2019. MOZART, NEUKOMM, ATL Atelier Lyrique de Tourcoing. Programme rĂ©jouissant, cĂ©lĂ©bratif, et d’une rare Ă©lĂ©gance : L’Atelier Lyrique de Tourcoing se pare de couleurs majestueuses en janvier 2019 ; au programme, la Messe du Couronnement de Mozart, d’une lumiĂšre et d’une certitude Ă  toute Ă©preuve : composĂ©e en 1779, elle fait partie des partitions sacrĂ©es avec le Requiem (lui inachevĂ©) que Mozart nous laisse en hĂ©ritage, – emblĂšmes de son Ă©tonnante invention et conception dramatique ; l’oratorio la RĂ©surrection de Neukomm qui fut le grand dĂ©fenseur de Mozart aprĂšs sa mort (en 1791donc), et le crĂ©ateur de nombre de ses Ɠuvres dans le Nouveau Monde et jusqu’au BrĂ©sil.  Son oratorio prolonge le raffinement et le dramatisme de Mozart jusque dans la premier tiers du XIXĂš romantique 


 

 



MOZART-portrait-romantique-mozart-genie-xviii-siecle-portrait-opera-compte-rendu-par-classiquenews-critique-comptes-rendus-concerts-par-classiquenews-mozart-et-salieriLa Messe du couronnement cĂ©lĂšbre la consĂ©cration politique de l’empereur du Saint Empire Germanique Leopold II comme roi de BohĂšme, qui eut lieu Ă  Prague en 1791. Pourtant Mozart l’écrit 12 ans plus tĂŽt en 1779. La partition est choisie par Salieri, alors maĂźtre de chapelle de la Cour, qui la dirige pour cette occasion royale. La Messe tĂ©moigne de la maturitĂ© de Wolfgang au dĂ©but des annĂ©es 1780 – ampleur de la conception esthĂ©tique et orchestrale : le cadre classique et formel y implose par le souffle nouveau dĂ©volu Ă  l’orchestre ; Mozart est passĂ© par Mannheim, et ses formidables symphonistes.  Dans l’Agnus Dei, le dĂ©but du solo de soprano prĂ©figure dĂ©jĂ  la mĂ©lancolie ineffable de la Comtesse (« Dove sono i bei momenti ») de l’opĂ©ra Les Noces de Figaro, Ă©crit 7 ans plus tard.

 

 

neukomm-sigismond-compositeur-portrait-par-classiquenewsLa RĂ©surrection de Sigismund Neukomm est une crĂ©ation mondiale car jamais jouĂ©e en France. Elle a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e Ă  Londres en 1828, et jouĂ©e une seule fois avec 3 solistes, un chƓur, suivant le mĂȘme plan que l’oratorio de Haendel, La Resurrezione (Ă©crit en 1708). Avant Tourcoing et Versailles en janvier 2019, la partition oubliĂ©e de Neukomm, a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e au QuĂ©bec (LIRE ici notre critique du concert MOZART et NEUKOMM, au festival CLASSICA de Saint-Lambert, en juin 2018) ; l’opus dĂ©ploie une imagination entre Mozart et Weber, mĂȘlant raffinement instrumental et souffle de l’orchestre, tout en citant en plusieurs sĂ©quences l’opĂ©ra romantique allemand Ă  l’époque de Neukomm.

L’Atelier Lyrique de Tourcoing poursuit ainsi le travail du regrettĂ© Jean Claude Malgoire qui s’est efforcĂ© il y a longtemps dĂ©jĂ , de raviver la mĂ©moire de Neukomm, français d’adoption nĂ© Ă  Salzbourg, Ă©lĂšve de Michael et Joseph Haydn, compositeur de prĂšs de 2000 Ɠuvres pour la plupart conservĂ©es Ă  la BibliothĂšque Nationale de France
 C’est d’ailleurs Ă  la BNF que JC Malgoire le dĂ©fricheur, jamais en reste d’une pĂ©pite oubliĂ©e, a dĂ©couvert la partition de La RĂ©surrection.

Le concert rĂ©pond Ă  la demande du ChĂąteau de Versailles qui est  demeurĂ© sous le charme de Sigismund Neukomm depuis que la Messe de Requiem Ă  la mĂ©moire de Louis XVI a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  la Chapelle Royale. Dans La RĂ©surrection, mĂȘme prĂ©Ă©minence dĂ©volue au chƓur, qui commente ce qui est Ă©voquĂ© par les chanteurs solistes. Voici l’un des chef-d’Ɠuvres de Neukomm. RĂ©vĂ©lation Ă  suivre.

