TOUL. Festival BACH, week end Variations GOLDBERG, les 29 et 30 juin 2019

TOUL-festival-Bach-annonce-concerts-festival-presentation-BACH-A-TOUL-2019-classiquenewsTOUL. Festival BACH, week end Variations GOLDBERG, les 29 et 30 juin 2019. Pascal Vigneron, directeur du Festival Bach de Toul propose ce week end, samedi 29 et dimanche 30 juin 2019, un cycle entièrement dédié aux Variations Goldberg de JS BACH, sommet absolu du genre Thème et Variations. La partition sera interprétée au piano et au clavecin et aussi à l’orgue par Pascal VIGNERON lui-même. Ce dernier a récemment fait paraître une nouvelle interprétation des Goldberg sur le grand orgue de la Cathédrale de Toul (LIRE ici notre critique du cd Variations Goldberg de Bach par Pascal Vigneron, 1cd Quantum).

 

 

 

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Un été à TOUL
pour célébrer JS BACH

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prochains concerts du Festival JS BACH Ă  Toul :

29 et 30 juin 2019 – Musée de Toul – Collégiale Saint-Gengoult – Cathédrale Saint Etienne : « « Week-End des Variations Goldberg BWV 988 ». Pieter-Jan Belder, clavecin – Dimitri Vassilakis, piano – Pascal Vigneron, orgue

7 juillet 2019 – 16h – Cathédrale Saint Etienne
Les plus belles pages de la musique baroque et classique – Bach – Haendel – Telemann – Vivaldi – Mozart.
Orchestre de Chambre du Marais, Pascal Vigneron (direction)

14 Juillet 2019 – 15h – Cathédrale Saint Etienne
La classe d’Orgue du Conservatoire National Supérieur de Lyon – Professeur : François Espinasse, Emmanuel Culcasi – Yanis Dubois – Fanny Cousseau
L’oeuvre d’Orgue de J. S. Bach

 

 

 

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TOUTES LES INFOS et les modalités pratiques pour se rendre aux concerts, événements, exposition du 10è Festival JS BACH de TOUL sur le site du Festival Bach de TOUL
https://www.toul.fr/?festival-bach-2019-10-ans

BACH festival TOUL festival BACH de toul annonce presentation programme par classiquenews

Téléchargez la brochure du 10è Festival BACH de TOUL
https://www.toul.fr/IMG/pdf/livret_bach_2019-web.pdf

LIRE notre présentation complète du Festival BACH de TOUL 2019

 

 

 

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http://www.classiquenews.com/toul-10e-festival-bach-jusquau-12-octobre-2019/TOUL, 10ème FESTIVAL BACH, jusqu’au 12 octobre 2019. En 2019, le Festival Bach de la Ville de Toul fête ses 10 ans. Noyau d’une nouvelle saison festive, soulignant les 10 ans du Festival, les Grandes Orgues de la Cathédrale Saint-Etienne célèbrent ainsi le génie de Jean-Sébastien Bach. Comme aussi les grandes pages de la musique (signées Couperin, Mozart… ou Haendel, autre génie et contemproain de Jean-Sébastien). Ainsi il n’y a pas qu’à Leipzig que les grandes orgues de la ville abordent l’écriture de Bach en en questionnant la portée poétique comme le souffle universel. Bach est indémodable ; sa musique, une source d’inspiration intacte ; les concerts et événement (conférences, exposition…) du Festival BACH à TOUL nous le prouvent encore pour sa 10è édition en 2019.

