Poitiers, TAP : Patricia Kopatchinskaia et Philippe Herreweghe jouent Mendelssohn (annonce)

kopatchinskaja patricia violon mendelssohnPoitiers, TAP. Mardi 21 avril 2015, 20h30. Philippe Herreweghe, Patricia Kopatchinskaia. Nouveau jalon finement ciselé sur le plan instrumental, de la saison symphonique à Poitiers.  Après les concertos de Schumann et Tchaïkovski, la saison symphonique au TAP de Poitiers se poursuit avec deux autres perles romantiques : le 21 avril, Philippe Herreweghe et les instrumentistes de l’Orchestre des Champs Elysées s’associent au feu ardent de la violoniste moldave Patricia Kopatchinskaia qui, il y a huit ans à Poitiers avait déjà marqué les esprits dans le Concerto de Beethoven. Celle qui joue pieds nus, pour mieux sentir les vibrations du plateau transmises par les respirations et pulsions de l’orchestre, affirme depuis plusieurs années, une sensibilité féline d’une intensité rare. En seconde partie, l’Orchestre des Champs-Élysées interprète sur instruments d’époque la Symphonie n°2 de Brahms(composée plus de 30 ans après le Concerto de Mendelssohn), dans une configuration proche de la création par l’Orchestre de Meiningen. LIRE notre présentation complète du concert de Patricia Kopatchniskaya et de Philippe Herreweghe au TAP de Poitiers

 

boutonreservationPoitiers, TAP. Mardi 21 avril 2015, 20h30
Brahms, Mendelssohn
Orchestre des Champs-Élysées

Philippe Herreweghe, direction
Patricia Kopatchinskaia, violon

Felix Mendelssohn : Concerto pour violon en mi mineur op. 64
Johannes Brahms : Symphonie n°2 en ré majeur op. 73

Illustration : Patricia Kopatchinskaja (© Marco Borggreve)

 

 

 

Les Créatures de Prométhée de Beethoven au TAP de Poitiers

9 concerts événements au TAP de Poitiers !Poitiers, TAP. Les créatures de Prométhée de Beethoven. Orchestre des Champs Elysées, le 6 mai 2014 (auditorium, 20h30). L’Orchestre des Champs Elysées sous la direction de son fondateur et chef historique Philippe Herreweghe s’engagent sur instruments anciens à révéler les couleurs trépidantes d’un ballet méconnu de Beethoven,  une partition peu jouée  (à torts)  : Les Créatures de Prométhée, ballet en une ouverture et trois actes composé pour le chorégraphe italien Salvatore Vigano.

herrewghe Philippe-Herreweghe-c-Michiel-HendryckxDans cette oeuvre oubliée créée à Vienne le 28 mars 1801 (quand Haydn a livré son chef d’oeuvre testamentaire, La Création), Beethoven compose plusieurs thèmes qu’il recyclera dans sa fameuse Symphonie Héroïque. De fait, pour souligner la générosité complice de Prométhée envers les hommes enfin réhabilités grâce au don du génial protecteur, Beethoven dans la dernière section (Danza festiva) développe le thème que le compositeur emploiera pour le finale de sa Symphonie Héroïque. La musique énergique, palpitante, pleine d’une triomphante espérance exprime cette gaieté dansante d’une exaltation irrésistible. La trame du ballet de Beethoven dont il existe une version pour piano que l’auteur chérissait particulièrement collectionne les tableaux contrastés : affection du titan Prométhée pour ses deux figures de terre ; présentation devant Apollon et les muses au Parnasse pour qu’elles prennent vie et s’électrisent grâce au feu de la danse. Melpomène assassine le titan mais celui ci renaît grâce à la frénésie chorégraphique de Pan et de ses faunes… tout se conclut dans l’ivresse d’un temps de liesse collective. Concert événement.

