La RĂ©surrection de NEUKOMM, Le Couronnement de MOZART

COURONNEMENT et RÉSURRECTION Ă  TOURCOING et VERSAILLESTOURCOING, le 11 janvier 2019. MOZART, NEUKOMM, ATL Atelier Lyrique de Tourcoing. Programme rĂ©jouissant, cĂ©lĂ©bratif, et d’une rare Ă©lĂ©gance : L’Atelier Lyrique de Tourcoing se pare de couleurs majestueuses en janvier 2019 ; au programme, la Messe du Couronnement de Mozart, d’une lumière et d’une certitude Ă  toute Ă©preuve : composĂ©e en 1779, elle fait partie des partitions sacrĂ©es avec le Requiem (lui inachevĂ©) que Mozart nous laisse en hĂ©ritage, – emblèmes de son Ă©tonnante invention et conception dramatique ; l’oratorio la RĂ©surrection de Neukomm qui fut le grand dĂ©fenseur de Mozart après sa mort (en 1791donc), et le crĂ©ateur de nombre de ses Ĺ“uvres dans le Nouveau Monde et jusqu’au BrĂ©sil.  Son oratorio prolonge le raffinement et le dramatisme de Mozart jusque dans la premier tiers du XIXè romantique …

 

 



MOZART-portrait-romantique-mozart-genie-xviii-siecle-portrait-opera-compte-rendu-par-classiquenews-critique-comptes-rendus-concerts-par-classiquenews-mozart-et-salieriLa Messe du couronnement cĂ©lèbre la consĂ©cration politique de l’empereur du Saint Empire Germanique Leopold II comme roi de Bohème, qui eut lieu Ă  Prague en 1791. Pourtant Mozart l’écrit 12 ans plus tĂ´t en 1779. La partition est choisie par Salieri, alors maĂ®tre de chapelle de la Cour, qui la dirige pour cette occasion royale. La Messe tĂ©moigne de la maturitĂ© de Wolfgang au dĂ©but des annĂ©es 1780 – ampleur de la conception esthĂ©tique et orchestrale : le cadre classique et formel y implose par le souffle nouveau dĂ©volu Ă  l’orchestre ; Mozart est passĂ© par Mannheim, et ses formidables symphonistes.  Dans l’Agnus Dei, le dĂ©but du solo de soprano prĂ©figure dĂ©jĂ  la mĂ©lancolie ineffable de la Comtesse (« Dove sono i bei momenti ») de l’opĂ©ra Les Noces de Figaro, Ă©crit 7 ans plus tard.

 

 

neukomm-sigismond-compositeur-portrait-par-classiquenewsLa Résurrection de Sigismund Neukomm est une création mondiale car jamais jouée en France. Elle a été créée à Londres en 1828, et jouée une seule fois avec 3 solistes, un chœur, suivant le même plan que l’oratorio de Haendel, La Resurrezione (écrit en 1708). Avant Tourcoing et Versailles en janvier 2019, la partition oubliée de Neukomm, a été créée au Québec (LIRE ici notre critique du concert MOZART et NEUKOMM, au festival CLASSICA de Saint-Lambert, en juin 2018) ; l’opus déploie une imagination entre Mozart et Weber, mêlant raffinement instrumental et souffle de l’orchestre, tout en citant en plusieurs séquences l’opéra romantique allemand à l’époque de Neukomm.

L’Atelier Lyrique de Tourcoing poursuit ainsi le travail du regretté Jean Claude Malgoire qui s’est efforcé il y a longtemps déjà, de raviver la mémoire de Neukomm, français d’adoption né à Salzbourg, élève de Michael et Joseph Haydn, compositeur de près de 2000 œuvres pour la plupart conservées à la Bibliothèque Nationale de France… C’est d’ailleurs à la BNF que JC Malgoire le défricheur, jamais en reste d’une pépite oubliée, a découvert la partition de La Résurrection.

Le concert répond à la demande du Château de Versailles qui est  demeuré sous le charme de Sigismund Neukomm depuis que la Messe de Requiem à la mémoire de Louis XVI a été donnée à la Chapelle Royale. Dans La Résurrection, même prééminence dévolue au chœur, qui commente ce qui est évoqué par les chanteurs solistes. Voici l’un des chef-d’œuvres de Neukomm. Révélation à suivre.

