CD, compte rendu critique. FĂ©licien David : Herculanum, 1859. Deshayes, Courjal, Niquet (2 cd Palazzetto Bru Zane, 2014)

Herculanum felicien david annonce presentation critique review classiquenews aout 2015 critiqueCD, compte rendu critique. FĂ©licien David : Herculanum, 1859. Deshayes, Courjal, Niquet (2 cd Palazzetto Bru Zane, 2014). L’opĂ©ra de FĂ©licien David, Herculanum, fusionne spectaculaire antique, souffle Ă©pique hĂ©ritĂ© des grands oratorios chrĂ©tiens, et aussi souvenir des opĂ©ras du premier romantisme français, signĂ©s Meyerbeer, Auber, HalĂ©vy. Sans avoir l’audace visionnaire et fantastique de Berlioz (Damnation de Faust), lequel tĂ©moin de la crĂ©ation a regrettĂ© malgrĂ© d’évidentes qualitĂ©s expressives, musicales, dramatiques, l’orchestration plutĂŽt terne de la partition (non sans raison d’ailleurs), Herculanum mĂ©ritait absolument cette recrĂ©ation par le disque. Tout en servant son sujet chrĂ©tien, l’ouvrage est aussi sur la scĂšne un formidable spectacle : riche en pĂ©ripĂ©ties et en effets de thĂ©Ăątre (Berlioz toujours a louĂ© le luxe des dĂ©cors, aussi convaincants/impressionnants que les talents de la peinture d’histoire dont le peintre Martin, auteur fameux alors de La destruction de Ninive). Ici l’irruption du VĂ©suve est favorisĂ©e par Satan qui tout en fustigeant l’indignitĂ© humaine, et favorisant / condamnant le rĂšgne dĂ©cadent de la reine d’Herculanum, Olympia, ne peut empĂȘcher la puretĂ© exemplaire des deux Ă©lus, martyrs chrĂ©tiens par leur abnĂ©gation extrĂȘmiste, HĂ©lios et la chrĂ©tienne Lilia. Le tableau final qui est celui de la destruction de la ville par les laves et les fumĂ©es (-un moment qui nourrit le suspens et qu’attend chaque spectateur), est aussi l’apothĂ©ose dans la mort, des deux martyrs chrĂ©tiens.

CrĂ©Ă© en 1859, aprĂšs le succĂšs de son oratorio, Le DĂ©sert (prĂ©cisĂ©ment Ă©tiquettĂ© « ode symphonique »), FĂ©licien David accĂšde Ă  une notoriĂ©tĂ© justifiĂ©e que soulignera encore sa nomination Ă  l’Institut, en 1869, Ă  la succession de
 Berlioz justement.

david felicienQue pensez d’Herculanum donc Ă  la lueur de ce double cd ? Evacuons d’abord ce qui reste faible. Dans le dĂ©roulement de l’action, David se laisse souvent tentĂ© par des formules standards, guĂšre originales, ainsi le style souvent pompeux du choeur statique et pontifiant sans vrai finesse, soulignant la solennitĂ© des ensembles et des finaux… on veut bien que l’auteur prĂ©cĂ©demment stimulĂ© pour le rituel saint simonien pour lequel il a Ă©crit maints choeurs, se soit montrĂ© inspirĂ©, pourtant force est de constater ici, sa piĂštre Ă©criture chorale. Ainsi dans le pur style du grand opĂ©ra signĂ© Meyerbeer, HalĂ©vy, Auber. .. David n’est pas un grand orchestrateur et malgrĂ© des duos amoureux, de grandes scĂšnes sataniques, plusieurs situations d’intense confrontation, la plume du compositeur cherche surtout l’effet dramatique moins les scintillements troubles d’une partition miroitante. N’est pas l’Ă©gal de Berlioz  qui veut et tout orientaliste qu’il soit mĂȘme ayant comme Delacroix approchĂ©, – et vĂ©cu,  de prĂšs les suaves soirĂ©es d’orient  (surtout Ă©gyptiennes), l’exotisme antique de monsieur David n’a guĂšre de gĂšnes en commun avec les sublimes Troyens du grand Hector. De ce point de vue, la fin spectaculaire oĂč le VĂ©suve fait son Ă©ruption, est campĂ©e Ă  grands coups de tutti orchestraux sans guĂšre de nuances : c’est un baisser de rideau sans prĂ©tention instrumentale mais dont la dĂ©flagration monumentale convoque de fait les effets les plus rutilants de la peinture d’histoire.

