Compte rendu, opéra. Pourrières, le 26 juillet 2016 : Faust et Marguerite, Barbier, Terrasse, Offenbach…

Compte rendu, opéra. Pourrières, le 26 juillet 2016 : Faust et Marguerite, Barbier, Terrasse, Offenbach… DIABLERIES A POURRIERES. En changeant ou variant les lieux, mais en gardant la même équipe, du petit cloître du couvent des Minimes à la Place du Château de Pourrières ou au Château de Roquefeuille, l’Opéra au Village n’a ni perdu son âme ni sa qualité. Âme de personnes de qualité qui ont su animer musicalement un village, fédérer des dizaines de bénévoles depuis plus de dix ans pour faire un rendez-vous obligé de cet endroit, désormais disséminé en trois lieux, la chapelle douillette pour les concerts d’automne et d’hiver et, pour les spectacles d’été, la Place, admirable mirador du Château, dominant à perte de vue une plaine viticole avec quelques mas arrimés à un cyprès comme des barques dans la houle des sillons, entre le Montagne Sainte Victoire à l’ouest, la chaîne de l’Étoile au sud et, à l’est, les monts Auréliens qui, sans l’écraser, arrêtent le regard et le chemin de la troisième scène, le beau domaine du Château de Roquefeuille.

 

 

 

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Lieux patrimoniaux et patrimoine
Des lieux patrimoniaux pour des spectacles modestes en moyens mais généreux en réussite et ardents au travail assidu d’exhumer et rendre vie à des œuvres d’un patrimoine ni pompeux, ni pompier et surtout pas pompant, mais « peuple » : des opérettes, coquette et tout aussi modeste appellation de ces courtes saynètes musicales qui ont fait rire nos arrière grands-parents et nous font, aujourd’hui, sourire par des livrets certes surannés, mais qui, mine de rien, sont imbus de culture, baignent dans une érudition musicale alors populaire. En effet, fonder des effets spectaculaires et musicaux sur le pastiche, la caricature à force de citations scéniques ou lyriques d’un original, ici le Faust de Gounod, suppose au moins un fonds culturel commun entre le bourgeois pouvant se permettre le luxe de l’opéra et le peuple se contentant au mieux du « paradis », le poulailler, ou de la vulgarisation populaire des parodies des vaudevilles où, finalement, toutes les classes pouvaient se retrouver à moindres frais. Une époque, entre Second Empire, malgré tout déjà attentif au peuple, et une Troisième République dont la grandeur fut de veiller à l’éducation populaire, qui nous adresse un miroir et ses reflets où s’abîme aujourd’hui la réflexion sur la perte du patrimoine national d’une culture, pour modeste qu’elle paraisse, identité d’un peuple.
Il me semble donc, sans emphase, nécessaire de souligner encore que, grâce à la modeste gentillesse de tous ces bénévoles et le travail acharné de l’équipe artistique, ce qui se passe à Pourrières l’air de rien, sans prétention, est une restauration d’un humble pan de culture perdue.
Avec douze ans de recul, on peut juger, comparés aux moyens en rien grandioses, les grand résultats, le bilan impressionnant de ce festival : quatorze œuvres lyriques, quarante-cinq spectacles, soixante solistes (des jeunes) engagés pour deux-cent-cinquante-huit chanteurs auditionnés soigneusement, plus trente-six choristes, trente-sept musiciens, trente cinq concerts. L’action pédagogique a pu accueillir quatre-cent-quatre-vingt scolaires. Sans oublier mille repas servis aux spectateurs désireux de partager ce sympathique moment avant le spectacle, c’est-à-dire près d’un sur dix. Car ce festival, on me pardonnera la redite, allie joyeusement la gastronomie, l’art de la bouche, et l’art de chanter : il mérite le nom d’opéra bouffe, à tous les sens plaisants des termes, lyrique et culinaire, qu’on arrose des généreux vins du cru généreusement offerts par des vignerons locaux. D’autant que la solide équipe artistique qui le préside, Bernard Grimonet pour la scène, Luc Coadou pour la direction musicale, tout aussi bénévoles, ont donné à ce festival l’identité de brèves saynètes comiques, bouffesdonc. Avec la complicité d’Isabelle Terjan qui dirige du piano le petit effectif musical, clarinette, violoncelle, accordéon, ils en assurent également les arrangements musicaux dont les partitions sont absentes.

