GSTAAD Menuhin Festival : KF VOGT chante Wagner, 1er sept 2019

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-présentation-classiquenews-582GSTAAD Menuhin Festival : KF VOGT chante Wagner, 1er sept 2019. GSTAAD MENUHIN Festival 2019, les 1er et 6 sept 2019. Le GSTAAD Menuhin Festival EN SEPTEMBRE 2019, jusqu’au 6 sept 2019. La dernière moisson de concerts et événements dans le Saanenland propose 2 temps forts, sous la tente majestueuse de GSTAAD, écrin désormais emblématique des grandes soirées du Festival suisse (à la fois symphonique, concertante et lyrique)… le 1er sept avec le récital lyrique du ténor wagnérien Klaus Florian Vogt (et la création d’une nouvelle oeuvre commandée par le Festival au compositeur français Tristan Murail) ; enfin le concert de clôture (6 sept 2019) avec la pianiste trépidante électrique, Yuja Wang dans le Concerto n°3 de Rachmaninov… deux événements majeurs qui placent le MENUHIN Festival parmi les plus importants des cycles de musique estivaux en Europe… Une opportunité idéale pour organiser un séjour culturel et vert en Suisse au mois d’août…

 

 

 

Dim 1er sept 2019
KLAUS FLORIAN VOGT chante WAGNER

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Dimanche 1er septembre 2019, récital lyrique avec le ténor Klaus Florian Vogt (Wagner). Familier de Bayreuth (où il chante Lohengrin ou Parsifal, quand Jonas Kaufmann ne peut pas), KF Vogt tient la vedette dans le dernier cd DG Deutsche Grammophon dédié au cycle des opéras de Mozart par Yannick Nézet-Séguin : KF Vogt y chante avec un style et une candeur expressive, le rôle clé de Tamino dans La Flûte enchantée).
Lohengrin au Met en 2006, Parsifal au Liceu en 2011, … le ténor allemand Klaus Florian Vogt est l’autre grand chanteur, – après Jonas Kaufmann, capable d’exprimer au plus juste le chant wagnérien, plus intérieur que démonstratif. Ce sens des nuances et un timbre clair (aussi brillant que Kaufmann est sombre et rauque) assure à KF Vogt sa stature actuelle de heldentenor. Mais le chanteur sait aussi chanter comme peu (tel Juan Diego Florez, mozartien récent et superlatif), Mozart auquel il restitue une candeur héroïque captivante (son récent Tamino à Baden Baden sous la direction de Y Nézet-Séguin en 2018, dont le cd est publié cet été 2019). Et justement Vogt, après le récital Wagner par Jonas Kaufmann sous la tente de Gstaad l’été dernier, présente sa propre lecture des grands rôles wagnériens pour ténor. Au service du symphonisme brûlant, embrasé de Wagner, dont l’écriture instrumentale creuse les vertiges psychologiques des protagonistes, KF VOGT offre la pureté d’une voix souple et articulée, miroir de la psyché, qu’il s’agisse de Lohengrin, l’élu descendu sur terre pour sauver une humanité qui reste sourde et aveugle à sa hauteur morale ; ou Siegmund, premier héros embrasé du Ring (La Walkyrie), père de Siegfried le héros à venir et qui partage avec sa sÅ“ur Sieglinde, une passion incestueuse dont la sincérité bouleverse…
La tendresse du timbre de KF Vogt s’inscrit tel un gemme précieux dans le Gesamtkunstwerk (art total) où l’opéra devient chez Wagner, forge orchestrale, chant passionné, drame théâtral. Une totalité qui révolutionne l’art lyrique depuis les années 1840, et se réalise à Bayreuth, dans le théâtre des représentations financé par Louis II de Bavière, conceptualisée par Wagner dans sa maison de Winifred.

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GSTAAD, tente
Dim 1er sept 2019

KLAUS FLORIAN VOGT, ténor
ORCHESTRE NATIONAL DE LYON
GERGELY MADARAS, direction

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/concert-symphonique-01-09-19
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Programme :

Richard Wagner (1813–1883)
 : Ouvertüre zur Oper «Tannhäuser» 15’

«Amfortas! Die Wunde»,
Arie aus der Oper «Parsifal» 10’

«Winterstürme wichen dem Wonnemond»,
Arie aus der Oper «Die Walküre» 4’

Tristan Murail (1947)
 : «Les Neiges d’antan» für grosses Orchester 10’ (Uraufführung – Kompositionsauftrag
Gstaad Menuhin Festival, finanziert durch die Ernst von Siemens Musikstiftung)

Richard Wagner (1813–1883)
«Höchstes Vertraun»,
Arie aus der Oper «Lohengrin» 3’

Gralsrezählung («In fernem Land …»),
Arie aus der Oper «Lohengrin» 6’

George Gershwin (1898–1937)
 : «An American in Paris» für Orchester 20’

Maurice Ravel (1875–1937)
 : «Boléro», Ballettmusik C-Dur

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Présentation des œuvres symphoniques

Le concert du 1er sept sous la tente de Gstaad réalise aussi la création de la nouvelle partition de Tristan Murail « Les Neiges d’antan », commande du Gstaad Menuhin Festival 2019. Disciple de Messiaen, Murail a la révélation de son écriture spécifique depuis sa rencontre avec Giacinto Scelsi – qui le sensibilise sur le timbre. Fondateur de l’esthétique SPECTRALE, Murail fonde en 1973 avec Roger Tessier l’Ensemble Itinéraire, laboratoire musical qui utilise pour la première fois l’électronique et l’informatique musicale.
C’est donc la création du quatrième volet de son cycle symphonique Reflections / Reflets, initié en 2013. La source en est la vision des massifs alpins enneigés, lors d’un vol Paris-Nice (à 8000 mn d’altitude) : s’inscrit dans l’imaginaire du compositeur, la ligne fine et régulière de l’avion et la crête déchiquetée des montagnes éblouissantes ; en découle le cycle intitulé « Altitude 8000 », amorcé au temps de l’étudiant encore perfectible. En 2019, Murail revient sur cette musique à la fois grandiose et infime dont la vibration évoque les glaciers et les neiges « éternelles ». Très soucieux des événements climatiques, Mureail constate la fonte spectaculaire de certains dont celui de Meije qu’a connu et aimé Messiaen. Exaltation et désarroi se lisent dans cette pièce, qui concentre selon les mots du compositeur « grands espaces, brillance des altitudes, mais, en contraste, dégels et effondrement…»

Le concert du 1er sept comprend aussi deux Å“uvres clés du répertoire du XXè, Un Américain à Paris de George Gershwin (Carnegie Hall, 1928 – adapté au cinéma par Vincente Minelli en 1951, avec Gene Kelly oscarisé), hymne lyrique aux lumières de la ville, PARIS, fêtée cette année à GSTAAD. Même année pour la création du Boléro de Maurice Ravel (Opéra de Paris, le 22 nov 1928) : la partition est depuis lors la plus jouée au monde, captivante jusqu’à la transe, soit un crescendo orchestral, affirmant les profondes racines ibériques (basques) de l’auteur, sa fascination pour les timbres et la couleur, doué aussi d’un génie mélodique hors normes… Au départ, c’est la danseuse Ida Rubinstein, qui commande à Ravel la parure musicale de son prochain ballet, à partir d’un choix de pièces d’Albéniz. Ravel décide cependant d’écrire une Å“uvre nouvelle: ainsi naît sa propre version du boléro, codifié fin XVIIIème siècle. De l’art de sublimer et transcender des formes anciennes dans le style moderne… Un pur joyau symphonique était né.