 

 

 david felicien herculanum

 

 

Paris, 1859. Quand Gounod crĂ©Ă©e son Faust, David affirme sa thĂ©ĂątralitĂ© lyrique dans Herculanum
 

Noir et somptueux Nicolas Courjal, Satan de braise

VoilĂ  pour nos rĂ©serves. ConcrĂštement cependant, en vĂ©ritable homme de thĂ©Ăątre, David se montre plus convaincant dans duos et trios, nettement plus intĂ©ressants. Celui ou la reine Olympia sĂ©duit et envoĂ»te Helios sous la houlette de Satan (III) n’est pas sans s’identifier -similitude simultanĂ©e- au climat mephistophĂ©lien de la sĂ©duction et de l’hypnose cynique  tels qu’ils sont traitĂ©s et magnifiĂ©s dans Faust de Gounod (Ă©galement crĂ©Ă© en mars 1859). PostĂ©rieur Ă  Berlioz, le satanisme de David s’embrouille cependant par une Ă©criture souvent formellement acadĂ©mique : lĂ  encore, le gĂ©nie fulgurant du grand Hector ou l’intelligence de transitions dramatique de Gounod lui manquent.

NĂ©anmoins, musicalement la caractĂ©risation des protagonistes saisit par sa justesse et sa profondeur. Olympia est un superbe personnage plein d’assurance sĂ©ductrice : une sirĂšne royale (c’est la reine d’Herculanum), instance arrogante mĂȘlant pouvoir et magie : elle a jetĂ© son dĂ©volu sur Helios (voir sa grande scĂšne de sĂ©duction)… conçu pour le contralto rossinien Borghi-Mamo, le rĂŽle est avec Satan, le plus captivant de la partition : dĂ©cadent, manipulateur, cynique. Ductile et habitĂ©e, la mezzo Karine Deshayes trouve la couleur du personnage central.

A contrario, la pure Lilia a l’intensitĂ© de la vierge chrĂ©tienne appelĂ©e aux grands sacrifices (son Credo est la vraie dĂ©claration d’une foi sincĂšre qui donne la clĂ© du drame : aprĂšs la mort, l’immortalitĂ© attend les croyants) : elle forme avec son fiancĂ© Helios,  le couple hĂ©roĂŻque exemplaire de cette fresque antique conçue comme une dĂ©monstration des vertus chrĂ©tiennes. MĂȘme usĂ©, le timbre de la soprano VĂ©ronique Gens d’une articulation Ă  toute Ă©preuve, campe la vierge sublime avec un rĂ©el panache.

En Helios coule le sang des traĂźtres sympathique, c’est un pĂȘcheur fragile et coupable trop humain pour ĂȘtre antipathique : sa faiblesse le rend attachant;  il a le profil idĂ©al du pĂȘcheur coupable, toujours prĂȘt Ă  expier, s’amender, payer la faute que sa faiblesse lui a fait commettre. C’est la proie idĂ©ale de la tentation, qui tombe dans les rets tendus par Olympia et Satan au III. Duo enflammĂ© d’un trĂšs fort impact dramatique et contrepointant le couple des Ă©lus Helios / Lilia, le duo noir, Olympia/Satan est subtilement manipulateur, nĂ©faste.  D’une articulation tendue et serrĂ©e, surjouant en permanence, le style du tĂ©nor Edgaras Montvidas finit par agacer car il semble expirer Ă  chaque fin de phrase. … tout cela manque de naturel et d’intelligence dans l’architecture du rĂŽle; du moins eĂ»t-il Ă©tĂ© plus juste de rĂ©server tant de pathos concentrĂ© en fin d’action quand le traĂźtre coupable, terrassĂ©, embrasĂ©, exhorte Lilia Ă  lui pardonner son ignominie.

