LILLE, L’ONL présente en version dansée Ma Mère L’Oye de Ravel

Maurice_Ravel_1925LILLE, ONL, sam 11 mai 2019. RAVEL : Ma mère l’Oye. A 16h, dans l’auditorium du Nouveau Siècle, l’Orchestre National de Lille présente un programme enchanteur et dansé pour les enfants et leurs parents : Jeux d’enfants de BIZET et surtout, perle onirique qui a l’esprit de l’enfance et l’émerveillement des curieux, Ma Mère l’Oye, dont l’intrigue inspiré par les contes de Perrault, offre un somptueux cycle qui mêlent les timbres instrumentaux. Bientôt père, Georges Bizet écrit ses « Jeux d’enfants » pour ses têtes blondes à venir… un cycle enchanté, enivré qui permet au compositeur de revivre sa propre enfance. En 1908, Maurice Ravel compose également la suite de Ma mère l’Oye pour les enfants de son ami sculpteur Cyprien Godebski. La Belle et la Bête, Poucet, Laideronnette, impératrice des Pagodes,… sont autant de personnages légendaires d’un cycle dramatique qui reste un prodige d’orchestration : y brillent en particulier les pupitres des bois et des vents. Redécouvrez le jeu scintillant des timbres instrumentaux tels qu’ils jaillissent dans la version de l’Orchestre Les Siècle, instruments d’époque sous la direction de FX ROTH (lecture de référence et CLIC de CLASSIQUENEWS)

La compagnie du chorégraphe espagnol Antonio Ruz s’empare de ce voyage féérique à la découverte des instruments de l’orchestre. Six danseurs guident les spectateurs, petits et grands, dans ce chef-d’œuvre de la musique française ; ils se transforment, tour à tour en Petit Poucet, en Belle et en Bête, en Laideronnette ou en Belle au bois dormant… Et vous, réveillez votre âme d’enfant.

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BIZET
Jeux d’enfants

RAVEL
Ma mère l’Oye, ballet *

DIRECTION : ZOI TSOKANOU
CRÉATION CHORÉGRAPHIQUE POUR SIX DANSEURS ET ORCHESTRE
CHORÉGRAPHIE : ANTONIO RUZ

Lille – Auditorium du Nouveau Siècle
MA MÈRE L’OYE
SAMEDI 11 MAI 2019 • 16H
dès 5 ans

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MA MÈRE L’OYE

Georges Bizet is said to have composed his Jeux d’enfants upon learning that he was to be a father. In 1908, Maurice Ravel also composed Ma mère l’Oye for children, those of his sculptor friend, Cyprien Godebski. The company run by Spanish choreographer Antonio Ruz whisks us away for a wondrous trip through the orchestra, meeting each instrument along the way.

MA MÈRE L’OYE

Toen hij wist dat hij vader zou worden, schreef Georges Bizet Jeux d’enfants. In 1908 componeerde Maurice Ravel ook de suite Ma mère l’Oye voor de kinderen van een bevriende beeldhouwer genaamd Cyprien Godebski. Het gezelschap van de Spaanse choreograaf Antonio Ruz neemt ons mee op een sprookjesachtige ontdekkingsreis naar de instrumenten van het orkest.

POITIERS: grand concert RAVEL au TAP

POITIERS, TAP. Mar 21 mai 2019. CONCERT RAVEL, OCE, Langrée. Bain de musique française ravélienne pour l’Orchestre des Champs Élysées. Le chef flamand Philippe Herreweghe a façonné l’Orchestre des Champs-Élysées, exceptionnelle phalange sur instruments d’époque, avec lequel le maestro a renouvelé notre approche de Schumann, Mahler, Brahms, Bruckner : révélant dans leur clarté d’origine, les couleurs et ce goût des timbres inventés en leur temps par chaque compositeur. C’est aujourd’hui tout un travail de mesure, d’approfondissement et de mise en forme qui aura « sublimé » les œuvres du romantisme allemand.