 

 

 

 

 

 

Vendredi 6 septembre 2019
YUJA WANG joue le Concerto n°3 de Rachmaninov

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paris-yuja-wang-concert-annonce-critique-classiquenews

 

 

Enfin, ultime événement le 6 septembre 2019, également sous la tente de GSTAAD, le concert de la pianiste chinoise, Lang Lang en version féminine, Yuja WANG, interprète électrique de Rachmaninov (19h30 sous la tente de GSTAAD). Le plus adulé mais redoutable des Concertos pour piano est le 3è de Rachmaninov, intitulé « RACH3 » tel la cime d’une montagne inatteignable et respectée. Dans la résidence d’été de la famille Rachmaninov (Ivankova), la partition est achevée en sept 1909, puis créée lors de la première tournée aux USA (New York, 20 nov 1909) : c’est un immense succès, repris in loco par le chef Gustav Mahler. Grand mélodiste, Rachmaninov déploie le somptueux thème initial tel un chant populaire ou religieux en provenance des tréfonds de l’âme russe… pourtant enfant de sa seule imagination. Ce début envoûtant sort de l’ombre, semblant surgir d’une mémoire ancestrale… enveloppant et carressant le thème revient à plusieurs au cours du Concerto (aux clarinettes, de façon subliminale mais présente dans l’Intermezzo ou mouvement II). Quel contrastes avec le Finale, festival rythmique et trépidant qui sollicite continûment le soliste. Rachmaninov fut lui-même un pianiste virtuose, qui cependant pour cette oeuvre bénéficie d’un interprète de premier plan, le jeune Vladimir Horowitz, rencontré et admiré dès leur rencontre à New York en janvier 1928. Les deux artistes se lient d’amitié et Horowitz recueillant les commentaires et indication de Rachma lui-même, en particulier dans la genèse et la création de la Rhapsodie sur un thème de Paganini, s’avère être le meilleur connaisseur et interprète de son maître Rachmaninov. En 1996 le film Shine de Scott Hicks, inspiré de la vie du pianiste David Helfgott met à l’honneur la partition adulée.

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GSTAAD, tente
Ven 6 sept 2019, 19:30

YUJA WANG, Klavier / clavier  /  
STAATSKAPELLE DRESDEN
MYUNG-WHUN CHUNG, Leitung / direction

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/concert-symphonique-06-09-19
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Programme

Sergei Rachmaninow (1873–1943)
Klavierkonzert Nr. 3 d-Moll op. 30
Allegro ma non troppo, Intermezzo. Adagio Finale. Alla breve : 45’

Johannes Brahms (1833–1897)
Sinfonie Nr. 2 D-Dur op. : 73 45’
Allegro non troppo
Adagio non troppo
Allegretto grazioso (quasi andantino) Allegro con spirito

SYMPH N°3 de BRAHMS
BRAHMS HD pour GSTAAD reportage2018Alors qu’il avait accouché de sa Première symphonie au terme de 20 années, Brahms compose sa Symphonie n°2 en… 4 mois, à l’été 1877, à Pörtschach, au bord du Wörthersee, en Carinthie. Le compositeur, schumanien militant, affirme une virtuosité néoclassique : en ré majeur (comme le Concerto pour violon contemporain), la n°2 étonne les critiques par ses emprunts directs, forme et structure, à Mozart et Schubert. Le contrepoint dans l’esprit de JS Bach n’empêche ni un lumineux enthousiasme cependant rentré et pudique (comme toujours chez Johannes) ni une mélancolie irrésistible que d’ailleurs Brahms lui-même, a fortement mise en lumière dans ses commentaires (à l’éditeur Simrock). L’art de Brahms est d’une étoffe raffinée et classique, et d’une trame intensément nostalgique. Qu’importe, le critique conservateur Hanslick, qui détestait Mahler, applaudit au miracle, heureux de saluer à Vienne, son nouveau champion, lors de la création le 30 déc 1877.

 

 

 

 

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Les plus à GSTAAD durant votre séjour :

 

 

Exposition des 80 ans de BARTOK à SAANEN
bartokbela bartok USA classiquenewsParce que Béla Bartók a séjourné à Saanen en août 1939 et y a composé en un temps très court son Divertimento pour orchestre à cordes, – 3ème commande de Paul Sacher, le GSTAAD MENUHIN Festival dédie une exposition sur cet épisode majeur de la vie de Bartok à Saanen : l’église fut dès 1957 repérée par Yehudi Menuhin pour y implanter un nouveau festival de musique classique.… avec le succès que l’on sait désoramis. Paul Sacher, chef et mécène bâlois, met à sa disposition le Chalet Aellen, où le compositeur compose en 2 semaines seulement, le Divertimento. Bartok fut ensuite obligé de quitter l’Oberland bernois comme un fugitif. L’exposition retrace ce séjour à Saanen et l’amitié entre Bartók et Sacher au travers de documents issus des collections de la Fondation Paul Sacher.

EXPOSITION SOUS LA TENTE DU FESTIVAL
DE GSTAAD
 / Jusqu’au 6 septembre 2019
  -  Dès le 16 août, l’exposition accessible sous la tente du Festival de Gstaad : elle est visible les soirs de concert.
Toutes les infos sur le site du GSTAAD MENUHIN Festival 2019
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/concerts-precedents/concerts-2019/gala-concert-orchestral-11-08-19?highlight=exposition
 

GSTAAD MENUHIN FESTIVAL, 2 concerts événement : VOGT, WANG

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-présentation-classiquenews-582GSTAAD MENUHIN Festival 2019, les 1er et 6 sept 2019. Le GSTAAD Menuhin Festival EN SEPTEMBRE 2019, jusqu’au 6 sept 2019. La dernière moisson de concerts et événements dans le Saanenland propose 2 temps forts, sous la tente majestueuse de GSTAAD, écrin désormais emblématique des grandes soirées du Festival suisse (à la fois symphonique, concertante et lyrique)… le 1er sept avec le récital lyrique du ténor wagnérien Klaus Florian Vogt (et la création d’une nouvelle oeuvre commandée par le Festival au compositeur français Tristan Murail) ; enfin le concert de clôture (6 sept 2019) avec la pianiste trépidante électrique, Yuja Wang dans le Concerto n°3 de Rachmaninov… deux événements majeurs qui placent le MENUHIN Festival parmi les plus importants des cycles de musique estivaux en Europe… Une opportunité idéale pour organiser un séjour culturel et vert en Suisse au mois d’août…

