Paris. Le TCE affiche Le Messie version Mozart (1788)

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81PARIS TCE : 16,19 sept 2020. Le Messie, version Mozart, 1788. Der Messias : l’original de Haendel était en anglais : destinéà l’origine pour le public britannique. Mais Wolfgang se passionne pour les oratorios du Saxon et décide sur une demande particulière d’adapter le livret en allemand et de réécrire à sa façon certaines parties de la partition originelle. Créée pour la Semaine Mozart (Mozart Woche) à Salzbourg en 2019, la production mise en scène par Bob Wilson recyle les vieilles ficelles de son écriture visuelle, figée entre épure néofuturiste et référence au Kabuki nippon. Ses tableaux visuels fusionnent ils à propos avec la musique de Haendel et le sens du livret ? Autant dire qu’ici malgré le panthéisme et le naturalisme évident de Haendel dont la réflexion mystique du Messie, célèbre aussi le miracle de la Nature et la relation clé de l’homme et de la Terre, Wilson affecte toujours un imaginaire exclusivement artificiel qui pétrifie les personnages dans des boîtes lumineuses à l’épure sophistiquée… Le célèbre oratorio de Haendel réorchestré par Mozart, dans la mise en scène de Robert Wilson pour la Mozartwoche de Salzbourg, sous la direction de Marc Minkowski.

 

 

 

 

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PARIS, TCE
Mercredi 16 septembre 2020
Vendredi 18 septembre 2020
Samedi 19 septembre 2020
à 19h30

 

RÉSERVEZ VOTRE PLACEboutonreservation
directement sur le site du TCE PARIS Théâtre des Champs Elysées
https://2021.theatrechampselysees.fr/saison/opera-mis-en-scene/der-messias

https://www.youtube.com/watch?v=fIDj9bk-KYY&feature=emb_logo

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messias-mozart-haendel-messie-oratorio-annonce-critique-classiquenews-TCE-paris-theatre-champs-elysees-sept-2020Robert Wilson | mise en scène, scénographie, lumières
Nicola Panzer | co-metteur en scène
Stephanie Engeln | co-scénographe
Carlos Soto | costumes
Tomasz Jeziorski | vidéo
Konrad Kuhn | dramaturgie

Elena Tsallagova | soprano
Helena Rasker | contralto
Richard Croft | ténor
José Coca Loza | basse
Alexis Fousekis | danseur

Les Musiciens du Louvre
Philharmonia Chor Wien | direction Walter Zeh
Marc Minkowski | direction musicale

Oratorio chanté en allemand, surtitré en français et en anglais

 

Le baron Gottfried Van Swieten commande à Mozart l’adaptation de l’oratorio Le Messie de Haendel, en allemand. C’est Swieten qui fait connaître à Wolfgang l’écriture de Bach et de Haendel : les baroques renouvellent l’inspiration de Mozart comme en témoigne cette nouvelle version du Messie, réécrit en 1788, qui devient sous son titre germanique Der Messias. Mozart réorchestre, ajoute des parties de vents. A Paris, le TCE accueille après Salzbourg, cette production inédite dans l’Hexagone, selon l’imaginaire de Bob Wilson pour lequel la partition est surtout un voyage spirituel. Les tableaux visuels, la scénographie ainsi élaborée pour Le Messie n’ont d’autre vocation que de mieux comprendre le sens de la musique. A bon entendeur…

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CD événement, critique. HAENDEL : MESSIAH, Le Messie – Jordi Savall (2 cd ALIA VOX, déc 2017)