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CONCERT MOZART / NEUKOMM
Messe du couronnement / La RĂ©surrection

 

 

Vendredi 11 janvier 2019  à 20hboutonreservation
TOURCOING Théâtre Municipal R. Devos

 

 

Dimanche 13 janvier 2019 Ă  16h
VERSAILLES Chapelle Royaleboutonreservation

 

 

dès 8 ans – 1h30
LATIN/ALLEMAND

 

 

MESSE DU COURONNEMENT
Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)
en ut majeur KV 317
créée le 23 mars 1779

LA RESURRECTION
Sigismund Neukomm(1778-1858)
oratorio – achevĂ© d’écrire Ă  Paris le 29 dĂ©cembre 1828

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Laetitia Grimaldi, soprano
Pauline Sabatier, mezzo (Mozart)
Antoine Bélanger, ténor
Marc Boucher, baryton

Chœur de Chambre de Namur
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Leonardo Garcia Alarcon
Coproduction Festival Classica (Saint Lambert, Canada)

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LIRE aussi notre critique du concert MOZART / NEUKOMM donné à Boucherville, Québec, le 5 juin 2018 :

boucherville festival classica 6 juin concert neukomm et mozart marc boucher baryton laetitia grimaldi spitzer soprano _generale_du_concertCOMPTE-RENDU, concert. BOUCHERVILLE (Québec), le 5 juin 2018. Festival Classica. Mozart, Neukomm (La Résurection, récréation). Temps fort de la 8è édition du Festival CLASSICA au Québec, le concert « fermé », dans l’église très élégante de Boucherville, au bord du Saint-Laurent. Le programme devait être dirigé par le chef Jean-Claude Malgoire, décédé brutalement en avril dernier, si grand artiste passionné par le défrichement et qui continue de marquer la redécouverte actuelle de Neukomm. C’est lui qui ressuscitait déjà la version du Requiem de Mozart, telle que la partition fut achevée par le compositeur autrichien (Libera me final). Neukom, bien que contemporain de Beethoven, reste hermétique aux excès expressifs du grand Ludwig. Il s’engage plutôt pour le dernier Mozart et sa diffusion ainsi au Brésil (lors d’un fameux séjour transatlantique réalisé de 1816 à 1821 : la célèbre mission française au Brésil). Sigismond (von) Neukomm (1778-1858), fut élève de Michael Haydn, avant de servir à Vienne, son frère Joseph, comme confident et disciple. De ce dernier, Neukomm apprit les rudiments de son métier, partageant avec le concepteur de la Création (1799), ce goût pour le travail élégant, mesuré, classique, pourtant d’un raffinement absolu servant un dramatisme toujours lumineux et nerveux. Dans les faits, alors que Beethoven révolutionne le genre symphonique, Neukomm cultive et prolonge le goût et l’esprit des Lumières avec un équilibre aristocratique. LIRE la critique du concert dans son intégralité

 

  

  

 

TOURCOING. La RĂ©surrection de Neukomm, le Couronnement de Mozart

COURONNEMENT et RÉSURRECTION Ă  TOURCOING et VERSAILLESTOURCOING, le 11 janvier 2019. MOZART, NEUKOMM, ATL Atelier Lyrique de Tourcoing. Programme rĂ©jouissant, cĂ©lĂ©bratif, et d’une rare Ă©lĂ©gance : L’Atelier Lyrique de Tourcoing se pare de couleurs majestueuses en janvier 2019 ; au programme, la Messe du Couronnement de Mozart, d’une lumière et d’une certitude Ă  toute Ă©preuve : composĂ©e en 1779, elle fait partie des partitions sacrĂ©es avec le Requiem (lui inachevĂ©) que Mozart nous laisse en hĂ©ritage, – emblèmes de son Ă©tonnante invention et conception dramatique ; l’oratorio la RĂ©surrection de Neukomm qui fut le grand dĂ©fenseur de Mozart après sa mort (en 1791donc), et le crĂ©ateur de nombre de ses Ĺ“uvres dans le Nouveau Monde et jusqu’au BrĂ©sil.  Son oratorio prolonge le raffinement et le dramatisme de Mozart jusque dans la premier tiers du XIXè romantique …

 

 



