CD événement, critique. JOHAN SEBASTIAN BACH : Ouvertures for orchestra bwv 1066 – 1069 (Concerto Italiano, Rinaldo Alesandrini, 2 cd Naïve, 2018)

BACH-JS-ouvertures-orchestra-rinaldo-alessandrini-naive-2-cd-critique-cd-review-critique-baroque-classiquenewsCD événement, critique. JOHANN SEBASTIAN BACH : Ouvertures for orchestra bwv 1066 – 1069 (Concerto Italiano, Rinaldo Alesandrini, 2 cd Naïve, 2018). Le chef Rinaldo Alessandrini poursuit son exploration du continent BACH chez Naïve avec ce double coffret. Après les Brandebourgeois qui remontent à la période de Coethen, voici les Ouvertures pour orchestre… Enregistré en déc 2018 à Rome, le programme met en perspective autour des 4 Ouvertures pour orchestre de Jean-Sébastien, les Suites des autres « Johann » du clan, ses cousins, Johann Bernhard et Johann Ludwig. On a souvent classé le style d’Alessandrini, comparé à celui de son confrère baroqueux, Biondi, comme le plus intellectuel des deux : l’épure conceptuelle du premier, a contrario de l’organique imaginatif et généreux du second, confinant parfois à une sécheresse qui contredit la sensualité pourtant inscrite dans la musique italienne.

S’agissant de Jean-Sébastien Bach, le chef bénéficie des excellentes personnalités qui composent son ensemble Concerto Italiano, collectif capable de restituer cette synthèse magistrale d’un Bach alors en pleine maîtrise de ses moyens et qui se joue des styles italiens et surtout français, en une pensée germanique qui organise et structure pour la cohérence et l’unité globale.

 

 

 

Danses françaises et italiennes

 

 

 

Le chef italien s’intéresse aux Ouvertures BWV 1066 à 1069, et jouées de façon chronologique : la n°2 bwv 1067 est bien malgré son numéro, la plus tardive du corpus, datée de 1738 ; les œuvres depuis récemment, ne sont plus classées dans le corpus des partitions de Coethen (1717-1723), mais plus tardives, datées de la période de Leipzig : Jean-Sébastien a composé nombre de partitions profanes, purement instrumentales, pour les musiciens virtuoses du Collegium Musicum (dirigés auparavant par Telemann). Cela simultanément à ses cantates et Passions. Les instrumentistes professionnels avaient coutume de donner leurs concerts à Leipzig au Café Zimmermann, de 1723 à 1741. JS dirigea le collectif très applaudi à partir de mai 1729 (et jusqu’en 1741). Les instrumentistes de Saint Thomas dont il était Cantor et Director Musices purent se mêler aux instrumentistes du Collegium pour l’exécution de Cantates ambitieuses et des Passions, dont la Saint-Mathieu.
Certaines Ouvertures ont pu être composées antérieurement à Leipzig, quand JS était le compositeur de plusieurs cours : Coethen donc jusqu’en 1728 ; Saxe-Weissenfels dès 1729 ; puis en 1736, Dresde, composées dans l’un de ces contextes pour un événement dynastique: l’Ouverture n°2 bwv 1067 est liée à la Cour de Dresde de façon sûre – sa partie de flûte étant dédiée au soliste Buffardin alors au service de l’Electeur de Saxe, Auguste III ; quand la n°4 serait bien de Coethen…

Dès la majestueuse ouverture  BWV 1068, sommet d’élégance roborative, à laquelle succède immédiatement une fugue des plus ciselées par un Bach supérieurement inspiré, le geste du maestro italien affirme une évidente précision, un souci de la clarté, voire une stricte lisibilité verticale, au détriment d’un certain abandon ; ce qui s’exprime dans une coupe sèche mais d’une motricité rythmique nerveuse ; Alessandrini souligne le relief de l’écriture concertante, et surtout l’opposition / dialogue tutti / soliste, d’un caractère alterné très italien. L’ouverture pointée rappelle bien sûr l’esthétique française et son esprit dansé, d’une immuable souplesse ; quand le style fugué revient au seul génie de Bach et révélateur bien souvent de cet élan lumineux et solaire qui le caractérise. Il faut donc trouver le liant évident entre la partita (séquentielle) et la suite de danse, qui respire et s’unifie pourtant de l’un à l’autre épisode.

