DVD Ă©vĂ©nement, critique. ADES : The exterminating Angel (1 dvd Erato – nov 2017)

ades-opera-the-exterminating-angel-opera-dvd-review-critique-opera-dvd-par-classiquenews-erato-2017DVD Ă©vĂ©nement, critique. ADES : The exterminating Angel (1 dvd Erato – nov 2017) – Dans Powder her face, il osait reprĂ©senter une fellation sur la scĂšne. Le compositeur britannique Thomas AdĂšs suscite toujours un scandale qui s’intĂ©resse surtout Ă  l’affiche anecdotique sans poser la question du comment et du pourquoi. Son approche sensible et critique de l’oeuvre fantastique et surrĂ©aliste lĂ©guĂ©e par Luis Bunuel (1962) ne manque pas de profondeur ni de saveur polĂ©mique. La production avait suscitĂ© un tollĂ© Ă  l’annonce que des moutons seraient portĂ©s sur les planches, pour la crĂ©ation de son 3Ăš opĂ©ra Ă  Salzbourg Ă  l’étĂ© 2016 (repris Ă  Covent Garden Ă  Londres en 2017). CaptĂ© au Metropolitan opera Ă  New York (octobre 2018), l’opĂ©ra dĂ©ploie ses sortilĂšges : oĂč brillent timbres et couleurs des bois, percus et ondes martenot pour exprimer le mystĂšre et l’énigme persistante.
Le livret de Cairns synthĂ©tise et respecte l’esprit du film de Bunuel : le dĂ©voilement de la vĂ©ritĂ© humaine, aprĂšs la dissolution de l’hypocrisie bourgeoise. Le masque du mensonge Ă©tant tombĂ©, la perversitĂ© barbare de l’ñme humaine est rĂ©vĂ©lĂ©e comme si le compositeur tendait le miroir au public. Encore une Ɠuvre amĂšre, clinique, mordante qui cible la saloperie humaine capable de toutes les forfaitures pourvu que chcun pour soi sauve sa peau avant celle des autres.

 

 

 

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Le plateau qui rĂ©unit Audrey Luna (la cantatrice), Joseph Kaiser et Amanda Echalaz (les maĂźtres de maison dĂ©bordĂ©s par l’aprĂšs dĂźner), Sally Matthews et Iestyn Davies (la sƓur et le frĂšre incestueux), Alice Coote (l’hystĂ©rique), Sir John Tomlinson (le mĂ©decin vainement pacificateur), Sophie Bevan et David Portillo (jeunes mariĂ©s trop naĂŻfs
), sans omettre Christine Rice et Rod Gilfry (les musiciens) ou FrĂ©dĂ©ric Antoun (l’explorateur)
 atteint l’excellence. Les chanteurs sont des acteurs. Et le metteur en scĂšne Tom Cairns qui signe aussi le livret exploite de telles qualitĂ©s. Chacun caractĂ©rise son profil psychologique (bien chargĂ©, en particulier dans le solo qui est leur autoportrait) ; chacun dĂ©crypte les allusions souterraines d’une partition fourmillante et juste dans sa dĂ©nonciation scrupuleuse. Rien de scandaleux dans cette nouvelle production car le sens global de l’ouvrage sonne vrai, pertinent, implacable. Chacun des solistes incarne ce parlĂ© chantĂ© fludie et continu qui rapproche l’opĂ©ra de la scĂšne rĂ©elle, le chant de la parole en un sprachegesang, parfois hypnotique. Le cast est impressionnant en nombre comme en qualitĂ© : c’est du thĂ©Ăątre lyrique que les ensembles renforce encore. Le dĂ©cor est discret mais bien prĂ©sent, symbolisĂ© par un portique gĂ©ant qui entrave le groupe des gens bien comme il faut. L’intensitĂ© et la justesse du jeu comme du chant Ă©claboussent cet opĂ©ra dont l’envoĂ»tement musical accrĂ©dite davantage l’intelligence de Thomas AdĂšs sur la scĂšne lyrique. CrĂ©ation majeure.

 

 

 

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DVD, critique. ADES : The Exterminating Angel (Metropolitan Opera, 2017 – 1 dvd ERATO)

The Metropolitan Opera Orchestra and Chorus
Thomas AdĂšs (direction)
CLIC D'OR macaron 200Audrey Luna (Leticia Maynar), Amanda Echalaz (LucĂ­a de Nobile), Sally Matthews (Silvia de Ávila), Sophie Bevan (Beatriz), Alice Coote (Leonora Palma), Christine Rice (Blanca Delgado), Iestyn Davies (Francisco de Ávila), Joseph Kaiser (Edmundo de Nobile), FrĂ©dĂ©ric Antoun (RaĂșl Yebenes), David Portillo (Eduardo), David Adam Moore (Colonel Álvaro GĂłmez), Rod Gilfry (Alberto Roc), Kevin Burdette (Señor Russell), Christian Van Horn (Julio) & John Tomlinson (Doctor Carlos Conde) – captation Live from the Met – octobre 2018.
Durée : 2h22mn
CLIC de CLASSIQUENEWS de février 2019.