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CONCERT MOZART / NEUKOMM
Messe du couronnement / La RĂ©surrection

 

 

Vendredi 11 janvier 2019  à 20hboutonreservation
TOURCOING Théùtre Municipal R. Devos

 

 

Dimanche 13 janvier 2019 Ă  16h
VERSAILLES Chapelle Royaleboutonreservation

 

 

dĂšs 8 ans – 1h30
LATIN/ALLEMAND

 

 

MESSE DU COURONNEMENT
Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)
en ut majeur KV 317
créée le 23 mars 1779

LA RESURRECTION
Sigismund Neukomm(1778-1858)
oratorio – achevĂ© d’écrire Ă  Paris le 29 dĂ©cembre 1828

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Laetitia Grimaldi, soprano
Pauline Sabatier, mezzo (Mozart)
Antoine Bélanger, ténor
Marc Boucher, baryton

ChƓur de Chambre de Namur
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Leonardo Garcia Alarcon
Coproduction Festival Classica (Saint Lambert, Canada)

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LIRE aussi notre critique du concert MOZART / NEUKOMM donné à Boucherville, Québec, le 5 juin 2018 :

boucherville festival classica 6 juin concert neukomm et mozart marc boucher baryton laetitia grimaldi spitzer soprano _generale_du_concertCOMPTE-RENDU, concert. BOUCHERVILLE (QuĂ©bec), le 5 juin 2018. Festival Classica. Mozart, Neukomm (La RĂ©surection, rĂ©crĂ©ation). Temps fort de la 8Ăš Ă©dition du Festival CLASSICA au QuĂ©bec, le concert « fermé », dans l’église trĂšs Ă©lĂ©gante de Boucherville, au bord du Saint-Laurent. Le programme devait ĂȘtre dirigĂ© par le chef Jean-Claude Malgoire, dĂ©cĂ©dĂ© brutalement en avril dernier, si grand artiste passionnĂ© par le dĂ©frichement et qui continue de marquer la redĂ©couverte actuelle de Neukomm. C’est lui qui ressuscitait dĂ©jĂ  la version du Requiem de Mozart, telle que la partition fut achevĂ©e par le compositeur autrichien (Libera me final). Neukom, bien que contemporain de Beethoven, reste hermĂ©tique aux excĂšs expressifs du grand Ludwig. Il s’engage plutĂŽt pour le dernier Mozart et sa diffusion ainsi au BrĂ©sil (lors d’un fameux sĂ©jour transatlantique rĂ©alisĂ© de 1816 Ă  1821 : la cĂ©lĂšbre mission française au BrĂ©sil). Sigismond (von) Neukomm (1778-1858), fut Ă©lĂšve de Michael Haydn, avant de servir Ă  Vienne, son frĂšre Joseph, comme confident et disciple. De ce dernier, Neukomm apprit les rudiments de son mĂ©tier, partageant avec le concepteur de la CrĂ©ation (1799), ce goĂ»t pour le travail Ă©lĂ©gant, mesurĂ©, classique, pourtant d’un raffinement absolu servant un dramatisme toujours lumineux et nerveux. Dans les faits, alors que Beethoven rĂ©volutionne le genre symphonique, Neukomm cultive et prolonge le goĂ»t et l’esprit des LumiĂšres avec un Ă©quilibre aristocratique. LIRE la critique du concert dans son intĂ©gralitĂ©

 

  

  

 

TOURCOING. La RĂ©surrection de Neukomm, le Couronnement de Mozart

COURONNEMENT et RÉSURRECTION Ă  TOURCOING et VERSAILLESTOURCOING, le 11 janvier 2019. MOZART, NEUKOMM, ATL Atelier Lyrique de Tourcoing. Programme rĂ©jouissant, cĂ©lĂ©bratif, et d’une rare Ă©lĂ©gance : L’Atelier Lyrique de Tourcoing se pare de couleurs majestueuses en janvier 2019 ; au programme, la Messe du Couronnement de Mozart, d’une lumiĂšre et d’une certitude Ă  toute Ă©preuve : composĂ©e en 1779, elle fait partie des partitions sacrĂ©es avec le Requiem (lui inachevĂ©) que Mozart nous laisse en hĂ©ritage, – emblĂšmes de son Ă©tonnante invention et conception dramatique ; l’oratorio la RĂ©surrection de Neukomm qui fut le grand dĂ©fenseur de Mozart aprĂšs sa mort (en 1791donc), et le crĂ©ateur de nombre de ses Ɠuvres dans le Nouveau Monde et jusqu’au BrĂ©sil.  Son oratorio prolonge le raffinement et le dramatisme de Mozart jusque dans la premier tiers du XIXĂš romantique 


 

 



