COMPTE-RENDU, critique opéra. TOURCOING, Atelier lyrique, le 9 fév 2020. CHABRIER : L’Etoile. Alexis Kossenko / Jean-Philippe Desrousseaux

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGCOMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. TOURCOING, Atelier lyrique, le 9 fĂ©v 2020. CHABRIER : L’Etoile.  Avec Carl Ghazarossian, Alain Buet, Ambroisine BrĂ©, Nicolas Rivenq… Alexis Kossenko / Jean-Philippe Desrousseaux… A l’occasion d’une visite dans les Hauts-de-France, on ne saurait trop conseiller de faire halte Ă  Tourcoing, troisième ville de la rĂ©gion après Lille et Amiens ; qui peut s’enorgueillir d’avoir vu naĂ®tre des compositeurs aussi illustres que Gustave Charpentier ou Albert Roussel. Indissociable de la personnalitĂ© charismatique de son fondateur Jean-Claude Malgoire (1940-2018),  l’Atelier lyrique de Tourcoing donne depuis 1981 une rĂ©sonance internationale Ă  cette ancienne capitale du textile, reconnue pour cette ambition artistique de haut niveau. DĂ©sormais, il revient Ă  François-Xavier Roth (nĂ© en 1971) de prendre la relève du regrettĂ© Malgoire Ă  la direction artistique de l’Atelier lyrique, tandis qu’Alexis Kossenko (nĂ© en 1977) fait de mĂŞme Ă  la tĂŞte de l’orchestre sur instruments d’époque, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy.

 

 

 

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Lazuli / Laoula : Ambroisine Bré et Anara Khassenova  © Simon Gosselin

 

 

 

C’est prĂ©cisĂ©ment le jeune flĂ»tiste et chef d’orchestre français que l’on retrouve Ă  Tourcoing pour l’une des productions les plus attendue de la saison, l’ébouriffante Etoile (1877) d’Emmanuel Chabrier (voir notre prĂ©sentation : https://www.classiquenews.com/letoile-de-chabrier-a-tourcoing/). On avoue ne pas comprendre pourquoi un tel chef d’œuvre de malice et d’intelligence ne figure pas plus souvent au rĂ©pertoire hexagonal – au moins pendant les fĂŞtes de fin d’annĂ©e, aux cĂ´tĂ©s des grands succès d’Offenbach. On se rĂ©jouit par consĂ©quent de cette heureuse initiative, et ce d’autant plus que le plateau vocal rĂ©uni se montre d’un niveau proche de l’idĂ©al.
Ainsi de la rayonnante Ambroisine Bré qui donne à son Lazuli un brio vocal d’une rare conviction dans l’équilibre entre vérité théâtrale et raffinement vocal, tandis que Carl Ghazarossian (Ouf 1er) ne lui cède en rien dans sa composition désopilante, entre morgue cruelle et lassitude feinte. Si Anara Khassenova (la Princesse Laoula) affiche également un haut niveau, Juliette Raffin-Gay (Aloès) est plus en retrait du fait d’une émission parfois étroite, hormis dans son air bien travaillé au II. La production doit beaucoup à l’aisance comique des impayables Alain Buet (très solide Siroco), Nicolas Rivenq (superbe d’autodérision) ou Denis Mignien (à la folie douce-amère). Les chœurs un rien timides au début, avec quelques décalages notables, se montrent de plus en plus affirmés tout au long de la soirée, avant de pleinement convaincre.

