GSTAAD, lundi 31 août, à 19h30, BERLIOZ, SAINT-SAËNS …

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-présentation-classiquenews-582GSTAAD, lundi 31 août, à 19h30, BERLIOZ… sous la tente de Gstaad à nouveau, grand concert symphonique avec le Philharmonique de Radio France et son chef Mikko Franck : Symphonie fantastique de Berlioz et Concerto de Saint-Saëns (avec comme soliste le violoncelliste Gautier Capuçon). Le chef français transmet clarté, transparence et fièvre dramatique : sa direction est aujourd’hui l’une des plus passionnantes à suivre… En 2019, le GSTAAD MENUHIN Festival célèbre la musique française et Paris ! Sommet de la symphonique romantique française (1830), la Fantastique cristallise tous les songes et démons intérieurs d’un Berlioz alors couronné par le Prix de Rome… Vedette de ce festival MENUHIN 2019, Camille Saint-Saëns, qui n’eut jamais le Prix de Rome, rayonne aujourd’hui par son génie musical dont le raffinement et l’élégance offre une alternative au wagnérisme contemporain…

vidéo PARIS !

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VOIR le TEASER PARIS ! / GSTAAD MENUHIN Festival 2019
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GSTAAD, Tente du festival
Samedi 31 août 2019, 19h30
Concert symphonique
Symphonie fantastique
Mikko Franck & Gautier Capuçon
Gautier Capuçon, violoncelle
Orchestre philharmonique de Radio-France (Paris)
Mikko Franck, direction

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https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/concert-symphonique-31-08-19

BERLIOZ et SAINT-SAËNS : le romantisme français à GSTAAD
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Pour Harriet, muse et bientôt épouse… 10 ans après un premier essai pour violoncelle (Suite, sur le modèle de JS BACH), Saint-Saëns compose son 1er Concerto pour violoncelle en la mineur en 1872. L’époque est au néoclassicisme et le raffinement du compositeur, auteur de Samson et Dalila maîtrise idéalement les notions d’éclectisme et de recyclage. Saint-Saëns innove : plutôt que trois tradtionnels mouvements, un seul mouvement, en trois parties enchaînées selon une idée de Franz Liszt dont la forme cyclique est emblématique d’une nouvelle audace… partagée d’ailleurs par Berlioz. La partition est dédiée au violoncelliste belge Auguste Tolbecque,

PARIS, 1830: à 27 ans, Berlioz se passionne corps et âme pour l’actrice irlandaise, interprète de Shakespeare (Ophélie) qu’il vient applaudir à l’Odéon : Harriet Smithson. La fèvre amoureuse emporte le génie berliozien, qui cependant, même s’il finira par épouser le sujet de sa passion, doit affronter résistance, refus, valse-hésitation… toujours l’esprit du compositeur romantique est brimé par la frustration, le sentiment de solitude, la trahison, la perte… autobiographique, relatant les états psychologiques (pour le moins tourmentés) du héros, la Fantastique a déjà une ambition spatiale malhérienne, dépasse les épisodes de sa trame narrative (les fameux 5 parties précisément décrits dans le programme rédigés par l’auteur), évoque, exprime, plus qu’elle ne décrit. 10 jours avant la date prévue pour la création, Berlioz achève le manuscrit (mai 1830). Finalement, l’œuvre révolutionnaire est créée le 5 décembre (grande salle du Conservatoire de Paris), c’est un triomphe : les enfants du romantisme à Paris, ont trouvé leur idôle. Par la suite, Berlioz imagine une suite à la Fantastique, premier volet prolongé par un mélologue (il aime innover toujours) : intitulé «Lelio ou le retour à la vie». De fait, la Fantastique met à rude épreuve, instrumentistes, chef et public : les vertiges et les passions, entre raison et déraison, désir et haine, visions démoniaques et tentation du suicide, entre exacerbation et implosion, finissent de renouveler totalement l’écriture orchestrale en 1830. Il faut bien « un retour à la vie » pour redescendre de tant de sommets émotionnels.

Béatrice et Bénédict dont le Philharmonique de Radio France joue l’ouverture, est le seul opéra italien de Berlioz, conçu comme une comédie enjouée, inspirée de la pièce « Beaucoup de bruit pour rien » / « Much Ado About Nothing » de Shakespeare. Comme pour beaucoup de ses œuvres nouvelles, trop audacieuses, l’opéra est d’abord créé hors de France, en Allemagne : un premier acte est composé en 1833, puis créé au Festival de Bade en 1860, grâce à la commande de son directeur Edouard Bénazet. Puis deux actes sont produits en 9 août 1862 à Baden-Baden. L’écriture virtuose, nerveuse, exprime dans la Sicile du XVIe siècle (Renaissance), les exaltations contradictoires du cœur qui agitent les deux jeunes amants, d’abord réticents voire antagonistes jusqu’à leur union finale… incertitudes et velléités du sentiment sont au cœur de l’opéra Berliozien.

Programe : Berlioz / Saint-Saëns
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Hector Berlioz (1803–1869)
Ouvertüre zur Oper «Béatrice et Bénédicte» 10’

Camille Saint-Saëns (1835–1921)
Cellokonzert Nr. 1 a-Moll op. 33 25’
Allegro non troppo, Allegro con moto, Molto allegro

Hector Berlioz (1803–1869)
«Symphonie fantastique» 60’
Premier mouvement: Rêveries – Passions
Deuxième partie: Un bal
Troisième partie: Scène aux champs
Quatrième partie: Marche au supplice
Cinquième partie: Songe d’une nuit du sabbat

GAUTIER CAPUÇON, Violoncelle
ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE RADIO FRANCE (PARIS)
MIKKO FRANCK, direction

COMPTE-RENDU, critique, concert, DIJON, Auditorium, le 1er juin 2019. « Fantastique » (Muntendorf / Mahler / Berlioz) ; ODB / Gergely Madaras.

150 ans de la mort de BERLIOZCOMPTE-RENDU, critique, concert, DIJON, Auditorium, le 1er juin 2019. « Fantastique » (Muntendorf / Mahler / Berlioz) ; ODB / Gergely Madaras. Quoi de plus naturel que de rapprocher la Totenfeier de la marche au supplice de la Symphonie fantastique ? Comme de les introduire par « In Sync », qui s’apparente à une marche, de Brigitta Muntendorf, dans le cadre d’un projet commun à la Musikhochschule de Mayence et à l’ESM de Dijon ? C’est aussi l’occasion de retrouver une dernière fois Gergely Madaras, à la direction de l’Orchestre Dijon Bourgogne, auquel il a tant donné, avant qu’il ne rejoigne l’Orchestre Philharmonique de Liège.

Merci, Gergely, et bon vent !

Professeur à Musikhochschule de Cologne, Brigitta Munterdorf, jeune compositrice austro-allemande, appartient à cette génération montante de créateurs connectés, dont la démarche se veut interdisciplinaire comme sociale. Il n’est pas de festival de musique contemporaine comme d’institution où elle ne soit intervenue, où ses Å“uvres – avec son Garage Ensemble – n’aient été jouées. La gestique, le mouvement visuel, la vidéo y paraissent aussi essentiels que le son, sous tous ses modes de production et de traitement. Ce soir, seules les cordes, groupées symétriquement sur deux rangs, semblent concernées par le début de Sync, composition de 2012 (« pour deux ensembles de 28, 56 ou 112 instruments »). Un unisson répété, amplifié à l’octave, ponctué de séquences à base d’interjections, de péroraisons, d’ornements en constitue le fil conducteur. Les entrées successives, théâtrales, des trombones et de la percussion, puis des bois, enfin des cors et des bassons, assorties d’un bref solo qui s’étend aux cordes, enrichissent la palette. La métrique imperturbable, la scansion, assorties d’une gestique parfaitement sync…hronisée des instrumentistes, suggèrent une marche grotesque, caricaturale. A plusieurs reprises, tous les musiciens lèvent le bras, les bois marquent la mesure en déplaçant leur instrument de 45°, la tourne des pages est collective, sonore, ostensible. L’attention visuelle prolonge et amplifie ce que nous écoutons. Une Å“uvre surprenante, d’une écriture originale, que l’on aimerait réécouter. Le public, venu essentiellement pour la symphonie fantastique, réserve de longs et chaleureux applaudissements à la compositrice.
Gergely_Madaras_copyright-Balazs Borocz (3) WEBA propos de la Totenfeier (cérémonie funèbre), qui constitue la première version de ce qui allait devenir le mouvement initial de la symphonie « Résurrection », de Gustav Mahler, on prête à Debussy, totalement imperméable au gigantisme et à la puissance, chauvin de surcroît, la déclaration suivante : « le goût français n’admettra jamais ces géants pneumatiques à d’autre honneur que de servir de réclame à Bibendum ». Les temps ont heureusement changé. Ce soir, l’ODB n’aligne pas 10 cors, 10 trompettes et le reste à l’avenant, comme lors de la création, mais a naturellement porté son effectif pour atteindre 85 musiciens.  Dès le premier trait des contrebasses, toute la dynamique est là. A son habitude, Gergely Madaras (photo ci contre) adopte un tempo rapide (l’allegro n’est pas ici « maestoso » mais exalté). L’œuvre n’en souffre pas trop : le pathos, les effusions, les accents sont bien restitués. La marche, entée de puissantes séquences éclatantes, nous conduit inexorablement vers la fin de la destinée. Mahler écrit au terme de ce mouvement : « ici, suit une pause d’au moins cinq minutes ». C’est dire quelle part il accordait au silence après cette page, même intégrée à une construction monumentale. La respiration, le silence sont peut-être les seuls à réclamer davantage de soin de cette direction flamboyante, communiquant à l’orchestre une dynamique constante, avec toutes les subtilités des changements de tempi et d’intensité.
La Symphonie fantastique est une partition hors norme, la meilleure illustration de la vision berliozienne de la musique instrumentale expressive. Il est évident que le chef et l’orchestre sont dans une communion aboutie. « Rêveries, passions », chante, respire, avec de belles cordes et un cor, un hautbois solos admirables. Tout juste regrette-t-on que la balance entre les bois et les cordes soit défavorable aux premiers. Il en ira de même dans le « Bal ». Les nuances piano sont toujours trop sonores. L’élégance est là jusqu’au tourbillon endiablé, où l’orchestre fait preuve d’une belle virtuosité. La « Scène aux champs », qui demanda au compositeur plus de travail qu’aucune autre partie, paraît ce soir la plus achevée. Les bois y rayonnent, enfin, dans le bon tempo. C’est clair, construit, avec des phrasés remarquables. La « Marche au supplice » manque de mystère dans son introduction. La lecture, puissante, dans un tempo relativement rapide, est un peu brute. Les équilibres, les accents occultent certains éléments (les réponses des basses et du tuba à la fin de la fanfare, par exemple), les oppositions appelaient davantage de mise en valeur. « Le Songe d’une nuit de sabbat » confirme l’excellence des vents, avec des cordes impérieuses, omniprésentes, sonores. Le Dies irae est bien conduit, jusqu’à la fugue menée à un train d’enfer, une véritable course à l’abîme. L’orchestre est tumultueux, a perdu le souffle, et le passage quasi chambriste qui lui succède n’en a que plus de valeur. Un beau moment pour le public, chaleureux, mais aussi pour chacun des musiciens : il est rare qu’ils aient l’occasion de jouer dans une formation aussi nombreuse, mais surtout, dernier concert de Gergely Madaras à la tête de son Orchestre Dijon Bourgogne, qu’il a conduit de l’adolescence à l’âge adulte. Lui aussi a mûri. On se souvient de ses débuts, avec une gestique démesurée, ses tempi rageurs. Si l’énergie bondissante, la jeunesse sont toujours là, comme l’engagement et le rayonnement, la battue, toujours claire, s’est quelque peu assagie. L’attention s’est affinée, le répertoire élargi (34 programmes en six ans avec l’ODB) a fait une place conséquente à la musique française comme aux œuvres contemporaines et au répertoire lyrique. Nul doute que la carrière du jeune chef hongrois se poursuive sous les meilleurs auspices, c’est ce qu’on lui souhaite.

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, concert, DIJON, Auditorium, le 1er juin 2019. « Fantastique » (Muntendorf / Mahler / Berlioz) ; ODB / Gergely Madaras.

LIVRES, compte rendu critique. Lettres et musique : l’Alchimie fantastique. La musique dans les récits fantastiques du Romantisme français (1830-1850). Textes rassemblés, annotés et présentés par Stéphane Lelièvre. Editions Aedam Musicae

LIVRES, compte rendu critique. Lettres et musique : l’Alchimie fantastique. La musique dans les récits fantastiques du Romantisme français (1830-1850). Textes rassemblés, annotés et présentés par Stéphane Lelièvre. Editions Aedam Musicae. Dans le sillon du modèle pour tous, l’Allemand E.T.A. Hoffmann (1776-1822), -le romantisme en littérature n’est-il pas venu d’Outre-Rhin, depuis Goethe?-, voici un premier choix d’auteurs français inspirés par le fantastique, où la musique tient une place motrice dans la construction narrative. Un fantastique musical naît dans la littérature française entre 1830 et 1850 : ” Le fantastique appelle l’élément musical, tout comme la musique impose la tonalité fantastique, cette union féconde permettant l’avènement d’un genre particulier : le récit fantastico-musical “, rappelle Stéphane Lelièvre qui a rassemblé, annoté, et présente l’ensemble des textes.

lettres et musique alchimie fantastique stéphane lelievre editions aedam musicae critique presentation classiquenews juillet 2015Outre ses écrits, la figure artistique, prométhéenne d’E.T.A. Hoffmann, “musicien, dessinateur, décorateur et écrivain, auteur des Fantaisies dans la manière de Callot, des Contes Nocturnes ou du Chat Murr” fascine tout un courant de la littérature française (- comme Mary Shelley dans le cas du Charles Rabou, dans son excellent portrait d’artiste : Tobias Guarnerius de 1832). Les auteurs conçoivent la musique, expérience sociale ou pratique personnelle comme l’immersion dans un monde surréel où des forces mystérieuses soumettent les âmes vulnérables jusqu’à leur mort : fascination, possession, … le diable paraît naturellement dans cet échiquier trouble où les acteurs manipulateurs avancent masqués. Les textes relèvent de ce fantastique qui mêle réalité et rêve, jaillissement d’une psyché méconnue, amour et mort, où à l’énoncé musical (les deux notes) surgissent les gouttes d’un sang contraint d’être versé. La vie coule et se consume à mesure que l’acte musical s’accomplit… et tout idéal artistique en particulier musical ne peut s’expliquer que par l’intervention non divine mais… diabolique. Le fantastique noir règne ainsi sans partage dans une esthétique littéraire et poétique particulièrement féconde en rebondissements dramatiques (c’est aussi le genre qui inspire les pages les plus saisissantes ici réunies). La possession des âmes reste  le but suprême d’un pouvoir tout entier dédié à la barbarie sourde et silencieusement destructrice. Dès lors, Les Contes d’Hoffmann semblent être sur la scène lyrique, l’accomplissement de cette riche tradition (la frêle Antonia invitée à chanter jusqu’à la mort en un rituel macabre et sublime à la fois,  est préfigurée ici dans l’admirable conte de Frédéric Mab, “Les Cygnes chantent en mourant“, l’un des textes les plus complets et les plus fascinants du courant littéraire). Le lecteur pourra y goûter certaines nouvelles peu connues de Sand ou de Dumas. Bien sûr les connaisseurs, savent l’apport d’un Nerval, Gautier, surtout de Balzac dont les 3 nouvelles sur la musique – Gambara, Zambellina, Massimila Doni, de 1837/1838, incarnent un triptyque exemplaire, un absolu inégalable.

Jules Janin, Théophile de Ferrière, Frédéric Mab…

Joyaux oubliés de la littérature fantastico-musicale

CLIC_macaron_2014Heureusement ou opportunément, le compilateur pour les éditions Aedam Musicae opère un tout autre choix en révélant des écritures tout aussi inspirées mais de créateurs oubliés. Ici et là, se dessine en préfiguration à la proposition à venir de Wagner, la place même de l’artiste dans la société : un artiste forcément à part, décalé, dont la mine extérieure et l’incongruité physique rappellent la différence suspecte, forcément d’origine diabolique comme la maîtrise pourtant fascinante de son art : évidemment L’Homme vert de Jules Janin prend une valeur singulière. Le texte s’inscrit idéalement dans la réalité de son temps convoquant pour célébrer l’inspiration miraculeuse du facteur d’orgue, et Fux, Hasse, et CPE Bach et même Gluck ! La force de cette nouvelle courte qui domine toutes les autres, tient aussi au superbe profil du créateur musicien isolé, absent, mystérieux, solitaire et à la définition même de l’art que l’écrivain immensément doué développe ici.
Outre leurs qualités oniriques véritablement captivantes par un imaginaire imprévu, la plupart des textes précisent aussi le portrait de la société et du goût d’une époque qui a passé la Révolution et l’idéal impérial de Napoléon… de l’ivresse des Lumières au noir ténébreux fantastique. Pour certains, il s’agit d’énièmes diableries divertissantes, variations sur le thème fantastique et semi terrifiant pour épater la galerie au début de la Monarchie de juillet ; pour d’autres comme Janin, il s’agit de joyaux littéraires à relire d’urgence.

Des auteurs méconnus sont dévoilés dans la force et la puissance de leurs évocations ténues entre fantastique et lyrisme musical à l’Opéra ou dans les cercles plus intimes des salons de musique, fréquentés par la bonne société bourgeoise avide de reconnaissance : y paraissent en filigrane, soutiens de leurs constructions narratives riches en images et perspectives poétiques : Mozart bien sûr (lui-même adulé par Hoffmann), mais aussi “Emmanuel Bach”, le jeune Haydn…, Weber et tant d’autres qui synthétisent toute une pensée et un climat intensément poétique, associés aux peintres Rembrandt, Dürer, … : ainsi sont réestimés Samuel-Henry Berthoud, Raymond Brucker, Théophile de Ferrière, Frédéric Mab, Jules Janin dont le superbe récit L’Homme vert de 1834, absolument incontournable), de découvrir certains textes peu connus d’auteurs célèbres (Histoire du rêveur et Carl de George Sand), de relire des textes fameux mais dans leur version originelle : à l’époque de leur publication en revue, avant la parution en volumes (La Cafetière de Théophile Gautier, La Femme au collier de velours d’Alexandre Dumas).
Dans L’Alchimie fantastique, les 15 récits courts ou nouvelles, sont tous précédés d’une introduction qui analyse sujets et enjeux esthétiques, précisant leur interaction avec le contexte et la vie de l’auteur. Ainsi 8 textes illustrent “Aux frontières du fantastique“, et 3, les deux autres nuances thématisées : “le Fantastique noir” et “la Damnation des nouveaux Faust“. Florilège incontournable, de surcroît pour chaque auteur, magnifiquement éditorialisé, parfois complété par un choix iconographique très juste, comme en couverture Le songe de Tartini de Boilly de 1824 : illustration emblématique de l’assimilation du violoniste inspiré par le diable… La présentation, le choix des récits, la qualité et la pertinence des commentaires d’introduction et d’analyse (dont une remarquable préface contextualisante) accréditent l’intérêt de la présente publication.

A suivre aux éditions Aedam Musicae, d’autres ouvrages annoncés d’ici fin 2015 dans la collection XIXè-XXème siècles :
- Etudier, enseigner et composer à la Schola Cantorum (1896-1960)
– Castille Blaize (1784-1857) et la vie musicale en France
РEn ̩coutant Chopin
РPaul Dukas : ̩crits sur la musique
РRicardo Vi̱es : Journal 1887-1915
Prochainement critiqués sous forme d’articles développés dans le mag livres, cd, dvd de classiquenews.com

LIVRES, compte rendu critique. Lettres et musique : l’Alchimie fantastique. La musique dans les récits fantastiques du Romantisme français (1830-1850). Textes rassemblés, annotés et présentés par Stéphane Lelièvre. Editions Aedam Musicae, Colection ” Musiques-XIX-XXe siècles “. Nombre de pages : 376 pages – Format : 18 x 24 cm (ép. 3 cm) – Dépot légal : Juin 2015 – Cotage : AEM-145 – ISBN : 978-2-919046-11-9 – sur le site des éditions Aedam Musicae : disponibilité / en stock, envoi immédiat
Prix indicatif : 40 euros.