DIABLERIES AU PROGRAMME
Cette année, l’Opéra au Village se donnait, s’adonnait joyeusement au diable, avec deux opérettes inspirées du célèbre opéra de Charles Gounod, lui-même inspiré du fameux Faust de Goethe, dont le facteur commun, un lever de rideau, un Prologue, était un extrait de Faust et Marguerite (1868) de Frédéric Barbier (1829-1889),prolifique compositeur d’opérettes bouffes en un acte,sur un texte cocasse de Bernard Grimonet, d’après le livret deBumaine et Blondelet. Deux chanteurs devant incarner Faust et Marguerite dans l’opéra de Gounod, à force de tergiverser, de cabotiner, ratent non seulement la répétition mais leur entrée en scène, et camouflet à leur vanité de cabots, sans grand dommage apparemment pour le spectacle puisqu’on apprend que le metteur en scène moderne (clin d’œil de Grimonet), plus que minimaliste, a pu se passer des héros à la grande satisfaction du public. On goûte « J’ai cassé ma bretelle… » qui évoque irrésistiblement «Votre habit a craqué dans le dos… » de l’antérieure Vie parisienne d’Offenbach (1866) et l’air du maquillage et ses coquettes et cocottantes notes joyeuses des joyaux faustiens. La soprano Claire Baudouin et le ténor Olivier Hernandez, belles et claires voix, bons acteurs, s’échauffent ici agréablement pour les deux pièces qui suivent, leurs diverses incarnations de Marguerite et Faust et ils ne rateront pas leur entrée, ces deux fois !

Faust en ménage
Opérette bouffe posthume (1924)de Claude Terrasse (1867-1923), connu pour sa musique de scène d’Ubu Roi d’Alfred Jarry (1896), considéré comme un hériter d’Offenbach. C’est une claire et hilarante suite à Faust de Gounod. Sinon vingt ans, c’est quinze ans après que l’on retrouve nos héros, mais bien fatigués sauf la fringante Marguerite, la beauté du diable, fatiguée justement de la fatigue de son Faust d’époux que la complaisance du méphitique Méphisto a sauvé de l’enfer, se condamnant lui-même à l’ire de Satan sauf à se racheter par l’âme de Marguerite poussée à l’adultère dans les bras d’un Siebel désormais homme et soldat.
En couple amoureux usé inégalement par le ménage et le temps, nous retrouvons les excellents Claire Baudouin et Olivier Hernandez auxquels se joignent le puissant baryton Thibault Desplantes en Méphisto décrépitet le contre-ténor Raphaël Pongy, dont la voix est judicieusement et plaisamment choisie ici sans doute pour incarner, par sa force, l’homme, et par son ambiguïté sexuelle, le travesti du Siebel original. Une accorte et acariâtre comédienne, Béatrice Giovannetti, campe avec drôlerie une Dame Marthe servante du couple, à l’accent allemand à couper au couteau, bien capable d’attraper le pauvre diable par la queue.
Plus que le texte, le comique de qualité vient des citations musicales, exactes ou détournées, variées, suggérées, de l’opéra de Gounod, la ballade du roi de Thulé, air des fleurs, le duo, «  le Veau d’or… », « Anges purs… » etc, pétillantes de verve et d’intelligence musicale dans leur enchaînement. L’air de Marguerite est des plus jolis et celui « Le sucre est hors de prix », digne du loufoque Offenbach. Les beaux costumes d’époque (Mireille, Anne-Marie, Michelle, Nouch) contrastent avec la cape et bonnet pointus fatalement rouges de Méphisto, hébété, titubant malgré sa canne, réduit ici, dépossédé de ses pouvoirs, au rôle de « Diable honoraire d’opérette », ratant par excès de plus ou de moins un rajeunissement de la dernière chance de Faust, retombé en enfance ou dans un gâtisme précoce, inutile aux vœux charnels d’une rouée Marguerite qui ne file plus doux le sien, finalement comblée par le fuseau du frais et fringant Siebel.

Les trois baisers du diable
Sur un texte de ses habituels comparses Henri Meilhac et Ludovic Halévy, les duettistes librettistes futurs auteurs du livret de Carmen , Offenbach, en 1858, met en musique Les trois baisers du diable, une œuvre un peu inhabituelle dans sa prodigieuse production. Au lieu de la bouffonnerie boursouflant la bourgeoisie que à laquelle nous a habitués « le petit Mozart des Champs-Élysées », cette œuvre, une plutôt insolite scène paysanne avec musique de musette pastorale souvent, bascule et baigne dans une féerie dont Offenbach, qui rêvait de sortir de son rôle d’amuseur permanent dans ses opérettes, nimbera son grand opéra, Les Contes d’Hoffmann, qu’il ne verra malheureusement pas sur scène puisqu’il meurt l’année précédant la création de 1881.
La vocalité, hors quelques procédés qui sont la marque du maître ès décomposition des mots, affiche ici une autre ambition : airs brillants, air à boire, ensembles, longue scène concertante et, dans ce registre visant le « grand opéra », tous les chanteurs cités dans l’opérette précédente (un enfant, muet, complète la distribution) sont à féliciter de leur grande maîtrise technique et musicale pour un résultat de toute beauté : on les sent heureux de donner leur mesure. L’instrumentation passionnément et ludiquement forgée en commun par les musiciens est encore remarquable, l’on ne peut que le dire en passant, sans les épuiser, au fil d’une plume épuisée à tenter d’en capter les trop rapides trouvailles musicales humoristiques en tachant de n’en pas perdre l’écoute : frissons, ronflements diaboliques, grincements d’archet du violoncelle, ricanements de l’accordéon, cris perçants de la clarinette, piano scandant ou ponctuant l’angoisse à petit pas du Diable : ils se sont fait plaisir et nous le communiquent. Avec sa précision habituelle, mais aussi sa liberté, Luc Coadou dirige ce petit monde, plateau et ensemble, avec alacrité, un sensible bonheur qu’il nous fait partager.
Dans un simple décor pratiquement semblable et prestement modulable, loge de théâtre, intérieur d’appartement bourgeois ou paysan (sans autre précision onomastique comme les costumières, dans une amicale dénomination,Gérard, Jacky, Dominique, Alain, Jean-Pierre, Michel), Bernard Grimonet joue avec aisance d’une grande palette scénique à laquelle ces jeunes chanteurs se plient avec souplesse : gestes typés, stéréotypés, outrés des cabotins dans une plaisante gestuelle d’autrefois entre convention de théâtre et de cinéma muet, fluidité et accélérations ou ralentissement des déplacements ; les personnages sont savoureusement campés, croqués. Mais, diablerie ? on avoue n’avoir pas saisi comment ce diable d’homme, sans moyens techniques extraordinaires, réussit les scènes féeriques, des myriades, des constellations d’étoiles que l’on garde aux yeux avec l’émerveillement de l’enfance, sans réelle volonté réaliste d’en percer le mystère, tout au plaisir bienheureux de s’abandonner à cette nuit des étoiles en avance.
Encore une réussite sans tambour ni trompette de ce festival aux confins des Bouches-du-Rhône et du Var, qui n’est pas au Diable Vauvert.

