METZ : concert d’ouverture par David Reiland, le 13 sept 2019

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’être à la fois généreux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi à la fête, grâce au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : véritable manifeste de l’éloquence et de la souveraineté orchestrale, traversé dès son premier mouvement par un feu romantique irrésistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. Apothéose conclusive, le dernier morceau fugué, lumineux et victorieux, semble synthétiser tout ce que véhicule l’esprit des Lumières. Mais le directeur musical du National de METZ célèbre aussi, aux côtés de Mozart, l’année BERLIOZ 2019 : il nous réserve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y réinvente le plan symphonique avec instrument obligé. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurées dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intéresse surtout à redéfinir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en réalité, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spécifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant à elle… Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poétique, où l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert événement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le déferlement de flux passionnel à l’évocation de son séjour italien, lié à l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement révolutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste éloquent de la réforme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltées, les années qui suivent ses fiançailles avec la belle aimée, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). Même si la comédienne adulée dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaît de premières années bénies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune père compose alors une partition délirante, voire autobiographique (comme pouvait l’être l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligé, l’alto. Pressé par Paganini, Berlioz écrit une symphonie avec alto, quand il lui était demandé au préalable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le génie expérimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du héros de Byron, Childe Harold, être fantasque, rêveur, mélancolique, toujours insatisfait… le double de Berlioz ? Découvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, déclare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose Chrétien Uhran qui crée l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme répond à l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le héros messianique, seul, fier, face au destin ou à la force des éléments ou des paysages…

1 – Harold aux montagnes, scène de mĂ©lancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes Ă  l’époque de son sĂ©jour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pèlerins chantant la prière du soir (allegretto) / souvenir des pèlerins italiens aperçus Ă  Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pĂ©nitents marcheurs, forcenĂ©s (rĂ©pĂ©tition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes Ă  sa maĂ®tresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mĂ©lodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun dĂ©veloppement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un dĂ©lire sensuel dĂ©braillĂ©, Ă  la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trĂ©pigne, entraĂ®nant l’alto qui est saisi d’un haut le cĹ“ur face Ă  la sauvagerie libĂ©rĂ©e (Berlioz prĂ©cise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La création suscite un vif succès. Mais Berlioz éternel frustré, désespère de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des Débats, à la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraituré par Ingres). S’il n’est écouté par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mélomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz… Chef belge (nĂ© Ă  Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes Ă  suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du rĂ©pertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dĂ©passement, de rĂ©lĂ©vations aussi pour le public. Dans son cas, l’idĂ©al et le perfectionnisme constants portent une activitĂ© jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes… Metz a le bĂ©nĂ©fice de ce tempĂ©rament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dĂ©voiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’âme, le souffle de la musique en un geste habité, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matière sonore qu’il rend franche ou soyeuse, âpre ou onctueuse, toujours passionnément expressive à l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332Formé à Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant à Metz, David Reiland a su affirmer une belle énergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idéalement à son agencement architecturale intérieure : dans cet écrin à l’élégance néoclassique, Le chef à Metz entend défendre le répertoire du XVIIIè musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de séduire et fidéliser tous les publics (surtout ceux toujours frileux à l’idée de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expérience orchestrale).
David Reiland dirigeait déjà l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015…

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COMPTE-RENDU, critique, opéra. METZ, Opéra, le 16 juin 2019. BIZET : Carmen. J M Pérez-Sierra / P-E Fourny

bizet-jeune-compositeurCOMPTE-RENDU, critique, opéra. METZ, Opéra, le 16 juin 2019, Carmen (Bizet) / José Miguel Pérez-Sierra – Paul-Emile Fourny. D’une vie dramatique intense, c’est la version opéra-comique qui nous est offerte, privée des dialogues comme des amputations de Guiraud. Cette nouvelle Carmen a fait l’objet d’une réécriture dramatique, assortie de quelques modifications qui affectent surtout les passages parlés. Nous sommes transportés dans les années 50, avec une transposition des fonctions qui n’altère ni la psychologie des personnages, ni les ressorts du drame. Paul-Emile Fourny nous offre un début en forme de polar, qui éclaire l’ouvrage d’un jour nouveau.

