METZ, Festival OSEZ HAYDN (6 – 9 nov 2019)

OSEZ-HAYDN-festival-homepage-METZ-582METZ, Arsenal. FESTIVAL « OSEZ HAYDN! » 6 – 9 nov 2019. L’Arsenal de METZ propose un festival 100% Joseph HAYDN pendant 4 jours… Après l’avoir créé à Paris en octobre 2018, Julien Chauvin et son ensemble, Le Concert de la Loge, sur instruments anciens, spécialistes du répertoire classique et romantique, transfèrent le concept du festival HAYDN à METZ, profitant opportunément de leur résidence à la Cité musicale de Metz (Arsenal)! Il est temps de (re)découvrir l’écriture du génie viennois, celui de Joseph Haydn, père du quatuor, de la symphonie classique, trop étouffé par MOZART. Au XVIIIè, rien de tel, car Mozart était sousestimé, et HAYDN, vénéré comme le plus grand compositeur vivant de son temps… car Haydn a presque tout inventé, véritable « aiguillon », tempérament audacieux et expérimentateur de premier plan (Beethoven l’a bien compris qui rechercha absolument à suivre ses leçons à Vienne).
Au programme du festival « OSEZ HAYDN 2019 » à METZ, du 6 au 9 nov, soit pendant 4 journées, débats, conférences, exposition, battle, pause gourmande et concerts bien sûr.. avec la coopération des artisans et des institutions de la région Grand Est. Temps forts entre autres, la confrontation des instruments d’époque et des instruments modernes le 8 nov dans les symphonies de Joseph Haydn

 

 

chauvin-julien-orchestre-de-la-loge-metz-osez-haydn-metz-arsenal-cite-musicale-metz-annone-concerts-classiquenews

 

 

Julien Chauvin, violoniste, fondateur du Concert de la Loge (DR / Arsenal de Metz 2019)

 

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Programme OSEZ HAYDN 2019
à l’Arsenal de METZ – Cité Musicale de Metz
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/temps-forts/osez-haydn

 

 

 

Mercredi 6 novembre 2019

 

 

CONFÉRENCE | 18h30
Salon Claude Lefebvre
La lutherie à Mirecourt au XVIIIe siècle
Roland Terrier et Jean-Paul Rothiot racontent comment la lutherie se développe à Mirecourt, petite ville des Vosges au cours du siècle ; ils y détectent et analysent les influences des écoles allemande et italienne sur les violons fabriqués pendant cette période.
Roland Terrier – luthier
Jean-Paul Rothiot – historien

 

 

19h30, vernissage
EXPOSITION La lutherie dans tous ses états
Grand Hall
Exposition organisée par le musée de la Lutherie et de l’archèterie françaises de Mirecourt et le Collectif Colof – horaires : du mercredi 6 à samedi 9 nov 2019, de 13h–18h

 

 

 

Jeudi 7 novembre 2019

 

 

HAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019CONCERT | 20h
Salle de l’Esplanade
Les Sonates pour pianoforte de Haydn
Sonate en ré majeur
Sonate n°35 en la bémol majeur
Andante et variations en fa mineur
Sonate en sol majeur
Sonate en mi bémol majeur
Alain Plan̬s Рpianoforte

 

 

 

Vendredi 8 novembre 2019

 

 

CONFÉRENCE | 18h30
Salon Claude Lefebvre
Haydn et sa présence à Paris
L’engouement pour les symphonies de Haydn à Paris à la fin du XVIIIe siècle infiltrait tous les aspects de la vie musicale : tous les concerts de  l’époque commençaient et se terminaient par l’une de ses symphonies, on les jouait également durant les entractes des comédies et des tragédies lyriques. Haydn n’eut donc jamais besoin de venir à Paris pour  promouvoir ses œuvres. Intervenant :
Alexandre Dratwicki – musicologue et directeur scientifique du Palazzetto Bru Zane qui est le Centre de musique romantique française établi à Venise.

