SALZBOURG 2019. Nouvel Idomeneo par Sellars / Currentzis

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81SALZBOURG, 27 juil – 19 aout 2019. IDOMENEO. Le Festival estival autrichien créé en 1922 par Richard Strauss et Hugo Von Hofmannsthal marque les esprits en annonçant entre autres productions événements de son affiche 2019 : Idomeneo de Mozart, opéra symphonique sur le thème de la barbarie divine, mise en scène par Peter Sellars et surtout dirigé par le bouillonnant mais passionnant Teodor Currentzis. Ce dernier vient de publier chez Sony, une captivante Symphonie n°6 de Mahler, après une 6è de Tchaikovski non moins envoûtante… LIRE ci après nos critiques des 2 cd Mahler et Tchaikovsky par Currentzis et son orchestre sur instruments anciens AnimaAeterna, 2 «  CLICs » de CLASSIQUENEWS.
Le 27 juillet 2019, première soirée lyrique du Festival de Salzbourg, affiche au Felsenreitschule (Manège du rocher) : Idomeneo, une nouvelle production prometteuse après la Clemence de Titus présentée par le même duo en 2017. Idomeneo est aussi un opera seria, conçu par un Mozart de 25 ans. Teodor Currentzis dirige pour se faire le Freiburg Baroque Orchestra et le musicAeterna Choir of Perm Opera (un chœur qu’il connaît plutôt très bien, familier de ses enregistrements et productions habituelles).

Distribution annoncée : Russell Thomas (Idomeneo), Paula Murrihy (Idamante), Ying Fang (Ilia), Nicole Chevalier (Elettra), Jonathan Lemalu (Nettuno / La voce / Voix de l’Oracle) ; chorégrapie de Lemi Ponifasio.

currentzis sellars salzbourg idomeneo mozart 2019 premiere announce annonce concert opera par classiquenewsSellars souligne combien avec Idomeneo, Mozart dispose alors à Munich, dans le contexte de création d’Idomeneo, – en 1780 pour le Carnaval, d’une équipe artistique prestigieuse (Lorenz Quaglio, réalisateur des costumes et des décors), un orchestre renommé (les instrumentistes de la Cour de Mannheim, les meilleurs d’Europe), une compagnie de danseurs et des chanteurs célèbres… Ainsi s’affirme le génie du jeune homme, alors en conflit avec son père : un conflit qui se dessine aussi dans l’opéra qui se passe en Crête, dans la relation entre Idomeneo et Idamante, le père et le fils, le premier devant après un vÅ“u déraisonnable, sacrifier à Neptune, le second. Les dieux ont soif et les héros doivent se soumettre à leur pouvoir. C’est Ilia, princesse troyenne (fille de Priam) qui sauvera par sa lumineuse loyauté, celui qu’elle aime et qui devait être immolé…
Ce qui saisit dans Idomeneo, ce sont moins les pages dramatiques inspirées de la Guerre de Troie, des Grecs fiers et inflexibles (voire délirants et jaloux : Elettra), confrontés à la douceur crêtoise… que les pages où il est question de l’impétuosité des éléments marins : Idomeneo est un opéra symphonique et océanique d’un souffle saisissant, où percent avec une véhémence expressive jamais écoutée avant lui, l’orchestre et l’ampleur des ballets. Tout ce qu’avait en son temps, dévoilé le chef Nikolaus Harnoncourt dans un enregistrement légendaire qui a marqué l’histoire du cd et celle de l’interprétation mozartienne… La production est l’événement de cet été 2019 au Festival de Salzbourg. Photo Sellars et Currentzis à Salzbourg : SF/Anne Zeuner.

 

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SALZBOURG, Festivalsalzbourg vignette festival
MOZART : Idomeneo
Peter Sellars / Teodor Currentzis
7 représentations
Du 27 juillet 2019 au 19 août 2019

