30 ans de la disparition de KARAJAN : portrait du Maestro

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonARTE, Dim 22 sept 2019. KARAJAN : portrait du maestro, 23h. Herbert von Karajan  demeure l’un des chefs d’orchestre les plus incontournables de la seconde moitié du XXè. En dépit de son passé douteux pendant la période nazie, après une période de transition en Grande Bretagne, le maestro a su s’affirmer comme personne, par son perfectionnisme et la recherche d’un son, alors très singulier : en témoignent aujourd’hui son abondante filmographie et discographie qui dévoilent toujours sa manière spécifique : une intensité exceptionnelle, très intériorisée, au galbe sonore somptueux, pourtant obtenu avec une gestuelle de plus en plus dépouillée et sobre. Trente ans après sa disparition (1989), retour en images sur la vie de ce monstre sacré mais aussi controversé de la musique classique, au fil d’interviews notamment avec deux de ses compagnes, avec la violoniste Anne Sophie Mutter et la mezzo-soprano Christa Ludwig. Réalisation : Sigrid Faltin (inédit, 2018, 52min). LIRE aussi nos dossiers spéciaux HERBERT VAN KARAJAN sur CLASSIQUENEWS :
http://www.classiquenews.com/tag/herbert-von-karajan/

arte_logo_2013ARTE, Dim 22 sept 2019. HERBERT VON KARAJAN : portrait du maestro, 23h.

Legs Karajan : 25 ans après sa mort, cycle de rééditions majeures

Karajan20025 ans après sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajan laisse un hĂ©ritage musical et esthĂ©tique qui s’incarne par le disque : titan douĂ© d’une hypersensibilitĂ© fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres …, Karajan s’est forgĂ© aussi une notoriĂ©tĂ© lĂ©gitime grâce Ă  son souci de la qualitĂ© des enregistrements qu’il a pilotĂ©s et rĂ©alisĂ©s pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuositĂ© habitĂ©e, un sens innĂ© pour la ciselure comme le souffle Ă©pique de la fresque, Karajan a marquĂ© l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuitĂ© inĂ©dite pour d’infimes nuances rĂ©vĂ©lant l’opulence arachnĂ©enne des timbres… tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son… dans son intĂ©grale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captĂ©es dans le respect de la vie et de la palpitation… Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune rĂ©Ă©dite une sĂ©rie de coffrets absolument incontournables. Voici notre sĂ©lection d’incontournables.

 
 
Les 25 ans de la disparition d’Herbert von Karajan

moisson de coffrets commémoratifs chez DG

 

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonCLICK_classiquenews_dec13Grand coffret KARAJAN STRAUSS… Pour les 25 ans de la mort de Karajan, Deutsche Grammophon Ă©dite un superbe coffret, grand format et rĂ©unit, anniversaire Strauss 2014 oblige, le legs symphonique straussien de Karajan. Y figurent les poèmes symphoniques favoris du chef autrichien dont Ainsi Parla Zarathoustra, Don Juan et Don Quichotte, sans omettre, Une Symphonie alpestre et Une vie de hĂ©ros. GĂ©nĂ©reux, le coffret ajoute la cĂ©lèbre version de 1960 du Chevalier Ă  la rose pour le festival de Salzbourg (on aurait prĂ©fĂ©rĂ© l’une de ses lectures de La femme sans ombre, joyau flamboyant d’essence orchestrale… mais ne boudons pas notre plaisir avec, en “bonus” très apprĂ©ciable, l’ensemble des Ĺ“uvres rĂ©unies, rassemblĂ©es sur une 12ème galette :un blu-ray audio qui rappelle que le son Karajan, c’est aussi un dĂ©fi technologique. EN LIRE +

 

karajan beethoven 1962 symphonien beethoven berliner philharmoniker 4793442CLICK_classiquenews_dec13CD. Karajan : intégrale des Symphonies de Beethoven (1961-1962). Prodigieuse intégrale Beethoven de Karajan en 1962… Au moment de l’inauguration de la nouvelle Philharmonie de Berlin, ouverte officiellement en octobre 1963, le quadra Herbert von Karajan alors chef permanent du Philharmonique de Berlindepuis 1955, a achevé en parallèle le premier cycle stéréophonique moderne de toutes les Symphonies de Beethoven. L’enregistrement s’est réalisé une année durant entre 1961 et 1962 : il établit définitivement l’aura du chef, son entente avec les musiciens berlinois, et reste aussi un jalon interprétatif d’ampleur sur le cœur du répertoire de l’Orchestre. Soucieuse de reprendre la parole sur la scène internationale, Deutsche Grammophon a accompagné ce projet, véritable manifeste esthétique du label ; la marque jaune a investi un budget exceptionnel (1,5 million de marks allemand de l’époque) comptant écoulé au moins 100 000 coffrets pour rentabiliser l’enregistrement : 10 ans plus tard il s’était vendu 1 million de coffrets de cette intégrale légendaire : un pari gagnant. Karajan y démontre la fluidité étonnante des musiciens d’une virtuosité dynamique stupéfiante, dont l’énergie et l’engagement servent le style puissant, conquérant, réformateur d’un Beethoven jupitérien, bâtisseur d’un monde nouveau immensément inspiré tout au long de ses 9 symphonies. EN LIRE +

