COMPTE-RENDU, Opéra. TOURS, le 12 mars 2019. Mozart : La Flûte enchantée. Bérénice Collet / Benjamin Pionnier.

TOURSopera-flute-enchantee-sandra-daveau-critique-opera-annonce-classiquenews-le-feuCOMPTE-RENDU, Opéra. TOURS, le 12 mars 2019. Mozart : La Flûte enchantée. Bérénice Collet / Benjamin Pionnier. Mais quelle mouche a donc bien pu piquer la metteuse en scène française Bérénice Collet, à qui Benjamin Pionnier a confié la nouvelle production de La Flûte enchantée au Grand-Théâtre de Tours ? Féministe dans l’âme, il faut croire qu’un des propos quelque peu misogynes du livret (signé par Lorenzo Da Ponte) – comme « Les femmes parlent beaucoup, mais agissent peu… » – lui sera resté en travers de la gorge. Dés lors, elle prend le livret à-rebours et la Reine de la Nuit n’est plus du tout méchante ici, alors que Sarastro n’est qu’un homme vil, hypocrite et violent. Quand elles ne sont pas rebelles, les femmes sont asservies (chœur féminin aux cheveux coupés ras, toujours la tête basse, habillées de robes de bure), voire violées (Monostatos qui se jette sur Pamina…). Mais les femmes reprennent finalement le dessus – et se vengent – notamment en poignardant à mort Monostatos ! Très bien, mais les intentions de Mozart dans tout ça ?…

Avec Florian Laconi, le rôle de Tamino se voit confié – ce qui renoue avec une tradition que l’on croyait perdue – à un ténor aux moyens quasi « héroïques » (son répertoire habituel est celui de Don José et de Hoffmann…). Le chanteur messin y déploie une ardeur communicative à laquelle on aurait cependant préféré, à maints moments sublimes, une authentique ferveur. Face à lui, l’exquise soprano française Marie Perbost est une Pamina d’une grande pureté vocale, cristalline, dont la ligne de chant impeccable suscite une grande émotion dans le célèbre air « Ach, ich fühl’s ». Refusant les effets faciles, Régis Mengus mise pour son Papageno sur le charme de la jeunesse et de la santé vocale ; l’air qu’il chante au moment où il veut se pendre est tout simplement humain et émouvant. Dans le rôle de Sarastro, Jérôme Varnier campe un personnage plus jeune que de coutume dans cet emploi, et malgré le rôle de méchant de l’histoire qu’on veut nous faire croire ici, c’est également l’humanité qui ressort avant tout dans sa voix, aux côtés de graves puissamment nourris. De son côté, Marie-Bénédicte Souquet campe une flamboyante Reine de la Nuit : le chant est solide, l’aigu sûr et la nature de feu. La Papagena de Marion Tassou est pleine de gouaille, de santé, de mordant, comme le veut la tradition, tandis qu’Olivier Trommenschlager met également tous ses talents de comédien au service d’un Monostatos plein de vitalité. Même satisfecit pour les comprimari, avec Trois Génies et Trois Dames (Clémence Garcia, Yumiko Tanimura, Delphine Haidan) sans histoire ; un Orateur impressionnant d’autorité (François Bazola) ; un Premier Prêtre plein de promesses (le jeune ténor Camille Tresmontant).

Directeur général et musical de l’institution tourangelle, Benjamin Pionnier dirige le chef d’œuvre de Mozart dans un esprit de simplicité et de naturel aux antipodes de tout pathos : un ton que l’on serait tenté de qualifier de « laïque », qui coupe court aux velléités mystiques ou simplement ésotériques (en accord avec la proposition scénique, donc, puisqu’elle ne s’embarrasse pas de toutes ces questions…).

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COMPTE-RENDU, Opéra. TOURS, Grand-Théâtre, le 12 mars 2019. W. A. Mozart : La Flûte enchantée. Bérénice Collet / Benjamin Pionnier. A VENIR à l’Opéra de TOURS, 26, 27, 28 avril 2019, Les 7 péchés capitaux de Kurt Weill, en lire + : http://www.classiquenews.com/tours-opera-de-tours-saison-lyrique-2018-2019/

Compte-rendu, opéra. Fribourg, le 6 janv 2018. Mozart : Die Zauberflöte. Mompart / Gendre.

Compte-rendu, Opéra. Fribourg, Théâtre de l’Equilibre, le 6 janvier 2018. W. A. Mozart : Die Zauberflöte. Joan Mompart / Laurent Gendre. Né de la récente fusion de l’Opéra de Fribourg et de la compagnie lyrique Opéra Louise, le Nouvel Opéra Fribourg (NOF) s’est donné comme mission d’ « enjamber les barrières isolant le lyrique de la création scénique contemporaine ». C’est ainsi que Julien Chavaz – directeur de l’institution romande – a eu l’idée de proposer au metteur en scène (de théâtre) suisse Joan Mompart, de mettre en images La Flûte enchantée de Mozart. Le résultat est prodigieux de beauté visuelle et d’intelligence formelle. Le plateau vidé de tout décor restera vide de tout décor tout au long de la représentation, laissant aux images vidéos – signées par Brian Torney et projetées sur de grands rideaux de tulle – le soin de porter l’imagination des spectateurs vers de lointaines contrées tant physiques que psychiques.

 
 
 

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L’essentiel des vidéos montre des forêts mystérieuses, une nature grandiose et protectrice, en contre-bas desquelles les personnages font vibrer les sentiments qui les animent.
La soprano suisse Bénédicte Tauran est un exquise Pamina, au timbre soyeux et au phrasé raffiné et musical. La voix révèle déjà une certaine ampleur, et il y a fort à parier qu’elle évoluera rapidement vers des emplois plus lyriques. A ses côtés, la française Marlène Assayag fait preuve d’un bel aplomb dans la Reine de la Nuit, en alliant l’agilité à une réelle puissance dramatique. De son côté, le ténor hollandais Peter Gijbertsen offre une voix plus corsée que de coutume pour le personnage de Tamino, ce qui n’obère pas l’élégance d’un phrasé presque rêveur. Le baryton suisse Benoît Capt campe un Papageno débordant d’abattage, qui séduit immédiatement le public. La basse néerlandaise Bart Driessen impose un Sarastro impressionnant de grandeur, tant par la beauté du timbre que par la noblesse de la ligne. Du Monostatos de Roman Mamontov (annoncé souffrant), on retient surtout la veine caricaturale tandis que Salomé Zangerl présente sans peine une attachante Papagena. Enfin, les Trois Dames ne manquent pas d’allant, ni les Trois Génies de justesse.
A la tête de l’Orchestre de Chambre Fribourgeois (qu’il dirige et qu’il a lui-même fondé), Laurent Gendre défend une lecture vivante et transparente du chef d’œuvre mozartien. Ce spectacle, triomphalement accueilli par un public ne boudant pas son plaisir (les 6 dates au Théâtre de l’Equilibre de Fribourg, qui abrite le spectacle, affichent complets), laisse bien augurer de l’avenir du Nouvel Opéra Fribourg ! A suivre.

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Compte-rendu, Opéra. Fribourg, Théâtre de l’Equilibre, le 6 janvier 2018. W. A. Mozart : Die Zauberflöte. Joan Mompart / Laurent Gendre.  
 
   
 
   
 
 

La Flûte enchantée de Mozart version Castellucci

mozart wolfgang _doris_stockminiarte_logo_2013ARTE, Dim 2 déc 2018, 01h20. MOZART : La Flûte Enchantée. Romeo Castullucci. Il était une époque (heureuse) où la chaine culturelle portait bien son nom et programmait des opéras en prime time. A présent il faut attendre le milieu de la nuit pour visionner les productions lyriques. Comme cette Flûte de Mozart, enregistrée à Bruxelles (La Monnaie) et qui a fait les honneurs de l’actualité entre autres grâce à la mise en scène de Romeo Castellucci, bien connu à présent pour ses créations visuelles d’une portée onirique parfois spectaculaire (cf son Parsifal de 2001, LIRE notre critique complète du dvd PARSIFAL par Castellucci), grâce aussi à la plus mozartienne de nos coloratoures françaises, Sabine Devielhe (qui aura quand même raté sa prise de rôle de Zerbinetta dans Ariane à Naxos de R Strauss cet été à Aix en Provence, juillet 2018), qui chante à Bruxelles, le tempérament hystérique (calculateur) de la Reine de la nuit.
Présentée en octobre 2018, la production surprend et fascine à la fois car elle prend ses distances avec le singspiel le plus populaire du dernier Mozart. Comme souvent, à présent, les metteurs en scène s’approprient les livrets, repensent même la temporalité pourtant justifiée par la dramaturgie originelle et réinventent le temps et l’imaginaire visuel des ouvrages… Ici, on ne comprend pas pourquoi l’italien a supprimé les dialogues, lesquels permettent quand même d’identifier le rôle et le but des protagonistes. Ainsi pour le spectateur non connaisseur, impossible de mesurer en quoi le prince Tamino est manipulé par la Reine de la nuit qui lui demande de sauver de « l’infâme Sarastro » (la basse hongroise Gábor Bretz), sa fille, Pamina. Le jeu des manipulation est rendu complexe alors que l’histoire inventée par Shikaneder et Mozart est à la source d’une grande lisibilité. Clarté qui n’empêche pas des zones d’ombre, car le temple de sagesse et de fraternité que pilote le grand maître Sarastro n’a t il pas établi un ordre fondé sur l’esclavage, entre autres entretenu par l’infect Monostatos et sa clique de sbires, tous affectés à torturer la pauvre Tamina ? Du moins les apparences le laissent croire… Mais au cours d’une initiation progressive, le couple d’élus, Pamina et Tamino, en confiance et en amour, réussit à vaincre chaque épreuve, et atteindre à cette conscience fraternelle qui est l’idéal présenté par les prêtres du Temple. D’ailleurs, dans cette série d’épreuves, le prince valeureux prend soin de réclamer à ses côtés la participation de celle qu’il aime : l’égalité des sexes est l’autre composante, revendiquée par Mozart et son librettiste. Admirable inspiration. Direction musicale : Antonello Manacorda

arte_logo_2013ARTE, Dim 2 déc 2018, 01h20. MOZART : La Flûte Enchantée. Romeo Castullucci.

Opéra, compte-rendu critique. Saint-Etienne. Grand Théâtre Massenet, 24 avril 2015. Wolfgang Amadeus Mozart : Die Zauberflöte. Chiara Skerath, Jussi Myllys, Philippe Spiegel, Hila Fahima, Richard Wiegold. David Reiland, direction musicale. Pet Halmen, mise en scène. Reprise : Eric Vigié

Mozart portraitXAprès Vichy, cette production de la Flûte Enchantée imaginée par Pet Halmen en 2007 et reprise par son ancien assistant, Eric Vigié – actuel directeur de l’Opéra de Lausanne, où elle reviendra pour clore la saison en cours –, fait halte à Saint-Etienne pour trois soirs.
La mise en scène prend pour centre la bibliothèque Anna-Amalia de Weimar, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, ravagée par un incendie en 2004. Dans les flammes disparaissent ainsi de véritables trésors, dont une des premières édition du Singspiel mozartien ainsi que des dessins de Goethe en prévision d’une suite au chef d’œuvre. Ces livres partis en fumée, c’est une partie de la Connaissance qui s’efface, et quel combat dirige la Flûte Enchantée sinon celui du savoir contre l’obscurantisme ?
Si le propos met du temps à s’imposer dans toute sa clarté, sa réalisation visuelle demeure admirable, notamment cette bibliothèque calcinée éclairée par la lumière noire, qui symbolise les ténèbres sur lesquelles règne la Reine de la Nuit et dont les Initiés doivent écarter les voiles, rayonnages qui se remplissent dans l’empire de Sarastro.

Une Flûte dans les livres de Weimar

La nocturne souveraine, qui apparaît sortant d’un sarcophage et entourée par deux Anubis, ne manque pas de charmes pour convaincre le jeune Tamino, étudiant tentant à son entrée de sauver quelques ouvrages du bâtiment en feu ; tandis que Sarastro, figurant Goethe par Tischbaum dans le tableau final, paraît moins universellement bon qu’on l’imagine, presque despote – quoique éclairé – dans un absolu souci de confier une place à chacun durant le chœur de fin, installant son ennemie jurée à ses côtés. Les symboles de la franc-maçonnerie demeurent éminemment présents, dans un fourmillement d’idées qui pécherait presque par excès.
Nous découvrions ce soir-là le chef belge David Reiland, assistant dans la maison stéphanoise et sauveur au moment des évènements ayant secoué l’Opéra-Théâtre, et nous avons été conquis. Un geste ample mais sans lourdeur, une direction aérienne mais toujours charpentée, une respiration à l’unisson des solistes, un sens rare des couleurs et une justesse sans faille des tempi… Des qualités sublimées par un bonheur visible de donner vie à cette musique, que demander de plus ? Inutile de rajouter que nous avons déjà hâte de retrouver ce jeune chef à l’avenir radieux.
La distribution couvée par cette baguette pleine de promesses ose le pari de la jeunesse, et offre des portraits qui promettent pour l’avenir. Au premier plan, la première Pamina de la soprano suisse Chiara Skerath. La chanteuse fait admirer son magnifique sens musical et la beauté aérienne de ses piani, où son timbre rappelle délicieusement Lucia Popp. Si les forte, notamment dans l’aigu, pouvaient profiter de cette émission libre et flottante, on tiendrait là une grande interprète du rôle.
A ses côtés, le ténor finlandais Jussi Myllys convient idéalement à ce Tamino inexpérimenté et grandissant au fil de l’œuvre. Si l’air du portrait semble cueillir l’interprète à froid, les scènes suivantes le voient gagner en assurance, tant scénique que vocale, pour culminer sur une scène des épreuves de toute beauté.
Jeune Reine de la Nuit, l’israélienne Hila Fahima se tire avec les honneurs de cette écriture difficile, notamment par d’excellentes vocalises et des suraigus assurés autant que sonores. Lui manquent simplement une autorité et un lâcher-prise dans l’incarnation que lui apportera l’expérience.
Pingouin attachant arraché à sa banquise, le Papageno du baryton autrichien Philippe Spiegel rafle la mise, fin musicien au naturel vocal confondant – un idéal pour ce rôle – autant que comédien aux multiples facettes, aussi drôle que profondément émouvant. Chloé Briot, Papagena bien chantante, forme avec lui un duo merveilleusement apparié, salué comme il se doit par un authentique triomphe.
On saluera également l’excellence des trois Dames incarnées par Camille Poul, Romie Estèves, Mélodie Ruvio, en remarquant particulièrement l’impact de la première. Très bon Monostatos, plus ambigu que de coutume, de Mark Omvlee, tandis que Enguerrand de Hys et Luc Bertin-Hugault se complètent idéalement en prêtres et hommes d’armes.
Attendrissants, les trois enfants de la Maîtrise du Conseil Général de la Loire, qui mettent tout leur cœur dans chacune de leurs apparitions.
Seul le Sarastro charbonneux de Richard Wiegold déçoit par manque d’ampleur.
Le chœur maison, fidèle à lui-même, remplit parfaitement son rôle, et les musiciens de l’Orchestre Saint-Etienne Loire donnent le meilleur d’eux-mêmes, comme galvanisés par la joie communicative du chef. Une bien agréable soirée, riche de promesses qu’on espère voir se réaliser.

Saint-Etienne. Grand Théâtre Massenet, 24 avril 2015. Wolfgang Amadeus Mozart : Die Zauberflöte. Livret d’Emmanuel Schikaneder. Avec Pamina : Chiara Skerath ; Tamino : Jussi Myllys ; Papageno : Philippe Spiegel ; La Reine de la Nuit : Hila Fahima ; Sarastro / L’Orateur : Richard Wiegold ; Papagena : Chloé Briot ; Première Dame : Camille Poul ; Deuxième Dame : Romie Estèves ; Troisième Dame : Mélodie Ruvio ; Monostatos : Mark Omvlee ; Premier prêtre : Enguerrand de Hys ; Second prêtre : Luc Bertin-Hugault ; Les trois enfants : Enfants de la Maîtrise du Conseil Général de la Loire. Chœur Lyrique Saint-Etienne Loire ; Chef de chœur : Laurent Touche. Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire. Direction musicale : David Reiland. Mise en scène, décors, costumes, lumières : Pet Halmen ; Reprise : Eric Vigié ; Chef de chant : Cyril Goujon

Compte rendu, opéra. Aix, le 9 juillet 2014. Mozart : La Flûte enchantée. Pablo Heras-Casado, direction. Simon McBurney (mes)

Flûte enchantée désenchantée. Ce n’est assurément pas un événement lyrique comme nous l’avons lu et relu : déjà vue à Amsterdam en 2012 puis Londres en 2013, la Flûte enchantée (1791) signée Simon McBurney accumule des idées et des astuces gadgets (les papiers pliés animés par des figurants en surnombre pour évoquer la nuée d’oiseaux dans le sillage de papageno l’oiseleur ; la bruiteuse dans sa boîte de verre à cour ; le plateau central qui mobile s’élève, ou bascule selon les situations), mais aussi quelques images spectaculaires (les épreuves eau, feu et air accomplies par le couple Pamina / Tamino, qui transforment la scène en boîte merveilleuse à grands renforts de projections vidéo : les transformations à vue ont toujours fait leur effet)… Hélas, sans vision poétique forte (comme la mise en scène de Carsen récemment développée à Bastille, centrée sur le sens de la vie et la mort, son issue finale), le spectacle du britannique McBurney ressemble à une performance théâtrale vécue dans un hangar, avec une sonorisation qui détruit l’équilibre naturel chanteurs et orchestre. Visuellement et scénogaphiquement, l’enchantement ne sont pas de la partie. C’est noir, anecdotique et sans souffle. Ni esthétisme ni trait théâtral foudroyant.

 

 

 

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Heureusement chanteurs, chefs et orchestres sauvent le spectacle. Le plus convaincants restent les deux protagonistes Tamino (Stanislas de Barbeyrac) et Pamina (Mari Eriksmoen) : juvénilité, finesse, naturel et surtout musicalité, leur caractérisation rétablit à l’opéra sa dimension humaine et poétique (a contrario de la Reine de la nuit figée, réduite en hystérique boiteuse ou dans son fauteuil ; a contrario aussi des 3 garçons dont le metteur en scène fait 3 vieillards hideux). Même facilité et intensité dramatique pour la Reine de la nuit ce soir du 9 juillet (Kathryn Lewek, idéalement manipulatrice vis à vis du prince Tamino). Le chef Pablo Heras-Casado défend scrupules et détails pour une vision vive et souple que permettent la volubilité et le mordant superlatif des instruments anciens du superbe Freiburger Barokorchester. Diffusion sur France Musique, le 25 juillet 2014 à 20h.

La nouvelle Flûte Enchantée de Mozart à Aix sur Arte

shikaneder papageno-magic-flute-mozartArte, mercredi 9 juillet 2014, 20h50. Mozart: La flûte enchantée.  Aix 2014. Grand invité du festival d’Avignon, le britannique Simon McBurney met en scène une nouvelle Flûte enchantée pour le festival d’Aix en Provence.  L’homme de théâtre ex élève à Cambridge avec sa petite amie d’alors Emma Thompson est passé par Paris puis récemment a triomphé dans la cour des papes en Avignon en 2012 dans une adaptation du Maître et Marguerite de Boulgakov.  Partenaire au théâtre de Juliette Binoche,  Simon McBurney explore le labyrinthe de la psyché humaine comme son père archéologue avant lui, retourne et creuse les strates terrestres pour y révéler les vérités enfouies.  La Flûte mozartienne aixoise saura-t-elle nous dévoiler ainsi un peu de nous même? De toute évidence, cette nouvelle Flûte aixoise plonge dans un monde souterrain qui écarte d’emblée, la poésie enfantine, l’innocence promise à une initiation symbolique… Mozart rencontre Shikaneder et sa troupe d’acteurs comédiens à Salzbourg, actif sur la scène du théâtre de la ville à l’hiver 1780. Les deux hommes se lient d’amitié. Ayant ouvert son propre théâtre à Vienne, Shikaneder présente en novembre 1789, son Oberon, roi des elfes, dans un dispositif empruntant à l’opéra et au théâtre (comédie populaire ou Singspiel) et dont il écrit le texte : l’ouvrage sera la source de La Flûte Enchantée, le dernier opéra de Mozart, créé en 1791 (au même moment que son dernier opéra seria : La Clémence de Titus). Lire notre présentation complète de La Flûte enchantée de Mozart, nouvelle production aixoise 2014.

arte_logo_2013Les mises en scène se succèdent sur le chef d’oeuvre du dernier Wolfgang : décalées, actualisées, classiques, égyptiennes, dépouillées, avec machineries. Depuis Bergman au cinéma, l’opéra a conquis le coeur d’une très large audience. Révélant aussi cet art suprême du compositeur sur le mode de la tendresse, de l’innocence recouvrée (les trois garçons dans leur nacelle guident Tamino dans son périple). Qu’en sera-t-il à Aix sous la direction scénique du britannique Simon McBurney ? Sur instruments d’époque, La Flûte aixoise 2014 réunit une distribution de tempéraments nouveaux… Réponse sur Arte, le 9 juillet 2014 dès 20h45.