Livre événement, annonce. Maurice Ravel par Bénédicte Palaux Simonnet (Bleu Nuit éditeur)

ravel-maurice-portrait-compositeur-dossier-ravel-classiquenewsLivre Ă©vĂ©nement, annonce. Maurice Ravel (Bleu Nuit Ă©diteur). Chaque mĂ©lomane qui apprĂ©cie tant l’écriture ravĂ©lienne sait que le gĂ©nie de Maurice Ravel (1875–1937) est Ă  peu de choses prĂšs aussi immense et dĂ©concertant que sa biographie demeure mystĂ©rieuse, et l’homme d’une silencieuse mais tenace discrĂ©tion. A Montfort l’Amaury oĂč sa maison est toujours prĂ©servĂ©e intacte, depuis sa mort en 1937, le compositeur solitaire vivait entourĂ© des ses chats siamois et de sa collection importante d’automates. Pour son 20Ăš anniversaire, – pile correspondant avec ce 71Ăš titre-, l’éditeur BLEU NUIT vient combler de lumiĂšre une part d’ombre, la vie et l’Ɠuvre du plus grand gĂ©nie musical français avec Rameau, Berlioz, et son contemporain au dĂ©but du XXĂš, Claude Debussy.

CLIC D'OR macaron 200Voici une parution biographique bienvenue, dĂ©diĂ© au pĂšre encore vĂ©nĂ©rĂ© voire adulĂ© Ă  l’échelle planĂ©taire du BolĂ©ro, « autant exercice – certes gĂ©nial – d’écriture musicale et d’orchestration que d’invention musicale pure ». Evidemment la piĂšce la plus jouĂ© au monde encore aujourd’hui est analysĂ©e et contextualisĂ©e ; comme ses autres partitions majeures, contributions dĂ©cisives pour l’art de la couleur et de la texture Ă  la française : le ballet Daphnis et ChloĂ©, ses deux opĂ©ras (L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilĂšges), les deux concertos pour piano 
 portes ouvertes sur des univers scintillants, d’un raffinement inouĂŻ, digne de Rimsky-Korsakov, des peintres impressionnistes (parentĂ© niĂ©e par Ravel) auxquels s’invitent des citations chaloupĂ©es et imprĂ©visibles du jazz (Ravel a effectuĂ© plusieurs tournĂ©es aux USA).
L’esprit libre, puissamment onirique, Ravel est curieux des nouveaux styles de son temps 
 C’est un agitateur qui gĂȘne le systĂšme : jamais le compositeur ne recevra le Prix de Rome, aprĂšs 5 tentatives : un exemple Ă©loquent de conservatisme aigu qui discrĂ©dite totalement l’institution officielle.

bleu-nuit-editeur-livre-evenement-clic-de-classiquenews-maurice-Ravel-critique-annonce-livre-musique-classiqueRavel, le plus grand gĂ©nie musical du XXĂš meurt foudroyĂ©, aprĂšs plusieurs annĂ©es de silence obligĂ©, victime d’une maladie cĂ©rĂ©brale Ă  62 ans. Sa fin de vie fut un calvaire.
Y a-t-il une Ă©nigme Ravel ? Dans ce texte inĂ©dit, BĂ©nĂ©dicte Palaux Simonnet pose la question, d’autant plus lĂ©gitime « s’appuyant sur des faits vĂ©rifiĂ©s et vĂ©rifiables, tout en reconnaissant que rien ne peut ĂȘtre dĂ©finitif sur Ravel, si secret, moqueur et libre, se plaisant Ă  ouvrir Ă  deux battants les portes de ce qu’il nommait paradoxalement “la conscience ».