 

 

karajan_symphony_edition deutsche grammophon coffret cd2 autres coffrets complètent la série de rééditions commémoratives.Une boîte miraculeuse intitulée «  Symphony édition », cycle des intégrales de 8 compositeurs (38 cd), piliers du répertoire karajanesque, défendu alors qu’il était directeur musical du Berliner Philharmoniker. Beethoven (enregistrements de 1975-1977), Brahms (1977-1978), Bruckner (1975-1980), Haydn (Symphonies Parisiennes et Londoniennes : 1980-1982), Mendelssohn (1971-1972), Mozart (Symphonies 29,32,33,35, 36 et les dernières 38-41 de 1975-1977), Schumann (1971, et 1987 pour la n°4) et Tchaikovski (les 6 symphonies enregistrées à rebours : n°6, 5 et 4 : 1975-1976, et les 1-3 de 1979). Le grand absent demeure Mahler, ailleurs défendu par Kubelik ou Bernstein, et avec quel engagement. Pour nous, la classe supersonique s’écoute sans usure ni ennui chez Mozart, Schumann, surtout Beethoven et Tchaikovski. Rien n’égale ici la tension, l’hédonisme sonore, la perfection du détail et la clarté de l’ensemble. La 9ème de Beethoven exulte, respire l’élan révolutionnaire pour une aube nouvelle, une humanité régénérée, un monde semé enfin d’espoir (enregistrement berlinois avec côté plateau vocal : Tomowa-Sintow, Baltsa, Schreier, Van Dam).

 

karajan essential colelction classic karajanPour ceux qui veulent d’abord découvrir ou retrouver Karajan en 2 cd,Deutsche Grammophon édite enfin un best of composé d’extraits, parmi les pages les plus séduisantes de la littérature symphonique et aussi lyrique :« Classic Karajan : the essential collection » soit 2h20 mn de musique remastérisée pour l’occasion comprenant l’adagietto de la 5ème de Mahler, le choeur de Butterfly, Ingemisco du Requiem de Verdi (avec Carreras), Jupiter des Planètes de Holst, ou Smetana (un extrait de la Moldau), l’interlude symphonique de Cavalleria Rusticana de Mascagni… entre autres. Savourez : vous êtes sur la planète Karajan…

CD. Karajan : intégrale des Symphonies de Beethoven (1961-1962, Deutsche Grammophon)

karajan beethoven 1962 symphonien beethoven berliner philharmoniker 4793442CD. Karajan : intĂ©grale des Symphonies de Beethoven (1961-1962). Prodigieuse intĂ©grale Beethoven de Karajan en 1962… Au moment de l’inauguration de la nouvelle Philharmonie de Berlin, ouverte officiellement en octobre 1963, le quadra Herbert von Karajan alors chef permanent du Philharmonique de Berlin depuis 1955, a achevĂ© en parallèle le premier cycle stĂ©rĂ©ophonique moderne de toutes les Symphonies de Beethoven. L’enregistrement s’est rĂ©alisĂ© une annĂ©e durant entre 1961 et 1962 : il Ă©tablit dĂ©finitivement l’aura du chef, son entente avec les musiciens berlinois, et reste aussi un jalon interprĂ©tatif d’ampleur sur le cĹ“ur du rĂ©pertoire de l’Orchestre. Soucieuse de reprendre la parole sur la scène internationale, Deutsche Grammophon a accompagnĂ© ce projet, vĂ©ritable manifeste esthĂ©tique du label ; la marque jaune a investi un budget exceptionnel (1,5 million de marks allemand de l’Ă©poque) comptant Ă©coulĂ© au moins 100 000 coffrets pour rentabiliser l’enregistrement : 10 ans plus tard il s’Ă©tait vendu 1 million de coffrets de cette intĂ©grale lĂ©gendaire : un pari gagnant. Karajan y dĂ©montre la fluiditĂ© Ă©tonnante des musiciens d’une virtuositĂ© dynamique stupĂ©fiante, dont l’Ă©nergie et l’engagement servent le style puissant, conquĂ©rant, rĂ©formateur d’un Beethoven jupitĂ©rien, bâtisseur d’un monde nouveau immensĂ©ment inspirĂ© tout au long de ses 9 symphonies.