MOZART-portrait-romantique-mozart-genie-xviii-siecle-portrait-opera-compte-rendu-par-classiquenews-critique-comptes-rendus-concerts-par-classiquenews-mozart-et-salieriLa Messe du couronnement cĂ©lĂšbre la consĂ©cration politique de l’empereur du Saint Empire Germanique Leopold II comme roi de BohĂšme, qui eut lieu Ă  Prague en 1791. Pourtant Mozart l’écrit 12 ans plus tĂŽt en 1779. La partition est choisie par Salieri, alors maĂźtre de chapelle de la Cour, qui la dirige pour cette occasion royale. La Messe tĂ©moigne de la maturitĂ© de Wolfgang au dĂ©but des annĂ©es 1780 – ampleur de la conception esthĂ©tique et orchestrale : le cadre classique et formel y implose par le souffle nouveau dĂ©volu Ă  l’orchestre ; Mozart est passĂ© par Mannheim, et ses formidables symphonistes.  Dans l’Agnus Dei, le dĂ©but du solo de soprano prĂ©figure dĂ©jĂ  la mĂ©lancolie ineffable de la Comtesse (« Dove sono i bei momenti ») de l’opĂ©ra Les Noces de Figaro, Ă©crit 7 ans plus tard.

neukomm-sigismond-compositeur-portrait-par-classiquenewsLa RĂ©surrection de Sigismund Neukomm est une crĂ©ation mondiale car jamais jouĂ©e en France. Elle a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e Ă  Londres en 1828, et jouĂ©e une seule fois avec 3 solistes, un chƓur, suivant le mĂȘme plan que l’oratorio de Haendel, La Resurrezione (Ă©crit en 1708). Avant Tourcoing et Versailles en janvier 2019, la partition oubliĂ©e de Neukomm, a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e au QuĂ©bec (LIRE ici notre critique du concert MOZART et NEUKOMM, au festival CLASSICA de Saint-Lambert, en juin 2018) ; l’opus dĂ©ploie une imagination entre Mozart et Weber, mĂȘlant raffinement instrumental et souffle de l’orchestre, tout en citant en plusieurs sĂ©quences l’opĂ©ra romantique allemand Ă  l’époque de Neukomm.

L’Atelier Lyrique de Tourcoing poursuit ainsi le travail du regrettĂ© Jean Claude Malgoire qui s’est efforcĂ© il y a longtemps dĂ©jĂ , de raviver la mĂ©moire de Neukomm, français d’adoption nĂ© Ă  Salzbourg, Ă©lĂšve de Michael et Joseph Haydn, compositeur de prĂšs de 2000 Ɠuvres pour la plupart conservĂ©es Ă  la BibliothĂšque Nationale de France
 C’est d’ailleurs Ă  la BNF que JC Malgoire le dĂ©fricheur, jamais en reste d’une pĂ©pite oubliĂ©e, a dĂ©couvert la partition de La RĂ©surrection.

Le concert rĂ©pond Ă  la demande du ChĂąteau de Versailles qui est  demeurĂ© sous le charme de Sigismund Neukomm depuis que la Messe de Requiem Ă  la mĂ©moire de Louis XVI a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  la Chapelle Royale. Dans La RĂ©surrection, mĂȘme prĂ©Ă©minence dĂ©volue au chƓur, qui commente ce qui est Ă©voquĂ© par les chanteurs solistes. Voici l’un des chef-d’Ɠuvres de Neukomm. RĂ©vĂ©lation Ă  suivre.

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CONCERT MOZART / NEUKOMM
Messe du couronnement / La RĂ©surrection

Vendredi 11 janvier 2019  à 20hboutonreservation
TOURCOING Théùtre Municipal R. Devos

 

 

Dimanche 13 janvier 2019 Ă  16h
VERSAILLES Chapelle Royaleboutonreservation

 

 

dĂšs 8 ans – 1h30
LATIN/ALLEMAND

 

 

MESSE DU COURONNEMENT
Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)
en ut majeur KV 317
créée le 23 mars 1779

LA RESURRECTION
Sigismund Neukomm(1778-1858)
oratorio – achevĂ© d’écrire Ă  Paris le 29 dĂ©cembre 1828

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Laetitia Grimaldi, soprano
Pauline Sabatier, mezzo (Mozart)
Antoine Bélanger, ténor
Marc Boucher, baryton

ChƓur de Chambre de Namur
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Leonardo Garcia Alarcon
Coproduction Festival Classica (Saint Lambert, Canada)

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LIRE aussi notre critique du concert MOZART / NEUKOMM donné à Boucherville, Québec, le 5 juin 2018 :