 

 

 

Teaser vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=ItTIIIPwcvQ

 

 

 

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Roberto Devereux en direct au cinéma

CinĂ©ma. Roberto Devereux, le 16 avril 2016, 18h55. En direct du Metropolitan Opera de New York, Roberto Devereux poursuit sa carriĂšre sur les planches, affirmant en particulier le relief des caractĂšres vocaux qui y conduisent l’action historico-tragique. L’opĂ©ra de Donizetti sur la dynastie Tudor, est crĂ©Ă© en 1837 et son format ambitieux laissait espĂ©rer pour l’auteur, une carriĂšre enfin reconnue, cĂ©lĂ©brĂ©e Ă  … Paris, alors temple europĂ©en du lyrique. Sur le plan artistique, Donizetti signe un Ă©blouissant portrait amoureux, intime de la Reine Elizabeth IĂšre. Son rĂȘve de gloire parisienne se rĂ©alisera avec les partitions Ă  venir : les Martyrs (1848), La Fille du rĂ©giment et La Favorite.

Lyre tragique et portrait d’Elizabeth

radvanovsky sondraLyrisme exacerbĂ©, force des rĂ©citatifs souvent accompagnĂ© (du vrai thĂ©Ăątre musical), tentation mĂ©lancolique (si opposĂ©e Ă  la nostalgie Ă©lĂ©gantissime d’un Bellini), voire profondeur tragique … que Verdi saura sublimer encore aprĂšs la mort de Donizetti (1848). La premiĂšre de Roberto Devereux a lieu d’abord Ă  Naples en 1837, puis est crĂ©Ă© triomphalement Ă  Paris en dĂ©cembre 1838 avec un trio de stars lyriques : Grisi, Rubini, Tamburini… Elizabeth IĂšre aime le Comte d’Essex, Roberto Devreux. Mais l’amant magnifique est fiancĂ© Ă  Sara. Croyant Ă  cette union qui alimente sa dĂ©vorante jalousie, Elizabeth signe l’acte de mort contre Essex, mais elle se ravise, se montre clĂ©mente (Vivi, ingrato ! / Vis ingrat!). Pourtant le Duc de Nottingham, Ă©poux lĂ©gitime de Sara, orchestre un complot contre Devereux et sa femme infidĂšle. En espĂ©rant un dĂ©nouement (et une histoire de bague permettant de disculper les coupables dĂ©signĂ©s), qui ne vient pas, Elizabeth, impuissante, assiste dĂ©sespĂ©rĂ©e Ă  l’exĂ©cution de son amant, et sombre dans des visions lugubres et hautement tragiques (le scepticisme tragique de Donizetti), dans une cabalette (maestoso) hallucinĂ©e (scĂšne 9, III), oĂč voyant sa mort et un bain de sang, renonce au pouvoir en faveur de Jacques Ier…

Grandiose et sombre, thĂ©Ăątre et huis clos presque trop Ă©touffant, soulignant l’impuissance de chacun (y compris la Reine, plus prisonniĂšre de sa dignitĂ© royale et politique que femme libre et amoureuse…), l’opĂ©ra en trois actes de Donizetti cible trĂšs justement la vĂ©ritĂ© des coeurs ; il en explore et rĂ©vĂšle la lyre tragique des sentiments. L’ouvrage offre un dĂ©fi pour les deux chanteuses en prĂ©sence, Ă  la fois rivales et aussi proches – Elizabeth (soprano) et Sara (mezzo). Sur les planches du Met Ă  New York, aprĂšs les Gencer et CaballĂ© – vraies divas marquantes pour un rĂŽle Ă©crasant par sa profondeur et ses trilles-, c’est la soprano Sondra Radvanovsky qui rĂ©vĂ©lera la sincĂ©ritĂ© de la Souveraine Elizabeth, femme de pouvoir et d’autoritĂ©, pourtant dĂ©truite : le chant d’un diamant noir. Face Ă  elle, le superbe mezzo de Elina Garanca incarne une Sara non moins crĂ©dible et mĂȘme grave. David McVicar signe la mise en scĂšne.  OpĂ©ra diffusĂ© en direct au cinĂ©ma, Ă  ne pas manquer, le 16 avril 2016 Ă  partir de 18h55. Dans toutes les salles de cinĂ©ma partenaires de l’opĂ©ration.

DVD, compte rendu critique. Verdi : Falstaff (Levine, Carsen, 2013)

Falstaff verdi decca dvd critique review classiquenews carsen levine decembre 2013 metropolitan opera dvdDVD, compte rendu critique. Verdi : Falstaff (Levine, Carsen, 2013). New York, Metropolitan Opera, dĂ©cembre 2013. Tous les cinĂ©mas du monde (ou presque) relaient en direct la vision que le canadien Robert Carsen dĂ©veloppe du Shakespearien Fastaff de Verdi. Ultime geste lyrique du compositeur oĂč le rire s’Ă©rige en arme contre la folie humaine et l’hypocrisie sociale (une tare que Verdi a bien Ă©prouvĂ© sa vie durant). Dans un style britannique trĂšs finement restituĂ©, celui de l’aprĂšs guerre, le chevalier ridicule a des airs de baron rustique. MalgrĂ© la subtilitĂ© prometteuse des dĂ©cors et des enchantements poĂ©tiques de la nuit d’illusions (III), – quand tous les villageois trompent le dindon magnifique, osons reconnaĂźtre que le parti pris souvent bouffon farceur du baryton abonnĂ© au rĂŽle titre, Ambrogio Maestri, Ă©chappe d’une certaine façon Ă  la fragilitĂ© du personnage dont il fait surtout une brute parfois Ă©paisse, sans guĂšre de profondeur ou de trouble Ă©motionnel. Pourtant Falstaff n’est pas qu’une comĂ©die satirique : c’est aussi une fable grave et sombre oĂč affleurent des sentiments plus complexes. Certes la facilitĂ© de l’acteur est indiscutable, mais les moyens s’Ă©tant usĂ©s, le jeu de l’acteur tend Ă  compenser le manque de musicalitĂ© par un surjeu dramatique … inutile et vain. MĂȘme format surdimensionnĂ© pour l’Alice Ford d’Angela Meade (chant trop large). Plus convaincant car moins surexpressifs le quatuor des rĂŽles secondaires : Jennifer Johnson Cano (Meg), Lisette Oropresa (Nannetta), l’excellente et mordante Mrs Quickly de Stephanie Blythe, vraie nature thĂ©Ăątrale qui aurait volĂ© Ă  la Queen Elizabeth, l’un de ses tailleurs colorĂ© flashy-, ou le Fenton d’un autre abonnĂ© pour ce rĂŽle, l’efficace Paolo Fanale. Mais la tension et l’Ă©clat de la farce se diffusent depuis la fosse oĂč faisant un grand retour, d’autant plus apprĂ©ciĂ© et lĂ©gitimement applaudi, James Levine, remis d’une longe absence pour maladie, dirige de sa chaise roulante. Le feu, la vie, le rire de Falstaff s’accordent et se libĂšrent enfin grĂące Ă  l’activitĂ© d’un orchestre amoureux, pĂ©tillant. Attachante production new yorkaise qui Ă  dĂ©faut de vraies voix irrĂ©sistibles, sait exprimer la vitalitĂ© de la partition du dernier Verdi.