Berlin, 1962. Intégrale des Symphonies de Beethoven

Karajan orfèvre et  démiurge

CLIC_macaron_2014Avant Karajan les pionniers beethovĂ©niens tels Weintgartner, puis dans les annĂ©es 1950 : Toscanini, Klemperer et Walter (ce dernier Ă  la fin des annĂ©es 1950 et le premier vraiment mondialement achetĂ©) ont abordĂ© le cycle en entier mais avec cette approche Ă©paisse, grandiloquente, souvent lourde. En 1961/1962,  Karajan fait figure de champion de la nouvelle gĂ©nĂ©ration : douĂ©, vif, architecte autant qu’orfèvre : il a la poigne et le tempĂ©rament, surtout une musicalitĂ© et un instinct superlatifs pour mener Ă  bien cette nouvelle intĂ©grale. Auparavant Karajan avait montrĂ© ses aptitudes Ă  Londres avec le Philharmonia Orchestra dans un premier cycle enregistrĂ© dix ans auparavant, entre 1951 et 1955. A Berlin, Karajan rĂ©vèle ses talents en cultivant d’emblĂ©e l’Ă©coute primordiale entre tous les musiciens, une approche chambriste qui dĂ©taille  la moindre alliance de timbre, relève le moindre accent, cisèle la structure en architecte. Insufflant dans cette fresque du dĂ©tail et du raffinement instrumental, une Ă©nergie capable de souligner chaque inflexion majeure : telles ne sont pas moins les avancĂ©es du Karajan du dĂ©but des annĂ©es 1960, assurant pour lui mĂŞme, pour l’orchestre et le label chez qui il a signĂ©, un prestige et une renommĂ©e incontestable (et lĂ©gitime). Karajan soigne la transparence et la clartĂ© du plan et de la structure (regardant vers cette fameuse première objectivitĂ© qu’il admirait tant dans les annĂ©es 1930 dans le jeu dĂ©pouillĂ© de Toscanini….). Avec ses poses d’empereur romain de l’ère augustĂ©enne, ses gestes travaillĂ©s sur chaque photo, Karajan construit son image d’après guerre. L’image du chef premier parmi ses pairs, s’Ă©difie ainsi peu Ă  peu grâce Ă  ce jalon discographique qui aura marquĂ© l’histoire de l’enregistrement.

 

 

herbert-von-karajan_jpg_240x240_crop_upscale_q95Les 4 dernières symphonies 6, 7, 8 et 9 donnent la (dĂ©)mesure captivante de la rĂ©alisation : plĂ©nitude des cordes, vitalitĂ© dĂ©taillĂ©e des vents, superbe Ă©loquence souple des bois avec un sens nouveau des Ă©quilibres entre pupitres permettant de dĂ©tailler dans la masse, enrichissant d’emblĂ©e la riche texture orchestrale… Karajan fait entendre tous les dĂ©tails de la partition sans entamer sa formidable et prodigieuse tension architecturale. Ce double sens de l’infiniment petit et du colossal, de la miniature et de la fresque, emportĂ© par une Ă©nergie incandescente, servi par une prise de son millimĂ©trĂ©e, apporte aujourd’hui des fruits  d’une saveur irrĂ©sistible. La 6ème ” Pastorale” est l’expression juste et poĂ©tique d’une partition panthĂ©iste dont le prĂ©texte narratif touche Ă  l’universel et renouvelle totalement dans le seul langage de l’orchestre, un hymne Ă  la nature miraculeuse, Ă  travers ses manifestations les plus saisissantes et spectaculaires (orage, ronde paysanne…). Les 7è et 8ème Ă©blouissent par ce sens prodigieux qu’a Beethoven Ă  jouer du temps et de la trĂ©pidation rythmique. La 9ème semble toutes les rĂ©capituler : synthèse et superbe portique vers la pleine modernitĂ©… l’Ă©nergie volcanique du premier mouvement de l’allegro initial auquel succède le feu dansant et chorĂ©graphique du molto vivace prĂ©pare par contraste au dĂ©veloppement de l’Andante oĂą Beethoven semble suspendre la notion mĂŞme de dĂ©roulement temporel, comme une aube enivrĂ©e, prĂ©lude Ă  une ère nouvelle… dans lequel l’Ă©noncĂ© expressif passe par le chant finement caractĂ©risĂ© de chaque instrument : le chef chambriste s’y dĂ©voile idĂ©alement. L’ultime mouvement Ă©claire toutes les qualitĂ©s d’une formation agissant comme un orchestre de chambre, d’une sĂ©duction inouĂŻe quand Ă  ses qualitĂ©s expressives, nuances, accents, tension continue, … le tout progressant sans Ă©paisseur vers l’expression de la transe collective au service du message fraternel et philosophique de Goethe (Ode Ă  la joie). La rĂ©alisation qu’en offre Karajan ressuscite par son âpretĂ©, son mordant, sa radicalitĂ© esthĂ©tique, les rituels antiques, cĂ©rĂ©monies olympiques d’une indiscutable ferveur collective (ou plus proche de Beethoven, les cĂ©rĂ©monies rĂ©volutionnaires de la fin du XVIIIème siècle). Servis par l’intelligence musicale des ingĂ©nieurs de DG, le nerf fiĂ©vreux, le muscle galbĂ© de cette intĂ©grale fabuleuse continuent encore de nous captiver.