boucherville festival classica 6 juin concert neukomm et mozart marc boucher baryton laetitia grimaldi spitzer soprano _generale_du_concertCOMPTE-RENDU, concert. BOUCHERVILLE (QuĂ©bec), le 5 juin 2018. Festival Classica. Mozart, Neukomm (La RĂ©surection, rĂ©crĂ©ation). Temps fort de la 8Ăš Ă©dition du Festival CLASSICA au QuĂ©bec, le concert « fermé », dans l’église trĂšs Ă©lĂ©gante de Boucherville, au bord du Saint-Laurent. Le programme devait ĂȘtre dirigĂ© par le chef Jean-Claude Malgoire, dĂ©cĂ©dĂ© brutalement en avril dernier, si grand artiste passionnĂ© par le dĂ©frichement et qui continue de marquer la redĂ©couverte actuelle de Neukomm. C’est lui qui ressuscitait dĂ©jĂ  la version du Requiem de Mozart, telle que la partition fut achevĂ©e par le compositeur autrichien (Libera me final). Neukom, bien que contemporain de Beethoven, reste hermĂ©tique aux excĂšs expressifs du grand Ludwig. Il s’engage plutĂŽt pour le dernier Mozart et sa diffusion ainsi au BrĂ©sil (lors d’un fameux sĂ©jour transatlantique rĂ©alisĂ© de 1816 Ă  1821 : la cĂ©lĂšbre mission française au BrĂ©sil). Sigismond (von) Neukomm (1778-1858), fut Ă©lĂšve de Michael Haydn, avant de servir Ă  Vienne, son frĂšre Joseph, comme confident et disciple. De ce dernier, Neukomm apprit les rudiments de son mĂ©tier, partageant avec le concepteur de la CrĂ©ation (1799), ce goĂ»t pour le travail Ă©lĂ©gant, mesurĂ©, classique, pourtant d’un raffinement absolu servant un dramatisme toujours lumineux et nerveux. Dans les faits, alors que Beethoven rĂ©volutionne le genre symphonique, Neukomm cultive et prolonge le goĂ»t et l’esprit des LumiĂšres avec un Ă©quilibre aristocratique. LIRE la critique du concert dans son intĂ©gralitĂ©

VIDEO. Bruno Procopio dirige la Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm Ă  Rio de Janeiro (avril 2015)

VIDEO. Bruno Procopio dirige la Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm Ă  Rio de Janeiro (avril 2015). Montage © studio CLASSIQUENEWS.COM 2015. Le chef d’orchestre franco brĂ©silien Bruno Procopio fait retentir le romantisme enflammĂ© martial et lyrique de la grande Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm crĂ©Ă©e en 1817

 

 

 

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LIRE notre compte rendu critique complet du concert NEUKOMM / GOSSEC par le maestro franco brésilien Bruno Procopio à Rio de Janeiro en avril 2015

 

 

Extrait de notre compte rendu critique :
brunoProcopio_okok sacchini renaud RIOrio-cidade-des-artes-rio-de-janeiro-bruno-procopio-concert-gossec-neukommRio de Janeiro, compte rendu concert.Dans la nouvelle salle de concerts “Cidade des Artes” – sorte d’insecte prismatique Ă  pattes dessinĂ© par Christian de Porzemparc- , les Cariocas retrouvent le chef brillant, nerveux, fougueux mais aussi nuancĂ© qui avait le mois prĂ©cĂ©dent créé l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, Sala Cecilia Meireles, – au centre de Rio-:  Bruno Procopio dans un dispositif qui lui est dĂ©sormais spĂ©cifique : jouer deux auteurs au carrefour du classicisme et du romantisme, 
 sur instruments modernes. Tout le dĂ©fi est lĂ  : rĂ©aliser accents, style, continuitĂ© des partitions selon les apports de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e. Un enjeu qui dĂ©passe la seule question des esthĂ©tiques et rĂ©clame des instrumentistes et du chef, un engagement total pour rĂ©ussir le rĂ©sultat final. De Sacchini Ă  Gossec, le geste est d’autant plus fluide et assurĂ© que l’esthĂ©tique trĂšs marquĂ© esprit des LumiĂšres circule de l’une Ă  l’autre des partitions. (…).

Pour sa part, Sigismond Neukomm (1778-1858) retrouve Ă  Rio, un rivage familier. Le Viennois, parti de Paris vers Rio en 1816 dans le cadre de la Mission française au BrĂ©sil, s’inscrit naturellement dans ce programme carioca : il a mĂȘme composĂ© sa Symphonie hĂ©roĂŻque pendant la traversĂ©e, de l’Europe au Nouveau Monde. Tout un symbole. Comme la Symphonie de Gossec, le style de Neukomm est fonciĂšrement classique et mĂȘme haydnien mais il affirme un sens des modulations trĂšs original, parfois abrupts, dont l’activitĂ© des contrastes, reste Ă©trangĂšre Ă  Gossec : son parfum romantique est plus Ă©vident de ce fait. Place est favorise Ă  la fanfare qui y rĂšgne sans discontinuer : ne s’agit-il pas de la Symphonie hĂ©roĂŻque en rĂ© majeur ? …

 

 

 

Compte rendu, concert. Rio de Janeiro, Cidade das Artes, le 4 avril 2015. Sigismund Neukomm (1778 – 1858) : Grande Symphonie HĂ©roĂŻque Op.19. François-Joseph Gossec (1734 – 1829) : Symphonie Ă  17 parties (1809) de Brazilian Symphony Orchestra. Bruno Procopio, direction.