COURJAL Nicolas-Courjal1-159x200VĂ©ritable rĂ©vĂ©lation ou confirmation pour ceux que le connaissaient dĂ©jĂ , le baryton  basse rennais Nicolas Courjal (nĂ© en 1973) Ă©blouit littĂ©ralement dans le double rĂŽle de Nicanor (le proconsul romain, frĂšre d’Olympia) puis surtout de Satan : mĂ©tal clair et fin,  timbrĂ© et naturellement articulĂ©, le chanteur sait nuancer toutes les couleurs du lugubre sardonique, trouvant ce cynisme dramatique glaçant et sĂ©ducteur qui demain le destine Ă  tous les personnages goethĂ©ens / faustĂ©ens, sa couleur Ă©tant idĂ©alement mĂ©phistophĂ©lienne : une carriĂšre prochaine se dessine dans le sillon de ce Satan rĂ©vĂ©lateur  (Ă©videmment Mephistopheles de La Damnation de Faust de Berlioz), sans omettre le personnage clĂ© du Diable aux visages multiples comme chez David, dans Les Contes d’Hoffmann. Au dĂ©but du IV, son monologue oĂč Satan dĂ©miurge suscite ses cohortes d’esclaves marcheurs, dĂ©montre ici plus qu’un interprĂšte intelligent et mesurĂ© : un diseur qui maĂźtrise le sens du texte (“l’esclave est le roi de la terre. .. »). Magistrale incarnation et l’argument le plus convaincant de cette rĂ©alisation.

Vivante et nerveuse souvent idĂ©alement articulĂ©e (Pas des Muses du III), la baguette d’HervĂ© Niquet dĂ©montre constamment  (Ă©coutez cette musique mĂ©connue comme elle est belle et comme j’ai raison de la ressusciter), et il est vrai que l’on se laisse convaincre mais il y manque une profondeur, une ivresse, de vraies nuances qui pourraient basculer de la fresque acadĂ©mique Ă  la vĂ©ritĂ© de tableaux humainement tragiques. Maillon faible, le choeur patine souvent, reste honnĂȘte sans plus, certes articulĂ© mais absent et curieusement timorĂ© aux points clĂ©s du drame. Au final, un couple noir (Olympia et Satan) parfait, nuancĂ©, engagĂ© ; un chef et un orchestre trop poli et bien faisant ; surtout des choeurs et un HĂ©lios (dont on regrette aussi le vibrato systĂ©matisĂ© et uniformĂ©ment appuyĂ© pour chaque situation), trop absents. NĂ©anmoins, malgrĂ© nos rĂ©serves, voici l’une des gravures les plus intĂ©ressantes (avec La mort d’Abel, ThĂ©rĂšse, les rĂ©centes DanaĂŻdes) de la collection de dĂ©jĂ  10 titres « OpĂ©ra français / French opera » du Palazzetto Bru Zane.

 

 

CD, compte rendu critique. Félicien David : Herculanum, 1859. Karine Deshayes (Olympia), Nicolas Courjal (Nicanor / Satan), Véronique Gens (Lilia)
 Flemish Radio Choir, Brussels Philhamronic. Hervé Niquet, direction (2 cd Palazzetto Bru Zane, 2014). Enregistré à Bruxelles en février et mars 2014.

 

 

CD, annonce. Herculanum de FĂ©licien David (1859), 2 cd Ă©ditions Palazzetto Bru Zane