CD, critique. JS BACH : Celebration cantatas / «  Entfliehet, ihr Sorgen » : BWV 205a, BWV 249a – Deutsche Hofmusik. Alexander Grychtolik (1 cd DHM Deutsche Harmonia Mundi / 2018)

DEUTSCH-HOFMUSIK-GRYCHTOLIK-alexander-DHM-cantates-JS-BACH-249b-BWV-205a-critique-review-cd-critique-cd-classiquenews-baroque-cantatesCD, critique. JS BACH : Celebration cantatas / «  Entfliehet, ihr Sorgen » : BWV 205a, BWV 249a – Deutsche Hofmusik. Alexander Grychtolik (1 cd DHM Deutsche Harmonia Mundi / 2018). Mai 2019 marque l’agenda baroque grâce Ă  ce programme enregistrĂ© Ă  Berlin en 2018 par le jeune ensemble allemand Deutsche Hofmusik encore mĂ©connu en France. Ce qui devrait Ă©voluer sous peu si les directeurs de festivals et de salles cultivent un minimum de curiositĂ© extrafrançaise. Le harpiste et chef Alexander Grychtolik dĂ©veloppe ici un sens du texte prĂ©cis, une mĂ©trique ciselĂ©e avec des tempis souvent ralentis mais porteurs d’une belle articulation, au service de deux Cantates profanes, de “cĂ©lĂ©bration” (comme il est prĂ©cisĂ© sur la couverture), dont surtout la 249a, dite « Cantates des bergers », qui cĂ©lèbrent ses patrons, en l’occurrence l’anniversaire du duc de Saxe Weissenfels, Christian (en ce 25 fĂ©v 1725). La BWV 205a est Ă©crite pour le sacre d’Auguste III de Pologne.

 

 

 

Précis, expurgé, millimétré…
Le BACH profane d’Alexander Grychtolik

 

 

 

Alors que la France d’avant Rameau cultive un goĂ»t suave et italien, « galant », la Saxe de Bach apprĂ©cie l’articulation du verbe allemand, Ă  la façon d’une dramaturgie du verbe, parfaitement dĂ©fendue par les solistes rĂ©unis : en particulier la basse Stephan Macleod (dès son air dans la BWV 2015a), le tĂ©nor Daniel Johannsen, au style intelligible et impeccable de fluiditĂ© timbrĂ©e ; sans omettre le soprano mĂ©tallique et brillant, droit comme une trompette, et jamais vibrĂ© de Miriam Feuersinger. Chacun dĂ©fend une prĂ©cision, un allant et une expressivitĂ© au service d’un seul Ă©lĂ©ment (essentiel chez Bach) : le texte.
Voilà qui donne la clé de la recherche : si JS BACH avait écrit des opéras, ces deux cantates en auraient été les prémices directs.
L’éloquence incarnée, le sens du verbe donc, l’articulation des instruments aussi (superbe sinfonia de la BWV 249a, avec hautbois obligé : n’est ce pas la Cantate dite « des bergers »?) soulignent le souci du Bach dramatique autant que poétique. La couleur de chaque situation est magnifiquement restituée grâce au geste ultra précis du chef, harpiste de formation.
On ne peut que souscrire à l’intelligence oratoire et poétique de l’approche : voilà le BACH profane idéalement restitué. Le travail du chef Alexander Grychtolik s’avère particulièrement convaincante. C’est donc le CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2019 pour ce programme en tout point stimulant.

 

 

 
 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. JS BACH : Celebration cantatas / «  Entfliehet, ihr Sorgen » : BWV 205a, BWV 249a – Deutsche Hofmusik. Alexander Grychtolik. Stephan Macleod (basse), Miriam Feuersinger (soprano), Elvira Bill (alto), Daniel Johannsen (tĂ©nor) – Deutsche Hofmusik, alexander Grychtolik (direction) – 1 cd DHM Deutsche Harmonia Mundi / Berlin, sept 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2019.

