CD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphoniess : Wiener Philharm (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, Ă©vĂ©nement, critique. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharmoniker (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon). La direction trĂšs carrĂ©e du chef letton Andris Nelsons (nĂ© Ă  Riga en 1978) brillante certes chez Bruckner et Chostakovitch, efficace et expressive, finit par dessiner un Beethoven assez rĂ©ducteur, parfois caricatural (Symphonies n°7 et 8). De la vigueur, de la force, des Ă©clairs et tutti martiaux, guerriers
 mais pour autant est-ce suffisant dans ce grand laboratoire du chaudron BeethovĂ©nien qui exige aussi de la profondeur et une palette de couleurs des plus nuancĂ©es ? A notre avis, le maestro n’exploite pas assez toutes les ressources des instrumentistes viennois pourtant rĂ©putĂ©s pour leur finesse naturelle. A 40 ans, Nelsons (devenu chef permanent du Gewandhaus de Leipzig depuis 2017), dirige de façon d’emblĂ©e berlinoise ou teutonne un orchestre qui demanderait Ă  articuler, Ă  nuancer davantage. Disciple de Mariss Jansons, Andris Nelsons semble n’avoir compris que la force et la tension du premier, en minimisant le travail sur les couleurs et les nuances. Donc voici la version claironnante d’un Beethoven Ă  poigne.

Tous ceux qui savent tout l’hĂ©ritage viennois (haydnien et mozartien) chez Ludwig, et donc recherchent sous l’architecture du visionnaire prophĂ©tique, l’intelligence des timbres et la sensibilitĂ© du peintre (dans l’art du paysage par exemple, en particulier dans la Pastorale)
 passeront leur chemin.

De mĂȘme, la 1Ăšre symphonie patine sur des tempi trop ralentis, mais grĂące Ă  la vĂ©locitĂ© des cordes et leurs somptueux unissons (exceptionnellement aĂ©rĂ©s ; donc uniques au monde : tout ce qui fait l’excellence des Wiener Philharmoniker), les mouvements plus rythmiques regorgent d’une saine vitalitĂ©. Les uns regretteront que Nelsons pontifie, solennise, classicise Ă  outrance avec des gestes pompiers
 Oui mais c’est compter sans l’orchestre qui respire et contraste avec un souffle unique et singulier.

La 7Ăš est de ce point de vue emblĂ©matique : elle rĂ©vĂšle les aspĂ©ritĂ©s et les arguments d’une lecture brillante mais par moments trop charpentĂ©e. Quelle majestĂ© qui trĂ©pigne comme un dragon rugissant peu Ă  peu, nous faisant entendre le son d’un nouveau monde ; Beethoven est capable de provoquer, saturer, claquer et faire rĂ©agir en une frĂ©nĂ©sie unique et inouĂŻe avant lui (premier mouvement : Poco sostenuto puis Vivace, d’une tension quasi effrayante) ; puis Ă  l’opposĂ©, le second mouvement Allegretto exprime une immense nostalgie, pas une marche funĂšbre comme beaucoup la traite et la rigidifie, mais un chant qui pleure et qui coule, regrette et tourne la page ; musique des regrets et des soupirs vite transcendĂ©s dans l’appel des cimes. Nelsons Ă©claircit la pĂąte, prĂ©cise et clarifie le contrepoint, prĂ©cise chaque entrĂ©e des cordes pour mieux assĂ©ner l’implacable rythme du temps, la force et la violence du destin. La douceur voluptueuse de bois (si onctueuse dans la narration Ă©vocatrice de la Pastorale : hautbois, clarinettes, bassons
) adoucit les griffes de cette conscience qui tutoie l’histoire. Le Presto est un nerf Ă©lectrique qui se dĂ©roule et aimante tout sur son passage ; prĂ©alable frĂ©nĂ©tique avant l’Allegro con brio ou Finale qui sonne l’appel de toutes les forces martiales en prĂ©sence (trompettes incandescentes), en un tourbillon qui tourne sur lui-mĂȘme et appelle une nouvelle direction dans cette saturation rythmique de tutti rĂ©pĂ©titifs. Aucun doute ici, Beethoven est bien le compositeur du chaos qui hurle puis s’organise.

 

 

 

Le Beethoven d’Andris Nelsons
Chef de la vigueur et de la fermeté 

 

 

 

nelsons-andris-beethoven-wiener-phil-critique-cd-classiquenews-orchestre-symphonies-critique-classiquenews-concerts-maestro-dg-deutsche-grammophonLa 8Ăš dĂ©veloppe illico l’énergie de la forge, ce grand bain en fusion qui Ă©treint la matiĂšre, la malaxe et la compresse en Ă©clats rythmiques incandescents ; jamais la sensation du volcan orchestral et sa chambre contenant le magma n’avait autant Ă©merger dans une symphonie : brillant et vivace cet allegro rĂ©capitule toute l’énergie dont est capable le promothĂ©en Beethoven. Quel contraste lĂ  encore avec la lĂ©gĂšretĂ© caquettante, badine et facĂ©tieuse de l’Allegretto (justement annotĂ© « scherzando ») qui semble faire rĂ©vĂ©rence Ă  l’humour et la dĂ©licatesse dansante de Haydn et Mozart. Mais avouons qu’avec un tel orchestre, Nelsons manque de finesse et force le trait. Inutile surlignage.
Le Menuetto est le moins rĂ©ussi car grossiĂšrement battu, sans lĂ©gĂšretĂ©. Des acoups guĂšre sforzando assĂ©ner sans mĂ©nagement au risque de perdre le fil et la pulsion du Menuetto de base. Dommage. LĂ  se rĂ©vĂšle  Ă  notre avis les limites de la version Nelsons : trop Ă©paisse, la pĂąte des viennois qui pourtant respire et palpite naturellement, sonne brucknĂ©rienne et brahmsienne. Un Beethoven enflĂ©, grossi, qui aurait pris du poids : on est loin de l’élĂ©gance viennoise. dans les faits, Beethoven fit crĂ©er toutes ses symphonies majeures Ă  Vienne. Sur un tempo trĂšs allant, le dernier Allegro vivace manque de nuance. Mais cela trĂ©pigne et caquĂšte Ă  souhaits.

Ailleurs, cela fonctionne trĂšs bien dans la force tellurique et rythmique de la 5Ăš ; mais qu’en est-il dans ce vaste poĂšme de la Pastorale (Symphonie n°6), fresque organiquement unifiĂ©e Ă  travers ses 5 mouvements ? Hymne inouĂŻ Ă  la Nature, expression d’un sentiment de compassion dĂ©jĂ  Ă©cologique, et panthĂ©iste qui rĂ©capitule l’ambition lumineuse de Haydn (celui de la CrĂ©ation, oratorio clĂ© de 1799) ?
La sonoritĂ© comme chauffĂ©e Ă  blanc des cordes donne la clĂ© d’une lecture plus intense et contrastĂ©e que vraiment articulĂ©e. Tout est Ă©noncĂ© avec une vigueur permanente. Des contrastes tranchants, une matiĂšre en constante fusion, crĂ©pitante, d’une sauvagerie ardente et vindicative ; Ă  croire que le chef ne connaĂźt (ou plus exactement Ă©carte) toute nuance piano, tout galbe amoureux
 la voluptĂ© dans le regret n’existe plus.
Le second mouvement (Andante molto moto) manque de flexibilitĂ© caressante : tout est exĂ©cutĂ©, dĂ©taillĂ©, prĂ©cisĂ© et par sĂ©quences.  Il y manque la patine tendre, la distance poĂ©tique, ce flux qui s’écoule, organique et viscĂ©ral qui colore les meilleures versions (Karajan, Harnoncourt, Bernstein
) dans la scĂšne au ruisseau. Ici tout brille, en permanence, de façon univoque.

MĂȘme Ă©clatante voire fracassante Ă©nergie dans la 9Ăš, Ă  laquelle il ne manque ni dĂ©flagration ni dĂ©charges en tous genres ; du souffle aussi dĂšs le portique d’ouverture qui creuse une distanciation historicisante,  – sorte d’appel gĂ©nĂ©ral Ă  toutes les Ă©nergies disponibles. Et qui inscrit le massif orchestral en un souffle Ă©pique, Ă  l’échelle de l’histoire. Le chef veille en permanence Ă  faire vrombir le son collectif, creusant les contrastes avec un geste parfois sec, rĂ©sumant le dĂ©veloppement et ses variations en une sĂ©rie de blocs sonores plus puissants que clairs et transparents quoiqu’il sculpte dans l’évidence le relief des bois (Allegro ma non troppo, un poco maestoso). Roulements de timbales, appels des trompettes convoquent une urgence pĂ©taradante qui sonne dur voire Ă©paisse. Le fin contrepoint du Molto vivace qui est vite rattrapĂ©e par l’euphorie et mĂȘme la transe collective avance comme une machine de guerre, enrayĂ©e cependant sur le mode forte voire fortissimo et mĂ©gaforte (coups de timbales). Le chef pilote l’orchestre dans la trĂ©pidation, une urgence continue faisant table rase de tout, y compris de toute recherche de nuances et de dĂ©tails instrumentaux, sauf le contre chant des violoncelles, contrebasses et cors, quoique enchaĂźnĂ©s rapidement, presque prĂ©cipitĂ©s.
L’Adagio doit effacer toute tension, rĂ©parer les blessures, rĂ©conforter par son voile instrumental oĂč rĂšgnent l’unisson des cordes, la couleur flottante des cors, bassons, clarinettes, hautbois
 Nelsons extirpe de l’orchestre un appel au renoncement, l’expression d’un adieu Ă©ternel. Mais il manque cette nuance de magie, de phrasĂ©s piano dont le chef se montre avare depuis le dĂ©but de son intĂ©grale. De telle sorte que son Beethoven sonne (comme nous l’avons dit) comme du Brahms.

Evidemment la dĂ©flagration qui ouvre le Presto – fanfare puis chant des contrebasses, rĂ©sonne comme une prise Ă  tĂ©moin, et la claire volontĂ© de Beethoven d’inscrire sa symphonie dans l’Histoire.
La sĂ©quence est charniĂšre ; elle doit ĂȘtre entendue comme ultime rĂ©capitulation aussi, Ă  la fois complĂšte et dĂ©finitive comme une reprogrammation, une mise en orbite pour un monde nouveau, juste avant la prise de parole et de chant de l’humanitĂ© fraternelle rĂ©conciliĂ©e dans le dernier mouvement sur les vers de Goethe.
Plus inspirĂ©, capable de contrastes ciselĂ©s, le chef dĂ©taille alors sĂ©quence par sĂ©quence, produit de superbes climats qui rĂ©capitulent ce qui a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©. L’Allegro assai, c’est Ă  dire l’énoncĂ© initial de l’Ode Ă  la joie aux contrebasses (5) est inscrit comme un motif sinueux, pianissimo, souterrain qui innerve tout le paysage orchestral, en un large et progressif crescendo, alors dĂ©taillĂ© par les bois.. VoilĂ  une sĂ©quence parfaitement rĂ©ussie, nuancĂ©e, murmurĂ©e, riante dans la joie et l’espĂ©rance (superbe chant des clarinettes).

Dans l’esprit d’un opĂ©ra, et l’on pense Ă  la clameur finale de Fidelio et son hymne conclusif, fraternel, la basse Georg Zeppenfeld (ailleurs trĂšs bon wagnĂ©rien, comme Ă  Bayreuth) entonne avec une noblesse communicative l’ode humaniste rĂ©digĂ© par Goethe et que Beethoven sublime jusqu’à l’explosion, en mĂ©nageant plusieurs jalons par le quatuor vocal.
AprĂšs l’appel de tout le chƓur, Ă  3’33, l’armĂ©e orchestrale reprend le flambeau, Ă©lectrisĂ©e davantage par le tĂ©nor (Klaus Florian Vogt un rien tendu) et le chƓur des hommes. Chef et instrumentistes assĂšnent une montĂ©e en puissance qui ne mĂ©nage aucun effet tonitruant pour faire triomphant l’éclat de l’hymne vers la transe rituelle, vers l’ivresse contagieuse explosive
 quitte Ă  Ă©luder le mystĂšre de la sĂ©quence plus introspective (Andante maestoso, plage 8, 1’34) qui reste plat et manque curieusement de respiration
 Une intĂ©grale en demi teintes donc. Plus teutonne et berlinoise que viennoise et autrichienne. A Ă©couter Nelsons, tout l’apport rĂ©cent, depuis Harnoncourt, des instruments d’époque, est Ă©cartĂ© ici. Question d’esthĂ©tique certes. Mais Ă  force de rugir et vrombir, le moteur beethovĂ©nien sature dans la puissance et l’épaisseur du trait.

 

 

 

 

 

 

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Approfondir
 

 

 

Autres cycles symphoniques d’Andris Nelsons chez Deutsche Grammophon :

 
 

 

 

BRUCKNER
les Symphonies de Bruckner par Andris Nelsons (2016, 2017, 2018) avec le Gewandhausorchester Leipzig

Symphonie n°7 – CLIC de CLASSIQUENEWS
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

Liens vers Symphonie n°3 et Symphonie n°4
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

 

 

 

CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVICH

Chostakovich_CD nelsons bostonCD, critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Symphonies n°6 et 7 (Boston Symph. Orch / Andris Nelsons) / 2 CD Deutsche Grammophon. Fin du cycle des Symphonies de guerre de Chostakovich par le Boston Symphony et le chef letton Andris Nelsons. Ce 3Ăš et dernier volume attestent des qualitĂ©s identiques observĂ©es dans les opus prĂ©cĂ©dents : puissance et richesse du son. CrĂ©Ă©e Ă  Leningrad en 1939 par le lĂ©gendaire Evgeni Mravinski, la Symphonie N° 6 op. 54, est la plus courte des symphonies ; Nelsons souligne le caractĂšre endeuillĂ© du Largo prĂ©liminaire, dĂ©taillant les solos instrumentaux pour flĂ»te piccolo, cor anglais, basson afin de dĂ©ployer la matiĂšre nocturne, Ă©touffante de cette longue sĂ©quence grave et intranquille. Les deux mouvements plutĂŽt courts qui suivent Allegro et Presto assĂšne une motricitĂ© aiguĂ« et incisive qui fait dialoguer cuivres ironiques, gorgĂ©s de moquerie acerbe, et bois vifs argents. Le final est abordĂ© comme un feu d’artifice cravachĂ©, narguant le mystĂšre du premier mouvement dont il dĂ©ment le calme profond par une sĂ©rie ultime de surenchĂšre dĂ©monstrative et vindicative, au bord de la folie
 LIRE ici la critique complĂšte

 

 

 

 

 

 

CD Ă©vĂ©nement, critique. DANIIL TRIFONOV, piano – Destination Rachmaninov : ARRIVAL – Concertos 1 et 3. PHILADELPHIA orchestra, Yannick SĂ©guet-NĂ©zin, direction (2 cd DG Deutsche Grammophon)

trifonov daniil cd destination rachmaninov arrival piano concertos 1 3 nezet-seguin cd deutsche grammophon cd critique review classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. DANIIL TRIFONOV, piano – Destination Rachmaninov : ARRIVAL – Concertos 1 et 3. PHILADELPHIA orchestra, Yannick SĂ©guet-NĂ©zin, direction (2 cd DG Deutsche Grammophon). Voici donc un excellent double cd qui tĂ©moigne de la maturitĂ© et de l’étonnante musicalitĂ© du jeune pianiste russe Daniil Trifonov. En achevant son pĂ©riple Rachmaninov, relayĂ© par un abondant dispositif vidĂ©o, quasi cinĂ©matographique (DESTINATION RACHMANINOV), le pianiste captive littĂ©ralement par une digitalitĂ© facĂ©tieuse et virtuose, pour nous supĂ©rieure Ă  la mĂ©canique Ă©lectrique des asiatiques (Wang ou Lang Lang) : le Russe est douĂ© surtout d’une profondeur intĂ©rieure, – absent chez ses confrĂšres/soeurs, ce chant nostalgique qui fonde la valeur actuelle de ses Liszt (publiĂ©s aussi chez DG).

CD1 – Le Concerto n°1 (Moscou, 1892) nous fait plonger dans l’intensitĂ© du drame ; un fracas lyrique immĂ©diatement actif et rugissant, bientĂŽt rassĂ©rĂ©nĂ© dans une texture lyrique et langoureuse dont seul Rachmaninov a le secret ; qui peut effacer de sa mĂ©moire le motif central (cantilĂšne Ă  la fois grave mais douce) de ce premier mouvement Vivace, qui a fait les belles heures de l’émission Apostrophes de Bernard Pivot ? D’autant que le jeu perlĂ© de Daniil Trifonov fait merveille entre sagacitĂ©, activitĂ©, intĂ©rioritĂ© ; entre allant et tendre nostalgie ; il tisse des vagues d’ivresse Ă©perdue comme au diapason d’un orchestre nerveux voire brutal (excellente prĂ©cision de NĂ©zet-SĂ©guin pour restituer la dĂ©flagration sonore d’une orchestration qui peut sonner monstrueuse), sĂ©ries de rĂ©ponses Ă©lectriques et tout autant percutantes et vives, au bord de la folie (grĂące Ă  une digitalitĂ© fabuleusement libre, frĂ©nĂ©tique ou en panique). Ce jeu Ă©lastique entre Ă  coups et secousses, puis Ă©largissement de la conscience, trouve un Ă©quilibre parfait entre le piano et l’orchestre.
L’Andante caresse, respire, plonge dans des eaux plus ambivalentes encore oĂč rĂšgne comme une soie nocturne, l’onde sonore onctueuse de l’orchestre plus bienveillant. Daniil Trifonov chante toute la nostalgie en osmose avec les pupitres de l’orchestre aux couleurs complices.
A travers une forme de monologue enchantĂ©, sourd l’inquiĂ©tude d’une gravitĂ© jamais Ă©loignĂ©e. La lecture approche davantage une veille attendrie plutĂŽt qu’une libĂ©ration insouciante. LĂ  encore on goĂ»te la subtilitĂ© des nuances et des couleurs.
La partie la plus passionnante reste l’ultime Ă©pisode Allegro vivace dont le chef fait crĂ©piter les rythmes (dĂ©jĂ ) amĂ©ricains, le swing qui semble quasi improvisĂ©, d’autant que le cheminement du jeune pianiste se joue des rythmes, de l’enchaĂźnement des sĂ©quences avec une prĂ©cision frĂ©nĂ©tique, une acuitĂ© vive et engagĂ©e d’une indiscutable Ă©nergie ; un tel dĂ©hanchement heureux regarde directement vers le bonheur comme la libertĂ© du Concerto n°3, lui crĂ©Ă© Ă  New York par l’auteur le 28 nov 1909.
Brillant autant que crĂ©atif, Trifonov nous livre son propre arrangement du premier volet des Cloches, soit un morceau de 6mn (allegro ma non tanto) qui montre toute la sensibilitĂ© active et l’imagination en couleurs et timbres qui l’inspirent.

 

 

 

Périple réussi pour Daniil Trifonov
Rachmaninov intérieur et virtuose

 

 

 

TRIFONOV-DANIIL-rachmaninov-arrival-critique-classiquenews-trifonov-daniil-cd-destination-rachmaninov-arrival-piano-concertos-1-3-nezet-seguin-cd-deutsche-grammophon-cd-critique-review-classiquenews---copieCD2 – Cerise sur le gĂąteau et approfondissement de cette utlime escale en terres Rachmaninoviennes, le Concerto pour piano n°3 affirme une Ă©gale musicalitĂ© : immersion naturelle et progressive sans heurts, en un flot Ă  la fois ductile et crĂ©pitant oĂč l’orchestre sait s’adoucir, rechercher une sonoritĂ© mĂ©diane qui flatte surtout le relief scintillant du piano. Le jeu de Trifonov est d’une prĂ©cision caressante, onctueuse et frappante par sa souplesse, comme une vision architecturĂ©e globale trĂšs claire et puissante. L’écoulement du dĂ©but est presque hors respiration, d’une tenue de ligne parfaite, Ă  la fois irrĂ©sistible, allante, de plus en plus souterraine, recherchant le repli et l’intĂ©riorisation ; ce que cherche Ă  compenser l’orchestre de plus en plus dĂ©claratif, mĂ©nageant de superbe vagues lyriques comme pour mettre Ă  l’aise le soliste ; aucun effet artificiel, mais l’accomplissement d’une lecture d’abord polie dans l’esprit ; D’une imagination construite foisonnante, Trifonov soigne l’articulation au service de sa sonoritĂ©, Ă©coute l’intĂ©rioritĂ© de la partition et cisĂšle son chant pudique avec une tendresse magicienne. Chaque point d’extase et de plĂ©nitude sonore rebondit avec un galbe superbement articulĂ© ; peu Ă  peu le pianiste fait surgir une sincĂ©ritĂ© de plus en plus lumineuse que l’orchestre fait danser dans un crĂ©pitement de timbres bienheureux. La rĂ©exposition Ă©claire davantage la sensibilitĂ© intĂ©rieure du pianiste qui ralentit, Ă©coute, cisĂšle, distille avec finesse l’élan lyrique, souvent Ă©perdu de son texte.  Jusqu’à l’ivresse presque en panique Ă  8’ du premier mouvement, avant que ne cisaillent les trompettes cinglantes plus amĂšres, rĂ©vĂ©lant alors des cordes plus nostalgiques ; mais c’est Ă  nouveau le piano somptueusement enchantĂ© qui recouvre l’équilibre dans ce mitemps.
La seconde partie dans ses vertiges ascensionnels est hallucinĂ©e et crĂ©pitante ; le pianiste semble tout comprendre des mondes poĂ©tiques de Rachmaninov : ses Ă©clairs fantastiques, ses doutes abyssaux, ses Ă©lans Ă©perdus
 Trifonov sachant Ă  contrario de bien de ses confrĂšres et consƓurs, Ă©viter toute dĂ©monstration, dans l’affirmation d’un chant irrĂ©pressible, viscĂ©ral, jamais trop appuyĂ©, triomphe dans une sonoritĂ© toujours souple et fluide, solaire et tendre (cf la qualitĂ© de ses Liszt prĂ©cĂ©dents dĂ©jĂ  citĂ©s). Le soliste sait prĂ©server l’ampleur d’une vision intĂ©rieure, imaginative, poĂ©tique, suspendue, d’une incroyable respiration profonde, en particulier avant la 2Ăš rĂ©exposition du thĂšme central (15’40 Ă  15’53). Tout l’orchestre le suit dans ce chant de l’ñme et qui s’achĂšve dans une glissade fugace, subtilement ciselĂ©e dans l’ombre.

L’intermezzo est en forme d’Adagio qui affirme la mĂȘme voluptĂ© lointaine, une distanciation poĂ©tique Ă©cartant tout acoups, mais invite Ă  l’expression la plus intime d’un cƓur attendri, extatique.  Cette Ă©loquence intĂ©rieure est partagĂ©e par l’orchestre et le pianiste qui colore et croise de nouvelles visions au bord de l’évanouissement, sait s’appuyer davantage sur l’orchestre : les champs intĂ©rieurs y sont remarquablement sculptĂ©s, vĂ©ritables ivresses qui portent au songe et Ă  la rĂȘverie, Ă  l’oubli et au renoncement
 en un crĂ©pitement qui soigne toujours la clartĂ© et la prĂ©cision d’un jeu nuancĂ©, dĂ©taillĂ©, et d’une grande invention comme d’une grande intelligence sonore.