Herculanum felicien david annonce presentation critique review classiquenews aout 2015 critiqueCD, annonce. Herculanum de FĂ©licien David (1859). RessuscitĂ© en mars 2014, voici le disque qui prolonge la recrĂ©ation d’Herculanum de FĂ©licien David (1859).  Le succĂšs d’Herculanum, en partie financĂ© par les amis saint-simoniens du compositeur, permet d’assoir le gĂ©nie lyrique de FĂ©licien David Ă  Paris; mĂ©ditation, rĂȘverie, mais aussi violence thĂ©Ăątrale voire frĂ©nĂ©sie dramatique (tam-tam satanique) : il y a tout dans l’opĂ©ra de David, qui est une commande de l’OpĂ©ra de Paris. Suivront les sommets de sa carriĂšre Ă  la scĂšne : Lalla-Roukh (1862) puis Le Saphir (1865), son ultime ouvrage lyrique. David, d’une certaine maniĂšre, assimilant Verdi, rĂ©alise le passage du grand opĂ©ra Ă  effets (Meyerbeer et Auber), au romantisme lyrique rĂ©formĂ© de Gounod, Thomas, Bizet, Massenet. Dans le Paris du Second Empire, l’OpĂ©ra comme les autres institutions officielles favorise les Ɠuvres qui permettent par leur sujet et les moyens mis en Ɠuvre, de rechristianiser les foules (Ă  Paris comme en Province) : comme un prĂ©cĂ©dent inĂ©dit rĂ©vĂ©lĂ© par le Palazzetto, Le Paradis Perdu de Dubois - de 30 ans postĂ©rieur-, Herculanum, apparemment fresque antique et romaine, dĂ©veloppe clairement des intentions d’évangĂ©lisation dont tĂ©moigne avec force entre autres (outre le choeur des chrĂ©tiens), la figure de Lilia. Satan, rĂ©incarnĂ© dans la personne du Proconsul (final du II) menace directement l’humanitĂ© pĂ©cheresse, chrĂ©tiens et romains : en dĂ©pit de l’éruption et de la malĂ©diction satanique, seules les deux Ăąmes mĂ©ritantes, Lilia et HĂ©lios, dans la mort, sont comme dĂ©livrĂ©s (du poids de leur existence terrestre) : aprĂšs la catastrophe, pour eux, le ciel et la fĂ©licitĂ© aprĂšs la mort (le ciel, c’est la vie).

David_Felicien_DavidTemps fort du festival FĂ©licien David dĂ©fendu (avril-mai 2014) par le Palazzetto Bru Zane, cet Herculanum Ă©tait affichĂ© tel un Ă©vĂ©nement lyrique. Nombre de critiques ont boudĂ© leur plaisir : Ɠuvre dĂ©monstrative et tonitruante, plus spectaculaire que profonde
 ; pourtant mieux que Le Vaisseau FantĂŽme de Dietsch en 2013 (qui ne mĂ©ritait pas la rĂ©surrection dont il fut l’objet), Herculanum est une Ɠuvre forte qui vaut mieux que la promesse du spectaculaire Ă©ruptif que laisse supposĂ© son titre (comme dans La Muette de Portici d’Auber, crĂ©Ă©e en 1828, le spectateur est tenu en haleine jusqu’à l’irruption du VĂ©suve) : mais ici, dĂšs l’ouverture et les premiĂšres scĂšnes, le grondement des Ă©lĂ©ments et la prĂ©sence sourde de la catastrophe sont permanents.  Proche de Thomas, FĂ©licien David s’y montre fin mĂ©lodiste, d’un dramatise ardent, flamboyant parfois, efficace toujours : au cƓur de l’intensitĂ© de l’action, la sirĂšne paĂŻenne Olympia se dresse telle une pythie magnifique contre les chrĂ©tiens : l’italianisme de ses airs contrepointant la dĂ©clamation française de ses ennemis.

david felicienAujourd’hui, le disque est d’autant plus nĂ©cessaire pour mesurer l’intĂ©rĂȘt de l’oeuvre que, pour le concert de la recrĂ©ation, la cantatrice Karine Deshayes, sous la direction d’HervĂ© Niquet,  avait Ă©tĂ© diminuĂ©e par un mauvais coup de froid, empĂȘchant la juste expression du personnage central. Or FĂ©licien David avait Ă©crit le rĂŽle d’Olympia spĂ©cialement pour le grand mezzo dramatique AdelaĂŻde Borghi-Mamo (43 ans alors), sorte de contralto rossinien Ă  tempĂ©rament (qui savait surtout vocaliser). Face Ă  elle, droite comme une Ă©lue investie, VĂ©ronique Gens incarne la chrĂ©tienne Lilia avec d’autant plus de conviction que la maĂźtrise dĂ©clamatoire (signature de la soprano) s’accompagne – l’ñge aidant- d’une ampleur charnue du timbre absent Ă  ses dĂ©buts et trĂšs justement assortie au profil du rĂŽle. TĂ©nor engagĂ© et naturellement puissant, Edgaras Montvidas fait un vaillant HĂ©lios, quant Nicolas Courjal dĂ©ploie sa magnifique et profonde basse en Nicanor et Satan. Alors partition attachante et nuancĂ©e ou fresque hollywoodienne, solennelle et pompeuse ? RĂ©ponse dans la prochaine grande critique du double cd d’Herculanum de FĂ©licien David, collection OpĂ©ra français / Palazzetto Bru Zane.

