LILLE, les 3 et 4 mars 2022. MOZART, MENDELSSOHN… Orchestre National de Lille

de-vriend-jan-willem-maestro-chef-classiquenews-orch-national-de-lille-marcel-Boek-classiquenews-concerts-orchestre-national-lille-streamingLILLE, les 3 et 4 mars 2022. MOZART, MENDELSSOHN… L’Orchestre National de Lille souligne un apport éloquent du Siècle des Lumières : l’esprit conciliateur, le plaisir de la conversation, les étincelles spirituelles qui électrisent l’intelligence collective. Avec le programme intitulé « Dialogue en musique », plein feux sur cette brillance concertante, incarnée par deux génies jeunes, Mozart et Mendelssohn… Chef-d’œuvre de la maturité de Wolfgang, la Symphonie concertante entremêle le violon et l’alto avec un incroyable bonheur. À la tête de l’Orchestre National de Lille, Jan Willem de Vriend (photo ci dessus) réunit deux des plus brillantes interprètes de la jeune génération : Liya Petrova et Lise Berthaud. Fidèle à son habitude, le chef néerlandais nous entraîne ensuite vers des rivages musicaux originaux, ceux gorgés d’une saine énergie et cultivée sous le sceau d’une majesté jupitérienne : la Symphonie n°5 de Félix Mendelssohn, dite « Réformation », composée pour commémorer le tricentenaire de la Réforme Protestante. Volontiers œcuménique, Mendelssohn fusionne hymne catholique, chants grégoriens, chorals de Luthériens. La partition est conforme à l’idéal mozartien, un joyau de chaleur, d’humanité, de mystère (orchestration grave et cuivrée).
Se distingue entre autres, le premier Andante d’ouverture … l’ampleur et la profondeur toute en pudeur convoquent là encore la pure effusion et une subtilité mystérieuse qui doit saisir par sa gravité foudroyante. Souvent les chefs minimisent l’énigmatique, qui colore toute l’oeuvre de Mendelssohn, sous son entrain lumineux : le surgissement de l’inexprimable, la sidération et la révélation du sublime (ce que Wagner utilisera à la fin du siècle dans Parsifal pour exprimer lui aussi le divin, la manne qui descend sur terre)… et qui se réalise dans le formidable choral luthérien qui introduit le dernier mouvement, véritable clé de voûte de tout l’ensemble.

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RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’Orchestre National de Lille
https://www.onlille.com/saison_21-22/concert/dialogue-en-musique/
DIALOGUE EN MUSIQUE
Jan Willem de Vriend dialogue
avec Mozart et Mendelssohn.
Jeudi 3 mars 2022 — 20h
Vendredi 4 mars 2022 — 20h
LILLE – Auditorium du Nouveau Siècle

[ Tarif 1 ]
—
± 1h20 avec entracte

 

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MOZART
Chaconne / Ballet, extraits d’Idomeneo
Symphonie concertante pour violon et alto

MENDELSSOHN
Symphonie n°5, « Réformation »

Jan Willem de Vriend Direction
Liya Petrova Violon
Lise Berthaud Alto
Orchestre National de Lille

 

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VOIR la symphonie concertante de Mozart pour violon et alto / Candida Thompson & Sergei Khachatrian – Live concert HD oct 2015, Concertgebouw Amsterdam / Amsterdam Sinfonietta :
https://www.youtube.com/watch?v=uARGjSI9ynE

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Musique funèbre et Requiem de MOZART par l’Orchestre National de Lille

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsRADIO CLASSIQUE, sam 23 oct, 21h. ON LILLE joue Mozart. Le chef nĂ©erlandais Jan Willem de Vriend, chef invitĂ©, dirige l’Orchestre National de Lille – Le National de LILLE Ă©claire le dernier Mozart touchĂ© par la grâce… Au programme d’abord, la Musique funèbre maçonnique, courte pièce composĂ©e en 1785, alors que Mozart a rĂ©cemment intĂ©grĂ© la franc-maçonnerie. La Musique funèbre est dĂ©diĂ©e Ă  la mĂ©moire de deux frères maçons. Son caractère cultive une atmosphère sombre et grave proche du Requiem, pièce majeure du concert enregistrĂ© les 6 et 7 octobre derniers Ă  l’Auditorium du Nouveau Siècle Ă  Lille. LIRE ici notre prĂ©sentation complète du concert MOZART par l’Orchestre National de Lille et Jan Willem de Vriend.
A sa mort (le 5 décembre 1791), MOZART (fil conducteur de la nouvelle saison 2021 2022 de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille) laisse sa dernière partition, inachevée : entre ténèbres et lumière, seuls l’Introït et le Kyrie sont achevés. A la demande de sa veuve Constanze, son élève Franz-Xaver Süssmayer, recycle les thèmes mozartiens aboutis et terminent le Requiem.