 

 

 
 

 

 

Passion selon Saint-Jean

BACH mc leod concert critique annonce opera classiquenews Gli-Angeli-Geneve© FoppeSchutPOITIERS, TAP. 1er avril 2019 : BACH, Passion selon St Jean. Parmi les grandes œuvres religieuses de Johann Sebastian Bach, la Passion selon Saint Jean reste la plus introspective, celle qui parle et s’adresse directement à l’auditeur, croyant ou non. L’Évangile selon Saint Jean évoque les mortels impuissants démunis que des événements extraordinaires et troublants dépassent. Bach compose un tableau dramatique très humain aux figures marquantes dont Jésus le sacrifié et le Sauveur, Pierre le traître qui se repend, Pilate et, omniprésentes, les foules versatiles et hostiles (turba), en quête de salut, en rpoie au désespoir… En Suisse, Stephan MacLeod et l’ensemble Gli Angeli Genève (fondé en 2005) interprètent au concert l’intégrale des cantates de Bach ; un projet et une expérience musicale qui facilitent leur compréhension de cette Passion.
Les chanteurs, solistes ou chœurs, placés devant l’orchestre, font face au public ; ils projettent directement le sens du txte et le message spirituel de la Passion vers l’assemblée des auditeurs, comme les croyants à l’église.

Comparé à la Saint-Mathieu, plus humaine et fraternelle, la Saint-Jean est cet opéra sacré de Bach, plus âpre, mordant, resserré qui se concentre sur le sacrifice et la tragédie de la mort. Hautement dramatique, la partition est un sommet parfois terrifiant qui questionne le sens de la mort et des souffrances éprouvées. Comme pour la Messe en si, ou la Saint-Mathieu, le chef doit maîtriser le sens du détail comme la clarté de l’architecture contrapuntique, sans omettre le relief et surtout le sens du texte… lequel donne le tempo exact. C’est aussi une question de couleurs vocales et instrumentales… Le TAP à Poitiers accueille l’une des formations, avec Vox Luminis / Lionel Meunier, les plus convaincantes actuellement chez Bach.

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/bach/

Poitiers, TAP
JS BACH : Passion selon Saint-Jean
Lundi 1er avril 2019, 20h30
Gli Angeli
Stephan MacLeod, direction

La nouvelle Messe en si de William Christie

Les Arts Flo en rĂ©sidence Ă  La Philharmonie de ParisBARCELONE, LEIPZIG… William Christie dirige la Messe en si de BACH, 16, 19 juin 2016. PrĂ©sentĂ©e pour la première fois au dernier Festival de musique religieuse Ă  Cuenca en Espagne, pour la Semaine Sainte, le 24 mars dernier – avant la Philharmonie de Paris, la Messe en si de JS BACH par William Christie, est le dernier programme majeur dĂ©fendu par le crĂ©ateur des Arts Florissants. Un nouvel accomplissement Ă  inscrire parmi ses meilleures rĂ©alisations : ample, superlative, profonde, millimĂ©trĂ©e.
ImmĂ©diatement ce qui frappe, c’est l’Ă©nergie juvĂ©nile que Bill insuffle Ă  son orchestre d’une formidable ductilitĂ© expressive et aux chanteurs formant le choeur des Arts Florissants. La vitalitĂ© du geste sait ĂŞtre dĂ©taillĂ©e, analytique sans omettre la profondeur et la justesse des intonations, ce pour chaque sĂ©quence. Il en dĂ©coule une vision architecturale d’une clartĂ© absolue qui Ă©claire d’une lumineuse façon toute la structure de l’Ă©difice ; comme s’il s’agissait d’en souligner la profonde unitĂ©, l’irrĂ©sistible cohĂ©rence, alors qu’il s’agit d’un cycle que Bach a conçu sur 25 ans, sans concevoir a priori la fabuleuse totalitĂ© que nous saluons aujourd’hui”… extrait de notre compte rendu complet de la Messe en si de JS Bach par William Christie et Les Arts Florissants Ă  Cuenca en mars 2016.

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La Messe en si de Jean-SĂ©bastien Bach
Les Arts Florissants
William Christie, direction

 

 

Barcelone, Palais des Arts / Palau de la Musica, le 16 juin 2016, 20h30
RESERVEZ

 

Leipzig, Eglise Saint-Thomas / Thomaskirche, le 19 juin 2016, 18h
RESERVEZ : Billetterie close / sold out

 

 

 

Voir les dates sur le site des Arts Florissants.

