INTERNET : opĂ©ra et ballets gratuits sur le site de l’OpĂ©ra de Paris

Imanon-desgrieux-abbe-main-presse-opera-critique-classiquenews-yende-bernheimnternet, live. DĂšs ce soir, 19h30, l’OpĂ©ra de Paris met en ligne gratuitement ses productions pendant les semaines de confinement imposĂ©. Pour profiter du temps d’immobilisation forcĂ©e suite Ă  la pandĂ©mie, l’OpĂ©ra de Paris met en ligne gratuitement ses spectacles pendant le confinement Ă  partir du 17 mars, c’est le cas des opĂ©ras Manon, Don Giovanni ou le ballet Le Lac des Cygnes, tour Ă  tour disponibles en libre accĂšs sur les sites de l’OpĂ©ra et de Culturebox. DĂšs mardi 16 mars 2020, 19h30 sont ainsi mis en accĂšs libre et gratuitement plusieurs spectacles issus des archives de l’institution.

 

 

Principe : pendant 6 jours, l’internaute pourra visionner une reprĂ©sentation disponible sur le site Internet de l’OpĂ©ra et celui de Culturebox . À la fin de ce dĂ©lai, cette production sera remplacĂ©e par une autre et ainsi de suite jusqu’en mai 2020. L’opĂ©ra Manon de Jules Massenet inaugure le cycle accessible depuis internet (mise en scĂšne de Vincent Huguet / LIRE ici notre compte rendu de Manon / Yende / Bernheim / Huguet). Le spectacle, qui devait ĂȘtre rĂ©prĂ©sentĂ© jusqu’au 10 avril Ă  l’OpĂ©ra de Bastille, a Ă©tĂ© annulĂ© aprĂšs les premiĂšres mesures de rĂ©duction des jauges pour les spectacles publiques. Pour l’OpĂ©ra de Paris, dĂ©jĂ  fortement atteint par les grĂšves du personnel dans le contexte de la rĂ©forme des retraites, il reste fondamental de prĂ©server le lien avec le public.

FilmĂ© en huis clos le 10 mars, Manon Ă©tait initialement destinĂ© Ă  ĂȘtre diffusĂ© en direct dans les salles de cinĂ©mas. Une diffusion ajournĂ©e par les derniĂšres dĂ©cisions prises par le chef de l’état. Internet s’avĂšre donc idĂ©al pour accĂ©der Ă  la magie de l’opĂ©ra et du spectacle vivant alors que la populations française est condamnĂ©e Ă  demeurer confinĂ©e jusqu’à nouvel ordre.

 

 

Avant d’attendre 19h30 ce soir, l’institution parisienne propose dĂ©jĂ  le ballet Giselle et l’opĂ©ra Les Indes galantes sur son site : https://www.operadeparis.fr/magazine/ballet

VOIR MANON de MASSENET ici
https://www.operadeparis.fr/magazine/manon-en-replay

 

Notre avis. Un rien de dolent, un français pas toujours trĂšs articulĂ©, Pretty Yende a certes la voix (quoique des graves inexistants) mais elle semble trop jeune encore pour le rĂŽle ; cette pose artificielle qui la fait paraĂźtre plus rossignol chantant (l’air du Cours la Reine ici dans un vaste hall gothique) qu’amoureuse coupable, rongĂ©e par le remord et l’élan de reconquĂȘte pour Des Grieux (leur duo Ă  Saint-Sulpice)
 Ă©cartent cependant cette Manon un peu trop lisse et pas assez trouble d’ĂȘtre rĂ©ellement mĂ©morable voire inoubliable : les Beverley Sills ou Ileana Cotrubas restent inĂ©galĂ©es dans cette fusion d’ivresse Ă©perdue et de style.

 

 

 

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VIDEO TEASER :

 

 

 

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COMPTE-RENDU, critique opéra. PARIS, Bastille, le 5 mars 2020. MASSENET : MANON. Yende / Bernheim

manon massent pretty yen bernheim critique opera classique newsCOMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. PARIS, Bastille, le 5 mars 2020. MASSENET : MANON. Yende / Bernheim. AprĂšs Bordeaux, le tĂ©nor Benjamin Bernheim reprend le rĂŽle du Chevalier Des Grieux Ă  Bastille, amoureux transi de la belle Manon ; mais trahi par elle, il devient l’abbĂ© de Saint-Sulpice, avant de retomber dans les bras de celle qui n’a jamais cessĂ© de l’aimer
 RĂ©cemment aurĂ©olĂ© d’une Victoire de la musique (fĂ©v 2020), le chanteur incarne efficacement le personnage dont l’abbĂ© PrĂ©vost, premier auteur avant Massenet, souligne la candeur, l’innocence voire une certaine naĂŻvetĂ© 
fatale. Le tĂ©nor reviendra, pour la saison prochaine 2020-2021, Ă  Bastille aussi, incarnant FAUST de Gounod.
SaluĂ©e Ă  Paris sur la mĂȘme scĂšne dans Lucia di Lammermoor (oct 2016), La Traviata en sept 2019 avec dĂ©jĂ  B.Bernheim comme partenaire, Pretty Yende incarne Manon faisant rayonner son art coloratoure enchanteur au profit d’une nouvelle prise de rĂŽle rafraĂźchissante qui manque cependant d’implication textuelle : pas assez articulĂ©e, parfois inintelligible, la jeune diva sud-africaine manque sa partie Ă  cause d’une mauvaise diction du français et un format qui paraĂźt parfois sous dimensionnĂ© pour le rĂŽle (air du Cours la Reine, et graves inaudibles). Pourtant le caractĂšre est prĂ©sent et la sincĂ©ritĂ© du chant, toujours intacte. On est quand mĂȘme loin des Beverly Sills ou Ileana Cotrubas, voire rĂ©cemment sur cette mĂȘme scĂšne, RenĂ©e Fleming. Tout cela manque et d’épaisseur et d’émotions. Parmi les seconds rĂŽles, Ludovic TĂ©zier (Lescaut) culmine par sa bravoure racĂ©e, onctueuse (un rien trop paternel pour le cousin de Des Grieux), comme Rodolphe Briand (fin Guillot de Mortfontaine, vraie incarnation de l’esprit du Paris Louis XV).