Ravel fascinant, Ravel moderne et dĂ©fricheur, Ravel Ă©nigmatique
 « la profondeur du mystĂšre augmente au fur et Ă  mesure que l’on s’en approche ». VoilĂ  qui est dit et mĂ©rite Ă©videmment de s’y pencher. Livre Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS rentrĂ©e 2019. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

 

Livre Ă©vĂ©nement, annonce. Maurice Ravel (Bleu Nuit Ă©diteur) - Parution : 11 septembre 2019 – Format 14×20 cm – 176 pages – 20 euros. Plus d’infos sur le site de BLEU NUIT Ă©ditions :
http://www.bne.fr/

 

 

 

LILLE, L’ONL prĂ©sente en version dansĂ©e Ma MĂšre L’Oye de Ravel

Maurice_Ravel_1925LILLE, ONL, sam 11 mai 2019. RAVEL : Ma mĂšre l’Oye. A 16h, dans l’auditorium du Nouveau SiĂšcle, l’Orchestre National de Lille prĂ©sente un programme enchanteur et dansĂ© pour les enfants et leurs parents : Jeux d’enfants de BIZET et surtout, perle onirique qui a l’esprit de l’enfance et l’émerveillement des curieux, Ma MĂšre l’Oye, dont l’intrigue inspirĂ© par les contes de Perrault, offre un somptueux cycle qui mĂȘlent les timbres instrumentaux. BientĂŽt pĂšre, Georges Bizet Ă©crit ses « Jeux d’enfants » pour ses tĂȘtes blondes Ă  venir
 un cycle enchantĂ©, enivrĂ© qui permet au compositeur de revivre sa propre enfance. En 1908, Maurice Ravel compose Ă©galement la suite de Ma mĂšre l’Oye pour les enfants de son ami sculpteur Cyprien Godebski. La Belle et la BĂȘte, Poucet, Laideronnette, impĂ©ratrice des Pagodes,
 sont autant de personnages lĂ©gendaires d’un cycle dramatique qui reste un prodige d’orchestration : y brillent en particulier les pupitres des bois et des vents. RedĂ©couvrez le jeu scintillant des timbres instrumentaux tels qu’ils jaillissent dans la version de l’Orchestre Les SiĂšcle, instruments d’Ă©poque sous la direction de FX ROTH (lecture de rĂ©fĂ©rence et CLIC de CLASSIQUENEWS)

La compagnie du chorĂ©graphe espagnol Antonio Ruz s’empare de ce voyage fĂ©Ă©rique Ă  la dĂ©couverte des instruments de l’orchestre. Six danseurs guident les spectateurs, petits et grands, dans ce chef-d’Ɠuvre de la musique française ; ils se transforment, tour Ă  tour en Petit Poucet, en Belle et en BĂȘte, en Laideronnette ou en Belle au bois dormant
 Et vous, rĂ©veillez votre Ăąme d’enfant.

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BIZET
Jeux d’enfants

RAVEL
Ma mùre l’Oye, ballet *

DIRECTION : ZOI TSOKANOU
CRÉATION CHORÉGRAPHIQUE POUR SIX DANSEURS ET ORCHESTRE
CHORÉGRAPHIE : ANTONIO RUZ

Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle
MA MÈRE L’OYE
SAMEDI 11 MAI 2019 ‱ 16H
dĂšs 5 ans

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MA MÈRE L’OYE

Georges Bizet is said to have composed his Jeux d’enfants upon learning that he was to be a father. In 1908, Maurice Ravel also composed Ma mùre l’Oye for children, those of his sculptor friend, Cyprien Godebski. The company run by Spanish choreographer Antonio Ruz whisks us away for a wondrous trip through the orchestra, meeting each instrument along the way.

MA MÈRE L’OYE

Toen hij wist dat hij vader zou worden, schreef Georges Bizet Jeux d’enfants. In 1908 componeerde Maurice Ravel ook de suite Ma mùre l’Oye voor de kinderen van een bevriende beeldhouwer genaamd Cyprien Godebski. Het gezelschap van de Spaanse choreograaf Antonio Ruz neemt ons mee op een sprookjesachtige ontdekkingsreis naar de instrumenten van het orkest.

POITIERS: grand concert RAVEL au TAP

POITIERS, TAP. Mar 21 mai 2019. CONCERT RAVEL, OCE, LangrĂ©e. Bain de musique française ravĂ©lienne pour l’Orchestre des Champs ÉlysĂ©es. Le chef flamand Philippe Herreweghe a façonnĂ© l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es, exceptionnelle phalange sur instruments d’époque, avec lequel le maestro a renouvelĂ© notre approche de Schumann, Mahler, Brahms, Bruckner : rĂ©vĂ©lant dans leur clartĂ© d’origine, les couleurs et ce goĂ»t des timbres inventĂ©s en leur temps par chaque compositeur. C’est aujourd’hui tout un travail de mesure, d’approfondissement et de mise en forme qui aura « sublimé » les Ɠuvres du romantisme allemand.