 

 

CONCERT | 20hHAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019
Grande salle
“Deux Haydn sinon rien”
Le Concert de la Loge
L’Orchestre National de Metz
Julien Chauvin – direction
Antoine Pecqueur Рpr̩sentation

Symphonie n°86 en ré majeur
(Le Concert de la Loge)

Symphonie n°45 « Les Adieux »
(Orchestre national de Metz)

 

 

 

Samedi 9 novembre 2019

 

 

CONFÉRENCE À PLUSIEURS VOIX | 14h
Salon Claude Lefebvre
Un salon de musique chez Monsieur Haydn
Le collectif lorrain de la facture instrumentale (COLOFIN) propose une  installation présentant des instruments historiques mêlés à des créations sorties des ateliers de plusieurs membres de ce groupe de  luthiers lorrains. L’exposition sera articulée autour d’un piano carré historique Frederic Beck fait à Londres en 1777.
Alain Meyer – Luthier

GOÛTER VIENNOIS | 15h30-17h30
Bar – Présentation du chocolat “Quatuor” et dégustation de chocolat chaud et de viennoiseries, préparés et présentés par Philippe Maas (chocolatier).

 

 

DÉBAT | 16h
Salon Claude Lefebvre
“Battle : Mozart vs Haydn”
Le débat, qui opposera deux fervents défenseurs de Mozart et de Haydn, tente d’expliquer la marginalisation des opéras de Haydn et de rappeler la très grande théâtralité de sa musique. Ce sera aussi aux auditeurs de trancher entre ces innovateurs! Attaché à la Cour des princes Esterhazy, près de Vienne, Haydn compose quantité de pièces divertissantes et plusieurs opéras encore aujourd’hui minorés et très peu joués, quand ils sont comme ceux de Mozart, d’une facétie dramatique post rossinienne, d’une élégance toute viennoise et mozartienne.

Marc Vignal – musicologue
Ivan Alexandre – journaliste

 

 

HAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019CONCERT | 18h
Salle de l’Esplanade   ”Haydn Intime”
Chantal Santon-Jeffery – soprano
Florent Albrecht – piano
Lucien Pagnon – violon
Lucile Perrin – violoncelle

Canzonettas & Lieder / Sonate en ut majeur – 1er mouvement / Fantaisie en ut majeur – Presto / Cantate Arianna a Naxos / Variations en fa mineur

 

 

CONCERT | 20hHAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019
Grande salle
“Un soir sacré aux Tuileries “
Florie Valiquette – soprano
Ad̬le Charvet Рalto
Reinoud Van Mechelen Рt̩nor
Andreas Wolf – baryton
Ensemble Aedes – Mathieu Romano
Le Concert de la Loge 

 

 

 

 

 

 

 

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RESERVATIONS & INFORMATIONS
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/temps-forts/osez-haydn

OSEZ-HAYDN-festival-homepage-METZ-582

 

 

 

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HAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019

 

METZ, Arsenal. FESTIVAL « OSEZ HAYDN! » 6 – 9 nov 2019

OSEZ-HAYDN-festival-homepage-METZ-582METZ, Arsenal. FESTIVAL « OSEZ HAYDN! » 6 – 9 nov 2019. Après l’avoir créé à Paris en octobre 2018, Julien Chauvin et son ensemble, Le Concert de la Loge, sur instruments anciens, spécialistes du répertoire classique et romantique, transfèrent le concept du festival HAYDN à METZ, profitant opportunément de leur résidence à la Cité musicale de Metz (Arsenal)! Il est temps de (re)découvrir l’écriture du génie viennois, celui de Joseph Haydn, père du quatuor, de la symphonie classique, trop étouffé par MOZART. Au XVIIIè, rien de tel, car Mozart était sousestimé, et HAYDN, vénéré comme le plus grand compositeur vivant de son temps… car Haydn a presque tout inventé, véritable « aiguillon », tempérament audacieux et expérimentateur de premier plan (Beethoven l’a bien compris qui rechercha absolument à suivre ses leçons à Vienne).
Au programme du festival « OSEZ HAYDN 2019 » à METZ, du 6 au 9 nov, soit pendant 4 journées, débats, conférences, exposition, battle, pause gourmande et concerts bien sûr.. avec la coopération des artisans et des institutions de la région Grand Est. Temps forts entre autres, la confrontation des instruments d’époque et des instruments modernes le 8 nov dans les symphonies de Joseph Haydn