tourcoing-atelier-lyrique-Kossenko-etoile-chabrier-annonce-critique-classiquenewsMais c’est peut-être plus encore l’énergie insufflé dans la fosse qui impressionne par son à-propos : si vous n’avez jamais su ce que voulait dire « faire chanter un orchestre », écoutez Alexis Kossenko (photo ci contre) ! Autant les attaques sèches que la précision et la virtuosité des affrontements entre pupitres donnent des accents inouïs de vitalité, le tout au service d’une expression dramatique qui n’en oublie jamais de faire ressortir les détails humoristiques de l’orchestration. Ce tourbillon de bon humeur répond à la non moins réussie mise en scène de Jean-Philippe Desrousseaux – dont le travail pour Pierrot Lunaire d’Arnold Schönberg avait déjà été récompensé en 2017 par le prix du Meilleur créateur d’éléments scéniques, décerné par l’Association professionnelle de la critique, théâtre, danse et musique. Desrousseaux revisite son décor unique pendant toute la représentation avec maestria, autant par un travail sur les éclairages qu’une mise en valeur des éléments scéniques. Son imaginative direction d’acteur donne beaucoup de plaisir par son double regard qui s’adresse autant aux plus petits qu’à leurs ainés : on retient notamment les nombreux gags visuels intemporels façon Iznogoud ou les délicieux animaux exotiques animés à l’ancienne par deux comédiens. Les rires des tout petits ne trompent pas quant à la réussite du projet, vivement applaudi par le chaleureux public de Tourcoing.

   

 
 
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Ambroisine Bré (Lazuli), Anara Khassenova (la Princesse Laoula), Carl Ghazarossian (Le Roi Ouf 1er) © Simon Gosselin

 

    
 

 

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Compte-rendu, opéra. Tourcoing, Atelier lyrique, le 9 février 2020. Chabrier : L’Etoile. Ambroisine Bré (Lazuli), Anara Khassenova (la Princesse Laoula), Juliette Raffin-Gay(Aloès), Carl Ghazarossian (Le Roi Ouf 1er), Alain Buet (Siroco), Nicolas Rivenq (Hérisson de Porc-Epic), Denis Mignien (Tapioca), Denis Duval  (le chef de la police). Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, La Grande écurie et la Chambre du Roy, Alexis Kossenko (direction musicale) / Jean-Philippe Desrousseaux (mise en scène). A l’affiche de l’Atelier lyrique de Tourcoing, du 7 au 11 février 2020. Photo : © Simon Gosselin / Atelier Lyrique de Tourcoing, service de presse.

 

 

 

VOIR aussi notre TEASER et notre REPORTAGE VIDEO de l’Étoile de Chabrier par l’Atelier Lyrique de TOURCOING Kossenko / Desrousseaux, fév 2020

 

 

TOURCOING. L’Etoile de Chabrier, 1877, Ă  l’affiche de l’Atelier Lyrique, les 7, 9, 11 fĂ©vrier 2020

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGREPORTAGE. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂŞle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux théâtre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans après la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie dĂ©jantĂ©e du chant bellinien… sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Un indĂ©crottable auvergnat soucieux de rĂ©former les codes de l’OpĂ©ra Ă  Paris.
Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’être condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… – REPORTAGE @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

LIRE aussi notre prĂ©sentation complète de L’Étoile de Chabrier, 1877, l’Ă©vĂ©nement lyrique portĂ© par L’Atelier Lyrique de Tourcoing, les 7, 9 et 11 fĂ©vrier 2020

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Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGREPORTAGE. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂŞle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux théâtre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans après la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie dĂ©jantĂ©e du chant bellinien… sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Un indĂ©crottable auvergnat soucieux de rĂ©former les codes de l’OpĂ©ra Ă  Paris.
Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’être condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… – REPORTAGE @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

LIRE aussi notre prĂ©sentation complète de L’Étoile de Chabrier, 1877, l’Ă©vĂ©nement lyrique portĂ© par L’Atelier Lyrique de Tourcoing, les 7, 9 et 11 fĂ©vrier 2020

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REPORTAGE : L’Etoile de Chabrier par l’Atelier Lyrique de TOURCOING (7, 9 et 11 fĂ©v 2020)

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGREPORTAGE. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂŞle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux théâtre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans après la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie dĂ©jantĂ©e du chant bellinien… sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Un indĂ©crottable auvergnat soucieux de rĂ©former les codes de l’OpĂ©ra Ă  Paris.
Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’être condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… – REPORTAGE @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

LIRE aussi notre prĂ©sentation complète de L’Étoile de Chabrier, 1877, l’Ă©vĂ©nement lyrique portĂ© par L’Atelier Lyrique de Tourcoing, les 7, 9 et 11 fĂ©vrier 2020

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TOURCOING : l’Atelier Lyrique joue L’Étoile de Chabrier (7,9,11 fĂ©vrier 2020)