 
 
 

SOMPTUEUX CONCERT RAVEL A POITIERS

 
 

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Changement de cap avec le premier chef invitĂ© de l’Orchestre qui a sa rĂ©sidence Ă  Poitiers, Louis LangrĂ©e (par ailleurs directeur de l’Orchestre symphonique de Cincinnati). Le maestro français dont on sait le goĂ»t de l’opĂ©ra et du drame symphonique, dirige ici les instrumentistes dans un concert ambitieux, dĂ©diĂ© au gĂ©nie de la musique française du XXĂš (avec Debussy) : Maurice Ravel. Ravel a rĂ©inventĂ© le langage orchestral, habile alchimiste des timbres et des couleurs instrumentales, dans la mouvance de ses prĂ©dĂ©cesseurs Berlioz et Rameau. Ravel fusionne tous les registres, de l’intime Ă  l’orgiaque, de l’innocence Ă  la fĂ©erie sensuelle, Ă  la fois voluptueuse et mystique, onirique et introspective voire intime. GrĂące Ă  lui, ressuscite le souffle du rĂȘve (comme Albert Roussel) mais avec une dĂ©licatesse de ton et une fureur (rentrĂ©e) qui tĂ©moigne d’une connaissance accrue des timbres de l’orchestre.
AprĂšs Debussy la saison derniĂšre, voici un bain de couleurs et de fine texture signĂ© Maurice Ravel. Parmi le catalogue de ses Ɠuvres symphniques, Ma MĂšre L’Oye qui plonge en plein songe des contes et lĂ©gendes (cycle inspirĂ© des Charles Perrault), et aussi, Ɠuvre chatoyante s’il en est, ShĂ©hĂ©razade – entre sensualitĂ© et mystique poĂ©tique, dont dĂ©sirs et vertiges, attentes et espoirs sont incarnĂ©s ici par Fatma Said, jeune soprano Ă©gyptienne, que d’aucuns comparent dĂ©jĂ  à
 Maria Callas. Rien de moins.

 
 
 

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Illustrations : Maurice Ravel – Louis LangrĂ©e (DR)

 
 
 

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POITIERS, TAPboutonreservation
Mardi 21 Mai 2019, 20:30
Auditorium

MAURICE RAVEL
ShĂ©hĂ©razade – ouverture de fĂ©Ă©rie,
ShĂ©hĂ©razade – poĂšmes pour chant et orchestre,
Ma mùre l’Oye,
La Valse

Orchestre des Champs Elysées
Louis Langrée, direction
Fatma Said, soprano
Durée : 1h25 avec entracte

 
 
 

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https://www.tap-poitiers.com/spectacle/ravel/#js-accordion-1

 
 
 

Coffret cd, compte rendu critique. Intégrale Maurice Ravel par Lionel Bringuier (4 cd Deutsche Grammophon)

RAVEL lionel bringuier complete integrale Ravel Yuja wang ray chen review compte rendu critique cd classiquenews 4 cd deutsche grammophon 4795524Coffret cd, compte rendu critique. IntĂ©grale Ravel par Lionel Bringuier (4 cd Deutsche Grammophon). PremiĂšre saison symphonique de Lionel Brunguier Ă  ZĂŒrich... VoilĂ  une premiĂšre somme orchestrale dont tout jeune chef pourrait ĂȘtre particuliĂšrement fier, enregistrĂ© par un label prestigieux dont chaque volet enregistrĂ© sĂ©parĂ©ment, compose aujourd’hui cette intĂ©grale captivante. NĂ© niçois en septembre 1986, le maestro français Lionel Bringuier va souffler prochainement ses 30 ans. Et pourtant force est de constater une sensibilitĂ© vive et analytique, douĂ©e de respirations magiciennes dans le sillon tracĂ© par ses prĂ©dĂ©cesseurs, les premiers enchanteurs dĂ©jĂ  collaborateurs de Decca / Philips, Ă  leur Ă©poque, dĂ©fenseurs passionnĂ©s / passionnants d’un rĂ©pertoire romantique et moderne français qui s’affirmait sans qu’il soit besoin d’Ă©taler aujourd’hui presque exclusivement l’argument des instruments d’Ă©poque. La seule sensibilitĂ© instrumentale de chaque tempĂ©rament fĂ©dĂ©rateur, sa science personnelle des nuances et des dynamiques… – les Ansermet, Martinon, Cluytens et hier, Armin Jordan, suffisait alors Ă  dĂ©montrer une maĂźtrise vivante de l’Ă©loquence orchestrale symphonique Ă  la française. Le jeune Bringuier serait-il animĂ© par le mĂȘme souci d’Ă©loquence et de style ?