CLIC_macaron_2014Le dernier mouvement, « Finale. Alla breve », semble rĂ©unir toutes les forces vitales en prĂ©sence et rĂ©capituler les songes passĂ©s, en un chant revivifiĂ© qui Ă©nonce les principes d’une reconstruction dĂ©sormais partagĂ©e par instrumentistes et piano solo ; le chant s’enfle, grandit, ose une carrure nouvelle, galopante ; Trifonov rĂ©ussit l’expression de cette chevauchĂ©e toute de souplesse et de nuances chantantes. Le jeu du pianiste est tout simplement irrĂ©sistible comme happĂ©, aspirĂ© par une dimension qui dĂ©passe l’orchestre
 facĂ©tieux, mystĂ©rieux, le clavier vole dĂ©sormais de sa propre Ă©nergie, aĂ©rienne : le lutin Trifonov (3’57) cisĂšle ce chant cosmique, dans les Ă©toiles, comme un jaillissement naturel. D’une caresse infinie qu’il inscrit, suspend au delĂ  de la voĂ»te familiĂšre dans la texture mĂȘme du songe. Un songe Ă©veillĂ©, en chevauchĂ©, dans un galop qui mĂšne trĂšs trĂšs loin et trĂšs haut, rĂ©vĂ©lĂ© en partage. Hallucinant et cosmique. Du trĂšs grand art.

 

 
 

 

LIRE notre annonce du cd événement Departure / Destination Rachmaninov (octobre 2018)
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-daniil-trifonov-destination-rachmaninov-departure-1-cd-dg/

LIRE aussi notre annonce du cd événement : ARRIVAL / Destination Rachmaninov (octobre 2019)

 

 
 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. DANIIL TRIFONOV, piano – Destination Rachmaninov : ARRIVAL – Concertos 1 et 3. PHILADELPHIA orchestra, Yannick SĂ©guet-NĂ©zin, direction 52 cd DG Deutsche Grammophon) – CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2019. Parution le 11 octobre 2019.

CD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 – 2019 – 5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 – 2019 – 5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon). Le chef Andris Nelsons se taille un part de lion au sein de l’écurie DG Deutsche Grammophon, sachant rĂ©ussir rĂ©cemment dans une intĂ©grale des symphonies de Bruckner et de Chostakovitch, saluĂ©es par classiquenews. Pour l’annĂ©e Beethoven 2020, voici en prĂ©ambule attendu, prometteur, l’intĂ©grale des 9 symphonies de Ludwig van Beethoven avec les Wiener Philharmoniker, histoire de constater lors des sessions d’enregistrements de 2017 Ă  2019, la tenue de l’orchestre le plus prestigieux au monde, et la pertinence d’une lecture observĂ©e. La finesse de la sonoritĂ© et le dĂ©tail comme l’énergie prĂ©servĂ©es par le chef devraient marquer cette nouvelle intĂ©grale par la phalange viennoise. VoilĂ  qui Ă©clairera la subtilitĂ© et la couleur mozartiennes dans la grande marmite bouillonnante du grand Ludwig. Une once de finesse couplĂ©e aux contrastes Ă©ruptifs, volcaniques d’un Beethoven Ă  jamais rĂ©volutionnaire. Grande critique Ă  venir dans le mg cd dvd livres de classiquenews. Parution annoncĂ©e : le 4 octobre 2019.

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CD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Comlete symphonies / intĂ©grale des 9 symphoniess : Wiener Philharmoniker (2017 – 2019 – 5 cd + blurray-audio DG Deutsche Grammophon)

CD critique. VERDI : Ildar Abdrazakov / Orchestre Métropolitain de Montréal, Yannick NEZET-SEGUIN (1 cd DG Deutsche Grammophon)

Verdi ildar abdrazakov cd annonce critique classiquenews verdi orch metropolitain de montreal classiquenewsCD critique. VERDI : Ildar Abdrazakov / Orchestre Métropolitain de Montréal, Yannick NEZET-SEGUIN (1 cd DG Deutsche Grammophon). Voilà le déjà 2Ú cd réalisé par la basse vedette et le chef à qui tout semble réussir, pour Deutsche Grammophon.
ATTILA fait valoir l’élasticitĂ© sombre et noble du ruban mĂ©lodique dont est capable la basse Ildar Abdrazakov : le chanteur colore, Ă©tire, sur le souffle, sans jamais Ă©craser. Dans la priĂšre langoureuse du roi Felipe II, monarque auquel est refusĂ© le bonheur et l’amour : Ella giamma m’amo! (DON CARLOS), il faut un diseur capable de nuancer toutes les couleurs de l’amertume frustrĂ©e, mais lĂ  aussi, dignitĂ© de la personne, dans la noblesse et aussi une certaine tendresse, car cet air contrairement Ă  ce qui prĂ©cĂšde dans l’opĂ©ra, concerne la dĂ©voilement d’un sentiment (voire d’une tragĂ©die) intime : osons dire que la basse malgrĂ© son souci du texte et du caractĂšre de la piĂšce, Ă©crase un peu, lissant le tout dans une couleur monochrome
 Dans NABUCCO I (« Sperate, o figli » de Zaccaria), le soliste plafonne davantage dans un air qui manque de ciselure, déçoit par son gris terne, rond certes mais dĂ©pourvu de relief caverneux, ce qui est d’autant plus dommage car le chƓur et l’orchestre (basson) sont impeccables, riches en vitalitĂ© intĂ©rieure. Dans la cabalette, la voix pourtant intense, manque de brillant ; finit par ĂȘtre couverte par les choristes et les instrumentistes. Et si les vrais vedettes de ce rĂ©cital verdien orchestralement passionnant, Ă©taient les instrumentistes montrĂ©alais et leur chef charismatique ?

Ildar Abdrazakov est-il un verdien affûté ?

Basse moyenne, un rien monochrome.
Par contre l’orchestre


Verdi a soignĂ© les barytons et basses. L’opĂ©ra Boccanegra offre des caractĂšres inoubliables pour tout chanteur acteur : l’air A te l’estremo de Fiesco respire la lassitude de l’homme, tourmentĂ©, dĂ©vorĂ© (au sens strict comme symbolique). LĂ  encore malgrĂ© la puissance (peut-ĂȘtre renforcĂ© par le niveau du micro), le timbre tend Ă  la monochromie, certes sa teinte grise et sombre Ă©clairant le mal qui ronge le hĂ©ros : « A te l’estremo addio » (plage 8 et 9), air d’adieu, de renoncement encore Ăąpre et tendu, lugubre, surtout imploratif et introspectif, la basse russe perd dans l’étendu de la ligne, sa justesse, se dĂ©timbre, manque l’éclat de sidĂ©ration et d’accent fantastique, en cela soutenu, dialoguĂ© avec le choeur, hallucinĂ© ; regrettable manque de couleurs, de nuances, d’autant que l’orchestre lui offre une palette de rĂ©fĂ©rences souvent saisissante, sous la baguette abbadesque du quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet SĂ©guin. Le second air de Zaccaria de Nabucco dĂ©voile les limites d’une voix qui tend Ă  rester dans son medium, engorgĂ©e, lissant tout le texte, au vibrato de plus en plus omniprĂ©sent. MĂȘme lassitude et vibrato gras pour son Procida (i Vespri Siciliani). Partition lumineuse et fantastique, Luisa Miller scintille ici par le jeu de l’orchestre, millimĂ©trĂ©, nuancĂ©. HĂ©las, le Walter de Abdrazakov reste d’un terne vibrĂ© qui finit par lasser tant il aplatit tout le texte.
Dommage. La direction de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin est, elle, inspirĂ©e, hallucinĂ©e, dĂ©taillĂ©e
 d’une conviction nuancĂ©e Ă©gale Ă  son rĂ©cent Mozart en direction de Baden Baden (Die Zauberföte / La FlĂ»te enchantĂ©e : clic de classiquenews de l’étĂ© 2019). Abdrazakov n’est pas Nicolai Ghiaurov : verdien autrement mieux colorĂ©s et diseurs, mĂȘme avec sa voix ample et caverneuse.

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CD critique. VERDI : Ildar Abdrazakov / Orchestre MĂ©tropolitain de MontrĂ©al, Yannick NEZET-SEGUIN (1 cd DG Deutsche Grammophon) – Parution en France : le 15 aoĂ»t 2019.

CD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La FlĂ»te EnchantĂ©e, NĂ©zet SĂ©guin, Vogt, Schweinester
 (2 cd DG Deutsche Grammophon, Ă©tĂ© 2018, Baden Baden)

MOZART FLUTE zauberflote nezet seguin villazon muhlemann selig vogt critique cd critique opera review opera classiquenews concert maestro opera festival deutsche grammophon_02894836400-CvrCD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La FlĂ»te EnchantĂ©e, NĂ©zet SĂ©guin, Vogt, Schweinester
 (2 cd / DG Deutsche Grammophon, Ă©tĂ© 2018, Baden Baden). Le 6Ăš opus de leur cycle des opĂ©ras de Mozart Ă  Baden Baden impose dĂ©sormais une complicitĂ© convaincante : Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et Roland Villazon ont Ă©tĂ© bien inspirĂ©s de proposer ce projet lyrique aux dĂ©cisionnaires du Festival estival de Baden Baden ; La FlĂ»te EnchantĂ©e jouĂ©e et enregistrĂ©e live en juillet 2018 confirme d’abord l’intelligence dramatique du chef qui sait ici exploiter toutes les ressources de l’orchestre mis Ă  sa disposition : sens de l’architecture, soin des dĂ©tails instrumentaux et donc articulation et couleurs ; la caractĂ©risation de chaque sĂ©quence, selon les protagonistes en piste s’avĂšre passionnante Ă  suivre, rĂ©vĂ©lant dans leur richesse poĂ©tique, tous les plans de comprĂ©hension possible, d’une Ɠuvre Ă  la fois populaire et trĂšs complexe : narratifs, sociologiques, symboliques et donc philosophiques. La fable Ă  la fois rĂ©aliste et spirituelle se dĂ©roule avec une expressivitĂ© jamais appuyĂ©e (sauf Ă  l’endroit du Papageno de Villazon devenu baryton qui en fait souvent trop, tirant le drame vers la caricature
).

 

 

Baden Baden été 2018

Charisme du chef,
plateau vocal impliqué,
chant cohĂ©rent de l’orchestre :
La Flûte convaincante de Yannick Nézet-Séguin

 

 

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CLIC D'OR macaron 200Les autres solistes se montrent particuliĂšrement « mozartiens », soignant leur ligne, la finesse expressive, la souplesse, l’articulation et une intonation riche en nuances : de ce point de vue, les plus mĂ©ritants sont Ă©videment les deux tĂ©nors requis, chacun dans leur registre si contrastĂ©s : l’altier et juvĂ©nile Klaus Florian Vogt, qui a troquĂ© son endurance wagnĂ©rienne (Lohengrin, Parsifal) pour l’élĂ©gance et le galbe princier ; Paul Schweinester dĂ©jĂ  apprĂ©ciĂ© dans Pedrillo de l’EnlĂšvement au sĂ©rail (du mĂȘme cycle de Baden Baden), dont le format naturel, expressif est lui aussi Ă©patant ; mĂȘme engagement total pour le Sarastro de Franz Joseph Selig (prĂ©cĂ©demment Osmin dans le dĂ©jĂ  citĂ© EnlĂšvement au sĂ©rail ; vivante et mĂȘme enivrĂ©e depuis sa dĂ©livrance par Tamino, la Pamina de Christiane Karg (prĂ©cĂ©dente Susanna des Nozze di Figaro), comme la Papagena Regula MĂŒhlemann, palpitante et trĂšs juste ; on reste moins convaincus par la Reine de la nuit d’Albina Shagimuratova, dotĂ©e certes de tout l’appareil technique et du format sonore, mais si peu subtile en vĂ©ritĂ© : dĂ©monstrative, voire routiniĂšre pour l’avoir ici et lĂ  tellement chantĂ© / usĂ© (elle rĂ©ussit mieux son 2Ăš air).
Chacun pourtant donne le meilleur de lui-mĂȘme (charisme fĂ©dĂ©rateur du chef certainement), apportant souvent outre la prĂ©sence vocale, l’approfondissement du caractĂšre.
D’autant que contrairement au live originel de juillet 2018, les rĂ©cits du narrateur ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©s de l’enregistrement Deutsche Grammophon : la succession musicale gagne en naturel et en relief. Ici la vie triomphe. La cohĂ©rence du plateau, l’éloquence de l’orchestre, la vivacitĂ© du chef font la diffĂ©rence. Certainement l’un des meilleurs coffrets du cycle Mozart DG en provenance de Baden Baden (initiĂ© par Don Giovanni jouĂ© Ă  l’étĂ© 2011). CLIC de CLASSIQUENEWS de l’étĂ© 2019. A suivre. Illustration : © Andrea Kremper.

 

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La FlĂ»te EnchantĂ©e, NĂ©zet SĂ©guin, Vogt, Schweinester
 (2 cd DG Deutsche Grammophon, Ă©tĂ© 2018, Baden Baden) – Parution : 2 aoĂ»t 2019.

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791) : Die Zauberflöte (La Flûte enchantée),
opĂ©ra en deux actes- livret d’Emanuel Schikaneder.

Avec :
Klaus Florian Vogt, Tamino ;
Christiane Karg, Pamina ;
Franz-Josef Selig, Sarastro ;
Paul Schweinester, Monostatos ;
Regula MĂŒhlemann, Papagena ;
Albina Shagimuratova, la Reine de la Nuit ;
Rolando VillazĂłn, Papageno ;

Johanni van Oostrum, PremiĂšre Dame ;
Corinna Scheurle, DeuxiĂšme Dame ;
Claudia Huckle, TroisiĂšme Dame ;
Tareq Nazmi, l’Orateur ;
Luca Kuhn, Premier Garçon ;
Giuseppe Mantello, DeuxiÚme Garçon ;
Lukas Finkbeiner, TroisiÚme Garçon ;
Levy Sekgapane, Premier PrĂȘtre / Premier Homme armĂ© ;
Douglas Williams, DeuxiĂšme PrĂȘtre / DeuxiĂšme Homme armĂ© ;
André Eisermann, Récitant.

RIAS Kammerchor (chef de chƓur : Justin Doyle).
Chamber Orchestra of Europe
Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction musicale

 

 

 

 

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LIRE nos critiques complĂštes des titres prĂ©cĂ©dents CYCLE MOZART NĂ©zet-SĂ©guin / Villazon – BADEN BADEN Festival Hall (depuis 2011) – DG Deutsche Grammophon :

 

 

Don-Giovanni.cd_.01CD, critique. Mozart: Don Giovanni, NĂ©zet-SĂ©guin (2011) 3 cd Deutsche Grammophon. EntrĂ©e rĂ©ussie pour le chef canadien Yannick NĂ©zet-SĂ©guin qui emporte haut la main les suffrages pour son premier dĂ©fi chez Deutsche Grammophon: enregistrer Don Giovanni de Mozart.AprĂšs les mythiques Boehm, FurtwĂ€ngler, et tant de chefs qui en ont fait un accomplissement longuement mĂ©ditĂ©, l’opĂ©ra Don Giovanni version NĂ©zet-SĂ©guin regarderait plutĂŽt du cotĂ© de son maĂźtre, trĂšs scrupuleusement Ă©tudiĂ©, observĂ©, suivi, le dĂ©funt Carlo Maria Giulini: souffle, sincĂ©ritĂ© cosmique, vĂ©ritĂ© surtout restituant au giocoso de Mozart, sa sincĂ©ritĂ© premiĂšre, son urgence thĂ©Ăątrale, en une libertĂ© de tempi rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s, libres et souvent pertinents, qui accusent le souffle universel des situations et des tempĂ©raments mis en mouvement.ImmĂ©diatement ce qui saisit l’audition c’est la vitalitĂ© trĂšs fluide, le raffinement naturel du chant orchestral; un sens des climats et de la continuitĂ© dramatique qui impose des l’ouverture une imagination fertile
 Les chanteurs sont naturellement portĂ©s par la suretĂ© de la baguette, l’écoute fraternelle du chef, toujours en symbiose avec les voix. EN LIRE +

 

 

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCD. Mozart : Cosi fan tutte (NĂ©zet-SĂ©guin, 2012) 3 cd DG   
.   le jeune chef plein d’ardeur, Yannick NĂ©zet-SĂ©guin poursuit son intĂ©grale Mozart captĂ©e Ă  Baden Baden chaque Ă©tĂ© pour Deutsche Grammophon avec un Cosi fan tutte, palpitant et engagĂ©. Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso 
 D’abord il y a l’élĂ©gance mordante souvent trĂšs engageante de l’orchestre auquel Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, coordonnateur de cette intĂ©grale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrĂ©sistible. le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frĂ©tille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout fĂ©minins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble dĂ©velopper une sensibilitĂ© proche du coeur fĂ©minin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une prĂ©sence absolue ici, qui dĂ©mentiront notre analyse. En LIRE +

 

 

 

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mozart-lenlevement-au-serail-die-entfhurung-aus-dem-serail-schweinester-prohaska-damrau-villazon-nezet-seguin-2-cd-deutsche-grammophon/CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle. EN LIRE +

 

 

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin. Alors que Sony classical poursuit sa trilogie sous la conduite de l’espiĂšgle et pĂ©taradant Teodor Currentzis (1), Deutsche Grammophon achĂšve la sienne sous le pilotage du MontrĂ©alais Yannick-NĂ©zet SĂ©guin rĂ©cemment nommĂ© directeur musical au Metropolitan Opera de New York. AprĂšs Don Giovanni, puis Cosi, les Nozze di Figaro sont annoncĂ©es ce 8 juillet 2016. A l’affiche de ce live en provenance comme pour chaque ouvrage enregistrĂ© de Baden Baden (festival estival 2015), des vedettes bien connues dont surtout le tĂ©nor franco mexicain Rolando Villazonavec lequel le chef a entrepris ce cycle mozartien qui devrait compter au total 7 opĂ©ras de la maturitĂ©. Villazon on l’a vu, se refait une santĂ© vocale au cours de ce voyage mozartien, rĂ©apprenant non sans convaincre le dĂ©licat et subtil legato mozartien, la douceur et l’expressivitĂ© des inflexions, l’art des nuances et des phrasĂ©s souverains
 une autre Ă©coute aussi avec l’orchestre (les instrumentistes Ă  Baden Baden sont placĂ©s derriĂšre les chanteurs
) – EN LIRE +

 

 

La-Clemenza-Di-Tito neezt seguin donato rebeka villazon cd review critique cd opera par classiquenewsCD, critique. MOZART : La Clemenza di Tito. NĂ©zet-SĂ©guin, DiDonato, Rebeka
 (2 cd DG Deutsche Grammophon). La formule est Ă  prĂ©sent cĂ©lĂšbre : implanter comme Ă  Salzbourg, un cycle rĂ©current Mozart, mais ici Ă  Baden Baden, et chaque Ă©tĂ©, c’est Ă  dire les grands opĂ©ras ; aprĂšs Don Giovanni, Cosi, L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Les Nozze, voici le dĂ©jĂ  5Ăš ouvrage, enregistrĂ© sur le vif en version de concert, depuis le Fespielhaus de Baden Baden, en juillet 2017. Autour du tĂ©nor mĂ©diatique Rolando Villazon (pilier avec le chef quĂ©bĂ©cois de ce projet discographique d’envergure), se pressent quelques beaux gosiers, dont surtout, vrais tempĂ©raments capables de brosser et approfondir un personnage sur la scĂšne, grĂące Ă  leur vocalitĂ  ardente, ciselĂ©e : le Sesto de Joyce Di Donato, mozartienne Ă©lectrique jusqu’au bout des ongles ; dans le rĂŽle de l’amant manipulĂ© ; et, rĂ©vĂ©lation de cette bande, la soprano lettone Marina Rebeka, ampleur dramatique de louve dĂ©vorĂ©e par la haine et la conscience du pouvoir, dans le rĂŽle de l’ambitieuse prĂȘte Ă  tout.  LIRE la critique du cd La Clemenza di Tito MOZART NĂ©zet-SĂ©guin Baden Baden, complĂšte

 

 

 

 

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MOZART FLUTE zauberflote nezet seguin villazon muhlemann selig vogt critique cd critique opera review opera classiquenews concert maestro opera festival deutsche grammophon_02894836400-Cvr

 

 

 

LIRE aussi notre annonce du cd MOZART : Die zauberflöte / La Flûte enchantée par Nézet-Séguin / Vogt / annonce du CLIC de CLASSIQUENEWS dÚs le 3 août 2019

 

KARAJAN 2019 : Les 30 ans de la mort (1989 – 2019) Symphonies de BRUCKNER et TCHAIKOVSKY / Berliner Philharmoniker (DG)

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_ETE 2019. Deux coffrets opportuns viennent rappeler l’hĂ©ritage d’un grand chef du XXĂš, Herbert Van Karajan (nĂ© en 1908, mort en 1989) dont les 30 ans de la disparition seront ainsi cĂ©lĂ©brĂ©s par DG Deutsche Grammophon ce 16 juillet 2019. Autant dire que le label de Hambourg, le plus prestigieux au monde, fort d’un catalogue inĂ©galĂ©, rend hommage Ă  l’un des piliers de sa gloire et de sa pertinence artistique, toujours bien vivaces aujourd’hui. Avec ses chers Philharmoniker de Berlin, le chef septuagĂ©naire Ă  la stature d’empereur, enregistre l’intĂ©grale des symphonies de Bruckner (1 Ă  9, Ă  Berlin de janvier 1975 Ă  janvier 1981), et de Tchaikovsky (6 Symphonies, entre octobre 1975 et fĂ©vrier 1979)
 le geste est carrĂ©, parfois dĂ©clamatoire mais jamais court, parfois emphatique mais habitĂ© ; jouant sur une spatialisation nouvelle du son, plus concentrĂ© que rayonnant, pourtant souvent dĂ©taillĂ© (Tchaikovski), Karajan affirme une esthĂ©tique de l’enregistrement particuliĂšrement fouillĂ©e, Ă  laquelle il a participĂ© au premier rang.

CLIC_macaron_2014Le souffle impĂ©rial de ses Bruckner auxquels il garantit aussi une introspection majestueuse en liaison avec la foi sincĂšre du compositeur de Linz ; la tendresse et cette prĂ©sence obsessionnelle du Fatum chez Piotr Illiytch fondent la valeur des 2 coffrets, remarquablement remixĂ©s pour l’occasion (cd et Blu-ray audio HD 96khz / 24 bit. Soit dans un format master des plus optimisĂ©. 2 coffrets incontournables.

 

 

 

CD, coffret événement. KARAJAN : 9 symphonies de Bruckner (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 9 cd DG Deutsche Grammophon)

CD, coffret événement. KARAJAN : 6 Symphonies de Tchaikovski (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 4 cd DG Deutsche Grammophon)

 

 

 

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_

 

 

TCHAIKOVSKY-symphonies-1---6-30th-anniversary-1989-2019-Berliner-Philharmoniker-coffret-set-box-9-cd-DG-Deutsche-Grammophon-review-cd-critique-par-classiquenews-KARAJAN-2019

 

 

 
 

 

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LIRE aussi nos articles et dossiers HERBERT VON KARAJAN, dont le bilan des coffrets édités pour les 25 ans de la mort de Karajan en 2014 :

Karajan20025 ans aprĂšs sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajanlaisse un hĂ©ritage musical et esthĂ©tique qui s’incarne par le disque : titan douĂ© d’une hypersensibilitĂ© fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres 
, Karajan s’est forgĂ© aussi une notoriĂ©tĂ© lĂ©gitime grĂące Ă  son souci de la qualitĂ© des enregistrements qu’il a pilotĂ©s et rĂ©alisĂ©s pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuositĂ© habitĂ©e, un sens innĂ© pour la ciselure comme le souffle Ă©pique de la fresque, Karajan a marquĂ© l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuitĂ© inĂ©dite pour d’infimes nuances rĂ©vĂ©lant l’opulence arachnĂ©enne des timbres
 tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son
 dans son intĂ©grale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captĂ©es dans le respect de la vie et de la palpitation
 Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune rĂ©Ă©dite une sĂ©rie de coffrets absolument incontournables. Voici notre sĂ©lection d’incontournables. LIRE notre sommaire articles et dossiers HERBERT VAN KARAJAN

 

COFFRET CD, événement. CARLO MARIA GIULINI : The complete recordings on Deutsche Grammophon (42 cd Deutsche Grammophon)

giulini-carlo-maria-complete-recordings-box-set-coffret-cd-classiquenews-cd-review-cd-critique-cd-concerts-opera-Complete-Recordings-On-Deutsche-Grammophon-Decca-Coffret-Edition-LimiteeCOFFRET CD, Ă©vĂ©nement. CARLO MARIA GIULINI : The complete recordings on Deutsche Grammophon (42 cd Deutsche Grammophon). Deutsche Grammophon regroupe ici les tĂ©moignages du travail de Carlo Maria Giulini (1914-2005) ; de 1965 (Symph 40 et 41 de Mozart Ă  Londres) Ă  la 3Ăš de Brahms – Ɠuvre fĂ©tiche, enregistrĂ©e en mai 1990, Ă  Vienne avec les Wiener Philharmoniker, Musikverein, Großer Saal), soit un accompagnement par le disque de 25 ans, un quart de siĂšcle, en compagnie d’un chef exigeant, esthĂšte, mĂ©ditatif, d’une incroyable intelligence dramatique, donc faisant crĂ©piter dans l’élĂ©gance et l’introspection le drame contenu dans opĂ©ras (Ă©videmment) mais aussi pages orchestrales. Giulini dirige ici les plus grands orchestres (sauf français) en Italie, Grande-Bretagne, Autriche, Allemagne et aux USA : Santa Cecilia, Scala de Milan, Philharmonia Orchestra, Wiener Symphoniker, Wierner Philharmoniker, Berliner Philharmoniker, aux USA : Chicago Symphony Orchestra, Los Angeles Philharmonic
 confĂ©rant Ă  tous, une tradition d’excellence grĂące Ă  sa discipline devenue rĂ©fĂ©rentielle (comme peut l’ĂȘtre celle d’un Karajan, d’un Kleiber – Carlos-, Abbado
).