 

 

Manon en meneuse de revue

 

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yende bernheim manon massenet bastille critique opera classique newsHĂ©las, le chef Dan Ettinger aborde Massenet comme une rutilante tapisserie nĂ©obaroque, pompe et puissance pompier en prime : les voix sont couvertes, les chƓurs saturĂ©s, et la direction privilĂ©gie l’effet sur la respiration. Le ballet nĂ©o Versaillais pĂ©tille et ronfle Ă  souhait façon revue musicale. Quant Ă  la scĂšne oĂč Manon fait la reconquĂȘte de son ex amant devenu abbĂ©, la musique verse des rubans de suavitĂ© sirupeuse. La caricature n’est pas loin. Encore une direction surdimensionnĂ©e qui affecte la perception du Massenet, subtil peintre des sentiments. D’autant qu’à la subtilitĂ© d’un XVIIIĂš pourtant Ă©lĂ©gant et parisien dans la partition, le metteur en scĂšne de la nouvelle production parisienne, Vincent Huguet, ex collaborateur de Patrice ChĂ©reau, prĂ©fĂšre l’ivresse des AnnĂ©es Folles qui fait de Manon, une meneuse de revue, la vĂ©ritable reine du Paris libĂ©rĂ©. Ce parti pris aux rĂ©alisations Art DĂ©co trĂšs esthĂ©tisantes, n’empĂȘche pas confusion et mĂ©li-mĂ©los dans la scĂ©nographie et la lisibilitĂ© de certaines situations (la fin de la courtisane mourante.
). Les inserts de JosĂ©phine Baker (comme si l’on avait pas compris le parallĂšle Baker / Manon) coupe la continuitĂ© de l’Ɠuvre originelle et finissent par agacer. L’époque est au zapping, au redĂ©coupage, au saucissonage, quitte Ă  dĂ©naturer la partition d’origine. Soit. La production vaut surtout par le duo des chanteurs dans les deux rĂŽles protagonistes. Attention B. Bernheim / P. Yende ne chantent pas sur toutes les dates ; ils sont remplacĂ©s par d’autres solistes. Voir le site de l’OpĂ©ra Bastille afin d’identifier la distribution qui concerne la date requise. Illustrations : photos ONP © J Benhamou

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LIRE aussi notre présentation de MANON de MASSENET
http://www.classiquenews.com/nouvelle-manon-de-massenet-a-bastille/

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VIDEO : voir le teaser MANON de MASSENET / OpĂ©ra Bastille / Yende, Bernheim – mars 2020

https://www.youtube.com/watch?v=1bMXcG8_Nys&feature=emb_logo

 

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Nouvelle Manon de Massenet Ă  Bastille

massenet jules portrait classiquenewsPARIS, Bastille : nouvelle MANON de Massenet : 26 fev – 10 avril 2020 – Massenet contrairement Ă  ce qu’il dĂ©clare dans Souvenirs (souvent rĂ©Ă©criture idĂ©alisatrice sujette Ă  caution), compose Manon sur une longue durĂ©e Ă  partir du livret de Meilhac et Gille. La composition s’accĂ©lĂšre surtout en 1882, aprĂšs la crĂ©ation milanaise d’HĂ©rodiade. Du genre opĂ©ra-comique, la partition comporte quelque scĂšnes parlĂ©es, surtout un personnage issu du thĂ©Ăątre comique XVIIIĂš chantĂ© par un « trial », c’est Ă  dire un tĂ©nor lĂ©ger : le vieux Guillot de Morfontaine qui malgrĂ© son Ăąge avancĂ© en pince pour Manon; mais celle-ci acceptant puis rechignant ses cadeaux exorbitants, ne pourra guĂšre Ă©chapper Ă  la vengeance du vieux satire blessĂ© ; Massenet cite surtout le style français rococo et galant (ballet du Cours la Reine dans un style purement Louis XV et Pompadour). Pour le rĂŽle titre, le compositeur a subtilement mĂȘlĂ© les diverses facettes d’un personnage qui est tout sauf superficiel : attachant. Le rĂŽle exige virtuositĂ© coloratoure et dramatisme intense. Il faut autant exprimer la frivolitĂ© triomphante de la jeune coquette que le dĂ©sarroi sincĂšre de la courtisane coupable et amoureuse


D’aprĂšs le roman de l’abbĂ© PrĂ©vost (1731), Manon de Massenet prĂ©cĂšde l’opĂ©ra Ă©ponyme (Manon Lescaut) de Puccini (1893). AprĂšs son opĂ©ra, Massenet compose une suite chambriste Ă  Manon, Le portrait de Manon (1894), oĂč il resserre encore son Ă©criture et approfondit sa nostalgie du grand style, mais sur un mode intimiste nouveau, trĂšs proche du thĂ©Ăątre.
Dans Manon, premiĂšre lecture (crĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra Comique, le 19 janvier 1884), Massenet rĂ©invente le personnage central de la jeune femme, frivole et amoureuse, fragile et trop lĂ©gĂšre 
 le rĂŽle est brillamment incarnĂ© par les meilleures sopranos de la Belle Epoque: Marie Heilbronn (qui meurt trop tĂŽt Ă  35 ans en mars 1886), puis Sibyl Sylberson (Ă  partir de 1891 Ă  l’OpĂ©ra Comique)


Massenet soigne le brio des airs solistes: air du rĂȘve de Des Grieux (comme une romance ancienne); grand air brillant et virtuosissime pour la soprano vedette : “je marche sur tous les chemins” (air du Cours La Reine) et depuis lors, emblĂšme de toute coloratoure qui se respecte, lĂ  mĂȘme oĂč a brillĂ© sans pareille, Beverly Sills, sur les traces de la crĂ©atrice du rĂŽle, Marie Heilbronn.
Plus que dans Carmen de Bizet, Manon ose des tournures nouvelles, faisant Ă©voluer en permanence l’écriture du discours vocal : air, arioso, drame chantĂ©; la prosodie de Massenet est fine et libre, d’une libertĂ© et d’une invention remarquables. Le grand duo amoureux Ă  Saint-Sulpice oĂč la sirĂšne sĂ©ductrice reconquiert son ancien amant devenu abbĂ© (!) est l’un des sommets de l’opĂ©ra et l’épisode prosodique le plus rĂ©ussi Ă  ce titre.

 

 

 

 

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PARIS, Opéra Bastilleboutonreservation
du 26 février au 10 avril 2020
3h25 avec 2 entractes
RĂ©servez directement vos places sur le site de l’OpĂ©ra de Paris
https://www.operadeparis.fr/saison-19-20/opera/manon

La distribution alterne deux Ă©quipes : avec Pretty Yende / Amina Edris dans le rĂŽle titre, Benjamin Bernheim / Stephen Costello (le chevalier DesGrieux), Ludovic TĂ©zier (Lescaut)
 Dans la nouvelle mise en scĂšne de Vincent Huguet.