Le coffret est richement illustrĂ© et annotĂ© avec qualitĂ© (coffret Deluxe en Ă©dition limitĂ©e). En plus des 5 premiers cd, l’Ă©diteur DG offre un blu ray audio qui regroupe toutes les Symphonies de Beethoven dans une prise de son Ă©poustouflante.

 

karajan beethoven 1962 symphonien beethoven berliner philharmoniker 4793442Beethoven : 9 Symphonien – IntĂ©grale des 9 Symphonies.  Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Berlin en 1963 – RemasterisĂ© 24 bit / 96 kHz. Blu-ray Audio Bonus: 9 Symphonies + rĂ©ptitions de la 9ème Symphonie. ADD GB6 – Deluxe Limited Edition
Janowitz · Rössel-Majdan – Kmentt · Berry – Wiener Singverein. Berliner Philharmoniker. Herbert von Karajan, direction.  5 CDs + 1 Blu-ray Audio  Deutsche Grammophon.  0289 479 3442 4 5 CDs + 1 Blu-ray Audio

 

 

25 ans de la mort de Karajan

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonCD. Les 25 ans de la mort du chef Herbert von Karajan (coffrets Deutsche Grammophon) : le 16 juillet 2014 marque les 25 ans de la disparition du chef d’orchestre Herbert Von Karajan, né en 1908, décédé le 16 juillet 1989. A cette occasion, Deutsche Grammophon lui rend hommage à travers une série de coffrets commémoratifs offrant une sélection de ses enregistrements majeurs pour le label jaune, dont un remarquable coffret grand format (rappelant l’essor des disques vinyles) dédié aux archives Richard Strauss, un compositeur lui-même fêté en 2014 (150 ans de la naissance de Richard Strauss) et pour lequel Karajan a manifesté un intérêt continu comme chef symphonique et lyrique : le superbe coffret Richard Strauss (12 cd) regroupe ainsi poèmes symphoniques, symphonies (Don Juan, Don Quichotte, Ainsi Parla Zarathoustra, Une vie de héros, Une Symphonie Alpestre, les Concertos pour hautbois et pour cor…) et l’opéra Le Chevalier à la rose dans le live de 1960 enregistré au festival de Salzbourg (avec l’équipe de l’Opéra de Vienne : un must absolu par la vie, l’intensité, la fougue orchestrale et la cohérence du plateau vocal).  Le coffret de 12 cd intitulé « Karajan Strauss » permet de mesurer l’esthétique et le son Karajan désormais données historiques dans l’histoire de l’enregistrement, au cours des années 1960, 1970 et 1980 (Une Symphonie Alpestre) ; c’est aussi l’occasion de comparer plusieurs versions d’une même oeuvre (Don Juan), avec les orchestres « rivaux » sous sa baguette et non des moindres : Philharmoniques de Vienne et de Berlin, Royal Concertgebouw orchestra… Réédition événement. Lire notre dossier spécial 25 ans de la mort de Herbert von Karajan

Lire aussi notre portrait de Herbert von Karajan (centenaire 2008)

Soirée Karajan sur Arte

arte_logo_2013Karajan200Arte. Soirée spéciale Karajan : 25 ans de la mort. Le 13 juillet 2014,17h40. Le 16 juillet 1989, soit il y a 25 ans disparaissait le chef le plus médiatisé du XXème siècle, régnant sur l’Opéra de Vienne, puis à Salzbourg et sur la Philharmonie de Berlin. Chef lyrique et symphonique de premier plan, malgré un passé à l’époque nazie plutôt trouble, Karajan doit sa présence parmi nous 25 ans après sa mort, grâce à un héritage audio et vidéo d’une richesse inégalée : plus de 500 enregistrements édités par Deutsche Grammophon, prestigieux label jeune dont il reste l’artiste le plus emblématique et le plus acheté. L’homme en dépit de ses facettes « spectaculaires » et glamour (pilote de voitures de sport, d’avion, époux en 3è noce, d’un mannequin rencontré à Saint-Tropez …) reste énigmatique ; explicitement et indiscutablement sensible et raffiné, exigeant et perfectionniste jusqu’à la maniaquerie et l’obsession : Karajan reste surtout un chef hanté par la perception du détail comme de l’architecture globale des oeuvres abordées, inféodant les technologies de pointe de l’enregistrement à ses conceptions personnelles.

