COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 7 Juillet 2019. Voix d’enfance, voix d’exil. MORETTI / LLINARES.

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Chapelle des Carmélites, le 7 Juillet  2019. Voix d’enfance, voix d’exil. MORETTI. SEBASTIAN. LLINARES. En trio nos artistes,  chacun musicien rempli de talents et de délicatesse, ont su tenir le public en haleine en ce chaud après midi de dimanche. Dans une somptueuse robe rouge, de sa voix lumineuse et son sourire irradiant,  Orianne Moretti a su dire et chanter avec une infinie poésie des textes dans de très nombreuses langues. L’enfance et l’exil sont de tous les peuples de la planète !
Savoir ainsi varier et incarner si fortement toutes ces berceuses tient du grand art, car le thème ne se renouvelle pas tant. Aucune lassitude jamais, au contraire un intérêt constamment renouvelé. L’art de dire le texte comme de développer un chant souple et suave, est admirable.

 

 

 

 

Berceuses et chants du Monde

 
 

 

Critique-582-concert-TOULOUSE-Chapelle-des-Carmelites-le-7-Juillet--2019-Voix-d’enfance-voix-d’exil-MORETTI-SEBASTIAN-LLINARES-critique-classiquenews-review-critique-concert-opera-concert-critique-concert-opera-festival-classiquenews-2 

 

Aux coté de la cantatrice-actrice, deux instrumentistes ont été de vrais partenaires en émotion et en musicalité rayonnante. Le guitariste Sébastien Llinares est un artiste majeur. Je garde comme un trésor de musicalité sa version à deux guitares des variations Goldberg de Bach ou son CD d’adaptations inoubliables d’Eric Satie. Le retrouver si engagé aux cotés d‘ Orianne Moretti est un vrai bonheur. Leur musicalité est enivrante. Je ne connaissais pas l’art de la violoncelliste Maitane Sebastian et j’ai découvert la même sensibilité de poésie en musique. Le legato somptueux du violoncelle de Maitane Sébastian soutenant à la perfection la voix si claire d’Oriannne Moretti. La guitare de Sébastien Llinares est à la fois chant éperdu et harmoniques profondes.
Nous avons pu entendre la voix a Capella, le violoncelle solo dans une suite de Bach et la guitare virtuose dans une fantaisie de Mudarra et un caprice de Tarrega. Mais c’est la berceuse corse finale les réunissant tous trois qui restera le message le plus beau et plus émouvant. C’est peut être bien la berceuse chantée par la voix maternelle qui est la source de tout exil. L’exil nécessaire et indispensable de notre propre enfance qui seule nous permet de vivre pleinement notre vie d’Homme acceptant ce départ définitif des contrées de la toute petite enfance. Ce qui compte c’est de s’en souvenir même vaguement, autant que de l’abandonner au passé.
Remercions les trois admirables musiciens pour ce moment enchanteur, comme Catherine Kauffmann-Saint-Martin et son équipe pour l’organisation patiente de ces rencontres entre poésie et musique qui ont toute leur place dans cette extraordinaire Chapelle des Carmélites au plafond de bois peint si envoûtant.
Le seul léger regret vient de la sonorisation du concert que la parfaite acoustique de la Chapelle ne réclamait pas.

 

 

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Chapelle des Carmélites, le 7 Juillet  2019. Voix d’enfance, voix d’exil. MORETTI. SEBASTIAN. LLINARES critique concert opera festival classiquenews

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

Compte rendu concert. Toulouse. Chapelle des Carmélites, le 7 juillet 2019. Musique en dialogue aux Carmélites : Voix d’enfance, voix d’exil. Orianne Moretti soprano ; Mainate Sebastian, violoncelle ;  Sébastien Llinares, guitare.
Illustrations : © J.J. ADER

 

 
 

 

PARIS. Athénée : Philippe Mouratoglou joue Fernando SOR, le 16 mai 2019

fernando-SOR-philippe-Mouratoglou-guitare-cd-critique-classiquenews-musique-classique-guitare-classique-critique-cd-classiquenews-cd-vision-fugitive-Visuel-FERNANDO-SOR-HD---copiePARIS, le 16 mai 2019. Philippe MOURATOGLOU joue FERNANDO SOR (1 cd Vision Fugitive). Inspiré par ses Etudes, Philippe Mouratoglou éclaire l’écriture de Fernando SOR d’un nouveau regard. Son récital à PARIS, ce jeudi 16 mai 2019 au théâtre de l’Athénée Louis Jouvet (20h) reprend le programme de son nouvel album édité par le label VISION FUGITIVE.

Interprète sensible, Philippe Mouratoglou éclaire tout ce que nous attendions chez Sor : sa profondeur onirique, sa brièveté dramatique… en un mot : son génie. D’une éloquence intime, où chaque nuance compte, chaque couleur brille, chaque accent rythme le sens de la respiration, le jeu de Philippe Mouratoglou captive ; son intériorité, son chant volubile de fait, dès les  Variations sur « O cara Armonia », affirmées / articulées, telle une splendide ouverture mozartienne, approchent l’articulation et l’intonation des grands pianistes, capables de phrasés comme de teintes miroitantes, à la fois murmurées, mélancoliques, en un geste lumineux et volontaire.

L’attention portée à chaque Étude rétablit la place d’un SOR, proche de Chopin, comme lui inspiré par le bel canto, capable de formats courts, enlevés et resserrés comme de subtiles pochades. L’agilité du guitariste, technicien de haut vol, – de surcroît en une prise de son très rapprochée qui expose et met à nu, affirme un superbe sens des nuances, évite toute enflure virtuose… pour une intériorité chantante qui parle au cÅ“ur (début de la n°21). On goûte tout autant la rondeur souple de la sonorité de la n°9, où l’ardeur le dispute à la confession. Mélodique et presque énivrée, la n°7 séduit par sa motricité hispanisante, en panache et caractère comme chorégraphiés. Quasiment au milieu du programme, « le Calme » affirme un climat de sérénité onirique, en une intonation fluide et toujours passionnément chantante (claire influence du bel canto).

 

 

VOIR L’ENTRETIEN avec Philippe MOURATOGLOU

 

 

 

Presque plus dramatique et même d’une couleur sombre voire tragique, le Grand solo opus 14 (comme les Variations et Le Calme, de plus de 10 mn) rappelle que Fernado Sor sait gérer le développement narratif, qu’il écrivit aussi des opéras et que pour lui, la guitare en est un transmetteur majeur : Philippe Mouratoglou cisèle les nuances sans rompre la ligne vocale de la guitare, éclairant ce qui relève de l’introspection, ou ce qui appelle une déclamation plus franche.
MOURATOGLOU-philippe-guitare-fernando-sor-cd-evenemnt-critique-annonce-cd-classiquenews-musique-classique-newsLa n°16 dévoile tout un travail sur la résonance, et la vibration harmonqiue qui fait de Sor ce grand contemplatif raffiné. Fugace, fouetté mais pas tendu, et souple comme les pas d’un premier danseur, chaque accord détaché de l’Étude n°20, l’une des plus courtes (moins d’une minute) hante l’esprit par sa carrure parfaite, sa gradation idéalement gérée, son mouvement brossé comme une esquisse, nerveuse et rapide.
La couleur de l’instrument moderne ajoute à la forte séduction de l’interprétation : rondeur, profondeur, et pourtant grande précision polyphonique. Le style et l’élégance intérieure s’affirment à mesure de l’écoute. L’andante largo opus 5, d’une ampleur impressionnante, achève ce cycle dans le songe là encore, en une rêverie finement énoncée. Ce que nous dit la guitare de Philippe Mouratoglou : les rêves et les espoirs d’une riche vie intérieure, celle de l’immense Fernand Sor, désormais pleinement réhabilité. Récital magistral. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2019.

 
 

 
 

________________________________________________________________________________________________

CLIC_macaron_2014CD événement, critique. FERNANDO SOR : Études opus 6, opus 21 (sélection) – Variations sur O cara Armonia de Mozart – Le Calme opus 50 – Andante largo opus 5. Philippe Mouratoglou, guitare solo  - 1 cd Vision Fugitive – enregistrement réalisé en 2017 et 2018 – Parution : le 26 avril 2019 - CLIC DE CLASSIQUENEWS d’avril 2019

 

 

 FERNANDO SOR sublimé par le guitariste PHILIPPE MOURATOGLOU

________________________________________________________________________________________________

LIRE aussi notre annonce du cd Fernando SOR de Philippe Mouratoglou :
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-fernando-sor-par-philippe-mouratoglou-guitare-solo-1-cd-vision-fugitive/

LIRE aussi notre entretien avec Philippe MOURATOGLOU à propos de Fernando SOR : http://www.classiquenews.com/entretien-avec-philippe-mouratoglou-jouer-fernando-sor/ 

TEASER vidéo (30 secondes)

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

EN CONCERT

________________________________________________________________________________________________

Jeudi 16 mai 2019 à L’Athénée Théâtre Louis-Jouvet (PARIS)
FERNANDO SORPhilippe Mouratoglou : guitare classique

BILLETTERIE
https://bit.ly/2HEnCZe
01 53 05 19 19
Tarifs : PLEIN 20€ / RÉDUIT 12€

INFOS PRATIQUES
16 MAI 20h
Athénée Théâtre Louis-Jouvet
Sq. de l’Opéra Louis-Jouvet
7 rue Boudreau – 75009 Paris
Métro : Bonne Nouvelle ou Château d’eau
www.athenee-theatre.com

Evénement Facebook 

 

 

APPROFONDIR

________________________________________________________________________________________________

Teaser
Sur Youtube : Philippe Mouratoglou – FERNANDO SOR [Teaser]

Vidéo longue (clip)
Sur Youtube : Philippe Mouratoglou (Guitare Solo) – FERNANDO SOR
Extrait audio : Egalement un morceau de l’album (Etude opus 6 n°9)  déjà disponible sur Soundcloud : juste ici

CLIP vidéo (3mn31) :

fernando-SOR-philippe-Mouratoglou-guitare-cd-critique-classiquenews-musique-classique-guitare-classique-critique-cd-classiquenews-cd-vision-fugitive-Visuel-FERNANDO-SOR-HD---copie


 

CD, critique. FERNANDO SOR : Études, Grand solo, Le Calme, Andante largo… Philippe MOURATOGLOU, guitare solo (1 cd VISION FUGITIVE)

fernando-SOR-philippe-Mouratoglou-guitare-cd-critique-classiquenews-musique-classique-guitare-classique-critique-cd-classiquenews-cd-vision-fugitive-Visuel-FERNANDO-SOR-HD---copieCD, critique. FERNANDO SOR : Études, Grand solo, Le Calme, Andante largo… Philippe MOURATOGLOU, guitare solo (1 cd Vision Fugitive). Interprète sensible, Philippe Mouratoglou éclaire tout ce que nous attendions chez Sor : sa profondeur onirique, sa brièveté dramatique… en un mot : son génie. D’une éloquence intime, où chaque nuance compte, chaque couleur brille, chaque accent rythme le sens de la respiration, le jeu de Philippe Mouratoglou captive ; son intériorité, son chant volubile de fait, dès les  Variations sur « O cara Armonia », affirmées / articulées, telle une splendide ouverture mozartienne, approchent l’articulation et l’intonation des grands pianistes, capables de phrasés comme de teintes miroitantes, à la fois murmurées, mélancoliques, en un geste lumineux et volontaire.

L’attention portée à chaque Étude rétablit la place d’un SOR, proche de Chopin, comme lui inspiré par le bel canto, capable de formats courts, enlevés et resserrés comme de subtiles pochades. L’agilité du guitariste, technicien de haut vol, – de surcroît en une prise de son très rapprochée qui expose et met à nu, affirme un superbe sens des nuances, évite toute enflure virtuose… pour une intériorité chantante qui parle au cÅ“ur (début de la n°21). On goûte tout autant la rondeur souple de la sonorité de la n°9, où l’ardeur le dispute à la confession. Mélodique et presque énivrée, la n°7 séduit par sa motricité hispanisante, en panache et caractère comme chorégraphiés. Quasiment au milieu du programme, « le Calme » affirme un climat de sérénité onirique, en une intonation fluide et toujours passionnément chantante (claire influence du bel canto).
Presque plus dramatique et même d’une couleur sombre voire tragique, le Grand solo opus 14 (comme les Variations et Le Calme, de plus de 10 mn) rappelle que Fernado Sor sait gérer le développement narratif, qu’il écrivit aussi des opéras et que pour lui, la guitare en est un transmetteur majeur : Philippe Mouratoglou cisèle les nuances sans rompre la ligne vocale de la guitare, éclairant ce qui relève de l’introspection, ou ce qui appelle une déclamation plus franche.
MOURATOGLOU-philippe-guitare-fernando-sor-cd-evenemnt-critique-annonce-cd-classiquenews-musique-classique-newsLa n°16 dévoile tout un travail sur la résonance, et la vibration harmonqiue qui fait de Sor ce grand contemplatif raffiné. Fugace, fouetté mais pas tendu, et souple comme les pas d’un premier danseur, chaque accord détaché de l’Étude n°20, l’une des plus courtes (moins d’une minute) hante l’esprit par sa carrure parfaite, sa gradation idéalement gérée, son mouvement brossé comme une esquisse, nerveuse et rapide.
La couleur de l’instrument moderne ajoute à la forte séduction de l’interprétation : rondeur, profondeur, et pourtant grande précision polyphonique. Le style et l’élégance intérieure s’affirment à mesure de l’écoute. L’andante largo opus 5, d’une ampleur impressionnante, achève ce cycle dans le songe là encore, en une rêverie finement énoncée. Ce que nous dit la guitare de Philippe Mouratoglou : les rêves et les espoirs d’une riche vie intérieure, celle de l’immense Fernand Sor, désormais pleinement réhabilité. Récital magistral. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2019.

 

 

________________________________________________________________________________________________

CLIC_macaron_2014CD événement, critique. FERNANDO SOR : Études opus 6, opus 21 (sélection) – Variations sur O cara Armonia de Mozart – Le Calme opus 50 – Andante largo opus 5. Philippe Mouratoglou, guitare solo  - 1 cd Vision Fugitive – enregistrement réalisé en 2017 et 2018 – Parution : le 26 avril 2019 - CLIC DE CLASSIQUENEWS d’avril 2019

 

 

 FERNANDO SOR sublimé par le guitariste PHILIPPE MOURATOGLOU

________________________________________________________________________________________________

LIRE aussi notre annonce du cd Fernando SOR de Philippe Mouratoglou :
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-fernando-sor-par-philippe-mouratoglou-guitare-solo-1-cd-vision-fugitive/

LIRE aussi notre entretien avec Philippe MOURATOGLOU à propos de Fernando SOR : http://www.classiquenews.com/entretien-avec-philippe-mouratoglou-jouer-fernando-sor/ 

TEASER vidéo (30 secondes)

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

EN CONCERT

________________________________________________________________________________________________

Jeudi 16 mai 2019 à L’Athénée Théâtre Louis-Jouvet (PARIS)
FERNANDO SORPhilippe Mouratoglou : guitare classique

BILLETTERIE
https://bit.ly/2HEnCZe
01 53 05 19 19
Tarifs : PLEIN 20€ / RÉDUIT 12€

INFOS PRATIQUES
16 MAI 20h
Athénée Théâtre Louis-Jouvet
Sq. de l’Opéra Louis-Jouvet
7 rue Boudreau – 75009 Paris
Métro : Bonne Nouvelle ou Château d’eau
www.athenee-theatre.com

Evénement Facebook 

 

 

APPROFONDIR

________________________________________________________________________________________________

Teaser
Sur Youtube : Philippe Mouratoglou – FERNANDO SOR [Teaser]

Vidéo longue (clip)
Sur Youtube : Philippe Mouratoglou (Guitare Solo) – FERNANDO SOR
Extrait audio : Egalement un morceau de l’album (Etude opus 6 n°9)  déjà disponible sur Soundcloud : juste ici

CLIP vidéo (3mn31) :

fernando-SOR-philippe-Mouratoglou-guitare-cd-critique-classiquenews-musique-classique-guitare-classique-critique-cd-classiquenews-cd-vision-fugitive-Visuel-FERNANDO-SOR-HD---copie


 

CD événement, annonce. FERNANDO SOR par Philippe Mouratoglou, guitare solo (1 cd Vision Fugitive)

fernando-SOR-philippe-Mouratoglou-guitare-cd-critique-classiquenews-musique-classique-guitare-classique-critique-cd-classiquenews-cd-vision-fugitive-Visuel-FERNANDO-SOR-HD---copieCD événement, annonce. FERNANDO SOR par Philippe Mouratoglou, guitare solo (1 cd Vision Fugitive). Parution événement (ce 26 avril 2019), le nouvel album ciselé, enchanteur, personnel et original dédié par le guitariste Philippe Mouratoglou à l’œuvre si singulière du compositeur barcelonais né en 1778, Fernando SOR. L’écriture y exprime le chemin tracé par un auteur indépendant, d’une force de caractère et de dépassement admirable, qui ose à l’époque de l’Europe napoléonienne (et de Goya), réécrire la langue pour guitare. A la chute de l’Empereur (juin 1813), Sor doit fuir l’Espagne et rejoint Paris.
Le guitariste Philippe Mouratoglou mesure les défis d’une Å“uvre originale et souvent inclassable : à l’époque où la guitare depuis Louis XIV est devenu un instrument aristocratique, Sor lui restitue sa puissance de création populaire, sa sincérité universelle, une capacité d’invention et d’expression qui affirme à Paris, un engouement neuf, progressif, irrésistible. Sor parisien est l’acteur de ce phénomène pour lequel les témoins admiratifs et les néophytes inventent même un terme : « guitaromanie ». Sor, séduit, touché comme Chopin, par le Bel Canto et la puissance de la voix, ne souhaite jamais plaire mais toucher. Philippe Mouratoglou, en sélectionnant plusieurs pièces capitales, ressuscite le génie d’un Sor étranger à toute facilités, mais touché par le feu et l’âme du romantisme le plus authentique. Le raffinement, l’humour, le caractère expérimental de ses Etudes en témoignent que Philippe Mouratoglou entre autres sait illuminer de son jeu “détaché” / articulé / flexible, à la fois éloquent, séducteur, intérieur. Le geste et l’interprétation du guitariste offrent l’une des lectures les plus personnelles et abouties dédiées à l’inclassable Fernando Sor. A VENIR : prochaine critique du cd Fernando SOR par Philippe Mouratoglou, guitare solo (1 cd Vision Fugitive) dans le mag cd dvd livre de CLASSIQUENEWS

 

 
TEASER vidéo (30 secondes)
 

 
 

 
 

________________________________________________________________________________________________

CLIC D'OR macaron 200CD événement, annonce. FERNANDO SOR par Philippe MOURATOGLOU – Guitare Solo – 1 cd Vision Fugitive – Parution : le 26 avril 2019 - CLIC DE CLASSIQUENEWS d’avril 2019

 

 

 

 

 

EN CONCERT

________________________________________________________________________________________________

Jeudi 16 mai 2019 à L’Athénée Théâtre Louis-Jouvet (PARIS)
FERNANDO SORPhilippe Mouratoglou : guitare classique

BILLETTERIE
https://bit.ly/2HEnCZe
01 53 05 19 19
Tarifs : PLEIN 20€ / RÉDUIT 12€

INFOS PRATIQUES
16 MAI 20h
Athénée Théâtre Louis-Jouvet
Sq. de l’Opéra Louis-Jouvet
7 rue Boudreau – 75009 Paris
Métro : Bonne Nouvelle ou Château d’eau
www.athenee-theatre.com

Evénement Facebook 

 

 

 

 

 

APPROFONDIR

________________________________________________________________________________________________

 
 

Teaser
Sur Youtube : Philippe Mouratoglou – FERNANDO SOR [Teaser]
 
 

Vidéo longue (clip)
Sur Youtube : Philippe Mouratoglou (Guitare Solo) – FERNANDO SOR 
 

Extrait audio : Egalement un morceau de l’album (Etude opus 6 n°9)  déjà disponible sur Soundcloud : juste ici 
 

 

 
 

CLIP vidéo (3mn31) :

 

MOURATOGLOU-philippe-guitare-fernando-sor-cd-evenemnt-critique-annonce-cd-classiquenews-musique-classique-news

 

 

 

 

 

 

 

 

fernando-SOR-philippe-Mouratoglou-guitare-cd-critique-classiquenews-musique-classique-guitare-classique-critique-cd-classiquenews-cd-vision-fugitive-Visuel-FERNANDO-SOR-HD---copie

 

  

 

Compte rendu, concert. Aix en Provence, Eglise St-Jean Baptiste, le 17 avril 2016. Arthur Dente, guitare. Mundo Entero. Avec l’Octuor vocal d’Aix en P.

LAS INDIAS, concert et CD d’Arthur Dente, compositeur et guitariste. L’universel de l’errance mais ancrée et interrogée dans le local d’ici et maintenant, déracinement et enracinement, est la recherche profonde, douloureuse parfois, d’un magnifique instrumentiste guitariste et compositeur, professeur dans le secondaire, Arthur Dente.
dente arthur mundo enteroNé en France, mais issu de l’immigration portugaise de ses parents, contraints de fuir leur pays pour trouver une avenir meilleur à leurs enfants, puis retournés chez eux, partagé ou déchiré ainsi entre deux cultures, la familiale portugaise irriguée aussi de proche d’hispanité, et celle qu’il a acquise dans cette France de son éducation et scolarité secondaire et universitaire, Arthur Dente, dans des voyages en nombre, des séries d’émigrations en quelque sorte, des stages, des concerts, a enrichi ce fonds culturel par l’expérience, la pratique d’un grand éventail de formes, de styles, qui vont du fado fondamental portugais au flamenco en passant par le hard rock, les Pink Floyd. À la liberté interprétative, à l’improvisation de formes de musique populaire et même de rue, s’ajoute sa culture classique solide acquise aux Conservatoires d’Albi et de Toulouse de 1972 à 1987, à l’École Normale Supérieure de Paris de 1988 à 1990, puis à l’université. Cela lui permet de brasser, d’embrasser un vaste répertoire de genres musicaux, d’ouvrir grand un éventail tel un arc-en-ciel irisé d’harmoniques de sa guitare dans une musique où l’on identifie des sources, des origines, mais très expressive, très personnelle, dont la pulsation, certes, parle au corps, le meut, l’émeut rythmiquement et, le mouvant, l’émouvant, parle à l’âme.
En témoigne son disque Las Indias, ‘Les Indes’ (label Caminando, bien nommé : ‘Cheminant’) au sous-titre très justifié de « Poésie en guitare », avec d’abondants appuis textuels poétiques comme autant de repères dans l’errance, moins descriptifs que vagues évocations, paysages intérieurs, états d’âmes. Ce sont les Indes occidentales, comme on appela d’abord les Amériques, qui renvoient aux Découvertes, mais, surtout, dépassés les affrontements cruels de l’Histoire, à la rencontre de deux mondes, de tant de cultures qui forment le spectre coloré réconcilié, de cette musique. Il suffirait d’écouter un extrait d’ « Irlande/Andalousie » pour s’en convaincre, où la guitare a des rêveries arpégées de harpe celtique et des sécheresses nerveuses de cordes pincées, du flamenco : ibère et celte, celtibère en somme, brume et soleil… Mais on trouve aussi emblématique « El indio barroco », cet ‘indien baroque’ qui mêle accents latino-américains et hispaniques.
Riche déjà d’une belle carrière de concertiste virtuose qui l’a promené de la Californie à la France en passant par le Portugal, Arthur Dente a par ailleurs formé plusieurs ensemble et, dernièrement, l’Octuor vocal d’Aix-en-Provence, quatre voix de femmes et quatre d’hommes, avec lequel il a créé les 15 et 16 avril Mundo entero pour guitare, flûte, percussions et voix.

 

 

 

Mundo entero

 

 

dente Arthur-Dente-lOctuor-dAix-en-Provence-600x553 Comment qualifier ce ‘Monde entier’? La guitare, concertant avec la flûte et quelques pincements légers ou ponctuation de percussion, tire l’œuvre vers le concerto pour deux instruments privilégiés mais les vastes passages vocaux l’inclinent vers la cantate instrumentale. Peu importe la dénomination : c’est une œuvre hybride par sa forme, syncrétique par les matériaux musicaux convoqués venus des quatre horizons de la culture musicale polymorphe du compositeur, très contemporaine aussi. Cette vaste fresque est composée de sept moments ou parties largement instrumentales mais qui introduisent des textes pour le chœur et parfois des solistes, en français espagnol et portugais, très simples, trop simples peut-être, dont les paroles, par ailleurs, sont difficilement compréhensibles.
Dominante, la guitare prélude chaque partie, mais si longuement, si largement, avec une telle virtuosité généreuse, sans doute abandonnée à l’improvisation, que c’est déjà une œuvre en soi, avant que la flûte, d’une rare délicatesse, n’apporte sa note vaporeuse, brumeuse, un souffle, un halo autour des grappes argentines de notes rasgueadas (‘pincées)’ ou caressées en arpèges celtiques, ondes douces modulantes dans « Irlande/Andalousie ». Cet accord guitare et flûte, qui déborde à l’évidence, à l’ « audience », qui saute aux yeux et séduit l’oreille, de l’amour du père Arthur Dente envers son instrumentiste de fille, l’adorable et délicate Valentine Dente, est l’une des plus belles réussites de l’ensemble. La flûte sait s’alanguir d’ondoiements debussystes et la guitare a de sensuelles vibrations brésiliennes dans « Dilemme ».
Il est difficile de juger sur une seule et première écoute cette œuvre ambitieuse mais l’écriture vocale de l’octuor, rarement polyphonique, sans être complexe, pose et cause quelques problèmes aux solistes : les sopranosFabienne Hua et Géraldine Jeannot sont sollicitées dans des aigus sans préparation et la partie de basse pourtant profonde d’Yves Bergé, est maintenue souvent dans sa corde la plus grave en une sorte de recto tono qui rend impossible toute projection de la voix. Il faut reconnaître que, solides musiciens, ils s’en tirent avec honneur. La même qualité est à louer chez les altos Florence Blanc et Laetitia Alliez, les ténors Miguel Camacho et Nicolas Soheylian, l’autre sombrebasse Guillaume Barralis. Un bel octuor pas simplement d’interprètes, mais de musiciens très engagés au service d’une œuvre dont ils nous communiquent l’émotion. Et le sommet en est certainement, comme si Dente avait besoin du substrat affectif pour porter à l’acmé sa musique, le morceau qu’on voudrait final « Meu pai », ‘Mon père’ en portugais, un hommage sensible et puissant à cet émigré dont il se revendique : Portugal, patrie, paternelle autant que maternelle. Mais, monté sur le faîte, on ne peut que descendre et, après ce sommet émotif, qui semblait conclusif, ce qui vient après ne nous étreint (éteint) plus avec la même force.

 

 

Compte rendu, concert. Aix en Provence, Eglise St-Jean Baptiste, le 17 avril 2016. Arthur Dente, guitare. Mundo Entero. Avec l’Octuor vocal d’Aix en P.

Église Saint-Jean Baptiste, Aix-en-Provence
Les 16 et 17 avril 2016
Mundo entero d’Arthur Dente – Arthur Dente, guitare ; Valentine Dente, flûte.
l’Octuor vocal d’Aix-en-Provence : Fabienne Hua et Géraldine Jeannot, sopranos ; Florence Blanc et Laetitia Alliez, altos ; Miguel Camacho et Nicolas Soheylian, ténors ; Guillaume Barralis et Yves Bergé, basses.

Prochains concerts :
Récital de guitare le 4 Juin, 20H30, Patio du Bois de l’Aune au 1, Place Victor Schoelcher, 13090 Aix-en-Provence.
“Mundo Entero” 
Dimanche 26 Juin à 18h
Paroisse Saint-Paul, 71 Boulevard de Saint-Loup 13010 MARSEILLE
Réservations :   06 04 50 73 03 / site web:   www.arthurdente.com

 

 

CD, compte rendu critique. Philippe Mouratoglou, guitares. D’autres Vallées — 1 cd Vision fugitive

mouratglou-philippe-cd-review-compte-rendu-critique-classiquenews-dautres_valleesCD, compte rendu critique. Philippe Mouratoglou, guitares. D’autres Vallées — 1 cd Vision fugitive. De formation classique et devenu chantre d’un style aujourd’hui libéré, le guitariste Philippe Mouratoglou réinvente la sonorité de la guitare en en explorant chaque faculté résonante et allusive. Musique sans verbe et pourtant investie d’une remarquable conscience, la pensée du guitariste s’incarne ici en 5 chapitres majeurs dont les évocations fantaisistes, libres et qui semblent improvisées, replacent au centre de l’échiquier expressif la gratte à 6 et 12 cordes. Quelle sonorités différente (liée évidemment aux choix des guitares) entre la matière sèche, introspective de l’introductive Vallée des ombres, et le chant spontané des 5 volets du cycle intitulé « D’autres Vallées », (plus de 10 mn), qui donne son nom à ce nouvel album.

Guitare allusive

philippe-mouratoglou-1Le poète, formé par Pablo Marquez, Win Hoogewerf et Roland Dyens, mêle styles et formes (jazz, blues, impro, …) pour que jaillisse toujours un chant de l’intime d’une exceptionnelle sensibilité (« Vallée des songes »).  En présentant pas moins de 7 partitions de sa composition, aux côtés de la Sonata du cubain Leo Brouwer, et le Nocturnal de Britten, cet album semble approfondir les divagations poétiques d’un barde acoustique. On aurait apprécié un vrai livret ou une notice en guise de notre d’intention pour mieux comprendre les champs allusifs d’un prince de la guitare. Rien… que la matière brute, laissée à notre entendement. Le soliste revisite nombre de partitions anciennes dont Scriabine, Pasquini ou Dowland, mais par le filtre déjà subjectif de Brouwer et Britten… allers-retours entre passé et présent, jalons d’une mémoire active capable de recycler et d’improviser sur ces matières à relire, défricher, explorer; avec le clarinettiste Jean-Marc Foltz et le producteur Philippe Ghielmetti, Philippe Mouratoglou a créé son propre label, « Vision fugitive », qui en soi, est déjà un programme suggestif et laisse envisager combien l’instrument n’est pas une fin en soi, mais plutôt un geste de passeur, un amplificateur d’onirisme et de songe. Les vallées que traverse le guitariste sont celles du rêve, de l’introspection, une quête infiniment moins anecdotique qu’il n’y paraît : plutôt un questionnement permanent, énoncé sur le mode du murmure et du mezzo forte,  du piano interrogatif. Philippe Mouratoglou nous ouvre des portes aux imaginaires de plus en plus enfouis, pénétrants, et pourtant évanescents … d’une étrangeté poétique viscérale qui ne cesse de nous captiver. L’esprit de la mobilité s’embrase en teintes feutrées, de la Renaissance au Baroque, de l’improvisation au respect de la forme classique. Superbe cohérence due à une guitare qui suggère et peint, plutôt qu’elle ne « performe » en démontrant. En archéologue des formes et des partitions, Philippe Mouratoglou s’insinue dans les pas de prédécesseurs déjà curieux de relectures, ose des filiations ténues, de nouvelles compréhensions musiciennes qui partagent toutes le même idéal : la pensée fraternelle, la mémoire continue qui questionne… Le style, l’élégance, la pudeur sont des agents totalement convaincants.  Récital magistral.

CLIC D'OR macaron 200CD, compte rendu critique. Philippe Mouratoglou, guitares. D’autres Vallées 1 cd Vision fugitive VF 313011. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2016.

CD, coffret Narcisso Yepes : The complete Concertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon)

yepes narcisso cd deutsche grammophon complete concertos recordings review compte rendu annonce critique classiquenews 028947954675-Cvr_n-240x240CD, coffret Narcisso Yepes : The complete COncertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon). Décédé en mai 1997, le guitariste espagnol (né à Lorca en novembre 1927) Narcisso Yepes, incarne l’âge d’or de la guitare classique que Deutsche Grammophon a accompagné pendant plus de 20 années, en particulier de 1969 à 1979, soit une décennie parmi ses meilleures années comme interprète. Quadra puis quinqua, Yepes, ancien élève musicien au Conservatoire de Valence et d’origine plutôt modeste, se révèle subtile concertiste, soucieux de mettre en lumière une technicité souple et éloquente que son jeu précis, rond, chaleureux enrichit, en particulier dans plusieurs Concertos créés pour lui, et des transcriptions d’après Vivaldi (initialement pour luth), Granados, Falla, Albéniz (initialement pour piano)… entre autres. Le film Jeux interdits (René Clément, 1952, Narcisso Yepes a alors 25 ans et incarne la nouvelle génération d’interprète) le propulse internationalement, en particulier grâce à la pièce de Fernando Sor, à peine remanié. La musique angélique irradiante lumineuse exprime la tendresse d’une enfance sacrifiée sur l’autel de la guerre et de la barbarie humaine, enfance de la très jeune orpheline Paulette (5 ans) dont les parents on été mitraillés dans un convoi sur une route de la France de l’Exode de 1940… L’énergie palpitante du jeu de Yepes traduit magnifiquement la poésie pure, pleine d’espérance comme de blessures que le film de René Clément communique. Hélas pas de Jeux Interdits dans le coffret mais le Concerto de Rodrigo saura tout autant traduire et transmettre le feu pudique d’un Yepes souverain en son style.

Guitare concertante chez Deutsche Grammophon : 1969-1979

Narcisso Yepes, la probité de l’art

CLIC D'OR macaron 200Celui qui inaugura sa carrière officielle sous la direction du chef Ataulfo Argenta (l’élève de Karl Schuricht et qui créa l’orchestre de chambre de Madrid en 1949), dans le fameux Concerto d’Aranjuez de Joaquin Rodrigo, – ample concerto néobaroque et résolument méditatif et chambriste si proche du tempérament naturel de Yepes (pièce présente ici dans deux enregistrements, celui inaugural de mai 1969 puis celui plus tardif qui clôt le cycle, réalisé à Londres en avril 1979), s’affirma surtout pour la grande technicité avec laquelle il s’était rendu maître de sa guitare à 10 cordes. Un instrument que Maurice Ohana a mis en scène dans le fameux Concerto (Tres graficos / Trois graphiques pour guitare et orchestre-) composé spécialement pour le guitariste et ici enregistré avec le LSO et Rafael Frübeck de Burgos en janvier 1975).

Yepes-Narciso-16Le coffret édité par Deutsche Grammophon réunit en 5 cd l’intégralité de ses enregistrements de concertos effectués entre 1969 et 1979. Outre le Rodrigo de 1969, distinguons surtout les Concertos de Giuliani (1977), Bacarisse/Halffter (1972), Ruiz-Pipo (1975), Villa-Lobos et Castel Nuoco-Tedesco (1976), auxquels le Concerto d’Aranjuez de Rodrigo (enregsitré deux fois, à 10 années d’intervalle) apporte un complément plus méditatif et atemporel. Tout l’art de Narcisso Yepes est là, concentré dans ce condensé de musique baroque, néo baroque, et contemporaine : concentration mesurée, et sonorité limpide, aux côtés d’une digitalité précise voire arachnéenne. Et toujours sur chacune des pochettes de cette collection choisie, le visage concentré, simple d’un homme mûr quasi chauve, dont les yeux en forme de sourire se cachent derrière de grosses lunettes… Yepes c’est la probité de l’art, qui n’a besoin ni du masque séducteur de la jeunesse, ni d’un effet marketing décalé pour affirmer sa souveraine musicalité. Modestie et mise sans prétention d’un immense interprète. Coffret événement.

CD, coffret Narcisso Yepes : The complete Concertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016.

LIRE aussi la présentation du coffret Narcisso Yepes sur le site du Club Deutsche Grammophon :

CD. Mickael Viegas, guitare. COMPLETE GUITAR WORKS of HEITOR VILLA-LOBOS (2 cd Paraty, 2015)

Lobos Villa heitor villa lobos Viergas Mickael guitare works complete review critique cd classiquenews VIERGAS Mickael cd paraty Titelive_3760213650351_D_3760213650351CD. COMPLETE GUITAR WORKS of HEITOR VILLA-LOBOS (2 cd Paraty, 2015). Voilà l’intégrale pour guitare de Heitor Villa-Lobos, soit 25 pièces magistrales qui contiennent tout le raffinement chorégraphique du Brésil moderne ; une suavité immédiatement gorgée de soleil, une apparente insouciance bienheureuse, une vitalité subtilement articulée, chaloupée par la guitare aux canevas rythmiques souvent stupéfiants de Mickael Viegas (Chôros n°1, en ouverture du cd1). GESTE EXPERIMENTAL POUR INTEGRALE HISTORIQUE. L’approche se double d’un projet esthétique personnel, celui ambitieux de restituer toute la parure harmonique d’origine dont a pu s’enticher le compositeur mais que son écriture pour l’instrument a malheureusement réduit, épuré “tragiquement” en raison des limites techniques de la guitare seule ou de l’instrumentiste d’alors : pour palier telle limitation et pourtant jouer toutes les notes, l’enregistrement ose ici superposer parfois, quand cela est exigé, plusieurs parties de la même guitare et de façon cohérente puisqu’il s’agit de la même main : collage habile, plutôt superposition heureuse dont la polyphonie labyrinthique, et vertigineuse (effet de locomotive de l’Etude 4, annonçant la frénésie de la dernière Etude 12) impressionne par sa sauvagerie pourtant millimétrée ; le travail de l’ingénieur pour un montage aussi périlleux a dû être aussi difficile et délicat que le jeu premier saisi sur le vif du guitariste… ; virtuose et flexible, d’une grâce parfois allusive, – proche de la harpe, la guitare de Mickael Viegas honore son défi (Etude n°2) dont les cascades de notes enchaînées avec une prodigalité très précise, produisent cette saturation harmonique par résonance d’une intensité saisissante. C’est même comme si une guitare dédoublée jouait simultanément comme à é voix égales (Etude n°5) : l’assemblage des couches relève de l’expérimentation sonore d’une évidente richesse artistique ; pour l’auditeur, c’est un bénéfice étrangement spatialisé aux performances pourtant inédites; on comprend qu’ici, la liberté recréative de l’interprète, soucieux du format et de l’équilibre global joue comme un alchimiste, un orfèvre des réglages ; le guitariste rend ainsi un hommage à Villa-Lobos, plus qu’il ne joue ses partitions ; car il a fallu parfois réorchestrer, ou même adapter des transpositions que Villa-Lobos a validées, celle de son élève et disciple, José Brandão, qui transposa beaucoup de pièces de son maître pour piano : il en découle une fureur souvent électrique mais associée comme nous l’avons dit à un sens de la chorégraphie inouïe (ivresse pleine de panache de l’Etude n°7). L’Etude la plus longue (n°11) séduit moins par ses accents ténébreux, que sa carrure rythmique étonnante et ses suspensions plus mystérieux, instants de respiration d’une prodigieuse profondeur. Le geste du guitariste s’y affirme avec une grâce peu commune.

Inspiré par Villa-Lobos, le guitariste Mickael Viergas nous offre une intégrale qui fait date

GUITARE EXPERIMENTALE

Très inspiré par tant de matière primitive, d’une énergie à peine contenue, lave dont il entretient comme le feu sacré, le guitariste très convaincant, et doué d’une intelligence imaginative exceptionnelle, ose aussi compléter des partitions récemment retrouvées mais fragmentaires comme la Valsa Concerto n°2 (inhumée à la Bibliothèque de Sao Paolo) et dont Mickael Viegas restitue à sa manière tout la dernière séquence que Villa-Lobos avait amorcée. La faculté du guitariste à insuffler l’esprit du génie musical, à l’entretenir comme d’une flamme ténue, à en produire tout un cycle ardent de mélodies fugaces reste impressionnant. La fulgurance rejoint ici la subtilité.
CLIC_macaron_2014Même terrible enchantement dans le cd 2, véritable miracle de gestion musicale, en particulier dans l’édifice des 5 Préludes dont le premier, véritable sommet de toute la littérature pour guitare, affirme le puissant tempérament poétique de l’interprète qui en restitue donc à deux guitares assemblées, – grâce à l’ingénierie de l’enregistrement et l’audace des collages que nous avons évoqués, toute la nouvelle polyphonie jaillissante. Un écoulement qui semble improvisé mais tellement naturel, d’une constante et prodigieuse rêverie. Chapeau bas. Le programme est éblouissant et la modalité de sa réalisation, d’une audace revivifiante. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016.

CD, compte rendu critique. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016. Heitor Villa-Lobos : complete guitar works. Intégrale des oeuvres pour guitare. Mickael Viegas, guitare (2 cd Paraty 125139). Enregistré en mars 2015 au Portugal.

VIEGAS cd

Paris, TCE, le 31 octobre 2014. Milos, guitare. Rodrigo: Concerto d’Aranjuez

milos guitare milos karadaglicParis, TCE, le 31 octobre 2014. Milos, guitare. Rodrigo: Concerto d’Aranjuez. Fin de mois ibérique et romantique pour l’Orchestre de chambre de Paris qui sous le titre d’un programme intitulé « soirée à Madrid » invite le guitariste Milos dans un classique du répertoire symphonique pour guitare, le célébrissime concerto d’Aranjuez de Rodrigo, composé en 1939 au cours de la dernière année de son séjour à Paris et pendant la Guerre civile.

 

Programme espagnol. Surnommé le « Mozart espagnol », Juan Crisóstomo de Arriaga compose son unique opéra, Los esclavos felices, à l’âge de 15 ans… Précoce, le musicien meurt à 20 ans.  Il incarne un style virtuose, parfois fulgurant au diapason d’une vie fauchée avant l’âge mûr. Tout comme Arriaga, Manuel de Falla, un siècle plus tard, étudie à Paris. D’une saveur piquante, Le Magistrat et la Meunière est une première ébauche qui deviendra par la suite Le Tricorne ; c’est un mimodrame, rarement donné comme ce soir dans la version originale, pour petit ensemble. Il en va différemment du Concerto d’Aranjuez, la pièce la plus célèbre de Joaquin Rodrigo (1901-1999), interprétée par le guitariste né en 1983 au Montenegro, MiloÅ¡ Karadaglić ou tout simplement « Milos », son nom de scène désormais : ses références aux danses populaires (en particulier dans le finale – Allegro gentile-, la danse de cour associées aux rythmes ternaires…) tentent d’effacer les horreurs de la guerre civile qui déchire alors l’Espagne.

Un nouveau poète de la guitare : Milos

Milos_Karadaglic_(c)_Lars_BorgesMilos a depuis son enfance une affection particulière pour le folklore et le spleen ibérique : à 8 ans,  il a un choc en écoutant Asturias d’Albéniz (par Segovia) que lui fait découvrir son père. Elève à Londres (Royal Academy of Music) de Michael Lewin, l’adolescent Milos apprend son métier en écoutant aussi le guitariste classique Julian Bream. Le jeune Milos adapte pour la guitare plusieurs pièces de Granados, originellement écrites pour le piano. ll s’agit d’élargir le répertoire comme approfondir la musique espagnole. Dans son premier album discographique édité chez Deutsche Grammophon « Mediterraneo » (juin 2011), Milos enregistre le cœur du répertoire espagnol romantique : autour d’Albeniz, Granados, Tárrega, mais aussi Carlo Domeniconi… Récemment Milos a travaillé avec le compositeur Andrew Lloyd Weber pour le thème principal de la comédie musicale «  Theme from Stephen Ward »… En multipliant les rencontres et les formes musicales, le guitariste enrichit une expérience déjà riche dans l’univers de la guitare classique.  Le Monténégrin veut rendre accessible la guitare au plus grand nombre : son charme et sa constance relèvent aujourd’hui ce défi. Milos connaît d’autant mieux le Concerto d’Aranjuez de Rodrigo qu’il l’a enregistré (avec d’autres pièces du compositeur dont Invocación y danza, Fantasia para un gentilhombre…)  sous la direction de Yannick Nézet Séguin.

Le concerto d’Aranjuez de Rodrigo écrit à Paris alors que l’Espagne s’entredéchire pendant la Guerre Civile (1939) est le premier de ses 5 Concertos pour guitare. On y relève l’influence des maîtres anciens Domenico Scarlatti, Padre Soler. Le titre renvoie au jardins (enchanteurs) du palais royal d’Aranjuez, édifié pour Felipe II. C’est une partition panthéiste, un hymne au miracle de la nature où s’expriment directement les merveilles du jardin célébré : chant des oiseaux, ruissellement des fontaines multiples, jusqu’au parfum des magnolias en fleurs… un Eden terrestre en temps de guerre. Au temps de la barbarie, le compositeur affirme a contrario le miracle atemporel et éblouissant des fleurs et des oiseaux… Le second mouvement (Adagio où dialoguent la guitare avec les bois et les cuivres : cor anglais, basson, hautbois, cor d’harmonie…), le plus introspectif, entre sérénité et tristesse pudique n’est pas inspiré des victimes du bombardement de Guernica survenu en 1937 (comme on le dit très souvent), mais de la lune de miel du compositeur avec sa femme Victoria.

Soirée à Madrid
Paris, vendredi 31 octobre 2014
Théâtre des Champs-Eysées, 20h

Orchestre de chambre de Paris
Roberto Forés Veses, direction
Miloš Karadaglić, guitare

Programme

Arriaga : Les Esclaves heureux, ouverture
Rodrigo : Concerto d’Aranjuez, pour guitare et orchestre
De Falla : Le Magistrat et la Meunière

Rappel : critique du cd Latino de Milos par Elvire James, juin 2012

Milos, le nouveau poète guitariste. En roi du tango et des mélodies populaires les plus nobles qui parlent au coeur immédiatement, Carlos Gardel dont Por una cabeza écrit en 1935, l’année de sa mort, paraît ici d’une suavité souveraine, légère, badine à laquelle Milos apporte une distinction pudique. Même entrain pour cet autre tango très connu, La Cumparsita de l’uruguayen Gerardo Matos Rodriguez, composée en 1917: Milos souligne avec un sens des nuances personnel, le déséquilibre et les vertiges d’un air ciselé entre nostalgie et tendresse… LIRE la critique complète du cd Latino par Milos (Villa-Lobos, Piazzolla, Gardel, …)

LIRE aussi la critique du cd Mediterraneo par Milos (Albeniz, Tarreaga, Granados… )