KARAJAN 2019 : Les 30 ans de la mort (1989 – 2019) Symphonies de BRUCKNER et TCHAIKOVSKY / Berliner Philharmoniker (DG)

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_ETE 2019. Deux coffrets opportuns viennent rappeler l’héritage d’un grand chef du XXè, Herbert Van Karajan (né en 1908, mort en 1989) dont les 30 ans de la disparition seront ainsi célébrés par DG Deutsche Grammophon ce 16 juillet 2019. Autant dire que le label de Hambourg, le plus prestigieux au monde, fort d’un catalogue inégalé, rend hommage à l’un des piliers de sa gloire et de sa pertinence artistique, toujours bien vivaces aujourd’hui. Avec ses chers Philharmoniker de Berlin, le chef septuagénaire à la stature d’empereur, enregistre l’intégrale des symphonies de Bruckner (1 à 9, à Berlin de janvier 1975 à janvier 1981), et de Tchaikovsky (6 Symphonies, entre octobre 1975 et février 1979)… le geste est carré, parfois déclamatoire mais jamais court, parfois emphatique mais habité ; jouant sur une spatialisation nouvelle du son, plus concentré que rayonnant, pourtant souvent détaillé (Tchaikovski), Karajan affirme une esthétique de l’enregistrement particulièrement fouillée, à laquelle il a participé au premier rang.

CLIC_macaron_2014Le souffle impérial de ses Bruckner auxquels il garantit aussi une introspection majestueuse en liaison avec la foi sincère du compositeur de Linz ; la tendresse et cette présence obsessionnelle du Fatum chez Piotr Illiytch fondent la valeur des 2 coffrets, remarquablement remixés pour l’occasion (cd et Blu-ray audio HD 96khz / 24 bit. Soit dans un format master des plus optimisé. 2 coffrets incontournables.

 

 

 

CD, coffret événement. KARAJAN : 9 symphonies de Bruckner (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 9 cd DG Deutsche Grammophon)

CD, coffret événement. KARAJAN : 6 Symphonies de Tchaikovski (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 4 cd DG Deutsche Grammophon)

 

 

 

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_

 

 

TCHAIKOVSKY-symphonies-1---6-30th-anniversary-1989-2019-Berliner-Philharmoniker-coffret-set-box-9-cd-DG-Deutsche-Grammophon-review-cd-critique-par-classiquenews-KARAJAN-2019

 

 

 
 

 

APPROFONDIR

 

 

LIRE aussi nos articles et dossiers HERBERT VON KARAJAN, dont le bilan des coffrets édités pour les 25 ans de la mort de Karajan en 2014 :

Karajan20025 ans après sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajanlaisse un héritage musical et esthétique qui s’incarne par le disque : titan doué d’une hypersensibilité fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres …, Karajan s’est forgé aussi une notoriété légitime grâce à son souci de la qualité des enregistrements qu’il a pilotés et réalisés pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuosité habitée, un sens inné pour la ciselure comme le souffle épique de la fresque, Karajan a marqué l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuité inédite pour d’infimes nuances révélant l’opulence arachnéenne des timbres… tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son… dans son intégrale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captées dans le respect de la vie et de la palpitation… Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune réédite une série de coffrets absolument incontournables. Voici notre sélection d’incontournables. LIRE notre sommaire articles et dossiers HERBERT VAN KARAJAN

 

COFFRET CD, événement. CARLO MARIA GIULINI : The complete recordings on Deutsche Grammophon (42 cd Deutsche Grammophon)

giulini-carlo-maria-complete-recordings-box-set-coffret-cd-classiquenews-cd-review-cd-critique-cd-concerts-opera-Complete-Recordings-On-Deutsche-Grammophon-Decca-Coffret-Edition-LimiteeCOFFRET CD, Ă©vĂ©nement. CARLO MARIA GIULINI : The complete recordings on Deutsche Grammophon (42 cd Deutsche Grammophon). Deutsche Grammophon regroupe ici les tĂ©moignages du travail de Carlo Maria Giulini (1914-2005) ; de 1965 (Symph 40 et 41 de Mozart Ă  Londres) Ă  la 3è de Brahms – Ĺ“uvre fĂ©tiche, enregistrĂ©e en mai 1990, Ă  Vienne avec les Wiener Philharmoniker, Musikverein, GroĂźer Saal), soit un accompagnement par le disque de 25 ans, un quart de siècle, en compagnie d’un chef exigeant, esthète, mĂ©ditatif, d’une incroyable intelligence dramatique, donc faisant crĂ©piter dans l’élĂ©gance et l’introspection le drame contenu dans opĂ©ras (Ă©videmment) mais aussi pages orchestrales. Giulini dirige ici les plus grands orchestres (sauf français) en Italie, Grande-Bretagne, Autriche, Allemagne et aux USA : Santa Cecilia, Scala de Milan, Philharmonia Orchestra, Wiener Symphoniker, Wierner Philharmoniker, Berliner Philharmoniker, aux USA : Chicago Symphony Orchestra, Los Angeles Philharmonic… confĂ©rant Ă  tous, une tradition d’excellence grâce Ă  sa discipline devenue rĂ©fĂ©rentielle (comme peut l’être celle d’un Karajan, d’un Kleiber – Carlos-, Abbado…).

D’abord violoniste puis altiste, CMG / Carlo Maria Giulini se passionne pour la direction d’orchestre en particulier dans le genre lyrique. Expérience accomplie par le trentenaire en juin 1944 (la 4è de Brahms, une vocation lyrique et donc symphonique pour un compositeur qu’il servira toute sa vie). Deutsche Grammophon réédite en un coffret nécessaire pour tout mélomane, les enregistrements du chef né en 1914 (comme Fricsay ou Kubelik) réalisés par la marque jaune et aussi pour Decca, label frère. Il en résulte une collection de prises, en studio et live, d’une portée musicale et spirituelle, incontournable. Car pour le maestro, la musique est avant tout un acte mystique. Son geste ample, profond, fouille chaque partition, lui confère une respiration noble, méditative, d’un galbe spécifique. Il est vrai que c’est Toscanini qui écoutant les tempi du jeune chef dans un ouvrage inconnu alors, Il Mundo della luna de Hyadn, reste médusé et prend alors son cadet sous sa protection. Chef lyrique, Giulini dirige La Traviata à la Scala dans la mise en scène de Visconti avec Maria Calas en 1955 : production mythique qui assoit sa stature de très grand chef d’opéra. Il a 41 ans. C’est l’artiste esthète qu’engage Walter Legge pour la firme EMI.
Comme Karajan, Giulini choisit toute la distribution, impose le temps des répétitions, exige, contrôle… pour le meilleur. Un idéal sinon rien. Combien d’autres maestros ont su affirmer leur tempérament et leur pertinence grâce à cette exigence artistique (les meilleurs : Fricsay, Kubelik, Carlos Kleiber, et jusqu’à Abbado, …). Giulini incarne donc une façon de travailler, la recherche de la perfection semée d’élégance et d’urgence, désormais reconnaissable et mémorable. Quand le chef ne trouvera plus les conditions nécessaires , il renoncera définitivement à l’opéra (en 1968, à la scène mais pas au studio), pour s’intéresser surtout à l’écriture symphonique.

CLIC D'OR macaron 200Le coffret Giulini par Deutsche Grammophon soit 42 cd, permet de suivre l’évolution de son travail, à l’opéra  : 3 Verdi d’anthologie : Rigoletto (1979, Vienne), Il Trovatore / le Trouvère (Rome, 1984), Falstaff (Los Angeles, 1982), dont l’énergie et le sens du détail réalisent des lectures qui frappent immédiatement par le son hyperélégant, fin, subtil, furieusement dramatique de l’orchestre : un modèle du genre.

On suit aussi, surtout, l’approfondissement de Giulini dans le domaine symphonique et concertant. RĂ©pertoire germanique (austro-allemand Ă©videment), de Mozart (Concerto pour piano n°23 avec Vladimir Horowitz ; symphonies 40 et 41 : les plus anciennes prises, Ă  Londres avec le New Philharmonia en octobre 1965) et Beethoven (en 1978 : Concertos et Symphonies 1, 3, 5, 6, 9), surtout Brahms (1 et 2 par deux orchestres : Los Angeles Phil et Wiener Phil. ; 3 et 4)… Le “souffle Giulini”, entre noblesse et profondeur, architecture et intĂ©rioritĂ©, se mesure Ă©galement chez Bruckner (symphonies 7, 8, 9… aussi nĂ©cessaires, fondamentales que celles par Gunter Wand, son ainĂ© et autre BrucknĂ©rien de poids), et chez SCHUBERT dont il est l’un des pionniers Ă  dĂ©montrer fondamentalement l’introspection et l’ampleur structurelle, c’est Ă  dire le gĂ©nie (Symphonies 4, 8, 9). Giulini fut aussi un malhĂ©rien convaincu bien que trop confidentiel (Symphonie n°9, Das lied von der Erde / Le chant de la terre). 

Le coffret DG Ă©claire aussi ses lectures d’œuvres sacrĂ©es (la spiritualitĂ© et l’éloquence du silence n’étant jamais Ă©loignĂ©es de chaque interprĂ©tation) ; ainsi se distinguent ici les Requiem de FaurĂ©, de Verdi, Ein deutsches Requiem de Brahms ; comme le Stabat Mater de Rossini.

Les amateurs de piano symphonique, retrouverons ses lectures des Concertos de Chopin (n°1 avec Zimerman, 1978 avec le Los Angeles Philh.)
Autre volet Ă©loquent, l’écriture française telle qu’elle se dĂ©tache par son sens des couleurs et un Ă©quilibre soignant la transparence : Ravel (Pavane, Ma Mère l’Oye, Rhapsodie espagnole), Debussy (La mer), – Ravel et Debussy rĂ©alisĂ©s en 1979 avec le Los Angeles Philh. -, FaurĂ© dĂ©jĂ  citĂ© ; mais aussi Franck (Symphonie en rĂ©)…

A Ă©couter aussi parmi ses plus anciens enregistrements ici, la cantate An die Nachgeborenen, de Gottried von Einem – preuve d’une belle ouverture de rĂ©pertoire-, avec Dietrich Fisher-Dieskau (Wiener Symphoniker, Vienne GroĂźer Saal, nov 1975), Tableaux d’une exposition de Moussorgski (1976) et Britten (SĂ©rĂ©nade pour tĂ©nor en 1977, les deux compositeurs avec le Chicago Symph Orch). Toujours, ses respirations qui semblent jaillir du sĂ©pulcre, cette grandeur jamais grandiloquente, cette sincĂ©ritĂ© qui tend Ă  l’introspection (on comprend que Giulini ait pu influencer Myunh Wun Chung… ). Que du très très bon. Coffret incontournable. Un must. CLIC de Classiquenews

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CLIC D'OR macaron 200CD, coffret, événement. CARLO MARIA GIULINI : The complete recordings on DEUTSCHE GRAMMOPHON (and DECCA) - 42 cd Deutsche Grammophon : 1965-1990 / CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2019. Réf.: 0289 483 6224 0.

CD, coffret événement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG)

barenboim berlioz complete berlioz recordings deutsche grammophon  10 cd critique cd review cd classiquenews actualite infos cd musique classique concerts livres opera festivalsCD, coffret événement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG). Daniel Barenboim a dirigé l’Orchestre de Paris de 1975 à 1989, presque 15 ans d’une complicité et d’un travail en profondeur au service des grands compositeur romantiques, en particulier du génie de Berlioz. Pour les 150 ans du plus grand Romantique français en 2019, Hector Berlioz est mort en 1869, DG Deutsche Grammophon publie un coffret de 10 cd réunissant l’intégrale des enregistrements de Barenboim et de l’Orchestre de Paris dédié à Hector Berlioz. Agé de 33 ans, le maestro célébré internationalement, allie classicisme lumineux et souffle dramatique parfois d’une grande profondeur.
Au programme de ce coffret événement : Symphonie Fantastique, Rêverie et caprice, ouverture du Carnaval Romain composent le volet orchestral ; la majorité des enregistrements concerne surtout l’opéra avec Roméo et Juliette, La Damnation de Faust, Béatrice et Bénédicte, sans omettre la cantate pour le prix de Rome, La mort de Cléopâtre et le Requiem… Piloté par le pianiste et chef, l’orchestre parisien a peut-être ici connu une décade miraculeuse, par sa sonorité pleine et onctueuse, sons sens du détail et de l’architecture… A venir, mi février 2019 dans le mag cd dvd livres de classiquenews : la critique développée du coffret DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG).

LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019

CD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon)

OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret Ă©vĂ©nement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon : 1972 – 2007) - Charles Munch (1949 – 1962), Erich Leinsdorf (1962-1969) avant Ozawa et après lui, James Levine furent les lĂ©gendes qui ont ciselĂ© la sonoritĂ© nerveuse et souple du Symphonique de Boston. Sous l’ère de Seiji Ozawa (de 1973 Ă  2002), la phalange amĂ©ricaine atteint des sommets de poĂ©sie symphonique, servie aussi par une ingĂ©nierie de l’enregistrement qui n’a rien Ă  voir avec notre format standard compact actuel . Le coffret des complete recordings on Deutsche Grammophon, dĂ©bute dès 1972 (avec le San Francisco Symphony dont il est directeur de 1970 Ă  1976), puis en 1973, avec ses chers instrumentistes de Boston : dĂ©sormais, dans tous les genres, concertos, symphonies et aussi opĂ©ra, Ozawa maintient un très haut niveau d’implication esthĂ©tique, cherchant un son Ă  la fois plein et dĂ©taillĂ©, qui fait merveille entre autres dans le rĂ©pertoire française, de Berlioz Ă  Ravel.
NĂ© en 1935, Ozawa signe alors ses enregistrements parmi les plus aboutis : âgĂ© de 38 ans au dĂ©but de son mandat Ă  Boston, le chef d’origine japonaise (en rĂ©alitĂ© nĂ© en Chine Ă  Shenyang) dĂ©fend une sensibilitĂ© de fauve, Ă  la subtilitĂ© fĂ©line, qui dans les tutti, – choraux ou de plein orchestre, prĂ©serve toujours la transparence. Les 50 cd du coffret DG doivent constituer les fondations de toute discographie actuelle car douĂ© d’une curiositĂ© Ă©largie, l’alchimiste Ozawa aborde chaque partition avec cette tension Ă©lectrique, nerveuse, pourtant habitĂ©e par l’échelle du monumental qui sait organiser et structurer tout dĂ©veloppement, assurant Ă  chaque Ă©pisode une architecture explicite qui frappe par sa hauteur de vue.

 

 

 

Intégrale des enregistrements pour DG
Seiji OZAWA le félin fauve de Boston

 

 

 

Le coffret DG Deutsche Grammophon rassemble ainsi plusieurs jalons de son riche rĂ©pertoire, qui mĂŞle les piliers archi connus et les perles moins jouĂ©es dont en particulier plusieurs Français (Damnation de Faust de Berlioz, Les Contes d’Hoffmann de Bizet – avec le National de France en 1986 ; PellĂ©as et MĂ©lisande, et Dolly de FaurĂ©)… qui en font l’un des meilleurs interprètes de notre rĂ©pertoire hexagonal.

Parmi les grands thèmes transversaux de ce narrateur symphoniste hors pair, distinguons les RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, Berlioz, Tchaikovsky ; la maĂ®trise symphonique d’Ozawa se dĂ©voile et son confirme ici chez Brahms (Symphonies 1 et 2), Mahler (Symphonie n)1 « Titan », d’une fĂ©brilitĂ© fĂ©line Ă©blouissante), Berlioz (la Symphonie Fantastique) ; RAVEL (BolĂ©ro, Alborada del gracioso, Ma Mère l’Oye / Daphnis et Chloé…) ; TCHAIKOVSKY (musique des ballets du Lac des cygnes et de Casse-noisette / Symphonies n°4 et n°5 avec le Berliner Philharmoniker); PROKOFIEV dont il enregistre aussi avec le Berliner, les 7 symphonies en 1991-1992…

CLIC D'OR macaron 200Quelques perles de ce coffret indiscutable ? Les opus dédiés à POULENC (Stabat Mater avec Kathleen Battle, Concerto pour orgue, Concert champêtre,…), évidemment les BERLIOZ et les RAVEL déjà cités ; sans omettre, A Midsummer Night’s dream (solistes : Kathleen Battle, Frederica von Stade, 1994), et le plus récent enregistrement avec le pianiste Yundi Li (Concertos de Prokofiev et Ravel avec le Berliner, 2007). Pour les afficionados comme nous, reportez vous aussi au récent enregistrement de la 9è Symphonie de Beethoven dont le maestro Ozawa réalise une lecture aussi chambriste qu’éblouissante, réflexion sur le rapport des voix et des instruments, et au sein de l’orchestre des pupitres entre eux pour une vision régénérée, épurée, captivante par sa ligne et son intensité : LIRE ici notre critique BEETHOVEN : 9è par Ozawa (Mito Chamber Orchestra / Decca, janvier 2019)
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-seiji-ozawa-beethoven-9-mito-chamber-orchestra-1-cd-decca/

 

 

 

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OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon) - Grande critique du coffret 50 cd DG Deutsche Grammophon : SEIJI OZAWA The complete recordings on DG Deutsche Grammophon, à venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

 

 

 

CD, annonce. ” Mademoiselle , par Julie Fuchs (DG)

fuchs mademoiselle cd deutsche grammophon critique review cd annonce portrait par classiquenews cd critique compte rendu operaCD, annonce. JULIE FUCHS, soprano : Mademoiselle (1 cd DG). Dans son premier cd chez DG intitulé « YES » avec le National de Lille (sept 2015), la soprano Julie Fuchs osait avec délices défricher quelques pépites françaises de la Belle Epoque, « en diseuse enivrée, d’une irrésistible séduction » (selon les mots de notre rédacteur d’alors Lucas Irom :
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-compte-rendu-critique-julie-fuchs-yes-deutsche-grammophon-2015/

Qu’en sera-t-il pour ce second volume sous Ă©tiquette jaune ? C’est un nouvel opus titrĂ© « Mademoiselle », oĂą par le choix de nouvelles pĂ©pites, la cantatrice s’adonne Ă  nouveau au plaisir du jardin personnel et de l’autoportrait musical. Mais ici selon de nouveaux goĂ»ts en particulier une affection pour l’opĂ©ra romantique français et italien, plutĂ´t “bel canto” que sĂ©quence dramatique et tragique.
Elle nous avait ravis dans son incarnation très suave et ronde de Leïla dans Les Pêcheurs de Perles, réalisation majeure réalisée par L’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch (le cd est sélectionné dans la catégorie Enregistrement de l’année 2018 des prochaines 26èmes Victoires de la musique classique). Pour autant, la jeune diva française maîtrise-t-elle idéalement le style français romantique, en particulier cette articulation qui hier ont fait les grandes cantatrices telles Dessay pour la virtuosité éclatante et ciselée ; ou Régine Crespin au phrasé et à la diction, impeccables ?
Réponse dans notre prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews. Nouveau cd à paraître le 15 février 2019 sous étiquette DG Deutsche Grammophon

CD, annonce. « 33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon)

ghraichy piano simon cd classiquenewsCD, annonce. «  33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon). Après un premier disque DG intitulé « Héritages » (il avait 31 ans), le pianiste à la chevelure léonine récidive dans un programme dénommé « 33 » (comme son nouvel âge), lui aussi métissé, comme lui alliant rythmes latinos, saveurs outre-Atlantiques et standards romantiques français (plus ou moins connus tel Alkan, génie oublié du romantisme français au clavier : cf. la Chanson de la folie au bord de la mer). Il est en fait mexicain, libanais et français : triple nationalité qui est une chance, la promesse de réalisations au carrefour de plusieurs cultures ; la concrétisation d’une nouvelle constellation, mosaïque de mondes sonores épicés, variés, éclectiques. L’ancien élève du Conservatoire national supérieur de musique de Paris décloisonne la notion sclérosante de répertoires : il n’y a ni répertoire classique ni chemins détonnants ; ni grands maîtres, ni petits maîtres. Il n’y a que des sensibilités et des expériences, des imaginations audacieuses et suggestives qui se cristallisent sous les doigts et par la volonté créative de quelques compositeurs dont le pianiste démiurge sélectionne et agence chaque œuvre ainsi choisie. « Liszt et les Amériques » était le titre de son récital à New York (Carnegie Hall, 2015) : déjà la volonté d’un multiculturalisme sans frontières et sans apriori. Dans son nouvel album, « 33 », les alliages sont tout aussi prometteurs, percutants, parfois provocants : Tárrega, Alkan, Ramirez, Schumann, Gonzales, Glass, Nyman, Szymaánski, Shilingl, Schumann… là encore, la volonté d’une alternance entre deux mondes : le nouveau et l’ancien, entre le populaire et le savant, le traditionnel et le classique… Voilà qui rompt avec des traditions et des postures conservatrices. A chacun de trouver l’unité et la cohérence dans ce meiltingpot surprenant et peut-être enivrant.

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CD, annonce. 33, Simon Ghraichy, piano. 1 cd DG. AnnoncĂ© le 8 fĂ©vrier 2019 – concert le 19 fĂ©vrier 2019 au TCE, PARIS.

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CD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon)

seong jin cho mozart nezet seguin cd dg critique review cd par classiquenewsCD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon) Evidemment l’accompagnement (et davantage du maestro québécois Yannick Nézet-Séguin, mozartien de premier plan, depuis son intégrale lyrique en cours depuis Baden Baden chaque été avec Rolando Villazon) est un « plus » décisif, pour un jeune pianiste. Mais le tempérament de ce dernier évite bien des erreurs que d’autres, parmi ses confrères surtout asiatiques, cultivent malgré leur célébrité : Jin Cho collectionne, lui, avec une attention peut-être encore trop précautionneuse, à l’inverse de ses confrères (et consoeurs), une pudeur, et une retenue qui sait aussi s’exprimer dans le clavier. Son refus de la pure virtuosité, soeur d’une ineffable et bien présente intériorité fait miracle ici, car ce Mozart de 1785 (Concerto), d’une maturité experte et si intensément poétique, expose à nu ; révèle les limites d’un jeu sans âme. Rien de tel chez le jeune coréen, déjà remarqué pour ses audaces et introspections chopiniennes et qui gagne dans ce nouveau programme d’indiscutables palmes mozartiennes. Créé à Vienne par Wolfgang lui-même, le Concerto n°20 est un sommet d’élégance et de profondeur, un mariage inouï entre séduction et vérité. A 29 ans, Mozart démontre un génie inclassable, traversé comme personne par la grâce la plus pure. En mode mineur comme le K 491 (ré mineur), il ouvre la voie des pièce maîtresse de l’histoire de la musique, comme est essentielle aussi, par sa couleur et sa progression architecturée, le Symphonie unique de Franck.

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81Par son innocence éperdue qui affleure dans le mouvement central, le Concerto fait de son essence tragique, un miroitement pudique constellé de nuances tendres. Une telle palette d’émotions et d’accents millimétrés s’entend rarement chez les interprètes. Or cela est palpable dans le jeu du coréen, dans ses audaces (variations libres du premier mouvement) et dans son respect scrupuleux des dynamiques. Le Concerto n°20 est parmi les plus bouleversants de Wolfgang, touchant et au delà par sa profondeur tragique, une sincérité qui désarme et saisit par sa justesse. La finesse d’intonation du jeu pianistique suscite l’admiration par son équilibre, sa mesure, et aussi une simplicité du style qui s’écarte comme on a dit de l’arène plus commune et pourtant largement médiatisée défendue par ses confrères et consoeur asiatiques, surtout chinois. A chacun de deviner (les pianistes de Chine ne sont pas si nombreux actuellement). Le coréen sait demeurer pudique, presque secret, apportant la tendresse et l’humanité, la gravitas et cette innocence qui est insouciance, tant vénérée et sublimée par l’écriture du divin Wolfgang.

 

 

 

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  Après la complicitĂ© et l’écoute rĂ©solument chambriste qui unit soliste et chef dans le Concerto n°20, voici deux Sonates parmi les plus redoutables, ne serait-ce que par l’étendue lĂ  encore des couleurs contrastĂ©es. Dans la Première sonate (K281), le pianiste saisit le caractère fantasque du dernier mouvement ; ses Ă©lans tenant du caprice (Rondo – Allegro, plage 6).

L’ultime sonate du programme K332 a cette lĂ©gèretĂ© tragique et chantante et grave qui rĂ©vèle l’interprète capable de vrais Ă©clairages intĂ©rieurs, d’une Ă©loquence tendre et toujours Ă  l’Ă©coute du cĹ“ur.
Pourtant parfois on aimerait une ciselure plus nuancĂ©e encore de l’Ă©criture allegro. Une articulation plus proche de la parole et de l’intonation Ă©motionnelle. Mais d’une manière gĂ©nĂ©rale, la sensibilitĂ© inspire une approche tĂ©nue proche de l’intime, cultivant l’extrĂŞme dĂ©licatesse pudique qui renvoie au Schubert le plus rĂŞveur et le plus introspectif.
Pourtant jeune et nouveau sur la planète Mozart, le jeune corĂ©en surprend par son attention Ă  la clartĂ© pudique, Ă  l’intonation  rentrĂ©e, parfois secrète, dĂ©barrassĂ©e de toute affectation, une bouleversante sincĂ©ritĂ© qui se rĂ©vèle vĂ©ritablement dans le mouvement central de la K332, d’une tendresse enivrante, idĂ©alement inscrite dans les replis d’un songe intime.
VCLIC D'OR macaron 200oilĂ  donc une remarquable lecture mozartienne. Celui qui s’est jusque la affirmĂ© non sans arguments chez Chopin, dĂ©voile ici des affinitĂ©s Ă©videntes chez Wolfgang entre candeur et vĂ©ritĂ©. Bouleversant d’intelligence et de nuance sans l’artifice de la pure dĂ©monstration technicienne. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018.

 

 

 

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CD, événement, critique. Seong-Jin Cho, piano. Mozart: Piano Concerto No. 20, K. 466; Piano Sonatas, K. 281 & 332. Chamber Orchestra of Europe. Yannick Nézet-Séguin, direction. 1 cd DG Deutsche Grammophon.

 

 

 

CD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738) / Fagioli, Genaux (Emelyanychev, 2017) – 3cd Deutsche Grammophon

Handel fagioli serse haendel cd review critique cd par classiquenews opera baroque par classiquenews genaux aspromonte Serse-CoffretCD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738) / Fagioli, Genaux (Emelyanychev, 2017 – 3 cd DG Deutsche Grammophon, 2017). VoilĂ  une production prĂ©sentĂ©e en concert (Versailles, novembre 2017) et conçue pour la vocalitĂ  de Franco Fagioli dans le rĂ´le-titre (il rempile sur les traces du crĂ©ateur du rĂ´le (Ă  Londres en 1738, Caffarelli, le castrat fĂ©tiche de Haendel) ; le contre-tĂ©nor argentin est portĂ©, dès son air « « Ombra mai fu » », voire stimulĂ© par un orchestre Ă©lectrique et Ă©nergique, portĂ© par un chef prĂŞt Ă  en dĂ©coudre et qui de son clavecin, se lève pour mieux magnĂ©tiser les instrumentistes de l’ensemble sur instruments anciens, Il Pomo d’Oro : Maxim Emelyanychev. La fièvre instillĂ©e, canalisĂ©e par le chef Ă©tait en soi, pendant les concerts, un spectacle total. Physiquement, en effets de mains et de pieds, accents de la tĂŞte et regards hallucinĂ©s, le maestro ne s’économise en rien.
L’enregistrement prolonge la vitalité du concert et rend compte d’un esprit de troupe, sachant pour chaque chanteur caractériser idéalement chaque personnage.
En Serse / Xerxes 1er, Franco Fagioli démontre une maîtrise parfaite des mélismes et acrobaties vocales écrites par Haendel. Fagioli vocalise sans peine, dans les aigus comme dans les graves, sur l’étendue de sa tessiture, indiquant combien les ornements sont porteurs de sens, signifient idéalement la volonté du Roi Perse, dans le grave engorgé, en un chant qui dans un seul souffle sait distiller piani et forte sans césure (cf l’ambitus ahurissant de l’air « « Crude furie » », de l’extrême aigu aux graves souterrains). Le caprice, le désir, le plaisir du prince (amoureux volatile) s’exprime et prend forme avec un naturel … désarmant.
Autour du Divo, comme on disait des castrats idolâtrés au XVIIIè, Fagioli, ses partenaires défendent avec beaucoup de classe et d’intensité, le relief émotionnel de leur personnage : Inga Kalna incarne une Romilda, solide, parfois instable, mais toujours très volontaire et expressive (en rien cette féminité fragile et fébrile, ailleurs portée par des sopranos pointues). Il est vrai que la soprano chante à présent Rodelinda avec une vérité irrésistible.
En Arsamene, la mezzo coloratoure canadienne (originaire de Fairbanks), Vivica Genaux (enfin voilà dans le rôle du frère de Serse une voix féminine de poids, plutôt qu’un contre-ténor trop lisse et pas assez typé) qui confirme son immense facilité vocale et dramatique, un tempérament exceptionnellement ciselé et percutant qui fait d’elle la mezzo baroque de l’heure (avec Ann Hallenberg). Amastre gagne une épaisseur réelle grâce à la tessiture élargie, soutenue aux extrémités, de l’alto Delphine Galou, voix sûre, droite, profonde.
Jeune diva à suivre désormais, Francesca Aspromonte offre une remarquable couleur, entre brio et tendresse au personnage d’Atalanta, moins piquante intrigante que vrai tempérament amoureux, elle aussi prête à en découdre.
CLIC_macaron_2014Acteur en diable, se jouant des travestissements (en jardinier, en marchande de fleurs, voix de tête drôlissime à l’envi), le baryton Biagio Pizzuti éclaire la figure d’Elviro, d’une vérité humaine, comique certes, mais très proche du spectateur / auditeur.
Un pilier efficace dans la trame dramatique qui contraste parfaitement avec la noblesse plus digne de ses partenaires.
Autant le profil de l’empereur Serse est lumineux, autant celui de Ariodate (Andrea Mastroni) est lugubre et sombre, qui ferait résonner jusqu’aux cintres. Et l’auditeur.