 

 

A Zurich, directeur musical de la Tonhalle, un chef français rĂ©alise une premiĂšre intĂ©grale ravĂ©lienne captivante…

Prodiges ravéliens de Lionel Bringuier

 

bringuier tonhalle Bringuier_Lionel__c__Priska_Ke_016d0fd013L’Ă©lĂšve de Zsolt Nagy au Conservatoire de Paris, laurĂ©at du 25Ăšme Concours de Besançon 2005 (grĂące Ă  la Valse du mĂȘme Ravel), affirme ici dans les champs ravĂ©liens, une tension ciselĂ©e souvent irrĂ©sistible, mĂȘme si la prise de son trop flatteuse souvent, exacerbe la plĂ©nitude sonore plutĂŽt que sa transparente clartĂ©. Un manque de dĂ©tail et de ciselure arachnĂ©nenne qui ne doit pas ĂȘtre attribuĂ© Ă  la direction fine, articulĂ©e, subtilement dramatique du jeune maestro. Ce sont moins les Concertos pour piano (avec le concours de l’excellente mais un rien trop technicienne pianiste chinoise Yuja Wang en avril 2015) que les pages purement orchestrales, nĂ©cessitant lyrisme, dĂ©tail, feu dramatique qui confirment le tempĂ©rament du directeur musical, assistant de Salonen Ă  Los Angeles (2007), puis chef associĂ© nommĂ© par Gustavo Dudamel.

CLIC_macaron_2014Les 4 cd édités par Deutsche Grammophon regroupent les premiÚres réalisations officielles de Lionel Bringuier comme nouveau directeur musical de la Tonhalle de Zurich, depuis septembre 2014, successeur de David Zinman. Tous, live de septembre 2014 à novembre 2015 montrent la complicité évidente entre chef et instrumentistes. Analysons les apports des cd les plus intéressants.

CD1 : ShĂ©hĂ©razade scintille de lueurs inĂ©dites, roussĂ©liennes, entre tragĂ©die, mystĂšre et texture allusive ; Tzigane souffre d’un trop plein d’ardeur (Ray Chen peu subtil) ; Le tombeau de Couperin en revanche offre un beau festin de couleurs instrumentales.
CD2 : Si le Oncerto pour piano en sol majeur est trop percutant pet pas assez allusif (pianisme incisif de la soliste chinoise, certes prĂ©cise mais peu subtile), les Valses nobles et sentimentales Ă©talent une souple et flamboyante texture ; et Ma MĂšre l’Oye convoque toute la magie et la nostalgie du Ravel conteur, prophĂšte d’un raffinement et d’une Ă©lĂ©gance exceptionnelle. Lionel Bringuier, ravĂ©lien engagĂ© et soucieux, tisse une Ă©toffe orchestrale des plus soignĂ©es, Ă  la fois, dĂ©taillĂ©e et d’une grande ductilitĂ© expressive.