Depuis le modèle de Lully transmis en Allemagne par Muffat, l’élégance est française. Et Bach sur ce plan connaît bien son affaire ; il faut articuler et faire parler la musique pour éviter d’en dissoudre le caractère et l’expression.
De sorte qu’en guise d’Ouvertures, Alessandrini nous comble par un catalogue de pièces dansantes aux nuances expressives, idéalement restituées.
La lente Courante (noble, solennelle, majestueuse – la plus « française », qui ouvre comme au bal, l’Ouverture n°1 bwv 1066), le rapide Passepied y paraît (n’est-il pas un menuet mais en plus électrique voire rustique c’est à dire pastoral?), semblant écarter définitivement toute Allemande, au profit des séquences authentiquement « françaises » soient : bourrées, gavottes, menuets, alors très à la mode. Quand la seule Gigue (qui referme la pétulante bwv 1068) est dans le style italien.
Avec beaucoup de subtilité, et d’imagination aussi, Alessandrini soigne la Sarabande de la bwv 1067 (plus rapide et plus expressive que la Courante qui reste formelle et contrôlée, mais tout autant majestueuse) – même attention particularisée pour le Menuet, danse qui a le plus grand succès et le plus durable au XVIIIè – rapide, nerveux mais léger et sautillant : allègre, badin. Sautillante tout autant, la forlane qui doit être expressive comme la gigue. Quant à la gavotte, JS Bach n’oublie pas son caractère lui aussi pastoral (comme le passepied).
Qu’elles soient dansées ou jouées comme arrière fond fastueux pour les événements politiques qui en sont le prétexte, les 4 ouvertures orchestrales de Bach expriment la quintessence du mouvement. Avouons que précis et architecturé, le geste du chef sait aussi respirer, rebondir, fluidifier…

Complément utile à la richesse chorégraphique des Ouvertures de Jean Sébastien, le programme ajoute l’Ouverture pour cordes seules (très française) de son cousin et ami Johann Bernhard Bach (1676 – 1749) qu’il fait jouer, signe de reconnaissance, par les instrumentistes du Collegium. Plus liées et alanguies, moins syncopées et donc hâchées avec un sens de la ligne plus naturel, les 8 sections (comprenant les Rigaudons par trois; absents chez JS) sonnent plus évidents, en particulier l’excellente bascule du Menuet (9): que des cordes donc, mais quel feu contrasté : quel soin dans l’articulation. Un chambrisme mieux abouti. Auquel le hautbois proche d’un Couperin à cette mesure française dans l’Air qui suit (10)…

Enchaînée la suite BWV 1065 s’affirme davantage encore par son caractère et ses tempéraments idéalement contrastés qui propre à JS, semblent s’élever vers des hauteurs jamais visitées avant lui. La très belle Forlane, vivace et rustique, déploie une activité intérieure solaire, gonflée d’une saine ardeur, portée par un assise rythmique parfaite. Enfin le passepied qui conclut cette guirlande enivrée, rappelle évidemment ce qu’en fera Haendel dans Watermusic

Dans le CD2, on note la même qualité inventive chez l’ainé des trois Bach, ici réunis, le Bach de Meiningen, Johann Ludwig (1677 – 1731) dont JS joue les Å“uvres à Leipzig en 1726 et 1750, preuve là encore d’une belle estimation.
CLIC_macaron_2014De Johann Sebastian, Alessandrini joue enfin les deux ouvertures bwv 1069 et surtout bwv 1067, la plus développée et la plus inventive ne serait-ce que dans la Sarabande, la Bourrée en 3 parties ; l’élément très original en est la Polonaise, avec flûte initialement confiée à Buffardin qui déploie cette autorité militaire, idéalement caractérisée, à la fois hautaine et nerveuse grâce à laquelle Bach rend hommage à Auguste III, Electeur de Saxe et roi de Pologne depuis 1734. De même la « Battinerie » pour Badinerie (conclusion) est bien jouée scherzando, léger et élégant, fulgurante comme une bambochade et selon l’esprit fouettée, élégante, légère, fugace d’un Fragonard. Ce travail de ciselure instrumentale, porté sur l’intonation, l’articulation, la réalisation des ornements, en préservant la ligne du souffle, les phrasés, la respiration accrédite donc une excellente lecture. Du fort bel ouvrage qui démontre s’il en était besoin, la conception géniale de JS Bach pour le Café Zimmermann à Leipzig. CLIC de CLASSIQUENEWS de l’automne 2019.

 

 

 

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CD événement, critique. JOHAN SEBASTIAN BACH : Ouvertures for orchestra bwv 1066 – 1069 (Concerto Italiano, Rinaldo Alesandrini, 2 cd Naïve, 2018).

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TOUL, Festival JS BACH : 1er, 7, 8, 15, 22 sept 2019

TOUL-festival-Bach-annonce-concerts-festival-presentation-BACH-A-TOUL-2019-classiquenewsTOUL, Festival BACH : 1er, 7, 8, 15, 22 sept 2019. Reprise dynamique du Festival BACH de TOUL, avec 4 nouveaux programmes (les dimanches) particulièrement fédérateur et festif, qui pérennisent toujours l’actualité de la musique de Jean-Sébastien. Grâce à l’initiative de l’organiste Pascal Vigneron (auteur d’une récente intégrale des Variations Goldberg), début le dim 1er sept en la cathédrale Saint-Etienne (Å“uvre pour orgue avec la classe d’Orgue de la Musikhochschule de Stuttgart), puis le sam 7 et dim 8 sept : intégrale du clavier bien tempéré au clavecin, au piano, à l’orgue (avec Pieter-Jan Belder, Clavecin – Dimitri Vassilakis, Piano – Pascal Vigneron, Orgue) ; le 15 sept concert exceptionnel avec Richard Gallianno, accordéon, puis le 22 sept : Bach et Hændel – Concertos pour orgue – Transcriptions de Marcel Dupré – Jean Paul Imbert, orgue. Et bien d’autres concerts, événements et actions pédagogiques à suivre en octobre 2019