DVD, compte rendu critique. Verdi : Falstaff (Levine, Carsen, 2013).

Falstaff: Ambrogio Maestri
Alice Ford : Angela Meade
Ford : Franco Vassallo
Nannetta : Lisette Oropesa
Fenton : Paolo Fanale
Mrs Quickly : Stephanie Blythe
Meg Page : Jennifer Johnson Cano
Bardolfo : Keith Jameson
Pistola : Christian Van Horn
Dr Caio : Carlo Bosi

Orchestre et chƓur du Metropolitan Opera
James Levine, direction musicale
Mise en scĂšne : Robert Carsen

Enregistré au Metropolitan Opera, en décembre 2013
2 DVD DECCA, 2h21mn

Les PĂȘcheurs de Perles de Bizet au cinĂ©ma

CinĂ©ma. En direct du Met, le 16 janvier 2016, 18h55. Bizet:Les PĂȘcheurs de perles. Avec Diana Damrau, soprano vedette, rĂ©cente Traviata sur la scĂšne de l’OpĂ©ra Bastille, qui chante donc LeĂŻla – la grande prĂȘtresse hindoue, la nouvelle production des PĂȘcheurs de Perles de Bizet crĂ©e outre Atlantique, l’Ă©vĂ©nement lyrique de ce dĂ©but d’annĂ©e 2016, comme La Scala le 7 dĂ©cembre 2015 avait crĂ©Ă© l’Ă©vĂ©nement grĂące Ă  la diva austro russe Anna Netrebko dans le rĂŽle de Giovanna d’Arco sous la direction de Riccardo Chailly.

En direct du Metropolitan Opera de New York

Les PĂȘcheurs de Perles au cinĂ©ma

pecheurs perles bizet diana damrau metropolitan opera new york cinemaEn janvier 2016, le Metropolitan Opera de New York affiche donc The Pearl fischers – Les PĂȘcheurs de Perles, opĂ©ra orientaliste de Georges Bizet, futur auteur de l’espagnolade lyrique, Carmen, d’aprĂšs MĂ©rimĂ©e. Les PĂȘcheurs de Perles n’avaient pas Ă©tĂ© produits sur la scĂšne new yorkaise depuis 100 ans. CrĂ©Ă© en 1863, et donc propre Ă  l’esthĂ©tique Ă©clectique et nĂ©o-orientale du Second Empire,  Les PĂȘcheurs de Perles convoque le rĂȘve indien oĂč deux hommes au dĂ©but liĂ©s par un pacte d’amitiĂ© (Zurga, chef des pĂȘcheurs, baryton) et Nadir qui revient d’un long pĂ©riple (tĂ©nor), se retrouvent rivaux, dĂ©sirant la mĂȘme femme LeĂŻla, devenue prĂȘtresse vouĂ©e Ă  la chastetĂ©, dont ils ne devaient tous deux jamais s’Ă©prendre. AprĂšs maintes pĂ©ripĂ©ties, oĂč Zurga, rongĂ© par la jalousie, les dĂ©nonce puis les dĂ©fend, enfin, gĂ©nĂ©reux et portĂ© par le pardon, laisse les deux amants fuir le village oĂč ils devaient ĂȘtre brĂ»lĂ©s vifs.

Si Berlioz loue les qualitĂ©s de l’orchestration (particuliĂšrement raffinĂ©e) comme la sĂ©duction de l’inspiration mĂ©lodique (se distinguent entre autres de nombreux airs mĂ©morables : duo Zurga/Nadir (C’est toi… au fond du temple saint), duo Leila/Nadir (Ton cƓur n’a pas compris), sans omettre la fameuse Romance de Nadir (d’une tendresse orientale), la partition tombe dans l’oubli, donnant jour Ă  des versions remaniĂ©es et dĂ©naturĂ©es, enfin Ă©cartĂ©es grĂące au travail du musicologue Michel Poupet (1973) qui fixe la version officielle, autographe telle que l’avait conçue Bizet en 1863 (prĂ©sentĂ©e pour la premiĂšre fois par le Welsh National Opera, Ecosse). Les connaisseurs savent reconnaĂźtre au-delĂ  de la sĂ©duction musicale qui rend un hommage direct Ă  Gounod (maĂźtre de Bizet), le clair gĂ©nie lyrique du compositeur, futur auteur de Carmen, quelques 12 annĂ©es plus tard. Jamais Bizet ne fut aussi sĂ©ducteur et sensuel que dans Les PĂȘcheurs de Perles.

