MUSIQUE ENGAGÉE. REPORTAGE à SAINT-DENIS : ANTOINE LANDOWSKI et les 3 saisons de la Plaine…

logo-carreREPORTAGE à SAINT-DENIS : ANTOINE LANDOWSKI et les 3 saisons de la Plaine… Dans un esprit village, le violoncelliste Antoine Landowski poursuit une initiative musicale et citoyenne depuis l’église Saint-Paul Saint-Louis de la Plaine Saint-Denis. Une forme de concerts proche des publics, soucieuse d’explication et de sensibilisation… pour que classique rime avec pratique et magique. Bilan sur un exemple de démocratisation sereine et permanente dans le 9.3. En un geste ouvert, généreux, décomplexé, l’instrumentiste a su prendre en compte les attentes et les besoins d’une population éclectique (des résidents souvent peu familiers du classique aux salariés de passage, confinés dans les entreprises), soit une multiplicité pourtant curieuse de découvertes et de plaisirs en musique… Par notre grand reporter Marcel WEISS.

 

 

 

A SAINT-DENIS, une offre musicale exemplaire…
Les 3 Saisons de la Plaine : De fertiles moissons

 

 

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Violoncelliste du Trio Chausson qu’il fonde en 2001, Antoine Landowski tourne régulièrement en Europe et… dans son quartier, la Plaine Saint-Denis, où il vit depuis neuf ans. Edifiée en 2014, à deux pas du Stade de France, l’église Saint-Paul de la Plaine lui propose d’y organiser des concerts. Résolument moderne, œuvre de l’architecte Patrick Berger, elle semble déjà par elle-même appeler la musique avec sa forme hélicoïdale, « en goutte d’eau », convergeant vers le chœur et sa baie ouverte sur un jardin abrité du tumulte ambiant d’un quartier, une ancienne banlieue ouvrière métamorphosée en un quartier d’affaires et de résidences, une véritable fourmilière humaine : 15.000 habitants, auxquels s’ajoutent chaque jour 30.000 employés. Il n’était pas question pour Antoine Landowski d’envisager des concerts « ordinaires » dans un quartier aux populations si disparates : « Jouer la carte du concert pour le concert ne m’intéressait pas, il fallait que la musique remplisse pleinement son rôle social, tant auprès des salariés de passage que des habitants et de leurs enfants ».

6 TRIPTYQUES ANNUELS : une nouvelle offre de concert

Tombé amoureux d’un quartier où il a choisi de vivre avec sa famille, Antoine Landowski souhaite offrir à des habitants rechignant à ressortir de chez eux après leur journée de travail une activité culturelle de qualité à proximité de leur domicile : « La plupart n’auraient jamais eu l’idée autrement de franchir le seuil d’une salle de concerts. Nous leur proposons des programmes très accessibles, bâtis autour des « tubes » de la musique classique, et les quelques clefs d’écoute nécessaires à leur compréhension. »

Autre public à convaincre, celui d’employés confinés dans leurs entreprises, vivant plus ou moins bien leur délocalisation à la Plaine Saint-Denis. Un pari plutôt réussi selon Antoine Landowski : « Le temps d’une pause-concert, ils découvrent un quartier des plus attachants, à l’image de ses habitants. De plus en plus nombreux, ils nous manifestent leur satisfaction à quitter leur lieu de travail pour partager un agréable moment musical. »

 

 

 

 

 

A ces différents publics, « Les 3 Saisons de la Plaine » proposent, six fois par an, trois concerts gratuits dans une journée, le matin pour les élèves des écoles du quartier, le midi pour les salariés des entreprises et le soir pour les habitants, et notamment les familles des enfants participant au concert du matin, issus des ateliers organisés par l’association dans deux écoles de la Plaine, la maternelle des Drapiers et l’école élémentaire Gutenberg, dans le
cadre du projet pédagogique de ces dernières. Ateliers animés tout au long de l’année par divers intervenants choisis et rétribués par « les 3 Saisons de la Plaine » – notamment des Dumistes issus des CFMI -, ateliers d’éveil musical, de chant choral, de danse, de djembé, etc.
Des ateliers qui pourraient concerner également dès l’an prochain des collèges du quartier. Autre école concernée au premier chef par ces concerts, l’EICAR, école de cinéma et de télévision située à la Plaine, assure avec ses étudiants la captation de l’événement.

 

 

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UNE MEDIATRICE ENGAGÉE… Elément essentiel au croisement des ces différentes activités, une médiatrice musicale, Camille Villanove, fournit les clés d’écoute, tant aux enfants qu’aux adultes. Elle a été séduite par un projet de sensibilisation artistique visant à la transmission et à la démocratisation de la musique, touchant au cœur-même de son métier.
Elle est chargée de la préparation des classes pour le concert du matin et de la rédaction des programmes : « Etre médiatrice de la musique, c’est être comme un guide dans un musée, sauf que je conduis les enfants au concert et non à un tableau, je conçois mon intervention comme le tapis rouge, qui les mène à la musique. »

Ce matin-là, le 16 mai dernier, cinq classes de maternelle affluent dans l’église dans un joyeux brouhaha, encadrés par des maitres qui leur font d’ultimes recommandations : « Ne hélez pas les musiciens ! », « Attendez la fin de la musique pour applaudir ! », « Vous êtes libres de ne pas aimer et de le dire », « Si vous préférez, vous pouvez fermer les yeux ».

Sur scène, Camille Villanove assure le lien entre ses séances de préparation en classe et l’entrée dans l’écoute musicale. Elle fait appel à l’imaginaire des enfants en leur faisant trouver les mots, les sons et les images correspondant à leurs émotions. Cela peut prendre la forme d’une chorégraphie ou d’un chant, comme celui improvisé autour du thème principal de la sonate « Regen » de Brahms, transcrite pour violoncelle : « Tombent, tombent, gouttelettes… »

Même souci de préparer l’écoute musicale dans le programme distribué aux concerts, conçu sous forme d’entretiens imaginaires avec les compositeurs, et prolongé par des conseils d’écoutes complémentaires des interprètes.

Le pianiste Gaspard Dehaene et le violoncelliste Damien Ventula, prennent le relais de Camille Villanove pour une brève présentation aux enfants des instruments et des œuvres au programme, les Sonates de Brahms et Debussy, dont ils jouent ensuite des extraits. Suscitant des réactions spontanées. Brahms ? : « Ca fait dormir ». Debussy ? : « Ca m’a fait peur ».

Tous deux recherchent et savourent ces moments privilégiés de partage avec un public vierge, sans a priori. Pour Gaspard Dehaene, « C’est s’embarquer dès le matin dans une aventure, au lieu de penser exclusivement au concert du soir. Je saisis toutes les occasions de communiquer. Il ne faut pas craindre d’avoir à s’exprimer, à propos de son instrument ou de son programme. Cela peut éveiller la sympathie du public, favoriser sa prédisposition à l’écoute. Concernant les enfants, Il n’est pas forcément facile de les garder concentrés, de les intéresser par nos propos puis de passer sans transition au jeu proprement dit. »

Une relation de proximité familière à Damien Ventula, acquise lors de ses études à Boston, qu’il s’agisse de présenter un concert ou de faire œuvre de pédagogie : « C’est toujours intéressant de faire découvrir la musique à des enfants, par le dialogue, mais rien ne remplace le contact direct avec les musiciens. »

Même désir de partage, de faire rayonner la musique en tout lieu, chez la pianiste Claire-Marie Leguay, qui a adhéré d’enthousiasme au projet des « 3 Saisons de la Plaine » : « Je trouve ce projet magnifique, de par sa volonté de diversification des publics, avec ces trois concerts en une seule journée. Mais chacun est unique, et la relation avec chaque public est différente. C’est passionnant, mais sans doute trop dense pour le musicien, qui doit à trois moments d’une seule journée mobiliser une concentration, une énergie nouvelle, notamment pour capter l’intérêt des enfants. Tout ce qui peut éveiller leur attention est important, mais en respectant leur imaginaire, notre rôle consiste à leur ouvrir les portes. »

 

 

PERENNISER LE PROJET DANS UN CONTEXTE FRAGILE… Antoine Landowski bâtit chacune de ses saisons en variant formations et programmes. Le violoncelle figure évidemment en bonne place, de même que le piano et le quatuor à cordes, aux côtés de l’orchestre Divertimento de Zahia Ziouani – interprète du Magnificat de Vivaldi avec une chorale d’entreprise Orange voisine -, régulièrement invité depuis deux ans, et de formations plus inhabituelles comme, cette année, le quatuor de saxophones Elipsos. Autre moment fort de la saison : un programme d’opéra italien avec une chorale scolaire du voisinage.

Le choix de la gratuité des concerts facilite de fait la gestion d’une association viable uniquement grâce au bénévolat de ses équipes. Seuls les musiciens et les intervenants en milieu scolaire sont rétribués. Jusqu’à ce jour, « les 3 Saisons de la Plaine » sont en équilibre, grâce essentiellement à l’apport de ses multiples sponsors, des fondations d’entreprise de la Plaine. Un équilibre fragile remis en cause aujourd’hui par la suppression, en janvier 2018, de la réserve parlementaire – naguère ballon d’oxygène de nombre d’associations culturelles. D’où le cri d’alarme lancé par Antoine Landowski en cette fin de saison et la souscription qu’il lance.

Malgré cette menace, il continue de former des projets, notamment de collaboration avec la future université, le Campus Condorcet – 5000 étudiants et chercheurs – qui va ouvrir ses portes en septembre prochain.

Transmettre résonne comme un leitmotiv pour le celliste. Un engagement dans la cité dans la droite ligne des convictions de son grand-père, Marcel, qui déclarait : « La musique fait partie intégrante de l’éducation, car elle est un des éléments de base de la culture humaine ».

 

 

Par notre grand reporter, Marcel Weiss pour © CLASSIQUENEWS 2019

 

 

 

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APPROFONDIR

VISITER le site de l’association de concerts Les 3 SAISONS DE LA PLAINE

CD, événement. PIANO POETIQUE : l’AILLEURS par GASPARD DEHAENE (1 cd 1001 Notes : “Vers l’Ailleurs”)

Vers-lailleurs-Gaspard-Dehaene-Collection-1001-NotesCD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018). ITINERANCES POETIQUES… Le pianiste Gaspard Dehaene confirme une sensibilité à part ; riche de filiations intimes. C’est un geste explorateur, qui ose des passerelles enivrantes entre Schubert, Liszt et la pièce contemporaine de Rodolphe Bruneau-Boulmier. Ce 2è cd est une belle réussite. Après son premier (Fantaisie – également édité par 1001 Notes), le pianiste français récidive dans la poésie et l’originalité. Il aime prendre son temps ; un temps intérieur pour concevoir chaque programme ; pour mesurer aussi dans quelle mesure chaque pièce choisie signifie autant que les autres, dans une continuité qui fait sens. La cohérence poétique de ce second cd éblouit immédiatement par sa justesse, sa sobre profondeur et dans l’éloquence du clavier maîtrisé, sa souple élégance. Les filiations inspirent son jeu allusif : la première relie ainsi Schubert célébré par Liszt. La seconde engage le pianiste lui-même dans le sillon qui le mène à son grand père, Henri Queffélec, écrivain de la mer, et figure inspirant ce cheminement entre terre et mer, « vers l’Ailleurs ». En somme, c’est le songe mobile de Schubert, – le wanderer / voyageur, dont l’errance est comme régénérée et superbement réinvestis, sous des doigts complices et fraternels.

 

 

 

VERS L’AILLEURS
Les itinérances poétiques de Gaspard Dehaene…
2è cd magistral

 

 

 

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Les escales jalonnent un voyage personnel dont l’aboutissement / accomplissement est la sublime Sonate D 959 en la majeur de Franz Schubert (avant dernier opus daté de sept 1828). Au terme de la traversée, les champs parcourus, éprouvés enrichissent encore l’exquise mélancolie et la tendresse chantante du dernier Schubert…. LIRE notre critique complète du cd Vers l’AILLEURS par Gaspard Dehaene…

 

DEHAENE-gaspard-piano-UNE-CD-classiquenews

 

 

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE,1001-NOTES-festival-concerts-annonce-critique-sur-classiquenews piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – programme durée : 1h12 enregistré à Limoges en nov 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de février 2019. Photos et illustrations : © Martin Trillaud – WAM

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Gaspard DEHAENE, à propos de l’album “Vers l’Ailleurs”…

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Errances poétiques de Gaspard DehaeneENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene. Sur un Steinway, préparé par Gérard Fauvin, le pianiste  Gaspard Dehaene livre pour le label 1001 Notes, son déjà 2è album : un programme ciselé, serti de pépites aux filiations choisies et personnelles où rayonne l’esprit libre du voyageur, de Schubert à Liszt, et de l’explorateur entre terre et mer, selon la passion de son grand-père, l’écrivain Henri Queffélec avec la pièce de Bruneau-Boulmier.  Ce nouveau cd est une invitation au plus beau des voyages : par l’imaginaire et le songe. Entretien pour classiquenews afin d’en relever quelques clés. LIRE notre entretien avec Gaspard Dehaene, pianiste.

DEHAENE-gaspard-piano-portrait-entretien-sur-classiquenews-vers-l-ailleurs-schuebrt-liszt-piano-actualites-du-piano-classiquenews

 

 

 

 

 

VIDEOS
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VOIR aussi le teaser du CD Vers l’Ailleurs par Gaspard Dehaene :

 

https://www.youtube.com/watch?v=KoAlipMdBYQ

dehaene-gaspard-cd-vers-l-ailleurs-cd-clic-de-classiquenews-critique-cd-review-cd-annonce-cd-concert

 

 

 

 VOIR le CLIP vidéo ANDANTINO de la Sonate D959 de Franz SCHUBERT par Gaspard Dehaere

 

dehaene-gaspard-schubert-andantino-d959-sonate-film-video-cd-review-critique-cd-par-classiquenews

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Programme VERS L’AILLEURS

 

FRANZ SCHUBERT (Arr. FRANZ LISZT)
« Aufenthalt »
« Auf dem Wasser zu singen »

FRANZ SCHUBERT
Mélodie Hongroise

FRANZ LISZT
Rhapsodie Espagnole

RODOLPHE BRUNEAU-BOULMIER
« Quand la terre fait naufrage »

FRANZ SCHUBERT
Sonate D 959 en la Majeur (Live)
Allegro / Andantino / Scherzo : allegro vivace / Allegretto

 

Prise de son, mixage et mastering : Baptiste Chouquet – B media
Photos : Martin Trillaud – WAM
Création graphique : Gaëlle Delahaye
Production : Collection 1001 Notes
Piano : Gérard Fauvin

CD – Enregistré en novembre 2018 à Limoges

www.gasparddehaene.com

 

PROCHAINS CONCERTS 2019
de Gaspard DEHAENE

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12 avril : Narbonne – Violoncelle et piano, avec le violoncelliste Damien Ventula
14 avril : Bruxelles, Belgique – Concert en sonate piano / alto, avec l’altiste Adrien Boisseau


3 juin : Les Invalides, Paris – Concert partagé avec Anne Queffélec


5 juin : Maison du Japon, Paris
23 juin : Festival de Nohant


12-14 juillet : Folle Journée à Ekaterinburg, Russie
25 septembre : Carnegie Hall, New York


2 octobre : Tokyo, Japon – Récital au Toyosu civic center hall

PLUS D’INFOS :
https://festival1001notes.com/collection/projet/vers-lailleurs

CD, événement. PIANO POETIQUE de GASPARD DEHAENE (1 cd 1001 Notes : “Vers l’Ailleurs”)

Vers-lailleurs-Gaspard-Dehaene-Collection-1001-NotesCD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018). ITINERANCES POETIQUES… Le pianiste Gaspard Dehaene confirme une sensibilité à part ; riche de filiations intimes. C’est un geste explorateur, qui ose des passerelles enivrantes entre Schubert, Liszt et la pièce contemporaine de Rodolphe Bruneau-Boulmier. Ce 2è cd est une belle réussite. Après son premier (Fantaisie – également édité par 1001 Notes), le pianiste français récidive dans la poésie et l’originalité. Il aime prendre son temps ; un temps intérieur pour concevoir chaque programme ; pour mesurer aussi dans quelle mesure chaque pièce choisie signifie autant que les autres, dans une continuité qui fait sens. La cohérence poétique de ce second cd éblouit immédiatement par sa justesse, sa sobre profondeur et dans l’éloquence du clavier maîtrisé, sa souple élégance. Les filiations inspirent son jeu allusif : la première relie ainsi Schubert célébré par Liszt. La seconde engage le pianiste lui-même dans le sillon qui le mène à son grand père, Henri Queffélec, écrivain de la mer, et figure inspirant ce cheminement entre terre et mer, « vers l’Ailleurs ». En somme, c’est le songe mobile de Schubert, – le wanderer / voyageur, dont l’errance est comme régénérée et superbement réinvestis, sous des doigts complices et fraternels.

 

 

 

VERS L’AILLEURS
Les itinérances poétiques de Gaspard Dehaene…
2è cd magistral

 

 

 

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Les escales jalonnent un voyage personnel dont l’aboutissement / accomplissement est la sublime Sonate D 959 en la majeur de Franz Schubert (avant dernier opus daté de sept 1828). Au terme de la traversée, les champs parcourus, éprouvés enrichissent encore l’exquise mélancolie et la tendresse chantante du dernier Schubert…. LIRE notre critique complète du cd Vers l’AILLEURS par Gaspard Dehaene…

 

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CLIC_macaron_2014CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE,1001-NOTES-festival-concerts-annonce-critique-sur-classiquenews piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – programme durée : 1h12 enregistré à Limoges en nov 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de février 2019. Photos et illustrations : © Martin Trillaud – WAM

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Gaspard DEHAENE, à propos de l’album “Vers l’Ailleurs”…

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Errances poétiques de Gaspard DehaeneENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene. Sur un Steinway, préparé par Gérard Fauvin, le pianiste  Gaspard Dehaene livre pour le label 1001 Notes, son déjà 2è album : un programme ciselé, serti de pépites aux filiations choisies et personnelles où rayonne l’esprit libre du voyageur, de Schubert à Liszt, et de l’explorateur entre terre et mer, selon la passion de son grand-père, l’écrivain Henri Queffélec avec la pièce de Bruneau-Boulmier.  Ce nouveau cd est une invitation au plus beau des voyages : par l’imaginaire et le songe. Entretien pour classiquenews afin d’en relever quelques clés. LIRE notre entretien avec Gaspard Dehaene, pianiste.

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VIDEOS
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VOIR aussi le teaser du CD Vers l’Ailleurs par Gaspard Dehaene :

 

https://www.youtube.com/watch?v=KoAlipMdBYQ

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 VOIR le CLIP vidéo ANDANTINO de la Sonate D959 de Franz SCHUBERT par Gaspard Dehaere

 

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Programme VERS L’AILLEURS

 

FRANZ SCHUBERT (Arr. FRANZ LISZT)
« Aufenthalt »
« Auf dem Wasser zu singen »

FRANZ SCHUBERT
Mélodie Hongroise

FRANZ LISZT
Rhapsodie Espagnole

RODOLPHE BRUNEAU-BOULMIER
« Quand la terre fait naufrage »

FRANZ SCHUBERT
Sonate D 959 en la Majeur (Live)
Allegro / Andantino / Scherzo : allegro vivace / Allegretto

 

Prise de son, mixage et mastering : Baptiste Chouquet – B media
Photos : Martin Trillaud – WAM
Création graphique : Gaëlle Delahaye
Production : Collection 1001 Notes
Piano : Gérard Fauvin

CD – Enregistré en novembre 2018 à Limoges

www.gasparddehaene.com

 

PROCHAINS CONCERTS 2019
de Gaspard DEHAENE

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12 avril : Narbonne – Violoncelle et piano, avec le violoncelliste Damien Ventula
14 avril : Bruxelles, Belgique – Concert en sonate piano / alto, avec l’altiste Adrien Boisseau


3 juin : Les Invalides, Paris – Concert partagé avec Anne Queffélec


5 juin : Maison du Japon, Paris
23 juin : Festival de Nohant


12-14 juillet : Folle Journée à Ekaterinburg, Russie
25 septembre : Carnegie Hall, New York


2 octobre : Tokyo, Japon – Récital au Toyosu civic center hall

PLUS D’INFOS :
https://festival1001notes.com/collection/projet/vers-lailleurs

ENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene, à propos de “Vers l’Ailleurs”

Errances poétiques de Gaspard DehaeneENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene. Sur un Steinway, préparé par Gérard Fauvin, le pianiste  Gaspard Dehaene livre pour le label 1001 Notes, son déjà 2è album : un programme ciselé, serti de pépites aux filiations choisies et personnelles où rayonne l’esprit libre du voyageur, de Schubert à Liszt, et de l’explorateur entre terre et mer, selon la passion de son grand-père, l’écrivain Henri Queffélec avec la pièce de Bruneau-Boulmier.  Ce nouveau cd est une invitation au plus beau des voyages : par l’imaginaire et le songe. Entretien pour classiquenews afin d’en relever quelques clés.

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CNC / Classiquenews : Selon quels critères avez vous réalisé la sélection de votre programme « Vers l’Ailleurs » ?

Gaspard Dehaene : J’ai veillé à plusieurs choses : l’enchaînement des tonalités, des caractères, des tempi, le tout de façon à préparer l’ouverture à la sonate D959, sommet de ce programme.  La pièce de Rodolphe Bruneau-Boulmier juste avant la sonate constitue une excellente pause. Rapprocher Schubert et Liszt est passionnant. Le premier est ce voyageur / « Wanderer » qui a exploré des mondes inédits par la pensée et l’écriture musicale ; le second, Liszt, lui, a contrario, a beaucoup voyagé. Sa Rhapsodie espagnole a été composée plus de 10 ans après une tournée en Espagne et au Portugal : c’est évidemment une pièce de virtuosité, mais pas seulement car elle affirme aussi un très grand potentiel poétique. Liszt y développe d’abord une série de variations sur la Folia (en une lente valse sérieuse, dans le grave du piano) ; puis c’est le feu d’artifice de la Jota (aragonaise), véritable jubilation pétaradante dont j’aime la légèreté chantante.

J’ai choisi la Sonate D959 comme l’aboutissement de tout le programme. Schubert est mort deux mois après l’avoir composée. J’y retrouve ce piano ample, profond, d’une richesse saisissante qui rappelle le lied comme le souffle symphonique, sans omettre le quatuor à cordes. Evidemment le voyage auquel nous convie Schubert est celui du temps, le temps de la vie, mais aussi celui de la durée, celle qui nous fait perdre nos repères géographiques !  L’Andantino est d’une tristesse poignante et aussi d’une audace visionnaire car Schubert (dans la partie centrale) y invente presque le principe du « cluster », ( procédé qui consiste à jouer plusieurs touches simultanément, sans le souci de l’harmonie ), avec des accords d’une violence inouïe, comme s’il s’agissait de cris déchirants. Enfin, peu après se déploie la tonalité de do dièse majeur qui est celle du renoncement, de l’adieu accepté, assumé. L’écriture relève d’une ambivalence schizophrénique, accordant mélancolie et acceptation du sort.

 

 

 

CNC : Pouvez-vous nous livrer quelques clés pour comprendre la pièce de Rodolphe Bruneau-Boulmier qui résulte d’une commande que vous lui avez passée ?

GD : La pièce a été composée pour moi. J’ai demandé à Rodolphe de m’écrire une pièce, et c’est lui-même, en tant que lecteur d’Henri Queffélec, qui a eu l’idée de ce titre (« quand la terre fait naufrage »). La partition évoque ce que l’on écoute et les impressions ressenties quand nous avons la tête sous l’eau, dans la mer… Comme une fantaisie, la pièce exprime le mouvement des vagues au dessus de soi, la sensation de bruits lointains, … C’est une évocation libre de l’immensité des mondes marins ; la dramaturgie enchaîne le zéphyr qui annonce la tempête qui elle-même s’accomplit en vagues et en rafles irrégulières… ; où les motifs semblent tournoyer sur eux-mêmes, où se dessine aussi la figure de la cathédrale engloutie, en particulier dans la conclusion qui sonne comme dévastée. Je pense que cette œuvre parle à notre imaginaire par sa puissance évocatrice !

 

DEHAENE-gaspard-paino-portrait-entretien-sur-classiquenews-actualites-du-piano-classiquenews-vers-l-ailleurs-cd-1001-NOTES-Gaspard-Dehaene

 

 

CNC : Comment s’est déroulé le travail avec le label 1001 Notes ?

GD : Vers l’Ailleurs est mon 2è album chez 1001 Notes. C’est la concrétisation d’un projet audacieux et original qui s’est réalisé grâce à l’écoute, la confiance et la compréhension dont m’a témoigné le directeur du label : Albin de la Tour. Une telle écoute est rare, et elle est d’autant plus appréciée. En plus de l’enregistrement proprement dit ; il a été possible de réaliser plusieurs clips musicaux, dans le prolongement de l’univers poétique du cd (1).

 

 

 

CNC : Quels sont les pianistes qui vous inspirent et pourquoi ?

GD : Il y a d’abord Arcadi Volodos pour son sens et sa conception très aboutis de chaque interprétation. A chaque lecture, il force l’admiration par son originalité et une compréhension souvent visionnaire. J’aimerai citer aussi Alfred Brendel ; j’ai pu joué devant lui la D 959 et cette expérience a été pour moi … traumatisante ; mais dans le bon sens du terme. Brendel m’a sensibilisé sur la ligne de chant, la conduite du legato, et la nécessité de ne jamais lâcher la tension. Enfin, j’apprécie Radu Lupu pour son lâcher prise justement ; ce qu’il réussit à exprimer, entre vécu et sonorité, relève d’une équation magique.

 

 

Propos recueillis en février 2019

 

  

 
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(1) vidéo réalisée à partir du second mouvement de la Sonate D 959, Andantino :
https://www.youtube.com/watch?v=V_Z4HDT8Y_c
Gaspard Dehaene – Franz Schubert Sonate D 959 en la Majeur/ Andantino – YouTube
www.youtube.com
https://festival1001notes.com/collection/projet/vers-lailleurs
Sortie de l’album vers l’ailleurs le 1er février 2019 : Disponible sur : https://open.spotify.com/a…
(durée : 8mn27)

 

 

 

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LIRE aussi notre critique complète du cd Vers l’ailleurs par Gaspard Dehaene, piano (1 cd 1001 Notes).

 

  

 

Teaser vidéo : Vers l’Ailleurs, le nouveau cd de Gaspard DEHAENE, piano

Vers-lailleurs-Gaspard-Dehaene-Collection-1001-NotesTeaser vidéo : Vers l’Ailleurs, le nouveau cd de Gaspard DEHAENE, piano (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018). ITINERANCES POETIQUES… Le pianiste Gaspard Dehaene confirme une sensibilité à part ; riche de filiations intimes. C’est un geste explorateur, qui ose des passerelles enivrantes entre Schubert, Liszt et la pièce contemporaine de Rodolphe Bruneau-Boulmier. Ce 2è cd est une belle réussite.

LIRE aussi notre critique du cd VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Gaspard DEHAENE, à propos de l’album “Vers l’Ailleurs”…

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Errances poétiques de Gaspard DehaeneENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene. Sur un Steinway, préparé par Gérard Fauvin, le pianiste  Gaspard Dehaene livre pour le label 1001 Notes, son déjà 2è album : un programme ciselé, serti de pépites aux filiations choisies et personnelles où rayonne l’esprit libre du voyageur, de Schubert à Liszt, et de l’explorateur entre terre et mer, selon la passion de son grand-père, l’écrivain Henri Queffélec avec la pièce de Bruneau-Boulmier.  Ce nouveau cd est une invitation au plus beau des voyages : par l’imaginaire et le songe. Entretien pour classiquenews afin d’en relever quelques clés. LIRE notre entretien avec Gaspard Dehaene, pianiste.

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CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018)

Vers-lailleurs-Gaspard-Dehaene-Collection-1001-NotesCD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018). ITINERANCES POETIQUES… Le pianiste Gaspard Dehaene confirme une sensibilité à part ; riche de filiations intimes. C’est un geste explorateur, qui ose des passerelles enivrantes entre Schubert, Liszt et la pièce contemporaine de Rodolphe Bruneau-Boulmier. Ce 2è cd est une belle réussite. Après son premier (Fantaisie – également édité par 1001 Notes), le pianiste français récidive dans la poésie et l’originalité. Il aime prendre son temps ; un temps intérieur pour concevoir chaque programme ; pour mesurer aussi dans quelle mesure chaque pièce choisie signifie autant que les autres, dans une continuité qui fait sens. La cohérence poétique de ce second cd éblouit immédiatement par sa justesse, sa sobre profondeur et dans l’éloquence du clavier maîtrisé, sa souple élégance. Les filiations inspirent son jeu allusif : la première relie ainsi Schubert célébré par Liszt. La seconde engage le pianiste lui-même dans le sillon qui le mène à son grand père, Henri Queffélec, écrivain de la mer, et figure inspirant ce cheminement entre terre et mer, « vers l’Ailleurs ». En somme, c’est le songe mobile de Schubert, – le wanderer / voyageur, dont l’errance est comme régénérée et superbement réinvestis, sous des doigts complices et fraternels.

 

 

 

VERS L’AILLEURS
Les itinérances poétiques de Gaspard Dehaene…
2è cd magistral

 

 

 

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Les escales jalonnent un voyage personnel dont l’aboutissement / accomplissement est la sublime Sonate D 959 en la majeur de Franz Schubert (avant dernier opus daté de sept 1828). Au terme de la traversée, les champs parcourus, éprouvés enrichissent encore l’exquise mélancolie et la tendresse chantante du dernier Schubert.

Les deux premiers épisodes démontrent le soin et l’affinité de Liszt pour son devancier Schubert. Le premier a réalisé les arrangements des morceaux pour piano. Grave et lumineux, « Aufenthalt »ouvre le programme et amorce le voyage. C’est une gravité comme exaltée mais digne dans ses emportements que le pianiste exprime ; avec une respiration idéale, un naturel sobre et même élégant, Gaspard Dehaene exprime la force et la puissance, l’ivresse intérieure d’une partition qui saisit par son tragique intime. D’une carrure presque égale, « Auf dem wasser zu singen » fait surgir au cÅ“ur d’un vortex allant, la langueur et la mélancolie d’un Schubert enivré, au lyrisme éperdu. L’énonciation du piansite se fait fraternelle et tendre ; il transmet un chant éperdu qui est appel au renoncement et déchirante nostalgie. L’acuité du jeu, souligne dans les passages harmoniques, d’un ton à l’autre, la douceur du fluc musical à la fois entêtant et aussi salvateur ; à chaque variation, correspond un éclat distinct, une facette caractérisée que le pianiste sûr, inscrit dans une tempête intérieure de plus en plus rageuse et irrépressible. Détaillée et viscérale, l’engagement de l’interprète convainc de bout en bout.

Puis la Mélodie hongroise s’affirme tout autant en une élocution simple et intimiste. Le pianiste affiche une élégance altière, celle d’un un cavalier au trot, souple et acrobatique auquel le jeu restitue toutes les aspérités et les nuances intérieures. La gestion et le règlages des nuances se révèlent bénéfiques : tous les arrières plans et tous les contrechamps restituent chaque souvenir convoqué. Le rubato est riche de toutes ses connotations en perspective ; le toucher veille au velouté de la nostalgie : chaque nuance fait surgir un souvenir dont le moelleux accompagne dans le murmure l’éloquente fin pianissimo. Quel remarquable ouvrage.

Autant Schubert brille par l’éclat de ses nuances intimes, pudiques et crépusculaires. Autant Liszt crépite aussi mais en contrastes plus déclamés.
Le Liszt recompose le paysage schubertien et s’éloigne quand même, de cette sublimation du souvenir qui devient caresse et renoncement ; ici, la digitalité se fait plus vindicative et vibratile ; le claviern d’organique et dramatique, bascule dans une marche prière qui peu à peu s’électrise dans l’énoncé du motif principal. Evidemment l’écriture rhapsodique revendique clairement une libération de l’écriture et un foisonnement polyphonique dont Gaspard Dehane exprime bien le chant plus martelé et comme conquérant ; il en défend le lyrisme des divagations ; éclairant chez Liszt, ce débordement expressif, sa verve délirante dont la spiritualité aime surprendre, dans la virtuosité de son clavier orchestre.
A 8’14, le chant libre bascule dans une sorte de réflexion critique, douée d’une nouvelle ivresse plus souple et lyrique, exprimant la quête des cimes dans l’aigu jusqu’au vertige extatique. Puis le final se précipite en une course vertigineuse (11’38), jusqu’au bord de la syncope et d’une frénésie panique. Le jeu est d’autant plus percutant qu’il reste dans cet agitato que beaucoup d’autres pianistes exacerbent, clair, précis, nuancé, éclatant.

Après la filiation Schubert / Liszt, Gaspard Dehaere cultive une entente intime avec le texte de son grand père, – Henri Queffélec, « quand la terre fait naufrage ». A cette source, s’abreuve l’inspiration du compositeur Rodolphe Bruneau-Boulmier qui reprend le même intitulé : fluide et séquentiel, et pourtant jamais heurté ni sec, le jeu du pianiste joue des transparences et des scintillements flottants, expression d’une inquiétude sourde qui se diffuse et se rétracte dans un tapis sonore qui croît et se replie. AInsi s’affirme le climat incertain d’intranquillité, propre à beaucoup d’œuvres contemporaines d’aujourd’hui dont la nappe harmonique se répand progressivement en crescendo de plus en plus forte, jusqu’à son milieu où le mystère assène comme un carillon funèbre, son murmure dans le noir et le néant… de la mer. Ainsi se précise comme seule bouée d’un monde en chaos, le glas d’une « cathédrale engloutie », cri bien présent et d’une morne volupté. Les couleurs et les nuances du pianiste se révèlent primordiales ici.

 

 

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A mi chemin de la traversée (au mi temps du cd), nous voici plus riches, d’une écoute mieux affûtée encore pour mesurer les tableaux intérieurs de la D 959  (prise live) : d’autant que l’interprète se montre d’une éloquence intérieure, mobile, explorant sur le motif schubertien lui-même, toutes les nuances du souvenir ou de climats imaginaires. L’intelligence sensible est vive : elle ressuscite mille et un mouvement de l’introspection rêveuse, nostalgique, grave souvent, toujours ardente. Voici les temps forts de cette lecture profonde et riche, concçue / vécue tel un formidable voyage intérieur.

Le portique d’ouverture affirmé, à l’assise parfaite inscrit ce premier mouvement dans une déclaration préliminaire absolument sereine et déjà le pianiste en exprime les fondations qui se dérobent, en un flux ambivalent, à la fois intranquille et comme prêt à vaciller. Ce trouble en arrière plan finit par atteindre le motif principal dont il fait une confession pleine de tendresse.
Le cantabile et le legato feutré captivent dès ce premier mouvement ; le motif principal n’y est jamais clairement énoncé ; toujours voilé, dérobé tel le tremplin au repli et au secret, en une cantilène aux subtiles éclats / éclairs intérieurs. Le compositeur cultive le surgissement de cette ineffable aspiration à l’innocence, la perte de toute gravité. C’est ce qui transpire dans la réitération du motif réexposé avec une douceur sublime inscrite dans l’absolu de la tendresse.

Plus court, l’andantino peint l’infini de la solitude, un accablement sans issue et pourtant conçu comme une berceuse intérieure qui sauve, berce, calme. Le pianiste inscrit son jeu dans l’allusion et le percussif avec une intelligence globale des climats, sachant faire jaillir toute l’impulsion spontanée, plus viscérale de la séquence plus agitée et profonde.
A 5’38, tout étant dit, la réexposition frôle l’hallucination et le rêve flottant. L’économie du jeu restitue la charge émotionnelle et la profondeur ineffable de la conclusion, entre retrait et renoncement, béatitude morne et désespoir absolu
Quel contraste assumé avec le Scherzo, plus insouciant et même frétillant.
L’Allegretto final est enveloppé dans la douceur, dans un moelleux sonore qui dit l’appel à la résolution de tout conflit. La légèreté et l’insouciance clairement affichées, assumées chantent littéralement sous les doigts caressants du pianiste. Il joue comme un frère, la confession d’une espérance coûte que coûte. Voilà qui nous rend Schubert plus bienveillant, d’une humanité reconstruite, restaurée, enfin réconciliée. Dont le chant apaise et guérit. Superbe lecture.

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE,1001-NOTES-festival-concerts-annonce-critique-sur-classiquenews piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – programme durée : 1h12 enregistré à Limoges en nov 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de février 2019. Photos et illustrations : © Martin Trillaud – WAM

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Gaspard DEHAENE, à propos de l’album “Vers l’Ailleurs”…

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Errances poétiques de Gaspard DehaeneENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene. Sur un Steinway, préparé par Gérard Fauvin, le pianiste  Gaspard Dehaene livre pour le label 1001 Notes, son déjà 2è album : un programme ciselé, serti de pépites aux filiations choisies et personnelles où rayonne l’esprit libre du voyageur, de Schubert à Liszt, et de l’explorateur entre terre et mer, selon la passion de son grand-père, l’écrivain Henri Queffélec avec la pièce de Bruneau-Boulmier.  Ce nouveau cd est une invitation au plus beau des voyages : par l’imaginaire et le songe. Entretien pour classiquenews afin d’en relever quelques clés. LIRE notre entretien avec Gaspard Dehaene, pianiste.

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VIDEOS
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VOIR aussi le teaser du CD Vers l’Ailleurs par Gaspard Dehaene :

 

https://www.youtube.com/watch?v=KoAlipMdBYQ

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 VOIR le CLIP vidéo ANDANTINO de la Sonate D959 de Franz SCHUBERT par Gaspard Dehaere

 

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Programme VERS L’AILLEURS

 

FRANZ SCHUBERT (Arr. FRANZ LISZT)
« Aufenthalt »
« Auf dem Wasser zu singen »

FRANZ SCHUBERT
Mélodie Hongroise

FRANZ LISZT
Rhapsodie Espagnole

RODOLPHE BRUNEAU-BOULMIER
« Quand la terre fait naufrage »

FRANZ SCHUBERT
Sonate D 959 en la Majeur (Live)
Allegro / Andantino / Scherzo : allegro vivace / Allegretto

 

Prise de son, mixage et mastering : Baptiste Chouquet – B media
Photos : Martin Trillaud – WAM
Création graphique : Gaëlle Delahaye
Production : Collection 1001 Notes
Piano : Gérard Fauvin

CD – Enregistré en novembre 2018 à Limoges

www.gasparddehaene.com

 

PROCHAINS CONCERTS 2019
de Gaspard DEHAENE

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12 avril : Narbonne – Violoncelle et piano, avec le violoncelliste Damien Ventula
14 avril : Bruxelles, Belgique – Concert en sonate piano / alto, avec l’altiste Adrien Boisseau


3 juin : Les Invalides, Paris – Concert partagé avec Anne Queffélec


5 juin : Maison du Japon, Paris
23 juin : Festival de Nohant


12-14 juillet : Folle Journée à Ekaterinburg, Russie
25 septembre : Carnegie Hall, New York


2 octobre : Tokyo, Japon – Récital au Toyosu civic center hall

PLUS D’INFOS :
https://festival1001notes.com/collection/projet/vers-lailleurs