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CD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738). Dramma per musica en 3 actes, livret d’après Nicolò Minato et Silvio Stampiglia / CrĂ©Ă© Ă  Londres en avril 1738

Serse : Franco Fagioli
Arsamene, son frère : Vivica Genaux
Romilda : Inga Kalna
Atalanta : Francesca Aspromonte
Ariodate : Andrea Mastroni
Amastre : Delphine Galou
Elviro : Biagio Pizzuti

Il Pomo d’Oro / Maxim Emelyanychev, direction.

 

 

 

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LIRE nos autres critiques des cd et concerts par Franco Fagioli

CD, compte rendu critique. Gluck: Orfeo ed Euridice, 1762 (Franco Fagioli, Laurence Equilbey, 3 cd Archiv, avril 2015)
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-gluck-orfeo-ed-euridice-1762-franco-fagioli-laurence-equilbey-3-cd-archiv-avril-2015/

CD événement, annonce. FRANCO FAGIOLI : ROSSINI (1 cd Deutsche Grammophon, à venir le 30 septembre 2016).
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-franco-fagioli-rossini-1-cd-deutsche-grammophon-a-venir-le-30-septembre-2016/

Compte rendu, opéra. Paris, Palais Garnier, le 16 septembre 2016. Cavalli : Eliogabalo (1667), recréation. Franco Fagioli… Leonardo Garcia Alarcon, direction musicale. Thomas Jolly, mise en scène
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-paris-palais-garnier-le-16-septembre-2016-cavalli-eliogabalo-recreation-franco-fagioli-leonardo-garcia-alarcon-direction-musicale-thomas-jolly-mise-en-scene/

Compte-rendu critique, opéra. Nancy. Opéra National de Lorraine, le 7 mai 2017. Gioachino Rossini : Semiramide. Salome Jicia, Franco Fagioli, Nahuel Di Pierro, Matthews Grills. Domingo Hindoyan, direction musicale. Nicola Raab, mise en scène
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-nancy-opera-le-7-mai-2017-rossini-semiramide-jicia-fagioli-hindoyan-raab/

CD, compte rendu critique. FRANCO FAGIOLI, contre ténor : Handel Arias (1 cd Deutsche Grammophon). Parmi les contre ténors actuels, ceux qui savent caractériser un personnage, au lieu de déployer toujours la même technique, l’argentin Franco Fagioli réalise une belle prouesse, sur le sillon de son aîné Max Emanuel Cencic, qui lui accuse les signes inquiétants de son âge vocal : medium certes élargi mais…
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-franco-fagioli-contre-tenor-handel-arias-1-cd-deutsche-grammophon/

CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opéras par Anna Netrebko, soprano (1 cd Deutsche Grammophon)

verismo-anna-netrebko-VIGNETTE-160-cd-presentation-review-cd-critique-cd-classiquenews-582-594-1CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opéras par Anna Netrebko, soprano (1 cd Deutsche Grammophon). De La Wally à Gioconda, d’Adrienne Lecouvreur à Marguerite, sans omettre les pucciniennes Butterfly, Liù et Turandot, aux côtés de Manon Lescaut, Anna Netrebko confirme son immense talent d’actrice. En plus de l’intensité d’une voix de plus en plus large et charnelle (medium et graves sont faciles, amples et colorés), la soprano émerveille et enchante littéralement en alliant risque et subtilité. C’est à nouveau une réussite totale, et après son dernier album Iolanthe / Iolanta de Tchaikovsky et celui intitulé VERDI, la confirmation d’un tempérament irrésistible au service de l’élargissement de son répertoire… Au très large public, Anna Netrebko adresse son chant rayonnant et sûr ; aux connaisseurs qui la suivent depuis ses débuts, la Divina sait encore les surprendre, sans rien sacrifier à l’intelligence ni à la subtilité. Ses nouveaux moyens vocaux même la rendent davantage troublante. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

verismo-anna-netrebko-582-582-classiquenews-presentation-review-critique-cd-deutsche-grammophonDe Boito (né en 1842), le librettiste du dernier Verdi (Otello et Falstaff), Anna Netrebko chante Marguerite de Mefistofele (créé à La Scala en 1868), dont les éclats crépusculaires préfigurent les véristes près de 15 années avant l’essor de l’esthétique : au III, lugubre et tendre, elle reçoit la visite du diable et de Faust dans la prison où elle a été incarcérée après avoir assassiné son enfant. « L’altra notte in fondo al mare » exprime le désespoir d’une mère criminelle, amante maudite, âme déchue, espérant une hypothétique rémission. Même écriture visionnaire pour Ponchielli (né en 1834) qui compose La Gioconda / La Joyeuse sur un livret du même Boito : également créé à La Scala mais 8 ans plus tard, en 1876, l’ouvrage affirme une puissance dramatique première en particulier dans l’air de Gioconda au début du IV : embrasée et subtile, Netrebko revêt l’âme désespérée (encore) de l’héroïne qui dans sa grande scène tragique (« Suicidio ! ») se voue à la mort non sans avoir sauvé celui qu’elle aime, Enzo Grimaldi… l’espion de l’Inquisition Barnaba aura les faveurs de Gioconda s’il aide Enzo à s’enfuir de prison. En se donnant, Gioconda se voue au suicide.

JUSTESSE STYLISTIQUE. Une telle démesure émotionnelle, d’essence sacrificielle, se
retrouve aussi chez Flora dans La Tosca de Puccini (né en 1858), quand la cantatrice échange la vie de son aimée Mario contre sa pudeur : elle va se donner à l’infâme préfet Scarpia. Anna Netrebko éblouit par sa couleur doloriste et digne, dans sa prière à la Vierge qu’elle implore en fervente et fidèle adoratrice… (« Vissi d’arte » au II).
Mais Puccini semble susciter toutes les faveurs d’une Netrebko, inspirĂ©e et maĂ®tresse de ses moyens. Sa Manon Lescaut, dĂ©fendu aux cĂ´tĂ©s de son Ă©poux Ă  la ville, – le tĂ©nor azerbaĂŻdjanais Yusif Eyvazov-, se rĂ©vèle Ă©vidente, naturelle, ardente, incandescente, … d’une candeur bouleversante au moment de mourir. Le velours de la voix fait merveille. Le chant sĂ©duit et bouleverse.
Même finesse d’intonation pour sa Butterfly : « Un bel dì vedremo », autre expression d’une candeur intacte celle de la jeune geisha qui demeure inflexible, plus amoureuse que jamais du lieutenant américain Pinkerton, affirmant au II à sa servante Suzuki, que son « époux » reviendra bientôt…

TURANDOT IRRADIANTE… Plus attendus car autrement périlleux, les deux rôles de Turandot (l’ouvrage laissé inachevé de Puccini) : deux risques pourtant pleinement assumés là encore qui révèlent (et confirment) l’intensité dramatique et la justesse expressive dont est capable la diva austro-russe. Pourtant rien de plus distincts que les deux profils féminins : d’un côté, la pure, angélique et bientôt suicidaire Liù ; de l’autre, l’impériale et arrogante princesse chinoise (elle paraît ainsi en tiare d’or en couverture du cd) : Turandot dont la diva, forte de ses nouveaux graves, d’un médium large et tendu à la fois, sait dévoiler sous l’écrasante pompe liée à sa naissance, le secret intime qui fonde sa fragilité… (premier air de Turandot: « In questa reggia »). Le souci du verbe, la tension de la ligne vocale, l’éclat du timbre, la couleur, surtout la finesse de l’implication imposent ce choix comme l’un des plus bouleversants, alors qu’il était d’autant plus risqué. « La Netrebko » sait ciseler l’hypersensibilité de la princesse, sa pudeur de vierge autoritaire sous le décorum (qu’elle sait plus à déployer dans le choix du visuel de couverture du programme ainsi que nous l’avons souligné précédemment). Est-ce à dire que demain, Anna Netrebko chantera le rôle dans son entier sur les planches ? La question reste posée : rares les cantatrices capables de porter un rôle aussi écrasant pendant tout l’opéra.


CLIC_macaron_2014SOIE CRISTALLINE POUR PURS VÉRISTES
. Aux cĂ´tĂ©s des prĂ©curseurs visionnaires, – ici Boito et Ponchielli, place aux vĂ©ristes purs et durs, crĂ©ateurs renommĂ©s, parfois hautains et exclusifs, au sein de la Jeune Ecole (la Giovane Scuola), ainsi qu’en avant-gardistes dĂ©clarĂ©s, il se nommaient ; paraissent ici Giordano (1867-1948), Leoncavallo (1857-1919), Cilea (1866-1950). Soit une dĂ©cennie miraculeuse au carrefour des deux siècles (1892-1902) qui enchaĂ®ne les chefs d’oeuvres lyriques, vrais dĂ©fis pour les divas prĂŞtes Ă  relever les obstacles imposĂ©s par des personnages tragiques (souvent sacrificiels), « impossibles ».
Pour chacun d’eux, Anna Netrebko offre la soie ardente de son timbre hyperféminin, sachant sculpter la matière vocale sur l’écrin orchestral que canalise idéalement Antonio Pappano. L’accord prévaut ici entre chant et instruments : tout concourt à cette « ivresse » (souvent extatique) des sentiments qui très contrastés, exige une tenue réfléchie de l’interprète : économie, intelligibilité, intelligence de la gestion dramatique autant qu’émotionnelle. La finesse de l’interprète éblouit pour chacune des séquences où perce l’enivrement radical de l’héroïne. Sa Nedda (Pagliacci de Leoncavallo, créé en 1892), exprime en une sorte de berceuse nocturne, toute l’ardente espérance pourtant si fébrile
de la jeune femme malheureuse avec son époux Canio, mais démunie, passionnée face à l’amour de son amant le beau Silvio. Plus mûre et marquée voire dépassée par les événements révolutionnaires, Madeleine de Coigny (André Chénier de Giordano, créé en 1896) impose l’autorité d’une âme amoureuse qui tout en dénonçant la barbarie environnante (incendie du château familial où meurt sa mère, fuite, errance, déchéance, misère…), s’ouvre à l’amour du poète Chénier, son unique salut.
Mais en plus de l’intensitĂ© dramatique – fureur et dĂ©passement, Anna Netrebko sait aussi filer des sons intĂ©rieurs qui ciselĂ©s – c’est Ă  dire d’une finesse bellinienne, donc très soucieux de l’articulation du texte, illuminent tout autant le relief des autres figures de la passion : La Wally (de Catalani, 1854-1893) et sa cantilène Ă©thĂ©rĂ©e, comme l’admirable scène quasi théâtrale d’Adrienne Lecouvreur (de Cilea,), regardent plutĂ´t du cĂ´tĂ© d’une candeur sentimentale, grâce et tendresse oĂą lĂ  encore l’instinct, le style, l’intonation confirment l’immense actrice, l’interprète douĂ©e pour la sensibilitĂ© Ă©conome, l’intensitĂ© faite mesure et nuances, soit la rĂ©surgence d’un certain bel canto qui par sons sens des phrasĂ©s et d’une incarnation essentiellement subtile approche l’idĂ©al bellinien. La diversitĂ© des portraits fĂ©minins ici abordĂ©s, incarnĂ©s, ciselĂ©s s’offre Ă  la maĂ®trise d’une immense interprète. Chapeau bas. « La Netrebko » n’a jamais Ă©tĂ© aussi sĂ»re, fine, rayonnante. Divina.

CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opéras par Anna Netrebko, soprano. Orchestre de l’Accademia Santa Cecilia. Antonio Pappano, direction. Enregistrement réalisé à Rome, Auditorium Parco della Musica, Santa Cecilia Hall, 7 & 10/2015; 6/2016 — 1 cd Deutsche Grammophon 00289 479 5015. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016. Parution annoncée : le 2 septembre 2016.

 

 

 

Impériale diva

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Discographie précédente

 

 

Anna Netrebko chante Verdi chez Deutsche GrammophonCD. Anna Netrebko : Verdi  (2013)  …     Anna Netrebko signe un récital Verdi pour Deutsche Grammophon d’une haute tenue expressive. Soufflant le feu sur la glace, la soprano saisit par ses risques, son implication qui dans une telle sélection, s’il n’était sa musicalité, aurait été correct sans plus … voire tristement périlleuse. Le nouveau récital de la diva russo autrichienne marquera les esprits. Son engagement, sa musicalité gomment quelques imperfections tant la tragédienne hallucinée exprime une urgence expressive qui met dans l’ombre la mise en péril parfois de la technicienne : sa Lady Macbeth comme son Elisabeth (Don Carlo) et sa Leonora manifestent un tempérament vocal aujourd’hui hors du commun. Passer du studio comme ici à la scène, c’est tout ce que nous lui souhaitons, en particulier considérant l’impact émotionnel de sa Leonora … En LIRE +

 

 

 

 

iolanta anna netrebko tchaikovski cd deutesche grammophon clic de classiquenews janvier 2015CD. SimultanĂ©ment Ă  ses reprĂ©sentations new yorkaises (janvier et fĂ©vrier 2015), Deutsche Grammophon publie l’opĂ©ra oĂą rayonne le timbre embrasĂ©, charnel et angĂ©lique d’Anna Netrebko, assurĂ©ment avantagĂ©e par une langue qu’elle parle depuis l’enfance. Nuances, richesse dynamique, finesse de l’articulation, intonation juste et intĂ©rieure, celle d’une jeune âme ardente et implorante, pourtant pleine de dĂ©termination et passionnĂ©e, la diva austro-russe marque Ă©videment l’interprĂ©tation du rĂ´le de Iolanta : elle exprime chaque facette psychologique d’un personnage d’une constante sensibilitĂ©. De quoi favoriser la nouvelle estimation d’un opĂ©ra, le dernier de TchaĂŻkovski, trop rarement jouĂ©.  En jouant sur l’imbrication très raffinĂ©e de la voix de la soliste et des instruments surtout bois et vents (clarinette, hautbois, basson) et vents (cors), TchaĂŻkovski excelle dans l’expression profondes  des aspirations secrètes d’une âme sensible, fragile, dĂ©terminĂ©e : un profil d’hĂ©roĂŻne idĂ©al, qui rĂ©pond totalement au caractère radical du compositeur. Toute la musique de TchaĂŻkovski (52 ans) exprime la volontĂ© de se dĂ©faire d’un secret, de rompre une malĂ©diction… La voix corsĂ©e, intensĂ©ment colorĂ©e de la soprano, la richesse de ses harmoniques offrent l’épaisseur au rĂ´le-titre, ses aspirations dĂ©sirantes : un personnage conçu pour elle. VoilĂ  qui renoue avec la rĂ©ussite pleine et entière de ses rĂ©centes prises de rĂ´les verdiennes (Leonora du trouvère, Lady Macbeth) et fait oublier son erreur straussienne (Quatre derniers lieder de Richard Strauss). LIRE notre dossier complet ” IOLANTA par Anna Netrebko “

 

CD. Anna Netrebko : Souvenirs (2008) …   Anna Netrebko n’est pas la plus belle diva actuelle, c’est aussi une interprète à l’exquise et suave musicalité. Ce quatrième opus solo est un magnifique album. L’un de ses plus bouleversants. Ne vous fiez pas au style sucré du visuel de couverture et des illustrations contenues dans le coffret (lequel comprend aussi un dvd bonus et des cartes postales!), un style maniériste à la Bouguereau, digne du style pompier pure origine… C’est que sur le plan musical, la diva, jeune maman en 2008, nous a concocté un voyage serti de plusieurs joyaux qui font d’elle, une ambassadrice de charme… et de chocs dont la tendresse lyrique et le choix réfléchi des mélodies ici regroupées affirment une maturité rayonnante, un style et un caractère,  indiscutables. EN LIRE +

 

 

 

 

Prochains rôles d’Anna Netrebko :

netrebko anna macbeth classiquenews review account ofLady Macbeth dans Macbeth de Verdi : 18,21, 27 décembre 2016 à l’Opéra de Munich
Leonora dans Il Trovatore de Verdi : 5-18 février 2017 à l’Opéra de Vienne
Violetta Valéry dans La Traviata de Verdi : 9-14 mars 2017, Scala de Milan
Tatiana dans Eugène Onéguine de Tchaikovski : 30 mars-22 avril 2017, Metropolitan Opera New York
puis à l’Opéra Bastille à Paris, du 16 au 31 mai 2017, rôle assuré en alternance avec Sonya Yoncheva (juin 2016)

 

 

CD, coffret événement, annonce. THE ORIGINALS, volume 2 (50cd, Deutsche Grammophon)


Originals legendary recordings volume 2, vol II, review announce annonce classiquenews cd critique Cvr-00028947960188-240x240CD, coffret événement, annonce. THE ORIGINALS, volume 2. Deutsche Grammophon édite le 2ème coffret « The Originals », ou « Legendary recordings »
, perles de son catalogue légendaire où l’on retrouve plusieurs chefs pianistes, orchestres, chanteurs de légende dans des oeuvres particulièrement bien défendues et qui ont fait la notoriété de la marque depuis l’après guerre. Paru en novembre 2014 (il y a un peu moins de 2 ans, CLIC de CLASSIQUENEWS), le premier coffret The Originals, première moisson sélective de 50 cd à écouter d’urgence, était dans sa robe bleue, d’un indiscutable apport. Déjà, le mélomane, connaisseur ou curieux y retrouvait pour son plus grand profit, les chefs à tempérament dont Evgeny Mravinski, Karl Böhm, Karajan, Bernstein, Abbado, Fricsay, Kubelik… l’organiste Helmut Wacha (toujours indépassable dans Bach ainsi dès 1956), les pianistes Emil Gilels (dont 2016 marque le centenaire), Maurizio Pollini et le baryton D Fisher-Dieskau … chacun dans des lectures effectivement marquantes. Les orchestres ici représentés sont l’Orchestre Lamoureux, l’Orchestre de l’opéra de Berlin, la Chapelle de Dresde, le Symphonique de la radio bavaroise, le Wiener Symphoniker, l’Orchestre de la Radio de Berlin, surtout le Berliner Philharmoniker… Mêmes grands interprètes dans le nouveau coffret de 50 cd (dan sa livrée blanche cette fois), publié en septembre 2016, et dans des choix de répertoires différents, non moins convaincants : écoutez entre autres les Symphonies de Tchaikovsky par
à Vienne en 1956 : indémodables, fascinantes).

A leur geste superlatif s’ajoute les tempérament et caractère d’autres artistes qui comptent aussi et font le nouvel intérêt du présent coffret absolument incontournable : le violoniste Nathan Milstein dans JS Bach (1974), ABM soit le pianiste Arturo Benedetto Michelangelo dans les Concertos pour piano de Beethoven sous la direction de Carlo Maria Giulini en 1979 ; joyau romantique français serti par Igor Markevitch, Paris, Salle de la Mutualité en 1961 : Symphonique Fantastique de Berlioz et ouverture Anacréon de Cherubini ; les Symphonies de Brahms par Eugen Jochum et le Berliner Philharmoniker en 1953 et 1956 ; les Chopin dont les 24 Préludes par Martha Argerich (1974) ; les Quatuors de Debussy et Ravel par le Melos Quartett (1979) ; Les Smetana de Ferenc Fricsay (dont la Maldau, Berliner Philharmoniker, 1960) ; évidemment l’Amour Bruno / L’Amour Sorcier de Falla par la sublime Grace Bumbry et Lorin Maazel en 1965 ; Les Sibelius de Hans Rosbaud (1954; avec le Berliner Phil.) …
Carlos Kleiber : génie de la baguetteParmi les oeuvres intégrales lyriques, saluons la réédition des fabuleux témoignages que sont La Création de Haydn par Karajan (1966-1969) ; Les Noces de Figaro de Mozart par Böhm (F-Dieskau, Janowitz, Mathis, Prey, Troyanos, Berlin 1968) ; sans omettre le fameux Rigoletto de Verdi par Giuliani (Capuccilli, Domingo, Cotrubas, Ghiaurov… Vienne 1979), et tout autant, le Freischütz anthologique de Carlos Kleiber signé en 1973 à Dresde (s’il ne fallait conserver q’un enregistrement, par son souffle, sa poésie romantique : ce serait celui là : photo ci contre). 50 cd incontournables pour réviser ses classiques par une colonies d’artistes à la musicalité rayonnante, convaincante, engagée. Prochaine critique complète du coffret THE ORIGINALS, Legendary recordons from The Deutsche Grammophon Catalogue : 50 cd, volume II — parution : septembre 2016, à venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.COM —  CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

originals-box the originalsLIRE aussi notre compte rendu du coffret : THE ORIGINALS : The legendary recordons from the Deutsche Grammophon Catalogue, 50 cd, volume I, parution : novembre 2014, CLIC de CLASSIQUENEWS 2014

 

CD, compte rendu. Emil Gilels : récital de Seattle 1964 (1 cd Deutsche Grammophon)


gilels emil seattle 1964 cd review presentation critique cd classiquenews compleete review on classiquenews cd compte rendu critique cd deutsche grammophonCD, compte rendu. Emil Gilels : récital de Seattle 1964 (1 cd Deutsche Grammophon)
. Les crépitements nerveux, d’un feu énergique puissamment assumé, voire parfois vindicatif (ampleur orchestrale du jeu) affirme l’engagement de l’artiste chez Beethoven (Sonate n°21, énoncée avec une fougue électrique, d’une force diabolique). Son Chopin, plus emprunt de grâce et de vocalità (Variations sur Là ci darem la mano) ouvre d’autres champs plus intérieurs et presque oniriques, d’une ivresse absente chez le premier Beethoven. Quoique très vite, le pianiste plus déchainé qu’enivré, fait couler des torrents d’énergie dramatique là aussi impressionnante.

Le pianiste de 48 ans (qui mourra en 1985), est au sommet de sa mûre expérience comme soliste et récitaliste. Le récital américain que réédite Deutsche Grammophon (pour le centenaire Gilels 2016 : il est né en octobre 1916) rend idéalement compte de son immense tempérament, carrure de lion et conteur irrésistible… alliant caresse et passion rageuse. C’est un monstre-interprète, virtuose des épisodes contrastés, d’une urgence enivrée quasi vertigineuse à suivre (le développement du motif mozartien chez Chopin, dont l’interprète au clavier fait une nuit fantastique, course effrénée et visions haletantes…).

CLIC_macaron_2014Le presque quasi contemporain de Richter (nĂ© un an avant Gilels en 1915, – et comme lui immense musicien), impose ici une impĂ©tuositĂ© Ă©lectrique incandescente dont la braise semble vĂ©ritablement enflammer le clavier (urgence parfois panique de la Sonate n°3 opus 28 de Prokofiev). Le talent rude, au physique de bucheron, dĂ©couvert alors par Arthur
Rubinstein, se montre d’une éloquence véritablement hypnotique dans les 3 séquences de Debussy (Images I : Reflets, enchanteurs ; hommage à Rameau, énigmatique et « satien »).

Miroirs de Ravel (Alborada del gracioso) envoûte par le même feu liquide très subtilement énoncé, d’une ciselure nerveuse aux scintillements et arrières plans dignes d’un orchestre (phénoménale architecture).

Gilels-Emil-02Malgré la prise de son pas toujours très propre (2ème mouvement du Beethoven), l’acuité, l’assise, le feu poétique, la terrifiante agilité du pianiste s’impose à nous, plus de 50 ans après la réalisation du concert de Seattle. Certainement un témoignage majeur de la fièvre musicale du pianiste russe (né à Odessa, actuelle Ukraine, en 1916). On reste médusé par la nature des critiques américains et germaniques lui reprochant le côté provincial et maniéré de son jeu à la russe… même inexacte et maladroite la réserve finit par atteindre l’immense pianiste. Il ne faut qu’écouter la vie, l’appel à l’ivresse de la danse russe de Petrouchka pour mesurer la spontanéité miraculeuse du jeu de Gilels. Un géant assurément du piano au XXème. Réédition légitime. Pour son centenaire, Deutsche Grammophon devait bien souligner l’originalité puissante d’un interprète à bien des égards fascinant. Cet inédit rend hommage à son très grand talent. A écouter absolument.

Simultanément à DG, Sony classical célèbre aussi le talent impressionnant de Gilels, en rééditant l’intégrale des enregistrements RCA et Columbia. Compte rendu critique à venir sur classiquenews.com.

CD, compte rendu. Emil Gilels, piano : récital de Seattle 1964 : Beethoven, Chopin, Debussy, Prokofiev (1 cd Deutsche Grammophon) — Parution le 19 août 2016.

 

CD événement, annonce : Anna Netrebko ose Turandot dans son nouvel album VERISMO (1 cd Deutsche Grammophon).

verismo-anna-netrebko-582-582-classiquenews-presentation-review-critique-cd-deutsche-grammophonCD événement, annonce : Anna Netrebko ose Turandot dans son nouvel album VERISMO (1 cd Deutsche Grammophon). Que vaut la Turandot osée par Anna Netrebko dans son album Verismo ? On se souvient que dans son précédent récital monographique intitulé simplement « VERDI », la diva osait y chanter Lady Macbeth (qu’elle jouera ensuite sur scène à New York au Metropolitan en une saisissante incarnation car les personnages hallucinés lui vont à ravir) : véritable déclaration d’intention, à côté de sa Leonor du Trouvère, là encore une prise de rôle qui de Berlin, Salzbourg à Paris, allait affirmer (contre tous), sa fibre verdienne. Dépassée ? Sans moyens ? Que nenni : le soprano onctueux, sensuel d’une intensité frappante a convaincu.
S’agirait-il du même principe ici, dans son album à paraître début septembre 2016 : « Verismo », l’audacieuse et surprenante diva s’expose en princesse orientale, clin d’œil manifeste et direct à sa Turandot osée (plage 11 du récital) : « In questa reggia »…

 

 

 

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Déchirante Turandot d’Anna Netrebko

 

 

En avant-première, classiquenews vous livre les rĂ©sultats de notre Ă©coute du cd VĂ©risme : aux cĂ´tĂ©s du superbe scintillement tragique de sa LiĂą, courte et fulgurante immersion dans cette fĂ©minitĂ© fragile et loyale, Anna Netrebko aborde le personnage en titre : Turandot dont la soprano « ose » incarner avec de vrais moyens cependant, le grand air de la princesse chinoise cette fois, expression de sa dignitĂ© impĂ©riale de grande vierge intouchable qui sous le masque d’une cruautĂ© dĂ©clarĂ©e, assumĂ©e, cultive en vĂ©ritĂ© une fragilitĂ© outragĂ©e qui entend venger la mort de son aĂŻeule Lo-u-ling : son grand air de l’acte II, – celui qui prĂ©cède l’épreuve des 3 Ă©nigmes : « In questa reggia » saisit par sa justesse expressive, la vĂ©ritĂ© qui se dĂ©gage d’un chant embrasĂ©, qui est celui d’une âme prisonnière de sa propre position. Anna Netrebko exprime la sensibilitĂ© d’une âme dĂ©chirĂ©e que le sort de son aĂŻeule touche infiniment et qui l’enchaĂ®ne aussi en une virginitĂ© donc une solitude, qui la dĂ©passent. DĂ©claration et prière : la princesse est une femme qui assène et qui souffre : chair tiraillĂ©e que le timbre incandescent aux aigus assumĂ©s de la cantatrice sublime. La couleur de sa voix convient idĂ©alement au profil fĂ©minin imaginĂ© par Puccini. La dĂ©couverte est prodigieuse et l’on aimerait tant l’entendre tout au long de la partition comme Butterfly….

 

 

 

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Suite de la critique complète de l’album VERISMO d’Anna Netrebko, à venir le jour de sa parution, le 2 septembre 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrée 2016.

 

 

OPERA. ActualitĂ©s de la soprano Anna Netrebko : de Mozart, Verdi Ă  Puccini…

salzburg salzbourg logo 2016 0104_festspiele_023OPERA. ActualitĂ©s de la soprano Anna Netrebko : de Mozart, Verdi Ă  Puccini… Anna Netrebko, Ă©gĂ©rie de Salzbourg. Lors d’un talk publique organisĂ© avec la star du lyrique (dont DG sortira le prochain album “Verismo”, très attendu, en septembre prochain), la direction du Festival de Salzbourg (par la voix de sa prĂ©sidente actuel: Helga Rabl-Stadler) a soulignĂ© l’attachement qui unit la soprano austrorusse et l’institution musicale estivale : « Anna a contribuĂ© Ă  l’histoire du Festival et je souhaite qu’elle continue Ă  la faire », a dĂ©clarĂ© en substance madame R-Stadler.

Anna Netrebko a rĂ©alisĂ© ses dĂ©buts Ă  Salzbourg en chantant Donna Anna – un rĂ´le qui lui Ă©tait dĂ©signĂ©-, Ă  l’étĂ© 2002, sous la direction du chef Nikolaus Harnoncourt, dĂ©cĂ©dĂ© rĂ©cemment (mars 2016). Leur coopĂ©ration s’est poursuivit ensuite avec Susanna dans Les Noces de Figaro mises en scène de Claus Guth : une production Ă  nouveau mozartienne (dĂ©pressive et dĂ©senchantĂ©e mais si juste et profonde) dont elle garde un souvenir intact et qu’elle vĂ©nère au dessus de tout, y compris avant la fameuse Traviata avec Villazon, rĂ©alisĂ©e en 2005.