 

 

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation d’Herculanum en concert (mars 2014)

Cd, annonce.
FĂ©licien David : Herculanum 2 cd – sortie annoncĂ©e le 8 septembre 2015.
Opéra en quatre actes, livret de Joseph Méry et Térence Hadot
CrĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris le 4 mars 1859

Lilia: VĂ©ronique Gens
Olympia: Karine Deshayes
HĂ©lios : Edgaras Montvidas
Nicanor: Nicolas Courjal
Magnus: Julien VĂ©ronĂšse

ChƓur de la Radio Flamande
Brussels Philharmonic
Direction musicale
Hervé Niquet

2 cd Palazzetto Bru Zane / collection French Opera / Opéra français. Enregistré à Bruxelles  en mars 2014. Consulter la page du cd Herculanum de Félicien David sur le site du Palazzetto Bru Zane

 

 

 

Herculanum de Félicien David (1859) ressuscité à Versailles, ce soir

David_Felicien_DavidHerculanum de FĂ©licien David (1859), ressuscite ce soir Ă  Versailles … l’OpĂ©ra royal de Versailles ressuscite le pĂ©plum romantique français signĂ© FĂ©licien David : Herculanum (1859). Voici ce grand opĂ©ra Ă  la française mais «  seconde gĂ©nĂ©ration » : aprĂšs Rossini, HalĂ©vy et Meyerbeer, auteurs pionniers, FĂ©licien David incarnerait le style tardif du grand opĂ©ra, trĂšs inspirĂ© par
 Verdi. CrĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris en 1859, Herculanum incarne l’essor du drame romantique inspirĂ© par l’AntiquitĂ© romaine, oĂč tragĂ©die et hĂ©roĂŻsme s’exacerbent grĂące Ă  la tension des voix requises : entre autres, grand mezzo languissant pour Olympia ; grand soprano dĂ©clamĂ©e Ă  la maniĂšre de Gluck
 Ă  ses cĂŽtĂ©s, pour une dĂ©fense Ă  peine masquĂ©e de la ferveur chrĂ©tienne. Berlioz si difficile mais au goĂ»t pĂ©nĂ©trant distinctif indiscutable (Ă  l’endroit de Gluck justement ou de Spontini qu’il admira), acclame l’opĂ©ra de David. Voici donc un jalon Ă  redĂ©couvrir Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles ce soir, samedi 8 mars 2014 Ă  20h.

Et pour ceux d’entre vous , piquĂ©s par le style mĂ©connu (Ă  torts) de FĂ©licien David (1810-1876), vĂ©ritable prĂ©curseur de l’orientalisme musical, un cycle de concerts initiĂ© par le Palazzetto Bru Zane — Centre de musique romantique française, toujours soucieux de ressusciter les maĂźtres oubliĂ©s du romantisme français, s’offre Ă  vous tout au long de l’annĂ©e 2014. AprĂšs Herculanum ce 8 mars, rendez vous le 28 mars Ă  l’OpĂ©ra de Clermont-Ferrand pour l’oratorio MoĂŻse au SinaĂŻ ; puis le 19 juin 2014 Ă  l’OpĂ©ra-Comique pour Le Saphir. Autres joyaux lyriques de cette annĂ©e David 2014. Prochaine critique de l’opĂ©ra Herculanum de FĂ©licien David (version de concert) sur CLASSIQUENEWS.COM.

Lire aussi notre présentation du cycle des concerts Félicien David en Europe en 2014

Herculanum de Félicien David ressuscité !

