Les 7 Paroles du Christ par l’Atelier Lyrique de TOURCOING

CHRIST-oratorio-concert-opera-haydn-critique-annonce-opera-classiquenewsTOURCOING, Dim 17 mars 2019. HAYDN : 7 dernières paroles du Christ. Mélodiste de génie, Joseph Haydn a composé plusieurs versions des 7 dernières paroles du Christ dont une pour quatuor à cordes, que l’Atelier Lyrique de Tourcoing propose d’entendre, avec la complicité de 4 solistes familiers de la troupe : Maïlys de Villoutreys, Ambroisine Bré, Robert Getchell, Alain Buet et l’Académie Ste Cécile dirigée par Philippe Couvert.
La verve dramatique de Haydn est bien connue. L’inventeur du genre symphonique et du quatuor à cordes à Vienne, a aussi illuminé tous les genres liés au chant et au théâtre lyrique. Habile autant qu’inspiré, c’est à dire doué d’élégance comme de profondeur, Joseph Haydn a su aussi renouveler le genre sacré en proposant sa propre conception du drame intimiste sur un sujet tragique : les souffrances du Christ sur la croix. Sujet de déploration et de terreur, suscitant compassion et sublimation spirituelle, l’œuvre méritait un nouveau cadre formel, que le compositeur réalise en différents dispositifs, à Tourcoing, avec chanteurs, chœur et orchestre resserré.

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TOURCOINGboutonreservation
Église Saint-Christophe
Dimanche 17 mars 2019, 15h30
(durée 1h30)

Joseph Haydn (1732-1809)
LES SEPT PAROLES DU CHRIST EN CROIX
Die Sieben Letzten Worte Unseres Erlösers Am Kreuze.
Hob XX-4

Version pour quatuor à cordes, quatuor de solistes vocaux, choeur mixte et orgue
Maïlys de Villoutreys, soprano
Ambroisine Bré, mezzo-soprano
Robert Getchell, ténor
Alain Buet, baryton
Choeur régional des Hauts de France
Académie Sainte Cécile en quatuor
(Philippe Couvert / violon I, Sandrine Naudy / violon II, Jean-Luc Thonnerieux / alto, Dominique Dujardin / violoncelle)
Philippe Couvert, direction

BILLETTERIE EN LIGNE
www.atelierlyriquedetourcoing.fr

TARIFS :
Plein 20€, réduit 16€, -28 ans 10€, -18ans 6€

christ-haydn-sept-paroles-du-christ-en-croix-grand-format-tourcoing-GF-classiquenews-annonce-concert-festival-opera-classiquenews-critique-opera

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haydn joseph-crop-412x332ORATORIO CHAMBRISTE ET TRAGIQUE… La commande remonte à l’année 1786, quand il reçoit une importante commande venue de la Cathédrale de Cadix en Andalousie. Il s’agissait d’écrire une partition uniquement orchestrale destinée à illustrer les Sept dernières paroles du Christ pour un oratorio réalisé comme chaque année, durant le carême. Au final, les Sept Paroles furent destinées, non pas à la cathédrale de Cadix, mais à l’église de Santa Cueva, construite à l’intérieur d’une grotte (Vendredi Saint de 1787) : la représentation du Mystère, souffrance, mort et résurrection du Christ sont sublimés par le cadre naturel, où jouent l’ombre et la lumière, en un clair-obscur pictural digne du Caravage (mais que reprend l’admirable génie de Velasquez dans sa propre vision du Christ agonisant sur la croix, 1632. cf notre illustration).
Le cycle original comprend sept sonates avec une introduction et un tremblement de terre à la fin, pour grand orchestre. Les tempos sont lents, ils cultivent la méditation propre au genre de l’oratorio (en particulier du sepolcro, propre au XVIIè à Vienne) et préparent au coup de théâtre, le Terremoto final (tremblement de terre au moment de la mort du Christ). Le souci des tonalités, des thèmes, des rythmes régénère pendant toute leur succession, les 7 sonates ainsi enchaînées. Haydn composa ensuite, une version pour quatuor de solistes et quatuor à cordes. Intimiste et fulgurante, la version est à l’affiche de Tourcoing, ce 17 mars 2019. Concert événement.

TOURCOING : les 7 Paroles du Christ (1787)

CHRIST-oratorio-concert-opera-haydn-critique-annonce-opera-classiquenewsTOURCOING, Dim 17 mars 2019. HAYDN : 7 dernières paroles du Christ. Mélodiste de génie, Joseph Haydn a composé plusieurs versions des 7 dernières paroles du Christ dont une pour quatuor à cordes, que l’Atelier Lyrique de Tourcoing propose d’entendre, avec la complicité de 4 solistes familiers de la troupe : Maïlys de Villoutreys, Ambroisine Bré, Robert Getchell, Alain Buet et l’Académie Ste Cécile dirigée par Philippe Couvert.
La verve dramatique de Haydn est bien connue. L’inventeur du genre symphonique et du quatuor à cordes à Vienne, a aussi illuminé tous les genres liés au chant et au théâtre lyrique. Habile autant qu’inspiré, c’est à dire doué d’élégance comme de profondeur, Joseph Haydn a su aussi renouveler le genre sacré en proposant sa propre conception du drame intimiste sur un sujet tragique : les souffrances du Christ sur la croix. Sujet de déploration et de terreur, suscitant compassion et sublimation spirituelle, l’œuvre méritait un nouveau cadre formel, que le compositeur réalise en différents dispositifs, à Tourcoing, avec chanteurs, chœur et orchestre resserré.

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TOURCOINGboutonreservation
Église Saint-Christophe
Dimanche 17 mars 2019, 15h30
(durée 1h30)

Joseph Haydn (1732-1809)
LES SEPT PAROLES DU CHRIST EN CROIX
Die Sieben Letzten Worte Unseres Erlösers Am Kreuze.
Hob XX-4

Version pour quatuor à cordes, quatuor de solistes vocaux, choeur mixte et orgue
Maïlys de Villoutreys, soprano
Ambroisine Bré, mezzo-soprano
Robert Getchell, ténor
Alain Buet, baryton
Choeur régional des Hauts de France
Académie Sainte Cécile en quatuor
(Philippe Couvert / violon I, Sandrine Naudy / violon II, Jean-Luc Thonnerieux / alto, Dominique Dujardin / violoncelle)
Philippe Couvert, direction

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www.atelierlyriquedetourcoing.fr

TARIFS :
Plein 20€, réduit 16€, -28 ans 10€, -18ans 6€

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haydn joseph-crop-412x332ORATORIO CHAMBRISTE ET TRAGIQUE… La commande remonte à l’année 1786, quand il reçoit une importante commande venue de la Cathédrale de Cadix en Andalousie. Il s’agissait d’écrire une partition uniquement orchestrale destinée à illustrer les Sept dernières paroles du Christ pour un oratorio réalisé comme chaque année, durant le carême. Au final, les Sept Paroles furent destinées, non pas à la cathédrale de Cadix, mais à l’église de Santa Cueva, construite à l’intérieur d’une grotte (Vendredi Saint de 1787) : la représentation du Mystère, souffrance, mort et résurrection du Christ sont sublimés par le cadre naturel, où jouent l’ombre et la lumière, en un clair-obscur pictural digne du Caravage (mais que reprend l’admirable génie de Velasquez dans sa propre vision du Christ agonisant sur la croix, 1632. cf notre illustration).
Le cycle original comprend sept sonates avec une introduction et un tremblement de terre à la fin, pour grand orchestre. Les tempos sont lents, ils cultivent la méditation propre au genre de l’oratorio (en particulier du sepolcro, propre au XVIIè à Vienne) et préparent au coup de théâtre, le Terremoto final (tremblement de terre au moment de la mort du Christ). Le souci des tonalités, des thèmes, des rythmes régénère pendant toute leur succession, les 7 sonates ainsi enchaînées. Haydn composa ensuite, une version pour quatuor de solistes et quatuor à cordes. Intimiste et fulgurante, la version est à l’affiche de Tourcoing, ce 17 mars 2019. Concert événement.

CD, compte rendu critique. Haydn : La Reine. Rigel, Sarti (Le Concert de la Loge, Julien Chauvin, 1 cd Aparté, mars 2016)

Le concert de la loge julien chauvin haydn la reine RIgel Sarti JC Bach cd review, cd critique compte rendu critique cd classiquenewsCD, compte rendu critique. Haydn : La Reine. Rigel, Sarti (Le Concert de la Loge, Julien Chauvin, 1 cd Aparté, mars 2016). Voici donc le premier cd du collectif rassemblé, piloté, électrisé par le violoniste Julien Chauvin : Le Concert de la Loge. D’emblée, la Symphonie n°4 de Rigel, mort en 1799, emblématique de cette nervosité frénétique post gluckiste (les réminiscences de son Orphée et Eurydice français sont bien perceptibles ici), fait valoir les qualités expressives de l’orchestre sur instruments anciens : les cordes vibres, claquent, vrombissent, très affûtées, efficaces, d’un relief mordant, d’une élégance parisienne totalement irrésistible. Le calibrage très fin de la sonorité, la caractérisation filigranée que permet aujourd’hui les instruments d’époque (cordes, cor, hautbois, bassons…) permettent de percevoir ce fini racée, nerveux, en effet véritablement frénétique propre à la période où travaille travaille Rigel, c’est à dire en peine esthétique préclassique et préromantique, réponse au Sturm und Drang germanique. Ainsi ressuscite le son et l’engagement expressif du Concert de la loge dirigé par Viotti au XVIIIIè, actif au sein du Concert des Amateurs jusqu’en janvier 1781, puis au Louvre, salle du Pavillon de L’Horloge (d’époque Louis XIIII), à partir de janvier 1786. La coupe syncopée, le flux mordant et palpitant, la vitalité générale milite en faveur du collectif réuni, piloté par Julien Chauvin.
S’inspirant des concerts éclectiques au Concert Spirituel, offrant aux parisiens des programmes mi lyriques mi symphoniques, Julien Chauvin ajoute au programme purement symphonique Rigel / Haydn, des extraits lyriques d’époque : ici l’air de Sélène, extrait de Didone Abbandonata de Giuseppe Sarti (1762), prière à l’adresse d’Enée, d’un coeur amoureux, implorant que le héros demeurât in loco à Carthage… Eloquente, d’une couleur tragique, désespérée, le soprano ardent, vif, impliqué, comme blessé, de Sandrine Piau, éblouit par sa grâce musicale, la justesse des intentions expressifs et une style qui sert avant tout le texte.
CLIC D'OR macaron 200Le clou du programme, en conformité avec les concerts données à Paris par Le Concert de la Loge reste évidemment la Symphonie La Reine de France (n°85), de Joseph Haydn. L’époque est celle de l’esthétique européenne prônée par Marie-Antoinette, d’un éclectisme nerveux, tendu, élégant – la souveraine est capable de favoriser après son cher Gluck, Sacchini, Piccini, Gossec, Jean Chrétien Bach … : cordes ardentes, frémissantes, à l’unisson précis, fluide ; harmonie calibrée, nette et précise pour un son global d’une absolue clarté. Julien Chauvin veille à l’élasticité électrique des instrumentistes de son ensemble. Le premier mouvement n’est que tension et frénésie, les cordes admirables de galbe ; le climat électrique que le chef instille au collectif trouve un équilibre irrésistible entre cordes, bois, vents et cuivres. La rusticité affichée par l’énoncé du motif du second mouvement à la flûte, distille ce caractère de chasse (cors pleins de panache), cette superbe un rien bravache qui nourrit là encore la vitalité des respirations. Le Menuet est fiévreux, enivré, taquin, d’une articulation subtile et facétieuse, avec propre à l’Orchestre du Concert de la Loge, une vivacité du trait qui confirme les excellentes capacités des instrumentistes : Julien Chauvin réussit par son sens de l’élégance, des couleurs instrumentales (hautbois, flûtes, bassons…). Le finale, Presto captive par sa coupe frénétique, ses syncopes admirablement tempérées par le geste nerveux et élégant de l’ensemble. De toute évidence, le premier cd du Concert de la Loge affirme une excellente vivacité, une finesse d’intention superlative. A quand la suite ? CLIC de Classiquenews d’octobre 2016.

CD, critique compte rendu. Le Concert de La Loge, Julien Chauvin : Rigel, Sarti, JC Bach, Haydn (Symphonie La Reine). 1 cd Aparté

CD, compte rendu critique. HAYDN 2032 : Il Giardino Armonico. Giovanni Antonini (1 cd Alpha — 2015)

haydn-2032-solo-e-pensoso-il-giardino-armonico-francesca-aspromonte-cd--alpha-review-compte-rendu-critique-cd-CLIC-de-classiquenews-juillet-2016CD, compte rendu critique. HAYDN 2032 : Il Giardino Armonico. Giovanni Antonini (1 cd Alpha — 2015). SUPERBE PROGRAMME HAYDNIEN. Haydn devient un défi nouveau pour tous les ensembles sur instruments d’époque : c’est que la vivacité élégantissime et souvent facétieuse, brillante mais hyper subtile de l’écriture haydnienne est aussi un formidable champs d’expérimentation pour les couleurs instrumentales, défi à relever entre autres, pour toute formation digne de ce nom, outre l’articulation et la précision rythmique requises. Chaque orchestre souhaite tôt ou tard revenir à Haydn, source inépuisable du classicisme viennois. Tous les chefs depuis Norrington, Brüggen, ou le plus récent Ottavio Dantone (LIRE la critique complète du récent coffret Decca de l’intégrale Haydn sur instruments d’époque, CLIC de classiquenews de juin 2016) cherchent le bon tempo, la pulsation heureuse, à la fois vibrante et mordante, mais jamais creuse, la juste palette de couleurs justement ; le geste précis et ciselé, à la fois profond, fluide et surtout très expressif.
antonini giovanni portrait_antoniniCLIC_macaron_2014Dans ce programme, la sélection retenue par le chef d’Il Giardino Armonico donne raison au maestro Giovanni Antonini, sa sensibilité poétique et dramatique, soucieuse de cohésion comme de contrastes : le nerf, la subtilité des nuances réalisées, la vitalité générale aux côtés de l’opulence sonore et la sûreté expressive de chaque instrumentiste font toute la valeur de ce Haydn, digne créateur à la fois classique aux cotés de Mozart, et déjà romantique en bien des aspects – sturm und drang du largo d’ouverture de L’Isola disabitata Hob XVIII:9 : comme dans la Symphonie n°42, chef et instrumentistes se délectent à ciseler chaque séquence en une urgence souple et justement expressive. Ce travail du détail et aussi de l’architecture dramatique d’ensemble est superlatif : rien de pompeux, ni de creux, mais au contraire une vitalité qui fait jaillir pour chaque séquence, une vérité de l’instant, idéale et prenante. La Symphonie n°64 regorge de saine allure rythmique qui éblouit dans le menuet, entre autres, avec en prime propre aux instrumentistes italiens, cette âpreté mesurée, d’une finesse souple admirablement canalisée. Distinguons ce lâcher prise de l’excellente corniste Anneke Scott (la musicalité incarnée), soliste superlative qui vient d’ailleurs de participer à la réussite de la récente tournée de la Messe en si mineur de JS Bach sous la direction de William Christie à Cuenca, Barcelone, Leipzig entre autres en juin 2016. Son niveau atteste aujourd’hui de l’exceptionnelle maîtrise sur instrument ancien, y compris les cuivres d’époque, pourtant si délicats à contrôler…

 

 

 

De Pétrarque au Sturm un Drang
Antonini signe un Haydn éclectique, génial, inspirant

 

 

aspromonte francesca soprano haydn penso solo haydn 2032 portrait_aspromonteDonnant son sous-titre à l’album, l’air Solo e pensoso hob XIV B:20 est un chef d’oeuvre de mesure intérieure, c’est à dire d’équilibre proprement viennois, comme un crépuscule d’une ivresse enchantée. La voix de la claire et subtile soprano Francesca Aspromonte (née en 1991) en cisèle vocalement chaque arête vive, chaque éclat d’un texte qui rappelle combien tout marcheur en pleine nature fut-il solitaire et recueilli, ne peut que reconnaître la silencieuse compréhension de la nature, miroir et écho naturel de ses tourments amoureux. Une réflexion musicale qui débute introspective et sereine puis se déploie en un ravissement plus conquérant et brillant, motif d’une virtuosité élégantissime pour la soliste. Les qualités de naturel et d’articulation de la soprano confirment ici notre impression dans un précédent album, où elle participait à un cycle nouveau de résurrection dédié aux oratorios de Stradella (LIRE notre critique complète du cd Santa Editta de Stradella, CLIC de classiquenews de mai 2016).
La Symphonie n°4 qui conclue le programme souligne ce parfum d’éloquence légère voire d’insouciance bien éloigné des contrastes plus dramatiques et tendus des 42 et 64. La souplesse que parviennent à déployer et colorer chef et instrumentistes convainc totalement. En somme, Giovanni Antonini aux côtés d’Ottavio Dantone s’affirme comme un Haydnien de premier ordre. Voilà qui augure de belles réalisations à venir puisque ce volume s’inscrit dans un cycle plus vaste dédié à Haydn, et intitulé “Haydn 2032″. Volet majeur d’une collection thématique à suivre désormais pas à pas sur classiquenews. Alpha annonce en effet une intégrale Haydn par Giovanni Antonini, d’ici 2032, année faste qui marquera les 400 ans de la naissance du compositeur.

 

 

CD, compte rendu critique. HAYDN 2032 : Il Giardino Armonico. Giovanni Antonini (1 cd Alpha — 2015)

 

 

Haydn – Concerto n° 11 – 2ème mouvement adagio (partition interactive pour PIANO)

Icône_1024x1024_HaydnHaydn – Concerto n° 11 – 2ème mouvement adagio (partition interactive pour PIANO). Concerto classique des Lumières. Le fameux Concerto en ré majeur (Hob. XVIII.11) est l’un des plus célèbre de Joseph Haydn, mentionné dès 1782 et probablement déjà créé à cette date avec un immense succès, puis édité simultanément en 1784 à Paris et à Vienne. Haydn pourrait même l’avoir joué à Vienne dès 1780 : emblème du goût raffiné et enjoué de l’esprit des Lumières si typiquement viennois – mêlant dans le cas de Haydn, facétie virtuose et élégance stylistique-, le Concert séduit immédiatement par cet équilibre entre expressivité et mesure. Il est en trois mouvements.

Le Vivace initial fait dialoguer tous les instruments avec cette expressivité proche de l’opéra mais dans un cadre essentiellement clair et harmonieux. Le Poco adagio en la majeur  séduit par le caractère vocal (opératique) de l’ample partie ornementée, réservée au piano : le caractère en est des plus gracieux, avec cette élégance spécifiquement viennoise que Mozart au même moment sait favoriser avec le même goût et la même maîtrise. Enfin le 3ème mouvement, est un Allegro assai : franche vivacité, entrain caractérisé, à la hongroise singularisent l’invention de ce dernier épisode dans lequel le compositeur pourrait bien recycler des éléments de folklore appris auprès de musiciens hongrois alors au service de son patron, au château d’Esterhaza non loin de Vienne. La délicatesse, la finesse, surtout l’humour règnent dans le Concerto en ré majeur, avec une fluidité naturelle qui écarte toute préciosité.

L’éditeur de partitions interactives Tombooks propose de jouer le 2ème mouvement Adagio du Concerto pour piano n°11 de Joseph Haydn. 

bouton partitionDECOUVREZ la partition interactive du 2ème mouvement adagio du Concerto pour piano n°11 de Joseph Haydn, éditée par Tombooks

Niveau de difficulté : intermédiaire (4-5)
Type de partition : avec accompagnement de l’orchestre
Prix de la partition : 4,99 euros

Bénéfices de la partition interactive éditée par Tombooks :

Avec l’application pour iPad Play HAYDN2ème mouvement Adagio du Concerto pour piano n°11, Tombooks révolutionne la partition musicale:

- Jouez dans votre salon accompagné par d’autres musiciens, comme dans une salle de concert
- Adaptez le tempo de l’accompagnement à votre niveau
- Ajouter vos annotations personnalisées à la partition et imprimez-là
- Enregistrez-vous et réécoutez-vous
- Partagez vos enregistrements et vos partitions annotées avec votre professeur ou vos amis

Présentation vidéo de l’application proposée par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition défile sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprétation du morceau. Durée de la vidéo : 7mn40.

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Haydn – Concerto n° 11 – 3ème mouvement Rondo all’Ungarese (partition interactive pour PIANO)

Icône_1024x1024_HaydnHaydn – Concerto n° 11 – 3ème mouvement Rondo all’Ungarese (partition interactive pour PIANO). Concerto classique des Lumières. Le fameux Concerto en ré majeur (Hob. XVIII.11) est l’un des plus célèbre de Joseph Haydn, mentionné dès 1782 et probablement déjà créé à cette date avec un immense succès, puis édité simultanément en 1784 à Paris et à Vienne. Haydn pourrait même l’avoir joué à Vienne dès 1780 : emblème du goût raffiné et enjoué de l’esprit des Lumières si typiquement viennois – mêlant dans le cas de Haydn, facétie virtuose et élégance stylistique-, le Concert séduit immédiatement par cet équilibre entre expressivité et mesure. Il est en trois mouvements.

Le Vivace initial fait dialoguer tous les instruments avec cette expressivité proche de l’opéra mais dans un cadre essentiellement clair et harmonieux. Le Poco adagio en la majeur  séduit par le caractère vocal (opératique) de l’ample partie ornementée, réservée au piano. Enfin le 3ème mouvement, est un Allegro assai : franche vivacité, entrain caractérisé, à la hongroise singularisent l’invention de ce dernier épisode dans lequel le compositeur pourrait bien recycler des éléments de folklore appris auprès de musiciens hongrois alors au service de son patron, au château d’Esterhaza non loin de Vienne. La délicatesse, la finesse, surtout l’humour règnent dans le Concerto en ré majeur, avec une fluidité naturelle qui écarte toute préciosité.

L’éditeur de partitions interactives Tombooks propose de jouer le 3ème mouvement Rondo all’Ungarese du Concerto pour piano n°11 de Joseph Haydn. 

 
 

bouton partitionDECOUVREZ la partition interactive du 3ème mouvement Rondo all’Ungarese du Concerto pour piano n°11 de Joseph Haydn, éditée par Tombooks

 
 

Niveau de difficulté : intermédiaire (4-5)
Type de partition : avec accompagnement de l’orchestre
Prix de la partition : 4,99 euros

 
 
 

Bénéfices de la partition interactive éditée par Tombooks :

Avec l’application pour iPad Play HAYDN – 3ème mouvement Rondo all’Ungarese du Concerto pour piano n°11, Tombooks révolutionne la partition musicale:

- Jouez dans votre salon accompagné par d’autres musiciens, comme dans une salle de concert
- Adaptez le tempo de l’accompagnement à votre niveau
- Ajouter vos annotations personnalisées à la partition et imprimez-là
- Enregistrez-vous et réécoutez-vous
- Partagez vos enregistrements et vos partitions annotées avec votre professeur ou vos amis

 
 
 

Présentation vidéo de l’application proposée par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition défile sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprétation du morceau. Durée de la vidéo : 4mn26.

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http://youtu.be/4mMY1_umfAk

 
 
 

CD. Haydn : Symphonies Parisiennes (Sir Roger Norrington, SOny classical, 2013)

haydn symphonies parisiennes norrington sony classical cd 88875021332CD, compte rendu, critique. Haydn : 6 Symphonies parisiennes (Norrington, juillet 2013). Composées en 1785 et 1786, les 6 Symphonies parisiennes n°82 à 87, marquent un nouveau jalon dans la maturation artistique de Haydn : alors qu’il sert son patron à Esterhaza surtout en matière d’opéras bouffes (d’une veine comique dont la subtilité égale celle de Mozart et aussi annonce Rossini), Haydn livre plusieurs cycles de musique purement instrumentale et symphonique pour l’extérieur : avant ses concerts mémorables à Londres, Paris lui ouvre les bras à travers le Comte d’Ogny qui commande pour le Concert de la Loge Olympique, plusieurs symphonies nouvelles dans le goût nouveau, c’est à dire des Lumières, classique, véritable sommet de la Symphonie viennoise. Les premières symphonies furent créées à Paris en 1787 et très vite reprises partout en Europe.

 

 

Sir Roger Norrington cisèle la facétie inventive des Parisiennes de Haydn (1785-1786)

6 sommets de l’élégance viennoise pour Paris

 
 

norringotn-sir-roger-joue-haydn-symphonies-parisiennes-cd-sony-classical-clic-de-classiquenews-582-594

 
 

Les Symphonies 87 et 85 rassemblent les qualités de ce coffret et démontrent les arguments du pétillant Norrington, capable de ciseler et varier les effets avec la complicité d’un orchestre sur instruments modernes. Preuve qu’il ne suffit pas jouer sur des cordes en boyau pour réussir l’interprétation. Il y a aussi des questions de styles et de jeu qui pèsent de tout leur poids. Stylistiquement, l’interprétation de Norrington s’impose indiscutablement. Dès la 87, saluons l’étonnante vigueur du propos qui préambule au superbe Adagio, de structure rhapsodique, en ré majeur laisse s’épanouir l’intelligence de l’orchestration : en particulier l’étonnante cadence pour les vents, d’une finesse d’inspiration spécifiquement viennoise et haydnienne… (flûtes et hautbois pleins de fraîcheur pastorale, contrastant avec la gravité à pas mesurés des cors). Les instrumentistes zurichois suivent la tendresse amusée du chef dans le Menuet, au rythme haletant, d’une couleur balkanique, avec le solo de hautbois virtuosissime dans le trio. L’équilibre, l’économie des effets, la facétie raffinée, l’élégance du ton préserve toujours la noblesse pudique de Haydn.
La 85, dite “Reine de France”, hommage à la protectrice des arts à quelques années de la Révolution, s’impose aussi par la justesse des intentions et du style choisi, défendu, développé par Norrington et l’Orchestre de chambre de Zurich. La romance française citée en ouverture du second mouvement (la gentille et jeune Lisette) s’adresse directement à Marie-Antoinette qui de fait l’applaudit particulièrement. Datée de 1785, c’est le sommet absolu du cycle : trépidante, et raffinée, elle exige motricité des cordes, dynamiques précises, et accents calibrés des vents comme des cuivres (cors). La simplicité, l’élégance, et ce parfum de populaire parfaitement recyclé, caractérisent en effet l’une des meilleures réussites symphoniques de Haydn.  Norrington sait admirablement caractériser l’élégance aristocratique du Menuet et la charge plus plébéienne du trio, comme un résumé de toute la société du XVIIIè, celle d’avant la Révolution : codée, hiérarchisée, polissée et aussi corsetée. En usant d’une infime subtilité, Haydn sait varier les formes de la structure jusque dans le choix nouveau du rondo-sonate pour l’ultime mouvement (Finale, Presto).

CLIC D'OR macaron 200La tenue des autres symphonies dont la célébrissime Ours (au tempérament martial) est de la même eau : on reste surpris par l’imagination fertile, somptueusement évocatrice du chef Norrington, averti, expert de l’approche historiquement informée. Ce qu’a à nous dire le maestro relève du prodige : comme Harnoncout et pourtant ici sur instruments modernes, il nous surprend, dévoile la langue jamais répétitive, la syntaxe expérimentale de chaque symphonie. D’Esteraza, Haydn allait plonger dans un affadissement de son écriture instrumentale. Opportune, la commande venant de Paris, lui permet de satisfaire ses ambitions les plus audacieuses : l’inspiration n’a jamais été aussi impétueuse, risquée, poétiquement juste. Défi pour tout orchestre de chambre, chaque Symphonie parisienne est un opéra en soi, un drame aux milles rebondissements. Il appartient au chef et à ses instrumentistes de révéler l’invention permanente de l’écriture, d’en ciseler le relief et d’en défendre la trépidante énergie. Ce que réussit idéalement Sir Roger. Très convaincant.

 

 

Joseph Haydn : 6 Symphonies parisiennes, n°82-87 (1785-1786). Zurich Chamber Orchestra. Sir Roger Norrington, direction. 3 cd Sony classical 88875021332. Enregistré à Zurich en juillet 2013.

 

 

 

Armida de Haydn à Clermont-Ferrand

centre-lyrique-clermont-ferrand-logoClermont-Ferrand, Opéra. Haydn : Armida. Les 25 et 26 février 2015. Musulmane envoûtante, Armida est une enchanteresse puissante et véhémente mais démunie face à l’amour que lui inspire le beau croisé Renaud. D’après la fable héroïque et sentimentale, La Jérusalem Délivrée du Tasse, le chevalier chrétien la voit en ennemi mais le miracle des sentiments fait basculer la fatalité des armes vers la réconciliation finale. Le dernier opéra que compose Haydn pour la Cour de son patron à Esterhaza, soit en 1783, est contemporain des prouesses du jeune Mozart : Idomeneo et L’Enlèvement au sérail.

Armida de Haydn en tournéeLa metteure en scène Marianne Clément imagine ici en guise de front guerrier, une confrontation actuelle et sociétale : les pro et les anti mariage pour tous. Armida est un homme dont Rinaldo est tombé amoureux; Idreno, le roi sarrasin (oncle d’Armide) est lui farouchement contre les gays… Si les décors n’ont pas convaincu nos rédacteurs, en revanche la distribution séduit et convainc : le soprano vif argent de Chantal Santon, familière des partitions du dernier baroque et du premier classicisme (celui des Lumières) étincelle dans le rôle titre masculinisé ; et son partenaire Juan Antonio Sanabria fait un Rinaldo tendre, palpitant, profond. A la hauteur de la partition d’un Haydn aussi efficace et délicat, raffiné et dramatique que Mozart. Evènement à l’Opéra Théâtre de Clermont Ferrand. LIRE la critique de notre rédacteur Emmanuel Andrieu à l’Opéra de Reims, le 16 janvier 2015.

Haydn : Armida à l’Opéra de Clermont Ferrand : les 25 et 27 février 2015, 20h. Drame héroïque en trois actes d’après Le Tasse.

Prochaine production à l’Opéra Théâtre de Clermont Ferrand, Lucia di Lammermoor de Donizetti, les 12, 14 mars 2015 avec Burcu Uyar dans le rôle de Lucia…

Armida de Joseph Haydn en tournée

Opéra en tournée. Haydn : Armida. 16 janvier > 10 mars 2015. D’après La Jérusalem délivrée, Armida de Haydn reste une perle lyrique méconnue, jalon contemporain du théâtre mozartien et déjà préromantique. Armide, princesse des Sarrazins, est aimée du chevalier chrétien Renaud. Celui-ci lui promet son soutien dans la guerre imminente qui devrait les opposer. Mais Ubaldo et Clotarco, guerriers des Croisades, amis de Renaud, le rappellent à sa foi et à ses serments. De plus, lui seul détient le pouvoir de briser le myrte magique d’Armide. Tiraillés entre devoir et sentiments, Renaud, tout comme Armide, sont déchirés par la douleur amoureuse.

haydn-joseph-582-420-grand-portrait-classiquenewsAprès Lully et Gluck, deux auteurs qui ont mis en musique le livret de Quinault à Paris, Joseph Haydn pour la Cour autrichienne d’Ezsterhaza, traite la lyre héroïque, sentimentale et tragique du mythe d’Armide, mythe de l’impuissance amoureuse : Armide comme Renaud incarnent le poison d’un sentiment qui les mène inéluctablement à leur perte.  Chez Gluck déjà, l’ambivalence des sentiments d’Armide formait le noyau de l’action : en une scène véritable d’exorcisme, mené par la haine, Armida voulait échapper à l’amour et l’arrachant de son cÅ“ur… mais c’était mourir et la femme amoureuse ne pouvait totalement répudier son aimé.. Ici, rappelé à son engagement guerrier, Renaud a percé l’intimité de la magicienne avec d’autant plus de puissance qu’il sait comment briser le  myrte magique de la princesse. Les comédies dans le genre buffa de Haydn sont bien connues et d’autant plus explorées que l’auteur reconnaissait son infériorité dans le genre grave et tragique comparé à son cadet Mozart. De fait, les comédies de Haydn sont mieux estimées depuis l’intégrale signée par Antal Dorati (Il Mundo della luna…).  Déjà le Cercle de l’harmonie et son chef Jérémie Rhorer avaient abordé l’Infeldelta Delusa de 1773 en janvier 2009. Les opéras de Joseph Haydn ont été le sujet d’un dossier spécial sur classiquenews.

Avec Armide, il s’agit de redécouvrir le tempérament unique et singulier d’un compositeur de cour qui sut réconcilier élégance et profondeur, gravité et justesse poétique.  Comme un écho aux troubles émotionnels du couple protagoniste, Haydn et son librettiste traitent aussi le fil amoureux qui unit d’autres ennemis : Zelmira, tombée amoureuse de Clotarco, s’emploie à contrer les noirs desseins du roi sarrazin Idreno… La guerre entre Sarrazins et Chrétiens paraît bien faible contre les sentiments qu’amour tisse entre les êtres de deux clans affrontés.

 

 

 

trouble des genres, guerre amoureuse…

Armida : l’opéra du doute

 

Armide-Renaud-Hayez-home-582-420-haydn-armidaLes victimes de l’amour… Datée de 1784, et en cela déjà préromantique, Armide peint des êtres profonds, en souffrance (comme Mozart à la même époque avec Idomeneo… il ira plus loin encore avec le crépuscule ardent de la Clémence de Titus en 1791) dont le trouble efface les types vocaux du baroque triomphant pour lequel la seule virtuosité vocale exprime l’intensité des affects. Ici règnent le doute, le soupçon, la perte des équilibres, une nouvelle sensibilité introspective et sa caractérisation spécifique. L’esprit des Lumières colore la partition d’une intelligence sentimentale inédite, que partage aussi Mozart dans tous ses opéras.  Elle dévoile la fragilité des cÅ“urs quand ils sont sous l’emprise de l’amour. L’échiquier des intrigues s’y transforme en labyrinthe où la folie et la dépression menacent. Une telle précision servie par une musique subtile et raffinée (tout Haydn) se prête naturellement à un jeu collectif qui doit d’abord s’appuyer sur un travail d’équipe. La souffrance et la solitude d’Armida abandonnée, les longues et incessantes hésitations de Rinaldo (en vérité le vrai héros de l’opéra quand par exemple c’est plutôt Armide qui est la protagoniste du Renaud de Sacchini, partition quasi contemporaine de 1783 !) sont les facettes d’un drame économe, particulièrement touchant et moderne. La mise en scène de Marianne Clément fait réfléchir sur l’expression confrontée des genres en une guerre elle aussi équivoque, armée et tendue : c’est un monde nouveau et plus nuancé qui se précise entre « la » femme séductrice et « le » héros vertueux. L’intelligence de Haydn du fait de sa seule musique fait imploser les cadres convenus : sa vision plus nuancée nous touche. C’est une conception proche finalement de l’opéra vénitien (Monteverdi, Cesti, Cavalli…) où la frontière des genres bouge en permanence : Handel n’a t il pas fait chanter son Rinaldo par une femme ?

 

 

 

Joseph Haydn : Armida
Drame héroïque en 3 actes. Livret inspiré de La Jérusalem délivrée de Torquato Tasso
(Eszterhaza, 1784)

Chantal Santon, soprano : Armida, princesse magicienne
Juan Antonio Sanabria, ténor : Rinaldo, chevalier croisé
Dorothée Lorthiois, soprano : Zelmira, fille du sultan d’Egypte
Laurent Deleuil, baryton : Idreno, roi sarrazin
Enguerrand De Hys, ténor : Ubaldo, chevalier croisé
Francisco Fernández-Rueda, ténor : Clotarco, chevalier croisé

Le Cercle de l’Harmonie
Julien Chauvin, direction

Opéra chanté en italien, surtitré en français
Marianne Clément, mise en scène

Calendrier de la tournée
La production d’Armida a été créée à saint-Quentin en octobre 2014.

Création le 10 octobre, Scène nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines
Opéra de Reims, vendredi 16 janvier 2015 à 20h30
Opéra de Massy, vendredi 23 janvier 2015 à 20h
Théâtre d’Orléans, Scène nationale, mercredi 11 février 2015 à 20h30
Scène nationale de Besançon, jeudi 19 février 2015 à 20h
Centre lyrique Clermont-Auvergne, mercredi 25 février 2015 à 20h
Centre lyrique Clermont-Auvergne, vendredi 27 février 2015 à 20h
L’apostrophe – Théâtre des Louvrais scène nationale de Cergy-Pontoise et du val d’Oise, jeudi 5 mars à 19h30
L’apostrophe – Théâtre des Louvrais scène nationale de Cergy-Pontoise et du val d’Oise, samedi 7 mars 2015 à 20h30
Le Moulin du Roc, Scène nationale de Niort, mardi 10 mars 2015 à 20h30

+ d’informations sur le site de l’Arcal

 

 

Nouvelle tournée Haydn, Beethoven par le JOA

JOA-jene-orchestre-abbaye-saintes-philipe-herreweghe-concert-repetition-rehearsalJOA, nouvelle tournée : les 21,22 et 23 novembre 2014. Saintes et Paris. Voilà 18 ans que le JOA offre un terrain stimulant aux volontés instrumentales les plus ardentes et juvéniles… Chaque nouvelle tournée du JOA (jeune Orchestre de l’Abbaye qui a sa résidence à Saintes) est la promesse d’un travail approfondi sur le répertoire abordé, sujet de séances acharnées d’autant plus formatrices pour les jeunes instrumentistes. En novembre 2014, le Jeune Orchestre de l’Abbaye travaille avec Alessandro Moccia à la direction et au premier violon : leur pédagogue est aussi le premier violon de l’Orchestre des Champs Elysées avec lequel le JOA cultive des relations familiales, le premier étant en quelque sorte le géniteur et le mentor du second.

 

 

 

Jeune Orchestre de l’Abbaye

 

JOA-jeune-orchestre-abbaye-sainte-session-haydn-beethoven-2014Confrontés aux défis multiples du jeu sur instruments d’époque, ils abordent durant un stage d’orchestre la Première Romance de Beethoven et l’Horloge d’Haydn. Deux Å“uvres virtuoses et redoutables sur le plan expressif qui les conduira à offrir le meilleur d’eux mêmes lors des 3 concerts, aboutissements de cette nouvelle session d’apprentissage intensif. RV les 21, 22 et 23 novembre 2014 Les Jeunes du JOA abordent deux sommets de l’écriture symphonique, de l’âge des Lumières avec le père de la Symphonie, Haydn soi-même, … au romantisme le plus fougueux et exalté d’un Beethoven mûr, soit de l’extrême fin du XVIIIè au temps de la Vienne impériale éternelle, capitale de l’élégance facétieuse (1794) à la quête d’une arche musicale sans équivalent à son époque défendue par le grand Ludwig, conquérant d’un nouveau langage pour un nouveau monde, en 1812, celui qui va bientôt composer la 9ème. En jouant les deux partitions sur instruments d’époque, les jeunes musiciens professionnels apprennent aussi en plus de la technique instrumentale, les valeurs et la sensibilité de chaque esthétique. Du classicisme au romantisme : une période clé de l’art musical et symphonique à Vienne.

Haydn : Symphonie L’Horloge
haydn-joseph-portrait-perruqueL’opus 101 de Haydn est en ré majeur : créée à Londres en 1794, lors des fameux Haydn-Salomon concerts, unanimement applaudis par la bonne société londonienne, la 101 débute par un prélude misterioso avant que n’éclate le bondissant Presto. Alors au sommet de sa carrière, Haydn aime cultiver de saisissants contrastes pour mieux surprendre et dérouter l’auditeur. L’Andante en sol majeur donne son titre à la symphonie : son rythme entêtant et continu de balancier entonné tout au long de l’épisode offre une base à un air d’une vitalité rayonnante, préfiguration très intense de la marche funèbre de l’Eroica de Beethoven à venir. Haydn y peaufine une travail exaltant entre mélodie et rythme d’une tenue imbriquée fascinante. D’autant que l’amplification croissante de l’effectif fait passer d’une mécanique légère à une puissante machinerie en fin de séquence. Le Menuet est l’un des plus développés de Haydn et ne sera guère dépassé par son prolongement dans l’Eroica de Beethoven. Architecte virtuose, Haydn surenchérit en facétie et effets comiques : orchestre du trio jouant faux, entrée précoce des cors, effets de vièles… L’intelligence du Vivace final démontre toute la magie inventive et synthétique de Haydn qui a chaque symphonie, semble perfectionner encore et toujours ses prodigieux dons d’écriture : humour, complexité contrapuntique, enchaînement imprévu des sections en une arche expressive continûment dramatique. C’est un défi permanent pour le chef et les musiciens sur le plan des dynamiques.

Beethoven : Symphonie n°8
Fidelio de BeethovenAchevée en octobre 1812, soit (5 mois à peine après la 7ème), la Symphonie n°8 porte l’hommage amoureux de Beethoven comme séduit et insouciant par la fréquentation aimable d’Amélie Sebald, jeune femme spirituelle et cultivée dont il recherche alors la compagnie et peut-être plus. A sa création à Vienne (Redoutesaal, février 1814), la 8ème suscite un accueil mitigé. Après l’ample 7ème, la 8ème fait office de “petite”, appellation validée par Beethoven lui-même, mais il ne faut pour autant en atténuer la valeur. Marquée par une grâce lumineuse et dansante, la 8ème est pourtant un chef d’Å“uvre d’enchaînements réussis : l’énergie de l’Allegro vivace e con brio initial, la rythmique palpitante et tonique de l’Allegretto scherzando qui suit, – son allure mécanique, de nature sautillante, aérienne voire facétieuse-, prolonge indiscutablement la Symphonie l’Horloge de Haydn- ; puis le menuet – clair hommage aux Viennois Haydn et Mozart (en place du scherzo traditionnel) ; enfin, le final en forme de rondo développe son flux aussi ample que les 3 mouvements précédents réunis, affirmant le clair espoir radieux du fa majeur.

 

 

 

Moccia-alessandro-violon-Orchestre-des-champs-elysees-saintes-JOA-jeune-orchestre-de-l--abbayeHaydn, Beethoven :
le JOA à l’épreuve symphonique
Nouvelle tournée du JOA
Du 17 au 23 novembre 2014
3 concerts publiques, les 21, 22 et 23 novembre 2014

Concert au lycée Bellevue à Saintes le 21 novembre
(dans le cadre des actions de médiations, rencontre avec les élèves, véritable échange avec les musiciens : les jeunes instrumentistes rencontrent les élèves internes pour discuter avec eux de musique classique)

Concert à Saintes, Abbatiale le 22 novembre, 20h30

Concert à Paris, Hôtel des Invalides, le 23 novembre 2014, à 17h
(3ème concert de ce type à Paris)

 

 

VIDEO : voir le JOA sous la direction de Philippe Herreweghe interpréter la Symphonie N°1 “Titan” de Gustav Mahler (Abbatiale de Saintes, festival de Saintes, juillet 2013)

Récital du Quatuor Zaïde à Saintes

quatuor zaide-cordes saintes 2014 quatuor ZAIDE concertSaintes. Quatuor Zaïde : Haydn, Janacek, Beethoven, le 18 juillet 2014,22h. Le 3ème concert de la journée à Saintes promet par tradition la découverte voire révélation de nouveaux et jeunes talents. C’est le cas des 4 musiciennes chambristes composant le Quatuor Zaïde qui offrent ce 18 juillet au milieu de la nuit, un programme ambitieux réunissant Haydn, Beethoven, Janacek. Haydn: Quatuor opus 50 n°6. Dans l’histoire de la musique et dans celle de l’évolution progressive de la forme musicale, il y a pour le XVIIème les madrigaux de Monteverdi et pour le XVIIIè,  les …Quatuors de Mr Haydn. Le grand Claudio fait évoluer le langage vocal et instrumental à travers les madrigaux, passant de la polyphonie strictement vocale à l’écriture baroque, dramatique, mêlant instrumentistes et chanteurs vers un seul but, l’articulation expressive et poétique du mot. Quand la parole se fait geste et vice versa. A Vienne, Joseph Haydn transpose en musique, l’art de vivre raffiné et social de la vie impériale cultivée … en musique : le Quatuor incarne peu à peu l’idée de la conversation musicale mais à quatre instruments de cordes seules. Le plan est parfaitement cerné et de plus en plus strict : de 3 à 4 mouvements. L’ordre des épisodes se met en place : allegro initial (parfois avec un prélude sombre et imprévisible), puis adagio, scherzo (et son trio ou menuet d’essence chorégraphique), enfin allegro. Le tout forme un cycle caractérisé dont l’esprit et le caractère respectif contraste avec ce qui précède et ce qui suit.

haydn_joseph_aristoLes six quatuors opus 50 de Joseph Haydn, dédiés à Frédéric Guillaume II de Prusse  sont dits «  prussiens et datent de 1787. La forme nouvelle permet au compositeur d’expérimenter, d’explorer dans toutes les directions, comme il le fait simultanément dans le domaine symphonique pour grand orchestre (les Symphonies parisiennes sont achevées juste avant les 3 Quatuors Prussiens. Outre le trio exceptionnel du Scherzo, Haydn affine encore les nuances de son écriture en particulier dans le dernier mouvement (allegro con spirito) où les mêmes notes répétées ne sont jamais colorées de la même façon. Le propre de Haydn ? Une élégance jamais mise en défaut, de l’invention là où on attend du conformisme, de la facétie où l’on espère du brio.

kamila janacekLes Lettres intimes de Janacek. Inventeur de l’opéra tchèque, Janacek brille sur la scène lyrique (Jenufa, l’Affaire Makropoulos, La Petite renarde rusée…), autant de chefs d’oeuvre dans sa langue natale qui apporte tout l’esprit original d’une culture spécifique, passionnée, contrastée, dont les ferments propres renouvellent aussi le genre opéra. Le compositeur est un homme comblé, dont la vie intime fut une série d’épisodes enfiévrés dont témoignent presque explicitement ses Quatuors parmi les mieux autobiographiques du genre : bavardages décousus diront les moins convaincus ; jaillissement libre et audacieux des affects diront les admirateurs pour qui Janacek a su aussi renouveler le genre créé par Haydn. Le Quatuor à cordes n°2, dit «lettres intimes», est le miroir d’une psyché riche et bouillonnante : à la fin des années 1920, le compositeur vit une relation passionnée avec une jeune femme Kamila Stösslova, … qui a plus de 35 ans de moins que lui ! Le titre du Quatuor n°2 renvoie à l’abondante correspondance entre les deux amants. Printemps sensuel pour le musicien en fin de carrière, comme avant lui, le vieux Rubens, amant regaillardi de la belle et très jeune Hélène Fourment. L’histoire de l’art est édifiante en vies sentimentales renouvelées où des âmes ayant déjà vécues leur cours, retrouvent à l’extrémité de leur existence un nouveau soleil amoureux. Le grand souffle inspire à Janacek l’une de ses Å“uvres les plus inspirées, innocente par son flux premier, vital, primitif, d’un lyrisme à fleur de peau et jamais tapageur. Ici la passion s’écrit en quatre mouvements tels que fixés par Haydn :  le premier mouvement exprime l’extase et le ravissement des cÅ“urs liés. Le final, après un moderato sensuel et lui aussi enivré, et parfois sombre, se fait déclaratif … d’un élan conquérant, totalement lumineux. Illustration : Kamilla et Janacek (DR).

saintes abbatiale-facade-724x521Beethoven : Quatuor opus 59 n°3. A Saintes, les Zaide ajoute à ce programme généreux, le 3ème et ultime Quatuor Razumovsky de Beethoven, l’opus 59 n°3 (composé en 1807, créé par le Quatuor Schuppanzigh à Vienne en 1809) : à Vienne, Beethoven, célèbre déjà pour ses cycles symphoniques et de musique concertante (où il crée lui-même au clavier la plupart de ses Concertos pour piano), sait convaincre l’élite viennoise en lui offrant sa propre conception formelle du quatuor, après l’âge d’or incarné par son prédécesseur Haydn (et aussi Mozart). Parmi ses soutiens politiques, Razumovski qui est alors ambassadeur de Russie à Vienne. Emblème d’une modernité exigeante qui ne renonce à aucune audace, l’œuvre séduit immédiatement par sa puissante architecture harmonique comme sa grande fluidité mélodique (andante con moto). Parmi les annotations laissées par Ludwig sur le document autographe, l’auteur affirme sa claire conscience artistique malgré sa surdité : « «Ne garde plus le secret de ta surdité même dans ton art ». A croire que Schumann en avait compris l’incisive vérité : « ici Beethoven trouve ses motifs dans la rue, mais il en fait les plus belles paroles du monde ». Comme l’a fait Haydn mais de façon épisodique pour contraster l’ensemble de sa production, Beethoven inaugure ici, un procédé propre aux grands Quatuors de la fin, ceux de la maturité souveraine : une introduction lente et sombre parfois introspective et lugubre afin de préparer à la profondeur de ce qui suit et déjà susciter l’attention et l’écoute attentive de son auditoire. Comme pour Janacek après lui, Beethoven renouvelle le modèle de Haydn et fait du quatuor, le miroir musical de son âme palpitante. Un génial laboratoire intime qui manifeste ce que la musique peut dire ce que la voix ne saurait chanter.

 

Vendredi 18 juillet, 22h
Abbaye aux Dames
Quatuor Zaïde

Joseph Haydn
(1732-1809)

Quatuor opus 50 n°6 : allegro en ré majeur – poco adagio en ré mineur – menuetto (allegretto) – allegro con spirito

Leos Janácek
(1865-1924)

Quatuor n°2 «lettreS intimes»  : andante – con moto – allegro adagio – vivace

moderato – andante – adagio allegro – andante – adagio

Ludwig van Beethoven
(1770-1827)

Quatuor opuS 59 n°3 : andante con moto- allegro vivace andante con moto quasi allegretto menuetto grazioso – allegro molto

Quatuor Zaïde

Charlotte Juillard et Manon Philippe, violon

Sarah Chenaf, alto
Juliette Salmona, violoncelle

 

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Consultez l’ensemble de la programmation du festival de Saintes, les modalités de réservations et les offres pacakagés plusieurs concerts, les conditions d’hébergement à Saintes… sur le site du festival de Saintes 2014

Réservations par internet

par téléphone au  + 33 5 46 97 48 48

 

CD. Haydn : Les Saisons (Herreweghe, 2013)

haydn saisons herreweghe cd alphaCD. Haydn : Les Saisons (Herreweghe, 2013). Vitalité, feu, panache et expressivité rustique (ivresse des chasseurs et des paysans qui se souviennent des Babyloniens pervertis dans Belshazzar de Haendel…) : cette nouvelle version des Saisons de Haydn a tout pour séduire et convaincre. Œuvre de maturité (dernier oratorio), Les Saisons créé en 1801, après La Création, frappent ici par leur juvénilité rayonnante : une frénésie optimiste coûte que coûte qui regarde déjà du côté de Beethoven…

Philippe Herrreweghe poursuit avec ses fidèles instrumentistes de l’Orchestre des Champs Elysées, un travail millimétré sur les sonorités et l’esthétique des Lumières, encore colorées par la tendance Empfindsamkeit (air de Lukas dans l’Hiver), et ce préromantisme qui regarde directement du côté de Mozart et même de Weber. Tout au long de ses saisons, l’Orchestre seul ou immergé dans l’accompagnement pédagogique des jeunes instrumentistes eux aussi sur instruments anciens du JOA (Jeune orchestre de l’Abbaye… de Saintes) a dans ses gênes, l’interrogation critique des plus grandes œuvres orchestrales, classiques et romantiques. Il s’écoule dans les veines des interprètes, ce sang viennois frappé d’élégance et d’éclairs souriants. La transparence et cette agilité presque facétieuse transparaîssent surtout dans les ensembles comme l’atteste l’allant très solennel mais aussi festif et lumineux de développement du Printemps et de l’Été, du final choral de l’Automne. Il y règne ce dramatisme mordant et bondissant à la fois qui se rapproche de La Flûte mozartienne, une évocation collective qui exprime dans sa noblesse miraculeuse la puissante et impénétrable Nature, l’irrésistible oeuvre du Créateur.

L’idéal musical de Haydn s’accomplit ici, peut-être avec moins de tendresse que son oratorio précédent La Création -plus angélique et d’une inspiration céleste-, mais l’effusion émerveillée face au Paradis terrestre, vivace à travers le cycle des Saisons se réalise – par la seule voix -il est vrai très privilégiée de Simon (baryton)-, sans fausse pudeur, dans ce sentiment de franchise immédiate permise par le format originel des instruments d’époque dont on ne louera jamais assez le profit instrumental, musical, esthétique… La lecture apporte un gain de vérité et de sincérité qui écarte toute épaisseur trop majestueuse que beaucoup de versions précédentes hélas affichent, accréditant davantage la réputation d’une Å“uvre longue, si exigeante pour les solistes du fait de son endurante activité. Le plateau vocal allie tendresse, humanité, flexibilité, souvent grâce lumineuse, tout à fait respectueuse de l’esprit des Lumières.

Joseph Haydn : Die Jahreszeiten ( Les Saisons, 1801). Collegium Vocale Gent, Maximilian Schmitt, Christina Landshamer, Philippe Herreweghe, Orchestre des Champs Elysées, Florian Boesch… 2 cd Phi. Durée : 2h09mn. Enregistrement réalisé en Autriche (Innsbruck, avril 2013).

Compte-rendu : Berrias-Jalès (07), le 10 juillet 2013. Cordes en ballade, 15e édition. Concert du Quatuor Akilone : Haydn, Mendelssohn, Paulet.

Vincent PauletC’est la quinzième édition d’un festival au début d’un été qui en est encore à sa préparation de climat…Le Quatuor Debussy, initiateur de cette quinzaine ardéchoise, y organise des concerts – auxquels il participe, selon des formules originales, ainsi avec la compagnie marionnettites Emilie Valentin –, où le jazz n’est pas oublié. Et trois Quatuors – « Nouveaux Talents » – travaillent avec le compositeur Vincent Paulet : à Jalès, on y a écouté les « Akilone », qui jouent son 2nd quatuor, en même temps que Haydn et Mendelssohn. 

 

Garrigues et rive droite du Rhône

 

Il y des festivals de (re) diffusion et de grande (re) distribution qui pratiquent, à la plus grande joie du public, le concert parfois obtenu clé en mains. Et puis ceux qui, sans négliger les attentes du spectateur, oeuvrent en amont ou dans la coulisse pédagogique pour un partage et une transmission des savoirs. Ainsi en va-t-il, au début habituellement brûlant de l’été ardéchois, d’un Cordes en Ballade que le Quatuor lyonnais Debussy a implanté voici quinze ans entre rive droite du Rhône, garrigues et montagne vivaraises. Les Debussy – et tout particulièrement leur « premier »-fondateur, Christophe Collette, qui pratique cela en virtuose, avec un plaisir non dissimulé – aiment ne pas garder pour leur carrière d’ailleurs prestigieuse (une vingtaine de c.d.) une culture musicienne que leur Académie d’été dispense alors largement. Parmi les heureux bénéficiaires chambristes, des « niveau supérieur » sont admis à l’honneur de donner concert(s). Voire même, « nouveaux talents » en dialogue, de travailler avec un compositeur en résidence, ici Vincent Paulet, qui confie à trois groupes son œuvre de quatuor à cordes. C’est le même esprit qui inspire les invités de la session, en particulier deux étoiles du firmament baroque, la violoniste Hélène Schmitt et la violoncelliste Ophélie Gaillard, ou le Quatuor Arranoa, porteur de la musique russe. Le « terrain » est aussi très présent, dans les stages ou associé à l’activité des concerts.

Une salle voûtée du XIIe

C’est à la Croisée de Jalès – le plus à l’ouest du territoire « en ballade »- qu’on aura pu écouter les Akilone. Jalès, c’est le souvenir contre-révolutionnaire d’un soulèvement monarchiste et vieux catholique contre les Jacobins, dont les armées ne tardèrent pas à les réduire. Et en termes de patrimoine médiéval, une Commanderie de Templiers dont subsiste une salle du XIIe, sévèrement voûtée en berceau de pierre grise et peut accueillir des concerts d’acoustique impressionnante et intime à la fois : une Association fait visiter, organise là des conférences pendant l’été, et un mini-festival d’été, qui justement accueille les Akilone et 4 autres concerts, dont 3 de jazz. Les 4 jeunes instrumentistes d’Akilone se sont rencontrées au CNSM de Paris ; à l’instar de leurs collègues Suédoises de Sjöströmska (un hommage au réalisateur de la Charrette Fantôme, qui fut aussi l’inoubliable Pr Borg dan les Fraises Sauvages de Bergman), et de ceux du Wassily (en parité féminin-masculin), les Akilone partagent les Quatuors de V.Paulet. A elles revient la 2nde de ces œuvres, une partition déjà ancienne – 1994- qui fut créée par les cousins lyonnais un peu aînés des Debussy, les Ravel. Et tandis que gronde encore l’ultime orage de cette semaine qui en vit ici de superbes, des propos d’avant-concert permettent au compositeur, modeste et précis, d’expliquer avec « ses » instrumentistes les grandes lignes d’une partition à structure « classique » (6 mouvements délimités), qui use de procédés d’écriture moderniste (pizz-Bartok, micro-intervalles, sons harmoniques).

Un romantisme de haute inspiration

V.Paulet est assez jeune – bientôt la cap de la cinquantaine – pour n’avoir pas eu à se démarquer du post-sérialisme dominateur, et assez fin autant que rigoureux pour dédaigner tout formalisme paresseusement néo-tonalo-romantico-on-ne-sait-quoi.Ou s’il y a chez lui romantisme, ce serait l’écho du XIXe germanique (la poétique et la musicale), selon aussi la continuité d’un langage de haute tradition française, « de Franck à Dutilleux via Fauré ». Les Akilone, dans le concert, font précéder son « 2nd » d’un Haydn délicieusement plaisantin et plaisant, op.33/2) où l’humoriste serviteur des Esterhazy a logé en Intermezzo quelques glissandi et miaulements de chat joueur. Mais en 1er, 2e et 4e mouvements, quelles beautés : le thème d’un allegro qui donne la sens ation de partir sur la route, le recueillement d’un largo – on ne sait jamais chez « Papa Josef (le Pieux) » quand prédominent la religion d’une prière et l’humeur noire du Sturm und Drang . Quatre coups de fouet hachent alors le récit intense, en écho de l’orage qui pourtant consent à s’éloigner et rappellent un paysage violent du sentiment que le crépuscule viendra bientôt apaiser…

Une simple « forme d’études » ?

Puis donc Vincent Paulet, qui dans le respect de la tradition française a « camouflé » sous un titre couleur muraille anti-expressive (« en forme d’études ») sa démarche qui ainsi prolonge Chopin et Debussy. Mais dans ces six mouvements d’inégale longueur on croise des phases d’intensité, des stries de véhémence, des jeux violents ou d’élégance détachée. N’est-ce pas pour mieux conduire à l’admiration devant des « lenteurs » de temps suspendu, d‘accès au mystère (justement, les micro-intervalles et le songe de l’ « arco »…), des carillons glissés, des soupirs chuintés, une esquisse de choral, un jardin nocturne à la Bartok. Ainsi va-t-on s’interrogeant sur les paradoxes, en cette partition apparemment très objectivée, sans émotion revendiquée, sur ce qui en serait un centre spirituel. En tout cas, noble ouverture vers ce qui va donner toute sa plénitude au son chaleureux, unanime, parfois tendu – fût-ce vers le chant éperdu de chacune, en moments privilégiés qui pourtant ne sauraient nier la démarche commune vers la beauté -, parfois s’apaisant, et qui se répercute si bien sous la voûte de Jalès, comme si le Quatuor cherchait l’issue et en même temps redoutait de la trouver trop vite.

La douleur de Félix l’Heureux

Cette œuvre, audiblement très chère aux Akilone (en italien, le vent du nord inspirateur,et le cerf-volant, symbole de liberté) est passerelle entre la jeunesse d’un compositeur de 17 ans (pas loin d’elles, en somme !) et ce qu’il trouvera dans le déchirement de la séparation mortelle, deux décennies plus tard : cet op.13, pré-écho d’un ultime op.83, dit le désarroi – esthétique seulement ? on en doute – que ressent Mendelssohn à la mort de Beethoven, et dont la dimension métaphysique se vivra quand brutalement la sœur bien-aimée, Fanny, disparaîtra, si peu de temps avant son mentor Félix…L’In Memoriam qu’est déjà si pleinement cet op.13, les Akilone en ont saisi le tempo intérieur, presque effaré devant le Poursuivant d’une chevauchée qui joint ici Félix à Beethoven et plus encore à Schubert. Même lorsque viennent les elfes, après la valse triste de l’Intermezzo ou dans le 1er mouvement, on comprend que ces créatures sans corps, que Mendelssohn a souvent , convoquées, sont peut-être ses compagnons si impalpables et rapides pour fuir la minéralité du monde….Au paradoxalement calmé de l’adagio – pourtant suivi de plus ardente déploration – succède un terrible finale, parcouru de tremolos tragiques, course à la mort et mélange de 15e Quatuor et de Erlkönig, clôturant cette œuvre dont on saisit mal qu’elle ne figure pas au panthéon de tout le romantisme et où la « forme en arche » se sublime, citant l’initial lied qui l’armature et ne cesse de nous parler du Temps.

Dali ?

Il est étonnant que nos si jeunes Akilone la saisissent encore mieux que la légèreté de « conversation » dans l’op.33 de Haydn. Que l’on mémorise le nom de ces ardentes artistes : les violonistes Elise De Bendelac et Emeline Concé , l’altiste Louise Desjardins, la violoncelliste Lucie Mercat. Elles vont en Italie, dans des festivals français, ont un joli projet de théâtre musical autour des œuvres de Salvador Dali. On leur souhaite des enregistrements (tiens, Mendelssohn ?). Et de ne pas se séparer comme dans leur charmant bis, coda de quatuor qui joue à la Symphonie «Surprise », concluant gaiement leur parcours inspiré.

Festival Cordes en ballade. Croisée de Jalès (07), mercredi 10 juillet 2013. Quatuor Akilone : J.Haydn (1732-1809), op.33 n°2 ; F.Mendelssohn (1809-1847), op.13 ; V.Paulet (né en 1964), 2e Quatuor.

Illustration : Vincent Paulet (DR)

Compte-rendu : Saintes. Abbaye aux dames, le 21 mai 2013. Bach, Haydn, Mozart. La Symphonie des Lumières. Nicolas Simon, direction.

Nicolas Simon chefPour clore une saison riche en évènements et découvertes, l’Abbaye aux dames invite le jeune orchestre ” La Symphonie des Lumières ” dirigé par Nicolas Simon, jeune chef prometteur, élève entre autres de Philippe Herreweghe, ex membre des Siecles pour lesquels il fut et violoniste et assistant de Francois-Xavier Roth. Le nouvel orchestre est composé à 80% de musiciens issus du Jeune Orchestre Atlantique (JOA) dont la vocation est de former sur instruments d’époque, de jeunes professionnels tout juste diplômés en les faisant jouer, au cours de sessions de travail d’une semaine (programme classique et romantique en alternance) sous la direction de chefs aguerris.
Nicolas Simon a lui aussi suivi la formation sur instruments anciens : il y a cultivé sa passion pour une approche plus précise et surtout magistralement vivante, selon la connaissance des styles et des pratiques d’époque.   Les jeunes gens prennent ainsi l’habitude de travailler avec des hommes et des femmes dont les techniques différentes sont au final autant d’atouts majeurs, de nouveaux défis propices à l’approfondissement et la compréhension de plus en plus fine des oeuvres.

Pour ce concert, les trois compositeurs du programme sont contemporains les uns des autres : Carl Philippe Emmanuel Bach (1714-1788), Joseph Haydn (1732-1809), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Les trois hommes se sont rencontrés et se sont mutuellement influencés au cours de leur carrière.

Chaque style incarnent à sa façon l’esthétique Sturm und Drang (Tempête et Passion), c’est l’inflexion du goût qui annonce l’essor d’un nouveau dramatisme sentimental, le romantisme … Le mouvement a inspiré nombre de compositeurs en Europe en général et dans les pays de langue allemande en particulier.

Le Concerto n°9 composé en 1777 par Wolfgang Amadeus Mozart
(1756-1791) qui l’a dédié à une jeune virtuose française : mademoiselle Jeunehomme d’ou le surnom du chef d’ouvre du jeune compositeur. La pianiste Vanessa Wagner s’installe au piano. La jeune femme, artiste à l’activité débordante, reconnue depuis plusieurs années au niveau international, connait parfaitement le répertoire Mozartien qu’elle aborde régulièrement depuis ses débuts de concertiste. Elle aborde le concerto  tout en simplicité, faisant chanter les touches de l’instrument avec une grâce  incomparable. L’accompagnement de l’orchestre et de son chef souligne agréablement les harmonies que Mozart a savamment distillé dans les pages composées pour le piano. C’est essentiellement le format sonore plus chambriste qui favorisant les équilibres entre les instruments rétabli la profondeur poétique de l’oeuvre : pleine de charme, de sensibilité, de gravité sous la caresse mélodique.

La direction ferme et souple de Nicolas Simon est agréable et la musique de Mozart, si complexe et pleine de pièges malgré son apparente facilité aussi bien pour l’orchestre que pour la soliste, est sublimée ; le geste sûr et millimétré fait résonner la tendresse mozartienne, entre subtilité et finesse, sous les voutes de l’abbatiale.

Au retour de l’entracte, Nicolas Simon prend la parole pour présenter brièvement le mouvement Sturm und Drang qui a inspiré Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788) et  Joseph Haydn (1732-1809). Le jeune chef parle d’ailleurs des deux compositeurs avec passion ; il en distingue les particularités et les obstacles : tout ce qui fonde leur manière spécifique; il donne une interprétation dynamique et vivante de la symphonie hambourgeoise du fils du kantor de Leipzig (qui reunit le seul pupitre des cordes). L’oeuvre, sombre et tourmentée, comme nombre de pièces musicales, théâtrales ou picturales de cette période, est bien pensé mais l’ensemble. Nicolas Simon réussit pourtant, grâce à une direction limpide, à livrer une lecture de l’oeuvre de Bach vivante, dynamique, s’appuyant sur des accents imprévisibles mais justes.

C’est surtout dans la symphonie n°49 de Joseph Haydn (1732-1809) que le chef donne la pleine mesure de son talent de maestro; Haydn qui, lui aussi, compose son oeuvre en plein Sturm und Drang n’en propose pas moins une symphonie plus allante et dynamique que celle du fils Bach : un concentré d’élégance et de retenue, pourtant nuancée par l’humour et la facétie (trait spécifique au Viennois). Et Nicolas Simon, pourtant très bon dans l’ouvre précédente, est excellent pour diriger une symphonie qui l’inspire visiblement beaucoup.

Jeune formation en devenir et déjà convaincante par sa fermeté stylistique et son tempérament sonore, la Symphonie des Lumières réunit des anciens du Jeune Orchestre Atlantique; ils y ont la possibilité de s’accomplir dans un collectif marqué par la complicité et le souci de la précision comme de l’expression. Formé dans la même école, Nicolas Simon promet demain de figurer parmi les directions les plus inventives et les plus défricheuses qui soient. L’approche sur instruments anciens a non seulement de beaux jours devant elle mais peut compter grâce à un tempérament aussi captivant, de prochaines découvertes à venir.  Que Saintes accueille le premier concert de La Symphonie des Lumières en Charente-Maritime est logique : ici de jeunes musiciens sur instruments d’époque ont appris leur métier ; ce soir, ils jouent ensemble au sein de l’orchestre que l’un d’entre eux a eu le courage et la ténacité de fonder. C’est un beau symbole de continuité et d’accomplissement. Formation à suivre.

Saintes. Abbaye aux dames, le 21 mai 2013. Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788) : symphonie hambourgeoise en si bémol majeur; Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie N°49 en fa mineur; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : concerto pour piano N°9 “jeunehomme”. La Symphonie des Lumières; Vanessa Wagner, pianoforte. Nicolas Simon, direction.