 

 

Opéra Bastille : Nouvelle Manon de Massenet

massenet jules portrait classiquenewsPARIS, Bastille : nouvelle MANON de Massenet : 26 fev – 10 avril 2020 – Massenet contrairement Ă  ce qu’il dĂ©clare dans Souvenirs (souvent rĂ©Ă©criture idĂ©alisatrice sujette Ă  caution), compose Manon sur une longue durĂ©e Ă  partir du livret de Meilhac et Gille. La composition s’accĂ©lĂšre surtout en 1882, aprĂšs la crĂ©ation milanaise d’HĂ©rodiade. Du genre opĂ©ra-comique, la partition comporte quelque scĂšnes parlĂ©es, surtout un personnage issu du thĂ©Ăątre comique XVIIIĂš chantĂ© par un « trial », c’est Ă  dire un tĂ©nor lĂ©ger : le vieux Guillot de Morfontaine qui malgrĂ© son Ăąge avancĂ© en pince pour Manon; mais celle-ci acceptant puis rechignant ses cadeaux exorbitants, ne pourra guĂšre Ă©chapper Ă  la vengeance du vieux satire blessĂ© ; Massenet cite surtout le style français rococo et galant (ballet du Cours la Reine dans un style purement Louis XV et Pompadour). Pour le rĂŽle titre, le compositeur a subtilement mĂȘlĂ© les diverses facettes d’un personnage qui est tout sauf superficiel : attachant. Le rĂŽle exige virtuositĂ© coloratoure et dramatisme intense. Il faut autant exprimer la frivolitĂ© triomphante de la jeune coquette que le dĂ©sarroi sincĂšre de la courtisane coupable et amoureuse


D’aprĂšs le roman de l’abbĂ© PrĂ©vost (1731), Manon de Massenet prĂ©cĂšde l’opĂ©ra Ă©ponyme (Manon Lescaut) de Puccini (1893). AprĂšs son opĂ©ra, Massenet compose une suite chambriste Ă  Manon, Le portrait de Manon (1894), oĂč il resserre encore son Ă©criture et approfondit sa nostalgie du grand style, mais sur un mode intimiste nouveau, trĂšs proche du thĂ©Ăątre.
Dans Manon, premiĂšre lecture (crĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra Comique, le 19 janvier 1884), Massenet rĂ©invente le personnage central de la jeune femme, frivole et amoureuse, fragile et trop lĂ©gĂšre 
 le rĂŽle est brillamment incarnĂ© par les meilleures sopranos de la Belle Epoque: Marie Heilbronn (qui meurt trop tĂŽt Ă  35 ans en mars 1886), puis Sibyl Sylberson (Ă  partir de 1891 Ă  l’OpĂ©ra Comique)


Massenet soigne le brio des airs solistes: air du rĂȘve de Des Grieux (comme une romance ancienne); grand air brillant et virtuosissime pour la soprano vedette : “je marche sur tous les chemins” (air du Cours La Reine) et depuis lors, emblĂšme de toute coloratoure qui se respecte, lĂ  mĂȘme oĂč a brillĂ© sans pareille, Beverly Sills, sur les traces de la crĂ©atrice du rĂŽle, Marie Heilbronn.
Plus que dans Carmen de Bizet, Manon ose des tournures nouvelles, faisant Ă©voluer en permanence l’écriture du discours vocal : air, arioso, drame chantĂ©; la prosodie de Massenet est fine et libre, d’une libertĂ© et d’une invention remarquables. Le grand duo amoureux Ă  Saint-Sulpice oĂč la sirĂšne sĂ©ductrice reconquiert son ancien amant devenu abbĂ© (!) est l’un des sommets de l’opĂ©ra et l’épisode prosodique le plus rĂ©ussi Ă  ce titre.

 

 

 

 

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PARIS, Opéra Bastille
du 26 février au 10 avril 2020
3h25 avec 2 entractes
RĂ©servez directement vos places sur le site de l’OpĂ©ra de Paris
https://www.operadeparis.fr/saison-19-20/opera/manon

La distribution alterne deux Ă©quipes : avec Pretty Yende / Amina Edris dans le rĂŽle titre, Benjamin Bernheim / Stephen Costello (le chevalier DesGrieux), Ludovic TĂ©zier (Lescaut)
 Dans la nouvelle mise en scĂšne de Vincent Huguet.

 

 

 

 

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RĂ©inventer le style Pompadour
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Massenet en homme du XIXĂšme rĂ©invente le XVIIIĂš dĂ©crit pourtant avec prĂ©cision par l’AbbĂ© PrĂ©vost dans son roman qui se dĂ©roule Ă  Paris au dĂ©but des annĂ©es 1720
 le Cours la Reine est une pure invention du compositeur. Lescaut n’est plus le frĂšre mais le cousin de la belle Manon. Celle-ci ne meurt pas dans le dĂ©sert amĂ©ricain mais sur la route du Havre et elle a assez de discernement malgrĂ© sa fatigue et son Ă©puisement pour, juste avant d’expirer, admirer le diamant de la premiĂšre Ă©toile du soir

Avec le tableau du Cours la Reine, vĂ©ritable image fantasmatique d’un XVIIIĂš redessinĂ© par Massenet et ses librettistes, le directeur de l’OpĂ©ra Comique, Carvalho, mise sur les effets visuels et spectaculaires, grĂące aux dĂ©cors spĂ©cialement conçus pour la production: le public venu applaudir Marie Heilbronn dans le rĂŽle de Manon et le cĂ©lĂšbre tĂ©nor Alexandre Talazac, se passionne pour l’opĂ©ra: pas moins de 78 reprĂ©sentations pour la seule annĂ©e 1884. Un triomphe et l’a confirmation que Massenet reste le plus grand crĂ©ateur Ă  l’opĂ©ra en cette fin du XIXĂšme.

Synopsis
Manon Lescaut fuit Ă  Paris avec le Chevalier des Grieux pour Ă©chapper au couvent. Mais les amants sans le sou dĂ©chantent vite et dans le Paris de la RĂ©gence (devenu l’emblĂšme du style Pompadour dans l’opĂ©ra de Massenet), Manon quitte Des Grieux pour vendre ses charmes aux nobles assidus; devenu abbĂ© Ă  Saint-Sulpice, Des Grieux ne peut rĂ©sister aux avances de son ancienne maĂźtresse venue le reconquĂ©rir
 ils se remettent ensemble; il joue et gagne; mais c’est compter sans la vengeance des puissants; Manon est dĂ©portĂ©e et meurt dans le bras d’un Des Grieux, impuissant.