 

 

 

Dim 1er sept 2019
KLAUS FLORIAN VOGT chante WAGNER

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Dimanche 1er septembre 2019, récital lyrique avec le ténor Klaus Florian Vogt (Wagner). Familier de Bayreuth (où il chante Lohengrin ou Parsifal, quand Jonas Kaufmann ne peut pas), KF Vogt tient la vedette dans le dernier cd DG Deutsche Grammophon dédié au cycle des opéras de Mozart par Yannick Nézet-Séguin : KF Vogt y chante avec un style et une candeur expressive, le rôle clé de Tamino dans La Flûte enchantée).
Lohengrin au Met en 2006, Parsifal au Liceu en 2011, … le ténor allemand Klaus Florian Vogt est l’autre grand chanteur, – après Jonas Kaufmann, capable d’exprimer au plus juste le chant wagnérien, plus intérieur que démonstratif. Ce sens des nuances et un timbre clair (aussi brillant que Kaufmann est sombre et rauque) assure à KF Vogt sa stature actuelle de heldentenor. Mais le chanteur sait aussi chanter comme peu (tel Juan Diego Florez, mozartien récent et superlatif), Mozart auquel il restitue une candeur héroïque captivante (son récent Tamino à Baden Baden sous la direction de Y Nézet-Séguin en 2018, dont le cd est publié cet été 2019). Et justement Vogt, après le récital Wagner par Jonas Kaufmann sous la tente de Gstaad l’été dernier, présente sa propre lecture des grands rôles wagnériens pour ténor. Au service du symphonisme brûlant, embrasé de Wagner, dont l’écriture instrumentale creuse les vertiges psychologiques des protagonistes, KF VOGT offre la pureté d’une voix souple et articulée, miroir de la psyché, qu’il s’agisse de Lohengrin, l’élu descendu sur terre pour sauver une humanité qui reste sourde et aveugle à sa hauteur morale ; ou Siegmund, premier héros embrasé du Ring (La Walkyrie), père de Siegfried le héros à venir et qui partage avec sa sÅ“ur Sieglinde, une passion incestueuse dont la sincérité bouleverse…
La tendresse du timbre de KF Vogt s’inscrit tel un gemme précieux dans le Gesamtkunstwerk (art total) où l’opéra devient chez Wagner, forge orchestrale, chant passionné, drame théâtral. Une totalité qui révolutionne l’art lyrique depuis les années 1840, et se réalise à Bayreuth, dans le théâtre des représentations financé par Louis II de Bavière, conceptualisée par Wagner dans sa maison de Winifred.

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GSTAAD, tente
Dim 1er sept 2019

KLAUS FLORIAN VOGT, ténor
ORCHESTRE NATIONAL DE LYON
GERGELY MADARAS, direction

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/concert-symphonique-01-09-19
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Programme :

Richard Wagner (1813–1883)
 : Ouvertüre zur Oper «Tannhäuser» 15’

«Amfortas! Die Wunde»,
Arie aus der Oper «Parsifal» 10’

«Winterstürme wichen dem Wonnemond»,
Arie aus der Oper «Die Walküre» 4’

Tristan Murail (1947)
 : «Les Neiges d’antan» für grosses Orchester 10’ (Uraufführung – Kompositionsauftrag
Gstaad Menuhin Festival, finanziert durch die Ernst von Siemens Musikstiftung)

Richard Wagner (1813–1883)
«Höchstes Vertraun»,
Arie aus der Oper «Lohengrin» 3’

Gralsrezählung («In fernem Land …»),
Arie aus der Oper «Lohengrin» 6’

George Gershwin (1898–1937)
 : «An American in Paris» für Orchester 20’

Maurice Ravel (1875–1937)
 : «Boléro», Ballettmusik C-Dur

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Présentation des œuvres symphoniques

Le concert du 1er sept sous la tente de Gstaad réalise aussi la création de la nouvelle partition de Tristan Murail « Les Neiges d’antan », commande du Gstaad Menuhin Festival 2019. Disciple de Messiaen, Murail a la révélation de son écriture spécifique depuis sa rencontre avec Giacinto Scelsi – qui le sensibilise sur le timbre. Fondateur de l’esthétique SPECTRALE, Murail fonde en 1973 avec Roger Tessier l’Ensemble Itinéraire, laboratoire musical qui utilise pour la première fois l’électronique et l’informatique musicale.
C’est donc la création du quatrième volet de son cycle symphonique Reflections / Reflets, initié en 2013. La source en est la vision des massifs alpins enneigés, lors d’un vol Paris-Nice (à 8000 mn d’altitude) : s’inscrit dans l’imaginaire du compositeur, la ligne fine et régulière de l’avion et la crête déchiquetée des montagnes éblouissantes ; en découle le cycle intitulé « Altitude 8000 », amorcé au temps de l’étudiant encore perfectible. En 2019, Murail revient sur cette musique à la fois grandiose et infime dont la vibration évoque les glaciers et les neiges « éternelles ». Très soucieux des événements climatiques, Mureail constate la fonte spectaculaire de certains dont celui de Meije qu’a connu et aimé Messiaen. Exaltation et désarroi se lisent dans cette pièce, qui concentre selon les mots du compositeur « grands espaces, brillance des altitudes, mais, en contraste, dégels et effondrement…»

Le concert du 1er sept comprend aussi deux Å“uvres clés du répertoire du XXè, Un Américain à Paris de George Gershwin (Carnegie Hall, 1928 – adapté au cinéma par Vincente Minelli en 1951, avec Gene Kelly oscarisé), hymne lyrique aux lumières de la ville, PARIS, fêtée cette année à GSTAAD. Même année pour la création du Boléro de Maurice Ravel (Opéra de Paris, le 22 nov 1928) : la partition est depuis lors la plus jouée au monde, captivante jusqu’à la transe, soit un crescendo orchestral, affirmant les profondes racines ibériques (basques) de l’auteur, sa fascination pour les timbres et la couleur, doué aussi d’un génie mélodique hors normes… Au départ, c’est la danseuse Ida Rubinstein, qui commande à Ravel la parure musicale de son prochain ballet, à partir d’un choix de pièces d’Albéniz. Ravel décide cependant d’écrire une Å“uvre nouvelle: ainsi naît sa propre version du boléro, codifié fin XVIIIème siècle. De l’art de sublimer et transcender des formes anciennes dans le style moderne… Un pur joyau symphonique était né.