bringuier lionel chef maestroLe CD 3 montre la direction sous un jour un peu trop dĂ©taillĂ© et prĂ©cautionneuse (dĂ©roulĂ© et continuitĂ© des 4 Ă©pisodes de la Rhapsodie espagnole) ; cependant que Alborada del Gracioco enchante littĂ©ralement ; mais c’est Ă©videmment La Valse – morceau de bravoure qui valut Ă  l’intĂ©ressĂ© son fameux Prix de Besançon et le dĂ©clic pour sa carriĂšre internationale qui s’impose Ă  nous : confirmation d’un beau tempĂ©rament, habile dans le fini instrumental et d’une Ă©coute attentive Ă  la progression enivrante du poĂšme chorĂ©graphique dont il souligne les Ă©clairs mordants, cyniques, l’ivresse Ă©chevelĂ©e, Ă  la fois dĂ©construite et organiquement structurĂ©e. Le travail sur les bois est en particulier flamboyant et magnifiquement ciselĂ© ; on comprend que d’une telle vision / comprĂ©hension, l’Ă©coute en sorte comme saisie par tant de contrastes maĂźtrisĂ©s, jouant sur la volubilitĂ© des instruments et l’Ă©lan collectif comme vĂ©nĂ©neux, emportant vers la transe finale. Un sacre du printemps ravĂ©lien, aux forces chtoniennes soumises au moulinet le plus raffinĂ©. Pour autant la mĂ©canique est idĂ©alement huilĂ©e, dĂ©taille tout… pourtant l’on se dit que si le technicien si douĂ© y mettait la vraie urgence, un feu irrĂ©pressible, la direction en serait non seulement magistrale mais rĂ©ellement captivante… Finalement le maestro qui ne peut que progresser nous promet de futurs accomplissements (Ă  l’opĂ©ra entre autres ? et par Richard Strauss dont les poĂšmes symphoniques pourraient ĂȘtre bonne amorce..?). De toute Ă©vidence Ă  suivre.

CD 4 : c’est le morceau de bravoure et le lieu des rĂ©vĂ©lations comme des accomplissements s’il y a lieu. Le ballet ici dans son intĂ©gralitĂ©, Daphnis et ChloĂ©, doit d’abord, enchanter, plus instinctif et d’une vibration allusive plutĂŽt que dĂ©crire ou exprimer. L’Ă©noncĂ© est certainement moins murmurĂ© et mystĂ©rieux que Philippe Jordan dans son excellente version parue en 2015, MAIS l’acuitĂ© des arĂȘtes orchestrales, l’intelligence globale, l’hĂ©donisme scintillant, bien prĂ©sent, se rĂ©vĂšlent malgrĂ© une Ă©toffe sĂ©ductrice souvent entiĂšre encore pas assez polie, ni filigranĂ©e, d’une plĂ©nitude amoureuse, manquant parfois et de tension et de lĂącher prise. Le jeune chef aurait-il dĂ» encore attendre avant d’enregistrer ce sommet de symphonisme français ? … assurĂ©ment, mais il y reviendra. Car si l’Ă©noncĂ© est parfois trop explicite, et les contours comme les passages pas assez modulĂ©s ni nuancĂ©s (Danse gracieuse de Daphnis… trop claire, trop manifeste, et mĂȘme trop appuyĂ©e ; mĂȘme traits trop Ă©pais et marquĂ©s pour l’enchantement nocturne de Pan qui clĂŽt le premier tableau…), la baguette sait danser, et mĂȘme s’enfoncer dans le mystĂšre, dans l’ivresse infinie, confinant Ă  l’immatĂ©rialitĂ© atmosphĂ©rique. Evidemment emportĂ© par le sens narratif plus facile, le chef rĂ©ussit davantage Danse gĂ©nĂ©rale, Danse grotesque de Dorcon, … tout ce qui rĂ©clame le manifeste et l’expressif (Danse guerriĂšre, Danse suppliante du II…).

 

 

Lionel Bringuier : jeune maestro Ă  suivre

 

 

L’enchantement de l’aube ouvrant le III, manque lui aussi de scintillement mĂȘme si l’on reconnaĂźt une trĂšs belle parure analytique. Le travail est nĂ©anmoins splendide, techniquement et esthĂ©tiquement convaincant, Ă  dĂ©faut d’y contenir ce supplĂ©ment d’Ăąme et de mystĂšre qui font tant dĂ©faut. Si l’on exprime nos rĂ©serves c’est que passionnĂ©s par Ravel comme le chef, nous espĂ©rons que dans un second temps, (prochain?), le maestro nous comble cette fois, au-delĂ  de l’Ă©loquence flamboyante trouvĂ©e ici malgrĂ© son jeune Ăąge. En dĂ©pit de nos rĂ©serves, le contenu de cette premiĂšre saison zĂŒrichoise de Lionel Bringuier, audacieux defenseur de la musique française s’impose Ă  nous avec force et Ă©clat. MĂȘme s’il y manque la profondeur et la subtilitĂ© espĂ©rĂ©es, le rĂ©sultat est convaincant, prometteur. C’est donc un CLIC d’encouragement et l’espĂ©rance que les prochaines rĂ©alisations iront plus loin encore dans le sens d’une absolue finesse suggestive.