 
PrĂ©sentation de l’Ɠuvre par l’OpĂ©ra de Paris :

Lorsque l’abbĂ© PrĂ©vost signe en 1731 L’Histoire du chevalier  des Grieux et de Manon Lescaut – qui inspirera Ă  Massenet sa Manon – c’est le tableau d’une Ă©poque qu’il nous livre : celle de la RĂ©gence, qui voit la vieille sociĂ©tĂ© s’éteindre tandis qu’une nouvelle semble naĂźtre, pleine de la promesse d’une libertĂ© nouvelle. C’est entre ces mondes qu’évolue Manon, fuyant le couvent pour embrasser les chemins du dĂ©sir et de la transgression, et se jeter Ă  corps perdu dans une passion brĂ»lante et autodestructrice avec des Grieux. Une parenthĂšse s’ouvre, qui se refermera dans la douleur et dans la nuit. Le metteur en scĂšne Vincent Huguet s’affranchit du taffetas historique de l’oeuvre pour en faire ressurgir toute la violence.

 

 

 

 

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ACTE I - AMIENS

Le vieux Guillot de Morfontaine, entourĂ© de ses maĂźtresses Poussette, Javotte et Rosette, dĂźne bruyamment en compagnie de BrĂ©tigny. DĂ©barque une foule de voyageurs parmi lesquels la jeune Manon. Elle est accueillie par son cousin Lescaut, chargĂ© de la conduire au couvent. La belle ne passe pas inaperçue et Guillot tente de la sĂ©duire en faisant Ă©talage de sa richesse. Lescaut l’éloigne et recommande Ă  Manon de se tenir sage pendant qu’il s’encanaille dans le cabaret voisin. RestĂ©e seule, Manon rĂȘve Ă  la vie qu’on lui interdit. L’arrivĂ©e du chevalier des Grieux la tire de sa mĂ©lancolie : les deux jeunes gens tombent amoureux au premier regard et dĂ©cident de s’enfuir Ă  Paris.

ACTE II – PARIS

Le jeune couple vit dans un appartement de fortune. Des Grieux lit Ă  Manon la lettre qu’il vient d’écrire Ă  son pĂšre dans laquelle il lui annonce son intention de l’épouser. Ils sont interrompus par Lescaut, accompagnĂ© de BrĂ©tigny que Manon reconnaĂźt immĂ©diatement malgrĂ© son dĂ©guisement. Un jeu de dupes se met en place : Lescaut prĂ©tend se rĂ©concilier avec des Grieux, tandis que BrĂ©tigny informe Manon que son amant sera rendu de force Ă  son pĂšre le soir mĂȘme. En Ă©change de son silence, il lui promet de faire d’elle la reine du Tout-Paris. MalgrĂ© son amour sincĂšre, Manon accepte le marchĂ© et se rĂ©signe Ă  changer de vie. Des Grieux s’aperçoit de son trouble, mais il est trop tard : il est enlevĂ© sous les protestations de Manon.

ACTE III – PREMIER TABLEAU LE COURS-LA-REINE

C’est jour de fĂȘte au Cours-la-Reine. Poussette, Javotte et Rosette s’amusent en cachette de Guillot tandis que Lescaut fait le joli coeur. Manon fait une entrĂ©e trĂšs remarquĂ©e et proclame devant la foule de ses admirateurs l’urgence de profiter de la jeunesse. Elle surprend une conversation entre BrĂ©tigny et le comte des Grieux et apprend que le chevalier a dĂ©cidĂ© de se retirer du monde et d’entrer au sĂ©minaire. Guillot, qui espĂšre sĂ©duire Manon et l’enlever Ă  BrĂ©tigny, a fait venir pour elle le Ballet de l’OpĂ©ra, mais la jeune femme quitte la fĂȘte prĂ©cipitamment pour aller retrouver des Grieux.

ACTE III – SECOND TABLEAU SAINT-SULPICE

Des Grieux vient de prononcer un sermon qui a beaucoup impressionnĂ© les dĂ©votes. Son pĂšre tente encore une fois de le dissuader d’entrer dans les ordres, mais le jeune homme reste inflexible. Cependant l’arrivĂ©e de Manon le trouble au plus haut point. Elle le supplie de lui pardonner sa trahison. Des Grieux est tiraillĂ© entre son dĂ©sir et ses rĂ©solutions. Il finit par cĂ©der au charme de Manon et s’enfuit une nouvelle fois avec elle.

ACTE IV – L’HÔTEL DE TRANSYLVANIE

Les dĂ©penses de Manon ont Ă©puisĂ© les ressources de des Grieux. Pour se refaire, il se laisse entraĂźner dans un tripot oĂč Lescaut a ses habitudes. MalgrĂ© ses rĂ©ticences et son dĂ©goĂ»t pour les jeux d’argent, il engage une partie avec Guillot dont il rafle les mises coup sur coup. Sa chance insolente irrite son adversaire qui l’accuse de tricherie. Guillot sort en menaçant le couple et revient peu aprĂšs avec la police qui arrĂȘte Manon et des Grieux avec la bĂ©nĂ©diction de son pĂšre.

ACTE V – LA ROUTE DU HAVRE

Sur une route qui mĂšne vers Le Havre, des Grieux et Lescaut attendent le passage du convoi des filles condamnĂ©es Ă  la dĂ©portation. Lescaut rĂ©ussit Ă  acheter la complicitĂ© des gardes pour que Manon et des Grieux puissent rester un moment seuls. La jeune femme s’accuse d’avoir gĂąchĂ© leur amour et implore le pardon. Des Grieux la rassure, tente de lui redonner espoir. Mais Manon est trop Ă©puisĂ©e. Elle meurt dans ses bras en rĂȘvant Ă  leur bonheur passĂ©.

Opéra-Comique en cinq actes et six tableaux. Musique de Jules Massenet.
Livret de Henri Meilhac et Philippe Gille d’aprĂšs le roman de l’abbĂ© PrĂ©vost (Histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut). Éditions Leduc-Heugel.
Créé à Paris, Opéra-Comique, le 19 janvier 1884.

