KARAJAN 2019 : Les 30 ans de la mort (1989 – 2019) Symphonies de BRUCKNER et TCHAIKOVSKY / Berliner Philharmoniker (DG)

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_ETE 2019. Deux coffrets opportuns viennent rappeler l’héritage d’un grand chef du XXè, Herbert Van Karajan (né en 1908, mort en 1989) dont les 30 ans de la disparition seront ainsi célébrés par DG Deutsche Grammophon ce 16 juillet 2019. Autant dire que le label de Hambourg, le plus prestigieux au monde, fort d’un catalogue inégalé, rend hommage à l’un des piliers de sa gloire et de sa pertinence artistique, toujours bien vivaces aujourd’hui. Avec ses chers Philharmoniker de Berlin, le chef septuagénaire à la stature d’empereur, enregistre l’intégrale des symphonies de Bruckner (1 à 9, à Berlin de janvier 1975 à janvier 1981), et de Tchaikovsky (6 Symphonies, entre octobre 1975 et février 1979)… le geste est carré, parfois déclamatoire mais jamais court, parfois emphatique mais habité ; jouant sur une spatialisation nouvelle du son, plus concentré que rayonnant, pourtant souvent détaillé (Tchaikovski), Karajan affirme une esthétique de l’enregistrement particulièrement fouillée, à laquelle il a participé au premier rang.

CLIC_macaron_2014Le souffle impérial de ses Bruckner auxquels il garantit aussi une introspection majestueuse en liaison avec la foi sincère du compositeur de Linz ; la tendresse et cette présence obsessionnelle du Fatum chez Piotr Illiytch fondent la valeur des 2 coffrets, remarquablement remixés pour l’occasion (cd et Blu-ray audio HD 96khz / 24 bit. Soit dans un format master des plus optimisé. 2 coffrets incontournables.

 

 

 

CD, coffret événement. KARAJAN : 9 symphonies de Bruckner (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 9 cd DG Deutsche Grammophon)

CD, coffret événement. KARAJAN : 6 Symphonies de Tchaikovski (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 4 cd DG Deutsche Grammophon)

 

 

 

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_

 

 

TCHAIKOVSKY-symphonies-1---6-30th-anniversary-1989-2019-Berliner-Philharmoniker-coffret-set-box-9-cd-DG-Deutsche-Grammophon-review-cd-critique-par-classiquenews-KARAJAN-2019

 

 

 
 

 

APPROFONDIR

 

 

LIRE aussi nos articles et dossiers HERBERT VON KARAJAN, dont le bilan des coffrets édités pour les 25 ans de la mort de Karajan en 2014 :

Karajan20025 ans après sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajanlaisse un héritage musical et esthétique qui s’incarne par le disque : titan doué d’une hypersensibilité fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres …, Karajan s’est forgé aussi une notoriété légitime grâce à son souci de la qualité des enregistrements qu’il a pilotés et réalisés pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuosité habitée, un sens inné pour la ciselure comme le souffle épique de la fresque, Karajan a marqué l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuité inédite pour d’infimes nuances révélant l’opulence arachnéenne des timbres… tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son… dans son intégrale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captées dans le respect de la vie et de la palpitation… Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune réédite une série de coffrets absolument incontournables. Voici notre sélection d’incontournables. LIRE notre sommaire articles et dossiers HERBERT VAN KARAJAN

 

CD, critique. MAURIZIO POLLINI : CHOPIN (Nocturnes opus 55, Mazurkas opus 56, Sonate opus 58 – 1 cd Deutsche Grammophon – 2018)

CHOPIN sonate opus 58 dg maurizio pollini cd critique cd review par classiquenews actualites infos musique classique cd 028948364756-CvrbCD, critique. MAURIZIO POLLINI : CHOPIN (Nocturnes opus 55, Mazurkas opus 56, Sonate opus 58 – 1 cd Deutsche Grammophon – 2018). Alors que simultanĂ©ment sort aussi le nouveau et 4è cd du jeune Lisiecki dans un Mendelssohn sans nuance et plutĂ´t linĂ©airement martelĂ© (Ă©galement Ă©ditĂ© par DG), voici le « nouveau » Chopin d’un vĂ©tĂ©ran que l’expĂ©rience, le recul, et le bĂ©nĂ©fice d’une sensibilitĂ© ciselĂ©e, elle intĂ©rieure naturellement, exaltent, inspirent au plus juste ; le pianiste dĂ©ploie d’irrĂ©sistible arguments. Indiscutable, MAURIZIO POLLINI illumine les 7 partitions ici rĂ©unies qui semblent comme rĂ©capituler une vie dĂ©diĂ©e Ă  la rĂ©flexion et le sens de la musique. Son cadet aurait mĂ©rite d’enrichir ainsi Ă  son Ă©coute, un jeu trop scolaire.
Les Nocturnes font surgir le tragique et l’angoisse d’une âme inquiète et désemparée grâce au toucher et au rubato d’une formulation ronde et précise, nuancée et profonde, comprenant les chants et les contrechants. Chaque réitération sonne comme une blessure pudiquement ourlée ; chaque séquence s’écoule avec un secret, une infinie douceur sombre. Même le second plus ardent, plus conquérant (quoique) resplendit par une tendresse caressante, un moelleux naturel qui enchante et berce. Le travail de l’énonciation, l’architecture qui soigne les galbes et le relief poli des arêtes affirment une maturité et une compréhension saisissante de la langueur de Chopin : langueur mélancolique et aussi furieusement puissante (le rubato à la fois ralenti et magnifiquement articulé).
La respiration élégiaque, enveloppée dans une ouate suspendue de la Berceuse (opus 57), fait elle seule, la magie de ce récital de première inspiration ; où les harmonies se mêlent, s’enlacent, sur un châssis rythmique lui-même suspendu à ce tempo, ralenti, évanescent, désarticulé, articulé… d’une valse lente. Le jeu des miroitements intérieurs, à plusieurs plans, étagés dans l’espace musical font toute l’ivresse de cette séquence… littéralement magicienne. Du très grand art pianistique. Dans l’énoncé, la projection, la conception poétique, l’écoute intérieure. C’est un Chopin à l’infini pictural, d’un équilibre absolu et d’une paix fondamentale qui se déploie et s’affirme et berce alors. Magistral.

Construite en des contours plus net et tranchés, la Sonate opus 58 exprime une toute autre activité ; radicale, et puissante, manifestes de cette puissance (certes souvent rentrée) qui électrise le chant Chopinien. Autant de matelas harmoniquement dense, pour que surgisse la sublime mélodie bellinienne du premier mouvement. Charpenté et chantant. Pollini n’oublie dans cette rondeur murmurée, ce galbe toujours souverain, l’aspect « maestoso » de l’Allegro initial. Quelle compréhension naturelle de la texture chopinienne. A la fois viscérale et chtonienne, la fluidité de Chopin, se déploie souple et aérienne dans un flux à l’onctueuse matérialité.
pollini-piano-maurizio-chopin-portrait-critique-cd-classiquenews-piano-majeur-actualites-piano-par-classiquenewsDans cet Ă©panouissement ultime du premier mouvement, l’agilitĂ© souple et caressante du toucher fait oublier la matĂ©rialitĂ© de la mĂ©canique, comme la frappe des touches ; et que dire de l’élasticitĂ© sidĂ©rante du second mouvement, plus doux et agile lui aussi : ce Scherzo atteint une texture pure, au delĂ  de toute matĂ©rialitĂ© du clavier ; un pur son Ă  la fois moelleux et mordant d’un Ă©quilibre idĂ©al. Un tel galbe rehausse l’éclat Ă©lectrique de l’écriture, son Ă©nergie lumineuse et flamboyante dont la fugacitĂ©, Ă©perdue, foudroyĂ©e (« molto vivace ») contraste avec l’ampleur architecturĂ©e du premier Allegro. Belle couleur liquide du Largo, plus droit, objectif, avec des assises graves idĂ©alement Ă©noncĂ©es lĂ  aussi. Enfin le dernier Finale / Presto non tanto confirme tout ce que l’on pensait du pianiste italien chez Chopin : l’énergie de la matière qui crĂ©pite et s’embrase en une urgence organique, dĂ©veloppe chez Chopin, cette ardeur brillante qui est aussi puissance de feu – un aspect que l’on Ă©carte trop souvent ; concernant Maurizio Pollini, c’est un acrobate et un athlète au muscle intact d’une rondeur caressante, d’une grâce allusive exemplaire qui affirme et la marche tragique et l’effusion pudique d’une dĂ©claration personnelle. En maĂ®tre de la structure, le pianiste capte et prĂ©cise le sens et la direction de la digitalitĂ© qui s’accomplit : sous la crĂ©pitement virtuose du jeu proprement dit (en soi dĂ©jĂ  impressionnant), l’interprète marque un cap, cible directement le mouvement essentiel, rĂ©vĂ©lant l’ossature globale. La vision est captivante et sa formulation, scintillante. Magistral rĂ©cital Chopin : sa sensualité  cultive et l’éloquence et l’énigme, en un clair / obscur rĂ©jouissant, captivant. Bel oxymore. Mais familier pour ce poète du clavier. CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2019.

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. MAURIZIO POLLINI : CHOPIN (Nocturnes opus 55, Mazurkas opus 56, Sonate opus 58 – 1 cd Deutsche Grammophon – durĂ©e : 53 mn, 2018) – CLIC de CLASSIQUENEWS

CD, coffret événement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG)

barenboim berlioz complete berlioz recordings deutsche grammophon  10 cd critique cd review cd classiquenews actualite infos cd musique classique concerts livres opera festivalsCD, coffret événement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG). Daniel Barenboim a dirigé l’Orchestre de Paris de 1975 à 1989, presque 15 ans d’une complicité et d’un travail en profondeur au service des grands compositeur romantiques, en particulier du génie de Berlioz. Pour les 150 ans du plus grand Romantique français en 2019, Hector Berlioz est mort en 1869, DG Deutsche Grammophon publie un coffret de 10 cd réunissant l’intégrale des enregistrements de Barenboim et de l’Orchestre de Paris dédié à Hector Berlioz. Agé de 33 ans, le maestro célébré internationalement, allie classicisme lumineux et souffle dramatique parfois d’une grande profondeur.
Au programme de ce coffret événement : Symphonie Fantastique, Rêverie et caprice, ouverture du Carnaval Romain composent le volet orchestral ; la majorité des enregistrements concerne surtout l’opéra avec Roméo et Juliette, La Damnation de Faust, Béatrice et Bénédicte, sans omettre la cantate pour le prix de Rome, La mort de Cléopâtre et le Requiem… Piloté par le pianiste et chef, l’orchestre parisien a peut-être ici connu une décade miraculeuse, par sa sonorité pleine et onctueuse, sons sens du détail et de l’architecture… A venir, mi février 2019 dans le mag cd dvd livres de classiquenews : la critique développée du coffret DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG).

LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019

CD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon)

OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret Ă©vĂ©nement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon : 1972 – 2007) - Charles Munch (1949 – 1962), Erich Leinsdorf (1962-1969) avant Ozawa et après lui, James Levine furent les lĂ©gendes qui ont ciselĂ© la sonoritĂ© nerveuse et souple du Symphonique de Boston. Sous l’ère de Seiji Ozawa (de 1973 Ă  2002), la phalange amĂ©ricaine atteint des sommets de poĂ©sie symphonique, servie aussi par une ingĂ©nierie de l’enregistrement qui n’a rien Ă  voir avec notre format standard compact actuel . Le coffret des complete recordings on Deutsche Grammophon, dĂ©bute dès 1972 (avec le San Francisco Symphony dont il est directeur de 1970 Ă  1976), puis en 1973, avec ses chers instrumentistes de Boston : dĂ©sormais, dans tous les genres, concertos, symphonies et aussi opĂ©ra, Ozawa maintient un très haut niveau d’implication esthĂ©tique, cherchant un son Ă  la fois plein et dĂ©taillĂ©, qui fait merveille entre autres dans le rĂ©pertoire française, de Berlioz Ă  Ravel.
NĂ© en 1935, Ozawa signe alors ses enregistrements parmi les plus aboutis : âgĂ© de 38 ans au dĂ©but de son mandat Ă  Boston, le chef d’origine japonaise (en rĂ©alitĂ© nĂ© en Chine Ă  Shenyang) dĂ©fend une sensibilitĂ© de fauve, Ă  la subtilitĂ© fĂ©line, qui dans les tutti, – choraux ou de plein orchestre, prĂ©serve toujours la transparence. Les 50 cd du coffret DG doivent constituer les fondations de toute discographie actuelle car douĂ© d’une curiositĂ© Ă©largie, l’alchimiste Ozawa aborde chaque partition avec cette tension Ă©lectrique, nerveuse, pourtant habitĂ©e par l’échelle du monumental qui sait organiser et structurer tout dĂ©veloppement, assurant Ă  chaque Ă©pisode une architecture explicite qui frappe par sa hauteur de vue.

 

 

 

Intégrale des enregistrements pour DG
Seiji OZAWA le félin fauve de Boston

 

 

 

Le coffret DG Deutsche Grammophon rassemble ainsi plusieurs jalons de son riche rĂ©pertoire, qui mĂŞle les piliers archi connus et les perles moins jouĂ©es dont en particulier plusieurs Français (Damnation de Faust de Berlioz, Les Contes d’Hoffmann de Bizet – avec le National de France en 1986 ; PellĂ©as et MĂ©lisande, et Dolly de FaurĂ©)… qui en font l’un des meilleurs interprètes de notre rĂ©pertoire hexagonal.

Parmi les grands thèmes transversaux de ce narrateur symphoniste hors pair, distinguons les RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, Berlioz, Tchaikovsky ; la maĂ®trise symphonique d’Ozawa se dĂ©voile et son confirme ici chez Brahms (Symphonies 1 et 2), Mahler (Symphonie n)1 « Titan », d’une fĂ©brilitĂ© fĂ©line Ă©blouissante), Berlioz (la Symphonie Fantastique) ; RAVEL (BolĂ©ro, Alborada del gracioso, Ma Mère l’Oye / Daphnis et Chloé…) ; TCHAIKOVSKY (musique des ballets du Lac des cygnes et de Casse-noisette / Symphonies n°4 et n°5 avec le Berliner Philharmoniker); PROKOFIEV dont il enregistre aussi avec le Berliner, les 7 symphonies en 1991-1992…

CLIC D'OR macaron 200Quelques perles de ce coffret indiscutable ? Les opus dédiés à POULENC (Stabat Mater avec Kathleen Battle, Concerto pour orgue, Concert champêtre,…), évidemment les BERLIOZ et les RAVEL déjà cités ; sans omettre, A Midsummer Night’s dream (solistes : Kathleen Battle, Frederica von Stade, 1994), et le plus récent enregistrement avec le pianiste Yundi Li (Concertos de Prokofiev et Ravel avec le Berliner, 2007). Pour les afficionados comme nous, reportez vous aussi au récent enregistrement de la 9è Symphonie de Beethoven dont le maestro Ozawa réalise une lecture aussi chambriste qu’éblouissante, réflexion sur le rapport des voix et des instruments, et au sein de l’orchestre des pupitres entre eux pour une vision régénérée, épurée, captivante par sa ligne et son intensité : LIRE ici notre critique BEETHOVEN : 9è par Ozawa (Mito Chamber Orchestra / Decca, janvier 2019)
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-seiji-ozawa-beethoven-9-mito-chamber-orchestra-1-cd-decca/

 

 

 

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OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon) - Grande critique du coffret 50 cd DG Deutsche Grammophon : SEIJI OZAWA The complete recordings on DG Deutsche Grammophon, à venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

 

 

 

CD, annonce. « 33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon)

ghraichy piano simon cd classiquenewsCD, annonce. «  33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon). Après un premier disque DG intitulé « Héritages » (il avait 31 ans), le pianiste à la chevelure léonine récidive dans un programme dénommé « 33 » (comme son nouvel âge), lui aussi métissé, comme lui alliant rythmes latinos, saveurs outre-Atlantiques et standards romantiques français (plus ou moins connus tel Alkan, génie oublié du romantisme français au clavier : cf. la Chanson de la folie au bord de la mer). Il est en fait mexicain, libanais et français : triple nationalité qui est une chance, la promesse de réalisations au carrefour de plusieurs cultures ; la concrétisation d’une nouvelle constellation, mosaïque de mondes sonores épicés, variés, éclectiques. L’ancien élève du Conservatoire national supérieur de musique de Paris décloisonne la notion sclérosante de répertoires : il n’y a ni répertoire classique ni chemins détonnants ; ni grands maîtres, ni petits maîtres. Il n’y a que des sensibilités et des expériences, des imaginations audacieuses et suggestives qui se cristallisent sous les doigts et par la volonté créative de quelques compositeurs dont le pianiste démiurge sélectionne et agence chaque œuvre ainsi choisie. « Liszt et les Amériques » était le titre de son récital à New York (Carnegie Hall, 2015) : déjà la volonté d’un multiculturalisme sans frontières et sans apriori. Dans son nouvel album, « 33 », les alliages sont tout aussi prometteurs, percutants, parfois provocants : Tárrega, Alkan, Ramirez, Schumann, Gonzales, Glass, Nyman, Szymaánski, Shilingl, Schumann… là encore, la volonté d’une alternance entre deux mondes : le nouveau et l’ancien, entre le populaire et le savant, le traditionnel et le classique… Voilà qui rompt avec des traditions et des postures conservatrices. A chacun de trouver l’unité et la cohérence dans ce meiltingpot surprenant et peut-être enivrant.

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CD, annonce. 33, Simon Ghraichy, piano. 1 cd DG. AnnoncĂ© le 8 fĂ©vrier 2019 – concert le 19 fĂ©vrier 2019 au TCE, PARIS.

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CD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon)

seong jin cho mozart nezet seguin cd dg critique review cd par classiquenewsCD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon) Evidemment l’accompagnement (et davantage du maestro québécois Yannick Nézet-Séguin, mozartien de premier plan, depuis son intégrale lyrique en cours depuis Baden Baden chaque été avec Rolando Villazon) est un « plus » décisif, pour un jeune pianiste. Mais le tempérament de ce dernier évite bien des erreurs que d’autres, parmi ses confrères surtout asiatiques, cultivent malgré leur célébrité : Jin Cho collectionne, lui, avec une attention peut-être encore trop précautionneuse, à l’inverse de ses confrères (et consoeurs), une pudeur, et une retenue qui sait aussi s’exprimer dans le clavier. Son refus de la pure virtuosité, soeur d’une ineffable et bien présente intériorité fait miracle ici, car ce Mozart de 1785 (Concerto), d’une maturité experte et si intensément poétique, expose à nu ; révèle les limites d’un jeu sans âme. Rien de tel chez le jeune coréen, déjà remarqué pour ses audaces et introspections chopiniennes et qui gagne dans ce nouveau programme d’indiscutables palmes mozartiennes. Créé à Vienne par Wolfgang lui-même, le Concerto n°20 est un sommet d’élégance et de profondeur, un mariage inouï entre séduction et vérité. A 29 ans, Mozart démontre un génie inclassable, traversé comme personne par la grâce la plus pure. En mode mineur comme le K 491 (ré mineur), il ouvre la voie des pièce maîtresse de l’histoire de la musique, comme est essentielle aussi, par sa couleur et sa progression architecturée, le Symphonie unique de Franck.

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81Par son innocence éperdue qui affleure dans le mouvement central, le Concerto fait de son essence tragique, un miroitement pudique constellé de nuances tendres. Une telle palette d’émotions et d’accents millimétrés s’entend rarement chez les interprètes. Or cela est palpable dans le jeu du coréen, dans ses audaces (variations libres du premier mouvement) et dans son respect scrupuleux des dynamiques. Le Concerto n°20 est parmi les plus bouleversants de Wolfgang, touchant et au delà par sa profondeur tragique, une sincérité qui désarme et saisit par sa justesse. La finesse d’intonation du jeu pianistique suscite l’admiration par son équilibre, sa mesure, et aussi une simplicité du style qui s’écarte comme on a dit de l’arène plus commune et pourtant largement médiatisée défendue par ses confrères et consoeur asiatiques, surtout chinois. A chacun de deviner (les pianistes de Chine ne sont pas si nombreux actuellement). Le coréen sait demeurer pudique, presque secret, apportant la tendresse et l’humanité, la gravitas et cette innocence qui est insouciance, tant vénérée et sublimée par l’écriture du divin Wolfgang.

 

 

 

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  Après la complicitĂ© et l’écoute rĂ©solument chambriste qui unit soliste et chef dans le Concerto n°20, voici deux Sonates parmi les plus redoutables, ne serait-ce que par l’étendue lĂ  encore des couleurs contrastĂ©es. Dans la Première sonate (K281), le pianiste saisit le caractère fantasque du dernier mouvement ; ses Ă©lans tenant du caprice (Rondo – Allegro, plage 6).

L’ultime sonate du programme K332 a cette lĂ©gèretĂ© tragique et chantante et grave qui rĂ©vèle l’interprète capable de vrais Ă©clairages intĂ©rieurs, d’une Ă©loquence tendre et toujours Ă  l’Ă©coute du cĹ“ur.
Pourtant parfois on aimerait une ciselure plus nuancĂ©e encore de l’Ă©criture allegro. Une articulation plus proche de la parole et de l’intonation Ă©motionnelle. Mais d’une manière gĂ©nĂ©rale, la sensibilitĂ© inspire une approche tĂ©nue proche de l’intime, cultivant l’extrĂŞme dĂ©licatesse pudique qui renvoie au Schubert le plus rĂŞveur et le plus introspectif.
Pourtant jeune et nouveau sur la planète Mozart, le jeune corĂ©en surprend par son attention Ă  la clartĂ© pudique, Ă  l’intonation  rentrĂ©e, parfois secrète, dĂ©barrassĂ©e de toute affectation, une bouleversante sincĂ©ritĂ© qui se rĂ©vèle vĂ©ritablement dans le mouvement central de la K332, d’une tendresse enivrante, idĂ©alement inscrite dans les replis d’un songe intime.
VCLIC D'OR macaron 200oilĂ  donc une remarquable lecture mozartienne. Celui qui s’est jusque la affirmĂ© non sans arguments chez Chopin, dĂ©voile ici des affinitĂ©s Ă©videntes chez Wolfgang entre candeur et vĂ©ritĂ©. Bouleversant d’intelligence et de nuance sans l’artifice de la pure dĂ©monstration technicienne. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018.

 

 

 

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CD, événement, critique. Seong-Jin Cho, piano. Mozart: Piano Concerto No. 20, K. 466; Piano Sonatas, K. 281 & 332. Chamber Orchestra of Europe. Yannick Nézet-Séguin, direction. 1 cd DG Deutsche Grammophon.

 

 

 

CD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon).

ABBADO claudio rediscovered schubert 5 et 8 symphonies par classiquenews cd review critique cd classiquenewsCD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Voici un live de 1971 enregistré sur le vif par Claudio Abbado, révélant le génie symphonique du jeune SCHUBERT, beethovénien et surtout mozartien dans l’âme… Ce sont moins les deux mouvements de la Symphonie n°8 inachevée, grandiose, sombre et parfois emplombée mais avec une séduction incroyable, que la sublime symphonie n°5 à laquelle Abbado en 1971 à Vienne, restitue son incroyable élégance mozartienne, ce dès le premier mouvement « Allegro », où rayonnent la tendresse, la grâce, une vitalité presque pastorale qui contraste évidemment avec la sidération lugubre de la 8è, en son diptyque en si mineur inabouti.
VoilĂ  qui Ă©claire la participation de Franz – ailleurs relĂ©guĂ© aux seuls lieder et Ă  la musique pour piano et pour quatuor, au genre ambitieux par excellence, l’orchestre. D’après les sources, Schubert composa ses opus symphoniques dès 15 ans, l’adolescent occupant la fonction de premier violon au sein de l’orchestre universitaire du Stadtkonvikt de Vienne, livrant ses propres opus pour enrichir le rĂ©pertoire du collectif. Cette 5è Ă©blouit par ses accents par le prolongement qu’il sait apporter Ă  Mozart (amour fraternel du 2è mouvement Andante con moto, dans l’esprit de la FlĂ»te enchantĂ©e) et Ă  Haydn, jalon dĂ©sormais majeur de cette Ă©lĂ©gance viennoise qui mène vers Schumann. C’est dire combien cette lecture abbadienne est avec le temps et le recul, vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation, par sa justesse artistique et le focus qui rĂ©vèle en pleine lumière, un opus symphonique essentiel pour le romantisme germanique.
CLIC_macaron_20dec13Le chef d’oeuvre de 1816, tient du génie mozartien (sans les clarinettes cependant), et dans un effectif caressant, à la sonorité fraternelle (sans timbales ni trompettes). La transparence sonore, et la grande élasticité de la palette instrumentale, parfaitement détaillée, comme le sens de l’architecture globale attestent de la maîtrise incroyable de Claudio Abbado, en pleine complicité avec les musiciens des Wiener Philharmoniker.
L’élégance expressive du Menuetto, à la fois vif et souple convainc tout autant. Sa parenté avec la Symphonie en sol de Mozart saisit là encore : Mozart / Schubert, qui aurait cru à leur filiation ? C’est pourtant ce que nous apprend un Abaddo inspiré, d’un humanisme direct, franc, d’une absolue douceur profonde. Ce Schubert sonne comme un Mozart romantisé. Et si la 5è de Schubert était tout bonnement la 42è symphonie de Wolfgang ?
Qui depuis le chef italien a compris et mesuré cette maîtrise et cette sincérité de la pâte symphonique d’un Schubert adolescent saisi, porté, transfiguré par la grâce ? CD superlatif, un modèle et l’un des meilleurs accomplissement d’Abbado avec l’Orchestre philharmonique de Vienne. CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

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CD critique. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Parution : le 16 novembre 2018 / RĂ©f. DG 1 cd 0289 483 5620 1 – CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

CD. Mozart : Cosi fan tutte (NĂ©zet-SĂ©guin, 2012) 3 cd DG

CD. Mozart : Cosi fan tutte (NĂ©zet-SĂ©guin, 2012) 3 cd DG   ….   le jeune chef plein d’ardeur, Yannick NĂ©zet-SĂ©guin poursuit son intĂ©grale Mozart captĂ©e Ă  Baden Baden chaque Ă©tĂ© pour Deutsche Grammophon avec un Cosi fan tutte, palpitant et engagĂ©.

Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso …
D’abord il y a l’Ă©lĂ©gance mordante souvent très engageante de l’orchestre auquel Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, coordonnateur de cette intĂ©grale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrĂ©sistible.
Le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frĂ©tille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout fĂ©minins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble dĂ©velopper une sensibilitĂ© proche du coeur fĂ©minin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une prĂ©sence absolue ici, qui dĂ©mentiront notre analyse.

DĂ©lectable Cosi …

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCaptĂ© sur le vif en juillet 2012 Ă  Baden Baden, ce Cosi tient ses promesses : le chef accuse le relief palpitant d’une partition marquĂ©e par l’apologie scintillante du sentiment. Et chacun des solistes en version de concert ont soin Ă  exprimer l’acuitĂ© théâtrale de chaque situation.
La distribution marque les nuances de rigueur pour un exercice qui pris en live contient aussi ses dĂ©fauts et ses inĂ©vitables limites. Manque de prĂ©paration certainement, l’homogĂ©nĂ©itĂ© fait parfois dĂ©faut, surtout dans la direction ici et lĂ  … prĂ©cipitĂ©.
En Ferrando, Villazon semble usĂ©, serrĂ©, noyautĂ© … sans guère de nuances ni de subtilitĂ© : et dĂ©jĂ  lors de la performance, le tĂ©nor si peu mozartien avait fait pâle figure au moment du concert Ă  Baden Baden. Adam Plachetka est un Guglielmo passe partout. Plus dĂ©lirant, l’Alfonso d’un routier du comique, Alessandro Corbelli perce davantage le scène.
CĂ´tĂ© chanteuses, le piquant de la Despina de Mojca Erdman que le label jaune entend nous imposer de disque en disque, peine Ă  sĂ©duire : son aciditĂ© percutante masque tout le jeu de l’actrice et la moindre intention.
Plus finement caractĂ©risĂ©, le duo des femmes victimes est plus attachant : Miah Persson fait une Fiordiligi distinguĂ©e, angĂ©lique et suave Ă  souhaits ; cependant que la Dorabella d’Angela Brower en impose tout autant par son timbre grave plus tĂ©nĂ©breux de mezzo cependant clair (et tout autant agile).
Les portraits fĂ©minins en gagnent une rĂ©alitĂ© immĂ©diate très convaincante. Ils confère au marivaudage musical et mozartien, ses vertiges et ses pâmoisons si dĂ©lectables. VoilĂ  un second volet de l’intĂ©grale mozartienne signĂ©e NĂ©zet SĂ©guin Ă  Baden Baden qui tient dignement sa place aux cĂ´tĂ©s du prĂ©cĂ©dent Don Giovanni qui montrait la mĂŞme ardeur expressive, le mĂŞme sens théâtral finement ciselĂ©. A suivre.

Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791): Così fan tutte, ossia La scuola deglia amanti, K. 588—M. Persson (Fiordiligi), A. Brower (Dorabella), M. Erdmann (Despina), R. VillazĂłn (Ferrando), A. Plachetka (Guglielmo), A. Corbelli (Don Alfonso). Vocalensemble Rastatt. Chamber Orchestra of Europe. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin. Enregistrement live rĂ©alisĂ© pendant les reprĂ©sentations en version de concert, juillet 2012, Festspielhaus Baden-Baden. 3cd Deutsche Grammophon 479 0641. 2h58mn. Parution : septembre 2013.