 

 

 

 

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VOIR le détail des programmes et notre présentation du Festival BACH de TOUL qui a lieu toute l’année, jusqu’au 12 octobre 2019 (13 concerts événements)…
http://www.classiquenews.com/toul-festival-bach-classe-dorgue-du-cnsmd-lyon-14-juil-15h/

 

 

 

 

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LIRE aussi notre entretien avec PASCAL VIGNERON, organiste, directeur artistique du Festival BACH de TOUL 

vigneron-pascal-organiste-festival-BACH-TOULPASCAL VIGNERON : “La légitimité du festival s’est imposée petit à petit, grâce notamment à la présence du Grand Orgue Curt Schwenkedel construit en 1963. C’est un instrument néo-baroque, dédié à la musique ancienne, avec une ouverture contemporaine sur le troisième clavier. C’est le plus grand opus de Curt Schwenkedel, et lorsqu’il fut construit, c’était un véritable pari sur l’avenir. Nous l’avons entièrement remis à jour, grâce au concerts de Maitre Yves Koenig, qui a compris d’emblée l’intérêt d’un instrument de cette taille pour l’interprétation de l’oeuvre d’orgue de Johann Sebastian Bach. Michel Giroud, qui fut apprenti de Curt Schwenkedel apporta un concours inestimable par ses conseils.” (extrait)

 

 

 

 

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TOUTES LES INFOS et les modalités pratiques pour se rendre aux concerts, événements, exposition du 10è Festival JS BACH de TOUL sur le site du Festival Bach de TOUL 

 

https://www.toul.fr/?festival-bach-2019-10-ans 

 

BACH festival TOUL festival BACH de toul annonce presentation programme par classiquenews

 

 

 

 

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Téléchargez la brochure du 10è Festival BACH de TOUL 

 

https://www.toul.fr/IMG/pdf/livret_bach_2019-web.pdf

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TOUL. Festival BACH, week end Variations GOLDBERG, les 29 et 30 juin 2019

TOUL-festival-Bach-annonce-concerts-festival-presentation-BACH-A-TOUL-2019-classiquenewsTOUL. Festival BACH, week end Variations GOLDBERG, les 29 et 30 juin 2019. Pascal Vigneron, directeur du Festival Bach de Toul propose ce week end, samedi 29 et dimanche 30 juin 2019, un cycle entièrement dédié aux Variations Goldberg de JS BACH, sommet absolu du genre Thème et Variations. La partition sera interprétée au piano et au clavecin et aussi à l’orgue par Pascal VIGNERON lui-même. Ce dernier a récemment fait paraître une nouvelle interprétation des Goldberg sur le grand orgue de la Cathédrale de Toul (LIRE ici notre critique du cd Variations Goldberg de Bach par Pascal Vigneron, 1cd Quantum).

 

 

 

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Un été à TOUL
pour célébrer JS BACH

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prochains concerts du Festival JS BACH à Toul :

29 et 30 juin 2019 – Musée de Toul – Collégiale Saint-Gengoult – Cathédrale Saint Etienne : « « Week-End des Variations Goldberg BWV 988 ». Pieter-Jan Belder, clavecin – Dimitri Vassilakis, piano – Pascal Vigneron, orgue

7 juillet 2019 – 16h – Cathédrale Saint Etienne
Les plus belles pages de la musique baroque et classique – Bach – Haendel – Telemann – Vivaldi – Mozart.
Orchestre de Chambre du Marais, Pascal Vigneron (direction)

14 Juillet 2019 – 15h – Cathédrale Saint Etienne
La classe d’Orgue du Conservatoire National Supérieur de Lyon – Professeur : François Espinasse, Emmanuel Culcasi – Yanis Dubois – Fanny Cousseau
L’oeuvre d’Orgue de J. S. Bach

 

 

 

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TOUTES LES INFOS et les modalités pratiques pour se rendre aux concerts, événements, exposition du 10è Festival JS BACH de TOUL sur le site du Festival Bach de TOUL
https://www.toul.fr/?festival-bach-2019-10-ans

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Téléchargez la brochure du 10è Festival BACH de TOUL
https://www.toul.fr/IMG/pdf/livret_bach_2019-web.pdf

LIRE notre présentation complète du Festival BACH de TOUL 2019

 

 

 

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http://www.classiquenews.com/toul-10e-festival-bach-jusquau-12-octobre-2019/TOUL, 10ème FESTIVAL BACH, jusqu’au 12 octobre 2019. En 2019, le Festival Bach de la Ville de Toul fête ses 10 ans. Noyau d’une nouvelle saison festive, soulignant les 10 ans du Festival, les Grandes Orgues de la Cathédrale Saint-Etienne célèbrent ainsi le génie de Jean-Sébastien Bach. Comme aussi les grandes pages de la musique (signées Couperin, Mozart… ou Haendel, autre génie et contemproain de Jean-Sébastien). Ainsi il n’y a pas qu’à Leipzig que les grandes orgues de la ville abordent l’écriture de Bach en en questionnant la portée poétique comme le souffle universel. Bach est indémodable ; sa musique, une source d’inspiration intacte ; les concerts et événement (conférences, exposition…) du Festival BACH à TOUL nous le prouvent encore pour sa 10è édition en 2019.