 

 

chauvin-julien-orchestre-de-la-loge-metz-osez-haydn-metz-arsenal-cite-musicale-metz-annone-concerts-classiquenews

 

 

Julien Chauvin, violoniste, fondateur du Concert de la Loge (DR / Arsenal de Metz 2019)

 

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Programme OSEZ HAYDN 2019
à l’Arsenal de METZ – Cité Musicale de Metz
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/temps-forts/osez-haydn

 

 

 

Mercredi 6 novembre 2019

 

 

CONFÉRENCE | 18h30
Salon Claude Lefebvre
La lutherie à Mirecourt au XVIIIe siècle
Roland Terrier et Jean-Paul Rothiot racontent comment la lutherie se développe à Mirecourt, petite ville des Vosges au cours du siècle ; ils y détectent et analysent les influences des écoles allemande et italienne sur les violons fabriqués pendant cette période.
Roland Terrier – luthier
Jean-Paul Rothiot – historien

 

 

19h30, vernissage
EXPOSITION La lutherie dans tous ses états
Grand Hall
Exposition organisée par le musée de la Lutherie et de l’archèterie françaises de Mirecourt et le Collectif Colof – horaires : du mercredi 6 à samedi 9 nov 2019, de 13h–18h

 

 

 

Jeudi 7 novembre 2019

 

 

HAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019CONCERT | 20h
Salle de l’Esplanade
Les Sonates pour pianoforte de Haydn
Sonate en ré majeur
Sonate n°35 en la bémol majeur
Andante et variations en fa mineur
Sonate en sol majeur
Sonate en mi bémol majeur
Alain Plan̬s Рpianoforte

 

 

 

Vendredi 8 novembre 2019

 

 

CONFÉRENCE | 18h30
Salon Claude Lefebvre
Haydn et sa présence à Paris
L’engouement pour les symphonies de Haydn à Paris à la fin du XVIIIe siècle infiltrait tous les aspects de la vie musicale : tous les concerts de  l’époque commençaient et se terminaient par l’une de ses symphonies, on les jouait également durant les entractes des comédies et des tragédies lyriques. Haydn n’eut donc jamais besoin de venir à Paris pour  promouvoir ses œuvres. Intervenant :
Alexandre Dratwicki – musicologue et directeur scientifique du Palazzetto Bru Zane qui est le Centre de musique romantique française établi à Venise.

 

 

CONCERT | 20hHAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019
Grande salle
“Deux Haydn sinon rien”
Le Concert de la Loge
L’Orchestre National de Metz
Julien Chauvin – direction
Antoine Pecqueur Рpr̩sentation

Symphonie n°86 en ré majeur
(Le Concert de la Loge)

Symphonie n°45 « Les Adieux »
(Orchestre national de Metz)

 

 

 

Samedi 9 novembre 2019

 

 

CONFÉRENCE À PLUSIEURS VOIX | 14h
Salon Claude Lefebvre
Un salon de musique chez Monsieur Haydn
Le collectif lorrain de la facture instrumentale (COLOFIN) propose une  installation présentant des instruments historiques mêlés à des créations sorties des ateliers de plusieurs membres de ce groupe de  luthiers lorrains. L’exposition sera articulée autour d’un piano carré historique Frederic Beck fait à Londres en 1777.
Alain Meyer – Luthier

GOÛTER VIENNOIS | 15h30-17h30
Bar – Présentation du chocolat “Quatuor” et dégustation de chocolat chaud et de viennoiseries, préparés et présentés par Philippe Maas (chocolatier).

