SALZBOURG 2019. Nouvel Idomeneo par Sellars / Currentzis

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81SALZBOURG, 27 juil – 19 aout 2019. IDOMENEO. Le Festival estival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par Richard Strauss et Hugo Von Hofmannsthal marque les esprits en annonçant entre autres productions Ă©vĂ©nements de son affiche 2019 : Idomeneo de Mozart, opĂ©ra symphonique sur le thĂšme de la barbarie divine, mise en scĂšne par Peter Sellars et surtout dirigĂ© par le bouillonnant mais passionnant Teodor Currentzis. Ce dernier vient de publier chez Sony, une captivante Symphonie n°6 de Mahler, aprĂšs une 6Ăš de Tchaikovski non moins envoĂ»tante
 LIRE ci aprĂšs nos critiques des 2 cd Mahler et Tchaikovsky par Currentzis et son orchestre sur instruments anciens AnimaAeterna, 2 «  CLICs » de CLASSIQUENEWS.
Le 27 juillet 2019, premiĂšre soirĂ©e lyrique du Festival de Salzbourg, affiche au Felsenreitschule (ManĂšge du rocher) : Idomeneo, une nouvelle production prometteuse aprĂšs la Clemence de Titus prĂ©sentĂ©e par le mĂȘme duo en 2017. Idomeneo est aussi un opera seria, conçu par un Mozart de 25 ans. Teodor Currentzis dirige pour se faire le Freiburg Baroque Orchestra et le musicAeterna Choir of Perm Opera (un chƓur qu’il connaĂźt plutĂŽt trĂšs bien, familier de ses enregistrements et productions habituelles).

Distribution annoncĂ©e : Russell Thomas (Idomeneo), Paula Murrihy (Idamante), Ying Fang (Ilia), Nicole Chevalier (Elettra), Jonathan Lemalu (Nettuno / La voce / Voix de l’Oracle) ; chorĂ©grapie de Lemi Ponifasio.

currentzis sellars salzbourg idomeneo mozart 2019 premiere announce annonce concert opera par classiquenewsSellars souligne combien avec Idomeneo, Mozart dispose alors Ă  Munich, dans le contexte de crĂ©ation d’Idomeneo, – en 1780 pour le Carnaval, d’une Ă©quipe artistique prestigieuse (Lorenz Quaglio, rĂ©alisateur des costumes et des dĂ©cors), un orchestre renommĂ© (les instrumentistes de la Cour de Mannheim, les meilleurs d’Europe), une compagnie de danseurs et des chanteurs cĂ©lĂšbres
 Ainsi s’affirme le gĂ©nie du jeune homme, alors en conflit avec son pĂšre : un conflit qui se dessine aussi dans l’opĂ©ra qui se passe en CrĂȘte, dans la relation entre Idomeneo et Idamante, le pĂšre et le fils, le premier devant aprĂšs un vƓu dĂ©raisonnable, sacrifier Ă  Neptune, le second. Les dieux ont soif et les hĂ©ros doivent se soumettre Ă  leur pouvoir. C’est Ilia, princesse troyenne (fille de Priam) qui sauvera par sa lumineuse loyautĂ©, celui qu’elle aime et qui devait ĂȘtre immolé 
Ce qui saisit dans Idomeneo, ce sont moins les pages dramatiques inspirĂ©es de la Guerre de Troie, des Grecs fiers et inflexibles (voire dĂ©lirants et jaloux : Elettra), confrontĂ©s Ă  la douceur crĂȘtoise
 que les pages oĂč il est question de l’impĂ©tuositĂ© des Ă©lĂ©ments marins : Idomeneo est un opĂ©ra symphonique et ocĂ©anique d’un souffle saisissant, oĂč percent avec une vĂ©hĂ©mence expressive jamais Ă©coutĂ©e avant lui, l’orchestre et l’ampleur des ballets. Tout ce qu’avait en son temps, dĂ©voilĂ© le chef Nikolaus Harnoncourt dans un enregistrement lĂ©gendaire qui a marquĂ© l’histoire du cd et celle de l’interprĂ©tation mozartienne
 La production est l’évĂ©nement de cet Ă©tĂ© 2019 au Festival de Salzbourg. Photo Sellars et Currentzis Ă  Salzbourg : SF/Anne Zeuner.

 

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SALZBOURG, Festivalsalzbourg vignette festival
MOZART : Idomeneo
Peter Sellars / Teodor Currentzis
7 représentations
Du 27 juillet 2019 au 19 août 2019