L’Opéra au Village, Pourrières,
Faust et Marguerite de Frédéric Barbier (adaptation B. Grimonet)
Faust en ménage de Claude Terrasse,
Les trois baisers du diable de Jacques Offenbach.
Pourrières, le 26 juillet 2016. A l’affiche les 23, 24, 26 et 27 juillet 2016.
Direction musicale : Luc Coadou,
Mise en scène : Bernard Grimonet.
Avec :
Claire Beaudouin, soprano ; Thibault Desplantes, baryton ; Olivier Hernández, ténor ; Raphaël Pongy, contre-ténor ; Béatrice Giovannetti, comédienne, Annabelle (l’enfant).

Isabelle Terjan (piano), Claude Crousier (clarinette), Angélique Garcia (accordéon) et Virginie Bertazzon (violoncelle).
Décors : Gérard, Jacky, Dominique, Alain, Jean-Pierre, Michel.
Costumes : Mireille, Anne-Marie, Michelle, Nouch. Régie : Sylvie Maestro et MDE Sound Live. Photos : © JL.Thibault

Compte rendu, opéra. Pourrières, l’Opéra au village. Le 23 juillet 2015. Deux Vieilles gardes de Léo Delibes. La Bonne  d’enfant, d’Offenbach  

pourrieres-opera-au-village-2015-offenabch-delibesA Pourrières, opération transfert. On ne le répétera jamais assez, ce festival, né de la volonté d’un groupe d’actives personnes ou personnalités du village de Pourrières, aux confins des Bouches-du-Rhône et du Var, a su entraîner dans son dynamisme nombre de villageois qui le vivent désormais comme une expérience non seulement estivale, mais aussi annuelle, puisque l’année y est désormais jalonnée de concerts qui ponctuent patiemment en pointillés la ligne d’une activité musicale continue de qualité, qui enfin s’élargit en trois longues soirées festives d’été. Ce festival allie joyeusement la gastronomie, l’art de la bouche, et l’art de chanter : il mérite le nom d’opéra bouffe, à tous les sens plaisants des termes, lyrique et culinaire, qu’on arrose des généreux vins du cru généreusement offerts par des vignerons locaux. D’autant que la solide équipe qui le préside lui a donné l’identité de brèves saynètes comiques, bouffe donc, qui mêlent comédie et chant grâce à une troupe de jeunes artistes des plus talentueux.

 

 Ancien lieu

 Jusqu’à l’an dernier, il se nichait, se lovait dans le minuscule cloître du Couvent des Minimes, à l’abri d’un marronnier qui en couvrait amoureusement presque tout l’espace, sous la douce vigilance du joli clocher de l’église au porche d’entrée humblement gothique : humilité amicale des pierres pain d’épice patiemment entassées par quelques moines sans prétentions maximales, au modeste nom bien mérité de Minimes, au XIIIe siècle, pour en faire un petit lieu de méditation, barque de pierre arrimée à un cyprès entre le creux de la vague d’un vallon et la douce ondulation d’une crête, à ses pieds les vaguelettes tranquilles des sillons des labours de cultures en terrasses et les sages lignes parallèles des vignes. On n’oubliera pas, le long du mur aux vieilles pierres rousses de crépuscule, sous une allée de marronniers, les repas à thème lyrique, préparés par les gens du village, pris joyeusement en commun, qui précédaient les festivités musicales. Aujourd’hui, le cloître, le couvent des Minimes est classé monument national : pas besoin d’être un grandiose monument pour mériter ce titre, la modestie est aussi récompensée.