 

 

DÉBAT | 16h
Salon Claude Lefebvre
“Battle : Mozart vs Haydn”
Le débat, qui opposera deux fervents défenseurs de Mozart et de Haydn, tente d’expliquer la marginalisation des opéras de Haydn et de rappeler la très grande théâtralité de sa musique. Ce sera aussi aux auditeurs de trancher entre ces innovateurs! Attaché à la Cour des princes Esterhazy, près de Vienne, Haydn compose quantité de pièces divertissantes et plusieurs opéras encore aujourd’hui minorés et très peu joués, quand ils sont comme ceux de Mozart, d’une facétie dramatique post rossinienne, d’une élégance toute viennoise et mozartienne.

Marc Vignal – musicologue
Ivan Alexandre – journaliste

 

 

HAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019CONCERT | 18h
Salle de l’Esplanade   ”Haydn Intime”
Chantal Santon-Jeffery – soprano
Florent Albrecht – piano
Lucien Pagnon – violon
Lucile Perrin – violoncelle

Canzonettas & Lieder / Sonate en ut majeur – 1er mouvement / Fantaisie en ut majeur – Presto / Cantate Arianna a Naxos / Variations en fa mineur

 

 

CONCERT | 20hHAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019
Grande salle
“Un soir sacré aux Tuileries “
Florie Valiquette – soprano
Ad̬le Charvet Рalto
Reinoud Van Mechelen Рt̩nor
Andreas Wolf – baryton
Ensemble Aedes – Mathieu Romano
Le Concert de la Loge 

 

 

 

 

 

 

 

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RESERVATIONS & INFORMATIONS
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/temps-forts/osez-haydn

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HAYDN-OSEZ-metz-arsenal-6-9-nov-2019

 

CD, compte rendu critique, coffret événement. HAYDN : intégrale des 107 Symphonies sur instruments anciens : Brüggen, Hogwood, Dantone (35 cd DECCA).

HAYDN 107 symphonies period instruments hogwood bruggen dantone 36 cd decca mai 2016 accademia bizantina ottavio dantone review critique classiquenewsCD, compte rendu critique, coffret événement. HAYDN : intégrale des 107 Symphonies sur instruments anciens : Brüggen, Hogwood, Dantone (35 cd DECCA). COFFRET SUPERLATIF. Le coffret de cette intégrale du Haydn symphoniste est tout simplement superlatif. Le corpus récapitule l’apport grandiose et incontournable de Joseph Haydn (1732-1809), père génial du Quatuor et surtout de la Symphonie, dont il fait des standards, emblèmes de la société civilisée et philosophique à l’époque de la Révolution française. Pénétrée par l’esprit des Lumières, la centaine de Symphonies ainsi réestimées, – corpus dont nous suivons l’évolution majeure, depuis les années 1750, jusqu’aux accomplissements des années 1790, quand Joseph compose des partitions applaudies et vénérées à Londres et à Paris, dans toute l’Europe-, est une somme orchestrale qui permet d’atteindre un âge d’or formel, copié après lui par tous les grands romantiques, y compris Beethoven… et Mozart, le premier d’entre tous.

Soit une intégrale en 107 symphonies ; le sujet intéresse les tenants de la révolution musicale sur instruments anciens ; l’équivalent de ce que fait aujourd’hui un Jérémie Rhorer pour les opéras de Mozart (comme le démontre et le confirme son récent live parisien de l’Enlèvement au Sérail, édité chez Alpha, ce mois ci : lire la critique de l’Enlèvement au Sérail de Mozart par Jérémie Rhorer et Le Cercle de l’Harmonie… Des anciens, Hogwood et Brüggen à présent décédés, à aujourd’hui Dantone et donc Rhorer, la vitalité expressive des instruments d’époque retrouve le format et l’esthétique original, pas encore (et jamais originelle : qui peut savoir ? Et techniquement cela reste impossible…), mais un nouveau spectre sonore, une nouvelle palette de couleurs et d’accents révolutionnent totalement notre compréhension profonde des oeuvres.