A Lille, la distribution réunit la soprano Sarah Wegener, l’alto Ingeborg Bröcheler, le ténor Marcel Beekman, le baryton Geert Smits, le Chœur de chambre de Namur et l’orchestre national de Lille dirigés par Jan Willem de Vriend. Chez Mozart, saisit la fulgurance de vagues chorales, le quatuor dramatique, opératique des chanteurs solistes et surtout avant l’ère romantique, le voile terrifiant, miraculeux de la mort. Il y faut une clarté absolue et aussi la gravité du lugubre qui saisit. Cet alliage a fait la réussite des meilleures lectures.

radio-classique-logo-2016ÉCOUTER le programme sur radio classique ici : https://www.radioclassique.fr/radio/grille-des-programmes/2021-10-23/

COMPTE-RENDU, streaming concert. ON LILLE, le 13 mars 2021. Orch National de Lille / Jan Willem De Vriend, direction. Beethoven : Symphonie n°3 « héroïque »

ORCHESTRE-NATIONAL-DE-LILLE-maestro-alexandre-Bloch-concert-classiquenews-critique-annonceCOMPTE-RENDU, streaming concert. ON LILLE, le 13 mars 2021. Orch National de Lille / Jan Willem De Vriend, direction. Beethoven : Symphonie n°3 « héroïque ». A la fois exaltée, ivre de sa propre énergie, la direction précise, claire du néerlandais Jan Willem De Vriend sait être équilibrée en ce qu’elle favorise le détail et porte la tension. Dans l’Eroica de Beethoven pourtant surjouée ici et là, en particulier depuis les célébrations Beethoven 2020 (certes avortées covid oblige),le premier mouvement, regorge de vitalité et de puissance sans jamais sacrifier la précision des ornements ni la balance entre soliste et orchestre, pour chaque intervention caractérisée. Le souffle du destin rayonne ; s’appuyant sur une vision ciselée de l’écriture instrumentale : en clair, le geste du chef flamand, habitué des répertoires préromantiques et romantiques, de surcroît selon ce relief et cette intensité sculpturale propre aux instruments d’époque, nourrit ici une vision qui est fluide, caractérisée, parfaitement architecturée. Comme partition du destin et conduite par une irrépressible énergie, la volonté de Ludwig s’accomplit avec une délicatesse continument exaltante.

Le second mouvement plus grave et sombre ne perd pas la souplesse ni ce mordant parfois glaçant dans la caractérisation instrumentale.

Ample et lugubre, le geste du chef recherchant des sonorités profondes et claires avait ouvert le programme avec caractère et gravitas pour Cherubini dont la Marche funèbre saisissante par ses semonces déchirants (gong souterrain, crépusculaire ; bassons insidieux…), entre désespoir tragique et esprit de grandeur, éclaire la connaissance de Gluck, celui ardent, gémissant voire mystérieux d’Orphée.

Chez Beethoven, c’est encore un très beau travail opéré sur les sonorités et l’intériorité poétique des nuances de timbres. De Vriend sait exprimer la langueur élégiaque du morceau que berce des cordes toujours suaves et rondes. L’héroïsme qu’ouvrage le chef est d’une souveraine tragédie qui ici se déploie sans réserve, exprimant tous les sacrifices et la peine ressentis, vécus dans sa chair par un Beethoven qui d’exalté fut trahi (par Bonaparte devenu Napoléon) et qui aussi ressent les premiers effets de sa surdité. La lisibilité des violoncelles et des contrebasses produit une profondeur au chant inexorable, celui d’une blessure profonde mais toujours noble et digne. Une séquence qui tisse un écho pertinent à la Marche funèbre de Cherubini qui a ouvert le programme, dans un même souci d’intériorité recueillie. La violence dont est capable Beethoven n’écarte jamais une sourde déchirure qui en a permis l’éclosion.