 

 

 

 

 

 

Vendredi 6 septembre 2019
YUJA WANG joue le Concerto n°3 de Rachmaninov

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Enfin, ultime événement le 6 septembre 2019, également sous la tente de GSTAAD, le concert de la pianiste chinoise, Lang Lang en version féminine, Yuja WANG, interprète électrique de Rachmaninov (19h30 sous la tente de GSTAAD). Le plus adulé mais redoutable des Concertos pour piano est le 3è de Rachmaninov, intitulé « RACH3 » tel la cime d’une montagne inatteignable et respectée. Dans la résidence d’été de la famille Rachmaninov (Ivankova), la partition est achevée en sept 1909, puis créée lors de la première tournée aux USA (New York, 20 nov 1909) : c’est un immense succès, repris in loco par le chef Gustav Mahler. Grand mélodiste, Rachmaninov déploie le somptueux thème initial tel un chant populaire ou religieux en provenance des tréfonds de l’âme russe… pourtant enfant de sa seule imagination. Ce début envoûtant sort de l’ombre, semblant surgir d’une mémoire ancestrale… enveloppant et carressant le thème revient à plusieurs au cours du Concerto (aux clarinettes, de façon subliminale mais présente dans l’Intermezzo ou mouvement II). Quel contrastes avec le Finale, festival rythmique et trépidant qui sollicite continûment le soliste. Rachmaninov fut lui-même un pianiste virtuose, qui cependant pour cette oeuvre bénéficie d’un interprète de premier plan, le jeune Vladimir Horowitz, rencontré et admiré dès leur rencontre à New York en janvier 1928. Les deux artistes se lient d’amitié et Horowitz recueillant les commentaires et indication de Rachma lui-même, en particulier dans la genèse et la création de la Rhapsodie sur un thème de Paganini, s’avère être le meilleur connaisseur et interprète de son maître Rachmaninov. En 1996 le film Shine de Scott Hicks, inspiré de la vie du pianiste David Helfgott met à l’honneur la partition adulée.

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GSTAAD, tente
Ven 6 sept 2019, 19:30

YUJA WANG, Klavier / clavier  /  
STAATSKAPELLE DRESDEN
MYUNG-WHUN CHUNG, Leitung / direction

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/concert-symphonique-06-09-19
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Programme

Sergei Rachmaninow (1873–1943)
Klavierkonzert Nr. 3 d-Moll op. 30
Allegro ma non troppo, Intermezzo. Adagio Finale. Alla breve : 45’

Johannes Brahms (1833–1897)
Sinfonie Nr. 2 D-Dur op. : 73 45’
Allegro non troppo
Adagio non troppo
Allegretto grazioso (quasi andantino) Allegro con spirito

SYMPH N°3 de BRAHMS
BRAHMS HD pour GSTAAD reportage2018Alors qu’il avait accouché de sa Première symphonie au terme de 20 années, Brahms compose sa Symphonie n°2 en… 4 mois, à l’été 1877, à Pörtschach, au bord du Wörthersee, en Carinthie. Le compositeur, schumanien militant, affirme une virtuosité néoclassique : en ré majeur (comme le Concerto pour violon contemporain), la n°2 étonne les critiques par ses emprunts directs, forme et structure, à Mozart et Schubert. Le contrepoint dans l’esprit de JS Bach n’empêche ni un lumineux enthousiasme cependant rentré et pudique (comme toujours chez Johannes) ni une mélancolie irrésistible que d’ailleurs Brahms lui-même, a fortement mise en lumière dans ses commentaires (à l’éditeur Simrock). L’art de Brahms est d’une étoffe raffinée et classique, et d’une trame intensément nostalgique. Qu’importe, le critique conservateur Hanslick, qui détestait Mahler, applaudit au miracle, heureux de saluer à Vienne, son nouveau champion, lors de la création le 30 déc 1877.

 

 

 

 

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Les plus à GSTAAD durant votre séjour :

 

 

Exposition des 80 ans de BARTOK à SAANEN
bartokbela bartok USA classiquenewsParce que Béla Bartók a séjourné à Saanen en août 1939 et y a composé en un temps très court son Divertimento pour orchestre à cordes, – 3ème commande de Paul Sacher, le GSTAAD MENUHIN Festival dédie une exposition sur cet épisode majeur de la vie de Bartok à Saanen : l’église fut dès 1957 repérée par Yehudi Menuhin pour y implanter un nouveau festival de musique classique.… avec le succès que l’on sait désoramis. Paul Sacher, chef et mécène bâlois, met à sa disposition le Chalet Aellen, où le compositeur compose en 2 semaines seulement, le Divertimento. Bartok fut ensuite obligé de quitter l’Oberland bernois comme un fugitif. L’exposition retrace ce séjour à Saanen et l’amitié entre Bartók et Sacher au travers de documents issus des collections de la Fondation Paul Sacher.

EXPOSITION SOUS LA TENTE DU FESTIVAL
DE GSTAAD
 / Jusqu’au 6 septembre 2019
  -  Dès le 16 août, l’exposition accessible sous la tente du Festival de Gstaad : elle est visible les soirs de concert.
Toutes les infos sur le site du GSTAAD MENUHIN Festival 2019
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/concerts-precedents/concerts-2019/gala-concert-orchestral-11-08-19?highlight=exposition
 

 

 

CD événement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La Flûte Enchantée, Nézet Séguin, Vogt, Schweinester… (2 cd DG Deutsche Grammophon, été 2018, Baden Baden)

MOZART FLUTE zauberflote nezet seguin villazon muhlemann selig vogt critique cd critique opera review opera classiquenews concert maestro opera festival deutsche grammophon_02894836400-CvrCD événement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La Flûte Enchantée, Nézet Séguin, Vogt, Schweinester… (2 cd / DG Deutsche Grammophon, été 2018, Baden Baden). Le 6è opus de leur cycle des opéras de Mozart à Baden Baden impose désormais une complicité convaincante : Yannick Nézet-Séguin et Roland Villazon ont été bien inspirés de proposer ce projet lyrique aux décisionnaires du Festival estival de Baden Baden ; La Flûte Enchantée jouée et enregistrée live en juillet 2018 confirme d’abord l’intelligence dramatique du chef qui sait ici exploiter toutes les ressources de l’orchestre mis à sa disposition : sens de l’architecture, soin des détails instrumentaux et donc articulation et couleurs ; la caractérisation de chaque séquence, selon les protagonistes en piste s’avère passionnante à suivre, révélant dans leur richesse poétique, tous les plans de compréhension possible, d’une œuvre à la fois populaire et très complexe : narratifs, sociologiques, symboliques et donc philosophiques. La fable à la fois réaliste et spirituelle se déroule avec une expressivité jamais appuyée (sauf à l’endroit du Papageno de Villazon devenu baryton qui en fait souvent trop, tirant le drame vers la caricature…).