Ainsi s’agissant des Symphonies de Haydn, les grands chefs se retrouvent, confrontés chacun à la fantaisie souvent ahurissante, voire expérimentale de Joseph Haydn, depuis son service chez le Comte Morzin puis pour les princes Esterhazy à Esterhaza… Une matière complexe, exigeant un savoir faire, un lacher prise, une inventivité exceptionnellement développée et une souplesse de ton qui révèlent ainsi les meilleurs interprètes… A Hogwood et son Academy of Ancient Music revient dès le début des années 1980 (1984 précisément pour les 100 et 104, puis 1985 pour le 96, soit les plus récentes dans le catalogue mais les anciennes quant aux dates d’enregistrement), pour le label l’Oiseau Lyre / Decca à l’époque, – plus proches de nous, au cours des années 1990: les Symphonies A, B, 1 à 25, 27-34, 36, 17, 40, 53-57 ; en 2000 et 2005, 60-64, 66-77 ;

BruggenA l’immense Frans Brüggen revient deux cycles : l’un avec l’Orchestra of the Age of Enlightenment : soit les 19 “Sturm und Drang” (jalon primordial pour l’expression emblématique de ce courant esthétique entre Baroque et Romantisme), 26, 35, 38, 39, 41-52, 58, 59 et 65 ; le second avec l’Orchestra of the Eighteenth Century pour les Symphonies au style européen, emblématique de ce goût des Lumières : et qui témoignent surtout de la diffusion exceptionnelle voire inédite d’un Symphoniste en Europe : les 6 “Paris” 82-87 ; les 88-92; La concertante London n°12, enfin les dernières : 93-104. Le chef enregistre ses premières Symphonies à Utrecht (n°90, live) dès 1984), puis à 1986 (93) et 1987 (103); puis complète son cycle à Londres, Paris (Symphonies parisiennes, cité de la musique, 1996)… de 1994 à 1997.

En fin au plus jeune, cadet des deux précédents : Ottavio Dantone, dont le tempérament latin apporte une conception renouvelée de la ciselure expressive et poétique : Symphonies 78-81, particulièrement appréciée par la Rédaction cd de classiquenews, enregistrées en juin, juillet et septembre 2015 en Italie (Bagnacavallo).

Le projet Decca marque l’écoute en ce qu’il réunit 3 tempéraments d’exception, 3 chefs de première importance qui composent aussi les jalons de l’interprétation des orchestres sur instruments d’époque : où l’éloquence nouvelle des couleurs d’époque dans leur format d’origine redéfinit l’équilibre global, l’esthétique expressive et poétique, dévoile surtout sur le plan du style et des idées, la vision du chef. Solaire, ou Apollinien, parfois distancié et comme en dehors de la matière palpitante et humaine du chant haydnien, le Britannique Christopher Hogwood dont le geste a marqué avant tous les autres, l’approche historiquement informée des Symphonies de Haydn, avec un orchestre au format idéal, en impose par son souverain équilibre, une éloquence lisse, parfaite, sans aspérités ni tensions contradictoires… pour autant captivante sur le long terme ?
De leurs côtés, et finalement de la même école, – alliant la souplesse et la vivacité coûte que coûte, les frémissants Hans Brüggen et l’espiègle, très imaginatif et plus récent, cadet des trois, Ottavio Dantone, saisit par leur subtilité expressive, un travail remarquablement caractérisé, qui n’hésite pas à rapprocher toutes les symphonies dans chacune de leur séquence, … de l’opéra. Opéras pour instruments, voilà une conception qui prévaut chez chacun d’eux. Que vaut l’écoute de quelques cd étalons, pris à la volée et presque en aveugle ? Que révèlent-ils de chacun des maestros ?