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/idomeneo

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ERMONT (95). Debora Waldman et Idomeneo : PUR MOZART

waldman-debora-chef-maestro-concert-mozart-concert-idomeneo-582-390ERMONT (95), le 13 octobre, 20h. Orchestre Idomeneo : Concert Pur Mozart. Etonnante approche et trĂšs pertinente, dĂ©fendue par le nouvel orchestre crĂ©Ă© en 2013 par la chef d’orchestre, Debora Waldman. ElĂšve du regrettĂ© Kurt Masur entre autres, la jeune femme, nĂ©e au BrĂ©sil, manie la baguette avec finesse et articulation, en particulier chez Mozart dont elle ne cesse de dĂ©fendre la langue, flexible, ciselĂ©e, naturelle et si profonde. Mais plus encore, car portant en une Ă©nergie collective souvent exceptionnelle, l’ensemble des instrumentistes de son orchestre Idomeneo, Debora Waldman, en architecte du sens et de la forme, rĂ©vĂšle chez Wolfgang, la force irrĂ©sistible des Ă©motions, et le profonde architecture des sentiments qui circule des scĂšnes lyriques aux Ă©pisodes symphoniques. Sa lecture de la symphonie mozartienne dialogue ici avec plusieurs airs d’opĂ©ras oĂč perce le diamant aigu, affĂ»tĂ©, percutant et tendre aussi de la jeune soprano Julia Knecht (ci dessous): qu’elle soit Elvira et mĂȘme la Reine de la nuit, la voix s’alanguit, murmure, dĂ©clame, rugit sans faiblir… le dĂ©licat dosage du chant orchestral combinĂ© avec la voix soliste offre une spectaculaire palette de sentiments contrastĂ©s. Et dans un regard transversal et synthĂ©tique, Debora Waldman nous montre combien la Symphonie est un vrai opĂ©ra sans paroles, et chaque air lyrique, un jeu enivrĂ©, envoĂ»tant entre voix et instruments.

Mozart, symphonique et lyrique

 

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Pour Sully sur Loire puis Ă  l’Eglise Notre-Dame d’Auvers sur Oise, voici deux femmes, deux tempĂ©raments, irrĂ©sistiblement complices, dont la langue mozartienne affirme la justesse expressive. L’orchestre Idomeneo rĂ©cemment fondĂ©, regroupe nombre de jeunes instrumentistes pour lesquels l’approche et la pratique historiquement informĂ©es ne posent aucun mystĂšre : accents, nuances, jeu et coups d’archet, ornementation, dynamique, phrasĂ©s… tout cela s’intĂšgre dans une vision flexible et expressive dont la respiration fait corps avec le chant de la soprano. RĂ©cital Ă©vĂ©nement.

 

 

 

 

Concert PUR MOZART
Airs d’opĂ©ras, Symphonie…
Orchestre Idomeneo
Julia Knecht, soprano
Debora Waldman, direction

Idomeneo logo fond blanc classiquenews mai 2016ERMONT, Théùtre Pierre Fresnay
Jeudi 13 octobre  2016, 20h30
réservez

 

Programme
Ouverture de La Finta Giardiniera
Symphonie en La majeur n°29
Airs de concerts : A se in ciel benigne stelle, Vorrei spiegarvi O Dio
Messe du couronnement : Agnus Dei
Divertimento K136 Allegro / andante
Air d’Elvira : Or sai chi l’onore (Don Giovanni)
Air de la Reine de la nuit : “O zittre nicht, mein lieber Son” (La FlĂ»te enchantĂ©e)
Air de la Reine de la nuit : “Der Hölle rache kocht in meinem herzen”… (La FlĂ»te enchantĂ©e)

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Programme initialement présenté dans une premiÚre version, à Maisons-Alfort, Théùtre Claude Debussy, le 27 novembre 2015. LIRE notre compte rendu critique complet PUR MOZART par Idomeneo et Debora Waldman

VOIR notre sujet video court : l’Orchestre IDOMENEO et Debora Waldman jouent des extraits de la Symphonie n°41 “Jupiter” de Mozart (Maisons-Alfort, novembre 2015 © classiquenews.tv)

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Mozart lyrique et symphonique par Idomeneo et Debora Waldman

debora waldman portraitMaisons-Alfort (94), le 27 novembre 2015. Debora Waldman, Idomeneo. Concert Mozart par l’orchestre Idomeneo, rĂ©cente phalange fondĂ©e par Debora Waldman, musicienne passionnĂ©e par le divin Wolfgang et plutĂŽt trĂšs convaincante quand il s’agit d’en dĂ©fendre l’Ă©toffe expressive et poĂ©tique. En tĂ©moigne le programme lyrique et symphonique prĂ©sentĂ© le 27 novembre Ă  Maisons Alfort (93). Les premiers morceaux regroupent ouvertures et airs d’opĂ©ras (Cosi, Don Giovanni, Les Noces, La FlĂ»te enchantĂ©e) grĂące Ă  la collaboration de la soprano Julia Knecht, autant de “prĂ©ludes” ou d’Ă©lĂ©ments prĂ©alables qui prĂ©parent l’Ă©coute de la derniĂšre Symphonie du compositeur, le fameuse n°41 dite “Jupiter (en ut majeur K551 composĂ© aoĂ»t 1788) volet final de la trilogie des n°39,40 et 41, et vaste portique symphonique qui ouvre de façon lumineuse vers l’Ăšre romantique, tout en portant les valeurs du siĂšcle des LumiĂšres. Formellement, la Symphonie incarne par sa perfection contrapuntique et l’intelligence de son architecture Ă  quatre parties (plan en sonate), le plus haut degrĂ© de l’Ă©criture symphonique viennoise Ă  la fin des annĂ©es 1780.