 

 

La Carmen d’un chef

 

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Carmen est habilleuse d’un théâtre, où l’on joue Carmen. Don José est inspecteur de police. Le flash-back du début surprend, au premier abord. Mais on intègre vite ce dépaysement singulier, pour l’oublier ensuite. Les dialogues modifiés ou ajoutés sont savoureux et nous valent des moments de beau théâtre, où le sourire comme l’émotion ont leur place. Ainsi, lorsque Lilas Pastia commence à dire « je suis le Ténébreux… » (sonnet de Nerval) on est partagé entre étonnement et admiration.

La production sera reprise pour la fin d’année à Jesi (dans les Marches), puis à Massy, Reims, Avignon et Clermont-Ferrand. Pour autant, la nécessité d’adapter les décors à tant de cadres scéniques ne se ressent pas : Simples, valorisées par des lumières de bon goût, les différentes scènes s’enchaînent pour nous ménager de beaux tableaux, avec une économie de moyens. Le défilé, de l’acte IV, animé par les choristes et leurs masques, prend ici une vie singulière : le regard mobile de tous, ou d’un groupe, suffit à renouveler l’intérêt de cette page spectaculaire. Le dénouement « C’est toi ? C’est moi », concis, sobre, revêt ici toute sa puissance dramatique, l’émotion est au rendez-vous.

Carmen est une heureuse découverte. Bien qu’elle l’ait chantée à Prague, Mireille Lebel, jeune mezzo canadienne, n’est apparue que ponctuellement en France, particulièrement à Metz où l’on se souvient de sa Charlotte, de Werther. Avec la plus large palette expressive, elle nous vaut une belle Carmen. La voix est sonore, timbrée, égale jusque dans les registres extrêmes. Le jeu dramatique est abouti. Le chant de Sébastien Guèze, Don José, peut être séduisant, lyrique, lorsqu’il ne force pas son émission. On regrette que la voix s’engorge fréquemment, y compris dans les moments où une puissante projection ne s’impose pas (« Ma mère, je la vois… »). L’aisance devrait venir, c’était la première, avec la concentration afférente. Gabrielle Philiponet est familière de Micaëla, qu’elle chantait il y a peu à l’Opéra Bastille. Une belle voix, dont on regrette que la séduction soit parfois altérée par un vibrato large et une projection appuyée. Des autres solistes, aucun ne démérite. Benjamin Mayenobe, baryton puissant, a l’autorité requise pour imposer son remarquable Moralès, aux aigus bien projetés. Il en va de même pour le Zuniga de Jean-François Setti, imposant, et l’Escamillo de Régis Mengus. Les diablesses, complices de Carmen, Frasquita (Capucine Daumas) et Mercédès (Cécile Dumas) sont savoureuses tant par leur chant parfaitement accordé que par leurs qualités de comédiennes. Les ensembles et les chœurs emportent l’adhésion, vifs, clairs, sonores et intelligibles y compris dans des tempi rapides.

 

 

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Le geste ample, démonstratif, de José Miguel Pérez-Sierra lui vaut un engagement collectif où l’Orchestre national de Metz se distingue par des qualités peu communes. Précis, à la plus large dynamique, chacun écoutant l’autre, avec de superbes phrasés, des couleurs idéales, dans un discours construit, qui s’accorde au chant et au drame, cette formation donnerait bien des leçons à des ensembles prestigieux. Sous la baguette de ce chef (qui aborde Carmen pour la première fois), les entractes, particulièrement les deux derniers, sont magnifiés, aux tempi justes, avec toute la caractérisation attendue. Enfin, les talents de Bizet symphoniste, avec ses rythmes, ses couleurs, son élégance et sa force, sont servis magistralement.

