35ème FESTIVAL BAROQUE DE PONTOISE : 25 sept 2020 – 21 juin 2021 (Migrazione)

pontoise festival baroque logo visuel 2020 critique annonce classiquenews 202035ème FESTIVAL BAROQUE DE PONTOISE : 25 sept 2020 – 21 juin 2021. Pour sa nouvelle édition, le premier festival de musique Baroque en Île de France, célèbre les Italiens hors d’Italie, soulignant les bénéfices de cette « migrazione » active, culturelle, humaine, musicale… La thématique n’hésite pas à relayer l’actualité géopolitique actuelle, en soulignant les apports et bénéfices des échanges migratoires, sources d’enrichissement et de fraternité.

 

 

 

 « MIGRAZIONE ». DES ITALIENS HORS D’ITALIE
Le Festival Baroque de Pontoise 2020
DU 25 SEPTEMBRE 2020 AU 21 JUIN 2021

 

 

 

 

Migrazione_festival_Baroque_pontoise_toutelaculture« Concerts, artistes, divas, ténors et castrats, d’églises cantates, fugues, sonates et d’arpèges bizarres, trémolo et cadence… autant de termes qui disent l’empire de l’Italie dans l’histoire musicale, en particulier à l’âge baroque. « L’influence de l’Italie est omniprésente en France, elle l’est tout autant dans le reste de l’Europe. » Les parfums d’Italie sont multiples… Voilà ce qu’illustre avec passion et générosité la programmation festive du Festival Baroque de Pontoise, conçue par son directeur artistique le contre ténor Pascal Bertin.

2020 marquent de nombreux anniversaires : Caldara et Bononcini (350e), Rossi (450e), Beethoven et Tartini (250e). « On y trouve justement beaucoup d’italiens qui ont fait rayonner leur art dans toutes les cours européennes. Comment ce pays, qui a littéralement colonisé culturellement toute l’Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles, peut-il redouter aujourd’hui l’apport d’autres cultures, et plus précisément celles du sud ? «  interroge le Festival, non sans acuité pertinente.
C’est surtout une formidable réflexion sur la mobilité, les migrants, les échanges culturels entre les nations que propose le Festival à partir de septembre 2020. l’honneur donc les musiques de Vivaldi, Cavalli et Caldara, ou les trop méconnus Bembo ou Leone … Artistes invités pour ce voyage en métissages et rencontres exceptionnels, dès le 25 septembre 2020  : Chantal Santon Jeffery, Stéphanie-Marie Degand et La Diane Française, Jean-François Novelli, Roman Vaille et Olivier Broche, Mariana Flores, Leonardo García Alarcón et Cappella Mediterranea, Jean-Luc Ho, Céline Scheen, Damien Guillon et Le Banquet Céleste, David Bobée, Sébastien D’Hérin et Les Nouveaux Caractères, Vincent Dumestre et Le Poème Harmonique, Vincent Lièvre Picard et Florent Albrecht, Virgile Roche, Jérôme Hantaï et Spes Nostra, Waed Bouhassoun, Moslem Rahal et Orpheus XXI…

Mais aussi Emiliano Gonzalez Toro et I Gemelli, Hugo Reyne et les élèves du Conservatoire de Paris, Rosemary Standley et Dom La Nena, Julie Depardieu, Stanislas de la Touche, Florentino Calvo et Spirituoso, Stéphanie Petibon et La Lumineuse, Florence Beillacou et l’Académie des Lynx, Olivier Fortin et Masques, Marco Horvath et Faenza, Edoardo Torbianelli, Marc Hantai et le Teatro d’Arcadia, Catalina Vicens et Servir Antico.
Comme l’an dernier, le Festival invite à son cycle musical en deux parties : la première festivalière, « Acte 1 », du 25 septembre au 17 octobre 2020, suivie de l’ « Acte 2 », saisonnière, jusqu’au 21 juin 2021

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CONSULTEZ LA PROGRAMMATION COMPLETE sur le site du festival de Pontoise 2020 :
https://www.festivalbaroque-pontoise.fr/fr/

Festival Baroque de Pontoise
2 rue des Pâtis – 95300 Pontoise
01 34 35 18 71 – info@festivalbaroque-pontoise.fr

Thomas Hengelbrock joue Iphigénie en Tauride

IPHIGENIE-fresque-opera-opera-critique-annonce-dossier-opera-mythe-explication-classiquenews-GLUCK-iphigenie-en-tauride-en-aulide-Diane-classiquenews-sacrifice-iphigenie-1France Musique, sam 31 août 2019. Gluck : Iphigénie en Tauride. Chez les Scythes dont elle doit affronter et négocier la barbarie permanente à travers les exigences du roi Thoas, Iphigénie en Tauride marque en mai 1779 le sommet de la carrière parisienne de Gluck ; 5 ans après son premier triomphe (Iphigénie en Aulide, 1774). Iphigénie en aulide évoque le sacrifice programmé de la princesse de Mycènes : face à l’ordre de Diane outragée, Agamemnon le père s’incline, mais Iphigénie montre sa mesure morale. Dans Iphigénie en Tauride, plus tardive donc, Gluck traite l’exil d’Iphigénie sauvée du sacrifice, sa retraite dans le temple de Diane, surtout ses retrouvailles avec Oreste, lequel est symboliquement l’agent de sa libération.
Concernant Iphigénie en Tauride, le succès parisien est immédiat, éclipsant même l’ascension du favori Piccinni (lequel devra attendre encore avant de créer sa propre Iphigénie, mais en 1781).