 

 Nouveau lieu : Place du Château

Ce n’est pas sans pincement de cœur qu’on s’apprêtait à découvrir l’un des nouveaux lieux et, comme un exorcisme et un salut nostalgique, on allait d’abord caresser encore du regard l’ancien cœur battant du festival, le petit couvent au creux d’un chemin vert, avant de grimper vers la hauteur du village, sous le fier clocher provençal couronné de son feston de fer, la Place du Château —qu’on chercherait en vain. De cette hauteur, le spectacle, le paysage couperait le souffle s’il n’y avait, dans sa beauté, une sérénité aimable et humaine de vieille terre de culture, j’entends aussi cultivée, civilisée. Du haut de cette vaste terrasse, on domine un large panorama, plus ouvert que limité par des montagnes : au sud-est, la ligne de crête de la chaîne de l’Étoile bleuie de lointain ; à l’est, la sainte Baume où, dit-on, se retira Marie Madeleine, fait un fond au Mont Aurélien de l’antique Voie aurélienne et, face à elle, en parallèle verticale, au nord-ouest, dans un apaisement de son relief, le versant sud de la grandiose Sainte Victoire chère à Cézanne finit en faisant le dos rond pour laisser un vaste espace à une plaine, un plateau adouci entre ces murs montagneux. Et Pourrières vit naître et mourir Germain Nouveau (1851-1920), poète maudit prisé des surréalistes, et non sans influence sur les Illuminations de son ami Rimbaud.

Sur la terrasse, des villageois d’affairent à dresser les tables du repas qui prélude au spectacle et servent avec diligence, simplement et sympathiquement, les convives et futurs spectateurs. Tous les responsables du festival et les bénévoles, et même la démocratique Présidente, cravatés de lumières comme autant de clins d’œil, mettent la main à la pâte avec une bonhomie efficace, qui ne dissimule pas, au regard averti, tout le travail d’intendance que suppose pareille organisation, installation des gradins de la scène et ce restaurant improvisé à l’air vraiment libre. On goûte le paysage et savoure les plats en conviviale compagnie, le soleil sculpte encore les reliefs sud de Sainte Victoire avant d’en faire une ombre chinoise bleue sur horizon rose et gris en passant derrière, incomparable fond de scène, à jardin du petit théâtre de tréteaux dressé sur la place. On retrouve, avec une souriante émotion, dans cette simplicité de bon aloi, quelque chose des modestes mais fortes fêtes de village, de quartiers, aujourd’hui disparues, qui, ne serait-ce qu’à la faveur d’un spectacle, par la grâce d’un bal, d’un concert partagés resserraient la cohésion d’une communauté, soudaient les groupes, les liens sociaux malheureusement si distendus de nos jours.

On se disait, sans préjuger du spectacle, que le pari était déjà gagné.

 

LES SPECTACLES

 

La suite le confirmait amplement. C’est un bonheur sensible, pour un critique, quand l’affect et l’intellect se rejoignent, sans que le jugement soit la dupe du cœur, que de saluer la réussite si évidente de ce spectacle constitué de deux opérettes. D’abord, l’équipe de Pourrières, son directeur artistique et metteur en scène, Bernard Grimonet, Luc Coadou, le directeur musical et chef, nous a habitués à des pièces rares, oubliées ou méconnues, exhumées et rendues à la vie et à leur verve pour nous. Ce travail premier de recherche tient d’une heureuse résurrection. Ce soir, des deux œuvres présentées, il n’existe que la partition piano chant, et il faut noter, justement, question notes, que tout ce travail de broderie instrumentale est une création dans cette recréation, un travail minutieux dû au chef Coadou et à Isabelle Terjan, pianiste, qui, des cordes percutée de son instrument, assure une sorte de continuo secondé des cordes frottées du violoncelle de Virginie Bertazzan, dans le chatoiement irisé de l’accordéon d’Angélique Garcia et les ironiques éclats de la clarinette d’Aurélia Céroni. Si l’on ajoute que tous ces excellents musiciens sont professeurs dans des écoles ou conservatoires de région, à l’exception de Luc Coadou, à la carrière internationale, on souligne l’originalité locale de qualité de ce festival qui permet à des artistes du cru de se produire chez eux en participant à cette belle aventure collective, où même costumes et décors sont conçus et créés sur place par ces habitants d’un petit village qui voit grand.

 

 Deux vieilles gardes 

C’est la première partie. Farce en un acte, musique de Léo Delibes,
 livret de Ferdinand de Villeneuve et Alphonse Lemonnier. L’opérette fut représentée pour la première fois à Paris,
en 1856, au Théâtre des Bouffes Parisiens d’Offenbach, commande d’Offenbach lui-même qui avait senti toute la capacité de ce jeune homme de vingt ans, dont le maître, Adolphe Adam, mourut l’année même où il donnait, pour ce même théâtre, Les Pantins de Violette donnés ici l’an dernier.  Pochade légère et lourde par le sujet, situation inverse du népotisme bourgeois comme dans Don Pasquale de Donizetti, le jeune Fortuné est infortuné, son oncle l’a déshérité au profit d’un intrigant, le privant de l’espoir d’épouser sa bien-aimée : pas de mariage sans héritage, loi bourgeoise.