 
 

Nouvelle MANON de Massenet Ă  l’OpĂ©ra Bastille

massenet jules portrait classiquenewsPARIS, Bastille : nouvelle MANON de Massenet : 26 fev – 10 avril 2020 – Massenet contrairement Ă  ce qu’il dĂ©clare dans Souvenirs (souvent rĂ©Ă©criture idĂ©alisatrice sujette Ă  caution), compose Manon sur une longue durĂ©e Ă  partir du livret de Meilhac et Gille. La composition s’accĂ©lĂšre surtout en 1882, aprĂšs la crĂ©ation milanaise d’HĂ©rodiade. Du genre opĂ©ra-comique, la partition comporte quelque scĂšnes parlĂ©es, surtout un personnage issu du thĂ©Ăątre comique XVIIIĂš chantĂ© par un « trial », c’est Ă  dire un tĂ©nor lĂ©ger : le vieux Guillot de Morfontaine qui malgrĂ© son Ăąge avancĂ© en pince pour Manon; mais celle-ci acceptant puis rechignant ses cadeaux exorbitants, ne pourra guĂšre Ă©chapper Ă  la vengeance du vieux satire blessĂ© ; Massenet cite surtout le style français rococo et galant (ballet du Cours la Reine dans un style purement Louis XV et Pompadour). Pour le rĂŽle titre, le compositeur a subtilement mĂȘlĂ© les diverses facettes d’un personnage qui est tout sauf superficiel : attachant. Le rĂŽle exige virtuositĂ© coloratoure et dramatisme intense. Il faut autant exprimer la frivolitĂ© triomphante de la jeune coquette que le dĂ©sarroi sincĂšre de la courtisane coupable et amoureuse


D’aprĂšs le roman de l’abbĂ© PrĂ©vost (1731), Manon de Massenet prĂ©cĂšde l’opĂ©ra Ă©ponyme (Manon Lescaut) de Puccini (1893). AprĂšs son opĂ©ra, Massenet compose une suite chambriste Ă  Manon, Le portrait de Manon (1894), oĂč il resserre encore son Ă©criture et approfondit sa nostalgie du grand style, mais sur un mode intimiste nouveau, trĂšs proche du thĂ©Ăątre.
Dans Manon, premiĂšre lecture (crĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra Comique, le 19 janvier 1884), Massenet rĂ©invente le personnage central de la jeune femme, frivole et amoureuse, fragile et trop lĂ©gĂšre 
 le rĂŽle est brillamment incarnĂ© par les meilleures sopranos de la Belle Epoque: Marie Heilbronn (qui meurt trop tĂŽt Ă  35 ans en mars 1886), puis Sibyl Sylberson (Ă  partir de 1891 Ă  l’OpĂ©ra Comique)


Massenet soigne le brio des airs solistes: air du rĂȘve de Des Grieux (comme une romance ancienne); grand air brillant et virtuosissime pour la soprano vedette : “je marche sur tous les chemins” (air du Cours La Reine) et depuis lors, emblĂšme de toute coloratoure qui se respecte, lĂ  mĂȘme oĂč a brillĂ© sans pareille, Beverly Sills, sur les traces de la crĂ©atrice du rĂŽle, Marie Heilbronn.
Plus que dans Carmen de Bizet, Manon ose des tournures nouvelles, faisant Ă©voluer en permanence l’écriture du discours vocal : air, arioso, drame chantĂ©; la prosodie de Massenet est fine et libre, d’une libertĂ© et d’une invention remarquables. Le grand duo amoureux Ă  Saint-Sulpice oĂč la sirĂšne sĂ©ductrice reconquiert son ancien amant devenu abbĂ© (!) est l’un des sommets de l’opĂ©ra et l’épisode prosodique le plus rĂ©ussi Ă  ce titre.

 

 

 

 

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PARIS, Opéra Bastille
du 26 février au 10 avril 2020
3h25 avec 2 entractes
RĂ©servez directement vos places sur le site de l’OpĂ©ra de Paris
https://www.operadeparis.fr/saison-19-20/opera/manon

La distribution alterne deux Ă©quipes : avec Pretty Yende / Amina Edris dans le rĂŽle titre, Benjamin Bernheim / Stephen Costello (le chevalier DesGrieux), Ludovic TĂ©zier (Lescaut)
 Dans la nouvelle mise en scĂšne de Vincent Huguet.

 

 

 

 

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RĂ©inventer le style Pompadour
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Massenet en homme du XIXĂšme rĂ©invente le XVIIIĂš dĂ©crit pourtant avec prĂ©cision par l’AbbĂ© PrĂ©vost dans son roman qui se dĂ©roule Ă  Paris au dĂ©but des annĂ©es 1720
 le Cours la Reine est une pure invention du compositeur. Lescaut n’est plus le frĂšre mais le cousin de la belle Manon. Celle-ci ne meurt pas dans le dĂ©sert amĂ©ricain mais sur la route du Havre et elle a assez de discernement malgrĂ© sa fatigue et son Ă©puisement pour, juste avant d’expirer, admirer le diamant de la premiĂšre Ă©toile du soir

Avec le tableau du Cours la Reine, vĂ©ritable image fantasmatique d’un XVIIIĂš redessinĂ© par Massenet et ses librettistes, le directeur de l’OpĂ©ra Comique, Carvalho, mise sur les effets visuels et spectaculaires, grĂące aux dĂ©cors spĂ©cialement conçus pour la production: le public venu applaudir Marie Heilbronn dans le rĂŽle de Manon et le cĂ©lĂšbre tĂ©nor Alexandre Talazac, se passionne pour l’opĂ©ra: pas moins de 78 reprĂ©sentations pour la seule annĂ©e 1884. Un triomphe et l’a confirmation que Massenet reste le plus grand crĂ©ateur Ă  l’opĂ©ra en cette fin du XIXĂšme.

Synopsis
Manon Lescaut fuit Ă  Paris avec le Chevalier des Grieux pour Ă©chapper au couvent. Mais les amants sans le sou dĂ©chantent vite et dans le Paris de la RĂ©gence (devenu l’emblĂšme du style Pompadour dans l’opĂ©ra de Massenet), Manon quitte Des Grieux pour vendre ses charmes aux nobles assidus; devenu abbĂ© Ă  Saint-Sulpice, Des Grieux ne peut rĂ©sister aux avances de son ancienne maĂźtresse venue le reconquĂ©rir
 ils se remettent ensemble; il joue et gagne; mais c’est compter sans la vengeance des puissants; Manon est dĂ©portĂ©e et meurt dans le bras d’un Des Grieux, impuissant.