 

 

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La 2è Iphigénie du Chevalier Gluck à Paris
L’Antiquité inquiète

Les secrets de Gluck : une langue dépouillée, au relief épuré, touchant à un essentiel déclamatoire qui fusionne avec l’enjeu de chaque situation ; un choeur noble et halluciné ; surtout ce continuum orchestral, qui dès l’ouverture, affirme inquiétude et tension qui foudroient souvent par leur intensité fantastique. Un ballet final est ajouté (orchesté par Gossec et chorégraphié par Noverre). Iphigénie II occupe l’affiche de l’Académie royale de musique pendant 90 soirées : un record emblématique de cette fièvre Gluck à Paris (puis plus de 400 en … 1829).
GLUCKDans ce second volet de la vie d’Iphigénie, Gluck poursuit son illustration de la légendes des Atrides. Ici Iphigénie croise la route de son frère Oreste, le meurtrier de leur mère Clytemnestre, infidèle de leur père. Gluck exprime les tourments et vertiges dévorants l’esprit du Grec qui endormi, est le proie des attaques psychique des furieuses Euménides… (formidable tableau fantastique de l’acte II). Chez lui pèse le poids de la culpabilité. D’abord, la sœur ne reconnait pas son frère, jusqu’au sacrifice commandé à l’acte IV : alors qu’il avait exhorté son ami / amant Pylade à sa sauver et mourir sur l’autel de Thoas, Oreste, invoquant sa sœur qu’il croit être morte en Aulide, se dévoile alors aux yeux d’Iphigénie : comme plus tard Strauss, dans Electra (qui reconnaît elle aussi son frère Oreste), Gluck orchestre les fabuleuses et déchirantes retrouvailles du frère et de la sœur… Evidémment tout se finit bien et Pylade revenu à la tête de l’armée grecque, sauve Oreste du sacrifice où le condamnait Thoas. Protégé par Diane, Oreste règne à Mycènes, infléchit les scythes qui doivent rendre aux grecs le culte de la déesse.

 

 

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Gluck : Iphigénie en Tauride, 1779 – Tragédie lyrique en quatre actes.
Nicolas François Guillard, librettiste

Gaëlle Arquez, soprano, Iphigénie
Stéphane Degout, baryton, Oreste
Paolo Fanale, ténor, Pylade
Alexandre Duhamel, baryton, Thoas
Catherine Trottmann, mezzo-soprano, Diane, Seconde prêtresse
Francesco Salvadori, baryton, Un Scythe
Charlotte Despaux, soprano, Première Prêtresse, Femme grecque
Victor Sicard, baryton, un Ministre du Sanctuaire

Balthasar-Neumann-Chor
Balthasar Neumann Ensemble
Direction : Thomas Hengelbrock

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique, sam 31 août 2019, 20h. Christoph Willibald von Gluck : Iphigénie en Tauride – « Concert donné le 22 juin 2019 à 19h30 au Théâtre des Champs-Elysées à Paris »

 

 

 

 

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Approfondir
Source : dans ses deux tragédies d’Iphigénie, Iphigénie à Aulis et Iphigénie en Tauride, Euripide portraiture la fille préférée d’Agamemnon, roi de Mycènes et d’Argos. Vaniteux, Agamemnonse vante d’être meilleur chasseur que Diane, laquelle retient la flotte grecque qui souhaitait rejoindre Troie : il s’agit de reprendre aux Troyens et à Paris (fils du roi Priam), Hélène, femme de Ménélas, roi de Sparte.
Chalcas le devin précise que s’il veut apaiser la colère de Diane outragée, Agamemnon doit lui sacrifier sa fille Iphigénie. Le père n’hésite pas : il fait venir Iphigénie et sa mère Clytemnestre à Mycènes prétextant de marier sa fille à Achille, roi des Myrmidons.
Iphigénie, consciente du destin collectif des Grecs et mesurant son fragile destin face à l’histoire des Grecs, sa sacrifie volontiers, pourvu que son peuple puisse rejoindre Troie et venger l’honneur de l’époux spatiate, Ménélas.
Eschyle a contrario d’Euripide souligne la résistance d’Iphigénie à l’ordre de son père : elle refuse d’être sacrifier (ce qui est représentée dans la fresque de Pompéi, reproduite ici). Portant la future sacrifiée, Ulysse mal à l’aise, yeux au ciel et son fidèle ami, Diomède ; à leur droite, le devin sacrificateur Calchas, voix de Diane, exigeant le sacrifice de la princesse. Dans le ciel au dessus d’eux (à gauche, Agamemnon drapé, se cachant la face), Artemis Diane paraît et déjà touchée par la grandeur morale d’Iphigénie, entend substituer à la fille du roi, non pas une biche comme il est souvent dit, mais ici un cerf… serait-ce Endymion transformé ?)… La fresque de Pompei s’inspire directement d’un canevas très célèbre au IVè BC, celui du peintre Timanthe de Kitnos actif au IVème siècle av. J-C, loué pour l’expressivité de ses personnages et pour l’intensité émotionnelle qui s’en dégageait.