La soprano incarne les aspirations et les tiraillements intĂ©rieurs des hĂ©roĂŻnes de Mozart que le concert fait ainsi surgir : l’amoureuse Donna Anna, le cƓur ardent et fidĂšle de Susanna, les aigus spectaculaires de la Reine de la Nuit, mĂšre inflexible et manipulatrice, …

idomeneo-debora-waldman-concert-mozart-annonce-review-critique-classiquenews

L’intĂ©rĂȘt du programme conçu par Debora Waldman vient de cette mise en perspective, opĂ©ras et symphonie : fine mozartienne, la chef d’orchestre propose un regard diffĂ©rent sur l’oeuvre symphonique en appliquant une nouvelle lecture qui suit son dĂ©roulement comme un vĂ©ritable opĂ©ra : l’expression par la langage instrumental d’une vĂ©ritable dramaturgie tout au long de ses 4 mouvements, 4 Ă©pisodes fourmillant d’une vie Ă©motionnelle insoupçonnĂ©e : Allegro vivace, Andante cantabile (con sordini), Menuetto : Allegretto, Finale : Molto vivace. Passionnant.

Julia Knecht, soprano
Orchestre Idomeneo
Debora Waldman, direction

boutonreservationMaisons-Alfort, Théùtre (94)
Vendredi 27 novembre 2015, 20h30
Présentation du concert à 18h30 au Foyer du Théùtre Debussy

Tarif plein : 27€
Tarif rĂ©duit : 24€
Moins de 14 ans : 17€

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

Programme “Pure Mozart

2 Mozart pour le prix d’1 : Mozart lyrique et symphonique

Cosi fan Tutte : Ouverture
Aria « Voi avete un cor fedele » K. 217
Don Giovanni : – Recitativo Don Ottavio Son morta ! and Aria Or Sai chi l’onore (Donna Anna)
Recitativo and Rondo Non mi dir (Donna Anna)
Divertimento K 136 : Allegro
Le Nozze di Figaro : Recitativo and Aria Guinse alfin il momento (Susanna)
The Macig Flute : – Aria O zittre nicht, mein lieber Sohn (Queen of the Night)
Marcia
Aria Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen (Queen of the Night)

Symphony n°41 Jupiter

RĂ©servations, informations : www.theatredemaisons-alfort.org

 

 

 

EtĂ© 2014 : Debora Waldman dirige Don GiovanniDebora Waldman, biographie. NĂ©e brĂ©silienne Ă  Sao Paulo, Debora Waldman se perfectionne en IsraĂ«l puis Ă  l’UniversitĂ© Catholique d’Argentine de Buenos Aires oĂč fait marquant elle est la premiĂšre Ă©tudiante Ă  obtenir deux mĂ©dailles d’or (direction d’orchestre et composition). Brillante, engagĂ©e, surtout perfectionniste et travailleuse exemplaire, la jeune chef d’orchestre rejoint Paris oĂč elle suit l’enseignement de Janos FĂŒrst et de Michael Levinas au Conservatoire National SupĂ©rieur de Musique de Paris. A partir de 2006, et pendant trois annĂ©es, elle devient l’assistante de Kurt Masur Ă  l’Orchestre national de France. En 2012, Debora Waldman a remportĂ© la distinction Ă©mise par l’Adami : “Talent chef d’Orchestre”, aux cĂŽtĂ©s de Benjamin LĂ©vy et d’Ariane Matiak. En 2013, elle fonde son propre orchestre, Idomeneo, rĂ©unissant de jeunes instrumentistes parmi les personnalitĂ©s les plus expĂ©rimentĂ©es de leur gĂ©nĂ©ration, jouant dans les meilleures formations parisiennes et capables de jouer sur instruments modernes comme instruments d’Ă©poque. Idomeneo interprĂšte en particulier le rĂ©pertoire classique et romantique, de Haydn Ă  Brahms, en rĂ©servant Ă  l’Ɠuvre de Wolfgang Amadeus Mozart, une place privilĂ©giĂ©e. L’orchestre ainsi fondĂ© porte d’ailleurs le nom de l’opĂ©ra seria de Mozart, Idomeneo, qui laisse une place primordiale Ă  l’Ă©criture orchestrale. Sur le plan du style, Debora Waldman a le souci d’une approche exigeante, particuliĂšrement adaptĂ©e Ă  chaque partition : dĂ©fis esthĂ©tiques comme particularitĂ©s techniques . C’est pourquoi elle a totalement intĂ©grĂ© les nombreux bĂ©nĂ©fices de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e, appliquant avec scrupule et sens critique le perfectionnisme d’un jeu savant toujours soucieux de lĂ©gĂšretĂ© et de fraĂźcheur afin de transformer le concert en une expĂ©rience unique.

Le programme du 27 novembre met en lumiĂšre l’Ă©criture lyrique de Mozart : Ă©pisodes intenses en passion et affects contrastĂ©s, mis en regard avec l’ultime chef d’oeuvre purement symphonique, le sommet orchestral que demeure la derniĂšre Symphonie n°41 en ut dite Jupiter.