 

 
PrĂ©sentation de l’Ɠuvre par l’OpĂ©ra de Paris :

Lorsque l’abbĂ© PrĂ©vost signe en 1731 L’Histoire du chevalier  des Grieux et de Manon Lescaut – qui inspirera Ă  Massenet sa Manon – c’est le tableau d’une Ă©poque qu’il nous livre : celle de la RĂ©gence, qui voit la vieille sociĂ©tĂ© s’éteindre tandis qu’une nouvelle semble naĂźtre, pleine de la promesse d’une libertĂ© nouvelle. C’est entre ces mondes qu’évolue Manon, fuyant le couvent pour embrasser les chemins du dĂ©sir et de la transgression, et se jeter Ă  corps perdu dans une passion brĂ»lante et autodestructrice avec des Grieux. Une parenthĂšse s’ouvre, qui se refermera dans la douleur et dans la nuit. Le metteur en scĂšne Vincent Huguet s’affranchit du taffetas historique de l’oeuvre pour en faire ressurgir toute la violence.

 

 

 

  

 

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ACTE I - AMIENS

Le vieux Guillot de Morfontaine, entourĂ© de ses maĂźtresses Poussette, Javotte et Rosette, dĂźne bruyamment en compagnie de BrĂ©tigny. DĂ©barque une foule de voyageurs parmi lesquels la jeune Manon. Elle est accueillie par son cousin Lescaut, chargĂ© de la conduire au couvent. La belle ne passe pas inaperçue et Guillot tente de la sĂ©duire en faisant Ă©talage de sa richesse. Lescaut l’éloigne et recommande Ă  Manon de se tenir sage pendant qu’il s’encanaille dans le cabaret voisin. RestĂ©e seule, Manon rĂȘve Ă  la vie qu’on lui interdit. L’arrivĂ©e du chevalier des Grieux la tire de sa mĂ©lancolie : les deux jeunes gens tombent amoureux au premier regard et dĂ©cident de s’enfuir Ă  Paris.

ACTE II – PARIS

Le jeune couple vit dans un appartement de fortune. Des Grieux lit Ă  Manon la lettre qu’il vient d’écrire Ă  son pĂšre dans laquelle il lui annonce son intention de l’épouser. Ils sont interrompus par Lescaut, accompagnĂ© de BrĂ©tigny que Manon reconnaĂźt immĂ©diatement malgrĂ© son dĂ©guisement. Un jeu de dupes se met en place : Lescaut prĂ©tend se rĂ©concilier avec des Grieux, tandis que BrĂ©tigny informe Manon que son amant sera rendu de force Ă  son pĂšre le soir mĂȘme. En Ă©change de son silence, il lui promet de faire d’elle la reine du Tout-Paris. MalgrĂ© son amour sincĂšre, Manon accepte le marchĂ© et se rĂ©signe Ă  changer de vie. Des Grieux s’aperçoit de son trouble, mais il est trop tard : il est enlevĂ© sous les protestations de Manon.

ACTE III – PREMIER TABLEAU LE COURS-LA-REINE

C’est jour de fĂȘte au Cours-la-Reine. Poussette, Javotte et Rosette s’amusent en cachette de Guillot tandis que Lescaut fait le joli coeur. Manon fait une entrĂ©e trĂšs remarquĂ©e et proclame devant la foule de ses admirateurs l’urgence de profiter de la jeunesse. Elle surprend une conversation entre BrĂ©tigny et le comte des Grieux et apprend que le chevalier a dĂ©cidĂ© de se retirer du monde et d’entrer au sĂ©minaire. Guillot, qui espĂšre sĂ©duire Manon et l’enlever Ă  BrĂ©tigny, a fait venir pour elle le Ballet de l’OpĂ©ra, mais la jeune femme quitte la fĂȘte prĂ©cipitamment pour aller retrouver des Grieux.

ACTE III – SECOND TABLEAU SAINT-SULPICE

Des Grieux vient de prononcer un sermon qui a beaucoup impressionnĂ© les dĂ©votes. Son pĂšre tente encore une fois de le dissuader d’entrer dans les ordres, mais le jeune homme reste inflexible. Cependant l’arrivĂ©e de Manon le trouble au plus haut point. Elle le supplie de lui pardonner sa trahison. Des Grieux est tiraillĂ© entre son dĂ©sir et ses rĂ©solutions. Il finit par cĂ©der au charme de Manon et s’enfuit une nouvelle fois avec elle.

ACTE IV – L’HÔTEL DE TRANSYLVANIE

Les dĂ©penses de Manon ont Ă©puisĂ© les ressources de des Grieux. Pour se refaire, il se laisse entraĂźner dans un tripot oĂč Lescaut a ses habitudes. MalgrĂ© ses rĂ©ticences et son dĂ©goĂ»t pour les jeux d’argent, il engage une partie avec Guillot dont il rafle les mises coup sur coup. Sa chance insolente irrite son adversaire qui l’accuse de tricherie. Guillot sort en menaçant le couple et revient peu aprĂšs avec la police qui arrĂȘte Manon et des Grieux avec la bĂ©nĂ©diction de son pĂšre.

ACTE V – LA ROUTE DU HAVRE

Sur une route qui mĂšne vers Le Havre, des Grieux et Lescaut attendent le passage du convoi des filles condamnĂ©es Ă  la dĂ©portation. Lescaut rĂ©ussit Ă  acheter la complicitĂ© des gardes pour que Manon et des Grieux puissent rester un moment seuls. La jeune femme s’accuse d’avoir gĂąchĂ© leur amour et implore le pardon. Des Grieux la rassure, tente de lui redonner espoir. Mais Manon est trop Ă©puisĂ©e. Elle meurt dans ses bras en rĂȘvant Ă  leur bonheur passĂ©.

Opéra-Comique en cinq actes et six tableaux. Musique de Jules Massenet.
Livret de Henri Meilhac et Philippe Gille d’aprĂšs le roman de l’abbĂ© PrĂ©vost (Histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut). Éditions Leduc-Heugel.
Créé à Paris, Opéra-Comique, le 19 janvier 1884.