 

 

Baden Baden été 2018

Charisme du chef,
plateau vocal impliqué,
chant cohérent de l’orchestre :
La Flûte convaincante de Yannick Nézet-Séguin

 

 

Zfloete__MOZART zauberflote nezet seguin villazon baden baden cd deutsche grammophon cd critique cd review classiquenews clic de classiquenews critique opera

 

 

CLIC D'OR macaron 200Les autres solistes se montrent particulièrement « mozartiens », soignant leur ligne, la finesse expressive, la souplesse, l’articulation et une intonation riche en nuances : de ce point de vue, les plus méritants sont évidement les deux ténors requis, chacun dans leur registre si contrastés : l’altier et juvénile Klaus Florian Vogt, qui a troqué son endurance wagnérienne (Lohengrin, Parsifal) pour l’élégance et le galbe princier ; Paul Schweinester déjà apprécié dans Pedrillo de l’Enlèvement au sérail (du même cycle de Baden Baden), dont le format naturel, expressif est lui aussi épatant ; même engagement total pour le Sarastro de Franz Joseph Selig (précédemment Osmin dans le déjà cité Enlèvement au sérail ; vivante et même enivrée depuis sa délivrance par Tamino, la Pamina de Christiane Karg (précédente Susanna des Nozze di Figaro), comme la Papagena Regula Mühlemann, palpitante et très juste ; on reste moins convaincus par la Reine de la nuit d’Albina Shagimuratova, dotée certes de tout l’appareil technique et du format sonore, mais si peu subtile en vérité : démonstrative, voire routinière pour l’avoir ici et là tellement chanté / usé (elle réussit mieux son 2è air).
Chacun pourtant donne le meilleur de lui-même (charisme fédérateur du chef certainement), apportant souvent outre la présence vocale, l’approfondissement du caractère.
D’autant que contrairement au live originel de juillet 2018, les récits du narrateur ont été écartés de l’enregistrement Deutsche Grammophon : la succession musicale gagne en naturel et en relief. Ici la vie triomphe. La cohérence du plateau, l’éloquence de l’orchestre, la vivacité du chef font la différence. Certainement l’un des meilleurs coffrets du cycle Mozart DG en provenance de Baden Baden (initié par Don Giovanni joué à l’été 2011). CLIC de CLASSIQUENEWS de l’été 2019. A suivre. Illustration : © Andrea Kremper.

 

 

 

 

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CD événement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La Flûte Enchantée, Nézet Séguin, Vogt, Schweinester… (2 cd DG Deutsche Grammophon, été 2018, Baden Baden) – Parution : 2 août 2019.

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791) : Die Zauberflöte (La Flûte enchantée),
opéra en deux actes- livret d’Emanuel Schikaneder.

Avec :
Klaus Florian Vogt, Tamino ;
Christiane Karg, Pamina ;
Franz-Josef Selig, Sarastro ;
Paul Schweinester, Monostatos ;
Regula Mühlemann, Papagena ;
Albina Shagimuratova, la Reine de la Nuit ;
Rolando Villazón, Papageno ;

Johanni van Oostrum, Première Dame ;
Corinna Scheurle, Deuxième Dame ;
Claudia Huckle, Troisième Dame ;
Tareq Nazmi, l’Orateur ;
Luca Kuhn, Premier Garçon ;
Giuseppe Mantello, Deuxième Garçon ;
Lukas Finkbeiner, Troisième Garçon ;
Levy Sekgapane, Premier Prêtre / Premier Homme armé ;
Douglas Williams, Deuxième Prêtre / Deuxième Homme armé ;
André Eisermann, Récitant.

RIAS Kammerchor (chef de chœur : Justin Doyle).
Chamber Orchestra of Europe
Yannick Nézet-Séguin, direction musicale

 

 

 

 

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APPROFONDIR

 

 

LIRE nos critiques compl̬tes des titres pr̩c̩dents CYCLE MOZART N̩zet-S̩guin / Villazon РBADEN BADEN Festival Hall (depuis 2011) РDG Deutsche Grammophon :

 

 

Don-Giovanni.cd_.01CD, critique. Mozart: Don Giovanni, Nézet-Séguin (2011) 3 cd Deutsche Grammophon. Entrée réussie pour le chef canadien Yannick Nézet-Séguin qui emporte haut la main les suffrages pour son premier défi chez Deutsche Grammophon: enregistrer Don Giovanni de Mozart.Après les mythiques Boehm, Furtwängler, et tant de chefs qui en ont fait un accomplissement longuement médité, l’opéra Don Giovanni version Nézet-Séguin regarderait plutôt du coté de son maître, très scrupuleusement étudié, observé, suivi, le défunt Carlo Maria Giulini: souffle, sincérité cosmique, vérité surtout restituant au giocoso de Mozart, sa sincérité première, son urgence théâtrale, en une liberté de tempi régénérés, libres et souvent pertinents, qui accusent le souffle universel des situations et des tempéraments mis en mouvement.Immédiatement ce qui saisit l’audition c’est la vitalité très fluide, le raffinement naturel du chant orchestral; un sens des climats et de la continuité dramatique qui impose des l’ouverture une imagination fertile… Les chanteurs sont naturellement portés par la sureté de la baguette, l’écoute fraternelle du chef, toujours en symbiose avec les voix. EN LIRE +

 

 

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCD. Mozart : Cosi fan tutte (Nézet-Séguin, 2012) 3 cd DG   ….   le jeune chef plein d’ardeur, Yannick Nézet-Séguin poursuit son intégrale Mozart captée à Baden Baden chaque été pour Deutsche Grammophon avec un Cosi fan tutte, palpitant et engagé. Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso … D’abord il y a l’élégance mordante souvent très engageante de l’orchestre auquel Yannick Nézet-Séguin, coordonnateur de cette intégrale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrésistible. le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frétille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout féminins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble développer une sensibilité proche du coeur féminin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une présence absolue ici, qui démentiront notre analyse. En LIRE +

 

 

 

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mozart-lenlevement-au-serail-die-entfhurung-aus-dem-serail-schweinester-prohaska-damrau-villazon-nezet-seguin-2-cd-deutsche-grammophon/CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail, Die Entfhürung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, Nézet-Séguin (2 cd Deutsche Grammophon). Après Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composée par Mozart en 1782, au coeur des Lumières défendue à Baden Baden par Nézet-Séguin et son équipe ? Évidemment avec son léger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine à convaincre dans le rôle de Belmonte;  outre l’articulation contournée de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniéré à notre goût, autant de petites anomalies qui malgré l’intensité du chant placent le chanteur en dehors du rôle. EN LIRE +

 

 