Hogwood, Brüggen, Dantone… 3 chefs viscéralement haydniens

bruggen CLASSIQUENEWS presentation review Frans-Bruggen-Annelies-van-der-VegtHANS BRÃœGGEN, le poète vif-argent. Noblesse passionnante, et triomphe sous jacente des idées des Lumières, les Symphonies 90, 91 et 92 de 1788 et 1789 illuminent par l’effet d’une puissante certitude qui s’exprime essentiellement par le feu d’un orchestre suractif et aussi instrumentalement caractérisé : ce triplet, dont le finale est l’éloquence vive et loquace de la Symphonie “Oxford” est l’une des plus mozartiennes de Haydn : une jubilation permanente qui est portée par un sourire lumineux, crépitant, d’une justesse humaine, souvent enthousiasmante. Ne serait-ce que pour ce seul cd, le geste vif, souple d’un Brüggen admirable de vivacité convainc et surprend par son allure tendre et déterminé : du nerf et de la douceur tour à tour. Un modèle d’équilibre et une claire conscience des couleurs de chaque instruments d’époque.
Même aboutissement avec le cd 33 : la n°96 à juste titre intitulée “Miracle” : grandeur solaire et pourtant très expressive, en particulier dans le sens de l’articulation instrumentale (hautbois dans le Menuetto) ; flûte mordante incisive du Finale noté Vivace assai : vitalité malicieuse, grandeur nimbé de lueurs préromantiques propres au début des années 1790 (1791) ; facétie “Militaire” qui devient feu crépitant et ronde urbaine civilisée pour la n°100 en sol majeur : au dessin instrumental virevoltant : Brüggen s’y montre fabuleusement espiègle, totalement convaincant avec son orchestre du XVIIIè siècle.

CHRISTOPHER HOGWOOD, solaire et apollinien,… trop parfait ? La mécanique Hogwood est d’un équilibre parfait, parfois trop distanciée, et donc un rien trop huilée, sans vrai nécessité.
hogwood-christopher-582-594-une-actualite-classiquenews-coffret-oiseau-lyre-bach-vivaldi-mozart-haydnPropre aux années dorées du support cd, soit les années 1980, le geste, s’il tourne parfois à l’exercice systématisé (excès de la demande marketing?), d’une rare exigence philologique du chef britannique fouille le legs haydnien dans ses moindres détails : au point de présenter par exemple : la Symphonie n°54 dans ses deux versions (cd 16) : c’est un travail exigeant et jusqu’au boutiste qui souhaite comprendre de l’intérieur la fabrique du Haydn symphoniste. Versions diverses où le magicien sorcier de la matière symphonique régorganise l’ordre des mouvements, cherchant dans une expérimentation continuelle la meilleure formule : bousculant les premiers standards pour choisir en définitive, deux adagios tout d’abord, auxquels succèdent le Menuet et le Presto final. Peu à peu les idées se précisent et s’organisent; de l’émergence première à l’organisation du discours : l’acuité et la probité de l’entreprise convainquent tout à fait ; et l’on comprend que pour permettre aux Brüggen et Dantone de poursuivre dans cette voie décisive, en provenance d’Angleterre, il a fallu qu’un Hogwood ouvre la voie et prépare aux audaces suivantes. Ce cd 16 résume à lui seul toute la pertinence de la vision Hogwood. De séquence en épisode, chacun idéalement caractérisé, se dessine et la justesse de l’interprète, et la bouillonnante activité créatrice du compositeur (ici, en 1774 : au carrefour du baroque et du préromantisme…).
Dans une autre acoustique, plus proche, chambriste et mordante par son acuité instrumentale, la transposition des Symphonies 94 ” “, 100 “Militaire”, 104 “Londres”, signée Salomon, transcripteur et agent à Londres de Haydn, toujours soucieux de diffuser sa musique, y compris dans des arrangements pour quelques instruments (pianoforte, flûte et quatuor à cordes ; ultime avatar du rayonnement des Å“uvres de Haydn ainsi diffusées à Londres en 1791, 1793, 94 et 95. Là aussi la curiosité de Hogwood et ses solistes de l’Academy of Ancient Music.