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/idomeneo

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ERMONT (95). Debora Waldman et Idomeneo : PUR MOZART

waldman-debora-chef-maestro-concert-mozart-concert-idomeneo-582-390ERMONT (95), le 13 octobre, 20h. Orchestre Idomeneo : Concert Pur Mozart. Etonnante approche et très pertinente, défendue par le nouvel orchestre créé en 2013 par la chef d’orchestre, Debora Waldman. Elève du regretté Kurt Masur entre autres, la jeune femme, née au Brésil, manie la baguette avec finesse et articulation, en particulier chez Mozart dont elle ne cesse de défendre la langue, flexible, ciselée, naturelle et si profonde. Mais plus encore, car portant en une énergie collective souvent exceptionnelle, l’ensemble des instrumentistes de son orchestre Idomeneo, Debora Waldman, en architecte du sens et de la forme, révèle chez Wolfgang, la force irrésistible des émotions, et le profonde architecture des sentiments qui circule des scènes lyriques aux épisodes symphoniques. Sa lecture de la symphonie mozartienne dialogue ici avec plusieurs airs d’opéras où perce le diamant aigu, affûté, percutant et tendre aussi de la jeune soprano Julia Knecht (ci dessous): qu’elle soit Elvira et même la Reine de la nuit, la voix s’alanguit, murmure, déclame, rugit sans faiblir… le délicat dosage du chant orchestral combiné avec la voix soliste offre une spectaculaire palette de sentiments contrastés. Et dans un regard transversal et synthétique, Debora Waldman nous montre combien la Symphonie est un vrai opéra sans paroles, et chaque air lyrique, un jeu enivré, envoûtant entre voix et instruments.

Mozart, symphonique et lyrique

 

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Pour Sully sur Loire puis à l’Eglise Notre-Dame d’Auvers sur Oise, voici deux femmes, deux tempéraments, irrésistiblement complices, dont la langue mozartienne affirme la justesse expressive. L’orchestre Idomeneo récemment fondé, regroupe nombre de jeunes instrumentistes pour lesquels l’approche et la pratique historiquement informées ne posent aucun mystère : accents, nuances, jeu et coups d’archet, ornementation, dynamique, phrasés… tout cela s’intègre dans une vision flexible et expressive dont la respiration fait corps avec le chant de la soprano. Récital événement.

 

 

 

 

Concert PUR MOZART
Airs d’opéras, Symphonie…
Orchestre Idomeneo
Julia Knecht, soprano
Debora Waldman, direction

Idomeneo logo fond blanc classiquenews mai 2016ERMONT, Théâtre Pierre Fresnay
Jeudi 13 octobre  2016, 20h30
réservez

 

Programme
Ouverture de La Finta Giardiniera
Symphonie en La majeur n°29
Airs de concerts : A se in ciel benigne stelle, Vorrei spiegarvi O Dio
Messe du couronnement : Agnus Dei
Divertimento K136 Allegro / andante
Air d’Elvira : Or sai chi l’onore (Don Giovanni)
Air de la Reine de la nuit : “O zittre nicht, mein lieber Son” (La Flûte enchantée)
Air de la Reine de la nuit : “Der Hölle rache kocht in meinem herzen”… (La Flûte enchantée)

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Programme initialement présenté dans une première version, à Maisons-Alfort, Théâtre Claude Debussy, le 27 novembre 2015. LIRE notre compte rendu critique complet PUR MOZART par Idomeneo et Debora Waldman

VOIR notre sujet video court : l’Orchestre IDOMENEO et Debora Waldman jouent des extraits de la Symphonie n°41 “Jupiter” de Mozart (Maisons-Alfort, novembre 2015 © classiquenews.tv)

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Mozart lyrique et symphonique par Idomeneo et Debora Waldman

debora waldman portraitMaisons-Alfort (94), le 27 novembre 2015. Debora Waldman, Idomeneo. Concert Mozart par l’orchestre Idomeneo, récente phalange fondée par Debora Waldman, musicienne passionnée par le divin Wolfgang et plutôt très convaincante quand il s’agit d’en défendre l’étoffe expressive et poétique. En témoigne le programme lyrique et symphonique présenté le 27 novembre à Maisons Alfort (93). Les premiers morceaux regroupent ouvertures et airs d’opéras (Cosi, Don Giovanni, Les Noces, La Flûte enchantée) grâce à la collaboration de la soprano Julia Knecht, autant de “préludes” ou d’éléments préalables qui préparent l’écoute de la dernière Symphonie du compositeur, le fameuse n°41 dite “Jupiter (en ut majeur K551 composé août 1788) volet final de la trilogie des n°39,40 et 41, et vaste portique symphonique qui ouvre de façon lumineuse vers l’ère romantique, tout en portant les valeurs du siècle des Lumières. Formellement, la Symphonie incarne par sa perfection contrapuntique et l’intelligence de son architecture à quatre parties (plan en sonate), le plus haut degré de l’écriture symphonique viennoise à la fin des années 1780.