 
 
 

SOMPTUEUX CONCERT RAVEL A POITIERS

 
 

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Changement de cap avec le premier chef invité de l’Orchestre qui a sa résidence à Poitiers, Louis Langrée (par ailleurs directeur de l’Orchestre symphonique de Cincinnati). Le maestro français dont on sait le goût de l’opéra et du drame symphonique, dirige ici les instrumentistes dans un concert ambitieux, dédié au génie de la musique française du XXè (avec Debussy) : Maurice Ravel. Ravel a réinventé le langage orchestral, habile alchimiste des timbres et des couleurs instrumentales, dans la mouvance de ses prédécesseurs Berlioz et Rameau. Ravel fusionne tous les registres, de l’intime à l’orgiaque, de l’innocence à la féerie sensuelle, à la fois voluptueuse et mystique, onirique et introspective voire intime. Grâce à lui, ressuscite le souffle du rêve (comme Albert Roussel) mais avec une délicatesse de ton et une fureur (rentrée) qui témoigne d’une connaissance accrue des timbres de l’orchestre.
Après Debussy la saison dernière, voici un bain de couleurs et de fine texture signé Maurice Ravel. Parmi le catalogue de ses Å“uvres symphniques, Ma Mère L’Oye qui plonge en plein songe des contes et légendes (cycle inspiré des Charles Perrault), et aussi, Å“uvre chatoyante s’il en est, Shéhérazade – entre sensualité et mystique poétique, dont désirs et vertiges, attentes et espoirs sont incarnés ici par Fatma Said, jeune soprano égyptienne, que d’aucuns comparent déjà à… Maria Callas. Rien de moins.

 
 
 

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Illustrations : Maurice Ravel РLouis Langr̩e (DR)

 
 
 

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POITIERS, TAPboutonreservation
Mardi 21 Mai 2019, 20:30
Auditorium

MAURICE RAVEL
Shéhérazade – ouverture de féérie,
Shéhérazade – poèmes pour chant et orchestre,
Ma mère l’Oye,
La Valse

Orchestre des Champs Elysées
Louis Langrée, direction
Fatma Said, soprano
Durée : 1h25 avec entracte

 
 
 

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https://www.tap-poitiers.com/spectacle/ravel/#js-accordion-1

 
 
 

Coffret cd, compte rendu critique. Intégrale Maurice Ravel par Lionel Bringuier (4 cd Deutsche Grammophon)

RAVEL lionel bringuier complete integrale Ravel Yuja wang ray chen review compte rendu critique cd classiquenews 4 cd deutsche grammophon 4795524Coffret cd, compte rendu critique. Intégrale Ravel par Lionel Bringuier (4 cd Deutsche Grammophon). Première saison symphonique de Lionel Brunguier à Zürich... Voilà une première somme orchestrale dont tout jeune chef pourrait être particulièrement fier, enregistré par un label prestigieux dont chaque volet enregistré séparément, compose aujourd’hui cette intégrale captivante. Né niçois en septembre 1986, le maestro français Lionel Bringuier va souffler prochainement ses 30 ans. Et pourtant force est de constater une sensibilité vive et analytique, douée de respirations magiciennes dans le sillon tracé par ses prédécesseurs, les premiers enchanteurs déjà collaborateurs de Decca / Philips, à leur époque, défenseurs passionnés / passionnants d’un répertoire romantique et moderne français qui s’affirmait sans qu’il soit besoin d’étaler aujourd’hui presque exclusivement l’argument des instruments d’époque. La seule sensibilité instrumentale de chaque tempérament fédérateur, sa science personnelle des nuances et des dynamiques… – les Ansermet, Martinon, Cluytens et hier, Armin Jordan, suffisait alors à démontrer une maîtrise vivante de l’éloquence orchestrale symphonique à la française. Le jeune Bringuier serait-il animé par le même souci d’éloquence et de style ?