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. METZ, OpĂ©ra, le 16 juin 2019, Carmen (Bizet) / JosĂ© Miguel PĂ©rez-Sierra – Paul-Emile Fourny / Illustrations : © Luc Bertau – OpĂ©ra-Théâtre de Metz MĂ©tropole

COMPTE-RENDU, opéra, METZ, le 18 mai 2019. LEGRAND-LETERME : Les Parapluies de Cherbourg.

les_parapluies_de_cherbourg_c_gael_bros_5COMPTE-RENDU, opéra, METZ, Opéra Théâtre Metz Métropole, le 18 mai 2019. LEGRAND-LETERME : Les Parapluies de Cherbourg. Réalisme poétique, esthétique de roman-photo, romance prisée des midinettes des sixties ? Peu importe. La récente disparition de Michel Legrand a été l’occasion pour beaucoup de découvrir l’œuvre multiforme de ce grand monsieur, dont ces célèbres Parapluies de Cherbourg, palme d’or du Festival de Cannes 1964. L’histoire est connue : Geneviève et sa mère tiennent un magasin de parapluies, qui périclite. La jeune fille aime Guy, qui travaille dans un garage. Celui-ci est appelé pour deux ans en Algérie. Enceinte et poussée par sa mère, celle-ci épouse Roland, riche bijoutier. Guy revient, blessé durant la guerre… Patrick Leterme a réalisé cette transposition lyrique du film de Jacques Demy pour une coproduction bienvenue du Palais de Beaux-Arts de Charleroi, de l’Opéra de Reims et de la Compagnie Ars Lyrica. Le Grand-Théâtre Metz Métropole a eu l’heureuse idée de la programmer.

AttachĂ© Ă  l’atmosphère singulière de cette oeuvre mythique, le spectacle reste fidèle au mĂ©lange de fantaisie et de gravitĂ©, de douceur et d’amertume, propre au cinĂ©aste. Il est porteur d’une Ă©motion au moins Ă©gale Ă  celle du public qui dĂ©couvrait le film entièrement chantĂ© de 1964.
La mise en scène en est pleinement aboutie, autorisant un rythme cinématographique dans une succession rapide de séquences, sans la moindre rupture. Un système ingénieux de rideaux coulissant verticalement et latéralement permet l’ouverture sur des espaces confinés, mobiles, élargis, donnant l’illusion d’un film.
Les fenêtres sont colorées, fidèles à l’original, jouant sur trois tons principaux, le rouge, le vert et le bleu. Quelques accessoires réalistes, prosaïques comme il se doit, suffisent à créer l’atmosphère propre à chaque scène. Ainsi, L’ouverture instrumentale s’accompagne d’une projection façon cinémascope (partie supérieure, écran large) qui résume l’ouvrage de façon juste, dans l’esthétique appropriée. Les costumes sont à l’avenant, et les chorégraphies convaincantes. Cette comédie douce-amère évite le mélo. Bonheur et tristesse se mêlent tout au long de l’ouvrage, dans une langue simple, prosaïque, toujours intelligible et, surtout, juste. C’est là le miracle du travail de Michel Legrand et de Jacques Demy : réaliser un film chanté, sur un sujet encore douloureux, traité avec légèreté, sans sombrer dans le ridicule, avec une indéniable force émotionnelle.

les_parapluies_de_cherbourg_c_gael_bros_2Voix comme orchestre, tout est amplifié à un niveau parfois difficile à supporter pour le familier d’art lyrique. Mais la référence cinématographique, et la nécessité ont certainement été à l’origine du choix, d’autant qu’il est malaisé d’apprécier la puissance naturelle des voix des acteurs. Truffée de références musicales (la habanera de Carmen, un pastiche savoureux de musique baroque française accompagne la scène de mariage…), mêlant toutes les composantes de l’univers sonore de Michel Legrand – jazz, chanson, musique classique – la partition est un constant régal. Le talent de Patrick Leterme à recréer la variété, les couleurs, les rythmes d’inspiration, avec un souci de fidélité humble doit être souligné. On sait quel merveilleux arrangeur-orchestrateur fut le compositeur. La formation « Candide Orchestra », riche de ses 17 solistes, autorise tous les climats, toutes les atmosphères. Changements de tempi, de style, l’orchestre se prête avec souplesse et vigueur à la direction attentive de Patrick Leterme.
Les interprètes sont tous familiers de la scène et se révèlent excellents comédiens. La distribution vocale comporte quelques faiblesses. Qu’il s’agisse de l’intelligibilité des paroles ou du timbre, Camille Nicolas (Geneviève), et, dans une moindre mesure, Julie Wingens (Madeleine) pourraient progresser. Par contre tous les autres partenaires sont exemplaires.Jasmine Roy, chanteuse québécoise, familière de l’univers de la comédie musicale, nous vaut une excellente Madame Emery. Marie-Catherine Baclin chante Tante Elise, beau mezzo, à la voix ample et longue, un modèle d’intelligibilité. Quant aux hommes, Gaétan Borg (Guy), Grégory Benchenafi (Roland Cassard), et Franck Vincent (Monsieur Dubourg et Aubin) sont parfaits : voix solides, toujours compréhensibles, avec de réels talents de comédiens.
On sort ému, non seulement par la nostalgie, mais aussi et surtout par cette réalisation exemplaire. A signaler que le public ayant connu la guerre d’Algérie, comme la sortie du film, était très minoritaire dans l’assistance, et que les plus jeunes n’étaient pas les moins enthousiastes.