Les PĂȘcheurs de Perles de Bizet au Metropolitan Opera de New York, mise en scĂšne de Penny Woolcock. DurĂ©e : 2h30mn, chantĂ© en français.

CinĂ©ma. En direct du Met, le 16 janvier 2016, 18h55. Bizet:Les PĂȘcheurs de perles. Avec Diana Damrau, dans les salles de cinĂ©ma partenaires (rĂ©seau pathelive.com)

BizetLes PĂȘcheurs de Perles, qualitĂ©s d’une partition orientaliste. L’oeuvre est le produit de la rencontre entre le directeur du ThĂ©Ăątre Lyrique, LĂ©on Carvalho, dĂ©fenseur des jeunes auteurs pour le thĂ©Ăątre et Georges Bizet (suivront dans le prolongement de leur entente : La Jolie Fille de Perth, et L’ArlĂ©sienne). Carvalho donne sa chance au compositeur prix de Rome : il devra livrer une nouvel opĂ©ra oĂč sur l’üle de Ceylan, les deux amis Zurga et Nadir s’opposent malgrĂ© eux puis se rĂ©concilie autour de la belle LeĂŻla. DĂšs la crĂ©ation, Berlioz loue non seulement le gĂ©nie d’orchestrateur de Bizet (le thĂšme de la dĂ©esse, fixant d’abord le duo prĂ©alable Zurga / Nadir, revient huit fois dans la partition), mais aussi son intelligence dramatique. Ainsi l’éclat du finale du III, avec un chƓur sublime qui annonce la force collective de Carmen, est cĂ©lĂ©brĂ© : le peuple rĂ©clame alors la mort des deux amants maudits, Nadir et LeĂŻla. A contrario de l’enthousiasme de Berlioz, le jeune Chabrier, ĂągĂ© de 22 ans, non sans jalousie, reproche Ă  Bizet son manque de personnalitĂ© (« le grand dĂ©faut de la musique de Bizet est de manquer de style ou plutĂŽt de les voir tous.. », relevant ici un emprunt Ă  Gounod, FĂ©licien David, et mĂȘme Verdi
). Et de conclure : « en un mot, Bizet n’est presque jamais et nous le voulons lui, car il peut beaucoup sans le secours des autres. ». A sa crĂ©action en 1863, la partition tint l’affiche du ThĂ©Ăątre Lyrique, 18 fois : honnĂȘte succĂšs qui suscita aussi l’enthousiasme d’un Prix de Rome, Emile Paladilhe (« cette partition est trĂšs remarquable et bien supĂ©rieure Ă  tout ce que font aujourd’hui Auber, Thomas, Clapisson, Reber
. »). Carvalho reprit l’ouvrage Ă  l’OpĂ©ra Comique en 1893, installant dĂ©sormais l’opĂ©ra au rĂ©pertoire.

 

DVD, compte rendu critique. Verdi : Macbeth. Anna Netrebko (DG, 2014)

verdi macbeth anna netrebko rene pape fabio luisi metropolitan opera deutsche grammophon review critique dvd CLASSIQUENEWS presentation and account of review dvd classiquenewsDVD, compte rendu critique. Verdi : Macbeth. Anna Netrebko (DG, 2014). Anna Netrebko incarne une Lady Macbeth trĂšs convaincante. Dans son album Deutsche Grammophon Ă©ditĂ© en 2013 (Verdi album), Anna Netrebko chantait les tiraillements amoureux (Leonora) et les ambitions meurtriĂšres (Lady Mabeth) des hĂ©roĂŻnes qu’elle allait ensuite incarner sur scĂšne. Programme prĂ©monitoire en rĂ©alitĂ©, le cd Ă©vĂ©nement faisait donc office de feuille de route pour la cantatrice actrice.  De fait elle a chantĂ© dans la foulĂ©e de cet album important Leonora du TrouvĂšre (Ă  Berlin et Salzbourg), puis Lady Macbeth … Voici la fameuse production shakespearienne captĂ©e en 2014 au Metropolitan Opera de New York. Les grands Ă©vĂ©nements lyriques de la planĂšte savent faire un tapage mĂ©diatique d’autant plus lĂ©gitime quand il s’agit de prises de rĂŽle attendues et rĂ©ussies. Dans le cas de la soprano incandescente Anna Netrebko, contre l’avis de certains qui annonçaient une dĂ©bĂącle car elle n’avait pas la voix suffisante, le pari est relevĂ© ; les attentes, couronnĂ©es de dĂ©lices.

