CD, compte rendu critique. FĂ©licien David : Herculanum, 1859. Deshayes, Courjal, Niquet (2 cd Palazzetto Bru Zane, 2014)

Herculanum felicien david annonce presentation critique review classiquenews aout 2015 critiqueCD, compte rendu critique. Félicien David : Herculanum, 1859. Deshayes, Courjal, Niquet (2 cd Palazzetto Bru Zane, 2014). L’opéra de Félicien David, Herculanum, fusionne spectaculaire antique, souffle épique hérité des grands oratorios chrétiens, et aussi souvenir des opéras du premier romantisme français, signés Meyerbeer, Auber, Halévy. Sans avoir l’audace visionnaire et fantastique de Berlioz (Damnation de Faust), lequel témoin de la création a regretté malgré d’évidentes qualités expressives, musicales, dramatiques, l’orchestration plutôt terne de la partition (non sans raison d’ailleurs), Herculanum méritait absolument cette recréation par le disque. Tout en servant son sujet chrétien, l’ouvrage est aussi sur la scène un formidable spectacle : riche en péripéties et en effets de théâtre (Berlioz toujours a loué le luxe des décors, aussi convaincants/impressionnants que les talents de la peinture d’histoire dont le peintre Martin, auteur fameux alors de La destruction de Ninive). Ici l’irruption du Vésuve est favorisée par Satan qui tout en fustigeant l’indignité humaine, et favorisant / condamnant le règne décadent de la reine d’Herculanum, Olympia, ne peut empêcher la pureté exemplaire des deux élus, martyrs chrétiens par leur abnégation extrêmiste, Hélios et la chrétienne Lilia. Le tableau final qui est celui de la destruction de la ville par les laves et les fumées (-un moment qui nourrit le suspens et qu’attend chaque spectateur), est aussi l’apothéose dans la mort, des deux martyrs chrétiens.

Créé en 1859, après le succès de son oratorio, Le Désert (précisément étiquetté « ode symphonique »), Félicien David accède à une notoriété justifiée que soulignera encore sa nomination à l’Institut, en 1869, à la succession de… Berlioz justement.

david felicienQue pensez d’Herculanum donc Ă  la lueur de ce double cd ? Evacuons d’abord ce qui reste faible. Dans le dĂ©roulement de l’action, David se laisse souvent tentĂ© par des formules standards, guère originales, ainsi le style souvent pompeux du choeur statique et pontifiant sans vrai finesse, soulignant la solennitĂ© des ensembles et des finaux… on veut bien que l’auteur prĂ©cĂ©demment stimulĂ© pour le rituel saint simonien pour lequel il a Ă©crit maints choeurs, se soit montrĂ© inspirĂ©, pourtant force est de constater ici, sa piètre Ă©criture chorale. Ainsi dans le pur style du grand opĂ©ra signĂ© Meyerbeer, HalĂ©vy, Auber. .. David n’est pas un grand orchestrateur et malgrĂ© des duos amoureux, de grandes scènes sataniques, plusieurs situations d’intense confrontation, la plume du compositeur cherche surtout l’effet dramatique moins les scintillements troubles d’une partition miroitante. N’est pas l’Ă©gal de Berlioz  qui veut et tout orientaliste qu’il soit mĂŞme ayant comme Delacroix approchĂ©, – et vĂ©cu,  de près les suaves soirĂ©es d’orient  (surtout Ă©gyptiennes), l’exotisme antique de monsieur David n’a guère de gènes en commun avec les sublimes Troyens du grand Hector. De ce point de vue, la fin spectaculaire oĂą le VĂ©suve fait son Ă©ruption, est campĂ©e Ă  grands coups de tutti orchestraux sans guère de nuances : c’est un baisser de rideau sans prĂ©tention instrumentale mais dont la dĂ©flagration monumentale convoque de fait les effets les plus rutilants de la peinture d’histoire.

 

 

 david felicien herculanum

 

 

Paris, 1859. Quand Gounod créée son Faust, David affirme sa théâtralité lyrique dans Herculanum… 

Noir et somptueux Nicolas Courjal, Satan de braise

VoilĂ  pour nos rĂ©serves. Concrètement cependant, en vĂ©ritable homme de théâtre, David se montre plus convaincant dans duos et trios, nettement plus intĂ©ressants. Celui ou la reine Olympia sĂ©duit et envoĂ»te Helios sous la houlette de Satan (III) n’est pas sans s’identifier -similitude simultanĂ©e- au climat mephistophĂ©lien de la sĂ©duction et de l’hypnose cynique  tels qu’ils sont traitĂ©s et magnifiĂ©s dans Faust de Gounod (Ă©galement crĂ©Ă© en mars 1859). PostĂ©rieur Ă  Berlioz, le satanisme de David s’embrouille cependant par une Ă©criture souvent formellement acadĂ©mique : lĂ  encore, le gĂ©nie fulgurant du grand Hector ou l’intelligence de transitions dramatique de Gounod lui manquent.