Un chef hanté par le détail et l’image…

Arte a bien raison d’offrir une soirée entière à l’artiste doublé d’un esthète pointilleux aux accomplissements et réalisations irrésistibles.
La soirée Arte débute par le documentaire « L’autre Karajan » d’Eric Schulz, véritable miroir d’un mucine devenu son propre ingénieur du son, habité par l’idée du son parfait.
Ensuite, place au concert filmé : Symphonie n°5 de Beethoven par Henri-Georges Clouzot où le réalisateur en accord avec le maestro démiurge réinvente un langage visuel inédit pour exprimer la dramaturgie de la musique symphonique.
Ensuite, dernier documentaire : Karajan, le culte de l’image, film qui souligne combien le chef était soucieux de sa propre image comme celle des enregistrements qu’il réalisait.
25 ans après sa disparition, ses lectures convainquent toujours autant. Deutsche Grammophon entre autre vient d’éditer un superbe coffret grand format (format vinyle) intitulé « KARAJAN STRAUSS » regroupant les enregistrements que le « petit K » comme l’appelait non sans ironie dépréciative Furtwängler (le maître pour tous), a dédié au compositeur bavarois (le coffret « Karajan Strauss » est clic de classiquenews de l’été 2014).

 

 

arte_logo_2013Arte. Soirée spéciale Karajan : 25 ans de la mort. Le 13 juillet 2014,17h40.

 

 

Lire aussi notre portrait spécial Herbert Von Karajan

 

 

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Discographie Karajan 2014. Simultanément aux diffusions Arte dans le cadre de sa soirée spéciale du 13 juillet 2014, Deutsche Grammophon a édité 3 titres événements, soulignant tel aspect de la direction et du travail musical et esthétique du chef autrichien.

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonCLIC D'OR macaron 200C’est d’abord un somptueux coffret de 11 cd en grand format dédié à Richard Strauss (à l’occasion aussi du 150 ème anniversaire du compositeur bavarois). Lire ici notre critique complète du coffret KARAJAN STRAUSS (comprenant entre autres les poèmes symphoniques essentiels : Don Juan, Don Quixote, Till l’espiègle…, Une Symphonie alpestre, Ainsi Parla Zarathoustra, Une vie de héros, et l’intégrale du Chevalier à la rose live salzbourgeois de 1960, le tout en cd habituel et aussi sur un audio blu ray de grande qualité : nécessaire pour mesurer le soin sonore et artistique de chaque enregistrement).

karajan_symphony_edition deutsche grammophon coffret cd2 autres coffrets complètent la série de rééditions commémoratives. Une boîte miraculeuse intitulée «  Symphony édition », cycle des intégrales de 8 compositeurs (38 cd), piliers du répertoire karajanesque, défendu alors qu’il était directeur musical du Berliner Philharmoniker. Beethoven (enregistrements de 1975-1977), Brahms (1977-1978), Bruckner (1975-1980), Haydn (Symphonies Parisiennes et Londoniennes : 1980-1982), Mendelssohn (1971-1972), Mozart (Symphonies 29,32,33,35, 36 et les dernières 38-41 de 1975-1977), Schumann (1971, et 1987 pour la n°4) et Tchaikovski (les 6 symphonies enregistrées à rebours : n°6, 5 et 4 : 1975-1976, et les 1-3 de 1979). Le grand absent demeure Mahler, ailleurs défendu par Kubelik ou Bernstein, et avec quel engagement. Pour nous, la classe supersonique s’écoute sans usure ni ennui chez Mozart, Schumann, surtout Beethoven et Tchaikovski. Rien n’égale ici la tension, l’hédonisme sonore, la perfection du détail et la clarté de l’ensemble. La 9ème de Beethoven exulte, respire l’élan révolutionnaire pour une aube nouvelle, une humanité régénérée, un monde semé enfin d’espoir (enregistrement berlinois avec côté plateau vocal : Tomowa-Sintow, Baltsa, Schreier, Van Dam).

karajan essential colelction classic karajanPour ceux qui veulent d’abord dĂ©couvrir ou retrouver Karajan en 2 cd, Deutsche Grammophon Ă©dite enfin un best of composĂ© d’extraits, parmi les pages les plus sĂ©duisantes de la littĂ©rature symphonique et aussi lyrique : « Classic Karajan : the essential collection » soit 2h20 mn de musique remastĂ©risĂ©e pour l’occasion comprenant l’adagietto de la 5ème de Mahler, le choeur de Butterfly, Ingemisco du Requiem de Verdi (avec Carreras), Jupiter des Planètes de Holst, ou Smetana (un extrait de la Moldau), l’interlude symphonique de Cavalleria Rusticana de Mascagni… entre autres. Savourez : vous ĂŞtes sur la planète Karajan…

CD. Coffret KARAJAN STRAUSS (11 cd Deutsche Grammophon)

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonPour les 25 ans de la mort de Karajan, Deutsche Grammophon Ă©dite un superbe coffret, grand format et rĂ©unit, anniversaire Strauss 2014 oblige, le legs symphonique straussien de Karajan. Y figurent les poèmes symphoniques favoris du chef autrichien dont Ainsi Parla Zarathoustra, Don Juan et Don Quichotte, sans omettre, Une Symphonie alpestre et Une vie de hĂ©ros. GĂ©nĂ©reux, le coffret ajoute la cĂ©lèbre version de 1960 du Chevalier Ă  la rose pour le festival de Salzbourg (on aurait prĂ©fĂ©rĂ© l’une de ses lectures de La femme sans ombre, joyau flamboyant d’essence orchestrale… mais ne boudons pas notre plaisir avec, en “bonus” très apprĂ©ciable, l’ensemble des Ĺ“uvres rĂ©unies, rassemblĂ©es sur une 12ème galette :un blu-ray audio qui rappelle que le son Karajan, c’est aussi un dĂ©fi technologique.