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick Nézet Séguin. Alors que Sony classical poursuit sa trilogie sous la conduite de l’espiègle et pétaradant Teodor Currentzis (1), Deutsche Grammophon achève la sienne sous le pilotage du Montréalais Yannick-Nézet Séguin récemment nommé directeur musical au Metropolitan Opera de New York. Après Don Giovanni, puis Cosi, les Nozze di Figaro sont annoncées ce 8 juillet 2016. A l’affiche de ce live en provenance comme pour chaque ouvrage enregistré de Baden Baden (festival estival 2015), des vedettes bien connues dont surtout le ténor franco mexicain Rolando Villazonavec lequel le chef a entrepris ce cycle mozartien qui devrait compter au total 7 opéras de la maturité. Villazon on l’a vu, se refait une santé vocale au cours de ce voyage mozartien, réapprenant non sans convaincre le délicat et subtil legato mozartien, la douceur et l’expressivité des inflexions, l’art des nuances et des phrasés souverains… une autre écoute aussi avec l’orchestre (les instrumentistes à Baden Baden sont placés derrière les chanteurs…) – EN LIRE +

 

 

La-Clemenza-Di-Tito neezt seguin donato rebeka villazon cd review critique cd opera par classiquenewsCD, critique. MOZART : La Clemenza di Tito. Nézet-Séguin, DiDonato, Rebeka… (2 cd DG Deutsche Grammophon). La formule est à présent célèbre : implanter comme à Salzbourg, un cycle récurrent Mozart, mais ici à Baden Baden, et chaque été, c’est à dire les grands opéras ; après Don Giovanni, Cosi, L’Enlèvement au sérail, Les Nozze, voici le déjà 5è ouvrage, enregistré sur le vif en version de concert, depuis le Fespielhaus de Baden Baden, en juillet 2017. Autour du ténor médiatique Rolando Villazon (pilier avec le chef québécois de ce projet discographique d’envergure), se pressent quelques beaux gosiers, dont surtout, vrais tempéraments capables de brosser et approfondir un personnage sur la scène, grâce à leur vocalità ardente, ciselée : le Sesto de Joyce Di Donato, mozartienne électrique jusqu’au bout des ongles ; dans le rôle de l’amant manipulé ; et, révélation de cette bande, la soprano lettone Marina Rebeka, ampleur dramatique de louve dévorée par la haine et la conscience du pouvoir, dans le rôle de l’ambitieuse prête à tout.  LIRE la critique du cd La Clemenza di Tito MOZART Nézet-Séguin Baden Baden, complète

 

 

 

 

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LIRE aussi notre annonce du cd MOZART : Die zauberflöte / La Flûte enchantée par Nézet-Séguin / Vogt / annonce du CLIC de CLASSIQUENEWS dès le 3 août 2019

 

CD, critique. Wagner: Lohengrin (Nelsons, Vogt, Zeppenfeld. Bayreuth 2011, 2 cd Opus Arte)

wagner lohengrin bayreuth 2011 zeppenfeld vogt dasch rasilainen lang youn andris nelssons cd reviex critique cd par classiquenews cd opus arte 1533641746133687_resize_265_265CD, critique. Wagner: Lohengrin (Nelsons, Vogt, Zeppenfeld. Bayreuth 2011, 2 cd Opus Arte)… Retransmis sur Arte dès août 2011, la production mise en scène par Neuenfels ne brillait pas par son onirisme mais un schématisme radical à grand renfort d’images objets gadgets, peu esthétiques mais très compréhensibles. Heureusement la réalisation musicale sous la baguette nerveuse d’Andris Nelsons, qui depuis a démontré sa valeur pour DG chez Bruckner et Mahler, sauve le spectacle d’un vrai naufrage visuel…
Voici la critique de notre confrère Lucas Irom, rédigé au moment de la transmission du direct de Bayreuth, le 14 août 2011, sur Arte :

D’abord, critique de la réalisation scénique … Plateau froid comme un glaçon (où plutôt comme un laboratoire aseptisé) où pullulent des rats numérotés, noirs ou blancs selon qu’ils se rangent du côté de l’un des partis opposés, … le constat est sans appel face une une mise en scène délirante et hors sujet, au déroulement incompréhensible : « Lohengrin dénaturé… Dans Lohengrin (créé à Dresde en 1848), Wagner traite de la rencontre improbable mais fantasmatique: celle de l’humain faillible et vulnérable, et du divin, exceptionnellement incarné. Or qu’avons nous sur la scène de Bayreuth? une foire aux gadgets, des mouvements de choeurs inexistants et sans précisions, un jeu d’acteurs convenu, d’une frontalité statique si ennuyeuse… Et ces rats qui envahissent la scène affichant enfin leurs visages humains en présence du héros providentiel
que doivent-ils réellement apporter à la révélation de l’oeuvre?, écrit notre confrère. LIRE ici la critique complète de Lohengrin à Bayreuth, avec témoignage de la mise en scène (direct Arte août 2011) :
http://www.classiquenews.com/bayreuth-direct-arte-le-14-aot-2011-wagner-lohengrin-klaus-florian-vogt-lohengrin-georg-zeppenfeld-choeurs-et-orchestre-du-festival-de-bayreuth-andris-nelsons-direction-nbs/

LIRE aussi la critique du dvd édité par Opus Arte dans la foulée de l’enregistrement à Bayreuth en août 2011
http://www.classiquenews.com/wagner-lohengrin-vogt-nelsons-bayreuth-20112-dvd-opus-arte/

ET SUR LE PLAN VOCAL ET ORCHESTRAL ? Si l’on se place sur le plan vocal et musical que vaut cette production si attendue et qui déçoit tant visuellement et scéniquement? Evidemment il fallait fixer le souvenir de la distribution… proche de l’idéal.
Le roi Henri (Georg Zeppenfeld) et son héraut (Samuel Youn) sont très engagés vocalement, voire impeccables; passons le Telramund souvent outré et sans guère de subtilité de Tómas Tómasson; la déception vient évidemment de l’Elsa d’Annette Dasch: petite voix serrée, justesse vacillante, aucune lumière ni magnétisme: on comprend hélas que cette âme omantique soit dépassée par l’ampleur du héros venu la sauver…
Car, pendant et strict opposé de Jonas Kaufmann qui pourtant a marqué le
rôle ici même, Klaus Florian Vogt irradie par la pureté angélique de son timbre: le ténor allemand est un Lohengrin fin et captivant, dans lequel le divin et l’humain fusionnent. Saluons la force démoniaque, vraie entité du mal et rivale manupulatrice d’Elsa qu’incarne avec style Petra Lang dans le rôle si captivant d’Ortrud (la sorcière qui est l’origine de tout le drame)… Les choeurs sont à la hauteur du festival comme l’orchestre d’ailleurs, grâce à la direction très enflammée d’Andris Nelssons.