NĂ©anmoins, musicalement la caractĂ©risation des protagonistes saisit par sa justesse et sa profondeur. Olympia est un superbe personnage plein d’assurance sĂ©ductrice : une sirène royale (c’est la reine d’Herculanum), instance arrogante mĂŞlant pouvoir et magie : elle a jetĂ© son dĂ©volu sur Helios (voir sa grande scène de sĂ©duction)… conçu pour le contralto rossinien Borghi-Mamo, le rĂ´le est avec Satan, le plus captivant de la partition : dĂ©cadent, manipulateur, cynique. Ductile et habitĂ©e, la mezzo Karine Deshayes trouve la couleur du personnage central.

A contrario, la pure Lilia a l’intensitĂ© de la vierge chrĂ©tienne appelĂ©e aux grands sacrifices (son Credo est la vraie dĂ©claration d’une foi sincère qui donne la clĂ© du drame : après la mort, l’immortalitĂ© attend les croyants) : elle forme avec son fiancĂ© Helios,  le couple hĂ©roĂŻque exemplaire de cette fresque antique conçue comme une dĂ©monstration des vertus chrĂ©tiennes. MĂŞme usĂ©, le timbre de la soprano VĂ©ronique Gens d’une articulation Ă  toute Ă©preuve, campe la vierge sublime avec un rĂ©el panache.

En Helios coule le sang des traĂ®tres sympathique, c’est un pĂŞcheur fragile et coupable trop humain pour ĂŞtre antipathique : sa faiblesse le rend attachant;  il a le profil idĂ©al du pĂŞcheur coupable, toujours prĂŞt Ă  expier, s’amender, payer la faute que sa faiblesse lui a fait commettre. C’est la proie idĂ©ale de la tentation, qui tombe dans les rets tendus par Olympia et Satan au III. Duo enflammĂ© d’un très fort impact dramatique et contrepointant le couple des Ă©lus Helios / Lilia, le duo noir, Olympia/Satan est subtilement manipulateur, nĂ©faste.  D’une articulation tendue et serrĂ©e, surjouant en permanence, le style du tĂ©nor Edgaras Montvidas finit par agacer car il semble expirer Ă  chaque fin de phrase. … tout cela manque de naturel et d’intelligence dans l’architecture du rĂ´le; du moins eĂ»t-il Ă©tĂ© plus juste de rĂ©server tant de pathos concentrĂ© en fin d’action quand le traĂ®tre coupable, terrassĂ©, embrasĂ©, exhorte Lilia Ă  lui pardonner son ignominie.

COURJAL Nicolas-Courjal1-159x200VĂ©ritable rĂ©vĂ©lation ou confirmation pour ceux que le connaissaient dĂ©jĂ , le baryton  basse rennais Nicolas Courjal (nĂ© en 1973) Ă©blouit littĂ©ralement dans le double rĂ´le de Nicanor (le proconsul romain, frère d’Olympia) puis surtout de Satan : mĂ©tal clair et fin,  timbrĂ© et naturellement articulĂ©, le chanteur sait nuancer toutes les couleurs du lugubre sardonique, trouvant ce cynisme dramatique glaçant et sĂ©ducteur qui demain le destine Ă  tous les personnages goethĂ©ens / faustĂ©ens, sa couleur Ă©tant idĂ©alement mĂ©phistophĂ©lienne : une carrière prochaine se dessine dans le sillon de ce Satan rĂ©vĂ©lateur  (Ă©videmment Mephistopheles de La Damnation de Faust de Berlioz), sans omettre le personnage clĂ© du Diable aux visages multiples comme chez David, dans Les Contes d’Hoffmann. Au dĂ©but du IV, son monologue oĂą Satan dĂ©miurge suscite ses cohortes d’esclaves marcheurs, dĂ©montre ici plus qu’un interprète intelligent et mesurĂ© : un diseur qui maĂ®trise le sens du texte (“l’esclave est le roi de la terre. .. »). Magistrale incarnation et l’argument le plus convaincant de cette rĂ©alisation.