D’abord violoniste puis altiste, CMG / Carlo Maria Giulini se passionne pour la direction d’orchestre en particulier dans le genre lyrique. ExpĂ©rience accomplie par le trentenaire en juin 1944 (la 4Ăš de Brahms, une vocation lyrique et donc symphonique pour un compositeur qu’il servira toute sa vie). Deutsche Grammophon rĂ©Ă©dite en un coffret nĂ©cessaire pour tout mĂ©lomane, les enregistrements du chef nĂ© en 1914 (comme Fricsay ou Kubelik) rĂ©alisĂ©s par la marque jaune et aussi pour Decca, label frĂšre. Il en rĂ©sulte une collection de prises, en studio et live, d’une portĂ©e musicale et spirituelle, incontournable. Car pour le maestro, la musique est avant tout un acte mystique. Son geste ample, profond, fouille chaque partition, lui confĂšre une respiration noble, mĂ©ditative, d’un galbe spĂ©cifique. Il est vrai que c’est Toscanini qui Ă©coutant les tempi du jeune chef dans un ouvrage inconnu alors, Il Mundo della luna de Hyadn, reste mĂ©dusĂ© et prend alors son cadet sous sa protection. Chef lyrique, Giulini dirige La Traviata Ă  la Scala dans la mise en scĂšne de Visconti avec Maria Calas en 1955 : production mythique qui assoit sa stature de trĂšs grand chef d’opĂ©ra. Il a 41 ans. C’est l’artiste esthĂšte qu’engage Walter Legge pour la firme EMI.
Comme Karajan, Giulini choisit toute la distribution, impose le temps des rĂ©pĂ©titions, exige, contrĂŽle
 pour le meilleur. Un idĂ©al sinon rien. Combien d’autres maestros ont su affirmer leur tempĂ©rament et leur pertinence grĂące Ă  cette exigence artistique (les meilleurs : Fricsay, Kubelik, Carlos Kleiber, et jusqu’à Abbado, 
). Giulini incarne donc une façon de travailler, la recherche de la perfection semĂ©e d’élĂ©gance et d’urgence, dĂ©sormais reconnaissable et mĂ©morable. Quand le chef ne trouvera plus les conditions nĂ©cessaires , il renoncera dĂ©finitivement Ă  l’opĂ©ra (en 1968, Ă  la scĂšne mais pas au studio), pour s’intĂ©resser surtout Ă  l’écriture symphonique.

CLIC D'OR macaron 200Le coffret Giulini par Deutsche Grammophon soit 42 cd, permet de suivre l’évolution de son travail, Ă  l’opĂ©ra  : 3 Verdi d’anthologie : Rigoletto (1979, Vienne), Il Trovatore / le TrouvĂšre (Rome, 1984), Falstaff (Los Angeles, 1982), dont l’énergie et le sens du dĂ©tail rĂ©alisent des lectures qui frappent immĂ©diatement par le son hyperĂ©lĂ©gant, fin, subtil, furieusement dramatique de l’orchestre : un modĂšle du genre.

On suit aussi, surtout, l’approfondissement de Giulini dans le domaine symphonique et concertant. RĂ©pertoire germanique (austro-allemand Ă©videment), de Mozart (Concerto pour piano n°23 avec Vladimir Horowitz ; symphonies 40 et 41 : les plus anciennes prises, Ă  Londres avec le New Philharmonia en octobre 1965) et Beethoven (en 1978 : Concertos et Symphonies 1, 3, 5, 6, 9), surtout Brahms (1 et 2 par deux orchestres : Los Angeles Phil et Wiener Phil. ; 3 et 4)
 Le “souffle Giulini”, entre noblesse et profondeur, architecture et intĂ©rioritĂ©, se mesure Ă©galement chez Bruckner (symphonies 7, 8, 9
 aussi nĂ©cessaires, fondamentales que celles par Gunter Wand, son ainĂ© et autre BrucknĂ©rien de poids), et chez SCHUBERT dont il est l’un des pionniers Ă  dĂ©montrer fondamentalement l’introspection et l’ampleur structurelle, c’est Ă  dire le gĂ©nie (Symphonies 4, 8, 9). Giulini fut aussi un malhĂ©rien convaincu bien que trop confidentiel (Symphonie n°9, Das lied von der Erde / Le chant de la terre). ‹‹Le coffret DG Ă©claire aussi ses lectures d’Ɠuvres sacrĂ©es (la spiritualitĂ© et l’éloquence du silence n’étant jamais Ă©loignĂ©es de chaque interprĂ©tation) ; ainsi se distinguent ici les Requiem de FaurĂ©, de Verdi, Ein deutsches Requiem de Brahms ; comme le Stabat Mater de Rossini.

Les amateurs de piano symphonique, retrouverons ses lectures des Concertos de Chopin (n°1 avec Zimerman, 1978 avec le Los Angeles Philh.)
Autre volet Ă©loquent, l’écriture française telle qu’elle se dĂ©tache par son sens des couleurs et un Ă©quilibre soignant la transparence : Ravel (Pavane, Ma MĂšre l’Oye, Rhapsodie espagnole), Debussy (La mer), – Ravel et Debussy rĂ©alisĂ©s en 1979 avec le Los Angeles Philh. -, FaurĂ© dĂ©jĂ  citĂ© ; mais aussi Franck (Symphonie en rĂ©)


A Ă©couter aussi parmi ses plus anciens enregistrements ici, la cantate An die Nachgeborenen, de Gottried von Einem – preuve d’une belle ouverture de rĂ©pertoire-, avec Dietrich Fisher-Dieskau (Wiener Symphoniker, Vienne Großer Saal, nov 1975), Tableaux d’une exposition de Moussorgski (1976) et Britten (SĂ©rĂ©nade pour tĂ©nor en 1977, les deux compositeurs avec le Chicago Symph Orch). Toujours, ses respirations qui semblent jaillir du sĂ©pulcre, cette grandeur jamais grandiloquente, cette sincĂ©ritĂ© qui tend Ă  l’introspection (on comprend que Giulini ait pu influencer Myunh Wun Chung… ). Que du trĂšs trĂšs bon. Coffret incontournable. Un must. CLIC de Classiquenews

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CLIC D'OR macaron 200CD, coffret, Ă©vĂ©nement. CARLO MARIA GIULINI : The complete recordings on DEUTSCHE GRAMMOPHON (and DECCA) - 42 cd Deutsche Grammophon : 1965-1990 / CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2019. RĂ©f.: 0289 483 6224 0.

CD, coffret événement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG)

barenboim berlioz complete berlioz recordings deutsche grammophon  10 cd critique cd review cd classiquenews actualite infos cd musique classique concerts livres opera festivalsCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG). Daniel Barenboim a dirigĂ© l’Orchestre de Paris de 1975 Ă  1989, presque 15 ans d’une complicitĂ© et d’un travail en profondeur au service des grands compositeur romantiques, en particulier du gĂ©nie de Berlioz. Pour les 150 ans du plus grand Romantique français en 2019, Hector Berlioz est mort en 1869, DG Deutsche Grammophon publie un coffret de 10 cd rĂ©unissant l’intĂ©grale des enregistrements de Barenboim et de l’Orchestre de Paris dĂ©diĂ© Ă  Hector Berlioz. AgĂ© de 33 ans, le maestro cĂ©lĂ©brĂ© internationalement, allie classicisme lumineux et souffle dramatique parfois d’une grande profondeur.
Au programme de ce coffret Ă©vĂ©nement : Symphonie Fantastique, RĂȘverie et caprice, ouverture du Carnaval Romain composent le volet orchestral ; la majoritĂ© des enregistrements concerne surtout l’opĂ©ra avec RomĂ©o et Juliette, La Damnation de Faust, BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dicte, sans omettre la cantate pour le prix de Rome, La mort de ClĂ©opĂątre et le Requiem
 PilotĂ© par le pianiste et chef, l’orchestre parisien a peut-ĂȘtre ici connu une dĂ©cade miraculeuse, par sa sonoritĂ© pleine et onctueuse, sons sens du dĂ©tail et de l’architecture
 A venir, mi fĂ©vrier 2019 dans le mag cd dvd livres de classiquenews : la critique dĂ©veloppĂ©e du coffret DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG).

LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019

CD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon)

OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret Ă©vĂ©nement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon : 1972 – 2007) - Charles Munch (1949 – 1962), Erich Leinsdorf (1962-1969) avant Ozawa et aprĂšs lui, James Levine furent les lĂ©gendes qui ont ciselĂ© la sonoritĂ© nerveuse et souple du Symphonique de Boston. Sous l’ùre de Seiji Ozawa (de 1973 Ă  2002), la phalange amĂ©ricaine atteint des sommets de poĂ©sie symphonique, servie aussi par une ingĂ©nierie de l’enregistrement qui n’a rien Ă  voir avec notre format standard compact actuel . Le coffret des complete recordings on Deutsche Grammophon, dĂ©bute dĂšs 1972 (avec le San Francisco Symphony dont il est directeur de 1970 Ă  1976), puis en 1973, avec ses chers instrumentistes de Boston : dĂ©sormais, dans tous les genres, concertos, symphonies et aussi opĂ©ra, Ozawa maintient un trĂšs haut niveau d’implication esthĂ©tique, cherchant un son Ă  la fois plein et dĂ©taillĂ©, qui fait merveille entre autres dans le rĂ©pertoire française, de Berlioz Ă  Ravel.
NĂ© en 1935, Ozawa signe alors ses enregistrements parmi les plus aboutis : ĂągĂ© de 38 ans au dĂ©but de son mandat Ă  Boston, le chef d’origine japonaise (en rĂ©alitĂ© nĂ© en Chine Ă  Shenyang) dĂ©fend une sensibilitĂ© de fauve, Ă  la subtilitĂ© fĂ©line, qui dans les tutti, – choraux ou de plein orchestre, prĂ©serve toujours la transparence. Les 50 cd du coffret DG doivent constituer les fondations de toute discographie actuelle car douĂ© d’une curiositĂ© Ă©largie, l’alchimiste Ozawa aborde chaque partition avec cette tension Ă©lectrique, nerveuse, pourtant habitĂ©e par l’échelle du monumental qui sait organiser et structurer tout dĂ©veloppement, assurant Ă  chaque Ă©pisode une architecture explicite qui frappe par sa hauteur de vue.

 

 

 

Intégrale des enregistrements pour DG
Seiji OZAWA le félin fauve de Boston

 

 

 

Le coffret DG Deutsche Grammophon rassemble ainsi plusieurs jalons de son riche rĂ©pertoire, qui mĂȘle les piliers archi connus et les perles moins jouĂ©es dont en particulier plusieurs Français (Damnation de Faust de Berlioz, Les Contes d’Hoffmann de Bizet – avec le National de France en 1986 ; PellĂ©as et MĂ©lisande, et Dolly de FaurĂ©)
 qui en font l’un des meilleurs interprĂštes de notre rĂ©pertoire hexagonal.

Parmi les grands thĂšmes transversaux de ce narrateur symphoniste hors pair, distinguons les RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, Berlioz, Tchaikovsky ; la maĂźtrise symphonique d’Ozawa se dĂ©voile et son confirme ici chez Brahms (Symphonies 1 et 2), Mahler (Symphonie n)1 « Titan », d’une fĂ©brilitĂ© fĂ©line Ă©blouissante), Berlioz (la Symphonie Fantastique) ; RAVEL (BolĂ©ro, Alborada del gracioso, Ma MĂšre l’Oye / Daphnis et Chloé ) ; TCHAIKOVSKY (musique des ballets du Lac des cygnes et de Casse-noisette / Symphonies n°4 et n°5 avec le Berliner Philharmoniker); PROKOFIEV dont il enregistre aussi avec le Berliner, les 7 symphonies en 1991-1992


CLIC D'OR macaron 200Quelques perles de ce coffret indiscutable ? Les opus dĂ©diĂ©s Ă  POULENC (Stabat Mater avec Kathleen Battle, Concerto pour orgue, Concert champĂȘtre,
), Ă©videmment les BERLIOZ et les RAVEL dĂ©jĂ  citĂ©s ; sans omettre, A Midsummer Night’s dream (solistes : Kathleen Battle, Frederica von Stade, 1994), et le plus rĂ©cent enregistrement avec le pianiste Yundi Li (Concertos de Prokofiev et Ravel avec le Berliner, 2007). Pour les afficionados comme nous, reportez vous aussi au rĂ©cent enregistrement de la 9Ăš Symphonie de Beethoven dont le maestro Ozawa rĂ©alise une lecture aussi chambriste qu’éblouissante, rĂ©flexion sur le rapport des voix et des instruments, et au sein de l’orchestre des pupitres entre eux pour une vision rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, Ă©purĂ©e, captivante par sa ligne et son intensitĂ© : LIRE ici notre critique BEETHOVEN : 9Ăš par Ozawa (Mito Chamber Orchestra / Decca, janvier 2019)
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-seiji-ozawa-beethoven-9-mito-chamber-orchestra-1-cd-decca/

 

 

 

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OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon) - Grande critique du coffret 50 cd DG Deutsche Grammophon : SEIJI OZAWA The complete recordings on DG Deutsche Grammophon, à venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

 

 

 

CD, annonce. ” Mademoiselle , par Julie Fuchs (DG)

fuchs mademoiselle cd deutsche grammophon critique review cd annonce portrait par classiquenews cd critique compte rendu operaCD, annonce. JULIE FUCHS, soprano : Mademoiselle (1 cd DG). Dans son premier cd chez DG intitulĂ© « YES » avec le National de Lille (sept 2015), la soprano Julie Fuchs osait avec dĂ©lices dĂ©fricher quelques pĂ©pites françaises de la Belle Epoque, « en diseuse enivrĂ©e, d’une irrĂ©sistible sĂ©duction » (selon les mots de notre rĂ©dacteur d’alors Lucas Irom :
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-compte-rendu-critique-julie-fuchs-yes-deutsche-grammophon-2015/

Qu’en sera-t-il pour ce second volume sous Ă©tiquette jaune ? C’est un nouvel opus titrĂ© « Mademoiselle », oĂč par le choix de nouvelles pĂ©pites, la cantatrice s’adonne Ă  nouveau au plaisir du jardin personnel et de l’autoportrait musical. Mais ici selon de nouveaux goĂ»ts en particulier une affection pour l’opĂ©ra romantique français et italien, plutĂŽt “bel canto” que sĂ©quence dramatique et tragique.
Elle nous avait ravis dans son incarnation trĂšs suave et ronde de LeĂŻla dans Les PĂȘcheurs de Perles, rĂ©alisation majeure rĂ©alisĂ©e par L’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch (le cd est sĂ©lectionnĂ© dans la catĂ©gorie Enregistrement de l’annĂ©e 2018 des prochaines 26Ăšmes Victoires de la musique classique). Pour autant, la jeune diva française maĂźtrise-t-elle idĂ©alement le style français romantique, en particulier cette articulation qui hier ont fait les grandes cantatrices telles Dessay pour la virtuositĂ© Ă©clatante et ciselĂ©e ; ou RĂ©gine Crespin au phrasĂ© et Ă  la diction, impeccables ?
Réponse dans notre prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews. Nouveau cd à paraßtre le 15 février 2019 sous étiquette DG Deutsche Grammophon

CD, annonce. « 33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon)

ghraichy piano simon cd classiquenewsCD, annonce. «  33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon). AprĂšs un premier disque DG intitulĂ© « HĂ©ritages » (il avait 31 ans), le pianiste Ă  la chevelure lĂ©onine rĂ©cidive dans un programme dĂ©nommĂ© « 33 » (comme son nouvel Ăąge), lui aussi mĂ©tissĂ©, comme lui alliant rythmes latinos, saveurs outre-Atlantiques et standards romantiques français (plus ou moins connus tel Alkan, gĂ©nie oubliĂ© du romantisme français au clavier : cf. la Chanson de la folie au bord de la mer). Il est en fait mexicain, libanais et français : triple nationalitĂ© qui est une chance, la promesse de rĂ©alisations au carrefour de plusieurs cultures ; la concrĂ©tisation d’une nouvelle constellation, mosaĂŻque de mondes sonores Ă©picĂ©s, variĂ©s, Ă©clectiques. L’ancien Ă©lĂšve du Conservatoire national supĂ©rieur de musique de Paris dĂ©cloisonne la notion sclĂ©rosante de rĂ©pertoires : il n’y a ni rĂ©pertoire classique ni chemins dĂ©tonnants ; ni grands maĂźtres, ni petits maĂźtres. Il n’y a que des sensibilitĂ©s et des expĂ©riences, des imaginations audacieuses et suggestives qui se cristallisent sous les doigts et par la volontĂ© crĂ©ative de quelques compositeurs dont le pianiste dĂ©miurge sĂ©lectionne et agence chaque Ɠuvre ainsi choisie. « Liszt et les AmĂ©riques » Ă©tait le titre de son rĂ©cital Ă  New York (Carnegie Hall, 2015) : dĂ©jĂ  la volontĂ© d’un multiculturalisme sans frontiĂšres et sans apriori. Dans son nouvel album, « 33 », les alliages sont tout aussi prometteurs, percutants, parfois provocants : TĂĄrrega, Alkan, Ramirez, Schumann, Gonzales, Glass, Nyman, SzymaĂĄnski, Shilingl, Schumann
 lĂ  encore, la volontĂ© d’une alternance entre deux mondes : le nouveau et l’ancien, entre le populaire et le savant, le traditionnel et le classique
 VoilĂ  qui rompt avec des traditions et des postures conservatrices. A chacun de trouver l’unitĂ© et la cohĂ©rence dans ce meiltingpot surprenant et peut-ĂȘtre enivrant.

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CD, annonce. 33, Simon Ghraichy, piano. 1 cd DG. AnnoncĂ© le 8 fĂ©vrier 2019 – concert le 19 fĂ©vrier 2019 au TCE, PARIS.

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CD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon)

seong jin cho mozart nezet seguin cd dg critique review cd par classiquenewsCD, critique. EvĂ©nement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon) Evidemment l’accompagnement (et davantage du maestro quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, mozartien de premier plan, depuis son intĂ©grale lyrique en cours depuis Baden Baden chaque Ă©tĂ© avec Rolando Villazon) est un « plus » dĂ©cisif, pour un jeune pianiste. Mais le tempĂ©rament de ce dernier Ă©vite bien des erreurs que d’autres, parmi ses confrĂšres surtout asiatiques, cultivent malgrĂ© leur cĂ©lĂ©britĂ© : Jin Cho collectionne, lui, avec une attention peut-ĂȘtre encore trop prĂ©cautionneuse, Ă  l’inverse de ses confrĂšres (et consoeurs), une pudeur, et une retenue qui sait aussi s’exprimer dans le clavier. Son refus de la pure virtuositĂ©, soeur d’une ineffable et bien prĂ©sente intĂ©rioritĂ© fait miracle ici, car ce Mozart de 1785 (Concerto), d’une maturitĂ© experte et si intensĂ©ment poĂ©tique, expose Ă  nu ; rĂ©vĂšle les limites d’un jeu sans Ăąme. Rien de tel chez le jeune corĂ©en, dĂ©jĂ  remarquĂ© pour ses audaces et introspections chopiniennes et qui gagne dans ce nouveau programme d’indiscutables palmes mozartiennes. CrĂ©Ă© Ă  Vienne par Wolfgang lui-mĂȘme, le Concerto n°20 est un sommet d’élĂ©gance et de profondeur, un mariage inouĂŻ entre sĂ©duction et vĂ©ritĂ©. A 29 ans, Mozart dĂ©montre un gĂ©nie inclassable, traversĂ© comme personne par la grĂące la plus pure. En mode mineur comme le K 491 (rĂ© mineur), il ouvre la voie des piĂšce maĂźtresse de l’histoire de la musique, comme est essentielle aussi, par sa couleur et sa progression architecturĂ©e, le Symphonie unique de Franck.

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81Par son innocence Ă©perdue qui affleure dans le mouvement central, le Concerto fait de son essence tragique, un miroitement pudique constellĂ© de nuances tendres. Une telle palette d’émotions et d’accents millimĂ©trĂ©s s’entend rarement chez les interprĂštes. Or cela est palpable dans le jeu du corĂ©en, dans ses audaces (variations libres du premier mouvement) et dans son respect scrupuleux des dynamiques. Le Concerto n°20 est parmi les plus bouleversants de Wolfgang, touchant et au delĂ  par sa profondeur tragique, une sincĂ©ritĂ© qui dĂ©sarme et saisit par sa justesse. La finesse d’intonation du jeu pianistique suscite l’admiration par son Ă©quilibre, sa mesure, et aussi une simplicitĂ© du style qui s’écarte comme on a dit de l’arĂšne plus commune et pourtant largement mĂ©diatisĂ©e dĂ©fendue par ses confrĂšres et consoeur asiatiques, surtout chinois. A chacun de deviner (les pianistes de Chine ne sont pas si nombreux actuellement). Le corĂ©en sait demeurer pudique, presque secret, apportant la tendresse et l’humanitĂ©, la gravitas et cette innocence qui est insouciance, tant vĂ©nĂ©rĂ©e et sublimĂ©e par l’écriture du divin Wolfgang.

 

 

 

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  AprĂšs la complicitĂ© et l’écoute rĂ©solument chambriste qui unit soliste et chef dans le Concerto n°20, voici deux Sonates parmi les plus redoutables, ne serait-ce que par l’étendue lĂ  encore des couleurs contrastĂ©es. Dans la PremiĂšre sonate (K281), le pianiste saisit le caractĂšre fantasque du dernier mouvement ; ses Ă©lans tenant du caprice (Rondo – Allegro, plage 6).