Deborah Waldman dirige Idomeneo Ă  Maisons-Alfort

debora waldman portraitMaisons-Alfort (94), le 27 novembre 2015. Debora Waldman, Idomeneo. Concert Mozart par l’orchestre Idomeneo, rĂ©cente phalange fondĂ©e par Debora Waldman, musicienne passionnĂ©e par le divin Wolfgang et plutĂŽt trĂšs convaincante quand il s’agit d’en dĂ©fendre l’Ă©toffe expressive et poĂ©tique. En tĂ©moigne le programme lyrique et symphonique prĂ©sentĂ© le 27 novembre Ă  Maisons Alfort (93). Les premiers morceaux regroupent ouvertures et airs d’opĂ©ras (Cosi, Don Giovanni, Les Noces, La FlĂ»te enchantĂ©e) grĂące Ă  la collaboration de la soprano Julia Knecht, autant de “prĂ©ludes” ou d’Ă©lĂ©ments prĂ©alables qui prĂ©parent l’Ă©coute de la derniĂšre Symphonie du compositeur, le fameuse n°41 dite “Jupiter (en ut majeur K551 composĂ© aoĂ»t 1788) volet final de la trilogie des n°39,40 et 41, et vaste portique symphonique qui ouvre de façon lumineuse vers l’Ăšre romantique, tout en portant les valeurs du siĂšcle des LumiĂšres. Formellement, la Symphonie incarne par sa perfection contrapuntique et l’intelligence de son architecture Ă  quatre parties (plan en sonate), le plus haut degrĂ© de l’Ă©criture symphonique viennoise Ă  la fin des annĂ©es 1780.

La soprano incarne les aspirations et les tiraillements intĂ©rieurs des hĂ©roĂŻnes de Mozart que le concert fait ainsi surgir : l’amoureuse Donna Anna, le cƓur ardent et fidĂšle de Susanna, les aigus spectaculaires de la Reine de la Nuit, mĂšre inflexible et manipulatrice, …

idomeneo-debora-waldman-concert-mozart-annonce-review-critique-classiquenews

 
 
 

L’intĂ©rĂȘt du programme conçu par Debora Waldman vient de cette mise en perspective, opĂ©ras et symphonie : fine mozartienne, la chef d’orchestre propose un regard diffĂ©rent sur l’oeuvre symphonique en appliquant une nouvelle lecture qui suit son dĂ©roulement comme un vĂ©ritable opĂ©ra : l’expression par la langage instrumental d’une vĂ©ritable dramaturgie tout au long de ses 4 mouvements, 4 Ă©pisodes fourmillant d’une vie Ă©motionnelle insoupçonnĂ©e : Allegro vivace, Andante cantabile (con sordini), Menuetto : Allegretto, Finale : Molto vivace. Passionnant.

 
 

Julia Knecht, soprano
Orchestre Idomeneo
Debora Waldman, direction

boutonreservationMaisons-Alfort, Théùtre (94)
Vendredi 27 novembre 2015, 20h30
Présentation du concert à 18h30 au Foyer du Théùtre Debussy

Tarif plein : 27€
Tarif rĂ©duit : 24€
Moins de 14 ans : 17€

 
 
 

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

 
 
 

Programme “Pure Mozart

2 Mozart pour le prix d’1 : Mozart lyrique et symphonique

Cosi fan Tutte : Ouverture
Aria « Voi avete un cor fedele » K. 217
Don Giovanni : – Recitativo Don Ottavio Son morta ! and Aria Or Sai chi l’onore (Donna Anna)
Recitativo and Rondo Non mi dir (Donna Anna)
Divertimento K 136 : Allegro
Le Nozze di Figaro : Recitativo and Aria Guinse alfin il momento (Susanna)
The Macig Flute : – Aria O zittre nicht, mein lieber Sohn (Queen of the Night)
Marcia
Aria Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen (Queen of the Night)

Symphony n°41 Jupiter

RĂ©servations, informations : www.theatredemaisons-alfort.org

 

 

 

EtĂ© 2014 : Debora Waldman dirige Don GiovanniDebora Waldman, biographie. NĂ©e brĂ©silienne Ă  Sao Paulo, Debora Waldman se perfectionne en IsraĂ«l puis Ă  l’UniversitĂ© Catholique d’Argentine de Buenos Aires oĂč fait marquant elle est la premiĂšre Ă©tudiante Ă  obtenir deux mĂ©dailles d’or (direction d’orchestre et composition). Brillante, engagĂ©e, surtout perfectionniste et travailleuse exemplaire, la jeune chef d’orchestre rejoint Paris oĂč elle suit l’enseignement de Janos FĂŒrst et de Michael Levinas au Conservatoire National SupĂ©rieur de Musique de Paris. A partir de 2006, et pendant trois annĂ©es, elle devient l’assistante de Kurt Masur Ă  l’Orchestre national de France. En 2012, Debora Waldman a remportĂ© la distinction Ă©mise par l’Adami : “Talent chef d’Orchestre”, aux cĂŽtĂ©s de Benjamin LĂ©vy et d’Ariane Matiak. En 2013, elle fonde son propre orchestre, Idomeneo, rĂ©unissant de jeunes instrumentistes parmi les personnalitĂ©s les plus expĂ©rimentĂ©es de leur gĂ©nĂ©ration, jouant dans les meilleures formations parisiennes et capables de jouer sur instruments modernes comme instruments d’Ă©poque. Idomeneo interprĂšte en particulier le rĂ©pertoire classique et romantique, de Haydn Ă  Brahms, en rĂ©servant Ă  l’Ɠuvre de Wolfgang Amadeus Mozart, une place privilĂ©giĂ©e. L’orchestre ainsi fondĂ© porte d’ailleurs le nom de l’opĂ©ra seria de Mozart, Idomeneo, qui laisse une place primordiale Ă  l’Ă©criture orchestrale. Sur le plan du style, Debora Waldman a le souci d’une approche exigeante, particuliĂšrement adaptĂ©e Ă  chaque partition : dĂ©fis esthĂ©tiques comme particularitĂ©s techniques . C’est pourquoi elle a totalement intĂ©grĂ© les nombreux bĂ©nĂ©fices de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e, appliquant avec scrupule et sens critique le perfectionnisme d’un jeu savant toujours soucieux de lĂ©gĂšretĂ© et de fraĂźcheur afin de transformer le concert en une expĂ©rience unique.