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGTEASER. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂŞle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux théâtre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans après la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses »… sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’être condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! – TEASER @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

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TOURCOING, 7 – 11 fév 2020. CHABRIER : L’Étoile. Nouvelle production

LIRE notre prĂ©sentation complète de L’Étoile de Chabrier (1877) Ă  l’affiche de l’Atelier Lyrique de TOURCOING – la nouvelle production scelle la collaboration entre l’orchestre sur instruments d’Ă©poque La Grande Ecurie et la Chambre du Roi, et le chef et flĂ»tiste Alexis Kossenko qui vient d’ĂŞtre nommĂ© directeur de la phalange fondĂ© par Jean-Claude Malgoire

 

 

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3 représentations à Tourcoing
Vendredi 7 février 2020 / 20hboutonreservation
Dimanche 9 février 2020 / 15h30
Mardi 11 février 2020 / 20h
Tourcoing
Théâtre Municipal Raymond Devos

RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/letoile/

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Lazuli : Ambroisine Bré
La Princesse Laoula : Anara Khassenova
Aloès Juliette : Raffin-Gay
Le Roi Ouf 1er : Carl Ghazarossian
HĂ©risson de Porc-Ă©pic : Nicolas Rivenq
Siroco : Alain Buet
Tapioca : Denis Mignien
Le Chef de la police : Denis Duval (comédien)

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ă©curie et la Chambre du Roy
(Fondateur Jean Claude Malgoire)

Direction musicale : Alexis Kossenko (portrait ci  contre)

Mise en scène : Jean-Philippe Desrousseaux

Assistant à la mise en scène :  Denis Duval

DĂ©cors : Jean-Philippe Desrousseaux,
François-Xavier Guinnepain

Lumières : François-Xavier Guinnepain

Costumes : Thibaut Welchlin

Chef de chant : Martin Surot

TOURCOING, ALT : nouvelle Etoile de Chabrier

TOURCOING : Nouvelle production de l'Etoile de ChabrierTOURCOING, 7 – 11 fĂ©v 2020. CHABRIER : L’Étoile. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂŞle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux théâtre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans après la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses »… sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original,  iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’être condamnĂ© Ă  mourir empâlĂ© !

 

 

Sous le règne du rire et de la poésie…
La fabrique du Nord
L’Atelier Lyrique de Tourcoing
présente une nouvelle production de L’Etoile de Chabrier

 

 

Au pays de l’absurde, qui épingle en réalité la folie humaine, Chabrier durcit le portrait du potentat insupportable : le souverain est fou d’astrologie, plus enclin à suivre ce que disent les astres, plutôt que de servir son peuple.

Car le compositeur qui connaĂ®t ses classiques français comme Wagner et la mĂ©canique du bel canto, Ă©crit un cycle de perles lyriques inoubliables comme La Romance de l’étoile de Lazuli, les Couplets du pal (le supplice officiel). La nouvelle production Ă  Tourcoing devrait laisser se dĂ©ployer la finesse d’une Ă©criture taillĂ©e pour la surprise poĂ©tique, le vertige facĂ©tieux… l’insolence et la sincĂ©ritĂ©.

 

 

 

 

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3 représentations à Tourcoing
Vendredi 7 février 2020 / 20hboutonreservation
Dimanche 9 février 2020 / 15h30
Mardi 11 février 2020 / 20h
Tourcoing
Théâtre Municipal Raymond Devos

RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/letoile/

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Lazuli : Ambroisine Br
La Princesse Laoula : Anara Khassenova
Aloès Juliette : Raffin-Gay
Le Roi Ouf 1er : Carl Ghazarossian
HĂ©risson de Porc-Ă©pic : Nicolas Rivenq
Siroco : Alain Buet
Tapioca : Denis Mignien
Le Chef de la police : Denis Duval (comédien)

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ă©curie et la Chambre du Roy
(Fondateur Jean Claude Malgoire)