L’ultime sonate du programme K332 a cette lĂ©gĂšretĂ© tragique et chantante et grave qui rĂ©vĂšle l’interprĂšte capable de vrais Ă©clairages intĂ©rieurs, d’une Ă©loquence tendre et toujours Ă  l’Ă©coute du cƓur.
Pourtant parfois on aimerait une ciselure plus nuancĂ©e encore de l’Ă©criture allegro. Une articulation plus proche de la parole et de l’intonation Ă©motionnelle. Mais d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la sensibilitĂ© inspire une approche tĂ©nue proche de l’intime, cultivant l’extrĂȘme dĂ©licatesse pudique qui renvoie au Schubert le plus rĂȘveur et le plus introspectif.
Pourtant jeune et nouveau sur la planĂšte Mozart, le jeune corĂ©en surprend par son attention Ă  la clartĂ© pudique, Ă  l’intonation  rentrĂ©e, parfois secrĂšte, dĂ©barrassĂ©e de toute affectation, une bouleversante sincĂ©ritĂ© qui se rĂ©vĂšle vĂ©ritablement dans le mouvement central de la K332, d’une tendresse enivrante, idĂ©alement inscrite dans les replis d’un songe intime.
VCLIC D'OR macaron 200oilĂ  donc une remarquable lecture mozartienne. Celui qui s’est jusque la affirmĂ© non sans arguments chez Chopin, dĂ©voile ici des affinitĂ©s Ă©videntes chez Wolfgang entre candeur et vĂ©ritĂ©. Bouleversant d’intelligence et de nuance sans l’artifice de la pure dĂ©monstration technicienne. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018.

 

 

 

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CD, événement, critique. Seong-Jin Cho, piano. Mozart: Piano Concerto No. 20, K. 466; Piano Sonatas, K. 281 & 332. Chamber Orchestra of Europe. Yannick Nézet-Séguin, direction. 1 cd DG Deutsche Grammophon.

 

 

 

CD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738) / Fagioli, Genaux (Emelyanychev, 2017) – 3cd Deutsche Grammophon

Handel fagioli serse haendel cd review critique cd par classiquenews opera baroque par classiquenews genaux aspromonte Serse-CoffretCD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738) / Fagioli, Genaux (Emelyanychev, 2017 – 3 cd DG Deutsche Grammophon, 2017). VoilĂ  une production prĂ©sentĂ©e en concert (Versailles, novembre 2017) et conçue pour la vocalitĂ  de Franco Fagioli dans le rĂŽle-titre (il rempile sur les traces du crĂ©ateur du rĂŽle (Ă  Londres en 1738, Caffarelli, le castrat fĂ©tiche de Haendel) ; le contre-tĂ©nor argentin est portĂ©, dĂšs son air « « Ombra mai fu » », voire stimulĂ© par un orchestre Ă©lectrique et Ă©nergique, portĂ© par un chef prĂȘt Ă  en dĂ©coudre et qui de son clavecin, se lĂšve pour mieux magnĂ©tiser les instrumentistes de l’ensemble sur instruments anciens, Il Pomo d’Oro : Maxim Emelyanychev. La fiĂšvre instillĂ©e, canalisĂ©e par le chef Ă©tait en soi, pendant les concerts, un spectacle total. Physiquement, en effets de mains et de pieds, accents de la tĂȘte et regards hallucinĂ©s, le maestro ne s’économise en rien.
L’enregistrement prolonge la vitalitĂ© du concert et rend compte d’un esprit de troupe, sachant pour chaque chanteur caractĂ©riser idĂ©alement chaque personnage.
En Serse / Xerxes 1er, Franco Fagioli dĂ©montre une maĂźtrise parfaite des mĂ©lismes et acrobaties vocales Ă©crites par Haendel. Fagioli vocalise sans peine, dans les aigus comme dans les graves, sur l’étendue de sa tessiture, indiquant combien les ornements sont porteurs de sens, signifient idĂ©alement la volontĂ© du Roi Perse, dans le grave engorgĂ©, en un chant qui dans un seul souffle sait distiller piani et forte sans cĂ©sure (cf l’ambitus ahurissant de l’air « « Crude furie » », de l’extrĂȘme aigu aux graves souterrains). Le caprice, le dĂ©sir, le plaisir du prince (amoureux volatile) s’exprime et prend forme avec un naturel 
 dĂ©sarmant.
Autour du Divo, comme on disait des castrats idolĂątrĂ©s au XVIIIĂš, Fagioli, ses partenaires dĂ©fendent avec beaucoup de classe et d’intensitĂ©, le relief Ă©motionnel de leur personnage : Inga Kalna incarne une Romilda, solide, parfois instable, mais toujours trĂšs volontaire et expressive (en rien cette fĂ©minitĂ© fragile et fĂ©brile, ailleurs portĂ©e par des sopranos pointues). Il est vrai que la soprano chante Ă  prĂ©sent Rodelinda avec une vĂ©ritĂ© irrĂ©sistible.
En Arsamene, la mezzo coloratoure canadienne (originaire de Fairbanks), Vivica Genaux (enfin voilĂ  dans le rĂŽle du frĂšre de Serse une voix fĂ©minine de poids, plutĂŽt qu’un contre-tĂ©nor trop lisse et pas assez typĂ©) qui confirme son immense facilitĂ© vocale et dramatique, un tempĂ©rament exceptionnellement ciselĂ© et percutant qui fait d’elle la mezzo baroque de l’heure (avec Ann Hallenberg). Amastre gagne une Ă©paisseur rĂ©elle grĂące Ă  la tessiture Ă©largie, soutenue aux extrĂ©mitĂ©s, de l’alto Delphine Galou, voix sĂ»re, droite, profonde.
Jeune diva Ă  suivre dĂ©sormais, Francesca Aspromonte offre une remarquable couleur, entre brio et tendresse au personnage d’Atalanta, moins piquante intrigante que vrai tempĂ©rament amoureux, elle aussi prĂȘte Ă  en dĂ©coudre.
CLIC_macaron_2014Acteur en diable, se jouant des travestissements (en jardinier, en marchande de fleurs, voix de tĂȘte drĂŽlissime Ă  l’envi), le baryton Biagio Pizzuti Ă©claire la figure d’Elviro, d’une vĂ©ritĂ© humaine, comique certes, mais trĂšs proche du spectateur / auditeur.
Un pilier efficace dans la trame dramatique qui contraste parfaitement avec la noblesse plus digne de ses partenaires.
Autant le profil de l’empereur Serse est lumineux, autant celui de Ariodate (Andrea Mastroni) est lugubre et sombre, qui ferait rĂ©sonner jusqu’aux cintres. Et l’auditeur.

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CD, critique. HANDEL / HAENDEL : Serse (1738). Dramma per musica en 3 actes, livret d’aprĂšs NicolĂČ Minato et Silvio Stampiglia / CrĂ©Ă© Ă  Londres en avril 1738

Serse : Franco Fagioli
Arsamene, son frĂšre : Vivica Genaux
Romilda : Inga Kalna
Atalanta : Francesca Aspromonte
Ariodate : Andrea Mastroni
Amastre : Delphine Galou
Elviro : Biagio Pizzuti

Il Pomo d’Oro / Maxim Emelyanychev, direction.

 

 

 

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LIRE nos autres critiques des cd et concerts par Franco Fagioli

CD, compte rendu critique. Gluck: Orfeo ed Euridice, 1762 (Franco Fagioli, Laurence Equilbey, 3 cd Archiv, avril 2015)
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-gluck-orfeo-ed-euridice-1762-franco-fagioli-laurence-equilbey-3-cd-archiv-avril-2015/

CD événement, annonce. FRANCO FAGIOLI : ROSSINI (1 cd Deutsche Grammophon, à venir le 30 septembre 2016).
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-franco-fagioli-rossini-1-cd-deutsche-grammophon-a-venir-le-30-septembre-2016/

Compte rendu, opéra. Paris, Palais Garnier, le 16 septembre 2016. Cavalli : Eliogabalo (1667), recréation. Franco Fagioli
 Leonardo Garcia Alarcon, direction musicale. Thomas Jolly, mise en scÚne
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-paris-palais-garnier-le-16-septembre-2016-cavalli-eliogabalo-recreation-franco-fagioli-leonardo-garcia-alarcon-direction-musicale-thomas-jolly-mise-en-scene/

Compte-rendu critique, opéra. Nancy. Opéra National de Lorraine, le 7 mai 2017. Gioachino Rossini : Semiramide. Salome Jicia, Franco Fagioli, Nahuel Di Pierro, Matthews Grills. Domingo Hindoyan, direction musicale. Nicola Raab, mise en scÚne
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-nancy-opera-le-7-mai-2017-rossini-semiramide-jicia-fagioli-hindoyan-raab/

CD, compte rendu critique. FRANCO FAGIOLI, contre tĂ©nor : Handel Arias (1 cd Deutsche Grammophon). Parmi les contre tĂ©nors actuels, ceux qui savent caractĂ©riser un personnage, au lieu de dĂ©ployer toujours la mĂȘme technique, l’argentin Franco Fagioli rĂ©alise une belle prouesse, sur le sillon de son aĂźnĂ© Max Emanuel Cencic, qui lui accuse les signes inquiĂ©tants de son Ăąge vocal : medium certes Ă©largi mais

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-franco-fagioli-contre-tenor-handel-arias-1-cd-deutsche-grammophon/

CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opĂ©ras par Anna Netrebko, soprano (1 cd Deutsche Grammophon)

verismo-anna-netrebko-VIGNETTE-160-cd-presentation-review-cd-critique-cd-classiquenews-582-594-1CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opĂ©ras par Anna Netrebko, soprano (1 cd Deutsche Grammophon). De La Wally Ă  Gioconda, d’Adrienne Lecouvreur Ă  Marguerite, sans omettre les pucciniennes Butterfly, LiĂč et Turandot, aux cĂŽtĂ©s de Manon Lescaut, Anna Netrebko confirme son immense talent d’actrice. En plus de l’intensitĂ© d’une voix de plus en plus large et charnelle (medium et graves sont faciles, amples et colorĂ©s), la soprano Ă©merveille et enchante littĂ©ralement en alliant risque et subtilitĂ©. C’est Ă  nouveau une rĂ©ussite totale, et aprĂšs son dernier album Iolanthe / Iolanta de Tchaikovsky et celui intitulĂ© VERDI, la confirmation d’un tempĂ©rament irrĂ©sistible au service de l’élargissement de son rĂ©pertoire
 Au trĂšs large public, Anna Netrebko adresse son chant rayonnant et sĂ»r ; aux connaisseurs qui la suivent depuis ses dĂ©buts, la Divina sait encore les surprendre, sans rien sacrifier Ă  l’intelligence ni Ă  la subtilitĂ©. Ses nouveaux moyens vocaux mĂȘme la rendent davantage troublante. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

verismo-anna-netrebko-582-582-classiquenews-presentation-review-critique-cd-deutsche-grammophonDe Boito (nĂ© en 1842), le librettiste du dernier Verdi (Otello et Falstaff), Anna Netrebko chante Marguerite de Mefistofele (crĂ©Ă© Ă  La Scala en 1868), dont les Ă©clats crĂ©pusculaires prĂ©figurent les vĂ©ristes prĂšs de 15 annĂ©es avant l’essor de l’esthĂ©tique : au III, lugubre et tendre, elle reçoit la visite du diable et de Faust dans la prison oĂč elle a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ©e aprĂšs avoir assassinĂ© son enfant. « L’altra notte in fondo al mare » exprime le dĂ©sespoir d’une mĂšre criminelle, amante maudite, Ăąme dĂ©chue, espĂ©rant une hypothĂ©tique rĂ©mission. MĂȘme Ă©criture visionnaire pour Ponchielli (nĂ© en 1834) qui compose La Gioconda / La Joyeuse sur un livret du mĂȘme Boito : Ă©galement crĂ©Ă© Ă  La Scala mais 8 ans plus tard, en 1876, l’ouvrage affirme une puissance dramatique premiĂšre en particulier dans l’air de Gioconda au dĂ©but du IV : embrasĂ©e et subtile, Netrebko revĂȘt l’ñme dĂ©sespĂ©rĂ©e (encore) de l’hĂ©roĂŻne qui dans sa grande scĂšne tragique (« Suicidio ! ») se voue Ă  la mort non sans avoir sauvĂ© celui qu’elle aime, Enzo Grimaldi
 l’espion de l’Inquisition Barnaba aura les faveurs de Gioconda s’il aide Enzo Ă  s’enfuir de prison. En se donnant, Gioconda se voue au suicide.

JUSTESSE STYLISTIQUE. Une telle dĂ©mesure Ă©motionnelle, d’essence sacrificielle, se
retrouve aussi chez Flora dans La Tosca de Puccini (nĂ© en 1858), quand la cantatrice Ă©change la vie de son aimĂ©e Mario contre sa pudeur : elle va se donner Ă  l’infĂąme prĂ©fet Scarpia. Anna Netrebko Ă©blouit par sa couleur doloriste et digne, dans sa priĂšre Ă  la Vierge qu’elle implore en fervente et fidĂšle adoratrice
 (« Vissi d’arte » au II).
Mais Puccini semble susciter toutes les faveurs d’une Netrebko, inspirĂ©e et maĂźtresse de ses moyens. Sa Manon Lescaut, dĂ©fendu aux cĂŽtĂ©s de son Ă©poux Ă  la ville, – le tĂ©nor azerbaĂŻdjanais Yusif Eyvazov-, se rĂ©vĂšle Ă©vidente, naturelle, ardente, incandescente, 
 d’une candeur bouleversante au moment de mourir. Le velours de la voix fait merveille. Le chant sĂ©duit et bouleverse.
MĂȘme finesse d’intonation pour sa Butterfly : « Un bel dĂŹ vedremo », autre expression d’une candeur intacte celle de la jeune geisha qui demeure inflexible, plus amoureuse que jamais du lieutenant amĂ©ricain Pinkerton, affirmant au II Ă  sa servante Suzuki, que son « époux » reviendra bientĂŽt


TURANDOT IRRADIANTE
 Plus attendus car autrement pĂ©rilleux, les deux rĂŽles de Turandot (l’ouvrage laissĂ© inachevĂ© de Puccini) : deux risques pourtant pleinement assumĂ©s lĂ  encore qui rĂ©vĂšlent (et confirment) l’intensitĂ© dramatique et la justesse expressive dont est capable la diva austro-russe. Pourtant rien de plus distincts que les deux profils fĂ©minins : d’un cĂŽtĂ©, la pure, angĂ©lique et bientĂŽt suicidaire LiĂč ; de l’autre, l’impĂ©riale et arrogante princesse chinoise (elle paraĂźt ainsi en tiare d’or en couverture du cd) : Turandot dont la diva, forte de ses nouveaux graves, d’un mĂ©dium large et tendu Ă  la fois, sait dĂ©voiler sous l’écrasante pompe liĂ©e Ă  sa naissance, le secret intime qui fonde sa fragilité  (premier air de Turandot: « In questa reggia »). Le souci du verbe, la tension de la ligne vocale, l’éclat du timbre, la couleur, surtout la finesse de l’implication imposent ce choix comme l’un des plus bouleversants, alors qu’il Ă©tait d’autant plus risquĂ©. « La Netrebko » sait ciseler l’hypersensibilitĂ© de la princesse, sa pudeur de vierge autoritaire sous le dĂ©corum (qu’elle sait plus Ă  dĂ©ployer dans le choix du visuel de couverture du programme ainsi que nous l’avons soulignĂ© prĂ©cĂ©demment). Est-ce Ă  dire que demain, Anna Netrebko chantera le rĂŽle dans son entier sur les planches ? La question reste posĂ©e : rares les cantatrices capables de porter un rĂŽle aussi Ă©crasant pendant tout l’opĂ©ra.


CLIC_macaron_2014SOIE CRISTALLINE POUR PURS VÉRISTES
. Aux cĂŽtĂ©s des prĂ©curseurs visionnaires, – ici Boito et Ponchielli, place aux vĂ©ristes purs et durs, crĂ©ateurs renommĂ©s, parfois hautains et exclusifs, au sein de la Jeune Ecole (la Giovane Scuola), ainsi qu’en avant-gardistes dĂ©clarĂ©s, il se nommaient ; paraissent ici Giordano (1867-1948), Leoncavallo (1857-1919), Cilea (1866-1950). Soit une dĂ©cennie miraculeuse au carrefour des deux siĂšcles (1892-1902) qui enchaĂźne les chefs d’oeuvres lyriques, vrais dĂ©fis pour les divas prĂȘtes Ă  relever les obstacles imposĂ©s par des personnages tragiques (souvent sacrificiels), « impossibles ».
Pour chacun d’eux, Anna Netrebko offre la soie ardente de son timbre hyperfĂ©minin, sachant sculpter la matiĂšre vocale sur l’écrin orchestral que canalise idĂ©alement Antonio Pappano. L’accord prĂ©vaut ici entre chant et instruments : tout concourt Ă  cette « ivresse » (souvent extatique) des sentiments qui trĂšs contrastĂ©s, exige une tenue rĂ©flĂ©chie de l’interprĂšte : Ă©conomie, intelligibilitĂ©, intelligence de la gestion dramatique autant qu’émotionnelle. La finesse de l’interprĂšte Ă©blouit pour chacune des sĂ©quences oĂč perce l’enivrement radical de l’hĂ©roĂŻne. Sa Nedda (Pagliacci de Leoncavallo, crĂ©Ă© en 1892), exprime en une sorte de berceuse nocturne, toute l’ardente espĂ©rance pourtant si fĂ©brile
de la jeune femme malheureuse avec son Ă©poux Canio, mais dĂ©munie, passionnĂ©e face Ă  l’amour de son amant le beau Silvio. Plus mĂ»re et marquĂ©e voire dĂ©passĂ©e par les Ă©vĂ©nements rĂ©volutionnaires, Madeleine de Coigny (AndrĂ© ChĂ©nier de Giordano, crĂ©Ă© en 1896) impose l’autoritĂ© d’une Ăąme amoureuse qui tout en dĂ©nonçant la barbarie environnante (incendie du chĂąteau familial oĂč meurt sa mĂšre, fuite, errance, dĂ©chĂ©ance, misĂšre
), s’ouvre Ă  l’amour du poĂšte ChĂ©nier, son unique salut.
Mais en plus de l’intensitĂ© dramatique – fureur et dĂ©passement, Anna Netrebko sait aussi filer des sons intĂ©rieurs qui ciselĂ©s – c’est Ă  dire d’une finesse bellinienne, donc trĂšs soucieux de l’articulation du texte, illuminent tout autant le relief des autres figures de la passion : La Wally (de Catalani, 1854-1893) et sa cantilĂšne Ă©thĂ©rĂ©e, comme l’admirable scĂšne quasi thĂ©Ăątrale d’Adrienne Lecouvreur (de Cilea,), regardent plutĂŽt du cĂŽtĂ© d’une candeur sentimentale, grĂące et tendresse oĂč lĂ  encore l’instinct, le style, l’intonation confirment l’immense actrice, l’interprĂšte douĂ©e pour la sensibilitĂ© Ă©conome, l’intensitĂ© faite mesure et nuances, soit la rĂ©surgence d’un certain bel canto qui par sons sens des phrasĂ©s et d’une incarnation essentiellement subtile approche l’idĂ©al bellinien. La diversitĂ© des portraits fĂ©minins ici abordĂ©s, incarnĂ©s, ciselĂ©s s’offre Ă  la maĂźtrise d’une immense interprĂšte. Chapeau bas. « La Netrebko » n’a jamais Ă©tĂ© aussi sĂ»re, fine, rayonnante. Divina.

CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opĂ©ras par Anna Netrebko, soprano. Orchestre de l’Accademia Santa Cecilia. Antonio Pappano, direction. Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Rome, Auditorium Parco della Musica, Santa Cecilia Hall, 7 & 10/2015; 6/2016 — 1 cd Deutsche Grammophon 00289 479 5015. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016. Parution annoncĂ©e : le 2 septembre 2016.

 

 

 

Impériale diva

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Discographie précédente

 

 

Anna Netrebko chante Verdi chez Deutsche GrammophonCD. Anna Netrebko : Verdi  (2013)  
     Anna Netrebko signe un rĂ©cital Verdi pour Deutsche Grammophon d’une haute tenue expressive. Soufflant le feu sur la glace, la soprano saisit par ses risques, son implication qui dans une telle sĂ©lection, s’il n’était sa musicalitĂ©, aurait Ă©tĂ© correct sans plus 
 voire tristement pĂ©rilleuse. Le nouveau rĂ©cital de la diva russo autrichienne marquera les esprits. Son engagement, sa musicalitĂ© gomment quelques imperfections tant la tragĂ©dienne hallucinĂ©e exprime une urgence expressive qui met dans l’ombre la mise en pĂ©ril parfois de la technicienne : sa Lady Macbeth comme son Elisabeth (Don Carlo) et sa Leonora manifestent un tempĂ©rament vocal aujourd’hui hors du commun. Passer du studio comme ici Ă  la scĂšne, c’est tout ce que nous lui souhaitons, en particulier considĂ©rant l’impact Ă©motionnel de sa Leonora 
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iolanta anna netrebko tchaikovski cd deutesche grammophon clic de classiquenews janvier 2015CD. SimultanĂ©ment Ă  ses reprĂ©sentations new yorkaises (janvier et fĂ©vrier 2015), Deutsche Grammophon publie l’opĂ©ra oĂč rayonne le timbre embrasĂ©, charnel et angĂ©lique d’Anna Netrebko, assurĂ©ment avantagĂ©e par une langue qu’elle parle depuis l’enfance. Nuances, richesse dynamique, finesse de l’articulation, intonation juste et intĂ©rieure, celle d’une jeune Ăąme ardente et implorante, pourtant pleine de dĂ©termination et passionnĂ©e, la diva austro-russe marque Ă©videment l’interprĂ©tation du rĂŽle de Iolanta : elle exprime chaque facette psychologique d’un personnage d’une constante sensibilitĂ©. De quoi favoriser la nouvelle estimation d’un opĂ©ra, le dernier de TchaĂŻkovski, trop rarement jouĂ©.  En jouant sur l’imbrication trĂšs raffinĂ©e de la voix de la soliste et des instruments surtout bois et vents (clarinette, hautbois, basson) et vents (cors), TchaĂŻkovski excelle dans l’expression profondes  des aspirations secrĂštes d’une Ăąme sensible, fragile, dĂ©terminĂ©e : un profil d’hĂ©roĂŻne idĂ©al, qui rĂ©pond totalement au caractĂšre radical du compositeur. Toute la musique de TchaĂŻkovski (52 ans) exprime la volontĂ© de se dĂ©faire d’un secret, de rompre une malĂ©diction
 La voix corsĂ©e, intensĂ©ment colorĂ©e de la soprano, la richesse de ses harmoniques offrent l’épaisseur au rĂŽle-titre, ses aspirations dĂ©sirantes : un personnage conçu pour elle. VoilĂ  qui renoue avec la rĂ©ussite pleine et entiĂšre de ses rĂ©centes prises de rĂŽles verdiennes (Leonora du trouvĂšre, Lady Macbeth) et fait oublier son erreur straussienne (Quatre derniers lieder de Richard Strauss). LIRE notre dossier complet ” IOLANTA par Anna Netrebko “

 

CD. Anna Netrebko : Souvenirs (2008) 
   Anna Netrebko n’est pas la plus belle diva actuelle, c’est aussi une interprĂšte Ă  l’exquise et suave musicalitĂ©. Ce quatriĂšme opus solo est un magnifique album. L’un de ses plus bouleversants. Ne vous fiez pas au style sucrĂ© du visuel de couverture et des illustrations contenues dans le coffret (lequel comprend aussi un dvd bonus et des cartes postales!), un style maniĂ©riste Ă  la Bouguereau, digne du style pompier pure origine
 C’est que sur le plan musical, la diva, jeune maman en 2008, nous a concoctĂ© un voyage serti de plusieurs joyaux qui font d’elle, une ambassadrice de charme
 et de chocs dont la tendresse lyrique et le choix rĂ©flĂ©chi des mĂ©lodies ici regroupĂ©es affirment une maturitĂ© rayonnante, un style et un caractĂšre,  indiscutables. EN LIRE +

 

 

 

 

Prochains rîles d’Anna Netrebko :

netrebko anna macbeth classiquenews review account ofLady Macbeth dans Macbeth de Verdi : 18,21, 27 dĂ©cembre 2016 Ă  l’OpĂ©ra de Munich
Leonora dans Il Trovatore de Verdi : 5-18 fĂ©vrier 2017 Ă  l’OpĂ©ra de Vienne
Violetta Valéry dans La Traviata de Verdi : 9-14 mars 2017, Scala de Milan
Tatiana dans EugÚne Onéguine de Tchaikovski : 30 mars-22 avril 2017, Metropolitan Opera New York
puis Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, du 16 au 31 mai 2017, rĂŽle assurĂ© en alternance avec Sonya Yoncheva (juin 2016)

 

 

CD, coffret événement, annonce. THE ORIGINALS, volume 2 (50cd, Deutsche Grammophon)


Originals legendary recordings volume 2, vol II, review announce annonce classiquenews cd critique Cvr-00028947960188-240x240CD, coffret événement, annonce. THE ORIGINALS, volume 2. Deutsche Grammophon édite le 2Úme coffret « The Originals », ou « Legendary recordings »
, perles de son catalogue lĂ©gendaire oĂč l’on retrouve plusieurs chefs pianistes, orchestres, chanteurs de lĂ©gende dans des oeuvres particuliĂšrement bien dĂ©fendues et qui ont fait la notoriĂ©tĂ© de la marque depuis l’aprĂšs guerre. Paru en novembre 2014 (il y a un peu moins de 2 ans, CLIC de CLASSIQUENEWS), le premier coffret The Originals, premiĂšre moisson sĂ©lective de 50 cd Ă  Ă©couter d’urgence, Ă©tait dans sa robe bleue, d’un indiscutable apport. DĂ©jĂ , le mĂ©lomane, connaisseur ou curieux y retrouvait pour son plus grand profit, les chefs Ă  tempĂ©rament dont Evgeny Mravinski, Karl Böhm, Karajan, Bernstein, Abbado, Fricsay, Kubelik
 l’organiste Helmut Wacha (toujours indĂ©passable dans Bach ainsi dĂšs 1956), les pianistes Emil Gilels (dont 2016 marque le centenaire), Maurizio Pollini et le baryton D Fisher-Dieskau 
 chacun dans des lectures effectivement marquantes. Les orchestres ici reprĂ©sentĂ©s sont l’Orchestre Lamoureux, l’Orchestre de l’opĂ©ra de Berlin, la Chapelle de Dresde, le Symphonique de la radio bavaroise, le Wiener Symphoniker, l’Orchestre de la Radio de Berlin, surtout le Berliner Philharmoniker
 MĂȘmes grands interprĂštes dans le nouveau coffret de 50 cd (dan sa livrĂ©e blanche cette fois), publiĂ© en septembre 2016, et dans des choix de rĂ©pertoires diffĂ©rents, non moins convaincants : Ă©coutez entre autres les Symphonies de Tchaikovsky par
à Vienne en 1956 : indémodables, fascinantes).