FĂ©licien DavidVersailles, OpĂ©ra royal: Herculanum, le 8 mars 2014, 20h. Premier volet du festival David 2014… Qui est FĂ©licien David ? 2014 : annĂ©e FĂ©licien David (1810-1876). Oratorios et musique de chambre sont aujourd’hui rejouĂ©s dans le cadre d’un ” festival FĂ©licien David ” dont les concerts ont lieu partout en Europe 
 Un visionnaire oubliĂ©, l’inventeur de l’orientalisme musical en France, un dĂ©racinĂ© en quĂȘte d’identitĂ© , un idĂ©aliste non commercial – de fait, saint-simonien fervent? Un peu tout cela. Mais il est certain que le compositeur contemporain de Berlioz et donc l’un des piliers Ă  redĂ©couvrir du romantisme hexagonal a trouvĂ© sa voix, comme Delacroix, en Orient. Il a le choc de l’Afrique et reste Ă©bloui par l’Egypte : il rĂȘvera sous la voĂ»te Ă©toilĂ©e du Temple Ă©gyptien Ă  l’ombre des pyramides de Saqqarah ; il arpentera Ă  dos de chameau les dunes dorĂ©es des dĂ©serts brĂ»lants au-delĂ  du Caire
 Pour en juger, voici un grand festival international FĂ©licien David Ă  l’initiative du Palazzetto Bru Zane — Centre de musique romantique française dont la premiĂšre Ă©tape a lieu Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles, ce 8 mars 2014 Ă  20h. En lire + 

 

Herculanum de FĂ©licien David (1859)

ressuscite Ă  Versailles en mars 2014

 

Felicien_david_concerts_operas_festivalsRĂ©surrection attendue Ă  venir en mars 2014, – le 8 mars prĂ©cisĂ©ment Ă  l’OpĂ©ra Royal de Versailles – : Le compositeur saintsimonien, voyageur en Orient, FĂ©licien David (1810-1876), admirĂ© de Berlioz auquel il succĂšde Ă  l’Institut en 1869, est l’heureux auteur d’une prochaine recrĂ©ation : Herculanum (1859). L’ouvrage crĂ©Ă© Ă  l’AcadĂ©mie impĂ©riale de musique n’a pas eu le succĂšs mĂ©ritĂ©, au regard des perles mĂ©lodiques et des Ă©pisodes symphoniques qu’il contient. A leurs cĂŽtĂ©s, le sombre mĂ©tal, satanique de Nicolas Courjal et le chant Ă©clatant, droit et athlĂ©tique du tĂ©nor Edgaras Montvidas souligneront la valeur de la partition oĂč s’impose selon le sujet choisi, l’évocation de l’antiquitĂ© romaine saisie dans l’un de ses cataclysmes les plus spectaculaires : de fait, sur la scĂšne, FĂ©licien David a bien exprimĂ© l’éruption du VĂ©suve et ses effets terrifiants. Fastes pompiers, dĂ©mesure spectaculaire mais expressivitĂ© tragique et souffle symphonique 
 Herculanum bientĂŽt recrĂ©Ă© Ă  Versailles a tout pour vous sĂ©duire. Il est temps de rĂ©server maintenant. En lire +

Pourquoi ne pas manquer la rĂ©surrection d’Herculanum ce 8 mars 2014 ?

- Herculanum inspire Ă  FĂ©licien David l’une de ses partitions les plus colorĂ©es, emblĂšme de son Ă©criture inventive, poĂ©tique, trĂšs originale …
- la production présentée à Versailles réunit en un duo prometteur deux chanteuses françaises au tempérament bien affirmé : Karine Deshayes y cÎtoie Véronique Gens : mezzo velouté et soprano déclamatoire.
- Herculamnum assure le lancement du festival FĂ©licien David comprenant de nombreux autres Ă©vĂ©nements et recrĂ©ations tout au long de l’annĂ©e 2014 : consultez notre agenda ci aprĂšs.