CD, critique. JS BACH : Celebration cantatas / «  Entfliehet, ihr Sorgen » : BWV 205a, BWV 249a – Deutsche Hofmusik. Alexander Grychtolik (1 cd DHM Deutsche Harmonia Mundi / 2018)

DEUTSCH-HOFMUSIK-GRYCHTOLIK-alexander-DHM-cantates-JS-BACH-249b-BWV-205a-critique-review-cd-critique-cd-classiquenews-baroque-cantatesCD, critique. JS BACH : Celebration cantatas / «  Entfliehet, ihr Sorgen » : BWV 205a, BWV 249a – Deutsche Hofmusik. Alexander Grychtolik (1 cd DHM Deutsche Harmonia Mundi / 2018). Mai 2019 marque l’agenda baroque grâce à ce programme enregistré à Berlin en 2018 par le jeune ensemble allemand Deutsche Hofmusik encore méconnu en France. Ce qui devrait évoluer sous peu si les directeurs de festivals et de salles cultivent un minimum de curiosité extrafrançaise. Le harpiste et chef Alexander Grychtolik développe ici un sens du texte précis, une métrique ciselée avec des tempis souvent ralentis mais porteurs d’une belle articulation, au service de deux Cantates profanes, de “célébration” (comme il est précisé sur la couverture), dont surtout la 249a, dite « Cantates des bergers », qui célèbrent ses patrons, en l’occurrence l’anniversaire du duc de Saxe Weissenfels, Christian (en ce 25 fév 1725). La BWV 205a est écrite pour le sacre d’Auguste III de Pologne.

 

 

 

Précis, expurgé, millimétré…
Le BACH profane d’Alexander Grychtolik

 

 

 

Alors que la France d’avant Rameau cultive un goût suave et italien, « galant », la Saxe de Bach apprécie l’articulation du verbe allemand, à la façon d’une dramaturgie du verbe, parfaitement défendue par les solistes réunis : en particulier la basse Stephan Macleod (dès son air dans la BWV 2015a), le ténor Daniel Johannsen, au style intelligible et impeccable de fluidité timbrée ; sans omettre le soprano métallique et brillant, droit comme une trompette, et jamais vibré de Miriam Feuersinger. Chacun défend une précision, un allant et une expressivité au service d’un seul élément (essentiel chez Bach) : le texte.
Voilà qui donne la clé de la recherche : si JS BACH avait écrit des opéras, ces deux cantates en auraient été les prémices directs.
L’éloquence incarnée, le sens du verbe donc, l’articulation des instruments aussi (superbe sinfonia de la BWV 249a, avec hautbois obligé : n’est ce pas la Cantate dite « des bergers »?) soulignent le souci du Bach dramatique autant que poétique. La couleur de chaque situation est magnifiquement restituée grâce au geste ultra précis du chef, harpiste de formation.
On ne peut que souscrire à l’intelligence oratoire et poétique de l’approche : voilà le BACH profane idéalement restitué. Le travail du chef Alexander Grychtolik s’avère particulièrement convaincante. C’est donc le CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2019 pour ce programme en tout point stimulant.

 

 

 
 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. JS BACH : Celebration cantatas / «  Entfliehet, ihr Sorgen » : BWV 205a, BWV 249a – Deutsche Hofmusik. Alexander Grychtolik. Stephan Macleod (basse), Miriam Feuersinger (soprano), Elvira Bill (alto), Daniel Johannsen (ténor) – Deutsche Hofmusik, alexander Grychtolik (direction) – 1 cd DHM Deutsche Harmonia Mundi / Berlin, sept 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2019.

 

 

 
 

 

 

Passion selon Saint-Jean

BACH mc leod concert critique annonce opera classiquenews Gli-Angeli-Geneve© FoppeSchutPOITIERS, TAP. 1er avril 2019 : BACH, Passion selon St Jean. Parmi les grandes œuvres religieuses de Johann Sebastian Bach, la Passion selon Saint Jean reste la plus introspective, celle qui parle et s’adresse directement à l’auditeur, croyant ou non. L’Évangile selon Saint Jean évoque les mortels impuissants démunis que des événements extraordinaires et troublants dépassent. Bach compose un tableau dramatique très humain aux figures marquantes dont Jésus le sacrifié et le Sauveur, Pierre le traître qui se repend, Pilate et, omniprésentes, les foules versatiles et hostiles (turba), en quête de salut, en rpoie au désespoir… En Suisse, Stephan MacLeod et l’ensemble Gli Angeli Genève (fondé en 2005) interprètent au concert l’intégrale des cantates de Bach ; un projet et une expérience musicale qui facilitent leur compréhension de cette Passion.
Les chanteurs, solistes ou chœurs, placés devant l’orchestre, font face au public ; ils projettent directement le sens du txte et le message spirituel de la Passion vers l’assemblée des auditeurs, comme les croyants à l’église.