A leur geste superlatif s’ajoute les tempĂ©rament et caractĂšre d’autres artistes qui comptent aussi et font le nouvel intĂ©rĂȘt du prĂ©sent coffret absolument incontournable : le violoniste Nathan Milstein dans JS Bach (1974), ABM soit le pianiste Arturo Benedetto Michelangelo dans les Concertos pour piano de Beethoven sous la direction de Carlo Maria Giulini en 1979 ; joyau romantique français serti par Igor Markevitch, Paris, Salle de la MutualitĂ© en 1961 : Symphonique Fantastique de Berlioz et ouverture AnacrĂ©on de Cherubini ; les Symphonies de Brahms par Eugen Jochum et le Berliner Philharmoniker en 1953 et 1956 ; les Chopin dont les 24 PrĂ©ludes par Martha Argerich (1974) ; les Quatuors de Debussy et Ravel par le Melos Quartett (1979) ; Les Smetana de Ferenc Fricsay (dont la Maldau, Berliner Philharmoniker, 1960) ; Ă©videmment l’Amour Bruno / L’Amour Sorcier de Falla par la sublime Grace Bumbry et Lorin Maazel en 1965 ; Les Sibelius de Hans Rosbaud (1954; avec le Berliner Phil.) 

Carlos Kleiber : gĂ©nie de la baguetteParmi les oeuvres intĂ©grales lyriques, saluons la rĂ©Ă©dition des fabuleux tĂ©moignages que sont La CrĂ©ation de Haydn par Karajan (1966-1969) ; Les Noces de Figaro de Mozart par Böhm (F-Dieskau, Janowitz, Mathis, Prey, Troyanos, Berlin 1968) ; sans omettre le fameux Rigoletto de Verdi par Giuliani (Capuccilli, Domingo, Cotrubas, Ghiaurov
 Vienne 1979), et tout autant, le FreischĂŒtz anthologique de Carlos Kleiber signĂ© en 1973 Ă  Dresde (s’il ne fallait conserver q’un enregistrement, par son souffle, sa poĂ©sie romantique : ce serait celui lĂ  : photo ci contre). 50 cd incontournables pour rĂ©viser ses classiques par une colonies d’artistes Ă  la musicalitĂ© rayonnante, convaincante, engagĂ©e. Prochaine critique complĂšte du coffret THE ORIGINALS, Legendary recordons from The Deutsche Grammophon Catalogue : 50 cd, volume II — parution : septembre 2016, Ă  venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.COM —  CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

originals-box the originalsLIRE aussi notre compte rendu du coffret : THE ORIGINALS : The legendary recordons from the Deutsche Grammophon Catalogue, 50 cd, volume I, parution : novembre 2014, CLIC de CLASSIQUENEWS 2014

 

CD, compte rendu. Emil Gilels : récital de Seattle 1964 (1 cd Deutsche Grammophon)


gilels emil seattle 1964 cd review presentation critique cd classiquenews compleete review on classiquenews cd compte rendu critique cd deutsche grammophonCD, compte rendu. Emil Gilels : récital de Seattle 1964 (1 cd Deutsche Grammophon)
. Les crĂ©pitements nerveux, d’un feu Ă©nergique puissamment assumĂ©, voire parfois vindicatif (ampleur orchestrale du jeu) affirme l’engagement de l’artiste chez Beethoven (Sonate n°21, Ă©noncĂ©e avec une fougue Ă©lectrique, d’une force diabolique). Son Chopin, plus emprunt de grĂące et de vocalitĂ  (Variations sur LĂ  ci darem la mano) ouvre d’autres champs plus intĂ©rieurs et presque oniriques, d’une ivresse absente chez le premier Beethoven. Quoique trĂšs vite, le pianiste plus dĂ©chainĂ© qu’enivrĂ©, fait couler des torrents d’énergie dramatique lĂ  aussi impressionnante.

Le pianiste de 48 ans (qui mourra en 1985), est au sommet de sa mĂ»re expĂ©rience comme soliste et rĂ©citaliste. Le rĂ©cital amĂ©ricain que rĂ©Ă©dite Deutsche Grammophon (pour le centenaire Gilels 2016 : il est nĂ© en octobre 1916) rend idĂ©alement compte de son immense tempĂ©rament, carrure de lion et conteur irrĂ©sistible
 alliant caresse et passion rageuse. C’est un monstre-interprĂšte, virtuose des Ă©pisodes contrastĂ©s, d’une urgence enivrĂ©e quasi vertigineuse Ă  suivre (le dĂ©veloppement du motif mozartien chez Chopin, dont l’interprĂšte au clavier fait une nuit fantastique, course effrĂ©nĂ©e et visions haletantes
).

CLIC_macaron_2014Le presque quasi contemporain de Richter (nĂ© un an avant Gilels en 1915, – et comme lui immense musicien), impose ici une impĂ©tuositĂ© Ă©lectrique incandescente dont la braise semble vĂ©ritablement enflammer le clavier (urgence parfois panique de la Sonate n°3 opus 28 de Prokofiev). Le talent rude, au physique de bucheron, dĂ©couvert alors par Arthur
Rubinstein, se montre d’une Ă©loquence vĂ©ritablement hypnotique dans les 3 sĂ©quences de Debussy (Images I : Reflets, enchanteurs ; hommage Ă  Rameau, Ă©nigmatique et « satien »).

Miroirs de Ravel (Alborada del gracioso) envoĂ»te par le mĂȘme feu liquide trĂšs subtilement Ă©noncĂ©, d’une ciselure nerveuse aux scintillements et arriĂšres plans dignes d’un orchestre (phĂ©nomĂ©nale architecture).

Gilels-Emil-02MalgrĂ© la prise de son pas toujours trĂšs propre (2Ăšme mouvement du Beethoven), l’acuitĂ©, l’assise, le feu poĂ©tique, la terrifiante agilitĂ© du pianiste s’impose Ă  nous, plus de 50 ans aprĂšs la rĂ©alisation du concert de Seattle. Certainement un tĂ©moignage majeur de la fiĂšvre musicale du pianiste russe (nĂ© Ă  Odessa, actuelle Ukraine, en 1916). On reste mĂ©dusĂ© par la nature des critiques amĂ©ricains et germaniques lui reprochant le cĂŽtĂ© provincial et maniĂ©rĂ© de son jeu Ă  la russe
 mĂȘme inexacte et maladroite la rĂ©serve finit par atteindre l’immense pianiste. Il ne faut qu’écouter la vie, l’appel Ă  l’ivresse de la danse russe de Petrouchka pour mesurer la spontanĂ©itĂ© miraculeuse du jeu de Gilels. Un gĂ©ant assurĂ©ment du piano au XXĂšme. RĂ©Ă©dition lĂ©gitime. Pour son centenaire, Deutsche Grammophon devait bien souligner l’originalitĂ© puissante d’un interprĂšte Ă  bien des Ă©gards fascinant. Cet inĂ©dit rend hommage Ă  son trĂšs grand talent. A Ă©couter absolument.

SimultanĂ©ment Ă  DG, Sony classical cĂ©lĂšbre aussi le talent impressionnant de Gilels, en rĂ©Ă©ditant l’intĂ©grale des enregistrements RCA et Columbia. Compte rendu critique Ă  venir sur classiquenews.com.

CD, compte rendu. Emil Gilels, piano : rĂ©cital de Seattle 1964 : Beethoven, Chopin, Debussy, Prokofiev (1 cd Deutsche Grammophon) — Parution le 19 aoĂ»t 2016.

 

CD événement, annonce : Anna Netrebko ose Turandot dans son nouvel album VERISMO (1 cd Deutsche Grammophon).

verismo-anna-netrebko-582-582-classiquenews-presentation-review-critique-cd-deutsche-grammophonCD Ă©vĂ©nement, annonce : Anna Netrebko ose Turandot dans son nouvel album VERISMO (1 cd Deutsche Grammophon). Que vaut la Turandot osĂ©e par Anna Netrebko dans son album Verismo ? On se souvient que dans son prĂ©cĂ©dent rĂ©cital monographique intitulĂ© simplement « VERDI », la diva osait y chanter Lady Macbeth (qu’elle jouera ensuite sur scĂšne Ă  New York au Metropolitan en une saisissante incarnation car les personnages hallucinĂ©s lui vont Ă  ravir) : vĂ©ritable dĂ©claration d’intention, Ă  cĂŽtĂ© de sa Leonor du TrouvĂšre, lĂ  encore une prise de rĂŽle qui de Berlin, Salzbourg Ă  Paris, allait affirmer (contre tous), sa fibre verdienne. DĂ©passĂ©e ? Sans moyens ? Que nenni : le soprano onctueux, sensuel d’une intensitĂ© frappante a convaincu.‹S’agirait-il du mĂȘme principe ici, dans son album Ă  paraĂźtre dĂ©but septembre 2016 : « Verismo », l’audacieuse et surprenante diva s’expose en princesse orientale, clin d’Ɠil manifeste et direct Ă  sa Turandot osĂ©e (plage 11 du rĂ©cital) : « In questa reggia » 

 

 

 

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DĂ©chirante Turandot d’Anna Netrebko

 

 

En avant-premiĂšre, classiquenews vous livre les rĂ©sultats de notre Ă©coute du cd VĂ©risme : aux cĂŽtĂ©s du superbe scintillement tragique de sa LiĂč, courte et fulgurante immersion dans cette fĂ©minitĂ© fragile et loyale, Anna Netrebko aborde le personnage en titre : Turandot dont la soprano « ose » incarner avec de vrais moyens cependant, le grand air de la princesse chinoise cette fois, expression de sa dignitĂ© impĂ©riale de grande vierge intouchable qui sous le masque d’une cruautĂ© dĂ©clarĂ©e, assumĂ©e, cultive en vĂ©ritĂ© une fragilitĂ© outragĂ©e qui entend venger la mort de son aĂŻeule Lo-u-ling : son grand air de l’acte II, – celui qui prĂ©cĂšde l’épreuve des 3 Ă©nigmes : « In questa reggia » saisit par sa justesse expressive, la vĂ©ritĂ© qui se dĂ©gage d’un chant embrasĂ©, qui est celui d’une Ăąme prisonniĂšre de sa propre position. Anna Netrebko exprime la sensibilitĂ© d’une Ăąme dĂ©chirĂ©e que le sort de son aĂŻeule touche infiniment et qui l’enchaĂźne aussi en une virginitĂ© donc une solitude, qui la dĂ©passent. DĂ©claration et priĂšre : la princesse est une femme qui assĂšne et qui souffre : chair tiraillĂ©e que le timbre incandescent aux aigus assumĂ©s de la cantatrice sublime. La couleur de sa voix convient idĂ©alement au profil fĂ©minin imaginĂ© par Puccini. La dĂ©couverte est prodigieuse et l’on aimerait tant l’entendre tout au long de la partition comme Butterfly
.

 

 

 

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Suite de la critique complĂšte de l’album VERISMO d’Anna Netrebko, Ă  venir le jour de sa parution, le 2 septembre 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2016.

 

 

OPERA. ActualitĂ©s de la soprano Anna Netrebko : de Mozart, Verdi Ă  Puccini…

salzburg salzbourg logo 2016 0104_festspiele_023OPERA. ActualitĂ©s de la soprano Anna Netrebko : de Mozart, Verdi Ă  Puccini… Anna Netrebko, Ă©gĂ©rie de Salzbourg. Lors d’un talk publique organisĂ© avec la star du lyrique (dont DG sortira le prochain album “Verismo”, trĂšs attendu, en septembre prochain), la direction du Festival de Salzbourg (par la voix de sa prĂ©sidente actuel: Helga Rabl-Stadler) a soulignĂ© l’attachement qui unit la soprano austrorusse et l’institution musicale estivale : « Anna a contribuĂ© Ă  l’histoire du Festival et je souhaite qu’elle continue Ă  la faire », a dĂ©clarĂ© en substance madame R-Stadler.

Anna Netrebko a rĂ©alisĂ© ses dĂ©buts Ă  Salzbourg en chantant Donna Anna – un rĂŽle qui lui Ă©tait dĂ©signĂ©-, Ă  l’étĂ© 2002, sous la direction du chef Nikolaus Harnoncourt, dĂ©cĂ©dĂ© rĂ©cemment (mars 2016). Leur coopĂ©ration s’est poursuivit ensuite avec Susanna dans Les Noces de Figaro mises en scĂšne de Claus Guth : une production Ă  nouveau mozartienne (dĂ©pressive et dĂ©senchantĂ©e mais si juste et profonde) dont elle garde un souvenir intact et qu’elle vĂ©nĂšre au dessus de tout, y compris avant la fameuse Traviata avec Villazon, rĂ©alisĂ©e en 2005.

 

 

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DES ROLES DE PLUS EN PLUS DRAMATIQUES… Devenue mĂšre en 2009, Anna Netrebko a fait Ă©voluer ses choix musicaux vers des rĂŽles plus dramatiques, moins brillants et clairs (que Susanna par exemple). Ainsi ses prises de rĂŽles chez Verdi : Leonora du TrouvĂšre, surtout Lady Macbeth rĂ©cemment
 autant d’incarnations fortes et puissantes qui aux cĂŽtĂ©s de sa Iolanta (Tchaikovski) ont Ă©tĂ© d’éblouissantes rĂ©ussites. L’opĂ©ra Manon Lescaut de Puccin lui a permis de chanter aux cĂŽtĂ©s de son Ă©poux (depuis 2014), le baryton Yusif Eyvazov (Renato Des Grieux), — Anna Netrebko reprendra le rĂŽle de Manon au Metropolitan Opera de New York du 14 novembre au 3 dĂ©cembre 2016 (voir ici l’agenda d’Anna Netrebko)
Aujourd’hui, Anna Netrebko avoue ne chanter que des rĂŽles qu’elle aime viscĂ©ralement. VoilĂ  pourquoi elle ne chantera jamais Norma par exemple
 mais aussi voilĂ  pourquoi elle se permet d’aborder deux airs (irrĂ©sistibles) de Turandot de Puccini, au studio
 Ă  dĂ©couvrir dans son prochain album : « Verismo » (parution dĂ©but septembre 2016) : le visuel du nouveau cd l’indique clairement : Anna Netrebko ne fait pas qu’ĂȘtre l’une des plus belles sopranos au monde, l’interprĂšte affirme aussi une audace artistique intacte qui la conduit Ă  aborder aujourd’hui des personnages. inimaginables Ă  ses dĂ©buts salzbourgeois
 La mozartienne belcantiste, rĂ©cemment verdienne de choc, serait-elle en dĂ©finitive vĂ©riste et puccinienne ? RĂ©ponse chez DG dĂ©but septembre 2016. Annonce, prĂ©sentation, compte rendu critique complet Ă  venir sur classiquenews.com

Illustration : en tiare d’impĂ©ratrice (rĂ©fĂ©rence Ă  la princesse orientale Turandot?), Anna Netrebko paraĂźt Ă©nigmatique, sĂ©duisante, irrĂ©sistible en couverture de son prochain album “Verismo”…

Prochains rĂŽles d’Anna Netrebko :

netrebko anna macbeth classiquenews review account ofLady Macbeth dans Macbeth de Verdi : 18,21, 27 dĂ©cembre 2016 Ă  l’OpĂ©ra de Munich
Leonora dans Il Trovatore de Verdi : 5-18 fĂ©vrier 2017 Ă  l’OpĂ©ra de Vienne
Violetta Valéry dans La Traviata de Verdi : 9-14 mars 2017, Scala de Milan
Tatiana dans EugÚne Onéguine de Tchaikovski : 30 mars-22 avril 2017, Metropolitan Opera New York
puis Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, du 16 au 31 mai 2017

Les SƓurs Labùque signent chez Deutsche Grammophon

CD, signature. Les sƓurs Katia et Marielle LabĂšque signent chez Deutsche Grammophon. Les pianistes françaises le plus cĂ©lĂšbres au monde, dont le duo forme le « quatre mains » le plus cĂ©lĂ©brĂ© actuellement, signent un contrat d’exclusivitĂ© chez Deutsche Grammophon. Elles se produisent dĂ©jĂ  depuis 35 ans, particuliĂšrement distinguĂ©es par leur enregistrement de Rhapsody in Blue de Gershwin (1980) qui attestait de leur sensibilitĂ© pour la musique amĂ©ricaine… Les deux artistes viennent d’ouvrir le Festival de Gstaad en Suisse, dans un programme lĂ  encore trĂšs personnel voire intime, oĂč la sĂ©lection de piĂšces intimistes, de Brahms, Strauss Ă  Satie, Poulenc, FaurĂ© et Glass rĂ©Ă©crit leur parcours familial et artistique (le 14 juillet 2016, compte rendu critique Ă  venir sur classiquenews).

TrĂšs liĂ©es au milieu de l’avant garde amĂ©ricaine, en particulier des chercheurs minimalistes dont Steve Reich et surtout Philip Glass, Katia et Marielle LabĂšque avaient crĂ©Ă© en 2007 leur propre label (KML) leur permettant de publier les fruits d’une dĂ©marche trĂšs personnelle et particuliĂšrement riche, liĂ©s Ă  leurs explorations les plus rĂ©centes. En juillet 2016, soit presque 10 ans aprĂšs, une nouvelle page se tourne pour un chapitre prometteur Ă  Ă©crire chez Deutsche Grammophon. Prochain disque annoncĂ© : Stravinsky et de Debussy (parution en novembre 2016, concert Ă  Radio France le 15 janvier 2017).

D’ici lĂ , Katia et Marielle LabĂšque annoncent la rĂ©Ă©dition du double cd, « Minimalist Dream House » au moment de leur concert Ă  la Philharmonie de Paris, le 25 septembre prochain, (Ă  20h30 : concert de musique amĂ©ricaine : Ives, Zappa, crĂ©ation mondiale de la nouvelle oeuvre de Bryce Dessner).

labeque katia et marielle piano quatre mains classiquenews

LIVRE. L’éditeur Buchet-Chastel annonce en complĂ©ment un livre d’entretiens : « Une vie Ă  quatre mains », que Deutsche Grammophon complĂštera par un coffret en 6 cd, rĂ©unissant les enregistrements phare du label KML Recordings.

CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon)

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon). Voici donc la suite du cycle Mozart en provenance de Baden Baden 2015 et pilotĂ© par le chef Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et le tĂ©nor Roland Villazon : ces Noces / Nozze marque le dĂ©jĂ  quatriĂšme opus sur les 7 ouvrages de maturitĂ© initialement choisis. Ce live confirme globalement les affinitĂ©s mozartiennes du chef quĂ©bĂ©cois nĂ© en 1975,et qui poursuit son irrĂ©pressible ascension : il vient d’ĂȘtre nommĂ© directeur musical du Metropolitan Opera de New York. Hormis quelques rĂ©serves, la tenue gĂ©nĂ©rale, vivace, qui exprime et la vĂ©ritĂ© des profils et l’ivresse rythmĂ©e de cette journĂ©e Ă©tourdissante, convainc. Soulignons d’abord, la prestation superlative vocalement et dramatiquement de la soprano vedette de la production. Elle fut Marguerite du Faust de Gounod Ă  Baden Baden (Festival de PentecĂŽte 2014) : la voici en Comtesse d’une ivresse juvĂ©nile et adolescente irrĂ©sistible, saisissant la couleur nostalgique d’une jeune Ă©pouse mariĂ©e trop tĂŽt et qui a perdu trop vite sa fraicheur (quand elle n’était que Rosine
.). Sonya Yoncheva renouvelle totalement l’esprit du personnage en en rĂ©vĂ©lant l’essence adolescente avec une grĂące et une finesse absolues : son « Porgi amor » ouvrant le II, est affirmation toute en dĂ©licatesse d’une aube tendre et angĂ©lique Ă  jamais perdue : l’aveu d’un temps de bonheur irrĂ©mĂ©diablement Ă©vanoui : dĂ©chirante priĂšre d’une Ăąme Ă  la mĂ©lancolie remarquablement Ă©noncĂ©e. Ce seul air mĂ©rite les meilleures apprĂ©ciations. Car Sonya Yoncheva a contrairement Ă  la plupart de ses consƓurs, le charme, la noblesse, la subtilitĂ© et
 surtout le caractĂšre et l’ñge du personnage. Inoubliable incarnation (mĂȘme charme Ă  la langueur irrĂ©sistible dans le duo Ă  la lettre du II : Canzonetta sull’aria).