 

 

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DES ROLES DE PLUS EN PLUS DRAMATIQUES… Devenue mère en 2009, Anna Netrebko a fait Ă©voluer ses choix musicaux vers des rĂ´les plus dramatiques, moins brillants et clairs (que Susanna par exemple). Ainsi ses prises de rĂ´les chez Verdi : Leonora du Trouvère, surtout Lady Macbeth rĂ©cemment… autant d’incarnations fortes et puissantes qui aux cĂ´tĂ©s de sa Iolanta (Tchaikovski) ont Ă©tĂ© d’éblouissantes rĂ©ussites. L’opĂ©ra Manon Lescaut de Puccin lui a permis de chanter aux cĂ´tĂ©s de son Ă©poux (depuis 2014), le baryton Yusif Eyvazov (Renato Des Grieux), — Anna Netrebko reprendra le rĂ´le de Manon au Metropolitan Opera de New York du 14 novembre au 3 dĂ©cembre 2016 (voir ici l’agenda d’Anna Netrebko)
Aujourd’hui, Anna Netrebko avoue ne chanter que des rôles qu’elle aime viscéralement. Voilà pourquoi elle ne chantera jamais Norma par exemple… mais aussi voilà pourquoi elle se permet d’aborder deux airs (irrésistibles) de Turandot de Puccini, au studio… à découvrir dans son prochain album : « Verismo » (parution début septembre 2016) : le visuel du nouveau cd l’indique clairement : Anna Netrebko ne fait pas qu’être l’une des plus belles sopranos au monde, l’interprète affirme aussi une audace artistique intacte qui la conduit à aborder aujourd’hui des personnages. inimaginables à ses débuts salzbourgeois… La mozartienne belcantiste, récemment verdienne de choc, serait-elle en définitive vériste et puccinienne ? Réponse chez DG début septembre 2016. Annonce, présentation, compte rendu critique complet à venir sur classiquenews.com

Illustration : en tiare d’impĂ©ratrice (rĂ©fĂ©rence Ă  la princesse orientale Turandot?), Anna Netrebko paraĂ®t Ă©nigmatique, sĂ©duisante, irrĂ©sistible en couverture de son prochain album “Verismo”…

Prochains rĂ´les d’Anna Netrebko :

netrebko anna macbeth classiquenews review account ofLady Macbeth dans Macbeth de Verdi : 18,21, 27 dĂ©cembre 2016 Ă  l’OpĂ©ra de Munich
Leonora dans Il Trovatore de Verdi : 5-18 fĂ©vrier 2017 Ă  l’OpĂ©ra de Vienne
Violetta Valéry dans La Traviata de Verdi : 9-14 mars 2017, Scala de Milan
Tatiana dans Eugène Onéguine de Tchaikovski : 30 mars-22 avril 2017, Metropolitan Opera New York
puis Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, du 16 au 31 mai 2017

Les Sœurs Labèque signent chez Deutsche Grammophon

CD, signature. Les sĹ“urs Katia et Marielle Labèque signent chez Deutsche Grammophon. Les pianistes françaises le plus cĂ©lèbres au monde, dont le duo forme le « quatre mains » le plus cĂ©lĂ©brĂ© actuellement, signent un contrat d’exclusivitĂ© chez Deutsche Grammophon. Elles se produisent dĂ©jĂ  depuis 35 ans, particulièrement distinguĂ©es par leur enregistrement de Rhapsody in Blue de Gershwin (1980) qui attestait de leur sensibilitĂ© pour la musique amĂ©ricaine… Les deux artistes viennent d’ouvrir le Festival de Gstaad en Suisse, dans un programme lĂ  encore très personnel voire intime, oĂą la sĂ©lection de pièces intimistes, de Brahms, Strauss Ă  Satie, Poulenc, FaurĂ© et Glass rĂ©Ă©crit leur parcours familial et artistique (le 14 juillet 2016, compte rendu critique Ă  venir sur classiquenews).

Très liées au milieu de l’avant garde américaine, en particulier des chercheurs minimalistes dont Steve Reich et surtout Philip Glass, Katia et Marielle Labèque avaient créé en 2007 leur propre label (KML) leur permettant de publier les fruits d’une démarche très personnelle et particulièrement riche, liés à leurs explorations les plus récentes. En juillet 2016, soit presque 10 ans après, une nouvelle page se tourne pour un chapitre prometteur à écrire chez Deutsche Grammophon. Prochain disque annoncé : Stravinsky et de Debussy (parution en novembre 2016, concert à Radio France le 15 janvier 2017).

D’ici là, Katia et Marielle Labèque annoncent la réédition du double cd, « Minimalist Dream House » au moment de leur concert à la Philharmonie de Paris, le 25 septembre prochain, (à 20h30 : concert de musique américaine : Ives, Zappa, création mondiale de la nouvelle oeuvre de Bryce Dessner).

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LIVRE. L’éditeur Buchet-Chastel annonce en complément un livre d’entretiens : « Une vie à quatre mains », que Deutsche Grammophon complètera par un coffret en 6 cd, réunissant les enregistrements phare du label KML Recordings.

CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon)

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon). Voici donc la suite du cycle Mozart en provenance de Baden Baden 2015 et pilotĂ© par le chef Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et le tĂ©nor Roland Villazon : ces Noces / Nozze marque le dĂ©jĂ  quatrième opus sur les 7 ouvrages de maturitĂ© initialement choisis. Ce live confirme globalement les affinitĂ©s mozartiennes du chef quĂ©bĂ©cois nĂ© en 1975,et qui poursuit son irrĂ©pressible ascension : il vient d’être nommĂ© directeur musical du Metropolitan Opera de New York. Hormis quelques rĂ©serves, la tenue gĂ©nĂ©rale, vivace, qui exprime et la vĂ©ritĂ© des profils et l’ivresse rythmĂ©e de cette journĂ©e Ă©tourdissante, convainc. Soulignons d’abord, la prestation superlative vocalement et dramatiquement de la soprano vedette de la production. Elle fut Marguerite du Faust de Gounod Ă  Baden Baden (Festival de PentecĂ´te 2014) : la voici en Comtesse d’une ivresse juvĂ©nile et adolescente irrĂ©sistible, saisissant la couleur nostalgique d’une jeune Ă©pouse mariĂ©e trop tĂ´t et qui a perdu trop vite sa fraicheur (quand elle n’était que Rosine….). Sonya Yoncheva renouvelle totalement l’esprit du personnage en en rĂ©vĂ©lant l’essence adolescente avec une grâce et une finesse absolues : son « Porgi amor » ouvrant le II, est affirmation toute en dĂ©licatesse d’une aube tendre et angĂ©lique Ă  jamais perdue : l’aveu d’un temps de bonheur irrĂ©mĂ©diablement Ă©vanoui : dĂ©chirante prière d’une âme Ă  la mĂ©lancolie remarquablement Ă©noncĂ©e. Ce seul air mĂ©rite les meilleures apprĂ©ciations. Car Sonya Yoncheva a contrairement Ă  la plupart de ses consĹ“urs, le charme, la noblesse, la subtilitĂ© et… surtout le caractère et l’âge du personnage. Inoubliable incarnation (mĂŞme charme Ă  la langueur irrĂ©sistible dans le duo Ă  la lettre du II : Canzonetta sull’aria).

 

 

 

Une Rosina nostalgique inoubliable
La comtesse blessée, adolescente de Sonya Yoncheva

 

 

EXCELLENCE FEMININE....A ses côtés, deux autres chanteuses sont du même niveau : incandescentes, naturelles, vibrantes : la Susanne (pourtant au timbre mûre) de Christiane Karg (de plus en plus naturelle et expressive : sensibilité de son ultime air avec récitatif au IV : « Giunse alfin il momento / Deh vient , non tardar, o gioia bella… »), et surtout l’épatante jeune soprano Angela Brower, vrai tempérament de feu dans le rôle travesti de Chérubin. Les 3 artistes éblouissent à chacune de leur intervention et dans les ensembles. Même Regula Mühlemann fait une Barberine touchante (cherchant son épingle dans le jardin : parabole du trouble et de l’oubli semés tout au long de l’action) au début du IV. Exhaustif et scrupuleux, Yannick Nézet Séguin respecte l’ordre originel des airs et séquences de l’acte III ; il dirige aussi tout l’acte IV avec l’air de Marceline (« il capo e la capretta » : épatante Anne-Sofie von Otter, plus fine actrice que chanteuse car

Diva d'aujourd'hui : Sonya Yoncheva chante Irisl’instrument vocal est Ă©raillĂ©), et le grand rĂ©cit de Basilio (sur l’art bĂ©nĂ©fique de se montrer transparent : « In quagli anni », chantĂ© par un Rolando Villazon, malheureusement trop outrĂ© et maniĂ©rĂ©, cherchant a contrario de tout naturel Ă  trouver le dĂ©tail original qui tue ; cette volontĂ© de faire rire (ce que fait le public de bonne grâce) est Ă©tonnante puis dĂ©concertante ; dommage (rien Ă  voir avec son chant plus raffinĂ© dans l’Enlèvement au sĂ©rail, prĂ©cĂ©demment Ă©ditĂ©). Face Ă  lui, le Curzio de Jean-Paul FauchĂ©court est mordant et vif Ă  souhait, soulignant la verve de la comĂ©die sous l’illusion et les faux semblants du drame domestique. Contre toute attente, le Comte Almaviva de Thomas Hampson montre de sĂ©rieuses usures dans la voix et un chant constamment en retrait, – ce malgrĂ© la justesse du style et l’aplomb des intentions, et pourtant d’une prĂ©cision Ă  peine audible (mĂŞme si l’orchestre est placĂ©e derrière les chanteurs selon le dispositif du live Ă  Baden Baden). Le Figaro un rien rustre et sanguin de Luca Pisaroni est percutant quant Ă  lui, trop peut-ĂŞtre avec une couleur rustique qui contredit bien des Figaro plus policĂ©s, mieux nuancĂ©s (Hermann Prey).

 

 

seguin_yannick_nezet_chef_maetroSur instruments modernes, l’orchestre palpite et s’enivre au diapason de cette journĂ©e Ă  perdre haleine avec la couleur trĂ©pidante, ronde du pianoforte dans rĂ©citatifs et airs ; pourtant jamais prĂ©cipitĂ©e, ni en manque de profondeur, la baguette de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin ne se dilue, toujours proche du texte, du sentiment, de la finesse : l’expressivitĂ© souple assure le liant de ce festival enfiĂ©vrĂ© qui marque en 1786 la première coopĂ©ration entre Da Ponte et Mozart, inspirĂ©s par Beaumarchais (le mariage de Figaro, 1784). Pour l’excellence des parties fĂ©minines, – le sommet en Ă©tant la subtilitĂ© adolescente de la Comtesse de Sonya Yoncheva, pour l’allure palpitante de l’orchestre grâce Ă  la vivacitĂ© nerveuse du chef, ce live de Baden Baden mĂ©rite tous les Ă©loges. Au regard des accomplissements ainsi rĂ©alisĂ©s, les rĂ©serves Ă©mises ne sont que broutilles face Ă  la cohĂ©rence d’ensemble. Saluons donc la rĂ©ussite collective de ce 4è Mozart Ă  ranger au mĂ©rite du duo d’initiateurs NĂ©zet-SĂ©guin et Villazon Ă  Baden Baden.
CLIC de classiquenews de juillet 2016.

 

 

 

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva, Angela Brower, Christiane Karg, Anne Sofie von Ottter, Regula Mühlemann, Jean-Paul Fauchécourt, Luca Pisaroni, Thomas Hampson, Rolando Villazon… Vocalensemble Rastatt, Chamber orchestra of Europe. Yannick Nézet Séguin, direction — 3 cd Deutsche Grammophon 479 5945 / CLIC de classiquenews de juillet 2016

RĂ©cital du pianiste Seong-Jin Cho, en direct sur internet

seong-jin-cho-mozart-schubert-chopin_d_jpg_720x405_crop_upscale_q95En direct sur internet, ce soir, 20h : récital du pianiste Seong-Jin Cho, nouveau signataire chez l’écurie Deutsche Grammphon, après son triomphe récent au dernier Concours Chopin de Varsovie. Concert en direct depuis Reims. Il a remporté le premier Prix lors du dernier Concours Chopin de Varsovie en octobre 2015 (17ème Concours).

 

seong_jin_cho_chopin_17_concours_piano_varsovie_meaNé à Séoul le 28 mai 1994, Seong-Jin Cho est un jeune talent prometteur qui a déjà remporté plusieurs distinction : Grand Prix du Concours international Chopin pour jeunes pianistes (2008), 3e prix du concours international Tchaïkovski (2011), 3e prix du Concours international Arthur Rubinstein… Elu et distingué à Varsovie par un Jury composé de Martha Argerich, Philippe Entremont, Nelson Goerner, Seong-Jin Cho inscrit son nom dans une liste de lauréats prestigieux tels que Maurizio Pollini (1er prix, 1960), Martha Argerich (1965), Krystian Zimerman (1975), Yundi Li, Rafal Blechacz (2005)… tous artistes ayant signé par la suite avec le prestigieux label jaune toujours bien placé dans la carrière des grands noms du piano, Deutsche Grammophon. Daniil Trifonov, Yuja Wang, Yundi, hier Lang Lang (aujourd’hui passé chez Sony)… font aussi partie de l’écurie DG. Qu’en sera-t-il pour le jeune sud coréen Seong-Jin Cho ? Dans un récent communiqué, réaffirmant son partenariat avec l’Institut Chopin de Varsovie, coorganisateur du Concours Chopin fondé en 1927, Deutsche Grammophon annonce un prochain enregistrement Chopin par le nouveau lauréat du Concours polonais, Seong-Jin CHO. A suivre… EN LIRE + sur Seong-Jin CHO, premier prix du 17ème Concours Chopin de Varsovie (octobre 2015)

 
Au programme :
Mozart : Rondo K 511
SCHUBERT : Sonate pour piano n°19
CHOPIN : 24 Préludes pour piano
Seong-Jin Cho, piano
VOIR le direct ce soir Ă  partir de 20h sur le site de Deutsche Grammophon : http://www.deutschegrammophon.com/fr/gpp/index/seong-jin-cho-reims

 

LIRE aussi notre critique complète du premier cd de SEONG-JIN CHO, programme Chopin, CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2015

 

CD, coffret événement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd)

emerson string quartet 52 cd deutsche grammophon cd review critique compte rendu classiquenews clic de classiquenews juin 2016CD, coffret Ă©vĂ©nement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd). VoilĂ  40 ans dĂ©jĂ  que les Emerson traverse pays et rĂ©pertoire, affirmant une cohĂ©sion sonore et expressive d’une indiscutable force. FondĂ© Ă  New York en 1976, les quatre instrumentistes Ă  cordes (David Finckel, Eugene Drucker, Lawrence Dutton, Philip Setzer, Paul Watkins, Guillermo Figueroa) ont pu approfondir une complicitĂ© et une Ă©coute rares que leurs enregistrements majoritairement pour DG – prestigieux label jaune-, Ă©claire, dĂ©voilant une diversitĂ© curieuse, et pourtant une unitĂ© et une logique qui fondent aujourd’hui comme rĂ©trospectivement l’intelligence de leur dĂ©marche : servir les auteurs du XXè Ă  partir d’une souplesse tous azimuts forgĂ©e et ciselĂ©e dans l’apprentissage des auteurs romantiques germaniques, slaves et russes. La particularitĂ© des Emerson revient aux deux violonistes qui alternent selon les cycles et les rĂ©pertoires la place de premier violon. Leur performance en 2010 entre autres, lors de la Biennale de Quatuors Ă  cordes qui invite Ă  Paris Ă  la Philharmonie les meilleures phalanges chambristes du genre, ont affirmĂ© un puretĂ© de son subjuguante au service des compositeurs abordĂ©s : en majoritĂ©, non pas les grands classiques viennois : – mĂŞme s’ils jouent les 7 dernières Paroles du Christ de Haydn et la « rafraĂ®chissant » verve du n°77, Mozart (les 6 Quatuors dĂ©diĂ©s Ă  Haydn) et Beethoven (intĂ©grale ici en 5 cd, 21-27)-, mais plutĂ´t les « classiques » modernes, ceux du XXème siècle qui ont fait le coeur le plus palpitant de leur vaste rĂ©pertoire : Bartok (les 6 Quatuors dont « Lettres intimes »), incontestablement Dvorak (dont aussi les pièces avec piano), surtout les russes dont Ă©videmment l’intĂ©grale des Quatuors de Chostakovitch (cd 30-34).

emerson string quartet deutsche grammophon coffret box set 52 cd clic de classiquenews juin 2016 review cd critique quatuoremerson-oqlg

Parmi les premiers romantiques, citons l’exceptionnel relief de leurs Schubert (D804, D810 …), la lumière des Mendelssohn (avec l’Octuor); la souplesse liquide des Schumann (n°3 opus 41/3 et le Quintette pour piano); … Tout cela prĂ©lude Ă  l’acuitĂ© d’une sensibilitĂ© portĂ©e et inspirĂ©e par les derniers romantiques (Ă©videmment Brahms) et les Ă©critures du XXè que l’on a citĂ©es, auxquelles s’associent Webern (Quatuors et Trios, cd19), Berg (Suite lyrique, cd51), tout un cycle d’auteurs Ă  l’œuvre restreinte voire unique (mais si gĂ©niale) : Tchaikovsky, Borodine, les français (trop rares) Ravel, Debussy, Nielsen, Sibelius, Martinu, Grieg… Ce legs postromantiques et moderne est idĂ©alement complĂ©tĂ© par les incursions plus contemporaines chez Harbison, Wernick, Schuller, Ives… les 52 cd composent une rĂ©trospective magistrale qui dĂ©montre une logique artistique, une Ă©loquente maturitĂ© sonore. Incontournable.

CLIC D'OR macaron 200CD, coffret événement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd Deutsche Grammophon 00289 479 5982 GB52). Parution : juin 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS

CD, coffret événement, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick Nézet Séguin (3 cd Deutsche Grammophon)

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin. Alors que Sony classical poursuit sa trilogie sous la conduite de l’espiègle et pĂ©taradant Teodor Currentzis (1), Deutsche Grammophon achève la sienne sous le pilotage du MontrĂ©alais Yannick-NĂ©zet SĂ©guin rĂ©cemment nommĂ© directeur musical au Metropolitan Opera de New York. Après Don Giovanni, puis Cosi, les Nozze di Figaro sont annoncĂ©es ce 8 juillet 2016. A l’affiche de ce live en provenance comme pour chaque ouvrage enregistrĂ© de Baden Baden (festival estival 2015), des vedettes bien connues dont surtout le tĂ©nor franco mexicain Rolando Villazon avec lequel le chef a entrepris ce cycle mozartien qui devrait compter au total 7 opĂ©ras de la maturitĂ©. Villazon on l’a vu, se refait une santĂ© vocale au cours de ce voyage mozartien, rĂ©apprenant non sans convaincre le dĂ©licat et subtil legato mozartien, la douceur et l’expressivitĂ© des inflexions, l’art des nuances et des phrasĂ©s souverains… une autre Ă©coute aussi avec l’orchestre (les instrumentistes Ă  Baden Baden sont placĂ©s derrière les chanteurs…) Leur dernier enregistrement, L’Enlèvement au sĂ©rail (qui a rĂ©vĂ©lĂ© le chant millimĂ©trĂ© du jeune tĂ©nor Paul Schweinestet dans le rĂ´le clĂ© de Pedrillo) excellait dans ce sens dans la restitution de ce chant intĂ©rieur et suave portĂ© par la finesse des intentions. Qu’en sera-t-il pour ce nouveau Da Ponte qui clĂ´t ainsi la trilogie des opĂ©ras que Mozart a composĂ© avec l’écrivain poète ?
La distribution regroupe des tempéraments prêts à exprimer l’esprit de comédie et ce réalisme juste et sincère qui font aussi des Nozze, l’opéra des femmes : Sonya Yoncheva chante la Comtesse, Anne Sofie von Otter, Marcellina, la moins connue Christiane Karg dans le rôle clé de Susanna… les rôles masculins promettent d’autres prises de rôles passionnants à suivre : Luca Pisaroni en Figaro ; Thomas Hampson pour le Comte Almaviva ; Rolando Villazon incarne Basilio le maître de musique, et Jean-Paul Fouchécourt, Don Curzio (soit pour ces deux derniers personnages, deux sensibilités invitées à sublimer l’expressivité de deux rôles moins secondaires qu’on l’a dit…).
Quelle cohérence vocale ? Quelle réalisation des situations psychologiques à travers les 4 actes ? Quelle conception à l’orchestre ? On sait combien l’opéra de Mozart et da Ponte a transfiguré la pièce de Beaumarchais dans le sens d’une libération des individualités, dans l’esprit d’une comédie réaliste parfois délirante où perce la vérité des caractères. Yannick Nézet-Séguin et son complice Rolando Villazon sont-ils au rendez vous de tous ces défis ? Réponse dans notre grande critique des Noces de Figaro par Nézet-Séguin et Villazon, à paraître dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS, le jour de la sortie du coffret, le 8 juillet 2016.

 

CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick Nézet Séguin, 3 cd Deutsche Grammophon — 479 5945. Parution annoncée le 8 juillet 2016.

 

 

 

LE CYCLE MOZART de Yannick Nézet-Séguin et Rolando Villazon. LIRE aussi nos critiques complètes CLASSIQUENEWS des opéras précédemment enregistrés par Yannick Nézet-Séguin :

Don-Giovanni.cd_.01DON GIOVANNI. Entrée réussie pour le chef canadien Yannick Nézet-Séguin qui emporte haut la main les suffrages pour son premier défi chez Deutsche Grammophon: enregistrer Don Giovanni de Mozart. Après les mythiques Boehm, Furtwängler, et tant de chefs qui en ont fait un accomplissement longuement médité, l’opéra Don Giovanni version Nézet-Séguin regarderait plutôt du coté de son maître, très scrupuleusement étudié, observé, suivi, le défunt Carlo Maria Giulini: souffle, sincérité cosmique, vérité surtout restituant au giocoso de Mozart, sa sincérité première, son urgence théâtrale, en une liberté de tempi régénérés, libres et souvent pertinents, qui accusent le souffle universel des situations et des tempéraments mis en mouvement. Immédiatement ce qui saisit l’audition c’est la vitalité très fluide, le raffinement naturel du chant orchestral; un sens des climats et de la continuité dramatique qui impose des l’ouverture une imagination fertile… Les chanteurs sont naturellement portés par la sureté de la baguette, l’écoute fraternelle du chef, toujours en symbiose avec les voix.

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCOSI FAN TUTTE. Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso … D’abord il y a l’élégance mordante souvent très engageante de l’orchestre auquel Yannick Nézet-Séguin, coordonnateur de cette intégrale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrésistible. Le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frétille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout féminins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble développer une sensibilité proche du coeur féminin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une présence absolue ici, qui démentiront notre analyse.

 

mozart-2-cd-deutsche-grammophon-die-entfurhung-aus-dem-serail-enlevement-au-serail-yannick-nezet-seguin-villazon-prohaska-paul-schweinester-rolando-villazonL’ENLEVEMENT AU SERAIL. CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail, Die Entfhürung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, Nézet-Séguin (2 cd Deutsche Grammophon). Après Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composée par Mozart en 1782, au coeur des Lumières défendue à Baden Baden par Nézet-Séguin et son équipe ? Évidemment avec son léger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine à convaincre dans le rôle de Belmonte;  outre l’articulation contournée de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniéré à notre goût, autant de petites anomalies qui malgré l’intensité du chant placent le chanteur en dehors du rôle.

 

 

(1) Sony classical a publiĂ© Cosi fan tutee,  Le Nozze di Figaro… reste Don Giovanni, annoncĂ© courant dernier quadrimestre 2016

CD, annonce. Funambules : duo Thomas Enhco / Vassilena Serafimova (1 cd Deutsche Grammophon)

ENHCO thomas vassilena Serafimova funambules deutsche grammophon cd review presentation account of CLASSIQUENEWS COVER-FINAL-WEB-CARRE-BDCD. FUNAMBULES… Piano, Marimba et davantage…. Thomas Enhco et Vassilena Serafimova : Funambules (1 cd Deutsche Grammophon). Leur duo musical d’une rare intensitĂ© crĂ©ative ne cesse de surprendre  depuis 7 ans dĂ©jĂ  : les « Funambules » Thomas et Vassilena ose, innove, explore au carrefour des genres (classique, jazz, impro…) et des dispositifs instrumentaux entre piano et Marimba… Les deux lutins Ă  l’imagination sans limite, sur la couverture de leur cd Funambules, sont deux Ă©lectrons rouges courrant sur un sol bleu argentĂ© lunaire ; ils rĂ©activent l’attraction des partitions anciennes, Ă©lectrisent leur charge expressive et reconstruisent en un cycle cohĂ©rent, un nouvel Ă©difice atypique et poĂ©tique, un parcours d’une sĂ©duction sonore imprĂ©vue. Rencontre inespĂ©rĂ©e, imprĂ©visible qui sait se renouveler Ă  chaque session. En tĂ©moigne ce nouveau programme « Funambules » oĂą la prĂ©sence active des deux guides convoquent tout un monde d’illusions et d’onirisme, aux rĂ©fĂ©rences connues mais aux rives inĂ©dites qui associent l’univers du pianiste et  la fantaisie libĂ©rĂ©e de la percussionniste. Le 8 avril, Deutsche Grammophon publie leur premier rĂ©cital Ă  deux voix et quatre mains. Enfant d’une famille artiste (son grand père est le chef d’orchestre Jean-Claude Casadesus), Thomas Enhco est RĂ©vĂ©lation de l’annĂ©e aux Victoires du Jazz 2015. La Bulgare Vassilena Serafimova adapte l’art du marimba au rĂ©pertoire classique avec une verve nouvelle, une sensibilitĂ© sans limites… Prochaine critique complète du cd Funambules par Thomas Enhco et Vassilena Serafimova.

 

 

Thomas enhco vassilena Serafimova mozart funambules TM

 

 

CONCERT, le 3 Mai 2016. Paris, Bouffes du Nord, programme « Funambules » : Mozart, Bach, Fauré, Saint-Saëns… Infos, modalités de réservations sur le site CLUB DEUTSCHE GRAMMOPHON

VOIR SUR VEVO, la vidéo de Thomas ENHCO et Vassilena Serafimova

 

 

enhco vassilena serafimova VASSILENA-X-THOMAS-204-150x150Thomas ENHCO et Vassilena SERAFIMOVA : transposition pour piano et marimba de la Sonate pour 2 pianos K448 de Mozart. Dans une usine désaffectée, les deux instrumentistes courrent ; cherchent comme dans un jeu de piste…, le pianiste et la percussionniste jouent, jonglent, dialoguent comme s’ils improvisaient, soulignant sans lourdeur ni conformité, l’énergie enfantine, facétieuse d’un Mozart ayant su cultiver sa faculté d’imagination, de joyeuse et irrésistible innocence.

 

VOIR AUSSI une autre vidéo de Thomas Enhco et Vassilena Serafimova

 

 

 

Coffret cd, compte rendu critique. Intégrale Maurice Ravel par Lionel Bringuier (4 cd Deutsche Grammophon)

RAVEL lionel bringuier complete integrale Ravel Yuja wang ray chen review compte rendu critique cd classiquenews 4 cd deutsche grammophon 4795524Coffret cd, compte rendu critique. IntĂ©grale Ravel par Lionel Bringuier (4 cd Deutsche Grammophon). Première saison symphonique de Lionel Brunguier Ă  ZĂĽrich... VoilĂ  une première somme orchestrale dont tout jeune chef pourrait ĂŞtre particulièrement fier, enregistrĂ© par un label prestigieux dont chaque volet enregistrĂ© sĂ©parĂ©ment, compose aujourd’hui cette intĂ©grale captivante. NĂ© niçois en septembre 1986, le maestro français Lionel Bringuier va souffler prochainement ses 30 ans. Et pourtant force est de constater une sensibilitĂ© vive et analytique, douĂ©e de respirations magiciennes dans le sillon tracĂ© par ses prĂ©dĂ©cesseurs, les premiers enchanteurs dĂ©jĂ  collaborateurs de Decca / Philips, Ă  leur Ă©poque, dĂ©fenseurs passionnĂ©s / passionnants d’un rĂ©pertoire romantique et moderne français qui s’affirmait sans qu’il soit besoin d’Ă©taler aujourd’hui presque exclusivement l’argument des instruments d’Ă©poque. La seule sensibilitĂ© instrumentale de chaque tempĂ©rament fĂ©dĂ©rateur, sa science personnelle des nuances et des dynamiques… – les Ansermet, Martinon, Cluytens et hier, Armin Jordan, suffisait alors Ă  dĂ©montrer une maĂ®trise vivante de l’Ă©loquence orchestrale symphonique Ă  la française. Le jeune Bringuier serait-il animĂ© par le mĂŞme souci d’Ă©loquence et de style ?

 

 

A Zurich, directeur musical de la Tonhalle, un chef français rĂ©alise une première intĂ©grale ravĂ©lienne captivante…

Prodiges ravéliens de Lionel Bringuier

 

bringuier tonhalle Bringuier_Lionel__c__Priska_Ke_016d0fd013L’Ă©lève de Zsolt Nagy au Conservatoire de Paris, laurĂ©at du 25ème Concours de Besançon 2005 (grâce Ă  la Valse du mĂŞme Ravel), affirme ici dans les champs ravĂ©liens, une tension ciselĂ©e souvent irrĂ©sistible, mĂŞme si la prise de son trop flatteuse souvent, exacerbe la plĂ©nitude sonore plutĂ´t que sa transparente clartĂ©. Un manque de dĂ©tail et de ciselure arachnĂ©nenne qui ne doit pas ĂŞtre attribuĂ© Ă  la direction fine, articulĂ©e, subtilement dramatique du jeune maestro. Ce sont moins les Concertos pour piano (avec le concours de l’excellente mais un rien trop technicienne pianiste chinoise Yuja Wang en avril 2015) que les pages purement orchestrales, nĂ©cessitant lyrisme, dĂ©tail, feu dramatique qui confirment le tempĂ©rament du directeur musical, assistant de Salonen Ă  Los Angeles (2007), puis chef associĂ© nommĂ© par Gustavo Dudamel.

