CD Ă©vĂ©nement, critique. GRAUN / BACH / TELEMANN : Passion pasticcio, c 1750. Purcell Choir, Orfeo Orchestra / György Vashegyi (2 cd GLOSSA – Budapest, janvier 2020)

graun passio oratorio vashegyi glossa review critique cd classiquenews CLIC de classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. GRAUN / BACH / TELEMANN : Passion pasticcio, c 1750. Purcell Choir, Orfeo Orchestra / György Vashegyi (2 cd GLOSSA – Budapest, janvier 2020). VoilĂ  la redĂ©couverte d’une Ĺ“uvre Ă©clectique mais puissante, retable disparate pourtant incontestablement unitaire qui tĂ©moigne aussi d’une pratique musicale familière Ă  l’époque de JS BACH : l’art des assemblages musicaux hĂ©tĂ©rogènes…
Par « Pasticcio » / « pâtisserie » en Italien, il faut entendre amalgame : comme Bach a modifiĂ© pour chacune des 4 rĂ©alisations de sa Passion selon Saint-Jean, le choix des airs et des sĂ©quences (1724,1725, 1732 puis 1749), les auditeurs du XVIIIè avaient davantage coutume d’entendre et de chanter de la musique (chorals) que d’écouter religieusement – au sens du XXè, une Ĺ“uvre cohĂ©rente et unitaire. L’ordre et la succession des airs restent donc mobiles et l’usage d’utiliser des sĂ©quences diverses, voire de compositeurs diffĂ©rents ne surprend pas. Ce pasticcio sacrĂ© / « oratorio de la Passion », jouĂ© du vivant de Bach et qui regroupe les Ă©critures de Graun, Telemann et probablement JS Bach, dirigĂ© par son fils CPE Carl Philipp Emanuel saisit par sa force expressive, sa grande sĂ©duction formelle et la cohĂ©rence qui s’en dĂ©gage, tant l’inspiration malgrĂ© les mains diffĂ©rentes, reste constante, visiblement inscrite dans l’esthĂ©tique « galante », d’une dĂ©licatesse de ton continue, d’emblĂ©e tournĂ©e vers la lumière d’une foi sereine, apaisĂ©e, confiante, … Les chĹ“urs y sont magistraux, l’écriture fuguĂ©e de haut vol ; certes le matĂ©riel majoritaire est redevable Ă  la main de CH Graun (1704-1759), compositeur officiel de la cour de FrĂ©dĂ©ric II (dès 1740), contemporain es mĂ©rite de Haendel et de JS Bach, dont la cantate de la Passion (« Ein Lämmlein geht und trägt die chuld » de 1730) forme la structure matriciel du cycle ainsi amplifiĂ© et Ă©laborĂ© vers 1750, et selon la tradition des ouvrages destinĂ©s au Vendredi Saint, organisĂ©s en 2 parties.
CLIC D'OR macaron 200Même mobile, l’ordre des séquences ainsi agencées, de Telemann à Graun sans omettre JS Bach, édifie une architecture puissante et majestueuse, au souffle dramatique et spirituel irrésistible, que les interprètes portent avec un engagement communicatif, surtout un naturel en partage, qu’il s’agisse des chœurs ou des solistes réunis autour du chef György Vashegyi. On sait la maîtrise de sa direction dans l’opéra français baroque (de Rameau à Mondonville) : éloquence, fluidité, élégance, articulation du texte s’écoutent ici, sans que jamais l’effet ne l’emporte sur le recueillement. Voilà qui plaide en faveur d’une redécouverte de ses œuvres dont Der Tod Jesu (1755), Passion la plus jouée au XVIIIè pendant la Semaine Sainte. Superbe redécouverte. CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2021.

 

CD Ă©vĂ©nement, critique. GRAUN / BACH / TELEMANN : Passion pasticcio, c 1750. Purcell Choir, Orfeo Orchestra / György Vashegyi (2 cd GLOSSA – Budapest, janvier 2020).  PLUS d’INFOS sur le site de l’ensemble ORFEO ORCHESTRA Ă  BUDAPEST / György Vashegyi

 

 

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CD précédents dirigés par le chef hongrois GYÖRGY VASHEGYI et critiqués sur CLASSIQUENEWS :

mondonville grands motets pircell choir orfeo orchestra Gyorgy vashegyi glossa cd critique review cd CLCI de classiquenewsCD événement, compte rendu critique. Mondonville : Grands Motets. György Vasgheyi (2 cd Glossa, 2015). Le geste des baroqueux essaime jusqu’en Hongrie : György Vashegyi est en passe de devenir par son implication et la sûreté de sa direction, le William Christie Hongrois… C’est un défricheur au tempérament généreux, surtout à la vision globale et synthétique propre aux grands architectes sonores. C’est aussi une affaire de sensibilité et de goût : car le chef hongrois goûte et comprend comme nul autre aujourd’hui, à l’égal de nos grands Baroqueux d’hier, la subtile alchimie de la musique française.

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rameau-cd-fetes-de-polymnie-1745-orfeo-orchestra-gyorgy-Vashegyi-2-cd-glossa-clic-de-classiquenewsCD. Rameau : Les Fêtes de Polymnie, 1745. Orfeo Orchestra, György Vashegyi (2 cd Glossa). Voici le premier cd découlant de l’année Rameau 2014. Le présent titre est d’autant plus méritoire qu’il dévoile la qualité d’une partition finalement très peu connue et qui mérite ce coup de projecteur car elle incarne le sommet de l’inspiration du Dijonais, ces années 1740 qui marquent assurément la plénitude de son génie … 1745 est une année faste pour Rameau.  Aux côtés de Platée, ces Fêtes de Polymnie soulignent une inventivité sans limites. Le compositeur mêle tous les genres,  renouvelle profondément le modèle officiel et circonstanciel déjà conçu et développé par Lully. En guise d’une œuvre qui fait l’apologie de Louis XV comme l’a fait Lully s’agissant de Louis XIV au siècle précédent, Rameau livre un triptyque d’une flamboyante diversité de formes et de genres poétiques.  Les titres de chaque Entrée indiquent ainsi les développements musicaux libres et originaux : histoire,  fable,  féerie.  Un prodige de renouvellement des modes dramatiques d’autant plus qu’il n’est pas uniquement question de mythologie : à ce titre l’argument et le climat de la troisième dépasse tout ce qui a été entendu jusque là tant le dernier volet développe singulièrement le thème féerique qui le porte…

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BOISMORTIER GLOSSA voyages de l amour vashegyi 2 cd critique review cd classiquenews CLIC de classiquenewsCD événement. BOISMORTIER : Les voyages de l’Amour, 1736 (Orfeo orchestra, G Vashegyi, sept 2019 – 2 cd Glossa) – CLIC découverte / hiver 2020. En 1736, 3 ans après le choc du scandaleux Hippolyte et Aricie de Rameau, Boismortier aborde à son tour l’opéra ballet dans le sillon de Campra, Leclair, Rebel et… Rameau évidemment dont Les Indes galantes marquent le contexte de création des Voyages de l’amour. Mais ce premier coup d’essai dans ce genre pathétique et tendre, pastoral et langoureux est un coup de maître. Le compositeur bénéficie d’un livret solide, produit d’un jeune « prodige » (de 20 ans) : La Bruère.

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