 

 

 

CUENCA-2016-vignette-carre-cartel-smrc55LIRE notre compte rendu, concert. CUENCA (Espagne), 55ème Festival de musique religieuse. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur BWV 232. Katherine Watson, Tim Mead (contre-ténor), Reinoud van Mechellen (ténor), André Morsch (basse). Les Arts Florissants (Choeur et Orchestre). William Christie, direction

 

CUENCA (Espagne), Festival de musique sacrée. Auditorio, le 24 mars 2016 : Messe en si mineur de JS BACH. Les Arts Florissants, William Christie

CUENCA-2016-vignette-carre-cartel-smrc55BACH by BILL. Compte rendu, CUENCA (Espagne, Castilla-La Mancha). 55ème Festival de musique religieuse, Auditorio, jeudi 24 mars 2016. JS BACH : Messe en si mineur. Les Arts Florissants, William Christie. Sommet musical Ă  Cuenca. On l’attendait impatiemment, cette nouvelle lecture de la Messe en si de Bach par William Christie. C’est absolument le bon timing pour le chef fondateur des Arts Florissants. Une première d’autant plus attendue Ă  Cuenca, pour le festival de musique religieuse que le concert inaugure une tournĂ©e dĂ©sormais marquante dans l’histoire de l’Ensemble qui passera par Paris (Philharmonie, ce 26 mars soit demain) puis Versailles (Chapelle royale), avant les autres dates dont Ă  nouveau l’Espagne, Ă  Barcelone en juin prochain.
ImmĂ©diatement ce qui frappe c’est l’Ă©nergie juvĂ©nile que Bill insuffle Ă  son orchestre d’une formidable ductilitĂ© expressive et aux chanteurs formant le choeur des Arts Florissants. La vitalitĂ© du geste sait ĂŞtre dĂ©taillĂ©e, analytique sans omettre la profondeur et la justesse des intonations, ce pour chaque sĂ©quence. Il en dĂ©coule une vision architecturale d’une clartĂ© absolue qui Ă©claire d’une lumineuse façon toute la structure de l’Ă©difice ; comme s’il s’agissait d’en souligner la profonde unitĂ©, l’irrĂ©sistible cohĂ©rence, alors qu’il s’agit d’un cycle que Bach a conçu sur 25 ans, sans concevoir a priori la fabuleuse totalitĂ© que nous saluons aujourd’hui.

Dans la Messe en si mineur de Bach, les Arts Florissants signent une lecture jubilatoire, ardente et juvénile,