Comparé à la Saint-Mathieu, plus humaine et fraternelle, la Saint-Jean est cet opéra sacré de Bach, plus âpre, mordant, resserré qui se concentre sur le sacrifice et la tragédie de la mort. Hautement dramatique, la partition est un sommet parfois terrifiant qui questionne le sens de la mort et des souffrances éprouvées. Comme pour la Messe en si, ou la Saint-Mathieu, le chef doit maîtriser le sens du détail comme la clarté de l’architecture contrapuntique, sans omettre le relief et surtout le sens du texte… lequel donne le tempo exact. C’est aussi une question de couleurs vocales et instrumentales… Le TAP à Poitiers accueille l’une des formations, avec Vox Luminis / Lionel Meunier, les plus convaincantes actuellement chez Bach.

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/bach/

Poitiers, TAP
JS BACH : Passion selon Saint-Jean
Lundi 1er avril 2019, 20h30
Gli Angeli
Stephan MacLeod, direction

La nouvelle Messe en si de William Christie

Les Arts Flo en résidence à La Philharmonie de ParisBARCELONE, LEIPZIG… William Christie dirige la Messe en si de BACH, 16, 19 juin 2016. Présentée pour la première fois au dernier Festival de musique religieuse à Cuenca en Espagne, pour la Semaine Sainte, le 24 mars dernier – avant la Philharmonie de Paris, la Messe en si de JS BACH par William Christie, est le dernier programme majeur défendu par le créateur des Arts Florissants. Un nouvel accomplissement à inscrire parmi ses meilleures réalisations : ample, superlative, profonde, millimétrée.
Immédiatement ce qui frappe, c’est l’énergie juvénile que Bill insuffle à son orchestre d’une formidable ductilité expressive et aux chanteurs formant le choeur des Arts Florissants. La vitalité du geste sait être détaillée, analytique sans omettre la profondeur et la justesse des intonations, ce pour chaque séquence. Il en découle une vision architecturale d’une clarté absolue qui éclaire d’une lumineuse façon toute la structure de l’édifice ; comme s’il s’agissait d’en souligner la profonde unité, l’irrésistible cohérence, alors qu’il s’agit d’un cycle que Bach a conçu sur 25 ans, sans concevoir a priori la fabuleuse totalité que nous saluons aujourd’hui”… extrait de notre compte rendu complet de la Messe en si de JS Bach par William Christie et Les Arts Florissants à Cuenca en mars 2016.

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La Messe en si de Jean-Sébastien Bach
Les Arts Florissants
William Christie, direction

 

 

Barcelone, Palais des Arts / Palau de la Musica, le 16 juin 2016, 20h30
RESERVEZ

 

Leipzig, Eglise Saint-Thomas / Thomaskirche, le 19 juin 2016, 18h
RESERVEZ : Billetterie close / sold out

 

 

 

Voir les dates sur le site des Arts Florissants.

 

 

 

CUENCA-2016-vignette-carre-cartel-smrc55LIRE notre compte rendu, concert. CUENCA (Espagne), 55ème Festival de musique religieuse. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur BWV 232. Katherine Watson, Tim Mead (contre-ténor), Reinoud van Mechellen (ténor), André Morsch (basse). Les Arts Florissants (Choeur et Orchestre). William Christie, direction

 

CUENCA (Espagne), Festival de musique sacrée. Auditorio, le 24 mars 2016 : Messe en si mineur de JS BACH. Les Arts Florissants, William Christie

CUENCA-2016-vignette-carre-cartel-smrc55BACH by BILL. Compte rendu, CUENCA (Espagne, Castilla-La Mancha). 55ème Festival de musique religieuse, Auditorio, jeudi 24 mars 2016. JS BACH : Messe en si mineur. Les Arts Florissants, William Christie. Sommet musical à Cuenca. On l’attendait impatiemment, cette nouvelle lecture de la Messe en si de Bach par William Christie. C’est absolument le bon timing pour le chef fondateur des Arts Florissants. Une première d’autant plus attendue à Cuenca, pour le festival de musique religieuse que le concert inaugure une tournée désormais marquante dans l’histoire de l’Ensemble qui passera par Paris (Philharmonie, ce 26 mars soit demain) puis Versailles (Chapelle royale), avant les autres dates dont à nouveau l’Espagne, à Barcelone en juin prochain.
Immédiatement ce qui frappe c’est l’énergie juvénile que Bill insuffle à son orchestre d’une formidable ductilité expressive et aux chanteurs formant le choeur des Arts Florissants. La vitalité du geste sait être détaillée, analytique sans omettre la profondeur et la justesse des intonations, ce pour chaque séquence. Il en découle une vision architecturale d’une clarté absolue qui éclaire d’une lumineuse façon toute la structure de l’édifice ; comme s’il s’agissait d’en souligner la profonde unité, l’irrésistible cohérence, alors qu’il s’agit d’un cycle que Bach a conçu sur 25 ans, sans concevoir a priori la fabuleuse totalité que nous saluons aujourd’hui.