brunoProcopio_okok sacchini renaud RIOrio-cidade-des-artes-rio-de-janeiro-bruno-procopio-concert-gossec-neukommRio de Janeiro, compte rendu concert. Dans la nouvelle salle de concerts “Cidade des Artes” – sorte d’insecte prismatique Ă  pattes dessinĂ© par Christian de Porzemparc- , les Cariocas retrouvent le chef brillant, nerveux, fougueux mais aussi nuancĂ© qui avait le mois prĂ©cĂ©dent crĂ©Ă© l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, Sala Cecilia Meireles, – au centre de Rio-:  Bruno Procopio dans un dispositif qui lui est dĂ©sormais spĂ©cifique : jouer deux auteurs au carrefour du classicisme et du romantisme, 
 sur instruments modernes. Tout le dĂ©fi est lĂ  : rĂ©aliser accents, style, continuitĂ© des partitions selon les apports de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e. Un enjeu qui dĂ©passe la seule question des esthĂ©tiques et rĂ©clame des instrumentistes et du chef, un engagement total pour rĂ©ussir le rĂ©sultat final. De Sacchini Ă  Gossec, le geste est d’autant plus fluide et assurĂ© que l’esthĂ©tique trĂšs marquĂ© esprit des LumiĂšres circule de l’une Ă  l’autre des partitions.

Pour la Symphonie de Gossec (1734 – 1829), Bruno Procopio a respectĂ© l’usage instrumental historique : c’est Ă  dire le nombre impressionnant de contrebasses : car l’orchestre en France Ă  l’époque de Gossec totalise prĂšs de 12% des effectifs de cordes : le principe est rĂ©alisĂ© Ă  Rio et la sonoritĂ© qui en dĂ©coule apporte ses bĂ©nĂ©fices expressifs : puisque la musique ne module pas beaucoup, l’éloquence Ă©largie des basses nourrie une matiĂšre Ă©tonnamment riche malgrĂ© des lignes plutĂŽt simples. Des quatre mouvements (Maestoso – Allegro molto ; Larghetto ; Menuet – trio ; Finale : Allegro molto), le chef rĂ©alise la continuitĂ© tout en apportant les fruits d’un travail spĂ©cifique sur le relief instrumental.

 

 

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A 17 parties soit 17 pupitres, l’orchestre de Gossec demeure rĂ©solument classique avec clarinettes et trompettes par deux. Ordinairement datĂ©e de 1809, la Symphonie pourrait remontĂ©e Ă  une Ă©poque prĂ©cĂ©dente : le dernier mouvement commence par un systĂšme fuguĂ© dĂ©fendu par les premiers violons selon la tradition du Concert Spirituel telle qu’elle s’était affirmĂ©e dans le paysage de la fin XVIIIĂš Ă  Paris.  De fait, outre ces points d’écriture, tout l’esprit de la Symphonie de Gossec rĂ©sonne de l’Esprit des LumiĂšres plutĂŽt que du plein romantisme. L’auteur de ThĂ©sĂ©e, opĂ©ra majeur, trĂšs emblĂ©matique de l’esthĂ©tique nĂ©oclassique de la fin du XVIIIĂš europĂ©en, reste rĂ©solument classique et respectueux des inflexions de son Ă©poque.

Jouer Gossec et Neukomm Ă  Rio

Mais le trait original vient pourtant d’un souci personnel dans la coloration des unissons comme des dessus cordes/flĂ»tes puis flĂ»tes/hautbois. Gossec tout en rĂ©pĂ©tant souvent un mĂȘme motif rythmique et mĂ©lodique, sait particuliĂšrement bien raffiner les combinaisons instrumentales Ă  chaque reprise, dans le but de colorer son orchestration. La variĂ©tĂ© des instruments offre une expĂ©rience de coloration (hautbois/ clarinette) plutĂŽt « moderne » vis Ă  vis du cadre strictement classique des LumiĂšres. S’il n’était cette sensibilitĂ© originale aux instruments, le style de Gossec regarde plutĂŽt du cĂŽtĂ© de Haydn que de Beethoven. Bruno Procopio saisit et sert idĂ©alement l’intensitĂ© du matĂ©riau musical avec une fluiditĂ© permanente passant d’un mouvement Ă  l’autre avec une intelligence communicative qui souligne l’invention instrumentale de Gossec. Ce bouillonnement dynamique souligne l’apport du compositeur parmi les plus inventifs de sa gĂ©nĂ©ration et qui impressionna tant Mozart lors de son sĂ©jour Ă  Paris en 1778. C’est d’ailleurs grĂące Ă  Gossec, alors directeur du Concert Spirituel, que Wolfgang reçoit la commande, prestigieuse pour la capitale française, des fameuses Symphonies parisiennes. Entre l’écriture classique et viennoise (plutĂŽt archaĂŻsante si la partition remonte de fait Ă  1809) et sa grande sensibilitĂ© instrumentale (solos de clarinette en particulier 
) et son souci de la couleur (trait de modernitĂ© a contrario), le jeune chef franco-brĂ©silien rĂ©ussit totalement l’équilibre entre mesure et sensualitĂ©. En revanche, de prĂšs de 30 mn en durĂ©e, la carrure de l’Ɠuvre prĂ©figure Beethoven.