 

 

 

 

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Wagner: Lohengrin. Avec : Klaus Florian Vogt (Lohengrin), Georg Zeppenfeld (Henri l’Oiseleur), Annette Dasch (Elsa von Brabant), Tómas Tómasson (Friedrich von Telramund), Petra Lang (Ortrud), Samuel Youn (Le héraut d’armes du roi). Choeurs et orchestre du Festival de Bayreuth. Direction musicale : Andris Nelsons. Mise en scène : Hans Neuenfels. Bayreuth août 2011. 2 cd OPUS ARTE.

Bayreuth 2016 : Klaus Florian Vogt chante Parsifal

logo_francemusiqueFrance Musique, lundi 1er août, 20h. Parsifal de Wagner avec Klaus Florian Vogt. Sous la direction de Eberhart Friedrich à Bayreuth, le challenger du ténor compatriote Jonas Kaufmann, chante lui aussi Parsifal mais avec un timbre plus angélique et moins rauque, et pourtant tout aussi convaincant : inscrit définitivement comme son Lohengrin (l’élu céleste descendu sur la terre.)… , dans la lumière.
VOGT-tenor-parsifal-classiquenews-VOGT-klaus-florian-vogtKlaus Florian Vogt est né à Heide (Schleswig-Holstein), il a d’board commencé la musique comme… corniste. La pratique instrumentale lui a transmis l’art de la tenue et de la justesse du son, aujourd’hui palpable dans un chant souverainement clair et élégant. Qui a marqué chez Wagner, ses Lohengrin et bientôt Tannhaüser (avant Tristan qu’il annonce être prêt à chanter au terme de ce parcours psychologique et dramatique). Pour l’heure son premier Parsifal à Bayreuth est bien l’événement de l’édition 2016 du Festival wagnérien où s’affirment aussi, Le Ring dirigé par Marek Janowski (mais dans la réalisation scénique désastreuse, désenchantée de Castorf) et le Tristan und Isolde de Katharina Wagner, inauguré en juillet de l’année passée (le dvd Tristan und Isolde par Katharina Wagner vient de sortir chez Deutsche Grammophon, juillet 2016).
Dans Parsifal, le ténor allemand a déjà identifié les points de difficulté afin de mieux préserver sa voix, pendant chaque représentation : au I, il convient de ménager son chant d’autant que le chaste fol ne prend pas trop la parole : il découvre alors le milieu des chevaliers du Graal et assiste médusé et bouleversé surtout au miracle du calice dévoilé par un Amfortas, agonisant.
Au II, les choses s’intensifient pour Parsifal : il doit démontrer la force morale qui l’anime car il sait vaincre les enchantements malsains et les voluptés maudites des créatures du magicien Klingsor (les filles fleurs, vraies tentatrices charnellement désirables) dont l’arme la plus redoutable est le corps sensuel de Kundry… laquelle est la première à la nommer du nom qu’employait sa mère perdue : « Parsifal ». Contre Klingsor, sa lance, Kundry, sa danse lascive et provocante, Parsifal demeure indifférent et vainqueur : aucun doute, le ténor doit gérer l’afflux de verbe et la tension dramatique de cet acte clé qui révèle sa nature miraculeuse, laquelle sauvera par son sang neuf, au III, le rituel des Chevalliers. Ainsi, au dernier acte, le miracle du Vendredi Saint s’accomplit grâce à la pureté infaillible du chaste fol, devenu le nouveau roi : il absout Kundry, et surtout guérit Amfortas de la plaie suintante qui le condamnait… Le Graal peut être dévoilé et irradiant, dans un tableau éblouissant de lumière, Parsifal est couronné nouveau roi.
Le vrai défi pour le ténor réside donc bien dans l’acte II où il doit démontrer sa puissance spirituelle sous le masque de la grâce juvénile.

 

 

 

France Musique, lundi 1er août 2016, 20h. Wagner : Parsifal. Avec Klaus Florian Vogt, dans le rôle titre. Consulter la distribution complète du Parsifal Bayreuthien 20016 sur le site du Festival de Bayreuth

 

 

 

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Klaus Florian Vogt, visage dans les mains incarne Lohengrin, le chevalier céleste descendu trop tôt sur la terre, pour sauver une Elsa, étrangère au pacte de confiance qu’il demandait…

 

Ténors wagnériens: le match. Kaufmann ou Vogt ?


Match Klaus Florian Vogt / Jonas Kaufmann

actualité cd (Sony, Decca)

Vogt versus Kaufmann

2 ténors wagnériens au disque

WAGNER_VOGT_cd_sonyL’année Wagner produit ses premiers effets. Deux majors éditent simultanément en février 2013,  deux nouveaux récitals lyriques mettant en avant les qualités de leur champion respectif: Sony classical sans traduction française dans le livret (anglais et allemand essentiellement) célèbre le beau chant élégiaque voire rien qu’angélique de Klaus Florian Vogt, tandis que Decca joue la carte du bad boy (lumière jaune, frontale et bilieuse sur sa face diabolisée) avec l’immense Jonas Kaufmann: la parution des deux récitals titres est d’autant plus passionnante qu’il s’agit là de deux styles diamétralement opposés.
Cependant les deux interprètes, chacun dans deux styles différents, partagent ce goût, ce style, cette finesse souvent absentes des performances wagnériennes. La comparaison quant à elle s’impose dans le choix des morceaux retenus  : on y retrouve Rienzi et Siegmund, ici et là bien présents, diversemment défendus.

Chacun écrit et rééclaire à sa façon l’histoire du chant wagnérien, finalement peu connu et souvent schématisé jusqu’à la caricature, où les décibels l’emportent sur toute intonation et nuance. Ici le studio aidant, la ciselure prosodique en gagne un relief et une nouvelle précision: chant articulé, chant surtout intimiste que les conditions aléatoires des salles de théâtres ou de concerts ne réalisent pas toujours. Le studio et l’enregistrement rétablissent donc le chambrisme proche du texte, révélant la qualité de diseur plutôt que celle du stantor. L’un Vogt, par la clarté du timbre illumine le texte de Wagner s’intéressant apparemment moins à la situation dramatique ; le second aspire, concentre, intériorise toute la force dramatique du personnage, n’hésitant pas a contrario de son collègue, la noirceur, les couleurs les plus brumeuses de sa tessiture… de baryténor ?