 

 

A Zurich, directeur musical de la Tonhalle, un chef français réalise une première intégrale ravélienne captivante…

Prodiges ravéliens de Lionel Bringuier

 

bringuier tonhalle Bringuier_Lionel__c__Priska_Ke_016d0fd013L’élève de Zsolt Nagy au Conservatoire de Paris, lauréat du 25ème Concours de Besançon 2005 (grâce à la Valse du même Ravel), affirme ici dans les champs ravéliens, une tension ciselée souvent irrésistible, même si la prise de son trop flatteuse souvent, exacerbe la plénitude sonore plutôt que sa transparente clarté. Un manque de détail et de ciselure arachnénenne qui ne doit pas être attribué à la direction fine, articulée, subtilement dramatique du jeune maestro. Ce sont moins les Concertos pour piano (avec le concours de l’excellente mais un rien trop technicienne pianiste chinoise Yuja Wang en avril 2015) que les pages purement orchestrales, nécessitant lyrisme, détail, feu dramatique qui confirment le tempérament du directeur musical, assistant de Salonen à Los Angeles (2007), puis chef associé nommé par Gustavo Dudamel.

CLIC_macaron_2014Les 4 cd édités par Deutsche Grammophon regroupent les premières réalisations officielles de Lionel Bringuier comme nouveau directeur musical de la Tonhalle de Zurich, depuis septembre 2014, successeur de David Zinman. Tous, live de septembre 2014 à novembre 2015 montrent la complicité évidente entre chef et instrumentistes. Analysons les apports des cd les plus intéressants.

CD1 : Shéhérazade scintille de lueurs inédites, rousséliennes, entre tragédie, mystère et texture allusive ; Tzigane souffre d’un trop plein d’ardeur (Ray Chen peu subtil) ; Le tombeau de Couperin en revanche offre un beau festin de couleurs instrumentales.
CD2 : Si le Oncerto pour piano en sol majeur est trop percutant pet pas assez allusif (pianisme incisif de la soliste chinoise, certes précise mais peu subtile), les Valses nobles et sentimentales étalent une souple et flamboyante texture ; et Ma Mère l’Oye convoque toute la magie et la nostalgie du Ravel conteur, prophète d’un raffinement et d’une élégance exceptionnelle. Lionel Bringuier, ravélien engagé et soucieux, tisse une étoffe orchestrale des plus soignées, à la fois, détaillée et d’une grande ductilité expressive.

bringuier lionel chef maestroLe CD 3 montre la direction sous un jour un peu trop détaillé et précautionneuse (déroulé et continuité des 4 épisodes de la Rhapsodie espagnole) ; cependant que Alborada del Gracioco enchante littéralement ; mais c’est évidemment La Valse – morceau de bravoure qui valut à l’intéressé son fameux Prix de Besançon et le déclic pour sa carrière internationale qui s’impose à nous : confirmation d’un beau tempérament, habile dans le fini instrumental et d’une écoute attentive à la progression enivrante du poème chorégraphique dont il souligne les éclairs mordants, cyniques, l’ivresse échevelée, à la fois déconstruite et organiquement structurée. Le travail sur les bois est en particulier flamboyant et magnifiquement ciselé ; on comprend que d’une telle vision / compréhension, l’écoute en sorte comme saisie par tant de contrastes maîtrisés, jouant sur la volubilité des instruments et l’élan collectif comme vénéneux, emportant vers la transe finale. Un sacre du printemps ravélien, aux forces chtoniennes soumises au moulinet le plus raffiné. Pour autant la mécanique est idéalement huilée, détaille tout… pourtant l’on se dit que si le technicien si doué y mettait la vraie urgence, un feu irrépressible, la direction en serait non seulement magistrale mais réellement captivante… Finalement le maestro qui ne peut que progresser nous promet de futurs accomplissements (à l’opéra entre autres ? et par Richard Strauss dont les poèmes symphoniques pourraient être bonne amorce..?). De toute évidence à suivre.

CD 4 : c’est le morceau de bravoure et le lieu des révélations comme des accomplissements s’il y a lieu. Le ballet ici dans son intégralité, Daphnis et Chloé, doit d’abord, enchanter, plus instinctif et d’une vibration allusive plutôt que décrire ou exprimer. L’énoncé est certainement moins murmuré et mystérieux que Philippe Jordan dans son excellente version parue en 2015, MAIS l’acuité des arêtes orchestrales, l’intelligence globale, l’hédonisme scintillant, bien présent, se révèlent malgré une étoffe séductrice souvent entière encore pas assez polie, ni filigranée, d’une plénitude amoureuse, manquant parfois et de tension et de lâcher prise. Le jeune chef aurait-il dû encore attendre avant d’enregistrer ce sommet de symphonisme français ? … assurément, mais il y reviendra. Car si l’énoncé est parfois trop explicite, et les contours comme les passages pas assez modulés ni nuancés (Danse gracieuse de Daphnis… trop claire, trop manifeste, et même trop appuyée ; même traits trop épais et marqués pour l’enchantement nocturne de Pan qui clôt le premier tableau…), la baguette sait danser, et même s’enfoncer dans le mystère, dans l’ivresse infinie, confinant à l’immatérialité atmosphérique. Evidemment emporté par le sens narratif plus facile, le chef réussit davantage Danse générale, Danse grotesque de Dorcon, … tout ce qui réclame le manifeste et l’expressif (Danse guerrière, Danse suppliante du II…).