La soprano incarne les aspirations et les tiraillements intérieurs des héroïnes de Mozart que le concert fait ainsi surgir : l’amoureuse Donna Anna, le cÅ“ur ardent et fidèle de Susanna, les aigus spectaculaires de la Reine de la Nuit, mère inflexible et manipulatrice, …

idomeneo-debora-waldman-concert-mozart-annonce-review-critique-classiquenews

L’intérêt du programme conçu par Debora Waldman vient de cette mise en perspective, opéras et symphonie : fine mozartienne, la chef d’orchestre propose un regard différent sur l’oeuvre symphonique en appliquant une nouvelle lecture qui suit son déroulement comme un véritable opéra : l’expression par la langage instrumental d’une véritable dramaturgie tout au long de ses 4 mouvements, 4 épisodes fourmillant d’une vie émotionnelle insoupçonnée : Allegro vivace, Andante cantabile (con sordini), Menuetto : Allegretto, Finale : Molto vivace. Passionnant.

Julia Knecht, soprano
Orchestre Idomeneo
Debora Waldman, direction

boutonreservationMaisons-Alfort, Théâtre (94)
Vendredi 27 novembre 2015, 20h30
Présentation du concert à 18h30 au Foyer du Théâtre Debussy

Tarif plein : 27€
Tarif réduit : 24€
Moins de 14 ans : 17€

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

Programme “Pure Mozart

2 Mozart pour le prix d’1 : Mozart lyrique et symphonique

Cosi fan Tutte : Ouverture
Aria « Voi avete un cor fedele » K. 217
Don Giovanni : – Recitativo Don Ottavio Son morta ! and Aria Or Sai chi l’onore (Donna Anna)
Recitativo and Rondo Non mi dir (Donna Anna)
Divertimento K 136 : Allegro
Le Nozze di Figaro : Recitativo and Aria Guinse alfin il momento (Susanna)
The Macig Flute : – Aria O zittre nicht, mein lieber Sohn (Queen of the Night)
Marcia
Aria Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen (Queen of the Night)

Symphony n°41 Jupiter

Réservations, informations : www.theatredemaisons-alfort.org

 

 

 

Eté 2014 : Debora Waldman dirige Don GiovanniDebora Waldman, biographie. Née brésilienne à Sao Paulo, Debora Waldman se perfectionne en Israël puis à l’Université Catholique d’Argentine de Buenos Aires où fait marquant elle est la première étudiante à obtenir deux médailles d’or (direction d’orchestre et composition). Brillante, engagée, surtout perfectionniste et travailleuse exemplaire, la jeune chef d’orchestre rejoint Paris où elle suit l’enseignement de Janos Fürst et de Michael Levinas au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. A partir de 2006, et pendant trois années, elle devient l’assistante de Kurt Masur à l’Orchestre national de France. En 2012, Debora Waldman a remporté la distinction émise par l’Adami : “Talent chef d’Orchestre”, aux côtés de Benjamin Lévy et d’Ariane Matiak. En 2013, elle fonde son propre orchestre, Idomeneo, réunissant de jeunes instrumentistes parmi les personnalités les plus expérimentées de leur génération, jouant dans les meilleures formations parisiennes et capables de jouer sur instruments modernes comme instruments d’époque. Idomeneo interprète en particulier le répertoire classique et romantique, de Haydn à Brahms, en réservant à l’Å“uvre de Wolfgang Amadeus Mozart, une place privilégiée. L’orchestre ainsi fondé porte d’ailleurs le nom de l’opéra seria de Mozart, Idomeneo, qui laisse une place primordiale à l’écriture orchestrale. Sur le plan du style, Debora Waldman a le souci d’une approche exigeante, particulièrement adaptée à chaque partition : défis esthétiques comme particularités techniques . C’est pourquoi elle a totalement intégré les nombreux bénéfices de l’interprétation historiquement informée, appliquant avec scrupule et sens critique le perfectionnisme d’un jeu savant toujours soucieux de légèreté et de fraîcheur afin de transformer le concert en une expérience unique.

Le programme du 27 novembre met en lumière l’écriture lyrique de Mozart : épisodes intenses en passion et affects contrastés, mis en regard avec l’ultime chef d’oeuvre purement symphonique, le sommet orchestral que demeure la dernière Symphonie n°41 en ut dite Jupiter.

Deborah Waldman dirige Idomeneo à Maisons-Alfort

debora waldman portraitMaisons-Alfort (94), le 27 novembre 2015. Debora Waldman, Idomeneo. Concert Mozart par l’orchestre Idomeneo, récente phalange fondée par Debora Waldman, musicienne passionnée par le divin Wolfgang et plutôt très convaincante quand il s’agit d’en défendre l’étoffe expressive et poétique. En témoigne le programme lyrique et symphonique présenté le 27 novembre à Maisons Alfort (93). Les premiers morceaux regroupent ouvertures et airs d’opéras (Cosi, Don Giovanni, Les Noces, La Flûte enchantée) grâce à la collaboration de la soprano Julia Knecht, autant de “préludes” ou d’éléments préalables qui préparent l’écoute de la dernière Symphonie du compositeur, le fameuse n°41 dite “Jupiter (en ut majeur K551 composé août 1788) volet final de la trilogie des n°39,40 et 41, et vaste portique symphonique qui ouvre de façon lumineuse vers l’ère romantique, tout en portant les valeurs du siècle des Lumières. Formellement, la Symphonie incarne par sa perfection contrapuntique et l’intelligence de son architecture à quatre parties (plan en sonate), le plus haut degré de l’écriture symphonique viennoise à la fin des années 1780.

La soprano incarne les aspirations et les tiraillements intérieurs des héroïnes de Mozart que le concert fait ainsi surgir : l’amoureuse Donna Anna, le cÅ“ur ardent et fidèle de Susanna, les aigus spectaculaires de la Reine de la Nuit, mère inflexible et manipulatrice, …

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L’intérêt du programme conçu par Debora Waldman vient de cette mise en perspective, opéras et symphonie : fine mozartienne, la chef d’orchestre propose un regard différent sur l’oeuvre symphonique en appliquant une nouvelle lecture qui suit son déroulement comme un véritable opéra : l’expression par la langage instrumental d’une véritable dramaturgie tout au long de ses 4 mouvements, 4 épisodes fourmillant d’une vie émotionnelle insoupçonnée : Allegro vivace, Andante cantabile (con sordini), Menuetto : Allegretto, Finale : Molto vivace. Passionnant.

 
 

Julia Knecht, soprano
Orchestre Idomeneo
Debora Waldman, direction

boutonreservationMaisons-Alfort, Théâtre (94)
Vendredi 27 novembre 2015, 20h30
Présentation du concert à 18h30 au Foyer du Théâtre Debussy

Tarif plein : 27€
Tarif réduit : 24€
Moins de 14 ans : 17€

 
 
 

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

 
 
 

Programme “Pure Mozart

2 Mozart pour le prix d’1 : Mozart lyrique et symphonique

Cosi fan Tutte : Ouverture
Aria « Voi avete un cor fedele » K. 217
Don Giovanni : – Recitativo Don Ottavio Son morta ! and Aria Or Sai chi l’onore (Donna Anna)
Recitativo and Rondo Non mi dir (Donna Anna)
Divertimento K 136 : Allegro
Le Nozze di Figaro : Recitativo and Aria Guinse alfin il momento (Susanna)
The Macig Flute : – Aria O zittre nicht, mein lieber Sohn (Queen of the Night)
Marcia
Aria Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen (Queen of the Night)

Symphony n°41 Jupiter

Réservations, informations : www.theatredemaisons-alfort.org

 

 

 

Eté 2014 : Debora Waldman dirige Don GiovanniDebora Waldman, biographie. Née brésilienne à Sao Paulo, Debora Waldman se perfectionne en Israël puis à l’Université Catholique d’Argentine de Buenos Aires où fait marquant elle est la première étudiante à obtenir deux médailles d’or (direction d’orchestre et composition). Brillante, engagée, surtout perfectionniste et travailleuse exemplaire, la jeune chef d’orchestre rejoint Paris où elle suit l’enseignement de Janos Fürst et de Michael Levinas au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. A partir de 2006, et pendant trois années, elle devient l’assistante de Kurt Masur à l’Orchestre national de France. En 2012, Debora Waldman a remporté la distinction émise par l’Adami : “Talent chef d’Orchestre”, aux côtés de Benjamin Lévy et d’Ariane Matiak. En 2013, elle fonde son propre orchestre, Idomeneo, réunissant de jeunes instrumentistes parmi les personnalités les plus expérimentées de leur génération, jouant dans les meilleures formations parisiennes et capables de jouer sur instruments modernes comme instruments d’époque. Idomeneo interprète en particulier le répertoire classique et romantique, de Haydn à Brahms, en réservant à l’Å“uvre de Wolfgang Amadeus Mozart, une place privilégiée. L’orchestre ainsi fondé porte d’ailleurs le nom de l’opéra seria de Mozart, Idomeneo, qui laisse une place primordiale à l’écriture orchestrale. Sur le plan du style, Debora Waldman a le souci d’une approche exigeante, particulièrement adaptée à chaque partition : défis esthétiques comme particularités techniques . C’est pourquoi elle a totalement intégré les nombreux bénéfices de l’interprétation historiquement informée, appliquant avec scrupule et sens critique le perfectionnisme d’un jeu savant toujours soucieux de légèreté et de fraîcheur afin de transformer le concert en une expérience unique.

Le programme du 27 novembre met en lumière l’écriture lyrique de Mozart : épisodes intenses en passion et affects contrastés, mis en regard avec l’ultime chef d’oeuvre purement symphonique, le sommet orchestral que demeure la dernière Symphonie n°41 en ut dite Jupiter.

Compte rendu, opéra. Lille. Opéra de Lille, le 29 janvier 2015. Mozart : Idomeneo. Kresimir Spicer, Rachel Frenkel, Rosa Feola… Lee Concert d’Astrée. Emmanuelle Haïm, direction. Jean-Yves Ruf, mise en scène.

Pour cette nouvelle production d’Idomeneo à l’Opéra de Lille, le metteur en scène Jean-Yves Ruf s’associe à Emmanuelle Haïm et Le Concert d’Astrée pour la création du premier véritable opéra de maturité de Mozart. Un opéra seria à part, racontant l’histoire du Roi de Crète amené à tuer son fils Idamante, par les caprices de la superstition religieuse, écartant l’état de raisonnement pour la raison d’Etat ; Idomeneo prétend sauver le royaume de la furie d’un Neptune tricheur. Pendant ce temps Elettra se trouve en Crète, ainsi qu’Ilia, princesse des Troyens vaincus, qui est aussi éprise d’Idamante. Une distribution plutôt jeune et pétillante habite les personnages, avec des prises de rôles remarquables. Un spectacle visiblement très riche et une musique dans laquelle se délecter !

Chef-d’oeuvre incontestable

Beaucoup d’ancre a coulé et coule encore au sujet d’Idomeneo. Pendant sa composition à Munich en 1780 Mozart avait une correspondance très active avec son père, sa sÅ“ur, et amitiés par rapport aux nombreuses péripéties de la production, les caprices des chanteurs, l’exigence du commanditaire, etc… Immédiatement après sa création on parlait d’un certain aspect « gluckiste » de la partition, des nombreux chÅ“urs, de l’influence de Haendel, etc… Aujourd’hui encore nous lisons avec curiosité tout ce qu’on dit sur la difficulté technique des rôles, sur la richesse et la complexité de la partition, sur la peur que l’œuvre inspire à certains metteurs en scène, etc., etc., etc. Si nous sommes de l’avis qu’on se sert souvent de ces stéréotypes sur le monument qu’est Mozart pour excuser la médiocrité, ces clichés ont néanmoins un fond de vérité.

idomeneo patricia ciofi elettra opera de lille 4Le Mozart d’Idomeneo (mais pas que) est comme le soleil, il illumine sans discrétion, il éclaire et révèle tout, il montre la petitesse et la grandeur sans discrimination. Emmanuelle Haïm et son fabuleux ensemble Le Concert d’Astrée font preuve d’une sagesse étonnante, mais fort heureusement non exclusive. Ils ouvrent l’œuvre avec beaucoup de brio, notamment les cordes si réactives, mais aussi un brio quelque peu désaccordé des cors. Pendant les 3 actes nous pensons au célèbre orchestre de Munich pour qui Mozart a écrit ces pages si riches, et nous trouvons la prestation de l’orchestre, si réservée soit-elle, pleine de qualités, notamment en ce qui concerne les tempi, la vivacité des cordes, le charme et la candeur si particulière des bois bellissimes du Concert d’Astrée. Idem pour les chÅ“urs très sollicités. Le premier et le dernier nous laissent abasourdis de bonheur, mais ils n’ont pas été tous interprétés avec le même panache ni la même vigueur. Un déséquilibre qui peut s’interpréter comme inné à l’œuvre, peut-être. Or, en dépit du livret métastasien d’Antoine Danchet édité par Giambattista Varesco (avec qui Mozart avait déjà eu affaire pour Il Re Pastore, son opus lyrique précédent), si beau et si stylé soit-il ; par les cadeaux que Fortune a généreusement offert au génie salzbourgeois, il n’existe pas un moment ennuyeux ni de vrai temps mort dans la partition. Aux interprètes donc d’habiter leurs rôles, musicale et théâtralement. Les chanteurs-acteurs de la distribution on relevé le défi, notamment avec l’intense travail d’acteur qu’achève Jean-Yves Ruf, metteur en scène. Mais parlons de la musique d’abord.

Ilia et Idamante : deux perles vocales

idomeneo7-1Le titre de l’oeuvre est Idomeneo, re di Creta ossia Ilia e Idamante. Pour cette nouvelle production lilloise le titre Ilia et Idamante paraît beaucoup plus pertinent qu’Idoménée. Kasimir Spicer dans le rôle titre est un ténor qu’on aime bien par la qualité de son style et son investissement toujours impressionnant. S’il brille par la lumière propre à son talent, avec le pianissimo le plus beau de toute la performance, et que nous aurons du mal à oublier lors de son « Fuor del mar » au premier acte, nous avons aussi remarqué la difficulté du chanteur par rapport aux arabesques, au souffle et à la projection. Certes, il s’agît d’un air de bravoure virtuose que Mozart a dû adapter pour le ténor vieillissant créateur de l’œuvre : Anton Raaff. De même pour la soprano Patrizia Ciofi dans le rôle d’Elettra, Princesse argonaute répudiée. Une Princesse très chic mais pas aussi choc. Tant de belles choses dans sa prestation, le style, les récitatifs pleins d’intention, une agilité vocale confirmé… Mais aussi de la difficulté à chanter son premier air de bravoure « Tutto nel cor vi sento », un souffle manquant, une voix souvent inaudible, pétillante mais sans épaisseur. Un début un peu décevant, malgré son incroyable talent d’actrice qui, au moins, captivait les yeux de l’auditoire. Heureusement pour elle, sa performance est progressive. Lors de son deuxième air elle fait preuve d’un beau legato et des beaux piani, et elle impressionne surtout par son appropriation de la cadence, à laquelle elle ajoute un je ne sais quoi du belcanto du XIXe, ravissant. Son air de clôture « D’Oreste, d’Aiace » est à l’opposé de son premier au niveau de l’assurance, de l’interprétation, du volume, de la projection. Elle est très expressive et elle le chante avec vigueur, mais l’instrument reste le même, à notre avis beaucoup plus agile que dramatique donc peu propice au rôle. Même remarque pour le ténor Edgaras Montvidas (autrement un Alfredo touchant à Nantes, pour cette Traviata mise en scène par Emmanuelle Bastet) dans le rôle d’Arbace, confident d’Idomeneo. S’il est un excellent acteur et plutôt beau à regarder, son air virtuose au premier acte « Se il tuo duol » (fréquemment supprimé tellement il est difficile, nous l’avouons), laisse à désirer.

En l’occurrence les véritables chefs de file sont Ilia et Idamante, prises de rôles pour les deux jeunes chanteuses, en vérité. La soprano Rosa Feola dans le rôle d’Ilia fait ses débuts en France dans cette production. Dès son premier air « Padre, germani, addio », les maintes qualités de sa performance saisissent. Un timbre riche, une diction impeccable, une sensibilité dramaturgique complexe dont elle fait preuve par son chant et par son jeu. Une prestation qui augmente en beauté au cours des actes. Son « Se il padre perdei » au deuxième un bijou d’expression, d’intention, de sincérité, les bois délicieux du Concert d’Astrée s’accordant majestueusement à l’instrument de la soprano. Que dire enfin de son dernier air au 3e acte « Zeffiretti lusinghieri » si ce n’est-ce qu’elle y exprime la douceur de son amour avec un sublime legato et un chant débordant d’émotion ? Une artiste à suivre absolument. Pareil pour l’objet de son amour, Idamante, inteprété par la mezzo-soprano Rachel Frenkel, qui nous impressionne dès son entrée au premier acte « Non ho colpa » par le timbre et l’émotion juvénile délicieusement nuancée, même si la cadence n’a pas été le moment le plus réussi. Sa participation au quatuor du dernier acte « Andro ramingo e solo » est un sommet d’expression. Remarquons également la prestation rapide mais solide d’Emiliano Gonzales Toro, en Grand prêtre et notamment de la basse Bogdan Talos (La Voix) que nous aurions aimé écouter davantage.

Et la pierre d’achoppement de la production ? La mise en scène du talentueux et pragmatique Jean-Yves Ruf a des qualités et des défauts. Félicitons d’abord sa scénographe Laure Pichat pour des décors d’une beauté plastique tout à fait frappante ! Un décor par acte, un plateau toujours circulaire avec un rideau de fins fils qui permettent la transparence mais reflètent les belles lumières de Christian Dubet. Ni approche historique ni véritable transposition par contre. Des beaux tableaux visuels ravissants, un travail d’acteurs souvent poussé et souvent brillant… Mais des coutures par trop visibles d’un discours créatif incertain, voire incohérent.

Dès la levée du rideau nous avons un flashback de l’extraordinaire mise en scène de l’Elena de Cavalli (une production de grande valeur! – Opéra de Lille, janvier 2015), dans le sens où la structure circulaire domine le plateau. Très beau. Les troyens prisonniers à l’intérieur du faux rideau circulaire, couverts de draps blanchâtres comme Ilia… Nous sommes quelque part, à un moment précis de l’histoire, on dirait, mais on ne sait pas vraiment. Sauf qu’après arrive une procession des croyants… Hindous !? Mais pas que !!! Nous sommes décidément dans le méli-mélo d’époques, de styles, un peu de tout et beaucoup de n’importe quoi. Expliquons : Dans cette procession, des « prêtres » habillés en derviche (mystiques du soufisme, aux longues robes noires et des chapeaux longs plus ou moins coniques) rentrent sur scène avec de l’encens à la myrrhe et au copal (typiquement catholique, ajoutons). Un ascète de facture indienne a une expérience mystique devant le faux sacrifice dont il est le protagoniste, l’expérience est comme une espèce de possession, mais, démoniaque ou angélique ? En tout cas épileptique. Au même temps Idomeneo, Roi de Crète (où d’un royaume indien avec une minorité des musulmans mystiques qui ne brûlent pas du benjoin d’Arabie ni du santal mais de la myrrhe, et qui, par hasard, sont les prêtres du dit Roi au patronyme grec…), est habillé en occidental avec une couronne dorée qui paraît une bague contemporaine. Passons au troisième et dernier acte avec un bel arbre impressionnant qui n’est pas sans rappeler le bois sacré du château de Winterfell dans le Nord de la série télévisuelle Game of Thrones / Le Trône de Fer, à son tour inspiré du Moyen Age écossais… Heureusement toutes ces banalités sophistiquées et incohérentes acquièrent un sens, plus ou moins, uniquement grâce au travail d’acteurs des chanteurs : leur performance fait illusion de cohésion. Voici donc un show spectaculaire, de belles ombres et lumières, références à l’Inde, au mysticisme islamique, même à la Grèce (un petit peu quand même). Un défilé des modes du monde riche en prétextes, avec comme principale qualité rédemptrice, d’un point de vue dramaturgique, nous insistons, le jeu d’acteur qui est tellement fort et intéressant, que nous excusons, mais pas sans réserves, le manque d’égard face à l’intellect et à la culture des spectateurs dans cette mise en scène à la beauté confondante et conflictuelle, mais certaine.

Une production à voir et surtout à écouter à l’Opéra de Lille le 29 janvier ainsi que les 1er, 3 et 6 février 2015 !

Nouvel Idomeneo de Mozart à Lyon

mozart_portraitLyon, Opéra. Mozart : Idomeneo. 23 janvier>6 février 2015. Que valent les dynasties et les ambitions politiques si les rois sous la contrainte (ou l’épreuve) divine, n’hésitent pas à sacrifier leur propre fils ? Idoménée est sauvé par Neptune qui en échange exige un sacrifice : la première personne que le miraculé croisera lors de son retour en Crête sera donc immolée. Pas de chance, le roi sauvé rencontre son fils Idamante. Horreur d’un dieu cruel, laideur aussi d’un roi trop faible, barbarie d’un destin tragique ; car le courage paie toujours et la jeune princesse troyenne Ilia, amoureuse de surcroît du jeune prince (d’une sincérité désarmante et pure au II), déclare être prête au III pour se sacrifier à la place du fils. Tant d’innocence hardie est récompensée par le dieu des mers : Idomenée est déchu et le nouveau roi, Idamante épousera Ilia. Neptune voulait-il éprouver le roi règnant et déceler sa faiblesse ? Le jeter à terre pour placer sur le trône un sang plus noble? Même s’il profite à terme de la volonté divine, ce n’est pourtant pas Idamante son fils qui exprime le mieux l’intensité du courage mais plutôt sa fiancée, la jeune princesse Ilia au soprano ardent, amoureux, irrésistible. C’est elle qui ose défier les dieux au moment où le père allait sacrifier son fils…

 

 

 

 


Carnaval de 1781 : Mozart à Munich

seria maritime

 

 

Les femmes prennent un relief particulier chez Mozart ; autant la douceur tendre mais déterminée d’Ilia éblouit par sa candeur lumineuse, autant sa contrepartie, Electre (Elettra), – souvenir des magiciennes noires et jalouses de l’opéra baroque terrifie par d’amples imprécations. Après le meurtre de sa mère Clytemnestre par son frère Oreste (qui fait tout le sel de l’opéra de Richard Strauss), Electre se refugie en Crête. Dévorée par la haine de sa mère, la princesse tombe cependant amoureuse – vainement- du prince Idamante… :  d’ailleurs l’opéra s’achève sur le jaillissement impressionnant de la haine d’une manipulatrice défaite (malheureuse rivale d’Ilia) dont le parti a perdu. Sa figure hideuse, submergée par la folie (comme Médée ou Armide sur son char) contraste avec l’humanité crétoise réconciliée à la fin du drame.
Outre la palette flamboyante des caractères, Mozart âgé de 25 ans (!), renouvelle le genre seria (après Mitridate de 1770, Lucio Silla de 1772 et avant Titus écrit à la fin de sa vie en 1791) en intégrant, comme une véritable synthèse, des éléments français  (le chÅ“ur est très présent), germaniques dans la conduite d’un orchestre étonnamment expressif, traducteur de la force des éléments marins dans un opéra qui se déroule au cÅ“ur de la Méditerranée. A ce titre, l’ouvrage atteint un souffle symphonique captivant en particulier dans l’enchaînement des épisodes du II et du III (marche, chÅ“urs accompagnés, ballet final). L’intelligence de l’écriture psychologique de chaque protagoniste (superbe quatuor du III), la construction dramatique et musicale fait valoir déjà à Munich en 1781, une maturité lyrique époustouflante. D’autant que contraint d’accepter les directives du librettiste l’Abbé Varesco (qui s’inspire du livret de Danchet pour l’ouvrage de Campra en 1712), soumis aux caprices des solistes plutôt exigeants et changeants, le jeune Mozart n’avait pas la main libre pendant la réalisation de l’opéra : sa correspondance avec son père, très riche et documentée, laisse un aperçu fouillé des nombreuses modifications auxquelles dut se soumettre Wolfgang pour plaire aux uns et aux autres…
Mais 5 ans après son premier triomphe munichois (la Finta Giardiniera, offrant déjà une très fine analyse des passions humaines), Mozart surdoué suscite le contentement de son patron, le Prince Electeur Karl-Teodor de Bavière, au moment du Carnaval 1781.

 

 

boutonreservationOpéra de Lyon
Les 23,25,27,29,31 janvier, 2,4,6 février 2015
Gérard Korsten, direction
Martin Kusej, mise en scène
Odinius, Aldrich, Galitskaya, Brimberg, Behr, Jakobsk
Nouvelle production
Pas sûr que la mise en scène de Kusej rétablisse la poésie émotionnelle comme le souffle méditerranéen de l’orchestre. Mais la musique d’une grande finesse mérite le déplacement.