 

 
 

 

DVD, critique. MASSENET : MANON par K MacMillan – Lamb, Muntagirov, Yates (Opus Arte, 2018)

MANON-MCMILLAN-DVD-opus-ARTE-lamb-muntagirov-review-critique-danse-dvd-opera-classiquenewsDVD, critique. MASSENET : MANON par K MacMillan – Lamb, Muntagirov, Yates (Opus Arte, 2018). Inusable poĂ©tique de McMillan
 Sir Kenneth MacMillan a marquĂ© les esprits par sa maĂźtrise du dramatisme, sachant revivifier la force Ă©motionnelle de sujets et mythes, tels Romeo et Juliette (1965 oĂč s’imposa Noureev, jeune pilier d’une Margot Fonteyn Ă  plus de 50 ans) ou la comĂ©die dramatique Mayerling (1978). Sa sensibilitĂ© narrative qui reste expressive et Ă©lĂ©gante s’est affirmĂ©e dĂšs 1973 lors de sa crĂ©ation Ă  Covent Garden (avec Anthony Dowell et Antoinette Sibley, duo mythique du Royal Ballet) dans son inusable Manon (de son titre complet « L’histoire de Manon »), d’aprĂšs Massenet (c’est Ă  dire ses opĂ©ras mais pas sa Manon contradictoirement). Comme John Cranko quand il s’empare de l’histoire d’OnĂ©guine (pas une note de l’opĂ©ra Ă©ponyme de Tchaikovski) MĂȘme si la fameuse scĂšne Ă  Saint-Sulpice oĂč la courtisane Manon parvient Ă  sĂ©duire et reconquĂ©rir DesGrieux devenu abbĂ©, a Ă©tĂ© supprimĂ©e, McMillan trouve le ton juste, rĂ©alise avec mesure et Ă©quilibre le thĂšme de l’amour contraint et finalement triomphant dans la mort; l’écriture narrative de McMillan, par sa clartĂ© et sa poĂ©sie – bel effet d’un Ă©quilibre maĂźtrisĂ©, a depuis influencĂ© dans cette mouvance dramatique, les Crnako donc, surtout John Neumeier, a contrario d’un BĂ©jart plus abstrait, et allĂ©gorique voire conceptuel. Jamais Ă©pais voire saint-sulpicien, McMillan prĂ©serve toujours une finesse psychologique admirable dont la Dame aux camĂ©lias de Neumeier est lui aussi redevable.

manon-500x333Sur les traces du roman de l’abbĂ© PrĂ©vost (1731), la place majeure est rĂ©servĂ©e Ă  la ballerina Sarah Lamb, Manon un peu sage cependant, qui devrait dĂ©ployer une caractĂ©risation riche, complexe, Ă  multiples facettes : lolita Ă©cervelĂ©e, jouisseuse manipulant ses protecteurs, adoratrice de bijoux et de diamants (II) ; surtout dans la mort, agonisante, amoureuse sincĂšre et jusqu’auboutiste, dans une plaine perdue de Louisiane (III) : peu Ă  peu ce que rĂ©vĂšle McMillan c’est l’évolution du personnage qui Ă  mesure qu’il perd son insouciance gagne en humanitĂ© et en profondeur pour se consumer totalement. Le DesGrieux de Vadim Muntagirov assoit la forte conviction de cette production de 2018 : c’est un partenaire trĂšs solide aux cĂŽtĂ©s de Sarah Lamb, liane sensuelle, fĂ©minine jusqu’aux bouts de ses chaussons. Face Ă  eux, agent du destin, qui rappelle toujours les deux cƓurs trop jeunes et crĂ©dules Ă  leur sort tragique, le Lescaut de Ryoichi Hirano s’impose par sa profondeur et la justesse du personnage.
CLIC_macaron_2014Dans la fosse, Martin Yates souligne les couleurs et les accents divers de la partition collectĂ©e par Leighton Lucas, qui reprend nombre de partitions extraites des opĂ©ras de Massenet. La version utilisĂ©e bĂ©nĂ©ficie d’une rĂ©orchestration rĂ©alisĂ©e par Yates en 2011. Plus de 40 aprĂšs sa crĂ©ation, cette Manon de McMillan d’aprĂšs Massenet n’a perdu aucun de ses charmes musicaux comme chorĂ©graphiques. Un jalon classique et essentiel pour toute collection chorĂ©graphique.

 

 

 

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Distribution :
Manon – Sarah Lamb
Des Grieux – Vadim Muntagirov
Lescaut – Ryoichi Hirano
Monsieur G.M. – Gary Avis
Lescaut’s Mistress – Itziar Mendizabal
Madame – Kirstin McNally
The Gaoler – Thomas Whitehead
Beggar Chief – James Hay
Courtesans – Fumi Kaneko, Beatriz Stix-Brunell, Olivia Cowley, Mayara Magri

Production:
Orchestration – Martin Yates (2011)
Choreography – Kenneth MacMillan
Staging – Julie Lincoln and Christopher Saunders
Designs – Nicholas Georgiadis
Lighting design – John B. Read

 

 

 

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DVD, critique. MASSENET : MANON par K MacMillan – Lamb, Muntagirov, Yates (Opus Arte, 2018) – Corps de Ballet du Royal Ballet, Orchestre de the Royal Opera House / Martin Yates, direction.

Illustration : © Alice Pennefather

 

 

 

 

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Compte rendu, Opéra. LiÚge. Opéra Royal de Wallonie, le 19 octobre 2014. Jules Massenet : Manon. Annick Massis, Alessandro Liberatore, Pierre Doyen, Roger Joakim. Patrick Davin, direction musicale. Stefano Mazzonis di Pralafera, mise en scÚne

massis annick liegeQuatre ans aprĂšs sa prise de rĂŽle Ă  l’OpĂ©ra de Rome, il Ă©tait temps pour Annick Massis de se frotter une nouvelle fois Ă  l’hĂ©roĂŻne nĂ©e sous la plume de l’abbĂ© PrĂ©vost et mise en musique par Massenet. Des retrouvailles entre une chanteuse et un personnage, comme une rencontre enfin aboutie, dont le concert du mois d’avril Salle Favart nous avait dĂ©jĂ  donnĂ© un avant-goĂ»t des plus prometteurs.  Force est de constater que l’écriture du rĂŽle convient idĂ©alement Ă  la maturitĂ© vocal acquise par la soprano française depuis plusieurs annĂ©es, dont on ne cesse d’admirer l’évolution, toute en sagesse et en lent mĂ»rissement, comme un grand vin dont le bouquet s’enrichit au fil du temps. Ainsi que sa Juliette dans la maison liĂ©geoise nous le faisait dĂ©jĂ  Ă©crire voilĂ  prĂšs d’un an, l’instrument d’Annick Massis a gagnĂ© en ampleur comme en richesse, affirmant un mĂ©dium dĂ©sormais parfaitement assis et un grave sonore dans un poitrinage rĂ©alisĂ© avec beaucoup d’art, Annick Massis marche sur tous les chemins sans pour autant perdre l’insolence et l’éclat de son registre aigu, osant toujours de spectaculaires contre-rĂ©s qui mĂ©dusent l’assistance et dĂ©chaĂźnent ses ovations par leur puissance et  leur impact dans la salle.