 

 

 

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COMPTE-RENDU, opéra, METZ, Opéra Théâtre Metz Métropole, le 18 mai 2019. LEGRAND-LETERME : Les Parapluies de Cherbourg. Crédit photographique © Gaël Bros

 

 
 

 

Metz. Opéra-Théâtre. Un amour en guerre, création : 24 et 26 octobre 2014

opera metz un amour en guerre.showMetz. OpĂ©ra-Théâtre. Un amour en guerre, crĂ©ation : 24 et 26 octobre 2014. Metz accueille une crĂ©ation lyrique, l’opĂ©ra de Caroline Glory sur un livret de Patrick Poivre d’Arvor intitulĂ© : « Un amour en guerre ». Mis en scène par Patrick Poivre d’Arvor et Manon Savary, un amour en guerre est la seule crĂ©ation lyrique programmĂ© dans le cadre du Centenaire 2014 de la Première Guerre Mondiale. Un Amour en guerre, c’est l’amour de Madeleine pour Jacques – et de Jacques pour Madeleine – pendant la Première Guerre Mondiale. L’un est au front dans les tranchĂ©es, l’autre se dĂ©sespère de l’attendre sous sa mansarde Ă  Paris. Ils devaient se marier deux ans plus tĂ´t, la guerre les a sĂ©parĂ©s. En 1917, les premières mutineries, les premières dĂ©sertions commencent Ă  apparaĂ®tre sur le front. Elles seront violemment rĂ©primĂ©es, souvent par la peine de mort. Ă€ l’arrière aussi on se met Ă  douter : cette guerre est interminable. Est-elle justifiĂ©e ? Pourquoi sacrifier tant de vies souvent Ă  leur printemps, fauchĂ©es par la barbarie dĂ©cidĂ©e par les gradĂ©s et les politiques d’une haut … Le texte et sa rĂ©alisation scĂ©nique et musicale souligne l’absurditĂ© de la haine entre deux peuples Ă  travers les yeux de deux jeunes gens innocents que tout prĂ©disposait au bonheur. Nos vies valent-elles leur querelles gĂ©opolitiques ? Il y est question d’amour bien sĂ»r, mais aussi de jalousie et de trahison car, comme dans tous les drames depuis l’AntiquitĂ©, un fĂ©lon rĂ´de… La compositrice et violoncelliste Caroline Glory et Patrick Poivre d’Arvor rendent hommage aux millions de soldats français fauchĂ©s par ce que l’on appelle Ă©trangement la Grande Guerre et dont les noms ornent aujourd’hui les monuments aux morts de tous les villages de France.

Un amour en guerre, création
Musique de Caroline Glory
Direction musicale : Jacques Blanc – Orchestre national de Lorraine
Mise en scène : Patrick Poivre d’Arvor et Manon Savary
Décors et costumes : Valentina Bressan – Lumières : Patrice Willaume
Avec Nathalie Manfrino, Sabine Revault d’Allones, Sébastien Guèze, Jean-Baptiste Henriat, Antoine Chenuet, Chœurs de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole et de l’Opéra national de Lorraine

Metz, Opéra Théâtre
Vendredi 24 octobre Ă  20h
Dimanche 26 octobre 2014 Ă  15h
Tarifs : à partir de 14 €

Location :
Opéra-Théâtre de Metz Métropole : 03 87 15 60 60
Opéra-Théâtre de Metz Métropole
4-5, place de la Comédie
57000 METZ
TĂ©l. 03 87 15 60 51
Fax 03 87 31 32 37
http://opera.metzmetropole.fr