Direction musicale : Alexis Kossenko

Mise en scène : Jean-Philippe Desrousseaux

Assistant à la mise en scène :  Denis Duval

DĂ©cors : Jean-Philippe Desrousseaux,
François-Xavier Guinnepain

Lumières : François-Xavier Guinnepain

Costumes : Thibaut Welchlin

Chef de chant : Martin Surot

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Emmanuel Alexis Chabrier

C’est l’ami des peintres et des poètes (de Manet, Baudelaire et Verlaine), Emmanuel Chabrier, fonctionnaire du ministère de l’Intérieur a la verve facile et met en musique son esprit facétieux, jugé par ses contemporains « vulgaire ». En réalité, sa musique comme ses livrets sont aussi touchants et subtils que ceux d’Offenbach qui l’a précédé sur le mode fantasque, comique voire scabreux. Mais l’époque a changé : exit l’esprit léger, licencieux du Second Empire. Chabrier incarne la veine légère l’époque su wagnérisme bientôt incontournable (avec l’initiative de Charles Lamoureux, créateur de Lohengrin et de Tristan und Isolde à Paris, à partir de 1887 et surtout 1891/92…). Double voire triple lecture, Chabrier manie le verbe et la note avec génie ; un tempérament proche de l’ineffable et du sublime, tel que les aimait… Ravel (grand admirateur de Chabrier). « Je veux que ça pète » proclame l’auteur de l’Etoile.

  

 

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AUTOUR DU PIANO… tableau d’Henri Fantin-Latour (1885)

huile sur toile – H. 1.6 ; L. 2.22  -  MusĂ©e d’Orsay, Paris

Autour du piano, 8 personnalités, proches du peintre et représentants de l’active vie culturelle parisienne ; de gauche à droite :
Assis : Emmanuel Chabrier au piano, Edmond Maître et, en retrait, Amédée Pigeon.

Debout : Adolphe Julien, Arthur Boisseau, Camille BenoĂ®t, Antoine Lascoux et Vincent d’Indy.

 

 

Compte rendu, opĂ©ra. Montpellier. OpĂ©ra, le 29 mars 2014. Chabrier : L’Etoile. Samy Camps, HĂ©loĂŻse Mas, solistes et choeurs OpĂ©ra Junior. Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon. JĂ©rĂ´me Pillement, direction musicale. BenoĂŻt BĂ©nichou, mise en scène.

chabrier Ă©toile montpellier opĂ©ra junior mars 2014L’Étoile (1877), opĂ©ra-bouffe en trois actes d’Emmanuel Chabrier est certainement le meilleur ouvrage lyrique de son auteur voire l’un des joyaux du genre. Le livret signĂ© Eugène Leterrier et Albert Vanloo raconte l’histoire d’un despote qui cherche parmi ses sujets celui qui se fera empaler pour une fĂŞte publique annuelle… rĂ©jouissante perspective. Mais un astrologue prĂ©vient le monarque qu’il mourra 24 heures après sa victime… S’enchaĂ®nent donc pĂ©ripĂ©ties et confusions amoureuses assez invraisemblables mais d’une grande et bonne humeur. Une rĂ©serve d’effets et de surprises dramatiques, propices au dĂ©lire et Ă  la poĂ©sie les plus dĂ©lectables.

 

 

L’exubĂ©rante Etoile de l’OpĂ©ra Junior

 

OpĂ©ra Junior propose aux jeunes de Montpellier et de sa rĂ©gion une formation lyrique, dès la première jeunesse. FondĂ© en 1990 par Vladimir Kojoukharov, l’atelier acadĂ©mie est dirigĂ© depuis 2009 par JĂ©rĂ´me Pillement, qui dirige en l’occurrence l’ Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon pour les deux reprĂ©sentations uniques de cette nouvelle production. Le jeune metteur en scène BenoĂ®t BĂ©nichou crĂ©e un spectacle très proche de l’univers théâtral d’un Sivadier, oĂą le parti-pris est celui d’une comĂ©die invraisemblable plutĂ´t très kitsch.

L’idĂ©e de BĂ©nichou (et de son prĂ©dĂ©cesseur) est de faire du théâtre dans le théâtre, un parti scĂ©nique qui s’accorde bien Ă  l’occasion. Surtout parce que tous les rĂ´les sauf les 2 principaux sont tenus par des enfants et des adolescents. Ainsi tout se passe dans les coulisses d’un théâtre (dĂ©cors d’AmĂ©lie Kiritze-Topor, costumes protĂ©iformes et colorĂ©s de Bruno Fatalot) qui est littĂ©ralement envahi par une bande de jeunes qui s’amusent donc Ă  jouer L’Etoile sur scène.