 

 

Annick Massis marche sur tous les chemins

 

A l’instar de l’hĂ©roĂŻne de Shakespeare et Gounod, l’évolution du personnage apparaĂźt de façon parfaitement lisible dans son jeu scĂ©nique et ses inflexions vocales, l’adolescente naĂŻve du dĂ©but de l’Ɠuvre faisant place peu Ă  peu Ă  une femme sĂ»re de ses charmes et habile dans leur usage sur la gent masculine.

Plus encore qu’une « petite table » poignante et un « Cours-la-Reine » Ă©blouissant, on retient surtout une scĂšne de Saint-Sulpice dĂ©bordante de sensualitĂ© et de tendresse, ciselĂ©e dans ses nuances comme jamais, dans un intense moment d’émotion.

On comprend mal en revanche la nĂ©cessitĂ© des costumes Ă  enlaidir l’hĂ©roĂŻne, la ravalant tout au long de la reprĂ©sentation au rang d’une vulgaire pute de luxe, affublĂ©e qu’elle est d’une affreuse perruque blonde contre laquelle se bat constamment l’interprĂšte, un comble pour une chanteuse naturellement dotĂ©e d’élĂ©gance et de prestance !

A ses cĂŽtĂ©s, on dĂ©couvre le jeune tĂ©nor italien Alessandro Liberatore, tout entier dans son premier Des Grieux, qu’il sert avec fougue et sincĂ©ritĂ©. Sa prestation dĂ©montre un travail sur la langue française, mais le style propre Ă  cette dĂ©clamation et Ă  cette musique mĂ©riterait d’ĂȘtre davantage approfondi, la nature profondĂ©ment transalpine de sa voix transparaissant souvent, malgrĂ© un bel effort de nuances en voix mixte dans le RĂȘve. L’aigu demeure parfois un rien serrĂ© et fragile, la projection modeste du chanteur se rĂ©duisant alors dans le registre supĂ©rieur, rendant ainsi le combat inĂ©gal contre l’orchestre. Un talent Ă  suivre, qu’on retrouvera bientĂŽt dans le Nabucco nancĂ©en, oĂč il tiendra le rĂŽle d’Ismaele.

Formidable Lescaut, Pierre Doyen confirme cet aprĂšs-midi encore les qualitĂ©s qu’on suit chez lui depuis un moment. BeautĂ© du timbre, puissance de la voix, soliditĂ© de la technique, aisance de l’aigu, prĂ©cision de la diction et intelligence scĂ©nique, voilĂ  un carton plein qu’on est heureux, une fois de plus, de saluer bien bas.

On apprĂ©cie Ă©galement sans rĂ©serve le Comte Des Grieux de Roger Joakim, davantage baryton-basse que vraie basse, mais c’est un plaisir d’entendre ce rĂŽle chantĂ© haut et clair, avec noblesse et bontĂ©, loin de l’autoritĂ© charbonneuse des voix fatiguĂ©es souvent distribuĂ©es ici. On est sincĂšrement Ă©mus par un « Epouse quelque brave fille » Ă  la ligne de chant si tendrement dĂ©roulĂ©e que l’amour paternel contenu dans cet air en devient pleinement sensible.

Excellents, le Guillot insidieux de Papuna Tchuradze et le BrĂ©tigny imposant de Patrick Delcour, ainsi que le trio d’élĂ©gantes formĂ© par Sandra Pastrana, Sabine Conzen et Alexise Yerna.

Tous Ă©voluent dans la mise en scĂšne imaginĂ©e par Stefano Mazzonis di Pralafera. Le maĂźtre des lieux Ă  conçu sa scĂ©nographie comme le grand livre de la vie de Manon, que la jeune femme feuillette avant de mourir. Les pages se tournent ainsi au fil des actes, idĂ©e d’une belle poĂ©sie mais dont la rĂ©alisation s’avĂšre souvent poussive et la mise en place, Ă  grand renfort de techniciens visibles du public, laborieuse. Si les dĂ©cors Ă©voquent clairement le premier quart du XXe siĂšcle et les AnnĂ©es Folles – provoquant souvent un dĂ©calage avec la musique de Massenet Ă©voquant clairement le XVIIIe siĂšcle –, les costumes balaient allĂšgrement trois cents ans, sans doute pour Ă©voquer l’universalitĂ© de l’histoire de Manon Lescaut, ces tĂ©lescopages crĂ©ant une confusion qui laisse souvent les spectateurs extĂ©rieurs Ă  l’action, les sentiments peinant souvent Ă  s’installer.

A la tĂȘte des ChƓurs de la maison, en bonne forme, et de l’Orchestre de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie, trĂšs investi dans cette partition, Patrick Davin dĂ©fend avec passion ce rĂ©pertoire qu’il affectionne et galvanise ses troupes tout en mĂ©nageant les solistes, notamment le rĂŽle-titre qu’il paraĂźt couver amoureusement. Au rideau final, triomphe mĂ©ritĂ© pour Annick Massis, qu’on retrouvera Ă  de nombreuses reprises durant cette saison, et un beau succĂšs pour l’Ɠuvre de Massenet, qu’on ne se lasse pas de redĂ©couvrir.

LiĂšge. OpĂ©ra Royal de Wallonie, 19 octobre 2014. Jules Massenet : Manon. Livret de Henri Meilhac et Philippe Gille d’aprĂšs Les Aventures du Chevalier Des Grieux et Manon Lescaut d’Antoine François PrĂ©vost. Avec Manon : Annick Massis ; Le Chevalier Des Grieux : Alessandro Liberatore ; Lescaut : Pierre Doyen ; Le Comte Des Grieux : Roger Joakim ; Guillot de Morfontaine : Papuna Tchuradze ; De BrĂ©tigny : Patrick Delcour ; Poussette : Sandra Pastrana ; Javotte : Sabine Conzen ; Rosette : Alexise Yerna. ChƓurs de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie ; Chef de chƓur : Marcel Seminara. Orchestre de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie. Direction musicale : Patrick Davin. Mise en scĂšne : Stefano Mazzonis di Pralafera ; DĂ©cors : Jean-Guy Lecat ; Costumes : FrĂ©dĂ©ric Pineau ; LumiĂšres : Franco Marri