Pour sa part, Sigismond Neukomm (1778-1858) retrouve Ă  Rio, un rivage familier. Le Viennois, parti de Paris vers Rio en 1816 dans le cadre de la Mission française au BrĂ©sil, s’inscrit naturellement dans ce programme carioca : il a mĂȘme composĂ© sa Symphonie hĂ©roĂŻque pendant la traversĂ©e, de l’Europe au Nouveau Monde. Tout un symbole. Comme la Symphonie de Gossec, le style de Neukomm est fonciĂšrement classique et mĂȘme haydnien mais il affirme un sens des modulations trĂšs original, parfois abrupts, dont l’activitĂ© des contrastes, reste Ă©trangĂšre Ă  Gossec : son parfum romantique est plus Ă©vident de ce fait. Place est favorise Ă  la fanfare qui y rĂšgne sans discontinuer : ne s’agit-il pas de la Symphonie hĂ©roĂŻque en rĂ© majeur ?

 

 

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Comme Mozart et Beethoven, Neukomm rĂ©utilise un ancien air composĂ© par Haendel (ici,  l’air de Macbeth pour le mouvement lent central). InspirĂ© par l’art du Symphoniste, ayant crĂ©Ă© entre ancien et nouveau monde, Bruno Procopio souligne l’allant gĂ©nĂ©ral, l’exaltation d’une plume pleine de feu et de contrastes. Il fait surgir avec bonheur, la vivacitĂ© martiale et l’énergie solaire d’une Symphonie de conquĂȘte.  En 1816 avant de partir pour Rio, Neukomm, serviteur de Talleyrand, compose le Requiem jouĂ© lors de la commĂ©moration du traitĂ© de Vienne. Au BrĂ©sil, il compose le Libera me pour la fin du Requiem de Mozart, dans une rĂ©alisation alors dirigĂ©e Ă  Rio, par le compositeur officiel Nunes Garcia. Il est donc lĂ©gitime d’inscrire au programme Neukomm aux cĂŽtĂ©s de Gossec. L’un et l’autre sont emblĂ©matiques du langage classique des LumiĂšres. Or le second, a fait le voyage et transmet et diffuse l’hĂ©ritage de la culture europĂ©enne sous les tropiques.

AprĂšs Renaud de Sacchini (1783) – avec l’OSB toujours, crĂ©ation brĂ©silienne de mars 2015, Bruno Procopio retrouve les dĂ©fis de la musique française de la fin du XVIIIĂš, au tournant des esthĂ©tiques classique et romantique dĂ©fis pimentĂ©s par sa rĂ©alisation sur instruments modernes. Jouer sur instruments modernes nĂ©cessite un apprentissage spĂ©cifique pour les instrumentistes : nouvelle expĂ©rience technique que leur apporte Bruno Procopio (dont coups d’archets selon une approche historiquement informĂ©e, nouveau raffinement dans l’interprĂ©tation des parties ornementales
)

Comme c’était aussi l’enjeu du concert Ă  LiĂšge, avec le Philharmonique Royal (jouer Rameau sur instruments modernes, dĂ©cembre 2014, – voir ci aprĂšs notre reportage classiquenews : “Rameau Symphonique par Bruno Procopio Ă  LiĂšge”). Mais un autre dĂ©fi attend bientĂŽt Bruno Procopio, crĂ©er ThĂ©sĂ©e de Gossec composĂ© en 1781 autre fleuron de l’esthĂ©tique des LumiĂšres et qui a dĂ©sormais toute sa place dans ce nouveau sillon prometteur, tracĂ© entre la France et le BrĂ©sil grĂące Ă  l’énergie d’un chef audacieux. D’autant qu’en 2016, la France et le BrĂ©sil cĂ©lĂšbreront le bicentenaire de la Mission française au BrĂ©sil. Prochains Ă©vĂ©nements Ă  venir.

 

 

Compte rendu, concert. Rio de Janeiro, Cidade das Artes, le 4 avril 2015. Sigismund Neukomm (1778 – 1858) : Grande Symphonie HĂ©roĂŻque Op.19. François-Joseph Gossec (1734 – 1829) : Symphonie Ă  17 parties (1809) de Brazilian Symphony Orchestra. Bruno Procopio, direction.

Le chef d’orchestre Bruno Procopio en vidĂ©o

 

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VOIR le reportage Bruno Procopio dirige Rameau à LiÚge avec le Philharmonique Royal de LiÚge (décembre 2014)

VOIR le reportage Bruno Procopio dirige RENAUD de Sacchini à Rio, Sala Cecilia Meireles  / Brazilian Symphony Orchestra (mars 2015)

VOIR le reportage Bruno Procopio joue Carl Philipp Emmanuel Bach à Caracas / Orchestre Symphonique Simon Bolivar du Vénézuela (septembre 2013)

VOIR le reportage Bruno Procopio joue les PiÚces pour clavecin en concerts de Rameau (avril 2013)

 

 

Illustrations : Bruno Procopio dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB) dans un programme Gossec et Neukomm, Rio de Janeiro, avril 2015 © CLASSIQUENEWS.COM

Rio (BrĂ©sil). Bruno Procopio joue Gossec, Neukomm, Garcia…

Il a osé ce que personne avant lui n'avait osé, renouant avec l'audace de premiers conquérants et pionniers baroqueux : jouer et enregistrer Rameau à Caracas sur instruments modernes ! Le résultat dépasse nos attentes...