Philippe Herreweghe portraitLe sujet permet à Beethoven de développer l’écriture orchestrale selon les contingences exigées par la trépidation dansante. Le feu naturel de son style s’accorde ici parfaitement à la nécessité du drame chorégraphique. Avec Haydn, Mozart et le jeune Schubert, Vienne à l’aube du XIXème siècle bientôt napoléonien, s’affirme comme un foyer musical de premier plan : où prennent leur essor les formes purement instrumentales, Concerto pour piano, symphonies et dans le genre chambriste, le quatuor à cordes.
Sur instruments anciens, l’Orchestre des Champs Elysées poursuit un travail spécifique sur l’éloquence ciselée, alliant puissance et couleurs dans les vastes champs d’expérimentations du répertoire classique et romantique. En abordant le premier Beethoven, sa lecture du ballet Les créatures de Promothée devrait saisir par ses détails, l’énergie rythmique, le sens de la continuité, révélant sous le masque du compositeur l’immense architecte aspiré par l’avenir.

Poitiers, TAP. Les créatures de Promothée de Beethoven. Orchestre des Champs Elysées, le 6 mai 2014 (auditorium, 20h30)

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CD. Gesualdo : Responsoria 1611 (Herreweghe 2012) 1 cd Phi

CD. Gesualdo : Responsoria 1611 (Herreweghe 2012) 1 cd Phi   …    Le 8 septembre 2013 marque les 400 ans de la disparition de Carlo Gesualdo (mort le 8 septembre 1613), compositeur fantasque, le dernier des maniéristes, qui à l’aube du XVIIè – Baroque-, au moment des chef d’oeuvre de Monteverdi, poursuit une oeuvre singulière, harmoniquement audacieuse et foncièrement expérimentale. En témoigne le corpus inclassable de ses madrigaux et comme ici, une part encore méconnue de son inspiration, ses pièces sacrées dont évidemment les 27 Responsoria pour l’Office des Ténèbres de la Semaine Sainte publiés par l’auteur en 1611.

gesualdo_responsoria_1611_phi_herreweghe_collegium_vocale_gent_cdPhilippe Herreweghe et ses chanteurs du Collegium Vocale Gent excellent dans les chants suspendus et singuliers d’un Gesualdo d’une maturité épanouie. L’attention dramatique au verbe, l’éloquence de la ligne chromatique, toujours surprenante, mais jamais gratuite, le caractère à la fois lunaire et crépusculaire saisissent littéralement ici : d’autant plus prenants que les interprètes savent en diffuser l’énergie, la secrète tension; le jeu d’équilibre et de correspondances d’une cohérence absolue. La lecture ajoute aussi ce souci de transparence et de lisibilité du tissu polyphonique accrédité par la propre dévotion de Gesualdo sur le sujet de la Passion : les souffrances du Sauveur et son chemin de douleur étant de toute évidence, les points forts de sa dévotion personnelle.

Le dernier des maniéristes, le premier des romantiques … 

Ne pas omettre une clé qui écarte tout malentendu sur le rituel des Ténèbres pendant la Semaine Sainte : le gouffre aveugle que chacun expérimente et éprouve ici, n’a de valeur que dans l’annonce de la lumière qui suit immédiatement à leur conclusion. Le rite des Leçons de Ténèbres étant réalisé au petit matin, l’aurore matinale qui vient correspond à un accomplissement que l’office prépare : jamais l’éblouissement final et la Résurrection qu’il soustend n’ont autant pesé dans la compréhension du cycle. Ce que semble avoir parfaitement intégré les interprètes, portés par une claire confiance, une sérénité ineffable qui colore chaque épisode des Responsoria. Nous tenons là l’un des derniers manuscrits de Gesualdo, en somme, son testament musical et spirituel. D’une sobriété magnétique, Philippe Herreweghe et son collectif semblent les seuls à en exprimer l’irrésistible magie singulière. Magistral.

Carlo Gesualdo : Responsoria 1611. Collegium Vocale Gent. Philippe Herreweghe, direction.  2 cd Phi : LPH010. Enregistrement réalisé en juin