 

 

Lionel Bringuier : jeune maestro à suivre

 

 

L’enchantement de l’aube ouvrant le III, manque lui aussi de scintillement même si l’on reconnaît une très belle parure analytique. Le travail est néanmoins splendide, techniquement et esthétiquement convaincant, à défaut d’y contenir ce supplément d’âme et de mystère qui font tant défaut. Si l’on exprime nos réserves c’est que passionnés par Ravel comme le chef, nous espérons que dans un second temps, (prochain?), le maestro nous comble cette fois, au-delà de l’éloquence flamboyante trouvée ici malgré son jeune âge. En dépit de nos réserves, le contenu de cette première saison zürichoise de Lionel Bringuier, audacieux defenseur de la musique française s’impose à nous avec force et éclat. Même s’il y manque la profondeur et la subtilité espérées, le résultat est convaincant, prometteur. C’est donc un CLIC d’encouragement et l’espérance que les prochaines réalisations iront plus loin encore dans le sens d’une absolue finesse suggestive.

 

 

 

RAVEL lionel bringuier complete integrale Ravel Yuja wang ray chen review compte rendu critique cd classiquenews 4 cd deutsche grammophon 4795524CD, coffret Maurice Ravel : intégrale des œuvres orchestales / complete orchestral Works. Lionel Bringuier. Tonhalle-Orchester Zürich (avec Yuja Wang, piano ; Ray Chen, violon) / 4 cd Deutsche Grammophon, live 2014-2015). CLIC de CLASSIQUENEWS.

Ravel РConcerto pour piano en sol, 2̬ mouvement (partition interactive pour PIANO)

Icône_1024x1024_RavelRavel – Concerto pour piano en sol, 2ème mouvement (partition interactive pour PIANO). La partition interactive pour piano pour jouer chez soi… S’il commence simultanément la composition de ses deux Concertos pour piano (soit à la fin de 1929), Ravel achève d’abord le Concerto en sol majeur, à l’automne 1931. La création parisienne, en janvier 1932, aux Concerts Lamoureux (Salle Pleyel) est assurée par Marguerite Long, pianiste dédicatoire sous la direction de Ravel lui-même. Le succès est tel que pianiste et compositeur partent en tournée pour défendre la partition, partout unanimement célébrée et applaudie. D’emblée, la virtuosité du piano et celle des vents saisit l’écoute mais Ravel entend établir un subtil équilibre structurel entre l’harmonie lumineuse de Mozart et le feu crépitant de Saint-Saëns, tout un programme qui renouvelle la combinaison stimulante entre rigueur et imagination. L’humour de la partition et sa carrure rythmique cite aussi le dynamisme urbain des Etats-Unis que Ravel découvrit au cours d’une longue tournée en 1928. Le Concerto en sol comprend trois mouvements : Allegramente, Adagio assai, Presto.

 

D’un balancement hypnotique, le second mouvement ” Adagio assai ” (à 3/4, en mi majeur) emprunte à l’esprit de Mozart, à son classicisme souverain, le mouvement lent de son Quintette pour clarinette. En génie de la forme mobile et trouble, Ravel combine deux rythmes aux harmonies imprévues, flottantes : 3/4 à la main droite, 3/8 à la main gauche. Dialoguant avec le cor anglais puis la flûte, le piano diffuse l’atmosphère diaphane d’une douce et lointaine rêverie, un songe suspendu, achevé pianissimo.

 Tombooks propose de jouer la partition du second mouvement : Adagio assai.

