DVD. Poulenc : Dialogues des Carm̩lites (Rhorer, Py, 2013) Р1 dvd Erato

poulenc dialogues des carmelites dvd erato py rhorer piau petibon gensDVD. Poulenc : Dialogues des Carmélites (Rhorer, Py, 2013). Le transfert de cette production admirable vocalement et scéniquement est comme sublimé encore par le choix des plans serrés sur les visages, insistant sur le travail d’acteurs de chaque chanteuse : un approfondissement rare qui se révèle d’une crédibilité cinématographique rendant cette réalisation proche d’un long métrage : la progression de plus en plus tragique jusqu’aux exécutions finales n’en est que plus haletante. Il est vrai que le plateau vocal réunit la crème des chanteuses francophones actuelles : Piau (qui n’a certes pas l’âge de Constance mais n’en exprime pas moins sa juvénilité fragile et désespérée), Petibon (d’une criante vérité dans le rôle protagoniste de Blanche de la Force, l’aristocrate convertie marchant vers son martyre), enfin Gens (digne et bouleversante Lidoine). Hors sujet, Lehtipuu – outré, caricatural- et la Prieur de Plowright, vocalement hors style et dépassé. Dommage, car l’unité et la cohérence de l’ensemble s’en trouvent déséquilibrées.  Au service d’un drame scéniquement millimétré, le chef Rhorer qui a déposé sa baguette historiquement informée pour conduire l’opulent Philharmonia Orchestra, trouve la fluidité et le mordant nécessaires, une vision elle aussi qui dans la fosse affirme une excellente intelligence expressive.  Sans les erreurs du casting, ce dvd méritait évidemment un CLIC de classiquenews. Le duo Piau / Petibon fonctionne à merveille : touchant et bouleversant même par leur fragilité et leur humanité.

Poulenc : Dialogues des Carmélites (Rhorer, Py, 2013) – 1 dvd Erato. Sophie Koch (Mère Marie de l’Incarnation), Patricia Petibon (Blanche de La Force), Véronique Gens (Madame Lidoine), Sandrine Piau (Soeur Constance de Saint Denis), Rosalind Plowright (Madame de Croissy), Topi Lehtipuu (Le Chevalier de La Force), Philippe Rouillon (Le Marquis de La Force), Annie Vavrille (Mère Jeanne de l’Enfant Jésus), Sophie Pondjiclis (Soeur Mathilde), François Piolino (Le Père confesseur du couvent), Jérémy Duffau (Le premier commissaire), Yuri Kissin (Le second commissaire, un officier) & Matthieu Lécroart (Le geôlier). Philharmonia Orchestra & ChÅ“ur du Théâtre des Champs-Elysées, Jérémie Rhorer, direction. Olivier Py, mise en scène. Enregistré sur le vif en 2013, Paris, TCE.

Dialogues des Carmélites de Poulenc en direct du TCE, Paris

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logo_france musiqueFrance Musique à 19h. Poulenc : Dialogues des Carmélites (Jérémie Rhorer, direction) …  en direct du TCE, Paris. Après Alceste et Aïda pour l’Opera de Paris, sans flamme ni feu remarquable, Olivier Py revient à cette profondeur critique, tendue, comme empoisonnée qui avait tant concaincu dans sa lecture de Tristan und Isolde de Wagner… ses Dialogues des Carmélites offrent un veritable sentiment de brûlure spirituelle voire de transe mystique, certes toujours sobrement maîtrisée, selon le tempérament du metteur en scène qui est un croyant interrogatif voire insatisfait comme Poulenc. Sage et directe ferveur: celle du peintre Fra Angelico qui s’invite dans ce retable lyrique (pour les interludes composés pour la  creation scaligène)…

Le plateau vocal convainc réunissant de superbes tempéraments féminins :  Rosalind Plowright fait une Madame de Croissy brute et âpre (sa mort saisit); surtout Patricia Petibon nous épargnant ses accents aigus parfois manièristes incarne une Blanche sincère, sensible, juste d’autant que Py exploite les mêmes talents d actrice qui nous avait valu avec lui à Genève sa troublante et féline Lulu. Même accomplissement superlatif pour la Constance de Anne-Catherine Gillet (remplacant Sandrine Piau souffrante) et après avoir chanté pour Angers Nantes Opéra le personnage de Blanche,  nous éblouit dans le rôle de Constance dont elle fait le double émotionnel de Blanche entre gandeur et exaltation; veritable torche vivante, celle fulgurante des jeunes mystiques.

On reste de marbre en revanche face à Sophie Koch (mère Marie) et Véronique Gens présentes sans guère d’approfondissement.

Jeune baguette familière des approches historiques, Jérémie Rhorer a troqué son Cercle de l’Harmonie pour les somptueux instrumentistes du Philharmonia. Le chef rétablit sans précipitation ni sécheresses toute l’activité instrumentale d’une partition qui se lit désormais comme un retable grouillant de vie, d ‘irrépressible ferveur… jusqu’à la chute finale au tragique glaçant.