MOZART-portrait-romantique-mozart-genie-xviii-siecle-portrait-opera-compte-rendu-par-classiquenews-critique-comptes-rendus-concerts-par-classiquenews-mozart-et-salieriLa Messe du couronnement cĂ©lèbre la consĂ©cration politique de l’empereur du Saint Empire Germanique Leopold II comme roi de Bohème, qui eut lieu Ă  Prague en 1791. Pourtant Mozart l’écrit 12 ans plus tĂ´t en 1779. La partition est choisie par Salieri, alors maĂ®tre de chapelle de la Cour, qui la dirige pour cette occasion royale. La Messe tĂ©moigne de la maturitĂ© de Wolfgang au dĂ©but des annĂ©es 1780 – ampleur de la conception esthĂ©tique et orchestrale : le cadre classique et formel y implose par le souffle nouveau dĂ©volu Ă  l’orchestre ; Mozart est passĂ© par Mannheim, et ses formidables symphonistes.  Dans l’Agnus Dei, le dĂ©but du solo de soprano prĂ©figure dĂ©jĂ  la mĂ©lancolie ineffable de la Comtesse (« Dove sono i bei momenti ») de l’opĂ©ra Les Noces de Figaro, Ă©crit 7 ans plus tard.

neukomm-sigismond-compositeur-portrait-par-classiquenewsLa Résurrection de Sigismund Neukomm est une création mondiale car jamais jouée en France. Elle a été créée à Londres en 1828, et jouée une seule fois avec 3 solistes, un chœur, suivant le même plan que l’oratorio de Haendel, La Resurrezione (écrit en 1708). Avant Tourcoing et Versailles en janvier 2019, la partition oubliée de Neukomm, a été créée au Québec (LIRE ici notre critique du concert MOZART et NEUKOMM, au festival CLASSICA de Saint-Lambert, en juin 2018) ; l’opus déploie une imagination entre Mozart et Weber, mêlant raffinement instrumental et souffle de l’orchestre, tout en citant en plusieurs séquences l’opéra romantique allemand à l’époque de Neukomm.

L’Atelier Lyrique de Tourcoing poursuit ainsi le travail du regretté Jean Claude Malgoire qui s’est efforcé il y a longtemps déjà, de raviver la mémoire de Neukomm, français d’adoption né à Salzbourg, élève de Michael et Joseph Haydn, compositeur de près de 2000 œuvres pour la plupart conservées à la Bibliothèque Nationale de France… C’est d’ailleurs à la BNF que JC Malgoire le défricheur, jamais en reste d’une pépite oubliée, a découvert la partition de La Résurrection.

Le concert répond à la demande du Château de Versailles qui est  demeuré sous le charme de Sigismund Neukomm depuis que la Messe de Requiem à la mémoire de Louis XVI a été donnée à la Chapelle Royale. Dans La Résurrection, même prééminence dévolue au chœur, qui commente ce qui est évoqué par les chanteurs solistes. Voici l’un des chef-d’œuvres de Neukomm. Révélation à suivre.

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CONCERT MOZART / NEUKOMM
Messe du couronnement / La RĂ©surrection

Vendredi 11 janvier 2019  à 20hboutonreservation
TOURCOING Théâtre Municipal R. Devos

 

 

Dimanche 13 janvier 2019 Ă  16h
VERSAILLES Chapelle Royaleboutonreservation

 

 

dès 8 ans – 1h30
LATIN/ALLEMAND

 

 

MESSE DU COURONNEMENT
Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)
en ut majeur KV 317
créée le 23 mars 1779

LA RESURRECTION
Sigismund Neukomm(1778-1858)
oratorio – achevĂ© d’écrire Ă  Paris le 29 dĂ©cembre 1828

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Laetitia Grimaldi, soprano
Pauline Sabatier, mezzo (Mozart)
Antoine Bélanger, ténor
Marc Boucher, baryton

Chœur de Chambre de Namur
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Leonardo Garcia Alarcon
Coproduction Festival Classica (Saint Lambert, Canada)

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LIRE aussi notre critique du concert MOZART / NEUKOMM donné à Boucherville, Québec, le 5 juin 2018 :