SignĂ©e par le britannique Adrian Noble, grand connaisseur du thĂ©Ăątre Ă©lisabethain,  la mise en scĂšne permet surtout de dĂ©couvrir Anna Netrebko en icĂŽne blonde dĂ©corĂ©e par l’ambition fut-elle  sanguinaire rappellant
 en plus calculatrice et plus prĂ©datrice, Marylin Monroe. Verdi souhaitait une cantatrice expressive capable avec le baryton chantant son Ă©poux, de rĂ©ussir et l’amplitude vocale et le sentiment de la ligne sans oublier l’esprit londonien qui inscrit le drame dans un fantastique mĂ©diĂ©val, psychologique et hallucinĂ©, des plus noirs. Le vrai sujet de Macbeth reste la descente aux enfers d’un couple d’ambitieux, prĂȘts Ă  tout y compris au crime en sĂ©rie pour assoir son pouvoir. On retrouve aux cĂŽtĂ©s de la soprano vedette, le tĂ©nor maltais Joseph Calleja (Macduff), la basse RenĂ© Pape (Banco), et le baryton Zeljko Lucie, qui fait un Macbeth transformĂ© peu Ă  peu en criminel fou, sous l’emprise du pouvoir. L’ambition irrationnelle rend fou et criminel.

netrebko anna macbeth classiquenews review account ofDĂšs les premiĂšres reprĂ©sentations (mi ocotobre 2014) et malgrĂ© les mises engarde de ses proches, Anna Netrebko s’empare du rĂŽle dont elle exprime toutes les facettes avec cette intelligence Ă©motionnelle qui a fait la rĂ©ussite de ses rĂŽles antĂ©rieurs : Leonora chez Verdi  (princesse amoureuse enivrĂ©e Ă©perdue et finalement sacrifiĂ©e) ou tout autant aboutie avec le diamant complĂ©mentaire de sa langue natale (Iolantha de Tchaikovski : ardente Ă©nergie tournĂ©e vers le miracle d’une rĂ©surrection individuelle ; inspirĂ© par le Moyen Ăąge français, le dernier ouvrage du Russe, trouve en Anna Netrebko une icĂŽne troublante qui rend palpitant les modalitĂ©s de l’Ă©mancipation d’une jeune fille hors du joug paternel): aucun doute outre la beautĂ© d’une voix corsĂ©e et suprĂȘmement sensuelle, la chanteuse sait aussi construire un personnage sur la durĂ©e, rĂ©vĂ©lant dans leur finesse singuliĂšre, chaque portrait de femme, dĂ©voilant une intelligence psychologique qui se rĂ©vĂšle passionnante au disque comme sur scĂšne. Avec des moyens vocaux moins impressionnants que certaines autres cantatrice familiĂšres du personnage verdien, Netrebko Ă©claire  la noirceur de Lady Macbeth avec une Ă©paisseur rare, finement caractĂ©risĂ©e. Sa plasticitĂ© naturelle tend Ă  basculer la rĂ©alisation new yorkaise vers le cinĂ©ma ; mais un format que la rĂ©alisation en dvd ne renforce pas hĂ©las. Pourtant sous l’oeil des camĂ©ras, la formidable photogĂ©nie de l’actrice chanteuse perce l’Ă©cran.

En fosse, Fabio Luisi dĂ©fend avec clartĂ© l’avancĂ©e du drame : un drame qui s’affirme Ă  grands coups de tableaux visuellement mĂ©morables mais qui sacrifient parfois la prĂ©cision et le dĂ©tail des profils et des mouvements (McVicar en cela est plus perfectionniste).

Tout autant convaincants sont ses partenaires hommes, surtour RenĂ© Pape en Banquo et Joseph Calleja en Macduff. Le Macbeth de Zeljko Lucic aux moyens certes Ă©vidents, mais il n’a pas le charme de sa consƓur ni son intelligence ni sa fragilitĂ© Ă©motionnelles dans la caractĂ©risation progressive du caractĂšre ; comme Netrebko, on aurait souhaitĂ© plus d’ambivalence,  plus de trouble plutĂŽt que ce chant uniteinte et monocorde, dĂ©pourvu de toutes les nuances requises. Verdi en shakespearien inspirĂ© a pourtant Ă©crit deux portraits de criminels particuliĂšrement profonds et captivants, les rendant mĂȘme d’une certaine façon sympathiques et touchants par leurs tiraillements incessants, leur sincĂ©ritĂ© noire, leur faiblesse barbare. La production compte dans la carriĂšre de la diva planĂ©taire : la voix fĂ©minine de l’heure comme est incontournable aujourd’hui, le tĂ©nor irrĂ©sistible Jonas Kaufmann (hĂ©las passĂ© de Decca chez Sony).

Prochains grands rĂŽles pour Anna Netrebko : Manon Lescaut de Puccini (Munich, novembre 2015) puis  surtout Elsa, dans Lohengrin de Wagner Ă  Bayreuth (juillet 2016 : mais alors qui sera son chevalier : Klaus Florian Voigt ou justement Jonas Kaufmann, les deux champions actuels de ce rĂŽle idĂ©al ?…

DVD, compte rendu critique. Verdi : Macbeth.  Anna Netrebko · Zeljko Lucic. René Pape · Joseph Calleja. The Metropolitan Opera Orchestra, Chorus and Ballet. Fabio Luisi, direction. Adrian Noble, mise en scÚne.