Dans la Messe en si mineur de Bach, les Arts Florissants signent une lecture jubilatoire, ardente et juvénile,

Bouleversant Bach de Bill

Messe en si de Bach par William ChristieParmi les joyaux de cette réalisation, soulignons l’éblouissante compréhension de la Messe dans sa globalité, comme l’intelligence des enchaînements des séquences solistiques, chorales, instrumentales… car si l’on prend presque toutes les entrées des arias, ce sont les instruments (flûtes, hautbois d’amour, violon…) qui sont aux côtés des chanteurs, particulièrement exposés. Sous la direction de William Christie, les vertigineux contrastes d’un épisode l’autre, se révèlent avec une acuité dramatique exceptionnelle ; chaque choeur d’une exultation jubilatoire, affirme le sentiment d’avoir franchi un seuil dans l’ascension de la montagne. Peu à peu, chaque épisode choral marque les jalons d’une élévation collective, – gradation d’une ascension, emportant musiciens et public, en un continuum ininterrompu de près d’1h30mn.
Le Kyrie initial affirme l’ampleur de la vision à la fois “sereine et généreuse” pour reprendre les mots du Maestro ; et ce sentiment de solennité est enrichi par la profondeur et un souffle irrépressible. Puis les choeurs (Gloria in excelsis Deo, avec l’éclat de la trompette ; Gratias agimus tibi ; Cum Sancto Spiritu…) affirment l’avancée de l’assemblée des croyants : tout un monde nouveau, éblouissant les attend au sommet des cimes évoquées. Maître des contrastes, Bill cisèle l’expressivité mordante des solos, en particulier, à l’inquiétude tenace du contre-ténor (premier air : Qui sedes), la certitude bienheureuse du croyant dans la joie incarnée par la basse (air qui suit immédiatement : Quoniam tu solus Sanctus). Ces contrastes -magnifiquement enchaînés-, relèvent d’une maîtrise absolue de l’éloquence, mais aussi, qualité davantage explicite chez le fabuleux choeur, celle d’une exceptionnelle intelligibilité : maître de la déclamation française, William Christie se distingue plus encore chez Bach, par un souci inouï du texte dont on comprend et saisit chaque mot ; d’ailleurs le travail du choeur est l’autre point fort d’une approche inoubliable : le chef mélange les chanteurs, comme un peintre, sur sa palette, obtenant des couleurs, des accents, des combinaisons d’une étonnante activité linguistique. C’est tout d’un coup l’armée des chérubins qui fourmille dans un ciel miséricordieux, une nuée scintillante et linguistiquement miroitante dont le raffinement n’avait jamais atteint à ce degré de finesse comme d’élégance. Autre temps fort de la Messe, le surgissement de la mort, après le duo Et in unum Dominum Jesum Christum (du Credo) : sur les mots : “Crucifixus etiam pro nobis”, le choeur fait basculer le cycle dans la gravité lugubre, un gouffre noir et sombre sans lumière s’ouvre à nos pieds : dépression collective, amertume imprévue, inquiétude et angoisse… L’impact est foudroyant et la justesse du geste, irrésistible.
L’ensemble des solistes reste convaincant, mais c’est essentiellement la parure orchestrale, la très haute tenue de chaque soliste instrumental (palmes spéciales à la corniste qui accompagne la basse dans le premier air déjà cité) qui convainc. Le choeur est l’autre protagoniste clé de cette réalisation exemplaire : l’exaltation, la justesse, l’articulation, l’élan général qui convoque l’assemblée des croyants s’imposent à nous sans artifice. Et d’une rayonnante ivresse juvénile.
Quant au maestro, son engagement à défendre l’universalité de la partition (d’une vérité oecuménique), sa profonde poésie comme son dramatisme hautement expressif… tout s’accordent à ciseler une lecture essentiellement cohérente et unitaire. Sans omettre nous le soulignons un art remarquable des enchaînements dont la succession des Qui tollis peccatis (grave et intérieur), Qui sedes (pour haute contre), enfin Quoniam tu solus Sanctus (basse) surprend par la ductilité des passages ; un lien d’une indéfectible plasticité reliant les épisodes l’un à l’autre, comme s’il s’agissait des volets d’un même et seul retable. Tour à tour, l’auditeur passe de l’interrogation profonde à l’exultation contagieuse en une continuité bouleversante par sa sincérité. L’expérience est exaltante et mémorable ; elle a fait l’événement à Cuenca ; en fin de concert, le public conquis a réservé une ovation légitime et tenace au formidable ensemble des Arts Florissants. C’est en effet le grand retour de William Christie à Cuenca, depuis plus de 10 années. Programme en tournée (Paris, Philharmonie le 26 mars 2016 ; Versailles,  Chapelle royale, le 27 mars ; Barcelone, le 16 juin ; Leipzig, le 19 juin…), à ne pas manquer. Voir les dates sur le site des Arts Florissants.