boucherville festival classica 6 juin concert neukomm et mozart marc boucher baryton laetitia grimaldi spitzer soprano _generale_du_concertCOMPTE-RENDU, concert. BOUCHERVILLE (Québec), le 5 juin 2018. Festival Classica. Mozart, Neukomm (La Résurection, récréation). Temps fort de la 8è édition du Festival CLASSICA au Québec, le concert « fermé », dans l’église très élégante de Boucherville, au bord du Saint-Laurent. Le programme devait être dirigé par le chef Jean-Claude Malgoire, décédé brutalement en avril dernier, si grand artiste passionné par le défrichement et qui continue de marquer la redécouverte actuelle de Neukomm. C’est lui qui ressuscitait déjà la version du Requiem de Mozart, telle que la partition fut achevée par le compositeur autrichien (Libera me final). Neukom, bien que contemporain de Beethoven, reste hermétique aux excès expressifs du grand Ludwig. Il s’engage plutôt pour le dernier Mozart et sa diffusion ainsi au Brésil (lors d’un fameux séjour transatlantique réalisé de 1816 à 1821 : la célèbre mission française au Brésil). Sigismond (von) Neukomm (1778-1858), fut élève de Michael Haydn, avant de servir à Vienne, son frère Joseph, comme confident et disciple. De ce dernier, Neukomm apprit les rudiments de son métier, partageant avec le concepteur de la Création (1799), ce goût pour le travail élégant, mesuré, classique, pourtant d’un raffinement absolu servant un dramatisme toujours lumineux et nerveux. Dans les faits, alors que Beethoven révolutionne le genre symphonique, Neukomm cultive et prolonge le goût et l’esprit des Lumières avec un équilibre aristocratique. LIRE la critique du concert dans son intégralité

VIDEO. Bruno Procopio dirige la Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm Ă  Rio de Janeiro (avril 2015)

VIDEO. Bruno Procopio dirige la Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm Ă  Rio de Janeiro (avril 2015). Montage © studio CLASSIQUENEWS.COM 2015. Le chef d’orchestre franco brĂ©silien Bruno Procopio fait retentir le romantisme enflammĂ© martial et lyrique de la grande Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm crĂ©Ă©e en 1817

 

 

 

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LIRE notre compte rendu critique complet du concert NEUKOMM / GOSSEC par le maestro franco brésilien Bruno Procopio à Rio de Janeiro en avril 2015

 

 

Extrait de notre compte rendu critique :
brunoProcopio_okok sacchini renaud RIOrio-cidade-des-artes-rio-de-janeiro-bruno-procopio-concert-gossec-neukommRio de Janeiro, compte rendu concert.Dans la nouvelle salle de concerts “Cidade des Artes” – sorte d’insecte prismatique Ă  pattes dessinĂ© par Christian de Porzemparc- , les Cariocas retrouvent le chef brillant, nerveux, fougueux mais aussi nuancĂ© qui avait le mois prĂ©cĂ©dent créé l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, Sala Cecilia Meireles, – au centre de Rio-:  Bruno Procopio dans un dispositif qui lui est dĂ©sormais spĂ©cifique : jouer deux auteurs au carrefour du classicisme et du romantisme, … sur instruments modernes. Tout le dĂ©fi est lĂ  : rĂ©aliser accents, style, continuitĂ© des partitions selon les apports de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e. Un enjeu qui dĂ©passe la seule question des esthĂ©tiques et rĂ©clame des instrumentistes et du chef, un engagement total pour rĂ©ussir le rĂ©sultat final. De Sacchini Ă  Gossec, le geste est d’autant plus fluide et assurĂ© que l’esthĂ©tique très marquĂ© esprit des Lumières circule de l’une Ă  l’autre des partitions. (…).

Pour sa part, Sigismond Neukomm (1778-1858) retrouve Ă  Rio, un rivage familier. Le Viennois, parti de Paris vers Rio en 1816 dans le cadre de la Mission française au BrĂ©sil, s’inscrit naturellement dans ce programme carioca : il a mĂŞme composĂ© sa Symphonie hĂ©roĂŻque pendant la traversĂ©e, de l’Europe au Nouveau Monde. Tout un symbole. Comme la Symphonie de Gossec, le style de Neukomm est foncièrement classique et mĂŞme haydnien mais il affirme un sens des modulations très original, parfois abrupts, dont l’activitĂ© des contrastes, reste Ă©trangère Ă  Gossec : son parfum romantique est plus Ă©vident de ce fait. Place est favorise Ă  la fanfare qui y règne sans discontinuer : ne s’agit-il pas de la Symphonie hĂ©roĂŻque en rĂ© majeur ? …

 

 

 

Compte rendu, concert. Rio de Janeiro, Cidade das Artes, le 4 avril 2015. Sigismund Neukomm (1778 – 1858) : Grande Symphonie HĂ©roĂŻque Op.19. François-Joseph Gossec (1734 – 1829) : Symphonie Ă  17 parties (1809) de Brazilian Symphony Orchestra. Bruno Procopio, direction.