Bouleversant Bach de Bill

Messe en si de Bach par William ChristieParmi les joyaux de cette rĂ©alisation, soulignons l’Ă©blouissante comprĂ©hension de la Messe dans sa globalitĂ©, comme l’intelligence des enchaĂ®nements des sĂ©quences solistiques, chorales, instrumentales… car si l’on prend presque toutes les entrĂ©es des arias, ce sont les instruments (flĂ»tes, hautbois d’amour, violon…) qui sont aux cĂ´tĂ©s des chanteurs, particulièrement exposĂ©s. Sous la direction de William Christie, les vertigineux contrastes d’un Ă©pisode l’autre, se rĂ©vèlent avec une acuitĂ© dramatique exceptionnelle ; chaque choeur d’une exultation jubilatoire, affirme le sentiment d’avoir franchi un seuil dans l’ascension de la montagne. Peu Ă  peu, chaque Ă©pisode choral marque les jalons d’une Ă©lĂ©vation collective, – gradation d’une ascension, emportant musiciens et public, en un continuum ininterrompu de près d’1h30mn.
Le Kyrie initial affirme l’ampleur de la vision Ă  la fois “sereine et gĂ©nĂ©reuse” pour reprendre les mots du Maestro ; et ce sentiment de solennitĂ© est enrichi par la profondeur et un souffle irrĂ©pressible. Puis les choeurs (Gloria in excelsis Deo, avec l’Ă©clat de la trompette ; Gratias agimus tibi ; Cum Sancto Spiritu…) affirment l’avancĂ©e de l’assemblĂ©e des croyants : tout un monde nouveau, Ă©blouissant les attend au sommet des cimes Ă©voquĂ©es. MaĂ®tre des contrastes, Bill cisèle l’expressivitĂ© mordante des solos, en particulier, Ă  l’inquiĂ©tude tenace du contre-tĂ©nor (premier air : Qui sedes), la certitude bienheureuse du croyant dans la joie incarnĂ©e par la basse (air qui suit immĂ©diatement : Quoniam tu solus Sanctus). Ces contrastes -magnifiquement enchaĂ®nĂ©s-, relèvent d’une maĂ®trise absolue de l’Ă©loquence, mais aussi, qualitĂ© davantage explicite chez le fabuleux choeur, celle d’une exceptionnelle intelligibilitĂ© : maĂ®tre de la dĂ©clamation française, William Christie se distingue plus encore chez Bach, par un souci inouĂŻ du texte dont on comprend et saisit chaque mot ; d’ailleurs le travail du choeur est l’autre point fort d’une approche inoubliable : le chef mĂ©lange les chanteurs, comme un peintre, sur sa palette, obtenant des couleurs, des accents, des combinaisons d’une Ă©tonnante activitĂ© linguistique. C’est tout d’un coup l’armĂ©e des chĂ©rubins qui fourmille dans un ciel misĂ©ricordieux, une nuĂ©e scintillante et linguistiquement miroitante dont le raffinement n’avait jamais atteint Ă  ce degrĂ© de finesse comme d’Ă©lĂ©gance. Autre temps fort de la Messe, le surgissement de la mort, après le duo Et in unum Dominum Jesum Christum (du Credo) : sur les mots : “Crucifixus etiam pro nobis”, le choeur fait basculer le cycle dans la gravitĂ© lugubre, un gouffre noir et sombre sans lumière s’ouvre Ă  nos pieds : dĂ©pression collective, amertume imprĂ©vue, inquiĂ©tude et angoisse… L’impact est foudroyant et la justesse du geste, irrĂ©sistible.
L’ensemble des solistes reste convaincant, mais c’est essentiellement la parure orchestrale, la très haute tenue de chaque soliste instrumental (palmes spĂ©ciales Ă  la corniste qui accompagne la basse dans le premier air dĂ©jĂ  citĂ©) qui convainc. Le choeur est l’autre protagoniste clĂ© de cette rĂ©alisation exemplaire : l’exaltation, la justesse, l’articulation, l’Ă©lan gĂ©nĂ©ral qui convoque l’assemblĂ©e des croyants s’imposent Ă  nous sans artifice. Et d’une rayonnante ivresse juvĂ©nile.
Quant au maestro, son engagement Ă  dĂ©fendre l’universalitĂ© de la partition (d’une vĂ©ritĂ© oecumĂ©nique), sa profonde poĂ©sie comme son dramatisme hautement expressif… tout s’accordent Ă  ciseler une lecture essentiellement cohĂ©rente et unitaire. Sans omettre nous le soulignons un art remarquable des enchaĂ®nements dont la succession des Qui tollis peccatis (grave et intĂ©rieur), Qui sedes (pour haute contre), enfin Quoniam tu solus Sanctus (basse) surprend par la ductilitĂ© des passages ; un lien d’une indĂ©fectible plasticitĂ© reliant les Ă©pisodes l’un Ă  l’autre, comme s’il s’agissait des volets d’un mĂŞme et seul retable. Tour Ă  tour, l’auditeur passe de l’interrogation profonde Ă  l’exultation contagieuse en une continuitĂ© bouleversante par sa sincĂ©ritĂ©. L’expĂ©rience est exaltante et mĂ©morable ; elle a fait l’Ă©vĂ©nement Ă  Cuenca ; en fin de concert, le public conquis a rĂ©servĂ© une ovation lĂ©gitime et tenace au formidable ensemble des Arts Florissants. C’est en effet le grand retour de William Christie Ă  Cuenca, depuis plus de 10 annĂ©es. Programme en tournĂ©e (Paris, Philharmonie le 26 mars 2016 ; Versailles,  Chapelle royale, le 27 mars ; Barcelone, le 16 juin ; Leipzig, le 19 juin…), Ă  ne pas manquer. Voir les dates sur le site des Arts Florissants.