VOIR. Bande annonce video Lady Macbeth par Anna Netrebko

 

 

Cinéma. Verdi : Anna Netrebko chante Lady Macbeth en direct du Met

macbeth lady anna netrebko verdiCinĂ©ma. Verdi : Anna Netrebko chante Lady Macbeth, le 11 octobre 2014, en direct du Metropolitan de New York, 19h. Les performances mondialement retransmises via les rĂ©seaux de salles de cinĂ©ma partenaires, du Metropolitan Opera de New York sont dĂ©sormais cĂ©lĂšbres et particuliĂšrement suivies. C’est assurĂ©ment un nouveau dĂ©bouchĂ© pour l’opĂ©ra en plus des reprĂ©sentations dans l’enceinte des thĂ©Ăątres d’opĂ©ra et un moyen nouveau d’apprĂ©cier la performance lyrique. l’expression plutĂŽt que le beau chant : « ùpre, Ă©touffĂ©, sombre », Verdi souhaitait une voix rugueuse,  sombre, pour le personnage de Lady Macbeth. C’est elle le cerveau des machinations criminelles, portĂ©e par un dĂ©sir irrĂ©pressible de pouvoir. Macbeth suit ce monstre en robe et couronne ensanglantĂ©e. Davantage que Schiller dont il transposa sur la scĂšne lyrique Luisa Miller, Don Carlos
, Verdi porte au pinacle poĂ©tique et dramatique, son modĂšle Shakespeare : toute sa vie, il ambitionnera de mettre en musique le Roi Lear (en vain). Le premier opĂ©ra shakespearien de Verdi, Macbeth donc (premiĂšre version florentine de 1847), prĂ©lude aux deux miracles de la fin de la carriĂšre, Otello dans le genre tragique, puis Falstaff dans la veine comique.

Le livret de Piave en quatre actes souligne les forces surnaturelles qui apportent leur fausse aide au destin de Macbeth : il sera d’aprĂšs les 3 sorciĂšres croisĂ©es dans la forĂȘt du I, « seigneur de Cawdor puis roi d’Écosse ». De son cĂŽtĂ© son acolyte et compagnon d’armes Banco, engendrera des rois. Au palais de Macbeth, Lady lit les lettres porteuses de ses excellentes nouvelles : dĂ©vorĂ©e par le pouvoir, Lady Macbeth pousse son Ă©poux Ă  assassiner le roi Duncan qui vient dormir chez eux
 Le remord commence son Ɠuvre cependant que Banco et sont ils Macduff dĂ©couvre l’horreur du crime de lĂšse majestĂ©, sans pour autant identifier les crimes.

Au II, Macbeth de venu roi paraĂźt lors d’un banquet : Lady Macbeth pousse davantage son Ă©poux : il fait tuer Banco (pour qu’il n’engendre pas de rois), mais le fils Macduff lui Ă©chappe. TorturĂ© par de nouveaux dĂ©mons intĂ©rieurs, Macbeth croit voir le fantĂŽme de son ancien ami Banco.

Du crime à la folie
 Lady Anna

Soupçonneux contre les Macbeth, Macduff s’exile. Au III, retour dans la forĂȘt des sorciĂšres prophĂ©tesses : Macbeth Ă©chafaude de nouveaux plans de meurtre contre Macduff. Survient Malcom, fils de banco qui vient se venger avec son armĂ©e en faisant le siĂšge du chĂąteau de Macbeth. Le culpabilitĂ© a fait son Ɠuvre dans l’esprit de Lady Macbeth qui paraĂźt en une scĂšne de somnambulisme inouĂŻ hagard, hallucinĂ©e, dĂ©truite. Maria Callas plus expressive que bien chantante a rĂ©volutionnĂ© la comprĂ©hension du rĂŽle de Lady Macbeth, offrant ce style mordant, Ăąpre, crĂ©pusculaire dont a rĂȘvĂ© Verdi. Au bord de la folie, Macbeth apprend la mort de sa femme et est finalement tuĂ© par Macduff, vengeur de son pĂšre honteusement assassinĂ©.

Macbeth anna netrebkoAucun rĂ©pit pour le couple de meurtriers et d’assassins : la folie, la lente et irrĂ©sistible destruction psychique les guettent et les emportent ; Ăąmes vouĂ©es aux tĂ©nĂšbres, les deux Macbeth sont les proies dĂ©signĂ©es des sorciĂšres dĂ©moniaques qui paraissent deux fois dans l’opĂ©ra. Le rĂŽle de Macduff, fils vengeur de banco a rĂ©vĂ©lĂ© les grands tĂ©nors du XXĂšme siĂšcle, de Pavarotti Ă  Domingo ; et quel contraste entre la Lady Macbeth triomphante et ivre de victoire politique dans son air de la lettre au I, et son air de folie funambulesque au III. FidĂšle Ă  ses propres conceptions dramatiques, Verdi dĂ©veloppe une maniĂšre elle aussi mordante, expressionniste et fantastique (les sorciĂšres dans les deux scĂšnes de prĂ©diction sont rĂ©ellement impressionnantes), chaque accent de l’orchestre marque un temps fort du drame : jamais musique et thĂ©Ăątre n’ont Ă©tĂ© aussi bien fusionnĂ©s. AprĂšs la crĂ©ation au Teatro della Pergola de Florence en mars 1847, Verdi rĂ©alise une seconde version pour la scĂšne du ThĂ©Ăątre Lyrique de Paris, en français, en avril 1865.

Anna Netrebko Verdi album leonoraParu en octobre 2010, le cd Verdi d’Anna Netrebko Ă©tait en rĂ©alitĂ© un programme annonciateur de ses prises de rĂŽles Ă  venir : en dĂ©cembre 2013 (Berlin) puis Ă  l’étĂ© 2014 Ă  Salzbourg, la soprano a crĂ©Ă© l’évĂ©nement et convaincu dans le rĂŽle de Leonora du trouvĂšre (angĂ©lisme incandescent et ivre, tenue vocale lumineuse). Sa Lady Macbeth est l’argument principal de la nouvelle production de Macbeth prĂ©sentĂ©e au Metropolitan de New York en octobre 2014. Un avant goĂ»t en a Ă©tĂ© donnĂ© en juin dernier au dernier festival de Munich. Rugissante, perverse, puis dĂ©truite hallucinĂ©e : que sera concrĂštement la Lady Macbeth d’Anna Netrebko ? RĂ©ponse ce 11 octobre 2014, sur la scĂšne new-yorkaise et dans toutes les salles de cinĂ©ma qui diffuse le direct Ă  partir de 19h.