brunoProcopio_okok sacchini renaud RIOrio-cidade-des-artes-rio-de-janeiro-bruno-procopio-concert-gossec-neukommRio de Janeiro, compte rendu concert. Dans la nouvelle salle de concerts “Cidade des Artes” – sorte d’insecte prismatique Ă  pattes dessinĂ© par Christian de Porzemparc- , les Cariocas retrouvent le chef brillant, nerveux, fougueux mais aussi nuancĂ© qui avait le mois prĂ©cĂ©dent crĂ©Ă© l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, Sala Cecilia Meireles, – au centre de Rio-:  Bruno Procopio dans un dispositif qui lui est dĂ©sormais spĂ©cifique : jouer deux auteurs au carrefour du classicisme et du romantisme, … sur instruments modernes. Tout le dĂ©fi est lĂ  : rĂ©aliser accents, style, continuitĂ© des partitions selon les apports de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e. Un enjeu qui dĂ©passe la seule question des esthĂ©tiques et rĂ©clame des instrumentistes et du chef, un engagement total pour rĂ©ussir le rĂ©sultat final. De Sacchini Ă  Gossec, le geste est d’autant plus fluide et assurĂ© que l’esthĂ©tique très marquĂ© esprit des Lumières circule de l’une Ă  l’autre des partitions.

Pour la Symphonie de Gossec (1734 – 1829), Bruno Procopio a respectĂ© l’usage instrumental historique : c’est Ă  dire le nombre impressionnant de contrebasses : car l’orchestre en France Ă  l’époque de Gossec totalise près de 12% des effectifs de cordes : le principe est rĂ©alisĂ© Ă  Rio et la sonoritĂ© qui en dĂ©coule apporte ses bĂ©nĂ©fices expressifs : puisque la musique ne module pas beaucoup, l’éloquence Ă©largie des basses nourrie une matière Ă©tonnamment riche malgrĂ© des lignes plutĂ´t simples. Des quatre mouvements (Maestoso – Allegro molto ; Larghetto ; Menuet – trio ; Finale : Allegro molto), le chef rĂ©alise la continuitĂ© tout en apportant les fruits d’un travail spĂ©cifique sur le relief instrumental.

 

 

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A 17 parties soit 17 pupitres, l’orchestre de Gossec demeure résolument classique avec clarinettes et trompettes par deux. Ordinairement datée de 1809, la Symphonie pourrait remontée à une époque précédente : le dernier mouvement commence par un système fugué défendu par les premiers violons selon la tradition du Concert Spirituel telle qu’elle s’était affirmée dans le paysage de la fin XVIIIè à Paris.  De fait, outre ces points d’écriture, tout l’esprit de la Symphonie de Gossec résonne de l’Esprit des Lumières plutôt que du plein romantisme. L’auteur de Thésée, opéra majeur, très emblématique de l’esthétique néoclassique de la fin du XVIIIè européen, reste résolument classique et respectueux des inflexions de son époque.

Jouer Gossec et Neukomm Ă  Rio

Mais le trait original vient pourtant d’un souci personnel dans la coloration des unissons comme des dessus cordes/flûtes puis flûtes/hautbois. Gossec tout en répétant souvent un même motif rythmique et mélodique, sait particulièrement bien raffiner les combinaisons instrumentales à chaque reprise, dans le but de colorer son orchestration. La variété des instruments offre une expérience de coloration (hautbois/ clarinette) plutôt « moderne » vis à vis du cadre strictement classique des Lumières. S’il n’était cette sensibilité originale aux instruments, le style de Gossec regarde plutôt du côté de Haydn que de Beethoven. Bruno Procopio saisit et sert idéalement l’intensité du matériau musical avec une fluidité permanente passant d’un mouvement à l’autre avec une intelligence communicative qui souligne l’invention instrumentale de Gossec. Ce bouillonnement dynamique souligne l’apport du compositeur parmi les plus inventifs de sa génération et qui impressionna tant Mozart lors de son séjour à Paris en 1778. C’est d’ailleurs grâce à Gossec, alors directeur du Concert Spirituel, que Wolfgang reçoit la commande, prestigieuse pour la capitale française, des fameuses Symphonies parisiennes. Entre l’écriture classique et viennoise (plutôt archaïsante si la partition remonte de fait à 1809) et sa grande sensibilité instrumentale (solos de clarinette en particulier …) et son souci de la couleur (trait de modernité a contrario), le jeune chef franco-brésilien réussit totalement l’équilibre entre mesure et sensualité. En revanche, de près de 30 mn en durée, la carrure de l’œuvre préfigure Beethoven.