Rio de Janeiro, concert Bruno Procopio. CitĂ© des Arts, samedi 4 avril 2015, 16h. AprĂšs avoir crĂ©er l’opĂ©ra de Sacchini de 1783, Renaud, dans la salle Cecilia de Meireles, superbe rĂ©vĂ©lation pour les cariocas avec l’étonnante mezzo Luisa Francesconi (les 21 et 22 mars derniers), Bruno Procopio retrouve Ă  Rio, l’OSB Orchestre symphonique du BrĂ©sil Ă  la Cidade das Artes, dans un programme qui fĂȘte les 450 ans de la fondation de la citĂ© carioca. Au programme, plusieurs maĂźtres europĂ©ens : le belge Gossec et le germanique Neukomm, ainsi que deux musiciens emblĂ©matiques de l’essor de la musique savante Ă  l’heure coloniale : Marcos Portugal (gĂ©nie prossinien) et Nunes Garcia. Outre des oeuvres sacrĂ©es (Laudamus Te de la Missa Grande de Portugal, Laudamus Te de la Missa de Sainte CĂ©cile de Garcia), le chef franco brĂ©silien affirme sa stimulante Ă©nergie dans le genre symphonique : Symphonie pour 17 parties de Gossec et Sinfonia Heroica de Neukomm (opus 19). Dans la superbe salle de la CitĂ© des Arts de Rio, nouvellement inaugurĂ©e, Bruno Procopio offre une nouvelle leçon de direction et de sensibilitĂ©, dĂ©voilant dans son pays d’origine, le raffinement d’une musique qui a surtout su assimiler et rĂ©Ă©crire les sources europĂ©ennes. De Gossec et Neukomm, Bruno Procopio rĂ©vĂšle le feu orchestral, sans omettre de rĂ©vĂ©ler la profonde ferveur de la Messe testament de Nunes Garcia, compositeur emblĂ©matique de la prĂ©sence du roi du Portugal Jean VI Ă  Rio : la messe de Sainte CĂ©cile. Le programme comprend aussi une Ɠuvre sacrĂ©e de Marcos Portugal : la Missa Grande dont Bruno Procopio a enregistrĂ© une version pour orgue et chƓur Ă  Cuenca (Espagne) avant de diriger la pĂ©tillante comĂ©die prĂ©rossinienne L’oro no compra amore
 (un opĂ©ra savoureux aux accents prĂ©rossiniens). Le programme Ă©voque surtout l’amitiĂ© entre compositeurs : ainsi Nunes Garcia qui se rapproche de Neukomm (dĂšs l’arrivĂ©e de ce dernier en 1816) et grĂąces auquel il dirige Mozart et Haydn Ă  Rio.

 

 

 

Bruno Procopio dirige les compositeurs de Jean VI Ă  Rio de Janeiro

De Gossec et Neukomm à Nunes Garcia


 

GOSSEC_Gossec-portraitAuteur de 50 symphonies dĂšs 1756, soit bien avant Haydn, Gossec (1734-1829) est bien l’inventeur du genre, sachant se renouveler et affirmer mĂȘme l’essor de la forme purement instrumentale aux cĂŽtĂ©s de GrĂ©try. TrĂšs proche de Mozart, Gossec enseigne aussi au Conservatoire, les spĂ©cificitĂ©s de la composition entre 1795 et 1814. Le gĂ©nie de Gossec rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© dans son opĂ©ra ThĂ©sĂ©e (1781) qui saisit et surprend par l’ambition de l’écriture, sa spatialisation et son intensitĂ© dramatique, vrai souffle lyrique si rare Ă  l’opĂ©ra-, tient Ă  une pensĂ©e universelle (comme GrĂ©try) et une adaptabilitĂ© tenace et salvatrice malgrĂ© les perturbations de la pĂ©riode rĂ©volutionnaire. Sous directeur de l’AcadĂ©mie royale de musique aprĂšs Dauvergne en 1782, il dirige la nouvelle Ă©cole royale de chant en 1784. Aux cĂŽtĂ©s du peintre David, scĂ©nographe des grandes cĂ©rĂ©monies rĂ©volutionnaires, Gossec devient le principal compositeur des RĂ©publicains, accomplissant dans la musique l’esprit des LumiĂšres. Il meurt dĂ©chu et Ă©cartĂ© sous la Restauration Ă  95 ans.
Sa symphonie pour 17 parties date de 1809 et tĂ©moigne des ultimes Ă©volutions du compositeur : Gossec qui avait connu Stamitz Ă  Mannheim, et en proche de Mozart, affirme ici une sensibilitĂ© pour l’orchestration Ă©tonnante qui prĂ©figure Berlioz. Jamais jouĂ©e de son vivant, la partition n’est pas publiĂ©e et frappe pourtant par le raffinement instrumental requis : flĂ»tes, hautbois, bassons, cors par deux
 elle est traversĂ©e par un souffle unique et cite mĂȘme l’air des libertaires : « ah, ça ira, ça ira » dans le dernier mouvement.