CLIC_macaron_2014Les 4 cd édités par Deutsche Grammophon regroupent les premières réalisations officielles de Lionel Bringuier comme nouveau directeur musical de la Tonhalle de Zurich, depuis septembre 2014, successeur de David Zinman. Tous, live de septembre 2014 à novembre 2015 montrent la complicité évidente entre chef et instrumentistes. Analysons les apports des cd les plus intéressants.

CD1 : ShĂ©hĂ©razade scintille de lueurs inĂ©dites, roussĂ©liennes, entre tragĂ©die, mystère et texture allusive ; Tzigane souffre d’un trop plein d’ardeur (Ray Chen peu subtil) ; Le tombeau de Couperin en revanche offre un beau festin de couleurs instrumentales.
CD2 : Si le Oncerto pour piano en sol majeur est trop percutant pet pas assez allusif (pianisme incisif de la soliste chinoise, certes prĂ©cise mais peu subtile), les Valses nobles et sentimentales Ă©talent une souple et flamboyante texture ; et Ma Mère l’Oye convoque toute la magie et la nostalgie du Ravel conteur, prophète d’un raffinement et d’une Ă©lĂ©gance exceptionnelle. Lionel Bringuier, ravĂ©lien engagĂ© et soucieux, tisse une Ă©toffe orchestrale des plus soignĂ©es, Ă  la fois, dĂ©taillĂ©e et d’une grande ductilitĂ© expressive.

bringuier lionel chef maestroLe CD 3 montre la direction sous un jour un peu trop dĂ©taillĂ© et prĂ©cautionneuse (dĂ©roulĂ© et continuitĂ© des 4 Ă©pisodes de la Rhapsodie espagnole) ; cependant que Alborada del Gracioco enchante littĂ©ralement ; mais c’est Ă©videmment La Valse – morceau de bravoure qui valut Ă  l’intĂ©ressĂ© son fameux Prix de Besançon et le dĂ©clic pour sa carrière internationale qui s’impose Ă  nous : confirmation d’un beau tempĂ©rament, habile dans le fini instrumental et d’une Ă©coute attentive Ă  la progression enivrante du poème chorĂ©graphique dont il souligne les Ă©clairs mordants, cyniques, l’ivresse Ă©chevelĂ©e, Ă  la fois dĂ©construite et organiquement structurĂ©e. Le travail sur les bois est en particulier flamboyant et magnifiquement ciselĂ© ; on comprend que d’une telle vision / comprĂ©hension, l’Ă©coute en sorte comme saisie par tant de contrastes maĂ®trisĂ©s, jouant sur la volubilitĂ© des instruments et l’Ă©lan collectif comme vĂ©nĂ©neux, emportant vers la transe finale. Un sacre du printemps ravĂ©lien, aux forces chtoniennes soumises au moulinet le plus raffinĂ©. Pour autant la mĂ©canique est idĂ©alement huilĂ©e, dĂ©taille tout… pourtant l’on se dit que si le technicien si douĂ© y mettait la vraie urgence, un feu irrĂ©pressible, la direction en serait non seulement magistrale mais rĂ©ellement captivante… Finalement le maestro qui ne peut que progresser nous promet de futurs accomplissements (Ă  l’opĂ©ra entre autres ? et par Richard Strauss dont les poèmes symphoniques pourraient ĂŞtre bonne amorce..?). De toute Ă©vidence Ă  suivre.

CD 4 : c’est le morceau de bravoure et le lieu des rĂ©vĂ©lations comme des accomplissements s’il y a lieu. Le ballet ici dans son intĂ©gralitĂ©, Daphnis et ChloĂ©, doit d’abord, enchanter, plus instinctif et d’une vibration allusive plutĂ´t que dĂ©crire ou exprimer. L’Ă©noncĂ© est certainement moins murmurĂ© et mystĂ©rieux que Philippe Jordan dans son excellente version parue en 2015, MAIS l’acuitĂ© des arĂŞtes orchestrales, l’intelligence globale, l’hĂ©donisme scintillant, bien prĂ©sent, se rĂ©vèlent malgrĂ© une Ă©toffe sĂ©ductrice souvent entière encore pas assez polie, ni filigranĂ©e, d’une plĂ©nitude amoureuse, manquant parfois et de tension et de lâcher prise. Le jeune chef aurait-il dĂ» encore attendre avant d’enregistrer ce sommet de symphonisme français ? … assurĂ©ment, mais il y reviendra. Car si l’Ă©noncĂ© est parfois trop explicite, et les contours comme les passages pas assez modulĂ©s ni nuancĂ©s (Danse gracieuse de Daphnis… trop claire, trop manifeste, et mĂŞme trop appuyĂ©e ; mĂŞme traits trop Ă©pais et marquĂ©s pour l’enchantement nocturne de Pan qui clĂ´t le premier tableau…), la baguette sait danser, et mĂŞme s’enfoncer dans le mystère, dans l’ivresse infinie, confinant Ă  l’immatĂ©rialitĂ© atmosphĂ©rique. Evidemment emportĂ© par le sens narratif plus facile, le chef rĂ©ussit davantage Danse gĂ©nĂ©rale, Danse grotesque de Dorcon, … tout ce qui rĂ©clame le manifeste et l’expressif (Danse guerrière, Danse suppliante du II…).

 

 

Lionel Bringuier : jeune maestro Ă  suivre

 

 

L’enchantement de l’aube ouvrant le III, manque lui aussi de scintillement mĂŞme si l’on reconnaĂ®t une très belle parure analytique. Le travail est nĂ©anmoins splendide, techniquement et esthĂ©tiquement convaincant, Ă  dĂ©faut d’y contenir ce supplĂ©ment d’âme et de mystère qui font tant dĂ©faut. Si l’on exprime nos rĂ©serves c’est que passionnĂ©s par Ravel comme le chef, nous espĂ©rons que dans un second temps, (prochain?), le maestro nous comble cette fois, au-delĂ  de l’Ă©loquence flamboyante trouvĂ©e ici malgrĂ© son jeune âge. En dĂ©pit de nos rĂ©serves, le contenu de cette première saison zĂĽrichoise de Lionel Bringuier, audacieux defenseur de la musique française s’impose Ă  nous avec force et Ă©clat. MĂŞme s’il y manque la profondeur et la subtilitĂ© espĂ©rĂ©es, le rĂ©sultat est convaincant, prometteur. C’est donc un CLIC d’encouragement et l’espĂ©rance que les prochaines rĂ©alisations iront plus loin encore dans le sens d’une absolue finesse suggestive.

 

 

 

RAVEL lionel bringuier complete integrale Ravel Yuja wang ray chen review compte rendu critique cd classiquenews 4 cd deutsche grammophon 4795524CD, coffret Maurice Ravel : intégrale des œuvres orchestales / complete orchestral Works. Lionel Bringuier. Tonhalle-Orchester Zürich (avec Yuja Wang, piano ; Ray Chen, violon) / 4 cd Deutsche Grammophon, live 2014-2015). CLIC de CLASSIQUENEWS.

CD, coffret événement, annonce. Leonard Bernstein collection II (64 cd Deutsche Grammophon)

bernstein collection part two review presentation account of classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS 1507-1CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. Leonard Bernstein collection II (64 cd Deutsche Grammophon). Avant le centenaire Bernstein (2018), Deutsche Grammophon publie un somptueux coffret grand format (format d’un ancien vinyle), en rĂ©alitĂ© le second (le volume I Ă©tait paru en 2014), cette fois dĂ©diĂ© au legs surtout symphonique (mais pas que…) du chef amĂ©ricain, rĂ©putĂ© pour l’engagement de sa direction, sa facultĂ© Ă  emporter le collectif qu’il dirige au delĂ  d’une simple rĂ©alisation : la transe, le dĂ©passement, l’ivresse sont souvent les offrandes habituelles d’une sensibilitĂ© irrĂ©sistible capable d’Ă©lectriser les musiciens avec lesquels il a su cultiver un lien particulier. Le coffret rĂ©unit les enregistrements Decca de 1953, reliĂ©s Ă  sa profonde affection pĂ©dagogique, destinĂ©s Ă  diffuser les grands cycles symphoniques pour le plus grand nombre (Eroica de Beethoven, PathĂ©tique de Tchaikovski, Nouveau Monde de Dvorak… autant de dĂ©fis pour tous les chefs symphonistes).

Mahler, Sibelius, Tchaikovsky… by Leonard Bernstein

Testament symphonique de Lenny

L’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler avec le Wiener Symphoniker (qui dans les annĂ©es 1970 ne connaissait absolument pas l’Ă©criture symphonique de celui qui avait pourtant dirigĂ© l’OpĂ©ra de Vienne…), plusieurs Symphonies de Mozart (Linz, Haffner, les 3 dernières…), de Tchaikovski, l’immense testament Sibelius (chapitre majeur de son propre parcours : symphonies 1, 2, 5 et 7), et tout un volet Stravinsky complètent avantageusement le recueil, sans omettre l’Ĺ“uvre du Bernstein compositeur grâce aux extraits du ballet Fancy Free et la comĂ©die musicale On the town qui en a dĂ©coulĂ©… Bernstein pianiste est aussi Ă©voquĂ© dans le Concerto pour piano en sol majeur de Ravel, jouĂ©/dirigĂ© avec les Wiener Symphoniker.

 

 

 

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Dans un article passionnant recueillant certaines confessions intimes du chef compositeur, le profil et la quĂŞte de sens de celui qui avait le goĂ»t des autres parce qu’il dĂ©testait la solitude, se prĂ©cise. Il y est aussi question de son identitĂ© juive, capable d’oubli et de pardon, en dirigeant une phalange qui Ă©tait composĂ©e d’anciens nazis et de SS repentis… que Solti, autre chef juif a bien connu (c’est d’ailleurs lui qui encourage Bernstein Ă  ne pas abandonnĂ© le travail dĂ©diĂ© aux symphonies de Mahler avec la Philharmonie de Vienne ; tout un symbole…).

CLIC_macaron_2014Enfin Deutsche Grammophon ajoute deux opĂ©ras intĂ©gralement dĂ©voilĂ©s : La Bohème de Puccini et Tristan und Isolde de Wagner (1981), oĂą la force du chant orchestral se montre lĂ  encore, fruit d’un travail d’approfondissement poĂ©tique, passionnant.

 

 

Critique complète et développée du coffret LEONARD BERNSTEIN COLLECTION II à venir dans le mag cd, dvd livres de classiquenews.com

CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. Leonard Bernstein collection II (64 cd Deutsche Grammophon). CLIC de classiquenews d’avril 2016.

ANALYSE du contenu du coffret LEONARD BERNSTEIN Collection II :

Le coffret offre le legs symphonique de Leonard Bernard en 4 lots : 

  • le premier lot regroupe l’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler rĂ©alisĂ©e entre 1974 et 1988, avec 4 orchestres : le Berliner Philharmoniker (n°9, 1979), le Concertgebouw d’Amsterdam (n°1 et n°4, 1987 ; n°9, 1985) ; le New York Philharmonic (n°2, 3 et 7, 1985 et 1987); enfin les Wiener Philharmoniker (n°5, 1987 ; n°6, 1988 ; n°8, live de Salzbourg 1975 et n°10, 1974).
  • le lot 2, complète le cycle mahlĂ©rien avec Das lied von der Erde, 1966 ; Das Knaben wunderhorn, 1987 ; Kindertotenlieder, RĂĽckert-lieder 1988 ; ajoute les Mendelssohn (Symphonies n°3, 4, et 5 avec le Philharmonique d’Israel, 1978, 1979), et tout un cycle Mozart avec 2 orchestres : Wiener Philharmoniker (Symphonies 25, 29, 35, 36, 38, 39, 40 et 41, 1981-1987 ; Concerto pour piano K 450, 1966), orchestre de la Radio Bavaroise (Grande Messe en ut KV 427, 1990 ; Requiem, 1988); sans omettre, l’opĂ©ra intĂ©gral LA BOHEME de Puccini (Rome, Accademia Santa Cecilia, juin 1987).
  • le lot 3 Ă©voque l’extension du rĂ©pertoire symphonique explorĂ© par le chef amĂ©ricain. Ses Schubert (Symphonies 5,8, 9 avec le Concertgebouw Amsterdam, 1987) ; Schumann (Symphonies 2, 3 et 4, Concerto pour violoncelle avec Masha Maisky, avec les Wiener Philharmoniker, 1984-1985) ; Shostakovitch (Symphonies 1, 7 « Leningrad », 1988 avec le Chicago Symph. Orchestra ; Symphonies 6 et 9, Wiener Phil. 1985) ; Sibelius (magistrales Symphonies 1, 2, 5 et 7, Wiener Philh. 1986, 1987, 1990, cycle DG qui complète avantageusement les bandes SIBELIUS / Sony (de 1960-1966 avec le Philharmonic de New York, remastĂ©risĂ©es) rĂ©cemment publiĂ©es sous la forme d’un coffret lui aussi Ă©vĂ©nement) ; la seule coopĂ©ration enregistrĂ©e avec le National de France en mai 1987 (Richard Strauss : extraits de SalomĂ© avec Montserrat CaballĂ©) ; enfin le cycle Stravinsky avec le Philhamronique d’IsraĂ«l : L’oiseau de feu, la suite Pulcinella, 1984 ; PĂ©trouchka, scènes de ballet (1982) ; Le Sacre du printemps (1982) ; Symphonies (1982-1984), complĂ©tĂ©s par Les Noces et la Messe (English Bach Festival, mars 1977).

 

  • bernstein collection part two review presentation account of classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS 1507-1Enfin le lot 4 parachève le corpus (cd 49-64) : soulignant l’ouverture du chef symphoniste, pĂ©dagogue et passeur auprès du plus grand nombre ; ainsi en tĂ©moignent les 4 bandes enregistrĂ©es avec le Stadium concerts Symphony orchestra (avec analyses du maestro lui-mĂŞme) : enregistrements de 1953, analyses Ă©ditĂ©es ensuite en 1956 et 1957, Ă  savoir : les sommets du romantisme symphonique capables de sĂ©duire le très grand public, Symphonie n°2 de Schumann, Symphonie n°3 Eroica de Beethoven, Symphonie n°4 de Brahms, Symphonie n°5 de Dvorak « Du Nouveau Monde », enfin la 6ème de Tchaikovski « PathĂ©tique ». Le cycle de 4 est d’autant plus marquant que l’époque est alors aux prises stĂ©rĂ©o particulièrement sĂ©ductrices et attractives (cd 59-63). Le lot 4 comprend aussi, le cycle TCHAIKOVSKI de Bernstein rĂ©alisĂ© avec deux orchestres : le New York Philh (Symphonies 4,5, 6, 1986-1989), le Philharmonique d’IsraĂ«l (Romeo et Juliette / Francesca da Rimini, 1978 ; Hamlet, Capriccio italien, Ouverture de 1812, 1984) ; le dernier recueil discographique comprend aussi le Concerto pour violoncelle de Dvorak toujours avec Misha Maisky, juin 1988) ; enfin le cycle ajoute la 2ème intĂ©grale lyrique de la Collection II : Tristan und Isolde de Wagner (Peter Hofmann / Hildegard Behrens, Hans Sotin… avec l’Orchestre de la Radio Bavaroise, live rĂ©alisĂ© Ă  Munich en 1981). Sans omettre, l’autre apport, l’un des plus anciens du lot discographique, les bandes live de 1944 et 1945, alors en pleine fin de guerre, d’après Fancy Free et On the town (extraits, sĂ©lections) dont parmi le cast Billy Holiday… Un must absolu qui s’inscrit aussi dans l’esthĂ©tique de l’AmĂ©rique au moment de la libĂ©ration.

 

 

 

CD, coffret Narcisso Yepes : The complete Concertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon)

yepes narcisso cd deutsche grammophon complete concertos recordings review compte rendu annonce critique classiquenews 028947954675-Cvr_n-240x240CD, coffret Narcisso Yepes : The complete COncertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon). Décédé en mai 1997, le guitariste espagnol (né à Lorca en novembre 1927) Narcisso Yepes, incarne l’âge d’or de la guitare classique que Deutsche Grammophon a accompagné pendant plus de 20 années, en particulier de 1969 à 1979, soit une décennie parmi ses meilleures années comme interprète. Quadra puis quinqua, Yepes, ancien élève musicien au Conservatoire de Valence et d’origine plutôt modeste, se révèle subtile concertiste, soucieux de mettre en lumière une technicité souple et éloquente que son jeu précis, rond, chaleureux enrichit, en particulier dans plusieurs Concertos créés pour lui, et des transcriptions d’après Vivaldi (initialement pour luth), Granados, Falla, Albéniz (initialement pour piano)… entre autres. Le film Jeux interdits (René Clément, 1952, Narcisso Yepes a alors 25 ans et incarne la nouvelle génération d’interprète) le propulse internationalement, en particulier grâce à la pièce de Fernando Sor, à peine remanié. La musique angélique irradiante lumineuse exprime la tendresse d’une enfance sacrifiée sur l’autel de la guerre et de la barbarie humaine, enfance de la très jeune orpheline Paulette (5 ans) dont les parents on été mitraillés dans un convoi sur une route de la France de l’Exode de 1940… L’énergie palpitante du jeu de Yepes traduit magnifiquement la poésie pure, pleine d’espérance comme de blessures que le film de René Clément communique. Hélas pas de Jeux Interdits dans le coffret mais le Concerto de Rodrigo saura tout autant traduire et transmettre le feu pudique d’un Yepes souverain en son style.

Guitare concertante chez Deutsche Grammophon : 1969-1979

Narcisso Yepes, la probité de l’art

CLIC D'OR macaron 200Celui qui inaugura sa carrière officielle sous la direction du chef Ataulfo Argenta (l’élève de Karl Schuricht et qui crĂ©a l’orchestre de chambre de Madrid en 1949), dans le fameux Concerto d’Aranjuez de Joaquin Rodrigo, – ample concerto nĂ©obaroque et rĂ©solument mĂ©ditatif et chambriste si proche du tempĂ©rament naturel de Yepes (pièce prĂ©sente ici dans deux enregistrements, celui inaugural de mai 1969 puis celui plus tardif qui clĂ´t le cycle, rĂ©alisĂ© Ă  Londres en avril 1979), s’affirma surtout pour la grande technicitĂ© avec laquelle il s’était rendu maĂ®tre de sa guitare Ă  10 cordes. Un instrument que Maurice Ohana a mis en scène dans le fameux Concerto (Tres graficos / Trois graphiques pour guitare et orchestre-) composĂ© spĂ©cialement pour le guitariste et ici enregistrĂ© avec le LSO et Rafael FrĂĽbeck de Burgos en janvier 1975).

Yepes-Narciso-16Le coffret édité par Deutsche Grammophon réunit en 5 cd l’intégralité de ses enregistrements de concertos effectués entre 1969 et 1979. Outre le Rodrigo de 1969, distinguons surtout les Concertos de Giuliani (1977), Bacarisse/Halffter (1972), Ruiz-Pipo (1975), Villa-Lobos et Castel Nuoco-Tedesco (1976), auxquels le Concerto d’Aranjuez de Rodrigo (enregsitré deux fois, à 10 années d’intervalle) apporte un complément plus méditatif et atemporel. Tout l’art de Narcisso Yepes est là, concentré dans ce condensé de musique baroque, néo baroque, et contemporaine : concentration mesurée, et sonorité limpide, aux côtés d’une digitalité précise voire arachnéenne. Et toujours sur chacune des pochettes de cette collection choisie, le visage concentré, simple d’un homme mûr quasi chauve, dont les yeux en forme de sourire se cachent derrière de grosses lunettes… Yepes c’est la probité de l’art, qui n’a besoin ni du masque séducteur de la jeunesse, ni d’un effet marketing décalé pour affirmer sa souveraine musicalité. Modestie et mise sans prétention d’un immense interprète. Coffret événement.

CD, coffret Narcisso Yepes : The complete Concertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016.

LIRE aussi la présentation du coffret Narcisso Yepes sur le site du Club Deutsche Grammophon :

CD coffret, compte rendu critique. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon)

deutsche grammophon mono era coffret box announce compte rendu critique review classiquenews the mono era 1948 - 1957CD coffret, compte rendu critique. THE MONO ERA (51 cd Ă©dition limitĂ©e Deutsche Grammophon). DĂ©buts monographiques. C’est un peu Deutsche Grammophon avant Deutsche Grammophon… A l’Ă©poque oĂą la prestigieuse marque jaune lance ses premiers microsillons (33 tours vinyles), au dĂ©but des annĂ©es 1950, la pĂ©riode est Ă  l’Ă©dification de son catalogue : dĂ©velopper une offre riche et diversifiĂ©e, en prenant en compte les diffĂ©rents profils artistiques approchĂ©s et fidĂ©lisĂ©s. Le marketing comme actuellement n’est pas aussi dĂ©veloppĂ© mais l’intuition des responsables du label impose une exigence dès les origines. C’est l’enjeu de ce coffret en 51 cd en Ă©dition limitĂ©e qui publiĂ© sous le titre de “L’ERE MONO” (The mono era) regroupe quelques uns des enregistrements d’alors, les plus significatifs de cette ère originelle, soit juste après la guerre, entre 1948 et 1957. Surfant sur la nouvelle avancĂ©e technologique de l’enregistrement (microsillons), le label impose peu Ă  peu ses tulipes stylisĂ©es (Ă  partir de 1949), comme sa couleur solaire (mais sous la forme d’une large rayure verticale jaune centrĂ©e sur la couverture, avant qu’elle ne soit ensuite placĂ©e en haut et horizontalement). Le coffret Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon donne une indication des choix artistiques Ă  la fin des annĂ©es 1940.

DG après guerre : premiers monos (1948-1957)

Avant la guerre, Polydor avait affirmĂ© avec austĂ©ritĂ© ses bandes publiĂ©es en 78 tours (Ă  partir de 1949). Après la guerre DGG, Deutsche Grammphon Gesellschaft, impose son ambition de qualitĂ©, en jaune, dĂ©diĂ©e surtout au piano, aux programmes symphoniques, (rĂ©vĂ©lant dĂ©jĂ  l’excellence des orchestres internationaux), mais aussi Ă  la musique de chambre et Ă  l’opĂ©ra, sans omettre l’Ă©criture chorale. Parallèlement Ă  la musique ancienne (surtout prĂ©romantique), Ă©ditĂ© par le label Archiv Produktion (tout en argent dès 1947), le “grand rĂ©pertoire” (dont les contes parlĂ©s) est confiĂ© Ă  DGG et sa parure jaune, dès 1946. Pionnier, le Quatuor Amadeus fait paraĂ®tre dès 1949, le Quatuor en sol majeur de Schubert en trois 78 tours… mais les premiers albums microsillons sortent vĂ©ritablement en 1951 avec leur couverture arborant une large bande vertical jaune d’oĂą se dĂ©tache la marque couronnĂ©e de son bouquet de tulipes stylisĂ©es – 23 tulipes banches au total- ; ainsi les Amadeus pour le nouveau support enfin commercialisĂ©, rĂ©enregistrent l’Ĺ“uvre D887 en 1951 (cd1), auparavant les membres du Quatuor Koeckert enregistrent le Quatuor amĂ©ricain de Dvorak opus 96 dès novembre 1950 Ă  Hanovre (cd 28)… Et l’un des premiers enregistrements fondateurs de DGG reste Tsar et charpentier d’Albert Lortzing de septembre et octobre 1952 (Orchestre de Stuttgart dirigĂ© par Ferdinand Leitner), ici Ă©ditĂ© en première mondiale (cd 22 et 23, solide distribution, direction fluide et vivante de Leitner). En 1953 sort le premier 45 tours, idĂ©al pour les rĂ©citals lyriques ou les Ĺ“uvres plus courtes. Tout cela dynamise un marchĂ© naissant et florissant oĂą après la guerre, tout est Ă  reconstruire.

deutsche grammophon coffret box the mono era 51 cd review announce compte rendu critique classiquenewsUn rĂ©seau d’artistes et d’interprètes participent alors Ă  l’Ă©dification du premier catalogue DGG : les orchestres germaniques Ă©videmment ; Bamberg juste composĂ© en 1946, Berlin, Stuttgart, surtout le nouvel orchestre de la Radio Bavaroise d’Eugen Jochum, crĂ©Ă© en 1949 et dont tĂ©moignent les cd 20 et 21 (Symphonies de Mozart et Beethoven, de 1951-1955 : frappantes par leur Ă©nergie, mais la grâce fluide subtile d’un Krips en moins – Te Deum de Bruckner en 1950 ; DGG enregistre aussi la Philharmonie Tchèque et ici Karel Ancerl, passĂ©s Ă  l’Ouest (entre autres, dans un Chostakovitch âpre, brĂ»lĂ© – Symphonie n°10 opus 93 de 1956)… En 1952, la productrice Elsa Schiller règne sans partage imposant une direction clairement structurĂ©e oĂą pèsent les figures des pianistes (elle-mĂŞme jouait du clavier), tels que Kempff (ayant pactisĂ© avec les nazis, et artistes dĂ©jĂ  ancien), Elly Ney, Conrad Hansen, les polonais Stefan Askenaze, Halina Czerny-Stefanska, le volubile Shura Cherkassky (Concertos de Tchaikovski, cd5, 1952-1957), Monique Haas, Clara Haskil, Adrian Aeschbacher, et surtout Sviastoslav Richter, Ă©lectrique / cinglant, percussif (dĂ©buts discographiques avec son rĂ©cital Schumann : Waldszenen opus 82 et extraits de FantasiestĂĽcke opus 12, de 1957).

CLIC_macaron_2014L’IDEAL en MONO. La prise mono de DGG est assurĂ©e par un micro situĂ© 3m au dessus de la tĂŞte du chef, plus un 2ème micro pour capter l’espace de la salle. Cette esthĂ©tique peaufinĂ©e, fixĂ©e dans le courant des annĂ©es 1950 et autoproclamĂ©e “parfaite”, entre “art et technologie” dĂ©fendue par la DGG est parfaitement incarnĂ©e par le geste efficace du chef Ferdinand Leitner, artisan d’une solide vitalitĂ© dans l’opĂ©ra de Lortzing dĂ©jĂ  citĂ© et les Symphonies RhĂ©nane de Schumann et Ecossaise de Mendelssohn (cd 31, de 1954 et 1955). Un standard typique de l’Ă©poque. MĂŞme Ă©quilibre convaincant dans les Symphonies La Grande D 944 de Schubert et n°88 de Haydn enregistrĂ©es par Wilhelm Furtwangler Ă  Berlin en dĂ©cembre 1951 (et le Berliner Philharmoniker) : d’un souffle tout olympien, Ă  la fois puissant et profond, d’une urgence grandiose unique.

Surprises et dĂ©couvertes pour beaucoup, les lectures symphoniques suivantes, autres arguments du prĂ©sent coffret inestimable : 2ème de Brahms et Variations et Fugue d’après Mozart de Reger par le chef Karl Boehm (Berliner Philharmoniker, cd4) ; Les (autres) Variations de Reger d’après Hiller par le chef Paul Van Kempen (cd25) ; les dĂ©buts du jeune Lorin Maazel, de mars Ă  juin 1957, dans un programme intense et dramatique, d’une furieuse vitalitĂ© quasi fĂ©line et enivrĂ©e (Berlioz), entièrement dĂ©diĂ© au mythe des amants tragiques RomĂ©o et Juliette : Berlioz, Tchaikovsky, Prokofiev (Berliner Philharmoniker, cd 34) ; Paul Hindemith par lui-mĂŞme, le chef jouant le compositeur dans le cd17 : Symphonie Mathis le peintre, Les Quatre tempĂ©raments, Symphonie MĂ©tamorphoses d’après Weber (Berliner Philharmoniker, ).


fricsay ferenc deutsche grammophon classiquenews review critique cd ferenc_fricsay2-max_jacoby_dgFleurons du coffret
: les prĂ©sence du baryton Dietrich Fisher Dieskau, timbre de miel (lieder de Wolf, Brahms, Schumann, dĂ©buts discographiques de, respectivement 1951, 1954 et 1957), et du chef Ferenc Fricsay, tous deux signĂ©s en 1949 par la DGG. La verve et l’Ă©loquence ciselĂ©e, finement habitĂ©e de Fricsay captivent dans les cd 10 (facĂ©tieux, pĂ©tillant Rossini de La boutique fantasque puis la sensuelle Scheherazade de Rimsky, deux enregistrements Ă  Berlin de 1955 et 1957) et cd 11 (fameux Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© avec Rita Streich de 1951 avec le Berliner Philharmoniker)…

markevitch deutsche grammophon creation hadyn oratorio deutsche grammophon review cd critique classiquenews Igor-Markevitch.Majeure aussi Ă  notre avis, – et Ă©ditĂ©e en première mondiale ici : La CrĂ©ation de Haydn dirigĂ©e par Igor Markevitch avec le Berliner Philharmoniker et Irmgard Seefried (Eve; Gabriel, et ses deux partenaires ne sont pas si mal : la basse Kim Borg en Adam / Raphael ; le tĂ©nor Richard Holm en Uriel – CD 37 et 38), enregistrĂ©e Ă  Berlin, Ă©glise JĂ©sus Christ en mai 1955 : travail en finesse et très imaginatif du chef, exploitant toutes les ressources de l’orchestre, dans un son presque spatialisĂ© et pour du mono, rĂ©ellement impressionnant : soit une prise Ă  la mesure du sujet… Ă©pique / cosmique. Tout le trait vif, acĂ©rĂ© du pĂ©nĂ©trant Markevitch s’Ă©coute ici avec un sens du drame franc, direct mais subtil.