OPERA. LADY ANNA. Anna Netrebko : nouvelle Lady Macbeth Ă  Munich puis Ă  New York

Macbeth anna netrebkoOPERA. LADY ANNA. Anna Netrebko : nouvelle Lady Macbeth Ă  New York. Hier, elle frappait par l’angĂ©lisme de sa voix charnue et tendre, nouvelle icĂŽne planĂ©taire des hĂ©roĂŻnes blessĂ©es mais pures (Elvira des Puritains de Bellini en 2007, ou Anna Bolena de Donizetti en 2011 : les deux rĂŽles sont diffusĂ©s sur Mezzo Live HD en octobre 2014). Star des stars actuelles de l’opĂ©ra, la divine soprano austro russe, Anna Netrebko convainc  particuliĂšrement dans le rĂŽle de Lady Macbeth de Verdi, Ă  l’OpĂ©ra d’état de BaviĂšre Ă  Munich (en juin dernier aux cĂŽtĂ©s de Simon Keenlyside en Macbeth et Joseph Calleja en Macduff – ce dernier rĂŽle rĂ©vĂ©lateur des grands tĂ©nors de Pavarotti Ă  Domingo.)
 Septembre et octobre 2014 confirment ainsi la maturitĂ© rayonnante d’un sacrĂ© talent verdien, douĂ© de tempĂ©rament vocal comme de prĂ©sence scĂ©nique. Anna Netrebko que l’on suit depuis sa Traviata Ă  Salzbourg, puis sa Leonora angĂ©lique, Netrebko Anna Netrebkoincandescente Ă  Berlin (dĂ©cembre 2013) reprise cet Ă©tĂ© Ă  Salzbourg (aoĂ»t 2014), relĂšve les dĂ©fis d’une nouvelle prise de rĂŽle (donc amorcĂ©e Ă  Munich, au festival lyrique de juin dernier) et depuis le 24 septembre Ă  New York, empruntant les mĂȘmes voies de La Callas dans un personnage qui doit moins chanter qu’exprimer et jouer (selon Verdi lui-mĂȘme). La quĂȘte du pouvoir  mĂšne au crime qui mĂšne Ă  la folie : l’itinĂ©raire de Lady Macbeth est saisissant, l’un des rĂŽles les plus spectaculaires imaginĂ©s par Verdi (d’aprĂšs Shakespeare), avec point d’orgue de l’ouvrage, la scĂšne cauchemardesque, fantastique oĂč la Reine dĂ©truite paraĂźt folle et somnambule, figure errante et dĂ©munie. Faire du bourreau une victime, voilĂ  toute la force dramatique de l’opĂ©ra de Verdi. Anna Netrebko nouveau visage de la diva Ă©ruptive, expressive, captivante ? Certes oui. Plastique de rĂȘve (une Marylin brune), intensitĂ© vocale d’un timbre tendre et  clair, Anna Netrebko n’est pas seulement la plus belle diva du monde, c’est aussi une interprĂšte sensible et subtile… Ne serait-elle pas en passe de venir une nouveau mythe de l’opĂ©ra, aprĂšs Maria Callas pour le XXĂšme siĂšcle ? DĂ©couvrez la Lady Macbeth d’Anna Netrebko en direct du Met de New York, ce 11 octobre 2014 dans toutes les salles de cinĂ©ma.

 

 

 

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VOIR une scĂšne de Lady Macbeth par Anna Netrebko (Vieni, t’affretta »)

 

agenda d’Anna Netrebko : Lady Macbeth, Macbeth de Verdi, au Metropolitan Opera de New York, les 24 et 27 septembre puis 3, 8, 11, 15, 18 octobre 2014. Mise en scĂšne : Adrian Noble. Fabio Luisi, direction. Avec Anna Netrebko (Lady Macbeth), Zelijko Lucic (Macbeth), Joseph Calleja (Macduff), RenĂ© Pape (Banquo)…

 

 

CD

Anna Netrebko Verdi album leonoraAnna Netrebko : Airs d’opĂ©ras de Verdi, 1 cd paru chez Deutsche Grammophon. Anna Netrebko enregistre ici deux rĂŽles verdiers qu’elle a ensuite chanter sur scĂšne : Leonora du TrouvĂšre et donc Lady Macbeth de Verdi
 Extrait de notre critique du cd Anna Netrebko : Verdi : 3″… dans Il Trovatore : sa Leonora palpite et se dĂ©chirelittĂ©ralement en une incarnation oĂč son angĂ©lisme blessĂ©, tragique, fait merveille : la diva trouve ici un rĂŽle dont le caractĂšre convient idĂ©alement Ă  ses moyens actuels (s’il n’était ici et lĂ  ses notes vibrĂ©es, pas trĂšs prĂ©cises)
 mais la ligne, l’élĂ©gance, la subtilitĂ© de l’émission et les aigus superbement colorĂ©s dans ” D’amore sull’ali rosee ” 
  (dialoguĂ©s lĂ  encore avec la flĂ»te) sont trĂšs convaincants. Elle retrouve l’ivresse vocale qu’elle a su hier affirmer pour Violetta dans La Traviata. Que l’on aime la soprano quand elle s’écarte totalement de tout Ă©panchement vĂ©riste : son legato sans effet manifeste une musicienne nĂ©e. Sa Leonora, hallucinĂ©e, d’une transe fantastique, dans le sillon de Lady Macbeth, torche embrasĂ©e, force l’admiration : toute la personnalitĂ© de Netrebko rejaillit ici en fin de programme, dans le volet le plus saisissant de ce rĂ©cital verdien, hautement recommandable. Concernant Villazon, 
 le tĂ©nor fait du Villazon 
 avec des nuances et des moyens trĂšs en retrait sur ce qu’il fut, en comparaison moins aboutis que sa divine partenaire. Anna Netrebko pourrait trouver sur la scĂšne un rĂŽle Ă  sa (dĂ©)mesure : quand pourrons nous l’écouter et la voir dans une Leonora rĂ©vĂ©latrice et peut-ĂȘtre subjugante ? Bravissima diva…”