Pour fléchir son intraitable parent, il feint une grave maladie. Son oncle lui envoie deux garde-malades  ou gardes, guère anges gardiens, Mesdames Vertuchou et Potichon, rôles chantés ici par des hommes. Si l’on imagine que Fortuné est un rôle confié à une soprano on voit déjà le ressort bouffe de ces travestis, exacerbé par le malicieux traitement du metteur en scène Bernard Grimonet. Le seul personnage assumant son vrai sexe sera Mikhaël Piccone qui campe un apothicaire passager.

Le faux malade affecte tellement la maladie que le croyant à l’agonie, les deux harpies, voraces rapaces, prises d’une fringale effrénée, pillent le logis tout en échangeant des confidences, familière harangue de harengères, langage outrancier, truculent, truffé d’involontaires jeux de mots par la Vertuchou :  cloître pour goitre, cerceau pour sursaut, chapeaux en Espagne, la brise de la Bastille, la caniche (pour calife) de Bagdad, le nègre plus ultra, un ogre de barbarie, la reine Marie aux toilettes pour Marie-Antoinette, etc, etc. Cela ne vole pas très haut toujours mais le systématique excès n’en repose pas moins sur une observation subtile des mécanismes du langage chez des gens simples épris de termes compliqués qu’ils entendent sans comprendre et répètent, décalés, décalqués, phénomène très sensible aujourd’hui avec tant de termes savants tombés du haut de la télévision, reproduits béatement par des ignorants innocents, répétés approximativement à l’oreille sans le contrôle d’un écrit qu’on ne possède plus sans la lecture. Cela ne manque pas d’intérêt historique en ces années 1856 d’un Second Empire qui sent poindre, malgré tout, ce bienheureux SMIG culturel rigoureux des futures lois Jules Ferry et son admirable et démocratique Certificat d’Études primaires. Cela suppose aussi que le public, sûrement bourgeois, savait capter ces dérapages langagiers. 

Tentation d’éclairer rétrospectivement cette opérette inconnue d’un jeune homme par le compositeur d’âge mur de Lakmé et de Coppélia, avec une ouverture pimpante, la musique, quelques numéros guillerets, des danses, un air tendre pour la soprano travestie (Anne-Claire Baconnet), au joli timbre si féminin, au petit vibrato bien perlé, nous semble d’une transparence d’aquarelle et de la plus délicate facture, qui relève même d’une aura de poésie légère la lourdeur du sujet, presque scatologique avec la purge infligée en punition aux deux commères aigres et amères, avides de douceurs. En tous les cas, les deux joyeuses luronnes larrones, campées de façon inénarrable par les deux comparses travestis, les ténors Denis Mignien, en ronde et oronde potiche Potichon, yeux ronds ou furibards, joues rebondies, bouffie en robe bouffante de crinoline et falbalas, affublé d’une charlotte ébouriffée, forte voix terrienne, et Guilhem Chalbos, affûtant de fausset son timbre clair de pimbêche maniérée,  pincée, nez pincé de bésicles, l’un(e) en largeur, accusée par les falbalas et fleurs de sa robe, l’autre en hauteur collet monté étriqué des lignes verticales de la sienne (Mireille Caillol et son équipe), rondeur et minceur, font une paire impayable dans le jeu, le chant et ce duo et duel, canne contre parapluie. C’est réglé, même dans la verbeuse prose du texte, comme du papier à musique par le metteur en scène Grimonet et le chef Coadou qui tient même la folie de la scène dans la rigueur musicale de la fosse.

 

 La bonne d’enfant 

Transformant à vue le simple décor de la première opérette, sur une musique de danse de Delibes et la présentation des deux pièces par Bernard Grimonet, le lit de malade devient berceau, une belle frise à liserés et liserons courant des cadres de portes au rebord de la cheminée et gagnant même le tissu d’une chaise, d’une sobre élégance, un transparent figurant un cartel et des flambeaux (Gérard Alain, Dominique, Yves, etc),  et nous voici dans un autre appartement bourgeois pendant que les chanteurs se dégriment et habillent pour la seconde opérette de la soirée, dans des costumes toujours seyants, de la même équipe d’une élégance Second Empire relevée de fantasques couleurs.  Musique de Jacques Offenbachlivret d’Eugène Bercioux, La Bonne d’enfant fut aussireprésentée pour la première fois en 1856 également, dans ce Théâtre des Bouffes Parisiens qui confinait l’inspiration d’Offenbach à des spectacles n’excédant pas quatre intervenants scéniques. Ce n’est qu’en 1858 que sera levée l’interdiction de limiter de nombre de chanteurs qui permettra à son génie de s’épanouir et donnera lieu à tant de ses chefs-d’œuvre. Pourquoi cette limitation ? Parce d’autres compositeurs mieux en cour, avaient ce privilège exorbitant de composer et d’écrire à leur aise pour le nombre d’exécutants laissé à leur indiscrète discrétion et finances. Mais, même réduit à quelques comparses, notre facétieux Offenbach écrit une multitude d’œuvres, plus d’une centaine sur ses près de sept cents compositions, une constellation d’opérettes brèves que l’Opéra au Village, comme autrefois le Festival Offenbach de Carpentras, nous permet aujourd’hui de découvrir peu à peu. 