Vivante et nerveuse souvent idĂ©alement articulĂ©e (Pas des Muses du III), la baguette d’HervĂ© Niquet dĂ©montre constamment  (Ă©coutez cette musique mĂ©connue comme elle est belle et comme j’ai raison de la ressusciter), et il est vrai que l’on se laisse convaincre mais il y manque une profondeur, une ivresse, de vraies nuances qui pourraient basculer de la fresque acadĂ©mique Ă  la vĂ©ritĂ© de tableaux humainement tragiques. Maillon faible, le choeur patine souvent, reste honnĂŞte sans plus, certes articulĂ© mais absent et curieusement timorĂ© aux points clĂ©s du drame. Au final, un couple noir (Olympia et Satan) parfait, nuancĂ©, engagĂ© ; un chef et un orchestre trop poli et bien faisant ; surtout des choeurs et un HĂ©lios (dont on regrette aussi le vibrato systĂ©matisĂ© et uniformĂ©ment appuyĂ© pour chaque situation), trop absents. NĂ©anmoins, malgrĂ© nos rĂ©serves, voici l’une des gravures les plus intĂ©ressantes (avec La mort d’Abel, ThĂ©rèse, les rĂ©centes DanaĂŻdes) de la collection de dĂ©jĂ  10 titres « OpĂ©ra français / French opera » du Palazzetto Bru Zane.

 

 

CD, compte rendu critique. Félicien David : Herculanum, 1859. Karine Deshayes (Olympia), Nicolas Courjal (Nicanor / Satan), Véronique Gens (Lilia)… Flemish Radio Choir, Brussels Philhamronic. Hervé Niquet, direction (2 cd Palazzetto Bru Zane, 2014). Enregistré à Bruxelles en février et mars 2014.

 

 

CD, annonce. Herculanum de FĂ©licien David (1859), 2 cd Ă©ditions Palazzetto Bru Zane

Herculanum felicien david annonce presentation critique review classiquenews aout 2015 critiqueCD, annonce. Herculanum de Félicien David (1859). Ressuscité en mars 2014, voici le disque qui prolonge la recréation d’Herculanum de Félicien David (1859).  Le succès d’Herculanum, en partie financé par les amis saint-simoniens du compositeur, permet d’assoir le génie lyrique de Félicien David à Paris; méditation, rêverie, mais aussi violence théâtrale voire frénésie dramatique (tam-tam satanique) : il y a tout dans l’opéra de David, qui est une commande de l’Opéra de Paris. Suivront les sommets de sa carrière à la scène : Lalla-Roukh (1862) puis Le Saphir (1865), son ultime ouvrage lyrique. David, d’une certaine manière, assimilant Verdi, réalise le passage du grand opéra à effets (Meyerbeer et Auber), au romantisme lyrique réformé de Gounod, Thomas, Bizet, Massenet. Dans le Paris du Second Empire, l’Opéra comme les autres institutions officielles favorise les œuvres qui permettent par leur sujet et les moyens mis en œuvre, de rechristianiser les foules (à Paris comme en Province) : comme un précédent inédit révélé par le Palazzetto, Le Paradis Perdu de Dubois - de 30 ans postérieur-, Herculanum, apparemment fresque antique et romaine, développe clairement des intentions d’évangélisation dont témoigne avec force entre autres (outre le choeur des chrétiens), la figure de Lilia. Satan, réincarné dans la personne du Proconsul (final du II) menace directement l’humanité pécheresse, chrétiens et romains : en dépit de l’éruption et de la malédiction satanique, seules les deux âmes méritantes, Lilia et Hélios, dans la mort, sont comme délivrés (du poids de leur existence terrestre) : après la catastrophe, pour eux, le ciel et la félicité après la mort (le ciel, c’est la vie).