Elektra par cĹ“ur… A l’aube de la 2ème guerre mondiale, en juin 1939, le Staatsoper de Berlin fĂŞte les presque 75 ans de Strauss et produit une nouvelle Elektra : l’intendant du théâtre Heinz Tietjen a choisi le jeune Herbert von Karajan (31 ans). Petit, suractif, Ă©duquĂ© et dĂ©jĂ  d’une prodigieuse intelligence sans compter son Ă©tonnante sensibilitĂ© musicale : flamboyante, dĂ©taillĂ©e, dramatique. IrrĂ©sistible. A cela, s’ajoute des facultĂ©s inouĂŻes qui stupĂ©fient Strauss lui-mĂŞme : Karajan dirige alors Elektra sans partition ! De mĂ©moire. Prodigieuse capacitĂ© qui aurait menĂ© tout chef Ă  la catastrophe tant les difficultĂ©s de l’ouvrage sont multiples et permanentes.
Strauss invite immĂ©diatement le jeune prodige pour le rencontrer et le connaĂ®tre. Le lien entre Karajan et Strauss est donc avĂ©rĂ© et s’appuie sur l’estime sincère du compositeur au maestro. Il est donc opportun d’Ă©diter en un coffret superbe sur le plan Ă©ditorial et en sĂ©rie limitĂ©e, la vision de Karajan sur Strauss : commĂ©moration croisĂ©e qui souligne les 25 ans de la mort du chef d’orchestre et donc les 150 ans de la naissance de son compositeur d’Ă©lection.

CLICK_classiquenews_dec13Le coffret Deutsche Grammophone en 11 cd  (et un 12è bonus blu-ray audio) rĂ©capitule ainsi un corpus musical et esthĂ©tique sans Ă©quivalent qui est aussi une odyssĂ©e discographique : le legs Strauss par Karajan est une somme majeure qui affirme la remarquable sensibilitĂ© du chef mais aussi cet esthĂ©tisme superlatif qui rĂ©ussit Ă  concilier dĂ©tail et structure, micro scintillements et lisibilitĂ© de l’architecture, le tout rĂ©conciliĂ© / rĂ©alisĂ© en un flux orchestral souverainement organique. C’est peu dire que ses lectures d’Une Symphonie alpestre (alliant le lyrisme Ă©chevelĂ© et le colossal, le raffinement du dĂ©tail et les mouvements flexibles du drame sous jacent), d’Ainsi parla Zarathoustra, de Don Juan ou de Don Quichotte (auxquels “K” rĂ©tablit la profondeur humaine, la sincĂ©ritĂ© de l’intention Ă  sa source) restent inĂ©galĂ©es.
Mais le chef passionnĂ© de technologies (appliquĂ©es au son et aussi Ă  l’image) a au moment oĂą il enregistre ses versions straussiennes, façonnĂ© de la mĂŞme manière une esthĂ©tique du son en studio marquĂ©e essentiellement par une sophistication spectaculaire de la restitution du micro dĂ©tail comme de la structure globale de l’Ă©difice orchestral.
Tout est jouĂ© et tout est rĂ©inscrit dans l’Ă©quilibre gĂ©nĂ©ral pour que s’exprime la vitalitĂ© première du flux musical. Aussi noble que Krauss mais plus humain et profond que lui, Karajan restituant au sentiment de grandeur, l’humanitĂ© souterraine et le souffle mĂŞme de la poĂ©sie, s’est d’emblĂ©e imposĂ© comme un straussien de premier plan. C’est ce qui frappe aux oreilles immĂ©diatement : le coffret des 25 ans de sa mort nous rappelle et l’hypersensibilitĂ© du chef, et sa vision experte de la prise de son. Une Symphonie Alpestre Ă©blouit par sa spatialitĂ© et son sens du jaillissement comme de la continuitĂ© organique (il reste dommage que l’autre grande oeuvre aussi colossal que raffinĂ©e : La Femme sans ombre n’ait pas Ă©tĂ© enregistrĂ©e elle aussi en studio par le mĂŞme Karajan Ă©pris de beau son).