 

 

 

Une Rosina nostalgique inoubliable
La comtesse blessée, adolescente de Sonya Yoncheva

 

 

EXCELLENCE FEMININE....A ses cĂŽtĂ©s, deux autres chanteuses sont du mĂȘme niveau : incandescentes, naturelles, vibrantes : la Susanne (pourtant au timbre mĂ»re) de Christiane Karg (de plus en plus naturelle et expressive : sensibilitĂ© de son ultime air avec rĂ©citatif au IV : « Giunse alfin il momento / Deh vient , non tardar, o gioia bella  »), et surtout l’épatante jeune soprano Angela Brower, vrai tempĂ©rament de feu dans le rĂŽle travesti de ChĂ©rubin. Les 3 artistes Ă©blouissent Ă  chacune de leur intervention et dans les ensembles. MĂȘme Regula MĂŒhlemann fait une Barberine touchante (cherchant son Ă©pingle dans le jardin : parabole du trouble et de l’oubli semĂ©s tout au long de l’action) au dĂ©but du IV. Exhaustif et scrupuleux, Yannick NĂ©zet SĂ©guin respecte l’ordre originel des airs et sĂ©quences de l’acte III ; il dirige aussi tout l’acte IV avec l’air de Marceline (« il capo e la capretta » : Ă©patante Anne-Sofie von Otter, plus fine actrice que chanteuse car

Diva d'aujourd'hui : Sonya Yoncheva chante Irisl’instrument vocal est Ă©raillĂ©), et le grand rĂ©cit de Basilio (sur l’art bĂ©nĂ©fique de se montrer transparent : « In quagli anni », chantĂ© par un Rolando Villazon, malheureusement trop outrĂ© et maniĂ©rĂ©, cherchant a contrario de tout naturel Ă  trouver le dĂ©tail original qui tue ; cette volontĂ© de faire rire (ce que fait le public de bonne grĂące) est Ă©tonnante puis dĂ©concertante ; dommage (rien Ă  voir avec son chant plus raffinĂ© dans l’EnlĂšvement au sĂ©rail, prĂ©cĂ©demment Ă©ditĂ©). Face Ă  lui, le Curzio de Jean-Paul FauchĂ©court est mordant et vif Ă  souhait, soulignant la verve de la comĂ©die sous l’illusion et les faux semblants du drame domestique. Contre toute attente, le Comte Almaviva de Thomas Hampson montre de sĂ©rieuses usures dans la voix et un chant constamment en retrait, – ce malgrĂ© la justesse du style et l’aplomb des intentions, et pourtant d’une prĂ©cision Ă  peine audible (mĂȘme si l’orchestre est placĂ©e derriĂšre les chanteurs selon le dispositif du live Ă  Baden Baden). Le Figaro un rien rustre et sanguin de Luca Pisaroni est percutant quant Ă  lui, trop peut-ĂȘtre avec une couleur rustique qui contredit bien des Figaro plus policĂ©s, mieux nuancĂ©s (Hermann Prey).

 

 

seguin_yannick_nezet_chef_maetroSur instruments modernes, l’orchestre palpite et s’enivre au diapason de cette journĂ©e Ă  perdre haleine avec la couleur trĂ©pidante, ronde du pianoforte dans rĂ©citatifs et airs ; pourtant jamais prĂ©cipitĂ©e, ni en manque de profondeur, la baguette de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin ne se dilue, toujours proche du texte, du sentiment, de la finesse : l’expressivitĂ© souple assure le liant de ce festival enfiĂ©vrĂ© qui marque en 1786 la premiĂšre coopĂ©ration entre Da Ponte et Mozart, inspirĂ©s par Beaumarchais (le mariage de Figaro, 1784). Pour l’excellence des parties fĂ©minines, – le sommet en Ă©tant la subtilitĂ© adolescente de la Comtesse de Sonya Yoncheva, pour l’allure palpitante de l’orchestre grĂące Ă  la vivacitĂ© nerveuse du chef, ce live de Baden Baden mĂ©rite tous les Ă©loges. Au regard des accomplissements ainsi rĂ©alisĂ©s, les rĂ©serves Ă©mises ne sont que broutilles face Ă  la cohĂ©rence d’ensemble. Saluons donc la rĂ©ussite collective de ce 4Ăš Mozart Ă  ranger au mĂ©rite du duo d’initiateurs NĂ©zet-SĂ©guin et Villazon Ă  Baden Baden.
CLIC de classiquenews de juillet 2016.

 

 

 

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva, Angela Brower, Christiane Karg, Anne Sofie von Ottter, Regula MĂŒhlemann, Jean-Paul FauchĂ©court, Luca Pisaroni, Thomas Hampson, Rolando Villazon
 Vocalensemble Rastatt, Chamber orchestra of Europe. Yannick NĂ©zet SĂ©guin, direction — 3 cd Deutsche Grammophon 479 5945 / CLIC de classiquenews de juillet 2016

RĂ©cital du pianiste Seong-Jin Cho, en direct sur internet

seong-jin-cho-mozart-schubert-chopin_d_jpg_720x405_crop_upscale_q95En direct sur internet, ce soir, 20h : rĂ©cital du pianiste Seong-Jin Cho, nouveau signataire chez l’écurie Deutsche Grammphon, aprĂšs son triomphe rĂ©cent au dernier Concours Chopin de Varsovie. Concert en direct depuis Reims. Il a remportĂ© le premier Prix lors du dernier Concours Chopin de Varsovie en octobre 2015 (17Ăšme Concours).

 

seong_jin_cho_chopin_17_concours_piano_varsovie_meaNĂ© Ă  SĂ©oul le 28 mai 1994, Seong-Jin Cho est un jeune talent prometteur qui a dĂ©jĂ  remportĂ© plusieurs distinction : Grand Prix du Concours international Chopin pour jeunes pianistes (2008), 3e prix du concours international TchaĂŻkovski (2011), 3e prix du Concours international Arthur Rubinstein
 Elu et distinguĂ© Ă  Varsovie par un Jury composĂ© de Martha Argerich, Philippe Entremont, Nelson Goerner, Seong-Jin Cho inscrit son nom dans une liste de laurĂ©ats prestigieux tels que Maurizio Pollini (1er prix, 1960), Martha Argerich (1965), Krystian Zimerman (1975), Yundi Li, Rafal Blechacz (2005)
 tous artistes ayant signĂ© par la suite avec le prestigieux label jaune toujours bien placĂ© dans la carriĂšre des grands noms du piano, Deutsche Grammophon. Daniil Trifonov, Yuja Wang, Yundi, hier Lang Lang (aujourd’hui passĂ© chez Sony)
 font aussi partie de l’écurie DG. Qu’en sera-t-il pour le jeune sud corĂ©en Seong-Jin Cho ? Dans un rĂ©cent communiquĂ©, rĂ©affirmant son partenariat avec l’Institut Chopin de Varsovie, coorganisateur du Concours Chopin fondĂ© en 1927, Deutsche Grammophon annonce un prochain enregistrement Chopin par le nouveau laurĂ©at du Concours polonais, Seong-Jin CHO. A suivre
 EN LIRE + sur Seong-Jin CHO, premier prix du 17Ăšme Concours Chopin de Varsovie (octobre 2015)

 
Au programme :
Mozart : Rondo K 511
SCHUBERT : Sonate pour piano n°19
CHOPIN : 24 Préludes pour piano
Seong-Jin Cho, piano
VOIR le direct ce soir Ă  partir de 20h sur le site de Deutsche Grammophon : http://www.deutschegrammophon.com/fr/gpp/index/seong-jin-cho-reims

 

LIRE aussi notre critique complĂšte du premier cd de SEONG-JIN CHO, programme Chopin, CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2015

 

CD, coffret événement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd)

emerson string quartet 52 cd deutsche grammophon cd review critique compte rendu classiquenews clic de classiquenews juin 2016CD, coffret Ă©vĂ©nement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd). VoilĂ  40 ans dĂ©jĂ  que les Emerson traverse pays et rĂ©pertoire, affirmant une cohĂ©sion sonore et expressive d’une indiscutable force. FondĂ© Ă  New York en 1976, les quatre instrumentistes Ă  cordes (David Finckel, Eugene Drucker, Lawrence Dutton, Philip Setzer, Paul Watkins, Guillermo Figueroa) ont pu approfondir une complicitĂ© et une Ă©coute rares que leurs enregistrements majoritairement pour DG – prestigieux label jaune-, Ă©claire, dĂ©voilant une diversitĂ© curieuse, et pourtant une unitĂ© et une logique qui fondent aujourd’hui comme rĂ©trospectivement l’intelligence de leur dĂ©marche : servir les auteurs du XXĂš Ă  partir d’une souplesse tous azimuts forgĂ©e et ciselĂ©e dans l’apprentissage des auteurs romantiques germaniques, slaves et russes. La particularitĂ© des Emerson revient aux deux violonistes qui alternent selon les cycles et les rĂ©pertoires la place de premier violon. Leur performance en 2010 entre autres, lors de la Biennale de Quatuors Ă  cordes qui invite Ă  Paris Ă  la Philharmonie les meilleures phalanges chambristes du genre, ont affirmĂ© un puretĂ© de son subjuguante au service des compositeurs abordĂ©s : en majoritĂ©, non pas les grands classiques viennois : – mĂȘme s’ils jouent les 7 derniĂšres Paroles du Christ de Haydn et la « rafraĂźchissant » verve du n°77, Mozart (les 6 Quatuors dĂ©diĂ©s Ă  Haydn) et Beethoven (intĂ©grale ici en 5 cd, 21-27)-, mais plutĂŽt les « classiques » modernes, ceux du XXĂšme siĂšcle qui ont fait le coeur le plus palpitant de leur vaste rĂ©pertoire : Bartok (les 6 Quatuors dont « Lettres intimes »), incontestablement Dvorak (dont aussi les piĂšces avec piano), surtout les russes dont Ă©videmment l’intĂ©grale des Quatuors de Chostakovitch (cd 30-34).

emerson string quartet deutsche grammophon coffret box set 52 cd clic de classiquenews juin 2016 review cd critique quatuoremerson-oqlg

Parmi les premiers romantiques, citons l’exceptionnel relief de leurs Schubert (D804, D810 
), la lumiĂšre des Mendelssohn (avec l’Octuor); la souplesse liquide des Schumann (n°3 opus 41/3 et le Quintette pour piano); … Tout cela prĂ©lude Ă  l’acuitĂ© d’une sensibilitĂ© portĂ©e et inspirĂ©e par les derniers romantiques (Ă©videmment Brahms) et les Ă©critures du XXĂš que l’on a citĂ©es, auxquelles s’associent Webern (Quatuors et Trios, cd19), Berg (Suite lyrique, cd51), tout un cycle d’auteurs Ă  l’Ɠuvre restreinte voire unique (mais si gĂ©niale) : Tchaikovsky, Borodine, les français (trop rares) Ravel, Debussy, Nielsen, Sibelius, Martinu, Grieg
 Ce legs postromantiques et moderne est idĂ©alement complĂ©tĂ© par les incursions plus contemporaines chez Harbison, Wernick, Schuller, Ives
 les 52 cd composent une rĂ©trospective magistrale qui dĂ©montre une logique artistique, une Ă©loquente maturitĂ© sonore. Incontournable.

CLIC D'OR macaron 200CD, coffret événement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd Deutsche Grammophon 00289 479 5982 GB52). Parution : juin 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS

CD, coffret événement, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick Nézet Séguin (3 cd Deutsche Grammophon)

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin. Alors que Sony classical poursuit sa trilogie sous la conduite de l’espiĂšgle et pĂ©taradant Teodor Currentzis (1), Deutsche Grammophon achĂšve la sienne sous le pilotage du MontrĂ©alais Yannick-NĂ©zet SĂ©guin rĂ©cemment nommĂ© directeur musical au Metropolitan Opera de New York. AprĂšs Don Giovanni, puis Cosi, les Nozze di Figaro sont annoncĂ©es ce 8 juillet 2016. A l’affiche de ce live en provenance comme pour chaque ouvrage enregistrĂ© de Baden Baden (festival estival 2015), des vedettes bien connues dont surtout le tĂ©nor franco mexicain Rolando Villazon avec lequel le chef a entrepris ce cycle mozartien qui devrait compter au total 7 opĂ©ras de la maturitĂ©. Villazon on l’a vu, se refait une santĂ© vocale au cours de ce voyage mozartien, rĂ©apprenant non sans convaincre le dĂ©licat et subtil legato mozartien, la douceur et l’expressivitĂ© des inflexions, l’art des nuances et des phrasĂ©s souverains
 une autre Ă©coute aussi avec l’orchestre (les instrumentistes Ă  Baden Baden sont placĂ©s derriĂšre les chanteurs…) Leur dernier enregistrement, L’EnlĂšvement au sĂ©rail (qui a rĂ©vĂ©lĂ© le chant millimĂ©trĂ© du jeune tĂ©nor Paul Schweinestet dans le rĂŽle clĂ© de Pedrillo) excellait dans ce sens dans la restitution de ce chant intĂ©rieur et suave portĂ© par la finesse des intentions. Qu’en sera-t-il pour ce nouveau Da Ponte qui clĂŽt ainsi la trilogie des opĂ©ras que Mozart a composĂ© avec l’écrivain poĂšte ?
La distribution regroupe des tempĂ©raments prĂȘts Ă  exprimer l’esprit de comĂ©die et ce rĂ©alisme juste et sincĂšre qui font aussi des Nozze, l’opĂ©ra des femmes : Sonya Yoncheva chante la Comtesse, Anne Sofie von Otter, Marcellina, la moins connue Christiane Karg dans le rĂŽle clĂ© de Susanna
 les rĂŽles masculins promettent d’autres prises de rĂŽles passionnants Ă  suivre : Luca Pisaroni en Figaro ; Thomas Hampson pour le Comte Almaviva ; Rolando Villazon incarne Basilio le maĂźtre de musique, et Jean-Paul FouchĂ©court, Don Curzio (soit pour ces deux derniers personnages, deux sensibilitĂ©s invitĂ©es Ă  sublimer l’expressivitĂ© de deux rĂŽles moins secondaires qu’on l’a dit
).
Quelle cohĂ©rence vocale ? Quelle rĂ©alisation des situations psychologiques Ă  travers les 4 actes ? Quelle conception Ă  l’orchestre ? On sait combien l’opĂ©ra de Mozart et da Ponte a transfigurĂ© la piĂšce de Beaumarchais dans le sens d’une libĂ©ration des individualitĂ©s, dans l’esprit d’une comĂ©die rĂ©aliste parfois dĂ©lirante oĂč perce la vĂ©ritĂ© des caractĂšres. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et son complice Rolando Villazon sont-ils au rendez vous de tous ces dĂ©fis ? RĂ©ponse dans notre grande critique des Noces de Figaro par NĂ©zet-SĂ©guin et Villazon, Ă  paraĂźtre dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS, le jour de la sortie du coffret, le 8 juillet 2016.

 

CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon — 479 5945. Parution annoncĂ©e le 8 juillet 2016.

 

 

 

LE CYCLE MOZART de Yannick Nézet-Séguin et Rolando Villazon. LIRE aussi nos critiques complÚtes CLASSIQUENEWS des opéras précédemment enregistrés par Yannick Nézet-Séguin :

Don-Giovanni.cd_.01DON GIOVANNI. EntrĂ©e rĂ©ussie pour le chef canadien Yannick NĂ©zet-SĂ©guin qui emporte haut la main les suffrages pour son premier dĂ©fi chez Deutsche Grammophon: enregistrer Don Giovanni de Mozart. AprĂšs les mythiques Boehm, FurtwĂ€ngler, et tant de chefs qui en ont fait un accomplissement longuement mĂ©ditĂ©, l’opĂ©ra Don Giovanni version NĂ©zet-SĂ©guin regarderait plutĂŽt du cotĂ© de son maĂźtre, trĂšs scrupuleusement Ă©tudiĂ©, observĂ©, suivi, le dĂ©funt Carlo Maria Giulini: souffle, sincĂ©ritĂ© cosmique, vĂ©ritĂ© surtout restituant au giocoso de Mozart, sa sincĂ©ritĂ© premiĂšre, son urgence thĂ©Ăątrale, en une libertĂ© de tempi rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s, libres et souvent pertinents, qui accusent le souffle universel des situations et des tempĂ©raments mis en mouvement. ImmĂ©diatement ce qui saisit l’audition c’est la vitalitĂ© trĂšs fluide, le raffinement naturel du chant orchestral; un sens des climats et de la continuitĂ© dramatique qui impose des l’ouverture une imagination fertile
 Les chanteurs sont naturellement portĂ©s par la suretĂ© de la baguette, l’écoute fraternelle du chef, toujours en symbiose avec les voix.

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCOSI FAN TUTTE. Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso 
 D’abord il y a l’élĂ©gance mordante souvent trĂšs engageante de l’orchestre auquel Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, coordonnateur de cette intĂ©grale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrĂ©sistible. Le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frĂ©tille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout fĂ©minins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble dĂ©velopper une sensibilitĂ© proche du coeur fĂ©minin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une prĂ©sence absolue ici, qui dĂ©mentiront notre analyse.

 

mozart-2-cd-deutsche-grammophon-die-entfurhung-aus-dem-serail-enlevement-au-serail-yannick-nezet-seguin-villazon-prohaska-paul-schweinester-rolando-villazonL’ENLEVEMENT AU SERAIL. CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle.

 

 

(1) Sony classical a publiĂ© Cosi fan tutee,  Le Nozze di Figaro… reste Don Giovanni, annoncĂ© courant dernier quadrimestre 2016

CD, annonce. Funambules : duo Thomas Enhco / Vassilena Serafimova (1 cd Deutsche Grammophon)

ENHCO thomas vassilena Serafimova funambules deutsche grammophon cd review presentation account of CLASSIQUENEWS COVER-FINAL-WEB-CARRE-BDCD. FUNAMBULES
 Piano, Marimba et davantage
. Thomas Enhco et Vassilena Serafimova : Funambules (1 cd Deutsche Grammophon). Leur duo musical d’une rare intensitĂ© crĂ©ative ne cesse de surprendre  depuis 7 ans dĂ©jĂ  : les « Funambules » Thomas et Vassilena ose, innove, explore au carrefour des genres (classique, jazz, impro
) et des dispositifs instrumentaux entre piano et Marimba
 Les deux lutins Ă  l’imagination sans limite, sur la couverture de leur cd Funambules, sont deux Ă©lectrons rouges courrant sur un sol bleu argentĂ© lunaire ; ils rĂ©activent l’attraction des partitions anciennes, Ă©lectrisent leur charge expressive et reconstruisent en un cycle cohĂ©rent, un nouvel Ă©difice atypique et poĂ©tique, un parcours d’une sĂ©duction sonore imprĂ©vue. Rencontre inespĂ©rĂ©e, imprĂ©visible qui sait se renouveler Ă  chaque session. En tĂ©moigne ce nouveau programme « Funambules » oĂč la prĂ©sence active des deux guides convoquent tout un monde d’illusions et d’onirisme, aux rĂ©fĂ©rences connues mais aux rives inĂ©dites qui associent l’univers du pianiste et  la fantaisie libĂ©rĂ©e de la percussionniste. Le 8 avril, Deutsche Grammophon publie leur premier rĂ©cital Ă  deux voix et quatre mains. Enfant d’une famille artiste (son grand pĂšre est le chef d’orchestre Jean-Claude Casadesus), Thomas Enhco est RĂ©vĂ©lation de l’annĂ©e aux Victoires du Jazz 2015. La Bulgare Vassilena Serafimova adapte l’art du marimba au rĂ©pertoire classique avec une verve nouvelle, une sensibilitĂ© sans limites… Prochaine critique complĂšte du cd Funambules par Thomas Enhco et Vassilena Serafimova.

 

 

Thomas enhco vassilena Serafimova mozart funambules TM

 

 

CONCERT, le 3 Mai 2016. Paris, Bouffes du Nord, programme « Funambules » : Mozart, Bach, FaurĂ©, Saint-SaĂ«ns
 Infos, modalitĂ©s de rĂ©servations sur le site CLUB DEUTSCHE GRAMMOPHON

VOIR SUR VEVO, la vidéo de Thomas ENHCO et Vassilena Serafimova

 

 

enhco vassilena serafimova VASSILENA-X-THOMAS-204-150x150Thomas ENHCO et Vassilena SERAFIMOVA : transposition pour piano et marimba de la Sonate pour 2 pianos K448 de Mozart. Dans une usine dĂ©saffectĂ©e, les deux instrumentistes courrent ; cherchent comme dans un jeu de piste
, le pianiste et la percussionniste jouent, jonglent, dialoguent comme s’ils improvisaient, soulignant sans lourdeur ni conformitĂ©, l’énergie enfantine, facĂ©tieuse d’un Mozart ayant su cultiver sa facultĂ© d’imagination, de joyeuse et irrĂ©sistible innocence.

 

VOIR AUSSI une autre vidéo de Thomas Enhco et Vassilena Serafimova

 

 

 

Coffret cd, compte rendu critique. Intégrale Maurice Ravel par Lionel Bringuier (4 cd Deutsche Grammophon)

RAVEL lionel bringuier complete integrale Ravel Yuja wang ray chen review compte rendu critique cd classiquenews 4 cd deutsche grammophon 4795524Coffret cd, compte rendu critique. IntĂ©grale Ravel par Lionel Bringuier (4 cd Deutsche Grammophon). PremiĂšre saison symphonique de Lionel Brunguier Ă  ZĂŒrich... VoilĂ  une premiĂšre somme orchestrale dont tout jeune chef pourrait ĂȘtre particuliĂšrement fier, enregistrĂ© par un label prestigieux dont chaque volet enregistrĂ© sĂ©parĂ©ment, compose aujourd’hui cette intĂ©grale captivante. NĂ© niçois en septembre 1986, le maestro français Lionel Bringuier va souffler prochainement ses 30 ans. Et pourtant force est de constater une sensibilitĂ© vive et analytique, douĂ©e de respirations magiciennes dans le sillon tracĂ© par ses prĂ©dĂ©cesseurs, les premiers enchanteurs dĂ©jĂ  collaborateurs de Decca / Philips, Ă  leur Ă©poque, dĂ©fenseurs passionnĂ©s / passionnants d’un rĂ©pertoire romantique et moderne français qui s’affirmait sans qu’il soit besoin d’Ă©taler aujourd’hui presque exclusivement l’argument des instruments d’Ă©poque. La seule sensibilitĂ© instrumentale de chaque tempĂ©rament fĂ©dĂ©rateur, sa science personnelle des nuances et des dynamiques… – les Ansermet, Martinon, Cluytens et hier, Armin Jordan, suffisait alors Ă  dĂ©montrer une maĂźtrise vivante de l’Ă©loquence orchestrale symphonique Ă  la française. Le jeune Bringuier serait-il animĂ© par le mĂȘme souci d’Ă©loquence et de style ?

 

 

A Zurich, directeur musical de la Tonhalle, un chef français rĂ©alise une premiĂšre intĂ©grale ravĂ©lienne captivante…

Prodiges ravéliens de Lionel Bringuier

 

bringuier tonhalle Bringuier_Lionel__c__Priska_Ke_016d0fd013L’Ă©lĂšve de Zsolt Nagy au Conservatoire de Paris, laurĂ©at du 25Ăšme Concours de Besançon 2005 (grĂące Ă  la Valse du mĂȘme Ravel), affirme ici dans les champs ravĂ©liens, une tension ciselĂ©e souvent irrĂ©sistible, mĂȘme si la prise de son trop flatteuse souvent, exacerbe la plĂ©nitude sonore plutĂŽt que sa transparente clartĂ©. Un manque de dĂ©tail et de ciselure arachnĂ©nenne qui ne doit pas ĂȘtre attribuĂ© Ă  la direction fine, articulĂ©e, subtilement dramatique du jeune maestro. Ce sont moins les Concertos pour piano (avec le concours de l’excellente mais un rien trop technicienne pianiste chinoise Yuja Wang en avril 2015) que les pages purement orchestrales, nĂ©cessitant lyrisme, dĂ©tail, feu dramatique qui confirment le tempĂ©rament du directeur musical, assistant de Salonen Ă  Los Angeles (2007), puis chef associĂ© nommĂ© par Gustavo Dudamel.

CLIC_macaron_2014Les 4 cd édités par Deutsche Grammophon regroupent les premiÚres réalisations officielles de Lionel Bringuier comme nouveau directeur musical de la Tonhalle de Zurich, depuis septembre 2014, successeur de David Zinman. Tous, live de septembre 2014 à novembre 2015 montrent la complicité évidente entre chef et instrumentistes. Analysons les apports des cd les plus intéressants.