David_Felicien_DavidTemps fort du festival Félicien David défendu (avril-mai 2014) par le Palazzetto Bru Zane, cet Herculanum était affiché tel un événement lyrique. Nombre de critiques ont boudé leur plaisir : œuvre démonstrative et tonitruante, plus spectaculaire que profonde… ; pourtant mieux que Le Vaisseau Fantôme de Dietsch en 2013 (qui ne méritait pas la résurrection dont il fut l’objet), Herculanum est une œuvre forte qui vaut mieux que la promesse du spectaculaire éruptif que laisse supposé son titre (comme dans La Muette de Portici d’Auber, créée en 1828, le spectateur est tenu en haleine jusqu’à l’irruption du Vésuve) : mais ici, dès l’ouverture et les premières scènes, le grondement des éléments et la présence sourde de la catastrophe sont permanents.  Proche de Thomas, Félicien David s’y montre fin mélodiste, d’un dramatise ardent, flamboyant parfois, efficace toujours : au cœur de l’intensité de l’action, la sirène païenne Olympia se dresse telle une pythie magnifique contre les chrétiens : l’italianisme de ses airs contrepointant la déclamation française de ses ennemis.

david felicienAujourd’hui, le disque est d’autant plus nĂ©cessaire pour mesurer l’intĂ©rĂŞt de l’oeuvre que, pour le concert de la recrĂ©ation, la cantatrice Karine Deshayes, sous la direction d’HervĂ© Niquet,  avait Ă©tĂ© diminuĂ©e par un mauvais coup de froid, empĂŞchant la juste expression du personnage central. Or FĂ©licien David avait Ă©crit le rĂ´le d’Olympia spĂ©cialement pour le grand mezzo dramatique AdelaĂŻde Borghi-Mamo (43 ans alors), sorte de contralto rossinien Ă  tempĂ©rament (qui savait surtout vocaliser). Face Ă  elle, droite comme une Ă©lue investie, VĂ©ronique Gens incarne la chrĂ©tienne Lilia avec d’autant plus de conviction que la maĂ®trise dĂ©clamatoire (signature de la soprano) s’accompagne – l’âge aidant- d’une ampleur charnue du timbre absent Ă  ses dĂ©buts et très justement assortie au profil du rĂ´le. TĂ©nor engagĂ© et naturellement puissant, Edgaras Montvidas fait un vaillant HĂ©lios, quant Nicolas Courjal dĂ©ploie sa magnifique et profonde basse en Nicanor et Satan. Alors partition attachante et nuancĂ©e ou fresque hollywoodienne, solennelle et pompeuse ? RĂ©ponse dans la prochaine grande critique du double cd d’Herculanum de FĂ©licien David, collection OpĂ©ra français / Palazzetto Bru Zane.

 

 

 

LIRE aussi notre présentation d’Herculanum en concert (mars 2014)

Cd, annonce.
FĂ©licien David : Herculanum 2 cd – sortie annoncĂ©e le 8 septembre 2015.
Opéra en quatre actes, livret de Joseph Méry et Térence Hadot
Créé à l’Opéra de Paris le 4 mars 1859

Lilia: VĂ©ronique Gens
Olympia: Karine Deshayes
HĂ©lios : Edgaras Montvidas
Nicanor: Nicolas Courjal
Magnus: Julien Véronèse

Chœur de la Radio Flamande
Brussels Philharmonic
Direction musicale
Hervé Niquet

2 cd Palazzetto Bru Zane / collection French Opera / Opéra français. Enregistré à Bruxelles  en mars 2014. Consulter la page du cd Herculanum de Félicien David sur le site du Palazzetto Bru Zane

 

 

 

Herculanum de Félicien David (1859) ressuscité à Versailles, ce soir

David_Felicien_DavidHerculanum de FĂ©licien David (1859), ressuscite ce soir Ă  Versailles … l’OpĂ©ra royal de Versailles ressuscite le pĂ©plum romantique français signĂ© FĂ©licien David : Herculanum (1859). Voici ce grand opĂ©ra Ă  la française mais «  seconde gĂ©nĂ©ration » : après Rossini, HalĂ©vy et Meyerbeer, auteurs pionniers, FĂ©licien David incarnerait le style tardif du grand opĂ©ra, très inspirĂ© par… Verdi. CrĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris en 1859, Herculanum incarne l’essor du drame romantique inspirĂ© par l’AntiquitĂ© romaine, oĂą tragĂ©die et hĂ©roĂŻsme s’exacerbent grâce Ă  la tension des voix requises : entre autres, grand mezzo languissant pour Olympia ; grand soprano dĂ©clamĂ©e Ă  la manière de Gluck… Ă  ses cĂ´tĂ©s, pour une dĂ©fense Ă  peine masquĂ©e de la ferveur chrĂ©tienne. Berlioz si difficile mais au goĂ»t pĂ©nĂ©trant distinctif indiscutable (Ă  l’endroit de Gluck justement ou de Spontini qu’il admira), acclame l’opĂ©ra de David. Voici donc un jalon Ă  redĂ©couvrir Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles ce soir, samedi 8 mars 2014 Ă  20h.