 

 

 

RAVEL lionel bringuier complete integrale Ravel Yuja wang ray chen review compte rendu critique cd classiquenews 4 cd deutsche grammophon 4795524CD, coffret Maurice Ravel : intĂ©grale des Ɠuvres orchestales / complete orchestral Works. Lionel Bringuier. Tonhalle-Orchester ZĂŒrich (avec Yuja Wang, piano ; Ray Chen, violon) / 4 cd Deutsche Grammophon, live 2014-2015). CLIC de CLASSIQUENEWS.

Ravel – Concerto pour piano en sol, 2Ăš mouvement (partition interactive pour PIANO)

IcĂŽne_1024x1024_RavelRavel – Concerto pour piano en sol, 2Ăšme mouvement (partition interactive pour PIANO). La partition interactive pour piano pour jouer chez soi… S’il commence simultanĂ©ment la composition de ses deux Concertos pour piano (soit Ă  la fin de 1929), Ravel achĂšve d’abord le Concerto en sol majeur, Ă  l’automne 1931. La crĂ©ation parisienne, en janvier 1932, aux Concerts Lamoureux (Salle Pleyel) est assurĂ©e par Marguerite Long, pianiste dĂ©dicatoire sous la direction de Ravel lui-mĂȘme. Le succĂšs est tel que pianiste et compositeur partent en tournĂ©e pour dĂ©fendre la partition, partout unanimement cĂ©lĂ©brĂ©e et applaudie. D’emblĂ©e, la virtuositĂ© du piano et celle des vents saisit l’écoute mais Ravel entend Ă©tablir un subtil Ă©quilibre structurel entre l’harmonie lumineuse de Mozart et le feu crĂ©pitant de Saint-SaĂ«ns, tout un programme qui renouvelle la combinaison stimulante entre rigueur et imagination. L’humour de la partition et sa carrure rythmique cite aussi le dynamisme urbain des Etats-Unis que Ravel dĂ©couvrit au cours d’une longue tournĂ©e en 1928. Le Concerto en sol comprend trois mouvements : Allegramente, Adagio assai, Presto.

 

D’un balancement hypnotique, le second mouvement ” Adagio assai ” (Ă  3/4, en mi majeur) emprunte Ă  l’esprit de Mozart, Ă  son classicisme souverain, le mouvement lent de son Quintette pour clarinette. En gĂ©nie de la forme mobile et trouble, Ravel combine deux rythmes aux harmonies imprĂ©vues, flottantes : 3/4 Ă  la main droite, 3/8 Ă  la main gauche. Dialoguant avec le cor anglais puis la flĂ»te, le piano diffuse l’atmosphĂšre diaphane d’une douce et lointaine rĂȘverie, un songe suspendu, achevĂ© pianissimo.

 Tombooks propose de jouer la partition du second mouvement : Adagio assai.

 

 

 

bouton partition

TELECHARGER la partition interactive du Concerto pour piano en sol de Maurice Ravel, 2Úme mouvement, éditée par Tombooks

Niveau de difficulté : intermédiaire (4-5)
Type de partition : avec accompagnement de l’orchestre
Prix de la partition : 4,99 euros

 

 

 
 

 

 

 

 

PrĂ©sentation vidĂ©o de l’application proposĂ©e par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition dĂ©file sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprĂ©tation du morceau.

L’expĂ©rience Tombooks c’est grĂące au concept de la partition interactive :
1- Jouez le deuxiÚme mouvement du Concerto pour piano en sol de Ravel accompagné par un orchestre, comme dans une salle de concert,
2- RĂ©glez le tempo de l’orchestre pour l’adapter Ă  votre niveau
3- Personnalisez votre partition avec vos annotations et imprimez-la
4- Partagez vos enregistrements avec d’autres musiciens, ou soumettez-les Ă  l’avis de votre professeur.