Le programme du 27 novembre met en lumiĂšre l’Ă©criture lyrique de Mozart : Ă©pisodes intenses en passion et affects contrastĂ©s, mis en regard avec l’ultime chef d’oeuvre purement symphonique, le sommet orchestral que demeure la derniĂšre Symphonie n°41 en ut dite Jupiter.

Compte rendu, opĂ©ra. Lille. OpĂ©ra de Lille, le 29 janvier 2015. Mozart : Idomeneo. Kresimir Spicer, Rachel Frenkel, Rosa Feola
 Lee Concert d’AstrĂ©e. Emmanuelle HaĂŻm, direction. Jean-Yves Ruf, mise en scĂšne.

Pour cette nouvelle production d’Idomeneo Ă  l’OpĂ©ra de Lille, le metteur en scĂšne Jean-Yves Ruf s’associe Ă  Emmanuelle HaĂŻm et Le Concert d’AstrĂ©e pour la crĂ©ation du premier vĂ©ritable opĂ©ra de maturitĂ© de Mozart. Un opĂ©ra seria Ă  part, racontant l’histoire du Roi de CrĂšte amenĂ© Ă  tuer son fils Idamante, par les caprices de la superstition religieuse, Ă©cartant l’Ă©tat de raisonnement pour la raison d’Etat ; Idomeneo prĂ©tend sauver le royaume de la furie d’un Neptune tricheur. Pendant ce temps Elettra se trouve en CrĂšte, ainsi qu’Ilia, princesse des Troyens vaincus, qui est aussi Ă©prise d’Idamante. Une distribution plutĂŽt jeune et pĂ©tillante habite les personnages, avec des prises de rĂŽles remarquables. Un spectacle visiblement trĂšs riche et une musique dans laquelle se dĂ©lecter !

Chef-d’oeuvre incontestable

Beaucoup d’ancre a coulĂ© et coule encore au sujet d’Idomeneo. Pendant sa composition Ă  Munich en 1780 Mozart avait une correspondance trĂšs active avec son pĂšre, sa sƓur, et amitiĂ©s par rapport aux nombreuses pĂ©ripĂ©ties de la production, les caprices des chanteurs, l’exigence du commanditaire, etc
 ImmĂ©diatement aprĂšs sa crĂ©ation on parlait d’un certain aspect « gluckiste » de la partition, des nombreux chƓurs, de l’influence de Haendel, etc
 Aujourd’hui encore nous lisons avec curiositĂ© tout ce qu’on dit sur la difficultĂ© technique des rĂŽles, sur la richesse et la complexitĂ© de la partition, sur la peur que l’Ɠuvre inspire Ă  certains metteurs en scĂšne, etc., etc., etc. Si nous sommes de l’avis qu’on se sert souvent de ces stĂ©rĂ©otypes sur le monument qu’est Mozart pour excuser la mĂ©diocritĂ©, ces clichĂ©s ont nĂ©anmoins un fond de vĂ©ritĂ©.

idomeneo patricia ciofi elettra opera de lille 4Le Mozart d’Idomeneo (mais pas que) est comme le soleil, il illumine sans discrĂ©tion, il Ă©claire et rĂ©vĂšle tout, il montre la petitesse et la grandeur sans discrimination. Emmanuelle HaĂŻm et son fabuleux ensemble Le Concert d’AstrĂ©e font preuve d’une sagesse Ă©tonnante, mais fort heureusement non exclusive. Ils ouvrent l’Ɠuvre avec beaucoup de brio, notamment les cordes si rĂ©actives, mais aussi un brio quelque peu dĂ©saccordĂ© des cors. Pendant les 3 actes nous pensons au cĂ©lĂšbre orchestre de Munich pour qui Mozart a Ă©crit ces pages si riches, et nous trouvons la prestation de l’orchestre, si rĂ©servĂ©e soit-elle, pleine de qualitĂ©s, notamment en ce qui concerne les tempi, la vivacitĂ© des cordes, le charme et la candeur si particuliĂšre des bois bellissimes du Concert d’AstrĂ©e. Idem pour les chƓurs trĂšs sollicitĂ©s. Le premier et le dernier nous laissent abasourdis de bonheur, mais ils n’ont pas Ă©tĂ© tous interprĂ©tĂ©s avec le mĂȘme panache ni la mĂȘme vigueur. Un dĂ©sĂ©quilibre qui peut s’interprĂ©ter comme innĂ© Ă  l’Ɠuvre, peut-ĂȘtre. Or, en dĂ©pit du livret mĂ©tastasien d’Antoine Danchet Ă©ditĂ© par Giambattista Varesco (avec qui Mozart avait dĂ©jĂ  eu affaire pour Il Re Pastore, son opus lyrique prĂ©cĂ©dent), si beau et si stylĂ© soit-il ; par les cadeaux que Fortune a gĂ©nĂ©reusement offert au gĂ©nie salzbourgeois, il n’existe pas un moment ennuyeux ni de vrai temps mort dans la partition. Aux interprĂštes donc d’habiter leurs rĂŽles, musicale et thĂ©Ăątralement. Les chanteurs-acteurs de la distribution on relevĂ© le dĂ©fi, notamment avec l’intense travail d’acteur qu’achĂšve Jean-Yves Ruf, metteur en scĂšne. Mais parlons de la musique d’abord.