Vanessa de Barber Ă  Metz

vanessa_barber_opera_metzMetz : Vanessa de Barber. Les 21, 23 et 25 mars 2014. A l’origine en quatre actes, Vanessa est un opĂ©ra rĂ©duit Ă  3 selon les ultimes souhaits de son auteur Samuel Barber (version de 1964). Le livret de Gian-Carlo Menotti qui signa aussi la mise en scène pour la crĂ©ation au Metropolitan de New York, le 15 janvier 1958, inspire Ă  Barber une oeuvre forte qui valut au compositeur le Prix Pulitzer. Metz propose une nouvelle version de l’opĂ©ra, après avoir accueilli la crĂ©ation française de l’ouvrage … en 2000 ! C’est un opĂ©ra de femmes, centrĂ© sur le personnage complexe de Vanessa, de sa relation avec sa nièce Erika ; avec sa mère la Baronne (caractère assez discret). Quel destin pour une femme qui a aimĂ© ? Barber rĂ©pond Ă  cette question oĂą se joue l’avenir de Vanessa et la malĂ©diction de sa nièce Erika.

 

vanessa_barber_opera_metzMetz, Opéra
Samuel Barber
Vanessa, version 1964
Les 21,23 et 25 mars 2014

 

Opéra en quatre actes
Livret de Gian Carlo Menotti
Création au Metropolitan Opera, New York, 15 janvier 1958

Nouvelle production de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole
En coproduction avec le Théâtre Roger Barat d’Herblay

Direction musicale : David T. Heusel
Mise en scène : Bérénice Collet*

Vanessa : Karen Vourc’h
Erika : Mireille Lebel
La Baronne : Hélène Delavault*
Anatol : Jonathan Boyd*
Le Docteur : Alain Herriau

Choeur de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole
Orchestre national de Lorraine

 

 

 

Rencontre miraculeuse pour Vanessa

 

 

Acte I. Au dĂ©but du siècle (1905), Vanessa attend dans sa maison de campagne son ancien amant qu’elle n’a pas vu depuis 20 ans… mais celui ci se dĂ©robe et c’est son fils, qui porte le mĂŞme prĂ©nom que lui, Anatol, qui paraĂ®t bouleversant de fait Vanessa qui se refugie seule dans sa chambre. Anatol fils dĂ©cide de rester dans la maison et dĂ®ne avec Erika la nièce de Vanessa. Les deux jeunes gens passent la nuit ensemble et Anatol demande Ă  Erika de l’Ă©pouser. Mais la jeune femme doute de la sincĂ©ritĂ© des sentiments du jeune homme et prĂ©fère laisser Vanessa, maĂ®tresse du cĹ“ur d’Anatol qui ne paraĂ®t pas insensible Ă  la tante troublĂ©e depuis le premier soir.

II. Le soir de la Saint Sylvestre, Vanessa annonce ses fiançailles avec Anatol lors d’un grand bal. Erika s’enfuit en plein froid, car elle porte l’enfant de la nuit passĂ©e avec Anatol : elle recherche la mort et veut provoquer une fausse couche.

III. A l’aube, Erika est sauvĂ©e par Anatol qui l’emporte dans sa chambre : mais ni Anatol ni Vanessa ne savent pour l’enfant que le jeune femme attend.
Deux semaines passent. Vanessa prĂ©pare son dĂ©part pour Paris… avec Anatol. Quand elle quitte Erika, celle ci nie toute relation avec le fiancĂ© : mais après le dĂ©part de sa tante, Erika demande Ă  ce que soient couverts tous les miroirs de la maison : Ă  son tour d’attendre dans la maison, le retour de celui qui lui a ravi le coeur un soir de folie amoureuse…

A la crĂ©ation en 1958, Eleanor Steber dans le rĂ´le titre embrase la scène et exprime l’âme Ă  la fois innocente et mĂ»re de Vanessa, sa relation complexe avec sa nièce Erika qui est Ă  la fois une rivale et une proche adorĂ©e qu’elle considère comme sa fille… Aux cĂ´tĂ©s, c’est Nicolai Gedda qui chante Anatol.