VOGT WAGNER (Sony classical, Bamberg 2012)

WAGNER_VOGT_cd_sonyApothéose du chant extatique et clair, voire d’angélisme blanc… Klaus Florian Vogt s’impose surtout dans le rôle qui lui va naturellement, et qu’il a chanté en 2012 à Bayreuth, celui de Lohengrin dont il exprime la grâce active, comme la caresse du héros élu par sa mission salvatrice, cultivant cette couleur adolescente voire garçon du personnage chevaleresque: le texte n’a jamais été aussi limpide, les aigus précis, l’accentuation juste, l’intensité déclamatoire sans excès, et cette couleur ineffable mais bien présente d’une langueur mélancolique qui n’appartient qu’à Wagner (et que les D’Indy, Franck, Chasson, Vierne sauront si justement adapter la gravité tragique, le poison substantiel, en produire d’autres parfums sans en perdre l’esprit). Rôle touché par la compassion, plus complexe et moins lisse que Lohengrin, Parsifal ne met pas plus en difficultés le ténor allemand. La blessure qui affleure, celle essentiellement de Amfortas mourant, paraît dans un chant frappé par la vérité comme le mystère. Le chant devient passion lacrymale: acte d’une révélation et d’un accomplissement d’une superbe clarté d’émission. La musicalité du timbre sa finesse est à l’opposé du texte touché par l’expérience de la douleur et de la souffrance ; de ce contraste naît la forte expressivité et l’impact de Vogt: voix transparence et cristalline pour chant ardent et embrasé. Jamais en force et toujours nuancé, Vogt réforme évidemment notre idée reçue du chant wagnérien. Il s’inscrit évidemment dans la tradition des diseurs habités, d’une céleste grâce, élégant jusque dans les affres de la passion la plus délirante ou traumatique, celle d’un Helge Brilioth, si proche du texte, déniché et mis en lumière par Karajan dans sa Tétralogie absolument incontournable.
Avec Rienzi, Wagner élabore sa première vision du héros providentiel: un être marqué par l’abnégation et le sacrifice vertueux pour le bien collectif mais comme Lohengrin, Siegfried, soit trop parfait ou trop naïf, condamné à l’échec. Seul Parsifal, être suprasensible et fraternel, réussit où tous ont échoué. Difficile de résister à la langueur suspendue du duo central du II de Tristan, ici chanté avec Camilla Nylund… dont le timbre de KF Vogt souligne et relance la vapeur étirée, comme un oratorio d’amour pur.

Pour autant, Tristan frappé par une superbe intensité, son Siegmund dans la Walkyrie paraît trop lisse, presque terne proche de l’asthénie, précautionneux : (et c’est là que la comparaison avec Kaufmann se présente, incontournable dans ” Ein Schwert verhieß mir der Vater”…): Vogt prend le texte avec une élocution minutieuse qui freine tout épanchement expressif, comme distancié et désincarné, plus narratif que sujet traversé par une ardeur croissante ; puis, dans le second extrait de La Walkyrie, il est vrai que Nylund partage ce manque de fièvre, plus vaporeuse et d’une ligne plus inégale que celle de son partenaire: le duo Sieglinde/Siegmund est l’un des plus poignants jamais écrit à l’opéra, et certainement l’expression de l’humanisme wagnérien à son sommet. Le serment et l’évocation de l’épée Notung sonne étrangement appliqué et pincé: le rôle ne sied pas à KF Vogt. Hélas l’orchestre de Bamberg même impliqué, s’agite plus qu’il n’articule le texte symphonique, contredisant de facto l’élocution transcendante du ténor à son meilleur (Lohengrin, Parsifal, Rienzi…).


KAUFMANN WAGNER (Decca, Berlin 2012)

WAGNER_KAUFMANN_CD_DECCAKaufmann apporte un tout autre souffle à l’interprétation wagnérienne: on ne lui connaît pas de prédécesseur à ce jour: sauf peut-être John Vickers; son timbre cuivré, traversé par la passion volcanique apporte le sanguin et le latin dans le chant germanique. En témoigne, le premier air, “Ein Schwert verhieß mir der Vater“, également sélectionné par Klaus Florian Vogt, et qui dans le récital de Jonas K, ouvre le récital: couleurs sombres, à la fois schubertiennes et weberiennes, le ténor aborde l’air à la façon d’une incantation infernale où l’effort pour se libérer du poison de la malédiction s’exprime avec ardeur. A l’heure où les Siegfried manque terriblement, capables d’un chant de force, héroïque mais aussi émotionnel et subtil, Kaufmann montre à quel point dans le second air, il est prêt pour chanter le rôle: le héros vainqueur du dragon Fafner, s’ouvre miraculeusement aux sons de la nature, révélant sous l’armure du preux valeureux, la pureté d’une âme sensible dont la fragilité secrète s’exprime dans la quête des origines (qui était sa mère?). La richesse des nuances, l’ambivalence expressive de l’incarnation, le sens du texte (et lui aussi, quel fabuleux diseur qui sait son Bach et son Schubert) promet l’un des Siegfried les plus captivants à écouter bientôt sur la scène.

Plus généreux que Vogt dans son récital Sony, Kaufmann nous offre Allmächt’ger Vater de Rienzi, dans tout son développement: l’occasion sur la durée de pénétrer dans ce premier portrait de figure admirable: Wagner y aborde pour la première fois, avant Lohengrin, Siegfried et Parsifal,  l’homme providentiel, sujet d’une irrésistible carrière au service de la vertu politique à laquelle répond inéluctablement son pendant tragique et noir: sa solitude, son exil, sa mort finale. Donald Runnicles et l’Orchestre der Deutschen Oper de Berlin savent à l’exemple du soliste, affiner et colorer dans la subtilité le lyrisme pluriel de la musique (superbe entrée par l’orchestre)… Voilé, brumeux, flou mais terriblement présent comme le chant d’une âme maudite aspirant à la perfection, le style de Jonas Kaufmann s’impose à nous dans sa force, sa justesse, sa touchante vérité. Son Lohengrin moins lisse que celui de Vogt, porte toutes les tempêtes endurées: le fils de Parsifal s’y déverse en rancÅ“ur, frustration, imprécation, telle une transe émotionnelle qui en impose par ses teintes et ses nuances expressives. Un immense acteur, interprète accompli se dévoile à nouveau ici.

Lyrique selon une sélection choisie, le récital de Kaufmann gagne davantage de poids encore dans sa seconde partie, d’autant qu’il est accompagné par un orchestre aux accents et nuances complices, d’une richesse poétique exemplaire.
Diseur embrasé et halluciné même, chantre de l’âme romantique qui en terres germaniques fait surgir ses accents Sensucht, entre nostalgie et mystère impénétrable, le ténor relève encore le niveau dans les 5 mélodies d’après Mathilde Wesendonck, l’amour inaccessible de Wagner… alors en pleine crise.  S’il ne devait rester qu’un seul titre, la 3è s’impose, préfiguration de Tristan: Wagner est alors le héros qui s’efface, détruit par une langueur amoureuse inguérissable, emprisonné tragique à la douleur d’une passion avortée… à la fois sombre et magnifiquement articulé, le chant de Jonas Kaufmann demeure irrésistible.