Compte rendu, concert. CUENCA (Espagne), 55ème Festival de musique religieuse. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur BWV 232. Katherine Watson, Tim Mead (contre-ténor), Reinoud van Mechellen (ténor), André Morsch (basse). Les Arts Florissants (Choeur et Orchestre). William Christie, direction

Les Folies Françoises : 3 clavecins pour JS BACH

Rondeau Alard MartinParis, OrlĂ©ans, les 23 et 24 mars 2016. Les Folies Françoises jouent JS Bach. Pour interprĂ©ter les Concertos pour deux et trois clavecins de JS Bach, d’une irrĂ©sistible motricitĂ© concertante, Les Folies Françoises (15 ans en 2015) rĂ©unissent 3 clavecinistes avĂ©rĂ©s, tempĂ©raments Ă©tourdissants, tous Premiers Prix du Concours de Bruges – distinction combien prestigieuse pour les clavecinistes… : soit, Benjamin Alard, BĂ©atrice Martin (continuiste habituelle des Folies) et Jean Rondeau. Une immersion enthousiasmante dĂ©fendue par 3 solistes capables de cultiver l’art du partage et de l’Ă©coute collective. Dans les annĂ©es 1730 Ă  Leipzig, Johann Sebastian Bach, Ă  la tĂŞte du Collegium Musicum, donna au public plusieurs concerts au fameux CafĂ© Zimmerman, dont les concertos pour plusieurs clavecins. D’une instrumentation audacieuse voire inĂ©dites, les partitions placent au devant de la scène, le clavecin, nouveau souverain qui quitte son habituelle partie de basse continue. Nouveau soliste sollicitĂ©, le clavier ainsi rĂ©habilitĂ© affirme son tempĂ©rament entre virtuositĂ©, expressivitĂ©, exaltation rythmique… Les concertos pour 2 et 3 clavecins dĂ©cuplent la vivacitĂ© propre Ă  cette forme italienne si jubilatoire, donnent une gravitĂ©, une profondeur, une tendresse exceptionnelles au discours des mouvements lents; ils emportent le cĹ“ur et touchent l’âme par leur Ă©nergie enchanteresse : un dĂ©fi pour chaque solistes appelĂ©s Ă  jouer ensemble ; pour l’orchestre aussi, soumis dĂ©sormais Ă  un nouvel Ă©quilibre sonore.

 

 

 

Les Folies Françoises jouent JS BACH, de Paris à Orléans

Paris, Mercredi 23 mars 2016 Ă  20h30, Salle Gaveau

Orléans, Jeudi 24 mars 2016 à 20h30, Scène nationale

Concertos Ă  2 clavecins BWV 1060, BWV 1061a, BWV 1062
Concertos Ă  3 clavecins BWV 1063, BWV 1064.

Les Folies Françoises
Patrick Cohen-Akenine, direction
Avec Benjamin Allard, BĂ©atrice Martin, Jean Rondeau, clavecins

 

 

 

La Messe en si de JS Bach sur Radio Classique

JS Bach : Messe en si. Radio Classique, mardi 14 juillet 2015, 19h30. En direct de l’Abbaye aux Dames de Saintes, Philippe Herreweghe dirige le Collegium Vocale Gent dans le sommet sacrĂ© du Director musices de Leipzig : le Messe en si, une oeuvre emblĂ©matique de toute la dĂ©votion europĂ©enne baroque et qui regroupant plusieurs matĂ©riaux de pĂ©riodes diffĂ©rentes, compose le grand oeuvre du compositeur. Sa gĂ©nèse s’Ă©tend de 1724 Ă  1749 : sa destination n’Ă©tant pas liturgique (elle ne fut jamais jouĂ©e telle que nous la connaissons), la partition dans son entier synthĂ©tise la pensĂ©e chorale et l’esthĂ©tique musicale du Bach penseur, thĂ©oricien, croyant sincère et ardent.