Samy Camp dans le rĂ´le du Roi Ouf 1er est un acteur formidable, il donne un je ne sais quoi Ă  son personnage avec son investissement théâtral, cependant il captive plus avec son jeu d’acteur qu’avec son timbre. HĂ©loĂŻse Mas, comme d’habitude, incarne son rĂ´le d’une façon très engagĂ©e et engageante. Elle joue le rĂ´le travesti de Lazuli, le pauvre amoureux qui devrait mourir pour la nation, mais dont le destin fait que sa vie devient d’une extrĂŞme importance pour le monarque. Le personnage de Sirocco, l’astrologue du roi, est souvent chantĂ© par une voix de baryton-basse, mais aujourd’hui c’est une fille qui l’interprète : Clara Vallet paraĂ®t complètement Ă  l’aise dans le rĂ´le. HĂ©risson de Porc-Epic est chantĂ© par le jeune Guillaume RenĂ© Ă  la belle prĂ©sence, il trouve un bel Ă©quilibre entre son jeu d’acteur, charismatique, et sa voix en plein dĂ©veloppement. Petit bijou lyrique dans la veine comique, le chef d’oeuvre pose autant de difficultĂ©s au metteur en scène qu’il comble de plaisirs et de sĂ©ductions, les oreilles des spectateurs.
Chabrier demeure un bel exemple (peut-être pas assez reconnu) de la musique française, fantasque et vaporeuse, divertissante et sérieuse, parfois délicate parfois forte, toujours charmante.

JĂ©rĂ´me Pillement dirige un orchestre pompeux. La musique d’une grande humour doit sans doute beaucoup Ă  Offenbach. Nous remarquons le travail de la couleur orchestrale raffinĂ©e. Le chef accorde l’orchestre aux voix des jeunes chanteurs. Impossible de ne pas adhĂ©rer aux intentions d’un projet comme celui d’OpĂ©ra Junior dont l’objectif social, pĂ©dagogique, artistique n’est pas sans rappeler le cĂ©lèbre « Sistema » le système d’Ă©ducation musicale au Venezuela. EspĂ©rons qu’OpĂ©ra Junior puisse continuer sa belle et noble mission pour longtemps, il est devenu dĂ©sormais une composante de la programmation de l’OpĂ©ra de Montpellier, et nous sommes convaincus, qu’avec son potentiel et sa grande valeur, ceci portera ses fruits, rĂ©vĂ©lant des vocations encore fragiles parfois mais dĂ©cisives pour le dĂ©veloppement des jeunes intĂ©ressĂ©s. Chantier et apprentissage Ă  suivre.

 

Montpellier. OpĂ©ra Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon, le 29 mars 2014. Chabrier : L’Etoile. Samy Camps, HĂ©loĂŻse Mas, solistes et choeurs du Jeune OpĂ©ra/Opera Junior. Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon. JĂ©rĂ´me Pillement, direction musicale. BenoĂŻt BĂ©nichou, mise en scène.

Illustrations : © M. Ginot 2014

 

L’Étoile de Chabrier Ă  l’OpĂ©ra de Montpellier

chabrier_etoile_opera-junior-opera-montpellierMontpellier, Opéra Comédie. Chabrier : L’Étoile. Les 29 et 30 mars 2014. Nouvelle production. Entre facétie et raffinement, Emmanuel Chabrier (1841-1894) cultive en toute liberté et avec un génie personnel très affirmé, le fantasque et le poétique : du bain béni pour l’opéra. Son ouvrage L’Etoile en témoigne : à chaque production, l’étonnement surclasse l’enthousiasme face à une partition brillante, jamais creuse ni strictement décorative. L’opéra fait partie des rares œuvres terminées par l’auteur : le succès est immédiat comme l’indique la quarantaine de représentations qui suit la création, aux Bouffes Parisiens (le théâtre du drame léger, temple parisien du Second Empire, créé en 1855 par Offenbach), le 28 novembre 1877. Danses furtives, mélodies entraînantes, cocasserie festive… la recette est connue et fait les délices d’un genre qu’a marqué avant Chabrier, Offenbach bien sûr ou Charles Lecocq.