Et pour ceux d’entre vous , piquĂ©s par le style mĂ©connu (Ă  torts) de FĂ©licien David (1810-1876), vĂ©ritable prĂ©curseur de l’orientalisme musical, un cycle de concerts initiĂ© par le Palazzetto Bru Zane — Centre de musique romantique française, toujours soucieux de ressusciter les maĂ®tres oubliĂ©s du romantisme français, s’offre Ă  vous tout au long de l’annĂ©e 2014. Après Herculanum ce 8 mars, rendez vous le 28 mars Ă  l’OpĂ©ra de Clermont-Ferrand pour l’oratorio MoĂŻse au SinaĂŻ ; puis le 19 juin 2014 Ă  l’OpĂ©ra-Comique pour Le Saphir. Autres joyaux lyriques de cette annĂ©e David 2014. Prochaine critique de l’opĂ©ra Herculanum de FĂ©licien David (version de concert) sur CLASSIQUENEWS.COM.

Lire aussi notre présentation du cycle des concerts Félicien David en Europe en 2014

Herculanum de Félicien David ressuscité !

FĂ©licien DavidVersailles, OpĂ©ra royal: Herculanum, le 8 mars 2014, 20h. Premier volet du festival David 2014… Qui est FĂ©licien David ? 2014 : annĂ©e FĂ©licien David (1810-1876). Oratorios et musique de chambre sont aujourd’hui rejouĂ©s dans le cadre d’un ” festival FĂ©licien David ” dont les concerts ont lieu partout en Europe … Un visionnaire oubliĂ©, l’inventeur de l’orientalisme musical en France, un dĂ©racinĂ© en quĂŞte d’identitĂ© , un idĂ©aliste non commercial – de fait, saint-simonien fervent? Un peu tout cela. Mais il est certain que le compositeur contemporain de Berlioz et donc l’un des piliers Ă  redĂ©couvrir du romantisme hexagonal a trouvĂ© sa voix, comme Delacroix, en Orient. Il a le choc de l’Afrique et reste Ă©bloui par l’Egypte : il rĂŞvera sous la voĂ»te Ă©toilĂ©e du Temple Ă©gyptien Ă  l’ombre des pyramides de Saqqarah ; il arpentera Ă  dos de chameau les dunes dorĂ©es des dĂ©serts brĂ»lants au-delĂ  du Caire… Pour en juger, voici un grand festival international FĂ©licien David Ă  l’initiative du Palazzetto Bru Zane — Centre de musique romantique française dont la première Ă©tape a lieu Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles, ce 8 mars 2014 Ă  20h. En lire + 

 

Herculanum de FĂ©licien David (1859)

ressuscite Ă  Versailles en mars 2014

 

Felicien_david_concerts_operas_festivalsRésurrection attendue à venir en mars 2014, – le 8 mars précisément à l’Opéra Royal de Versailles – : Le compositeur saintsimonien, voyageur en Orient, Félicien David (1810-1876), admiré de Berlioz auquel il succède à l’Institut en 1869, est l’heureux auteur d’une prochaine recréation : Herculanum (1859). L’ouvrage créé à l’Académie impériale de musique n’a pas eu le succès mérité, au regard des perles mélodiques et des épisodes symphoniques qu’il contient. A leurs côtés, le sombre métal, satanique de Nicolas Courjal et le chant éclatant, droit et athlétique du ténor Edgaras Montvidas souligneront la valeur de la partition où s’impose selon le sujet choisi, l’évocation de l’antiquité romaine saisie dans l’un de ses cataclysmes les plus spectaculaires : de fait, sur la scène, Félicien David a bien exprimé l’éruption du Vésuve et ses effets terrifiants. Fastes pompiers, démesure spectaculaire mais expressivité tragique et souffle symphonique … Herculanum bientôt recréé à Versailles a tout pour vous séduire. Il est temps de réserver maintenant. En lire +

Pourquoi ne pas manquer la rĂ©surrection d’Herculanum ce 8 mars 2014 ?

- Herculanum inspire Ă  FĂ©licien David l’une de ses partitions les plus colorĂ©es, emblème de son Ă©criture inventive, poĂ©tique, très originale …
- la production présentée à Versailles réunit en un duo prometteur deux chanteuses françaises au tempérament bien affirmé : Karine Deshayes y côtoie Véronique Gens : mezzo velouté et soprano déclamatoire.
- Herculamnum assure le lancement du festival FĂ©licien David comprenant de nombreux autres Ă©vĂ©nements et recrĂ©ations tout au long de l’annĂ©e 2014 : consultez notre agenda ci après.