 

 

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netrebkoIllustrations : Diva glamour Ă  la plastique hollywoodienne, diva actrice rĂ©vĂ©lĂ©e par ses prises de rĂŽles successives, Anna Netrebko deviendrait-elle peu Ă  peu le nouveau mythe  fĂ©minin de l’OpĂ©ra ? AngĂ©lisme, ardeur, passion et fragilitĂ© ; Ă  prĂ©sent : barbarie ambitieuse mais implosion et folie,… D’Elvira, Anna, Leonora Ă  Lady M… les facettes expressives que dĂ©fend La Netrebko sur scĂšne, relĂšvent bien aujourd’hui d’un vĂ©ritable phĂ©nomĂšne, vocal, scĂ©nique, thĂ©Ăątral.

Internet. Les archives du Met Ă  la demande

met_operaondemand-opera582Internet. Les archives du Met Ă  la demande. Les archives vidĂ©o (et audio) du Metropolitan Opera de New York chez vous directement sur votre Ă©cran d’ordinateur. Non content d’offrir dans les salles de cinĂ©ma, ses directs live (haute dĂ©finition, qualitĂ© de l’image, confort du fauteuil dans des salles au son amplifiĂ©), le Metropolitan Opera de New York amplifie sa prĂ©sence sur le web et ouvre son catalogue d’archives vidĂ©o sur sa page Ă  la demande. Depuis votre ordinateur ou votre grand Ă©cran connectĂ© sur la toile, dĂ©couvrez les grands moments de spectacle qui ont fait et perpĂ©tuent aujourd’hui la lĂ©gende lyrique Ă  New York.

Quelques exemples de titres et productions disponibles proposĂ©s dans l’abonnement payant : Aida avec Alagna, Borodina (HD 2012, Luisi), ou celle avec Price (Levine, 1985), Andrea ChĂ©nier avec Ghuleghina, Pavarotti (1996, Levine), Anna Bolena (HD 2011 avec Anna Netrebko), surtout Ariadne auf Naxos de Strauss avec Jessye Norman, Battle, Troyanos, King (1988, Levine, rĂ©cemment ajoutĂ©), Armida de Rossini avec RenĂ©e Fleming (HD 2010) … et tant d’autres, pour un catalogue qui ne cesse de s’enrichir encore.

Le site comprend aussi pour la mĂȘme offre des archives audio absolument prometteuses lĂ  encore, comptant productions lĂ©gendaires et inĂ©dits stimulants comme cette HĂ©lĂšne Ă©gyptienne de Richard Strauss (2007, Luisi avec Voigt, Damrau, Grove…), Antony and Cleopatra de Samuel Barber (1966, Schippers avec Leontyne Price, Thomas, Diaz…)…

met opera on demand -logo200l’abonnement
Il vous en coĂ»tera 149,99 $ par un an, ou 14,99 $ par mois (toute zone gĂ©ographique, accĂšs web et iPad). Actuellement, une offre de bienvenue de 7 jours est aussi proposĂ©e gratuitement !  Consultez la page d’abonnement

L’inscription est gratuite, l’offre dĂ©couverte 7 jours facile Ă  rĂ©aliser et le catalogue trĂšs trĂšs riche. Alors n’hĂ©sitez plus.

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Haendel: Guilio Cesare en direct du Met. Le 27 avril 2013,18h

Cinéma. Haendel: Giulio Cesare en direct du Met. Le 27 avril 2013, 18h

haendel_giulio_cesare_dessay_metropolitanMis en scĂšne par David Mc Vicar, nouveau prodige de la mise en scĂšne d’opĂ©ra en particulier trĂšs inspirĂ© par le thĂ©Ăątre Baroque, Le Metropolitan Opera de New York diffuse en direct au cinĂ©ma et dans toutes les salles du monde, le chef d’oeuvre antique de Haendel : Giulio Cesare oĂč rayonne la beautĂ© piquante de ClĂ©opĂątre en prise avec l’arrogance politique de son frĂšre PtolomĂ©e… Avec Natalie Dessay en ClĂ©opĂątre (qui a chantĂ© le rĂŽle Ă  l’OpĂ©ra Bastille auparavant, non sans difficultĂ©s), David Daniels (Jules CĂ©sar), Christophe Dumaux (Tolomeo somptueux, mordant et engagĂ©, Ă©galement prĂ©sent dans la production prĂ©cĂ©dente prĂ©sentĂ©e Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris), Patricia Bardon (Cornelia, la veuve de PompĂ©e), Alice Coote (Sesto)… Harry Bicket, direction.