L’intrigue est simple, simplette : Dorothée, bonne d’enfant chez un couple de bourgeois n’a qu’une idée en tête : devenir sa propre maîtresse en se mariant, le mariage (on parle de Mairie et non d’Église !) est gage de liberté. Elle hésite entre trois amoureux : le sérieux, bon parti, mais  « guère joli » un ramoneur aisé, le bel homme, sapeur de la garnison, mais « trop farceur », et Brindamour, le trompette des dragons, qu’on ne verra pas, dont elle ne sait pas s’il veut de l’hymen.

Le reste, c’est du vaudeville : entrée et sortie des amants postulants, cachette dans le placard, travesti, quiproquos, dont on peut imagine ce qu’en tire la veine et verve bouffe d’Offenbach.

Une ouverture plus fournie, avec en coda le thème de « Dodo, l’enfant do… » qui reviendra dans l’ensemble final, des airs plus consistants pour la belle Dorothée d’Anne-Claire Baconnet, dont une agréable valse à cocottes. Denis Magnien, vieille garde hagarde de la première partie, n’est ici que le bourgeois propriétaire et père. On retrouve avec bonheur Guilhem Chalbos, qui sait tout faire sur scène et en chant, en fumiste enflammé, amoureux transi et brûlant, plus séduisant de sa personne que séducteur aguerri face à sa belle, toujours convaincant dans son jeu très divers. Et l’on retrouve enfin, après son apparition fugace en première partie, le baryton Mikhaël Piccone, par ailleurs directeur de la Troupe lyrique méditerranéenne, remarquable metteur en scène, dont une production, Orphée aux Enfers dans laquelle Chalbos était un Pluton irrésistible, était digne d’un grand théâtre. Il a le rôle des plus drôles de l’officier des sapeurs, bien sapé dans son uniforme pantalon garance, flambant, fringant et frimeur, débitant magistralement avec une volupté verbale vertigineuse, avec une assurance et arrogance académiques, des tirades amoureuses à la syntaxe, au lexique et périphrases à rendre vertes de jalousie les précieuses de Molière et Monsieur Jourdain : « le liquide puéril » pour le lait de l’enfant, bordées et bardées d’épithètes centripètes, d’un cocotant vocabulaire cocasse et coruscant (intrinsèque, circonspect, subreptice, hypothèse, etc), où tout pèse et pose plaisamment, pompeux, pompier, mais jamais pompant.

Dans un tempo étourdissant sans solution de continuité, des gestes symétriques comiques réglés comme des danses, ce trio chante et joue à merveille, s’amuse visiblement malgré la terrible chaleur et les lourds costumes et communique généreusement au public une saine et heureuse gaîté.

Une réussite devenue un label de Pourrières, qui mériterait de tourner comme ses vins qui font tourner les têtes.

 

L’Opéra/au Village

Deux Vieilles gardes de Léo Delibes,

La Bonne  d’enfant, de Jacques Offenbach

Pourrières, Place du Château et château de Roquefeuille

 

23 et 25, 28 juillet, 21h30, repas à 20 h. tarif : 15 € pour le spectacle seul, 35 € avec le repas inclus. Renseignements :

mailto:contact@loperaauvillage.frcontact@loperaauvillage.fr,

www.operaauvillage.fr

06 98 31 42 06

 

 

 

Compte rendu, opéra.  Pourrières, l’Opéra au village. Le 23 juillet 2015. Deux Vieilles gardes de Léo Delibes. La Bonne  d’enfant, d’Offenbach

Isabelle Terjan, piano ; Virginie Bertazzan, violoncelle ; Angélique Garcia, accordéon ; Aurélia Céroni, clarinette. Direction musicale : Luc Coadou. Directeur artistique, metteur en scène, scénographe, Bernard Grimonet . Costumes : Mireille Caillol et son équipe. Décors : Gérard, Alain, Dominique, Yves, etc.  Régie : Sylvie Maestro et MDE Sound Live.

Avec : Anne-Claire Baconnais, soprano ; Denis Mignien, ténor ; Guilhem Chalbos, Mikhaël Piccone, baryton.

 

Compte-rendu : Pourrières. Couvent des Minimes, le 16 juillet 2013. L’opéra au village. Bossini : 2 Don Quichotte. Bossini, Coadou…

l'opéra au villageLoin des fastes néfastes de MP13, dont les lumières trop vives laissent crûment dans l’ombre node  grand chemin.
Sur le charme du lieu, de ce rituel dîner convivial à thématique culinaire en rapport avec le spectacle, mitonné par les bénévoles du village, dégusté sous les vénérables marronniers et accompagné des vins du terroir offerts par les vignerons du cru, on se reportera dans ce même blog aux dates où j’en ai rendu compte (4/8/2008, 26/7/ 2009, 23/7/ 2010,  26/7/ 2012). On s’y retrouve avec un plaisir jusqu’ici jamais trahi.