 

 

 

bouton partition

TELECHARGER la partition interactive du Concerto pour piano en sol de Maurice Ravel, 2ème mouvement, éditée par Tombooks

Niveau de difficulté : intermédiaire (4-5)
Type de partition : avec accompagnement de l’orchestre
Prix de la partition : 4,99 euros

 

 

 
 

 

 

 

 

Présentation vidéo de l’application proposée par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition défile sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprétation du morceau.

L’expérience Tombooks c’est grâce au concept de la partition interactive :
1- Jouez le deuxième mouvement du Concerto pour piano en sol de Ravel accompagné par un orchestre, comme dans une salle de concert,
2- Réglez le tempo de l’orchestre pour l’adapter à votre niveau
3- Personnalisez votre partition avec vos annotations et imprimez-la
4- Partagez vos enregistrements avec d’autres musiciens, ou soumettez-les à l’avis de votre professeur.

 

 

CD. Ravel, Moussorgski (Immerseel, 2013)

immerseel_jos_van_ravel_moussorgski_zig_zag_cdCD. Ravel, Moussorgski (Immerseel, 2013). L’usage des instruments d’époque s’inscrit durablement depuis de nombreuses approches nouvelles, révélant la ciselure d’une orchestration millimétrée, d’autant plus essentielle dans l’art si précis et abouti de Maurice Ravel. Il n’est plus question d’un exercice d’esthétique appliquée mais souvent et cet album nous le montre grâce à l’intelligence de sa conception stylistique, d’une révolution dans le domaine symphonique : revenu à son format originel, mieux défini et caractérisé, le tissu instrumental gagne une vérité et une expressivité naturelles d’une indéniable réussite.

Jos Von Immerseel n’apporte pas la preuve d’une esthétique gadget ; c’est tout l’inverse, parce qu’elle est si mesurée et réfléchie, respectueuse du texte et de la pensée du compositeur, sa démarche s’avère ici d’une totale conviction : elle apporte cet accomplissement poétique où règne la vitalité souveraine des instruments subtilement individualisés et associés, chacun avec une intensité et une douceur de ton superlative.
Les épisodes évocatoires de Ma Mère l’Oye sont ici remarquablement exprimés avec l’indéfinissable patine, mordante et cependant parfaitement ronde et chaleureuse des instruments d’époque : ivresse des détails et aussi atmosphère poétique d’une brume toute ensorcelante. Les premiers tableaux diffusent un parfum de grisailles ténue et raffinée (comme peut l’être un portrait de Velasquez entre le gris et le rose : voyez les Infantes), d’une remarquable expressivité : art pur de la poétique musicale, le chef nous convainc totalement ; ici la qualité recherchée de timbres dans une balance retrouvée, offre les justes proportions d’une musique infiniment arachnéenne, mécanique de précision comme d’élégance filigranée comme pouvait les cultiver Ravel, épris d’innocence comme d’enfance émerveillée. On goûte chaque timbre (bois, vents, cordes dans Laideronnette, impératrice des pagodes…) comme s’il s’agissait d’autant de roses dans un jardin féerique. Le cycle d’abord pour piano était destiné aux enfants du peintre Cyprian Godebski : la version orchestrée accentue cette quête superlative de la couleur et de la transparence : une nostalgie planante faite raffinement.

Même idéale réalisation pour Les tableaux d’une exposition où Jos Van Immerseel troque ses atours vaporeux et scintillants pour une palette plus mordante et expressive mais non moins subtilement évocatoire. L’orchestration ” rebelle et solide ” de Ravel (sollicité par Koussevitzky en 1920) gagne une précision et un souci du détail absolument jubilatoire : c’est un festin de teintes fantastiques qui exprime tout l’imaginaire d’un Moussorgski à la fois lyrique et tendre, lui-même inspiré des tableaux très contrastés de l’exposition de Hartmann, l’ami proche décédé trop tôt. Programme très finement défendu. Du miel pour les oreilles.

Ravel : Ma mère l’Oye. Moussorgski : Tableaux d’une exposition. Anima Eterna. Jos Van Immerseel, direction. 1 cd Zig Zag. Enregistrement réalisé à Bruges en janvier 2013.