Ilia et Idamante : deux perles vocales

idomeneo7-1Le titre de l’oeuvre est Idomeneo, re di Creta ossia Ilia e Idamante. Pour cette nouvelle production lilloise le titre Ilia et Idamante paraĂźt beaucoup plus pertinent qu’IdomĂ©nĂ©e. Kasimir Spicer dans le rĂŽle titre est un tĂ©nor qu’on aime bien par la qualitĂ© de son style et son investissement toujours impressionnant. S’il brille par la lumiĂšre propre Ă  son talent, avec le pianissimo le plus beau de toute la performance, et que nous aurons du mal Ă  oublier lors de son « Fuor del mar » au premier acte, nous avons aussi remarquĂ© la difficultĂ© du chanteur par rapport aux arabesques, au souffle et Ă  la projection. Certes, il s’agĂźt d’un air de bravoure virtuose que Mozart a dĂ» adapter pour le tĂ©nor vieillissant crĂ©ateur de l’Ɠuvre : Anton Raaff. De mĂȘme pour la soprano Patrizia Ciofi dans le rĂŽle d’Elettra, Princesse argonaute rĂ©pudiĂ©e. Une Princesse trĂšs chic mais pas aussi choc. Tant de belles choses dans sa prestation, le style, les rĂ©citatifs pleins d’intention, une agilitĂ© vocale confirmĂ©… Mais aussi de la difficultĂ© Ă  chanter son premier air de bravoure « Tutto nel cor vi sento », un souffle manquant, une voix souvent inaudible, pĂ©tillante mais sans Ă©paisseur. Un dĂ©but un peu dĂ©cevant, malgrĂ© son incroyable talent d’actrice qui, au moins, captivait les yeux de l’auditoire. Heureusement pour elle, sa performance est progressive. Lors de son deuxiĂšme air elle fait preuve d’un beau legato et des beaux piani, et elle impressionne surtout par son appropriation de la cadence, Ă  laquelle elle ajoute un je ne sais quoi du belcanto du XIXe, ravissant. Son air de clĂŽture « D’Oreste, d’Aiace » est Ă  l’opposĂ© de son premier au niveau de l’assurance, de l’interprĂ©tation, du volume, de la projection. Elle est trĂšs expressive et elle le chante avec vigueur, mais l’instrument reste le mĂȘme, Ă  notre avis beaucoup plus agile que dramatique donc peu propice au rĂŽle. MĂȘme remarque pour le tĂ©nor Edgaras Montvidas (autrement un Alfredo touchant Ă  Nantes, pour cette Traviata mise en scĂšne par Emmanuelle Bastet) dans le rĂŽle d’Arbace, confident d’Idomeneo. S’il est un excellent acteur et plutĂŽt beau Ă  regarder, son air virtuose au premier acte « Se il tuo duol » (frĂ©quemment supprimĂ© tellement il est difficile, nous l’avouons), laisse Ă  dĂ©sirer.

En l’occurrence les vĂ©ritables chefs de file sont Ilia et Idamante, prises de rĂŽles pour les deux jeunes chanteuses, en vĂ©ritĂ©. La soprano Rosa Feola dans le rĂŽle d’Ilia fait ses dĂ©buts en France dans cette production. DĂšs son premier air « Padre, germani, addio », les maintes qualitĂ©s de sa performance saisissent. Un timbre riche, une diction impeccable, une sensibilitĂ© dramaturgique complexe dont elle fait preuve par son chant et par son jeu. Une prestation qui augmente en beautĂ© au cours des actes. Son « Se il padre perdei » au deuxiĂšme un bijou d’expression, d’intention, de sincĂ©ritĂ©, les bois dĂ©licieux du Concert d’AstrĂ©e s’accordant majestueusement Ă  l’instrument de la soprano. Que dire enfin de son dernier air au 3e acte « Zeffiretti lusinghieri » si ce n’est-ce qu’elle y exprime la douceur de son amour avec un sublime legato et un chant dĂ©bordant d’Ă©motion ? Une artiste Ă  suivre absolument. Pareil pour l’objet de son amour, Idamante, inteprĂ©tĂ© par la mezzo-soprano Rachel Frenkel, qui nous impressionne dĂšs son entrĂ©e au premier acte « Non ho colpa » par le timbre et l’Ă©motion juvĂ©nile dĂ©licieusement nuancĂ©e, mĂȘme si la cadence n’a pas Ă©tĂ© le moment le plus rĂ©ussi. Sa participation au quatuor du dernier acte « Andro ramingo e solo » est un sommet d’expression. Remarquons Ă©galement la prestation rapide mais solide d’Emiliano Gonzales Toro, en Grand prĂȘtre et notamment de la basse Bogdan Talos (La Voix) que nous aurions aimĂ© Ă©couter davantage.