Pour sa part, Sigismond Neukomm (1778-1858) retrouve à Rio, un rivage familier. Le Viennois, parti de Paris vers Rio en 1816 dans le cadre de la Mission française au Brésil, s’inscrit naturellement dans ce programme carioca : il a même composé sa Symphonie héroïque pendant la traversée, de l’Europe au Nouveau Monde. Tout un symbole. Comme la Symphonie de Gossec, le style de Neukomm est foncièrement classique et même haydnien mais il affirme un sens des modulations très original, parfois abrupts, dont l’activité des contrastes, reste étrangère à Gossec : son parfum romantique est plus évident de ce fait. Place est favorise à la fanfare qui y règne sans discontinuer : ne s’agit-il pas de la Symphonie héroïque en ré majeur ?

 

 

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Comme Mozart et Beethoven, Neukomm réutilise un ancien air composé par Haendel (ici,  l’air de Macbeth pour le mouvement lent central). Inspiré par l’art du Symphoniste, ayant créé entre ancien et nouveau monde, Bruno Procopio souligne l’allant général, l’exaltation d’une plume pleine de feu et de contrastes. Il fait surgir avec bonheur, la vivacité martiale et l’énergie solaire d’une Symphonie de conquête.  En 1816 avant de partir pour Rio, Neukomm, serviteur de Talleyrand, compose le Requiem joué lors de la commémoration du traité de Vienne. Au Brésil, il compose le Libera me pour la fin du Requiem de Mozart, dans une réalisation alors dirigée à Rio, par le compositeur officiel Nunes Garcia. Il est donc légitime d’inscrire au programme Neukomm aux côtés de Gossec. L’un et l’autre sont emblématiques du langage classique des Lumières. Or le second, a fait le voyage et transmet et diffuse l’héritage de la culture européenne sous les tropiques.

Après Renaud de Sacchini (1783) – avec l’OSB toujours, crĂ©ation brĂ©silienne de mars 2015, Bruno Procopio retrouve les dĂ©fis de la musique française de la fin du XVIIIè, au tournant des esthĂ©tiques classique et romantique dĂ©fis pimentĂ©s par sa rĂ©alisation sur instruments modernes. Jouer sur instruments modernes nĂ©cessite un apprentissage spĂ©cifique pour les instrumentistes : nouvelle expĂ©rience technique que leur apporte Bruno Procopio (dont coups d’archets selon une approche historiquement informĂ©e, nouveau raffinement dans l’interprĂ©tation des parties ornementales…)

Comme c’était aussi l’enjeu du concert Ă  Liège, avec le Philharmonique Royal (jouer Rameau sur instruments modernes, dĂ©cembre 2014, – voir ci après notre reportage classiquenews : “Rameau Symphonique par Bruno Procopio Ă  Liège”). Mais un autre dĂ©fi attend bientĂ´t Bruno Procopio, crĂ©er ThĂ©sĂ©e de Gossec composĂ© en 1781 autre fleuron de l’esthĂ©tique des Lumières et qui a dĂ©sormais toute sa place dans ce nouveau sillon prometteur, tracĂ© entre la France et le BrĂ©sil grâce Ă  l’énergie d’un chef audacieux. D’autant qu’en 2016, la France et le BrĂ©sil cĂ©lèbreront le bicentenaire de la Mission française au BrĂ©sil. Prochains Ă©vĂ©nements Ă  venir.

 

 

Compte rendu, concert. Rio de Janeiro, Cidade das Artes, le 4 avril 2015. Sigismund Neukomm (1778 – 1858) : Grande Symphonie HĂ©roĂŻque Op.19. François-Joseph Gossec (1734 – 1829) : Symphonie Ă  17 parties (1809) de Brazilian Symphony Orchestra. Bruno Procopio, direction.