bach_js jean sebastianLe chef-d’œuvre de Bach ? Au regard du génie et des sommets atteints par le Cantor de Leipzig, gardons-nous de tout absolu. Mais cette œuvre (nommée Messe en si mineur alors qu’elle est principalement en Ré majeur !) est symbolique à plus d’un titre. Tout d’abord, elle est la dernière composition pour chœur de Bach. De plus, elle incarne la somme du style baroque à son apogée, mais aussi de la polyphonie façon Machaut ou encore des modes et teneurs antiques. Enfin, son histoire n’est pas ordinaire. Composée durant près de 25 ans, elle réunit des partitions d’époques différentes, l’Allemand ayant puisé dans ses œuvres antérieures et ajouté des créations originales – dont les chœurs du Credo. Le résultat ? Une messe de liturgie catholique pour deux sopranos, un contralto, un ténor, une basse, un orchestre et un chœur. Cette pièce-phare conclut depuis des années le festival Bach de Leipzig mais n’avait pas été jouée par l’Atelier depuis près de quinze ans.

Le souffle solennel voire funèbre qui emporte le Kyrie introductif; le Gloria impĂ©tueux dont les trompettes claironnantes disent ce sentiment de jubilation festive adressĂ© au nouveau Roi de Pologne (Auguste III); le mystère de l’Et incarnatus est (et sa tierce picarde dans ses 5 dernières mesures); l’exclamation des choeurs, la guirlande des cordes, flĂ»tes et hautbois, sans omettre la prière individuelle si intĂ©rieure, entre sĂ©rĂ©nitĂ© et inquiĂ©tude (Benedictus pour tĂ©nor, Agnus Dei pour alto)… tout est dans la Messe en si mineur, une affaire de dĂ©fis, de risques Ă  surmonter, d’Ă©preuves Ă  vaincre, d’options Ă  assumer (que l’on opte pour l’option des chanteurs Ă  un par voix)…

Il faut bien l’expĂ©rience et le feu sacrĂ© d’un chef aguerri pour atteindre les fervents sommets d’une montagne magique, monument de la musique sacrĂ©e baroque comprenant 21 sections , -dont Kyrie et Gloria sont les plus anciens, remontant aux annĂ©es 1730). Le chef doit transmettre sa passion du timbre et de la sonoritĂ©, de la respiration, du flux… sans diluer ni affaiblir l’intensitĂ© de la prière collective ou solistique.

La Messe en si de Jean-SĂ©bastien Bach

Le Grand oeuvre (1724-1749)

TAP Poitiers : Philippe Herreweghe joue PromethĂ©eLa Messe en si est une partition monumentale que porte l’auteur pendant 25 ans: c’est l’oeuvre d’une vie, l’aboutissement d’une Ă©criture et d’une expĂ©rience musicale portĂ©e tout au long de la carrière et de la vie, comme un journal. Bach y dĂ©pose toute sa science et sa sensibilitĂ©, mais ne l’entendit jamais de son vivant.
Director Musices de Leipzig, Bach doit fournir nombre de musique pour les Ă©glises de Saint-Thomas et de Saint-Nicolas, assurer la formation des Ă©lèves Ă  Saint-Thomas, mais aussi l’ordinaire musical de la ville entière, pour tous les Ă©vĂ©nements de la vie social. On comprend aisĂ©ment que le compositeur fut capable d’une organisation mĂ©thodique qui comprend le recyclage de sa musique (principe parodique), diversement utilisĂ©e selon les circonstances. Le compositeur municipal est en outre depuis 1729, chef d’orchestre, dirigeant le Collegium musicum, fondĂ© par Telemann.
Fort heureusement si l’on peut dire, alors qu’en cette annĂ©e 1733, Rameau fait son entrĂ©e Ă  l’opĂ©ra avec son chef d’oeuvre scandaleusement gĂ©nial, Hippolyte et Aricie, le patron du musicien, FrĂ©dĂ©ric Auguste Ier, prince Ă©lecteur de Saxe, meurt le 1er fĂ©vrier. Le deuil instituĂ© pendant 5 mois interdit toute musique. Bach peut ralentir le rythme.