 

 

JW De Vriend et le National de Lille

Un Beethoven éruptif, élégant, subtil…

 

 

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Le Scherzo est pur jaillissement d’une énergie recouvrée qui s’électrise et trépigne, mais en une mise en place parfaitement détaillée, à la métrique précise et claire (rayonne en particulier le chant mordoré, rauque et pourtant rond des cors parfaitement dialogués avec les cordes).

Dans ce sens le dernier Allegro (molto) a la vivacité et même l’élégance (équilibre et clarté des pupitres) d’un souffle printanier, d’une danse de joie autour du feu de l’esprit et de l’espoir. Le héros de cette odyssée orchestrale reste Beethoven lui-même, nouveau héros musicien, alchimiste de nouveaux sons, architecte d’un monde nouveau dont il a seul la conscience ; aux auditeurs d’en saisir les prémonitions salvatrices, la possibilité de le réaliser à partir de prières fraternelles et humanistes dont Ludwig s’est fait le prophète et le chantre.

De Vriend recueille ce formidable élan fraternel et solidaire en un bain orchestral (récapitulatif) dont chaque séquence magnifiquement timbrée et phrasée (cors, flûte, clarinette…) est subtilement caractérisée. C’est un travail d’orfèvre d’un rare fini et qui assoit aux côtés du Beethoven violent, éruptif voire furieux, la noblesse et le raffinement de son écriture, le jaillissement primitif de son inspiration. Ivresse et subtilité. Le cocktail est irrésistible. Les instrumentistes du National de Lille répondent au doigt et à l’œil du chef des plus expressifs. Ce travail de la nuance est passionnant.

 

 

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LIRE aussi notre présentation du concert ORCHESTRE NATIONLA DE LILLE / Cherubini, Beethoven / Jan Willem De Vriend, direction

http://www.classiquenews.com/live-streaming-concert-lon-lille-joue-cherubini-et-beethoven/

VOIR le concert

sur la chaine Youtube de l’ON LILLE Orchestre National de Lille ici :

https://www.youtube.com/watch?v=hW1o2yXeeRc

 

 

VOIR TOUS LES CONCERTS de l’ON LILLE ici :

https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw

 

 
 

 

LIVE STREAMING, concert. L’ON LILLE joue Cherubini et Beethoven

ORCHESTRE-NATIONAL-DE-LILLE-maestro-alexandre-Bloch-concert-classiquenews-critique-annonceLIVE STREAMING, concert. ON LILLE, sam 13 mars 21, 20h. L’Orch National de Lille offre à nouveau un superbe concert, nouveau jalon de son offre digitale à suivre sur la toile (intitulée depuis début 2021 « Audito 2.0 »). Depuis l’Auditorium du Nouveau siècle à Lille, chaque concert lillois confirme la poursuite de l’activité musicale des instrumentistes soucieux à Lille de prolonger leur activité coûte que coûte, tout en diffusant les fruits de leur travail grâce aux concerts numériques. Ce samedi 13 mars 2021 à 20h, l’Orchestre retrouve son premier chef invité, le néerlandais Jan Willem De Vriend dans un programme « héroïque » autour des compositeurs Cherubini (qui fut directeur du Conservatoire) et Beethoven, mais aussi ceux qui les ont inspirés : Louis XVIII et Napoléon (fêté cette année pour son bicentenaire). Le programme solennel et spectaculaire évoque le dernier Cherubini et le tempérament de feu, éruptif et poétique du jeune Beethoven, spectateur passionné des événements français au début du nouveau siècle…
LIRE ici notre dossier spécial Napoléon et l’opéra :
http://www.classiquenews.com/napoleon-1er-et-lopera-1804-1814/

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Samedi 13 mars 2021, 20h

Cherubini : Marche funèbredevriend_orchestre national de lille concert annonce présentation critique par classiquenews 328px_18-19
Beethoven : Symphonie n°3 « héroïque »
Jan Willem de Vriend, direction

VOIR le concert de l’ON LILLE / J W de Vriend
https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw

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CHERUBINI ingres alf6_ingres_001fNé à Florence, Cherubini s’installe à Paris à l’âge de vingt-sept ans en 1787. Il fonde l’année de la Prise de la Bastille une compagnie d’opéra parrainée par le futur Louis XVIII. Ses relations royales et l’apparition d’un nouvel opéra italien à l’époque napoléonienne entraîne sa chute. Très déprimé, le musicien songe même à abandonner la composition pour se consacrer à la peinture et à la botanique!
Mais le phénix Cherubini renoue avec l’écriture dès 1809 grâce à une œuvre d’église. Il délaisse l’opéra qui a fait sa gloire pour composer plus de 5 messes et de nombreux motets en latin. Le succès revient et aussi la faveur des nouveaux puissants : Louis XVIII le nomme au prestigieux poste de surintendant de la musique du Roi. En 1817,Cherubini signe son plus grand succès, un Requiem (admiré par Brahms, Schumann et Berlioz qui reste pourtant son détracteur jaloux). Beethoven admirait l’oeuvre au point qu’on la joua à ses propres obsèques en 1827.
D’une puissance spectaculaire, la courte Marche Funèbre (composée en 1820 pour les funérailles du Duc de Berry, l’héritier du trône) annonce déjà l’ampleur grave et recueillie des fresque.. berlioziennes.

Ludwig-Van-BeethovenLa Symphonie n°3 de Beethoven fixe les avancĂ©es inĂ©dites du dernier Mozart symphoniste. La durĂ©e de son premier mouvement (plus de 15 mn) indique une vigueur ambitieuse rĂ©volutionnaire (qui annonce le dĂ©veloppement du futur Hymne Ă  la Joie de la Symphonie n°9, le plus long parmi les mouvements de Beethoven). La n°3 dite “HĂ©roique” confirme le tempĂ©rament fougueux et grave d’un Beethoven visionnaire voire messianique en ce qu’il ressent et exprime les mouvements profonds de son Ă©poque. Autour de 1800, Ludwig gagnĂ© voire passionnĂ© par les idĂ©es de la RĂ©volution Française cĂ©lèbre alors la figure de Bonaparte comme le hĂ©ros moderne, acteur d’une ère europĂ©enne nouvelle. La n°3 porte les espoirs et la vitalitĂ© Ă©lectrisĂ©e du compositeur romantique, spectateur admiratif des Ă©vĂ©nements politiques en France. Mais quand Bonaparte devient NapolĂ©on, cĂ©dant Ă  la tentation du pouvoir impĂ©rial absolu (auto proclamĂ© empereur en 1804), Beethoven trahi, colĂ©rique, rĂ©vise la dĂ©dicace de son manuscrit et inscrit « Sinfonica Eroica, composta per festeggiare il sovvenire di un grand uomo – Symphonie hĂ©roĂŻque, composĂ©e pour cĂ©lĂ©brer le souvenir d’un grand homme ». Ainsi la partition porte le destin foudroyĂ© d’un jeune politicien devenu l’emblème de la tyrannie europĂ©enne : Ă  l’énergie irrĂ©pressible du premier mouvement rĂ©pond l’esprit de dĂ©faite, d’anĂ©antissement funèbre du second. Mais le hĂ©ros de cette odyssĂ©e orchestrale reste Beethoven lui-mĂŞme, nouveau hĂ©ros musicien, alchimiste de nouveaux sons, architecte d’un monde nouveau dont il a seul la conscience ; aux auditeurs d’en saisir les prĂ©monitions salvatrices, la possibilitĂ© de le rĂ©aliser Ă  partir de prières fraternelles et humanistes dont le compositeur s’est fait le prophète. Au cĹ“ur de sa propre tragĂ©die, – sa surditĂ© croissante, inĂ©luctable comme en tĂ©moigne sa confession saisissante (le Testament d’Heiligenstadt Ă©crit en 1802), Beethoven ressent les gouffres vertigienux de la dĂ©sespĂ©rance et de l’impuissance humaine, contre lesquelles la musique est un rempart, une forme de rĂ©sistance Ă  partager…

VOIR tous les concerts de l’Orchestre National de Lille sur la chaîne YouTube de l’Orchestre ON LILLE (plus d’1 million de vues depuis sa création en 2009) : https://bit.ly/3ortO8b

Notes de programme Ă  retrouver sur : www.onlille.com/saison_20-21/concert/l-heroique/

Retrouvez en streaming gratuit les concerts de l’Orchestre dans L’Audito 2.0 : https://bit.ly/2INlAIg