Au moment de son sacrifice par Agamemnon, Diane change la jeune fille par une biche innocente. Iphigénie doit rejoindre le temple de Diane en Tauride, devant y sacrifier tous les mâles étrangers qui y débarquent.
Dans des versions plus tardives, Iphigénie en Tauride y retrouve son frère Oreste, meurtrier coupable de leur mère Clytemnestre ; bravant l’ordre meurtrier de Diane, le jeune femme fuit avec son frère à Athènes. Morte, elle rejoint ensuite l’île des élus bienheureux où elle épouse Achille ; immortalisée, elle y est assimilée à Hécate, le triple déesse.
Gluck a très bien compris et mesuré les ressources et le potentiel dramatique comme psychologique du drame d’Iphigénie : face à la barbarie apparente de la déesse, son exigence sanguinaire, la mortelle démontre une dignité morale exemplaire ; une tendresse aussi pour son frère Oreste. Tout œuvre à humaniser l’héroïne et la rendre dans l’esprit du spectateur, infiniment touchante, à mesure que son destin sombre dans la tragédie et l’innommable.

 

 

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Illustration / Iphigénie :
fresque de la Maison du Poète Tragique (Pompéi) – déposée au Musée Archéologique de Naples

Nouvelle Iphigénie à Genève

GLUCKGenève, Opéra. Gluck: Iphigénie en Tauride. 25 janvier>4 février 2015. Prêtresse de Diane sur l’île de Tauride, Iphigénie ignore les crimes qui ont frappé sa famille. L’assassinat par sa mère Clytemnestre de son père Agamemnon, roi de Mycènes, et le meurtre de Clytemnestre par son frère Oreste. Ce dernier, accompagné de son fidèle ami Pylade, fait alors son apparition sur l’île où le roi Thoas a décidé que les étrangers seraient mis à mort… L’amour fraternel sera-t-il plus fort que la loi divine ? Au moment où il est prêt au sacrifice, Oreste est reconnu par sa soeur Iphigénie. Les grecs menés par l’ami d’Oreste,  Pylade, sauvent le frère et la soeur des mains du roi des Scythes,  Thoas en tu n’as ce dernier.

En s’emparant avant Goethe, de la malédiction des Atrides, Gluck réinvente la tragédie antique; sa musique magnifie le texte, en articule l’intensité dramatique. Airs, choeurs (omniprésent), enchaînement des tableaux… tout y est développé s’il sert l’intensité et la clarté du drame. Le style direct,  la franchise d’un Gluck soucieux d’intelligibilité donc écartant toute virtuosité gratuite,  l’orchestre rugissant scellent la fin du théâtre baroque.

Créé à Paris en 1779, l’œuvre marque la fin du séjour décisif du chevalier Gluck en France ; c’est l’aboutissement d’une carrière lyrique durant laquelle il n’a cessé de faire évoluer le théâtre musical. Alliant poésie, musique et danse, Iphigénie en Tauride est un ouvrage incontournable de l’époque des Lumières. En un style frénétique et furieusement théâtral,  le seconde Iphigénie de Gluck – Iphigénie en Aulide créée en 1774 marquait le début du séjour parisien du favori de Marie Antoinette-, incarne au plus haut l’expressionnisme lyrique d’un Gluck inscrit dans la modernité et que Rousseau avait choisi comme son champion.

 

 

 

iphigenie en tauride gluck opera de geneve janvier 2015Iphigénie en Taurine de Gluck à l’opéra de Genève
Les 25,27,29,31 janvier puis 2 et 4 février 2015 à 19h30.
Nouvelle production. Livret de Nicolas-François Guillard, d’après la tragédie éponyme de Guymond de La Touche, elle-même inspirée d’Euripide. Créé le 18 mai 1779 à Paris, à l’Académie royale de musique

Hartmut Haenchen,  direction
Lukas Hemleb,  mise en scène
Chanté en français, surtitré en anglais

 

 

Pourquoi ne pas manquer la nouvelle production d’Iphigénie en Tauride à Genève ?

Pour la remarquable incarnation dans le rôle titre de la soprano fine, intelligente Anna Caterina Antonacci (à l’affiche les 25,29 janvier, puis 2 et 4 février 2015).