Un poste Ă  Dresde…
bach_jean_sebastien_portrait-eisenach-haussmann-1730Le changement de prince rĂ©gnant laisse espĂ©rer un meilleur traitement et surtout des salaires mieux payĂ©s, car comme Monteverdi Ă  Mantoue au siècle passĂ©, Bach a du mal Ă  se faire livrer les sommes qui lui reviennent pour ses nombreux services. Aussi dĂ©cide-t-il de commencer une oeuvre grandiose, dĂ©diĂ©e Ă  son nouveau protecteur, FrĂ©dĂ©ric-Auguste II. De Leipzig oĂą il se sent Ă  l’Ă©troit non reconnu, comme relĂ©guĂ©, Bach adresse sa partition nouvelle Ă  Dresde, siège de la Cour de Saxe, tout en formulant son dĂ©sir d’ĂŞtre membre de la Chapelle de la Cour (d’autant que son fils Wilhelm Friedmann a obtenu Ă  Dresde, un poste enviable d’organiste). La messe catholique cĂ©lèbre la ferveur du Souverain dresdois qui est aussi Roi de Pologne sous le nom d’Auguste III. Bach n’est pas pour autant dĂ©paysĂ© par la liturgie catholique car dans le cadre luthĂ©rien peuvent ĂŞtre aussi Ă©coutĂ©s Magnificat et Sanctus Ă  NoĂ«l, pour Pâques, Ă  la PentecĂ´te. Le Kyrie (perfection du style fuguĂ©) et le Credo ainsi livrĂ©s en 1733 (formant une messe latine conforme, mais brĂŞve selon l’usage luthĂ©rien, c’est Ă  dire sans Gloria, Sanctus et Agnus Dei), forment la première moitiĂ© de notre actuelle Messe en si. Bach y recycle des choeurs dĂ©jĂ  Ă©crits provenant des cantates BXV 29 et 46.

Synthèse artistique
Mais le compositeur ne laisse pas son grand projet en chemin. il ajoute le Sanctus qui puise dans une partition liĂ©e Ă  la NativitĂ©, datant de 1724. Ensuite, celui qui au soir de sa vie, est engagĂ© dans son testament musical sur le mode strictement instrumental, L’art de la fugue, dans les annĂ©es 1748/1749, Ă©crit la seconde moitiĂ© de la Messe en si.
Sorte de catalogue de toutes les Ă©critures dont Ă©tait capable le musicien, l’ensemble concentre la maĂ®trise d’un Bach universel, encyclopĂ©dique, synthĂ©tique. Peut-ĂŞtre destinait-il son oeuvre Ă  Auguste III, souhaitant plus que jamais quitter Leipzig pour Dresde… Ou encore s’agit-il d’une commande privĂ©e dont la monumentalitĂ© est liĂ©e au goĂ»t et Ă  la volontĂ© du Comte Johann Adam von Questerberg (mort en 1752), riche mĂ©lomane, membre de la Cour impĂ©riale Viennoise qui aurait pu financer le grand oeuvre choral du musicien toujours en quĂŞte de projets audacieux.

JS Bach : Messe en si.
En direct du Festival de Saintes

D. Mields, M. Oetzinger
D. Guillon, T. Hobbs, P. Kooy
Collegium Vocale Gent
Philippe Herreweghe, direction

JS Bach : Messe en si. Radio Classique, mardi 14 juillet 2015, 19h30. En direct de l’Abbaye aux Dames de Saintes, Philippe Herreweghe dirige le Collegium Vocale Gent