Sigismund_von_Neukomm_(1)Sigismond Neukomm (1778-1858) appartient Ă  la gĂ©nĂ©ration postĂ©rieure Ă  celle de Gossec. ElĂšve du frĂšre de Joseph Haydn (Michael), Neukomm comme Gossec favorise l’évolution du passage entre l’esprit des LumiĂšres et le prĂ©romantisme. Voyageur assidu, Neukomm rĂ©side 5 annĂ©es Ă  Rio : il y joue Mozart oĂč il compose un Libera me pour complĂ©ter le Requiem incomplet et devient le professeur du Roi du BrĂ©sil Jean VI. Neukomm dĂ©veloppe aussi une activitĂ© ethnomusicale, Ă©crivant plus de 90 Ɠuvres inspirĂ©es directement de motifs populaires brĂ©siliens !

JosĂ©_Mauricio_Nunes_GarciaNunes Garcia est un compositeur brĂ©silien nĂ© et mort Ă  Rio en 1767 et 1830. Ce fils d’esclaves originaires du Minas Gerais, devient rapidement une personnalitĂ© majeure de l’essor musicale Ă  Rio. OrdonnĂ© prĂȘtre en 1792, devenu maĂźtre de chapelle de la CathĂ©drale de Rio dĂšs 1798, Garcia compose toute la musique pour la Cour royale : il livre quantitĂ© de partitions d’une qualitĂ© Ă©vidente que traverse aussi le souci de dĂ©fense des idiomes brĂ©siliens. En 1808, quand arrive le roi du Portugal, Garcia suscite l’admiration du prince rĂ©gent Jean VI, mĂ©lomane averti. Le monarque le nomme MaĂźtre de la chapelle royale dont le siĂšge est l’Ă©glise Nossa senhora do Carmo (alors Ă©levĂ©e au rang de cathĂ©drale). MalgrĂ© l’opposition des membres de la cour, tous originaires du Portugal, Jean VI honore son musicien mĂ©tis qu’il fait chevalier de l’ordre du Christ. Garcia dut cependant accepter au poste de maĂźtre de chapelle le portugais Fonseca Portugal, venu de Lisbonne en 1811, qui devint son supĂ©rieur. En 1816, Garcia compose deux chefs d’oeuvre, commande du Tiers-Ordre du Carmel en hommage Ă  la reine Marie IĂšre de Portugal : le Requiem et l’Office des dĂ©funts.
Quand arrivent les artistes de la mission française en 1816 (oĂč figurent les peintres Debret et Taulnay, l’architecte Montigny), tous les membres venus d’Europe louent la personnalitĂ© du « mulĂątre » brĂ©silien. Garcia se lie d’amitiĂ© avec Neukomm, arrivĂ© la mĂȘme annĂ©e : les deux compositeurs suscitĂšrent l’opposition de la Cour mais reçurent la faveur indĂ©fectible du roi Jean VI. GrĂące Ă  Neukomm, Garcia dirige les oeuvres de Mozart (Requiem en 1819) et de Haydn (La CrĂ©ation en 1821).
AprĂšs la dĂ©part de Jean VI au Portugal (1821) et l’indĂ©pendance du BrĂ©sil en 1822, Garcia perd appui et protection. Cependant la Messe pour Sainte CĂ©cile, chant du cygne de 1826, affirme un gĂ©nie inĂ©galĂ© Ă  son Ă©poque, heureuse synthĂšse entre l’écriture savante proeuropĂ©enne et une inspiration indigĂšne pure et noble : jusqu’à sa mort en 1830, Garcia ne cesse de rĂ©viser l’orchestration de cette Messe testament.

Brésil, Rio de Janeiro. Cidade das Artes, Cité des Arts.
Samedi 4 avril 2015, 16h.

boutonreservationGabriella Pace, soprano
OSB Orchestre Symphonique du Brésil
Bruno Procopio, direction
Série 450 ans de la fondation de Rio de Janeiro (Brésil)

FRANÇOIS-JOSEPH GOSSEC
Sinfonia para 17 Partes

MARCOS PORTUGAL
Missa Grande | Laudamus Te
SIGISMUND VON NEUKOMM
Missa Solene | Quoniam

JOSÉ MAURÍCIO NUNES GARCIA
Missa de Santa CecĂ­lia | Laudamus Te

SIGISMUND VON NEUKOMM
Sinfonia Heroica, Op. 19