 

 

Création, recréation, recréation …

 

Fort d’une équipe solide et soudée pour la réussite par un compagnonnage généreux, après nous avoir habitués à des productions originales, loin des sentiers battus, en exhumant des œuvres lyriques inconnues, méconnues (rappelons Cendrillon de Pauline Viardot, Djamileh de Bizet, Philémon et Baucis de Gounod, etc), l’Opérauvillage se paie le luxe de nous offrir du même coup, une création et une recréation, sympathique et heureuse récréation musicale.

L’œuvre, les œuvres

Qu’est-ce qui est mieux qu’une opérette ? Deux : une moderne, Don Quichotte berger ou la nouvelle Arcadie enchâssant joliment l’ancienne Don Quichotte et Sancho (1847) de Florimond Ronger dit Hervé (1825 – 1892). De ce dernier, auteur d’une bonne centaine d’opérettes,     on a presque tout oublié malheureusement (sauf sa tardive Mam’zelle Nitouche de 1883) mais les organisateurs de Pourrières nous  rafraîchissent la mémoire avec cette œuvre et nous apprennent qu’à l’hôpital, il avait pu monter une pièce avec les médecins et les malades, l’Opéra de Bicêtre, belle anticipation de la musicothérapie, de l’art thérapie timidement en vogue aujourd’hui. Son Don Quichotte et Sancho eut un joli succès mais fut balayé par la proche révolution de 1848.
Ce serait, nous dit-on, la première opérette mais ce serait se contenter d’un regard franco-français puisque ce genre court, en un acte, mêlant paroles et chant sur une intrigue bouffonne existait déjà depuis plus d’un siècle et demi en Espagne, appelée la tonadilla escénica, elle-même dérivée des sainetes, intermèdes musicaux du théâtre et de la zarzuela baroques (ayant donné dans la  Naples encore espagnole l’opera buffa), d’où dérive d’ailleurs le mot « saynète » qui définit cette œuvre.
D’autre part, les chercheurs érudits de l’équipe, en fouinant avec bonheur dans les documents du fonds Hervé de la bibliothèque de l’Opéra, ont trouvé, entre autres, un livret d’Hervé, complet, mais jamais mis en musique. Ils ont eu la bonne idée d’en confier la musique au compositeur Jean-Michel Bossini, qui signe par ailleurs la subtile adaptation, pour un effectif instrumental léger, un septuor, de la masse orchestrale de l’opérette complète d’Hervé, Don Quichotte et Sancho.
Le livret retrouvé, Don Quichotte berger ou la nouvelle Arcadie est également une saynète en un acte, d’après l’épisode pastoral du roman original, le moment où le héros, non pas lassé de la chevalerie, mais comme un complément littéraire, la bergerie étant le pendant lyrique du roman épique de chevalerie, envisage de se faire berger, le berger Quichottis. C’est le prétexte pour la célèbre tirade utopique du retour au mythique Âge d’Or de l’humanité, magnifique discours où Cervantès, par la voix de son héros si généreusement humain, exprime son rêve humaniste, humanitaire, que n’auraient pas désavoué les premiers socialistes saint-simoniens de la Révolution de 1848, rêveurs de la fraternité universelle.
Les deux livrets d’Hervé, même dans leur condensation, manifestent sa connaissance profonde de cette œuvre qui ne passait pas encore pour le premier roman de la modernité (Gustave Doré et ses gravures n’est pas loin), seules ses graphies de certains personnages étant inexactes : Tereza au lieu de Teresa pour la paysanne, idéalisée en Dulcinée par le chevalier, Carasco au lieu de Carrasco, péchés véniels en regard de sa langue exacte et bien venue, fleurie de quelques jeux de mots plus ou moins gros. Sa musique est charmante, coule avec aisance, grâce souvent.