CD1 : ShĂ©hĂ©razade scintille de lueurs inĂ©dites, roussĂ©liennes, entre tragĂ©die, mystĂšre et texture allusive ; Tzigane souffre d’un trop plein d’ardeur (Ray Chen peu subtil) ; Le tombeau de Couperin en revanche offre un beau festin de couleurs instrumentales.
CD2 : Si le Oncerto pour piano en sol majeur est trop percutant pet pas assez allusif (pianisme incisif de la soliste chinoise, certes prĂ©cise mais peu subtile), les Valses nobles et sentimentales Ă©talent une souple et flamboyante texture ; et Ma MĂšre l’Oye convoque toute la magie et la nostalgie du Ravel conteur, prophĂšte d’un raffinement et d’une Ă©lĂ©gance exceptionnelle. Lionel Bringuier, ravĂ©lien engagĂ© et soucieux, tisse une Ă©toffe orchestrale des plus soignĂ©es, Ă  la fois, dĂ©taillĂ©e et d’une grande ductilitĂ© expressive.

bringuier lionel chef maestroLe CD 3 montre la direction sous un jour un peu trop dĂ©taillĂ© et prĂ©cautionneuse (dĂ©roulĂ© et continuitĂ© des 4 Ă©pisodes de la Rhapsodie espagnole) ; cependant que Alborada del Gracioco enchante littĂ©ralement ; mais c’est Ă©videmment La Valse – morceau de bravoure qui valut Ă  l’intĂ©ressĂ© son fameux Prix de Besançon et le dĂ©clic pour sa carriĂšre internationale qui s’impose Ă  nous : confirmation d’un beau tempĂ©rament, habile dans le fini instrumental et d’une Ă©coute attentive Ă  la progression enivrante du poĂšme chorĂ©graphique dont il souligne les Ă©clairs mordants, cyniques, l’ivresse Ă©chevelĂ©e, Ă  la fois dĂ©construite et organiquement structurĂ©e. Le travail sur les bois est en particulier flamboyant et magnifiquement ciselĂ© ; on comprend que d’une telle vision / comprĂ©hension, l’Ă©coute en sorte comme saisie par tant de contrastes maĂźtrisĂ©s, jouant sur la volubilitĂ© des instruments et l’Ă©lan collectif comme vĂ©nĂ©neux, emportant vers la transe finale. Un sacre du printemps ravĂ©lien, aux forces chtoniennes soumises au moulinet le plus raffinĂ©. Pour autant la mĂ©canique est idĂ©alement huilĂ©e, dĂ©taille tout… pourtant l’on se dit que si le technicien si douĂ© y mettait la vraie urgence, un feu irrĂ©pressible, la direction en serait non seulement magistrale mais rĂ©ellement captivante… Finalement le maestro qui ne peut que progresser nous promet de futurs accomplissements (Ă  l’opĂ©ra entre autres ? et par Richard Strauss dont les poĂšmes symphoniques pourraient ĂȘtre bonne amorce..?). De toute Ă©vidence Ă  suivre.

CD 4 : c’est le morceau de bravoure et le lieu des rĂ©vĂ©lations comme des accomplissements s’il y a lieu. Le ballet ici dans son intĂ©gralitĂ©, Daphnis et ChloĂ©, doit d’abord, enchanter, plus instinctif et d’une vibration allusive plutĂŽt que dĂ©crire ou exprimer. L’Ă©noncĂ© est certainement moins murmurĂ© et mystĂ©rieux que Philippe Jordan dans son excellente version parue en 2015, MAIS l’acuitĂ© des arĂȘtes orchestrales, l’intelligence globale, l’hĂ©donisme scintillant, bien prĂ©sent, se rĂ©vĂšlent malgrĂ© une Ă©toffe sĂ©ductrice souvent entiĂšre encore pas assez polie, ni filigranĂ©e, d’une plĂ©nitude amoureuse, manquant parfois et de tension et de lĂącher prise. Le jeune chef aurait-il dĂ» encore attendre avant d’enregistrer ce sommet de symphonisme français ? … assurĂ©ment, mais il y reviendra. Car si l’Ă©noncĂ© est parfois trop explicite, et les contours comme les passages pas assez modulĂ©s ni nuancĂ©s (Danse gracieuse de Daphnis… trop claire, trop manifeste, et mĂȘme trop appuyĂ©e ; mĂȘme traits trop Ă©pais et marquĂ©s pour l’enchantement nocturne de Pan qui clĂŽt le premier tableau…), la baguette sait danser, et mĂȘme s’enfoncer dans le mystĂšre, dans l’ivresse infinie, confinant Ă  l’immatĂ©rialitĂ© atmosphĂ©rique. Evidemment emportĂ© par le sens narratif plus facile, le chef rĂ©ussit davantage Danse gĂ©nĂ©rale, Danse grotesque de Dorcon, … tout ce qui rĂ©clame le manifeste et l’expressif (Danse guerriĂšre, Danse suppliante du II…).

 

 

Lionel Bringuier : jeune maestro Ă  suivre

 

 

L’enchantement de l’aube ouvrant le III, manque lui aussi de scintillement mĂȘme si l’on reconnaĂźt une trĂšs belle parure analytique. Le travail est nĂ©anmoins splendide, techniquement et esthĂ©tiquement convaincant, Ă  dĂ©faut d’y contenir ce supplĂ©ment d’Ăąme et de mystĂšre qui font tant dĂ©faut. Si l’on exprime nos rĂ©serves c’est que passionnĂ©s par Ravel comme le chef, nous espĂ©rons que dans un second temps, (prochain?), le maestro nous comble cette fois, au-delĂ  de l’Ă©loquence flamboyante trouvĂ©e ici malgrĂ© son jeune Ăąge. En dĂ©pit de nos rĂ©serves, le contenu de cette premiĂšre saison zĂŒrichoise de Lionel Bringuier, audacieux defenseur de la musique française s’impose Ă  nous avec force et Ă©clat. MĂȘme s’il y manque la profondeur et la subtilitĂ© espĂ©rĂ©es, le rĂ©sultat est convaincant, prometteur. C’est donc un CLIC d’encouragement et l’espĂ©rance que les prochaines rĂ©alisations iront plus loin encore dans le sens d’une absolue finesse suggestive.

 

 

 

RAVEL lionel bringuier complete integrale Ravel Yuja wang ray chen review compte rendu critique cd classiquenews 4 cd deutsche grammophon 4795524CD, coffret Maurice Ravel : intĂ©grale des Ɠuvres orchestales / complete orchestral Works. Lionel Bringuier. Tonhalle-Orchester ZĂŒrich (avec Yuja Wang, piano ; Ray Chen, violon) / 4 cd Deutsche Grammophon, live 2014-2015). CLIC de CLASSIQUENEWS.

CD, coffret événement, annonce. Leonard Bernstein collection II (64 cd Deutsche Grammophon)

bernstein collection part two review presentation account of classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS 1507-1CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. Leonard Bernstein collection II (64 cd Deutsche Grammophon). Avant le centenaire Bernstein (2018), Deutsche Grammophon publie un somptueux coffret grand format (format d’un ancien vinyle), en rĂ©alitĂ© le second (le volume I Ă©tait paru en 2014), cette fois dĂ©diĂ© au legs surtout symphonique (mais pas que…) du chef amĂ©ricain, rĂ©putĂ© pour l’engagement de sa direction, sa facultĂ© Ă  emporter le collectif qu’il dirige au delĂ  d’une simple rĂ©alisation : la transe, le dĂ©passement, l’ivresse sont souvent les offrandes habituelles d’une sensibilitĂ© irrĂ©sistible capable d’Ă©lectriser les musiciens avec lesquels il a su cultiver un lien particulier. Le coffret rĂ©unit les enregistrements Decca de 1953, reliĂ©s Ă  sa profonde affection pĂ©dagogique, destinĂ©s Ă  diffuser les grands cycles symphoniques pour le plus grand nombre (Eroica de Beethoven, PathĂ©tique de Tchaikovski, Nouveau Monde de Dvorak… autant de dĂ©fis pour tous les chefs symphonistes).

Mahler, Sibelius, Tchaikovsky… by Leonard Bernstein

Testament symphonique de Lenny

L’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler avec le Wiener Symphoniker (qui dans les annĂ©es 1970 ne connaissait absolument pas l’Ă©criture symphonique de celui qui avait pourtant dirigĂ© l’OpĂ©ra de Vienne…), plusieurs Symphonies de Mozart (Linz, Haffner, les 3 derniĂšres…), de Tchaikovski, l’immense testament Sibelius (chapitre majeur de son propre parcours : symphonies 1, 2, 5 et 7), et tout un volet Stravinsky complĂštent avantageusement le recueil, sans omettre l’Ɠuvre du Bernstein compositeur grĂące aux extraits du ballet Fancy Free et la comĂ©die musicale On the town qui en a dĂ©coulĂ©… Bernstein pianiste est aussi Ă©voquĂ© dans le Concerto pour piano en sol majeur de Ravel, jouĂ©/dirigĂ© avec les Wiener Symphoniker.

 

 

 

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Dans un article passionnant recueillant certaines confessions intimes du chef compositeur, le profil et la quĂȘte de sens de celui qui avait le goĂ»t des autres parce qu’il dĂ©testait la solitude, se prĂ©cise. Il y est aussi question de son identitĂ© juive, capable d’oubli et de pardon, en dirigeant une phalange qui Ă©tait composĂ©e d’anciens nazis et de SS repentis… que Solti, autre chef juif a bien connu (c’est d’ailleurs lui qui encourage Bernstein Ă  ne pas abandonnĂ© le travail dĂ©diĂ© aux symphonies de Mahler avec la Philharmonie de Vienne ; tout un symbole…).

CLIC_macaron_2014Enfin Deutsche Grammophon ajoute deux opĂ©ras intĂ©gralement dĂ©voilĂ©s : La BohĂšme de Puccini et Tristan und Isolde de Wagner (1981), oĂč la force du chant orchestral se montre lĂ  encore, fruit d’un travail d’approfondissement poĂ©tique, passionnant.

 

 

Critique complÚte et développée du coffret LEONARD BERNSTEIN COLLECTION II à venir dans le mag cd, dvd livres de classiquenews.com

CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. Leonard Bernstein collection II (64 cd Deutsche Grammophon). CLIC de classiquenews d’avril 2016.

ANALYSE du contenu du coffret LEONARD BERNSTEIN Collection II :

Le coffret offre le legs symphonique de Leonard Bernard en 4 lots : 

  • le premier lot regroupe l’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler rĂ©alisĂ©e entre 1974 et 1988, avec 4 orchestres : le Berliner Philharmoniker (n°9, 1979), le Concertgebouw d’Amsterdam (n°1 et n°4, 1987 ; n°9, 1985) ; le New York Philharmonic (n°2, 3 et 7, 1985 et 1987); enfin les Wiener Philharmoniker (n°5, 1987 ; n°6, 1988 ; n°8, live de Salzbourg 1975 et n°10, 1974).
  • le lot 2, complĂšte le cycle mahlĂ©rien avec Das lied von der Erde, 1966 ; Das Knaben wunderhorn, 1987 ; Kindertotenlieder, RĂŒckert-lieder 1988 ; ajoute les Mendelssohn (Symphonies n°3, 4, et 5 avec le Philharmonique d’Israel, 1978, 1979), et tout un cycle Mozart avec 2 orchestres : Wiener Philharmoniker (Symphonies 25, 29, 35, 36, 38, 39, 40 et 41, 1981-1987 ; Concerto pour piano K 450, 1966), orchestre de la Radio Bavaroise (Grande Messe en ut KV 427, 1990 ; Requiem, 1988); sans omettre, l’opĂ©ra intĂ©gral LA BOHEME de Puccini (Rome, Accademia Santa Cecilia, juin 1987).
  • le lot 3 Ă©voque l’extension du rĂ©pertoire symphonique explorĂ© par le chef amĂ©ricain. Ses Schubert (Symphonies 5,8, 9 avec le Concertgebouw Amsterdam, 1987) ; Schumann (Symphonies 2, 3 et 4, Concerto pour violoncelle avec Masha Maisky, avec les Wiener Philharmoniker, 1984-1985) ; Shostakovitch (Symphonies 1, 7 « Leningrad », 1988 avec le Chicago Symph. Orchestra ; Symphonies 6 et 9, Wiener Phil. 1985) ; Sibelius (magistrales Symphonies 1, 2, 5 et 7, Wiener Philh. 1986, 1987, 1990, cycle DG qui complĂšte avantageusement les bandes SIBELIUS / Sony (de 1960-1966 avec le Philharmonic de New York, remastĂ©risĂ©es) rĂ©cemment publiĂ©es sous la forme d’un coffret lui aussi Ă©vĂ©nement) ; la seule coopĂ©ration enregistrĂ©e avec le National de France en mai 1987 (Richard Strauss : extraits de SalomĂ© avec Montserrat CaballĂ©) ; enfin le cycle Stravinsky avec le Philhamronique d’IsraĂ«l : L’oiseau de feu, la suite Pulcinella, 1984 ; PĂ©trouchka, scĂšnes de ballet (1982) ; Le Sacre du printemps (1982) ; Symphonies (1982-1984), complĂ©tĂ©s par Les Noces et la Messe (English Bach Festival, mars 1977).

 

  • bernstein collection part two review presentation account of classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS 1507-1Enfin le lot 4 parachĂšve le corpus (cd 49-64) : soulignant l’ouverture du chef symphoniste, pĂ©dagogue et passeur auprĂšs du plus grand nombre ; ainsi en tĂ©moignent les 4 bandes enregistrĂ©es avec le Stadium concerts Symphony orchestra (avec analyses du maestro lui-mĂȘme) : enregistrements de 1953, analyses Ă©ditĂ©es ensuite en 1956 et 1957, Ă  savoir : les sommets du romantisme symphonique capables de sĂ©duire le trĂšs grand public, Symphonie n°2 de Schumann, Symphonie n°3 Eroica de Beethoven, Symphonie n°4 de Brahms, Symphonie n°5 de Dvorak « Du Nouveau Monde », enfin la 6Ăšme de Tchaikovski « PathĂ©tique ». Le cycle de 4 est d’autant plus marquant que l’époque est alors aux prises stĂ©rĂ©o particuliĂšrement sĂ©ductrices et attractives (cd 59-63). Le lot 4 comprend aussi, le cycle TCHAIKOVSKI de Bernstein rĂ©alisĂ© avec deux orchestres : le New York Philh (Symphonies 4,5, 6, 1986-1989), le Philharmonique d’IsraĂ«l (Romeo et Juliette / Francesca da Rimini, 1978 ; Hamlet, Capriccio italien, Ouverture de 1812, 1984) ; le dernier recueil discographique comprend aussi le Concerto pour violoncelle de Dvorak toujours avec Misha Maisky, juin 1988) ; enfin le cycle ajoute la 2Ăšme intĂ©grale lyrique de la Collection II : Tristan und Isolde de Wagner (Peter Hofmann / Hildegard Behrens, Hans Sotin
 avec l’Orchestre de la Radio Bavaroise, live rĂ©alisĂ© Ă  Munich en 1981). Sans omettre, l’autre apport, l’un des plus anciens du lot discographique, les bandes live de 1944 et 1945, alors en pleine fin de guerre, d’aprĂšs Fancy Free et On the town (extraits, sĂ©lections) dont parmi le cast Billy Holiday
 Un must absolu qui s’inscrit aussi dans l’esthĂ©tique de l’AmĂ©rique au moment de la libĂ©ration.

 

 

 

CD, coffret Narcisso Yepes : The complete Concertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon)

yepes narcisso cd deutsche grammophon complete concertos recordings review compte rendu annonce critique classiquenews 028947954675-Cvr_n-240x240CD, coffret Narcisso Yepes : The complete COncertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon). DĂ©cĂ©dĂ© en mai 1997, le guitariste espagnol (nĂ© Ă  Lorca en novembre 1927) Narcisso Yepes, incarne l’ñge d’or de la guitare classique que Deutsche Grammophon a accompagnĂ© pendant plus de 20 annĂ©es, en particulier de 1969 Ă  1979, soit une dĂ©cennie parmi ses meilleures annĂ©es comme interprĂšte. Quadra puis quinqua, Yepes, ancien Ă©lĂšve musicien au Conservatoire de Valence et d’origine plutĂŽt modeste, se rĂ©vĂšle subtile concertiste, soucieux de mettre en lumiĂšre une technicitĂ© souple et Ă©loquente que son jeu prĂ©cis, rond, chaleureux enrichit, en particulier dans plusieurs Concertos crĂ©Ă©s pour lui, et des transcriptions d’aprĂšs Vivaldi (initialement pour luth), Granados, Falla, AlbĂ©niz (initialement pour piano)
 entre autres. Le film Jeux interdits (RenĂ© ClĂ©ment, 1952, Narcisso Yepes a alors 25 ans et incarne la nouvelle gĂ©nĂ©ration d’interprĂšte) le propulse internationalement, en particulier grĂące Ă  la piĂšce de Fernando Sor, Ă  peine remaniĂ©. La musique angĂ©lique irradiante lumineuse exprime la tendresse d’une enfance sacrifiĂ©e sur l’autel de la guerre et de la barbarie humaine, enfance de la trĂšs jeune orpheline Paulette (5 ans) dont les parents on Ă©tĂ© mitraillĂ©s dans un convoi sur une route de la France de l’Exode de 1940
 L’énergie palpitante du jeu de Yepes traduit magnifiquement la poĂ©sie pure, pleine d’espĂ©rance comme de blessures que le film de RenĂ© ClĂ©ment communique. HĂ©las pas de Jeux Interdits dans le coffret mais le Concerto de Rodrigo saura tout autant traduire et transmettre le feu pudique d’un Yepes souverain en son style.

Guitare concertante chez Deutsche Grammophon : 1969-1979

Narcisso Yepes, la probitĂ© de l’art

CLIC D'OR macaron 200Celui qui inaugura sa carriĂšre officielle sous la direction du chef Ataulfo Argenta (l’élĂšve de Karl Schuricht et qui crĂ©a l’orchestre de chambre de Madrid en 1949), dans le fameux Concerto d’Aranjuez de Joaquin Rodrigo, – ample concerto nĂ©obaroque et rĂ©solument mĂ©ditatif et chambriste si proche du tempĂ©rament naturel de Yepes (piĂšce prĂ©sente ici dans deux enregistrements, celui inaugural de mai 1969 puis celui plus tardif qui clĂŽt le cycle, rĂ©alisĂ© Ă  Londres en avril 1979), s’affirma surtout pour la grande technicitĂ© avec laquelle il s’était rendu maĂźtre de sa guitare Ă  10 cordes. Un instrument que Maurice Ohana a mis en scĂšne dans le fameux Concerto (Tres graficos / Trois graphiques pour guitare et orchestre-) composĂ© spĂ©cialement pour le guitariste et ici enregistrĂ© avec le LSO et Rafael FrĂŒbeck de Burgos en janvier 1975).

Yepes-Narciso-16Le coffret Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon rĂ©unit en 5 cd l’intĂ©gralitĂ© de ses enregistrements de concertos effectuĂ©s entre 1969 et 1979. Outre le Rodrigo de 1969, distinguons surtout les Concertos de Giuliani (1977), Bacarisse/Halffter (1972), Ruiz-Pipo (1975), Villa-Lobos et Castel Nuoco-Tedesco (1976), auxquels le Concerto d’Aranjuez de Rodrigo (enregsitrĂ© deux fois, Ă  10 annĂ©es d’intervalle) apporte un complĂ©ment plus mĂ©ditatif et atemporel. Tout l’art de Narcisso Yepes est lĂ , concentrĂ© dans ce condensĂ© de musique baroque, nĂ©o baroque, et contemporaine : concentration mesurĂ©e, et sonoritĂ© limpide, aux cĂŽtĂ©s d’une digitalitĂ© prĂ©cise voire arachnĂ©enne. Et toujours sur chacune des pochettes de cette collection choisie, le visage concentrĂ©, simple d’un homme mĂ»r quasi chauve, dont les yeux en forme de sourire se cachent derriĂšre de grosses lunettes
 Yepes c’est la probitĂ© de l’art, qui n’a besoin ni du masque sĂ©ducteur de la jeunesse, ni d’un effet marketing dĂ©calĂ© pour affirmer sa souveraine musicalitĂ©. Modestie et mise sans prĂ©tention d’un immense interprĂšte. Coffret Ă©vĂ©nement.

CD, coffret Narcisso Yepes : The complete Concertos recordings (5 cd Deutsche Grammphon). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016.

LIRE aussi la présentation du coffret Narcisso Yepes sur le site du Club Deutsche Grammophon :

CD coffret, compte rendu critique. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon)

deutsche grammophon mono era coffret box announce compte rendu critique review classiquenews the mono era 1948 - 1957CD coffret, compte rendu critique. THE MONO ERA (51 cd Ă©dition limitĂ©e Deutsche Grammophon). DĂ©buts monographiques. C’est un peu Deutsche Grammophon avant Deutsche Grammophon… A l’Ă©poque oĂč la prestigieuse marque jaune lance ses premiers microsillons (33 tours vinyles), au dĂ©but des annĂ©es 1950, la pĂ©riode est Ă  l’Ă©dification de son catalogue : dĂ©velopper une offre riche et diversifiĂ©e, en prenant en compte les diffĂ©rents profils artistiques approchĂ©s et fidĂ©lisĂ©s. Le marketing comme actuellement n’est pas aussi dĂ©veloppĂ© mais l’intuition des responsables du label impose une exigence dĂšs les origines. C’est l’enjeu de ce coffret en 51 cd en Ă©dition limitĂ©e qui publiĂ© sous le titre de “L’ERE MONO” (The mono era) regroupe quelques uns des enregistrements d’alors, les plus significatifs de cette Ăšre originelle, soit juste aprĂšs la guerre, entre 1948 et 1957. Surfant sur la nouvelle avancĂ©e technologique de l’enregistrement (microsillons), le label impose peu Ă  peu ses tulipes stylisĂ©es (Ă  partir de 1949), comme sa couleur solaire (mais sous la forme d’une large rayure verticale jaune centrĂ©e sur la couverture, avant qu’elle ne soit ensuite placĂ©e en haut et horizontalement). Le coffret Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon donne une indication des choix artistiques Ă  la fin des annĂ©es 1940.

DG aprĂšs guerre : premiers monos (1948-1957)

Avant la guerre, Polydor avait affirmĂ© avec austĂ©ritĂ© ses bandes publiĂ©es en 78 tours (Ă  partir de 1949). AprĂšs la guerre DGG, Deutsche Grammphon Gesellschaft, impose son ambition de qualitĂ©, en jaune, dĂ©diĂ©e surtout au piano, aux programmes symphoniques, (rĂ©vĂ©lant dĂ©jĂ  l’excellence des orchestres internationaux), mais aussi Ă  la musique de chambre et Ă  l’opĂ©ra, sans omettre l’Ă©criture chorale. ParallĂšlement Ă  la musique ancienne (surtout prĂ©romantique), Ă©ditĂ© par le label Archiv Produktion (tout en argent dĂšs 1947), le “grand rĂ©pertoire” (dont les contes parlĂ©s) est confiĂ© Ă  DGG et sa parure jaune, dĂšs 1946. Pionnier, le Quatuor Amadeus fait paraĂźtre dĂšs 1949, le Quatuor en sol majeur de Schubert en trois 78 tours… mais les premiers albums microsillons sortent vĂ©ritablement en 1951 avec leur couverture arborant une large bande vertical jaune d’oĂč se dĂ©tache la marque couronnĂ©e de son bouquet de tulipes stylisĂ©es – 23 tulipes banches au total- ; ainsi les Amadeus pour le nouveau support enfin commercialisĂ©, rĂ©enregistrent l’Ɠuvre D887 en 1951 (cd1), auparavant les membres du Quatuor Koeckert enregistrent le Quatuor amĂ©ricain de Dvorak opus 96 dĂšs novembre 1950 Ă  Hanovre (cd 28)… Et l’un des premiers enregistrements fondateurs de DGG reste Tsar et charpentier d’Albert Lortzing de septembre et octobre 1952 (Orchestre de Stuttgart dirigĂ© par Ferdinand Leitner), ici Ă©ditĂ© en premiĂšre mondiale (cd 22 et 23, solide distribution, direction fluide et vivante de Leitner). En 1953 sort le premier 45 tours, idĂ©al pour les rĂ©citals lyriques ou les Ɠuvres plus courtes. Tout cela dynamise un marchĂ© naissant et florissant oĂč aprĂšs la guerre, tout est Ă  reconstruire.

deutsche grammophon coffret box the mono era 51 cd review announce compte rendu critique classiquenewsUn rĂ©seau d’artistes et d’interprĂštes participent alors Ă  l’Ă©dification du premier catalogue DGG : les orchestres germaniques Ă©videmment ; Bamberg juste composĂ© en 1946, Berlin, Stuttgart, surtout le nouvel orchestre de la Radio Bavaroise d’Eugen Jochum, crĂ©Ă© en 1949 et dont tĂ©moignent les cd 20 et 21 (Symphonies de Mozart et Beethoven, de 1951-1955 : frappantes par leur Ă©nergie, mais la grĂące fluide subtile d’un Krips en moins – Te Deum de Bruckner en 1950 ; DGG enregistre aussi la Philharmonie TchĂšque et ici Karel Ancerl, passĂ©s Ă  l’Ouest (entre autres, dans un Chostakovitch Ăąpre, brĂ»lĂ© – Symphonie n°10 opus 93 de 1956)… En 1952, la productrice Elsa Schiller rĂšgne sans partage imposant une direction clairement structurĂ©e oĂč pĂšsent les figures des pianistes (elle-mĂȘme jouait du clavier), tels que Kempff (ayant pactisĂ© avec les nazis, et artistes dĂ©jĂ  ancien), Elly Ney, Conrad Hansen, les polonais Stefan Askenaze, Halina Czerny-Stefanska, le volubile Shura Cherkassky (Concertos de Tchaikovski, cd5, 1952-1957), Monique Haas, Clara Haskil, Adrian Aeschbacher, et surtout Sviastoslav Richter, Ă©lectrique / cinglant, percussif (dĂ©buts discographiques avec son rĂ©cital Schumann : Waldszenen opus 82 et extraits de FantasiestĂŒcke opus 12, de 1957).

