30 ans de la disparition de KARAJAN : portrait du Maestro

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonARTE, Dim 22 sept 2019. KARAJAN : portrait du maestro, 23h. Herbert von Karajan  demeure l’un des chefs d’orchestre les plus incontournables de la seconde moitiĂ© du XXĂš. En dĂ©pit de son passĂ© douteux pendant la pĂ©riode nazie, aprĂšs une pĂ©riode de transition en Grande Bretagne, le maestro a su s’affirmer comme personne, par son perfectionnisme et la recherche d’un son, alors trĂšs singulier : en tĂ©moignent aujourd’hui son abondante filmographie et discographie qui dĂ©voilent toujours sa maniĂšre spĂ©cifique : une intensitĂ© exceptionnelle, trĂšs intĂ©riorisĂ©e, au galbe sonore somptueux, pourtant obtenu avec une gestuelle de plus en plus dĂ©pouillĂ©e et sobre. Trente ans aprĂšs sa disparition (1989), retour en images sur la vie de ce monstre sacrĂ© mais aussi controversĂ© de la musique classique, au fil d’interviews notamment avec deux de ses compagnes, avec la violoniste Anne Sophie Mutter et la mezzo-soprano Christa Ludwig. RĂ©alisation : Sigrid Faltin (inĂ©dit, 2018, 52min). LIRE aussi nos dossiers spĂ©ciaux HERBERT VAN KARAJAN sur CLASSIQUENEWS :
http://www.classiquenews.com/tag/herbert-von-karajan/

arte_logo_2013ARTE, Dim 22 sept 2019. HERBERT VON KARAJAN : portrait du maestro, 23h.

Legs Karajan : 25 ans aprÚs sa mort, cycle de rééditions majeures

Karajan20025 ans aprĂšs sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajan laisse un hĂ©ritage musical et esthĂ©tique qui s’incarne par le disque : titan douĂ© d’une hypersensibilitĂ© fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres …, Karajan s’est forgĂ© aussi une notoriĂ©tĂ© lĂ©gitime grĂące Ă  son souci de la qualitĂ© des enregistrements qu’il a pilotĂ©s et rĂ©alisĂ©s pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuositĂ© habitĂ©e, un sens innĂ© pour la ciselure comme le souffle Ă©pique de la fresque, Karajan a marquĂ© l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuitĂ© inĂ©dite pour d’infimes nuances rĂ©vĂ©lant l’opulence arachnĂ©enne des timbres… tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son… dans son intĂ©grale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captĂ©es dans le respect de la vie et de la palpitation… Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune rĂ©Ă©dite une sĂ©rie de coffrets absolument incontournables. Voici notre sĂ©lection d’incontournables.

 
 
Les 25 ans de la disparition d’Herbert von Karajan

moisson de coffrets commémoratifs chez DG

 

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonCLICK_classiquenews_dec13Grand coffret KARAJAN STRAUSS… Pour les 25 ans de la mort de Karajan, Deutsche Grammophon Ă©dite un superbe coffret, grand format et rĂ©unit, anniversaire Strauss 2014 oblige, le legs symphonique straussien de Karajan. Y figurent les poĂšmes symphoniques favoris du chef autrichien dont Ainsi Parla Zarathoustra, Don Juan et Don Quichotte, sans omettre, Une Symphonie alpestre et Une vie de hĂ©ros. GĂ©nĂ©reux, le coffret ajoute la cĂ©lĂšbre version de 1960 du Chevalier Ă  la rose pour le festival de Salzbourg (on aurait prĂ©fĂ©rĂ© l’une de ses lectures de La femme sans ombre, joyau flamboyant d’essence orchestrale
 mais ne boudons pas notre plaisir avec, en “bonus” trĂšs apprĂ©ciable, l’ensemble des Ɠuvres rĂ©unies, rassemblĂ©es sur une 12Ăšme galette :un blu-ray audio qui rappelle que le son Karajan, c’est aussi un dĂ©fi technologique. EN LIRE +

 

karajan beethoven 1962 symphonien beethoven berliner philharmoniker 4793442CLICK_classiquenews_dec13CD. Karajan : intĂ©grale des Symphonies de Beethoven (1961-1962). Prodigieuse intĂ©grale Beethoven de Karajan en 1962
 Au moment de l’inauguration de la nouvelle Philharmonie de Berlin, ouverte officiellement en octobre 1963, le quadra Herbert von Karajan alors chef permanent du Philharmonique de Berlindepuis 1955, a achevĂ© en parallĂšle le premier cycle stĂ©rĂ©ophonique moderne de toutes les Symphonies de Beethoven. L’enregistrement s’est rĂ©alisĂ© une annĂ©e durant entre 1961 et 1962 : il Ă©tablit dĂ©finitivement l’aura du chef, son entente avec les musiciens berlinois, et reste aussi un jalon interprĂ©tatif d’ampleur sur le cƓur du rĂ©pertoire de l’Orchestre. Soucieuse de reprendre la parole sur la scĂšne internationale, Deutsche Grammophon a accompagnĂ© ce projet, vĂ©ritable manifeste esthĂ©tique du label ; la marque jaune a investi un budget exceptionnel (1,5 million de marks allemand de l’époque) comptant Ă©coulĂ© au moins 100 000 coffrets pour rentabiliser l’enregistrement : 10 ans plus tard il s’était vendu 1 million de coffrets de cette intĂ©grale lĂ©gendaire : un pari gagnant. Karajan y dĂ©montre la fluiditĂ© Ă©tonnante des musiciens d’une virtuositĂ© dynamique stupĂ©fiante, dont l’énergie et l’engagement servent le style puissant, conquĂ©rant, rĂ©formateur d’un Beethoven jupitĂ©rien, bĂątisseur d’un monde nouveau immensĂ©ment inspirĂ© tout au long de ses 9 symphonies. EN LIRE +

 

 

karajan_symphony_edition deutsche grammophon coffret cd2 autres coffrets complĂštent la sĂ©rie de rĂ©Ă©ditions commĂ©moratives.Une boĂźte miraculeuse intitulĂ©e «  Symphony Ă©dition », cycle des intĂ©grales de 8 compositeurs (38 cd), piliers du rĂ©pertoire karajanesque, dĂ©fendu alors qu’il Ă©tait directeur musical du Berliner Philharmoniker. Beethoven (enregistrements de 1975-1977), Brahms (1977-1978), Bruckner (1975-1980), Haydn (Symphonies Parisiennes et Londoniennes : 1980-1982), Mendelssohn (1971-1972), Mozart (Symphonies 29,32,33,35, 36 et les derniĂšres 38-41 de 1975-1977), Schumann (1971, et 1987 pour la n°4) et Tchaikovski (les 6 symphonies enregistrĂ©es Ă  rebours : n°6, 5 et 4 : 1975-1976, et les 1-3 de 1979). Le grand absent demeure Mahler, ailleurs dĂ©fendu par Kubelik ou Bernstein, et avec quel engagement. Pour nous, la classe supersonique s’écoute sans usure ni ennui chez Mozart, Schumann, surtout Beethoven et Tchaikovski. Rien n’égale ici la tension, l’hĂ©donisme sonore, la perfection du dĂ©tail et la clartĂ© de l’ensemble. La 9Ăšme de Beethoven exulte, respire l’élan rĂ©volutionnaire pour une aube nouvelle, une humanitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, un monde semĂ© enfin d’espoir (enregistrement berlinois avec cĂŽtĂ© plateau vocal : Tomowa-Sintow, Baltsa, Schreier, Van Dam).

 

karajan essential colelction classic karajanPour ceux qui veulent d’abord dĂ©couvrir ou retrouver Karajan en 2 cd,Deutsche Grammophon Ă©dite enfin un best of composĂ© d’extraits, parmi les pages les plus sĂ©duisantes de la littĂ©rature symphonique et aussi lyrique :« Classic Karajan : the essential collection » soit 2h20 mn de musique remastĂ©risĂ©e pour l’occasion comprenant l’adagietto de la 5Ăšme de Mahler, le choeur de Butterfly, Ingemisco du Requiem de Verdi (avec Carreras), Jupiter des PlanĂštes de Holst, ou Smetana (un extrait de la Moldau), l’interlude symphonique de Cavalleria Rusticana de Mascagni
 entre autres. Savourez : vous ĂȘtes sur la planĂšte Karajan


CD. Karajan : intégrale des Symphonies de Beethoven (1961-1962, Deutsche Grammophon)

karajan beethoven 1962 symphonien beethoven berliner philharmoniker 4793442CD. Karajan : intĂ©grale des Symphonies de Beethoven (1961-1962). Prodigieuse intĂ©grale Beethoven de Karajan en 1962… Au moment de l’inauguration de la nouvelle Philharmonie de Berlin, ouverte officiellement en octobre 1963, le quadra Herbert von Karajan alors chef permanent du Philharmonique de Berlin depuis 1955, a achevĂ© en parallĂšle le premier cycle stĂ©rĂ©ophonique moderne de toutes les Symphonies de Beethoven. L’enregistrement s’est rĂ©alisĂ© une annĂ©e durant entre 1961 et 1962 : il Ă©tablit dĂ©finitivement l’aura du chef, son entente avec les musiciens berlinois, et reste aussi un jalon interprĂ©tatif d’ampleur sur le cƓur du rĂ©pertoire de l’Orchestre. Soucieuse de reprendre la parole sur la scĂšne internationale, Deutsche Grammophon a accompagnĂ© ce projet, vĂ©ritable manifeste esthĂ©tique du label ; la marque jaune a investi un budget exceptionnel (1,5 million de marks allemand de l’Ă©poque) comptant Ă©coulĂ© au moins 100 000 coffrets pour rentabiliser l’enregistrement : 10 ans plus tard il s’Ă©tait vendu 1 million de coffrets de cette intĂ©grale lĂ©gendaire : un pari gagnant. Karajan y dĂ©montre la fluiditĂ© Ă©tonnante des musiciens d’une virtuositĂ© dynamique stupĂ©fiante, dont l’Ă©nergie et l’engagement servent le style puissant, conquĂ©rant, rĂ©formateur d’un Beethoven jupitĂ©rien, bĂątisseur d’un monde nouveau immensĂ©ment inspirĂ© tout au long de ses 9 symphonies.

Berlin, 1962. Intégrale des Symphonies de Beethoven

Karajan orfÚvre et  démiurge

CLIC_macaron_2014Avant Karajan les pionniers beethovĂ©niens tels Weintgartner, puis dans les annĂ©es 1950 : Toscanini, Klemperer et Walter (ce dernier Ă  la fin des annĂ©es 1950 et le premier vraiment mondialement achetĂ©) ont abordĂ© le cycle en entier mais avec cette approche Ă©paisse, grandiloquente, souvent lourde. En 1961/1962,  Karajan fait figure de champion de la nouvelle gĂ©nĂ©ration : douĂ©, vif, architecte autant qu’orfĂšvre : il a la poigne et le tempĂ©rament, surtout une musicalitĂ© et un instinct superlatifs pour mener Ă  bien cette nouvelle intĂ©grale. Auparavant Karajan avait montrĂ© ses aptitudes Ă  Londres avec le Philharmonia Orchestra dans un premier cycle enregistrĂ© dix ans auparavant, entre 1951 et 1955. A Berlin, Karajan rĂ©vĂšle ses talents en cultivant d’emblĂ©e l’Ă©coute primordiale entre tous les musiciens, une approche chambriste qui dĂ©taille  la moindre alliance de timbre, relĂšve le moindre accent, cisĂšle la structure en architecte. Insufflant dans cette fresque du dĂ©tail et du raffinement instrumental, une Ă©nergie capable de souligner chaque inflexion majeure : telles ne sont pas moins les avancĂ©es du Karajan du dĂ©but des annĂ©es 1960, assurant pour lui mĂȘme, pour l’orchestre et le label chez qui il a signĂ©, un prestige et une renommĂ©e incontestable (et lĂ©gitime). Karajan soigne la transparence et la clartĂ© du plan et de la structure (regardant vers cette fameuse premiĂšre objectivitĂ© qu’il admirait tant dans les annĂ©es 1930 dans le jeu dĂ©pouillĂ© de Toscanini….). Avec ses poses d’empereur romain de l’Ăšre augustĂ©enne, ses gestes travaillĂ©s sur chaque photo, Karajan construit son image d’aprĂšs guerre. L’image du chef premier parmi ses pairs, s’Ă©difie ainsi peu Ă  peu grĂące Ă  ce jalon discographique qui aura marquĂ© l’histoire de l’enregistrement.

 

 

herbert-von-karajan_jpg_240x240_crop_upscale_q95Les 4 derniĂšres symphonies 6, 7, 8 et 9 donnent la (dĂ©)mesure captivante de la rĂ©alisation : plĂ©nitude des cordes, vitalitĂ© dĂ©taillĂ©e des vents, superbe Ă©loquence souple des bois avec un sens nouveau des Ă©quilibres entre pupitres permettant de dĂ©tailler dans la masse, enrichissant d’emblĂ©e la riche texture orchestrale… Karajan fait entendre tous les dĂ©tails de la partition sans entamer sa formidable et prodigieuse tension architecturale. Ce double sens de l’infiniment petit et du colossal, de la miniature et de la fresque, emportĂ© par une Ă©nergie incandescente, servi par une prise de son millimĂ©trĂ©e, apporte aujourd’hui des fruits  d’une saveur irrĂ©sistible. La 6Ăšme ” Pastorale” est l’expression juste et poĂ©tique d’une partition panthĂ©iste dont le prĂ©texte narratif touche Ă  l’universel et renouvelle totalement dans le seul langage de l’orchestre, un hymne Ă  la nature miraculeuse, Ă  travers ses manifestations les plus saisissantes et spectaculaires (orage, ronde paysanne…). Les 7Ăš et 8Ăšme Ă©blouissent par ce sens prodigieux qu’a Beethoven Ă  jouer du temps et de la trĂ©pidation rythmique. La 9Ăšme semble toutes les rĂ©capituler : synthĂšse et superbe portique vers la pleine modernitĂ©… l’Ă©nergie volcanique du premier mouvement de l’allegro initial auquel succĂšde le feu dansant et chorĂ©graphique du molto vivace prĂ©pare par contraste au dĂ©veloppement de l’Andante oĂč Beethoven semble suspendre la notion mĂȘme de dĂ©roulement temporel, comme une aube enivrĂ©e, prĂ©lude Ă  une Ăšre nouvelle… dans lequel l’Ă©noncĂ© expressif passe par le chant finement caractĂ©risĂ© de chaque instrument : le chef chambriste s’y dĂ©voile idĂ©alement. L’ultime mouvement Ă©claire toutes les qualitĂ©s d’une formation agissant comme un orchestre de chambre, d’une sĂ©duction inouĂŻe quand Ă  ses qualitĂ©s expressives, nuances, accents, tension continue, … le tout progressant sans Ă©paisseur vers l’expression de la transe collective au service du message fraternel et philosophique de Goethe (Ode Ă  la joie). La rĂ©alisation qu’en offre Karajan ressuscite par son ĂąpretĂ©, son mordant, sa radicalitĂ© esthĂ©tique, les rituels antiques, cĂ©rĂ©monies olympiques d’une indiscutable ferveur collective (ou plus proche de Beethoven, les cĂ©rĂ©monies rĂ©volutionnaires de la fin du XVIIIĂšme siĂšcle). Servis par l’intelligence musicale des ingĂ©nieurs de DG, le nerf fiĂ©vreux, le muscle galbĂ© de cette intĂ©grale fabuleuse continuent encore de nous captiver.

Le coffret est richement illustrĂ© et annotĂ© avec qualitĂ© (coffret Deluxe en Ă©dition limitĂ©e). En plus des 5 premiers cd, l’Ă©diteur DG offre un blu ray audio qui regroupe toutes les Symphonies de Beethoven dans une prise de son Ă©poustouflante.

 

karajan beethoven 1962 symphonien beethoven berliner philharmoniker 4793442Beethoven : 9 Symphonien – IntĂ©grale des 9 Symphonies.  Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Berlin en 1963 – RemasterisĂ© 24 bit / 96 kHz. Blu-ray Audio Bonus: 9 Symphonies + rĂ©ptitions de la 9Ăšme Symphonie. ADD GB6 – Deluxe Limited Edition
Janowitz · Rössel-Majdan – Kmentt · Berry – Wiener Singverein. Berliner Philharmoniker. Herbert von Karajan, direction.  5 CDs + 1 Blu-ray Audio  Deutsche Grammophon.  0289 479 3442 4 5 CDs + 1 Blu-ray Audio

 

 

25 ans de la mort de Karajan

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonCD. Les 25 ans de la mort du chef Herbert von Karajan (coffrets Deutsche Grammophon) : le 16 juillet 2014 marque les 25 ans de la disparition du chef d’orchestre Herbert Von Karajan, nĂ© en 1908, dĂ©cĂ©dĂ© le 16 juillet 1989. A cette occasion, Deutsche Grammophon lui rend hommage Ă  travers une sĂ©rie de coffrets commĂ©moratifs offrant une sĂ©lection de ses enregistrements majeurs pour le label jaune, dont un remarquable coffret grand format (rappelant l’essor des disques vinyles) dĂ©diĂ© aux archives Richard Strauss, un compositeur lui-mĂȘme fĂȘtĂ© en 2014 (150 ans de la naissance de Richard Strauss) et pour lequel Karajan a manifestĂ© un intĂ©rĂȘt continu comme chef symphonique et lyrique : le superbe coffret Richard Strauss (12 cd) regroupe ainsi poĂšmes symphoniques, symphonies (Don Juan, Don Quichotte, Ainsi Parla Zarathoustra, Une vie de hĂ©ros, Une Symphonie Alpestre, les Concertos pour hautbois et pour cor
) et l’opĂ©ra Le Chevalier Ă  la rose dans le live de 1960 enregistrĂ© au festival de Salzbourg (avec l’équipe de l’OpĂ©ra de Vienne : un must absolu par la vie, l’intensitĂ©, la fougue orchestrale et la cohĂ©rence du plateau vocal).  Le coffret de 12 cd intitulĂ© « Karajan Strauss » permet de mesurer l’esthĂ©tique et le son Karajan dĂ©sormais donnĂ©es historiques dans l’histoire de l’enregistrement, au cours des annĂ©es 1960, 1970 et 1980 (Une Symphonie Alpestre) ; c’est aussi l’occasion de comparer plusieurs versions d’une mĂȘme oeuvre (Don Juan), avec les orchestres « rivaux » sous sa baguette et non des moindres : Philharmoniques de Vienne et de Berlin, Royal Concertgebouw orchestra
 RĂ©Ă©dition Ă©vĂ©nement. Lire notre dossier spĂ©cial 25 ans de la mort de Herbert von Karajan

Lire aussi notre portrait de Herbert von Karajan (centenaire 2008)

Soirée Karajan sur Arte

arte_logo_2013Karajan200Arte. SoirĂ©e spĂ©ciale Karajan : 25 ans de la mort. Le 13 juillet 2014,17h40. Le 16 juillet 1989, soit il y a 25 ans disparaissait le chef le plus mĂ©diatisĂ© du XXĂšme siĂšcle, rĂ©gnant sur l’OpĂ©ra de Vienne, puis Ă  Salzbourg et sur la Philharmonie de Berlin. Chef lyrique et symphonique de premier plan, malgrĂ© un passĂ© Ă  l’époque nazie plutĂŽt trouble, Karajan doit sa prĂ©sence parmi nous 25 ans aprĂšs sa mort, grĂące Ă  un hĂ©ritage audio et vidĂ©o d’une richesse inĂ©galĂ©e : plus de 500 enregistrements Ă©ditĂ©s par Deutsche Grammophon, prestigieux label jeune dont il reste l’artiste le plus emblĂ©matique et le plus achetĂ©. L’homme en dĂ©pit de ses facettes « spectaculaires » et glamour (pilote de voitures de sport, d’avion, Ă©poux en 3Ăš noce, d’un mannequin rencontrĂ© Ă  Saint-Tropez 
) reste Ă©nigmatique ; explicitement et indiscutablement sensible et raffinĂ©, exigeant et perfectionniste jusqu’à la maniaquerie et l’obsession : Karajan reste surtout un chef hantĂ© par la perception du dĂ©tail comme de l’architecture globale des oeuvres abordĂ©es, infĂ©odant les technologies de pointe de l’enregistrement Ă  ses conceptions personnelles.

Un chef hantĂ© par le dĂ©tail et l’image


Arte a bien raison d’offrir une soirĂ©e entiĂšre Ă  l’artiste doublĂ© d’un esthĂšte pointilleux aux accomplissements et rĂ©alisations irrĂ©sistibles.
La soirĂ©e Arte dĂ©bute par le documentaire « L’autre Karajan » d’Eric Schulz, vĂ©ritable miroir d’un mucine devenu son propre ingĂ©nieur du son, habitĂ© par l’idĂ©e du son parfait.‹Ensuite, place au concert filmĂ© : Symphonie n°5 de Beethoven par Henri-Georges Clouzot oĂč le rĂ©alisateur en accord avec le maestro dĂ©miurge rĂ©invente un langage visuel inĂ©dit pour exprimer la dramaturgie de la musique symphonique.
Ensuite, dernier documentaire : Karajan, le culte de l’image, film qui souligne combien le chef Ă©tait soucieux de sa propre image comme celle des enregistrements qu’il rĂ©alisait.
25 ans aprĂšs sa disparition, ses lectures convainquent toujours autant. Deutsche Grammophon entre autre vient d’éditer un superbe coffret grand format (format vinyle) intitulĂ© « KARAJAN STRAUSS » regroupant les enregistrements que le « petit K » comme l’appelait non sans ironie dĂ©prĂ©ciative FurtwĂ€ngler (le maĂźtre pour tous), a dĂ©diĂ© au compositeur bavarois (le coffret « Karajan Strauss » est clic de classiquenews de l’étĂ© 2014).

 

 

arte_logo_2013Arte. Soirée spéciale Karajan : 25 ans de la mort. Le 13 juillet 2014,17h40.

 

 

Lire aussi notre portrait spécial Herbert Von Karajan

 

 

herbert-von-karajan_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95

 

 

 

Discographie Karajan 2014. Simultanément aux diffusions Arte dans le cadre de sa soirée spéciale du 13 juillet 2014, Deutsche Grammophon a édité 3 titres événements, soulignant tel aspect de la direction et du travail musical et esthétique du chef autrichien.

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonCLIC D'OR macaron 200C’est d’abord un somptueux coffret de 11 cd en grand format dĂ©diĂ© Ă  Richard Strauss (Ă  l’occasion aussi du 150 Ăšme anniversaire du compositeur bavarois). Lire ici notre critique complĂšte du coffret KARAJAN STRAUSS (comprenant entre autres les poĂšmes symphoniques essentiels : Don Juan, Don Quixote, Till l’espiĂšgle
, Une Symphonie alpestre, Ainsi Parla Zarathoustra, Une vie de hĂ©ros, et l’intĂ©grale du Chevalier Ă  la rose live salzbourgeois de 1960, le tout en cd habituel et aussi sur un audio blu ray de grande qualitĂ© : nĂ©cessaire pour mesurer le soin sonore et artistique de chaque enregistrement).

karajan_symphony_edition deutsche grammophon coffret cd2 autres coffrets complĂštent la sĂ©rie de rĂ©Ă©ditions commĂ©moratives. Une boĂźte miraculeuse intitulĂ©e «  Symphony Ă©dition », cycle des intĂ©grales de 8 compositeurs (38 cd), piliers du rĂ©pertoire karajanesque, dĂ©fendu alors qu’il Ă©tait directeur musical du Berliner Philharmoniker. Beethoven (enregistrements de 1975-1977), Brahms (1977-1978), Bruckner (1975-1980), Haydn (Symphonies Parisiennes et Londoniennes : 1980-1982), Mendelssohn (1971-1972), Mozart (Symphonies 29,32,33,35, 36 et les derniĂšres 38-41 de 1975-1977), Schumann (1971, et 1987 pour la n°4) et Tchaikovski (les 6 symphonies enregistrĂ©es Ă  rebours : n°6, 5 et 4 : 1975-1976, et les 1-3 de 1979). Le grand absent demeure Mahler, ailleurs dĂ©fendu par Kubelik ou Bernstein, et avec quel engagement. Pour nous, la classe supersonique s’écoute sans usure ni ennui chez Mozart, Schumann, surtout Beethoven et Tchaikovski. Rien n’égale ici la tension, l’hĂ©donisme sonore, la perfection du dĂ©tail et la clartĂ© de l’ensemble. La 9Ăšme de Beethoven exulte, respire l’élan rĂ©volutionnaire pour une aube nouvelle, une humanitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, un monde semĂ© enfin d’espoir (enregistrement berlinois avec cĂŽtĂ© plateau vocal : Tomowa-Sintow, Baltsa, Schreier, Van Dam).

karajan essential colelction classic karajanPour ceux qui veulent d’abord dĂ©couvrir ou retrouver Karajan en 2 cd, Deutsche Grammophon Ă©dite enfin un best of composĂ© d’extraits, parmi les pages les plus sĂ©duisantes de la littĂ©rature symphonique et aussi lyrique : « Classic Karajan : the essential collection » soit 2h20 mn de musique remastĂ©risĂ©e pour l’occasion comprenant l’adagietto de la 5Ăšme de Mahler, le choeur de Butterfly, Ingemisco du Requiem de Verdi (avec Carreras), Jupiter des PlanĂštes de Holst, ou Smetana (un extrait de la Moldau), l’interlude symphonique de Cavalleria Rusticana de Mascagni
 entre autres. Savourez : vous ĂȘtes sur la planĂšte Karajan…

CD. Coffret KARAJAN STRAUSS (11 cd Deutsche Grammophon)

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonPour les 25 ans de la mort de Karajan, Deutsche Grammophon Ă©dite un superbe coffret, grand format et rĂ©unit, anniversaire Strauss 2014 oblige, le legs symphonique straussien de Karajan. Y figurent les poĂšmes symphoniques favoris du chef autrichien dont Ainsi Parla Zarathoustra, Don Juan et Don Quichotte, sans omettre, Une Symphonie alpestre et Une vie de hĂ©ros. GĂ©nĂ©reux, le coffret ajoute la cĂ©lĂšbre version de 1960 du Chevalier Ă  la rose pour le festival de Salzbourg (on aurait prĂ©fĂ©rĂ© l’une de ses lectures de La femme sans ombre, joyau flamboyant d’essence orchestrale… mais ne boudons pas notre plaisir avec, en “bonus” trĂšs apprĂ©ciable, l’ensemble des Ɠuvres rĂ©unies, rassemblĂ©es sur une 12Ăšme galette :un blu-ray audio qui rappelle que le son Karajan, c’est aussi un dĂ©fi technologique.

Elektra par cƓur… A l’aube de la 2Ăšme guerre mondiale, en juin 1939, le Staatsoper de Berlin fĂȘte les presque 75 ans de Strauss et produit une nouvelle Elektra : l’intendant du thĂ©Ăątre Heinz Tietjen a choisi le jeune Herbert von Karajan (31 ans). Petit, suractif, Ă©duquĂ© et dĂ©jĂ  d’une prodigieuse intelligence sans compter son Ă©tonnante sensibilitĂ© musicale : flamboyante, dĂ©taillĂ©e, dramatique. IrrĂ©sistible. A cela, s’ajoute des facultĂ©s inouĂŻes qui stupĂ©fient Strauss lui-mĂȘme : Karajan dirige alors Elektra sans partition ! De mĂ©moire. Prodigieuse capacitĂ© qui aurait menĂ© tout chef Ă  la catastrophe tant les difficultĂ©s de l’ouvrage sont multiples et permanentes.
Strauss invite immĂ©diatement le jeune prodige pour le rencontrer et le connaĂźtre. Le lien entre Karajan et Strauss est donc avĂ©rĂ© et s’appuie sur l’estime sincĂšre du compositeur au maestro. Il est donc opportun d’Ă©diter en un coffret superbe sur le plan Ă©ditorial et en sĂ©rie limitĂ©e, la vision de Karajan sur Strauss : commĂ©moration croisĂ©e qui souligne les 25 ans de la mort du chef d’orchestre et donc les 150 ans de la naissance de son compositeur d’Ă©lection.

CLICK_classiquenews_dec13Le coffret Deutsche Grammophone en 11 cd  (et un 12Ăš bonus blu-ray audio) rĂ©capitule ainsi un corpus musical et esthĂ©tique sans Ă©quivalent qui est aussi une odyssĂ©e discographique : le legs Strauss par Karajan est une somme majeure qui affirme la remarquable sensibilitĂ© du chef mais aussi cet esthĂ©tisme superlatif qui rĂ©ussit Ă  concilier dĂ©tail et structure, micro scintillements et lisibilitĂ© de l’architecture, le tout rĂ©conciliĂ© / rĂ©alisĂ© en un flux orchestral souverainement organique. C’est peu dire que ses lectures d’Une Symphonie alpestre (alliant le lyrisme Ă©chevelĂ© et le colossal, le raffinement du dĂ©tail et les mouvements flexibles du drame sous jacent), d’Ainsi parla Zarathoustra, de Don Juan ou de Don Quichotte (auxquels “K” rĂ©tablit la profondeur humaine, la sincĂ©ritĂ© de l’intention Ă  sa source) restent inĂ©galĂ©es.
Mais le chef passionnĂ© de technologies (appliquĂ©es au son et aussi Ă  l’image) a au moment oĂč il enregistre ses versions straussiennes, façonnĂ© de la mĂȘme maniĂšre une esthĂ©tique du son en studio marquĂ©e essentiellement par une sophistication spectaculaire de la restitution du micro dĂ©tail comme de la structure globale de l’Ă©difice orchestral.
Tout est jouĂ© et tout est rĂ©inscrit dans l’Ă©quilibre gĂ©nĂ©ral pour que s’exprime la vitalitĂ© premiĂšre du flux musical. Aussi noble que Krauss mais plus humain et profond que lui, Karajan restituant au sentiment de grandeur, l’humanitĂ© souterraine et le souffle mĂȘme de la poĂ©sie, s’est d’emblĂ©e imposĂ© comme un straussien de premier plan. C’est ce qui frappe aux oreilles immĂ©diatement : le coffret des 25 ans de sa mort nous rappelle et l’hypersensibilitĂ© du chef, et sa vision experte de la prise de son. Une Symphonie Alpestre Ă©blouit par sa spatialitĂ© et son sens du jaillissement comme de la continuitĂ© organique (il reste dommage que l’autre grande oeuvre aussi colossal que raffinĂ©e : La Femme sans ombre n’ait pas Ă©tĂ© enregistrĂ©e elle aussi en studio par le mĂȘme Karajan Ă©pris de beau son).

Karajan200DĂšs 21 ans, en 1929, Karajan dirigeait Don Juan (Mozarteum) et SalomĂ© (Festspielhaus) de Salzbourg. A Ulm oĂč il Ă©tait kapellmeister de l’OpĂ©ra (1929-1934), le jeune maestro straussien dans l’Ăąme assura crĂąnement en novembre 1933 une nouvelle production du Chevalier Ă  la rose, puis d’Arabella (alors quasiment inconnu, crĂ©Ă© en juillet) ; Ă  Aix la Chapelle (dĂšs avril 1935), Karajan enchaĂźne la mĂȘme annĂ©e Le Chevalier puis La Femme sans ombre, l’une des partitions lyriques les plus orchestrales, nĂ©cessitant lĂ  aussi raffinement et flamboiement.
Les premiers enregistrements ici rĂ©unis remontent Ă  1943 (avec le Concertgebouw pour Don Juan ; repris ensuite avec le Wiener Philharmoniker en 1960, l’annĂ©e du Chevalier Ă  la rose Ă  Salzbourg) jusqu’Ă  Une Symphonie Alpestre (Eine Alpensinfonie, gravĂ©e en 1980 par le chef sexagĂ©naire en une pensĂ©e dĂ©miurgique lĂ  encore stupĂ©fiante : une expĂ©rience auditive que la technologie requise Ă©lectrise : dans cet enregistrement le son Karajan s’y dĂ©ploie dans toute sa perfection avec une intelligence et une finesse soucieuse des Ă©tagements et de la lisibilitĂ© globale).

lisa-della-casa-strauss-rosenkavalierLa version intĂ©grale du Chevalier Ă  la rose est l’autre argument phare de ce coffret anniversaire. En juillet 1960, Karajan avec la troupe de l’OpĂ©ra de Vienne (dont il est directeur depuis 1957) et avec le concours du Wiener Philharmoniker, offre au festival de Salzbourg (et pour l’inauguration de son festspielhaus flambant neuf) l’un de ses Chevaliers Ă  la rose magique, devenu Ă  juste titre lĂ©gendaire : l’orchestre regorge de saine vitalitĂ©, de dĂ©tails flamboyants doublĂ© d’une Ă©nergie thĂ©Ăątrale irrĂ©sistible (cuivres dĂ©lirants et gĂ©nĂ©reux)… pas d’Elisabeth Schwarzkopf (sollicitĂ©e pour son Chevalier londonien et en studio de 1956) mais le soprano moins minaudant, nasillard et sophistiquĂ© de Lisa della Casa qui incarne une MarĂ©chale (Feldmarschallin) tout Ă  tour, princiĂšre et amoureuse, puis sage, prĂȘte Ă  renoncer Ă  la vie, Ă  l’amour, au dĂ©sir laissant son Quinquin (l’Octavian de Sena Jurinac qui distille ici un parfum de Cherubin) dans les bras de la jeune Sophie (Hilde GĂŒden). Avant la MarĂ©chale, Lisa della Casa avait chantĂ© aussi bien que ses Mozart, Madeleine de Capriccio (1950), Arianne (1954), Arabella (1958). A Salzbourg en 1960, la soprano suisse richard_strauss_der_rosenkavalier_karajan_della_casa_jurinac_le_chevalier_a_la_roserayonne par sa vĂ©ritĂ© et sa profondeur. Le trio final est d’une finesse de ton, d’une noblesse mĂȘlant nostalgie et sincĂ©ritĂ© : du trĂšs grand Karajan (52 ans). On reste moins convaincu par le Baron Ochs, assez caricatural et finalement pataud d’Otto Edelmann qui cependant, dommage pour son jeu monolithique, a un vrai sens du texte… aprĂšs tout, Hofmannsthal le librettiste de Strauss avait imaginĂ© un aristocrate trentenaire comme sa cousine, plus fin et racĂ© que cet hobereau provincial mal dĂ©grossi. Heureusement la musique que sait distiller Karajan, en chef soucieux d’exactitude, de drame, prĂ©cis au delĂ  du mot, fiĂšvreux, subtil et pĂ©tillant, rĂ©affirme la suprĂȘme Ă©lĂ©gance du sujet, sa sensualitĂ© filigranĂ©e, la quintessence de l’esprit viennois et autrichien impĂ©rial, tel que crĂ©Ă© en 1911 Ă  Dresde oĂč toute l’Europe s’Ă©tait pressĂ©e pour entendre le chef d’oeuvre de Strauss. Une version de rĂ©fĂ©rence qui a toute sa place ici, mĂȘme si comme nous l’avons signalĂ©, nous aurions tant apprĂ©ciĂ© de redĂ©couvrir La Femme sans ombre de Karajan, de surcroĂźt dans un accompagnement Ă©ditorial aussi soignĂ© (livret intĂ©gral Ă©ditĂ© avec de superbes photographies de 1960).

Le coffret permet aussi de rĂ©tablir l’histoire d’amour et de tension entre Karajan et les musiciens du Berliner Philharmoniker, idem avec ceux du Philharmonique de Vienne : deux phalanges que le chef, aussi tyranique et exigeant fut-il, a hissĂ© Ă  leur meilleur, affirmant Ă  l’Ă©chelle planĂ©taire leur prestige toujours bien vivace.
Coffret événement. CLIC de classiquenews.com

Contenu du coffret KARAJAN STRAUSS : Une vie de hĂ©ros, Don Quixote, Concertos pour hautbois et pour cor, Till Eulenspiegel, danse des voiles de SalomĂ©, Mort et transfiguration, Ainsi parla Zarathoustra, MĂ©tamorphoses, Une symphonie alpestre, Le Chevalier Ă  la rose (intĂ©grale, version live Salzbourg 1960), Don Juan. Quatre dernier lieder (Gundula Janowtiz, soprano). Berliner Philharmoniker, Wiener Philharmoniker, Royal Concertgebouw Orchestra (Don Juan)… 11 cd + 1 blu-ray audio. Edition Deluxe 0289 479 2686 312 Deutsche Grammophon.

karajan vieux 1980 582 380 homepage

 

 

 

Portrait d’Herbert Von Karajan

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonPortrait du chef autrichien Herbert von Karajan, Ă©ditĂ© sur classiquenews Ă  l’occasion de son centenaire en 2008. Le 5 avril 2008 marque le centenaire de la naissance du chef d’orchestre le plus mĂ©diatisĂ© du XXĂšme siĂšcle. Voici donc, un nouveau centenaire Ă  fĂȘter, dans la riche actualitĂ© commĂ©morative de 2008, qui compte aussi le centenaire Olivier Messiaen, et les 150 ans de la naissance de Giacomo Puccini. Karajan qui fut toujours pour Wilhelm FurtwĂ€ngler (autrement plus gĂ©nĂ©reux et humaniste, mais dont le dĂ©faut fut de paraĂźtre trop tĂŽt sur la scĂšne, avant l’essor du disque, vinyle et compact), le “petit k”
 est le sujet d’innombrables cĂ©lĂ©brations et rĂ©Ă©ditions (au cd comme au dvd). Est-il juste dans la perspective de l’histoire d’aduler voire d’idĂŽlatrer ainsi HVK? A torts ou Ă  raisons (pour reprendre le titre de la piĂšce de Ronald Harwood, au sujet du procĂšs en dĂ©nazification de FurtwĂ€ngler). N’en dĂ©plaise Ă  ses dĂ©tracteurs et critiques dont il faut bien l’avouer nous faisons partie, Karajan est un nom qui a inscrit chacune de ses lettres dans l’imaginaire collectif. L’homme reste une lĂ©gende de la baguette, tyrannique mais d’une exigence absolue, boulimique de l’enregistrement, mais pointu et d’un idĂ©al affĂ»tĂ© jusqu’à l’extrĂȘme. Le profil prĂ©sente ses parts d’ombres, de tĂąches
 indĂ©libiles (il adhĂ©ra de son plein grĂ© au parti nazi, comme Elisabeth Schwarzkopf, jouant par opportunisme Fidelio pour l’anniversaire du FĂŒhrer), ses doutes et ses incertitudes en particulier, vis-Ă -vis de FurtwĂ€ngler, un maĂźtre indĂ©passable. Il y a chez lui la conscience du gĂ©nie et forcĂ©ment la dĂ©mesure narcissique parfois, souvent, insupportable. LIRE notre portrait complet d’Herbert von Karajan

CD. Les 25 ans de la mort de Karajan (Deutsche Grammophon)

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonCD. Les 25 ans de la mort du chef Herbert von Karajan (coffrets Deutsche Grammophon) : le 16 juillet 2014 marque les 25 ans de la disparition du chef d’orchestre Herbert Von Karajan, nĂ© en 1908, dĂ©cĂ©dĂ© le 16 juillet 1989. A cette occasion, Deutsche Grammophon lui rend hommage Ă  travers une sĂ©rie de coffrets commĂ©moratifs offrant une sĂ©lection de ses enregistrements majeurs pour le label jaune, dont un remarquable coffret grand format (rappelant l’essor des disques vinyles) dĂ©diĂ© aux archives Richard Strauss, un compositeur lui-mĂȘme fĂȘtĂ© en 2014 (150 ans de la naissance de Richard Strauss) et pour lequel Karajan a manifestĂ© un intĂ©rĂȘt continu comme chef symphonique et lyrique : le superbe coffret Richard Strauss (12 cd) regroupe ainsi poĂšmes symphoniques, symphonies (Don Juan, Don Quichotte, Ainsi Parla Zarathoustra, Une vie de hĂ©ros, Une Symphonie Alpestre, les Concertos pour hautbois et pour cor
) et l’opĂ©ra Le Chevalier Ă  la rose dans le live de 1960 enregistrĂ© au festival de Salzbourg (avec l’équipe de l’OpĂ©ra de Vienne : un must absolu par la vie, l’intensitĂ©, la fougue orchestrale et la cohĂ©rence du plateau vocal).  Le coffret de 12 cd intitulĂ© « Karajan Strauss » permet de mesurer l’esthĂ©tique et le son Karajan dĂ©sormais donnĂ©es historiques dans l’histoire de l’enregistrement, au cours des annĂ©es 1960, 1970 et 1980 (Une Symphonie Alpestre) ; c’est aussi l’occasion de comparer plusieurs versions d’une mĂȘme oeuvre (Don Juan), avec les orchestres « rivaux » sous sa baguette et non des moindres : Philharmoniques de Vienne et de Berlin, Royal Concertgebouw orchestra
 RĂ©Ă©dition Ă©vĂ©nement. Prochaine grande critique Ă  venir dans le mag cd de classiquenews.com.

Lire aussi notre portrait de Herbert von Karajan (centenaire 2008)