Et la pierre d’achoppement de la production ? La mise en scĂšne du talentueux et pragmatique Jean-Yves Ruf a des qualitĂ©s et des dĂ©fauts. FĂ©licitons d’abord sa scĂ©nographe Laure Pichat pour des dĂ©cors d’une beautĂ© plastique tout Ă  fait frappante ! Un dĂ©cor par acte, un plateau toujours circulaire avec un rideau de fins fils qui permettent la transparence mais reflĂštent les belles lumiĂšres de Christian Dubet. Ni approche historique ni vĂ©ritable transposition par contre. Des beaux tableaux visuels ravissants, un travail d’acteurs souvent poussĂ© et souvent brillant… Mais des coutures par trop visibles d’un discours crĂ©atif incertain, voire incohĂ©rent.

DĂšs la levĂ©e du rideau nous avons un flashback de l’extraordinaire mise en scĂšne de l’Elena de Cavalli (une production de grande valeur! – OpĂ©ra de Lille, janvier 2015), dans le sens oĂč la structure circulaire domine le plateau. TrĂšs beau. Les troyens prisonniers Ă  l’intĂ©rieur du faux rideau circulaire, couverts de draps blanchĂątres comme Ilia… Nous sommes quelque part, Ă  un moment prĂ©cis de l’histoire, on dirait, mais on ne sait pas vraiment. Sauf qu’aprĂšs arrive une procession des croyants… Hindous !? Mais pas que !!! Nous sommes dĂ©cidĂ©ment dans le mĂ©li-mĂ©lo d’Ă©poques, de styles, un peu de tout et beaucoup de n’importe quoi. Expliquons : Dans cette procession, des « prĂȘtres » habillĂ©s en derviche (mystiques du soufisme, aux longues robes noires et des chapeaux longs plus ou moins coniques) rentrent sur scĂšne avec de l’encens Ă  la myrrhe et au copal (typiquement catholique, ajoutons). Un ascĂšte de facture indienne a une expĂ©rience mystique devant le faux sacrifice dont il est le protagoniste, l’expĂ©rience est comme une espĂšce de possession, mais, dĂ©moniaque ou angĂ©lique ? En tout cas Ă©pileptique. Au mĂȘme temps Idomeneo, Roi de CrĂšte (oĂč d’un royaume indien avec une minoritĂ© des musulmans mystiques qui ne brĂ»lent pas du benjoin d’Arabie ni du santal mais de la myrrhe, et qui, par hasard, sont les prĂȘtres du dit Roi au patronyme grec…), est habillĂ© en occidental avec une couronne dorĂ©e qui paraĂźt une bague contemporaine. Passons au troisiĂšme et dernier acte avec un bel arbre impressionnant qui n’est pas sans rappeler le bois sacrĂ© du chĂąteau de Winterfell dans le Nord de la sĂ©rie tĂ©lĂ©visuelle Game of Thrones / Le TrĂŽne de Fer, Ă  son tour inspirĂ© du Moyen Age Ă©cossais… Heureusement toutes ces banalitĂ©s sophistiquĂ©es et incohĂ©rentes acquiĂšrent un sens, plus ou moins, uniquement grĂące au travail d’acteurs des chanteurs : leur performance fait illusion de cohĂ©sion. Voici donc un show spectaculaire, de belles ombres et lumiĂšres, rĂ©fĂ©rences Ă  l’Inde, au mysticisme islamique, mĂȘme Ă  la GrĂšce (un petit peu quand mĂȘme). Un dĂ©filĂ© des modes du monde riche en prĂ©textes, avec comme principale qualitĂ© rĂ©demptrice, d’un point de vue dramaturgique, nous insistons, le jeu d’acteur qui est tellement fort et intĂ©ressant, que nous excusons, mais pas sans rĂ©serves, le manque d’égard face Ă  l’intellect et Ă  la culture des spectateurs dans cette mise en scĂšne Ă  la beautĂ© confondante et conflictuelle, mais certaine.

Une production Ă  voir et surtout Ă  Ă©couter Ă  l’OpĂ©ra de Lille le 29 janvier ainsi que les 1er, 3 et 6 fĂ©vrier 2015 !