Autres arguments du coffrets : la 2ème de Rachmaninov par l’assistant du mythique Mravinsky, Kurt Sanderling (cd45, Philharmonique de Leningrad, 1956)

streich-rita-soprano-deutsche-grammophon-soprano-review-critique-cd-classiquenews-the-mono-era-classiquenews-CLIC-de-classiquenewsLa musique française et les interprètes français sont prĂ©sents en ces annĂ©es de guerre froide : Ă©coutez le pĂ©tulant Markevitch avec l’Orchestre Lamoureux dans la Symphonie Haffner de Mozart (cd36); surtout le Quatuor Lowenguth (Alfred Lowenguth, premier violon), dans un rĂ©cital exclusivement romantique français, ici publiĂ© en première mondiale (Quatuors exceptionnellement ciselĂ©s de Debussy, Ravel de 1953, et surtout Albert Roussel, enregistrĂ© dès 1950).

stader maria deutsche grammophon the mono era review critique cd classiquenewsLes chanteurs et l’opĂ©ra ne sont pas omis dans cette Ă©vocation historique : prises dĂ©sormais lĂ©gendaires, celles de la soprano Maria Stader (CD46) dans Mozart (Exsultate jubilate, voix angĂ©lique, finement nasalisĂ©e comme le fut aussi une Schwarzkopf, avec suffisamment de fragilitĂ© pour vibrer avec justesse, – un angĂ©lisme que sa Konstanz de l’Enlèvement au sĂ©rail colore d’accents plus fièvreux et dramatiques, âme juste et pure, sous la direction de Ferenc Fricsay et son orchestre RIAS Orchester Berlin, en janvier et mai 1954) ; le rĂ©cital lyrique et symphonique de la lumineuse et stratosphĂ©rique Rita Streich (cd47) (Mozart, Rossini, Donizetti, Weber, Verdi… compilation de prises diverses rĂ©alisĂ©es entre 1953 et 1958 ; ce sont aussi, les (immenses et lĂ©gendaires) chanteurs wagnĂ©riens en 1954 et 1955 : Astrid Varnay (BrĂĽnnhilde) et le tĂ©nor incandescent Wolfgang Windgassen (Siegmund, Siegfried), orchestre de la Radio Bavaroise (cd48) ; on retrouve le fabuleux tĂ©nor, timbre intense et fin, musicalement idĂ©al, d’un hĂ©roĂŻsme acĂ©rĂ© dans un album Wagner (cd49), rĂ©sumant son Ă©clatante carrière ici windgassen tenor wagner Wolfgang Windgassen 1914-1974 deutsche grammophon the mono era critique cd review classiquenewsentre 1953 et 1956 (Rienzi, Tristan, Siegfried, Parsifal, Lohengrin, TannhaĂĽser, Walther des MaĂ®tres Chanteurs : une leçon d’ardente finesse oĂą le chant wagnĂ©rien Ă©tait théâtre et phrasĂ©s avant d’ĂŞtre (comme trop souvent aujourd’hui), projection hurlante. La direction affĂ»tĂ©e et sans lourdeur de Ferdinand Leitner (avec les Symphoniques de Bamberg et de MĂĽnich) ajoute aussi Ă  ce somptueux accomplissement que tous les wagnĂ©ristes autoproclamĂ©s devraient Ă©couter et rĂ©Ă©couter : Wunderlich par son style racĂ©, cet hĂ©roisme acĂ©rĂ©, vif argent est un helden tĂ©nor wagnĂ©rien de premier intĂ©rĂŞt. Inoubliable prĂ©sence de l’acteur (son Tristan de 1953 est Ă  ce titre stupĂ©fiant)… qui fait regretter la durĂ©e trop chiche de chaque sĂ©quence : le travail sur la gradation dramatique et psychologique de chaque personnage aurait mĂ©ritĂ© des pistes plus longues, plus respectueuses d’une incarnation millimĂ©trĂ©e.

BĂ©mol : mâte et tendue, la sonoritĂ© âpre ne rend pas rĂ©ellement service aux prises de Hans Rosbaud dirigeant le Berliner Philharmoniker (Concertos pour violon de Mozart avec en soliste Wolfgang Schneiderhan, en 1956) ; ses Haydn (Symphonies Oxford et Londres, cd44 en 1957 sont plus intĂ©ressantes : autour du Viennois, l’orchestre travaille un son, une transparence plus ambivalente (l’humour et l’Ă©lĂ©gance). Fischer-Dieskau, Fricsay, Markevitch, le jeune Maazel, Stader, Streich et Wunderlich, le son des orchestres allemands d’après guerre… tout cela constitue un premier hĂ©ritage unique voire exceptionnel, et mĂŞme en prise mono, parfaitement audibles, voire dĂ©taillĂ©s et d’une indiscutable prĂ©sence Ă  l’Ă©coute. Coffret Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier et mars 2016.

CD coffret, compte rendu critique. THE MONO ERA (51 cd Ă©dition limitĂ©e Deutsche Grammophon). CLIC de CLASSIQUENEWS.COM de fĂ©vrier et mars 2016. Illustrations : Ferenc Fricsay, Igor Markevitch, Rita Streich, Maria Stader et Wolfgang Windgassen ‘DR)

 

CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon)

deutsche grammophon mono era coffret box announce compte rendu critique review classiquenews the mono era 1948 - 1957CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd Ă©dition limitĂ©e Deutsche Grammophon). MONO LEGENDAIRE. Il fut un temps (premier, pionnier) oĂą l’illustre label jaune enregistrait alors en… mono. Mais ce que l’on perd en prouesse technologique et sonore est compensĂ© ici en justesse et raffinement de l’interprĂ©tation car nous voici propulsĂ©s dans les annĂ©es d’après guerre (dès 1948) et jusqu’en 1957, soit les annĂ©es fastes artistiquement oĂą Deutsche Grammophon (alors DGG pour Deutsche Grammophon Gesellschaft) construit alors son catalogue avec le concours de tempĂ©raments dont les noms aujourd’hui citĂ©s, donnent le vertige. Une Ă©poque oĂą l’esthĂ©tique exigeante de la rĂ©alisation discographique signifiait d’abord, un aboutissement ou un accomplissement, le fruit de travail et de rĂ©flexion patiemment mĂ»ri (Ă  mille lieues des coups marketing actuels oĂą martelant un jeunisme aigu, on souhaite toujours nous imposer un talent inĂ©dit, nouveau, ignorĂ©, sorti d’on ne sait oĂą !!!, effet d’annonce qui retombe bien souvent comme un mauvais soufflĂ©). Le coffret qui n’aurait pu ĂŞtre qu’une compilation de dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©/publiĂ©, rassemble ici près de 17 enregistrements inĂ©dits exhumĂ©s pour la première fois (insondable richesse des archives Deutsche Grammophon).

Magie intemporelle des premiers microsillons

deutsche grammophon coffret box the mono era 51 cd review announce compte rendu critique classiquenewsQuand les disques vinyles DGG (Deutsche Grammophon Gesellschaft) Ă©taient mono… Tous les programmes sont Ă©ditĂ©s avec leur pochette d’origine (visuel de couverture uniquement ; le dos souvent gĂ©nĂ©reusement documentĂ©/renseignĂ© mais illisible, n’est pas concernĂ©). C’est l’Ă©poque primitive des premiers microsillons 33 tours classiques, contraints Ă  la durĂ©e rĂ©glementaire par face concernĂ©e. Le livret richement illustrĂ© sur papier de qualitĂ©, prĂ©cise le contexte historique, esthĂ©tique, technologique d’alors, grâce Ă  la publication d’un texte Ă©ditĂ© par DG, pour sa communication interne, juste après la Foire de DĂĽsseldorf en septembre 1951.

CLIC_macaron_2014Parmi les musiciens, chanteurs, instrumentistes et chefs prĂ©sents dans le coffret : Ferenc Fricsay, Wilhelm Furtwängler, Wilhelm Kempff, David Oistrakh, Sviatoslav Richter, Cherkassky, Karel Ancerl, Fricsay, Furtwängler, Kempff, Oistrakh, Richter, Cherkassky, Ancerl, Fischer-Dieskau (his debut recording), Haskil, Hindemith, Jochum, van Kempen, Markevitch, Martzy, Wolfgang Windgassen and Astrid Varnay, Clara Haskil, Paul Hindemith, Eugen Jochum, van Kempen, Ferdinand Leitner (intĂ©gral de l’opĂ©ra Le Tsar et le charpentier de Lortzing de 1952),  Lorin Maazel, Igor Markevitch, Martzy, Hans Rosbaud, les chanteurs Maria Stader,  Wolfgang Windgassen, Astrid Varnay, Dietrich Fischer-Dieskau (ses premiers enregistrements : lieder de Brahms, WOlf, Schumann)…  Tous les programmes et enregistrements sont prĂ©sentĂ©s de façon alphabĂ©tique au nom des interprètes dont ils tĂ©moignent de la sensibilitĂ© comme de l’engagement artistique… Prochaine critique, compte rendu complet et dĂ©veloppĂ© du coffret THE MONO ERA, 51 cd Deutsche Grammophon / 1948 – 1957, dans la mag CD DVD LIVRES de classiquenews.com

CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016. Parution annoncée : le 19 février 2016. En lire + sur le site du Club Deutsche Grammophon / page dédiée : The Mono Era by Deutsche Grammophon

Collection de contes musicaux légendaires : Raconte-moi en musique

Raconte-moi_rectoCD, coffret Ă©vĂ©nement. Raconte moi en musique. Deutsche Grammophon imagine un coffret de 4 cd regroupant les plus belles histoires en musique qui raconte surtout l’aventure des instruments de l’orchestre. Le cycle de rĂ©Ă©dition comprend contes musicaux, Ballet pour enfants, opĂ©ra contĂ©… une immersion opportune dans l’univers irrĂ©sistible des histoires en musique pour petits et grands. C’est un coffret idĂ©al pour les parents soucieux d’initier leurs chères tĂŞtes blondes Ă  l’univers de la musique classique, des instruments, de l’orchestre (tout en s’initiant eux-mĂŞmes). Y paraissent des contes musicaux oĂą la musique accompagne l’action (L’Histoire de Babar de Poulenc, dite par Jeanne Moreau ; ou La BoĂ®te Ă  joujoux de Debussy, version pour piano) ; il y a en particulier les textes spĂ©cialement Ă©crits pour prĂ©senter les instruments de l’orchestre oĂą chaque instrument est le personnage de l’histoire : l’extraordinaire “Piccolo, saxo et compagnie” (ou la petite histoire d’un grand orchestre… lequel comprend la famille des saxophones, protagonistes d’une odyssĂ©e dĂ©jantĂ©e poĂ©tique), et aussi Variations et Fugue sur un thème de Purcell de Britten, partition dirigĂ©e, rĂ©citĂ©e par le chef Lorin Maazel. Il y a enfin un opĂ©ra contĂ© (La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart prĂ©sentĂ©e et jouĂ©e par de nombreux comĂ©diens dont Claude Riche en narrateur).

Contes enchantés

Notre prĂ©fĂ©rence va au Carnaval des animaux dit par la subtile et enchantĂ©e Mireille, et au Pierre et le loup, inusable fĂ©erie Ă  la fois terrifiante et drĂ´le signĂ©e de Prokofiev, racontĂ© par un Charles Aznavour d’une rare finesse ; c’est un incroyable comĂ©dien, comme Peter Ustinov pour Piccolo, saxo et compagnie… Mireille, Aznavour, Ustinov… 3 magiciens pour des histoires irrĂ©sistibles au charme lĂ©gendaire. Deutsche Grammophon a eu le nez fin de regrouper ces 7 histoires en musique en un coffret incontournable. Les plus jeunes dĂ©couvriront la magie des instruments, et leurs parents comme les mĂ©lomanes avertis redĂ©couvriront la sĂ©duction de comĂ©diens qu’inspirent des textes et des musiques qui rĂ©ussissent la fusion du texte et de la musique. Ce coffret est un must absolu ; la mine contenant pĂ©pites et joyaux dont a rĂŞvĂ© tout parent pour son enfant, tout mĂ©lomane exigeant, nostalgique de son âme d’enfant. D’autant que les versions regroupent aussi des chefs très affĂ»tĂ©s : Claudio Abbado, Ferenc Fricsay, Semyon Bychkov, Lorin Maazel, et les pianistes Jean-Marc Luisade et Alberto Neuman… Opportune rĂ©Ă©dition.

CLIC_macaron_2014RACONTE-MOI en MUSIQUE. Coffret de 4 cd Deutsche Grammophon, coup de cœur de la Rédaction de classiquenews, CLIC de CLASSIQUENEWS de février 2016. LIRE notre grande critique dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews. Parution : le 12 février 2016.

raconte moi en musique critique review compte rendu classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS fevrier 2016 Classique_Enfants_présentation-1024x644

Coffret événement : Raconte-moi en musique (4cd Deutsche Grammophon)

Raconte-moi_rectoCD, coffret Ă©vĂ©nement. Raconte moi en musique. Deutsche Grammophon imagine un coffret de 4 cd regroupant les plus belles histoires en musique qui raconte surtout l’aventure des instruments de l’orchestre. Le cycle de rĂ©Ă©dition comprend contes musicaux, Ballet pour enfants, opĂ©ra contĂ©… une immersion opportune dans l’univers irrĂ©sistible des histoires en musique pour petits et grands. C’est un coffret idĂ©al pour les parents soucieux d’initier leurs chères tĂŞtes blondes Ă  l’univers de la musique classique, des instruments, de l’orchestre (tout en s’initiant eux-mĂŞmes). Y paraissent des contes musicaux oĂą la musique accompagne l’action (L’Histoire de Babar de Poulenc, dite par Jeanne Moreau ; ou La BoĂ®te Ă  joujoux de Debussy, version pour piano) ; il y a en particulier les textes spĂ©cialement Ă©crits pour prĂ©senter les instruments de l’orchestre oĂą chaque instrument est le personnage de l’histoire : l’extraordinaire “Piccolo, saxo et compagnie” (ou la petite histoire d’un grand orchestre… lequel comprend la famille des saxophones, protagonistes d’une odyssĂ©e dĂ©jantĂ©e poĂ©tique), et aussi Variations et Fugue sur un thème de Purcell de Britten, partition dirigĂ©e, rĂ©citĂ©e par le chef Lorin Maazel. Il y a enfin un opĂ©ra contĂ© (La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart prĂ©sentĂ©e et jouĂ©e par de nombreux comĂ©diens dont Claude Riche en narrateur).

Contes enchantés

Notre prĂ©fĂ©rence va au Carnaval des animaux dit par la subtile et enchantĂ©e Mireille, et au Pierre et le loup, inusable fĂ©erie Ă  la fois terrifiante et drĂ´le signĂ©e de Prokofiev, racontĂ© par un Charles Aznavour d’une rare finesse ; c’est un incroyable comĂ©dien, comme Peter Ustinov pour Piccolo, saxo et compagnie… Mireille, Aznavour, Ustinov… 3 magiciens pour des histoires irrĂ©sistibles au charme lĂ©gendaire. Deutsche Grammophon a eu le nez fin de regrouper ces 7 histoires en musique en un coffret incontournable. Les plus jeunes dĂ©couvriront la magie des instruments, et leurs parents comme les mĂ©lomanes avertis redĂ©couvriront la sĂ©duction de comĂ©diens qu’inspirent des textes et des musiques qui rĂ©ussissent la fusion du texte et de la musique. Ce coffret est un must absolu ; la mine contenant pĂ©pites et joyaux dont a rĂŞvĂ© tout parent pour son enfant, tout mĂ©lomane exigeant, nostalgique de son âme d’enfant. D’autant que les versions regroupent aussi des chefs très affĂ»tĂ©s : Claudio Abbado, Ferenc Fricsay, Semyon Bychkov, Lorin Maazel, et les pianistes Jean-Marc Luisade et Alberto Neuman… Opportune rĂ©Ă©dition.

CLIC_macaron_2014RACONTE-MOI en MUSIQUE. Coffret de 4 cd Deutsche Grammophon, coup de cœur de la Rédaction de classiquenews, CLIC de CLASSIQUENEWS de février 2016. Prochaine grande critique dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews. Parution : le 12 février 2016.

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CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce : “Raconte-moi en musique….” (4 cd Deutsche Grammophon)

Raconte-moi_rectoCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce : ” Raconte-moi en musique… .” (4 cd Deutsche Grammophon). C’est encore NoĂ«l en fĂ©vrier, grâce Ă  Deutsche Grammophon. Le 12 fĂ©vrier 2016 sort un coffret incontournable qui ravira la famille, parents et enfants. La force de la musique, c’est sa capacitĂ© Ă  parler Ă  notre imaginaire : ajoutez un texte rĂ©citĂ© ; le rĂ©sultat dĂ©passe souvent tout ce que l’on peut imaginer. Les nĂ©ophytes s’y familiarisent avec des Ă©critures et des styles particulièrement expressifs ; les dĂ©jĂ  connaisseurs redĂ©couvrent des partitions (signĂ©es Prokofiev, Debussy, Britten, Mozart…) dont la poĂ©sie exquise continue de saisir, d’Ă©merveiller, de captiver… Dès l’enfance, cette promesse est offerte aux jeunes mĂ©lomanes (et Ă  leurs parents) grâce aux contes et histoires dont la magie a façonnĂ© des gĂ©nĂ©rations de jeunes âmes devenues mĂ©lomanes. Mais davantage qu’un coffret exclusivement dĂ©diĂ© aux tous petits, c’est plutĂ´t Ă  tous, Ă  chacun de nous ayant/voulant cultiver toujours encore sa part d’enfance (c’est Ă  dire sa capacitĂ© Ă  ĂŞtre enchantĂ© encore et encore) que s’adresse le recueil de 4 cd comprenant 6 fleurons poĂ©tiques intemporels… (et par des interprètes de premier plan : acteurs rĂ©citants (la crème des voix radiophoniques et dramatiques : Jeanne Moreau, Mireille, Peter Ustinov, Denis Manuel, Claude Rich…), chefs inspirĂ©s (Claudio Abbado, Ferenc Fricsay, Semyon Bychkov, Lorin Maazel…) musiciens solistes ou collectifs (les pianistes Jean-Marc Luisada, Alberto Neuman, Orchestre de chambre d’Europe, Orchestre de Paris, Orchestre Lamoureux…).

 

 

 

Pierre, Babar, Polichinelle, La FlĂ»te enchantĂ©e… Florilège des contes mis en musique

7 histoires musicales pour petits et grands

 

La sĂ©lection parle d’elle mĂŞme et promet des heures d’Ă©coute, de narration, de complicitĂ© enchanteresse. Rien de tel qu’une musique inspirĂ©e, un texte drĂ´latique et poĂ©tique et aussi, en complĂ©ment, comme ici, un livre de coloriage Ă  l’adresse des plus jeunes, pour revivre pour soi les sentiments Ă©prouvĂ©s pendant la dĂ©couverte de l’histoire…
Au programme du coffret “Raconte-moi en musique…” : Pierre et le loup (musique de Prokofiev), Le Carnaval des animaux (musique de Saint-SaĂ«ns), L’histoire de Babar l’Ă©lĂ©phant (musique pour piano de Poulenc), La BoĂ®te Ă  joujoux de Debussy (ballet pour enfants, ici dans sa version pour piano, composĂ© en 1913 pour sa fille Claude-Emma dite “Chouchou”), sans omettre, le cycle indĂ©passĂ© depuis sa crĂ©ation en 1956, destinĂ© Ă  faire dĂ©couvrir l’orchestre par tous les curieux, petits et grands : “Piccolo, Saxo et compagnie, ou la petite histoire d’un grand orchestre” d’AndrĂ© Pop (oĂą l’humour pincĂ©, allusif du rĂ©citant Peter Ustinov sait exprimer les nuances du texte de Jean Broussolle) ; “Variations et fugue sur un thème de Purcell” de Benjamin Britten (crĂ©Ă© en 1946, aussi intitulĂ© “The Young Person’Guide to the Orchestra” avec la voix du jeune Lorin Maazel) ; enfin opĂ©ra magique par excellence, – et aussi conte initiatique et philosophique, c’est le propre des Ĺ“uvres les plus fascinantes d’ĂŞtre aussi des leçons de vie outre leur caractère poĂ©tique et d’enchantement, une version Ă©courtĂ©e mais irrĂ©sistible de La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart (l’ultime opĂ©ra de Wolfgang crĂ©Ă© en 1791), dans la version berlinoise de Ferenc Fricsay (texte de Lucien Adès, dit par Claude Rich). MĂŞme pour les mĂ©lomanes les plus avertis, chacun des contes musicaux rĂ©unis ici affirme une force poĂ©tique irrĂ©sistible oĂą la musique, langage universel, touche immĂ©diatement l’esprit et le cĹ“ur de chaque auditeur. On est constamment saisi par le chant des instrument et le langage de l’orchestre. Grâce Ă  la musique, la magie opère. L’Ă©ducation musicale des enfants et de leurs parents est ainsi magistralement rĂ©alisĂ©e. Coffret Ă©vĂ©nement alliant dĂ©couverte, amusement, jubilation… le coffret, par son contenu, relève d’un mĂ©dicament nĂ©cessaire, d’un baume pour l’esprit : un must pour votre santĂ© culturelle et musicale. Heureuse rĂ©Ă©dition. A ne manquer sous aucun prĂ©texte.

 

 

 

CLIC D'OR macaron 200CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce : “Raconte-moi en musique….” (4 cd Deutsche Grammophon). Parution du coffret : le 12 fĂ©vrier 2016. Coffret CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016, grande critique Ă  venir dans le mag cd livres dvd de classiquenews.com

 

 

 

CD, compte rendu critique. Placido Domingo 2016. The 50 greatest tracks / Double coffret des 75 ans (2 cd Deutsche Grammophon)

Domingo placido the 50 greatest tracks placido domingo 75 ans review critique cd CLASSIQUENEWSCD, compte rendu critique. Placido Domingo 2016. The 50 greatest tracks / Double coffret des 75 ans (2 cd Deutsche Grammophon). Vaste tour d’horizon du plus cĂ©lèbre tĂ©nor au monde après Pavarotti et qui comme lui, combine longĂ©vitĂ© vocale et intelligence artistique. Pour ses 75 ans en 2016, Deutsche Grammophon rend un (premier) hommage par ce double coffret commĂ©moratif, Ă  Placido Domingo (nĂ© Ă  Madrid le 21 janvier 1941), traversant les multiples rĂ´les d’une carrière marquante par sa pertinence, son sens de la justesse poĂ©tique, son constante quĂŞte de la sincĂ©ritĂ© dramatique. Domingo n’est pas seulement un tĂ©nor Ă  la voix prodigieuse, c’est surtout un acteur nĂ©, douĂ© de subtilitĂ© qui lui permet d’aborder chaque personnage avec un souci expressif d’une rare sĂ©duction. Devenu aujourd’hui baryton, et malgrĂ© une usure de la voix repĂ©rable, le madrilène doit sa gloire lĂ©gitime Ă  des phrasĂ©s millimĂ©trĂ©s dans toutes les langues, en particulier, singulièrement dĂ©tectable dans le français romantique de Don JosĂ© (Carmen de Bizet) ou surtout d’Hoffmann dans les Contes d’Hoffmann d’Offenbach ici, courte Ă©vocation de 1972 (l’une de ses plus anciennes gravures dans la prĂ©sente sĂ©lection : plage 20 cd1). Outre son sens du texte, son dramatisme linguistique, Domingo est capable d’aigus ardent et mĂ©talliques d’une tenue impeccable (comme en tĂ©moigne, plage 21 cd1, de 1984, l’air de Manrico : “Di Quella pira”, sous la direction de Giulini).

Les 75 ans de Placido Domingo

Parmi le florilège Ă©tendu donc qu’offrent les 2 cd commĂ©moratifs du tĂ©nor vĂ©nĂ©rable autant que miraculeusement tenace, citons ici les grands rĂ´les de son rĂ©pertoire, bien reprĂ©sentĂ©s dans le choix de ce double coffret :
Rodolfo (avec Cotrubas : Brindisi de La Traviata de Verdi, sous la direction de Carlos Kleiber de 1976) ; Samson de Samson et Dalila de 1978 sous la direction de Georges PrĂŞtre : ample extrait oĂą le tĂ©nor dĂ©fend un sens du texte en français exemplaire (plus de 6mn, reflĂ©tant la complexitĂ© humaine et hĂ©roique du protagoniste, Ă©pris de Dieu). Fervent et blessĂ© Werther de Massenet (Chailly, 1979) d’une totale vĂ©ritĂ©. Comme son JosĂ© de Bizet dĂ©jĂ  citĂ© (1975, avec Solti Ă  Londres) : soit deux immenses rĂ´les qui suffiraient Ă  imposer dĂ©finitivement l’interprète, superbe acteur, rĂ©vĂ©lant une intensitĂ© intĂ©rieure dĂ©chirante. Hoffmann donc dĂ©jĂ  citĂ© et dans un plus large extrait sous la direction de Seiji Ozawa en 1986 (triomphant et clair dans le fameux air “Dans la cour d’Eisenach”.

Distinguons aussi ses Wagner tout aussi convaincants : Lohengrin avec Solti en 1986 (air confession rĂ©vĂ©lation oĂą le chevalier Ă©lu rĂ©vèle son identitĂ© : “In fernem Land, unnahbar euren Schritten” : l’articulation sobre de l’allemand y dĂ©montre l’instinct du diseur, son sens de la ligne qui fera l’admiration de l’un de ses Ă©mules, Villazon. Domingo est ainsi, ce que l’on oublie parfois, un immense wagnĂ©rien. Son Parsifal que nous avons eu la chance d’Ă©couter Ă  Bastille relevait du mĂŞme mĂ©tier, prĂ©cis, nuancĂ©, ciselĂ©).
Aux côtés de Verdi, où il est naturel et flexible, convaincant et ciselé, Puccini se taille une autre part du lion : Mario Cavaradossi de La Tosca (Sinopoli, 1990, et Zubin Mehta en 1990), Edgar (2005), Des Grieux (Manon Lescaut, Sinopoli, 1984).

Le CD2 regroupe tous les tubes latinos qui complètent les choix du cd1 mettant en avant ses grands rĂ´les Ă  l’opĂ©ra. Evidemment L’irrĂ©sistible et scintillant Granada de Lara (1975), le caressant El dia que me quieras d’après Le Pera / Gardel, rĂ©vĂ©lant le crooner argentin (1981) ; sans omettre la sincĂ©ritĂ© recueillie du Panis Angelicus (en son souffle idĂ©alement gĂ©rĂ©) de Franck (2002) ; surprenant, la transposition d’un Wesendonck-lieder de Wagner (Der Engel, sous la direction de Marcello Viotti en 2002)
Mais l’instinct d’un canto sĂ©ducteur alliĂ© Ă  un legato envoĂ»tant s’affirment mieux qu’ailleurs, au registre plus lĂ©ger, proche de l’opĂ©rette, dans la zarzuela dont Domingo aura Ă©tĂ© un fidèle et long interprète : l’ardeur tragique de No puede ser (La taberna del puerto de Sorozábal, 1990) ou chez Lehar, faussement insouciant mais d’une poĂ©sie suggestive que le tĂ©nor (douĂ© d’un’ finesse naturelle rĂ©element dĂ©sarmante) savait comprendre intuitivement (Das land des Lächelns, Dein ist mein ganzes Herz, 1990). Le tour d’horizon est dans sa diversitĂ© très fidèle Ă  l’Ă©nergie dramatique du tĂ©nor mythique, diseur, tragĂ©dien, d’une exceptionnelle vĂ©ritĂ© vocale. Et pour ce 21 janvier 2016, donc pour vos 75 ans, bon anniversaire Placido !

CD, compte rendu critique. Placido Domingo 2016. The 50 greatest tracks / Double coffret des 75 ans. 2h45mn. 2 cd Deutsche Grammophon 0028947953210

Visitez le site officiel de Placido Domingo :
http://www.placidodomingo.com

CD, coffret Ă©vĂ©nement. “111, The collector’s edition 1 et 2″ (111 cd). Deutsche Grammophon

coffret-deutsche-Grammophon-111-111-cd-review-critique-classiquenews-CLIC-de-decembre-2015CD, coffret Ă©vĂ©nement, compte rendu critique. The collector’s edition 1 et 2 (Deutsche Grammophon). Pour NoĂ«l 2015, Deutsche Grammophon publie une somme incontournable, en rĂ©Ă©ditant le fleuron de ses archives, cĂ©lĂ©brant 111 personnalitĂ©s parmi les interprètes qui ont fait son catalogue depuis les origines : le livret du cycle 1 (rouge) prĂ©sente l’historique d el saga DG depuis 1899 jusqu’en 2009 (11ème dĂ©cennie de politique artistique et de rĂ©alisation discographique). Le mĂ©ga coffret des 111 ans de Deutsche Grammophon est de fait une boĂ®te miraculeuse. En 2009, Deutsche Grammophon cĂ©lĂ©brait son 111 ème anniversaire en publiant une première Edition Collector (“111, The Collector’s edition 1″ en rouge) en 55 cd, suivie en 2010 d’un deuxième volume  (“111, The Collector’s edition 2″ en jaune)  comptant 56 cd. Le clin d’œil n’a pas Ă©chappĂ© au mĂ©lomane averti : le nombre de disques des deux coffrets rĂ©unis s’élève à… 111. Il fallait donc pour achever l’Ă©dition les rĂ©unir en un seul. Depuis leur publication de 2009 et 2010, les 2 Ă©ditions limitĂ©es sont Ă©puisĂ©es … mais Deutsche Grammophon rĂ©Ă©dite pour NOEL 2015, les deux cycles en un seul coffret (Ă©vĂ©nement).