critique-582-haendel-savall-le-messie-messiah-oratorio-hwv-56-savall-chapelle-royale-de-versailles-critique-review-critique-cd-opera-concert-classiquenews-alia-vox-dec-2019CD événement, critique. HAENDEL : MESSIAH, Le Messie – Jordi Savall (2 cd ALIA VOX, déc 2017) – enregistrée sous la voûte de la chapelle royale de Versailles, cette lecture du Messie de Haendel, chef d’œuvre incontestable du Saxon baroque dans le genre de l’oratorio anglais (1742), ravira les plus exigeants. Arguments de poids de cette production sous la direction du catalan Jordi Savall, parmi les solistes, le très subtil soprano de l’écossaise Rachel Redmond (habituée des Arts Flo et lauréate du Jardin des Voix), mais aussi le formidable baryton Matthias Winckhler, nuancé, élégant, souple et naturel… sans omettre le geste choral palpitant des chanteurs de la Capella Reial de Catalunya. Le Concert des Nations et son « concertino » Manfredo Kraemer assurent le relief et le souffle d’une partition irrésistible dans ses évocations naturalistes et spirituels.
La partition tel un miracle inespéré, lumineux surgit après l’année noire 1737 quand le théâtre d’opéra qu’il avait fondé fait faillite, que surmené, et trop productif, il est foudroyé par une paralysie (du bras droit, en avril), que meurt le 20 nov, sa seule protectrice la plus fervente et amicale, la Reine Caroline (épouse de Georges II), honorée dans le sublime Funeral Anthem. Pourtant Haendel au fond du gouffre ressuscite. De ce traumatisme intime naît un nouveau genre l’oratorio anglais dont il fait un écrin spirituel d’une exceptionnelle intensité. La renaissance de Haendel passe ainsi : après une cure de vapeur à Aix la Chapelle, on le pensait fini, il enchaîne ressuscité, une nouvelle carrière qui le mène directement vers la gloire. Le Messie / The Messiah raconte cela surtout : la sublimation et le salut d’une âme donnée pour perdue. Dont la partition du Messie exprime l’inflexible espoir, l’inaltérable foi en Dieu. Les textes des trois parties sont invitation à la méditation, dans la confrontation de ce qu’a réalisé le Christ.

à Versailles,
Majesté et méditation du Messie
par Jordi Savall

A Versailles, Jordi Savall offre une lecture pleine de panache et de ferveur, selon l’expérience personnelle de Haendel à l’époque de la composition de la partition du Messie. Le chef catalan en construit l’architecture méditative, telle la confession sincère d’un homme miraculé qui rend grâce et remercie dans la joie.  Jordi Savall souligne la profondeur des textes qui citent et évoquent la grandeur morale du Christ sans le portraiturer directement mais l’exposent continument comme source d’admiration. Le chœur participe intensément à la suggestion et les solistes soulignent la nécessité de méditer cet exemple de vertu inlfexible et de volonté tragique.

Passons sur les petites faiblesses de cette lecture globalement superlative (en réalité qui concernent 2 solistes éreintés). Le ténor Nicholas Mulroy plafonne ; voix fatigué et trop lisse, il n’empêche pas son medium d’être voilé, ce qui l’écarte d’une réelle brillance du timbre (en particulier dans la seconde partie où le ténor est le plus sollicité ; ses airs manifestent l’autorité belliqueuse divine ; le timbre est sans aucun éclat ; dommage). Même triste constat pour un Damien Guillon en déça de ce que nous connaissons : voix faible et intensité comme justesse en fragilité. C’était pour le chanteur français, un soir sans âme ni éclat.

Par contre le choeur final de la partie centrale (II) « Allelujah » confirme l’excellente tenue des choristes ; aussi racés, exaltés, dramatiques mais sans épaisseur, détaillés, articulés que les chanteurs des Arts Flo : c’est dire. Dans cette conclusion de la seconde partie,- la plus virtuose et éclatante, à la fois majestueuse et volontaire de Haendel (rappelant Zadok), le collectif choral se montre nerveux ; il confirme l’excellente préparation de la Cappela Real de Catalunya et une évidente intelligence haendélienne. Associé à l’orchestre et aux autres solistes, le chœur ainsi convaincant, demeure le pilier de cette lecture sur le vif. La vivacité de chaque pupitre renforce la clarté de la polyphonie (fugue finale), ainsi que le geste dramatique de chaque section chorale. Voici un chant habité, incarné : celui des fervents illuminés à la fin, et auparavant chœur des anges, des brebis égarées, chœur de haine, de violence, selon l’exhortation des solistes et les épisodes bibliques qu’ils évoquent ; la justesse expressive des choristes est indiscutable ; elle réussit à déployer le souffle spirituel et l’ardente aspiration dans l’espérance.  Le choeur, la soprano, la basse associé au geste impétueux, éclatant mais nuancé de l’orchestre réalisent un sans faute.