Compte rendu, concert. CUENCA (Espagne), 55ème Festival de musique religieuse. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur BWV 232. Katherine Watson, Tim Mead (contre-ténor), Reinoud van Mechellen (ténor), André Morsch (basse). Les Arts Florissants (Choeur et Orchestre). William Christie, direction

Les Folies Françoises : 3 clavecins pour JS BACH

Rondeau Alard MartinParis, Orléans, les 23 et 24 mars 2016. Les Folies Françoises jouent JS Bach. Pour interpréter les Concertos pour deux et trois clavecins de JS Bach, d’une irrésistible motricité concertante, Les Folies Françoises (15 ans en 2015) réunissent 3 clavecinistes avérés, tempéraments étourdissants, tous Premiers Prix du Concours de Bruges – distinction combien prestigieuse pour les clavecinistes… : soit, Benjamin Alard, Béatrice Martin (continuiste habituelle des Folies) et Jean Rondeau. Une immersion enthousiasmante défendue par 3 solistes capables de cultiver l’art du partage et de l’écoute collective. Dans les années 1730 à Leipzig, Johann Sebastian Bach, à la tête du Collegium Musicum, donna au public plusieurs concerts au fameux Café Zimmerman, dont les concertos pour plusieurs clavecins. D’une instrumentation audacieuse voire inédites, les partitions placent au devant de la scène, le clavecin, nouveau souverain qui quitte son habituelle partie de basse continue. Nouveau soliste sollicité, le clavier ainsi réhabilité affirme son tempérament entre virtuosité, expressivité, exaltation rythmique… Les concertos pour 2 et 3 clavecins décuplent la vivacité propre à cette forme italienne si jubilatoire, donnent une gravité, une profondeur, une tendresse exceptionnelles au discours des mouvements lents; ils emportent le cÅ“ur et touchent l’âme par leur énergie enchanteresse : un défi pour chaque solistes appelés à jouer ensemble ; pour l’orchestre aussi, soumis désormais à un nouvel équilibre sonore.

 

 

 

Les Folies Françoises jouent JS BACH, de Paris à Orléans

Paris, Mercredi 23 mars 2016 à 20h30, Salle Gaveau

Orléans, Jeudi 24 mars 2016 à 20h30, Scène nationale

Concertos à 2 clavecins BWV 1060, BWV 1061a, BWV 1062
Concertos à 3 clavecins BWV 1063, BWV 1064.

Les Folies Françoises
Patrick Cohen-Akenine, direction
Avec Benjamin Allard, Béatrice Martin, Jean Rondeau, clavecins

 

 

 

La Messe en si de JS Bach sur Radio Classique

JS Bach : Messe en si. Radio Classique, mardi 14 juillet 2015, 19h30. En direct de l’Abbaye aux Dames de Saintes, Philippe Herreweghe dirige le Collegium Vocale Gent dans le sommet sacré du Director musices de Leipzig : le Messe en si, une oeuvre emblématique de toute la dévotion européenne baroque et qui regroupant plusieurs matériaux de périodes différentes, compose le grand oeuvre du compositeur. Sa génèse s’étend de 1724 à 1749 : sa destination n’étant pas liturgique (elle ne fut jamais jouée telle que nous la connaissons), la partition dans son entier synthétise la pensée chorale et l’esthétique musicale du Bach penseur, théoricien, croyant sincère et ardent.

bach_js jean sebastianLe chef-d’œuvre de Bach ? Au regard du génie et des sommets atteints par le Cantor de Leipzig, gardons-nous de tout absolu. Mais cette œuvre (nommée Messe en si mineur alors qu’elle est principalement en Ré majeur !) est symbolique à plus d’un titre. Tout d’abord, elle est la dernière composition pour chœur de Bach. De plus, elle incarne la somme du style baroque à son apogée, mais aussi de la polyphonie façon Machaut ou encore des modes et teneurs antiques. Enfin, son histoire n’est pas ordinaire. Composée durant près de 25 ans, elle réunit des partitions d’époques différentes, l’Allemand ayant puisé dans ses œuvres antérieures et ajouté des créations originales – dont les chœurs du Credo. Le résultat ? Une messe de liturgie catholique pour deux sopranos, un contralto, un ténor, une basse, un orchestre et un chœur. Cette pièce-phare conclut depuis des années le festival Bach de Leipzig mais n’avait pas été jouée par l’Atelier depuis près de quinze ans.

