STREAMING, opéra, critique I SONYA YONCHEVA, soprano. Le 27 février 2021. VERDI, PURCELL, PUCCINI, MASSENET…

streaming MET STARS LIVE SOnya Yoncheva critique classiquenewsSTREAMING, opéra, critique I SONYA YONCHEVA, soprano. Le 27 février 2021. VERDI, PURCELL, PUCCINI, MASSENET… La bibliothèque rococo de l’Abbaye de Schussenried (Allemagne) offre un écrin somptueux pour ce récital présenté par le Metropolitan Opera dans le cadre de sa série digitale « Met Stars Live in Concert ». C’est un nouveau volet mémorable de l’offre de streaming de l’institution newyorkaise dont la rentrée lyrique ne se fera pas avant … septembre 2021. Pour rompre le silence, la voix de la soprano bulgare Sonya Yoncheva, diva évanescente dans sa robe rouge, réalise un parcours semé de perles indiscutables.

Sonya YONCHEVA chante pour le MET
ECLECTISME D’UNE DIVA VOLUPTUEUSE

La cantatrice d’abord formée au baroque, aime jongler avec les styles, les écritures, les langues. D’emblée, évacuons son air d’ouverture : « Ritorna Vincitor » d’Aida de Verdi : air trop immense pour une voix vite dépassée et à saturation. Dommage. Impression mitigée également érpouvée dans son second Verdi : sa Leonora du Trouvère « Tacea la notte placida » manque de contrastes, d’ampleur, de souffle halluciné. C’est bien chanté, mais rien de plus. Heureusement il y a Puccini et sa Bohème pour laquelle déjà au Met en 2018, la sirène bulgare retrouve le galbe de son timbre crémeux. Sur les pas de l’incomparable couleur nuancé de Fleming, La Yoncheva poursuit ensuite avec la prière à la lune de Russalka de Dvorak : malgré la tendresse sensuelle du timbre, la soprano manque de teintes mordorées, de finesse, de variations. C’est lisse et trop « sage ».
La captation orchestrée et présentée depuis New York rappelle les prises de rôles de la diva sur la scène du Met : ainsi l’Ave Maria de Desdemona d’Otello de Verdi (2015) ; puis Tosca en 2018. La cantatrice s’affirme enfin en Didon abandonnée (Purcell), au sombre chant crépusculaire dans lequel l’interprète captent et cultivent des nuances intérieures enfin maîtrisées. Dommage que le pianiste Julien Quientin, remplaçant au pied levé Malcolm Martineau, ne parvient pas à articuler et nuancer chaque séquence, avec l’intériorité requise.
En français, et encore sur les traces de Renée Fleming qui la chanta à Bastille, Yoncheva défend l’air déchirant « Adieu ma petite table » d’une Manon (Massenet) grave et voluptueuse. Pour conclure, l’Hymne à l’amour d’Edith Piaf s’impose comme le plus bel effet de la soirée (avec ses Puccini). Photo : Sonya Yoncheva © Metopera

REPLAY jusqu’au 12 mars 2021 sur cette page :
https://metstarslive.brightcove-services.com/events/6170940907001

The Program / me
“Ritorna vincitor!”
From Verdi’s Aida

“Tacea la notte placida … Di tale amor”
From Verdi’s Il Trovatore

“Donde lieta uscì”
From Puccini’s La Bohème

Song to the Moon
From Dvořák’s Rusalka

“Se come voi piccina io fossi”
From Puccini’s Le Villi

“Thy hand, Belinda … When I am laid in earth” (Dido’s Lament)
From Purcell’s Dido and Aeneas

“Lascia ch’io pianga”
From Handel’s Rinaldo

“Un bel dì”
From Puccini’s Madama Butterfly

“Ah! je suis seule … Dis-moi que je suis belle”
From Massenet’s Thaïs

“Adieu, notre petite table”
From Massenet’s Manon

“L’amour est un oiseau rebelle” (Habanera)
From Bizet’s Carmen

“Hymne à l’amour”
By Marguerite Monnot and Édith Piaf