La présence rayonnante, son angélisme pour le coup lui aussi, lumineux et sûr de Rachel Redmond, son émission naturelle, sa couleur tendre et déterminée, reste le second pilier de cette lecture ; son air de ferveur apaisé et accomplie, (d’après Job), « I know that my Redeemer… » qui ouvre les lumières de la Partie III – évoquant surtout la Résurrection, atteste de cette certitude de Haendel, ce miraculé terrassé, à jamais confirmé. La succession de ces deux séquences – chÅ“ur exultant, soprano en lévitation-, demeure très convaincant.
Même tenue exemplaire, autant dramatique qu’inspirée, du baryton Matthias Winckhler qui affirme tout autant une sureté naturelle, ronde et magnifiquement timbrée – expression du fervent touché par la grâce qu’il reçoit peu à peu (son dernier air solo avec trompette « the trumpet shall sound » rayonne littéralement, à la fois sobre, flexible, libre).
CLIC_macaron_2014D’ailleurs, toute la troisième partie, confirmation du miracle de la Résurrection et de la défaite de la mort – grâce aux airs pour soprano, pour basse (avec trompette) et dans le duo ténor / alto, exprime la profondeur et l’activité de la méditation à laquelle Haendel nous invite : il a vu comme une révélation, – après sa guérison miraculeuse, Dieu dans le ciel dans une vision spectaculaire et éblouissante ; ce témoigne nous est offert à travers la musique, vivante, fragile, vibrante sous la direction très fraternelle de Jordi Savall. Magnifique lecture qui mérite bien cet enregistrement mémorable. CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2019.

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CD événement, critique. HAENDEL : MESSIAH, Le Messie – Redmond, Winckhler, Capella Real de Catalunya… Jordi Savall (2 cd ALIA VOX, Versailles déc 2017)  -   CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2019.

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Approfondir 

visiter le site du baryton mozartien / haendélien :
https://www.matthiaswinckhler.de/en/oper

celui de la soprano Rachel Redmond
http://rachelredmondsoprano.com/fr/accueil/

voir Rachel Redmond dans le Messie de Haendel,
autre production 2015  -  Le Concert d’Anvers
/ Bart Van Reyn
https://www.youtube.com/watch?time_continue=834&v=xSWreIkLM3E&feature=emb_logo

CD ̩v̩nement, annonce. HAENDEL : MESSIAH, Le Messie РJordi Savall (2 cd ALIA VOX, d̩c 2017)

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La partition telle un miracle inespéré, lumineux surgit après l’année noire 1737 quand le théâtre d’opéra qu’il avait fondé fait faillite, que surmené, et trop productif, il est foudroyé par une paralysie (du bras droit, en avril), que meurt le 20 nov, sa seule protectrice la plus fervente et amicale, la Reine Caroline (épouse de Georges II), honorée dans le sublime Funeral Anthem. De ce traumatisme intime naît un nouveau genre l’oratorio anglais dont il fait un écrin spirituel d’une exceptionnelle intensité. La renaissance de Haendel passe ainsi : après une cure de vapeur à Aix la Chapelle, on le pensait fini, il enchaîne ressuscité, une nouvelle carrière qui le mène directement vers la gloire. Le Messie / The Messiah raconte cela surtout : la sublimation et le salut d’une âme donnée pour perdue.
CLIC D'OR macaron 200A Versailles, Jordi Savall offre une lecture pleine de panache et de ferveur, selon l’expérience personnelle de Haendel à l’époque de la composition de la partition du Messie, comme la confession sincère d’un homme miraculé qui rend grâce et remercie dans la joie. Grande critique à venir dans la mag cd dvd livre de classiquenews. CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2019.