Le chef d’orchestre Bruno Procopio en vidĂ©o

 

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VOIR le reportage Bruno Procopio dirige Rameau à Liège avec le Philharmonique Royal de Liège (décembre 2014)

VOIR le reportage Bruno Procopio dirige RENAUD de Sacchini à Rio, Sala Cecilia Meireles  / Brazilian Symphony Orchestra (mars 2015)

VOIR le reportage Bruno Procopio joue Carl Philipp Emmanuel Bach à Caracas / Orchestre Symphonique Simon Bolivar du Vénézuela (septembre 2013)

VOIR le reportage Bruno Procopio joue les Pièces pour clavecin en concerts de Rameau (avril 2013)

 

 

Illustrations : Bruno Procopio dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB) dans un programme Gossec et Neukomm, Rio de Janeiro, avril 2015 © CLASSIQUENEWS.COM

Rio (BrĂ©sil). Bruno Procopio joue Gossec, Neukomm, Garcia…

Il a osé ce que personne avant lui n'avait osé, renouant avec l'audace de premiers conquérants et pionniers baroqueux : jouer et enregistrer Rameau à Caracas sur instruments modernes ! Le résultat dépasse nos attentes...

Rio de Janeiro, concert Bruno Procopio. Cité des Arts, samedi 4 avril 2015, 16h. Après avoir créer l’opéra de Sacchini de 1783, Renaud, dans la salle Cecilia de Meireles, superbe révélation pour les cariocas avec l’étonnante mezzo Luisa Francesconi (les 21 et 22 mars derniers), Bruno Procopio retrouve à Rio, l’OSB Orchestre symphonique du Brésil à la Cidade das Artes, dans un programme qui fête les 450 ans de la fondation de la cité carioca. Au programme, plusieurs maîtres européens : le belge Gossec et le germanique Neukomm, ainsi que deux musiciens emblématiques de l’essor de la musique savante à l’heure coloniale : Marcos Portugal (génie prossinien) et Nunes Garcia. Outre des oeuvres sacrées (Laudamus Te de la Missa Grande de Portugal, Laudamus Te de la Missa de Sainte Cécile de Garcia), le chef franco brésilien affirme sa stimulante énergie dans le genre symphonique : Symphonie pour 17 parties de Gossec et Sinfonia Heroica de Neukomm (opus 19). Dans la superbe salle de la Cité des Arts de Rio, nouvellement inaugurée, Bruno Procopio offre une nouvelle leçon de direction et de sensibilité, dévoilant dans son pays d’origine, le raffinement d’une musique qui a surtout su assimiler et réécrire les sources européennes. De Gossec et Neukomm, Bruno Procopio révèle le feu orchestral, sans omettre de révéler la profonde ferveur de la Messe testament de Nunes Garcia, compositeur emblématique de la présence du roi du Portugal Jean VI à Rio : la messe de Sainte Cécile. Le programme comprend aussi une œuvre sacrée de Marcos Portugal : la Missa Grande dont Bruno Procopio a enregistré une version pour orgue et chœur à Cuenca (Espagne) avant de diriger la pétillante comédie prérossinienne L’oro no compra amore… (un opéra savoureux aux accents prérossiniens). Le programme évoque surtout l’amitié entre compositeurs : ainsi Nunes Garcia qui se rapproche de Neukomm (dès l’arrivée de ce dernier en 1816) et grâces auquel il dirige Mozart et Haydn à Rio.

 

 

 

Bruno Procopio dirige les compositeurs de Jean VI Ă  Rio de Janeiro

De Gossec et Neukomm à Nunes Garcia…

 

GOSSEC_Gossec-portraitAuteur de 50 symphonies dès 1756, soit bien avant Haydn, Gossec (1734-1829) est bien l’inventeur du genre, sachant se renouveler et affirmer même l’essor de la forme purement instrumentale aux côtés de Grétry. Très proche de Mozart, Gossec enseigne aussi au Conservatoire, les spécificités de la composition entre 1795 et 1814. Le génie de Gossec récemment révélé dans son opéra Thésée (1781) qui saisit et surprend par l’ambition de l’écriture, sa spatialisation et son intensité dramatique, vrai souffle lyrique si rare à l’opéra-, tient à une pensée universelle (comme Grétry) et une adaptabilité tenace et salvatrice malgré les perturbations de la période révolutionnaire. Sous directeur de l’Académie royale de musique après Dauvergne en 1782, il dirige la nouvelle école royale de chant en 1784. Aux côtés du peintre David, scénographe des grandes cérémonies révolutionnaires, Gossec devient le principal compositeur des Républicains, accomplissant dans la musique l’esprit des Lumières. Il meurt déchu et écarté sous la Restauration à 95 ans.
Sa symphonie pour 17 parties date de 1809 et témoigne des ultimes évolutions du compositeur : Gossec qui avait connu Stamitz à Mannheim, et en proche de Mozart, affirme ici une sensibilité pour l’orchestration étonnante qui préfigure Berlioz. Jamais jouée de son vivant, la partition n’est pas publiée et frappe pourtant par le raffinement instrumental requis : flûtes, hautbois, bassons, cors par deux… elle est traversée par un souffle unique et cite même l’air des libertaires : « ah, ça ira, ça ira » dans le dernier mouvement.