Karajan200Dès 21 ans, en 1929, Karajan dirigeait Don Juan (Mozarteum) et SalomĂ© (Festspielhaus) de Salzbourg. A Ulm oĂą il Ă©tait kapellmeister de l’OpĂ©ra (1929-1934), le jeune maestro straussien dans l’âme assura crânement en novembre 1933 une nouvelle production du Chevalier Ă  la rose, puis d’Arabella (alors quasiment inconnu, crĂ©Ă© en juillet) ; Ă  Aix la Chapelle (dès avril 1935), Karajan enchaĂ®ne la mĂŞme annĂ©e Le Chevalier puis La Femme sans ombre, l’une des partitions lyriques les plus orchestrales, nĂ©cessitant lĂ  aussi raffinement et flamboiement.
Les premiers enregistrements ici rĂ©unis remontent Ă  1943 (avec le Concertgebouw pour Don Juan ; repris ensuite avec le Wiener Philharmoniker en 1960, l’annĂ©e du Chevalier Ă  la rose Ă  Salzbourg) jusqu’Ă  Une Symphonie Alpestre (Eine Alpensinfonie, gravĂ©e en 1980 par le chef sexagĂ©naire en une pensĂ©e dĂ©miurgique lĂ  encore stupĂ©fiante : une expĂ©rience auditive que la technologie requise Ă©lectrise : dans cet enregistrement le son Karajan s’y dĂ©ploie dans toute sa perfection avec une intelligence et une finesse soucieuse des Ă©tagements et de la lisibilitĂ© globale).

lisa-della-casa-strauss-rosenkavalierLa version intĂ©grale du Chevalier Ă  la rose est l’autre argument phare de ce coffret anniversaire. En juillet 1960, Karajan avec la troupe de l’OpĂ©ra de Vienne (dont il est directeur depuis 1957) et avec le concours du Wiener Philharmoniker, offre au festival de Salzbourg (et pour l’inauguration de son festspielhaus flambant neuf) l’un de ses Chevaliers Ă  la rose magique, devenu Ă  juste titre lĂ©gendaire : l’orchestre regorge de saine vitalitĂ©, de dĂ©tails flamboyants doublĂ© d’une Ă©nergie théâtrale irrĂ©sistible (cuivres dĂ©lirants et gĂ©nĂ©reux)… pas d’Elisabeth Schwarzkopf (sollicitĂ©e pour son Chevalier londonien et en studio de 1956) mais le soprano moins minaudant, nasillard et sophistiquĂ© de Lisa della Casa qui incarne une MarĂ©chale (Feldmarschallin) tout Ă  tour, princière et amoureuse, puis sage, prĂŞte Ă  renoncer Ă  la vie, Ă  l’amour, au dĂ©sir laissant son Quinquin (l’Octavian de Sena Jurinac qui distille ici un parfum de Cherubin) dans les bras de la jeune Sophie (Hilde GĂĽden). Avant la MarĂ©chale, Lisa della Casa avait chantĂ© aussi bien que ses Mozart, Madeleine de Capriccio (1950), Arianne (1954), Arabella (1958). A Salzbourg en 1960, la soprano suisse richard_strauss_der_rosenkavalier_karajan_della_casa_jurinac_le_chevalier_a_la_roserayonne par sa vĂ©ritĂ© et sa profondeur. Le trio final est d’une finesse de ton, d’une noblesse mĂŞlant nostalgie et sincĂ©ritĂ© : du très grand Karajan (52 ans). On reste moins convaincu par le Baron Ochs, assez caricatural et finalement pataud d’Otto Edelmann qui cependant, dommage pour son jeu monolithique, a un vrai sens du texte… après tout, Hofmannsthal le librettiste de Strauss avait imaginĂ© un aristocrate trentenaire comme sa cousine, plus fin et racĂ© que cet hobereau provincial mal dĂ©grossi. Heureusement la musique que sait distiller Karajan, en chef soucieux d’exactitude, de drame, prĂ©cis au delĂ  du mot, fièvreux, subtil et pĂ©tillant, rĂ©affirme la suprĂŞme Ă©lĂ©gance du sujet, sa sensualitĂ© filigranĂ©e, la quintessence de l’esprit viennois et autrichien impĂ©rial, tel que crĂ©Ă© en 1911 Ă  Dresde oĂą toute l’Europe s’Ă©tait pressĂ©e pour entendre le chef d’oeuvre de Strauss. Une version de rĂ©fĂ©rence qui a toute sa place ici, mĂŞme si comme nous l’avons signalĂ©, nous aurions tant apprĂ©ciĂ© de redĂ©couvrir La Femme sans ombre de Karajan, de surcroĂ®t dans un accompagnement Ă©ditorial aussi soignĂ© (livret intĂ©gral Ă©ditĂ© avec de superbes photographies de 1960).

Le coffret permet aussi de rĂ©tablir l’histoire d’amour et de tension entre Karajan et les musiciens du Berliner Philharmoniker, idem avec ceux du Philharmonique de Vienne : deux phalanges que le chef, aussi tyranique et exigeant fut-il, a hissĂ© Ă  leur meilleur, affirmant Ă  l’Ă©chelle planĂ©taire leur prestige toujours bien vivace.
Coffret événement. CLIC de classiquenews.com

Contenu du coffret KARAJAN STRAUSS : Une vie de hĂ©ros, Don Quixote, Concertos pour hautbois et pour cor, Till Eulenspiegel, danse des voiles de SalomĂ©, Mort et transfiguration, Ainsi parla Zarathoustra, MĂ©tamorphoses, Une symphonie alpestre, Le Chevalier Ă  la rose (intĂ©grale, version live Salzbourg 1960), Don Juan. Quatre dernier lieder (Gundula Janowtiz, soprano). Berliner Philharmoniker, Wiener Philharmoniker, Royal Concertgebouw Orchestra (Don Juan)… 11 cd + 1 blu-ray audio. Edition Deluxe 0289 479 2686 312 Deutsche Grammophon.

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Portrait d’Herbert Von Karajan

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonPortrait du chef autrichien Herbert von Karajan, Ă©ditĂ© sur classiquenews Ă  l’occasion de son centenaire en 2008. Le 5 avril 2008 marque le centenaire de la naissance du chef d’orchestre le plus mĂ©diatisĂ© du XXème siècle. Voici donc, un nouveau centenaire Ă  fĂŞter, dans la riche actualitĂ© commĂ©morative de 2008, qui compte aussi le centenaire Olivier Messiaen, et les 150 ans de la naissance de Giacomo Puccini. Karajan qui fut toujours pour Wilhelm Furtwängler (autrement plus gĂ©nĂ©reux et humaniste, mais dont le dĂ©faut fut de paraĂ®tre trop tĂ´t sur la scène, avant l’essor du disque, vinyle et compact), le “petit k”… est le sujet d’innombrables cĂ©lĂ©brations et rĂ©Ă©ditions (au cd comme au dvd). Est-il juste dans la perspective de l’histoire d’aduler voire d’idĂ´latrer ainsi HVK? A torts ou Ă  raisons (pour reprendre le titre de la pièce de Ronald Harwood, au sujet du procès en dĂ©nazification de Furtwängler). N’en dĂ©plaise Ă  ses dĂ©tracteurs et critiques dont il faut bien l’avouer nous faisons partie, Karajan est un nom qui a inscrit chacune de ses lettres dans l’imaginaire collectif. L’homme reste une lĂ©gende de la baguette, tyrannique mais d’une exigence absolue, boulimique de l’enregistrement, mais pointu et d’un idĂ©al affĂ»tĂ© jusqu’à l’extrĂŞme. Le profil prĂ©sente ses parts d’ombres, de tâches… indĂ©libiles (il adhĂ©ra de son plein grĂ© au parti nazi, comme Elisabeth Schwarzkopf, jouant par opportunisme Fidelio pour l’anniversaire du FĂĽhrer), ses doutes et ses incertitudes en particulier, vis-Ă -vis de Furtwängler, un maĂ®tre indĂ©passable. Il y a chez lui la conscience du gĂ©nie et forcĂ©ment la dĂ©mesure narcissique parfois, souvent, insupportable. LIRE notre portrait complet d’Herbert von Karajan

CD. Les 25 ans de la mort de Karajan (Deutsche Grammophon)

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonCD. Les 25 ans de la mort du chef Herbert von Karajan (coffrets Deutsche Grammophon) : le 16 juillet 2014 marque les 25 ans de la disparition du chef d’orchestre Herbert Von Karajan, né en 1908, décédé le 16 juillet 1989. A cette occasion, Deutsche Grammophon lui rend hommage à travers une série de coffrets commémoratifs offrant une sélection de ses enregistrements majeurs pour le label jaune, dont un remarquable coffret grand format (rappelant l’essor des disques vinyles) dédié aux archives Richard Strauss, un compositeur lui-même fêté en 2014 (150 ans de la naissance de Richard Strauss) et pour lequel Karajan a manifesté un intérêt continu comme chef symphonique et lyrique : le superbe coffret Richard Strauss (12 cd) regroupe ainsi poèmes symphoniques, symphonies (Don Juan, Don Quichotte, Ainsi Parla Zarathoustra, Une vie de héros, Une Symphonie Alpestre, les Concertos pour hautbois et pour cor…) et l’opéra Le Chevalier à la rose dans le live de 1960 enregistré au festival de Salzbourg (avec l’équipe de l’Opéra de Vienne : un must absolu par la vie, l’intensité, la fougue orchestrale et la cohérence du plateau vocal).  Le coffret de 12 cd intitulé « Karajan Strauss » permet de mesurer l’esthétique et le son Karajan désormais données historiques dans l’histoire de l’enregistrement, au cours des années 1960, 1970 et 1980 (Une Symphonie Alpestre) ; c’est aussi l’occasion de comparer plusieurs versions d’une même oeuvre (Don Juan), avec les orchestres « rivaux » sous sa baguette et non des moindres : Philharmoniques de Vienne et de Berlin, Royal Concertgebouw orchestra… Réédition événement. Prochaine grande critique à venir dans le mag cd de classiquenews.com.

Lire aussi notre portrait de Herbert von Karajan (centenaire 2008)