dantone ottavio-dantoneLE MIRACLE DANTONE. Quel sens du contraste chez Ottavio Dantone dont l’allegro spirituoso de la Symphonie 80, pleine de rebondissements et contrastes dramatiques, dévoile cette fièvre et ce débridé élégantissime si absent chez les Britaniques. L’Accademia Bizantina fait miracle de chaque trait instrumental, chaque pause, négociant aussi les silences, restituant à une musique courtoise et civilisée, prise de façon trop artificielle ou donc mécanique ailleurs, regorge de vitalité simple, de nerf franc, de santé première : un miracle de jaillissement impétueux, cependant idéalement canalisé par ses intentions, son style, sa claire élocution. De toute évidence, Dantone a clairement choisi le feu scintillant d’un Brüggen plutôt que la Rolls routinière Hogwood. Le sens des dynamiques, la balance sonore globale, l’équilibre des couleurs et des timbres par pupitre relèvent d’une direction miraculeuse. Jamais ici le chambrisme des cordes, propre à l’orchestre de chambre ne sacrifie l’éclat millimétré des accents de chaque instruments. C’est bien le propre des instruments d’époque que d’affirmer une carte des identités sonores nouvelles, plus intenses, pleine de caractère, certes moins globalement puissante, mais plus finement caractérisée. Ce dosage, cette alchimie sont parfaitement comprises et exploités par Dantone (la ligne de la flûte au dessus de cordes dans l’Adagio de la même n°80 de 1784) : miracle d’inventivité, d’un nerf pulsionnel Strum und Drang ; mais aussi d’un raffinement de teintes et de couleurs d’une perfection allusive phénoménale. Ottavio Dantone relève haut la main par sa très grande sensibilité : chaque éclair dramatique est revitalisé, dans une vision globale énergique qui saisit chaque contraste sans en gommer un seul : une délicatesse jamais maniérée qui enchante et s’enivre dans la nervosité sanguine Sturm und Drang de l’Allegro ; la suprême lumière intérieure de l’Adagio, le movement le plus long, résolument par ses teintes et son caractère plus introspectif, moins noble que nostalgique : Empfindsamkeit. Armida de Haydn en tournéeCe dont le chef et son orchestre sont capables d’un épisode à l’autre est stupéfiant de vitalité, d’expressivité fine et ciselée, de couleurs… L’on avait jamais écouté avant lui tant d’arguments, de récits opposés, associés, accordés : l’imagination du maestro inspiré (magicien par ses idées innombrables) rend le plus hommage à Haydn. C’est fluide, allant, naturel et aussi d’une fantaisie espiègle souvent absente de ses prédécesseurs. Alors oui, la compréhension de l’Accademia Bizantina affirme aujourd’hui, ce miracle sonore et expressif que seul apporte un orchestre d’instruments anciens. Comme affûtées, mordantes, presque acides mais d’une ductilité là encore frémissante (parfaitement accordées à l’esthétique scintillante et surexpressive, très empfindsamkeit, les Symphonies du cd 24, plus tardives (n°78 et 79), harmoniquement plus tendue s’imposent tout autant, avec une gestion dramatique saisissante (tension/détente du Vivace introductif de la 78), d’autant que Dantone semble ciseler le moindre accent, dévoilant la subtile et souvent imprévisible texture, souvent rugueuse et métallique aux couleurs particulièrement changeantes : véritables éclairs aux cors, caquetage des bois, permanente fantaisie, et parfois délirante ivresse (excellent Menuetto de la 78). Trois maîtres de la baguette pour une intégrale musicalement irrésistible et très éloquente se révèlent dans ce coffret majeur. CLIC de CLASSIQUENEWS de l’été 2016.