Réalisation et interprétation

L’adaptation de Jean-Michel Bossini est respectueuse de l’original, habile musicalement, efficace. Quant à sa propre musique sur le second livret d’Hervé, il a le bon goût, l’élégance de n’en pas faire une machine à écraser son prédécesseur : elle est moderne, d’aujourd’hui, mais sans outrance, et l’on doit même lui reconnaître le mérite de ne pas créer une solution de continuité entre les deux qui soulignerait grossièrement les coutures entre la musique et le texte originaux d’Hervé et celui qu’il met personnellement en musique. Il a de belles trouvailles comme ces bêlements de moutons de l’Arcadie qui se souviennent peut-être de l’instrumentation humoristique par Mozart de tel passage pastoral du Messie de Händel. Il a joliment servi son septuor d’instrumentistes tous à louer. Ses mélodies sont agréables, bien chantantes.
Là où la bât (de l’âne invisible mais audible de Sancho) blesse, c’est le traitement qu’il inflige aux chanteurs, les forçant, de son propre aveu, à des tessitures extrêmes pour leurs voix. Ainsi, on peut déjà trouver étonnante la silhouette longiligne d’un Sancho rond et mangeur qui répondrait plutôt à celui du Chevalier à la Triste Figure, mais en faire une voix suraiguë et détonante en la confiant à un contre-ténor (Bernard Dazin) qui n’est plus ni contre ni ténor par la partition qui lui est confiée, contraint à des sauts, à des cris, des criailleries souvent pénibles quel que soit son talent réel d’acteur, est bien arbitraire, et, dans la méconnaissance de la partition d’Hervé, même en admettant la liberté absolue de toute œuvre par rapport au modèle, l’on ne parlera pas du contresens hispanique puisque, dans l’Espagne du Siècle d’Or, on méprisait les voix aiguës et nasales françaises dont on disait qu’elles étaient plus de poule que de coq gaulois.
Cela accuse artificiellement le contraste recherché par Bossini avec ce Don Quichotte trop jeune et beau (François Echassoux), confiné dans des graves trop bas pour sa pourtant belle voix de basse, sans même en appeler au texte où Sancho se « quichottise » clairement, assumant l’idéologie chevaleresque de son maître, tout comme Leporello et Don Giovanni deviennent vocalement identiques. Même traitement infligé à l’autre basse, Nika Guliashvili en Sansón Carrasco,  réduit à sa corde la plus grave, la moins timbrée, celle qui passe le plus difficilement la rampe même dans cet espace réduit. Le baryton Denis Mignien (Núñez) s’en tire un peu mieux encore que l’imposition à tous ces chanteurs de notes en voix de tête à partir de ces graves trop lourds donne des sons approximatifs et les faussets sonnent forcément faux. Anouschka Lara (Juanita), soprano léger mais encore trop sollicitée dans des aigus, tire son épingle du jeu et la mezzo Patricia Schnell, en accorte Teresa/Dulcinée, a plus de chance avec une partition plus propice à son timbre rond et charnu et ce confort lui laisse plus d’aisance dans la théâtralité. Car l’insécurité des chanteurs leur cause une incertitude vocale qui corsète leur jeu et, malheureusement, le public leur attribue des manques qui semblent n’être que le résultat du trop-plein de difficultés imposées inutilement par le compositeur. Mais on apprécie la précision qu’il apporte à la direction musicale des deux œuvres.
Du moins à cette première, toujours angoissante, le jeu sans doute souple de Bernard Grimonet dans sa mise en scène, à la     juste gestique, se ressent un peu de ces contraintes. On goûte les jolies trouvailles, l’action située à Pourrières même (après tout, un chevalier errant se déplace !) avec en fond, sous les arcades de la scène, la ligne bleue abstraite de Sainte-Victoire, la fontaine pyramidale du village commémorant la victoire de Marius sur tes Teutons (Pourrières tirerait son nom du charnier où pourrirent les corps des barbares vaincus) qui s’ouvre en trône et dais seigneurial pour le seigneur (scénographie de Jean de Gaspary), le long licou de l’âne invisible de Sancho, le petit mouton à roulettes de l’Arcadie. Les costumes, comme les décors, comme toujours confiés à des gens du village, sont beaux, joyeux, joliment stylisés à l’espagnole, et aussi frais que ce petit chœur et ce spectacle à la fois modeste et ambitieux, qui mériterait bien de tourner.

Pourrières, l’Opéra au village
Couvent des Minimes, 700 chemin de la santé
83910 Pourrières, 16, 18, 20, 22, 24 juillet 2013
Don Quichotte et Sancho
d’après Florimond Ronger dit Hervé, adaptation Jean-Michel Bossini,
Don Quichotte berger ou la nouvelle Arcadie,
livret d’Hervé, musique de Jean-Michel Bossini , création
.
Direction musicale,  Jean-Michel Bossini ; direction d’artistes, Luc Coadou ; mise en scène, Bernard Grimonet ; scénographie, Jean de Gaspary ; arrangement, Frédéric Carenco ; régie lumière : Sylvie Maestro.

Distribution :
Don Quichotte :  François Echassoux ; Sancho : Bertrand Dazin ; Juanita : Anouschka Lara ; Núñez :  Denis Mignien ; Teresa/Dulcinée :  Patricia Schnell ; Carrasco : Nika Guliashvili.
Chœur :  Emilie Cavallo, Eymeric Mosca,Michael Paparone, Laura Stamboulis.
Septuor instrumental : Stéphanie Perin (alto) ; Sarah Friedmann (violon) ; Virginie Bertazzon (violoncelle) ; Jean Bernard Rière (contrebasse) ; Aurélia Céroni (clarinette basse) ; Marilyn Pongy (cor) ; Isabelle Terjan (piano).

Tél : 06 98 31 42 06. Contact@loperaauvillage.fr : www.loperaauvillage.fr

Photo : © Bernard Grimonet