Le coffret 2015, The Collector’s Editions en 111 cd, compose ainsi un best of de tout le très riche catalogue de la prestigieuse marque jaune, soit une discothèque Ă  part entière, l’anthologie des grands artistes de Deutsche Grammophon, prĂ©sentĂ©s ainsi alphabĂ©tiquement : chefs, chanteurs, solistes (pianistes, violonistes, guitaristes…),  – de Claudio Abbado et Martha Argerich Ă  Yuja Wang et Krystian Zimerman –, Ă  travers un rĂ©pertoire particulièrement Ă©largi, faisant fi des Ă©poques et des formes musicales (musique sacrĂ©e, symphonies, concertos, musique de chambre, rĂ©cital lyrique, opĂ©ras, oratorios… –  de Monteverdi Ă  Pärt.

Grands classiques, albums cultes, bestsellers… c’est une célébration de l’art de la musique et du génie de l’interprétation musicale – provenant de la maison de disques berlinoise qui a rendu tout cela possible.

 

111 coffret deutsche grammophon 2 coffrets noel 2015RĂ©parties en quatre mini boĂ®tiers intĂ©rieurs (jaunes et rouges selon l’Ă©dition concernĂ©e) les 111 disques, Ă©ditĂ©s avec leur visuels de couverture d’origine sont accompagnĂ©s de deux importants livrets de 140 pages chacun (jaune et rouge) oĂą figurent tracklistings, articles de prĂ©sentation, photos d’archives. Un vĂ©ritable trĂ©sor pour le discophile, amateur et connaisseur soucieux de (re)dĂ©couvrir des joyaux oubliĂ©s ; pour les curieux nĂ©ophytes dĂ©sireux de se constituer une première discothèque ouverte et incluant les champions de toutes les esthĂ©tiques et de tous les rĂ©pertoires (par exemple au chapitre baroque figurent les acteurs majeurs qui ont participĂ© Ă  la formidable Ă©popĂ©e de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e : Goebel, Gardiner, Pinnock, Minkowski (et son formidable album Rameau symphonique par exemple…), McCreesh (dont une excellent Grande Messe de Mozart avec ses Gabrieli Consort & Players (2005).

Les lyricophiles seront tout autant comblĂ©s, redĂ©couvrant les indĂ©modables : Carmen par Berganza et Abbado ; Cotrubas et Kleiber dans La Traviata…, le duo Villazon et Netrebko, les mezzos Kozena et Von Otter, sans omettre les barytons Terfel ou Quasthoff, ni la version opĂ©ratique de West Side Story par Bernstein lui-mĂŞme (1985)…

 

 

Florilège Deutsche Grammophon
en 111 cd

 

 

CLIC D'OR macaron 200Parmi les perles de ce corpus incontournable : Argerich et Abbado pour le Concerto pour piano de Ravel ; Boulez, cristallin, prĂ©cis pour Petrouchka et le Sacre de Stravinsky ; Barenboim dans la Sonate Clair de Lune de Beethoven ; … et ainsi jusqu’Ă  Krystian Zimerman (incroyable funambule inspirĂ© dans les Concertos pour piano 1 et 2 de Liszt (avec Ozawa). Les anciens indĂ©modables d’une sensibilitĂ© inouĂŻe, souvent servis par une prise de son d’un relief saisissant malgrĂ© la date de rĂ©alisation, sont aussi bien prĂ©sents, porteurs d’une Ă©thique inspiratrice pour public et nouvelles gĂ©nĂ©rations de musiciens ; citons entre autres ceux qui nous touchent infiniment tels : un brahmsien oubliĂ© Ă©blouissant, Victor De Sabata (n°4 avec le Berliner, 1939) ; L’immense Ferenc Fricsay, Ă©lĂ©gantissime, incandescent dans un programme rĂ©unissant les valses des Stauss, Johann I et II (1961, Orchestre symphonique de la Radio de Berlin) ; la 5ème de Beethoven par Carlos Kleiber (Wiener Philharmonic, 1975) ; superbe et si ciselĂ©e Symphonie n°6 “PathĂ©tique” de Tchaikovsky par Jewgenij Mrawinski (Philharmonique de Leningrad, 1961) ; le violon solaire, diamantin aux phrasĂ©s Ă©toilĂ©s de David Oistrakh (Concerto pour violon de Tchaikovsky (Staatskapelle de Dresde, Franz Konwitschny, 1954)…  et notre diva Ă©ternellement angĂ©lique, la divine coloratoure Rita Streich (rĂ©cital Mozart, Rossini, Verdi, 1954-1958).

 

 

Parmi la nouvelle gĂ©nĂ©ration de pianistes (aux cĂ´tĂ©s de lang Lang, HĂ©lène Grimaud, et des aĂ®nĂ©s lĂ©gendaires Gilels, Benedetti-Michelangeli, Horowitz, Richter, Pollini… : Alice Sara Ott (Etudes d’exĂ©cution transcendante de Liszt), Yuja wang (Chopin, Liszt, Ligeti), et bien sĂ»r la fièvre rythmique du latino Gustavo Dudamel (Album Fiesta, colorĂ©, nostalgique, impĂ©tueux)… Eclectique, et aussi pointue, la sĂ©lection opĂ©rĂ©e ainsi par Deutsche Grammophon offre une somptueuse entrĂ©e dans le classique par des interprètes inoubliables, quelles que soient les Ă©poques, les styles. A chaque interprète, une leçon de sincĂ©ritĂ© et de vĂ©ritĂ©.

 

 

 

 

CD, coffret Ă©vĂ©nement. “111, The collector’s edition 1 et 2″ (56cd et 55cd = 111 cd). Deutsche Grammophon. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2015.

 

 

Nouvelle playlist digitale : Classique mais pas has been

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Uniquement accessible sur le net, la nouvelle playlist édité par Deutsche Grammophon s’affirme tel un modèle du genre  parmi les « purs digitaux » (d’où l’obtention de notre label de qualité : le CLIC de classiquenews de décembre 2015) : éclectique mais cohérente, diverse et très attractive grâce à la sélection opérée d’autant plus facile à écouter que ses enchaînements sont fluides, la playlist CLASSIQUE MAIS PAS HAS BEEN par son concept originel est la playlist pour (re)découvrir les références du classique, non pas les éternels standards usés et réutilisés mais ceux moins connus qui pourtant se révèlent particulièrement attractifs voire saisissants. L’ordre, le choix, l’idée général en sont les fruits séduisants de la bloguese et journaliste Séverine Garnier, avec laquelle Classiquenews s’est entretenu (lire notre entretien à venir).

 

 

 

Nouvelle compilation digitale : « Classique mais pas has been »

Le HAS BEEN n’est pas CLASSIQUE

 

 

La compilation, conçue en collaboration avec Decca Records sous étiquette Deutsche Grammophon ne ressemblent pas les tubes cent fois entendus (dans des versions qui ont souvent plus de trente ans), mais souligne la grande séduction de morceaux spécifiquement choisis pour redécouvrir la musique classique. Les chefs-d’œuvre y sont interprétés par de jeunes artistes et enregistrés tout récemment pour les labels Decca et Deutsche Grammophon.

cover CMPHB defSĂ©lection… Parmi les pĂ©pites de la playlist CLASSIQUE MAIS PAS HAS BEEN : le Printemps de Vivaldi en version remixĂ©e, une musique d’un film d’Emir Kusturica et une pièce de Nico Muhly, jeune compositeur amĂ©ricain de 30 ans… Piano, opĂ©ra, violon, opĂ©rette… rĂ©cital, musique de chambre, grands frissons symphoniques ou vertiges de l’opĂ©ra : il y en a pour tous les goĂ»ts. Une idĂ©e de cadeau parfaite pour les fĂŞtes de fin d’annĂ©e.

 

 

 

CONSULTER la playlist CLASSIQUE MAIS PAS HAS BEEN

 

 

 

 

 

 

cover CMPHB defPlaylist CLASSIQUE MAIS PAS HAS BEEN : genèse. Entretien avec la conceptrice de la compilation que Deutsche Grammophon propose en dĂ©cembre 2015, SĂ©vĂ©rine Garnier, blogueuse militante pour qui la musique classique, le vintage le plus tendance qui soit, a encore beaucoup de choses Ă  nous dire… Eclaircissement sur les coulisses de la playlist, sur les critères qui ont guidĂ© le choix des Ĺ“uvres et de leurs versions sĂ©lectionnĂ©es.

 

 

 

 

 

A travers l’intitulé « Classique mais pas has been »,  qu’avez-vous souhaité démontrer ?

 

SG, Séverine Garnier : Il y a dix ans, alors que j’étais journaliste, j’ai trouvé un travail qui me rapprochait de la musique classique, ma passion. Je pratiquais la musique en amateur et j’avais une vision assez vague des compositeurs, des artistes, des œuvres… ce que les médias grand public en montraient, c’est à dire une toute petite partie de l’iceberg ! En travaillant dans ce milieu, j’ai découvert deux choses : d’abord, on s’y plaignait d’un public vieillissant, on évoquait le passé glorieux de la musique classique en soupirant de nostalgie. Pourtant, ce fut ma deuxième constatation, les interprètes étaient souvent très jeunes. Je rencontrais des artistes exceptionnels qui n’avait que 25 ans – mon âge à l’époque. Ils étaient prêts à défendre des compositeurs moins connus comme Charpentier ou Scriabine, à parler au grand public de leur passion, mais n’avaient pas ou peu de visibilité dans les médias. Les directeurs de journaux faisaient la moue quand on évoquait le classique et je ne comprenais pas pourquoi. Pourtant, cela ne chagrinait personne de voir un article sur l’indémodable petite robe noire de Chanel (1926) ou sur le retour de la marinière ! Je me suis dit : la musique classique c’est le vintage par excellence ! Un œuvre écrite en 1715 est toujours jouée. Cette idée est au cœur de ma démarche journalistique, celle que je veux défendre dans les articles que j’écris dans la presse régionale et nationale généraliste. J’ai ouvert un blog en 2010 et lui ai donné ce titre : Classique mais pas has been !

 

 

 

 

De combien de plages différentes est composée la Playlist ? Quelle est sa durée ?

 

SG : La playlist « Classique mais pas has been – Deutsche Grammophon » sera vendue à partir du vendredi 27 novembre en format digital. Elle sera disponible sur les plateformes de téléchargement tels que iTunes et Quobuz au prix de 8,99 ttc. Nous avons sélectionné 45 pistes… un petit clin d’œil au 45 tours pour le côté vintage ! Elle dure un peu moins de 4 heures. On pourra également l’écouter gratuitement sur les sites de streaming – Spotify et Deezer – mais pas en intégralité : le 27 novembre, 25 titres seront disponibles et nous ajouterons 5 titres chaque vendredi jusqu’à Noël… un calendrier de l’Avent en quelque sorte !

 

 

 

 

Dans quels fonds d’archives puise la compilation ?

 

SG : Universal m’a ouvert les catalogues des labels Decca et Deutsche Grammophon… Vous imaginez ? Ce sont les deux plus importants labels de classique du groupe. Les plus grands interprètes y sont représentés, un répertoire très large aussi. Que choisir ? Qui choisir ? Dans la lignée du propos de Classique mais pas has been, je ne voulais pas réaliser une nouvelle compilation du type de  « J’aime pas le classique mais… ». J’ai constaté que, dans ces compilations, on retrouve non seulement les même œuvres, les chefs-d’œuvre connus d’un grand nombre de mélomanes, mais surtout les mêmes versions : La « Chevauchées des Walkyries » dirigée par Karajan, les « Scènes d’enfants » de Schumann par Martha Argerich, etc.

 

 

 

 

 

Comment avez-vous composé le contenu ? Selon quels critères ?

 

SG : J’ai volontairement écarté les parutions datant de plus de dix ans. Pour certains artistes, ce fut un vrai dilemme… mais le but était de surprendre, de faire des propositions différentes, de mettre la jeune génération en avant, comme les chanteuses Julie Fuchs ou Pumeza. Certes, il y a des « tubes » parus dans ces dix ans dont je ne voulais pas me passer, « Pourquoi me réveiller » de Jonas Kaufmann par exemple. La règle établie est la suivante : les chefs-d’œuvre sont interprétés par de jeunes musiciens, tandis que les musiciens plus célèbres offrent des œuvres plus rares ou surprenantes. Par exemple : « Rhapsody in blue » est joué par Benjamin Grosvenor et le « Concerto pour violoncelle » d’Elgar par Elisa Weilerstein. Voilà pour les « tubes ». Et pour les stars : Max Emmanuel Cenčić chante un air de Hasse et Nemanja Radulovic joue un extrait de la bande originale d’un film d’Emir Kusturica. J’ai aussi essayé de mettre en avant des compositeurs de tous les siècles : Praetorius (né en 1571) et Nico Muhly (né en 1981). Plutôt que de faire entendre la partition originale des « Quatre saisons » de Vivaldi, j’ai préféré choisir cette œuvre dans la version classique/tendance électro de Max Richter.

 

 

 

Comment assurer à la fois l’unité, la cohérence et la continuité des séquences ?

 

SG : Puisqu’il n’y a pas de thématique commune, je ne sais si l’on peut parler d’unité. En 45 pistes, j’ai essayé de balayer un spectre très large : il y a beaucoup de piano mais aussi de la mandoline et de la clarinette, du lyrique et du symphonique, du baroque et du contemporain. Surprendre pour provoquer l’écoute. Avec l’équipe d’Universal, nous avons joué sur une alternance de genres et sur des rythmes différents. J’ai souhaité par exemple commencer par un extrait des « Variations sur un thème de Paganini » de Rachmaninov par le pianiste Daniil Trifonov… la piste dure 18 secondes ! La playlist termine sur une piste de 17 minutes qui est surement la plus longue de la compilation. Les pistes sont en moyenne de 4 ou 5 minutes. Je n’ai pas mis de concerto en entier et j’ai même coupé la Sonate en si mineur de Liszt… sacrilège ! J’ai bien sûr demandé son accord à l’interprète, Claire-Marie Le Gay.

 

 

 

A qui s’adresse cette Playlist ?

 

SG : Le succès des compilations Ă©voquĂ©es plus haut montre qu’il y a un public demandeur d’une porte d’entrĂ©e dans cet ocĂ©an qu’est le classique… soit cinq siècles de compositions ! C’est encore plus vrai pour les utilisateurs de Spotify, Deezer, etc. Pour le genre classique, ces sites sont assez fournis mais le rĂ©fĂ©rencement est très incertain. Devez-vous chercher « Scènes d’enfants » ou « Kinderszenen » ? « Rachmaninov » ou « Rachmaninoff » ? Le soliste ou le chef ? etc. Bon courage pour trouver le SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg ! Ces sites sont faits pour un format de musique liĂ© Ă  la pop : un groupe ou un artiste, un titre. RĂ©sultat : on passe Ă  cĂ´tĂ© des versions les plus belles. Il faut un fil d’Ariane pour commencer ou poursuivre la dĂ©couverte de ce style de musique si puissant qu’est le classique : la Playlist “Classique mais pas has been” est faite pour ca.

 

 

 

 

Propos recueillis par Alexandre Pham

 

 

 

 

CD, compte rendu critique. Coffret Stravinsky : complete edition (30 cd Deutsche Grammophon).

stravinsky complete edition deutsche grammophon review presentation account of compte rendu critique CLASSIQUENEWS CLIC de classiquenews octobre 2015CD, annonce. Coffret Stravinsky : complete edition (30 cd Deutsche Grammophon). SimultanĂ©ment aux autres coffrets Ă©vĂ©nement dĂ©diĂ©s Ă  Martha Argerich (the complete recordings on Deutsche Grammophon) et Sibelius Ă  l’occasion du 150 ème anniversaire du compositeur finnois, DG nous gratifie en octobre 2015 d’un troisième somptueux coffret, celui lĂ  consacrĂ© Ă  Igor Stravinsky, regroupant l’essentiel de ses bandes prestigieuses globalement très convaincantes pour une intĂ©grale Stravinsky qui fera date. La boĂ®te est d’autant plus miraculeuse et apprĂ©ciĂ©e qu’elle ne correspond en vĂ©ritĂ© Ă  aucune cĂ©lĂ©bration particulière… C’est de l’aveu du responsable Ă©ditorial, l’aboutissement d’un travail de recherche de plusieurs annĂ©es, Roger Wright, conscient dès les annĂ©es 1990, quand il collaborait activement Ă  l’enrichissement du catalogue de la major, de la richesse exceptionnelle du fonds Stravinsky chez DG. L’idĂ©e d’une intĂ©grale discographique a donc très rapidement germĂ© : elle se concrĂ©tise aujourd’hui, permise grâce Ă  un jeu d’enregistrements rĂ©alisĂ©s en divers lieux, Ă  diffĂ©rentes pĂ©riodes… afin de constituer Ă  terme, une intĂ©grale digne de son intention première.

CLIC D'OR macaron 200Tour d’horizon. Piliers de ce coffret Stravinsky 2015 : Pulcinella d’Abbado, (1978), Les Noces de Bernstein (avec les pianistes Argerich et Zimerman, 1977), le Concerto pour violon par Anne-Sophie Mutter, surtout Oedipus Rex (1926) de 1991 enregistrĂ© Ă  Chicago par un James Levine Ă©ruptif et affĂ»tĂ© avec l’excellentissime tĂ©nor Philip Langridge (et Jules Bastin en narrateur français), l’Histoire du soldat avec Tom Courtenay, sans omettre The Rake’s progress pilotĂ© alors par Gardiner en1997 (avec deux chanteurs au sommet de leur potentiel expressif, Bryn Terfel, le baryton gallois en Nick Shadow et Ian Bostridge dans le rĂ´le-titre : Rake) ; les trois ballets pour Diaghilev par Pierre Boulez (nouvelles versions particulièrement reprĂ©sentatives de l’engagement du chef français chez DG en 1990) ; soit un noyau de lectures aujourd’hui incontestables sur le plan interprĂ©tatif et artistique, que plusieurs complĂ©ments tout aussi avisĂ©s ont enrichi ensuite : Symphonie en mi bĂ©mol par Mikhail Pletnev (qui venait d’enregistrer une très sĂ©rieuse intĂ©grale des Symphonies de Tchaikovsky), le Baiser de la fĂ©e et un cycle dĂ©diĂ© aux Ĺ“uvres ultimes de Stravinsky par Oliver Knussen, fervent adepte du dĂ©tail, et tout autant fin dramaturge, pèsent aussi de tous leur poids.

Outre l’intĂ©rĂŞt des interprĂ©tations ici rĂ©unies, soulignons aussi l’importante notice de prĂ©sentation avec essai biographique sur la personnalitĂ© multiple et complexe de Stravinsky, en français, anglais, allemand Ă  travers les grandes pĂ©riodes crĂ©atrices de l’ex Ă©lève de Rimski, devenu amĂ©ricain en 1945 et qui cède après de multiples accents toujours visionnaires et modernistes aux potentialitĂ©s dodĂ©caphoniques au tournant des annĂ©es 1950-1960… (après la mort de Schoenberg – son voisin lui aussi exilĂ© Ă  Los Angeles, et après avoir crĂ©Ă© pour la Biennale de Venise, son opĂ©ra The Rake’s progress en 1951… qui demeure sa dernière offrande nĂ©oclassique). L’Ă©clairage sur cette dernière sĂ©quence de la vie si riche et dense de Stravinsky, celui dodĂ©caphoniste, prolongeant après le dĂ©cès de Schoenberg, les recherches sur le mĂ©tier sĂ©riel, reste captivant et fait entre autres, la grande valeur de ce coffret, Ă©ditorialement pensĂ© : les dernières Ĺ“uvres, Abraham and Isaac – comme le Viennois Schoenberg avait composĂ© toute sa vie Moses und aron-, puis Variations enfin Requiem Canticles de 1965-1966, ces deux dernières partitions jouĂ©es par Oliver Knussen, maestro rĂ©vĂ©lĂ© par cette intĂ©grale), enfin Agon, ballet pour Balanchine qui ne comporte certes qu’un seul Ă©pisode vĂ©ritablement dodĂ©caphonique, en tĂ©moignent particulièrement. L’apport de cette somme est incontestable. Louons prĂ©cisĂ©ment le scrupule Ă©ditorial qui mieux qu’ailleurs, prĂ©sente en fin de livret, l’ensemble des enregistrements prĂ©cisant sur le mĂŞme page, numĂ©ro du cd, date et lieu d’enregistrement… une manne informative qui ici est heureusement synthĂ©tisĂ©e sur la mĂŞme feuille. Confort de lecture exemplaire pour l’amateur soucieux de suivre selon la chronologie, chaque lecture.

knussen_oliver_knussen_389487cAnalyse. Ainsi, les connaisseurs soucieux d’une sonoritĂ© limpide et dĂ©taillĂ©e pourront y goĂ»ter le geste millimĂ©trĂ© du français Pierre  Boulez cĂ©rĂ©bral et pointillisme,  Ă©pris de clartĂ© et de mesure : L’oiseau de feu  (1909/1910) Ă  la tĂŞte du Chicago Symphony orchestra; Petrushka, Le rossignol et le chant du rossignol, et Le Sacre du printemps avec le Cleveland orchestra; sans omettre les Symphonies en mi bĂ©mol ou celle d’instruments Ă  vents. Autre accomplissement anthologique :  l’Ă©poustouflant Oedipus Rex par James Levine avec dans le rĂ´le tire et dans celui de Jocaste, l’exceptionnel Philip Langridge, incantatoire, humain, hallucinĂ© et l’Ă©blouissante Florence Quivar, consoeur jumelle  d’une Jessye Norman si Ă©blouissante elle-aussi, dans le rĂ´le sous la baguette Ă©tincelante de Seiji Ozawa. Le plus surprenant ici demeure aux cĂ´tĂ©s des autres Claudio Abbado, Bernstein ou Chailly, l’excellent et rĂ©cent Oliver Knussen : Le baiser de la fĂ©e  (1928) avec le Cleveland orchestra, orcheste desormais si boulezien pour Stravinsky ; mais aussi Le DĂ©luge  (1961) avec le London sinfonietta ; Ode (1943), Variations (1963); Requiem canticles  (1966); Storm cloud  (1902); Faune et bergère opus 2  (1906); et donc, Abraham et Isaac, ballade sacrĂ©e  (1963); autant de partitions relevant de la petite forme et de la grande forme qui affirme la justesse d’un geste musical.

stravinsky chef orchestre compositeur et maestroSoulignons la suite de L’Oiseau de feu (1945) par Mikhail Pletnev et l’Orchestre national russe. Soulignons aussi le palpitant The Rake’s progress dans la vision ciselĂ© dramatique de Gardiner qui outre les tĂŞtes d’affiche rĂ©unies pour l’occasion Terfel et Bostridge (Ă  leur sommet), sait aussi unifier la parure orchestrale d’une tenue fĂ©dĂ©ratrice et cohĂ©rente habitĂ©e par la fièvre théâtrale. ComplĂ©ment jubilatoire Ă  ce coffret gavĂ© de joyaux  discographiques incontournables et nous pesons nos mots : L’histoire du soldat par Igor Markevitch et Cocteau en narrateur (1962); Ernest Ansermet pour Petrushka;  Pierre Monteux et Le sacre du printemps de 1956; la version dĂ©sormais lĂ©gendaire du duo Argerich et Barenboim pour la transcription pour 2 pianos du Sacre du printemps, sans passer sous silence l’enregistrement du Concerto pour violon de 1935 avec l’orchestre Lamoureux et Igor Stravinsky soi-mĂŞme Ă  la baguette (Samuel Dushkin au violon).

 

Stravinsky for everNotice livret captivante. Outre la valeur de cette intĂ©grale,servie par des chefs plus que convaincants, Deutsche Grammophon prend soin  d’Ă©diter une vraie notice comprenant plusieurs textes inĂ©dits d’un grand intĂ©rĂŞt documentaire et scientifique : en plus de la dernière sĂ©quence de la carrière du compositeur et l’Ă©clairage sur ses relations avec le sĂ©rialisme de Schoenberg, soulignons aussi au dĂ©but de la carrière, la genèse Ă©claircie des premières partitions parisiennes : on y comprend parfaitement entre autres comment a pu se rĂ©aliser l’exceptionnelle collaboration Diaghilev et Stravinsky: duo  artistique improbable et pourtant miraculeux propre au Paris des annĂ©es 1910. C’est parce qu’il avait perdu son principale mĂ©cène (le grand duc Vladimir Alexandrovitch), et son principal interprète Chaliapine, que Diaghilev se concentra par dĂ©faut sur le ballet sollicitant le jeune Igor Stravinsky, après avoir tentĂ© de sĂ©duire plusieurs compositeurs russes plus connus tels Glazounov, Liadov, Sokolov. … Son dessein Ă©tant alors d’inventer un nouveau type de ballet russe Ă  fort caractère folklorique a contrario du ballet importĂ© signĂ© Tchaikovski lequel Ă©tait alors plus occidental que vraiment russe…. La rythmique diabolique, le chatoiement instrumental de l’orchestre de Stravinsky alors inconnu allaient se montrer pour Diaghilev, tout bonnement… miraculeux.

 

 

 

 

Les 30 cd sont divisés en 8 sections :
Oeuvres scéniques (cd 1-12)
Musique orchestrale (cd 13-18)
Musique chorale (cd 19-21)
Musique pour solistes vocaux (cd 22-23)
Musique de chambre (cd 24-25)
Musique pour piano (cd 26-27)
Enregistrements historiques dont ceux par Stravinsky lui-mĂŞme rĂ©vĂ©lant, soulignant l’exactitude du chef (aux cĂ´tĂ©s du compositeur) : cd 28-29
Bonus : cd 30 : Martha Argerich et Daniel Barenboim jouent la version pour piano et percussions du Sacre du Printemps

 

 

 

stravinsky complete edition deutsche grammophon review presentation account of compte rendu critique CLASSIQUENEWS CLIC de classiquenews octobre 2015Coffret Stravinsky : complete edition, 30 cd Deutsche Grammophon. Interprètes : Caludio Abbado, Leonard bernstein, Pierre Boulez, Riccardo Chailly, Robert Craft, John Eliot Gardiner, Oliver Knussen, James Levine, Masha Maisky, Anne-Sophie Mutter, Mikhail Pletnev, Maurizio Pollini, Bryn Terfel, Martha Argerich, Daniel Barenboim… 30 cd Deutsche Grammophon 00289 479 4650 Edition Stravinsky 2015. CLIC de classiquenews d’octobre 2015. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

 

Opera de poche : la nouvelle Playlist de Decca et Deutsche Grammophon

opera-de-poche-decca-deutsche-grammophon-playlist-cdINTERNET. Decca / DG lance la Playlist Opéra de poche. A l’occasion de l’actualité lyrique en France, Universal music lance une nouvelle offre numérique. En complément à l’opéra de Puccini, Madama Butterfly, actuellement à l’affiche de l’Opéra Bastile à Paris, (jusqu’au 13 octobre 2015), composez votre propre playlist, constitué d’extraits, les séquences les plus fortes de l’ouvrage, à partir des meilleures interprétations enregistrées chez Decca, Deustche Grammophon…  le principe est simple : (re)découvrir un opéra à travers ses tubes dans des versions de référence en un peu plus d’1h. Avant Madama Butterfly, découvrez les ressources de ce projet avec Don Giovanni, l’opéra des opéras signés Mozart et son librettiste, Da Ponte. Découvrez parmi les très nombreuses versions disponibles, les extraits et les temps forts de celles qui sont les plus convaincantes…

Découvrez la playlist OPERA DE POCHE #1 DON GIOVANNI : une histoire entre comédie et tragédie où le célèbre séducteur Don Juan (accompagné de son fidèle servant Leporello) court les femmes avant d’être rattrapée par ses pires démons.

En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/playlists/opera-poche-1-don-giovanni/#dsUoOq7WhCbAYc0D.99

Opera de poche : la nouvelle Playlist de Decca et Deutsche Grammophon : (re)découvrir un opéra à partir des versions légendaires de Decca et Deutsche GrammophonDisponible en streaming sur toutes les plateformes, connectez-vous où que vous soyez et développez votre culture musicale en un seul clic. Appuyez sur Play et laissez-vous emporter comme par magie. Libre à vous par la suite de continuer en profondeur la découverte de l’opéra en cliquant sur les versions de références choisies sur notre playlist.

En Ă©coute sur DEEZER et sur SPOTIFY.

APPROFONDIR : LIRE notre dossier spécial DON Giovanni de Mozart

CD, annonce. Coffret Martha Argerich : the complete recordings on Deutsche Grammophon (48 cd)

argerich martha imperatrice du clavier coffret evennement major box complete recordings deutsche grammophon presentation review account of CLASSIQUENEWS clic de classiquenewsCD, coffret Martha Argerich : the complete recordings on Deutsche Grammophon (48 cd). Féline, fantasque, noctambule… l’impératrice du piano, 74 ans en 2015, Martha Argerich ex élève de Friedrich Gulda à Vienne est l’objet d’un portrait majeur en 48 cd, soit l’intégrale de ses enregistrements pour Deutsche Grammophon, label avec lequel la pianiste argentine travaille et enregistre depuis le début des années 1960 (1961, premier album dédié à Chopin, Brahms, Liszt, Ravel…) alors que la jeune prodige avait remporté les Premiers Prix de Bolzano et de Genève (1957), pas encore celui du Concours Chopin de Varsovie en 1965. Au total, c’est le répertoire essentiellement romantique qui se dévoile sous ses doigts de velours : de 1960 à 2014 (dont le fameux duo avec Daniel Barenboim à la Philhamronie de Berlin dédié entre autres à la version pour 2 Pianos du Sacre du printemps de Stravinsky, cd 43…, voici l’héritage discographique d’Argerich chez Deutsche Grammophon. Chopin, Ravel, Liszt et Prokofiev on ensuite concentré son travail d’interprète… en témoignent les premiers enregistrements symphoniques qui ont suivi ; pour DG, Argerich conçoit plusieurs récitals en solo, surtout en duo (avec le violoniste Gidon Kremer et le violoncelliste Mischa Maisky entre autres). Figurent donc tous ses grands Concertos romantiques pour piano et orchestre (Beethoven, Liszt, Ravel, Tchaikovski, Schumann, Rachmaninov sous la baguette de Sinopoli, Abbado, Dutoit, Rostropovitch, Kondrashin, Chailly, et aussi les prolongements et accomplissements menés avec ses partenaires familiers aux sin de son festival de Lugano pour le Progetto Martha Argerich, à partir de 2002.