Nouvel Idomeneo de Mozart Ă  Lyon

mozart_portraitLyon, OpĂ©ra. Mozart : Idomeneo. 23 janvier>6 fĂ©vrier 2015. Que valent les dynasties et les ambitions politiques si les rois sous la contrainte (ou l’Ă©preuve) divine, n’hĂ©sitent pas Ă  sacrifier leur propre fils ? IdomĂ©nĂ©e est sauvĂ© par Neptune qui en Ă©change exige un sacrifice : la premiĂšre personne que le miraculĂ© croisera lors de son retour en CrĂȘte sera donc immolĂ©e. Pas de chance, le roi sauvĂ© rencontre son fils Idamante. Horreur d’un dieu cruel, laideur aussi d’un roi trop faible, barbarie d’un destin tragique ; car le courage paie toujours et la jeune princesse troyenne Ilia, amoureuse de surcroĂźt du jeune prince (d’une sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante et pure au II), dĂ©clare ĂȘtre prĂȘte au III pour se sacrifier Ă  la place du fils. Tant d’innocence hardie est rĂ©compensĂ©e par le dieu des mers : IdomenĂ©e est dĂ©chu et le nouveau roi, Idamante Ă©pousera Ilia. Neptune voulait-il Ă©prouver le roi rĂšgnant et dĂ©celer sa faiblesse ? Le jeter Ă  terre pour placer sur le trĂŽne un sang plus noble? MĂȘme s’il profite Ă  terme de la volontĂ© divine, ce n’est pourtant pas Idamante son fils qui exprime le mieux l’intensitĂ© du courage mais plutĂŽt sa fiancĂ©e, la jeune princesse Ilia au soprano ardent, amoureux, irrĂ©sistible. C’est elle qui ose dĂ©fier les dieux au moment oĂč le pĂšre allait sacrifier son fils…

 

 

 

 


Carnaval de 1781 : Mozart Ă  Munich

seria maritime

 

 

Les femmes prennent un relief particulier chez Mozart ; autant la douceur tendre mais dĂ©terminĂ©e d’Ilia Ă©blouit par sa candeur lumineuse, autant sa contrepartie, Electre (Elettra), – souvenir des magiciennes noires et jalouses de l’opĂ©ra baroque terrifie par d’amples imprĂ©cations. AprĂšs le meurtre de sa mĂšre Clytemnestre par son frĂšre Oreste (qui fait tout le sel de l’opĂ©ra de Richard Strauss), Electre se refugie en CrĂȘte. DĂ©vorĂ©e par la haine de sa mĂšre, la princesse tombe cependant amoureuse – vainement- du prince Idamante… :  d’ailleurs l’opĂ©ra s’achĂšve sur le jaillissement impressionnant de la haine d’une manipulatrice dĂ©faite (malheureuse rivale d’Ilia) dont le parti a perdu. Sa figure hideuse, submergĂ©e par la folie (comme MĂ©dĂ©e ou Armide sur son char) contraste avec l’humanitĂ© crĂ©toise rĂ©conciliĂ©e Ă  la fin du drame.
Outre la palette flamboyante des caractĂšres, Mozart ĂągĂ© de 25 ans (!), renouvelle le genre seria (aprĂšs Mitridate de 1770, Lucio Silla de 1772 et avant Titus Ă©crit Ă  la fin de sa vie en 1791) en intĂ©grant, comme une vĂ©ritable synthĂšse, des Ă©lĂ©ments français  (le chƓur est trĂšs prĂ©sent), germaniques dans la conduite d’un orchestre Ă©tonnamment expressif, traducteur de la force des Ă©lĂ©ments marins dans un opĂ©ra qui se dĂ©roule au cƓur de la MĂ©diterranĂ©e. A ce titre, l’ouvrage atteint un souffle symphonique captivant en particulier dans l’enchaĂźnement des Ă©pisodes du II et du III (marche, chƓurs accompagnĂ©s, ballet final). L’intelligence de l’Ă©criture psychologique de chaque protagoniste (superbe quatuor du III), la construction dramatique et musicale fait valoir dĂ©jĂ  Ă  Munich en 1781, une maturitĂ© lyrique Ă©poustouflante. D’autant que contraint d’accepter les directives du librettiste l’AbbĂ© Varesco (qui s’inspire du livret de Danchet pour l’ouvrage de Campra en 1712), soumis aux caprices des solistes plutĂŽt exigeants et changeants, le jeune Mozart n’avait pas la main libre pendant la rĂ©alisation de l’opĂ©ra : sa correspondance avec son pĂšre, trĂšs riche et documentĂ©e, laisse un aperçu fouillĂ© des nombreuses modifications auxquelles dut se soumettre Wolfgang pour plaire aux uns et aux autres…
Mais 5 ans aprÚs son premier triomphe munichois (la Finta Giardiniera, offrant déjà une trÚs fine analyse des passions humaines), Mozart surdoué suscite le contentement de son patron, le Prince Electeur Karl-Teodor de BaviÚre, au moment du Carnaval 1781.

 

 

boutonreservationOpéra de Lyon
Les 23,25,27,29,31 janvier, 2,4,6 février 2015
GĂ©rard Korsten, direction
Martin Kusej, mise en scĂšne
Odinius, Aldrich, Galitskaya, Brimberg, Behr, Jakobsk
Nouvelle production
Pas sĂ»r que la mise en scĂšne de Kusej rĂ©tablisse la poĂ©sie Ă©motionnelle comme le souffle mĂ©diterranĂ©en de l’orchestre. Mais la musique d’une grande finesse mĂ©rite le dĂ©placement.