CD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738) / Fagioli, Genaux (Emelyanychev, 2017) – 3cd Deutsche Grammophon

Handel fagioli serse haendel cd review critique cd par classiquenews opera baroque par classiquenews genaux aspromonte Serse-CoffretCD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738) / Fagioli, Genaux (Emelyanychev, 2017 – 3 cd DG Deutsche Grammophon, 2017). VoilĂ  une production prĂ©sentĂ©e en concert (Versailles, novembre 2017) et conçue pour la vocalitĂ  de Franco Fagioli dans le rĂŽle-titre (il rempile sur les traces du crĂ©ateur du rĂŽle (Ă  Londres en 1738, Caffarelli, le castrat fĂ©tiche de Haendel) ; le contre-tĂ©nor argentin est portĂ©, dĂšs son air « « Ombra mai fu » », voire stimulĂ© par un orchestre Ă©lectrique et Ă©nergique, portĂ© par un chef prĂȘt Ă  en dĂ©coudre et qui de son clavecin, se lĂšve pour mieux magnĂ©tiser les instrumentistes de l’ensemble sur instruments anciens, Il Pomo d’Oro : Maxim Emelyanychev. La fiĂšvre instillĂ©e, canalisĂ©e par le chef Ă©tait en soi, pendant les concerts, un spectacle total. Physiquement, en effets de mains et de pieds, accents de la tĂȘte et regards hallucinĂ©s, le maestro ne s’économise en rien.
L’enregistrement prolonge la vitalitĂ© du concert et rend compte d’un esprit de troupe, sachant pour chaque chanteur caractĂ©riser idĂ©alement chaque personnage.
En Serse / Xerxes 1er, Franco Fagioli dĂ©montre une maĂźtrise parfaite des mĂ©lismes et acrobaties vocales Ă©crites par Haendel. Fagioli vocalise sans peine, dans les aigus comme dans les graves, sur l’étendue de sa tessiture, indiquant combien les ornements sont porteurs de sens, signifient idĂ©alement la volontĂ© du Roi Perse, dans le grave engorgĂ©, en un chant qui dans un seul souffle sait distiller piani et forte sans cĂ©sure (cf l’ambitus ahurissant de l’air « « Crude furie » », de l’extrĂȘme aigu aux graves souterrains). Le caprice, le dĂ©sir, le plaisir du prince (amoureux volatile) s’exprime et prend forme avec un naturel 
 dĂ©sarmant.
Autour du Divo, comme on disait des castrats idolĂątrĂ©s au XVIIIĂš, Fagioli, ses partenaires dĂ©fendent avec beaucoup de classe et d’intensitĂ©, le relief Ă©motionnel de leur personnage : Inga Kalna incarne une Romilda, solide, parfois instable, mais toujours trĂšs volontaire et expressive (en rien cette fĂ©minitĂ© fragile et fĂ©brile, ailleurs portĂ©e par des sopranos pointues). Il est vrai que la soprano chante Ă  prĂ©sent Rodelinda avec une vĂ©ritĂ© irrĂ©sistible.
En Arsamene, la mezzo coloratoure canadienne (originaire de Fairbanks), Vivica Genaux (enfin voilĂ  dans le rĂŽle du frĂšre de Serse une voix fĂ©minine de poids, plutĂŽt qu’un contre-tĂ©nor trop lisse et pas assez typĂ©) qui confirme son immense facilitĂ© vocale et dramatique, un tempĂ©rament exceptionnellement ciselĂ© et percutant qui fait d’elle la mezzo baroque de l’heure (avec Ann Hallenberg). Amastre gagne une Ă©paisseur rĂ©elle grĂące Ă  la tessiture Ă©largie, soutenue aux extrĂ©mitĂ©s, de l’alto Delphine Galou, voix sĂ»re, droite, profonde.
Jeune diva Ă  suivre dĂ©sormais, Francesca Aspromonte offre une remarquable couleur, entre brio et tendresse au personnage d’Atalanta, moins piquante intrigante que vrai tempĂ©rament amoureux, elle aussi prĂȘte Ă  en dĂ©coudre.
CLIC_macaron_2014Acteur en diable, se jouant des travestissements (en jardinier, en marchande de fleurs, voix de tĂȘte drĂŽlissime Ă  l’envi), le baryton Biagio Pizzuti Ă©claire la figure d’Elviro, d’une vĂ©ritĂ© humaine, comique certes, mais trĂšs proche du spectateur / auditeur.
Un pilier efficace dans la trame dramatique qui contraste parfaitement avec la noblesse plus digne de ses partenaires.
Autant le profil de l’empereur Serse est lumineux, autant celui de Ariodate (Andrea Mastroni) est lugubre et sombre, qui ferait rĂ©sonner jusqu’aux cintres. Et l’auditeur.

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CD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738). Dramma per musica en 3 actes, livret d’aprĂšs NicolĂČ Minato et Silvio Stampiglia / CrĂ©Ă© Ă  Londres en avril 1738

Serse : Franco Fagioli
Arsamene, son frĂšre : Vivica Genaux
Romilda : Inga Kalna
Atalanta : Francesca Aspromonte
Ariodate : Andrea Mastroni
Amastre : Delphine Galou
Elviro : Biagio Pizzuti

Il Pomo d’Oro / Maxim Emelyanychev, direction.

 

 

 

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LIRE nos autres critiques des cd et concerts par Franco Fagioli

CD, compte rendu critique. Gluck: Orfeo ed Euridice, 1762 (Franco Fagioli, Laurence Equilbey, 3 cd Archiv, avril 2015)
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-gluck-orfeo-ed-euridice-1762-franco-fagioli-laurence-equilbey-3-cd-archiv-avril-2015/

CD événement, annonce. FRANCO FAGIOLI : ROSSINI (1 cd Deutsche Grammophon, à venir le 30 septembre 2016).
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-franco-fagioli-rossini-1-cd-deutsche-grammophon-a-venir-le-30-septembre-2016/

Compte rendu, opéra. Paris, Palais Garnier, le 16 septembre 2016. Cavalli : Eliogabalo (1667), recréation. Franco Fagioli
 Leonardo Garcia Alarcon, direction musicale. Thomas Jolly, mise en scÚne
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-paris-palais-garnier-le-16-septembre-2016-cavalli-eliogabalo-recreation-franco-fagioli-leonardo-garcia-alarcon-direction-musicale-thomas-jolly-mise-en-scene/

Compte-rendu critique, opéra. Nancy. Opéra National de Lorraine, le 7 mai 2017. Gioachino Rossini : Semiramide. Salome Jicia, Franco Fagioli, Nahuel Di Pierro, Matthews Grills. Domingo Hindoyan, direction musicale. Nicola Raab, mise en scÚne
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-nancy-opera-le-7-mai-2017-rossini-semiramide-jicia-fagioli-hindoyan-raab/

CD, compte rendu critique. FRANCO FAGIOLI, contre tĂ©nor : Handel Arias (1 cd Deutsche Grammophon). Parmi les contre tĂ©nors actuels, ceux qui savent caractĂ©riser un personnage, au lieu de dĂ©ployer toujours la mĂȘme technique, l’argentin Franco Fagioli rĂ©alise une belle prouesse, sur le sillon de son aĂźnĂ© Max Emanuel Cencic, qui lui accuse les signes inquiĂ©tants de son Ăąge vocal : medium certes Ă©largi mais

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-franco-fagioli-contre-tenor-handel-arias-1-cd-deutsche-grammophon/

CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opĂ©ras par Anna Netrebko, soprano (1 cd Deutsche Grammophon)

verismo-anna-netrebko-VIGNETTE-160-cd-presentation-review-cd-critique-cd-classiquenews-582-594-1CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opĂ©ras par Anna Netrebko, soprano (1 cd Deutsche Grammophon). De La Wally Ă  Gioconda, d’Adrienne Lecouvreur Ă  Marguerite, sans omettre les pucciniennes Butterfly, LiĂč et Turandot, aux cĂŽtĂ©s de Manon Lescaut, Anna Netrebko confirme son immense talent d’actrice. En plus de l’intensitĂ© d’une voix de plus en plus large et charnelle (medium et graves sont faciles, amples et colorĂ©s), la soprano Ă©merveille et enchante littĂ©ralement en alliant risque et subtilitĂ©. C’est Ă  nouveau une rĂ©ussite totale, et aprĂšs son dernier album Iolanthe / Iolanta de Tchaikovsky et celui intitulĂ© VERDI, la confirmation d’un tempĂ©rament irrĂ©sistible au service de l’élargissement de son rĂ©pertoire
 Au trĂšs large public, Anna Netrebko adresse son chant rayonnant et sĂ»r ; aux connaisseurs qui la suivent depuis ses dĂ©buts, la Divina sait encore les surprendre, sans rien sacrifier Ă  l’intelligence ni Ă  la subtilitĂ©. Ses nouveaux moyens vocaux mĂȘme la rendent davantage troublante. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

verismo-anna-netrebko-582-582-classiquenews-presentation-review-critique-cd-deutsche-grammophonDe Boito (nĂ© en 1842), le librettiste du dernier Verdi (Otello et Falstaff), Anna Netrebko chante Marguerite de Mefistofele (crĂ©Ă© Ă  La Scala en 1868), dont les Ă©clats crĂ©pusculaires prĂ©figurent les vĂ©ristes prĂšs de 15 annĂ©es avant l’essor de l’esthĂ©tique : au III, lugubre et tendre, elle reçoit la visite du diable et de Faust dans la prison oĂč elle a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ©e aprĂšs avoir assassinĂ© son enfant. « L’altra notte in fondo al mare » exprime le dĂ©sespoir d’une mĂšre criminelle, amante maudite, Ăąme dĂ©chue, espĂ©rant une hypothĂ©tique rĂ©mission. MĂȘme Ă©criture visionnaire pour Ponchielli (nĂ© en 1834) qui compose La Gioconda / La Joyeuse sur un livret du mĂȘme Boito : Ă©galement crĂ©Ă© Ă  La Scala mais 8 ans plus tard, en 1876, l’ouvrage affirme une puissance dramatique premiĂšre en particulier dans l’air de Gioconda au dĂ©but du IV : embrasĂ©e et subtile, Netrebko revĂȘt l’ñme dĂ©sespĂ©rĂ©e (encore) de l’hĂ©roĂŻne qui dans sa grande scĂšne tragique (« Suicidio ! ») se voue Ă  la mort non sans avoir sauvĂ© celui qu’elle aime, Enzo Grimaldi
 l’espion de l’Inquisition Barnaba aura les faveurs de Gioconda s’il aide Enzo Ă  s’enfuir de prison. En se donnant, Gioconda se voue au suicide.

JUSTESSE STYLISTIQUE. Une telle dĂ©mesure Ă©motionnelle, d’essence sacrificielle, se
retrouve aussi chez Flora dans La Tosca de Puccini (nĂ© en 1858), quand la cantatrice Ă©change la vie de son aimĂ©e Mario contre sa pudeur : elle va se donner Ă  l’infĂąme prĂ©fet Scarpia. Anna Netrebko Ă©blouit par sa couleur doloriste et digne, dans sa priĂšre Ă  la Vierge qu’elle implore en fervente et fidĂšle adoratrice
 (« Vissi d’arte » au II).
Mais Puccini semble susciter toutes les faveurs d’une Netrebko, inspirĂ©e et maĂźtresse de ses moyens. Sa Manon Lescaut, dĂ©fendu aux cĂŽtĂ©s de son Ă©poux Ă  la ville, – le tĂ©nor azerbaĂŻdjanais Yusif Eyvazov-, se rĂ©vĂšle Ă©vidente, naturelle, ardente, incandescente, 
 d’une candeur bouleversante au moment de mourir. Le velours de la voix fait merveille. Le chant sĂ©duit et bouleverse.
MĂȘme finesse d’intonation pour sa Butterfly : « Un bel dĂŹ vedremo », autre expression d’une candeur intacte celle de la jeune geisha qui demeure inflexible, plus amoureuse que jamais du lieutenant amĂ©ricain Pinkerton, affirmant au II Ă  sa servante Suzuki, que son « époux » reviendra bientĂŽt


TURANDOT IRRADIANTE
 Plus attendus car autrement pĂ©rilleux, les deux rĂŽles de Turandot (l’ouvrage laissĂ© inachevĂ© de Puccini) : deux risques pourtant pleinement assumĂ©s lĂ  encore qui rĂ©vĂšlent (et confirment) l’intensitĂ© dramatique et la justesse expressive dont est capable la diva austro-russe. Pourtant rien de plus distincts que les deux profils fĂ©minins : d’un cĂŽtĂ©, la pure, angĂ©lique et bientĂŽt suicidaire LiĂč ; de l’autre, l’impĂ©riale et arrogante princesse chinoise (elle paraĂźt ainsi en tiare d’or en couverture du cd) : Turandot dont la diva, forte de ses nouveaux graves, d’un mĂ©dium large et tendu Ă  la fois, sait dĂ©voiler sous l’écrasante pompe liĂ©e Ă  sa naissance, le secret intime qui fonde sa fragilité  (premier air de Turandot: « In questa reggia »). Le souci du verbe, la tension de la ligne vocale, l’éclat du timbre, la couleur, surtout la finesse de l’implication imposent ce choix comme l’un des plus bouleversants, alors qu’il Ă©tait d’autant plus risquĂ©. « La Netrebko » sait ciseler l’hypersensibilitĂ© de la princesse, sa pudeur de vierge autoritaire sous le dĂ©corum (qu’elle sait plus Ă  dĂ©ployer dans le choix du visuel de couverture du programme ainsi que nous l’avons soulignĂ© prĂ©cĂ©demment). Est-ce Ă  dire que demain, Anna Netrebko chantera le rĂŽle dans son entier sur les planches ? La question reste posĂ©e : rares les cantatrices capables de porter un rĂŽle aussi Ă©crasant pendant tout l’opĂ©ra.


CLIC_macaron_2014SOIE CRISTALLINE POUR PURS VÉRISTES
. Aux cĂŽtĂ©s des prĂ©curseurs visionnaires, – ici Boito et Ponchielli, place aux vĂ©ristes purs et durs, crĂ©ateurs renommĂ©s, parfois hautains et exclusifs, au sein de la Jeune Ecole (la Giovane Scuola), ainsi qu’en avant-gardistes dĂ©clarĂ©s, il se nommaient ; paraissent ici Giordano (1867-1948), Leoncavallo (1857-1919), Cilea (1866-1950). Soit une dĂ©cennie miraculeuse au carrefour des deux siĂšcles (1892-1902) qui enchaĂźne les chefs d’oeuvres lyriques, vrais dĂ©fis pour les divas prĂȘtes Ă  relever les obstacles imposĂ©s par des personnages tragiques (souvent sacrificiels), « impossibles ».
Pour chacun d’eux, Anna Netrebko offre la soie ardente de son timbre hyperfĂ©minin, sachant sculpter la matiĂšre vocale sur l’écrin orchestral que canalise idĂ©alement Antonio Pappano. L’accord prĂ©vaut ici entre chant et instruments : tout concourt Ă  cette « ivresse » (souvent extatique) des sentiments qui trĂšs contrastĂ©s, exige une tenue rĂ©flĂ©chie de l’interprĂšte : Ă©conomie, intelligibilitĂ©, intelligence de la gestion dramatique autant qu’émotionnelle. La finesse de l’interprĂšte Ă©blouit pour chacune des sĂ©quences oĂč perce l’enivrement radical de l’hĂ©roĂŻne. Sa Nedda (Pagliacci de Leoncavallo, crĂ©Ă© en 1892), exprime en une sorte de berceuse nocturne, toute l’ardente espĂ©rance pourtant si fĂ©brile
de la jeune femme malheureuse avec son Ă©poux Canio, mais dĂ©munie, passionnĂ©e face Ă  l’amour de son amant le beau Silvio. Plus mĂ»re et marquĂ©e voire dĂ©passĂ©e par les Ă©vĂ©nements rĂ©volutionnaires, Madeleine de Coigny (AndrĂ© ChĂ©nier de Giordano, crĂ©Ă© en 1896) impose l’autoritĂ© d’une Ăąme amoureuse qui tout en dĂ©nonçant la barbarie environnante (incendie du chĂąteau familial oĂč meurt sa mĂšre, fuite, errance, dĂ©chĂ©ance, misĂšre
), s’ouvre Ă  l’amour du poĂšte ChĂ©nier, son unique salut.
Mais en plus de l’intensitĂ© dramatique – fureur et dĂ©passement, Anna Netrebko sait aussi filer des sons intĂ©rieurs qui ciselĂ©s – c’est Ă  dire d’une finesse bellinienne, donc trĂšs soucieux de l’articulation du texte, illuminent tout autant le relief des autres figures de la passion : La Wally (de Catalani, 1854-1893) et sa cantilĂšne Ă©thĂ©rĂ©e, comme l’admirable scĂšne quasi thĂ©Ăątrale d’Adrienne Lecouvreur (de Cilea,), regardent plutĂŽt du cĂŽtĂ© d’une candeur sentimentale, grĂące et tendresse oĂč lĂ  encore l’instinct, le style, l’intonation confirment l’immense actrice, l’interprĂšte douĂ©e pour la sensibilitĂ© Ă©conome, l’intensitĂ© faite mesure et nuances, soit la rĂ©surgence d’un certain bel canto qui par sons sens des phrasĂ©s et d’une incarnation essentiellement subtile approche l’idĂ©al bellinien. La diversitĂ© des portraits fĂ©minins ici abordĂ©s, incarnĂ©s, ciselĂ©s s’offre Ă  la maĂźtrise d’une immense interprĂšte. Chapeau bas. « La Netrebko » n’a jamais Ă©tĂ© aussi sĂ»re, fine, rayonnante. Divina.

CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opĂ©ras par Anna Netrebko, soprano. Orchestre de l’Accademia Santa Cecilia. Antonio Pappano, direction. Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Rome, Auditorium Parco della Musica, Santa Cecilia Hall, 7 & 10/2015; 6/2016 — 1 cd Deutsche Grammophon 00289 479 5015. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016. Parution annoncĂ©e : le 2 septembre 2016.

 

 

 

Impériale diva

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Discographie précédente

 

 

Anna Netrebko chante Verdi chez Deutsche GrammophonCD. Anna Netrebko : Verdi  (2013)  
     Anna Netrebko signe un rĂ©cital Verdi pour Deutsche Grammophon d’une haute tenue expressive. Soufflant le feu sur la glace, la soprano saisit par ses risques, son implication qui dans une telle sĂ©lection, s’il n’était sa musicalitĂ©, aurait Ă©tĂ© correct sans plus 
 voire tristement pĂ©rilleuse. Le nouveau rĂ©cital de la diva russo autrichienne marquera les esprits. Son engagement, sa musicalitĂ© gomment quelques imperfections tant la tragĂ©dienne hallucinĂ©e exprime une urgence expressive qui met dans l’ombre la mise en pĂ©ril parfois de la technicienne : sa Lady Macbeth comme son Elisabeth (Don Carlo) et sa Leonora manifestent un tempĂ©rament vocal aujourd’hui hors du commun. Passer du studio comme ici Ă  la scĂšne, c’est tout ce que nous lui souhaitons, en particulier considĂ©rant l’impact Ă©motionnel de sa Leonora 
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iolanta anna netrebko tchaikovski cd deutesche grammophon clic de classiquenews janvier 2015CD. SimultanĂ©ment Ă  ses reprĂ©sentations new yorkaises (janvier et fĂ©vrier 2015), Deutsche Grammophon publie l’opĂ©ra oĂč rayonne le timbre embrasĂ©, charnel et angĂ©lique d’Anna Netrebko, assurĂ©ment avantagĂ©e par une langue qu’elle parle depuis l’enfance. Nuances, richesse dynamique, finesse de l’articulation, intonation juste et intĂ©rieure, celle d’une jeune Ăąme ardente et implorante, pourtant pleine de dĂ©termination et passionnĂ©e, la diva austro-russe marque Ă©videment l’interprĂ©tation du rĂŽle de Iolanta : elle exprime chaque facette psychologique d’un personnage d’une constante sensibilitĂ©. De quoi favoriser la nouvelle estimation d’un opĂ©ra, le dernier de TchaĂŻkovski, trop rarement jouĂ©.  En jouant sur l’imbrication trĂšs raffinĂ©e de la voix de la soliste et des instruments surtout bois et vents (clarinette, hautbois, basson) et vents (cors), TchaĂŻkovski excelle dans l’expression profondes  des aspirations secrĂštes d’une Ăąme sensible, fragile, dĂ©terminĂ©e : un profil d’hĂ©roĂŻne idĂ©al, qui rĂ©pond totalement au caractĂšre radical du compositeur. Toute la musique de TchaĂŻkovski (52 ans) exprime la volontĂ© de se dĂ©faire d’un secret, de rompre une malĂ©diction
 La voix corsĂ©e, intensĂ©ment colorĂ©e de la soprano, la richesse de ses harmoniques offrent l’épaisseur au rĂŽle-titre, ses aspirations dĂ©sirantes : un personnage conçu pour elle. VoilĂ  qui renoue avec la rĂ©ussite pleine et entiĂšre de ses rĂ©centes prises de rĂŽles verdiennes (Leonora du trouvĂšre, Lady Macbeth) et fait oublier son erreur straussienne (Quatre derniers lieder de Richard Strauss). LIRE notre dossier complet ” IOLANTA par Anna Netrebko “

 

CD. Anna Netrebko : Souvenirs (2008) 
   Anna Netrebko n’est pas la plus belle diva actuelle, c’est aussi une interprĂšte Ă  l’exquise et suave musicalitĂ©. Ce quatriĂšme opus solo est un magnifique album. L’un de ses plus bouleversants. Ne vous fiez pas au style sucrĂ© du visuel de couverture et des illustrations contenues dans le coffret (lequel comprend aussi un dvd bonus et des cartes postales!), un style maniĂ©riste Ă  la Bouguereau, digne du style pompier pure origine
 C’est que sur le plan musical, la diva, jeune maman en 2008, nous a concoctĂ© un voyage serti de plusieurs joyaux qui font d’elle, une ambassadrice de charme
 et de chocs dont la tendresse lyrique et le choix rĂ©flĂ©chi des mĂ©lodies ici regroupĂ©es affirment une maturitĂ© rayonnante, un style et un caractĂšre,  indiscutables. EN LIRE +

 

 

 

 

Prochains rîles d’Anna Netrebko :

netrebko anna macbeth classiquenews review account ofLady Macbeth dans Macbeth de Verdi : 18,21, 27 dĂ©cembre 2016 Ă  l’OpĂ©ra de Munich
Leonora dans Il Trovatore de Verdi : 5-18 fĂ©vrier 2017 Ă  l’OpĂ©ra de Vienne
Violetta Valéry dans La Traviata de Verdi : 9-14 mars 2017, Scala de Milan
Tatiana dans EugÚne Onéguine de Tchaikovski : 30 mars-22 avril 2017, Metropolitan Opera New York
puis Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, du 16 au 31 mai 2017, rĂŽle assurĂ© en alternance avec Sonya Yoncheva (juin 2016)

 

 

CD, coffret événement, annonce. THE ORIGINALS, volume 2 (50cd, Deutsche Grammophon)


Originals legendary recordings volume 2, vol II, review announce annonce classiquenews cd critique Cvr-00028947960188-240x240CD, coffret événement, annonce. THE ORIGINALS, volume 2. Deutsche Grammophon édite le 2Úme coffret « The Originals », ou « Legendary recordings »
, perles de son catalogue lĂ©gendaire oĂč l’on retrouve plusieurs chefs pianistes, orchestres, chanteurs de lĂ©gende dans des oeuvres particuliĂšrement bien dĂ©fendues et qui ont fait la notoriĂ©tĂ© de la marque depuis l’aprĂšs guerre. Paru en novembre 2014 (il y a un peu moins de 2 ans, CLIC de CLASSIQUENEWS), le premier coffret The Originals, premiĂšre moisson sĂ©lective de 50 cd Ă  Ă©couter d’urgence, Ă©tait dans sa robe bleue, d’un indiscutable apport. DĂ©jĂ , le mĂ©lomane, connaisseur ou curieux y retrouvait pour son plus grand profit, les chefs Ă  tempĂ©rament dont Evgeny Mravinski, Karl Böhm, Karajan, Bernstein, Abbado, Fricsay, Kubelik
 l’organiste Helmut Wacha (toujours indĂ©passable dans Bach ainsi dĂšs 1956), les pianistes Emil Gilels (dont 2016 marque le centenaire), Maurizio Pollini et le baryton D Fisher-Dieskau 
 chacun dans des lectures effectivement marquantes. Les orchestres ici reprĂ©sentĂ©s sont l’Orchestre Lamoureux, l’Orchestre de l’opĂ©ra de Berlin, la Chapelle de Dresde, le Symphonique de la radio bavaroise, le Wiener Symphoniker, l’Orchestre de la Radio de Berlin, surtout le Berliner Philharmoniker
 MĂȘmes grands interprĂštes dans le nouveau coffret de 50 cd (dan sa livrĂ©e blanche cette fois), publiĂ© en septembre 2016, et dans des choix de rĂ©pertoires diffĂ©rents, non moins convaincants : Ă©coutez entre autres les Symphonies de Tchaikovsky par
à Vienne en 1956 : indémodables, fascinantes).

A leur geste superlatif s’ajoute les tempĂ©rament et caractĂšre d’autres artistes qui comptent aussi et font le nouvel intĂ©rĂȘt du prĂ©sent coffret absolument incontournable : le violoniste Nathan Milstein dans JS Bach (1974), ABM soit le pianiste Arturo Benedetto Michelangelo dans les Concertos pour piano de Beethoven sous la direction de Carlo Maria Giulini en 1979 ; joyau romantique français serti par Igor Markevitch, Paris, Salle de la MutualitĂ© en 1961 : Symphonique Fantastique de Berlioz et ouverture AnacrĂ©on de Cherubini ; les Symphonies de Brahms par Eugen Jochum et le Berliner Philharmoniker en 1953 et 1956 ; les Chopin dont les 24 PrĂ©ludes par Martha Argerich (1974) ; les Quatuors de Debussy et Ravel par le Melos Quartett (1979) ; Les Smetana de Ferenc Fricsay (dont la Maldau, Berliner Philharmoniker, 1960) ; Ă©videmment l’Amour Bruno / L’Amour Sorcier de Falla par la sublime Grace Bumbry et Lorin Maazel en 1965 ; Les Sibelius de Hans Rosbaud (1954; avec le Berliner Phil.) 

Carlos Kleiber : gĂ©nie de la baguetteParmi les oeuvres intĂ©grales lyriques, saluons la rĂ©Ă©dition des fabuleux tĂ©moignages que sont La CrĂ©ation de Haydn par Karajan (1966-1969) ; Les Noces de Figaro de Mozart par Böhm (F-Dieskau, Janowitz, Mathis, Prey, Troyanos, Berlin 1968) ; sans omettre le fameux Rigoletto de Verdi par Giuliani (Capuccilli, Domingo, Cotrubas, Ghiaurov
 Vienne 1979), et tout autant, le FreischĂŒtz anthologique de Carlos Kleiber signĂ© en 1973 Ă  Dresde (s’il ne fallait conserver q’un enregistrement, par son souffle, sa poĂ©sie romantique : ce serait celui lĂ  : photo ci contre). 50 cd incontournables pour rĂ©viser ses classiques par une colonies d’artistes Ă  la musicalitĂ© rayonnante, convaincante, engagĂ©e. Prochaine critique complĂšte du coffret THE ORIGINALS, Legendary recordons from The Deutsche Grammophon Catalogue : 50 cd, volume II — parution : septembre 2016, Ă  venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.COM —  CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

originals-box the originalsLIRE aussi notre compte rendu du coffret : THE ORIGINALS : The legendary recordons from the Deutsche Grammophon Catalogue, 50 cd, volume I, parution : novembre 2014, CLIC de CLASSIQUENEWS 2014

 

CD, compte rendu. Emil Gilels : récital de Seattle 1964 (1 cd Deutsche Grammophon)


gilels emil seattle 1964 cd review presentation critique cd classiquenews compleete review on classiquenews cd compte rendu critique cd deutsche grammophonCD, compte rendu. Emil Gilels : récital de Seattle 1964 (1 cd Deutsche Grammophon)
. Les crĂ©pitements nerveux, d’un feu Ă©nergique puissamment assumĂ©, voire parfois vindicatif (ampleur orchestrale du jeu) affirme l’engagement de l’artiste chez Beethoven (Sonate n°21, Ă©noncĂ©e avec une fougue Ă©lectrique, d’une force diabolique). Son Chopin, plus emprunt de grĂące et de vocalitĂ  (Variations sur LĂ  ci darem la mano) ouvre d’autres champs plus intĂ©rieurs et presque oniriques, d’une ivresse absente chez le premier Beethoven. Quoique trĂšs vite, le pianiste plus dĂ©chainĂ© qu’enivrĂ©, fait couler des torrents d’énergie dramatique lĂ  aussi impressionnante.

Le pianiste de 48 ans (qui mourra en 1985), est au sommet de sa mĂ»re expĂ©rience comme soliste et rĂ©citaliste. Le rĂ©cital amĂ©ricain que rĂ©Ă©dite Deutsche Grammophon (pour le centenaire Gilels 2016 : il est nĂ© en octobre 1916) rend idĂ©alement compte de son immense tempĂ©rament, carrure de lion et conteur irrĂ©sistible
 alliant caresse et passion rageuse. C’est un monstre-interprĂšte, virtuose des Ă©pisodes contrastĂ©s, d’une urgence enivrĂ©e quasi vertigineuse Ă  suivre (le dĂ©veloppement du motif mozartien chez Chopin, dont l’interprĂšte au clavier fait une nuit fantastique, course effrĂ©nĂ©e et visions haletantes
).

CLIC_macaron_2014Le presque quasi contemporain de Richter (nĂ© un an avant Gilels en 1915, – et comme lui immense musicien), impose ici une impĂ©tuositĂ© Ă©lectrique incandescente dont la braise semble vĂ©ritablement enflammer le clavier (urgence parfois panique de la Sonate n°3 opus 28 de Prokofiev). Le talent rude, au physique de bucheron, dĂ©couvert alors par Arthur
Rubinstein, se montre d’une Ă©loquence vĂ©ritablement hypnotique dans les 3 sĂ©quences de Debussy (Images I : Reflets, enchanteurs ; hommage Ă  Rameau, Ă©nigmatique et « satien »).

Miroirs de Ravel (Alborada del gracioso) envoĂ»te par le mĂȘme feu liquide trĂšs subtilement Ă©noncĂ©, d’une ciselure nerveuse aux scintillements et arriĂšres plans dignes d’un orchestre (phĂ©nomĂ©nale architecture).

Gilels-Emil-02MalgrĂ© la prise de son pas toujours trĂšs propre (2Ăšme mouvement du Beethoven), l’acuitĂ©, l’assise, le feu poĂ©tique, la terrifiante agilitĂ© du pianiste s’impose Ă  nous, plus de 50 ans aprĂšs la rĂ©alisation du concert de Seattle. Certainement un tĂ©moignage majeur de la fiĂšvre musicale du pianiste russe (nĂ© Ă  Odessa, actuelle Ukraine, en 1916). On reste mĂ©dusĂ© par la nature des critiques amĂ©ricains et germaniques lui reprochant le cĂŽtĂ© provincial et maniĂ©rĂ© de son jeu Ă  la russe
 mĂȘme inexacte et maladroite la rĂ©serve finit par atteindre l’immense pianiste. Il ne faut qu’écouter la vie, l’appel Ă  l’ivresse de la danse russe de Petrouchka pour mesurer la spontanĂ©itĂ© miraculeuse du jeu de Gilels. Un gĂ©ant assurĂ©ment du piano au XXĂšme. RĂ©Ă©dition lĂ©gitime. Pour son centenaire, Deutsche Grammophon devait bien souligner l’originalitĂ© puissante d’un interprĂšte Ă  bien des Ă©gards fascinant. Cet inĂ©dit rend hommage Ă  son trĂšs grand talent. A Ă©couter absolument.

SimultanĂ©ment Ă  DG, Sony classical cĂ©lĂšbre aussi le talent impressionnant de Gilels, en rĂ©Ă©ditant l’intĂ©grale des enregistrements RCA et Columbia. Compte rendu critique Ă  venir sur classiquenews.com.

CD, compte rendu. Emil Gilels, piano : rĂ©cital de Seattle 1964 : Beethoven, Chopin, Debussy, Prokofiev (1 cd Deutsche Grammophon) — Parution le 19 aoĂ»t 2016.

 

CD événement, annonce : Anna Netrebko ose Turandot dans son nouvel album VERISMO (1 cd Deutsche Grammophon).

verismo-anna-netrebko-582-582-classiquenews-presentation-review-critique-cd-deutsche-grammophonCD Ă©vĂ©nement, annonce : Anna Netrebko ose Turandot dans son nouvel album VERISMO (1 cd Deutsche Grammophon). Que vaut la Turandot osĂ©e par Anna Netrebko dans son album Verismo ? On se souvient que dans son prĂ©cĂ©dent rĂ©cital monographique intitulĂ© simplement « VERDI », la diva osait y chanter Lady Macbeth (qu’elle jouera ensuite sur scĂšne Ă  New York au Metropolitan en une saisissante incarnation car les personnages hallucinĂ©s lui vont Ă  ravir) : vĂ©ritable dĂ©claration d’intention, Ă  cĂŽtĂ© de sa Leonor du TrouvĂšre, lĂ  encore une prise de rĂŽle qui de Berlin, Salzbourg Ă  Paris, allait affirmer (contre tous), sa fibre verdienne. DĂ©passĂ©e ? Sans moyens ? Que nenni : le soprano onctueux, sensuel d’une intensitĂ© frappante a convaincu.‹S’agirait-il du mĂȘme principe ici, dans son album Ă  paraĂźtre dĂ©but septembre 2016 : « Verismo », l’audacieuse et surprenante diva s’expose en princesse orientale, clin d’Ɠil manifeste et direct Ă  sa Turandot osĂ©e (plage 11 du rĂ©cital) : « In questa reggia » 

 

 

 

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DĂ©chirante Turandot d’Anna Netrebko

 

 

En avant-premiĂšre, classiquenews vous livre les rĂ©sultats de notre Ă©coute du cd VĂ©risme : aux cĂŽtĂ©s du superbe scintillement tragique de sa LiĂč, courte et fulgurante immersion dans cette fĂ©minitĂ© fragile et loyale, Anna Netrebko aborde le personnage en titre : Turandot dont la soprano « ose » incarner avec de vrais moyens cependant, le grand air de la princesse chinoise cette fois, expression de sa dignitĂ© impĂ©riale de grande vierge intouchable qui sous le masque d’une cruautĂ© dĂ©clarĂ©e, assumĂ©e, cultive en vĂ©ritĂ© une fragilitĂ© outragĂ©e qui entend venger la mort de son aĂŻeule Lo-u-ling : son grand air de l’acte II, – celui qui prĂ©cĂšde l’épreuve des 3 Ă©nigmes : « In questa reggia » saisit par sa justesse expressive, la vĂ©ritĂ© qui se dĂ©gage d’un chant embrasĂ©, qui est celui d’une Ăąme prisonniĂšre de sa propre position. Anna Netrebko exprime la sensibilitĂ© d’une Ăąme dĂ©chirĂ©e que le sort de son aĂŻeule touche infiniment et qui l’enchaĂźne aussi en une virginitĂ© donc une solitude, qui la dĂ©passent. DĂ©claration et priĂšre : la princesse est une femme qui assĂšne et qui souffre : chair tiraillĂ©e que le timbre incandescent aux aigus assumĂ©s de la cantatrice sublime. La couleur de sa voix convient idĂ©alement au profil fĂ©minin imaginĂ© par Puccini. La dĂ©couverte est prodigieuse et l’on aimerait tant l’entendre tout au long de la partition comme Butterfly
.

 

 

 

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Suite de la critique complĂšte de l’album VERISMO d’Anna Netrebko, Ă  venir le jour de sa parution, le 2 septembre 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2016.

 

 

OPERA. ActualitĂ©s de la soprano Anna Netrebko : de Mozart, Verdi Ă  Puccini…

salzburg salzbourg logo 2016 0104_festspiele_023OPERA. ActualitĂ©s de la soprano Anna Netrebko : de Mozart, Verdi Ă  Puccini… Anna Netrebko, Ă©gĂ©rie de Salzbourg. Lors d’un talk publique organisĂ© avec la star du lyrique (dont DG sortira le prochain album “Verismo”, trĂšs attendu, en septembre prochain), la direction du Festival de Salzbourg (par la voix de sa prĂ©sidente actuel: Helga Rabl-Stadler) a soulignĂ© l’attachement qui unit la soprano austrorusse et l’institution musicale estivale : « Anna a contribuĂ© Ă  l’histoire du Festival et je souhaite qu’elle continue Ă  la faire », a dĂ©clarĂ© en substance madame R-Stadler.

Anna Netrebko a rĂ©alisĂ© ses dĂ©buts Ă  Salzbourg en chantant Donna Anna – un rĂŽle qui lui Ă©tait dĂ©signĂ©-, Ă  l’étĂ© 2002, sous la direction du chef Nikolaus Harnoncourt, dĂ©cĂ©dĂ© rĂ©cemment (mars 2016). Leur coopĂ©ration s’est poursuivit ensuite avec Susanna dans Les Noces de Figaro mises en scĂšne de Claus Guth : une production Ă  nouveau mozartienne (dĂ©pressive et dĂ©senchantĂ©e mais si juste et profonde) dont elle garde un souvenir intact et qu’elle vĂ©nĂšre au dessus de tout, y compris avant la fameuse Traviata avec Villazon, rĂ©alisĂ©e en 2005.

 

 

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DES ROLES DE PLUS EN PLUS DRAMATIQUES… Devenue mĂšre en 2009, Anna Netrebko a fait Ă©voluer ses choix musicaux vers des rĂŽles plus dramatiques, moins brillants et clairs (que Susanna par exemple). Ainsi ses prises de rĂŽles chez Verdi : Leonora du TrouvĂšre, surtout Lady Macbeth rĂ©cemment
 autant d’incarnations fortes et puissantes qui aux cĂŽtĂ©s de sa Iolanta (Tchaikovski) ont Ă©tĂ© d’éblouissantes rĂ©ussites. L’opĂ©ra Manon Lescaut de Puccin lui a permis de chanter aux cĂŽtĂ©s de son Ă©poux (depuis 2014), le baryton Yusif Eyvazov (Renato Des Grieux), — Anna Netrebko reprendra le rĂŽle de Manon au Metropolitan Opera de New York du 14 novembre au 3 dĂ©cembre 2016 (voir ici l’agenda d’Anna Netrebko)
Aujourd’hui, Anna Netrebko avoue ne chanter que des rĂŽles qu’elle aime viscĂ©ralement. VoilĂ  pourquoi elle ne chantera jamais Norma par exemple
 mais aussi voilĂ  pourquoi elle se permet d’aborder deux airs (irrĂ©sistibles) de Turandot de Puccini, au studio
 Ă  dĂ©couvrir dans son prochain album : « Verismo » (parution dĂ©but septembre 2016) : le visuel du nouveau cd l’indique clairement : Anna Netrebko ne fait pas qu’ĂȘtre l’une des plus belles sopranos au monde, l’interprĂšte affirme aussi une audace artistique intacte qui la conduit Ă  aborder aujourd’hui des personnages. inimaginables Ă  ses dĂ©buts salzbourgeois
 La mozartienne belcantiste, rĂ©cemment verdienne de choc, serait-elle en dĂ©finitive vĂ©riste et puccinienne ? RĂ©ponse chez DG dĂ©but septembre 2016. Annonce, prĂ©sentation, compte rendu critique complet Ă  venir sur classiquenews.com

Illustration : en tiare d’impĂ©ratrice (rĂ©fĂ©rence Ă  la princesse orientale Turandot?), Anna Netrebko paraĂźt Ă©nigmatique, sĂ©duisante, irrĂ©sistible en couverture de son prochain album “Verismo”…

Prochains rĂŽles d’Anna Netrebko :

netrebko anna macbeth classiquenews review account ofLady Macbeth dans Macbeth de Verdi : 18,21, 27 dĂ©cembre 2016 Ă  l’OpĂ©ra de Munich
Leonora dans Il Trovatore de Verdi : 5-18 fĂ©vrier 2017 Ă  l’OpĂ©ra de Vienne
Violetta Valéry dans La Traviata de Verdi : 9-14 mars 2017, Scala de Milan
Tatiana dans EugÚne Onéguine de Tchaikovski : 30 mars-22 avril 2017, Metropolitan Opera New York
puis Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, du 16 au 31 mai 2017

Les SƓurs Labùque signent chez Deutsche Grammophon

CD, signature. Les sƓurs Katia et Marielle LabĂšque signent chez Deutsche Grammophon. Les pianistes françaises le plus cĂ©lĂšbres au monde, dont le duo forme le « quatre mains » le plus cĂ©lĂ©brĂ© actuellement, signent un contrat d’exclusivitĂ© chez Deutsche Grammophon. Elles se produisent dĂ©jĂ  depuis 35 ans, particuliĂšrement distinguĂ©es par leur enregistrement de Rhapsody in Blue de Gershwin (1980) qui attestait de leur sensibilitĂ© pour la musique amĂ©ricaine… Les deux artistes viennent d’ouvrir le Festival de Gstaad en Suisse, dans un programme lĂ  encore trĂšs personnel voire intime, oĂč la sĂ©lection de piĂšces intimistes, de Brahms, Strauss Ă  Satie, Poulenc, FaurĂ© et Glass rĂ©Ă©crit leur parcours familial et artistique (le 14 juillet 2016, compte rendu critique Ă  venir sur classiquenews).

TrĂšs liĂ©es au milieu de l’avant garde amĂ©ricaine, en particulier des chercheurs minimalistes dont Steve Reich et surtout Philip Glass, Katia et Marielle LabĂšque avaient crĂ©Ă© en 2007 leur propre label (KML) leur permettant de publier les fruits d’une dĂ©marche trĂšs personnelle et particuliĂšrement riche, liĂ©s Ă  leurs explorations les plus rĂ©centes. En juillet 2016, soit presque 10 ans aprĂšs, une nouvelle page se tourne pour un chapitre prometteur Ă  Ă©crire chez Deutsche Grammophon. Prochain disque annoncĂ© : Stravinsky et de Debussy (parution en novembre 2016, concert Ă  Radio France le 15 janvier 2017).

D’ici lĂ , Katia et Marielle LabĂšque annoncent la rĂ©Ă©dition du double cd, « Minimalist Dream House » au moment de leur concert Ă  la Philharmonie de Paris, le 25 septembre prochain, (Ă  20h30 : concert de musique amĂ©ricaine : Ives, Zappa, crĂ©ation mondiale de la nouvelle oeuvre de Bryce Dessner).

labeque katia et marielle piano quatre mains classiquenews

LIVRE. L’éditeur Buchet-Chastel annonce en complĂ©ment un livre d’entretiens : « Une vie Ă  quatre mains », que Deutsche Grammophon complĂštera par un coffret en 6 cd, rĂ©unissant les enregistrements phare du label KML Recordings.

CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon)

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon). Voici donc la suite du cycle Mozart en provenance de Baden Baden 2015 et pilotĂ© par le chef Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et le tĂ©nor Roland Villazon : ces Noces / Nozze marque le dĂ©jĂ  quatriĂšme opus sur les 7 ouvrages de maturitĂ© initialement choisis. Ce live confirme globalement les affinitĂ©s mozartiennes du chef quĂ©bĂ©cois nĂ© en 1975,et qui poursuit son irrĂ©pressible ascension : il vient d’ĂȘtre nommĂ© directeur musical du Metropolitan Opera de New York. Hormis quelques rĂ©serves, la tenue gĂ©nĂ©rale, vivace, qui exprime et la vĂ©ritĂ© des profils et l’ivresse rythmĂ©e de cette journĂ©e Ă©tourdissante, convainc. Soulignons d’abord, la prestation superlative vocalement et dramatiquement de la soprano vedette de la production. Elle fut Marguerite du Faust de Gounod Ă  Baden Baden (Festival de PentecĂŽte 2014) : la voici en Comtesse d’une ivresse juvĂ©nile et adolescente irrĂ©sistible, saisissant la couleur nostalgique d’une jeune Ă©pouse mariĂ©e trop tĂŽt et qui a perdu trop vite sa fraicheur (quand elle n’était que Rosine
.). Sonya Yoncheva renouvelle totalement l’esprit du personnage en en rĂ©vĂ©lant l’essence adolescente avec une grĂące et une finesse absolues : son « Porgi amor » ouvrant le II, est affirmation toute en dĂ©licatesse d’une aube tendre et angĂ©lique Ă  jamais perdue : l’aveu d’un temps de bonheur irrĂ©mĂ©diablement Ă©vanoui : dĂ©chirante priĂšre d’une Ăąme Ă  la mĂ©lancolie remarquablement Ă©noncĂ©e. Ce seul air mĂ©rite les meilleures apprĂ©ciations. Car Sonya Yoncheva a contrairement Ă  la plupart de ses consƓurs, le charme, la noblesse, la subtilitĂ© et
 surtout le caractĂšre et l’ñge du personnage. Inoubliable incarnation (mĂȘme charme Ă  la langueur irrĂ©sistible dans le duo Ă  la lettre du II : Canzonetta sull’aria).

 

 

 

Une Rosina nostalgique inoubliable
La comtesse blessée, adolescente de Sonya Yoncheva

 

 

EXCELLENCE FEMININE....A ses cĂŽtĂ©s, deux autres chanteuses sont du mĂȘme niveau : incandescentes, naturelles, vibrantes : la Susanne (pourtant au timbre mĂ»re) de Christiane Karg (de plus en plus naturelle et expressive : sensibilitĂ© de son ultime air avec rĂ©citatif au IV : « Giunse alfin il momento / Deh vient , non tardar, o gioia bella  »), et surtout l’épatante jeune soprano Angela Brower, vrai tempĂ©rament de feu dans le rĂŽle travesti de ChĂ©rubin. Les 3 artistes Ă©blouissent Ă  chacune de leur intervention et dans les ensembles. MĂȘme Regula MĂŒhlemann fait une Barberine touchante (cherchant son Ă©pingle dans le jardin : parabole du trouble et de l’oubli semĂ©s tout au long de l’action) au dĂ©but du IV. Exhaustif et scrupuleux, Yannick NĂ©zet SĂ©guin respecte l’ordre originel des airs et sĂ©quences de l’acte III ; il dirige aussi tout l’acte IV avec l’air de Marceline (« il capo e la capretta » : Ă©patante Anne-Sofie von Otter, plus fine actrice que chanteuse car

Diva d'aujourd'hui : Sonya Yoncheva chante Irisl’instrument vocal est Ă©raillĂ©), et le grand rĂ©cit de Basilio (sur l’art bĂ©nĂ©fique de se montrer transparent : « In quagli anni », chantĂ© par un Rolando Villazon, malheureusement trop outrĂ© et maniĂ©rĂ©, cherchant a contrario de tout naturel Ă  trouver le dĂ©tail original qui tue ; cette volontĂ© de faire rire (ce que fait le public de bonne grĂące) est Ă©tonnante puis dĂ©concertante ; dommage (rien Ă  voir avec son chant plus raffinĂ© dans l’EnlĂšvement au sĂ©rail, prĂ©cĂ©demment Ă©ditĂ©). Face Ă  lui, le Curzio de Jean-Paul FauchĂ©court est mordant et vif Ă  souhait, soulignant la verve de la comĂ©die sous l’illusion et les faux semblants du drame domestique. Contre toute attente, le Comte Almaviva de Thomas Hampson montre de sĂ©rieuses usures dans la voix et un chant constamment en retrait, – ce malgrĂ© la justesse du style et l’aplomb des intentions, et pourtant d’une prĂ©cision Ă  peine audible (mĂȘme si l’orchestre est placĂ©e derriĂšre les chanteurs selon le dispositif du live Ă  Baden Baden). Le Figaro un rien rustre et sanguin de Luca Pisaroni est percutant quant Ă  lui, trop peut-ĂȘtre avec une couleur rustique qui contredit bien des Figaro plus policĂ©s, mieux nuancĂ©s (Hermann Prey).

 

 

seguin_yannick_nezet_chef_maetroSur instruments modernes, l’orchestre palpite et s’enivre au diapason de cette journĂ©e Ă  perdre haleine avec la couleur trĂ©pidante, ronde du pianoforte dans rĂ©citatifs et airs ; pourtant jamais prĂ©cipitĂ©e, ni en manque de profondeur, la baguette de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin ne se dilue, toujours proche du texte, du sentiment, de la finesse : l’expressivitĂ© souple assure le liant de ce festival enfiĂ©vrĂ© qui marque en 1786 la premiĂšre coopĂ©ration entre Da Ponte et Mozart, inspirĂ©s par Beaumarchais (le mariage de Figaro, 1784). Pour l’excellence des parties fĂ©minines, – le sommet en Ă©tant la subtilitĂ© adolescente de la Comtesse de Sonya Yoncheva, pour l’allure palpitante de l’orchestre grĂące Ă  la vivacitĂ© nerveuse du chef, ce live de Baden Baden mĂ©rite tous les Ă©loges. Au regard des accomplissements ainsi rĂ©alisĂ©s, les rĂ©serves Ă©mises ne sont que broutilles face Ă  la cohĂ©rence d’ensemble. Saluons donc la rĂ©ussite collective de ce 4Ăš Mozart Ă  ranger au mĂ©rite du duo d’initiateurs NĂ©zet-SĂ©guin et Villazon Ă  Baden Baden.
CLIC de classiquenews de juillet 2016.

 

 

 

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva, Angela Brower, Christiane Karg, Anne Sofie von Ottter, Regula MĂŒhlemann, Jean-Paul FauchĂ©court, Luca Pisaroni, Thomas Hampson, Rolando Villazon
 Vocalensemble Rastatt, Chamber orchestra of Europe. Yannick NĂ©zet SĂ©guin, direction — 3 cd Deutsche Grammophon 479 5945 / CLIC de classiquenews de juillet 2016

RĂ©cital du pianiste Seong-Jin Cho, en direct sur internet

seong-jin-cho-mozart-schubert-chopin_d_jpg_720x405_crop_upscale_q95En direct sur internet, ce soir, 20h : rĂ©cital du pianiste Seong-Jin Cho, nouveau signataire chez l’écurie Deutsche Grammphon, aprĂšs son triomphe rĂ©cent au dernier Concours Chopin de Varsovie. Concert en direct depuis Reims. Il a remportĂ© le premier Prix lors du dernier Concours Chopin de Varsovie en octobre 2015 (17Ăšme Concours).

 

seong_jin_cho_chopin_17_concours_piano_varsovie_meaNĂ© Ă  SĂ©oul le 28 mai 1994, Seong-Jin Cho est un jeune talent prometteur qui a dĂ©jĂ  remportĂ© plusieurs distinction : Grand Prix du Concours international Chopin pour jeunes pianistes (2008), 3e prix du concours international TchaĂŻkovski (2011), 3e prix du Concours international Arthur Rubinstein
 Elu et distinguĂ© Ă  Varsovie par un Jury composĂ© de Martha Argerich, Philippe Entremont, Nelson Goerner, Seong-Jin Cho inscrit son nom dans une liste de laurĂ©ats prestigieux tels que Maurizio Pollini (1er prix, 1960), Martha Argerich (1965), Krystian Zimerman (1975), Yundi Li, Rafal Blechacz (2005)
 tous artistes ayant signĂ© par la suite avec le prestigieux label jaune toujours bien placĂ© dans la carriĂšre des grands noms du piano, Deutsche Grammophon. Daniil Trifonov, Yuja Wang, Yundi, hier Lang Lang (aujourd’hui passĂ© chez Sony)
 font aussi partie de l’écurie DG. Qu’en sera-t-il pour le jeune sud corĂ©en Seong-Jin Cho ? Dans un rĂ©cent communiquĂ©, rĂ©affirmant son partenariat avec l’Institut Chopin de Varsovie, coorganisateur du Concours Chopin fondĂ© en 1927, Deutsche Grammophon annonce un prochain enregistrement Chopin par le nouveau laurĂ©at du Concours polonais, Seong-Jin CHO. A suivre
 EN LIRE + sur Seong-Jin CHO, premier prix du 17Ăšme Concours Chopin de Varsovie (octobre 2015)

 
Au programme :
Mozart : Rondo K 511
SCHUBERT : Sonate pour piano n°19
CHOPIN : 24 Préludes pour piano
Seong-Jin Cho, piano
VOIR le direct ce soir Ă  partir de 20h sur le site de Deutsche Grammophon : http://www.deutschegrammophon.com/fr/gpp/index/seong-jin-cho-reims

 

LIRE aussi notre critique complĂšte du premier cd de SEONG-JIN CHO, programme Chopin, CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2015

 

CD, coffret événement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd)

emerson string quartet 52 cd deutsche grammophon cd review critique compte rendu classiquenews clic de classiquenews juin 2016CD, coffret Ă©vĂ©nement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd). VoilĂ  40 ans dĂ©jĂ  que les Emerson traverse pays et rĂ©pertoire, affirmant une cohĂ©sion sonore et expressive d’une indiscutable force. FondĂ© Ă  New York en 1976, les quatre instrumentistes Ă  cordes (David Finckel, Eugene Drucker, Lawrence Dutton, Philip Setzer, Paul Watkins, Guillermo Figueroa) ont pu approfondir une complicitĂ© et une Ă©coute rares que leurs enregistrements majoritairement pour DG – prestigieux label jaune-, Ă©claire, dĂ©voilant une diversitĂ© curieuse, et pourtant une unitĂ© et une logique qui fondent aujourd’hui comme rĂ©trospectivement l’intelligence de leur dĂ©marche : servir les auteurs du XXĂš Ă  partir d’une souplesse tous azimuts forgĂ©e et ciselĂ©e dans l’apprentissage des auteurs romantiques germaniques, slaves et russes. La particularitĂ© des Emerson revient aux deux violonistes qui alternent selon les cycles et les rĂ©pertoires la place de premier violon. Leur performance en 2010 entre autres, lors de la Biennale de Quatuors Ă  cordes qui invite Ă  Paris Ă  la Philharmonie les meilleures phalanges chambristes du genre, ont affirmĂ© un puretĂ© de son subjuguante au service des compositeurs abordĂ©s : en majoritĂ©, non pas les grands classiques viennois : – mĂȘme s’ils jouent les 7 derniĂšres Paroles du Christ de Haydn et la « rafraĂźchissant » verve du n°77, Mozart (les 6 Quatuors dĂ©diĂ©s Ă  Haydn) et Beethoven (intĂ©grale ici en 5 cd, 21-27)-, mais plutĂŽt les « classiques » modernes, ceux du XXĂšme siĂšcle qui ont fait le coeur le plus palpitant de leur vaste rĂ©pertoire : Bartok (les 6 Quatuors dont « Lettres intimes »), incontestablement Dvorak (dont aussi les piĂšces avec piano), surtout les russes dont Ă©videmment l’intĂ©grale des Quatuors de Chostakovitch (cd 30-34).

emerson string quartet deutsche grammophon coffret box set 52 cd clic de classiquenews juin 2016 review cd critique quatuoremerson-oqlg

Parmi les premiers romantiques, citons l’exceptionnel relief de leurs Schubert (D804, D810 
), la lumiĂšre des Mendelssohn (avec l’Octuor); la souplesse liquide des Schumann (n°3 opus 41/3 et le Quintette pour piano); … Tout cela prĂ©lude Ă  l’acuitĂ© d’une sensibilitĂ© portĂ©e et inspirĂ©e par les derniers romantiques (Ă©videmment Brahms) et les Ă©critures du XXĂš que l’on a citĂ©es, auxquelles s’associent Webern (Quatuors et Trios, cd19), Berg (Suite lyrique, cd51), tout un cycle d’auteurs Ă  l’Ɠuvre restreinte voire unique (mais si gĂ©niale) : Tchaikovsky, Borodine, les français (trop rares) Ravel, Debussy, Nielsen, Sibelius, Martinu, Grieg
 Ce legs postromantiques et moderne est idĂ©alement complĂ©tĂ© par les incursions plus contemporaines chez Harbison, Wernick, Schuller, Ives
 les 52 cd composent une rĂ©trospective magistrale qui dĂ©montre une logique artistique, une Ă©loquente maturitĂ© sonore. Incontournable.

CLIC D'OR macaron 200CD, coffret événement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd Deutsche Grammophon 00289 479 5982 GB52). Parution : juin 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS

CD, coffret événement, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick Nézet Séguin (3 cd Deutsche Grammophon)

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin. Alors que Sony classical poursuit sa trilogie sous la conduite de l’espiĂšgle et pĂ©taradant Teodor Currentzis (1), Deutsche Grammophon achĂšve la sienne sous le pilotage du MontrĂ©alais Yannick-NĂ©zet SĂ©guin rĂ©cemment nommĂ© directeur musical au Metropolitan Opera de New York. AprĂšs Don Giovanni, puis Cosi, les Nozze di Figaro sont annoncĂ©es ce 8 juillet 2016. A l’affiche de ce live en provenance comme pour chaque ouvrage enregistrĂ© de Baden Baden (festival estival 2015), des vedettes bien connues dont surtout le tĂ©nor franco mexicain Rolando Villazon avec lequel le chef a entrepris ce cycle mozartien qui devrait compter au total 7 opĂ©ras de la maturitĂ©. Villazon on l’a vu, se refait une santĂ© vocale au cours de ce voyage mozartien, rĂ©apprenant non sans convaincre le dĂ©licat et subtil legato mozartien, la douceur et l’expressivitĂ© des inflexions, l’art des nuances et des phrasĂ©s souverains
 une autre Ă©coute aussi avec l’orchestre (les instrumentistes Ă  Baden Baden sont placĂ©s derriĂšre les chanteurs…) Leur dernier enregistrement, L’EnlĂšvement au sĂ©rail (qui a rĂ©vĂ©lĂ© le chant millimĂ©trĂ© du jeune tĂ©nor Paul Schweinestet dans le rĂŽle clĂ© de Pedrillo) excellait dans ce sens dans la restitution de ce chant intĂ©rieur et suave portĂ© par la finesse des intentions. Qu’en sera-t-il pour ce nouveau Da Ponte qui clĂŽt ainsi la trilogie des opĂ©ras que Mozart a composĂ© avec l’écrivain poĂšte ?
La distribution regroupe des tempĂ©raments prĂȘts Ă  exprimer l’esprit de comĂ©die et ce rĂ©alisme juste et sincĂšre qui font aussi des Nozze, l’opĂ©ra des femmes : Sonya Yoncheva chante la Comtesse, Anne Sofie von Otter, Marcellina, la moins connue Christiane Karg dans le rĂŽle clĂ© de Susanna
 les rĂŽles masculins promettent d’autres prises de rĂŽles passionnants Ă  suivre : Luca Pisaroni en Figaro ; Thomas Hampson pour le Comte Almaviva ; Rolando Villazon incarne Basilio le maĂźtre de musique, et Jean-Paul FouchĂ©court, Don Curzio (soit pour ces deux derniers personnages, deux sensibilitĂ©s invitĂ©es Ă  sublimer l’expressivitĂ© de deux rĂŽles moins secondaires qu’on l’a dit
).
Quelle cohĂ©rence vocale ? Quelle rĂ©alisation des situations psychologiques Ă  travers les 4 actes ? Quelle conception Ă  l’orchestre ? On sait combien l’opĂ©ra de Mozart et da Ponte a transfigurĂ© la piĂšce de Beaumarchais dans le sens d’une libĂ©ration des individualitĂ©s, dans l’esprit d’une comĂ©die rĂ©aliste parfois dĂ©lirante oĂč perce la vĂ©ritĂ© des caractĂšres. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et son complice Rolando Villazon sont-ils au rendez vous de tous ces dĂ©fis ? RĂ©ponse dans notre grande critique des Noces de Figaro par NĂ©zet-SĂ©guin et Villazon, Ă  paraĂźtre dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS, le jour de la sortie du coffret, le 8 juillet 2016.

 

CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon — 479 5945. Parution annoncĂ©e le 8 juillet 2016.

 

 

 

LE CYCLE MOZART de Yannick Nézet-Séguin et Rolando Villazon. LIRE aussi nos critiques complÚtes CLASSIQUENEWS des opéras précédemment enregistrés par Yannick Nézet-Séguin :

Don-Giovanni.cd_.01DON GIOVANNI. EntrĂ©e rĂ©ussie pour le chef canadien Yannick NĂ©zet-SĂ©guin qui emporte haut la main les suffrages pour son premier dĂ©fi chez Deutsche Grammophon: enregistrer Don Giovanni de Mozart. AprĂšs les mythiques Boehm, FurtwĂ€ngler, et tant de chefs qui en ont fait un accomplissement longuement mĂ©ditĂ©, l’opĂ©ra Don Giovanni version NĂ©zet-SĂ©guin regarderait plutĂŽt du cotĂ© de son maĂźtre, trĂšs scrupuleusement Ă©tudiĂ©, observĂ©, suivi, le dĂ©funt Carlo Maria Giulini: souffle, sincĂ©ritĂ© cosmique, vĂ©ritĂ© surtout restituant au giocoso de Mozart, sa sincĂ©ritĂ© premiĂšre, son urgence thĂ©Ăątrale, en une libertĂ© de tempi rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s, libres et souvent pertinents, qui accusent le souffle universel des situations et des tempĂ©raments mis en mouvement. ImmĂ©diatement ce qui saisit l’audition c’est la vitalitĂ© trĂšs fluide, le raffinement naturel du chant orchestral; un sens des climats et de la continuitĂ© dramatique qui impose des l’ouverture une imagination fertile
 Les chanteurs sont naturellement portĂ©s par la suretĂ© de la baguette, l’écoute fraternelle du chef, toujours en symbiose avec les voix.

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCOSI FAN TUTTE. Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso 
 D’abord il y a l’élĂ©gance mordante souvent trĂšs engageante de l’orchestre auquel Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, coordonnateur de cette intĂ©grale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrĂ©sistible. Le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frĂ©tille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout fĂ©minins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble dĂ©velopper une sensibilitĂ© proche du coeur fĂ©minin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une prĂ©sence absolue ici, qui dĂ©mentiront notre analyse.

 

mozart-2-cd-deutsche-grammophon-die-entfurhung-aus-dem-serail-enlevement-au-serail-yannick-nezet-seguin-villazon-prohaska-paul-schweinester-rolando-villazonL’ENLEVEMENT AU SERAIL. CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle.

 

 

(1) Sony classical a publiĂ© Cosi fan tutee,  Le Nozze di Figaro… reste Don Giovanni, annoncĂ© courant dernier quadrimestre 2016

CD, annonce. Funambules : duo Thomas Enhco / Vassilena Serafimova (1 cd Deutsche Grammophon)

ENHCO thomas vassilena Serafimova funambules deutsche grammophon cd review presentation account of CLASSIQUENEWS COVER-FINAL-WEB-CARRE-BDCD. FUNAMBULES
 Piano, Marimba et davantage
. Thomas Enhco et Vassilena Serafimova : Funambules (1 cd Deutsche Grammophon). Leur duo musical d’une rare intensitĂ© crĂ©ative ne cesse de surprendre  depuis 7 ans dĂ©jĂ  : les « Funambules » Thomas et Vassilena ose, innove, explore au carrefour des genres (classique, jazz, impro
) et des dispositifs instrumentaux entre piano et Marimba
 Les deux lutins Ă  l’imagination sans limite, sur la couverture de leur cd Funambules, sont deux Ă©lectrons rouges courrant sur un sol bleu argentĂ© lunaire ; ils rĂ©activent l’attraction des partitions anciennes, Ă©lectrisent leur charge expressive et reconstruisent en un cycle cohĂ©rent, un nouvel Ă©difice atypique et poĂ©tique, un parcours d’une sĂ©duction sonore imprĂ©vue. Rencontre inespĂ©rĂ©e, imprĂ©visible qui sait se renouveler Ă  chaque session. En tĂ©moigne ce nouveau programme « Funambules » oĂč la prĂ©sence active des deux guides convoquent tout un monde d’illusions et d’onirisme, aux rĂ©fĂ©rences connues mais aux rives inĂ©dites qui associent l’univers du pianiste et  la fantaisie libĂ©rĂ©e de la percussionniste. Le 8 avril, Deutsche Grammophon publie leur premier rĂ©cital Ă  deux voix et quatre mains. Enfant d’une famille artiste (son grand pĂšre est le chef d’orchestre Jean-Claude Casadesus), Thomas Enhco est RĂ©vĂ©lation de l’annĂ©e aux Victoires du Jazz 2015. La Bulgare Vassilena Serafimova adapte l’art du marimba au rĂ©pertoire classique avec une verve nouvelle, une sensibilitĂ© sans limites… Prochaine critique complĂšte du cd Funambules par Thomas Enhco et Vassilena Serafimova.

 

 

Thomas enhco vassilena Serafimova mozart funambules TM

 

 

CONCERT, le 3 Mai 2016. Paris, Bouffes du Nord, programme « Funambules » : Mozart, Bach, FaurĂ©, Saint-SaĂ«ns
 Infos, modalitĂ©s de rĂ©servations sur le site CLUB DEUTSCHE GRAMMOPHON

VOIR SUR VEVO, la vidéo de Thomas ENHCO et Vassilena Serafimova

 

 

enhco vassilena serafimova VASSILENA-X-THOMAS-204-150x150Thomas ENHCO et Vassilena SERAFIMOVA : transposition pour piano et marimba de la Sonate pour 2 pianos K448 de Mozart. Dans une usine dĂ©saffectĂ©e, les deux instrumentistes courrent ; cherchent comme dans un jeu de piste
, le pianiste et la percussionniste jouent, jonglent, dialoguent comme s’ils improvisaient, soulignant sans lourdeur ni conformitĂ©, l’énergie enfantine, facĂ©tieuse d’un Mozart ayant su cultiver sa facultĂ© d’imagination, de joyeuse et irrĂ©sistible innocence.

 

VOIR AUSSI une autre vidéo de Thomas Enhco et Vassilena Serafimova

 

 

 

Coffret cd, compte rendu critique. Intégrale Maurice Ravel par Lionel Bringuier (4 cd Deutsche Grammophon)

RAVEL lionel bringuier complete integrale Ravel Yuja wang ray chen review compte rendu critique cd classiquenews 4 cd deutsche grammophon 4795524Coffret cd, compte rendu critique. IntĂ©grale Ravel par Lionel Bringuier (4 cd Deutsche Grammophon). PremiĂšre saison symphonique de Lionel Brunguier Ă  ZĂŒrich... VoilĂ  une premiĂšre somme orchestrale dont tout jeune chef pourrait ĂȘtre particuliĂšrement fier, enregistrĂ© par un label prestigieux dont chaque volet enregistrĂ© sĂ©parĂ©ment, compose aujourd’hui cette intĂ©grale captivante. NĂ© niçois en septembre 1986, le maestro français Lionel Bringuier va souffler prochainement ses 30 ans. Et pourtant force est de constater une sensibilitĂ© vive et analytique, douĂ©e de respirations magiciennes dans le sillon tracĂ© par ses prĂ©dĂ©cesseurs, les premiers enchanteurs dĂ©jĂ  collaborateurs de Decca / Philips, Ă  leur Ă©poque, dĂ©fenseurs passionnĂ©s / passionnants d’un rĂ©pertoire romantique et moderne français qui s’affirmait sans qu’il soit besoin d’Ă©taler aujourd’hui presque exclusivement l’argument des instruments d’Ă©poque. La seule sensibilitĂ© instrumentale de chaque tempĂ©rament fĂ©dĂ©rateur, sa science personnelle des nuances et des dynamiques… – les Ansermet, Martinon, Cluytens et hier, Armin Jordan, suffisait alors Ă  dĂ©montrer une maĂźtrise vivante de l’Ă©loquence orchestrale symphonique Ă  la française. Le jeune Bringuier serait-il animĂ© par le mĂȘme souci d’Ă©loquence et de style ?

 

 

A Zurich, directeur musical de la Tonhalle, un chef français rĂ©alise une premiĂšre intĂ©grale ravĂ©lienne captivante…

Prodiges ravéliens de Lionel Bringuier

 

bringuier tonhalle Bringuier_Lionel__c__Priska_Ke_016d0fd013L’Ă©lĂšve de Zsolt Nagy au Conservatoire de Paris, laurĂ©at du 25Ăšme Concours de Besançon 2005 (grĂące Ă  la Valse du mĂȘme Ravel), affirme ici dans les champs ravĂ©liens, une tension ciselĂ©e souvent irrĂ©sistible, mĂȘme si la prise de son trop flatteuse souvent, exacerbe la plĂ©nitude sonore plutĂŽt que sa transparente clartĂ©. Un manque de dĂ©tail et de ciselure arachnĂ©nenne qui ne doit pas ĂȘtre attribuĂ© Ă  la direction fine, articulĂ©e, subtilement dramatique du jeune maestro. Ce sont moins les Concertos pour piano (avec le concours de l’excellente mais un rien trop technicienne pianiste chinoise Yuja Wang en avril 2015) que les pages purement orchestrales, nĂ©cessitant lyrisme, dĂ©tail, feu dramatique qui confirment le tempĂ©rament du directeur musical, assistant de Salonen Ă  Los Angeles (2007), puis chef associĂ© nommĂ© par Gustavo Dudamel.

CLIC_macaron_2014Les 4 cd édités par Deutsche Grammophon regroupent les premiÚres réalisations officielles de Lionel Bringuier comme nouveau directeur musical de la Tonhalle de Zurich, depuis septembre 2014, successeur de David Zinman. Tous, live de septembre 2014 à novembre 2015 montrent la complicité évidente entre chef et instrumentistes. Analysons les apports des cd les plus intéressants.

CD1 : ShĂ©hĂ©razade scintille de lueurs inĂ©dites, roussĂ©liennes, entre tragĂ©die, mystĂšre et texture allusive ; Tzigane souffre d’un trop plein d’ardeur (Ray Chen peu subtil) ; Le tombeau de Couperin en revanche offre un beau festin de couleurs instrumentales.
CD2 : Si le Oncerto pour piano en sol majeur est trop percutant pet pas assez allusif (pianisme incisif de la soliste chinoise, certes prĂ©cise mais peu subtile), les Valses nobles et sentimentales Ă©talent une souple et flamboyante texture ; et Ma MĂšre l’Oye convoque toute la magie et la nostalgie du Ravel conteur, prophĂšte d’un raffinement et d’une Ă©lĂ©gance exceptionnelle. Lionel Bringuier, ravĂ©lien engagĂ© et soucieux, tisse une Ă©toffe orchestrale des plus soignĂ©es, Ă  la fois, dĂ©taillĂ©e et d’une grande ductilitĂ© expressive.

bringuier lionel chef maestroLe CD 3 montre la direction sous un jour un peu trop dĂ©taillĂ© et prĂ©cautionneuse (dĂ©roulĂ© et continuitĂ© des 4 Ă©pisodes de la Rhapsodie espagnole) ; cependant que Alborada del Gracioco enchante littĂ©ralement ; mais c’est Ă©videmment La Valse – morceau de bravoure qui valut Ă  l’intĂ©ressĂ© son fameux Prix de Besançon et le dĂ©clic pour sa carriĂšre internationale qui s’impose Ă  nous : confirmation d’un beau tempĂ©rament, habile dans le fini instrumental et d’une Ă©coute attentive Ă  la progression enivrante du poĂšme chorĂ©graphique dont il souligne les Ă©clairs mordants, cyniques, l’ivresse Ă©chevelĂ©e, Ă  la fois dĂ©construite et organiquement structurĂ©e. Le travail sur les bois est en particulier flamboyant et magnifiquement ciselĂ© ; on comprend que d’une telle vision / comprĂ©hension, l’Ă©coute en sorte comme saisie par tant de contrastes maĂźtrisĂ©s, jouant sur la volubilitĂ© des instruments et l’Ă©lan collectif comme vĂ©nĂ©neux, emportant vers la transe finale. Un sacre du printemps ravĂ©lien, aux forces chtoniennes soumises au moulinet le plus raffinĂ©. Pour autant la mĂ©canique est idĂ©alement huilĂ©e, dĂ©taille tout… pourtant l’on se dit que si le technicien si douĂ© y mettait la vraie urgence, un feu irrĂ©pressible, la direction en serait non seulement magistrale mais rĂ©ellement captivante… Finalement le maestro qui ne peut que progresser nous promet de futurs accomplissements (Ă  l’opĂ©ra entre autres ? et par Richard Strauss dont les poĂšmes symphoniques pourraient ĂȘtre bonne amorce..?). De toute Ă©vidence Ă  suivre.

CD 4 : c’est le morceau de bravoure et le lieu des rĂ©vĂ©lations comme des accomplissements s’il y a lieu. Le ballet ici dans son intĂ©gralitĂ©, Daphnis et ChloĂ©, doit d’abord, enchanter, plus instinctif et d’une vibration allusive plutĂŽt que dĂ©crire ou exprimer. L’Ă©noncĂ© est certainement moins murmurĂ© et mystĂ©rieux que Philippe Jordan dans son excellente version parue en 2015, MAIS l’acuitĂ© des arĂȘtes orchestrales, l’intelligence globale, l’hĂ©donisme scintillant, bien prĂ©sent, se rĂ©vĂšlent malgrĂ© une Ă©toffe sĂ©ductrice souvent entiĂšre encore pas assez polie, ni filigranĂ©e, d’une plĂ©nitude amoureuse, manquant parfois et de tension et de lĂącher prise. Le jeune chef aurait-il dĂ» encore attendre avant d’enregistrer ce sommet de symphonisme français ? … assurĂ©ment, mais il y reviendra. Car si l’Ă©noncĂ© est parfois trop explicite, et les contours comme les passages pas assez modulĂ©s ni nuancĂ©s (Danse gracieuse de Daphnis… trop claire, trop manifeste, et mĂȘme trop appuyĂ©e ; mĂȘme traits trop Ă©pais et marquĂ©s pour l’enchantement nocturne de Pan qui clĂŽt le premier tableau…), la baguette sait danser, et mĂȘme s’enfoncer dans le mystĂšre, dans l’ivresse infinie, confinant Ă  l’immatĂ©rialitĂ© atmosphĂ©rique. Evidemment emportĂ© par le sens narratif plus facile, le chef rĂ©ussit davantage Danse gĂ©nĂ©rale, Danse grotesque de Dorcon, … tout ce qui rĂ©clame le manifeste et l’expressif (Danse guerriĂšre, Danse suppliante du II…).

 

 

Lionel Bringuier : jeune maestro Ă  suivre

 

 

L’enchantement de l’aube ouvrant le III, manque lui aussi de scintillement mĂȘme si l’on reconnaĂźt une trĂšs belle parure analytique. Le travail est nĂ©anmoins splendide, techniquement et esthĂ©tiquement convaincant, Ă  dĂ©faut d’y contenir ce supplĂ©ment d’Ăąme et de mystĂšre qui font tant dĂ©faut. Si l’on exprime nos rĂ©serves c’est que passionnĂ©s par Ravel comme le chef, nous espĂ©rons que dans un second temps, (prochain?), le maestro nous comble cette fois, au-delĂ  de l’Ă©loquence flamboyante trouvĂ©e ici malgrĂ© son jeune Ăąge. En dĂ©pit de nos rĂ©serves, le contenu de cette premiĂšre saison zĂŒrichoise de Lionel Bringuier, audacieux defenseur de la musique française s’impose Ă  nous avec force et Ă©clat. MĂȘme s’il y manque la profondeur et la subtilitĂ© espĂ©rĂ©es, le rĂ©sultat est convaincant, prometteur. C’est donc un CLIC d’encouragement et l’espĂ©rance que les prochaines rĂ©alisations iront plus loin encore dans le sens d’une absolue finesse suggestive.

 

 

 

RAVEL lionel bringuier complete integrale Ravel Yuja wang ray chen review compte rendu critique cd classiquenews 4 cd deutsche grammophon 4795524CD, coffret Maurice Ravel : intĂ©grale des Ɠuvres orchestales / complete orchestral Works. Lionel Bringuier. Tonhalle-Orchester ZĂŒrich (avec Yuja Wang, piano ; Ray Chen, violon) / 4 cd Deutsche Grammophon, live 2014-2015). CLIC de CLASSIQUENEWS.

CD, coffret événement, annonce. Leonard Bernstein collection II (64 cd Deutsche Grammophon)

bernstein collection part two review presentation account of classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS 1507-1CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. Leonard Bernstein collection II (64 cd Deutsche Grammophon). Avant le centenaire Bernstein (2018), Deutsche Grammophon publie un somptueux coffret grand format (format d’un ancien vinyle), en rĂ©alitĂ© le second (le volume I Ă©tait paru en 2014), cette fois dĂ©diĂ© au legs surtout symphonique (mais pas que…) du chef amĂ©ricain, rĂ©putĂ© pour l’engagement de sa direction, sa facultĂ© Ă  emporter le collectif qu’il dirige au delĂ  d’une simple rĂ©alisation : la transe, le dĂ©passement, l’ivresse sont souvent les offrandes habituelles d’une sensibilitĂ© irrĂ©sistible capable d’Ă©lectriser les musiciens avec lesquels il a su cultiver un lien particulier. Le coffret rĂ©unit les enregistrements Decca de 1953, reliĂ©s Ă  sa profonde affection pĂ©dagogique, destinĂ©s Ă  diffuser les grands cycles symphoniques pour le plus grand nombre (Eroica de Beethoven, PathĂ©tique de Tchaikovski, Nouveau Monde de Dvorak… autant de dĂ©fis pour tous les chefs symphonistes).

Mahler, Sibelius, Tchaikovsky… by Leonard Bernstein

Testament symphonique de Lenny

L’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler avec le Wiener Symphoniker (qui dans les annĂ©es 1970 ne connaissait absolument pas l’Ă©criture symphonique de celui qui avait pourtant dirigĂ© l’OpĂ©ra de Vienne…), plusieurs Symphonies de Mozart (Linz, Haffner, les 3 derniĂšres…), de Tchaikovski, l’immense testament Sibelius (chapitre majeur de son propre parcours : symphonies 1, 2, 5 et 7), et tout un volet Stravinsky complĂštent avantageusement le recueil, sans omettre l’Ɠuvre du Bernstein compositeur grĂące aux extraits du ballet Fancy Free et la comĂ©die musicale On the town qui en a dĂ©coulĂ©… Bernstein pianiste est aussi Ă©voquĂ© dans le Concerto pour piano en sol majeur de Ravel, jouĂ©/dirigĂ© avec les Wiener Symphoniker.

 

 

 

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Dans un article passionnant recueillant certaines confessions intimes du chef compositeur, le profil et la quĂȘte de sens de celui qui avait le goĂ»t des autres parce qu’il dĂ©testait la solitude, se prĂ©cise. Il y est aussi question de son identitĂ© juive, capable d’oubli et de pardon, en dirigeant une phalange qui Ă©tait composĂ©e d’anciens nazis et de SS repentis… que Solti, autre chef juif a bien connu (c’est d’ailleurs lui qui encourage Bernstein Ă  ne pas abandonnĂ© le travail dĂ©diĂ© aux symphonies de Mahler avec la Philharmonie de Vienne ; tout un symbole…).

CLIC_macaron_2014Enfin Deutsche Grammophon ajoute deux opĂ©ras intĂ©gralement dĂ©voilĂ©s : La BohĂšme de Puccini et Tristan und Isolde de Wagner (1981), oĂč la force du chant orchestral se montre lĂ  encore, fruit d’un travail d’approfondissement poĂ©tique, passionnant.

 

 

Critique complÚte et développée du coffret LEONARD BERNSTEIN COLLECTION II à venir dans le mag cd, dvd livres de classiquenews.com

CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. Leonard Bernstein collection II (64 cd Deutsche Grammophon). CLIC de classiquenews d’avril 2016.

ANALYSE du contenu du coffret LEONARD BERNSTEIN Collection II :

Le coffret offre le legs symphonique de Leonard Bernard en 4 lots : 

  • le premier lot regroupe l’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler rĂ©alisĂ©e entre 1974 et 1988, avec 4 orchestres : le Berliner Philharmoniker (n°9, 1979), le Concertgebouw d’Amsterdam (n°1 et n°4, 1987 ; n°9, 1985) ; le New York Philharmonic (n°2, 3 et 7, 1985 et 1987); enfin les Wiener Philharmoniker (n°5, 1987 ; n°6, 1988 ; n°8, live de Salzbourg 1975 et n°10, 1974).
  • le lot 2, complĂšte le cycle mahlĂ©rien avec Das lied von der Erde, 1966 ; Das Knaben wunderhorn, 1987 ; Kindertotenlieder, RĂŒckert-lieder 1988 ; ajoute les Mendelssohn (Symphonies n°3, 4, et 5 avec le Philharmonique d’Israel, 1978, 1979), et tout un cycle Mozart avec 2 orchestres : Wiener Philharmoniker (Symphonies 25, 29, 35, 36, 38, 39, 40 et 41, 1981-1987 ; Concerto pour piano K 450, 1966), orchestre de la Radio Bavaroise (Grande Messe en ut KV 427, 1990 ; Requiem, 1988); sans omettre, l’opĂ©ra intĂ©gral LA BOHEME de Puccini (Rome, Accademia Santa Cecilia, juin 1987).
  • le lot 3 Ă©voque l’extension du rĂ©pertoire symphonique explorĂ© par le chef amĂ©ricain. Ses Schubert (Symphonies 5,8, 9 avec le Concertgebouw Amsterdam, 1987) ; Schumann (Symphonies 2, 3 et 4, Concerto pour violoncelle avec Masha Maisky, avec les Wiener Philharmoniker, 1984-1985) ; Shostakovitch (Symphonies 1, 7 « Leningrad », 1988 avec le Chicago Symph. Orchestra ; Symphonies 6 et 9, Wiener Phil. 1985) ; Sibelius (magistrales Symphonies 1, 2, 5 et 7, Wiener Philh. 1986, 1987, 1990, cycle DG qui complĂšte avantageusement les bandes SIBELIUS / Sony (de 1960-1966 avec le Philharmonic de New York, remastĂ©risĂ©es) rĂ©cemment publiĂ©es sous la forme d’un coffret lui aussi Ă©vĂ©nement) ; la seule coopĂ©ration enregistrĂ©e avec le National de France en mai 1987 (Richard Strauss : extraits de SalomĂ© avec Montserrat CaballĂ©) ; enfin le cycle Stravinsky avec le Philhamronique d’IsraĂ«l : L’oiseau de feu, la suite Pulcinella, 1984 ; PĂ©trouchka, scĂšnes de ballet (1982) ; Le Sacre du printemps (1982) ; Symphonies (1982-1984), complĂ©tĂ©s par Les Noces et la Messe (English Bach Festival, mars 1977).

 

  • bernstein collection part two review presentation account of classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS 1507-1Enfin le lot 4 parachĂšve le corpus (cd 49-64) : soulignant l’ouverture du chef symphoniste, pĂ©dagogue et passeur auprĂšs du plus grand nombre ; ainsi en tĂ©moignent les 4 bandes enregistrĂ©es avec le Stadium concerts Symphony orchestra (avec analyses du maestro lui-mĂȘme) : enregistrements de 1953, analyses Ă©ditĂ©es ensuite en 1956 et 1957, Ă  savoir : les sommets du romantisme symphonique capables de sĂ©duire le trĂšs grand public, Symphonie n°2 de Schumann, Symphonie n°3 Eroica de Beethoven, Symphonie n°4 de Brahms, Symphonie n°5 de Dvorak « Du Nouveau Monde », enfin la 6Ăšme de Tchaikovski « PathĂ©tique ». Le cycle de 4 est d’autant plus marquant que l’époque est alors aux prises stĂ©rĂ©o particuliĂšrement sĂ©ductrices et attractives (cd 59-63). Le lot 4 comprend aussi, le cycle TCHAIKOVSKI de Bernstein rĂ©alisĂ© avec deux orchestres : le New York Philh (Symphonies 4,5, 6, 1986-1989), le Philharmonique d’IsraĂ«l (Romeo et Juliette / Francesca da Rimini, 1978 ; Hamlet, Capriccio italien, Ouverture de 1812, 1984) ; le dernier recueil discographique comprend aussi le Concerto pour violoncelle de Dvorak toujours avec Misha Maisky, juin 1988) ; enfin le cycle ajoute la 2Ăšme intĂ©grale lyrique de la Collection II : Tristan und Isolde de Wagner (Peter Hofmann / Hildegard Behrens, Hans Sotin
 avec l’Orchestre de la Radio Bavaroise, live rĂ©alisĂ© Ă  Munich en 1981). Sans omettre, l’autre apport, l’un des plus anciens du lot discographique, les bandes live de 1944 et 1945, alors en pleine fin de guerre, d’aprĂšs Fancy Free et On the town (extraits, sĂ©lections) dont parmi le cast Billy Holiday
 Un must absolu qui s’inscrit aussi dans l’esthĂ©tique de l’AmĂ©rique au moment de la libĂ©ration.

 

 

 

CD, coffret Narcisso Yepes : The complete Concertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon)

yepes narcisso cd deutsche grammophon complete concertos recordings review compte rendu annonce critique classiquenews 028947954675-Cvr_n-240x240CD, coffret Narcisso Yepes : The complete COncertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon). DĂ©cĂ©dĂ© en mai 1997, le guitariste espagnol (nĂ© Ă  Lorca en novembre 1927) Narcisso Yepes, incarne l’ñge d’or de la guitare classique que Deutsche Grammophon a accompagnĂ© pendant plus de 20 annĂ©es, en particulier de 1969 Ă  1979, soit une dĂ©cennie parmi ses meilleures annĂ©es comme interprĂšte. Quadra puis quinqua, Yepes, ancien Ă©lĂšve musicien au Conservatoire de Valence et d’origine plutĂŽt modeste, se rĂ©vĂšle subtile concertiste, soucieux de mettre en lumiĂšre une technicitĂ© souple et Ă©loquente que son jeu prĂ©cis, rond, chaleureux enrichit, en particulier dans plusieurs Concertos crĂ©Ă©s pour lui, et des transcriptions d’aprĂšs Vivaldi (initialement pour luth), Granados, Falla, AlbĂ©niz (initialement pour piano)
 entre autres. Le film Jeux interdits (RenĂ© ClĂ©ment, 1952, Narcisso Yepes a alors 25 ans et incarne la nouvelle gĂ©nĂ©ration d’interprĂšte) le propulse internationalement, en particulier grĂące Ă  la piĂšce de Fernando Sor, Ă  peine remaniĂ©. La musique angĂ©lique irradiante lumineuse exprime la tendresse d’une enfance sacrifiĂ©e sur l’autel de la guerre et de la barbarie humaine, enfance de la trĂšs jeune orpheline Paulette (5 ans) dont les parents on Ă©tĂ© mitraillĂ©s dans un convoi sur une route de la France de l’Exode de 1940
 L’énergie palpitante du jeu de Yepes traduit magnifiquement la poĂ©sie pure, pleine d’espĂ©rance comme de blessures que le film de RenĂ© ClĂ©ment communique. HĂ©las pas de Jeux Interdits dans le coffret mais le Concerto de Rodrigo saura tout autant traduire et transmettre le feu pudique d’un Yepes souverain en son style.

Guitare concertante chez Deutsche Grammophon : 1969-1979

Narcisso Yepes, la probitĂ© de l’art

CLIC D'OR macaron 200Celui qui inaugura sa carriĂšre officielle sous la direction du chef Ataulfo Argenta (l’élĂšve de Karl Schuricht et qui crĂ©a l’orchestre de chambre de Madrid en 1949), dans le fameux Concerto d’Aranjuez de Joaquin Rodrigo, – ample concerto nĂ©obaroque et rĂ©solument mĂ©ditatif et chambriste si proche du tempĂ©rament naturel de Yepes (piĂšce prĂ©sente ici dans deux enregistrements, celui inaugural de mai 1969 puis celui plus tardif qui clĂŽt le cycle, rĂ©alisĂ© Ă  Londres en avril 1979), s’affirma surtout pour la grande technicitĂ© avec laquelle il s’était rendu maĂźtre de sa guitare Ă  10 cordes. Un instrument que Maurice Ohana a mis en scĂšne dans le fameux Concerto (Tres graficos / Trois graphiques pour guitare et orchestre-) composĂ© spĂ©cialement pour le guitariste et ici enregistrĂ© avec le LSO et Rafael FrĂŒbeck de Burgos en janvier 1975).

Yepes-Narciso-16Le coffret Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon rĂ©unit en 5 cd l’intĂ©gralitĂ© de ses enregistrements de concertos effectuĂ©s entre 1969 et 1979. Outre le Rodrigo de 1969, distinguons surtout les Concertos de Giuliani (1977), Bacarisse/Halffter (1972), Ruiz-Pipo (1975), Villa-Lobos et Castel Nuoco-Tedesco (1976), auxquels le Concerto d’Aranjuez de Rodrigo (enregsitrĂ© deux fois, Ă  10 annĂ©es d’intervalle) apporte un complĂ©ment plus mĂ©ditatif et atemporel. Tout l’art de Narcisso Yepes est lĂ , concentrĂ© dans ce condensĂ© de musique baroque, nĂ©o baroque, et contemporaine : concentration mesurĂ©e, et sonoritĂ© limpide, aux cĂŽtĂ©s d’une digitalitĂ© prĂ©cise voire arachnĂ©enne. Et toujours sur chacune des pochettes de cette collection choisie, le visage concentrĂ©, simple d’un homme mĂ»r quasi chauve, dont les yeux en forme de sourire se cachent derriĂšre de grosses lunettes
 Yepes c’est la probitĂ© de l’art, qui n’a besoin ni du masque sĂ©ducteur de la jeunesse, ni d’un effet marketing dĂ©calĂ© pour affirmer sa souveraine musicalitĂ©. Modestie et mise sans prĂ©tention d’un immense interprĂšte. Coffret Ă©vĂ©nement.

CD, coffret Narcisso Yepes : The complete Concertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016.

LIRE aussi la présentation du coffret Narcisso Yepes sur le site du Club Deutsche Grammophon :

CD coffret, compte rendu critique. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon)

deutsche grammophon mono era coffret box announce compte rendu critique review classiquenews the mono era 1948 - 1957CD coffret, compte rendu critique. THE MONO ERA (51 cd Ă©dition limitĂ©e Deutsche Grammophon). DĂ©buts monographiques. C’est un peu Deutsche Grammophon avant Deutsche Grammophon… A l’Ă©poque oĂč la prestigieuse marque jaune lance ses premiers microsillons (33 tours vinyles), au dĂ©but des annĂ©es 1950, la pĂ©riode est Ă  l’Ă©dification de son catalogue : dĂ©velopper une offre riche et diversifiĂ©e, en prenant en compte les diffĂ©rents profils artistiques approchĂ©s et fidĂ©lisĂ©s. Le marketing comme actuellement n’est pas aussi dĂ©veloppĂ© mais l’intuition des responsables du label impose une exigence dĂšs les origines. C’est l’enjeu de ce coffret en 51 cd en Ă©dition limitĂ©e qui publiĂ© sous le titre de “L’ERE MONO” (The mono era) regroupe quelques uns des enregistrements d’alors, les plus significatifs de cette Ăšre originelle, soit juste aprĂšs la guerre, entre 1948 et 1957. Surfant sur la nouvelle avancĂ©e technologique de l’enregistrement (microsillons), le label impose peu Ă  peu ses tulipes stylisĂ©es (Ă  partir de 1949), comme sa couleur solaire (mais sous la forme d’une large rayure verticale jaune centrĂ©e sur la couverture, avant qu’elle ne soit ensuite placĂ©e en haut et horizontalement). Le coffret Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon donne une indication des choix artistiques Ă  la fin des annĂ©es 1940.

DG aprĂšs guerre : premiers monos (1948-1957)

Avant la guerre, Polydor avait affirmĂ© avec austĂ©ritĂ© ses bandes publiĂ©es en 78 tours (Ă  partir de 1949). AprĂšs la guerre DGG, Deutsche Grammphon Gesellschaft, impose son ambition de qualitĂ©, en jaune, dĂ©diĂ©e surtout au piano, aux programmes symphoniques, (rĂ©vĂ©lant dĂ©jĂ  l’excellence des orchestres internationaux), mais aussi Ă  la musique de chambre et Ă  l’opĂ©ra, sans omettre l’Ă©criture chorale. ParallĂšlement Ă  la musique ancienne (surtout prĂ©romantique), Ă©ditĂ© par le label Archiv Produktion (tout en argent dĂšs 1947), le “grand rĂ©pertoire” (dont les contes parlĂ©s) est confiĂ© Ă  DGG et sa parure jaune, dĂšs 1946. Pionnier, le Quatuor Amadeus fait paraĂźtre dĂšs 1949, le Quatuor en sol majeur de Schubert en trois 78 tours… mais les premiers albums microsillons sortent vĂ©ritablement en 1951 avec leur couverture arborant une large bande vertical jaune d’oĂč se dĂ©tache la marque couronnĂ©e de son bouquet de tulipes stylisĂ©es – 23 tulipes banches au total- ; ainsi les Amadeus pour le nouveau support enfin commercialisĂ©, rĂ©enregistrent l’Ɠuvre D887 en 1951 (cd1), auparavant les membres du Quatuor Koeckert enregistrent le Quatuor amĂ©ricain de Dvorak opus 96 dĂšs novembre 1950 Ă  Hanovre (cd 28)… Et l’un des premiers enregistrements fondateurs de DGG reste Tsar et charpentier d’Albert Lortzing de septembre et octobre 1952 (Orchestre de Stuttgart dirigĂ© par Ferdinand Leitner), ici Ă©ditĂ© en premiĂšre mondiale (cd 22 et 23, solide distribution, direction fluide et vivante de Leitner). En 1953 sort le premier 45 tours, idĂ©al pour les rĂ©citals lyriques ou les Ɠuvres plus courtes. Tout cela dynamise un marchĂ© naissant et florissant oĂč aprĂšs la guerre, tout est Ă  reconstruire.

deutsche grammophon coffret box the mono era 51 cd review announce compte rendu critique classiquenewsUn rĂ©seau d’artistes et d’interprĂštes participent alors Ă  l’Ă©dification du premier catalogue DGG : les orchestres germaniques Ă©videmment ; Bamberg juste composĂ© en 1946, Berlin, Stuttgart, surtout le nouvel orchestre de la Radio Bavaroise d’Eugen Jochum, crĂ©Ă© en 1949 et dont tĂ©moignent les cd 20 et 21 (Symphonies de Mozart et Beethoven, de 1951-1955 : frappantes par leur Ă©nergie, mais la grĂące fluide subtile d’un Krips en moins – Te Deum de Bruckner en 1950 ; DGG enregistre aussi la Philharmonie TchĂšque et ici Karel Ancerl, passĂ©s Ă  l’Ouest (entre autres, dans un Chostakovitch Ăąpre, brĂ»lĂ© – Symphonie n°10 opus 93 de 1956)… En 1952, la productrice Elsa Schiller rĂšgne sans partage imposant une direction clairement structurĂ©e oĂč pĂšsent les figures des pianistes (elle-mĂȘme jouait du clavier), tels que Kempff (ayant pactisĂ© avec les nazis, et artistes dĂ©jĂ  ancien), Elly Ney, Conrad Hansen, les polonais Stefan Askenaze, Halina Czerny-Stefanska, le volubile Shura Cherkassky (Concertos de Tchaikovski, cd5, 1952-1957), Monique Haas, Clara Haskil, Adrian Aeschbacher, et surtout Sviastoslav Richter, Ă©lectrique / cinglant, percussif (dĂ©buts discographiques avec son rĂ©cital Schumann : Waldszenen opus 82 et extraits de FantasiestĂŒcke opus 12, de 1957).

CLIC_macaron_2014L’IDEAL en MONO. La prise mono de DGG est assurĂ©e par un micro situĂ© 3m au dessus de la tĂȘte du chef, plus un 2Ăšme micro pour capter l’espace de la salle. Cette esthĂ©tique peaufinĂ©e, fixĂ©e dans le courant des annĂ©es 1950 et autoproclamĂ©e “parfaite”, entre “art et technologie” dĂ©fendue par la DGG est parfaitement incarnĂ©e par le geste efficace du chef Ferdinand Leitner, artisan d’une solide vitalitĂ© dans l’opĂ©ra de Lortzing dĂ©jĂ  citĂ© et les Symphonies RhĂ©nane de Schumann et Ecossaise de Mendelssohn (cd 31, de 1954 et 1955). Un standard typique de l’Ă©poque. MĂȘme Ă©quilibre convaincant dans les Symphonies La Grande D 944 de Schubert et n°88 de Haydn enregistrĂ©es par Wilhelm Furtwangler Ă  Berlin en dĂ©cembre 1951 (et le Berliner Philharmoniker) : d’un souffle tout olympien, Ă  la fois puissant et profond, d’une urgence grandiose unique.

Surprises et dĂ©couvertes pour beaucoup, les lectures symphoniques suivantes, autres arguments du prĂ©sent coffret inestimable : 2Ăšme de Brahms et Variations et Fugue d’aprĂšs Mozart de Reger par le chef Karl Boehm (Berliner Philharmoniker, cd4) ; Les (autres) Variations de Reger d’aprĂšs Hiller par le chef Paul Van Kempen (cd25) ; les dĂ©buts du jeune Lorin Maazel, de mars Ă  juin 1957, dans un programme intense et dramatique, d’une furieuse vitalitĂ© quasi fĂ©line et enivrĂ©e (Berlioz), entiĂšrement dĂ©diĂ© au mythe des amants tragiques RomĂ©o et Juliette : Berlioz, Tchaikovsky, Prokofiev (Berliner Philharmoniker, cd 34) ; Paul Hindemith par lui-mĂȘme, le chef jouant le compositeur dans le cd17 : Symphonie Mathis le peintre, Les Quatre tempĂ©raments, Symphonie MĂ©tamorphoses d’aprĂšs Weber (Berliner Philharmoniker, ).


fricsay ferenc deutsche grammophon classiquenews review critique cd ferenc_fricsay2-max_jacoby_dgFleurons du coffret
: les prĂ©sence du baryton Dietrich Fisher Dieskau, timbre de miel (lieder de Wolf, Brahms, Schumann, dĂ©buts discographiques de, respectivement 1951, 1954 et 1957), et du chef Ferenc Fricsay, tous deux signĂ©s en 1949 par la DGG. La verve et l’Ă©loquence ciselĂ©e, finement habitĂ©e de Fricsay captivent dans les cd 10 (facĂ©tieux, pĂ©tillant Rossini de La boutique fantasque puis la sensuelle Scheherazade de Rimsky, deux enregistrements Ă  Berlin de 1955 et 1957) et cd 11 (fameux Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© avec Rita Streich de 1951 avec le Berliner Philharmoniker)…

markevitch deutsche grammophon creation hadyn oratorio deutsche grammophon review cd critique classiquenews Igor-Markevitch.Majeure aussi Ă  notre avis, – et Ă©ditĂ©e en premiĂšre mondiale ici : La CrĂ©ation de Haydn dirigĂ©e par Igor Markevitch avec le Berliner Philharmoniker et Irmgard Seefried (Eve; Gabriel, et ses deux partenaires ne sont pas si mal : la basse Kim Borg en Adam / Raphael ; le tĂ©nor Richard Holm en Uriel – CD 37 et 38), enregistrĂ©e Ă  Berlin, Ă©glise JĂ©sus Christ en mai 1955 : travail en finesse et trĂšs imaginatif du chef, exploitant toutes les ressources de l’orchestre, dans un son presque spatialisĂ© et pour du mono, rĂ©ellement impressionnant : soit une prise Ă  la mesure du sujet… Ă©pique / cosmique. Tout le trait vif, acĂ©rĂ© du pĂ©nĂ©trant Markevitch s’Ă©coute ici avec un sens du drame franc, direct mais subtil.

Autres arguments du coffrets : la 2Ăšme de Rachmaninov par l’assistant du mythique Mravinsky, Kurt Sanderling (cd45, Philharmonique de Leningrad, 1956)

streich-rita-soprano-deutsche-grammophon-soprano-review-critique-cd-classiquenews-the-mono-era-classiquenews-CLIC-de-classiquenewsLa musique française et les interprĂštes français sont prĂ©sents en ces annĂ©es de guerre froide : Ă©coutez le pĂ©tulant Markevitch avec l’Orchestre Lamoureux dans la Symphonie Haffner de Mozart (cd36); surtout le Quatuor Lowenguth (Alfred Lowenguth, premier violon), dans un rĂ©cital exclusivement romantique français, ici publiĂ© en premiĂšre mondiale (Quatuors exceptionnellement ciselĂ©s de Debussy, Ravel de 1953, et surtout Albert Roussel, enregistrĂ© dĂšs 1950).

stader maria deutsche grammophon the mono era review critique cd classiquenewsLes chanteurs et l’opĂ©ra ne sont pas omis dans cette Ă©vocation historique : prises dĂ©sormais lĂ©gendaires, celles de la soprano Maria Stader (CD46) dans Mozart (Exsultate jubilate, voix angĂ©lique, finement nasalisĂ©e comme le fut aussi une Schwarzkopf, avec suffisamment de fragilitĂ© pour vibrer avec justesse, – un angĂ©lisme que sa Konstanz de l’EnlĂšvement au sĂ©rail colore d’accents plus fiĂšvreux et dramatiques, Ăąme juste et pure, sous la direction de Ferenc Fricsay et son orchestre RIAS Orchester Berlin, en janvier et mai 1954) ; le rĂ©cital lyrique et symphonique de la lumineuse et stratosphĂ©rique Rita Streich (cd47) (Mozart, Rossini, Donizetti, Weber, Verdi… compilation de prises diverses rĂ©alisĂ©es entre 1953 et 1958 ; ce sont aussi, les (immenses et lĂ©gendaires) chanteurs wagnĂ©riens en 1954 et 1955 : Astrid Varnay (BrĂŒnnhilde) et le tĂ©nor incandescent Wolfgang Windgassen (Siegmund, Siegfried), orchestre de la Radio Bavaroise (cd48) ; on retrouve le fabuleux tĂ©nor, timbre intense et fin, musicalement idĂ©al, d’un hĂ©roĂŻsme acĂ©rĂ© dans un album Wagner (cd49), rĂ©sumant son Ă©clatante carriĂšre ici windgassen tenor wagner Wolfgang Windgassen 1914-1974 deutsche grammophon the mono era critique cd review classiquenewsentre 1953 et 1956 (Rienzi, Tristan, Siegfried, Parsifal, Lohengrin, TannhaĂŒser, Walther des MaĂźtres Chanteurs : une leçon d’ardente finesse oĂč le chant wagnĂ©rien Ă©tait thĂ©Ăątre et phrasĂ©s avant d’ĂȘtre (comme trop souvent aujourd’hui), projection hurlante. La direction affĂ»tĂ©e et sans lourdeur de Ferdinand Leitner (avec les Symphoniques de Bamberg et de MĂŒnich) ajoute aussi Ă  ce somptueux accomplissement que tous les wagnĂ©ristes autoproclamĂ©s devraient Ă©couter et rĂ©Ă©couter : Wunderlich par son style racĂ©, cet hĂ©roisme acĂ©rĂ©, vif argent est un helden tĂ©nor wagnĂ©rien de premier intĂ©rĂȘt. Inoubliable prĂ©sence de l’acteur (son Tristan de 1953 est Ă  ce titre stupĂ©fiant)… qui fait regretter la durĂ©e trop chiche de chaque sĂ©quence : le travail sur la gradation dramatique et psychologique de chaque personnage aurait mĂ©ritĂ© des pistes plus longues, plus respectueuses d’une incarnation millimĂ©trĂ©e.

BĂ©mol : mĂąte et tendue, la sonoritĂ© Ăąpre ne rend pas rĂ©ellement service aux prises de Hans Rosbaud dirigeant le Berliner Philharmoniker (Concertos pour violon de Mozart avec en soliste Wolfgang Schneiderhan, en 1956) ; ses Haydn (Symphonies Oxford et Londres, cd44 en 1957 sont plus intĂ©ressantes : autour du Viennois, l’orchestre travaille un son, une transparence plus ambivalente (l’humour et l’Ă©lĂ©gance). Fischer-Dieskau, Fricsay, Markevitch, le jeune Maazel, Stader, Streich et Wunderlich, le son des orchestres allemands d’aprĂšs guerre… tout cela constitue un premier hĂ©ritage unique voire exceptionnel, et mĂȘme en prise mono, parfaitement audibles, voire dĂ©taillĂ©s et d’une indiscutable prĂ©sence Ă  l’Ă©coute. Coffret Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier et mars 2016.

CD coffret, compte rendu critique. THE MONO ERA (51 cd Ă©dition limitĂ©e Deutsche Grammophon). CLIC de CLASSIQUENEWS.COM de fĂ©vrier et mars 2016. Illustrations : Ferenc Fricsay, Igor Markevitch, Rita Streich, Maria Stader et Wolfgang Windgassen ‘DR)

 

CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon)

deutsche grammophon mono era coffret box announce compte rendu critique review classiquenews the mono era 1948 - 1957CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd Ă©dition limitĂ©e Deutsche Grammophon). MONO LEGENDAIRE. Il fut un temps (premier, pionnier) oĂč l’illustre label jaune enregistrait alors en… mono. Mais ce que l’on perd en prouesse technologique et sonore est compensĂ© ici en justesse et raffinement de l’interprĂ©tation car nous voici propulsĂ©s dans les annĂ©es d’aprĂšs guerre (dĂšs 1948) et jusqu’en 1957, soit les annĂ©es fastes artistiquement oĂč Deutsche Grammophon (alors DGG pour Deutsche Grammophon Gesellschaft) construit alors son catalogue avec le concours de tempĂ©raments dont les noms aujourd’hui citĂ©s, donnent le vertige. Une Ă©poque oĂč l’esthĂ©tique exigeante de la rĂ©alisation discographique signifiait d’abord, un aboutissement ou un accomplissement, le fruit de travail et de rĂ©flexion patiemment mĂ»ri (Ă  mille lieues des coups marketing actuels oĂč martelant un jeunisme aigu, on souhaite toujours nous imposer un talent inĂ©dit, nouveau, ignorĂ©, sorti d’on ne sait oĂč !!!, effet d’annonce qui retombe bien souvent comme un mauvais soufflĂ©). Le coffret qui n’aurait pu ĂȘtre qu’une compilation de dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©/publiĂ©, rassemble ici prĂšs de 17 enregistrements inĂ©dits exhumĂ©s pour la premiĂšre fois (insondable richesse des archives Deutsche Grammophon).

Magie intemporelle des premiers microsillons

deutsche grammophon coffret box the mono era 51 cd review announce compte rendu critique classiquenewsQuand les disques vinyles DGG (Deutsche Grammophon Gesellschaft) Ă©taient mono… Tous les programmes sont Ă©ditĂ©s avec leur pochette d’origine (visuel de couverture uniquement ; le dos souvent gĂ©nĂ©reusement documentĂ©/renseignĂ© mais illisible, n’est pas concernĂ©). C’est l’Ă©poque primitive des premiers microsillons 33 tours classiques, contraints Ă  la durĂ©e rĂ©glementaire par face concernĂ©e. Le livret richement illustrĂ© sur papier de qualitĂ©, prĂ©cise le contexte historique, esthĂ©tique, technologique d’alors, grĂące Ă  la publication d’un texte Ă©ditĂ© par DG, pour sa communication interne, juste aprĂšs la Foire de DĂŒsseldorf en septembre 1951.

CLIC_macaron_2014Parmi les musiciens, chanteurs, instrumentistes et chefs prĂ©sents dans le coffret : Ferenc Fricsay, Wilhelm FurtwĂ€ngler, Wilhelm Kempff, David Oistrakh, Sviatoslav Richter, Cherkassky, Karel Ancerl, Fricsay, FurtwĂ€ngler, Kempff, Oistrakh, Richter, Cherkassky, Ancerl, Fischer-Dieskau (his debut recording), Haskil, Hindemith, Jochum, van Kempen, Markevitch, Martzy, Wolfgang Windgassen and Astrid Varnay, Clara Haskil, Paul Hindemith, Eugen Jochum, van Kempen, Ferdinand Leitner (intĂ©gral de l’opĂ©ra Le Tsar et le charpentier de Lortzing de 1952),  Lorin Maazel, Igor Markevitch, Martzy, Hans Rosbaud, les chanteurs Maria Stader,  Wolfgang Windgassen, Astrid Varnay, Dietrich Fischer-Dieskau (ses premiers enregistrements : lieder de Brahms, WOlf, Schumann)…  Tous les programmes et enregistrements sont prĂ©sentĂ©s de façon alphabĂ©tique au nom des interprĂštes dont ils tĂ©moignent de la sensibilitĂ© comme de l’engagement artistique… Prochaine critique, compte rendu complet et dĂ©veloppĂ© du coffret THE MONO ERA, 51 cd Deutsche Grammophon / 1948 – 1957, dans la mag CD DVD LIVRES de classiquenews.com

CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016. Parution annoncée : le 19 février 2016. En lire + sur le site du Club Deutsche Grammophon / page dédiée : The Mono Era by Deutsche Grammophon

Collection de contes musicaux légendaires : Raconte-moi en musique

Raconte-moi_rectoCD, coffret Ă©vĂ©nement. Raconte moi en musique. Deutsche Grammophon imagine un coffret de 4 cd regroupant les plus belles histoires en musique qui raconte surtout l’aventure des instruments de l’orchestre. Le cycle de rĂ©Ă©dition comprend contes musicaux, Ballet pour enfants, opĂ©ra contĂ©… une immersion opportune dans l’univers irrĂ©sistible des histoires en musique pour petits et grands. C’est un coffret idĂ©al pour les parents soucieux d’initier leurs chĂšres tĂȘtes blondes Ă  l’univers de la musique classique, des instruments, de l’orchestre (tout en s’initiant eux-mĂȘmes). Y paraissent des contes musicaux oĂč la musique accompagne l’action (L’Histoire de Babar de Poulenc, dite par Jeanne Moreau ; ou La BoĂźte Ă  joujoux de Debussy, version pour piano) ; il y a en particulier les textes spĂ©cialement Ă©crits pour prĂ©senter les instruments de l’orchestre oĂč chaque instrument est le personnage de l’histoire : l’extraordinaire “Piccolo, saxo et compagnie” (ou la petite histoire d’un grand orchestre… lequel comprend la famille des saxophones, protagonistes d’une odyssĂ©e dĂ©jantĂ©e poĂ©tique), et aussi Variations et Fugue sur un thĂšme de Purcell de Britten, partition dirigĂ©e, rĂ©citĂ©e par le chef Lorin Maazel. Il y a enfin un opĂ©ra contĂ© (La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart prĂ©sentĂ©e et jouĂ©e par de nombreux comĂ©diens dont Claude Riche en narrateur).

Contes enchantés

Notre prĂ©fĂ©rence va au Carnaval des animaux dit par la subtile et enchantĂ©e Mireille, et au Pierre et le loup, inusable fĂ©erie Ă  la fois terrifiante et drĂŽle signĂ©e de Prokofiev, racontĂ© par un Charles Aznavour d’une rare finesse ; c’est un incroyable comĂ©dien, comme Peter Ustinov pour Piccolo, saxo et compagnie… Mireille, Aznavour, Ustinov… 3 magiciens pour des histoires irrĂ©sistibles au charme lĂ©gendaire. Deutsche Grammophon a eu le nez fin de regrouper ces 7 histoires en musique en un coffret incontournable. Les plus jeunes dĂ©couvriront la magie des instruments, et leurs parents comme les mĂ©lomanes avertis redĂ©couvriront la sĂ©duction de comĂ©diens qu’inspirent des textes et des musiques qui rĂ©ussissent la fusion du texte et de la musique. Ce coffret est un must absolu ; la mine contenant pĂ©pites et joyaux dont a rĂȘvĂ© tout parent pour son enfant, tout mĂ©lomane exigeant, nostalgique de son Ăąme d’enfant. D’autant que les versions regroupent aussi des chefs trĂšs affĂ»tĂ©s : Claudio Abbado, Ferenc Fricsay, Semyon Bychkov, Lorin Maazel, et les pianistes Jean-Marc Luisade et Alberto Neuman… Opportune rĂ©Ă©dition.

CLIC_macaron_2014RACONTE-MOI en MUSIQUE. Coffret de 4 cd Deutsche Grammophon, coup de cƓur de la RĂ©daction de classiquenews, CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016. LIRE notre grande critique dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews. Parution : le 12 fĂ©vrier 2016.

raconte moi en musique critique review compte rendu classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS fevrier 2016 Classique_Enfants_présentation-1024x644

Coffret événement : Raconte-moi en musique (4cd Deutsche Grammophon)

Raconte-moi_rectoCD, coffret Ă©vĂ©nement. Raconte moi en musique. Deutsche Grammophon imagine un coffret de 4 cd regroupant les plus belles histoires en musique qui raconte surtout l’aventure des instruments de l’orchestre. Le cycle de rĂ©Ă©dition comprend contes musicaux, Ballet pour enfants, opĂ©ra contĂ©… une immersion opportune dans l’univers irrĂ©sistible des histoires en musique pour petits et grands. C’est un coffret idĂ©al pour les parents soucieux d’initier leurs chĂšres tĂȘtes blondes Ă  l’univers de la musique classique, des instruments, de l’orchestre (tout en s’initiant eux-mĂȘmes). Y paraissent des contes musicaux oĂč la musique accompagne l’action (L’Histoire de Babar de Poulenc, dite par Jeanne Moreau ; ou La BoĂźte Ă  joujoux de Debussy, version pour piano) ; il y a en particulier les textes spĂ©cialement Ă©crits pour prĂ©senter les instruments de l’orchestre oĂč chaque instrument est le personnage de l’histoire : l’extraordinaire “Piccolo, saxo et compagnie” (ou la petite histoire d’un grand orchestre… lequel comprend la famille des saxophones, protagonistes d’une odyssĂ©e dĂ©jantĂ©e poĂ©tique), et aussi Variations et Fugue sur un thĂšme de Purcell de Britten, partition dirigĂ©e, rĂ©citĂ©e par le chef Lorin Maazel. Il y a enfin un opĂ©ra contĂ© (La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart prĂ©sentĂ©e et jouĂ©e par de nombreux comĂ©diens dont Claude Riche en narrateur).

Contes enchantés

Notre prĂ©fĂ©rence va au Carnaval des animaux dit par la subtile et enchantĂ©e Mireille, et au Pierre et le loup, inusable fĂ©erie Ă  la fois terrifiante et drĂŽle signĂ©e de Prokofiev, racontĂ© par un Charles Aznavour d’une rare finesse ; c’est un incroyable comĂ©dien, comme Peter Ustinov pour Piccolo, saxo et compagnie… Mireille, Aznavour, Ustinov… 3 magiciens pour des histoires irrĂ©sistibles au charme lĂ©gendaire. Deutsche Grammophon a eu le nez fin de regrouper ces 7 histoires en musique en un coffret incontournable. Les plus jeunes dĂ©couvriront la magie des instruments, et leurs parents comme les mĂ©lomanes avertis redĂ©couvriront la sĂ©duction de comĂ©diens qu’inspirent des textes et des musiques qui rĂ©ussissent la fusion du texte et de la musique. Ce coffret est un must absolu ; la mine contenant pĂ©pites et joyaux dont a rĂȘvĂ© tout parent pour son enfant, tout mĂ©lomane exigeant, nostalgique de son Ăąme d’enfant. D’autant que les versions regroupent aussi des chefs trĂšs affĂ»tĂ©s : Claudio Abbado, Ferenc Fricsay, Semyon Bychkov, Lorin Maazel, et les pianistes Jean-Marc Luisade et Alberto Neuman… Opportune rĂ©Ă©dition.

CLIC_macaron_2014RACONTE-MOI en MUSIQUE. Coffret de 4 cd Deutsche Grammophon, coup de cƓur de la RĂ©daction de classiquenews, CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016. Prochaine grande critique dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews. Parution : le 12 fĂ©vrier 2016.

raconte moi en musique critique review compte rendu classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS fevrier 2016 Classique_Enfants_présentation-1024x644

CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce : “Raconte-moi en musique….” (4 cd Deutsche Grammophon)

Raconte-moi_rectoCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce : ” Raconte-moi en musique… .” (4 cd Deutsche Grammophon). C’est encore NoĂ«l en fĂ©vrier, grĂące Ă  Deutsche Grammophon. Le 12 fĂ©vrier 2016 sort un coffret incontournable qui ravira la famille, parents et enfants. La force de la musique, c’est sa capacitĂ© Ă  parler Ă  notre imaginaire : ajoutez un texte rĂ©citĂ© ; le rĂ©sultat dĂ©passe souvent tout ce que l’on peut imaginer. Les nĂ©ophytes s’y familiarisent avec des Ă©critures et des styles particuliĂšrement expressifs ; les dĂ©jĂ  connaisseurs redĂ©couvrent des partitions (signĂ©es Prokofiev, Debussy, Britten, Mozart…) dont la poĂ©sie exquise continue de saisir, d’Ă©merveiller, de captiver… DĂšs l’enfance, cette promesse est offerte aux jeunes mĂ©lomanes (et Ă  leurs parents) grĂące aux contes et histoires dont la magie a façonnĂ© des gĂ©nĂ©rations de jeunes Ăąmes devenues mĂ©lomanes. Mais davantage qu’un coffret exclusivement dĂ©diĂ© aux tous petits, c’est plutĂŽt Ă  tous, Ă  chacun de nous ayant/voulant cultiver toujours encore sa part d’enfance (c’est Ă  dire sa capacitĂ© Ă  ĂȘtre enchantĂ© encore et encore) que s’adresse le recueil de 4 cd comprenant 6 fleurons poĂ©tiques intemporels… (et par des interprĂštes de premier plan : acteurs rĂ©citants (la crĂšme des voix radiophoniques et dramatiques : Jeanne Moreau, Mireille, Peter Ustinov, Denis Manuel, Claude Rich…), chefs inspirĂ©s (Claudio Abbado, Ferenc Fricsay, Semyon Bychkov, Lorin Maazel…) musiciens solistes ou collectifs (les pianistes Jean-Marc Luisada, Alberto Neuman, Orchestre de chambre d’Europe, Orchestre de Paris, Orchestre Lamoureux…).

 

 

 

Pierre, Babar, Polichinelle, La FlĂ»te enchantĂ©e… FlorilĂšge des contes mis en musique

7 histoires musicales pour petits et grands

 

La sĂ©lection parle d’elle mĂȘme et promet des heures d’Ă©coute, de narration, de complicitĂ© enchanteresse. Rien de tel qu’une musique inspirĂ©e, un texte drĂŽlatique et poĂ©tique et aussi, en complĂ©ment, comme ici, un livre de coloriage Ă  l’adresse des plus jeunes, pour revivre pour soi les sentiments Ă©prouvĂ©s pendant la dĂ©couverte de l’histoire…
Au programme du coffret “Raconte-moi en musique…” : Pierre et le loup (musique de Prokofiev), Le Carnaval des animaux (musique de Saint-SaĂ«ns), L’histoire de Babar l’Ă©lĂ©phant (musique pour piano de Poulenc), La BoĂźte Ă  joujoux de Debussy (ballet pour enfants, ici dans sa version pour piano, composĂ© en 1913 pour sa fille Claude-Emma dite “Chouchou”), sans omettre, le cycle indĂ©passĂ© depuis sa crĂ©ation en 1956, destinĂ© Ă  faire dĂ©couvrir l’orchestre par tous les curieux, petits et grands : “Piccolo, Saxo et compagnie, ou la petite histoire d’un grand orchestre” d’AndrĂ© Pop (oĂč l’humour pincĂ©, allusif du rĂ©citant Peter Ustinov sait exprimer les nuances du texte de Jean Broussolle) ; “Variations et fugue sur un thĂšme de Purcell” de Benjamin Britten (crĂ©Ă© en 1946, aussi intitulĂ© “The Young Person’Guide to the Orchestra” avec la voix du jeune Lorin Maazel) ; enfin opĂ©ra magique par excellence, – et aussi conte initiatique et philosophique, c’est le propre des Ɠuvres les plus fascinantes d’ĂȘtre aussi des leçons de vie outre leur caractĂšre poĂ©tique et d’enchantement, une version Ă©courtĂ©e mais irrĂ©sistible de La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart (l’ultime opĂ©ra de Wolfgang crĂ©Ă© en 1791), dans la version berlinoise de Ferenc Fricsay (texte de Lucien AdĂšs, dit par Claude Rich). MĂȘme pour les mĂ©lomanes les plus avertis, chacun des contes musicaux rĂ©unis ici affirme une force poĂ©tique irrĂ©sistible oĂč la musique, langage universel, touche immĂ©diatement l’esprit et le cƓur de chaque auditeur. On est constamment saisi par le chant des instrument et le langage de l’orchestre. GrĂące Ă  la musique, la magie opĂšre. L’Ă©ducation musicale des enfants et de leurs parents est ainsi magistralement rĂ©alisĂ©e. Coffret Ă©vĂ©nement alliant dĂ©couverte, amusement, jubilation… le coffret, par son contenu, relĂšve d’un mĂ©dicament nĂ©cessaire, d’un baume pour l’esprit : un must pour votre santĂ© culturelle et musicale. Heureuse rĂ©Ă©dition. A ne manquer sous aucun prĂ©texte.

 

 

 

CLIC D'OR macaron 200CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce : “Raconte-moi en musique….” (4 cd Deutsche Grammophon). Parution du coffret : le 12 fĂ©vrier 2016. Coffret CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016, grande critique Ă  venir dans le mag cd livres dvd de classiquenews.com

 

 

 

CD, compte rendu critique. Placido Domingo 2016. The 50 greatest tracks / Double coffret des 75 ans (2 cd Deutsche Grammophon)

Domingo placido the 50 greatest tracks placido domingo 75 ans review critique cd CLASSIQUENEWSCD, compte rendu critique. Placido Domingo 2016. The 50 greatest tracks / Double coffret des 75 ans (2 cd Deutsche Grammophon). Vaste tour d’horizon du plus cĂ©lĂšbre tĂ©nor au monde aprĂšs Pavarotti et qui comme lui, combine longĂ©vitĂ© vocale et intelligence artistique. Pour ses 75 ans en 2016, Deutsche Grammophon rend un (premier) hommage par ce double coffret commĂ©moratif, Ă  Placido Domingo (nĂ© Ă  Madrid le 21 janvier 1941), traversant les multiples rĂŽles d’une carriĂšre marquante par sa pertinence, son sens de la justesse poĂ©tique, son constante quĂȘte de la sincĂ©ritĂ© dramatique. Domingo n’est pas seulement un tĂ©nor Ă  la voix prodigieuse, c’est surtout un acteur nĂ©, douĂ© de subtilitĂ© qui lui permet d’aborder chaque personnage avec un souci expressif d’une rare sĂ©duction. Devenu aujourd’hui baryton, et malgrĂ© une usure de la voix repĂ©rable, le madrilĂšne doit sa gloire lĂ©gitime Ă  des phrasĂ©s millimĂ©trĂ©s dans toutes les langues, en particulier, singuliĂšrement dĂ©tectable dans le français romantique de Don JosĂ© (Carmen de Bizet) ou surtout d’Hoffmann dans les Contes d’Hoffmann d’Offenbach ici, courte Ă©vocation de 1972 (l’une de ses plus anciennes gravures dans la prĂ©sente sĂ©lection : plage 20 cd1). Outre son sens du texte, son dramatisme linguistique, Domingo est capable d’aigus ardent et mĂ©talliques d’une tenue impeccable (comme en tĂ©moigne, plage 21 cd1, de 1984, l’air de Manrico : “Di Quella pira”, sous la direction de Giulini).

Les 75 ans de Placido Domingo

Parmi le florilĂšge Ă©tendu donc qu’offrent les 2 cd commĂ©moratifs du tĂ©nor vĂ©nĂ©rable autant que miraculeusement tenace, citons ici les grands rĂŽles de son rĂ©pertoire, bien reprĂ©sentĂ©s dans le choix de ce double coffret :
Rodolfo (avec Cotrubas : Brindisi de La Traviata de Verdi, sous la direction de Carlos Kleiber de 1976) ; Samson de Samson et Dalila de 1978 sous la direction de Georges PrĂȘtre : ample extrait oĂč le tĂ©nor dĂ©fend un sens du texte en français exemplaire (plus de 6mn, reflĂ©tant la complexitĂ© humaine et hĂ©roique du protagoniste, Ă©pris de Dieu). Fervent et blessĂ© Werther de Massenet (Chailly, 1979) d’une totale vĂ©ritĂ©. Comme son JosĂ© de Bizet dĂ©jĂ  citĂ© (1975, avec Solti Ă  Londres) : soit deux immenses rĂŽles qui suffiraient Ă  imposer dĂ©finitivement l’interprĂšte, superbe acteur, rĂ©vĂ©lant une intensitĂ© intĂ©rieure dĂ©chirante. Hoffmann donc dĂ©jĂ  citĂ© et dans un plus large extrait sous la direction de Seiji Ozawa en 1986 (triomphant et clair dans le fameux air “Dans la cour d’Eisenach”.

Distinguons aussi ses Wagner tout aussi convaincants : Lohengrin avec Solti en 1986 (air confession rĂ©vĂ©lation oĂč le chevalier Ă©lu rĂ©vĂšle son identitĂ© : “In fernem Land, unnahbar euren Schritten” : l’articulation sobre de l’allemand y dĂ©montre l’instinct du diseur, son sens de la ligne qui fera l’admiration de l’un de ses Ă©mules, Villazon. Domingo est ainsi, ce que l’on oublie parfois, un immense wagnĂ©rien. Son Parsifal que nous avons eu la chance d’Ă©couter Ă  Bastille relevait du mĂȘme mĂ©tier, prĂ©cis, nuancĂ©, ciselĂ©).
Aux cĂŽtĂ©s de Verdi, oĂč il est naturel et flexible, convaincant et ciselĂ©, Puccini se taille une autre part du lion : Mario Cavaradossi de La Tosca (Sinopoli, 1990, et Zubin Mehta en 1990), Edgar (2005), Des Grieux (Manon Lescaut, Sinopoli, 1984).

Le CD2 regroupe tous les tubes latinos qui complĂštent les choix du cd1 mettant en avant ses grands rĂŽles Ă  l’opĂ©ra. Evidemment L’irrĂ©sistible et scintillant Granada de Lara (1975), le caressant El dia que me quieras d’aprĂšs Le Pera / Gardel, rĂ©vĂ©lant le crooner argentin (1981) ; sans omettre la sincĂ©ritĂ© recueillie du Panis Angelicus (en son souffle idĂ©alement gĂ©rĂ©) de Franck (2002) ; surprenant, la transposition d’un Wesendonck-lieder de Wagner (Der Engel, sous la direction de Marcello Viotti en 2002)
Mais l’instinct d’un canto sĂ©ducteur alliĂ© Ă  un legato envoĂ»tant s’affirment mieux qu’ailleurs, au registre plus lĂ©ger, proche de l’opĂ©rette, dans la zarzuela dont Domingo aura Ă©tĂ© un fidĂšle et long interprĂšte : l’ardeur tragique de No puede ser (La taberna del puerto de SorozĂĄbal, 1990) ou chez Lehar, faussement insouciant mais d’une poĂ©sie suggestive que le tĂ©nor (douĂ© d’un’ finesse naturelle rĂ©element dĂ©sarmante) savait comprendre intuitivement (Das land des LĂ€chelns, Dein ist mein ganzes Herz, 1990). Le tour d’horizon est dans sa diversitĂ© trĂšs fidĂšle Ă  l’Ă©nergie dramatique du tĂ©nor mythique, diseur, tragĂ©dien, d’une exceptionnelle vĂ©ritĂ© vocale. Et pour ce 21 janvier 2016, donc pour vos 75 ans, bon anniversaire Placido !

CD, compte rendu critique. Placido Domingo 2016. The 50 greatest tracks / Double coffret des 75 ans. 2h45mn. 2 cd Deutsche Grammophon 0028947953210

Visitez le site officiel de Placido Domingo :
http://www.placidodomingo.com

CD, coffret Ă©vĂ©nement. “111, The collector’s edition 1 et 2″ (111 cd). Deutsche Grammophon

coffret-deutsche-Grammophon-111-111-cd-review-critique-classiquenews-CLIC-de-decembre-2015CD, coffret Ă©vĂ©nement, compte rendu critique. The collector’s edition 1 et 2 (Deutsche Grammophon). Pour NoĂ«l 2015, Deutsche Grammophon publie une somme incontournable, en rĂ©Ă©ditant le fleuron de ses archives, cĂ©lĂ©brant 111 personnalitĂ©s parmi les interprĂštes qui ont fait son catalogue depuis les origines : le livret du cycle 1 (rouge) prĂ©sente l’historique d el saga DG depuis 1899 jusqu’en 2009 (11Ăšme dĂ©cennie de politique artistique et de rĂ©alisation discographique). Le mĂ©ga coffret des 111 ans de Deutsche Grammophon est de fait une boĂźte miraculeuse. En 2009, Deutsche Grammophon cĂ©lĂ©brait son 111 Ăšme anniversaire en publiant une premiĂšre Edition Collector (“111, The Collector’s edition 1″ en rouge) en 55 cd, suivie en 2010 d’un deuxiĂšme volume  (“111, The Collector’s edition 2″ en jaune)  comptant 56 cd. Le clin d’Ɠil n’a pas Ă©chappĂ© au mĂ©lomane averti : le nombre de disques des deux coffrets rĂ©unis s’élĂšve à
 111. Il fallait donc pour achever l’Ă©dition les rĂ©unir en un seul. Depuis leur publication de 2009 et 2010, les 2 Ă©ditions limitĂ©es sont Ă©puisĂ©es … mais Deutsche Grammophon rĂ©Ă©dite pour NOEL 2015, les deux cycles en un seul coffret (Ă©vĂ©nement).

Le coffret 2015, The Collector’s Editions en 111 cd, compose ainsi un best of de tout le trĂšs riche catalogue de la prestigieuse marque jaune, soit une discothĂšque Ă  part entiĂšre, l’anthologie des grands artistes de Deutsche Grammophon, prĂ©sentĂ©s ainsi alphabĂ©tiquement : chefs, chanteurs, solistes (pianistes, violonistes, guitaristes…),  – de Claudio Abbado et Martha Argerich Ă  Yuja Wang et Krystian Zimerman –, Ă  travers un rĂ©pertoire particuliĂšrement Ă©largi, faisant fi des Ă©poques et des formes musicales (musique sacrĂ©e, symphonies, concertos, musique de chambre, rĂ©cital lyrique, opĂ©ras, oratorios… –  de Monteverdi Ă  PĂ€rt.

Grands classiques, albums cultes, bestsellers
 c’est une cĂ©lĂ©bration de l’art de la musique et du gĂ©nie de l’interprĂ©tation musicale – provenant de la maison de disques berlinoise qui a rendu tout cela possible.

 

111 coffret deutsche grammophon 2 coffrets noel 2015RĂ©parties en quatre mini boĂźtiers intĂ©rieurs (jaunes et rouges selon l’Ă©dition concernĂ©e) les 111 disques, Ă©ditĂ©s avec leur visuels de couverture d’origine sont accompagnĂ©s de deux importants livrets de 140 pages chacun (jaune et rouge) oĂč figurent tracklistings, articles de prĂ©sentation, photos d’archives. Un vĂ©ritable trĂ©sor pour le discophile, amateur et connaisseur soucieux de (re)dĂ©couvrir des joyaux oubliĂ©s ; pour les curieux nĂ©ophytes dĂ©sireux de se constituer une premiĂšre discothĂšque ouverte et incluant les champions de toutes les esthĂ©tiques et de tous les rĂ©pertoires (par exemple au chapitre baroque figurent les acteurs majeurs qui ont participĂ© Ă  la formidable Ă©popĂ©e de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e : Goebel, Gardiner, Pinnock, Minkowski (et son formidable album Rameau symphonique par exemple…), McCreesh (dont une excellent Grande Messe de Mozart avec ses Gabrieli Consort & Players (2005).

Les lyricophiles seront tout autant comblĂ©s, redĂ©couvrant les indĂ©modables : Carmen par Berganza et Abbado ; Cotrubas et Kleiber dans La Traviata…, le duo Villazon et Netrebko, les mezzos Kozena et Von Otter, sans omettre les barytons Terfel ou Quasthoff, ni la version opĂ©ratique de West Side Story par Bernstein lui-mĂȘme (1985)…

 

 

FlorilĂšge Deutsche Grammophon
en 111 cd

 

 

CLIC D'OR macaron 200Parmi les perles de ce corpus incontournable : Argerich et Abbado pour le Concerto pour piano de Ravel ; Boulez, cristallin, prĂ©cis pour Petrouchka et le Sacre de Stravinsky ; Barenboim dans la Sonate Clair de Lune de Beethoven ; … et ainsi jusqu’Ă  Krystian Zimerman (incroyable funambule inspirĂ© dans les Concertos pour piano 1 et 2 de Liszt (avec Ozawa). Les anciens indĂ©modables d’une sensibilitĂ© inouĂŻe, souvent servis par une prise de son d’un relief saisissant malgrĂ© la date de rĂ©alisation, sont aussi bien prĂ©sents, porteurs d’une Ă©thique inspiratrice pour public et nouvelles gĂ©nĂ©rations de musiciens ; citons entre autres ceux qui nous touchent infiniment tels : un brahmsien oubliĂ© Ă©blouissant, Victor De Sabata (n°4 avec le Berliner, 1939) ; L’immense Ferenc Fricsay, Ă©lĂ©gantissime, incandescent dans un programme rĂ©unissant les valses des Stauss, Johann I et II (1961, Orchestre symphonique de la Radio de Berlin) ; la 5Ăšme de Beethoven par Carlos Kleiber (Wiener Philharmonic, 1975) ; superbe et si ciselĂ©e Symphonie n°6 “PathĂ©tique” de Tchaikovsky par Jewgenij Mrawinski (Philharmonique de Leningrad, 1961) ; le violon solaire, diamantin aux phrasĂ©s Ă©toilĂ©s de David Oistrakh (Concerto pour violon de Tchaikovsky (Staatskapelle de Dresde, Franz Konwitschny, 1954)…  et notre diva Ă©ternellement angĂ©lique, la divine coloratoure Rita Streich (rĂ©cital Mozart, Rossini, Verdi, 1954-1958).

 

 

Parmi la nouvelle gĂ©nĂ©ration de pianistes (aux cĂŽtĂ©s de lang Lang, HĂ©lĂšne Grimaud, et des aĂźnĂ©s lĂ©gendaires Gilels, Benedetti-Michelangeli, Horowitz, Richter, Pollini… : Alice Sara Ott (Etudes d’exĂ©cution transcendante de Liszt), Yuja wang (Chopin, Liszt, Ligeti), et bien sĂ»r la fiĂšvre rythmique du latino Gustavo Dudamel (Album Fiesta, colorĂ©, nostalgique, impĂ©tueux)… Eclectique, et aussi pointue, la sĂ©lection opĂ©rĂ©e ainsi par Deutsche Grammophon offre une somptueuse entrĂ©e dans le classique par des interprĂštes inoubliables, quelles que soient les Ă©poques, les styles. A chaque interprĂšte, une leçon de sincĂ©ritĂ© et de vĂ©ritĂ©.

 

 

 

 

CD, coffret Ă©vĂ©nement. “111, The collector’s edition 1 et 2″ (56cd et 55cd = 111 cd). Deutsche Grammophon. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2015.

 

 

Nouvelle playlist digitale : Classique mais pas has been

cover CMPHB def

 

 

Uniquement accessible sur le net, la nouvelle playlist Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon s’affirme tel un modĂšle du genre  parmi les « purs digitaux » (d’oĂč l’obtention de notre label de qualitĂ© : le CLIC de classiquenews de dĂ©cembre 2015) : Ă©clectique mais cohĂ©rente, diverse et trĂšs attractive grĂące Ă  la sĂ©lection opĂ©rĂ©e d’autant plus facile Ă  Ă©couter que ses enchaĂźnements sont fluides, la playlist CLASSIQUE MAIS PAS HAS BEEN par son concept originel est la playlist pour (re)dĂ©couvrir les rĂ©fĂ©rences du classique, non pas les Ă©ternels standards usĂ©s et rĂ©utilisĂ©s mais ceux moins connus qui pourtant se rĂ©vĂšlent particuliĂšrement attractifs voire saisissants. L’ordre, le choix, l’idĂ©e gĂ©nĂ©ral en sont les fruits sĂ©duisants de la bloguese et journaliste SĂ©verine Garnier, avec laquelle Classiquenews s’est entretenu (lire notre entretien Ă  venir).

 

 

 

Nouvelle compilation digitale : « Classique mais pas has been »

Le HAS BEEN n’est pas CLASSIQUE

 

 

La compilation, conçue en collaboration avec Decca Records sous Ă©tiquette Deutsche Grammophon ne ressemblent pas les tubes cent fois entendus (dans des versions qui ont souvent plus de trente ans), mais souligne la grande sĂ©duction de morceaux spĂ©cifiquement choisis pour redĂ©couvrir la musique classique. Les chefs-d’Ɠuvre y sont interprĂ©tĂ©s par de jeunes artistes et enregistrĂ©s tout rĂ©cemment pour les labels Decca et Deutsche Grammophon.

cover CMPHB defSĂ©lection… Parmi les pĂ©pites de la playlist CLASSIQUE MAIS PAS HAS BEEN : le Printemps de Vivaldi en version remixĂ©e, une musique d’un film d’Emir Kusturica et une piĂšce de Nico Muhly, jeune compositeur amĂ©ricain de 30 ans
 Piano, opĂ©ra, violon, opĂ©rette
 rĂ©cital, musique de chambre, grands frissons symphoniques ou vertiges de l’opĂ©ra : il y en a pour tous les goĂ»ts. Une idĂ©e de cadeau parfaite pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e.

 

 

 

CONSULTER la playlist CLASSIQUE MAIS PAS HAS BEEN

 

 

 

 

 

 

cover CMPHB defPlaylist CLASSIQUE MAIS PAS HAS BEEN : genĂšse. Entretien avec la conceptrice de la compilation que Deutsche Grammophon propose en dĂ©cembre 2015, SĂ©vĂ©rine Garnier, blogueuse militante pour qui la musique classique, le vintage le plus tendance qui soit, a encore beaucoup de choses Ă  nous dire… Eclaircissement sur les coulisses de la playlist, sur les critĂšres qui ont guidĂ© le choix des Ɠuvres et de leurs versions sĂ©lectionnĂ©es.

 

 

 

 

 

A travers l’intitulĂ© « Classique mais pas has been »,  qu’avez-vous souhaitĂ© dĂ©montrer ?

 

SG, SĂ©verine Garnier : Il y a dix ans, alors que j’étais journaliste, j’ai trouvĂ© un travail qui me rapprochait de la musique classique, ma passion. Je pratiquais la musique en amateur et j’avais une vision assez vague des compositeurs, des artistes, des Ɠuvres
 ce que les mĂ©dias grand public en montraient, c’est Ă  dire une toute petite partie de l’iceberg ! En travaillant dans ce milieu, j’ai dĂ©couvert deux choses : d’abord, on s’y plaignait d’un public vieillissant, on Ă©voquait le passĂ© glorieux de la musique classique en soupirant de nostalgie. Pourtant, ce fut ma deuxiĂšme constatation, les interprĂštes Ă©taient souvent trĂšs jeunes. Je rencontrais des artistes exceptionnels qui n’avait que 25 ans – mon Ăąge Ă  l’époque. Ils Ă©taient prĂȘts Ă  dĂ©fendre des compositeurs moins connus comme Charpentier ou Scriabine, Ă  parler au grand public de leur passion, mais n’avaient pas ou peu de visibilitĂ© dans les mĂ©dias. Les directeurs de journaux faisaient la moue quand on Ă©voquait le classique et je ne comprenais pas pourquoi. Pourtant, cela ne chagrinait personne de voir un article sur l’indĂ©modable petite robe noire de Chanel (1926) ou sur le retour de la mariniĂšre ! Je me suis dit : la musique classique c’est le vintage par excellence ! Un Ɠuvre Ă©crite en 1715 est toujours jouĂ©e. Cette idĂ©e est au cƓur de ma dĂ©marche journalistique, celle que je veux dĂ©fendre dans les articles que j’écris dans la presse rĂ©gionale et nationale gĂ©nĂ©raliste. J’ai ouvert un blog en 2010 et lui ai donnĂ© ce titre : Classique mais pas has been !

 

 

 

 

De combien de plages différentes est composée la Playlist ? Quelle est sa durée ?

 

SG : La playlist « Classique mais pas has been – Deutsche Grammophon » sera vendue Ă  partir du vendredi 27 novembre en format digital. Elle sera disponible sur les plateformes de tĂ©lĂ©chargement tels que iTunes et Quobuz au prix de 8,99 ttc. Nous avons sĂ©lectionnĂ© 45 pistes
 un petit clin d’Ɠil au 45 tours pour le cĂŽtĂ© vintage ! Elle dure un peu moins de 4 heures. On pourra Ă©galement l’écouter gratuitement sur les sites de streaming – Spotify et Deezer – mais pas en intĂ©gralité : le 27 novembre, 25 titres seront disponibles et nous ajouterons 5 titres chaque vendredi jusqu’à NoĂ«l
 un calendrier de l’Avent en quelque sorte !

 

 

 

 

Dans quels fonds d’archives puise la compilation ?

 

SG : Universal m’a ouvert les catalogues des labels Decca et Deutsche Grammophon
 Vous imaginez ? Ce sont les deux plus importants labels de classique du groupe. Les plus grands interprĂštes y sont reprĂ©sentĂ©s, un rĂ©pertoire trĂšs large aussi. Que choisir ? Qui choisir ? Dans la lignĂ©e du propos de Classique mais pas has been, je ne voulais pas rĂ©aliser une nouvelle compilation du type de  « J’aime pas le classique mais  ». J’ai constatĂ© que, dans ces compilations, on retrouve non seulement les mĂȘme Ɠuvres, les chefs-d’Ɠuvre connus d’un grand nombre de mĂ©lomanes, mais surtout les mĂȘmes versions : La « ChevauchĂ©es des Walkyries » dirigĂ©e par Karajan, les « ScĂšnes d’enfants » de Schumann par Martha Argerich, etc.

 

 

 

 

 

Comment avez-vous composé le contenu ? Selon quels critÚres ?

 

SG : J’ai volontairement Ă©cartĂ© les parutions datant de plus de dix ans. Pour certains artistes, ce fut un vrai dilemme
 mais le but Ă©tait de surprendre, de faire des propositions diffĂ©rentes, de mettre la jeune gĂ©nĂ©ration en avant, comme les chanteuses Julie Fuchs ou Pumeza. Certes, il y a des « tubes » parus dans ces dix ans dont je ne voulais pas me passer, « Pourquoi me rĂ©veiller » de Jonas Kaufmann par exemple. La rĂšgle Ă©tablie est la suivante : les chefs-d’Ɠuvre sont interprĂ©tĂ©s par de jeunes musiciens, tandis que les musiciens plus cĂ©lĂšbres offrent des Ɠuvres plus rares ou surprenantes. Par exemple : « Rhapsody in blue » est jouĂ© par Benjamin Grosvenor et le « Concerto pour violoncelle » d’Elgar par Elisa Weilerstein. VoilĂ  pour les « tubes ». Et pour les stars : Max Emmanuel Cenčić chante un air de Hasse et Nemanja Radulovic joue un extrait de la bande originale d’un film d’Emir Kusturica. J’ai aussi essayĂ© de mettre en avant des compositeurs de tous les siĂšcles : Praetorius (nĂ© en 1571) et Nico Muhly (nĂ© en 1981). PlutĂŽt que de faire entendre la partition originale des « Quatre saisons » de Vivaldi, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© choisir cette Ɠuvre dans la version classique/tendance Ă©lectro de Max Richter.

 

 

 

Comment assurer Ă  la fois l’unitĂ©, la cohĂ©rence et la continuitĂ© des sĂ©quences ?

 

SG : Puisqu’il n’y a pas de thĂ©matique commune, je ne sais si l’on peut parler d’unitĂ©. En 45 pistes, j’ai essayĂ© de balayer un spectre trĂšs large : il y a beaucoup de piano mais aussi de la mandoline et de la clarinette, du lyrique et du symphonique, du baroque et du contemporain. Surprendre pour provoquer l’écoute. Avec l’équipe d’Universal, nous avons jouĂ© sur une alternance de genres et sur des rythmes diffĂ©rents. J’ai souhaitĂ© par exemple commencer par un extrait des « Variations sur un thĂšme de Paganini » de Rachmaninov par le pianiste Daniil Trifonov
 la piste dure 18 secondes ! La playlist termine sur une piste de 17 minutes qui est surement la plus longue de la compilation. Les pistes sont en moyenne de 4 ou 5 minutes. Je n’ai pas mis de concerto en entier et j’ai mĂȘme coupĂ© la Sonate en si mineur de Liszt
 sacrilĂšge ! J’ai bien sĂ»r demandĂ© son accord Ă  l’interprĂšte, Claire-Marie Le Gay.

 

 

 

A qui s’adresse cette Playlist ?

 

SG : Le succĂšs des compilations Ă©voquĂ©es plus haut montre qu’il y a un public demandeur d’une porte d’entrĂ©e dans cet ocĂ©an qu’est le classique
 soit cinq siĂšcles de compositions ! C’est encore plus vrai pour les utilisateurs de Spotify, Deezer, etc. Pour le genre classique, ces sites sont assez fournis mais le rĂ©fĂ©rencement est trĂšs incertain. Devez-vous chercher « ScĂšnes d’enfants » ou « Kinderszenen » ? « Rachmaninov » ou « Rachmaninoff » ? Le soliste ou le chef ? etc. Bon courage pour trouver le SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg ! Ces sites sont faits pour un format de musique liĂ© Ă  la pop : un groupe ou un artiste, un titre. RĂ©sultat : on passe Ă  cĂŽtĂ© des versions les plus belles. Il faut un fil d’Ariane pour commencer ou poursuivre la dĂ©couverte de ce style de musique si puissant qu’est le classique : la Playlist “Classique mais pas has been” est faite pour ca.

 

 

 

 

Propos recueillis par Alexandre Pham

 

 

 

 

CD, compte rendu critique. Coffret Stravinsky : complete edition (30 cd Deutsche Grammophon).

stravinsky complete edition deutsche grammophon review presentation account of compte rendu critique CLASSIQUENEWS CLIC de classiquenews octobre 2015CD, annonce. Coffret Stravinsky : complete edition (30 cd Deutsche Grammophon). SimultanĂ©ment aux autres coffrets Ă©vĂ©nement dĂ©diĂ©s Ă  Martha Argerich (the complete recordings on Deutsche Grammophon) et Sibelius Ă  l’occasion du 150 Ăšme anniversaire du compositeur finnois, DG nous gratifie en octobre 2015 d’un troisiĂšme somptueux coffret, celui lĂ  consacrĂ© Ă  Igor Stravinsky, regroupant l’essentiel de ses bandes prestigieuses globalement trĂšs convaincantes pour une intĂ©grale Stravinsky qui fera date. La boĂźte est d’autant plus miraculeuse et apprĂ©ciĂ©e qu’elle ne correspond en vĂ©ritĂ© Ă  aucune cĂ©lĂ©bration particuliĂšre… C’est de l’aveu du responsable Ă©ditorial, l’aboutissement d’un travail de recherche de plusieurs annĂ©es, Roger Wright, conscient dĂšs les annĂ©es 1990, quand il collaborait activement Ă  l’enrichissement du catalogue de la major, de la richesse exceptionnelle du fonds Stravinsky chez DG. L’idĂ©e d’une intĂ©grale discographique a donc trĂšs rapidement germĂ© : elle se concrĂ©tise aujourd’hui, permise grĂące Ă  un jeu d’enregistrements rĂ©alisĂ©s en divers lieux, Ă  diffĂ©rentes pĂ©riodes… afin de constituer Ă  terme, une intĂ©grale digne de son intention premiĂšre.

CLIC D'OR macaron 200Tour d’horizon. Piliers de ce coffret Stravinsky 2015 : Pulcinella d’Abbado, (1978), Les Noces de Bernstein (avec les pianistes Argerich et Zimerman, 1977), le Concerto pour violon par Anne-Sophie Mutter, surtout Oedipus Rex (1926) de 1991 enregistrĂ© Ă  Chicago par un James Levine Ă©ruptif et affĂ»tĂ© avec l’excellentissime tĂ©nor Philip Langridge (et Jules Bastin en narrateur français), l’Histoire du soldat avec Tom Courtenay, sans omettre The Rake’s progress pilotĂ© alors par Gardiner en1997 (avec deux chanteurs au sommet de leur potentiel expressif, Bryn Terfel, le baryton gallois en Nick Shadow et Ian Bostridge dans le rĂŽle-titre : Rake) ; les trois ballets pour Diaghilev par Pierre Boulez (nouvelles versions particuliĂšrement reprĂ©sentatives de l’engagement du chef français chez DG en 1990) ; soit un noyau de lectures aujourd’hui incontestables sur le plan interprĂ©tatif et artistique, que plusieurs complĂ©ments tout aussi avisĂ©s ont enrichi ensuite : Symphonie en mi bĂ©mol par Mikhail Pletnev (qui venait d’enregistrer une trĂšs sĂ©rieuse intĂ©grale des Symphonies de Tchaikovsky), le Baiser de la fĂ©e et un cycle dĂ©diĂ© aux Ɠuvres ultimes de Stravinsky par Oliver Knussen, fervent adepte du dĂ©tail, et tout autant fin dramaturge, pĂšsent aussi de tous leur poids.

Outre l’intĂ©rĂȘt des interprĂ©tations ici rĂ©unies, soulignons aussi l’importante notice de prĂ©sentation avec essai biographique sur la personnalitĂ© multiple et complexe de Stravinsky, en français, anglais, allemand Ă  travers les grandes pĂ©riodes crĂ©atrices de l’ex Ă©lĂšve de Rimski, devenu amĂ©ricain en 1945 et qui cĂšde aprĂšs de multiples accents toujours visionnaires et modernistes aux potentialitĂ©s dodĂ©caphoniques au tournant des annĂ©es 1950-1960… (aprĂšs la mort de Schoenberg – son voisin lui aussi exilĂ© Ă  Los Angeles, et aprĂšs avoir crĂ©Ă© pour la Biennale de Venise, son opĂ©ra The Rake’s progress en 1951… qui demeure sa derniĂšre offrande nĂ©oclassique). L’Ă©clairage sur cette derniĂšre sĂ©quence de la vie si riche et dense de Stravinsky, celui dodĂ©caphoniste, prolongeant aprĂšs le dĂ©cĂšs de Schoenberg, les recherches sur le mĂ©tier sĂ©riel, reste captivant et fait entre autres, la grande valeur de ce coffret, Ă©ditorialement pensĂ© : les derniĂšres Ɠuvres, Abraham and Isaac – comme le Viennois Schoenberg avait composĂ© toute sa vie Moses und aron-, puis Variations enfin Requiem Canticles de 1965-1966, ces deux derniĂšres partitions jouĂ©es par Oliver Knussen, maestro rĂ©vĂ©lĂ© par cette intĂ©grale), enfin Agon, ballet pour Balanchine qui ne comporte certes qu’un seul Ă©pisode vĂ©ritablement dodĂ©caphonique, en tĂ©moignent particuliĂšrement. L’apport de cette somme est incontestable. Louons prĂ©cisĂ©ment le scrupule Ă©ditorial qui mieux qu’ailleurs, prĂ©sente en fin de livret, l’ensemble des enregistrements prĂ©cisant sur le mĂȘme page, numĂ©ro du cd, date et lieu d’enregistrement… une manne informative qui ici est heureusement synthĂ©tisĂ©e sur la mĂȘme feuille. Confort de lecture exemplaire pour l’amateur soucieux de suivre selon la chronologie, chaque lecture.

knussen_oliver_knussen_389487cAnalyse. Ainsi, les connaisseurs soucieux d’une sonoritĂ© limpide et dĂ©taillĂ©e pourront y goĂ»ter le geste millimĂ©trĂ© du français Pierre  Boulez cĂ©rĂ©bral et pointillisme,  Ă©pris de clartĂ© et de mesure : L’oiseau de feu  (1909/1910) Ă  la tĂȘte du Chicago Symphony orchestra; Petrushka, Le rossignol et le chant du rossignol, et Le Sacre du printemps avec le Cleveland orchestra; sans omettre les Symphonies en mi bĂ©mol ou celle d’instruments Ă  vents. Autre accomplissement anthologique :  l’Ă©poustouflant Oedipus Rex par James Levine avec dans le rĂŽle tire et dans celui de Jocaste, l’exceptionnel Philip Langridge, incantatoire, humain, hallucinĂ© et l’Ă©blouissante Florence Quivar, consoeur jumelle  d’une Jessye Norman si Ă©blouissante elle-aussi, dans le rĂŽle sous la baguette Ă©tincelante de Seiji Ozawa. Le plus surprenant ici demeure aux cĂŽtĂ©s des autres Claudio Abbado, Bernstein ou Chailly, l’excellent et rĂ©cent Oliver Knussen : Le baiser de la fĂ©e  (1928) avec le Cleveland orchestra, orcheste desormais si boulezien pour Stravinsky ; mais aussi Le DĂ©luge  (1961) avec le London sinfonietta ; Ode (1943), Variations (1963); Requiem canticles  (1966); Storm cloud  (1902); Faune et bergĂšre opus 2  (1906); et donc, Abraham et Isaac, ballade sacrĂ©e  (1963); autant de partitions relevant de la petite forme et de la grande forme qui affirme la justesse d’un geste musical.

stravinsky chef orchestre compositeur et maestroSoulignons la suite de L’Oiseau de feu (1945) par Mikhail Pletnev et l’Orchestre national russe. Soulignons aussi le palpitant The Rake’s progress dans la vision ciselĂ© dramatique de Gardiner qui outre les tĂȘtes d’affiche rĂ©unies pour l’occasion Terfel et Bostridge (Ă  leur sommet), sait aussi unifier la parure orchestrale d’une tenue fĂ©dĂ©ratrice et cohĂ©rente habitĂ©e par la fiĂšvre thĂ©Ăątrale. ComplĂ©ment jubilatoire Ă  ce coffret gavĂ© de joyaux  discographiques incontournables et nous pesons nos mots : L’histoire du soldat par Igor Markevitch et Cocteau en narrateur (1962); Ernest Ansermet pour Petrushka;  Pierre Monteux et Le sacre du printemps de 1956; la version dĂ©sormais lĂ©gendaire du duo Argerich et Barenboim pour la transcription pour 2 pianos du Sacre du printemps, sans passer sous silence l’enregistrement du Concerto pour violon de 1935 avec l’orchestre Lamoureux et Igor Stravinsky soi-mĂȘme Ă  la baguette (Samuel Dushkin au violon).

 

Stravinsky for everNotice livret captivante. Outre la valeur de cette intĂ©grale,servie par des chefs plus que convaincants, Deutsche Grammophon prend soin  d’Ă©diter une vraie notice comprenant plusieurs textes inĂ©dits d’un grand intĂ©rĂȘt documentaire et scientifique : en plus de la derniĂšre sĂ©quence de la carriĂšre du compositeur et l’Ă©clairage sur ses relations avec le sĂ©rialisme de Schoenberg, soulignons aussi au dĂ©but de la carriĂšre, la genĂšse Ă©claircie des premiĂšres partitions parisiennes : on y comprend parfaitement entre autres comment a pu se rĂ©aliser l’exceptionnelle collaboration Diaghilev et Stravinsky: duo  artistique improbable et pourtant miraculeux propre au Paris des annĂ©es 1910. C’est parce qu’il avait perdu son principale mĂ©cĂšne (le grand duc Vladimir Alexandrovitch), et son principal interprĂšte Chaliapine, que Diaghilev se concentra par dĂ©faut sur le ballet sollicitant le jeune Igor Stravinsky, aprĂšs avoir tentĂ© de sĂ©duire plusieurs compositeurs russes plus connus tels Glazounov, Liadov, Sokolov. … Son dessein Ă©tant alors d’inventer un nouveau type de ballet russe Ă  fort caractĂšre folklorique a contrario du ballet importĂ© signĂ© Tchaikovski lequel Ă©tait alors plus occidental que vraiment russe…. La rythmique diabolique, le chatoiement instrumental de l’orchestre de Stravinsky alors inconnu allaient se montrer pour Diaghilev, tout bonnement… miraculeux.

 

 

 

 

Les 30 cd sont divisés en 8 sections :
Oeuvres scéniques (cd 1-12)
Musique orchestrale (cd 13-18)
Musique chorale (cd 19-21)
Musique pour solistes vocaux (cd 22-23)
Musique de chambre (cd 24-25)
Musique pour piano (cd 26-27)
Enregistrements historiques dont ceux par Stravinsky lui-mĂȘme rĂ©vĂ©lant, soulignant l’exactitude du chef (aux cĂŽtĂ©s du compositeur) : cd 28-29
Bonus : cd 30 : Martha Argerich et Daniel Barenboim jouent la version pour piano et percussions du Sacre du Printemps

 

 

 

stravinsky complete edition deutsche grammophon review presentation account of compte rendu critique CLASSIQUENEWS CLIC de classiquenews octobre 2015Coffret Stravinsky : complete edition, 30 cd Deutsche Grammophon. InterprĂštes : Caludio Abbado, Leonard bernstein, Pierre Boulez, Riccardo Chailly, Robert Craft, John Eliot Gardiner, Oliver Knussen, James Levine, Masha Maisky, Anne-Sophie Mutter, Mikhail Pletnev, Maurizio Pollini, Bryn Terfel, Martha Argerich, Daniel Barenboim… 30 cd Deutsche Grammophon 00289 479 4650 Edition Stravinsky 2015. CLIC de classiquenews d’octobre 2015. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

 

Opera de poche : la nouvelle Playlist de Decca et Deutsche Grammophon

opera-de-poche-decca-deutsche-grammophon-playlist-cdINTERNET. Decca / DG lance la Playlist OpĂ©ra de poche. A l’occasion de l’actualitĂ© lyrique en France, Universal music lance une nouvelle offre numĂ©rique. En complĂ©ment Ă  l’opĂ©ra de Puccini, Madama Butterfly, actuellement Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra Bastile Ă  Paris, (jusqu’au 13 octobre 2015), composez votre propre playlist, constituĂ© d’extraits, les sĂ©quences les plus fortes de l’ouvrage, Ă  partir des meilleures interprĂ©tations enregistrĂ©es chez Decca, Deustche Grammophon
  le principe est simple : (re)dĂ©couvrir un opĂ©ra Ă  travers ses tubes dans des versions de rĂ©fĂ©rence en un peu plus d’1h. Avant Madama Butterfly, dĂ©couvrez les ressources de ce projet avec Don Giovanni, l’opĂ©ra des opĂ©ras signĂ©s Mozart et son librettiste, Da Ponte. DĂ©couvrez parmi les trĂšs nombreuses versions disponibles, les extraits et les temps forts de celles qui sont les plus convaincantes


DĂ©couvrez la playlist OPERA DE POCHE #1 DON GIOVANNI : une histoire entre comĂ©die et tragĂ©die oĂč le cĂ©lĂšbre sĂ©ducteur Don Juan (accompagnĂ© de son fidĂšle servant Leporello) court les femmes avant d’ĂȘtre rattrapĂ©e par ses pires dĂ©mons.

En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/playlists/opera-poche-1-don-giovanni/#dsUoOq7WhCbAYc0D.99

Opera de poche : la nouvelle Playlist de Decca et Deutsche Grammophon : (re)dĂ©couvrir un opĂ©ra Ă  partir des versions lĂ©gendaires de Decca et Deutsche GrammophonDisponible en streaming sur toutes les plateformes, connectez-vous oĂč que vous soyez et dĂ©veloppez votre culture musicale en un seul clic. Appuyez sur Play et laissez-vous emporter comme par magie. Libre Ă  vous par la suite de continuer en profondeur la dĂ©couverte de l’opĂ©ra en cliquant sur les versions de rĂ©fĂ©rences choisies sur notre playlist.

En Ă©coute sur DEEZER et sur SPOTIFY.

APPROFONDIR : LIRE notre dossier spécial DON Giovanni de Mozart

CD, annonce. Coffret Martha Argerich : the complete recordings on Deutsche Grammophon (48 cd)

argerich martha imperatrice du clavier coffret evennement major box complete recordings deutsche grammophon presentation review account of CLASSIQUENEWS clic de classiquenewsCD, coffret Martha Argerich : the complete recordings on Deutsche Grammophon (48 cd). FĂ©line, fantasque, noctambule
 l’impĂ©ratrice du piano, 74 ans en 2015, Martha Argerich ex Ă©lĂšve de Friedrich Gulda Ă  Vienne est l’objet d’un portrait majeur en 48 cd, soit l’intĂ©grale de ses enregistrements pour Deutsche Grammophon, label avec lequel la pianiste argentine travaille et enregistre depuis le dĂ©but des annĂ©es 1960 (1961, premier album dĂ©diĂ© Ă  Chopin, Brahms, Liszt, Ravel
) alors que la jeune prodige avait remportĂ© les Premiers Prix de Bolzano et de GenĂšve (1957), pas encore celui du Concours Chopin de Varsovie en 1965. Au total, c’est le rĂ©pertoire essentiellement romantique qui se dĂ©voile sous ses doigts de velours : de 1960 Ă  2014 (dont le fameux duo avec Daniel Barenboim Ă  la Philhamronie de Berlin dĂ©diĂ© entre autres Ă  la version pour 2 Pianos du Sacre du printemps de Stravinsky, cd 43
, voici l’hĂ©ritage discographique d’Argerich chez Deutsche Grammophon. Chopin, Ravel, Liszt et Prokofiev on ensuite concentrĂ© son travail d’interprĂšte
 en tĂ©moignent les premiers enregistrements symphoniques qui ont suivi ; pour DG, Argerich conçoit plusieurs rĂ©citals en solo, surtout en duo (avec le violoniste Gidon Kremer et le violoncelliste Mischa Maisky entre autres). Figurent donc tous ses grands Concertos romantiques pour piano et orchestre (Beethoven, Liszt, Ravel, Tchaikovski, Schumann, Rachmaninov sous la baguette de Sinopoli, Abbado, Dutoit, Rostropovitch, Kondrashin, Chailly, et aussi les prolongements et accomplissements menĂ©s avec ses partenaires familiers aux sin de son festival de Lugano pour le Progetto Martha Argerich, Ă  partir de 2002.

Poétesse impériale du clavier

Martha Argerich : les notes fauves

argerich martha cd review and presentation on CLASSIQUENEWS.COM CLIC de classiquenews complete_recordings_on_dg_48cd-34669713-frntlLe coffret trĂšs complet sur les goĂ»ts et le jardin secret de la pianiste lĂ©gendaire comprend en fin de cycle plusieurs enregistrements des dĂ©buts chez DG, propres aux annĂ©es 1960 d’oĂč se distinguent ses lectures hypnotiques de FrĂ©dĂ©ric Chopin, compositeur de la nuit comme elle. Parmi les pĂ©pites remarquables de ce coffret Ă©vĂ©nement, citons son duo avec Nicolas Economou (Rachmaninov et Tchaikovski : transcriptions pour 2 pianos des Danses symphoniques et de Casse-noisette, 1983). Martha Argerich, musicienne affective travaille en famille : elle a toujours aimĂ© s’entourer d’une troupe de partenaires avec lesquels le jeu musical devient partage en affinitĂ©, complicitĂ© stimulante. En tĂ©moignent ainsi des transcriptions rares telles les exceptionnelles Ma MĂšre l’Oie et la Rhapsodie espagnole pour pianos et percus rĂ©alisĂ©es avec Nelson Freire, son frĂšre en musique (1993, cd 31), Les Noces de Stravinsky (version pour 4 pianos, solistes, choeur et perdus sous la direction de Diego Fasolis, juin 2004. Parmi les derniĂšres offrandes discographiques, les Concertos 20 et 25 de Mozart fixĂ©s en 2013 avec Abbado, un an avant la disparition du maestro italien, restent incontournables. Coffret Ă©vĂ©nement. CLIC de classiquenews d’octobre 2015. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

CD, annonce. Coffret Martha Argerich : the complete recordings on Deutsche Grammophon (48 cd)

CD, compte rendu critique : coffret Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon).

sibelius-jean-portrait-classiquenews-eero-jarnefelt-582-594-sibelius-edition-2015CD, compte rendu critique : coffret Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon). Le 8 dĂ©cembre 2015 marque les 150 ans de la naissance du plus grand compositeur finlandais post romantique Jean Sibelius (1865-1957). C’est aussi aprĂšs Malher, l’artisan de la plus stimulante Ă©popĂ©e symphonique du XXĂšme siĂšcle, aux cĂŽtĂ©s des Français Debussy et Ravel. Auteur d’un catalogue resserrĂ© portĂ© par une exigence formelle de plus en plus radicale, le symphoniste fait Ă©voluer le langage musical Ă  l’époque de Mahler et aprĂšs lui : Deutsche Grammophon Ă©dite en un coffret Ă©vĂ©nement, l’hĂ©ritage musical dĂ©tenu dans ses archives sonore. Une somme incontournable qui souligne l’accomplissement de l’écriture orchestrale pure (7 Symphonies par Bernstein, Okko Kamu et surtout Karajan qui dirige ici les Symphonies 4,5,6 et 7). C’est aussi l’occasion de mesurer l’ampleur poĂ©tique de son cycle pour orchestre, choeur et solistes (soprano et baryton) :  Kullervo opus 7 (version originale par Jorma Panula, Turku Philharmonic orch), tous les poĂšmes symphoniques (En saga, Rakastava, Finlandia, l’excellente ChevauchĂ©e nocturne et aurore opus 55
), Ă©videment le Concerto pour violon par Anne Sophie Mutter et AndrĂ© PrĂ©vin, sans omettre les subtiles mĂ©lodies pour basse et bartyon (solistes : Kim Borg et Tom Krause) ; le coffret comprend Ă©galement la musique de chambre (Quatuor Voix intimes / Voces intime opus 56 (Emerson Quartet) et bien sĂ»r les musiques de scĂšne dont la Suite Christian II par Neeme JĂ€rvi (Gothenburg Symphony Orch), PellĂ©as et MĂ©lisande opus 46 par Horst Stein et l’Orchestre de la Suisse romande ; les ScĂšnes historiques I et II (opus 25 et 66), Scaramouche et Le Cygne blanc opus 54, surtout les deux Suites de La TempĂȘte (Jussi Jalas, Hungarian State Symphony Orch). Un festival orchestral variĂ© et affĂ»tĂ© au service d’un maĂźtre de l’écriture symphonique dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂšme siĂšcle. Les amateurs seront comblĂ©s, les curieux non encore convaincus, trĂšs intĂ©ressĂ©s et mis en appĂ©tit. Coffret «  Sibelius Ă©dition » , 14 cd Deutsche Grammophon, CLIC de classiquenews.com (livret notice en anglais et allemand).

Contenu du coffret. Aux cĂŽtĂ©s de l’intĂ©grale des 7 Symphonies dominĂ©es par Karajan et son sens du dĂ©tail et du scintillement orchestral, chacun des 14 cd recĂšle de nombreuses pĂ©pites. Nous mentionnons ici les interprĂ©tations qui nous paraissent les plus mĂ©ritantes, dans un coffret globalement incontournable. Kellervo (cd 6) de plus d’1h de durĂ©e, enregistrĂ© en 1996 jaillit tel un gemme au souffle Ă©pique qui est aussi portĂ© par des ondulations psychiques souterraines, ce que la lecture en provenance du fonds Naxos manifeste clairement, affirme la pensĂ©e narrative et dramatique de Sibelius. D’autant que la baguette de Jorma  Panula ne manque ni de prĂ©cision et d’une saine vitalitĂ© jamais creuse. L’approche tout en soignant l’illustration d’une geste national – ancrĂ©e par son sujet et la langue des solistes et du choeur dans les brumes nordiques finnoises sait aussi dĂ©ployer une formidable tonalitĂ© poĂ©tique qui outrepasse le propos historique et narratif : le dernier tableau  (la mort de Kellervo) est d’abord un superbe poĂšme symphonique aux Ă©clairs choraux d’une profondeur dĂ©lectable.

CLIC D'OR macaron 200Cd 7. En saga  (Marriner 1972) fait retentir ce grand souffle naturaliste qui fait de Sibelius le grand chantre de la nature, un poĂšte symphoniste d’une trempe  exceptionnelle, orchestrateur millimĂ©trĂ© au diapason de son extraordinaire sensibilitĂ© instrumentale. MĂȘme ciselure  et justesse de ton dans le triptyque Rakastava opus 14 (mĂȘme chef, mĂȘme annĂ©e). L’ultra cĂ©lĂšbre FINLANDIA par Neeme JĂ€rvi (1995) rĂ©tablit sous le sujet patriote, l’intention et la sensibilitĂ© panthĂ©iste du compositeur dont la science instrumentale et le souffle Ă©vitent fort heureusement tout acadĂ©misme : le style houleux et ocĂ©anique du grand Sibelius s’y dĂ©verse avec une sensualitĂ© gĂ©nĂ©reuse.

La chevauchĂ©e nocturne opus 55 fait toute la valeur du cd 8 (JĂ€rvi, 1995) : le chef toujours inspirĂ© explore Ă  l’envi l’imaginaire sans limite du formidable conteur Sibelius menant tambour battant et avec un souffle haletant sa narration si singuliĂšre. L’ouverture Les OcĂ©anides dĂ©ploie un mĂȘme sens Ă©perdu et lyrique, entre extase et illuminations en sĂ©rie : le feu millimĂ©trĂ© de Neeme JĂ€rvi dĂ©cidĂ©ment trĂšs inspirĂ© se montre trĂšs convaincant.

Cd 9. Autre argument du coffret le Concerto pour violon par le violon cristallin vif argent d’Anne-Sophie Mutter  (1995) portĂ©e par le geste amoureux de PrĂ©vin, lui-mĂȘme pilote de la Staatskapelle  de Dresde : du trĂšs grand Mutter.

sibelius-edition-sibelius-coffret-14-cd-critique-presentation-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-4795102_Sibelius_Edition_PackshotLe cd 11 a une toute autre pertinence : il rĂ©vĂšle l’acuitĂ© sibĂ©lienne dans le registre chambriste avec point d’orgue l’excellente lecture par les Emerson du Quatuor opus 56 “Voces intimae” / voix intimes (opus majeur de la maturitĂ©, commencĂ© Ă  Londres, achevĂ© Ă  Paris en avril 1909),  fleuron des Quatuor du XXĂš avec l’apport d’un Janacek (Lettres intimes) : l’art de la quintessence, de la litote, si prĂ©sent chez Sibelius fait merveille, dans une langue Ă©conome, sobre, prĂ©cise, affĂ»tĂ©e que le Quatuor Emerson (2004) sait articuler avec une vivacitĂ© jamais tranchante : vive, sincĂšre, juste (Ă©clairs introspectifs, Ă  la fois mordants et flexibles de l’Adagio ; sauvagerie aĂ©rienne du Scherzo).

jarvi neeme maestro sibelius clic de classiquenews edition sibeliusL’expĂ©rience symphonique, l’une des plus excitantes du XXĂšme, vĂ©cue Ă  l’Ă©coute des oeuvres de Sibelius, se poursuit avec les derniers cd de cette intĂ©grale DG oĂč Ă  la diversitĂ© des partitions, formellement de mieux en mieux dessinĂ©es et structurĂ©es, rĂ©pond le geste de plusieurs sibĂ©liens, chefs dĂ©sormais reconnus depuis les Bernstein, Karajan Ă  juste titre lĂ©gendaires. Cd 12 : la Suite Roi Christian II opus 27 culmine par son lyrisme radieux d’une opulence instrumentale irrĂ©sistible grĂące Ă  la direction vive et dĂ©taillĂ©e, structurĂ©e et dramatique, trĂšs oxygĂ©nĂ©e de Neeme JĂ€rvi (lequel confirme ainsi ses affinitĂ©s sibĂ©liennes tout au long du coffret : Gothenburg symphony orch., Ă©tĂ© 1995). De mĂȘme, le souffle rĂ©gĂ©nĂ©rateur et la force tellurique mesurĂ©e, toujours dans le sens d’un scintillement instrumental intimiste et panthĂ©iste de Horst Stein demeure anthologique pour les 9 sĂ©quences de l’Ă©blouissante fresque pour PellĂ©as et MĂ©lisande, offrande de Sibelius Ă  l’onirisme de Maeterlinck. Ouverture incandescente, portrait fĂ©erique de MĂ©lisande puis sa mort d’un renoncement maĂźtrisĂ©, entre abandon et accomplissement, sont l’insigne d’un immense sibĂ©lien (Orchestre de la Suisse Romande, juin et juillet 1978).

jussi_jalasLe cd13 dĂ©voile l’ardente fiĂšvre communicative qui anime l’excellent maestro Jussi Jalas (1908-1985) et l’Orchestre d’Ă©tat Hongrois (ses archives viennent du fonds Decca ici intĂ©grĂ© aux bandes DG pour l’exhaustivitĂ© de l’intĂ©grale Sibelius 2015 : les ScĂšnes Historiques (2 Suites) opus 25 et 66 ; surtout la musique de scĂšne pour la piĂšce de Strindberg : Le Cygne blanc (Suite opus 54 – Budapest juin 1975) : que le chef fait palpiter d’une nĂ©cessitĂ© intĂ©rieure Ă  la fois lumineuse et impĂ©rieuse. Rayonne dans le cd 14, ultime composante de l’intĂ©grale Sibelius Deutsche Grammophon, les visions Ă  prĂ©sent bien identifiĂ©es et Ă©lectrisantes des deux chefs parmi les plus sibĂ©liens de ces derniĂšres annĂ©es, deux tempĂ©raments qui demeurent les piliers de cette intĂ©grale : Neeme JĂ€rvi et Jussi Jalas. Le premier sait exprimer toute l’ivresse suspendue des deux Valses triste (opus 44) et romantique (opus 62b) quand le second marque les esprits par un sens prodigieux de l’intensitĂ© et de l’incandescence pour les deux Suites de La TempĂȘte opus 109, musique de scĂšne pour la piĂšce de Shakespeare dont Sibelius fait surgir ce fantastique enchantĂ© d’une totale sĂ©duction (dont l’enchantement inquiĂ©tant de la chanson d’Ariel entre autres…,  enregistrement de 1971). Coffret Ă©vĂ©nement, Ă©lu CLIC de classiquenews d’octobre 2015.

sibelius-edition-sibelius-coffret-14-cd-critique-presentation-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-4795102_Sibelius_Edition_PackshotCd coffret. Compte rendu critique, Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon). Symphonies 1 Ă  7, Kullervo, En saga, Karelia Suite, Rakastava, Finlandia, ChevauchĂ©e nocturne, Luonnotar, Les OcĂ©anides, Tapiola, Concerto pour violon, mĂ©lodies, Quatuor Voces Intimae, Talvikuva, Suite Roi Christian II, PallĂ©as et MĂ©lisande, ScĂšnes Historiques, La TempĂȘte… Anne-Sophie Mutter, Neeme JĂ€rvi, Jussi Jalas, Okko Kamu, Leonard Bernstein, Herbert von Karajan. 14 cd deutsche Grammophon 00289 479 5102. CLIC de classiquenews octobre 2015.

CD, événement, compte rendu critique. Julie Fuchs : Yes ! (Deutsche Grammophon 2015)

fuchs-julie-soprnao-YES-deutsche-grammophon-septembre-2015-review--account-of-compte-rendu-critique-CLASSIQUENEWS-(c)-2015-Solene-Ballesta-02_HDCD, Ă©vĂ©nement. Compte rendu critique. Julie Fuchs : Yes ! (Deutsche Grammophon 2015). Ce pourrait ĂȘtre l’ossature d’une revue musicale imaginaire Ă  laquelle la jeune diva nous convie;  dĂ©jĂ  remarquĂ©e dans Ciboulette de Hahn (1923) oĂč elle incarnait avec un angĂ©lisme dĂ©terminĂ© et pĂ©tillant la lolita  des halles parisiennes (prĂ©sente ici Ă©videmment : “C’est pas Paris, c’est sa banlieue”), Julie Fuchs abandonne ses vocalises nĂ©oclasssiques et triomphantes  qui concluaient lumineusement l’opĂ©ra des LumiĂšres, Renaud de Sacchini, pour un premier rĂ©cital discographique, tout en savoureuse finesse. Son “j’ai deux amants”  (L’amour masquĂ© d’AndrĂ© Messager, 1923) pĂ©tille en vraie nouvelle diseuse aprĂšs Yvonne Printemps ; fĂ©ministe ce qu’il faut et plus encore, superbe actrice aux nuances dĂ©lectables et Ă  la prosodie prĂ©cise et fluide, insolente et mordante, dans l’air de ThĂ©rĂšse des Mamelles  de TirĂ©sias (1917) ; les deux Kurt Weill – en français -, surprennent par leur profondeur et la rĂ©ussite de l’alliance comĂ©die grinçante, amertume cynique  (complainte de Mackie, L’opĂ©ra de Quat’sous, 1928). Quand Ă  Phi-Phi  (ah, cher monsieur excusez moi, de Christine,  1918), la diva d’une articulation lumineuse lĂ  encore, revivifie le clin d’oeil Ă  la Manon de Massenet.

 

 

fuchs-julie-cd-critique-review-account-of-cd-Julie-fuchs-CLASSIQUENEWS-CLIC-septembre-2015-YESVisuel-def-Julie-Fuchs

 

 

Ce qui captive c’est la superbe couleur que la coloratoure sait insuffler Ă  des aigus toujours couverts, tenus, porteurs d’une Ă©motion sincĂšre, d’une Ă©lĂ©gance trĂšs suggestive.
Sous couvert de la lĂ©gĂšretĂ© parfois grivoise (le “premier tirage” de Phi-Phi, le “ça” de Casimir Oberfled, 1932), la soprano cultive une finesse d’intonation de bout en bout enivrante. D’autant que son articulation et son intelligibilitĂ© demeurent deux qualitĂ©s continĂ»ment prĂ©servĂ©es.
OpĂ©rette rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e sous l’influence du music hall,  du jazz et de la comĂ©die musicale, l’Ă©poque et le rĂ©pertoire que sert avec une subtilitĂ© trĂšs juste Julie Fuchs pour son premiĂšre album, soulignent l’essor du spectacle musical Ă  Paris marquĂ© par une insouciance fĂ©conde propre aux annĂ©es Folles.

Diseuse enivrĂ©e, d’une irrĂ©sistible sĂ©duction, la nouvelle diva française

Julie Fuchs dit Yes !

Nouvelle diva enivrante, Julie Fuchs dit " YES"

 

 

Il appartient aux jeunes talents du moment de nous Ă©tonner d’abord, de nous surprendre ensuite en dĂ©voilant par l’affinitĂ© de leur voix et du rĂ©pertoire choisi, tout un style expressif et la cohĂ©rence d’une sĂ©lection musicale, gageure Ă©noncĂ©e et remarquablement rĂ©ussie dans ce premier album qui nous Ă©pargne les sempiternelles premiĂšres Ă©ditions lesquelles souvent conçues comme des cartes de visite, abreuvent de pots pourris indigestes dans une auto cĂ©lĂ©bration toujours dĂ©cousue. Rien de tel ici tant la suave et facĂ©tieuse parentĂ© entre chaque air et mĂ©lodie fait rĂ©fĂ©rence Ă  une Ă©poque bercĂ©e de culture, de finesse, de fantaisie habile, d’une constante intelligence.
La cantatrice sĂ»re, au goĂ»t affĂ»tĂ©e, au style irrĂ©prochable sachant constamment jouer entre mĂ©lodie parodique et sĂ©ditieuse  et grand air d’opĂ©ra (sublime mĂ©lodie du Coq d’or de Rimsky de 1909 : le fameux Hymne au soleil, chnatĂ© en français comme l’ensemble du programmes) nous enchante par une maĂźtrise savoureuse entre chant lyrique et opĂ©rette : une telle fluiditĂ© captive mĂȘlant finesse et humour, ivresse et suavitĂ© … se filles tendres et faciles (qui ne cessent de dire yes) gagnentt une profondeur lyrique indiscutable et ses airs lyriques classiques (les deux Lehar) et surtout le Rimsky dĂ©jĂ  citĂ©, gravissent les marches de l’embrasement par un timbre de lyrique lĂ©ger virtuose.

 

 

CLIC_macaron_2014Chaque air lui va, chaque situation la valorise, dĂ©voile un tempĂ©rament taillĂ© pour l’intensitĂ© enivrĂ© du drame… L’instinct artistique s’affirme dans la finesse servie par une voix d’une ineffable sĂ©duction en rien artificielle et si profondĂ©ment humaine : voilĂ  qui nous  change de bien des lolitas pour lesquelles chant signifie performance. Ici la musicalitĂ© entre comĂ©die et sincĂ©ritĂ© confirme une somptueuse intelligence.
Magistral (Ă©coutez l’insolente agilitĂ© de son Ravel : L’enfant et les sortilĂšges, 1925, exhortation dĂ©lirante de l’animal/insecte vengeur). Pour finir le “ThĂ© pour deux” (No no Nanette, Vincent Youmans, 1925) Ă©blouit littĂ©ralement par son Ă©lĂ©gance suave. Un miracle de diction amusĂ©e piquante que n’aurait pas reniĂ© les plus exigeants parisiens, Cocteau et Guitry.
Alors face Ă  tant de finesse enjouĂ©e et stylĂ©e que dire Ă  cette nouvelle diva rĂ©jouissante qui a la super classe : ce qu’elle dit elle mĂȘme ressuscitant le Maurice Yvain de 1928 : un immense ” yes ” ! C’est donc un CLIC de classiquenews pour septembre 2015.

 

 

CD, Ă©vĂ©nement. Julie Fuchs : Yes ! (1 cd Deutsche Grammophon, enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Paris en avril et juin 2015). Yvain, Poulenc, Ravel, Honegger, Weill, ChristinĂ©, Youmans, Rimsky, Hahn… Orchestre national de Lille. Samuel Jean, direction.

CD, compte rendu critique : Rufus Wainwright : ” Prima donna ” (Janis Kelly, 2012, Deutsche Grammophon)

rufus_wainwright_prima_donna_deutsche_grammophone_operaCD, compte rendu critique : Rufus Wainwright :  ” Prima donna ” (2012). De quelle diva le compositeur amĂ©ricano-canadien quadragĂ©naire Rufus Wainwright s’est-il rĂ©ellement inspirĂ© pour Ă©crire son opĂ©ra Prima Donna crĂ©Ă© en 2009 Ă  Manchester ? Qu’il s’agisse de RĂ©gine Crespin ou de Maria Callas, (ici l’hĂ©roĂŻne emprunte son prĂ©nom Ă  la premiĂšre et l’ouvrage, le cadre de son action Ă  la seconde… mais pas seulement),- l’oeuvre totalement chantĂ©e en français dont l’action se passe sur une seule journĂ©e dans un appartement parisien (cocorico!), Ă©voque le retour Ă  la scĂšne d’une ancienne prima donna (“RĂ©gine Saint-Laurent”) laquelle a quittĂ© la scĂšne depuis 6 ans… A travers le livret, plusieurs thĂ©matiques passionnantes sont traitĂ©es ;  entre passĂ© et prĂ©sent, l’image des artistes ĂągĂ©es et aussi la mĂ©tamorphose de la femme et la perte de sa voix chantĂ©e donc de son identitĂ© y sont abordĂ©s. C’est plus allusivement l’Ă©vocation d’une tragĂ©die intime (et dans la vie du compositeur et dans celle de la diva fictionnelle) qui explique le profil trĂšs finement caractĂ©risĂ© de la protagoniste comme l’acuitĂ© expressive de certaines scĂšnes dont l’Ă©vocation de ses duos lyriques aclamĂ©s alors (acte II).

 

 

 

 

 

 

 

ChantĂ© en français, l’opĂ©ra Prima Donna de Wainwright est Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon

Diva sur le retour : un portrait sensible et bouleversant

 

 

 

wainwright rufus portrait prima donnaDeutsche Grammophon Ă©dite ce 11 septembre 2015 l’opĂ©ra Prima Donna en 2 cd avec dans le rĂŽle titre, la crĂ©atrice Janis Kelly : son charisme et sa grande conviction dramatique offre une saisissante performance, Ă©clairant le parcours du rĂŽle, ses vertiges, ses Ă©clairs, ses allers retours permanents entre prĂ©sent et passĂ©. L’opĂ©ra français sur un livret que Wainwright a coĂ©crit avec Bernadette Colombine, imagine le retour Ă  la scĂšne de la diva pourtant ĂągĂ©e dans le Paris des annĂ©es 1970… (un clin d’oeil Ă©vident Ă  Callas) et qui tombe amoureuse d’un jeune journaliste sur le point de se marier, AndrĂ©. Leur rencontre revĂȘt une dimension particuliĂšre d’autant plus que la soprano intimement atteinte lui apprend alors sa dĂ©cision de faire ses adieux.
L’Ă©criture flamboyante de Wainwright, grand amateur d’opĂ©ras,  semble recycler les Ă©pisodes les plus lyriques et extatiques d’un Puccini, empruntant aussi Ă  la ComĂ©die musicale, sachant trĂšs intelligemment varier les climats, et tendre l’arc structurel si essentiel Ă  l’opĂ©ra, entre comĂ©die et tragĂ©die ; le chant de la protagoniste et celui de ses partenaires dont le tĂ©nor lyrico spinto et de legerezza (AndrĂ©) lancent autant de dĂ©fis aux interprĂštes : les deux rĂŽles (RĂ©gine / AndrĂ©) sont redoutables pour la voix et offrent deux personnages d’une grande finesse psychologique. Peu d’ouvrage ont offert Ă  une soprano ĂągĂ©e et mĂ»re un rĂŽle aussi nuancĂ©, traversant toutes les nuances de la palette Ă©motionnelle (tĂȘte Ă  tĂȘte initial entre RĂ©gine et sa nouvelle femme de chambre Marie au I) entre nostalgie, amertume, regret, renoncement et apaisement final (fin du II), cependant que dans l’Ă©vocation du duo amoureux quand elle chantait AliĂ©nor d’Aquitaine, la soprano et le tĂ©nor plongent en pleine ivresse enchantĂ©e (Ă©pisode Dans ce jardin au II qui est le prĂ©texte au duo le plus allusif et Ă©chevelĂ© de l’ouvrage)…

figueroa antonio tenor prima donna andre journaliste review account of CLASSIQUENEWS PRIMA DONNA rufus wainwrightLe livret est loin d’ĂȘtre conforme et dĂ©suet : il permet une succession d’Ă©pisodes Ă  la fois contrastĂ©s et progressifs, approfondissant et l’Ă©vocation sensible d’un passĂ© glorieux et perdu (nombreux flashbacks), et le ressentiment d’une vie dĂ©diĂ©e Ă  l’art et au chant qui a sacrifiĂ© l’Ă©panouissement individuel (encore un clin d’Ɠil Ă  Callas).  L’apparition du jeune journaliste, admirateur de la diva, suscite chez elle, un retour d’effusion, le jaillissement d’une tendresse jusque lĂ  ensevelie. L’auteur parle bien d’un long pĂ©riple qui du dĂ©but Ă  la fin, prĂ©sente la diva sous des facettes diffĂ©rentes et conduit aussi le spectateur Ă  la suivre mais sans voyeurisme et avec beaucoup de vĂ©ritĂ© et de pudeur. Les rĂŽles de sopranos mĂ»res sont rares Ă  l’opĂ©ra faut-il y voir un hommage aux grandes cantatrices que la fragilitĂ© de l’instrument condamne de facto Ă  une retraite souvent douloureuse ? Dans le rĂ©pertoire romantique, la Dame de Pique (la comtesse est en rĂ©alitĂ© chantĂ©e souvent par un mezzo) ou Eva Marty dans L’affaire Makropoulos de Janacek sont des exemples prĂ©cĂ©dents, auxquels l’opĂ©ra de Wainwright fait Ă©cho avec pertinence. Mais le jeune compositeur va plus loin en jouant concrĂštement sur les couleurs et les accents spĂ©cifiques d’une voix mĂ»re.

kelly janis soprano classiquenews janis kelly-2On sent la sincĂ©ritĂ© d’un musicien (qui dĂ©die son opĂ©ra Ă  son compagnon Jörn et Ă  sa mĂšre Kate McGarrigle) avant tout amoureux de son hĂ©roĂŻne oĂč se confondent selon ses tĂ©moignages Ă  propos de la genĂšse de son opĂ©ra, les souvenirs des entretiens tĂ©lĂ©visĂ©s de Maria Callas Ă  la fin de sa carriĂšre, comme l’hommage Ă  sa propre mĂšre condamnĂ©e par un cancer au moment de la composition de l’opĂ©ra… L’ouvrage un temps commandĂ© puis rejetĂ© par le Metropolitan Opera de NY ; programmĂ© puis annulĂ© au New York City Opera fut finalement crĂ©Ă© en 2009 Ă  Manchester. Il fut ensuite repris Ă  Londres et Toronto en 2010, puis Ă  la Brooklyn Academy de NY en 2012, avant d’ĂȘtre jouĂ© en septembre 2015 Ă  AthĂšnes.

CLIC D'OR macaron 200La premiĂšre fut Ă©claboussĂ©e par un scandale relayĂ© par la presse et soulevant le soupçon sur l’auteur rĂ©el de l’opĂ©ra. S’en suivit une polĂ©mique honteuse sur la paternitĂ© de la partition redevable ou non au seul cerveau de Wainwright : depuis, la confession quasi officielle de l’auteur a dĂ©montrĂ© l’originalitĂ© et l’intĂ©gritĂ© de sa crĂ©ativitĂ©, seule productrice de l’opĂ©ra tel que nous le connaissons aujourd’hui et tel qu’il a Ă©tĂ© enregistrĂ© par Deutsche Grammophon. L’ensemble de la rĂ©alisation, les crĂ©ations successives puis l’enregistrement avec le VVC Symphony Orchestra a Ă©tĂ© assurĂ© par le soutien privĂ© de nombreux fans appelĂ©s Ă  financer l’opĂ©ration en crossfunding (Ă  travers l’aide de pledgemusic)…  On y dĂ©couvre les deux superbes chanteurs offrant aux deux profils si bouleversant, soprano et tĂ©nor, (remarquable Janis Kelly et Antonio Figueroa)deux incarnations fusionnelles malgrĂ© leur diffĂ©rence gĂ©nĂ©rationnelle. La personnage fascinant de RĂ©gine Saint-Laurent concentre toutes les facettes de la diva qui rĂ©alise une sorte d’autocritique : comme si Ă  la façon de La MarĂ©chale du Chevalier Ă  la rose, elle tenait le miroir et observait en en rĂ©alisant le commentaire, tendre ou cynique, serein ou amer, toutes les marques d’un temps fait d’Ă©preuves et de sublimations, de dĂ©passement et de frustration. Quand Janis Kelly, crĂ©atrice du rĂŽle en 2009 se regarde et chante ce qu’elle voit et ce qu’elle a vĂ©cu, c’est Tosca, Traviata, Turandot aussi, La MarĂ©chale donc et Arianne, et  Elektra tout autant qui paraissent sur la scĂšne, sans omettre Brunnhilde en particulier qui surgit, non pas l’hĂ©roĂŻne romantique sacrifiĂ©e, mais une Ăąme contemplative et nostalgique qui interroge au-delĂ  de son personnage, la force de son incarnation et le sens du chant lui-mĂȘme.

Rufus_WainwrightDe sorte que nous disposons d’une partition musicalement accessible, aux Ă©pisodes rĂ©ellement envoĂ»tants oĂč perce et saisit le profil d’un personnage qui synthĂ©tisant tous les grands rĂŽles romantique Ă  l’opĂ©ra, est aussi un remarquable hommage au chant incarnĂ©. C’est donc une vĂ©ritable dĂ©couverte et par sa construction, son Ă©criture, les thĂšmes mĂȘlĂ©s qu’il suscite en rĂ©sonance, un ouvrage majeur comme peut l’ĂȘtre dans le registre des hommages aux divas romantiques, Le ChĂąteau des Carpathes de Philippe Hersant (et le remarquable rĂŽle de la cantatrice La Stilla inspirĂ© par le compositeur français d’aprĂšs Hugo : voir le reportage vidĂ©o classiquenews, Philipep Hersant : Le ChĂąteau des Carpathes, mai 2009). Coffret Ă©vĂ©nement, donc CLIC de classiquenews de septembre 2015.

 

Illustrations :  Rufus Wainwright, Antonio Figueroa, Janis Kelly, Rufus Wainwright (DR)

 

 

 


PRIMA DONNA de Rufus Wainwright. Synopsis (en anglais)

Act I

Early morning in RĂ©gine Saint Laurent’s Paris apartment

Following a night of endless nightmares, RĂ©gine Saint Laurent is awake unusually early, and surprisingly shows interest in talking with her new maid, Marie, when she arrives for work. Marie is only too happy to unload her latest complaints about her drunken and tempestuous husband upon Madame, who in turn starts sharing about her doubts and anxiety-filled terrors of returning to the stage after a six-year hiatus.

Madame tells Marie of the stage role of her life, AliĂ©nor d’Aquitaine, the strong, powerful and culture-loving woman who became queen of both France and England, an opera written for her at the peak of her career. These two women, from opposite walks of life, form a strong bond with each other in the midst of their heart-to-heart exchange.

Philippe, RĂ©gine’s butler and confidant, enters with his assistant, François. Philippe is upset to see Madame and Marie in a casual and friendly situation, instead of Madame preparing for the interview with a journalist, AndrĂ© Letourneur, a rendezvous that she has forgotten.

Philippe instructs François to arrange the flowers around the apartment for the journalist’s imminent arrival. Philippe starts ranting about the golden days when Madame was the Queen of Paris until the opening run of AliĂ©nor six years ago, when, after a triumphant premiere, she lost her voice during the duet on the second night, after which Madame never sang again. Lost in his nostalgia and slowly going into a rage-like state, Philippe swears that he and Madame will not make the same mistakes this time.

The doorbell rings and the journalist arrives. Philippe obsequiously welcomes André into the glamorous world of Régine Saint Laurent, who makes her grand entrance.

The interview turns out to be more than RĂ©gine or AndrĂ© had imagined. The pressing questions of AndrĂ© about Madame’s last performance of AliĂ©nor trigger an emotional response from RĂ©gine, who gets overwhelmed by memories rushing back, showing how traumatizing that evening was for her. AndrĂ© himself seems to remind her of someone involved in the hurtful and disturbing memory. She refuses to answer that line of questioning.

AndrĂ© sees more than the legend he has adored since his days at the conservatory, where he himself studied to be a tenor. He takes advantage of RĂ©gine’s state of confusion and prompts her to go to the piano and they end up singing the iconic love duet from AliĂ©nor. As the passionate duet reaches a climax, RĂ©gine’s voice breaks down.

Philippe leaps in to save the day, and Madame is put to rest under Marie’s care. Everyone attempts to comfort RĂ©gine as she tries to recover her senses. Philippe reschedules the interview with AndrĂ© for later in the evening. AndrĂ© agrees and leaves. Madame is left resting in the darkened room. AndrĂ© comes back to retrieve the score he had brought over and left at the piano. RĂ©gine sees him and beckons to him. He goes to her. They kiss. Marie comes in, sees them and leaves.

Act II

Later that same evening

As Marie is setting the table, she gets homesick and tells of the simple life in her home in Picardie. She nostalgically compares it to the love-crazed and materialistic life of Paris.

Marie confronts Philippe about his plans to have the journalist return that evening to continue the interview over dinner and the Bastille Day fireworks. Philippe erupts at Marie and reminds her of her place in his household.

Régine warms her voice and tries to understand why it failed her in front of the journalist. While she can sing the precious high note in isolation, each time she tries to put words and meaning into the music, she is again unable to reach the climactic note. Madame realizes that she must confront the recording of that glorious, tragic evening six years ago, a recording she could never bring herself to listen to, if she is ever to sing Aliénor, or any opera, ever again. She reflects on her fearless youth and on her past and present struggles with confidence and anxiety. Her youth is forever gone and she now has to face a new reality. She finally plays the legendary recording of her opening night, and her mind carries her back in time to her original performance of that very same love duet.

Henry, the King of England, portrayed by André, enters the garden and professes his love to his glorious Aliénor. Régine becomes Aliénor, and flawlessly performs the magical scene.

RĂ©gine wakens from her reverie and declares her refusal to return to the stage. Philippe explodes and unleashes his resentment through a violent rage. Marie comes to Madame’s rescue. There is no turning back and Philippe musters every ounce of his remaining pride and makes his final exit from Madame’s life for ever – just as the doorbell rings for the journalist’s return.

The journalist, however, has an unpleasant surprise for Régine: he is engaged to be married and has brought his fiancée. Once again forced to confront her new circumstances, she wishes him and his fiancée well with utter grace and generosity.

AndrĂ© asks RĂ©gine for one last gesture before he leaves: would she sign his original album of AliĂ©nor? RĂ©gine does so, and she announces the end of her career to the journalist. But, just before he goes, she realizes that she would like the precious souvenir to be for someone closer to her heart – Marie.

La Prima Donna signs her last autograph. Finally, left by herself in her apartment, RĂ©gine steps onto the balcony to watch the Bastille Day fireworks.

CD, concert : actualitĂ©s de ” Prima donna ” l’opĂ©ra de Rufus Wainwright (2009)

Rufus_Wainwrightrufus_wainwright_prima_donna_deutsche_grammophone_operaCD, concert : actualitĂ©s de ” Prima donna ” l’opĂ©ra de Rufus Wainwright (2009). Belle annĂ©e 2015 pour Wainwright : en septembre, son opĂ©ra Prima Donna (crĂ©Ă© en 2009) sort en disque et est repris Ă  AthĂšnes… De quelle diva le compositeur amĂ©ricano-canadien Rufus Wainwright s’est-il inspirĂ© pour Ă©crire son opĂ©ra Prima Donna crĂ©Ă© en 2009 Ă  Manchester ? Qu’il s’agisse de RĂ©gine Crespin ou de Maria Callas, l’oeuvre totalement chantĂ©e en français (cocorico!) Ă©voque le retour Ă  la scĂšne d’une ancienne prima donna (“RĂ©gine Saint-Laurent”) Ă  l’Ăąge de 70 ans. A travers le livret, plusieurs thĂ©matiques passionnantes sont traitĂ©es ; l’image des artistes ĂągĂ©es (quel autre compositeur a conçu un rĂŽle pour une soprano coloratoure mĂ»re ?) et aussi la mĂ©tamorphose de la femme et la perte de sa voix chantĂ©e donc de son identitĂ© y sont abordĂ©s : confrontĂ©e au jaillissement imprĂ©vu d’un sentiment amoureux irrĂ©pressible pour le journaliste venu l’interroger (incarnĂ© par le tĂ©nor Antonio Figueroa), la cantatrice comme Violetta ValĂ©ry (La Traviata de Verdi) Ă  la fin de sa carriĂšre parisienne, Ă©prouve un dĂ©sir irrĂ©pressible d’autant plus Ă©mouvant qu’il est intense et sincĂšre, et vĂ©cu au crĂ©puscule de sa vie… cette rencontre ressuscite chez la vieille artiste, toutes les scĂšnes d’amour qu’elle a jouĂ©es sans les Ă©prouvĂ©es rĂ©ellement (en particulier quand elle chantait son fameux rĂŽle d’AliĂ©nor : une prise de rĂŽle qui la fait connaĂźtre et qui Ă  l’Ă©poque avait dĂ©jĂ  marquĂ© le jeune journaliste).  Leur rencontre et les Ă©pisodes du voyage de la diva dans son passĂ© revivifiĂ© par l’apparition du jeune homme, font en particulier toute la valeur de l’acte II qui alterne immersion enchantĂ©e dans le passĂ© oĂč elle Ă©tait jeune et adulĂ©e, et sĂ©quences plus Ăąpres voire cyniques et dĂ©senchantĂ©es oĂč l’ex diva Ă©voque ses souvenirs perdus en prĂ©sence du journaliste…

Deutsche Grammophon Ă©dite ce 11 septembre l’opĂ©ra Prima Donna en 2 cd avec dans le rĂŽle titre, la crĂ©atrice Janis Kelly. Le chef George Petrou propose sa version de l’ouvrage lyrique ce 15 septembre Ă  AthĂšne, ThĂ©Ăątre OdĂ©on HĂ©rode Atticus avec bonus vidĂ©o (signĂ© Francesco Vezzoli) destinĂ© Ă  attirer les geek et jeunes branchĂ©s, la photographe Cindy Sherman paraĂźtrait dans le rĂŽle de la diva et dans des costumes portĂ©s par Maria Callas, prĂȘtĂ©s par la maison Tirelli (“ PRIMA DONNA, a Symphonic visual concert ” : programmĂ© dans le cadre du Festival Epidaurus d’AthĂšnes 2015, le 15 septembre, 21h30). En seconde partie de soirĂ©e, le compositeur Rufus Wainwright participe Ă  la soirĂ©e en interprĂ©tant une sĂ©lection de ses mĂ©lodies et songs favorites. Prochaine critique complĂšte de l’opĂ©ra PRIMA DONNA de Rufus Wainwright (2 cd Deutsche Grammophon) dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

Reprises de Prima Donna de Rufus Wainwright Ă  Lisbonne le 27 novembre 2015, puis Ă  Hong Kong le 1er mars 2016 (Hong Kong cultural centre). + d’infos, voir le site de Rufus Wainwright

CD, compte rendu critique. Coffret Ă©vĂ©nement : Ferenc Fricsay, Complete recordings on Deutsche Grammophon. Vol. 2 : Operas, choral works. 37 cd Deutsche Grammophon. CLIC de classiquenews.com d’aoĂ»t 2015

fricsay ferenc complete recordings on deutsche grammophon volume 2 operas, choral works, review compte rendu critique annonce classiquenews, coffret cd CLIC de classiquenews aoĂ»t 2015 4794641CD, compte rendu critique. Coffret Ă©vĂ©nement : Ferenc Fricsay, Complete recordings on Deutsche Grammophon. Vol. 2 : Operas, choral works. 37 cd Deutsche Grammophon. CLIC de classiquenews.com d’aoĂ»t 2015. Le prĂ©sent coffret dĂ©voile les coulisses et l’hĂ©ritage d’un gĂ©ant hongrois devenu artisan majeur de la “forge berlinoise”, expert du mĂ©tier lyrique et choral, nĂ© Ă  Budapest en 1914, qui au lendemain de la guerre, capable de remplacer et Klemperer (La Mort de Danton de Gottfried von Einem Ă  Salbourg Ă©tĂ© 1947), et aussi Jochum Ă  la tĂȘte du Philharmonique de Berlin, s’impose par sa capacitĂ© de travail hors norme (comme Karajan), une conscience architecturĂ©e spectaculaire, capable de diriger les plus grands plateaux mais en prĂ©servant toujours la tension, la clartĂ©, l’Ă©loquence du drame humain.

Idole Ă  Salzbourg, Ferenc Fricsay diirge l’OpĂ©ra de Munich (dĂšs 1956), s’impliquant sans compter au risque de la rupture physique (en novembre 1958, premiĂšre attaque du cancer qui allait le ronger inexorablement). Puis c’est le Stadtische Oper de Berlin qui lui ouvre les portes comme directeur musical en avril 1960 : Ferenc Fricsay devait s’Ă©teindre trois annĂ©es plus tard en fĂ©vrier 1963. Mais auparavant que d’accomplissements rĂ©alisĂ©s.

CLIC D'OR macaron 200VoilĂ  qui montre un parcours marquĂ© par le travail, l’exigence, une pensĂ©e esthĂ©tique surtout d’une inflexible maturitĂ©, s’appuyant sur la connaissance experte des oeuvres et des partitions abordĂ©es. Le chef impressionne par son sens du dĂ©tail, la clartĂ© de ses conceptions d’ensemble, des trouvailles instruments/ voix, qui en une association harmonieuse et Ă©quilibrĂ©e rĂ©alisent l’accord toujours recherchĂ©, trop peu atteint chez ses autres confrĂšres, entre voix et orchestre. La profondeur, des tempi larges, profonds, ralentis, un sens de la phrase musicale qui suit surtout la respiration et l’acuitĂ© naturelle du texte s’affirment ainsi de gravures en gravures. Son rĂ©pertoire est large : Bartok (chantĂ© en allemand), Verdi, Beethoven, surtout Mozart (un legs phĂ©nomĂ©nal) et quelques essais isolĂ©s mais d’une justesse poĂ©tique stupĂ©fiante : Stravinsky (Oedipus Rex), Wagner (Le Vaisseau FantĂŽme), Gluck (OrphĂ©e, chantĂ© en allemand), … Ne parlons que de nos coups de cƓur au sein d’un coffret exceptionnellement captivant.

CD 37. Il est un artiste avec lequel Fricsay s’est montrĂ© d’une amoureuse complicitĂ© : le baryton Dietrich Fischer Dieskau : le chef lui rĂ©serve de superbes rĂŽles ; il enregistre aussi en 1951 et 1961, nombre de scĂšnes lyriques extraites de divers opĂ©ras : leur Falstaff de 1951, ample scĂšne de plus de 17 mn reste mĂ©morable par l’instinct stylĂ© du diseur comme l’imagination orchestrale du maestro qui veille Ă  la clartĂ© colorĂ© du discours… Mais leur profonde comprĂ©hension de la psychologie s’affirme davantage encore dans l’air de Zurga des PĂȘcheurs de Perles de Bizet dont on reste frappĂ©s par la puretĂ© des phrasĂ©s et sa rĂ©sonance orchestrale. Ses Verdi ont la juvĂ©nilitĂ© ardente et lumineuse de Toscanini : une source Ă  laquelle Abbado plus tard saura s’abreuver (scĂšne de Don Carlo dans La Forza del destino)… c’est peu dire que le souffle seul de l’acteur, exceptionnellement articulĂ©, conduit le drame grĂące Ă  un chef qui s’ingĂ©nie Ă  le porter, l’accompagner, sublimer le relief de son texte. Dietrich Fischer Dieskau a bien parlĂ© de l’Ă©volution du maestro : acuitĂ© des contrastes ciselĂ©s mordants au dĂ©but puis contours tendres et amoureux justement dans les annĂ©es 1950 et 1960. Ce cd 37 est un modĂšle d’Ă©lĂ©gance et de sensibilitĂ© et le français, comme l’italien du baryton mythique est stupĂ©fiant de sobriĂ©tĂ© et d’intĂ©rioritĂ©. VoilĂ  l’un des apports les plus saisissants du chef trop tĂŽt fauchĂ© en 1963 Ă  48 ans.

Le directeur gĂ©nĂ©ral de la musique de l’OpĂ©ra d’Etat de Berlin (StĂ€dtische Oper de Berlin) depuis 1960 engage un Ăąge d’or lyrique offrant toujours Ă  son baryton vedette de nombreuses prises de rĂŽles dont le coffret tĂ©moigne ici : Papageno (1955) ; OrphĂ©e de Gluck (chantĂ© en allemand en 1956) ; surtout Don Giovanni de 1958 ; Le Comte Almaviva des Noces de Figaro en 1960…

Fricsay, une passion lyrique

CD 13 Ă  26. Mozart : une source jaillissante intarissable. Ce sont les Mozart qui occupent le centre nĂ©vralgique d’une gĂ©ographie Ă©motionnelle et esthĂ©tique d’un immense pouvoir d’attraction. Fricsay Ă  Salzbourg comme Ă  Berlin, s’y dĂ©voile d’une finesse exemplaire, Ă©lĂ©gante et profonde, subtile et dramatique. Un Ă©quilibre d’une sĂ©duction immĂ©diate et qui se rĂ©vĂšle d’Ă©coute en Ă©coute, d’une justesse parfois plus grande que Boehm.

Nos prĂ©fĂ©rĂ©s sont Don Giovanni, Les Noces : deux sommets du geste Fricsay, de surcroĂźt sublimĂ©s par la prise aĂ©rĂ©e en stĂ©rĂ©o : le duo, complice jusqu’Ă  l’acharnement Dieskau / Kohn en Giovanni / Leporello, celui tragique composĂ© par Anna et Ottavio (Sena Jurinac et Ernst Haefliger) atteint le sublime : entre eux quelle science de la caractĂ©risation grĂące au geste particuliĂšrement ductile et fin, mystĂ©rieux et cristallin d’un Fricsay idĂ©alement Ă©quilibrĂ©, articulĂ©, dramatique (pilotant les instrumentistes du RSO Berlin, d’un gant de fer); sans omettre non plus, La FlĂ»te…, Idomeneo et l’EnlĂšvement au sĂ©rail. On rĂȘve de ce qu’aurait pu donner Cosi (hĂ©las absent du catalogue, le maestro Ă©tant mort avant d’avoir pour rĂ©aliser son projet de trilogie Da Ponte Ă  Berlin). Comme accusant encore l’affinitĂ© du chef avec la subtilitĂ© mozartienne, l’Idomeneo, live de Salzbourg fin juillet 1961 (CD22-23), exceptionnel par la ciselure Ă©motionnelle de chaque protagoniste Ă  une Ă©poque oĂč les seria du jeune Wolfgang n’intĂ©ressaient personne : Pilar Lorengar, Ernst Haefliger, Elisabeth GrĂŒmmer, Waldemar Kmentt incarnent avec une sincĂ©ritĂ© palpitante respectivement Ilia (vrai personnage principal), Idamante, Elettra, Idomeneo… Une gravure qui fait le prestige et l’excellence mozartienne de Salzbourg,avant que Harnoncourt et ses Viennois dĂ©poussiĂ©rant ne viennent rĂ©volutionner l’approche de l’ouvrage, l’un des plus passionnants de Mozart.

Une autre perle doit aussi ĂȘtre soulignĂ©e : l’exceptionnel Oedipus Rex de Stravinsky (CD 30), travail de ciselure instrumental encore, avec le passionnant Ernst Haefliger, un autre pilier de la sonoritĂ© dramatique Fricsay (1960).

Le Vaisseau FantĂŽme (mono berlinois de novembre 1952, CD 34-35) s’impose tout autant par l’Ă©nergie printaniĂšre (toscaninienne) de l’orchestre : une vision trĂšs sĂ»re, et structurĂ©e sur laquelle glissent littĂ©ralement le parlĂ©/chantĂ© des solistes, dont le sens du verbe et l’articulation du texte (y compris pour l’excellent choeur) font merveille : la Senta solide et incisive, vrai cƓur ardent d’un romantisme embrasĂ© et si proche du texte de Annelies Kupper est Ă©poustouflante. Outre la tenue des aures solistes dont l’Erik d’Ernst Haefliger, le Höllander de Josef Metternich, la direction vive et percutante, la maĂźtrise des masses (choeurs et solistes) dĂ©voilent lĂ  encore la sensibilitĂ© du maestro.

Cependant que Les Saisons de Haydn (deux versions ici prĂ©sentĂ©es : CD 7-8 / CD 9-10) sĂ©duisent immanquablement par la profondeur des couleurs orchestrales que le chef sait y apporter, toute la science du narrateur, de l’architecte spatial au service d’une Ă©vocation pastorale de plus spirituelle (introduction schubertienne de l’Hiver) s’affirme avec une dĂ©licatesse et une respiration intĂ©rieure des plus captivantes. Le choix des solistes fait aussi toute la valeur des deux lectures de plus en plus investies et introspectives d’un Fricsay, sĂ©duit autant par l’Ă©clat suave que le chant sombre et intĂ©rieur. Avouons finalement par sa puissance et son souffle, sa certitude intĂ©rieure, la seconde version (live Berlinois de novembre 1961 : CD 9-10) avec des complices familiers Maria Stader (Hanne), Ernst Haefliger (Lukas), et l’excellente basse Josef Greindl (Simon… qui fait aussi un excellent Osmin dans l’EnlĂšvement au sĂ©rail). AcuitĂ© des inflexions les plus sensibles (vocales et instrumentales), tempi larges et pleinement investis, lumiĂšre intĂ©rieure : tout Fricsay est lĂ  qui place Haydn Ă  la plus grande place, hĂ©ritier des oratorios de Haendel, du drame humain de Mozart et par sa carrure symphonique, prĂ©curseur de Schubert et de Beethoven.

La Messe en ut KV427 de MOZART : un sommet irrésistible

CĂŽtĂ© oeuvres chorales, outre le Stabat Mater de Rossini et les deux versions du Requiem de Verdi, c’est assurĂ©ment la Grande Messe en ut de Mozart, – stĂ©rĂ©o berlinois d’octobre 1959 (CD13), qui se distingue : s’y dessinent une ferveur et un recueillement progressif absolument passionnant, en rien Ă©pais ni solennel : mais humain et intime (l’ange radieux de Maria Stader en introduction, se fait caresse immĂ©diate et naturelle, que ni les Bohm ni les Karajan ne sauront ensuite Ă©galer par l’intensitĂ© naturelle, investie par la grĂące. La pertinence des voix (les deux sopranos associĂ©s : Stader/Töpper et le tĂ©nor Ernst Haefliger produisent des joyaux vocaux, Ă©tincelles et fusions attendries et percutantes (sublime Quoniam tu solus sanctus, l’un des moments les plus bouleversants de la partition, avec Ă©videmment le cĂ©lestre “Et incarnatus est” pour soprano I)-, l’Ă©loquence de l’orchestre et du chƓur, la conception globale affirme Fricsay Ă  son meilleur. Le sens de l’architecture qui va crescendo sans jamais perdre ni la clartĂ© ni la sincĂ©ritĂ© restent superlatif. Un sommet mozartien. L’annĂ©e suivante la mĂȘme Maria Stader prĂȘte sa voix plus Ăąpre et dĂ©vorĂ©e par l’angoisse d’une mort de souffrance dans la seconde lecture du Requiem de Verdi (CD 32-33) : une expĂ©rience collective aux dĂ©flagrations subtiles qui place l’homme face Ă  lui-mĂȘme dans un cycle d’une violence et d’une tendresse rares (d’autant que le complĂ©ment de ce Verdi inoubliable comprend aussi les Quatre piĂšces sacrĂ©es de 1952 rĂ©alisĂ©es avec le mĂȘme choeur berlinois : RIAS Symphonie Orchester Berlin (la seconde sĂ©quence Stabat Mater avec orchestre, bouleverse par son humanitĂ© franche, la sobriĂ©tĂ© et la justesse de la direction). Ne serait ce que pour ces deux seuls accomplissements, le prĂ©sent coffret mĂ©rite le meilleur accueil. Une somme musicale et esthĂ©tique inestimable Ă  Ă©couter de toute urgence.

En bonus et non des moindres, car voir le geste de Fricsay est une expĂ©rience aussi formatrice que voir Carlos Kleiber, Kubelik ou Karajan, l’Ă©diteur ajoute des complĂ©ments irrĂ©sistibles eux aussi : rĂ©pĂ©titions et performances finales de l’Apprenti sorcier de Paul Dukas (1961), la Suite Hary Janos de Kodaly (1961), deux sessions complĂštes comprenant rĂ©pĂ©titions prĂ©alables puis performances, rĂ©alisĂ©es Ă  Berlin. Coffret incontournable.

CD, compte rendu critique. Coffret Ă©vĂ©nement : Ferenc Fricsay, Complete recordings on Deutsche Grammophon. Vol. 2 : Operas, choral works. 37 cd Deutsche Grammophon. CLIC de classiquenews.com d’aoĂ»t 2015

People, signature. Le contre ténor vedette Franco Fagioli signe chez Deutsche Grammophon

fagioli franco opera magazine Porpora_04People, signature. Le contre tĂ©nor vedette Franco Fagioli signe chez Deutsche Grammophon. En septembre 2015, un Orfeo de Gluck dĂ©jĂ  attendu, puis son premier rĂ©cital DG en 2016. TrĂšs sollicitĂ© sur la scĂšne, miroir au masculin de Cecilia Bartoli (sa muse et son modĂšle), le chanteur argentin dĂ©tonant Franco Fagioli, (3 octaves Ă  sons actif) qui dĂ©gaine les notes comme une mitraillette (Ă  la façon de Bartoli justement d’oĂč son surnom « Monsieur Bartolo »), aprĂšs avoir publiĂ© ses premiers albums chez NaĂŻve (rĂ©citals discographiques Cafarelli puis Porpora), vient de signer un contrat d’exclusivitĂ© chez Deutsche Grammophon. C’est le premier contre tĂ©nor Ă  intĂ©grer la prestigieuse Ă©tiquette en or. Vocalises claires et articulĂ©es, timbre soyeux, flexibilitĂ© dans tous les registres, voix impĂ©tueuse et intense, articulation technicienne et prĂ©cise, none compte plus les qualitĂ©s expressives et musicales du plus grand contre-tĂ©nor actuel, dont le sens dramatique et l’instinct de caractĂ©risation supplante aisĂ©ment ses ainĂ©s pourtant cĂ©lĂ©brĂ©s Ă  leur Ă©poque, Jaroussky ou Lesne. Habituel partenaire de son confrĂšre et ainĂ© Max Emanuel Cencic (artiste chez Decca), Franco Fagioli suscite l’adhĂ©sion par ses prises de risques mettant sa voix puissante et fine au service de partitions ou de programmes originaux. Monteverdi, Frescobaldi, les Napolitains virtuoses dans la sillon de Porpora (sans omettre Leonardo Vinci), Handel Ă©videmment mais aussi Hasse, Le Fagioli affirme un goĂ»t du dĂ©frichement attachant et souvent pleinement convaincant.

Prochaine parution : Orfeo e Euridice de Gluck, version originelle (italienne, créée à Vienne dÚs 1762, chez Archiv Produktion), annoncée le 11 septembre 2015 : Franco Fagioli y chante le rÎle-titre. Son premier récital comme soliste sortira chez Deutsche Grammophon en 2016.

En LIRE + sur la page de Franco Fagioli sur club Deutsche grammophon

Et bientÎt, la critique développée du cd Orfeo e Euridice de Gluck (version Vienne 1762) dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews.com

LIRE aussi notre critique complÚte du cd Arias de Porpora (Naïve, 2013) par Franco Fagioli, cd élu CLIC de classiquenews en septembre 2014.

 

CD, critique compte rendu. Schubert : Symphonie n°9 “la grande”. Claudio Abbado, Orchestra Mozart (1 cd Deutsche Grammophon, Bologne, 2011)

abbado-schubert-the-great-la-grande-symphony-9-cd-critique-compte-rendu-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-juin-2015CD, critique compte rendu. Schuebrt : Symphonie n°9 “la grande”. Claudio Abbado, Orchestra Mozart (1 cd Deutsche Grammophon, Bologne, 2011). AprĂšs une Symphonie n°9 de Bruckner (Lucerne, 2013) sublime par ses Ă©lans et vertiges spirituels malgrĂ© la massivitĂ© de l’effectif, Ă©galement Ă©ditĂ©e par Deutsche Grammophon (CLIC de classiquenews de juillet 2014), voici une autre gravure de septembre 2011 Ă  Bologne oĂč le maestro avait depuis 2004 fondĂ© l’Orchestre Mozart, famille d’instrumentistes mĂȘlant talents chevronnĂ©s et jeunes apprentis dĂ©jĂ  trĂšs expĂ©rimentĂ©s : de cette Ă©quipe Ă  double profil, si complĂ©mentaire (les vertus de la transmission transgĂ©nĂ©rationnelle), Abbado fait une Ă©quipe lumineuse animĂ©e par une cohĂ©rence exceptionnelle, d’une Ă©nergie mesurĂ©e et nuancĂ©e qui fait littĂ©ralement merveille dans une vision attendrie, palpitante, instrumentalement et architecturalement … totalement superlative : malgrĂ© l’ampleur lĂ  aussi de l’orchestre, Abbado sait distiller une claire Ă©lectricitĂ© des cordes, ce fruitĂ© langoureux et nostalgique, sachant constamment balancer entre Ă©nergie, noblesse, gravitĂ© et dĂ©tachement tendre, voire jaillissement poĂ©tique entre le rĂȘve inespĂ©rĂ© et l’innocence recouvrĂ© (par la voix de la clarinette et du hautbois dans l’Andante con moto.

 

 

 

En septembre 2011 Ă  Bologne, Claudio Ababdo retrouve son Orchestra Mozart

Le Schubert Ă©tincelant du dernier Abbado

 

 

Le chef (qui devait s’Ă©teindre 3 annĂ©es aprĂšs ce concert le 20 janvier 2014 des suites d’un cancer) apporte sa profonde connaissance du massif symphonique composĂ© par Schubert entre 1825, et qui rĂ©alise un chef d’oeuvre dans l’art du romantisme symphonique immĂ©diatement aprĂšs Beethoven. L’urgence qu’il imprime au dernier mouvement, allegro, se fait danse subtilement mesurĂ©e, avec un soin pour les dĂ©tails dans la combinaison des timbres, une intelligence de la clartĂ© et de la transparence entre les pupitres qui s’avĂšrent bĂ©nĂ©fiques. Le feu jamais Ă©pais, son Ă©nergie d’un raffinement inouĂŻ, font les dĂ©lices de cette rĂ©alisation de surcroĂźt un live oĂč c’est le geste complice, amoureux, et si perfectionniste du chef qui rayonne aprĂšs sa mort. L’Ɠuvre est un poncif dans son catalogue : il l’a abordĂ© tĂŽt dans sa carriĂšre, dĂšs 1966 Ă  La Haye, et affinitĂ© secrĂšte et continuelle avec Franz, le jeune Claudio avait remportĂ© le Concours Koussevitsky (le grand chef crĂ©ateur et dĂ©fenseur des Symphonies de Sibelius) en 1958 avec une autre Symphonie schubertienne, la troublante et Ă©nigmatique “InachevĂ©e”. Ici, avec la mĂȘme finesse poĂ©tique, Abbado dĂ©voile dans une version complĂšte comprenant toutes les reprises (soit un peu plus d’une heure en durĂ©e), la versatilitĂ© structurelle de Schubert entre l’allant inextinguible et le recul introspectif, d’une tendresse infinie. L’Ă©cart aurait paru acrobatique ailleurs : ici il est gĂ©nĂ©rateur d’accomplissement et de jaillissement constant. Une fĂȘte savoureuse, des timbres en accord, un chef au sommet de la connivence. Magistral. CLIC de classiquenews.

 

 

CD, critique compte rendu. Schuebrt : Symphonie n°9 “la grande”. Claudio Abbado, Orchestra Mozart (1 cd Deutsche Grammophon, Bologne, 2011 – RĂ©f.: 00289 479 4652).

 

 

 

CD, coffret. Karajan : the opera recordings (Deutsche Grammophon, annonce)

karajan the opera recordings deutsche grammophon 27 operas oratorios compte rendu critique cd classiquenews CLIC de juin 2015CD, coffret. Karajan : the opera recordings (Deutsche Grammophon). Voici une somme discographique considĂ©rable et qui compose l’intĂ©grale des opĂ©ras enregistrĂ©s par Herber von Karajan chez Deutsche Grammophon : c’est donc l’une des parts importantes du Graal lyrique de DG. Le coffret est aussi somptueusement Ă©ditĂ© (avec hĂ©las pas de traduction en français des importantes contributions du livret d’accompagnement, c’Ă©tait dĂ©jĂ  le cas du prĂ©cĂ©dent coffret Karajan, dans son habit rouge , autre somme de 78 cd absolument incontournable et tut autant remarquablement Ă©ditĂ© : Karajan 80s / Karajan : les annĂ©es 1980). Qu’importe la nouvelle boĂźte magique rĂ©unit 27 ouvrages (26 opĂ©ras proprement dits, dont 2 ouvrages doublonnent Tosca et Der RosenKavalier offrant une possibilitĂ© de comparaison passionnante + l’oratorio La CrĂ©ation de Haydn), autant d’enregistrements Ă  Ă©couter d’urgence pour se nettoyer les oreilles et comprendre le legs du plus grand chef lyrique autrichien du XXĂš, aux cĂŽtĂ©s de Böhm (dont DG nous gratifie aussi simultanĂ©ment, en juin 2015, d’un coffret dĂ©diĂ© Ă  ses derniers enregistrements symphoniques avec le Wiener Philharmoniker, la Staatskapelle de Dresde entre autres, dont la 9Ăšme de Beethoven, le Requiem de Mozart, les Symphonies de Mozart, Schubert, Bruckner : Karl Böhm – Late recordings : Vienna, London, Dresden, 23 cd Deutsche Grammophon).
Karajan 1980s complete orchestral recordings deutsche grammophon coffret 78 cdLe coffret du Karajan lyrique chez DG s’impose Ă  tout mĂ©lomane car outre le perfectionnisme lĂ©gendaire du chef se joint aussi une trĂšs fine connaissance des possibilitĂ©s technologiques de l’Ă©poque qui inflĂ©chit aussi l’esthĂ©tique sonore des enregistrements : ainsi, aux cĂŽtĂ©s du geste et de l’intention interprĂ©tative et artistique, il y a bien chez Karajan, la volontĂ© et l’accomplissement d’une sonoritĂ© affinĂ©e pour l’enregistrement proprement dit (mĂȘme si le coffret comprend plusieurs live de Salzbourg).

 

 

 

26 opéras, 1 oratorio composent le legs de Karajan chez Deutsche Grammophon

Intégrale Karajan : un Graal lyrique by DG

 

25 ans de la mort de KarajanJusqu’en 1966, le maestro n’enregistre alors qu’avec le Wiener Philharmoniker puis Ă  partir de son intĂ©grale du Ring wagnĂ©rien, Karajan pilote aussi le Philharmonique de Berlin. A la tĂȘte de ses deux phalanges de prĂ©dilection, Berliner Philharmoniker et Wiener Philharmoniker, le chef emblĂ©matique de la marque jaune, nous lĂšgue ici un corpus phĂ©nomĂ©nal qui portant l’esthĂ©tique des annĂ©es 1960, 1970, 1980, soit 3 dĂ©cennies de rĂ©alisations menĂ©es tambour battant, rĂ©capitule une pensĂ©e musicale dĂ©diĂ©e Ă  l’opĂ©ra, rĂ©unissant alors les meilleurs chanteurs dans des rĂŽles que le chef a spĂ©cialement choisi pour chacun en fonction de ses aptitudes expressives. Voici 26 opĂ©ras avec en bonus un oratorio (La CrĂ©ation de Haydn) et un programme dĂ©diĂ© aux ouvertures de SuppĂ©. L’analyse globale en dehors des contingences de chronologie, fait apparaĂźtre la place privilĂ©giĂ©e de Verdi (le champion du coffret avec 6 partitions : Il Trovatore, Un ballo in maschera, Don Carlo, Otello, Falstaff), Puccini  et Wagner (Karajan enregistrant au moins 5 ouvrages de chaque, y compris Puccini dont il aborde deux fois Tosca : avec en 1962 et en 1979. L’intĂ©grale du Ring des annĂ©es 1960, – remarquable accomplissement au studio-, ainsi complĂ©tĂ© par Parsifal, pĂšse de tout son poids grĂące lĂ  encore Ă  une vision de studio trĂšs spĂ©cifiquement Ă©laborĂ© pour l’enregistrement avec des solistes au format et au chambrisme requis : le fini sonore et la spatialisation y sont tellement raffinĂ©s que se rĂ©alise ici la conception d’un vĂ©ritable thĂ©Ăątre musical. Mozart paraĂźt avec seulement 3 ouvrages : Les Noces, Don Giovanni, La FlĂ»te ; quand Richard Strauss, deux fois seulement et pour le mĂȘme opĂ©ra : Le Chevalier Ă  la rose, version de 1960 puis 1982, toutes deux avec le Wiener P., Ă  22 ans d’intervalle.
CLIC_macaron_2014Karajan chez DG ne peut ĂȘtre oubliĂ© ne serait-ce grĂące Ă  ses autres lectures tout autant remarquable tant par le choix des protagonistes que la conception globale des ouvrages retenus, comme c’est le cas de : Carmen de Bizet, Die Lustige Witwe de Lehar, Pagliacci de Leoncavallo, Cavalleria Rusticana de Mascagni, Boris Godounov de Moussorsgki, Die Fledermaus de Johann Strauss fils. Un opĂ©ra, un compositeur : l’Ă©quation permet au chef de se renouveler Ă  chaque production, s’accompagnant des ingĂ©nieurs chevronnĂ©s pour capter le mieux possible l’intensitĂ© Ă©motionnelle requise chez chaque chanteur.

 

 

Sommaire du coffret par compositeur

BIZET
Carmen, Berliner P, chƓur de l’opĂ©ra de Paris, Berlin 1982 et 1983

GLUCK
Orfeo ed Euridice, Wiener P, Salzbourg, live 1959

LEHAR
Die Lustige Witwe, Berliner P, Berlin 1972

LEONCAVALLO, MASCAGNI
Pagliacci, Bergonzi, Scala, 1965
Cavalleria Rusticana, Bergonzi, Scala, 1965

MOZART
Le Nozze di Figaro, Wiener P, Vienne 1978
Don Giovanni, Berliner P, Berlin 1985
Die Zauberflöte, Berliner P, Berlin 1980

MOUSSORGSKI
Boris Godounov, Wiener P, Vienne 1970

PUCCINI
La BohĂšme, Freni, Pavarotti, Berliner P, Berlin 1972
Tosca 1, Leontyne Price, Giuseppe di Stefano, Wiener P, Vienne 1962
Tosca 2, Katia Ricciarelli, José Carreras, Berliner P, Berlin 1979
Madama Butterfly, Mirella Freni, Luciano Pavarotti, Wiener P, Vienne 1974
Turandot, Katia Ricciarelli, Domingo, Raimondi, Wiener P, Vienne 1981

J. STRAUSS II
Die Fledermaus, Wiener, with guests, Vienne 1960

R. STRAUSS
Der Rosenkavalier 1, Della Casa, Jurinac, GĂŒden, Edelmann, Wiener P, Salzbourg Live 1960
Der Rosenkavalier 2, Tomowa Sintow, Baltsa, Perry, Moll, Wiener P, Vienne 1982

VERDI
Il Trovatore, Leontyne Price, Franco Corelli,  Wiener, Salzbourg Live 1962
Un Ballo in mschera, Domingo, Jo, Wiener P, Vienne 1989
Don Carlo, Siepi, Fernandi, Jurinac, Bastianini, Wiener P, Salzbourg Live 1958
(sans l’acte de Fontainebleau : acte de innocence galante celle de l’Infant et d’Elisabeth)
Aida, Tebaldi, Simionato, Bergonzi, Wiener P, Vienne 1959
Otello, Tebaldi, del Monaco, Wiener, Vienne 1961
Falstaff, Taddei, Kabaivanska, Ludwig, Wiener P, Vienne 1980

WAGNER
Le Ring, Berliner P, 1966-1969
Das Rheingold, DFDieskau, Berlin 1967
Die WalkĂŒre, Janowitz, Vickers, Talvela, Crespin, Berlin 1966
Siegfried, Jess Thomas, Gerhard Stolze, Berlin 1969
GötterdÀmmerung, Helge Brilioth, Janowitz, Ludwig, Berlin 1969
Parsifal, Van Dam, Von Halem, Moll, Peter Hofmann, Nimsgern,  Berliner P, Berlin 1980

BONUS – HAYDN
Die Shöpfung, Janowitz, Wunderlich, Prey, Wiener P, Salzbourg live 1965

 

 

 

 

PremiÚre analyse : répertoire et chanteurs par décades

 

Un regard sur les rĂ©alisations ainsi produites de Salzbourg, Vienne Ă  Berlin dans l’ordre chronologique,permet de distinguer pĂ©riodes et Ă©quipes artistiques par lieux et selon les Ă©poques, dessinant une Ă©volution dans l’approche du rĂ©pertoire.

La fin des annĂ©es 1950 offre le plus ancien tĂ©moignage DG, un live de Salzbourg de 1958 : Don Carlo de Verdi avec Siepi, Fernandi, Jurinac, Bastianini, Wiener et bien sĂ»r le Wiener Philharmoniker (mais sans l’acte galant inocent de Fontainebleau) ; puis de 1959, date aussi un second live de Salzbourg, Orfeo de Gluck.
Les annĂ©es 1960 sont marquĂ©es par la collaboration avec Tebaldi dans Aida et Otello sans omettre, deux tĂ©moignages illustres propres au dĂ©but des annĂ©es 1960, les premiĂšres versions du Chevalier Ă  la rose (Der Rosenkavalier) avec Della Casa, Jurinac, GĂŒden, Edelmann (autre Live de Salzbourg 1960) et Tosca avec la furieuse et sensuelle,  Leontyne Price, aux cĂŽtĂ©s de Giuseppe di Stefano, en 1962 ; Karajan retrouve d’ailleurs la mĂȘme annĂ©e une Price fĂ©line et de braise dans Il Trovatore. Le maestro enregistre et dirige uniquement avec le Wiener Philharmoniker.

Sa collaboration avec le Berliner Philharmoniker dĂ©bute en 1966, pour l’intĂ©grale du Ring de Wagner, premier cycle d’envergure, Ă©galant celui lĂ©gendaire et le premier en stĂ©rĂ©o de l’histoire du disque, de 1958 signĂ© par Solti (et que Decca sort simultanĂ©ment en juin 2015 Ă©galement au coffret Karajan).

Les annĂ©es 1970 sont celles oĂč Karajan se partage entre ses deux orchestres : Berliner et Wiener, selon les productions programmĂ©es. D’autres Ă©quipes et d’autres tempĂ©raments depuis emblĂ©matiques du star system (qu’a cultivĂ© la machine Karajan) s’affirment, attestant entre autres alors de l’essor du chant mozartien comme Puccinien sous la direction du maestro : aprĂšs un Boris Godounov (Nicolai Ghiaurov dans le rĂŽle titre, Martti Talvela en PimĂšne et Galina Vishnevskaya en Marina), tendu, proche du texte comprenant donc l’acte Polonais (1970), Karajan enregistre avec le couple irradiant, lumineux, irrĂ©sistible Freni / Pavarotti (La BohĂšme, Berlin 1972), Madama Butterfly (Vienne 1974), puis Les Noces de Figaro (avec Tom Krause, Anna Tomowa-Sintow, Ileana Cotrubas, JosĂ© Van Dam et l’Ă©blouissante Frederica von Stade en Cherubino… Vienne 1979) et surtout sa seconde Tosca avec un autre couple phare du bel canto : Ricciarelli et Carreras (Berlin 1979).

La derniĂšre dĂ©cennie, celle de la grand maturitĂ©, les annĂ©es 1980, avec les mĂȘmes deux orchestres philharmoniques, comprend les derniers Mozart : FlĂ»te enchantĂ©e (Berlin 1980 avec Tomowa-Sintow et Baltsa, que l’on retrouve dans Don Giovanni de 1985 avec Samuel Ramey dans le rĂŽle titre et Katleen Battle en Zerlina) ; Baltsa et Tomowa-Sintow font aussi partie de son Rosenkavalier II (Vienne 1982), et AgnĂšs Baltsa occupe la vedette de sa Carmen de Berlin de 1982 / 1983. Trois autres compositeur occupent le maestro : Wagner dont il enregistre son dernier Parsifal (Berlin 1980 avec un plateau de chanteurs masculins sidĂ©rants, finement caractĂ©risĂ©s : Van Dam, Von Halem, Moll, Peter Hofmann, surtout le Klingsor de Nimsgern : un must), puis Puccini dont Turandot emploie Ricciarelli (avec Domingo, Raimondi… Vienne 1981). Enfin c’est Verdi qui s’impose Ă  nouveau avec Falstaff Ă  Vienne en 1980 : Taddei, Kabaivanska, Ludwig, et le dernier ouvrage lyrique enregistrĂ© avant la mort de Karajan, Un Ballo in maschera offrant un immense rĂŽle Ă  Placido Domingo (avec l’Oscar de Sumi Jo, autre interprĂšte favorisĂ© par le chef… ,Vienne 1989).

L’Ă©coute attentive des productions lyriques ainsi transmises, montre combien Karajan savait cultiver et affiner une pensĂ©e globale dans chaque lecture. OrfĂšvre de la pĂąte orchestrale, Karajan dĂ©fend surtout se souci du verbe et de la langue : le texte demeure toujours intelligible, confinant au thĂ©Ăątre musical. Avec un remarquable sens de l’Ă©quilibre,  Karajan travaille les masses, les pupitres comme un architecte du son mais le relief mordant du texte, porteur de tension et de vĂ©ritĂ© dans les situations malgrĂ© parfois le spectaculaire de l’orchestre… prĂ©serve la justesse et l’intensitĂ© de l’expression.

Retrouvez quelques éléments utiles sur le site dédié le club DG / Deutsche Grammophon

 

 

 

 

sommaire chronologique

Don Carlo, Siepi, Fernandi, Jurinac, Bastianini, Wiener P, Salzbourg Live 1958
(sans l’acte de Fontainebleau : acte de innocence galante celle de l’Infant et d’Elisabeth)

Orfeo ed Euridice, Wiener P, Salzbourg, 1959 LIVE
Aida, Tebaldi, Simionato, Bergonzi, Wiener P, Vienne 1959
Die Fledermaus, Wiener, with guests, Vienne 1960
Der Rosenkavalier 1, Della Casa, Jurinac, GĂŒden, Edelmann, Wiener P, Salzbourg Live 1960
Otello, Tebaldi, del Monaco, Wiener, Vienne 1961
Tosca 1, Leontyne Price, Giuseppe di Stefano, Wiener P, Vienne 1962
Il Trovatore, Leontyne Price, Franco Corelli,  Wiener, Salzbourg Live 1962

Pagliacci, Bergonzi, Scala, 1965
Cavalleria Rusticana, Bergonzi, Scala, 1965
Die Shöpfung, Janowitz, Wunderlich, Prey, Wiener P, Salzbourg live 1965

Wagner Ă  Berlin
Le Ring, Berliner P, 1966-1969
Das Rheingold, DFDieskau, Berlin 1967
Die WalkĂŒre, Janowitz, Vickers, Talvela, Crespin, Berlin 1966
Siegfried, Jess Thomas, Gerhard Stolze, Berlin 1969
GötterdÀmmerung, Helge Brilioth, Janowitz, Ludwig, Berlin 1969

Boris Godounov, Wiener P, Vienne 1970
Die Lustige Witwe, Berliner P, Berlin 1972
La BohĂšme, Freni, Pavarotti, Berliner P, Berlin 1972
Madama Butterfly, Mirella Freni, Luciano Pavarotti, Wiener P, Vienne 1974
Le Nozze di Figaro, Wiener P, Vienne 1978
Tosca 2, Katia Ricciarelli, José Carreras, Berliner P, Berlin 1979

Die Zauberflöte, Berliner P, Berlin 1980
Falstaff, Taddei, Kabaivanska, Ludwig, Wiener P, Vienne 1980
Parsifal, Van Dam, Von Halem, Moll, Peter Hofmann, Nimsgern,  Berliner P, Berlin 1980
Turandot, Katia Ricciarelli, Domingo, Raimondi, Wiener P, Vienne 1981
Der Rosenkavalier 2, Tomowa Sintow, Baltsa, Perry, Moll, Wiener P, Vienne 1982
Carmen, Berliner P, chƓur de l’opĂ©ra de Paris, Berlin 1982 et 1983
Don Giovanni, Berliner P, Berlin 1985
Un Ballo in maschera, Domingo, Jo, Wiener P, Vienne 1989

 

 

karajan the opera recordings deutsche grammophon 27 operas oratorios compte rendu critique cd classiquenews CLIC de juin 2015Karajan : The opera recordings. 26 operas, 1 oratorio. Deutsche Grammophon. Le livret d’accompagnement comporte de nombreuses photos des sessions d’enregistrements oĂč le chef est pris sur le vif avec les Ă©quipes techniques et les chanteurs… Les amateurs du Karajan Straussien : poĂšmes symphoniques et opĂ©ras se dirigeront vers le somptueux coffret KARAJAN STRAUSS Ă©galement Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon en 2014 (11 cd, Ă©dition pour les 25 ans de la disparition du maestro)

 

 

Portrait d’Herbert Von Karajan

Karajan STrauss coffret 2014 deutsche GrammophonPortrait du chef autrichien Herbert von Karajan, Ă©ditĂ© sur classiquenews Ă  l’occasion de son centenaire en 2008. Le 5 avril 2008 marque le centenaire de la naissance du chef d’orchestre le plus mĂ©diatisĂ© du XXĂšme siĂšcle. Voici donc, un nouveau centenaire Ă  fĂȘter, dans la riche actualitĂ© commĂ©morative de 2008, qui compte aussi le centenaire Olivier Messiaen, et les 150 ans de la naissance de Giacomo Puccini. Karajan qui fut toujours pour Wilhelm FurtwĂ€ngler (autrement plus gĂ©nĂ©reux et humaniste, mais dont le dĂ©faut fut de paraĂźtre trop tĂŽt sur la scĂšne, avant l’essor du disque, vinyle et compact), le “petit k”
 est le sujet d’innombrables cĂ©lĂ©brations et rĂ©Ă©ditions (au cd comme au dvd). Est-il juste dans la perspective de l’histoire d’aduler voire d’idĂŽlatrer ainsi HVK? A torts ou Ă  raisons (pour reprendre le titre de la piĂšce de Ronald Harwood, au sujet du procĂšs en dĂ©nazification de FurtwĂ€ngler). N’en dĂ©plaise Ă  ses dĂ©tracteurs et critiques dont il faut bien l’avouer nous faisons partie, Karajan est un nom qui a inscrit chacune de ses lettres dans l’imaginaire collectif. L’homme reste une lĂ©gende de la baguette, tyrannique mais d’une exigence absolue, boulimique de l’enregistrement, mais pointu et d’un idĂ©al affĂ»tĂ© jusqu’à l’extrĂȘme. Le profil prĂ©sente ses parts d’ombres, de tĂąches
 indĂ©libiles (il adhĂ©ra de son plein grĂ© au parti nazi, comme Elisabeth Schwarzkopf, jouant par opportunisme Fidelio pour l’anniversaire du FĂŒhrer), ses doutes et ses incertitudes en particulier, vis-Ă -vis de FurtwĂ€ngler, un maĂźtre indĂ©passable. Il y a chez lui la conscience du gĂ©nie et forcĂ©ment la dĂ©mesure narcissique parfois, souvent, insupportable. LIRE notre portrait complet d’Herbert von Karajan

 

CD, coffret. Compte rendu critique : Karl Boehm : Late recordings. Vienne, Londres, Dresde. 23 cd Deutsche Grammophon (1969-1980)

Karl-Böhm_wideCD, coffret. Compte rendu critique : Karl Boehm : Late recordings. Vienne, Londres, Dresde. 23 cd Deutsche Grammophon (1969-1980). Deutsche Grammophon nous rĂ©gale littĂ©ralement avec ce coffret de 23 cd qui dĂ©voile et souligne la justesse et la profondeur poĂ©tique du chef autrichien si mĂ©sestimĂ© Karl Böhm, baguette ardente, vive, subtil qui malgrĂ© le grand Ăąge, 70 et 80 passĂ©s, jusqu’à 1980 (l’annĂ©e qui prĂ©cĂšde sa mort), reste inĂ©galĂ©e chez Mozart, Schubert, Beethoven ou Richard Strauss
 Voici ses histoires d’amour avec trois grands orchestres avec lesquels il a travaillĂ© et approfondi la comprĂ©hension des oeuvres choisies ici essentiellement orchestrales (DG fera-il paraĂźtre en complĂ©ment un coffret lyrique ?) : London Symphony Orchestra, Staatskapelle Dresden, Philharmonique de Vienne Ă©videmment


Karl Böhm ou Boehm, prĂ©cĂšde voire pour certaines oeuvres Ă©gale le gĂ©nie de l’autre baguette autrichienne, Karajan. Aussi peu narcissique que son cadet Ă©tait megalo, le docteur Böhm a le souci du mĂ©tier bien tissĂ©, parfaitement structurĂ©, avant l’impact de la gestuelle ou la photogĂ©nie de la posture.
C’est un artisan orfĂšvre (dans le sens le plus noble du terme) qui concilie sensibilitĂ© et clartĂ©. En cela son legs artistique, dĂ©voilĂ© dans ses derniĂšres annĂ©es (Ă  prĂšs de 70 ans et au-delĂ ) dans ce coffret magistral Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon, est des plus captivants.
Ses Mozart et ses Strauss  (Karajan  souhaitera toute sa vie Ă©galer l’accomplissement de Boehm dans La femme  sans ombre entre autres) restent les plus justes qui soient. Ses Wagner  sont aussi finement articulĂ©s grĂące Ă  la proximitĂ© prĂ©coce de Karl Muck chef attitrĂ© de Bayreuth qui avait remarquĂ© son premier Lohengrin (1917).

 

 

 

23 cd soulignent chez Deutsche Grammophon l’hĂ©ritage du chef autrichien

Böhm : le poĂšte et l’architecte

 

bohm karl coffret late years deutsche grammophon clic de classiquenews critique du coffret cd juin 2015La direction de Karl Böhm (ou Boehm :1894-1981) s’offre Ă  nous dans ce coffret de 23 cd, jalons Ă©tonnamment polis et travaillĂ©s du dernier Böhm Ă  la tĂȘte du Wiener Philharmoniker (cd1-15 ; 17-18 ; 22-23), London Symphony Orchestra (cd 19-21) et Staatskapelle de Dresde (cd2 et 16). L’Ă©lĂ©gance du maestro, un authentique orfĂšvre des Ă©quilibres orchestraux, douĂ© d’une somptueuse sensibilitĂ© instrumentale, un tempĂ©rament lyrique hors pair (en particulier chez Richard Strauss) jaillit ici dans ce rĂ©sumĂ© symphonique d’une rare valeur. Voici le Boehm le plus mĂ»r, le plus abouti, celui septuogĂ©naire jusqu’Ă  sa mort octogĂ©naire survenu Ă  86 ans. Avec le recul, le chef autrichien a incarnĂ© une synthĂšse parfaite du bon goĂ»t, apĂŽtre du style impeccable n’excluant ni poĂ©sie, ni puissance, ni Ă©quilibre souverain. Une alliance qui nous paraĂźt aujourd’hui lĂ©gendaire et qui permet de mieux mesurer l’immense legs transmis par Böhm, plus de 30 ans aprĂšs sa mort. Avec ses chers Wiener Philharmoniker, Karl Böhm aura traversĂ© un large rĂ©pertoire depuis, si l’on respecte une vision chronologique ainsi restituĂ©e par Deutsche Grammophon : Mozart (Requiem de 1971) et les Strauss faiseurs de valses (1971 et 1972), les symphonies de Haydn (88,89,90,91,92 en 1973,1974), ces derniĂšres prĂ©parant Ă©videmment les Symphonies de Mozart minutieusement choisies (29, 35 “Haffner”, 38 “Prague”, 39 en 1979-1980 ; sans omettre les 40 et 41 de 1976), mais aussi des Bruckner carrĂ©s et puissants (Symphonies 7 et 8 (1976), Schubert (Symphonies 5 et 8 inachevĂ©e), Schumann (4Ăšme), Dvorak (Ă©videmment du Nouveau Monde n°9) : tout cela Ă  la fin des annĂ©es 1970. Mais l’accomplissement rĂ©alisĂ© par Böhm et le Wiener Philharmoniker ne saurait ĂȘtre totalement exprimĂ© sans les Ă©tapes dĂ©cisives qui demeurent chez Strauss (l’Ă©blouissant poĂšme symphonique Une vie de hĂ©ros de 1976, et chez Beethoven : la 9Ăšme qui est le premier opus d’ouverture (cd1 : 1980, avec Jessye Norman, Placido Domingo, Brigitte Fassbaender et Walter Berry), les cd 2 (somptueuses ouvertures Egmont, Coriolan, CrĂ©atures de PromĂ©thĂ©e, ciselĂ©es sur l’arc tendu et poĂ©tique de l’Ă©popĂ©e humaine avec des respirations amples et prenantes soulignent combien le gĂ©nie du chef lyrique se dĂ©voile continĂ»ment) ; enfin la Missa Solemnis de 1974 (cd 3 et 4) : avec un plateau de rĂȘve (Margaret Price, Christa Ludwig, Wieslaw Ochman et Martti Talvela). Si le choeur n’y est pas aussi  raffinĂ© et calibrĂ© que chez Karajan, Böhm sait exploiter toutes les ressources de l’instant avec un don sensible indiscutable : la ferveur qui s’en dĂ©gage est tangible et aĂ©rienne. Le Benedictus (violon solo : Gerhart Hetzel) y atteint avant Karajan un sommet d’Ă©lĂ©gance rentrĂ©e, d’embrasement mesurĂ© qui captive de bout en bout.  Böhm a l’intelligence et la sensibilitĂ© pour faire jaillir et Ă©tinceler comme personne des climats souterrains, d’une profondeur absolue, Ă  la fois grave mais tendre et d’une dĂ©licatesse humaine. C’est d’ailleurs ce qui rend sa direction lyrique aussi passionnante chez Wagner et Strauss (Ă  notre connaissance sa Femme sans ombre est inĂ©galĂ©e, mĂȘme comparĂ© Ă  Karajan, Solti ou Sinopoli).

Avec le London Symphony Orchestra, Böhm grave les Symphonies 4, 5 et 6 de Tchaikovski en 1977-1978-1980, dĂ©ployant des joyaux d’intĂ©rioritĂ© lĂ  aussi embrasĂ©s parfaitement mesurĂ©s.

CLIC_macaron_2014La collaboration du chef autrichien avec la Staatskapelle Dresden n’est certes pas anecdotique apportant l’Ă©clairage complĂ©mentaire de Beethoven (ouvertures Fidelio et Leonore III de 1969 : c’est le tĂ©moignage le plus ancien du coffret : Leonore III Ă©poustouffle par son intelligence dramatique et la poĂ©sie de l’architecte comme la sĂ»retĂ© de ses audaces instrumentales, dont des cuivres toujours rutilantes, dĂ©liĂ©es, accents toniques d’une vision saisissante), et aussi un Schubert (la 9Ăšme dite La Grande) de 1979.

 

 

 

Biographie. NĂ© le 28 aoĂ»t 1894 à Graz et mort le 14 aoĂ»t 1981 à Salzbourg (86 ans), Karl Böhm / Boehm est avec son cadet Karajan, le chef autrichien le plus cĂ©lĂšbre et comme lui au passĂ© obscur Ă  l’Ă©noncĂ© dĂ©licat en partie pendant les annĂ©es d’occupation hitlĂ©riennes. Le jeune diplĂŽmĂ© en droit  se forme Ă  la musique aux Conservatoire de Graz puis de Vienne. À 27 ans, il est l’assistant – 4Ăšme chef invitĂ© auprĂšs de Bruno Walter Ă  l’OpĂ©ra d’Etat de BaviĂšre en 1921 (Ă©largissement du rĂ©pertoire symphonique et surtout lyrique dont Don Giovanni, Der rosenkavalier, Ariadne auf Naxos…), puis il dirige Ă  Darmstad (dĂšs 1927 comme Kapellmeister), enfin Ă  Hambourg (1931).

Travailleur nĂ©, Böhm sait aussi explorer les auteurs de son temps dirigeant Krenek, Paul Hindemith, Honegger. .. il produit son premier Parsifal, une SalomĂ© lĂ©gendaire et en 1931, Wozzeck de Berg avec lequel il se lie d’une profondeur amitiĂ©; ces deux accomplissement de la presque quarantaine font de Darmstadt un haut lieu de rĂ©alisation artistique.
A Hambourg, les opĂ©ras de Böhm gagnent encore en profondeur et en finesse d’analyse psychologique ; et plus de Strauss  (premiĂšre Elektra et Arabella) dont il fait la connaissance, Boehm  comme Erich Kleiber à  la mĂȘme Ă©poque, oeuvre aussi Ă  humaniser Verdi d’une verve dramatique nouvelle (Macbeth).

L’ordre nazi ne lui pose pas de problĂšme car le jeune chef poursuit une carriĂšre ascensionnelle incarnant aux heures les plus noires de l’Allemagne, l’idĂ©e du chef allemand de souche reconnu et encouragé  par les nazis. C’est un chef adoubé qui s’affirme ainsi en 1933 Ă  l’OpĂ©ra de Vienne par la grande porte avec Tristan und Isolde de WagnĂ©rien.

 

De  fait, en 1934, il succĂšde à Fritz Busch (expulsĂ© par les nazis) à la tĂȘte du Semperoper de Dresde puis dans la dĂ©cennie suivante devient directeur musical de l’OpĂ©ra d’État de Vienne en1943. Patriote dĂ©clarĂ©, Boehm ne fait pas mystĂšre de son admiration pour le reich hitlĂ©rien, n’hĂ©sitant pas Ă  diriger en 1938, le concert officiel cĂ©lĂ©brant l’annexion de l’Autriche Ă  l’Allemagne nazie et faisant dans ce contexte le salut nazi.
Comme un autre proche de Strauss, Clemens Krauss Ă©galement chef d’orchestre,  Boehm fait allĂ©geance aux nazis sans pour autant dĂ©tenir sa carte du parti nationaliste socialiste (comme c’est le cas de Karajan et de la soprano Élisabeth Schwarzkopf), de toute Ă©vidence Boehm adhĂšre  au rĂ©gime de la barbarie, en dĂ©fendant pourtant les compositeurs interdits
 AprĂšs la guerre, il se voit rĂ©habilitĂ© et poursuivra sa carriĂšre au dĂ©but des annĂ©es 1950,  quand un Karajan dut  s’exiler en Grande Bretagne pour prĂ©parer ensuite l’essor de sa propre activitĂ© de chef en Allemagne et en Autriche… avec l’Ă©clat que l’on sait.

AprĂšs la guerre, Böhm se distingue Ă  la tĂȘte de l’Orchestre philharmonique de Vienne ainsi avant Karajan et au Festival de Salzbourg. Sa direction  et sa comprĂ©hension des oeuvres s’affirment surtout dans le domaine symphonique classique centré essentiellement sur le rĂ©pertoire germanique romantique (Symphonies de Beethoven et en particulier de Schubert dont il est l’un des premiers promoteurs quand Bernstein s’intĂ©ressait plutot Ă  Mahle)
 A cela s’ajoute les classiques viennois : Haydn, Mozart, raffinĂ©s, Ă©lĂ©gantissimes. Bruckner est aussi un cheval de bataille ardemment dĂ©fendu comme Schubert : ses lectures des symphonies 4 et 8 restent anthologiques par leur souffle et leur clartĂ© miniaturiste.

TrĂšs rare en France, Boehm dirige aux ChorĂ©gies d’Orange le 7 juillet 1973, Tristan und Isolde de Richard Wagner avec la soprano Birgit Nilson et le tĂ©nor Jon Vickers.

 

 

La vision est celle d’un architecte qui rĂ©ussit la structure dramatique des oeuvres : opĂ©ras, symphonies, oratorio ; veillant particuliĂšrement aux Ă©quilibres et Ă  la clartĂ© de la sonoritĂ©, Boehm est un interprĂšte pointilliste, capable d’une superbe ciselure instrumentale qui colore ses Wagner ou ses Schubert d’une saveur mozartienne, et inversement, il apporte Ă  ses Mozart un souffle et une respiration d’une ampleur personnelle souvent passionnante.

CD, coffret. Compte rendu critique : Karl Boehm : Late recordings. Vienne, Londres, Dresde. 23 cd Deutsche Grammophon (1969-1980).

 

 

 

CD, coffret. Compte rendu critique. Ivo Pogorelich : complete recordings. 14 cd Deutsche Grammophon (1981-1995).

pogorelich ivo complete recordings piano CLIC de classiquenews compte rendu critique du coffret cd CLIC de mai  et juin 2015CD, coffret. Compte rendu critique. Ivo Pogorelich : complete recordings. 14 cd Deutsche Grammophon (1981-1995). Ado scandaleux puis pilier classique… Passeur enflammĂ© Ivo Pogorelich sera passĂ© de l’icĂŽne rebelle des annĂ©es 80 aux dĂ©jĂ  grands du piano … alors que sa carriĂšre , n’est pas achevĂ©e.  En couverture de ce coffret de 14 cd, absolument incontournable, la posture cool et relax d’un ado virtuose en tee-shirt et jean (membre d’un Boys band), qui vient de semer le scandale au Concours Chopin de Varsovie : Ă©liminĂ© en demi finale, Ivo Pogorelich (nĂ© Ă  Belgrade en 1958) provoque du haut de ses 22 ans… le dĂ©part de Martha Argerich alors membre du Jury. Et c’est le vietnamien Dang Thai Song qui est sacrĂ© Premier Prix du Concours 1980. D’emblĂ©e le jeu sans Ă©quivalent de Pogorelich rayonne tout au long des ces 14 programmes anthologiques, enregistrĂ©s par Deutsche Grammophon : le geste se fait provocateur et le premier disque Ă  paraĂźtre dĂšs 1981, totalement dĂ©diĂ© Ă  Chopin est sa rĂ©ponse mĂ»rie, scrupuleuse aux membres du Jury de ce Concours 1980 qui l’avait Ă©cartĂ©. Contrastes exacerbĂ©s, virtuositĂ© Ă©poustouflante, rubato original, vision toujours enflammĂ©e et jamais polie… Chopin, Beethoven, Ravel… le gĂ©nie Pogo sublime et transfigure dans un crĂ©pitement imaginatif continu qui laisse soit dĂ©concertĂ© mais admiratif, soit agacĂ© puis rĂ©fractaire. La jeunesse, le concept finalement trĂšs soignĂ© du llook pop rock appliquĂ© au classique fait recette : les salles se l’arrachent et le soliste embrase les publics tant l’Ă©quation de la jeunesse et du talent bouleverse les sensibilitĂ©s. D’autant plus que les traits du pianistes, androgynes, renforcent l’Ă©nigme Pogo.

 

 

 

 

 

DG publie en 14 cd les seuls gravures studio du pianiste prodige des 80′s et 90′s

Le piano hors normes d’Ivo

 

CLIC_macaron_2014Les cd 1-6 regroupent les premiĂšres gravures propres aux dĂ©buts des annĂ©es 1980 : celles de la rĂ©vĂ©lation (1981-1985) : programmes solistes Chopin bien sĂ»r, Beethoven, Ravel (Gaspard de la nuit), et aussi les Concertos avec orchestre de Chopin et Tchaikovski en complicitĂ© avec Claudio Abbado). Le cd 7 rassemble les 24 PrĂ©ludes de Chopin: un sommet difficilement Ă©galable encore aujourd’hui (Hambourg, 1989). Les gravures 8-11 marquent la maturitĂ© du dĂ©but des annĂ©es 1990 (Sonate n°2 de Scriabine, Sonate de Liszt Ă©videmment, mais aussi Scarlatti et Haydn), auxquels succĂšdent les cd 12 et 14 de 1995 qui comprennent l’incontournable Moussorgski et dans le dernier album, 4 Scherzos de Chopin.

 

Tout cela permet de dessiner les grandes lignes d’un tempĂ©rament hors normes. Si Mozart, et sa simplicitĂ© grave lui Ă©chappent incontestablement, ses Bach cependant semblent imposer sa musicalitĂ© au-delĂ  des postures stylistiques. Puis l’Ă©closion de la maturitĂ© si manifeste chez Scriabine ou Chopin (les 24 PrĂ©ludes demeurent la rĂ©fĂ©rence absolue du catalogue Pogorelich chez DG), avant le sublime et profond Moussorgski (Tableaux d’une exposition, autre must absolu). AprĂšs 14 annĂ©es de carriĂšre et d’enregistrements, Ivo cesse toute activitĂ© Ă  la mort en 1996 de son Ă©pouse  Aliza Kezeradze(qui de vingt ans son aĂźnĂ©e fut son mentor, un guide spirituel et artistique tout autant qu’une compagne dĂ©vouĂ©e). C’est une cassure nette dont le soliste se remet encore avec difficultĂ©. De nouveaux rĂ©citals se sont rĂ©alisĂ©s (2014), des vellĂ©itĂ©s d’enregistrements aussi. Pour l’heure, le coffret de 14 cd Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon (et qui regroupe les seuls enregistrements studio du pianiste) constitue une somme artistique indiscutable : l’engagement, la personnalitĂ©, le feu promĂ©thĂ©en qui s’en dĂ©gage (la vacuitĂ© d’une narcissicisme souverain diront les critiques plus rĂ©servĂ©s) restent pourtant captivants. Evidemment le coffret reçoit le CLIC de classiquenews de juin 2015.

 

 

 

 

 

CD, coffret. Compte rendu critique. Ivo Pogorelich : complete recordings. 14 cd Deutsche Grammophon réf.: 479 4350. Consulter le sommaire complet du coffret sur le site de Deutsche Grammophon

 

 

 

CD, coffret. Compte rendu critique. Itzhak Perlman : complete Recordings on Deutsche Grammophon (25 cd)

perlman itzhak violon complete recordings on deutsche grammophonCD, coffret. Compte rendu critique. Itzhak Perlman : complete Recordings on Deutsche Grammophon (25 cd). La prestigieuse Ă©tiquette jaune, Deutsche Grammophon cĂ©lĂšbre les 70 ans du violoniste israĂ©lien Itzhak Perlman (le 31 aoĂ»t 2015) en lui dĂ©die un important coffret cd qui rĂ©unit l’ensemble de ses enregistrements pour le label. Perlman a gravĂ© 25 albums pour Deutsche Grammophon et Decca entre 1968 et 2001, comptant certaines collaborations scellĂ©es sous le signe de l’amitiĂ© complice et de la haute technicitĂ© toujours finement inspirĂ©e. Itzhak Perlman a fait ses dĂ©buts chez DG avec les concertos pour violon de Berg et Stravinsky (1978, Seiji Ozawa, direction) ; il a sĂ©duit de nouveaux admirateurs par sa chaleur humaine et une gĂ©nĂ©rositĂ© flexible qui favorisent les collaborations, ainsi dĂšs 1968, le disque premier, fondateur ici, comprenant la Sonate proustienne de Franck et le Trio de Brahms (avec cor), enregistrĂ© Ă  Londres en 1968 ; ou le Concerto pour violon d’Elgar (sous la direction de Barenboim, 1981).

Les concertos de Saint-SaĂ«ns et Wieniawski (1983), la Symphonie espagnole de Lalo (1980), un disque de piĂšces cĂ©lĂšbres avec Zubin Mehta (Sarasate, Ravel, Chausson, Saint-SaĂ«ns
, 1986)  et les Quatre Saisons de Vivaldi (rĂ©unissant Ă  Tel Aviv en 1982, et sur instruments modernes la crĂšme des violonistes des annĂ©es 1980 : ) font Ă©galement partie du coffret. On y retrouve aussi des perles comme l’album « Bach Arias » avec la soprano aussi suave qu’impossible, Kathleen Battle et donc son partenaire, Perlman au violon obbligato (1989-1990), des Concertos de TchaĂŻkovski et de Chostakovitch avec Perlman cette fois Ă  la baguette Ă  la direction du Philharmonique d’Israel (Tel Aviv, 2001), dirigeant son jeune protĂ©gĂ© Ilya Gringolts, et la redĂ©couverte de deux ensembles majeurs pour les annĂ©es 1980 toujours: Concertos de Mozart (Wiener Philharmoniker, James Levine, Vienne, 1982-1985) et les Sonates pour violon et piano de Beethoven rĂ©alisĂ©es avec la complicitĂ© de Vladimir Ashkenazy Ă  Londres au dĂ©but des annĂ©es 1970 (1973-1975), deux cycles rĂ©instaurĂ©es au catalogue pour la premiĂšre fois depuis des annĂ©es. Les CD reprennent les programmes et pochettes d’origine. La notice accompagnant le coffret est en anglais et en allemand.

 

 

Violon subtil et Ă©loquent

 

CLIC D'OR macaron 200Notre avis. Pour ses 70  ans, Deutsche  Grammophon Ă©dite  un coffret mĂ©moire regroupant les enregistrements les plus significatifs voire  convaincants du violoniste nĂ© Ă  Tel Aviv en 1945 de parents polonais : Itzhak Perlman. Une carriĂšre dans sa globalitĂ© se dĂ©tache ici. Dans sa diversitĂ© de plus en plus assumĂ©e comme soliste naturellement – musique de chambre dĂšs 1968 avec son complice le pianiste Vladmir Ashkenazy, concertante et symphonique surtout ; mais aussi comme chef d’orchestre et comme pĂ©dagogue. C’est une vocation rĂ©alisĂ©e de facto en complicitĂ© avec des noms  aussi prestigieux que Barenboim, Mehta, Ashkenazy… autant de personnalitĂ©s diverses, tempĂ©raments diffĂ©rents qui ont su reconnaĂźtre en Perlmann, un partenaire de choix, apprĂ©ciable indiscutablement pour ses qualitĂ©s humaines et violonistiques.

perlman itzhak violon -9aa9746d8f48d564AprĂšs  les aĂźnĂ©s que sont Stern, Grumiaux, Oistrakh dont le jeu Ă©coutĂ© Ă  la radio fut une rĂ©vĂ©lation, le dĂ©clencheur de sa vocation mĂȘme, Itzhak Perlman affirme Ă  travers ce legs discographique une somme esthĂ©tique d’oĂč sa finesse de ton se distingue nettement. L’Ă©lĂ©gance et la pudeur expressive, le souci de la clartĂ© sans calcul ni effet dĂ©monstratif, rĂ©alisent une sorte  de synthĂšse entre intĂ©rioritĂ© et pure virtuositĂ©, voie mĂ©diane trĂšs structurĂ©e et Ă©quilibrĂ©e frappant par sa prĂ©cision et sa clartĂ© dynamique, qui serait comme l’emblĂšme  prĂ©servĂ© de cette Ă©cole franco belge dont il affirme la prĂ©Ă©minence en premier lieu dans ses choix de rĂ©pertoire 
 Franck, Lalo jusqu’Ă  Wieniewski le soulignent suffisamment dans le sommaire du coffret. Le violoniste se distingue  encore de ses confrĂšres par un sens du legato, une ligne ciselĂ©e dans le souffle qui apparente son Ă©locution, Ă  la voix humaine  : l’exemple le plus frappant en serait ici son Berlioz Ă©lĂ©gantissime et sans effets dĂ©monstratifs d’aucune sorte (Caprice et rĂȘverie opus 8, enregistrement parisien rĂ©alisĂ© Ă  la maison de la MutualitĂ© en octobre 1980), entonnĂ© bel et bien comme l’expression d’un songe personnel. … pour nous, tout Perlmann est lĂ . Clair  et tendre, intime et pudique mais surtout  profond et d’une simplicitĂ© complice. Un frĂšre musicien comme on aimerait en connaĂźtre depuis toujours. Son humilitĂ© nous touche. Son naturel aussi qui font tant dĂ©faut Ă  nombre de solistes actuels trop prĂ©occupĂ©s par leur singularitĂ© narcissique. Ainsi c’est toujours la mĂȘme question : servir la musique ou se servir de la musique ? Aucun doute concernant Perlamn : le violoniste a clairement choisi la premiĂšre option.

 

En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/albums/complete-recordings-on-deutsche-grammophon/#WuXWILDEiyfzVOTl.99

 

Coffret cd, compte rendu critique : Itzhak Perlman, complete Recordings on Deutsche Grammophon. Sortie : le 4 mai 2015. 25 cd Deutsche Grammophon

CD. Coffret. Sviatoslav Richter, piano. Complete Decca, Philips, DG recordings (51 cd Decca 1956-1994)

sviatoslav richter pianoCD. Coffret. Sviatoslav Richter, piano. Complete Decca, Philips, DG recordings (51 cd Decca 1956-1994). Un gĂ©ant venu de l’Est
 A 45 ans, Sviatoslav Richter (1915-1997), dĂ©jĂ  annoncĂ© par Gilels lui-mĂȘme passĂ© Ă  l’ouest, fait entendre Ă  l’Europe mĂ©dusĂ©e sa formidable expressivitĂ©. Un colosse russe Ă  la conquĂȘte de l’Europe et des States. Autodidacte, Richter s’est formĂ©, avant son passage Ă  l’ouest, dans la classe de Heinrich Neuhaus au Conservatoire Tchaikovski de Moscou. Âpre, puissant, profond, jamais dĂ©monstratif, le jeu de Richter Ă©voque l’improvisation tellurique d’un FurtwĂ€ngler, une vision qui fouille en profondeur le sens des Ɠuvres et dont l’engagement presque austĂšre donne l’illusion de l’improvisation. Scriabine, Stravinsky, Prokofiev, Rachma, Chostakovitch, Poulenc puis Berg et surtout Britten dont il devient proche : les deux vivait une homosexualitĂ©, source d’ostracisme et de soupçons de la part des autoritĂ©s plus ou moins complaisantes. Les français paraissent aussi en bon nombre et essentiels mĂȘme par le volume des piĂšces enregistrĂ©es : Debussy, Ravel
 Richter est un soliste solide, mais aussi un partenaire chambriste vĂ©nĂ©rĂ© (il crĂ©e ainsi en Union soviĂ©tique le Concerto pour piano de Britten). Pour chaque rĂ©cital, Richter qui connaĂźt pourtant les Ɠuvres par cƓur, joue avec la partition : antisĂšche et remĂšde contre le trou de mĂ©moire, surtout proximitĂ© directe sans affĂšterie ni maquillage avec les notes : la garantie d’un approfondissement supĂ©rieur ? Longtemps le cas Richer incarna ce provincialisme crasse propre Ă  la Russie soviĂ©tique ; d’autant plus minorĂ© qu’alors, l’amĂ©ricain Van Cliburn, hĂ©ros amĂ©ricain du Concours Tchaikovski de Moscou en 1958 imposait la supĂ©rioritĂ© artistique de l’Ouest sur l’Est, outrage mĂ©diatisĂ© Ă  l’époque de la guerre froide et jusque derriĂšre le rideau de fer. Richter / Cliburn rĂ©gĂ©nĂ©rait l’antagonisme Orient / Occident, charriant les pires raccourcis abjects que l’on peut Ă©videmment imaginer.

CLIC D'OR macaron 200L’artiste aima la France : il y fonda le festival prĂšs de Tours dans un grange oĂč il accueillit les plus grands instrumentistes de 1960 Ă  1980. Insaisissable, l’homme Richter cultivait la contradiction, la provocation parfois grossiĂšre : le propre d’une insatisfaction existentielle qui appliquĂ©e Ă  l’exercice musical, produisit comme en tĂ©moigne ce coffret indispensable, un gĂ©nie de l’interprĂ©tation.

sviatoslav richter piano piano coffret complete recordingsPour le centenaire de Sviatoslav Richter, Decca ressort les joyaux de son inestimable fonds.   Parmi une diversitĂ© jubilatoire, ses Bach de 1991 (soit enregistrĂ©s 4 ans avant sa disparition), sont carrĂ©s structurĂ©s, austĂšres et profonds ; ses Haydn (1986,1966) regorgent de saine facĂ©tie et d’humour classique ; ses Mozart (1989) se montrent caressants, Ă©tonnamment tendres et nostalgiques. Des annĂ©es 1990 aussi, les Beethoven prolongent la recherche de clartĂ© et de profondeur des Bach contemporains : les Variations Diabelli (1986) captivent par leur sagacitĂ© poĂ©tique ; notons les perles : la Sonate en si de Liszt de 1966, les Schubert de 1966 (D575), 1989 (D894) ; l’intĂ©grale des Sonates de Brahms de 1986-1988 ; suave, ondoyant, insaisissable : son Schumann palpitant des annĂ©es 1950 : scĂšnes de la forĂȘt et FantasiestĂŒcke
 AprĂšs les programmes monographiques, le coffret prĂ©sente les rĂ©citals conçus comme des totalitĂ©s Ă©clectiques : celui de 1961 pour DG regroupant Haydn, Debussy, Prokofiev, puis le rĂ©cital de Sofia (1958 : dĂ©diĂ© surtout Ă  Moussorgski) attestent de la carrure du soliste, dragon aux mains agiles. Il y aurait tant Ă  dire et exprimer face Ă  une telle somme interprĂ©tative : tout le « cas » Richter est lĂ  : Ă©nigmatique et fascinant, ambivalent et profond, gĂ©nĂ©reux mais mystĂ©rieux ; divers et multiple mais finalement insaisissable. Coffret incontournable.

CD. Coffret. Sviatoslav Richter, piano. Complete Decca, Philips, DG recordings (51 cd Decca 1956-1994)

CD, compte rendu critique. Claudio Abbado / Martha Argerich : « Complete concerto recordings 1967-2013 » (5 cd Deutsche Grammophon)

abbado argerich coffret deutsche grammophonCD, compte rendu critique. Claudio Abbado / Martha Argerich : « Complete concerto recordings 1967-2013 » (5 cd Deutsche Grammophon).On connaĂźt avec raison les sublimes Symphonies de Mahler par Claudio Abbado. Rien ne paraĂźt user non plus le duo lĂ©gendaire, Ă©ternellement juvĂ©nile et grande classe que le chef italien a composĂ© dĂšs sa trentaine avec le clavier crĂ©pusculaire et noctambule de la vive et fauve Martha Argerich. Dans ce coffret 5 cd, Deutsche Grammophon met la lumiĂšre sur leur collaboration fixĂ©e par les micros et depuis l’annĂ©e 1967 qui a inaugurĂ© cette alliance favorable. DĂ©jĂ  le programme Ravel Prokofiev mettait en relief leur complicitĂ© Ă©lectrique, faite de finesse et d’éclats poĂ©tiques avec le Berliner Philharmoniker comme tapis instrumental des plus articulĂ©s. MĂȘme ivresse sonore et entente constellĂ©e d’accomplissements dans le Concerto de Tchaikovski avec les mĂȘmes Berlinois et en 1994. Soulignons aussi les bĂ©atitudes diaprĂ©es d’une mĂȘme comprĂ©hension mutuelle en 1968 pour ce couplage romantique, Chopin (orchestralement passionnant : une performance dont seul est capable l’immense Abbado) et Liszt (crĂ©pitant, fougueux, plus subtilement lumineux que crĂ©pusculaire) : Abbado y dirige en 1984 le London Symphony Orchestra. Moins inspirĂ©s Ă  Ferrare (n°2 et 3 de Beethoven, 2000 et 2004 avec le Mahler Chamber Orchestra) et Lucerne (n°20 et 25 de Mozart, 2013, Orchestra Mozart du Festival de Lucerne), les derniers enregistrements sur le vif n’ont pas ce fini ancien, patine lĂ©gendaire Ă  l’appui des merveilleuses bandes de 1967 et 1968, dĂ©cidĂ©ment inĂ©galables par leur chic poĂ©tique. Pourtant en 2013, Abbado nous Ă©pate par sa sĂ©rĂ©nitĂ© intĂ©rieure et un retour naturel Ă  l’éloquente tendresse dont il fait son miel avec une Argerich toute
 enfantine elle aussi. Ce dernier concert de Lucerne a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© critiquĂ© sur classiquenews (CLIC de classiquenews en fĂ©vrier 2014, il y a donc un an). Pudeur tragique
 une alliance Ă©perdue et vive, suggestive et profondĂ©ment intĂ©rieure servie par deux immenses Ăąmes sensibles. « Le rondo final se distingue tout autant par son feu olympien, soulignant dans la complicitĂ© de deux artistes, une joie et une intensitĂ© rarement atteinte dans un programme. L’orchestre en totale harmonie avec le piano soliste (oeuvrant comme s’il en Ă©tait une Ă©manation organique) bouillonne, crĂ©pite, s’emballe avec la transe de la premiĂšre excitation, en une fiĂšvre dansante souvent irrĂ©sistible. Programme bouleversant et aprĂšs le dĂ©cĂšs du maestro, parmi ses ultimes enregistrements, l’un de ses plus dĂ©chirants. Incontournable. » Ă©crivait alors notre confrĂšre Lucas Irom Ă  propos du disque Mozart n°20 et 25, avec Martha Argerich, paru aprĂšs la mort de Claudio Abbado.

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Claudio Abbado / Martha Argerich : « Complete concerto recordings 1967-2013 » . SergueĂŻ Prokofiev (1891-1953) : Concerto n°3 pour piano et orchestre ; Maurice Ravel (1875-1937) : concerto en sol (deux versions); FrĂ©dĂ©ric Chopin (1810-1849) : Concerto n°1 ; Franz Liszt (1811-1886) : Concerto n°1 ; Piotr Ilitch TchaĂŻkovski (1840-1893) : Concerto n°1 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concertos n° 2 et 3 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos n°20 et 25. Martha Argerich (piano) Claudio Abbado (direction), Orchestre philharmonique de Berlin, London Symphony Orchestra, Orchestre de Chambre Mahler, Orchestre Mozart. 5 CD DG 479 4155. EnregistrĂ© en mai-juin 1967 et dĂ©cembre 1994 Ă  Berlin ; en fĂ©vrier 1968 et fĂ©vrier 1984 Ă  Londres ; en fĂ©vrier 2000 et fĂ©vrier 2004 Ă  Ferrare ; en mars 2013 Ă  Lucerne. ADD/DDD. Notice trilingue  : anglais, allemand, français. DurĂ©e : 4 h 44’07 ‘’ 

 

CD. Maurizio Pollini, piano. Beethoven : intégrale des Sonates pour piano (8 cd Deutsche Grammophon)

pollini maurizio beethoven complete piano sonatas 8 cd deutsche grammophon coffret CLIC de classiquenewsMaurizio Pollini, piano. Beethoven : intĂ©grale des Sonates pour piano (8 cd Deutsche Grammophon). Comme le mĂ©tier de toute une vie, Maurizio Pollini est un cavalier seul qui aborde depuis longtemps en terre aimĂ©e, reliefs et traversĂ©es toujours inspirant, les Sonates  pour piano de Beethoven. C’est l’aboutissement de 40 annĂ©es d’un travail continu… Travail sur la forme, l’architecture, l’Ă©nergie que le grand Ɠuvre dans sa totalitĂ© absorbante ne manque pas de susciter d’un regard globalisant, c’est aussi selon les pĂ©riodes une rĂ©flexion sur les moyens de l’interprĂšte pour exprimer le souffle visionnaire et l’extrĂȘme modernitĂ© de Beethoven. 32 Sonates, 23 Sonates publiĂ©es entre 1793 et 1805, Ă  Vienne (puisqu’il quitte Bonn en 1792), composent ici un pĂ©riple d’une grandeur inventive inĂ©galĂ©e, le testament d’un homme bouillonnant et fraternel, intransigeant mais humain et gĂ©nĂ©reux qui fit du clavier, l’instrument expĂ©rimental par excellence.

pollini maurizio piano beethoven sonates fin integrale beethovenAujourd’hui septuagĂ©naire (nĂ© en 1942), laurĂ©at du Concours Chopin de Varsovie 1960,  l’Ă©lĂšve de Benedetti-Michelangeli voit ainsi par le disque, la boucle beethovĂ©nienne se refermer : terme d’un cycle commencĂ© avec ses dĂ©buts et poursuivi jusqu’Ă  prĂ©sent tout au long d’une expĂ©rience de rĂ©citals unanimement saluĂ©s : Maurizio Pollini convainc depuis toujours par son allant, cette allure qui s’appuie sur une trĂšs solide technicitĂ©. Strict contemporain d’une Argerich (les deux furent proches du maestro Claudio Abbado), Pollini sait varier ses engagements interprĂ©tatifs Ă©vitant cet intellectualisme froid et distanciĂ© qu’on lui attribue Ă  torts : il demeure un artiste sensible, dont les crĂ©pitements vont idĂ©alement Ă  Beethoven, y compris pour celui mĂ»r de la fin (opus 111 : lire ci aprĂšs). Du reste, alors qu’il en a toutes les qualitĂ©s, Pollini Ă  la diffĂ©rence de Martha Argerich n’est pas un pianiste chambriste : il cultive seul l’art musical devant son clavier. Seul pour la musique.
Le pianiste dirigea Rossini comme chef : l’inventivitĂ© et la facĂ©tie, comme Mozart et comme Haydn ; voilĂ  qui lui permet de colorer le dernier Beethoven, le plus impressionnant, le plus complexe et difficile aussi (ses fugues qui semblent retrouver la concision inspirĂ©e de JS Bach). Mais toujours Pollini y glisse le flux de la vie, le nerf tendu par un indĂ©fectible espoir fraternel. VoilĂ  qui renforce la haute valeur de son intĂ©grale Beethoven : un legs rĂ©alisĂ© depuis les annĂ©es 1970 (juin 1975 pour les opus 109 et 110 du cd 8, c’est Ă  dire les derniers opus) et jusqu’Ă  nos jours (2013 et 2014 pour les opus 31 et 49) avec, -le risque assumĂ©,  un goĂ»t bĂ©nĂ©fique pour les prises live : au fini esthĂ©tique de l’interprĂšte maĂźtrisĂ©, se joint l’intensitĂ© de la prise sur le vif et en public.

 

 

Un cycle d’enregistrements qui couvre 40 annĂ©es de travail et de recherche

Beethoven régénéré

 

Des premiĂšres Sonates oĂč Ludwig prolonge l’hĂ©ritage des Viennois Haydn et Mozart mais aussi les leçons de Clementi, et Dussek… comme dans l’invention et la tension rĂ©volutionnaire des trois premiĂšres Sonates (1793-1795) oĂč Beethoven frappe par son esprit dĂ©terminĂ©, querelleur aussi (il ne manquait pas de dĂ©concerter voire surprendre ses auditeurs), Pollini captive par la clartĂ© et la construction de son jeu. La fougue virile beethovĂ©nienne s’entend naturellement dans le jeu parfois Ăąpre d’un Pollini trĂšs engagĂ© : la fureur de Beethoven, sa sanguinitĂ© conquĂ©rante profite Ă  l’interprĂšte capable de prendre tous les risques, mesurĂ©s cependant Ă  l’aulne de l’Ă©lĂ©gance.
La profondeur aussi (largo e mesto en rĂ© mineur de l’Opus 10,  -1796-1798), annonçant l’Adagio sostenuto de l’Opus 106…) ; le pathos schillĂ©rien de la Grande Sonate pathĂ©tique de 1799 (Opus 13), l’immersion bouleversante et tendre des Sonates opus 14 ; l’inventivitĂ© formelle des Sonates opus 26 et 27…  sont approchĂ©s avec une franchise de ton et une suractivitĂ© perlĂ©e qui captive. Pollini en fait autant de jalons essentiels d’un laboratoire musical et esthĂ©tique, au dĂ©but du siĂšcle (1800-1081) ; ruptures ou avancĂ©es, les opus 30 et surtout 31 marquent par leur radicalitĂ© nouvelle Ă  l’Ă©poque du testament d’Heiligenstadt, combinant cohĂ©rence de la structure et frĂ©nĂ©sie irrĂ©pressible. Tout cela fulmine et s’intensifie sous les doigts d’un artiste complet,  fougueux autant que rĂȘveur.

A l’Ă©poque de l’HĂ©roĂŻque (1803) et de Fidelio I (1804), l’opus 53 inscrit sa marche rĂ©formatrice dans la Waldstein (1803), l’Appassionata (opus 57 de 1803 aussi), sonates symphoniques marquantes par leur ampleur de vue, leur conscience Ă©largie que porte toujours une volontĂ© indĂ©fectible vers l’avenir. Pollini Ă©claire la pensĂ©e continue d’un compositeur en perpĂ©tuelle recherche : un Picasso avant l’heure. A l’impĂ©tuositĂ© de la flamme inspirĂ©e rĂ©pond un nouvel Ă©ventail de trouvailles qui dĂ©passe la stricte matĂ©rialitĂ© et la mĂ©canique un peu sĂšche du clavier : l’Ă©lĂ©vation et le souffle dĂ©sormais Ă©poustouflants dialoguent avec des plongĂ©es introspectives d’une profondeur renouvelĂ©e Acrobate et poĂšte, conscient des risques encourus, Pollini est capable de vertigineux contrastes.

Fidelio de BeethovenEn 1816, l’opus 101 contemporain des dĂ©marches de Beethoven pour rĂ©cupĂ©rer la garde de son neveu Karl (le fils de Caspar mort en 1815), plonge dans d’autres eaux Ă©motionnelles particuliĂšrement intenses et exacerbĂ©es : l’Ă©criture fuguĂ©e, sĂ©vĂšre, dialogue avec une intimitĂ© plus allusive et libre. MĂȘme stricte construction dans l’opus 106 (1817) oĂč les proportions colossales voire cosmiques sont nuancĂ©es par des Ă©lans suspendus (Adagio sostenuto) d’une intĂ©rioritĂ© qui confine dĂ©sormais Ă  la lumiĂšre et l’Ă©blouissement final ; c’est assurĂ©ment le cas des opus 109 (septembre 1820) et des suivants : en enfant de la RĂ©volution, qui eut sa pĂ©riode napolĂ©onienne (pour mieux renier ensuite le faux libĂ©rateur), Beethoven est bien l’hĂ©ritier des LumiĂšres, fraternel et conquĂ©rant : l’arche tendue vers l’avenir de l’opus 111 (deux seuls mouvements rĂ©capitulatifs comme des Ă©nigmes, janvier 1822), autorise toutes les conjectures et rĂ©alise le rĂȘve ardent de Ludwig, dĂ©passer le prĂ©sent, permettre le futur. Comme une transe progressive, le parcours pianistique tempĂȘte et expĂ©rimente dans la trĂ©pidation de rythmes constamment changeants ; de nouveaux aigus Ă©thĂ©rĂ©s atteignent l’insondable aux portes de l’ineffable, dans une dĂ©matĂ©rialitĂ© nouvelle dont l’abstraction aĂ©rienne et aquatique, constellĂ©s de murmures harmoniquement miroitants, annonce dĂ©jĂ  Debussy. C’est l’un des apports de cette intĂ©grale discographique, accomplissements captivants ici rĂ©alisĂ©s Ă  Vienne en 1977.

CLIC_macaron_2014Le jeu du pianiste suit le souffle, accompagne chaque respiration de chaque phrase, joue l’expressivitĂ© comme un dernier soubresaut : une vitalitĂ© ardente, un feu intact que colore Ă  peine l’ivresse Ă©perdue Ă©chevelĂ©e des Ă©pisodes plus retenus (Ă©coutez les derniĂšres tendresses agiles, presque insouciantes de l’opus 49, enregistrĂ©es Ă  Munich en juin 2013 et 2014). Pollini / Beethoven, l’Ă©quation positive ? PortĂ© par une connivence heureuse, l’interprĂšte sert comme peu l’art de son maĂźtre. Le jeu respecte Ă  la lettre l’activitĂ© et l’embrasement de chaque partition. La vivacitĂ© Ă©lectrise, l’Ă©lĂ©gance caresse, la vision convainc. Totalement. Coffret Ă©vĂ©nement. Logiquement CLIC de classiquenews de janvier 2015.

Beethoven (1770 – 1827) : intĂ©grale des Sonate spour piano. Complete piano sonatas. Maurizio Pollini, piano. 8 cd Deutsche Grammophon 0289 479 4120 0.

Visitez le site de Deutsche Grammophon et la page déidée à Maurizio Pollini