Dans un climat propre au conte à la fois féerique et absurde, Chabrier se délecte musicalement à ciseler les climats de l’Etoile. Le titre reprécise l’accomplissement d’une destinée protectrice : alors qu’il a ravi le coeur de celle qui devait épouser le Roi Ouf Ier, la princesse Laoula, le colporteur Lazuli auquel était destiné le supplice du pal, se voit anobli et élevé à la dignité de prince, depuis que l’astrologue de la cour Siroco confirme que le destin des deux hommes sont liés. Le ciel a révélé l’impensable : le destin du roi Ouf et du pauvre Lazuli sont indissociables : si le miséreux meurt, le roi aussi. Fauré, Messager, Duparc et Reynaldo Hahn expriment leur admiration pour l’oeuvre d’un génie. 3 ans après la création de L’Etoile, après l’écoute de Tristan une Isolde de Wagner, Chabrier cesse sons activité de fonctionnaire et décide en 1880 de se consacrer à la musique. Suivent des chefs d’oeuvre : España, l’opéra Gwendoline (1886, au wagnérisme explicite), Le Roi malgré lui (1887)… Rongé par un mal incurable, Chabrier le plus original de compositeurs de la fin du XIXè en France, meurt trop tôt, laissant un œuvre atypique, saisissant voire fulgurant dont on commence seulement à mesurer l’unicité fascinante.

La mise en scène de BenoĂ®t BĂ©nichou exploite l’occasion offerte Ă  l’ouvrage d’être revisitĂ© par une joyeuse troupe de jeunes interprètes. L’homme de théâtre prend prĂ©texte de la juvĂ©nilitĂ© et de la curiositĂ© des interprètes d’OpĂ©ra Junior pour favoriser l’éclat, l’imaginaire, l’inventivité… autant de caractères qui innervent le tissu de la partition et l’inscrivent ici dans le monde des enfants – adolescents toujours prĂŞts Ă  vivre  ou Ă  imaginer de nouvelles aventures. Dans cet univers infantile mais pas innocent, la figure de Ouf, traitĂ©e comme un tyran violent et barbare garde sa verve satirique, un pied de nez Ă  tous les pouvoirs qui sur le mode du conte, dĂ©nonce l’inhumanitĂ© d’une sociĂ©tĂ© soumise Ă  la cruautĂ© d’un seul ĂŞtre.  Ainsi, dans la bouche des jeunes dĂ©nonciateurs, le metteur en scène aime Ă  dĂ©clarer  : «  arrĂŞtons les extrĂ©mismes, arrĂŞtons les dictatures, arrĂŞtons la violence, il faut rallumer les Ă©toiles ». De sorte que dans ce nouveau regard, la poĂ©sie esthĂ©tique de Chabrier et son insolence filigranĂ©e ressuscitent Ă  propos sur la scène de l’OpĂ©ra de Montpellier.

 
 
 

Emmanuel Chabrier (1841-1894)

L’Étoile

Opéra-bouffe en trois actes sur un livret d’Eugène Leterrier et Albert Vanloo

créé au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 28 novembre 1877

Samedi 29 mars 2014 – 15h
Dimanche 30 mars 2014 – 15h
Opéra Comédie

JĂ©rĂ´me Pillement direction musicale

Benoît Bénichou mise en scène

Amélie Kiritzé -Topor scénographie

Anne Lopez chorégraphie

Vincent Recolin chef des chœurs

Bruno Fatalot costumes

Thomas Costerg lumières

Samy Camps Le Roi Ouf 1er

HĂ©loĂŻse Mas Lazuli

 

Nina Le Floch / Marie Sénié La Princesse Laoula

Lisa Barthélémy / Apolline Raï Aloès

Guillaume René Hérisson de Porc-Epic

Camille Poirier Tapioca

Clara Vallet Siroco

1h30 sans entracte

Nouvelle production

Opéra Junior / Opéra Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon