Festival Musiques à la Chabotterie : 24 juillet> 6 août 2014 (annonce)

chabotterie-2014-380-FestivalMusiqueChab2014-1VendĂ©e. Festival Musiques Ă  la Chabotterie : 24 juillet<6 aoĂ»t 2014. ExpĂ©rience instrumentale Ă  Saint Sulpice le Verdon. La Chabotterie en VendĂ©e est un logis typique du bocage vendĂ©en : Ă  la fois ferme-mĂ©tairie et château, remarquablement prĂ©servĂ©e dont la cour d’honneur et les jardins accueillent chaque Ă©tĂ© pendant le festival estival, confĂ©rences rencontres, concerts, promenades, opĂ©ras. Cette annĂ©e fait exception : pas de voix ni d’ouvrages lyriques, mais le seul chant des instruments. Hugo Reyne, par ailleurs chef fondateur de La Simphonie du Marais, propose une programmation exclusivement instrumentale : l’expĂ©rience instrumentale ou « Rameau & le goĂ»t français », du 24 juillet au 6 aoĂ»t 2014 (18ème Ă©dition) offre une incursion dans les paysages baroques français oĂą les instruments font figures principales. Pas moins de 15 concerts qui font la part belle au chant des instruments (violon – l’instrument prĂ©fĂ©rĂ© de Rameau qui se fait portraiturer tenant l’archet-, hautbois, flĂ»te, viole, luth, clavecin, harpe…), solistes ou concertants, surtout en formation orchestrale.

Baroque instrumental dans le bocage vendéen

L’offre musicale affiche toutes les formes possibles laissant la part belle aux musiciens : musique de chambre, concertos, symphonies. Place donc à Rameau, mais aussi Leclair et Locatelli, eux aussi compositeurs décédés en 1764, il y a 250 ans. Bonus appréciable pour les festivaliers : avant chaque concert, une rencontre discussion avec les artistes est proposée pour mieux comprendre et connaître le programme présenté (« confidences baroques » chaque jour de concert vers 17h ou 18h).

 

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Ă  ne pas manquer

6 concerts événements à La Chabotterie à l’été 2014 :

Jeudi 24 juillet 21h : concert d’ouverture (concert promenade jusqu’à la Cour d’honneur, œuvres de Lully, Philidor, Hotteterre, Leclair. La Simphonie du Marais. Hugo Reyne, direction).

Vendredi 25 juillet 21h : Rameau et Leclair par Stradivaria, Daniel Cuiller, direction.

Samedi 26 juillet, 21h : Nocturnes baroques, Rameau chez La Pouplinière. 57 rue de Richelieu à Paris, Rameau, directeur de l’Orchestre du Fermier Général, professeur de son épouse, propose les concerts symphoniques le plus prisés de la capitale.

Lundi 28 juillet, 21h : Suite des Fêtes de Polymnie de Rameau, Les Eléments de Rebel par l’Orchestre de Vendée sous la direction d’Hugo Reyne.

Mardi 5 août 2014, 21h : Swinging Rameau. Rameau, génie mélodique revisité par le swing jazzy de Denis Colin… Le Concert de l’Hostel Dieu. Franck-Emmanuel Comte, direction.

Vive Rameau, à bas Gluck : l’année musicale 1764
Concert de clôture, mercredi 6 août 2014, 21h

RAMEAU : Les Indes Galantes par Hugo ReyneAutour de la figure de Rameau décidément très fêté à La Chabotterie, Hugo Reyne convoque aussi Gluck (dont 2014 marque aussi le centenaire de la naissance : La Rencontre imprévue), Haydn et Mozart (Symphonies 22è et 1ère), Philidor (ouverture du Sorcier). Même Debussy, fervent défenseur de Rameau et admirateur de son immense génie baroque, est convié (Hommage à Rameau, complété par plusieurs extraits de Monsieur Croche…). Sérénade à 18h. Confidences baroques à 18h15. Concert à 21h. C’est pour nous le concert clé du festival à la Chabotterie 2014 : Hugo Reyne comme chef y déploie sa maîtrise de l’orchestre baroque français, d’autant qu’il vient de faire paraître sous son label, une nouvelle version des Indes Galantes de Rameau (live réalisé en 2013 à Vienne), orchestralement savoureuse.

Restauration et hébergement

Sur le site de la Chabotterie, le restaurant Thierry Drapeau vous propose certains soirs de concert (24, 30 et 31 juillet, 5 et 6 août) un menu spécial festival à 19h (40 €). Réservation au 02 51 09 59 31. D’autres restaurants sont à votre disposition à proximité du site. Hôtels, chambres d’hôtes et gîtes à proximité : renseignements à l’Office du Tourisme du canton de Rocheservière au 02 51 94 94 05

Renseignements et réservations

Logis de la Chabotterie – Festival Musiques Ă  la Chabotterie
02 51 43 31 01
85260 Saint Sulpice le Verdon
RĂ©servations Ă  partir du 16 juin 2014
Du lundi au vendredi de 9h30 à 13h et de 14h à 17h (répondeur en cas d’absence)

Une pré-réservation par téléphone est conseillée.
Possibilité de réserver en ligne sur www.vendee.fr

boutonreservation

Vendée : Festival Musiques à la Chabotterie

chabotterie-2014-380-FestivalMusiqueChab2014-1VendĂ©e. Festival Musiques Ă  la Chabotterie : 24 juillet<6 aoĂ»t 2014. ExpĂ©rience instrumentale Ă  Saint Sulpice le Verdon. La Chabotterie en VendĂ©e est un logis typique du bocage vendĂ©en : Ă  la fois ferme-mĂ©tairie et château, remarquablement prĂ©servĂ©e dont la cour d’honneur et les jardins accueillent chaque Ă©tĂ© pendant le festival estival, confĂ©rences rencontres, concerts, promenades, opĂ©ras. Cette annĂ©e fait exception : pas de voix ni d’ouvrages lyriques, mais le seul chant des instruments. Hugo Reyne, par ailleurs chef fondateur de La Simphonie du Marais, propose une programmation exclusivement instrumentale : l’expĂ©rience instrumentale ou «  Rameau & le goĂ»t français », du 24 juillet au 6 aoĂ»t 2014 (18ème Ă©dition) offre une incursion dans les paysages baroques français oĂą les instruments font figures principales. Pas moins de 15 concerts qui font la part belle au chant des instruments (violon – l’instrument prĂ©fĂ©rĂ© de Rameau qui se fait portraiturer tenant l’archet-, hautbois, flĂ»te, viole, luth, clavecin, harpe…), solistes ou concertants, surtout en formation orchestrale.

Baroque instrumental dans le bocage vendéen

 L’offre musicale affiche toutes les formes possibles laissant la part belle aux musiciens : musique de chambre, concertos, symphonies. Place donc à Rameau, mais aussi Leclair et Locatelli, eux aussi compositeurs décédés en 1764, il y a 250 ans. Bonus appréciable pour les festivaliers : avant chaque concert, une rencontre discussion avec les artistes est proposée pour mieux comprendre et connaître le programme présenté (« confidences baroques » chaque jour de concert vers 17h ou 18h).

 

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Ă  ne pas manquer

6 concerts événements à La Chabotterie à l’été 2014 :

Jeudi 24 juillet 21h : concert d’ouverture (concert promenade jusqu’à la Cour d’honneur, œuvres de Lully, Philidor, Hotteterre, Leclair. La Simphonie du Marais. Hugo Reyne, direction).

Vendredi 25 juillet 21h : Rameau et Leclair par Stradivaria, Daniel Cuiller, direction.

Samedi 26 juillet, 21h : Nocturnes baroques, Rameau chez La Pouplinière. 57 rue de Richelieu à Paris, Rameau, directeur de l’Orchestre du Fermier Général, professeur de son épouse, propose les concerts symphoniques le plus prisés de la capitale.

Lundi 28 juillet, 21h : Suite des Fêtes de Polymnie de Rameau, Les Eléments de Rebel par l’Orchestre de Vendée sous la direction d’Hugo Reyne.

Mardi 5 août 2014, 21h : Swinging Rameau. Rameau, génie mélodique revisité par le swing jazzy de Denis Colin… Le Concert de l’Hostel Dieu. Franck-Emmanuel Comte, direction.

Vive Rameau, à bas Gluck : l’année musicale 1764
Concert de clôture, mercredi 6 août 2014, 21h

RAMEAU : Les Indes Galantes par Hugo ReyneAutour de la figure de Rameau décidément très fêté à La Chabotterie, Hugo Reyne convoque aussi Gluck (dont 2014 marque aussi le centenaire de la naissance : La Rencontre imprévue), Haydn et Mozart (Symphonies 22è et 1ère), Philidor (ouverture du Sorcier). Même Debussy, fervent défenseur de Rameau et admirateur de son immense génie baroque, est convié (Hommage à Rameau, complété par plusieurs extraits de Monsieur Croche…). Sérénade à 18h. Confidences baroques à 18h15. Concert à 21h.  C’est pour nous le concert clé du festival à la Chabotterie 2014 : Hugo Reyne comme chef y déploie sa maîtrise de l’orchestre baroque français, d’autant qu’il vient de faire paraître sous son label, une nouvelle version des Indes Galantes de Rameau (live réalisé en 2013 à Vienne), orchestralement savoureuse.

 
 

Restauration et hébergement

Sur le site de la Chabotterie, le restaurant Thierry Drapeau vous propose certains soirs de concert (24, 30 et 31 juillet, 5 et 6 août) un menu spécial festival à 19h (40 €). Réservation au 02 51 09 59 31. D’autres restaurants sont à votre disposition à proximité du site. Hôtels, chambres d’hôtes et gîtes à proximité : renseignements à l’Office du Tourisme du canton de Rocheservière au 02 51 94 94 05

 
 

Renseignements et réservations

Logis de la Chabotterie – Festival Musiques Ă  la Chabotterie
02 51 43 31 01
85260 Saint Sulpice le Verdon
RĂ©servations Ă  partir du 16 juin 2014
Du lundi au vendredi de 9h30 à 13h et de 14h à 17h (répondeur en cas d’absence)

Une pré-réservation par téléphone est conseillée.
Possibilité de réserver en ligne sur www.vendee.fr

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CD. Rameau : Les Indes Galantes (Hugo Reyne, 2013)

rameau-les-indes-galantes-hugo-reyne-simphonie-marais-cd-CD. Rameau : Les Indes Galantes (Hugo Reyne, 2013)… Parlons de l’Ĺ“uvre d’abord. S’il y a bien un “cas” Hippolyte et Aricie, scandale retentissant et coup de gĂ©nie sur la scène lyrique et tragique en 1733, il y eut bien un nouvel accomplissement tout autant capital dans l’art français avec Les Indes Galantes de 1735/1736…. Au dĂ©but des annĂ©es 1730, le quinqua Rameau y renouvelle considĂ©rablement le genre de l’opĂ©ra ballet lĂ©guĂ© par Lully et Campra (L’Europe Galante de 1697), mais le Dijonais va plus loin et ose plus fort : la galanterie ici unit les parties disparates (les quatre entrĂ©es), et la danse unifie le propos avec l’essor du ballet hĂ©roĂŻque et d’action.

 

 

 

Hugo Reyne souligne l’Ă©clat poĂ©tique des Indes Galantes de Rameau

Live viennois enthousiasmant

 

Mais, exigence du sens oblige, et soucieux d’une dramaturgie pas que dĂ©corative, Rameau et son librettiste Fuzelier, dĂ©veloppent aussi une satire de la sociĂ©tĂ© française (comme l’a fait Montesquieu dans ses Lettres persanes de 1721) : sous couvert de badinerie exotique (Les Indes sont orientales donc persanes, mais aussi occidentales, donc des AmĂ©riques), les deux satiristes pourfendeurs tendent le miroir (comme dans PlatĂ©e) Ă  leurs contemporains, et Rameau si peu courtisan et frappĂ© de luciditĂ© quant Ă  la comĂ©die humaine, y Ă©pingle les travers les plus ignobles du genre humain. L’homme en sociĂ©tĂ© est un monstre que la candeur et l’innocence du bon sauvage sait dĂ©noncer par contraste. La sociabilitĂ© corrompt le coeur humain que la musique de l’enchanteur Rameau sait retrouver Ă  sa source : le prĂ©texte exotique et le registre amoureux et tendre permettent de rĂ©aliser cette miraculeuse redĂ©couverte. Un retour aux sources d’une certaine manière que la magie d’une musique enchanteresse rĂ©active… Lire notre critique complète des Indes Galantes de Rameau par Hugo Reyne

CD. Rameau : Les Indes Galantes (Hugo Reyne, 2013)

rameau-les-indes-galantes-hugo-reyne-simphonie-marais-cd-CD. Rameau : Les Indes Galantes (Hugo Reyne, 2013)… Parlons de l’Ĺ“uvre d’abord. S’il y a bien un “cas” Hippolyte et Aricie, scandale retentissant et coup de gĂ©nie sur la scène lyrique et tragique en 1733, il y eut bien un nouvel accomplissement tout autant capital dans l’art français avec Les Indes Galantes de 1735/1736…. Au dĂ©but des annĂ©es 1730, le quinqua Rameau y renouvelle considĂ©rablement le genre de l’opĂ©ra ballet lĂ©guĂ© par Lully et Campra (L’Europe Galante de 1697), mais le Dijonais va plus loin et ose plus fort : la galanterie ici unit les parties disparates (les quatre entrĂ©es), et la danse unifie le propos avec l’essor du ballet hĂ©roĂŻque et d’action.

 

 

 

Hugo Reyne souligne l’Ă©clat poĂ©tique des Indes Galantes de Rameau

Live viennois enthousiasmant

 

Mais, exigence du sens oblige, et soucieux d’une dramaturgie pas que dĂ©corative, Rameau et son librettiste Fuzelier, dĂ©veloppent aussi une satire de la sociĂ©tĂ© française (comme l’a fait Montesquieu dans ses Lettres persanes de 1721) : sous couvert de badinerie exotique (Les Indes sont orientales donc persanes, mais aussi occidentales, donc des AmĂ©riques), les deux satiristes pourfendeurs tendent le miroir (comme dans PlatĂ©e) Ă  leurs contemporains, et Rameau si peu courtisan et frappĂ© de luciditĂ© quant Ă  la comĂ©die humaine, y Ă©pingle les travers les plus ignobles du genre humain. L’homme en sociĂ©tĂ© est un monstre que la candeur et l’innocence du bon sauvage sait dĂ©noncer par contraste. La sociabilitĂ© corrompt le coeur humain que la musique de l’enchanteur Rameau sait retrouver Ă  sa source : le prĂ©texte exotique et le registre amoureux et tendre permettent de rĂ©aliser cette miraculeuse redĂ©couverte. Un retour aux sources d’une certaine manière que la magie d’une musique enchanteresse rĂ©active.

Au dĂ©sir et Ă  la magie de l’effusion partagĂ©e, Rameau imagine un dĂ©lire naturaliste pur avec l’entrĂ©e des Fleurs oĂą l’orientalisme persan du propos (la rose Ă©prouvĂ©e par BorĂ©e est guĂ©rie par ZĂ©phire) offre un canevas poĂ©tique absolu. De mĂŞme, dans Le Turc gĂ©nĂ©reux, le compositeur sait glisser une tempĂŞte naturelle : aboutissement des recherches de Rameau sur l’Ă©vocation des phĂ©nomènes qu’il a observĂ©s (vent, Ă©clairs, orage…). Expression des miracles de la nature et dĂ©nonciation de la perversitĂ© vĂ©nale des colons europĂ©ens se conjuguent idĂ©alement dans l’entrĂ©e des Incas oĂą Rameau caractĂ©rise le personnage clĂ© de Huascar qui pour Ă©carter vainement son aimĂ©e Phani (qui aime l’envahisseur espagnol Carlos), suscite en sorcier dĂ©miurge, l’irruption d’un volcan, preuve que les dieux Incas sont en colère contre l’union d’un indigène et de l’Ă©tranger… Ici, Fuzelier par son livret se place aux cĂ´tĂ©s de Las Casas, dĂ©fenseur de la cause indienne lors de la controverse de Valladolid : l’harmonie des bons sauvages est dĂ©truite par l’appĂ©tit des europĂ©ens qui sous couvert d’une Ă©vangĂ©lisation abusive, ciblent tout l’or de l’Inca.
On comprend dès lors que Les Indes Galantes sont l’aboutissement du Rameau le plus exigeant comme le plus raffinĂ© ; sa haute conscience morale Ă©gale l’exigence de l’esthète artiste. C’est dire la valeur des Indes Galantes.

Que pensez de cette nouvelle rĂ©alisation qui s’appuie sur un Ă©dition originale conçue par Hugo Reyne, le chef fondateur de la Simphonie du Marais (la partition nouvelle demeure accessible gratuitement sur la toile) ?

Difficile pour les connaisseurs de passer après l’indiscutable William Christie et l’excellence de ses Arts Florissants qui les premiers ont su dĂ©fendre l’âme et l’esprit de la musique ramĂ©lienne, qu’il s’agisse d’opĂ©ras et de ballets. Leur production au Palais Garnier reste mĂ©morable comme Atys de Lully Ă  l’OpĂ©ra Comique. Et que dire encore parmi les nouveaux interprètes, du geste millimĂ©trĂ©, architecturĂ© comme peu, du claveciniste et chef Bruno Procopio, qui rĂ©cemment a dĂ©montrĂ© sa science intuitive, particulièrement irrĂ©sistible dans le mĂŞme rĂ©pertoire (Chaconne des Sauvages entre autres), mais de surcroĂ®t avec instruments modernes (avec les musiciens du Simon Bolivar Orchestra, l’orchestre de Gustavo Dudamel)?

reyne-hugo-S’agissant de la lecture d’Hugo Reyne, l’impression globale est favorable malgrĂ© d’Ă©vidents dĂ©sĂ©quilibres. D’abord, nos rĂ©serves. Maillon faible de la production, le chĹ“ur qui manque de sĂ»retĂ© comme de subtilitĂ© dans l’Ă©locution d’un français le plus tendre ou le plus expressionniste : pas assez de prĂ©cision ni d’intonation pleinement maĂ®trisĂ©e. Le plateau des solistes se hisse honnĂŞtement face Ă  un massif de perfections multiples dont il ne restitue que quelques fragments.

Entre autres, emblĂ©matique de toute l’approche et des moyens mis en Ĺ“uvre, la soprano StĂ©phanie RĂ©vidat, excellente vocaliste au demeurant, aux aigus pas toujours clairement et fermement tenus, semble manquer encore d’aise comme de naturel. Manque de temps de rĂ©pĂ©tition ? Probablement. La Zima de ValĂ©rie Gabail déçoit dans Les Sauvages (ratant toute sa partie finale par une justesse alĂ©atoire et une maniĂ©risme linguistique qui gomme des dĂ©cennies de pratique baroqueuse antĂ©rieure), et mĂŞme Aimery Lefèvre que l’on a connu plus Ă©lĂ©gant et fluide, Ă©crase son timbre avec un vibrato qui devient systĂ©matique… (son Huascar reste monolithique quand Fuzelier et Rameau ont conçu un personnage complexe, fier et tendre, attachant Ă  force de souffrance amoureuse et d’impuissance malgrĂ© le volcan qu’il maĂ®trise). Le haute-contre François-Nicolas Geslot doit impĂ©rativement mieux contrĂ´ler ses lignes et sa justesse (Tacmas) : avec plus de maĂ®trise, son sens du phrasĂ© pourrait rĂ©server de belles surprises dans les prochaines annĂ©es. En revanche, le français impeccable de Reinoud Van Mechelen est le pilier de la production, mais le tĂ©nor n’est-il pas passer par le Jardin des Voix de William Christie justement ? Son style, son Ă©lĂ©gance naturelle restent un modèle pour chacun des solistes rĂ©unis Ă  Vienne. Que n’a-t-il ici chantĂ© justement le rĂ´le de Tacmas ?
Mais en dĂ©pit des dĂ©faillances ici et lĂ  relevĂ©es, l’engagement global des solistes relève la tenue gĂ©nĂ©rale d’une prise live qui se rĂ©vèle Ă  l’Ă©coute rĂ©ellement entraĂ®nante, touchante mĂŞme par sa tension nerveuse, son allant dansant : autant de qualitĂ©s que souligne l’Ă©coute et qui doit sa rĂ©ussite au seul tempĂ©rament du chef fĂ©dĂ©rateur.

Le vrai personnage revendiquant ici l’Ă©clat du genre symphonique en germe, c’est Ă©videmment l’orchestre. Symphoniste dans l’âme, et dramaturge pour les instruments, Rameau redouble d’invention comme souvent, d’Ă©clairs gĂ©niaux. La tendresse suave et exquise du ballet des Fleurs (premier vĂ©ritable ballet d’action oĂą brilla -outre la flĂ»te enchanteresse souvent en solo-, l’Ă©toile de la danse Marie SallĂ©) ou la sublime chaconne des Sauvages, pleine d’une majestĂ© nostalgique…. d’un feu Ă  la fois guerrier et tendre (trompettes et hautbois/bassons), montrent assez le soin et la passion que cultive Hugo Reyne dans un rĂ©pertoire qu’il aime sincèrement et dont il aime Ă  transmettre l’Ă©clat comme la vitalitĂ©. Le chef de La Simphonie du Marais a publiĂ© nombre de disques dĂ©diĂ©s Ă  l’Ă©mergence et l’Ă©volution du ballet de cour et des premiers opĂ©ras baroques français. Sa connaissance affĂ»tĂ©e et analytique du genre s’en ressent ici.

DĂ©fenseur depuis des annĂ©es du patrimoine baroque français, en cela parfait hĂ©ritier de William Christie, le chef flĂ»tiste dĂ©taille, caractĂ©rise, swingue aussi avec une Ă©nergie de bout en bout enthousiasmante. La vitalitĂ© (rehaussĂ©e par la prise live de l’enregistrement) est ici la marque de fabrique de cette rĂ©alisation dont le charme envoĂ»tĂ© sait communiquer son amour de l’Ĺ“uvre, l’une des plus fascinantes du grand Rameau. Le disparate des quatre entrĂ©es chorĂ©graphique est effacĂ© sous le flux, le souffle coĂ»te que coĂ»te que sait instiller Hugo Reyne. Live attachant et très impliquĂ©, d’autant plus opportun en cette annĂ©e Rameau oĂą, pour le moment les nouveautĂ©s discographiques sont Ă©trangement plutĂ´t rares.

Rameau : Les Indes Galantes, nouvelle Ă©dition complète. Solistes, chĹ“ur et orchestre de La Simphonie du Marais. Hugo Reyne, direction. Version intĂ©grale enregistrĂ©e au Konzerthaus de Vienne en 2013. Coffret 3 cd, Editions “Musiques Ă  la Chabotterie”. Parution annoncĂ©e le 22 mai 2014