 

 

CD. Ravel, Moussorgski (Immerseel, 2013)

immerseel_jos_van_ravel_moussorgski_zig_zag_cdCD. Ravel, Moussorgski (Immerseel, 2013). L’usage des instruments d’Ă©poque s’inscrit durablement depuis de nombreuses approches nouvelles, rĂ©vĂ©lant la ciselure d’une orchestration millimĂ©trĂ©e, d’autant plus essentielle dans l’art si prĂ©cis et abouti de Maurice Ravel. Il n’est plus question d’un exercice d’esthĂ©tique appliquĂ©e mais souvent et cet album nous le montre grĂące Ă  l’intelligence de sa conception stylistique, d’une rĂ©volution dans le domaine symphonique : revenu Ă  son format originel, mieux dĂ©fini et caractĂ©risĂ©, le tissu instrumental gagne une vĂ©ritĂ© et une expressivitĂ© naturelles d’une indĂ©niable rĂ©ussite.

Jos Von Immerseel n’apporte pas la preuve d’une esthĂ©tique gadget ; c’est tout l’inverse, parce qu’elle est si mesurĂ©e et rĂ©flĂ©chie, respectueuse du texte et de la pensĂ©e du compositeur, sa dĂ©marche s’avĂšre ici d’une totale conviction : elle apporte cet accomplissement poĂ©tique oĂč rĂšgne la vitalitĂ© souveraine des instruments subtilement individualisĂ©s et associĂ©s, chacun avec une intensitĂ© et une douceur de ton superlative.
Les Ă©pisodes Ă©vocatoires de Ma MĂšre l’Oye sont ici remarquablement exprimĂ©s avec l’indĂ©finissable patine, mordante et cependant parfaitement ronde et chaleureuse des instruments d’Ă©poque : ivresse des dĂ©tails et aussi atmosphĂšre poĂ©tique d’une brume toute ensorcelante. Les premiers tableaux diffusent un parfum de grisailles tĂ©nue et raffinĂ©e (comme peut l’ĂȘtre un portrait de Velasquez entre le gris et le rose : voyez les Infantes), d’une remarquable expressivitĂ© : art pur de la poĂ©tique musicale, le chef nous convainc totalement ; ici la qualitĂ© recherchĂ©e de timbres dans une balance retrouvĂ©e, offre les justes proportions d’une musique infiniment arachnĂ©enne, mĂ©canique de prĂ©cision comme d’Ă©lĂ©gance filigranĂ©e comme pouvait les cultiver Ravel, Ă©pris d’innocence comme d’enfance Ă©merveillĂ©e. On goĂ»te chaque timbre (bois, vents, cordes dans Laideronnette, impĂ©ratrice des pagodes…) comme s’il s’agissait d’autant de roses dans un jardin fĂ©erique. Le cycle d’abord pour piano Ă©tait destinĂ© aux enfants du peintre Cyprian Godebski : la version orchestrĂ©e accentue cette quĂȘte superlative de la couleur et de la transparence : une nostalgie planante faite raffinement.

MĂȘme idĂ©ale rĂ©alisation pour Les tableaux d’une exposition oĂč Jos Van Immerseel troque ses atours vaporeux et scintillants pour une palette plus mordante et expressive mais non moins subtilement Ă©vocatoire. L’orchestration ” rebelle et solide ” de Ravel (sollicitĂ© par Koussevitzky en 1920) gagne une prĂ©cision et un souci du dĂ©tail absolument jubilatoire : c’est un festin de teintes fantastiques qui exprime tout l’imaginaire d’un Moussorgski Ă  la fois lyrique et tendre, lui-mĂȘme inspirĂ© des tableaux trĂšs contrastĂ©s de l’exposition de Hartmann, l’ami proche dĂ©cĂ©dĂ© trop tĂŽt. Programme trĂšs finement dĂ©fendu. Du miel pour les oreilles.

Ravel : Ma mĂšre l’Oye. Moussorgski : Tableaux d’une exposition. Anima Eterna. Jos Van Immerseel, direction. 1 cd Zig Zag. Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Bruges en janvier 2013.