Poétesse impériale du clavier

Martha Argerich : les notes fauves

argerich martha cd review and presentation on CLASSIQUENEWS.COM CLIC de classiquenews complete_recordings_on_dg_48cd-34669713-frntlLe coffret très complet sur les goûts et le jardin secret de la pianiste légendaire comprend en fin de cycle plusieurs enregistrements des débuts chez DG, propres aux années 1960 d’où se distinguent ses lectures hypnotiques de Frédéric Chopin, compositeur de la nuit comme elle. Parmi les pépites remarquables de ce coffret événement, citons son duo avec Nicolas Economou (Rachmaninov et Tchaikovski : transcriptions pour 2 pianos des Danses symphoniques et de Casse-noisette, 1983). Martha Argerich, musicienne affective travaille en famille : elle a toujours aimé s’entourer d’une troupe de partenaires avec lesquels le jeu musical devient partage en affinité, complicité stimulante. En témoignent ainsi des transcriptions rares telles les exceptionnelles Ma Mère l’Oie et la Rhapsodie espagnole pour pianos et percus réalisées avec Nelson Freire, son frère en musique (1993, cd 31), Les Noces de Stravinsky (version pour 4 pianos, solistes, choeur et perdus sous la direction de Diego Fasolis, juin 2004. Parmi les dernières offrandes discographiques, les Concertos 20 et 25 de Mozart fixés en 2013 avec Abbado, un an avant la disparition du maestro italien, restent incontournables. Coffret événement. CLIC de classiquenews d’octobre 2015. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

CD, annonce. Coffret Martha Argerich : the complete recordings on Deutsche Grammophon (48 cd)

CD, compte rendu critique : coffret Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon).

sibelius-jean-portrait-classiquenews-eero-jarnefelt-582-594-sibelius-edition-2015CD, compte rendu critique : coffret Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon). Le 8 décembre 2015 marque les 150 ans de la naissance du plus grand compositeur finlandais post romantique Jean Sibelius (1865-1957). C’est aussi après Malher, l’artisan de la plus stimulante épopée symphonique du XXème siècle, aux côtés des Français Debussy et Ravel. Auteur d’un catalogue resserré porté par une exigence formelle de plus en plus radicale, le symphoniste fait évoluer le langage musical à l’époque de Mahler et après lui : Deutsche Grammophon édite en un coffret événement, l’héritage musical détenu dans ses archives sonore. Une somme incontournable qui souligne l’accomplissement de l’écriture orchestrale pure (7 Symphonies par Bernstein, Okko Kamu et surtout Karajan qui dirige ici les Symphonies 4,5,6 et 7). C’est aussi l’occasion de mesurer l’ampleur poétique de son cycle pour orchestre, choeur et solistes (soprano et baryton) :  Kullervo opus 7 (version originale par Jorma Panula, Turku Philharmonic orch), tous les poèmes symphoniques (En saga, Rakastava, Finlandia, l’excellente Chevauchée nocturne et aurore opus 55…), évidement le Concerto pour violon par Anne Sophie Mutter et André Prévin, sans omettre les subtiles mélodies pour basse et bartyon (solistes : Kim Borg et Tom Krause) ; le coffret comprend également la musique de chambre (Quatuor Voix intimes / Voces intime opus 56 (Emerson Quartet) et bien sûr les musiques de scène dont la Suite Christian II par Neeme Järvi (Gothenburg Symphony Orch), Pelléas et Mélisande opus 46 par Horst Stein et l’Orchestre de la Suisse romande ; les Scènes historiques I et II (opus 25 et 66), Scaramouche et Le Cygne blanc opus 54, surtout les deux Suites de La Tempête (Jussi Jalas, Hungarian State Symphony Orch). Un festival orchestral varié et affûté au service d’un maître de l’écriture symphonique dans la première moitié du XXème siècle. Les amateurs seront comblés, les curieux non encore convaincus, très intéressés et mis en appétit. Coffret «  Sibelius édition » , 14 cd Deutsche Grammophon, CLIC de classiquenews.com (livret notice en anglais et allemand).

Contenu du coffret. Aux cĂ´tĂ©s de l’intĂ©grale des 7 Symphonies dominĂ©es par Karajan et son sens du dĂ©tail et du scintillement orchestral, chacun des 14 cd recèle de nombreuses pĂ©pites. Nous mentionnons ici les interprĂ©tations qui nous paraissent les plus mĂ©ritantes, dans un coffret globalement incontournable. Kellervo (cd 6) de plus d’1h de durĂ©e, enregistrĂ© en 1996 jaillit tel un gemme au souffle Ă©pique qui est aussi portĂ© par des ondulations psychiques souterraines, ce que la lecture en provenance du fonds Naxos manifeste clairement, affirme la pensĂ©e narrative et dramatique de Sibelius. D’autant que la baguette de Jorma  Panula ne manque ni de prĂ©cision et d’une saine vitalitĂ© jamais creuse. L’approche tout en soignant l’illustration d’une geste national – ancrĂ©e par son sujet et la langue des solistes et du choeur dans les brumes nordiques finnoises sait aussi dĂ©ployer une formidable tonalitĂ© poĂ©tique qui outrepasse le propos historique et narratif : le dernier tableau  (la mort de Kellervo) est d’abord un superbe poème symphonique aux Ă©clairs choraux d’une profondeur dĂ©lectable.

CLIC D'OR macaron 200Cd 7. En saga  (Marriner 1972) fait retentir ce grand souffle naturaliste qui fait de Sibelius le grand chantre de la nature, un poète symphoniste d’une trempe  exceptionnelle, orchestrateur millimĂ©trĂ© au diapason de son extraordinaire sensibilitĂ© instrumentale. MĂŞme ciselure  et justesse de ton dans le triptyque Rakastava opus 14 (mĂŞme chef, mĂŞme annĂ©e). L’ultra cĂ©lèbre FINLANDIA par Neeme Järvi (1995) rĂ©tablit sous le sujet patriote, l’intention et la sensibilitĂ© panthĂ©iste du compositeur dont la science instrumentale et le souffle Ă©vitent fort heureusement tout acadĂ©misme : le style houleux et ocĂ©anique du grand Sibelius s’y dĂ©verse avec une sensualitĂ© gĂ©nĂ©reuse.

La chevauchĂ©e nocturne opus 55 fait toute la valeur du cd 8 (Järvi, 1995) : le chef toujours inspirĂ© explore Ă  l’envi l’imaginaire sans limite du formidable conteur Sibelius menant tambour battant et avec un souffle haletant sa narration si singulière. L’ouverture Les OcĂ©anides dĂ©ploie un mĂŞme sens Ă©perdu et lyrique, entre extase et illuminations en sĂ©rie : le feu millimĂ©trĂ© de Neeme Järvi dĂ©cidĂ©ment très inspirĂ© se montre très convaincant.

Cd 9. Autre argument du coffret le Concerto pour violon par le violon cristallin vif argent d’Anne-Sophie Mutter  (1995) portĂ©e par le geste amoureux de PrĂ©vin, lui-mĂŞme pilote de la Staatskapelle  de Dresde : du très grand Mutter.

sibelius-edition-sibelius-coffret-14-cd-critique-presentation-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-4795102_Sibelius_Edition_PackshotLe cd 11 a une toute autre pertinence : il rĂ©vèle l’acuitĂ© sibĂ©lienne dans le registre chambriste avec point d’orgue l’excellente lecture par les Emerson du Quatuor opus 56 “Voces intimae” / voix intimes (opus majeur de la maturitĂ©, commencĂ© Ă  Londres, achevĂ© Ă  Paris en avril 1909),  fleuron des Quatuor du XXè avec l’apport d’un Janacek (Lettres intimes) : l’art de la quintessence, de la litote, si prĂ©sent chez Sibelius fait merveille, dans une langue Ă©conome, sobre, prĂ©cise, affĂ»tĂ©e que le Quatuor Emerson (2004) sait articuler avec une vivacitĂ© jamais tranchante : vive, sincère, juste (Ă©clairs introspectifs, Ă  la fois mordants et flexibles de l’Adagio ; sauvagerie aĂ©rienne du Scherzo).

jarvi neeme maestro sibelius clic de classiquenews edition sibeliusL’expĂ©rience symphonique, l’une des plus excitantes du XXème, vĂ©cue Ă  l’Ă©coute des oeuvres de Sibelius, se poursuit avec les derniers cd de cette intĂ©grale DG oĂą Ă  la diversitĂ© des partitions, formellement de mieux en mieux dessinĂ©es et structurĂ©es, rĂ©pond le geste de plusieurs sibĂ©liens, chefs dĂ©sormais reconnus depuis les Bernstein, Karajan Ă  juste titre lĂ©gendaires. Cd 12 : la Suite Roi Christian II opus 27 culmine par son lyrisme radieux d’une opulence instrumentale irrĂ©sistible grâce Ă  la direction vive et dĂ©taillĂ©e, structurĂ©e et dramatique, très oxygĂ©nĂ©e de Neeme Järvi (lequel confirme ainsi ses affinitĂ©s sibĂ©liennes tout au long du coffret : Gothenburg symphony orch., Ă©tĂ© 1995). De mĂŞme, le souffle rĂ©gĂ©nĂ©rateur et la force tellurique mesurĂ©e, toujours dans le sens d’un scintillement instrumental intimiste et panthĂ©iste de Horst Stein demeure anthologique pour les 9 sĂ©quences de l’Ă©blouissante fresque pour PellĂ©as et MĂ©lisande, offrande de Sibelius Ă  l’onirisme de Maeterlinck. Ouverture incandescente, portrait fĂ©erique de MĂ©lisande puis sa mort d’un renoncement maĂ®trisĂ©, entre abandon et accomplissement, sont l’insigne d’un immense sibĂ©lien (Orchestre de la Suisse Romande, juin et juillet 1978).

jussi_jalasLe cd13 dĂ©voile l’ardente fièvre communicative qui anime l’excellent maestro Jussi Jalas (1908-1985) et l’Orchestre d’Ă©tat Hongrois (ses archives viennent du fonds Decca ici intĂ©grĂ© aux bandes DG pour l’exhaustivitĂ© de l’intĂ©grale Sibelius 2015 : les Scènes Historiques (2 Suites) opus 25 et 66 ; surtout la musique de scène pour la pièce de Strindberg : Le Cygne blanc (Suite opus 54 – Budapest juin 1975) : que le chef fait palpiter d’une nĂ©cessitĂ© intĂ©rieure Ă  la fois lumineuse et impĂ©rieuse. Rayonne dans le cd 14, ultime composante de l’intĂ©grale Sibelius Deutsche Grammophon, les visions Ă  prĂ©sent bien identifiĂ©es et Ă©lectrisantes des deux chefs parmi les plus sibĂ©liens de ces dernières annĂ©es, deux tempĂ©raments qui demeurent les piliers de cette intĂ©grale : Neeme Järvi et Jussi Jalas. Le premier sait exprimer toute l’ivresse suspendue des deux Valses triste (opus 44) et romantique (opus 62b) quand le second marque les esprits par un sens prodigieux de l’intensitĂ© et de l’incandescence pour les deux Suites de La TempĂŞte opus 109, musique de scène pour la pièce de Shakespeare dont Sibelius fait surgir ce fantastique enchantĂ© d’une totale sĂ©duction (dont l’enchantement inquiĂ©tant de la chanson d’Ariel entre autres…,  enregistrement de 1971). Coffret Ă©vĂ©nement, Ă©lu CLIC de classiquenews d’octobre 2015.

sibelius-edition-sibelius-coffret-14-cd-critique-presentation-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-4795102_Sibelius_Edition_PackshotCd coffret. Compte rendu critique, Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon). Symphonies 1 Ă  7, Kullervo, En saga, Karelia Suite, Rakastava, Finlandia, ChevauchĂ©e nocturne, Luonnotar, Les OcĂ©anides, Tapiola, Concerto pour violon, mĂ©lodies, Quatuor Voces Intimae, Talvikuva, Suite Roi Christian II, PallĂ©as et MĂ©lisande, Scènes Historiques, La TempĂŞte… Anne-Sophie Mutter, Neeme Järvi, Jussi Jalas, Okko Kamu, Leonard Bernstein, Herbert von Karajan. 14 cd deutsche Grammophon 00289 479 5102. CLIC de classiquenews octobre 2015.

CD, événement, compte rendu critique. Julie Fuchs : Yes ! (Deutsche Grammophon 2015)

fuchs-julie-soprnao-YES-deutsche-grammophon-septembre-2015-review--account-of-compte-rendu-critique-CLASSIQUENEWS-(c)-2015-Solene-Ballesta-02_HDCD, Ă©vĂ©nement. Compte rendu critique. Julie Fuchs : Yes ! (Deutsche Grammophon 2015). Ce pourrait ĂŞtre l’ossature d’une revue musicale imaginaire Ă  laquelle la jeune diva nous convie;  dĂ©jĂ  remarquĂ©e dans Ciboulette de Hahn (1923) oĂą elle incarnait avec un angĂ©lisme dĂ©terminĂ© et pĂ©tillant la lolita  des halles parisiennes (prĂ©sente ici Ă©videmment : “C’est pas Paris, c’est sa banlieue”), Julie Fuchs abandonne ses vocalises nĂ©oclasssiques et triomphantes  qui concluaient lumineusement l’opĂ©ra des Lumières, Renaud de Sacchini, pour un premier rĂ©cital discographique, tout en savoureuse finesse. Son “j’ai deux amants”  (L’amour masquĂ© d’AndrĂ© Messager, 1923) pĂ©tille en vraie nouvelle diseuse après Yvonne Printemps ; fĂ©ministe ce qu’il faut et plus encore, superbe actrice aux nuances dĂ©lectables et Ă  la prosodie prĂ©cise et fluide, insolente et mordante, dans l’air de ThĂ©rèse des Mamelles  de TirĂ©sias (1917) ; les deux Kurt Weill – en français -, surprennent par leur profondeur et la rĂ©ussite de l’alliance comĂ©die grinçante, amertume cynique  (complainte de Mackie, L’opĂ©ra de Quat’sous, 1928). Quand Ă  Phi-Phi  (ah, cher monsieur excusez moi, de Christine,  1918), la diva d’une articulation lumineuse lĂ  encore, revivifie le clin d’oeil Ă  la Manon de Massenet.

 

 

fuchs-julie-cd-critique-review-account-of-cd-Julie-fuchs-CLASSIQUENEWS-CLIC-septembre-2015-YESVisuel-def-Julie-Fuchs

 

 

Ce qui captive c’est la superbe couleur que la coloratoure sait insuffler Ă  des aigus toujours couverts, tenus, porteurs d’une Ă©motion sincère, d’une Ă©lĂ©gance très suggestive.
Sous couvert de la lĂ©gèretĂ© parfois grivoise (le “premier tirage” de Phi-Phi, le “ça” de Casimir Oberfled, 1932), la soprano cultive une finesse d’intonation de bout en bout enivrante. D’autant que son articulation et son intelligibilitĂ© demeurent deux qualitĂ©s continĂ»ment prĂ©servĂ©es.
OpĂ©rette rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e sous l’influence du music hall,  du jazz et de la comĂ©die musicale, l’Ă©poque et le rĂ©pertoire que sert avec une subtilitĂ© très juste Julie Fuchs pour son première album, soulignent l’essor du spectacle musical Ă  Paris marquĂ© par une insouciance fĂ©conde propre aux annĂ©es Folles.

Diseuse enivrĂ©e, d’une irrĂ©sistible sĂ©duction, la nouvelle diva française

Julie Fuchs dit Yes !

Nouvelle diva enivrante, Julie Fuchs dit " YES"

 

 

Il appartient aux jeunes talents du moment de nous Ă©tonner d’abord, de nous surprendre ensuite en dĂ©voilant par l’affinitĂ© de leur voix et du rĂ©pertoire choisi, tout un style expressif et la cohĂ©rence d’une sĂ©lection musicale, gageure Ă©noncĂ©e et remarquablement rĂ©ussie dans ce premier album qui nous Ă©pargne les sempiternelles premières Ă©ditions lesquelles souvent conçues comme des cartes de visite, abreuvent de pots pourris indigestes dans une auto cĂ©lĂ©bration toujours dĂ©cousue. Rien de tel ici tant la suave et facĂ©tieuse parentĂ© entre chaque air et mĂ©lodie fait rĂ©fĂ©rence Ă  une Ă©poque bercĂ©e de culture, de finesse, de fantaisie habile, d’une constante intelligence.
La cantatrice sĂ»re, au goĂ»t affĂ»tĂ©e, au style irrĂ©prochable sachant constamment jouer entre mĂ©lodie parodique et sĂ©ditieuse  et grand air d’opĂ©ra (sublime mĂ©lodie du Coq d’or de Rimsky de 1909 : le fameux Hymne au soleil, chnatĂ© en français comme l’ensemble du programmes) nous enchante par une maĂ®trise savoureuse entre chant lyrique et opĂ©rette : une telle fluiditĂ© captive mĂŞlant finesse et humour, ivresse et suavitĂ© … se filles tendres et faciles (qui ne cessent de dire yes) gagnentt une profondeur lyrique indiscutable et ses airs lyriques classiques (les deux Lehar) et surtout le Rimsky dĂ©jĂ  citĂ©, gravissent les marches de l’embrasement par un timbre de lyrique lĂ©ger virtuose.

 

 

CLIC_macaron_2014Chaque air lui va, chaque situation la valorise, dĂ©voile un tempĂ©rament taillĂ© pour l’intensitĂ© enivrĂ© du drame… L’instinct artistique s’affirme dans la finesse servie par une voix d’une ineffable sĂ©duction en rien artificielle et si profondĂ©ment humaine : voilĂ  qui nous  change de bien des lolitas pour lesquelles chant signifie performance. Ici la musicalitĂ© entre comĂ©die et sincĂ©ritĂ© confirme une somptueuse intelligence.
Magistral (Ă©coutez l’insolente agilitĂ© de son Ravel : L’enfant et les sortilèges, 1925, exhortation dĂ©lirante de l’animal/insecte vengeur). Pour finir le “ThĂ© pour deux” (No no Nanette, Vincent Youmans, 1925) Ă©blouit littĂ©ralement par son Ă©lĂ©gance suave. Un miracle de diction amusĂ©e piquante que n’aurait pas reniĂ© les plus exigeants parisiens, Cocteau et Guitry.
Alors face Ă  tant de finesse enjouĂ©e et stylĂ©e que dire Ă  cette nouvelle diva rĂ©jouissante qui a la super classe : ce qu’elle dit elle mĂŞme ressuscitant le Maurice Yvain de 1928 : un immense ” yes ” ! C’est donc un CLIC de classiquenews pour septembre 2015.

 

 

CD, Ă©vĂ©nement. Julie Fuchs : Yes ! (1 cd Deutsche Grammophon, enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Paris en avril et juin 2015). Yvain, Poulenc, Ravel, Honegger, Weill, ChristinĂ©, Youmans, Rimsky, Hahn… Orchestre national de Lille. Samuel Jean, direction.

CD, compte rendu critique : Rufus Wainwright : ” Prima donna ” (Janis Kelly, 2012, Deutsche Grammophon)

rufus_wainwright_prima_donna_deutsche_grammophone_operaCD, compte rendu critique : Rufus Wainwright :  ” Prima donna ” (2012). De quelle diva le compositeur amĂ©ricano-canadien quadragĂ©naire Rufus Wainwright s’est-il rĂ©ellement inspirĂ© pour Ă©crire son opĂ©ra Prima Donna crĂ©Ă© en 2009 Ă  Manchester ? Qu’il s’agisse de RĂ©gine Crespin ou de Maria Callas, (ici l’hĂ©roĂŻne emprunte son prĂ©nom Ă  la première et l’ouvrage, le cadre de son action Ă  la seconde… mais pas seulement),- l’oeuvre totalement chantĂ©e en français dont l’action se passe sur une seule journĂ©e dans un appartement parisien (cocorico!), Ă©voque le retour Ă  la scène d’une ancienne prima donna (“RĂ©gine Saint-Laurent”) laquelle a quittĂ© la scène depuis 6 ans… A travers le livret, plusieurs thĂ©matiques passionnantes sont traitĂ©es ;  entre passĂ© et prĂ©sent, l’image des artistes âgĂ©es et aussi la mĂ©tamorphose de la femme et la perte de sa voix chantĂ©e donc de son identitĂ© y sont abordĂ©s. C’est plus allusivement l’Ă©vocation d’une tragĂ©die intime (et dans la vie du compositeur et dans celle de la diva fictionnelle) qui explique le profil très finement caractĂ©risĂ© de la protagoniste comme l’acuitĂ© expressive de certaines scènes dont l’Ă©vocation de ses duos lyriques aclamĂ©s alors (acte II).

 

 

 

 

 

 

 

ChantĂ© en français, l’opĂ©ra Prima Donna de Wainwright est Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon

Diva sur le retour : un portrait sensible et bouleversant

 

 

 

wainwright rufus portrait prima donnaDeutsche Grammophon Ă©dite ce 11 septembre 2015 l’opĂ©ra Prima Donna en 2 cd avec dans le rĂ´le titre, la crĂ©atrice Janis Kelly : son charisme et sa grande conviction dramatique offre une saisissante performance, Ă©clairant le parcours du rĂ´le, ses vertiges, ses Ă©clairs, ses allers retours permanents entre prĂ©sent et passĂ©. L’opĂ©ra français sur un livret que Wainwright a coĂ©crit avec Bernadette Colombine, imagine le retour Ă  la scène de la diva pourtant âgĂ©e dans le Paris des annĂ©es 1970… (un clin d’oeil Ă©vident Ă  Callas) et qui tombe amoureuse d’un jeune journaliste sur le point de se marier, AndrĂ©. Leur rencontre revĂŞt une dimension particulière d’autant plus que la soprano intimement atteinte lui apprend alors sa dĂ©cision de faire ses adieux.
L’Ă©criture flamboyante de Wainwright, grand amateur d’opĂ©ras,  semble recycler les Ă©pisodes les plus lyriques et extatiques d’un Puccini, empruntant aussi Ă  la ComĂ©die musicale, sachant très intelligemment varier les climats, et tendre l’arc structurel si essentiel Ă  l’opĂ©ra, entre comĂ©die et tragĂ©die ; le chant de la protagoniste et celui de ses partenaires dont le tĂ©nor lyrico spinto et de legerezza (AndrĂ©) lancent autant de dĂ©fis aux interprètes : les deux rĂ´les (RĂ©gine / AndrĂ©) sont redoutables pour la voix et offrent deux personnages d’une grande finesse psychologique. Peu d’ouvrage ont offert Ă  une soprano âgĂ©e et mĂ»re un rĂ´le aussi nuancĂ©, traversant toutes les nuances de la palette Ă©motionnelle (tĂŞte Ă  tĂŞte initial entre RĂ©gine et sa nouvelle femme de chambre Marie au I) entre nostalgie, amertume, regret, renoncement et apaisement final (fin du II), cependant que dans l’Ă©vocation du duo amoureux quand elle chantait AliĂ©nor d’Aquitaine, la soprano et le tĂ©nor plongent en pleine ivresse enchantĂ©e (Ă©pisode Dans ce jardin au II qui est le prĂ©texte au duo le plus allusif et Ă©chevelĂ© de l’ouvrage)…

figueroa antonio tenor prima donna andre journaliste review account of CLASSIQUENEWS PRIMA DONNA rufus wainwrightLe livret est loin d’ĂŞtre conforme et dĂ©suet : il permet une succession d’Ă©pisodes Ă  la fois contrastĂ©s et progressifs, approfondissant et l’Ă©vocation sensible d’un passĂ© glorieux et perdu (nombreux flashbacks), et le ressentiment d’une vie dĂ©diĂ©e Ă  l’art et au chant qui a sacrifiĂ© l’Ă©panouissement individuel (encore un clin d’Ĺ“il Ă  Callas).  L’apparition du jeune journaliste, admirateur de la diva, suscite chez elle, un retour d’effusion, le jaillissement d’une tendresse jusque lĂ  ensevelie. L’auteur parle bien d’un long pĂ©riple qui du dĂ©but Ă  la fin, prĂ©sente la diva sous des facettes diffĂ©rentes et conduit aussi le spectateur Ă  la suivre mais sans voyeurisme et avec beaucoup de vĂ©ritĂ© et de pudeur. Les rĂ´les de sopranos mĂ»res sont rares Ă  l’opĂ©ra faut-il y voir un hommage aux grandes cantatrices que la fragilitĂ© de l’instrument condamne de facto Ă  une retraite souvent douloureuse ? Dans le rĂ©pertoire romantique, la Dame de Pique (la comtesse est en rĂ©alitĂ© chantĂ©e souvent par un mezzo) ou Eva Marty dans L’affaire Makropoulos de Janacek sont des exemples prĂ©cĂ©dents, auxquels l’opĂ©ra de Wainwright fait Ă©cho avec pertinence. Mais le jeune compositeur va plus loin en jouant concrètement sur les couleurs et les accents spĂ©cifiques d’une voix mĂ»re.

kelly janis soprano classiquenews janis kelly-2On sent la sincĂ©ritĂ© d’un musicien (qui dĂ©die son opĂ©ra Ă  son compagnon Jörn et Ă  sa mère Kate McGarrigle) avant tout amoureux de son hĂ©roĂŻne oĂą se confondent selon ses tĂ©moignages Ă  propos de la genèse de son opĂ©ra, les souvenirs des entretiens tĂ©lĂ©visĂ©s de Maria Callas Ă  la fin de sa carrière, comme l’hommage Ă  sa propre mère condamnĂ©e par un cancer au moment de la composition de l’opĂ©ra… L’ouvrage un temps commandĂ© puis rejetĂ© par le Metropolitan Opera de NY ; programmĂ© puis annulĂ© au New York City Opera fut finalement crĂ©Ă© en 2009 Ă  Manchester. Il fut ensuite repris Ă  Londres et Toronto en 2010, puis Ă  la Brooklyn Academy de NY en 2012, avant d’ĂŞtre jouĂ© en septembre 2015 Ă  Athènes.

CLIC D'OR macaron 200La première fut Ă©claboussĂ©e par un scandale relayĂ© par la presse et soulevant le soupçon sur l’auteur rĂ©el de l’opĂ©ra. S’en suivit une polĂ©mique honteuse sur la paternitĂ© de la partition redevable ou non au seul cerveau de Wainwright : depuis, la confession quasi officielle de l’auteur a dĂ©montrĂ© l’originalitĂ© et l’intĂ©gritĂ© de sa crĂ©ativitĂ©, seule productrice de l’opĂ©ra tel que nous le connaissons aujourd’hui et tel qu’il a Ă©tĂ© enregistrĂ© par Deutsche Grammophon. L’ensemble de la rĂ©alisation, les crĂ©ations successives puis l’enregistrement avec le VVC Symphony Orchestra a Ă©tĂ© assurĂ© par le soutien privĂ© de nombreux fans appelĂ©s Ă  financer l’opĂ©ration en crossfunding (Ă  travers l’aide de pledgemusic)…  On y dĂ©couvre les deux superbes chanteurs offrant aux deux profils si bouleversant, soprano et tĂ©nor, (remarquable Janis Kelly et Antonio Figueroa)deux incarnations fusionnelles malgrĂ© leur diffĂ©rence gĂ©nĂ©rationnelle. La personnage fascinant de RĂ©gine Saint-Laurent concentre toutes les facettes de la diva qui rĂ©alise une sorte d’autocritique : comme si Ă  la façon de La MarĂ©chale du Chevalier Ă  la rose, elle tenait le miroir et observait en en rĂ©alisant le commentaire, tendre ou cynique, serein ou amer, toutes les marques d’un temps fait d’Ă©preuves et de sublimations, de dĂ©passement et de frustration. Quand Janis Kelly, crĂ©atrice du rĂ´le en 2009 se regarde et chante ce qu’elle voit et ce qu’elle a vĂ©cu, c’est Tosca, Traviata, Turandot aussi, La MarĂ©chale donc et Arianne, et  Elektra tout autant qui paraissent sur la scène, sans omettre Brunnhilde en particulier qui surgit, non pas l’hĂ©roĂŻne romantique sacrifiĂ©e, mais une âme contemplative et nostalgique qui interroge au-delĂ  de son personnage, la force de son incarnation et le sens du chant lui-mĂŞme.

Rufus_WainwrightDe sorte que nous disposons d’une partition musicalement accessible, aux Ă©pisodes rĂ©ellement envoĂ»tants oĂą perce et saisit le profil d’un personnage qui synthĂ©tisant tous les grands rĂ´les romantique Ă  l’opĂ©ra, est aussi un remarquable hommage au chant incarnĂ©. C’est donc une vĂ©ritable dĂ©couverte et par sa construction, son Ă©criture, les thèmes mĂŞlĂ©s qu’il suscite en rĂ©sonance, un ouvrage majeur comme peut l’ĂŞtre dans le registre des hommages aux divas romantiques, Le Château des Carpathes de Philippe Hersant (et le remarquable rĂ´le de la cantatrice La Stilla inspirĂ© par le compositeur français d’après Hugo : voir le reportage vidĂ©o classiquenews, Philipep Hersant : Le Château des Carpathes, mai 2009). Coffret Ă©vĂ©nement, donc CLIC de classiquenews de septembre 2015.