 

 

 

 

Année Félicien David 2014 : notre agenda

Festival Félicien David à Venise : l’essentiel de la musique de chambre
Palazzetto Bru Zane – 5 avril > 17 mai 2014


les événements lyriques : 5 ouvrages majeurs à redécouvrir

Herculanum
8.03.2014 : 
Opéra royal de Versailles
VĂ©ronique Gens / Karine Deshayes
Vlaams Radio Koor / Brussels Philharmonic / Hervé Niquet

MoĂŻse au SinaĂŻ
26.03.2014, Salle Bulgaria, Sofia (Bulgarie)
28.03. 2014, Opéra-Théâtre de Clermont-Ferrand
Chœur et Orchestre de la Philharmonie de Sofia / Amaury du Closel
03.10.2014, Megaro Musikis, Thessalonique (Grèce)
Chœur et Orchestre Symphonique d’État de Thessalonique / Amaury du Closel

Le Saphir
5.04.2014
 : Scuola Grande San Giovanni Evangelista Venise (Italie)
19.06.2014 : 
Théâtre des Bouffes du Nord
Solistes du Cercle de l’Harmonie
Julien Chauvin

Le DĂ©sert
6.05.2014
 : Cité de la musique
Accentus / Orchestre de chambre de Paris
Laurence Équilbey / Sébastien Droy

Christophe Colomb
22.08.2014 : Festival Berlioz
Les Siècles / François-Xavier Roth

approfondir
Herculanum de FĂ©licien David, 1859
Quatuors Ă  cordes (1,2,4)

Herculanum de FĂ©licien David (1859)

Versailles, OpĂ©ra royal, le 8 mars 2014 : rĂ©crĂ©ation attendue …  Certes il ne s’agit pas de la rĂ©ussite très applaudie du vivant de David : Lulla Roukh, son ultime opĂ©ra (1862), mais la fresque Herculanum offre un plateau vocal prometteur rĂ©unissant enfin deux chanteuses françaises au chant ciselĂ© parfait pour une telle rĂ©surrection lyrique : VĂ©ronique Gens et Karine Deshayes. C’est selon l’intention des producteurs, une combinaison fĂ©conde entre la posture digne et noble, idĂ©alement gluckiste de la première contrastant opportunĂ©ment avec le feu pĂ©tillant rossinien de la seconde.

 

 

Il est temps de rĂ©server …
opéra, recréation

 

Herculanum de FĂ©licien David (1859)

ressuscite Ă  Versailles en mars 2014

 

FĂ©licien DavidRĂ©surrection attendue Ă  venir en mars 2014, – le 8 mars prĂ©cisĂ©ment Ă  l’OpĂ©ra Royal de Versailles – : Le compositeur saintsimonien, voyageur en Orient, FĂ©licien David (1810-1876), admirĂ© de Berlioz auquel il succède Ă  l’Institut en 1869, est l’heureux auteur d’une prochaine recrĂ©ation : Herculanum (1859). L’ouvrage crĂ©Ă© Ă  l’AcadĂ©mie impĂ©riale de musique n’a pas eu le succès mĂ©ritĂ©, au regard des perles mĂ©lodiques et des Ă©pisodes symphoniques qu’il contient. A leurs cĂ´tĂ©s, le sombre mĂ©tal, satanique de Nicolas Courjal et le chant Ă©clatant, droit et athlĂ©tique du tĂ©nor Edgaras Montvidas souligneront la valeur de la partition oĂą s’impose selon le sujet choisi, l’Ă©vocation de l’antiquitĂ© romaine saisie dans l’un de ses cataclysmes les plus spectaculaires : de fait, sur la scène, FĂ©licien David a bien exprimĂ© l’Ă©ruption du VĂ©suve et ses effets terrifiants. Fastes pompiers, dĂ©mesure spectaculaire mais expressivitĂ© tragique et souffle symphonique … Herculanum bientĂ´t recrĂ©Ă© Ă  Versailles a tout pour vous sĂ©duire. Il est temps de rĂ©server maintenant.

 

Herculanum de Félicien David, grand opéra tragique, recréé à Versailles, Opéra royal le 8 mars 2014. Recréation proposée par le Palazzetto Bru Zane à Versailles.

Illustration : FĂ©licien David (DR)