Les Vacances de Monsieur HAYDN Ă  La Roche-Posay : 19 – 22 sept 2019

vent_les-vacances-de-monsieur-haydn_297_909488Les Vacances de Monsieur HAYDN : 19 – 22 sept 2019. Chaque automne Ă  la Roche Posay, la musique de chambre est Ă  l’honneur. C’est un Ă©vĂ©nement qui met l’accent sur l’accessibilitĂ© de la musique, destinĂ©e Ă  sĂ©duire le plus grand nombre d’auditeurs, de tous Ăąges, quelque soit sa culture musicale (pour certains concerts, c’est le spectateur qui fixe le prix selon ses possibilitĂ©s : concerts « COMVOULVOUL »).
Des mots mĂȘmes de JĂ©rĂŽme Pernoo, directeur artistique, la dĂ©jĂ  15Ăš Ă©dition des Vacances de Mr Haydn Ă  La Roche Posay outre le plaisir d’un moment musical « inĂ©dit, informel, convivial, inventif », sait aussi ĂȘtre trĂšs Ă©quilibrĂ©e dĂ©fendant sur un plan d’égalitĂ© partitions du rĂ©pertoire (Haydn Ă©videmment, Beethoven, Mozart, Schubert, Brahms) et Ă©critures contemporaines.

 

 

La musique de chambre se démocratise

OUVERTURE, CRÉATION et THRILLER à la Roche Posay

 

 

vignette-festival-2019-vacances-monsieur-haydn-jerome-pernoo-festival-2019-classiquenews-BANNER----copieLa programmation de cette annĂ©e est celle d’un « savant dosage de grands classiques et de dĂ©couvertes » qui suit aussi « un fil rouge Ă©nigmatique ». Le festival offre ainsi Ă  chaque festivalier l’occasion de rĂ©soudre sur chaque lieu de concert, une Ă©nigme policiĂšre.
DĂšs le concert d’ouverture, quand sera jouĂ© le Quatuor opus 77 n°1 de Haydn (partition d’ailleurs jouĂ©e pour le festival 2005), un meurtre sera commis. Le soir, la programmation verra plus grand, signe d’un dĂ©veloppement nouveau puisque l’orchestre du Festival, qui comprend plusieurs instrumentistes du Festival OFF, jouera le Triple Concerto de Beethoven et le double Concerto de Ducros. Au sein d’une colonie de compositeurs « trĂšs suspects » : Lucas Debargue, JĂ©rĂŽme Ducros, Jean-Baptiste Doulcet, StĂ©phane Delplace ou Tomer Kviatek, qui « aurait plus d’intĂ©rĂȘt Ă  supprimer un collĂšgue ? ». A vous de le dĂ©couvrir

En un week end de 4 jours, atypiques, surprenants, les Vacances de Mr Haydn tout en renouvelant l’expĂ©rience du concert savent stimuler l’attention des spectateurs, et toucher un public de plus en plus large
 JĂ©rĂŽme Pernoo offre aussi Ă  de jeunes musiciens de vivre les dĂ©fis des concerts publics, une opportunitĂ© qui favorise la professionalisation des jeunes musiciens

Le Festival investit toute le cƓur de ville, en particulier 3 lieux dĂ©sormais emblĂ©matiques : le gymnase, le cinĂ©ma et l’église.
SoirĂ©e de lancement, le 19 septembre 2019. Au total : 8 concerts (Festival IN), 60 concerts gratuits de 20 mn (Festival OFF), 13 musiciens professionnels renommĂ©s (dont bien sĂ»r JĂ©rĂŽme Pernoo au violoncelle, le pianiste NathanaĂ«l Gouin, la violoniste Eva Zavaro, ou les instrumentistes du Quatuor Mona
), 60 jeunes instrumentistes « professionnels, Ă©tudiants ou amateurs de haut niveau ». Sans omettre les 5 compositeurs contemporains prĂ©cĂ©demment citĂ©s dont Lucas Debargue et JĂ©rĂŽme Ducros qui interviennent aussi comme pianistes. A La Roche Posay, l’esprit de Haydn se dĂ©ploie naturellement : le Festival crĂ©Ă© par JĂ©rĂŽme Pernoo perpĂ©tue la libertĂ© inventive et le sens de l’écoute et du partage
 la musique de chambre y a trouvĂ© son foyer et sa rĂ©sidence.

L’orchestre de Mr HAYDN avec Appassionato

PremiĂšre en 2019 : la Haydn AcadĂ©mie, encadrĂ©e par l’orchestre Appasionato, sous la direction de Mathieu Herzog, donne naissance Ă  un orchestre symphonique composĂ© de 60 jeunes musiciens venus du monde entier. Cet orchestre du festival interprĂšte ainsi le vendredi 20 septembre au soir, un concert unique. Au programme : l’Ouverture de L’Incontro improviso de  Joseph Haydn, le Triple Concerto en do majeur, Opus 56 de Ludwig Van Beethoven  et le Double Concerto pour piano, violoncelle et orchestre de JĂ©rĂŽme Ducros. Plus que prĂ©cĂ©demment la musique chambriste et ici orchestrale est un plaisir qui se partage


 

vacances monsieur haydn roche posay festival classiquenews annonce concerts critiques classiquenews

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

ENTRETIEN 2019… LIRE aussi notre entretien avec JĂ©rĂŽme PERNOO, directeur artistique et fondateur explique ce que sont les nouveaux dĂ©fis de cette Ă©dition 2019.
vent_les-vacances-de-monsieur-haydn_297_909488Fonctionnement, nouveaux enjeux, diversitĂ© de l’offre de la nouvelle Ă©dition du Festival Les Vacances de Monsieur Haydn Ă  La Roche Posay, les 19, 20, 21, 22 septembre 2019. En 4 jours d’un marathon singulier ouvert Ă  tous, La Roche Posay se met au diapason du chambrisme le plus engagé  concerts, acadĂ©mie, rĂ©pertoire classique et Ă©critures contemporaines, le Festival s’adresse Ă  tous les goĂ»ts, tout en permettant un parcours de professionnalisation pour les jeunes instrumentistes invitĂ©s dans le territoire
 JĂ©rĂŽme PERNOO, directeur artistique et fondateur explique ce que sont les nouveaux dĂ©fis de cette Ă©dition 2019.

________________________________________________________________________________________________

 

 

 

 

 

 

Les Vacances de Mr HAYDN 2019
15Ăšme Ă©dition : 19, 20, 21, 22 sept 2019
TEMPS FORTS des 4 jours

________________________________________________________________________________________________

 

 

JEUDI 19 SEPTEMBRE 2019

19h Place du village / kiosque
Soirée du OFF
Sur la place du “village de Monsieur HAYDN”.
Présentation des différents groupes du OFF

________________________________________________________________________________________________

 

 

VENDREDI 20 SEPTEMBRE 2019

19h Cinéma
Concert d’ouverture

Joseph Haydn (1732-1809)
Quatuor à cordes op. 77 n°1
Quatuor Mona

Tomer Kviatek (2001)
Trio avec piano
Ryo Kojima, Jean-Baptiste MaiziÚres, Nathanaël Gouin

 

 

21h Gymnase‹ : Concert avec orchestre

Joseph Haydn (1732-1809)
Ouverture de L’Incontro improviso

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Triple concerto en do majeur op. 56
Eva Zavaro, Caroline Sypniewski, Lucas Debargue, Orchestre de la Monsieur Haydn Academy, encadrĂ© par l’Ensemble Appasionnato, direction JĂ©rĂŽme Pernoo

JĂ©rĂŽme Ducros (1974)
Double Concerto pour piano, violoncelle et orchestre
JĂ©rĂŽme Pernoo, JĂ©rĂŽme Ducros, Orchestre de la Monsieur Haydn Academy, encadrĂ© par l’Ensemble Appasionnato, direction Mathieu Herzog

________________________________________________________________________________________________

 

 

SAMEDI 21 SEPTEMBRE 2019

21h Gymnase

Johannes Haydn (1732-1809)
Fantaisie en fa mineur pour piano
Nathanaël Gouin

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Trio “Les Quilles” pour clarinette, alto et piano
François Tissot, Arianna Smith, Nathanaël Gouin

Lucas Debargue (1990)
Quatuor symphonique pour violon, alto, violoncelle et piano
Eva Zavaro, Arianna Smith, JĂ©rĂŽme Pernoo, Lucas Debargue

________________________________________________________________________________________________

 

 

DIMANCHE 22 SEPTEMBRE

14h30 Cinéma
(ComVoulVoul)

Stéphane Delplace (1953)
Sonate pour violoncelle et piano
JĂ©rĂŽme Pernoo, JĂ©rĂŽme Ducros

Johannes Brahms (1833-1897)
Trio pour violon, cor et piano
Eva Zavaro, Nathanaël Gouin

 

 

18h30 Gymnase

Domenico Scarlatti (1685-1757)
Sonate pour piano K 208 & K 24
Lucas Debargue

JĂ©rĂŽme Ducros (1974)
Trio avec piano
Ryo Kojima, JĂ©rĂŽme Pernoo, JĂ©rĂŽme Ducros

Franz Schubert (1787-1828)
Octuor D803 pour clarinette, basson, cor, deux violons, alto, violoncelle et contrebasse
François Tissot, Lomic Lamouroux, Quatuor Mona, Jean-Edouard Carlier

________________________________________________________________________________________________

 

 

 

INFORMATIONS & RESERVATIONS
RESERVEZ ici :
https://www.lesvacancesdemonsieurhaydn.com/programme

________________________________________________________________________________________________

 

 

vent_les-vacances-de-monsieur-haydn_297_909488

 

 

vacances monsieur haydn jerome pernoo festival 2019 classiquenews BANNER

 

 

 

 

 

 

LA ROCHE POSAY. Les Vacances de Monsieur HAYDN : 19 – 22 sept 2019

vent_les-vacances-de-monsieur-haydn_297_909488Les Vacances de Monsieur HAYDN : 19 – 22 sept 2019. Chaque automne Ă  la Roche Posay, la musique de chambre est Ă  l’honneur. C’est un Ă©vĂ©nement qui met l’accent sur l’accessibilitĂ© de la musique, destinĂ©e Ă  sĂ©duire le plus grand nombre d’auditeurs, de tous Ăąges, quelque soit sa culture musicale (pour certains concerts, c’est le spectateur qui fixe le prix selon ses possibilitĂ©s : concerts « COMVOULVOUL »).
Des mots mĂȘmes de JĂ©rĂŽme Pernoo, directeur artistique, la dĂ©jĂ  15Ăš Ă©dition des Vacances de Mr Haydn Ă  La Roche Posay outre le plaisir d’un moment musical « inĂ©dit, informel, convivial, inventif », sait aussi ĂȘtre trĂšs Ă©quilibrĂ©e dĂ©fendant sur un plan d’égalitĂ© partitions du rĂ©pertoire (Haydn Ă©videmment, Beethoven, Mozart, Schubert, Brahms) et Ă©critures contemporaines.

 

 

La musique de chambre se démocratise

OUVERTURE, CRÉATION et THRILLER à la Roche Posay

 

 

vignette-festival-2019-vacances-monsieur-haydn-jerome-pernoo-festival-2019-classiquenews-BANNER----copieLa programmation de cette annĂ©e est celle d’un « savant dosage de grands classiques et de dĂ©couvertes » qui suit aussi « un fil rouge Ă©nigmatique ». Le festival offre ainsi Ă  chaque festivalier l’occasion de rĂ©soudre sur chaque lieu de concert, une Ă©nigme policiĂšre.
DĂšs le concert d’ouverture, quand sera jouĂ© le Quatuor opus 77 n°1 de Haydn (partition d’ailleurs jouĂ©e pour le festival 2005), un meurtre sera commis. Le soir, la programmation verra plus grand, signe d’un dĂ©veloppement nouveau puisque l’orchestre du Festival, qui comprend plusieurs instrumentistes du Festival OFF, jouera le Triple Concerto de Beethoven et le double Concerto de Ducros. Au sein d’une colonie de compositeurs « trĂšs suspects » : Lucas Debargue, JĂ©rĂŽme Ducros, Jean-Baptiste Doulcet, StĂ©phane Delplace ou Tomer Kviatek, qui « aurait plus d’intĂ©rĂȘt Ă  supprimer un collĂšgue ? ». A vous de le dĂ©couvrir

En un week end de 4 jours, atypiques, surprenants, les Vacances de Mr Haydn tout en renouvelant l’expĂ©rience du concert savent stimuler l’attention des spectateurs, et toucher un public de plus en plus large
 JĂ©rĂŽme Pernoo offre aussi Ă  de jeunes musiciens de vivre les dĂ©fis des concerts publics, une opportunitĂ© qui favorise la professionalisation des jeunes musiciens

Le Festival investit toute le cƓur de ville, en particulier 3 lieux dĂ©sormais emblĂ©matiques : le gymnase, le cinĂ©ma et l’église.
SoirĂ©e de lancement, le 19 septembre 2019. Au total : 8 concerts (Festival IN), 60 concerts gratuits de 20 mn (Festival OFF), 13 musiciens professionnels renommĂ©s (dont bien sĂ»r JĂ©rĂŽme Pernoo au violoncelle, le pianiste NathanaĂ«l Gouin, la violoniste Eva Zavaro, ou les instrumentistes du Quatuor Mona
), 60 jeunes instrumentistes « professionnels, Ă©tudiants ou amateurs de haut niveau ». Sans omettre les 5 compositeurs contemporains prĂ©cĂ©demment citĂ©s dont Lucas Debargue et JĂ©rĂŽme Ducros qui interviennent aussi comme pianistes. A La Roche Posay, l’esprit de Haydn se dĂ©ploie naturellement : le Festival crĂ©Ă© par JĂ©rĂŽme Pernoo perpĂ©tue la libertĂ© inventive et le sens de l’écoute et du partage
 la musique de chambre y a trouvĂ© son foyer et sa rĂ©sidence.

L’orchestre de Mr HAYDN avec Appassionato

PremiĂšre en 2019 : la Haydn AcadĂ©mie, encadrĂ©e par l’orchestre Appasionato, sous la direction de Mathieu Herzog, donne naissance Ă  un orchestre symphonique composĂ© de 60 jeunes musiciens venus du monde entier. Cet orchestre du festival interprĂšte ainsi le vendredi 20 septembre au soir, un concert unique. Au programme : l’Ouverture de L’Incontro improviso de  Joseph Haydn, le Triple Concerto en do majeur, Opus 56 de Ludwig Van Beethoven  et le Double Concerto pour piano, violoncelle et orchestre de JĂ©rĂŽme Ducros. Plus que prĂ©cĂ©demment la musique chambriste et ici orchestrale est un plaisir qui se partage


 

vacances monsieur haydn roche posay festival classiquenews annonce concerts critiques classiquenews

 

 

 

Les Vacances de Mr HAYDN 2019
15Ăšme Ă©dition : 19, 20, 21, 22 sept 2019
TEMPS FORTS des 4 jours

________________________________________________________________________________________________

 

 

JEUDI 19 SEPTEMBRE 2019

19h Place du village / kiosque
Soirée du OFF
Sur la place du “village de Monsieur HAYDN”.
Présentation des différents groupes du OFF

________________________________________________________________________________________________

 

 

VENDREDI 20 SEPTEMBRE 2019

19h Cinéma
Concert d’ouverture

Joseph Haydn (1732-1809)
Quatuor à cordes op. 77 n°1
Quatuor Mona

Tomer Kviatek (2001)
Trio avec piano
Ryo Kojima, Jean-Baptiste MaiziÚres, Nathanaël Gouin

 

 

21h Gymnase‹ : Concert avec orchestre

Joseph Haydn (1732-1809)
Ouverture de L’Incontro improviso

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Triple concerto en do majeur op. 56
Eva Zavaro, Caroline Sypniewski, Lucas Debargue, Orchestre de la Monsieur Haydn Academy, encadrĂ© par l’Ensemble Appasionnato, direction JĂ©rĂŽme Pernoo

JĂ©rĂŽme Ducros (1974)
Double Concerto pour piano, violoncelle et orchestre
JĂ©rĂŽme Pernoo, JĂ©rĂŽme Ducros, Orchestre de la Monsieur Haydn Academy, encadrĂ© par l’Ensemble Appasionnato, direction Mathieu Herzog

________________________________________________________________________________________________

 

 

SAMEDI 21 SEPTEMBRE 2019

21h Gymnase

Johannes Haydn (1732-1809)
Fantaisie en fa mineur pour piano
Nathanaël Gouin

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Trio “Les Quilles” pour clarinette, alto et piano
François Tissot, Arianna Smith, Nathanaël Gouin

Lucas Debargue (1990)
Quatuor symphonique pour violon, alto, violoncelle et piano
Eva Zavaro, Arianna Smith, JĂ©rĂŽme Pernoo, Lucas Debargue

________________________________________________________________________________________________

 

 

DIMANCHE 22 SEPTEMBRE

14h30 Cinéma
(ComVoulVoul)

Stéphane Delplace (1953)
Sonate pour violoncelle et piano
JĂ©rĂŽme Pernoo, JĂ©rĂŽme Ducros

Johannes Brahms (1833-1897)
Trio pour violon, cor et piano
Eva Zavaro, Nathanaël Gouin

 

 

18h30 Gymnase

Domenico Scarlatti (1685-1757)
Sonate pour piano K 208 & K 24
Lucas Debargue

JĂ©rĂŽme Ducros (1974)
Trio avec piano
Ryo Kojima, JĂ©rĂŽme Pernoo, JĂ©rĂŽme Ducros

Franz Schubert (1787-1828)
Octuor D803 pour clarinette, basson, cor, deux violons, alto, violoncelle et contrebasse
François Tissot, Lomic Lamouroux, Quatuor Mona, Jean-Edouard Carlier

________________________________________________________________________________________________

 

 

 

INFORMATIONS & RESERVATIONS
RESERVEZ ici :
https://www.lesvacancesdemonsieurhaydn.com/programme

________________________________________________________________________________________________

 

 

vent_les-vacances-de-monsieur-haydn_297_909488

 

 

vacances monsieur haydn jerome pernoo festival 2019 classiquenews BANNER

 

 

 

 

 

 

Les 7 Paroles du Christ par l’Atelier Lyrique de TOURCOING

CHRIST-oratorio-concert-opera-haydn-critique-annonce-opera-classiquenewsTOURCOING, Dim 17 mars 2019. HAYDN : 7 derniĂšres paroles du Christ. MĂ©lodiste de gĂ©nie, Joseph Haydn a composĂ© plusieurs versions des 7 derniĂšres paroles du Christ dont une pour quatuor Ă  cordes, que l’Atelier Lyrique de Tourcoing propose d’entendre, avec la complicitĂ© de 4 solistes familiers de la troupe : MaĂŻlys de Villoutreys, Ambroisine BrĂ©, Robert Getchell, Alain Buet et l’AcadĂ©mie Ste CĂ©cile dirigĂ©e par Philippe Couvert.
La verve dramatique de Haydn est bien connue. L’inventeur du genre symphonique et du quatuor Ă  cordes Ă  Vienne, a aussi illuminĂ© tous les genres liĂ©s au chant et au thĂ©Ăątre lyrique. Habile autant qu’inspirĂ©, c’est Ă  dire douĂ© d’élĂ©gance comme de profondeur, Joseph Haydn a su aussi renouveler le genre sacrĂ© en proposant sa propre conception du drame intimiste sur un sujet tragique : les souffrances du Christ sur la croix. Sujet de dĂ©ploration et de terreur, suscitant compassion et sublimation spirituelle, l’Ɠuvre mĂ©ritait un nouveau cadre formel, que le compositeur rĂ©alise en diffĂ©rents dispositifs, Ă  Tourcoing, avec chanteurs, chƓur et orchestre resserrĂ©.

________________________________________________________________________________________________

TOURCOINGboutonreservation
Église Saint-Christophe
Dimanche 17 mars 2019, 15h30
(durée 1h30)

Joseph Haydn (1732-1809)
LES SEPT PAROLES DU CHRIST EN CROIX
Die Sieben Letzten Worte Unseres Erlösers Am Kreuze.
Hob XX-4

Version pour quatuor Ă  cordes, quatuor de solistes vocaux, choeur mixte et orgue
MaĂŻlys de Villoutreys, soprano
Ambroisine Bré, mezzo-soprano
Robert Getchell, ténor
Alain Buet, baryton
Choeur régional des Hauts de France
Académie Sainte Cécile en quatuor
(Philippe Couvert / violon I, Sandrine Naudy / violon II, Jean-Luc Thonnerieux / alto, Dominique Dujardin / violoncelle)
Philippe Couvert, direction

BILLETTERIE EN LIGNE
www.atelierlyriquedetourcoing.fr

TARIFS :
Plein 20€, rĂ©duit 16€, -28 ans 10€, -18ans 6€

christ-haydn-sept-paroles-du-christ-en-croix-grand-format-tourcoing-GF-classiquenews-annonce-concert-festival-opera-classiquenews-critique-opera

________________________________________________________________________________________________

haydn joseph-crop-412x332ORATORIO CHAMBRISTE ET TRAGIQUE
 La commande remonte Ă  l’annĂ©e 1786, quand il reçoit une importante commande venue de la CathĂ©drale de Cadix en Andalousie. Il s’agissait d’écrire une partition uniquement orchestrale destinĂ©e Ă  illustrer les Sept derniĂšres paroles du Christ pour un oratorio rĂ©alisĂ© comme chaque annĂ©e, durant le carĂȘme. Au final, les Sept Paroles furent destinĂ©es, non pas Ă  la cathĂ©drale de Cadix, mais Ă  l’église de Santa Cueva, construite Ă  l’intĂ©rieur d’une grotte (Vendredi Saint de 1787) : la reprĂ©sentation du MystĂšre, souffrance, mort et rĂ©surrection du Christ sont sublimĂ©s par le cadre naturel, oĂč jouent l’ombre et la lumiĂšre, en un clair-obscur pictural digne du Caravage (mais que reprend l’admirable gĂ©nie de Velasquez dans sa propre vision du Christ agonisant sur la croix, 1632. cf notre illustration).
Le cycle original comprend sept sonates avec une introduction et un tremblement de terre Ă  la fin, pour grand orchestre. Les tempos sont lents, ils cultivent la mĂ©ditation propre au genre de l’oratorio (en particulier du sepolcro, propre au XVIIĂš Ă  Vienne) et prĂ©parent au coup de thĂ©Ăątre, le Terremoto final (tremblement de terre au moment de la mort du Christ). Le souci des tonalitĂ©s, des thĂšmes, des rythmes rĂ©gĂ©nĂšre pendant toute leur succession, les 7 sonates ainsi enchaĂźnĂ©es. Haydn composa ensuite, une version pour quatuor de solistes et quatuor Ă  cordes. Intimiste et fulgurante, la version est Ă  l’affiche de Tourcoing, ce 17 mars 2019. Concert Ă©vĂ©nement.

TOURCOING : les 7 Paroles du Christ (1787)

CHRIST-oratorio-concert-opera-haydn-critique-annonce-opera-classiquenewsTOURCOING, Dim 17 mars 2019. HAYDN : 7 derniĂšres paroles du Christ. MĂ©lodiste de gĂ©nie, Joseph Haydn a composĂ© plusieurs versions des 7 derniĂšres paroles du Christ dont une pour quatuor Ă  cordes, que l’Atelier Lyrique de Tourcoing propose d’entendre, avec la complicitĂ© de 4 solistes familiers de la troupe : MaĂŻlys de Villoutreys, Ambroisine BrĂ©, Robert Getchell, Alain Buet et l’AcadĂ©mie Ste CĂ©cile dirigĂ©e par Philippe Couvert.
La verve dramatique de Haydn est bien connue. L’inventeur du genre symphonique et du quatuor Ă  cordes Ă  Vienne, a aussi illuminĂ© tous les genres liĂ©s au chant et au thĂ©Ăątre lyrique. Habile autant qu’inspirĂ©, c’est Ă  dire douĂ© d’élĂ©gance comme de profondeur, Joseph Haydn a su aussi renouveler le genre sacrĂ© en proposant sa propre conception du drame intimiste sur un sujet tragique : les souffrances du Christ sur la croix. Sujet de dĂ©ploration et de terreur, suscitant compassion et sublimation spirituelle, l’Ɠuvre mĂ©ritait un nouveau cadre formel, que le compositeur rĂ©alise en diffĂ©rents dispositifs, Ă  Tourcoing, avec chanteurs, chƓur et orchestre resserrĂ©.

________________________________________________________________________________________________

TOURCOINGboutonreservation
Église Saint-Christophe
Dimanche 17 mars 2019, 15h30
(durée 1h30)

Joseph Haydn (1732-1809)
LES SEPT PAROLES DU CHRIST EN CROIX
Die Sieben Letzten Worte Unseres Erlösers Am Kreuze.
Hob XX-4

Version pour quatuor Ă  cordes, quatuor de solistes vocaux, choeur mixte et orgue
MaĂŻlys de Villoutreys, soprano
Ambroisine Bré, mezzo-soprano
Robert Getchell, ténor
Alain Buet, baryton
Choeur régional des Hauts de France
Académie Sainte Cécile en quatuor
(Philippe Couvert / violon I, Sandrine Naudy / violon II, Jean-Luc Thonnerieux / alto, Dominique Dujardin / violoncelle)
Philippe Couvert, direction

BILLETTERIE EN LIGNE
www.atelierlyriquedetourcoing.fr

TARIFS :
Plein 20€, rĂ©duit 16€, -28 ans 10€, -18ans 6€

christ-haydn-sept-paroles-du-christ-en-croix-grand-format-tourcoing-GF-classiquenews-annonce-concert-festival-opera-classiquenews-critique-opera

________________________________________________________________________________________________

haydn joseph-crop-412x332ORATORIO CHAMBRISTE ET TRAGIQUE
 La commande remonte Ă  l’annĂ©e 1786, quand il reçoit une importante commande venue de la CathĂ©drale de Cadix en Andalousie. Il s’agissait d’écrire une partition uniquement orchestrale destinĂ©e Ă  illustrer les Sept derniĂšres paroles du Christ pour un oratorio rĂ©alisĂ© comme chaque annĂ©e, durant le carĂȘme. Au final, les Sept Paroles furent destinĂ©es, non pas Ă  la cathĂ©drale de Cadix, mais Ă  l’église de Santa Cueva, construite Ă  l’intĂ©rieur d’une grotte (Vendredi Saint de 1787) : la reprĂ©sentation du MystĂšre, souffrance, mort et rĂ©surrection du Christ sont sublimĂ©s par le cadre naturel, oĂč jouent l’ombre et la lumiĂšre, en un clair-obscur pictural digne du Caravage (mais que reprend l’admirable gĂ©nie de Velasquez dans sa propre vision du Christ agonisant sur la croix, 1632. cf notre illustration).
Le cycle original comprend sept sonates avec une introduction et un tremblement de terre Ă  la fin, pour grand orchestre. Les tempos sont lents, ils cultivent la mĂ©ditation propre au genre de l’oratorio (en particulier du sepolcro, propre au XVIIĂš Ă  Vienne) et prĂ©parent au coup de thĂ©Ăątre, le Terremoto final (tremblement de terre au moment de la mort du Christ). Le souci des tonalitĂ©s, des thĂšmes, des rythmes rĂ©gĂ©nĂšre pendant toute leur succession, les 7 sonates ainsi enchaĂźnĂ©es. Haydn composa ensuite, une version pour quatuor de solistes et quatuor Ă  cordes. Intimiste et fulgurante, la version est Ă  l’affiche de Tourcoing, ce 17 mars 2019. Concert Ă©vĂ©nement.

CD, compte rendu critique. Haydn : La Reine. Rigel, Sarti (Le Concert de la Loge, Julien Chauvin, 1 cd Aparté, mars 2016)

Le concert de la loge julien chauvin haydn la reine RIgel Sarti JC Bach cd review, cd critique compte rendu critique cd classiquenewsCD, compte rendu critique. Haydn : La Reine. Rigel, Sarti (Le Concert de la Loge, Julien Chauvin, 1 cd ApartĂ©, mars 2016). Voici donc le premier cd du collectif rassemblĂ©, pilotĂ©, Ă©lectrisĂ© par le violoniste Julien Chauvin : Le Concert de la Loge. D’emblĂ©e, la Symphonie n°4 de Rigel, mort en 1799, emblĂ©matique de cette nervositĂ© frĂ©nĂ©tique post gluckiste (les rĂ©miniscences de son OrphĂ©e et Eurydice français sont bien perceptibles ici), fait valoir les qualitĂ©s expressives de l’orchestre sur instruments anciens : les cordes vibres, claquent, vrombissent, trĂšs affĂ»tĂ©es, efficaces, d’un relief mordant, d’une Ă©lĂ©gance parisienne totalement irrĂ©sistible. Le calibrage trĂšs fin de la sonoritĂ©, la caractĂ©risation filigranĂ©e que permet aujourd’hui les instruments d’époque (cordes, cor, hautbois, bassons
) permettent de percevoir ce fini racĂ©e, nerveux, en effet vĂ©ritablement frĂ©nĂ©tique propre Ă  la pĂ©riode oĂč travaille travaille Rigel, c’est Ă  dire en peine esthĂ©tique prĂ©classique et prĂ©romantique, rĂ©ponse au Sturm und Drang germanique. Ainsi ressuscite le son et l’engagement expressif du Concert de la loge dirigĂ© par Viotti au XVIIIIĂš, actif au sein du Concert des Amateurs jusqu’en janvier 1781, puis au Louvre, salle du Pavillon de L’Horloge (d’époque Louis XIIII), Ă  partir de janvier 1786. La coupe syncopĂ©e, le flux mordant et palpitant, la vitalitĂ© gĂ©nĂ©rale milite en faveur du collectif rĂ©uni, pilotĂ© par Julien Chauvin.
S’inspirant des concerts Ă©clectiques au Concert Spirituel, offrant aux parisiens des programmes mi lyriques mi symphoniques, Julien Chauvin ajoute au programme purement symphonique Rigel / Haydn, des extraits lyriques d’époque : ici l’air de SĂ©lĂšne, extrait de Didone Abbandonata de Giuseppe Sarti (1762), priĂšre Ă  l’adresse d’EnĂ©e, d’un coeur amoureux, implorant que le hĂ©ros demeurĂąt in loco Ă  Carthage
 Eloquente, d’une couleur tragique, dĂ©sespĂ©rĂ©e, le soprano ardent, vif, impliquĂ©, comme blessĂ©, de Sandrine Piau, Ă©blouit par sa grĂące musicale, la justesse des intentions expressifs et une style qui sert avant tout le texte.
CLIC D'OR macaron 200Le clou du programme, en conformitĂ© avec les concerts donnĂ©es Ă  Paris par Le Concert de la Loge reste Ă©videmment la Symphonie La Reine de France (n°85), de Joseph Haydn. L’époque est celle de l’esthĂ©tique europĂ©enne prĂŽnĂ©e par Marie-Antoinette, d’un Ă©clectisme nerveux, tendu, Ă©lĂ©gant – la souveraine est capable de favoriser aprĂšs son cher Gluck, Sacchini, Piccini, Gossec, Jean ChrĂ©tien Bach 
 : cordes ardentes, frĂ©missantes, Ă  l’unisson prĂ©cis, fluide ; harmonie calibrĂ©e, nette et prĂ©cise pour un son global d’une absolue clartĂ©. Julien Chauvin veille Ă  l’élasticitĂ© Ă©lectrique des instrumentistes de son ensemble. Le premier mouvement n’est que tension et frĂ©nĂ©sie, les cordes admirables de galbe ; le climat Ă©lectrique que le chef instille au collectif trouve un Ă©quilibre irrĂ©sistible entre cordes, bois, vents et cuivres. La rusticitĂ© affichĂ©e par l’énoncĂ© du motif du second mouvement Ă  la flĂ»te, distille ce caractĂšre de chasse (cors pleins de panache), cette superbe un rien bravache qui nourrit lĂ  encore la vitalitĂ© des respirations. Le Menuet est fiĂ©vreux, enivrĂ©, taquin, d’une articulation subtile et facĂ©tieuse, avec propre Ă  l’Orchestre du Concert de la Loge, une vivacitĂ© du trait qui confirme les excellentes capacitĂ©s des instrumentistes : Julien Chauvin rĂ©ussit par son sens de l’élĂ©gance, des couleurs instrumentales (hautbois, flĂ»tes, bassons
). Le finale, Presto captive par sa coupe frĂ©nĂ©tique, ses syncopes admirablement tempĂ©rĂ©es par le geste nerveux et Ă©lĂ©gant de l’ensemble. De toute Ă©vidence, le premier cd du Concert de la Loge affirme une excellente vivacitĂ©, une finesse d’intention superlative. A quand la suite ? CLIC de Classiquenews d’octobre 2016.

CD, critique compte rendu. Le Concert de La Loge, Julien Chauvin : Rigel, Sarti, JC Bach, Haydn (Symphonie La Reine). 1 cd Aparté

CD, compte rendu critique. HAYDN 2032 : Il Giardino Armonico. Giovanni Antonini (1 cd Alpha — 2015)

haydn-2032-solo-e-pensoso-il-giardino-armonico-francesca-aspromonte-cd--alpha-review-compte-rendu-critique-cd-CLIC-de-classiquenews-juillet-2016CD, compte rendu critique. HAYDN 2032 : Il Giardino Armonico. Giovanni Antonini (1 cd Alpha — 2015). SUPERBE PROGRAMME HAYDNIEN. Haydn devient un dĂ©fi nouveau pour tous les ensembles sur instruments d’Ă©poque : c’est que la vivacitĂ© Ă©lĂ©gantissime et souvent facĂ©tieuse, brillante mais hyper subtile de l’Ă©criture haydnienne est aussi un formidable champs d’expĂ©rimentation pour les couleurs instrumentales, dĂ©fi Ă  relever entre autres, pour toute formation digne de ce nom, outre l’articulation et la prĂ©cision rythmique requises. Chaque orchestre souhaite tĂŽt ou tard revenir Ă  Haydn, source inĂ©puisable du classicisme viennois. Tous les chefs depuis Norrington, BrĂŒggen, ou le plus rĂ©cent Ottavio Dantone (LIRE la critique complĂšte du rĂ©cent coffret Decca de l’intĂ©grale Haydn sur instruments d’Ă©poque, CLIC de classiquenews de juin 2016) cherchent le bon tempo, la pulsation heureuse, Ă  la fois vibrante et mordante, mais jamais creuse, la juste palette de couleurs justement ; le geste prĂ©cis et ciselĂ©, Ă  la fois profond, fluide et surtout trĂšs expressif.
antonini giovanni portrait_antoniniCLIC_macaron_2014Dans ce programme, la sĂ©lection retenue par le chef d’Il Giardino Armonico donne raison au maestro Giovanni Antonini, sa sensibilitĂ© poĂ©tique et dramatique, soucieuse de cohĂ©sion comme de contrastes : le nerf, la subtilitĂ© des nuances rĂ©alisĂ©es, la vitalitĂ© gĂ©nĂ©rale aux cĂŽtĂ©s de l’opulence sonore et la sĂ»retĂ© expressive de chaque instrumentiste font toute la valeur de ce Haydn, digne crĂ©ateur Ă  la fois classique aux cotĂ©s de Mozart, et dĂ©jĂ  romantique en bien des aspects – sturm und drang du largo d’ouverture de L’Isola disabitata Hob XVIII:9 : comme dans la Symphonie n°42, chef et instrumentistes se dĂ©lectent Ă  ciseler chaque sĂ©quence en une urgence souple et justement expressive. Ce travail du dĂ©tail et aussi de l’architecture dramatique d’ensemble est superlatif : rien de pompeux, ni de creux, mais au contraire une vitalitĂ© qui fait jaillir pour chaque sĂ©quence, une vĂ©ritĂ© de l’instant, idĂ©ale et prenante. La Symphonie n°64 regorge de saine allure rythmique qui Ă©blouit dans le menuet, entre autres, avec en prime propre aux instrumentistes italiens, cette ĂąpretĂ© mesurĂ©e, d’une finesse souple admirablement canalisĂ©e. Distinguons ce lĂącher prise de l’excellente corniste Anneke Scott (la musicalitĂ© incarnĂ©e), soliste superlative qui vient d’ailleurs de participer Ă  la rĂ©ussite de la rĂ©cente tournĂ©e de la Messe en si mineur de JS Bach sous la direction de William Christie Ă  Cuenca, Barcelone, Leipzig entre autres en juin 2016. Son niveau atteste aujourd’hui de l’exceptionnelle maĂźtrise sur instrument ancien, y compris les cuivres d’Ă©poque, pourtant si dĂ©licats Ă  contrĂŽler…

 

 

 

De PĂ©trarque au Sturm un Drang
Antonini signe un Haydn éclectique, génial, inspirant

 

 

aspromonte francesca soprano haydn penso solo haydn 2032 portrait_aspromonteDonnant son sous-titre Ă  l’album, l’air Solo e pensoso hob XIV B:20 est un chef d’oeuvre de mesure intĂ©rieure, c’est Ă  dire d’Ă©quilibre proprement viennois, comme un crĂ©puscule d’une ivresse enchantĂ©e. La voix de la claire et subtile soprano Francesca Aspromonte (nĂ©e en 1991) en cisĂšle vocalement chaque arĂȘte vive, chaque Ă©clat d’un texte qui rappelle combien tout marcheur en pleine nature fut-il solitaire et recueilli, ne peut que reconnaĂźtre la silencieuse comprĂ©hension de la nature, miroir et Ă©cho naturel de ses tourments amoureux. Une rĂ©flexion musicale qui dĂ©bute introspective et sereine puis se dĂ©ploie en un ravissement plus conquĂ©rant et brillant, motif d’une virtuositĂ© Ă©lĂ©gantissime pour la soliste. Les qualitĂ©s de naturel et d’articulation de la soprano confirment ici notre impression dans un prĂ©cĂ©dent album, oĂč elle participait Ă  un cycle nouveau de rĂ©surrection dĂ©diĂ© aux oratorios de Stradella (LIRE notre critique complĂšte du cd Santa Editta de Stradella, CLIC de classiquenews de mai 2016).
La Symphonie n°4 qui conclue le programme souligne ce parfum d’Ă©loquence lĂ©gĂšre voire d’insouciance bien Ă©loignĂ© des contrastes plus dramatiques et tendus des 42 et 64. La souplesse que parviennent Ă  dĂ©ployer et colorer chef et instrumentistes convainc totalement. En somme, Giovanni Antonini aux cĂŽtĂ©s d’Ottavio Dantone s’affirme comme un Haydnien de premier ordre. VoilĂ  qui augure de belles rĂ©alisations Ă  venir puisque ce volume s’inscrit dans un cycle plus vaste dĂ©diĂ© Ă  Haydn, et intitulĂ© “Haydn 2032″. Volet majeur d’une collection thĂ©matique Ă  suivre dĂ©sormais pas Ă  pas sur classiquenews. Alpha annonce en effet une intĂ©grale Haydn par Giovanni Antonini, d’ici 2032, annĂ©e faste qui marquera les 400 ans de la naissance du compositeur.

 

 

CD, compte rendu critique. HAYDN 2032 : Il Giardino Armonico. Giovanni Antonini (1 cd Alpha — 2015)

 

 

Haydn – Concerto n° 11 – 2Ăšme mouvement adagio (partition interactive pour PIANO)

IcĂŽne_1024x1024_HaydnHaydn – Concerto n° 11 – 2Ăšme mouvement adagio (partition interactive pour PIANO). Concerto classique des LumiĂšres. Le fameux Concerto en rĂ© majeur (Hob. XVIII.11) est l’un des plus cĂ©lĂšbre de Joseph Haydn, mentionnĂ© dĂšs 1782 et probablement dĂ©jĂ  crĂ©Ă© Ă  cette date avec un immense succĂšs, puis Ă©ditĂ© simultanĂ©ment en 1784 Ă  Paris et Ă  Vienne. Haydn pourrait mĂȘme l’avoir jouĂ© Ă  Vienne dĂšs 1780 : emblĂšme du goĂ»t raffinĂ© et enjouĂ© de l’esprit des LumiĂšres si typiquement viennois – mĂȘlant dans le cas de Haydn, facĂ©tie virtuose et Ă©lĂ©gance stylistique-, le Concert sĂ©duit immĂ©diatement par cet Ă©quilibre entre expressivitĂ© et mesure. Il est en trois mouvements.

Le Vivace initial fait dialoguer tous les instruments avec cette expressivitĂ© proche de l’opĂ©ra mais dans un cadre essentiellement clair et harmonieux. Le Poco adagio en la majeur  sĂ©duit par le caractĂšre vocal (opĂ©ratique) de l’ample partie ornementĂ©e, rĂ©servĂ©e au piano : le caractĂšre en est des plus gracieux, avec cette Ă©lĂ©gance spĂ©cifiquement viennoise que Mozart au mĂȘme moment sait favoriser avec le mĂȘme goĂ»t et la mĂȘme maĂźtrise. Enfin le 3Ăšme mouvement, est un Allegro assai : franche vivacitĂ©, entrain caractĂ©risĂ©, Ă  la hongroise singularisent l’invention de ce dernier Ă©pisode dans lequel le compositeur pourrait bien recycler des Ă©lĂ©ments de folklore appris auprĂšs de musiciens hongrois alors au service de son patron, au chĂąteau d’Esterhaza non loin de Vienne. La dĂ©licatesse, la finesse, surtout l’humour rĂšgnent dans le Concerto en rĂ© majeur, avec une fluiditĂ© naturelle qui Ă©carte toute prĂ©ciositĂ©.

L’éditeur de partitions interactives Tombooks propose de jouer le 2Ăšme mouvement Adagio du Concerto pour piano n°11 de Joseph Haydn. 

bouton partitionDECOUVREZ la partition interactive du 2Úme mouvement adagio du Concerto pour piano n°11 de Joseph Haydn, éditée par Tombooks

Niveau de difficulté : intermédiaire (4-5)
Type de partition : avec accompagnement de l’orchestre
Prix de la partition : 4,99 euros

Bénéfices de la partition interactive éditée par Tombooks :

Avec l’application pour iPad Play HAYDN2Ăšme mouvement Adagio du Concerto pour piano n°11, Tombooks rĂ©volutionne la partition musicale:

- Jouez dans votre salon accompagnĂ© par d’autres musiciens, comme dans une salle de concert
- Adaptez le tempo de l’accompagnement Ă  votre niveau
- Ajouter vos annotations personnalisées à la partition et imprimez-là
- Enregistrez-vous et réécoutez-vous
- Partagez vos enregistrements et vos partitions annotées avec votre professeur ou vos amis

PrĂ©sentation vidĂ©o de l’application proposĂ©e par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition dĂ©file sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprĂ©tation du morceau. DurĂ©e de la vidĂ©o : 7mn40.

.

Haydn – Concerto n° 11 – 3Ăšme mouvement Rondo all’Ungarese (partition interactive pour PIANO)

IcĂŽne_1024x1024_HaydnHaydn – Concerto n° 11 – 3Ăšme mouvement Rondo all’Ungarese (partition interactive pour PIANO). Concerto classique des LumiĂšres. Le fameux Concerto en rĂ© majeur (Hob. XVIII.11) est l’un des plus cĂ©lĂšbre de Joseph Haydn, mentionnĂ© dĂšs 1782 et probablement dĂ©jĂ  crĂ©Ă© Ă  cette date avec un immense succĂšs, puis Ă©ditĂ© simultanĂ©ment en 1784 Ă  Paris et Ă  Vienne. Haydn pourrait mĂȘme l’avoir jouĂ© Ă  Vienne dĂšs 1780 : emblĂšme du goĂ»t raffinĂ© et enjouĂ© de l’esprit des LumiĂšres si typiquement viennois – mĂȘlant dans le cas de Haydn, facĂ©tie virtuose et Ă©lĂ©gance stylistique-, le Concert sĂ©duit immĂ©diatement par cet Ă©quilibre entre expressivitĂ© et mesure. Il est en trois mouvements.

Le Vivace initial fait dialoguer tous les instruments avec cette expressivitĂ© proche de l’opĂ©ra mais dans un cadre essentiellement clair et harmonieux. Le Poco adagio en la majeur  sĂ©duit par le caractĂšre vocal (opĂ©ratique) de l’ample partie ornementĂ©e, rĂ©servĂ©e au piano. Enfin le 3Ăšme mouvement, est un Allegro assai : franche vivacitĂ©, entrain caractĂ©risĂ©, Ă  la hongroise singularisent l’invention de ce dernier Ă©pisode dans lequel le compositeur pourrait bien recycler des Ă©lĂ©ments de folklore appris auprĂšs de musiciens hongrois alors au service de son patron, au chĂąteau d’Esterhaza non loin de Vienne. La dĂ©licatesse, la finesse, surtout l’humour rĂšgnent dans le Concerto en rĂ© majeur, avec une fluiditĂ© naturelle qui Ă©carte toute prĂ©ciositĂ©.

L’éditeur de partitions interactives Tombooks propose de jouer le 3Ăšme mouvement Rondo all’Ungarese du Concerto pour piano n°11 de Joseph Haydn. 

 
 

bouton partitionDECOUVREZ la partition interactive du 3Ăšme mouvement Rondo all’Ungarese du Concerto pour piano n°11 de Joseph Haydn, Ă©ditĂ©e par Tombooks

 
 

Niveau de difficulté : intermédiaire (4-5)
Type de partition : avec accompagnement de l’orchestre
Prix de la partition : 4,99 euros

 
 
 

Bénéfices de la partition interactive éditée par Tombooks :

Avec l’application pour iPad Play HAYDN – 3Ăšme mouvement Rondo all’Ungarese du Concerto pour piano n°11, Tombooks rĂ©volutionne la partition musicale:

- Jouez dans votre salon accompagnĂ© par d’autres musiciens, comme dans une salle de concert
- Adaptez le tempo de l’accompagnement Ă  votre niveau
- Ajouter vos annotations personnalisées à la partition et imprimez-là
- Enregistrez-vous et réécoutez-vous
- Partagez vos enregistrements et vos partitions annotées avec votre professeur ou vos amis

 
 
 

PrĂ©sentation vidĂ©o de l’application proposĂ©e par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition dĂ©file sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprĂ©tation du morceau. DurĂ©e de la vidĂ©o : 4mn26.

.

http://youtu.be/4mMY1_umfAk

 
 
 

CD. Haydn : Symphonies Parisiennes (Sir Roger Norrington, SOny classical, 2013)

haydn symphonies parisiennes norrington sony classical cd 88875021332CD, compte rendu, critique. Haydn : 6 Symphonies parisiennes (Norrington, juillet 2013). ComposĂ©es en 1785 et 1786, les 6 Symphonies parisiennes n°82 Ă  87, marquent un nouveau jalon dans la maturation artistique de Haydn : alors qu’il sert son patron Ă  Esterhaza surtout en matiĂšre d’opĂ©ras bouffes (d’une veine comique dont la subtilitĂ© Ă©gale celle de Mozart et aussi annonce Rossini), Haydn livre plusieurs cycles de musique purement instrumentale et symphonique pour l’extĂ©rieur : avant ses concerts mĂ©morables Ă  Londres, Paris lui ouvre les bras Ă  travers le Comte d’Ogny qui commande pour le Concert de la Loge Olympique, plusieurs symphonies nouvelles dans le goĂ»t nouveau, c’est Ă  dire des LumiĂšres, classique, vĂ©ritable sommet de la Symphonie viennoise. Les premiĂšres symphonies furent crĂ©Ă©es Ă  Paris en 1787 et trĂšs vite reprises partout en Europe.

 

 

Sir Roger Norrington cisÚle la facétie inventive des Parisiennes de Haydn (1785-1786)

6 sommets de l’Ă©lĂ©gance viennoise pour Paris

 
 

norringotn-sir-roger-joue-haydn-symphonies-parisiennes-cd-sony-classical-clic-de-classiquenews-582-594

 
 

Les Symphonies 87 et 85 rassemblent les qualitĂ©s de ce coffret et dĂ©montrent les arguments du pĂ©tillant Norrington, capable de ciseler et varier les effets avec la complicitĂ© d’un orchestre sur instruments modernes. Preuve qu’il ne suffit pas jouer sur des cordes en boyau pour rĂ©ussir l’interprĂ©tation. Il y a aussi des questions de styles et de jeu qui pĂšsent de tout leur poids. Stylistiquement, l’interprĂ©tation de Norrington s’impose indiscutablement. DĂšs la 87, saluons l’Ă©tonnante vigueur du propos qui prĂ©ambule au superbe Adagio, de structure rhapsodique, en rĂ© majeur laisse s’Ă©panouir l’intelligence de l’orchestration : en particulier l’Ă©tonnante cadence pour les vents, d’une finesse d’inspiration spĂ©cifiquement viennoise et haydnienne… (flĂ»tes et hautbois pleins de fraĂźcheur pastorale, contrastant avec la gravitĂ© Ă  pas mesurĂ©s des cors). Les instrumentistes zurichois suivent la tendresse amusĂ©e du chef dans le Menuet, au rythme haletant, d’une couleur balkanique, avec le solo de hautbois virtuosissime dans le trio. L’Ă©quilibre, l’Ă©conomie des effets, la facĂ©tie raffinĂ©e, l’Ă©lĂ©gance du ton prĂ©serve toujours la noblesse pudique de Haydn.
La 85, dite “Reine de France”, hommage Ă  la protectrice des arts Ă  quelques annĂ©es de la RĂ©volution, s’impose aussi par la justesse des intentions et du style choisi, dĂ©fendu, dĂ©veloppĂ© par Norrington et l’Orchestre de chambre de Zurich. La romance française citĂ©e en ouverture du second mouvement (la gentille et jeune Lisette) s’adresse directement Ă  Marie-Antoinette qui de fait l’applaudit particuliĂšrement. DatĂ©e de 1785, c’est le sommet absolu du cycle : trĂ©pidante, et raffinĂ©e, elle exige motricitĂ© des cordes, dynamiques prĂ©cises, et accents calibrĂ©s des vents comme des cuivres (cors). La simplicitĂ©, l’Ă©lĂ©gance, et ce parfum de populaire parfaitement recyclĂ©, caractĂ©risent en effet l’une des meilleures rĂ©ussites symphoniques de Haydn.  Norrington sait admirablement caractĂ©riser l’Ă©lĂ©gance aristocratique du Menuet et la charge plus plĂ©bĂ©ienne du trio, comme un rĂ©sumĂ© de toute la sociĂ©tĂ© du XVIIIĂš, celle d’avant la RĂ©volution : codĂ©e, hiĂ©rarchisĂ©e, polissĂ©e et aussi corsetĂ©e. En usant d’une infime subtilitĂ©, Haydn sait varier les formes de la structure jusque dans le choix nouveau du rondo-sonate pour l’ultime mouvement (Finale, Presto).

CLIC D'OR macaron 200La tenue des autres symphonies dont la cĂ©lĂ©brissime Ours (au tempĂ©rament martial) est de la mĂȘme eau : on reste surpris par l’imagination fertile, somptueusement Ă©vocatrice du chef Norrington, averti, expert de l’approche historiquement informĂ©e. Ce qu’a Ă  nous dire le maestro relĂšve du prodige : comme Harnoncout et pourtant ici sur instruments modernes, il nous surprend, dĂ©voile la langue jamais rĂ©pĂ©titive, la syntaxe expĂ©rimentale de chaque symphonie. D’Esteraza, Haydn allait plonger dans un affadissement de son Ă©criture instrumentale. Opportune, la commande venant de Paris, lui permet de satisfaire ses ambitions les plus audacieuses : l’inspiration n’a jamais Ă©tĂ© aussi impĂ©tueuse, risquĂ©e, poĂ©tiquement juste. DĂ©fi pour tout orchestre de chambre, chaque Symphonie parisienne est un opĂ©ra en soi, un drame aux milles rebondissements. Il appartient au chef et Ă  ses instrumentistes de rĂ©vĂ©ler l’invention permanente de l’Ă©criture, d’en ciseler le relief et d’en dĂ©fendre la trĂ©pidante Ă©nergie. Ce que rĂ©ussit idĂ©alement Sir Roger. TrĂšs convaincant.

 

 

Joseph Haydn : 6 Symphonies parisiennes, n°82-87 (1785-1786). Zurich Chamber Orchestra. Sir Roger Norrington, direction. 3 cd Sony classical 88875021332. Enregistré à Zurich en juillet 2013.

 

 

 

Armida de Haydn Ă  Clermont-Ferrand

centre-lyrique-clermont-ferrand-logoClermont-Ferrand, OpĂ©ra. Haydn : Armida. Les 25 et 26 fĂ©vrier 2015. Musulmane envoĂ»tante, Armida est une enchanteresse puissante et vĂ©hĂ©mente mais dĂ©munie face Ă  l’amour que lui inspire le beau croisĂ© Renaud. D’aprĂšs la fable hĂ©roĂŻque et sentimentale, La JĂ©rusalem DĂ©livrĂ©e du Tasse, le chevalier chrĂ©tien la voit en ennemi mais le miracle des sentiments fait basculer la fatalitĂ© des armes vers la rĂ©conciliation finale. Le dernier opĂ©ra que compose Haydn pour la Cour de son patron Ă  Esterhaza, soit en 1783, est contemporain des prouesses du jeune Mozart : Idomeneo et L’EnlĂšvement au sĂ©rail.

Armida de Haydn en tournĂ©eLa metteure en scĂšne Marianne ClĂ©ment imagine ici en guise de front guerrier, une confrontation actuelle et sociĂ©tale : les pro et les anti mariage pour tous. Armida est un homme dont Rinaldo est tombĂ© amoureux; Idreno, le roi sarrasin (oncle d’Armide) est lui farouchement contre les gays
 Si les dĂ©cors n’ont pas convaincu nos rĂ©dacteurs, en revanche la distribution sĂ©duit et convainc : le soprano vif argent de Chantal Santon, familiĂšre des partitions du dernier baroque et du premier classicisme (celui des LumiĂšres) Ă©tincelle dans le rĂŽle titre masculinisĂ© ; et son partenaire Juan Antonio Sanabria fait un Rinaldo tendre, palpitant, profond. A la hauteur de la partition d’un Haydn aussi efficace et dĂ©licat, raffinĂ© et dramatique que Mozart. EvĂšnement Ă  l’OpĂ©ra ThĂ©Ăątre de Clermont Ferrand. LIRE la critique de notre rĂ©dacteur Emmanuel Andrieu Ă  l’OpĂ©ra de Reims, le 16 janvier 2015.

Haydn : Armida Ă  l’OpĂ©ra de Clermont Ferrand : les 25 et 27 fĂ©vrier 2015, 20h. Drame hĂ©roĂŻque en trois actes d’aprĂšs Le Tasse.

Prochaine production Ă  l’OpĂ©ra ThĂ©Ăątre de Clermont Ferrand, Lucia di Lammermoor de Donizetti, les 12, 14 mars 2015 avec Burcu Uyar dans le rĂŽle de Lucia


Armida de Joseph Haydn en tournée

OpĂ©ra en tournĂ©e. Haydn : Armida. 16 janvier > 10 mars 2015. D’aprĂšs La JĂ©rusalem dĂ©livrĂ©e, Armida de Haydn reste une perle lyrique mĂ©connue, jalon contemporain du thĂ©Ăątre mozartien et dĂ©jĂ  prĂ©romantique. Armide, princesse des Sarrazins, est aimĂ©e du chevalier chrĂ©tien Renaud. Celui-ci lui promet son soutien dans la guerre imminente qui devrait les opposer. Mais Ubaldo et Clotarco, guerriers des Croisades, amis de Renaud, le rappellent Ă  sa foi et Ă  ses serments. De plus, lui seul dĂ©tient le pouvoir de briser le myrte magique d’Armide. TiraillĂ©s entre devoir et sentiments, Renaud, tout comme Armide, sont dĂ©chirĂ©s par la douleur amoureuse.

haydn-joseph-582-420-grand-portrait-classiquenewsAprĂšs Lully et Gluck, deux auteurs qui ont mis en musique le livret de Quinault Ă  Paris, Joseph Haydn pour la Cour autrichienne d’Ezsterhaza, traite la lyre hĂ©roĂŻque, sentimentale et tragique du mythe d’Armide, mythe de l’impuissance amoureuse : Armide comme Renaud incarnent le poison d’un sentiment qui les mĂšne inĂ©luctablement Ă  leur perte.  Chez Gluck dĂ©jĂ , l’ambivalence des sentiments d’Armide formait le noyau de l’action : en une scĂšne vĂ©ritable d’exorcisme, menĂ© par la haine, Armida voulait Ă©chapper Ă  l’amour et l’arrachant de son cƓur… mais c’Ă©tait mourir et la femme amoureuse ne pouvait totalement rĂ©pudier son aimĂ©.. Ici, rappelĂ© Ă  son engagement guerrier, Renaud a percĂ© l’intimitĂ© de la magicienne avec d’autant plus de puissance qu’il sait comment briser le  myrte magique de la princesse. Les comĂ©dies dans le genre buffa de Haydn sont bien connues et d’autant plus explorĂ©es que l’auteur reconnaissait son infĂ©rioritĂ© dans le genre grave et tragique comparĂ© Ă  son cadet Mozart. De fait, les comĂ©dies de Haydn sont mieux estimĂ©es depuis l’intĂ©grale signĂ©e par Antal Dorati (Il Mundo della luna…).  DĂ©jĂ  le Cercle de l’harmonie et son chef JĂ©rĂ©mie Rhorer avaient abordĂ© l’Infeldelta Delusa de 1773 en janvier 2009. Les opĂ©ras de Joseph Haydn ont Ă©tĂ© le sujet d’un dossier spĂ©cial sur classiquenews.

Avec Armide, il s’agit de redĂ©couvrir le tempĂ©rament unique et singulier d’un compositeur de cour qui sut rĂ©concilier Ă©lĂ©gance et profondeur, gravitĂ© et justesse poĂ©tique.  Comme un Ă©cho aux troubles Ă©motionnels du couple protagoniste, Haydn et son librettiste traitent aussi le fil amoureux qui unit d’autres ennemis : Zelmira, tombĂ©e amoureuse de Clotarco, s’emploie Ă  contrer les noirs desseins du roi sarrazin Idreno… La guerre entre Sarrazins et ChrĂ©tiens paraĂźt bien faible contre les sentiments qu’amour tisse entre les ĂȘtres de deux clans affrontĂ©s.

 

 

 

trouble des genres, guerre amoureuse…

Armida : l’opĂ©ra du doute

 

Armide-Renaud-Hayez-home-582-420-haydn-armidaLes victimes de l’amour… DatĂ©e de 1784, et en cela dĂ©jĂ  prĂ©romantique, Armide peint des ĂȘtres profonds, en souffrance (comme Mozart Ă  la mĂȘme Ă©poque avec Idomeneo… il ira plus loin encore avec le crĂ©puscule ardent de la ClĂ©mence de Titus en 1791) dont le trouble efface les types vocaux du baroque triomphant pour lequel la seule virtuositĂ© vocale exprime l’intensitĂ© des affects. Ici rĂšgnent le doute, le soupçon, la perte des Ă©quilibres, une nouvelle sensibilitĂ© introspective et sa caractĂ©risation spĂ©cifique. L’esprit des LumiĂšres colore la partition d’une intelligence sentimentale inĂ©dite, que partage aussi Mozart dans tous ses opĂ©ras.  Elle dĂ©voile la fragilitĂ© des cƓurs quand ils sont sous l’emprise de l’amour. L’Ă©chiquier des intrigues s’y transforme en labyrinthe oĂč la folie et la dĂ©pression menacent. Une telle prĂ©cision servie par une musique subtile et raffinĂ©e (tout Haydn) se prĂȘte naturellement Ă  un jeu collectif qui doit d’abord s’appuyer sur un travail d’Ă©quipe. La souffrance et la solitude d’Armida abandonnĂ©e, les longues et incessantes hĂ©sitations de Rinaldo (en vĂ©ritĂ© le vrai hĂ©ros de l’opĂ©ra quand par exemple c’est plutĂŽt Armide qui est la protagoniste du Renaud de Sacchini, partition quasi contemporaine de 1783 !) sont les facettes d’un drame Ă©conome, particuliĂšrement touchant et moderne. La mise en scĂšne de Marianne ClĂ©ment fait rĂ©flĂ©chir sur l’expression confrontĂ©e des genres en une guerre elle aussi Ă©quivoque, armĂ©e et tendue : c’est un monde nouveau et plus nuancĂ© qui se prĂ©cise entre « la » femme sĂ©ductrice et « le » hĂ©ros vertueux. L’intelligence de Haydn du fait de sa seule musique fait imploser les cadres convenus : sa vision plus nuancĂ©e nous touche. C’est une conception proche finalement de l’opĂ©ra vĂ©nitien (Monteverdi, Cesti, Cavalli…) oĂč la frontiĂšre des genres bouge en permanence : Handel n’a t il pas fait chanter son Rinaldo par une femme ?

 

 

 

Joseph Haydn : Armida
Drame héroïque en 3 actes. Livret inspiré de La Jérusalem délivrée de Torquato Tasso
(Eszterhaza, 1784)

Chantal Santon, soprano : Armida, princesse magicienne
Juan Antonio Sanabria, ténor : Rinaldo, chevalier croisé
DorothĂ©e Lorthiois, soprano : Zelmira, fille du sultan d’Egypte
Laurent Deleuil, baryton : Idreno, roi sarrazin
Enguerrand De Hys, ténor : Ubaldo, chevalier croisé
Francisco Fernåndez-Rueda, ténor : Clotarco, chevalier croisé

Le Cercle de l’Harmonie
Julien Chauvin, direction

Opéra chanté en italien, surtitré en français
Marianne Clément, mise en scÚne

Calendrier de la tournée
La production d’Armida a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e Ă  saint-Quentin en octobre 2014.

Création le 10 octobre, ScÚne nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines
Opéra de Reims, vendredi 16 janvier 2015 à 20h30
Opéra de Massy, vendredi 23 janvier 2015 à 20h
ThĂ©Ăątre d’OrlĂ©ans, ScĂšne nationale, mercredi 11 fĂ©vrier 2015 Ă  20h30
ScÚne nationale de Besançon, jeudi 19 février 2015 à 20h
Centre lyrique Clermont-Auvergne, mercredi 25 février 2015 à 20h
Centre lyrique Clermont-Auvergne, vendredi 27 février 2015 à 20h
L’apostrophe – ThĂ©Ăątre des Louvrais scĂšne nationale de Cergy-Pontoise et du val d’Oise, jeudi 5 mars Ă  19h30
L’apostrophe – ThĂ©Ăątre des Louvrais scĂšne nationale de Cergy-Pontoise et du val d’Oise, samedi 7 mars 2015 Ă  20h30
Le Moulin du Roc, ScĂšne nationale de Niort, mardi 10 mars 2015 Ă  20h30

+ d’informations sur le site de l’Arcal

 

 

Nouvelle tournée Haydn, Beethoven par le JOA

JOA-jene-orchestre-abbaye-saintes-philipe-herreweghe-concert-repetition-rehearsalJOA, nouvelle tournĂ©e : les 21,22 et 23 novembre 2014. Saintes et Paris. VoilĂ  18 ans que le JOA offre un terrain stimulant aux volontĂ©s instrumentales les plus ardentes et juvĂ©niles… Chaque nouvelle tournĂ©e du JOA (jeune Orchestre de l’Abbaye qui a sa rĂ©sidence Ă  Saintes) est la promesse d’un travail approfondi sur le rĂ©pertoire abordĂ©, sujet de sĂ©ances acharnĂ©es d’autant plus formatrices pour les jeunes instrumentistes. En novembre 2014, le Jeune Orchestre de l’Abbaye travaille avec Alessandro Moccia Ă  la direction et au premier violon : leur pĂ©dagogue est aussi le premier violon de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es avec lequel le JOA cultive des relations familiales, le premier Ă©tant en quelque sorte le gĂ©niteur et le mentor du second.

 

 

 

Jeune Orchestre de l’Abbaye

 

JOA-jeune-orchestre-abbaye-sainte-session-haydn-beethoven-2014ConfrontĂ©s aux dĂ©fis multiples du jeu sur instruments d’Ă©poque, ils abordent durant un stage d’orchestre la PremiĂšre Romance de Beethoven et l’Horloge d’Haydn. Deux Ɠuvres virtuoses et redoutables sur le plan expressif qui les conduira Ă  offrir le meilleur d’eux mĂȘmes lors des 3 concerts, aboutissements de cette nouvelle session d’apprentissage intensif. RV les 21, 22 et 23 novembre 2014 Les Jeunes du JOA abordent deux sommets de l’Ă©criture symphonique, de l’Ăąge des LumiĂšres avec le pĂšre de la Symphonie, Haydn soi-mĂȘme, … au romantisme le plus fougueux et exaltĂ© d’un Beethoven mĂ»r, soit de l’extrĂȘme fin du XVIIIĂš au temps de la Vienne impĂ©riale Ă©ternelle, capitale de l’Ă©lĂ©gance facĂ©tieuse (1794) Ă  la quĂȘte d’une arche musicale sans Ă©quivalent Ă  son Ă©poque dĂ©fendue par le grand Ludwig, conquĂ©rant d’un nouveau langage pour un nouveau monde, en 1812, celui qui va bientĂŽt composer la 9Ăšme. En jouant les deux partitions sur instruments d’Ă©poque, les jeunes musiciens professionnels apprennent aussi en plus de la technique instrumentale, les valeurs et la sensibilitĂ© de chaque esthĂ©tique. Du classicisme au romantisme : une pĂ©riode clĂ© de l’art musical et symphonique Ă  Vienne.

Haydn : Symphonie L’Horloge
haydn-joseph-portrait-perruqueL’opus 101 de Haydn est en rĂ© majeur : crĂ©Ă©e Ă  Londres en 1794, lors des fameux Haydn-Salomon concerts, unanimement applaudis par la bonne sociĂ©tĂ© londonienne, la 101 dĂ©bute par un prĂ©lude misterioso avant que n’Ă©clate le bondissant Presto. Alors au sommet de sa carriĂšre, Haydn aime cultiver de saisissants contrastes pour mieux surprendre et dĂ©router l’auditeur. L’Andante en sol majeur donne son titre Ă  la symphonie : son rythme entĂȘtant et continu de balancier entonnĂ© tout au long de l’Ă©pisode offre une base Ă  un air d’une vitalitĂ© rayonnante, prĂ©figuration trĂšs intense de la marche funĂšbre de l’Eroica de Beethoven Ă  venir. Haydn y peaufine une travail exaltant entre mĂ©lodie et rythme d’une tenue imbriquĂ©e fascinante. D’autant que l’amplification croissante de l’effectif fait passer d’une mĂ©canique lĂ©gĂšre Ă  une puissante machinerie en fin de sĂ©quence. Le Menuet est l’un des plus dĂ©veloppĂ©s de Haydn et ne sera guĂšre dĂ©passĂ© par son prolongement dans l’Eroica de Beethoven. Architecte virtuose, Haydn surenchĂ©rit en facĂ©tie et effets comiques : orchestre du trio jouant faux, entrĂ©e prĂ©coce des cors, effets de viĂšles… L’intelligence du Vivace final dĂ©montre toute la magie inventive et synthĂ©tique de Haydn qui a chaque symphonie, semble perfectionner encore et toujours ses prodigieux dons d’Ă©criture : humour, complexitĂ© contrapuntique, enchaĂźnement imprĂ©vu des sections en une arche expressive continĂ»ment dramatique. C’est un dĂ©fi permanent pour le chef et les musiciens sur le plan des dynamiques.

Beethoven : Symphonie n°8
Fidelio de BeethovenAchevĂ©e en octobre 1812, soit (5 mois Ă  peine aprĂšs la 7Ăšme), la Symphonie n°8 porte l’hommage amoureux de Beethoven comme sĂ©duit et insouciant par la frĂ©quentation aimable d’AmĂ©lie Sebald, jeune femme spirituelle et cultivĂ©e dont il recherche alors la compagnie et peut-ĂȘtre plus. A sa crĂ©ation Ă  Vienne (Redoutesaal, fĂ©vrier 1814), la 8Ăšme suscite un accueil mitigĂ©. AprĂšs l’ample 7Ăšme, la 8Ăšme fait office de “petite”, appellation validĂ©e par Beethoven lui-mĂȘme, mais il ne faut pour autant en attĂ©nuer la valeur. MarquĂ©e par une grĂące lumineuse et dansante, la 8Ăšme est pourtant un chef d’Ɠuvre d’enchaĂźnements rĂ©ussis : l’Ă©nergie de l’Allegro vivace e con brio initial, la rythmique palpitante et tonique de l’Allegretto scherzando qui suit, – son allure mĂ©canique, de nature sautillante, aĂ©rienne voire facĂ©tieuse-, prolonge indiscutablement la Symphonie l’Horloge de Haydn- ; puis le menuet – clair hommage aux Viennois Haydn et Mozart (en place du scherzo traditionnel) ; enfin, le final en forme de rondo dĂ©veloppe son flux aussi ample que les 3 mouvements prĂ©cĂ©dents rĂ©unis, affirmant le clair espoir radieux du fa majeur.

 

 

 

Moccia-alessandro-violon-Orchestre-des-champs-elysees-saintes-JOA-jeune-orchestre-de-l--abbayeHaydn, Beethoven :
le JOA Ă  l’Ă©preuve symphonique
Nouvelle tournée du JOA
Du 17 au 23 novembre 2014
3 concerts publiques, les 21, 22 et 23 novembre 2014

Concert au lycée Bellevue à Saintes le 21 novembre
(dans le cadre des actions de médiations, rencontre avec les élÚves, véritable échange avec les musiciens : les jeunes instrumentistes rencontrent les élÚves internes pour discuter avec eux de musique classique)

Concert Ă  Saintes, Abbatiale le 22 novembre, 20h30

Concert Ă  Paris, HĂŽtel des Invalides, le 23 novembre 2014, Ă  17h
(3Ăšme concert de ce type Ă  Paris)

 

 

VIDEO : voir le JOA sous la direction de Philippe Herreweghe interprĂ©ter la Symphonie N°1 “Titan” de Gustav Mahler (Abbatiale de Saintes, festival de Saintes, juillet 2013)

RĂ©cital du Quatuor ZaĂŻde Ă  Saintes

quatuor zaide-cordes saintes 2014 quatuor ZAIDE concertSaintes. Quatuor ZaĂŻde : Haydn, Janacek, Beethoven, le 18 juillet 2014,22h. Le 3Ăšme concert de la journĂ©e Ă  Saintes promet par tradition la dĂ©couverte voire rĂ©vĂ©lation de nouveaux et jeunes talents. C’est le cas des 4 musiciennes chambristes composant le Quatuor ZaĂŻde qui offrent ce 18 juillet au milieu de la nuit, un programme ambitieux rĂ©unissant Haydn, Beethoven, Janacek. Haydn: Quatuor opus 50 n°6. Dans l’histoire de la musique et dans celle de l’évolution progressive de la forme musicale, il y a pour le XVIIĂšme les madrigaux de Monteverdi et pour le XVIIIĂš,  les 
Quatuors de Mr Haydn. Le grand Claudio fait Ă©voluer le langage vocal et instrumental Ă  travers les madrigaux, passant de la polyphonie strictement vocale Ă  l’écriture baroque, dramatique, mĂȘlant instrumentistes et chanteurs vers un seul but, l’articulation expressive et poĂ©tique du mot. Quand la parole se fait geste et vice versa. A Vienne, Joseph Haydn transpose en musique, l’art de vivre raffinĂ© et social de la vie impĂ©riale cultivĂ©e … en musique : le Quatuor incarne peu Ă  peu l’idĂ©e de la conversation musicale mais Ă  quatre instruments de cordes seules. Le plan est parfaitement cernĂ© et de plus en plus strict : de 3 Ă  4 mouvements. L’ordre des Ă©pisodes se met en place : allegro initial (parfois avec un prĂ©lude sombre et imprĂ©visible), puis adagio, scherzo (et son trio ou menuet d’essence chorĂ©graphique), enfin allegro. Le tout forme un cycle caractĂ©risĂ© dont l’esprit et le caractĂšre respectif contraste avec ce qui prĂ©cĂšde et ce qui suit.

haydn_joseph_aristoLes six quatuors opus 50 de Joseph Haydn, dĂ©diĂ©s Ă  FrĂ©dĂ©ric Guillaume II de Prusse  sont dits «  prussiens et datent de 1787. La forme nouvelle permet au compositeur d’expĂ©rimenter, d’explorer dans toutes les directions, comme il le fait simultanĂ©ment dans le domaine symphonique pour grand orchestre (les Symphonies parisiennes sont achevĂ©es juste avant les 3 Quatuors Prussiens. Outre le trio exceptionnel du Scherzo, Haydn affine encore les nuances de son Ă©criture en particulier dans le dernier mouvement (allegro con spirito) oĂč les mĂȘmes notes rĂ©pĂ©tĂ©es ne sont jamais colorĂ©es de la mĂȘme façon. Le propre de Haydn ? Une Ă©lĂ©gance jamais mise en dĂ©faut, de l’invention lĂ  oĂč on attend du conformisme, de la facĂ©tie oĂč l’on espĂšre du brio.

kamila janacekLes Lettres intimes de Janacek. Inventeur de l’opĂ©ra tchĂšque, Janacek brille sur la scĂšne lyrique (Jenufa, l’Affaire Makropoulos, La Petite renarde rusĂ©e
), autant de chefs d’oeuvre dans sa langue natale qui apporte tout l’esprit original d’une culture spĂ©cifique, passionnĂ©e, contrastĂ©e, dont les ferments propres renouvellent aussi le genre opĂ©ra. Le compositeur est un homme comblĂ©, dont la vie intime fut une sĂ©rie d’épisodes enfiĂ©vrĂ©s dont tĂ©moignent presque explicitement ses Quatuors parmi les mieux autobiographiques du genre : bavardages dĂ©cousus diront les moins convaincus ; jaillissement libre et audacieux des affects diront les admirateurs pour qui Janacek a su aussi renouveler le genre crĂ©Ă© par Haydn. Le Quatuor Ă  cordes n°2, dit «lettres intimes», est le miroir d’une psychĂ© riche et bouillonnante : Ă  la fin des annĂ©es 1920, le compositeur vit une relation passionnĂ©e avec une jeune femme Kamila Stösslova, 
 qui a plus de 35 ans de moins que lui ! Le titre du Quatuor n°2 renvoie Ă  l’abondante correspondance entre les deux amants. Printemps sensuel pour le musicien en fin de carriĂšre, comme avant lui, le vieux Rubens, amant regaillardi de la belle et trĂšs jeune HĂ©lĂšne Fourment. L’histoire de l’art est Ă©difiante en vies sentimentales renouvelĂ©es oĂč des Ăąmes ayant dĂ©jĂ  vĂ©cues leur cours, retrouvent Ă  l’extrĂ©mitĂ© de leur existence un nouveau soleil amoureux. Le grand souffle inspire Ă  Janacek l’une de ses Ɠuvres les plus inspirĂ©es, innocente par son flux premier, vital, primitif, d’un lyrisme Ă  fleur de peau et jamais tapageur. Ici la passion s’écrit en quatre mouvements tels que fixĂ©s par Haydn :  le premier mouvement exprime l’extase et le ravissement des cƓurs liĂ©s. Le final, aprĂšs un moderato sensuel et lui aussi enivrĂ©, et parfois sombre, se fait dĂ©claratif … d’un Ă©lan conquĂ©rant, totalement lumineux. Illustration : Kamilla et Janacek (DR).

saintes abbatiale-facade-724x521Beethoven : Quatuor opus 59 n°3. A Saintes, les Zaide ajoute Ă  ce programme gĂ©nĂ©reux, le 3Ăšme et ultime Quatuor Razumovsky de Beethoven, l’opus 59 n°3 (composĂ© en 1807, crĂ©Ă© par le Quatuor Schuppanzigh Ă  Vienne en 1809) : Ă  Vienne, Beethoven, cĂ©lĂšbre dĂ©jĂ  pour ses cycles symphoniques et de musique concertante (oĂč il crĂ©e lui-mĂȘme au clavier la plupart de ses Concertos pour piano), sait convaincre l’élite viennoise en lui offrant sa propre conception formelle du quatuor, aprĂšs l’ñge d’or incarnĂ© par son prĂ©dĂ©cesseur Haydn (et aussi Mozart). Parmi ses soutiens politiques, Razumovski qui est alors ambassadeur de Russie Ă  Vienne. EmblĂšme d’une modernitĂ© exigeante qui ne renonce Ă  aucune audace, l’Ɠuvre sĂ©duit immĂ©diatement par sa puissante architecture harmonique comme sa grande fluiditĂ© mĂ©lodique (andante con moto). Parmi les annotations laissĂ©es par Ludwig sur le document autographe, l’auteur affirme sa claire conscience artistique malgrĂ© sa surditĂ© : « «Ne garde plus le secret de ta surditĂ© mĂȘme dans ton art ». A croire que Schumann en avait compris l’incisive vĂ©ritĂ© : « ici Beethoven trouve ses motifs dans la rue, mais il en fait les plus belles paroles du monde ». Comme l’a fait Haydn mais de façon Ă©pisodique pour contraster l’ensemble de sa production, Beethoven inaugure ici, un procĂ©dĂ© propre aux grands Quatuors de la fin, ceux de la maturitĂ© souveraine : une introduction lente et sombre parfois introspective et lugubre afin de prĂ©parer Ă  la profondeur de ce qui suit et dĂ©jĂ  susciter l’attention et l’écoute attentive de son auditoire. Comme pour Janacek aprĂšs lui, Beethoven renouvelle le modĂšle de Haydn et fait du quatuor, le miroir musical de son Ăąme palpitante. Un gĂ©nial laboratoire intime qui manifeste ce que la musique peut dire ce que la voix ne saurait chanter.

 

Vendredi 18 juillet, 22h
Abbaye aux Dames
Quatuor ZaĂŻde

Joseph Haydn
(1732-1809)

Quatuor opus 50 n°6 : allegro en rĂ© majeur – poco adagio en rĂ© mineur – menuetto (allegretto) – allegro con spirito

Leos JanĂĄcek
(1865-1924)

Quatuor n°2 «lettreS intimes»  : andante – con moto – allegro adagio – vivace

moderato – andante – adagio allegro – andante – adagio

Ludwig van Beethoven
(1770-1827)

Quatuor opuS 59 n°3 : andante con moto- allegro vivace andante con moto quasi allegretto menuetto grazioso – allegro molto

Quatuor ZaĂŻde

Charlotte Juillard et Manon Philippe, violon

Sarah Chenaf, alto
Juliette Salmona, violoncelle

 

boutonreservation

Consultez l’ensemble de la programmation du festival de Saintes, les modalitĂ©s de rĂ©servations et les offres pacakagĂ©s plusieurs concerts, les conditions d’hĂ©bergement Ă  Saintes
 sur le site du festival de Saintes 2014

RĂ©servations par internet

par téléphone au  + 33 5 46 97 48 48

 

CD. Haydn : Les Saisons (Herreweghe, 2013)

haydn saisons herreweghe cd alphaCD. Haydn : Les Saisons (Herreweghe, 2013). VitalitĂ©, feu, panache et expressivitĂ© rustique (ivresse des chasseurs et des paysans qui se souviennent des Babyloniens pervertis dans Belshazzar de Haendel
) : cette nouvelle version des Saisons de Haydn a tout pour sĂ©duire et convaincre. ƒuvre de maturitĂ© (dernier oratorio), Les Saisons crĂ©Ă© en 1801, aprĂšs La CrĂ©ation, frappent ici par leur juvĂ©nilitĂ© rayonnante : une frĂ©nĂ©sie optimiste coĂ»te que coĂ»te qui regarde dĂ©jĂ  du cĂŽtĂ© de Beethoven


Philippe Herrreweghe poursuit avec ses fidĂšles instrumentistes de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, un travail millimĂ©trĂ© sur les sonoritĂ©s et l’esthĂ©tique des LumiĂšres, encore colorĂ©es par la tendance Empfindsamkeit (air de Lukas dans l’Hiver), et ce prĂ©romantisme qui regarde directement du cĂŽtĂ© de Mozart et mĂȘme de Weber. Tout au long de ses saisons, l’Orchestre seul ou immergĂ© dans l’accompagnement pĂ©dagogique des jeunes instrumentistes eux aussi sur instruments anciens du JOA (Jeune orchestre de l’Abbaye
 de Saintes) a dans ses gĂȘnes, l’interrogation critique des plus grandes Ɠuvres orchestrales, classiques et romantiques. Il s’écoule dans les veines des interprĂštes, ce sang viennois frappĂ© d’élĂ©gance et d’éclairs souriants. La transparence et cette agilitĂ© presque facĂ©tieuse transparaĂźssent surtout dans les ensembles comme l’atteste l’allant trĂšs solennel mais aussi festif et lumineux de dĂ©veloppement du Printemps et de l’ÉtĂ©, du final choral de l’Automne. Il y rĂšgne ce dramatisme mordant et bondissant Ă  la fois qui se rapproche de La FlĂ»te mozartienne, une Ă©vocation collective qui exprime dans sa noblesse miraculeuse la puissante et impĂ©nĂ©trable Nature, l’irrĂ©sistible oeuvre du CrĂ©ateur.

L’idĂ©al musical de Haydn s’accomplit ici, peut-ĂȘtre avec moins de tendresse que son oratorio prĂ©cĂ©dent La CrĂ©ation -plus angĂ©lique et d’une inspiration cĂ©leste-, mais l’effusion Ă©merveillĂ©e face au Paradis terrestre, vivace Ă  travers le cycle des Saisons se rĂ©alise – par la seule voix -il est vrai trĂšs privilĂ©giĂ©e de Simon (baryton)-, sans fausse pudeur, dans ce sentiment de franchise immĂ©diate permise par le format originel des instruments d’époque dont on ne louera jamais assez le profit instrumental, musical, esthĂ©tique
 La lecture apporte un gain de vĂ©ritĂ© et de sincĂ©ritĂ© qui Ă©carte toute Ă©paisseur trop majestueuse que beaucoup de versions prĂ©cĂ©dentes hĂ©las affichent, accrĂ©ditant davantage la rĂ©putation d’une Ɠuvre longue, si exigeante pour les solistes du fait de son endurante activitĂ©. Le plateau vocal allie tendresse, humanitĂ©, flexibilitĂ©, souvent grĂące lumineuse, tout Ă  fait respectueuse de l’esprit des LumiĂšres.

Joseph Haydn : Die Jahreszeiten ( Les Saisons, 1801). Collegium Vocale Gent, Maximilian Schmitt, Christina Landshamer, Philippe Herreweghe, Orchestre des Champs Elysées, Florian Boesch
 2 cd Phi. Durée : 2h09mn. Enregistrement réalisé en Autriche (Innsbruck, avril 2013).

Compte-rendu : Berrias-JalĂšs (07), le 10 juillet 2013. Cordes en ballade, 15e Ă©dition. Concert du Quatuor Akilone : Haydn, Mendelssohn, Paulet.

Vincent PauletC’est la quinziĂšme Ă©dition d’un festival au dĂ©but d’un Ă©tĂ© qui en est encore Ă  sa prĂ©paration de climat
Le Quatuor Debussy, initiateur de cette quinzaine ardĂ©choise, y organise des concerts – auxquels il participe, selon des formules originales, ainsi avec la compagnie marionnettites Emilie Valentin –, oĂč le jazz n’est pas oubliĂ©. Et trois Quatuors – « Nouveaux Talents » – travaillent avec le compositeur Vincent Paulet : Ă  JalĂšs, on y a Ă©coutĂ© les « Akilone », qui jouent son 2nd quatuor, en mĂȘme temps que Haydn et Mendelssohn. 

 

Garrigues et rive droite du RhĂŽne

 

Il y des festivals de (re) diffusion et de grande (re) distribution qui pratiquent, Ă  la plus grande joie du public, le concert parfois obtenu clĂ© en mains. Et puis ceux qui, sans nĂ©gliger les attentes du spectateur, oeuvrent en amont ou dans la coulisse pĂ©dagogique pour un partage et une transmission des savoirs. Ainsi en va-t-il, au dĂ©but habituellement brĂ»lant de l’étĂ© ardĂ©chois, d’un Cordes en Ballade que le Quatuor lyonnais Debussy a implantĂ© voici quinze ans entre rive droite du RhĂŽne, garrigues et montagne vivaraises. Les Debussy – et tout particuliĂšrement leur « premier »-fondateur, Christophe Collette, qui pratique cela en virtuose, avec un plaisir non dissimulĂ© – aiment ne pas garder pour leur carriĂšre d’ailleurs prestigieuse (une vingtaine de c.d.) une culture musicienne que leur AcadĂ©mie d’étĂ© dispense alors largement. Parmi les heureux bĂ©nĂ©ficiaires chambristes, des « niveau supĂ©rieur » sont admis Ă  l’honneur de donner concert(s). Voire mĂȘme, « nouveaux talents » en dialogue, de travailler avec un compositeur en rĂ©sidence, ici Vincent Paulet, qui confie Ă  trois groupes son Ɠuvre de quatuor Ă  cordes. C’est le mĂȘme esprit qui inspire les invitĂ©s de la session, en particulier deux Ă©toiles du firmament baroque, la violoniste HĂ©lĂšne Schmitt et la violoncelliste OphĂ©lie Gaillard, ou le Quatuor Arranoa, porteur de la musique russe. Le « terrain » est aussi trĂšs prĂ©sent, dans les stages ou associĂ© Ă  l’activitĂ© des concerts.

Une salle voûtée du XIIe

C’est Ă  la CroisĂ©e de JalĂšs – le plus Ă  l’ouest du territoire « en ballade »- qu’on aura pu Ă©couter les Akilone. JalĂšs, c’est le souvenir contre-rĂ©volutionnaire d’un soulĂšvement monarchiste et vieux catholique contre les Jacobins, dont les armĂ©es ne tardĂšrent pas Ă  les rĂ©duire. Et en termes de patrimoine mĂ©diĂ©val, une Commanderie de Templiers dont subsiste une salle du XIIe, sĂ©vĂšrement voĂ»tĂ©e en berceau de pierre grise et peut accueillir des concerts d’acoustique impressionnante et intime Ă  la fois : une Association fait visiter, organise lĂ  des confĂ©rences pendant l’étĂ©, et un mini-festival d’étĂ©, qui justement accueille les Akilone et 4 autres concerts, dont 3 de jazz. Les 4 jeunes instrumentistes d’Akilone se sont rencontrĂ©es au CNSM de Paris ; Ă  l’instar de leurs collĂšgues SuĂ©doises de Sjöströmska (un hommage au rĂ©alisateur de la Charrette FantĂŽme, qui fut aussi l’inoubliable Pr Borg dan les Fraises Sauvages de Bergman), et de ceux du Wassily (en paritĂ© fĂ©minin-masculin), les Akilone partagent les Quatuors de V.Paulet. A elles revient la 2nde de ces Ɠuvres, une partition dĂ©jĂ  ancienne – 1994- qui fut crĂ©Ă©e par les cousins lyonnais un peu aĂźnĂ©s des Debussy, les Ravel. Et tandis que gronde encore l’ultime orage de cette semaine qui en vit ici de superbes, des propos d’avant-concert permettent au compositeur, modeste et prĂ©cis, d’expliquer avec « ses » instrumentistes les grandes lignes d’une partition Ă  structure « classique » (6 mouvements dĂ©limitĂ©s), qui use de procĂ©dĂ©s d’écriture moderniste (pizz-Bartok, micro-intervalles, sons harmoniques).

Un romantisme de haute inspiration

V.Paulet est assez jeune – bientĂŽt la cap de la cinquantaine – pour n’avoir pas eu Ă  se dĂ©marquer du post-sĂ©rialisme dominateur, et assez fin autant que rigoureux pour dĂ©daigner tout formalisme paresseusement nĂ©o-tonalo-romantico-on-ne-sait-quoi.Ou s’il y a chez lui romantisme, ce serait l’écho du XIXe germanique (la poĂ©tique et la musicale), selon aussi la continuitĂ© d’un langage de haute tradition française, « de Franck Ă  Dutilleux via FaurĂ© ». Les Akilone, dans le concert, font prĂ©cĂ©der son « 2nd » d’un Haydn dĂ©licieusement plaisantin et plaisant, op.33/2) oĂč l’humoriste serviteur des Esterhazy a logĂ© en Intermezzo quelques glissandi et miaulements de chat joueur. Mais en 1er, 2e et 4e mouvements, quelles beautĂ©s : le thĂšme d’un allegro qui donne la sens ation de partir sur la route, le recueillement d’un largo – on ne sait jamais chez « Papa Josef (le Pieux) » quand prĂ©dominent la religion d’une priĂšre et l’humeur noire du Sturm und Drang . Quatre coups de fouet hachent alors le rĂ©cit intense, en Ă©cho de l’orage qui pourtant consent Ă  s’éloigner et rappellent un paysage violent du sentiment que le crĂ©puscule viendra bientĂŽt apaiser


Une simple « forme d’études » ?

Puis donc Vincent Paulet, qui dans le respect de la tradition française a « camouflĂ© » sous un titre couleur muraille anti-expressive (« en forme d’études ») sa dĂ©marche qui ainsi prolonge Chopin et Debussy. Mais dans ces six mouvements d’inĂ©gale longueur on croise des phases d’intensitĂ©, des stries de vĂ©hĂ©mence, des jeux violents ou d’élĂ©gance dĂ©tachĂ©e. N’est-ce pas pour mieux conduire Ă  l’admiration devant des « lenteurs » de temps suspendu, d‘accĂšs au mystĂšre (justement, les micro-intervalles et le songe de l’ « arco » ), des carillons glissĂ©s, des soupirs chuintĂ©s, une esquisse de choral, un jardin nocturne Ă  la Bartok. Ainsi va-t-on s’interrogeant sur les paradoxes, en cette partition apparemment trĂšs objectivĂ©e, sans Ă©motion revendiquĂ©e, sur ce qui en serait un centre spirituel. En tout cas, noble ouverture vers ce qui va donner toute sa plĂ©nitude au son chaleureux, unanime, parfois tendu – fĂ»t-ce vers le chant Ă©perdu de chacune, en moments privilĂ©giĂ©s qui pourtant ne sauraient nier la dĂ©marche commune vers la beautĂ© -, parfois s’apaisant, et qui se rĂ©percute si bien sous la voĂ»te de JalĂšs, comme si le Quatuor cherchait l’issue et en mĂȘme temps redoutait de la trouver trop vite.

La douleur de FĂ©lix l’Heureux

Cette Ɠuvre, audiblement trĂšs chĂšre aux Akilone (en italien, le vent du nord inspirateur,et le cerf-volant, symbole de libertĂ©) est passerelle entre la jeunesse d’un compositeur de 17 ans (pas loin d’elles, en somme !) et ce qu’il trouvera dans le dĂ©chirement de la sĂ©paration mortelle, deux dĂ©cennies plus tard : cet op.13, prĂ©-Ă©cho d’un ultime op.83, dit le dĂ©sarroi – esthĂ©tique seulement ? on en doute – que ressent Mendelssohn Ă  la mort de Beethoven, et dont la dimension mĂ©taphysique se vivra quand brutalement la sƓur bien-aimĂ©e, Fanny, disparaĂźtra, si peu de temps avant son mentor FĂ©lix
L’In Memoriam qu’est dĂ©jĂ  si pleinement cet op.13, les Akilone en ont saisi le tempo intĂ©rieur, presque effarĂ© devant le Poursuivant d’une chevauchĂ©e qui joint ici FĂ©lix Ă  Beethoven et plus encore Ă  Schubert. MĂȘme lorsque viennent les elfes, aprĂšs la valse triste de l’Intermezzo ou dans le 1er mouvement, on comprend que ces crĂ©atures sans corps, que Mendelssohn a souvent , convoquĂ©es, sont peut-ĂȘtre ses compagnons si impalpables et rapides pour fuir la minĂ©ralitĂ© du monde
.Au paradoxalement calmĂ© de l’adagio – pourtant suivi de plus ardente dĂ©ploration – succĂšde un terrible finale, parcouru de tremolos tragiques, course Ă  la mort et mĂ©lange de 15e Quatuor et de Erlkönig, clĂŽturant cette Ɠuvre dont on saisit mal qu’elle ne figure pas au panthĂ©on de tout le romantisme et oĂč la « forme en arche » se sublime, citant l’initial lied qui l’armature et ne cesse de nous parler du Temps.

Dali ?

Il est Ă©tonnant que nos si jeunes Akilone la saisissent encore mieux que la lĂ©gĂšretĂ© de « conversation » dans l’op.33 de Haydn. Que l’on mĂ©morise le nom de ces ardentes artistes : les violonistes Elise De Bendelac et Emeline ConcĂ© , l’altiste Louise Desjardins, la violoncelliste Lucie Mercat. Elles vont en Italie, dans des festivals français, ont un joli projet de thĂ©Ăątre musical autour des Ɠuvres de Salvador Dali. On leur souhaite des enregistrements (tiens, Mendelssohn ?). Et de ne pas se sĂ©parer comme dans leur charmant bis, coda de quatuor qui joue Ă  la Symphonie «Surprise », concluant gaiement leur parcours inspirĂ©.

Festival Cordes en ballade. Croisée de JalÚs (07), mercredi 10 juillet 2013. Quatuor Akilone : J.Haydn (1732-1809), op.33 n°2 ; F.Mendelssohn (1809-1847), op.13 ; V.Paulet (né en 1964), 2e Quatuor.

Illustration : Vincent Paulet (DR)

Compte-rendu : Saintes. Abbaye aux dames, le 21 mai 2013. Bach, Haydn, Mozart. La Symphonie des LumiĂšres. Nicolas Simon, direction.

Nicolas Simon chefPour clore une saison riche en Ă©vĂšnements et dĂ©couvertes, l’Abbaye aux dames invite le jeune orchestre ” La Symphonie des LumiĂšres ” dirigĂ© par Nicolas Simon, jeune chef prometteur, Ă©lĂšve entre autres de Philippe Herreweghe, ex membre des Siecles pour lesquels il fut et violoniste et assistant de Francois-Xavier Roth. Le nouvel orchestre est composĂ© Ă  80% de musiciens issus du Jeune Orchestre Atlantique (JOA) dont la vocation est de former sur instruments d’Ă©poque, de jeunes professionnels tout juste diplĂŽmĂ©s en les faisant jouer, au cours de sessions de travail d’une semaine (programme classique et romantique en alternance) sous la direction de chefs aguerris.
Nicolas Simon a lui aussi suivi la formation sur instruments anciens : il y a cultivĂ© sa passion pour une approche plus prĂ©cise et surtout magistralement vivante, selon la connaissance des styles et des pratiques d’Ă©poque.   Les jeunes gens prennent ainsi l’habitude de travailler avec des hommes et des femmes dont les techniques diffĂ©rentes sont au final autant d’atouts majeurs, de nouveaux dĂ©fis propices Ă  l’approfondissement et la comprĂ©hension de plus en plus fine des oeuvres.

Pour ce concert, les trois compositeurs du programme sont contemporains les uns des autres : Carl Philippe Emmanuel Bach (1714-1788), Joseph Haydn (1732-1809), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Les trois hommes se sont rencontrés et se sont mutuellement influencés au cours de leur carriÚre.

Chaque style incarnent Ă  sa façon l’esthĂ©tique Sturm und Drang (TempĂȘte et Passion), c’est l’inflexion du goĂ»t qui annonce l’essor d’un nouveau dramatisme sentimental, le romantisme … Le mouvement a inspirĂ© nombre de compositeurs en Europe en gĂ©nĂ©ral et dans les pays de langue allemande en particulier.

Le Concerto n°9 composé en 1777 par Wolfgang Amadeus Mozart
(1756-1791) qui l’a dĂ©diĂ© Ă  une jeune virtuose française : mademoiselle Jeunehomme d’ou le surnom du chef d’ouvre du jeune compositeur. La pianiste Vanessa Wagner s’installe au piano. La jeune femme, artiste Ă  l’activitĂ© dĂ©bordante, reconnue depuis plusieurs annĂ©es au niveau international, connait parfaitement le rĂ©pertoire Mozartien qu’elle aborde rĂ©guliĂšrement depuis ses dĂ©buts de concertiste. Elle aborde le concerto  tout en simplicitĂ©, faisant chanter les touches de l’instrument avec une grĂące  incomparable. L’accompagnement de l’orchestre et de son chef souligne agrĂ©ablement les harmonies que Mozart a savamment distillĂ© dans les pages composĂ©es pour le piano. C’est essentiellement le format sonore plus chambriste qui favorisant les Ă©quilibres entre les instruments rĂ©tabli la profondeur poĂ©tique de l’oeuvre : pleine de charme, de sensibilitĂ©, de gravitĂ© sous la caresse mĂ©lodique.

La direction ferme et souple de Nicolas Simon est agrĂ©able et la musique de Mozart, si complexe et pleine de piĂšges malgrĂ© son apparente facilitĂ© aussi bien pour l’orchestre que pour la soliste, est sublimĂ©e ; le geste sĂ»r et millimĂ©trĂ© fait rĂ©sonner la tendresse mozartienne, entre subtilitĂ© et finesse, sous les voutes de l’abbatiale.

Au retour de l’entracte, Nicolas Simon prend la parole pour prĂ©senter briĂšvement le mouvement Sturm und Drang qui a inspirĂ© Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788) et  Joseph Haydn (1732-1809). Le jeune chef parle d’ailleurs des deux compositeurs avec passion ; il en distingue les particularitĂ©s et les obstacles : tout ce qui fonde leur maniĂšre spĂ©cifique; il donne une interprĂ©tation dynamique et vivante de la symphonie hambourgeoise du fils du kantor de Leipzig (qui reunit le seul pupitre des cordes). L’oeuvre, sombre et tourmentĂ©e, comme nombre de piĂšces musicales, thĂ©Ăątrales ou picturales de cette pĂ©riode, est bien pensĂ© mais l’ensemble. Nicolas Simon rĂ©ussit pourtant, grĂące Ă  une direction limpide, Ă  livrer une lecture de l’oeuvre de Bach vivante, dynamique, s’appuyant sur des accents imprĂ©visibles mais justes.

C’est surtout dans la symphonie n°49 de Joseph Haydn (1732-1809) que le chef donne la pleine mesure de son talent de maestro; Haydn qui, lui aussi, compose son oeuvre en plein Sturm und Drang n’en propose pas moins une symphonie plus allante et dynamique que celle du fils Bach : un concentrĂ© d’Ă©lĂ©gance et de retenue, pourtant nuancĂ©e par l’humour et la facĂ©tie (trait spĂ©cifique au Viennois). Et Nicolas Simon, pourtant trĂšs bon dans l’ouvre prĂ©cĂ©dente, est excellent pour diriger une symphonie qui l’inspire visiblement beaucoup.

Jeune formation en devenir et dĂ©jĂ  convaincante par sa fermetĂ© stylistique et son tempĂ©rament sonore, la Symphonie des LumiĂšres rĂ©unit des anciens du Jeune Orchestre Atlantique; ils y ont la possibilitĂ© de s’accomplir dans un collectif marquĂ© par la complicitĂ© et le souci de la prĂ©cision comme de l’expression. FormĂ© dans la mĂȘme Ă©cole, Nicolas Simon promet demain de figurer parmi les directions les plus inventives et les plus dĂ©fricheuses qui soient. L’approche sur instruments anciens a non seulement de beaux jours devant elle mais peut compter grĂące Ă  un tempĂ©rament aussi captivant, de prochaines dĂ©couvertes Ă  venir.  Que Saintes accueille le premier concert de La Symphonie des LumiĂšres en Charente-Maritime est logique : ici de jeunes musiciens sur instruments d’Ă©poque ont appris leur mĂ©tier ; ce soir, ils jouent ensemble au sein de l’orchestre que l’un d’entre eux a eu le courage et la tĂ©nacitĂ© de fonder. C’est un beau symbole de continuitĂ© et d’accomplissement. Formation Ă  suivre.

Saintes. Abbaye aux dames, le 21 mai 2013. Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788) : symphonie hambourgeoise en si bĂ©mol majeur; Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie N°49 en fa mineur; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : concerto pour piano N°9 “jeunehomme”. La Symphonie des LumiĂšres; Vanessa Wagner, pianoforte. Nicolas Simon, direction.