 

Illustrations :  Rufus Wainwright, Antonio Figueroa, Janis Kelly, Rufus Wainwright (DR)

 

 

 


PRIMA DONNA de Rufus Wainwright. Synopsis (en anglais)

Act I

Early morning in Régine Saint Laurent’s Paris apartment

Following a night of endless nightmares, RĂ©gine Saint Laurent is awake unusually early, and surprisingly shows interest in talking with her new maid, Marie, when she arrives for work. Marie is only too happy to unload her latest complaints about her drunken and tempestuous husband upon Madame, who in turn starts sharing about her doubts and anxiety-filled terrors of returning to the stage after a six-year hiatus.

Madame tells Marie of the stage role of her life, Aliénor d’Aquitaine, the strong, powerful and culture-loving woman who became queen of both France and England, an opera written for her at the peak of her career. These two women, from opposite walks of life, form a strong bond with each other in the midst of their heart-to-heart exchange.

Philippe, Régine’s butler and confidant, enters with his assistant, François. Philippe is upset to see Madame and Marie in a casual and friendly situation, instead of Madame preparing for the interview with a journalist, André Letourneur, a rendezvous that she has forgotten.

Philippe instructs François to arrange the flowers around the apartment for the journalist’s imminent arrival. Philippe starts ranting about the golden days when Madame was the Queen of Paris until the opening run of Aliénor six years ago, when, after a triumphant premiere, she lost her voice during the duet on the second night, after which Madame never sang again. Lost in his nostalgia and slowly going into a rage-like state, Philippe swears that he and Madame will not make the same mistakes this time.

The doorbell rings and the journalist arrives. Philippe obsequiously welcomes André into the glamorous world of Régine Saint Laurent, who makes her grand entrance.

The interview turns out to be more than Régine or André had imagined. The pressing questions of André about Madame’s last performance of Aliénor trigger an emotional response from Régine, who gets overwhelmed by memories rushing back, showing how traumatizing that evening was for her. André himself seems to remind her of someone involved in the hurtful and disturbing memory. She refuses to answer that line of questioning.

André sees more than the legend he has adored since his days at the conservatory, where he himself studied to be a tenor. He takes advantage of Régine’s state of confusion and prompts her to go to the piano and they end up singing the iconic love duet from Aliénor. As the passionate duet reaches a climax, Régine’s voice breaks down.

Philippe leaps in to save the day, and Madame is put to rest under Marie’s care. Everyone attempts to comfort Régine as she tries to recover her senses. Philippe reschedules the interview with André for later in the evening. André agrees and leaves. Madame is left resting in the darkened room. André comes back to retrieve the score he had brought over and left at the piano. Régine sees him and beckons to him. He goes to her. They kiss. Marie comes in, sees them and leaves.

Act II

Later that same evening

As Marie is setting the table, she gets homesick and tells of the simple life in her home in Picardie. She nostalgically compares it to the love-crazed and materialistic life of Paris.

Marie confronts Philippe about his plans to have the journalist return that evening to continue the interview over dinner and the Bastille Day fireworks. Philippe erupts at Marie and reminds her of her place in his household.

Régine warms her voice and tries to understand why it failed her in front of the journalist. While she can sing the precious high note in isolation, each time she tries to put words and meaning into the music, she is again unable to reach the climactic note. Madame realizes that she must confront the recording of that glorious, tragic evening six years ago, a recording she could never bring herself to listen to, if she is ever to sing Aliénor, or any opera, ever again. She reflects on her fearless youth and on her past and present struggles with confidence and anxiety. Her youth is forever gone and she now has to face a new reality. She finally plays the legendary recording of her opening night, and her mind carries her back in time to her original performance of that very same love duet.

Henry, the King of England, portrayed by André, enters the garden and professes his love to his glorious Aliénor. Régine becomes Aliénor, and flawlessly performs the magical scene.

Régine wakens from her reverie and declares her refusal to return to the stage. Philippe explodes and unleashes his resentment through a violent rage. Marie comes to Madame’s rescue. There is no turning back and Philippe musters every ounce of his remaining pride and makes his final exit from Madame’s life for ever – just as the doorbell rings for the journalist’s return.

The journalist, however, has an unpleasant surprise for Régine: he is engaged to be married and has brought his fiancée. Once again forced to confront her new circumstances, she wishes him and his fiancée well with utter grace and generosity.

André asks Régine for one last gesture before he leaves: would she sign his original album of Aliénor? Régine does so, and she announces the end of her career to the journalist. But, just before he goes, she realizes that she would like the precious souvenir to be for someone closer to her heart – Marie.

La Prima Donna signs her last autograph. Finally, left by herself in her apartment, RĂ©gine steps onto the balcony to watch the Bastille Day fireworks.

CD, concert : actualitĂ©s de ” Prima donna ” l’opĂ©ra de Rufus Wainwright (2009)

Rufus_Wainwrightrufus_wainwright_prima_donna_deutsche_grammophone_operaCD, concert : actualitĂ©s de ” Prima donna ” l’opĂ©ra de Rufus Wainwright (2009). Belle annĂ©e 2015 pour Wainwright : en septembre, son opĂ©ra Prima Donna (crĂ©Ă© en 2009) sort en disque et est repris Ă  Athènes… De quelle diva le compositeur amĂ©ricano-canadien Rufus Wainwright s’est-il inspirĂ© pour Ă©crire son opĂ©ra Prima Donna crĂ©Ă© en 2009 Ă  Manchester ? Qu’il s’agisse de RĂ©gine Crespin ou de Maria Callas, l’oeuvre totalement chantĂ©e en français (cocorico!) Ă©voque le retour Ă  la scène d’une ancienne prima donna (“RĂ©gine Saint-Laurent”) Ă  l’âge de 70 ans. A travers le livret, plusieurs thĂ©matiques passionnantes sont traitĂ©es ; l’image des artistes âgĂ©es (quel autre compositeur a conçu un rĂ´le pour une soprano coloratoure mĂ»re ?) et aussi la mĂ©tamorphose de la femme et la perte de sa voix chantĂ©e donc de son identitĂ© y sont abordĂ©s : confrontĂ©e au jaillissement imprĂ©vu d’un sentiment amoureux irrĂ©pressible pour le journaliste venu l’interroger (incarnĂ© par le tĂ©nor Antonio Figueroa), la cantatrice comme Violetta ValĂ©ry (La Traviata de Verdi) Ă  la fin de sa carrière parisienne, Ă©prouve un dĂ©sir irrĂ©pressible d’autant plus Ă©mouvant qu’il est intense et sincère, et vĂ©cu au crĂ©puscule de sa vie… cette rencontre ressuscite chez la vieille artiste, toutes les scènes d’amour qu’elle a jouĂ©es sans les Ă©prouvĂ©es rĂ©ellement (en particulier quand elle chantait son fameux rĂ´le d’AliĂ©nor : une prise de rĂ´le qui la fait connaĂ®tre et qui Ă  l’Ă©poque avait dĂ©jĂ  marquĂ© le jeune journaliste).  Leur rencontre et les Ă©pisodes du voyage de la diva dans son passĂ© revivifiĂ© par l’apparition du jeune homme, font en particulier toute la valeur de l’acte II qui alterne immersion enchantĂ©e dans le passĂ© oĂą elle Ă©tait jeune et adulĂ©e, et sĂ©quences plus âpres voire cyniques et dĂ©senchantĂ©es oĂą l’ex diva Ă©voque ses souvenirs perdus en prĂ©sence du journaliste…

Deutsche Grammophon Ă©dite ce 11 septembre l’opĂ©ra Prima Donna en 2 cd avec dans le rĂ´le titre, la crĂ©atrice Janis Kelly. Le chef George Petrou propose sa version de l’ouvrage lyrique ce 15 septembre Ă  Athène, Théâtre OdĂ©on HĂ©rode Atticus avec bonus vidĂ©o (signĂ© Francesco Vezzoli) destinĂ© Ă  attirer les geek et jeunes branchĂ©s, la photographe Cindy Sherman paraĂ®trait dans le rĂ´le de la diva et dans des costumes portĂ©s par Maria Callas, prĂŞtĂ©s par la maison Tirelli (“ PRIMA DONNA, a Symphonic visual concert ” : programmĂ© dans le cadre du Festival Epidaurus d’Athènes 2015, le 15 septembre, 21h30). En seconde partie de soirĂ©e, le compositeur Rufus Wainwright participe Ă  la soirĂ©e en interprĂ©tant une sĂ©lection de ses mĂ©lodies et songs favorites. Prochaine critique complète de l’opĂ©ra PRIMA DONNA de Rufus Wainwright (2 cd Deutsche Grammophon) dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

Reprises de Prima Donna de Rufus Wainwright Ă  Lisbonne le 27 novembre 2015, puis Ă  Hong Kong le 1er mars 2016 (Hong Kong cultural centre). + d’infos, voir le site de Rufus Wainwright

CD, compte rendu critique. Coffret Ă©vĂ©nement : Ferenc Fricsay, Complete recordings on Deutsche Grammophon. Vol. 2 : Operas, choral works. 37 cd Deutsche Grammophon. CLIC de classiquenews.com d’aoĂ»t 2015

fricsay ferenc complete recordings on deutsche grammophon volume 2 operas, choral works, review compte rendu critique annonce classiquenews, coffret cd CLIC de classiquenews aoĂ»t 2015 4794641CD, compte rendu critique. Coffret Ă©vĂ©nement : Ferenc Fricsay, Complete recordings on Deutsche Grammophon. Vol. 2 : Operas, choral works. 37 cd Deutsche Grammophon. CLIC de classiquenews.com d’aoĂ»t 2015. Le prĂ©sent coffret dĂ©voile les coulisses et l’hĂ©ritage d’un gĂ©ant hongrois devenu artisan majeur de la “forge berlinoise”, expert du mĂ©tier lyrique et choral, nĂ© Ă  Budapest en 1914, qui au lendemain de la guerre, capable de remplacer et Klemperer (La Mort de Danton de Gottfried von Einem Ă  Salbourg Ă©tĂ© 1947), et aussi Jochum Ă  la tĂŞte du Philharmonique de Berlin, s’impose par sa capacitĂ© de travail hors norme (comme Karajan), une conscience architecturĂ©e spectaculaire, capable de diriger les plus grands plateaux mais en prĂ©servant toujours la tension, la clartĂ©, l’Ă©loquence du drame humain.

Idole Ă  Salzbourg, Ferenc Fricsay diirge l’OpĂ©ra de Munich (dès 1956), s’impliquant sans compter au risque de la rupture physique (en novembre 1958, première attaque du cancer qui allait le ronger inexorablement). Puis c’est le Stadtische Oper de Berlin qui lui ouvre les portes comme directeur musical en avril 1960 : Ferenc Fricsay devait s’Ă©teindre trois annĂ©es plus tard en fĂ©vrier 1963. Mais auparavant que d’accomplissements rĂ©alisĂ©s.

CLIC D'OR macaron 200VoilĂ  qui montre un parcours marquĂ© par le travail, l’exigence, une pensĂ©e esthĂ©tique surtout d’une inflexible maturitĂ©, s’appuyant sur la connaissance experte des oeuvres et des partitions abordĂ©es. Le chef impressionne par son sens du dĂ©tail, la clartĂ© de ses conceptions d’ensemble, des trouvailles instruments/ voix, qui en une association harmonieuse et Ă©quilibrĂ©e rĂ©alisent l’accord toujours recherchĂ©, trop peu atteint chez ses autres confrères, entre voix et orchestre. La profondeur, des tempi larges, profonds, ralentis, un sens de la phrase musicale qui suit surtout la respiration et l’acuitĂ© naturelle du texte s’affirment ainsi de gravures en gravures. Son rĂ©pertoire est large : Bartok (chantĂ© en allemand), Verdi, Beethoven, surtout Mozart (un legs phĂ©nomĂ©nal) et quelques essais isolĂ©s mais d’une justesse poĂ©tique stupĂ©fiante : Stravinsky (Oedipus Rex), Wagner (Le Vaisseau FantĂ´me), Gluck (OrphĂ©e, chantĂ© en allemand), … Ne parlons que de nos coups de cĹ“ur au sein d’un coffret exceptionnellement captivant.

CD 37. Il est un artiste avec lequel Fricsay s’est montrĂ© d’une amoureuse complicitĂ© : le baryton Dietrich Fischer Dieskau : le chef lui rĂ©serve de superbes rĂ´les ; il enregistre aussi en 1951 et 1961, nombre de scènes lyriques extraites de divers opĂ©ras : leur Falstaff de 1951, ample scène de plus de 17 mn reste mĂ©morable par l’instinct stylĂ© du diseur comme l’imagination orchestrale du maestro qui veille Ă  la clartĂ© colorĂ© du discours… Mais leur profonde comprĂ©hension de la psychologie s’affirme davantage encore dans l’air de Zurga des PĂŞcheurs de Perles de Bizet dont on reste frappĂ©s par la puretĂ© des phrasĂ©s et sa rĂ©sonance orchestrale. Ses Verdi ont la juvĂ©nilitĂ© ardente et lumineuse de Toscanini : une source Ă  laquelle Abbado plus tard saura s’abreuver (scène de Don Carlo dans La Forza del destino)… c’est peu dire que le souffle seul de l’acteur, exceptionnellement articulĂ©, conduit le drame grâce Ă  un chef qui s’ingĂ©nie Ă  le porter, l’accompagner, sublimer le relief de son texte. Dietrich Fischer Dieskau a bien parlĂ© de l’Ă©volution du maestro : acuitĂ© des contrastes ciselĂ©s mordants au dĂ©but puis contours tendres et amoureux justement dans les annĂ©es 1950 et 1960. Ce cd 37 est un modèle d’Ă©lĂ©gance et de sensibilitĂ© et le français, comme l’italien du baryton mythique est stupĂ©fiant de sobriĂ©tĂ© et d’intĂ©rioritĂ©. VoilĂ  l’un des apports les plus saisissants du chef trop tĂ´t fauchĂ© en 1963 Ă  48 ans.

Le directeur gĂ©nĂ©ral de la musique de l’OpĂ©ra d’Etat de Berlin (Städtische Oper de Berlin) depuis 1960 engage un âge d’or lyrique offrant toujours Ă  son baryton vedette de nombreuses prises de rĂ´les dont le coffret tĂ©moigne ici : Papageno (1955) ; OrphĂ©e de Gluck (chantĂ© en allemand en 1956) ; surtout Don Giovanni de 1958 ; Le Comte Almaviva des Noces de Figaro en 1960…

Fricsay, une passion lyrique

CD 13 Ă  26. Mozart : une source jaillissante intarissable. Ce sont les Mozart qui occupent le centre nĂ©vralgique d’une gĂ©ographie Ă©motionnelle et esthĂ©tique d’un immense pouvoir d’attraction. Fricsay Ă  Salzbourg comme Ă  Berlin, s’y dĂ©voile d’une finesse exemplaire, Ă©lĂ©gante et profonde, subtile et dramatique. Un Ă©quilibre d’une sĂ©duction immĂ©diate et qui se rĂ©vèle d’Ă©coute en Ă©coute, d’une justesse parfois plus grande que Boehm.

Nos prĂ©fĂ©rĂ©s sont Don Giovanni, Les Noces : deux sommets du geste Fricsay, de surcroĂ®t sublimĂ©s par la prise aĂ©rĂ©e en stĂ©rĂ©o : le duo, complice jusqu’Ă  l’acharnement Dieskau / Kohn en Giovanni / Leporello, celui tragique composĂ© par Anna et Ottavio (Sena Jurinac et Ernst Haefliger) atteint le sublime : entre eux quelle science de la caractĂ©risation grâce au geste particulièrement ductile et fin, mystĂ©rieux et cristallin d’un Fricsay idĂ©alement Ă©quilibrĂ©, articulĂ©, dramatique (pilotant les instrumentistes du RSO Berlin, d’un gant de fer); sans omettre non plus, La FlĂ»te…, Idomeneo et l’Enlèvement au sĂ©rail. On rĂŞve de ce qu’aurait pu donner Cosi (hĂ©las absent du catalogue, le maestro Ă©tant mort avant d’avoir pour rĂ©aliser son projet de trilogie Da Ponte Ă  Berlin). Comme accusant encore l’affinitĂ© du chef avec la subtilitĂ© mozartienne, l’Idomeneo, live de Salzbourg fin juillet 1961 (CD22-23), exceptionnel par la ciselure Ă©motionnelle de chaque protagoniste Ă  une Ă©poque oĂą les seria du jeune Wolfgang n’intĂ©ressaient personne : Pilar Lorengar, Ernst Haefliger, Elisabeth GrĂĽmmer, Waldemar Kmentt incarnent avec une sincĂ©ritĂ© palpitante respectivement Ilia (vrai personnage principal), Idamante, Elettra, Idomeneo… Une gravure qui fait le prestige et l’excellence mozartienne de Salzbourg,avant que Harnoncourt et ses Viennois dĂ©poussiĂ©rant ne viennent rĂ©volutionner l’approche de l’ouvrage, l’un des plus passionnants de Mozart.

Une autre perle doit aussi ĂŞtre soulignĂ©e : l’exceptionnel Oedipus Rex de Stravinsky (CD 30), travail de ciselure instrumental encore, avec le passionnant Ernst Haefliger, un autre pilier de la sonoritĂ© dramatique Fricsay (1960).

Le Vaisseau FantĂ´me (mono berlinois de novembre 1952, CD 34-35) s’impose tout autant par l’Ă©nergie printanière (toscaninienne) de l’orchestre : une vision très sĂ»re, et structurĂ©e sur laquelle glissent littĂ©ralement le parlĂ©/chantĂ© des solistes, dont le sens du verbe et l’articulation du texte (y compris pour l’excellent choeur) font merveille : la Senta solide et incisive, vrai cĹ“ur ardent d’un romantisme embrasĂ© et si proche du texte de Annelies Kupper est Ă©poustouflante. Outre la tenue des aures solistes dont l’Erik d’Ernst Haefliger, le Höllander de Josef Metternich, la direction vive et percutante, la maĂ®trise des masses (choeurs et solistes) dĂ©voilent lĂ  encore la sensibilitĂ© du maestro.

Cependant que Les Saisons de Haydn (deux versions ici prĂ©sentĂ©es : CD 7-8 / CD 9-10) sĂ©duisent immanquablement par la profondeur des couleurs orchestrales que le chef sait y apporter, toute la science du narrateur, de l’architecte spatial au service d’une Ă©vocation pastorale de plus spirituelle (introduction schubertienne de l’Hiver) s’affirme avec une dĂ©licatesse et une respiration intĂ©rieure des plus captivantes. Le choix des solistes fait aussi toute la valeur des deux lectures de plus en plus investies et introspectives d’un Fricsay, sĂ©duit autant par l’Ă©clat suave que le chant sombre et intĂ©rieur. Avouons finalement par sa puissance et son souffle, sa certitude intĂ©rieure, la seconde version (live Berlinois de novembre 1961 : CD 9-10) avec des complices familiers Maria Stader (Hanne), Ernst Haefliger (Lukas), et l’excellente basse Josef Greindl (Simon… qui fait aussi un excellent Osmin dans l’Enlèvement au sĂ©rail). AcuitĂ© des inflexions les plus sensibles (vocales et instrumentales), tempi larges et pleinement investis, lumière intĂ©rieure : tout Fricsay est lĂ  qui place Haydn Ă  la plus grande place, hĂ©ritier des oratorios de Haendel, du drame humain de Mozart et par sa carrure symphonique, prĂ©curseur de Schubert et de Beethoven.

La Messe en ut KV427 de MOZART : un sommet irrésistible

CĂ´tĂ© oeuvres chorales, outre le Stabat Mater de Rossini et les deux versions du Requiem de Verdi, c’est assurĂ©ment la Grande Messe en ut de Mozart, – stĂ©rĂ©o berlinois d’octobre 1959 (CD13), qui se distingue : s’y dessinent une ferveur et un recueillement progressif absolument passionnant, en rien Ă©pais ni solennel : mais humain et intime (l’ange radieux de Maria Stader en introduction, se fait caresse immĂ©diate et naturelle, que ni les Bohm ni les Karajan ne sauront ensuite Ă©galer par l’intensitĂ© naturelle, investie par la grâce. La pertinence des voix (les deux sopranos associĂ©s : Stader/Töpper et le tĂ©nor Ernst Haefliger produisent des joyaux vocaux, Ă©tincelles et fusions attendries et percutantes (sublime Quoniam tu solus sanctus, l’un des moments les plus bouleversants de la partition, avec Ă©videmment le cĂ©lestre “Et incarnatus est” pour soprano I)-, l’Ă©loquence de l’orchestre et du chĹ“ur, la conception globale affirme Fricsay Ă  son meilleur. Le sens de l’architecture qui va crescendo sans jamais perdre ni la clartĂ© ni la sincĂ©ritĂ© restent superlatif. Un sommet mozartien. L’annĂ©e suivante la mĂŞme Maria Stader prĂŞte sa voix plus âpre et dĂ©vorĂ©e par l’angoisse d’une mort de souffrance dans la seconde lecture du Requiem de Verdi (CD 32-33) : une expĂ©rience collective aux dĂ©flagrations subtiles qui place l’homme face Ă  lui-mĂŞme dans un cycle d’une violence et d’une tendresse rares (d’autant que le complĂ©ment de ce Verdi inoubliable comprend aussi les Quatre pièces sacrĂ©es de 1952 rĂ©alisĂ©es avec le mĂŞme choeur berlinois : RIAS Symphonie Orchester Berlin (la seconde sĂ©quence Stabat Mater avec orchestre, bouleverse par son humanitĂ© franche, la sobriĂ©tĂ© et la justesse de la direction). Ne serait ce que pour ces deux seuls accomplissements, le prĂ©sent coffret mĂ©rite le meilleur accueil. Une somme musicale et esthĂ©tique inestimable Ă  Ă©couter de toute urgence.

En bonus et non des moindres, car voir le geste de Fricsay est une expĂ©rience aussi formatrice que voir Carlos Kleiber, Kubelik ou Karajan, l’Ă©diteur ajoute des complĂ©ments irrĂ©sistibles eux aussi : rĂ©pĂ©titions et performances finales de l’Apprenti sorcier de Paul Dukas (1961), la Suite Hary Janos de Kodaly (1961), deux sessions complètes comprenant rĂ©pĂ©titions prĂ©alables puis performances, rĂ©alisĂ©es Ă  Berlin. Coffret incontournable.

CD, compte rendu critique. Coffret Ă©vĂ©nement : Ferenc Fricsay, Complete recordings on Deutsche Grammophon. Vol. 2 : Operas, choral works. 37 cd Deutsche Grammophon. CLIC de classiquenews.com d’aoĂ»t 2015

People, signature. Le contre ténor vedette Franco Fagioli signe chez Deutsche Grammophon

fagioli franco opera magazine Porpora_04People, signature. Le contre ténor vedette Franco Fagioli signe chez Deutsche Grammophon. En septembre 2015, un Orfeo de Gluck déjà attendu, puis son premier récital DG en 2016. Très sollicité sur la scène, miroir au masculin de Cecilia Bartoli (sa muse et son modèle), le chanteur argentin détonant Franco Fagioli, (3 octaves à sons actif) qui dégaine les notes comme une mitraillette (à la façon de Bartoli justement d’où son surnom « Monsieur Bartolo »), après avoir publié ses premiers albums chez Naïve (récitals discographiques Cafarelli puis Porpora), vient de signer un contrat d’exclusivité chez Deutsche Grammophon. C’est le premier contre ténor à intégrer la prestigieuse étiquette en or. Vocalises claires et articulées, timbre soyeux, flexibilité dans tous les registres, voix impétueuse et intense, articulation technicienne et précise, none compte plus les qualités expressives et musicales du plus grand contre-ténor actuel, dont le sens dramatique et l’instinct de caractérisation supplante aisément ses ainés pourtant célébrés à leur époque, Jaroussky ou Lesne. Habituel partenaire de son confrère et ainé Max Emanuel Cencic (artiste chez Decca), Franco Fagioli suscite l’adhésion par ses prises de risques mettant sa voix puissante et fine au service de partitions ou de programmes originaux. Monteverdi, Frescobaldi, les Napolitains virtuoses dans la sillon de Porpora (sans omettre Leonardo Vinci), Handel évidemment mais aussi Hasse, Le Fagioli affirme un goût du défrichement attachant et souvent pleinement convaincant.

Prochaine parution : Orfeo e Euridice de Gluck, version originelle (italienne, créée à Vienne dès 1762, chez Archiv Produktion), annoncée le 11 septembre 2015 : Franco Fagioli y chante le rôle-titre. Son premier récital comme soliste sortira chez Deutsche Grammophon en 2016.

En LIRE + sur la page de Franco Fagioli sur club Deutsche grammophon

Et bientôt, la critique développée du cd Orfeo e Euridice de Gluck (version Vienne 1762) dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews.com

LIRE aussi notre critique complète du cd Arias de Porpora (Naïve, 2013) par Franco Fagioli, cd élu CLIC de classiquenews en septembre 2014.

 

CD, critique compte rendu. Schubert : Symphonie n°9 “la grande”. Claudio Abbado, Orchestra Mozart (1 cd Deutsche Grammophon, Bologne, 2011)

abbado-schubert-the-great-la-grande-symphony-9-cd-critique-compte-rendu-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-juin-2015CD, critique compte rendu. Schuebrt : Symphonie n°9 “la grande”. Claudio Abbado, Orchestra Mozart (1 cd Deutsche Grammophon, Bologne, 2011). Après une Symphonie n°9 de Bruckner (Lucerne, 2013) sublime par ses Ă©lans et vertiges spirituels malgrĂ© la massivitĂ© de l’effectif, Ă©galement Ă©ditĂ©e par Deutsche Grammophon (CLIC de classiquenews de juillet 2014), voici une autre gravure de septembre 2011 Ă  Bologne oĂą le maestro avait depuis 2004 fondĂ© l’Orchestre Mozart, famille d’instrumentistes mĂŞlant talents chevronnĂ©s et jeunes apprentis dĂ©jĂ  très expĂ©rimentĂ©s : de cette Ă©quipe Ă  double profil, si complĂ©mentaire (les vertus de la transmission transgĂ©nĂ©rationnelle), Abbado fait une Ă©quipe lumineuse animĂ©e par une cohĂ©rence exceptionnelle, d’une Ă©nergie mesurĂ©e et nuancĂ©e qui fait littĂ©ralement merveille dans une vision attendrie, palpitante, instrumentalement et architecturalement … totalement superlative : malgrĂ© l’ampleur lĂ  aussi de l’orchestre, Abbado sait distiller une claire Ă©lectricitĂ© des cordes, ce fruitĂ© langoureux et nostalgique, sachant constamment balancer entre Ă©nergie, noblesse, gravitĂ© et dĂ©tachement tendre, voire jaillissement poĂ©tique entre le rĂŞve inespĂ©rĂ© et l’innocence recouvrĂ© (par la voix de la clarinette et du hautbois dans l’Andante con moto.

 

 

 

En septembre 2011 Ă  Bologne, Claudio Ababdo retrouve son Orchestra Mozart

Le Schubert Ă©tincelant du dernier Abbado

 

 

Le chef (qui devait s’Ă©teindre 3 annĂ©es après ce concert le 20 janvier 2014 des suites d’un cancer) apporte sa profonde connaissance du massif symphonique composĂ© par Schubert entre 1825, et qui rĂ©alise un chef d’oeuvre dans l’art du romantisme symphonique immĂ©diatement après Beethoven. L’urgence qu’il imprime au dernier mouvement, allegro, se fait danse subtilement mesurĂ©e, avec un soin pour les dĂ©tails dans la combinaison des timbres, une intelligence de la clartĂ© et de la transparence entre les pupitres qui s’avèrent bĂ©nĂ©fiques. Le feu jamais Ă©pais, son Ă©nergie d’un raffinement inouĂŻ, font les dĂ©lices de cette rĂ©alisation de surcroĂ®t un live oĂą c’est le geste complice, amoureux, et si perfectionniste du chef qui rayonne après sa mort. L’Ĺ“uvre est un poncif dans son catalogue : il l’a abordĂ© tĂ´t dans sa carrière, dès 1966 Ă  La Haye, et affinitĂ© secrète et continuelle avec Franz, le jeune Claudio avait remportĂ© le Concours Koussevitsky (le grand chef crĂ©ateur et dĂ©fenseur des Symphonies de Sibelius) en 1958 avec une autre Symphonie schubertienne, la troublante et Ă©nigmatique “InachevĂ©e”. Ici, avec la mĂŞme finesse poĂ©tique, Abbado dĂ©voile dans une version complète comprenant toutes les reprises (soit un peu plus d’une heure en durĂ©e), la versatilitĂ© structurelle de Schubert entre l’allant inextinguible et le recul introspectif, d’une tendresse infinie. L’Ă©cart aurait paru acrobatique ailleurs : ici il est gĂ©nĂ©rateur d’accomplissement et de jaillissement constant. Une fĂŞte savoureuse, des timbres en accord, un chef au sommet de la connivence. Magistral. CLIC de classiquenews.

 

 

CD, critique compte rendu. Schuebrt : Symphonie n°9 “la grande”. Claudio Abbado, Orchestra Mozart (1 cd Deutsche Grammophon, Bologne, 2011 – RĂ©f.: 00289 479 4652).