 

 

 

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CD événement, annonce. HAENDEL : MESSIAH, Le Messie – Jordi Savall (2 cd ALIA VOX, déc 2017)  -   CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2019.

Compte tendu, concert. Toulouse. Halle aux Grains, le 16 décembre 2014 ; Georg Friedrich Haendel (1685-1741) :  Le Messie, Oratorio en trois parties HWV 56 ; Susan Gritton, soprano ; Sara Mingardo, alto ; Benjamin Bernheim, ténor ; Andrew Foster William, baryton-basse ; Orfeo 55 ; Direction : Nathalie Stutzmann.

stutzmann nathalie schubert lieder IMG_0389-Nathalie-RT-Warmer_(c)_Simon_Fowler-480Nathalie Stutzmann est un chef qui petit à petit s’impose par un sérieux et une vision personnelle de la musique qu’elle partage avec son orchestre Orfeo 55, dans une progression mutuelle des plus sympathiques. Diriger le célébrissime Messie, c’est oser se soumettre à des comparaisons tant il est rare de trouver des auditeurs ne connaissant pas le chef d‘œuvre de Haendel.

Un Messie agréablement théâtral

Haendel, handel MessieLe public de la Halle aux Grains a été conquis par cette interprétation riche en qualités. Tout d’abord une théâtralité qui fait avancer chaque partie à son rythme. Le tempo allant, comme l’énergie émanant de la direction, donnent un sentiment de facilité d’écoute des plus confortables. L’orchestre est virtuose et plein de fougue, le choeur de chambre, léger et dansant.  L‘effectif permet de belles nuances et chaque pupitre est équilibré avec des couleurs franches. Seul le pupitre des basses est un peu clair et a eu des moments de vocalisation difficiles. Les couleurs des alti et ténors, voix intermédiaires, parfois trop discrètes,  leur ont permis une très belle présence tout au long de la soirée. Cette conception chambriste et dansante du Messie a dès la première partie conquis le public. La douleur et l’ampleur ont ensuite pu se développer avec évidence, avec le même sentiment d’avancer facilement. Les solistes ont magnifiquement interprété leurs airs. Deux musiciens hors pairs nous ont régalé par la perfection de la voix, du style comme de l’émotion.

Sara Mingardo avec son timbre unique et sa délicate technique a envouté le public. Elle a osé des nuances infimes dans les reprises qui ont permis à l’émotion de se déployer encore.

Le jeune ténor Benjamin Bernheim la rejoint sur le même niveau de musicalité. Belle voix lumineuse et musicien sensible il a su dès son récitatif d’entrée et son premier air capter l’attention du public.

En troisième partie leur duo «  O death where is thy sting » a été un pur moment de grâce, par l’accord des timbres, des nuances, des phrasés, des sensibilités.  La soprano Susan Gritton dont la voix est un peu lourde en première partie a su déployer son sens du théâtre tout particulièrement dans son air « I know that my Redeemer liveth ». Seule petite faiblesse la basse Andrew Foster-Williams nous a semblé ce soir brutaliser un instrument manquant d’assise grave et vocaliser en force. Il lui a un peu manqué la souplesse dansante de ses collègues.

Nathalie Stutzmann a su s’imposer en chef de grandes œuvres. Ce Messie très réussi, en sa conception personnelle assumée, lui ouvre un bel avenir. Nous suivrons avec attention ses autres projets.

Compte tendu, concert. Toulouse. Halle Aux Grains, le 16 décembre 2014 ; Georg Friedrich Haendel (1685-1741) :  Le Messie, Oratorio en trois parties HWV 56 ; Susan Gritton, soprano ; Sara Mingardo, alto ; Benjamin Bernheim, ténor ; Andrew Foster William, baryton-basse ; Orfeo 55 ; Direction : Nathalie Stutzmann.