Sigismund_von_Neukomm_(1)Sigismond Neukomm (1778-1858) appartient à la génération postérieure à celle de Gossec. Elève du frère de Joseph Haydn (Michael), Neukomm comme Gossec favorise l’évolution du passage entre l’esprit des Lumières et le préromantisme. Voyageur assidu, Neukomm réside 5 années à Rio : il y joue Mozart où il compose un Libera me pour compléter le Requiem incomplet et devient le professeur du Roi du Brésil Jean VI. Neukomm développe aussi une activité ethnomusicale, écrivant plus de 90 œuvres inspirées directement de motifs populaires brésiliens !

JosĂ©_Mauricio_Nunes_GarciaNunes Garcia est un compositeur brĂ©silien nĂ© et mort Ă  Rio en 1767 et 1830. Ce fils d’esclaves originaires du Minas Gerais, devient rapidement une personnalitĂ© majeure de l’essor musicale Ă  Rio. OrdonnĂ© prĂŞtre en 1792, devenu maĂ®tre de chapelle de la CathĂ©drale de Rio dès 1798, Garcia compose toute la musique pour la Cour royale : il livre quantitĂ© de partitions d’une qualitĂ© Ă©vidente que traverse aussi le souci de dĂ©fense des idiomes brĂ©siliens. En 1808, quand arrive le roi du Portugal, Garcia suscite l’admiration du prince rĂ©gent Jean VI, mĂ©lomane averti. Le monarque le nomme MaĂ®tre de la chapelle royale dont le siège est l’Ă©glise Nossa senhora do Carmo (alors Ă©levĂ©e au rang de cathĂ©drale). MalgrĂ© l’opposition des membres de la cour, tous originaires du Portugal, Jean VI honore son musicien mĂ©tis qu’il fait chevalier de l’ordre du Christ. Garcia dut cependant accepter au poste de maĂ®tre de chapelle le portugais Fonseca Portugal, venu de Lisbonne en 1811, qui devint son supĂ©rieur. En 1816, Garcia compose deux chefs d’oeuvre, commande du Tiers-Ordre du Carmel en hommage Ă  la reine Marie Ière de Portugal : le Requiem et l’Office des dĂ©funts.
Quand arrivent les artistes de la mission française en 1816 (où figurent les peintres Debret et Taulnay, l’architecte Montigny), tous les membres venus d’Europe louent la personnalité du « mulâtre » brésilien. Garcia se lie d’amitié avec Neukomm, arrivé la même année : les deux compositeurs suscitèrent l’opposition de la Cour mais reçurent la faveur indéfectible du roi Jean VI. Grâce à Neukomm, Garcia dirige les oeuvres de Mozart (Requiem en 1819) et de Haydn (La Création en 1821).
Après la départ de Jean VI au Portugal (1821) et l’indépendance du Brésil en 1822, Garcia perd appui et protection. Cependant la Messe pour Sainte Cécile, chant du cygne de 1826, affirme un génie inégalé à son époque, heureuse synthèse entre l’écriture savante proeuropéenne et une inspiration indigène pure et noble : jusqu’à sa mort en 1830, Garcia ne cesse de réviser l’orchestration de cette Messe testament.

Brésil, Rio de Janeiro. Cidade das Artes, Cité des Arts.
Samedi 4 avril 2015, 16h.

boutonreservationGabriella Pace, soprano
OSB Orchestre Symphonique du Brésil
Bruno Procopio, direction
Série 450 ans de la fondation de Rio de Janeiro (Brésil)

FRANÇOIS-JOSEPH GOSSEC
Sinfonia para 17 Partes

MARCOS PORTUGAL
Missa Grande | Laudamus Te
SIGISMUND VON NEUKOMM
Missa Solene | Quoniam

JOSÉ MAURÍCIO NUNES GARCIA
Missa de Santa CecĂ­lia | Laudamus Te

SIGISMUND VON NEUKOMM
Sinfonia Heroica, Op. 19