CLIC D'OR macaron 200CD, compte rendu critique, coffret événement. HAYDN : intégrale des 107 Symphonies sur instruments anciens : Brüggen, Hogwood, Dantone (35 cd DECCA

Livres. Joseph Haydn par Frédéric Gonin (Actes Sud)

actes sud joseph haydn biographieLivres. Joseph Haydn par Frédéric Gonin (Actes Sud). Le bon papa Haydn, à Vienne : jovial, poli, diplomate, mesuré, équilibré en tout, surtout dans son caractère et naturellement dans sa musique fut comme le dévoile cette biographie bien trempée, une personnalité affirmée, sûre de son métier et de ses compétences, d’une audace et d’un humour portés par une éducation parfaite qui rendait son commerce et sa compagnie, totalement délectables. Inventeur du quatuor à cordes, au point de placer Vienne au sommet des villes européennes les plus élégantes et les mieux productives, approfondissant comme nul autre avant Beethoven, le genre symphonique et la musique de chambre, Haydn prend ici une stature de pionnier, de visionnaire, de défricheur voire de défenseur de sa corporation, n’hésitant pas à revendiquer le maintien d’avantages liés à sa charge pour lui et ses confrères de l’orchestre, auprès du prince Esterhazy, son employeur dans la périphérie de Vienne…

 

 

 

Joseph Haydn :

conservateur mais hyperactif et visionnaire

 

haydn_joseph_aristoDommage cependant que l’auteur lyrique ne soit pas plus évoqué, expliqué, explicité car Haydn avant Mozart, justement pour la Cour des Esterhazy et le théâtre du palais d’Esterhaza, fut fécond en matière d’opéras italiens, en particulier dans le genre buffa et comique : c’est là le pan de la recherche à approfondir et la source de futures découvertes (qui rend d’ailleurs inestimables le legs discographique que signa Antal Dorati, pilote passionnant d’une intégrale lyrique chez Decca). C’est une veine poétique d’une infinie subtilité que Haydn prit soin de cultiver tout en sachant qu’il ne pouvait pas concurrencer le génie de Mozart dans ce domaine… Plus significatif, les commentaires sur la musique vocale sacrée comprenant évidemment le genre de l’oratorio (très tôt abordé) et surtout ses messes et cantates, particulièrement destinées à la ferveur de sa patronne à Esterhaza toujours, et qui témoignent d’un génie toujours mésestimé, car encore ici, Haydn souffre d’une supériorité concurrente, non plus celle de Mozart (quoique) mais de son propre frère Michael Haydn, alors maître de chapelle très actif pour la Cour du Prince-Archevèque de Salzbourg. La personnalité complexe du faux conservateur Haydn transparaît avec finesse et nuances. De quoi réhabiliter la stature d’un Haydn réformateur et concepteur de premier plan, à l’égal de Mozart et de Beethoven à venir,  dont la force d’invention explique qu’il reste l’une des personnalités musicales les plus célébrées (à juste titre) de son vivant.

 

CLIC D'OR macaron 200La lecture est d’autant plus aisée, et l’apport synthétique, éloquent… que l’approche a été remarquablement conçue ; thématisée, elle est complémentaire et exhaustive charpentée en quatre grandes parties : 1) La vie tout d’abord (premières années, au service du prince Esterhazy, un homme libre) ; 2) la personnalité (le conservateur, l’homme simple et modeste…  ; enfin 3) le style (une constante volonté de renouvellement, le style galant, la notion de classicisme, les éléments du style haydnien ; puis, 4) l’Å“uvre (la musique symphonique, la musique de chambre, l’ouvre pour clavier, la musique vocale profane et sacrée …). Complété par une chronologie et une sélection bibliographique et discographique, voici l’un des meilleurs textes de la collection ” classica “  éditée par Actes Sud.

 

 

Livres. Joseph Haydn par Frédéric Gonin (Actes Sud). ISBN 978-2-330-03405-4. Parution : septembre 2014.