 

 

 

 

Année Félicien David 2014 : notre agenda

Festival FĂ©licien David Ă  Venise : l’essentiel de la musique de chambre
Palazzetto Bru Zane – 5 avril > 17 mai 2014


les événements lyriques : 5 ouvrages majeurs à redécouvrir

Herculanum
8.03.2014 : ‹OpĂ©ra royal de Versailles
VĂ©ronique Gens / Karine Deshayes
Vlaams Radio Koor / Brussels Philharmonic / Hervé Niquet

MoĂŻse au SinaĂŻ
26.03.2014, Salle Bulgaria, Sofia (Bulgarie)
28.03. 2014, Opéra-Théùtre de Clermont-Ferrand
ChƓur et Orchestre de la Philharmonie de Sofia / Amaury du Closel
03.10.2014, Megaro Musikis, Thessalonique (GrĂšce)
ChƓur et Orchestre Symphonique d’État de Thessalonique / Amaury du Closel

Le Saphir
5.04.2014‹ : Scuola Grande San Giovanni Evangelista Venise (Italie)
19.06.2014 : ‹ThĂ©Ăątre des Bouffes du Nord
Solistes du Cercle de l’Harmonie
Julien Chauvin

Le DĂ©sert
6.05.2014‹ : CitĂ© de la musique
Accentus / Orchestre de chambre de Paris
Laurence Équilbey / SĂ©bastien Droy

Christophe Colomb
22.08.2014 : Festival Berlioz
Les SiÚcles / François-Xavier Roth

approfondir
Herculanum de FĂ©licien David, 1859
Quatuors Ă  cordes (1,2,4)

Herculanum de FĂ©licien David (1859)

Versailles, OpĂ©ra royal, le 8 mars 2014 : rĂ©crĂ©ation attendue …  Certes il ne s’agit pas de la rĂ©ussite trĂšs applaudie du vivant de David : Lulla Roukh, son ultime opĂ©ra (1862), mais la fresque Herculanum offre un plateau vocal prometteur rĂ©unissant enfin deux chanteuses françaises au chant ciselĂ© parfait pour une telle rĂ©surrection lyrique : VĂ©ronique Gens et Karine Deshayes. C’est selon l’intention des producteurs, une combinaison fĂ©conde entre la posture digne et noble, idĂ©alement gluckiste de la premiĂšre contrastant opportunĂ©ment avec le feu pĂ©tillant rossinien de la seconde.

 

 

Il est temps de rĂ©server …
opéra, recréation

 

Herculanum de FĂ©licien David (1859)

ressuscite Ă  Versailles en mars 2014

 

FĂ©licien DavidRĂ©surrection attendue Ă  venir en mars 2014, – le 8 mars prĂ©cisĂ©ment Ă  l’OpĂ©ra Royal de Versailles – : Le compositeur saintsimonien, voyageur en Orient, FĂ©licien David (1810-1876), admirĂ© de Berlioz auquel il succĂšde Ă  l’Institut en 1869, est l’heureux auteur d’une prochaine recrĂ©ation : Herculanum (1859). L’ouvrage crĂ©Ă© Ă  l’AcadĂ©mie impĂ©riale de musique n’a pas eu le succĂšs mĂ©ritĂ©, au regard des perles mĂ©lodiques et des Ă©pisodes symphoniques qu’il contient. A leurs cĂŽtĂ©s, le sombre mĂ©tal, satanique de Nicolas Courjal et le chant Ă©clatant, droit et athlĂ©tique du tĂ©nor Edgaras Montvidas souligneront la valeur de la partition oĂč s’impose selon le sujet choisi, l’Ă©vocation de l’antiquitĂ© romaine saisie dans l’un de ses cataclysmes les plus spectaculaires : de fait, sur la scĂšne, FĂ©licien David a bien exprimĂ© l’Ă©ruption du VĂ©suve et ses effets terrifiants. Fastes pompiers, dĂ©mesure spectaculaire mais expressivitĂ© tragique et souffle symphonique … Herculanum bientĂŽt recrĂ©Ă© Ă  Versailles a tout pour vous sĂ©duire. Il est temps de rĂ©server maintenant.

 

Herculanum de Félicien David, grand opéra tragique, recréé à Versailles, Opéra royal le 8 mars 2014. Recréation proposée par le Palazzetto Bru Zane à Versailles.

Illustration : FĂ©licien David (DR)