Le souffle solennel voire funèbre qui emporte le Kyrie introductif; le Gloria impétueux dont les trompettes claironnantes disent ce sentiment de jubilation festive adressé au nouveau Roi de Pologne (Auguste III); le mystère de l’Et incarnatus est (et sa tierce picarde dans ses 5 dernières mesures); l’exclamation des choeurs, la guirlande des cordes, flûtes et hautbois, sans omettre la prière individuelle si intérieure, entre sérénité et inquiétude (Benedictus pour ténor, Agnus Dei pour alto)… tout est dans la Messe en si mineur, une affaire de défis, de risques à surmonter, d’épreuves à vaincre, d’options à assumer (que l’on opte pour l’option des chanteurs à un par voix)…

Il faut bien l’expérience et le feu sacré d’un chef aguerri pour atteindre les fervents sommets d’une montagne magique, monument de la musique sacrée baroque comprenant 21 sections , -dont Kyrie et Gloria sont les plus anciens, remontant aux années 1730). Le chef doit transmettre sa passion du timbre et de la sonorité, de la respiration, du flux… sans diluer ni affaiblir l’intensité de la prière collective ou solistique.

La Messe en si de Jean-Sébastien Bach

Le Grand oeuvre (1724-1749)

TAP Poitiers : Philippe Herreweghe joue PromethéeLa Messe en si est une partition monumentale que porte l’auteur pendant 25 ans: c’est l’oeuvre d’une vie, l’aboutissement d’une écriture et d’une expérience musicale portée tout au long de la carrière et de la vie, comme un journal. Bach y dépose toute sa science et sa sensibilité, mais ne l’entendit jamais de son vivant.
Director Musices de Leipzig, Bach doit fournir nombre de musique pour les églises de Saint-Thomas et de Saint-Nicolas, assurer la formation des élèves à Saint-Thomas, mais aussi l’ordinaire musical de la ville entière, pour tous les événements de la vie social. On comprend aisément que le compositeur fut capable d’une organisation méthodique qui comprend le recyclage de sa musique (principe parodique), diversement utilisée selon les circonstances. Le compositeur municipal est en outre depuis 1729, chef d’orchestre, dirigeant le Collegium musicum, fondé par Telemann.
Fort heureusement si l’on peut dire, alors qu’en cette année 1733, Rameau fait son entrée à l’opéra avec son chef d’oeuvre scandaleusement génial, Hippolyte et Aricie, le patron du musicien, Frédéric Auguste Ier, prince électeur de Saxe, meurt le 1er février. Le deuil institué pendant 5 mois interdit toute musique. Bach peut ralentir le rythme.

Un poste à Dresde…
bach_jean_sebastien_portrait-eisenach-haussmann-1730Le changement de prince régnant laisse espérer un meilleur traitement et surtout des salaires mieux payés, car comme Monteverdi à Mantoue au siècle passé, Bach a du mal à se faire livrer les sommes qui lui reviennent pour ses nombreux services. Aussi décide-t-il de commencer une oeuvre grandiose, dédiée à son nouveau protecteur, Frédéric-Auguste II. De Leipzig où il se sent à l’étroit non reconnu, comme relégué, Bach adresse sa partition nouvelle à Dresde, siège de la Cour de Saxe, tout en formulant son désir d’être membre de la Chapelle de la Cour (d’autant que son fils Wilhelm Friedmann a obtenu à Dresde, un poste enviable d’organiste). La messe catholique célèbre la ferveur du Souverain dresdois qui est aussi Roi de Pologne sous le nom d’Auguste III. Bach n’est pas pour autant dépaysé par la liturgie catholique car dans le cadre luthérien peuvent être aussi écoutés Magnificat et Sanctus à Noël, pour Pâques, à la Pentecôte. Le Kyrie (perfection du style fugué) et le Credo ainsi livrés en 1733 (formant une messe latine conforme, mais brêve selon l’usage luthérien, c’est à dire sans Gloria, Sanctus et Agnus Dei), forment la première moitié de notre actuelle Messe en si. Bach y recycle des choeurs déjà écrits provenant des cantates BXV 29 et 46.

Synthèse artistique
Mais le compositeur ne laisse pas son grand projet en chemin. il ajoute le Sanctus qui puise dans une partition liée à la Nativité, datant de 1724. Ensuite, celui qui au soir de sa vie, est engagé dans son testament musical sur le mode strictement instrumental, L’art de la fugue, dans les années 1748/1749, écrit la seconde moitié de la Messe en si.
Sorte de catalogue de toutes les écritures dont était capable le musicien, l’ensemble concentre la maîtrise d’un Bach universel, encyclopédique, synthétique. Peut-être destinait-il son oeuvre à Auguste III, souhaitant plus que jamais quitter Leipzig pour Dresde… Ou encore s’agit-il d’une commande privée dont la monumentalité est liée au goût et à la volonté du Comte Johann Adam von Questerberg (mort en 1752), riche mélomane, membre de la Cour impériale Viennoise qui aurait pu financer le grand oeuvre choral du musicien toujours en quête de projets audacieux.

JS Bach : Messe en si.
En direct du Festival de Saintes

D. Mields, M. Oetzinger
D. Guillon, T. Hobbs, P. Kooy
Collegium Vocale Gent
Philippe Herreweghe, direction

JS Bach : Messe en si. Radio Classique, mardi 14 juillet 2015, 19h30. En direct de l’Abbaye aux Dames de Saintes, Philippe Herreweghe dirige le Collegium Vocale Gent