CLIC_macaron_2014L’IDEAL en MONO. La prise mono de DGG est assurĂ©e par un micro situĂ© 3m au dessus de la tĂȘte du chef, plus un 2Ăšme micro pour capter l’espace de la salle. Cette esthĂ©tique peaufinĂ©e, fixĂ©e dans le courant des annĂ©es 1950 et autoproclamĂ©e “parfaite”, entre “art et technologie” dĂ©fendue par la DGG est parfaitement incarnĂ©e par le geste efficace du chef Ferdinand Leitner, artisan d’une solide vitalitĂ© dans l’opĂ©ra de Lortzing dĂ©jĂ  citĂ© et les Symphonies RhĂ©nane de Schumann et Ecossaise de Mendelssohn (cd 31, de 1954 et 1955). Un standard typique de l’Ă©poque. MĂȘme Ă©quilibre convaincant dans les Symphonies La Grande D 944 de Schubert et n°88 de Haydn enregistrĂ©es par Wilhelm Furtwangler Ă  Berlin en dĂ©cembre 1951 (et le Berliner Philharmoniker) : d’un souffle tout olympien, Ă  la fois puissant et profond, d’une urgence grandiose unique.

Surprises et dĂ©couvertes pour beaucoup, les lectures symphoniques suivantes, autres arguments du prĂ©sent coffret inestimable : 2Ăšme de Brahms et Variations et Fugue d’aprĂšs Mozart de Reger par le chef Karl Boehm (Berliner Philharmoniker, cd4) ; Les (autres) Variations de Reger d’aprĂšs Hiller par le chef Paul Van Kempen (cd25) ; les dĂ©buts du jeune Lorin Maazel, de mars Ă  juin 1957, dans un programme intense et dramatique, d’une furieuse vitalitĂ© quasi fĂ©line et enivrĂ©e (Berlioz), entiĂšrement dĂ©diĂ© au mythe des amants tragiques RomĂ©o et Juliette : Berlioz, Tchaikovsky, Prokofiev (Berliner Philharmoniker, cd 34) ; Paul Hindemith par lui-mĂȘme, le chef jouant le compositeur dans le cd17 : Symphonie Mathis le peintre, Les Quatre tempĂ©raments, Symphonie MĂ©tamorphoses d’aprĂšs Weber (Berliner Philharmoniker, ).


fricsay ferenc deutsche grammophon classiquenews review critique cd ferenc_fricsay2-max_jacoby_dgFleurons du coffret
: les prĂ©sence du baryton Dietrich Fisher Dieskau, timbre de miel (lieder de Wolf, Brahms, Schumann, dĂ©buts discographiques de, respectivement 1951, 1954 et 1957), et du chef Ferenc Fricsay, tous deux signĂ©s en 1949 par la DGG. La verve et l’Ă©loquence ciselĂ©e, finement habitĂ©e de Fricsay captivent dans les cd 10 (facĂ©tieux, pĂ©tillant Rossini de La boutique fantasque puis la sensuelle Scheherazade de Rimsky, deux enregistrements Ă  Berlin de 1955 et 1957) et cd 11 (fameux Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© avec Rita Streich de 1951 avec le Berliner Philharmoniker)…

markevitch deutsche grammophon creation hadyn oratorio deutsche grammophon review cd critique classiquenews Igor-Markevitch.Majeure aussi Ă  notre avis, – et Ă©ditĂ©e en premiĂšre mondiale ici : La CrĂ©ation de Haydn dirigĂ©e par Igor Markevitch avec le Berliner Philharmoniker et Irmgard Seefried (Eve; Gabriel, et ses deux partenaires ne sont pas si mal : la basse Kim Borg en Adam / Raphael ; le tĂ©nor Richard Holm en Uriel – CD 37 et 38), enregistrĂ©e Ă  Berlin, Ă©glise JĂ©sus Christ en mai 1955 : travail en finesse et trĂšs imaginatif du chef, exploitant toutes les ressources de l’orchestre, dans un son presque spatialisĂ© et pour du mono, rĂ©ellement impressionnant : soit une prise Ă  la mesure du sujet… Ă©pique / cosmique. Tout le trait vif, acĂ©rĂ© du pĂ©nĂ©trant Markevitch s’Ă©coute ici avec un sens du drame franc, direct mais subtil.

Autres arguments du coffrets : la 2Ăšme de Rachmaninov par l’assistant du mythique Mravinsky, Kurt Sanderling (cd45, Philharmonique de Leningrad, 1956)

streich-rita-soprano-deutsche-grammophon-soprano-review-critique-cd-classiquenews-the-mono-era-classiquenews-CLIC-de-classiquenewsLa musique française et les interprĂštes français sont prĂ©sents en ces annĂ©es de guerre froide : Ă©coutez le pĂ©tulant Markevitch avec l’Orchestre Lamoureux dans la Symphonie Haffner de Mozart (cd36); surtout le Quatuor Lowenguth (Alfred Lowenguth, premier violon), dans un rĂ©cital exclusivement romantique français, ici publiĂ© en premiĂšre mondiale (Quatuors exceptionnellement ciselĂ©s de Debussy, Ravel de 1953, et surtout Albert Roussel, enregistrĂ© dĂšs 1950).

stader maria deutsche grammophon the mono era review critique cd classiquenewsLes chanteurs et l’opĂ©ra ne sont pas omis dans cette Ă©vocation historique : prises dĂ©sormais lĂ©gendaires, celles de la soprano Maria Stader (CD46) dans Mozart (Exsultate jubilate, voix angĂ©lique, finement nasalisĂ©e comme le fut aussi une Schwarzkopf, avec suffisamment de fragilitĂ© pour vibrer avec justesse, – un angĂ©lisme que sa Konstanz de l’EnlĂšvement au sĂ©rail colore d’accents plus fiĂšvreux et dramatiques, Ăąme juste et pure, sous la direction de Ferenc Fricsay et son orchestre RIAS Orchester Berlin, en janvier et mai 1954) ; le rĂ©cital lyrique et symphonique de la lumineuse et stratosphĂ©rique Rita Streich (cd47) (Mozart, Rossini, Donizetti, Weber, Verdi… compilation de prises diverses rĂ©alisĂ©es entre 1953 et 1958 ; ce sont aussi, les (immenses et lĂ©gendaires) chanteurs wagnĂ©riens en 1954 et 1955 : Astrid Varnay (BrĂŒnnhilde) et le tĂ©nor incandescent Wolfgang Windgassen (Siegmund, Siegfried), orchestre de la Radio Bavaroise (cd48) ; on retrouve le fabuleux tĂ©nor, timbre intense et fin, musicalement idĂ©al, d’un hĂ©roĂŻsme acĂ©rĂ© dans un album Wagner (cd49), rĂ©sumant son Ă©clatante carriĂšre ici windgassen tenor wagner Wolfgang Windgassen 1914-1974 deutsche grammophon the mono era critique cd review classiquenewsentre 1953 et 1956 (Rienzi, Tristan, Siegfried, Parsifal, Lohengrin, TannhaĂŒser, Walther des MaĂźtres Chanteurs : une leçon d’ardente finesse oĂč le chant wagnĂ©rien Ă©tait thĂ©Ăątre et phrasĂ©s avant d’ĂȘtre (comme trop souvent aujourd’hui), projection hurlante. La direction affĂ»tĂ©e et sans lourdeur de Ferdinand Leitner (avec les Symphoniques de Bamberg et de MĂŒnich) ajoute aussi Ă  ce somptueux accomplissement que tous les wagnĂ©ristes autoproclamĂ©s devraient Ă©couter et rĂ©Ă©couter : Wunderlich par son style racĂ©, cet hĂ©roisme acĂ©rĂ©, vif argent est un helden tĂ©nor wagnĂ©rien de premier intĂ©rĂȘt. Inoubliable prĂ©sence de l’acteur (son Tristan de 1953 est Ă  ce titre stupĂ©fiant)… qui fait regretter la durĂ©e trop chiche de chaque sĂ©quence : le travail sur la gradation dramatique et psychologique de chaque personnage aurait mĂ©ritĂ© des pistes plus longues, plus respectueuses d’une incarnation millimĂ©trĂ©e.

BĂ©mol : mĂąte et tendue, la sonoritĂ© Ăąpre ne rend pas rĂ©ellement service aux prises de Hans Rosbaud dirigeant le Berliner Philharmoniker (Concertos pour violon de Mozart avec en soliste Wolfgang Schneiderhan, en 1956) ; ses Haydn (Symphonies Oxford et Londres, cd44 en 1957 sont plus intĂ©ressantes : autour du Viennois, l’orchestre travaille un son, une transparence plus ambivalente (l’humour et l’Ă©lĂ©gance). Fischer-Dieskau, Fricsay, Markevitch, le jeune Maazel, Stader, Streich et Wunderlich, le son des orchestres allemands d’aprĂšs guerre… tout cela constitue un premier hĂ©ritage unique voire exceptionnel, et mĂȘme en prise mono, parfaitement audibles, voire dĂ©taillĂ©s et d’une indiscutable prĂ©sence Ă  l’Ă©coute. Coffret Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier et mars 2016.

CD coffret, compte rendu critique. THE MONO ERA (51 cd Ă©dition limitĂ©e Deutsche Grammophon). CLIC de CLASSIQUENEWS.COM de fĂ©vrier et mars 2016. Illustrations : Ferenc Fricsay, Igor Markevitch, Rita Streich, Maria Stader et Wolfgang Windgassen ‘DR)

 

CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon)

deutsche grammophon mono era coffret box announce compte rendu critique review classiquenews the mono era 1948 - 1957CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd Ă©dition limitĂ©e Deutsche Grammophon). MONO LEGENDAIRE. Il fut un temps (premier, pionnier) oĂč l’illustre label jaune enregistrait alors en… mono. Mais ce que l’on perd en prouesse technologique et sonore est compensĂ© ici en justesse et raffinement de l’interprĂ©tation car nous voici propulsĂ©s dans les annĂ©es d’aprĂšs guerre (dĂšs 1948) et jusqu’en 1957, soit les annĂ©es fastes artistiquement oĂč Deutsche Grammophon (alors DGG pour Deutsche Grammophon Gesellschaft) construit alors son catalogue avec le concours de tempĂ©raments dont les noms aujourd’hui citĂ©s, donnent le vertige. Une Ă©poque oĂč l’esthĂ©tique exigeante de la rĂ©alisation discographique signifiait d’abord, un aboutissement ou un accomplissement, le fruit de travail et de rĂ©flexion patiemment mĂ»ri (Ă  mille lieues des coups marketing actuels oĂč martelant un jeunisme aigu, on souhaite toujours nous imposer un talent inĂ©dit, nouveau, ignorĂ©, sorti d’on ne sait oĂč !!!, effet d’annonce qui retombe bien souvent comme un mauvais soufflĂ©). Le coffret qui n’aurait pu ĂȘtre qu’une compilation de dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©/publiĂ©, rassemble ici prĂšs de 17 enregistrements inĂ©dits exhumĂ©s pour la premiĂšre fois (insondable richesse des archives Deutsche Grammophon).

Magie intemporelle des premiers microsillons

deutsche grammophon coffret box the mono era 51 cd review announce compte rendu critique classiquenewsQuand les disques vinyles DGG (Deutsche Grammophon Gesellschaft) Ă©taient mono… Tous les programmes sont Ă©ditĂ©s avec leur pochette d’origine (visuel de couverture uniquement ; le dos souvent gĂ©nĂ©reusement documentĂ©/renseignĂ© mais illisible, n’est pas concernĂ©). C’est l’Ă©poque primitive des premiers microsillons 33 tours classiques, contraints Ă  la durĂ©e rĂ©glementaire par face concernĂ©e. Le livret richement illustrĂ© sur papier de qualitĂ©, prĂ©cise le contexte historique, esthĂ©tique, technologique d’alors, grĂące Ă  la publication d’un texte Ă©ditĂ© par DG, pour sa communication interne, juste aprĂšs la Foire de DĂŒsseldorf en septembre 1951.

CLIC_macaron_2014Parmi les musiciens, chanteurs, instrumentistes et chefs prĂ©sents dans le coffret : Ferenc Fricsay, Wilhelm FurtwĂ€ngler, Wilhelm Kempff, David Oistrakh, Sviatoslav Richter, Cherkassky, Karel Ancerl, Fricsay, FurtwĂ€ngler, Kempff, Oistrakh, Richter, Cherkassky, Ancerl, Fischer-Dieskau (his debut recording), Haskil, Hindemith, Jochum, van Kempen, Markevitch, Martzy, Wolfgang Windgassen and Astrid Varnay, Clara Haskil, Paul Hindemith, Eugen Jochum, van Kempen, Ferdinand Leitner (intĂ©gral de l’opĂ©ra Le Tsar et le charpentier de Lortzing de 1952),  Lorin Maazel, Igor Markevitch, Martzy, Hans Rosbaud, les chanteurs Maria Stader,  Wolfgang Windgassen, Astrid Varnay, Dietrich Fischer-Dieskau (ses premiers enregistrements : lieder de Brahms, WOlf, Schumann)…  Tous les programmes et enregistrements sont prĂ©sentĂ©s de façon alphabĂ©tique au nom des interprĂštes dont ils tĂ©moignent de la sensibilitĂ© comme de l’engagement artistique… Prochaine critique, compte rendu complet et dĂ©veloppĂ© du coffret THE MONO ERA, 51 cd Deutsche Grammophon / 1948 – 1957, dans la mag CD DVD LIVRES de classiquenews.com

CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016. Parution annoncée : le 19 février 2016. En lire + sur le site du Club Deutsche Grammophon / page dédiée : The Mono Era by Deutsche Grammophon

Collection de contes musicaux légendaires : Raconte-moi en musique

Raconte-moi_rectoCD, coffret Ă©vĂ©nement. Raconte moi en musique. Deutsche Grammophon imagine un coffret de 4 cd regroupant les plus belles histoires en musique qui raconte surtout l’aventure des instruments de l’orchestre. Le cycle de rĂ©Ă©dition comprend contes musicaux, Ballet pour enfants, opĂ©ra contĂ©… une immersion opportune dans l’univers irrĂ©sistible des histoires en musique pour petits et grands. C’est un coffret idĂ©al pour les parents soucieux d’initier leurs chĂšres tĂȘtes blondes Ă  l’univers de la musique classique, des instruments, de l’orchestre (tout en s’initiant eux-mĂȘmes). Y paraissent des contes musicaux oĂč la musique accompagne l’action (L’Histoire de Babar de Poulenc, dite par Jeanne Moreau ; ou La BoĂźte Ă  joujoux de Debussy, version pour piano) ; il y a en particulier les textes spĂ©cialement Ă©crits pour prĂ©senter les instruments de l’orchestre oĂč chaque instrument est le personnage de l’histoire : l’extraordinaire “Piccolo, saxo et compagnie” (ou la petite histoire d’un grand orchestre… lequel comprend la famille des saxophones, protagonistes d’une odyssĂ©e dĂ©jantĂ©e poĂ©tique), et aussi Variations et Fugue sur un thĂšme de Purcell de Britten, partition dirigĂ©e, rĂ©citĂ©e par le chef Lorin Maazel. Il y a enfin un opĂ©ra contĂ© (La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart prĂ©sentĂ©e et jouĂ©e par de nombreux comĂ©diens dont Claude Riche en narrateur).

Contes enchantés

Notre prĂ©fĂ©rence va au Carnaval des animaux dit par la subtile et enchantĂ©e Mireille, et au Pierre et le loup, inusable fĂ©erie Ă  la fois terrifiante et drĂŽle signĂ©e de Prokofiev, racontĂ© par un Charles Aznavour d’une rare finesse ; c’est un incroyable comĂ©dien, comme Peter Ustinov pour Piccolo, saxo et compagnie… Mireille, Aznavour, Ustinov… 3 magiciens pour des histoires irrĂ©sistibles au charme lĂ©gendaire. Deutsche Grammophon a eu le nez fin de regrouper ces 7 histoires en musique en un coffret incontournable. Les plus jeunes dĂ©couvriront la magie des instruments, et leurs parents comme les mĂ©lomanes avertis redĂ©couvriront la sĂ©duction de comĂ©diens qu’inspirent des textes et des musiques qui rĂ©ussissent la fusion du texte et de la musique. Ce coffret est un must absolu ; la mine contenant pĂ©pites et joyaux dont a rĂȘvĂ© tout parent pour son enfant, tout mĂ©lomane exigeant, nostalgique de son Ăąme d’enfant. D’autant que les versions regroupent aussi des chefs trĂšs affĂ»tĂ©s : Claudio Abbado, Ferenc Fricsay, Semyon Bychkov, Lorin Maazel, et les pianistes Jean-Marc Luisade et Alberto Neuman… Opportune rĂ©Ă©dition.

CLIC_macaron_2014RACONTE-MOI en MUSIQUE. Coffret de 4 cd Deutsche Grammophon, coup de cƓur de la RĂ©daction de classiquenews, CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016. LIRE notre grande critique dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews. Parution : le 12 fĂ©vrier 2016.

raconte moi en musique critique review compte rendu classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS fevrier 2016 Classique_Enfants_présentation-1024x644

Coffret événement : Raconte-moi en musique (4cd Deutsche Grammophon)

Raconte-moi_rectoCD, coffret Ă©vĂ©nement. Raconte moi en musique. Deutsche Grammophon imagine un coffret de 4 cd regroupant les plus belles histoires en musique qui raconte surtout l’aventure des instruments de l’orchestre. Le cycle de rĂ©Ă©dition comprend contes musicaux, Ballet pour enfants, opĂ©ra contĂ©… une immersion opportune dans l’univers irrĂ©sistible des histoires en musique pour petits et grands. C’est un coffret idĂ©al pour les parents soucieux d’initier leurs chĂšres tĂȘtes blondes Ă  l’univers de la musique classique, des instruments, de l’orchestre (tout en s’initiant eux-mĂȘmes). Y paraissent des contes musicaux oĂč la musique accompagne l’action (L’Histoire de Babar de Poulenc, dite par Jeanne Moreau ; ou La BoĂźte Ă  joujoux de Debussy, version pour piano) ; il y a en particulier les textes spĂ©cialement Ă©crits pour prĂ©senter les instruments de l’orchestre oĂč chaque instrument est le personnage de l’histoire : l’extraordinaire “Piccolo, saxo et compagnie” (ou la petite histoire d’un grand orchestre… lequel comprend la famille des saxophones, protagonistes d’une odyssĂ©e dĂ©jantĂ©e poĂ©tique), et aussi Variations et Fugue sur un thĂšme de Purcell de Britten, partition dirigĂ©e, rĂ©citĂ©e par le chef Lorin Maazel. Il y a enfin un opĂ©ra contĂ© (La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart prĂ©sentĂ©e et jouĂ©e par de nombreux comĂ©diens dont Claude Riche en narrateur).

Contes enchantés

Notre prĂ©fĂ©rence va au Carnaval des animaux dit par la subtile et enchantĂ©e Mireille, et au Pierre et le loup, inusable fĂ©erie Ă  la fois terrifiante et drĂŽle signĂ©e de Prokofiev, racontĂ© par un Charles Aznavour d’une rare finesse ; c’est un incroyable comĂ©dien, comme Peter Ustinov pour Piccolo, saxo et compagnie… Mireille, Aznavour, Ustinov… 3 magiciens pour des histoires irrĂ©sistibles au charme lĂ©gendaire. Deutsche Grammophon a eu le nez fin de regrouper ces 7 histoires en musique en un coffret incontournable. Les plus jeunes dĂ©couvriront la magie des instruments, et leurs parents comme les mĂ©lomanes avertis redĂ©couvriront la sĂ©duction de comĂ©diens qu’inspirent des textes et des musiques qui rĂ©ussissent la fusion du texte et de la musique. Ce coffret est un must absolu ; la mine contenant pĂ©pites et joyaux dont a rĂȘvĂ© tout parent pour son enfant, tout mĂ©lomane exigeant, nostalgique de son Ăąme d’enfant. D’autant que les versions regroupent aussi des chefs trĂšs affĂ»tĂ©s : Claudio Abbado, Ferenc Fricsay, Semyon Bychkov, Lorin Maazel, et les pianistes Jean-Marc Luisade et Alberto Neuman… Opportune rĂ©Ă©dition.

CLIC_macaron_2014RACONTE-MOI en MUSIQUE. Coffret de 4 cd Deutsche Grammophon, coup de cƓur de la RĂ©daction de classiquenews, CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016. Prochaine grande critique dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews. Parution : le 12 fĂ©vrier 2016.

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CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce : “Raconte-moi en musique….” (4 cd Deutsche Grammophon)

Raconte-moi_rectoCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce : ” Raconte-moi en musique… .” (4 cd Deutsche Grammophon). C’est encore NoĂ«l en fĂ©vrier, grĂące Ă  Deutsche Grammophon. Le 12 fĂ©vrier 2016 sort un coffret incontournable qui ravira la famille, parents et enfants. La force de la musique, c’est sa capacitĂ© Ă  parler Ă  notre imaginaire : ajoutez un texte rĂ©citĂ© ; le rĂ©sultat dĂ©passe souvent tout ce que l’on peut imaginer. Les nĂ©ophytes s’y familiarisent avec des Ă©critures et des styles particuliĂšrement expressifs ; les dĂ©jĂ  connaisseurs redĂ©couvrent des partitions (signĂ©es Prokofiev, Debussy, Britten, Mozart…) dont la poĂ©sie exquise continue de saisir, d’Ă©merveiller, de captiver… DĂšs l’enfance, cette promesse est offerte aux jeunes mĂ©lomanes (et Ă  leurs parents) grĂące aux contes et histoires dont la magie a façonnĂ© des gĂ©nĂ©rations de jeunes Ăąmes devenues mĂ©lomanes. Mais davantage qu’un coffret exclusivement dĂ©diĂ© aux tous petits, c’est plutĂŽt Ă  tous, Ă  chacun de nous ayant/voulant cultiver toujours encore sa part d’enfance (c’est Ă  dire sa capacitĂ© Ă  ĂȘtre enchantĂ© encore et encore) que s’adresse le recueil de 4 cd comprenant 6 fleurons poĂ©tiques intemporels… (et par des interprĂštes de premier plan : acteurs rĂ©citants (la crĂšme des voix radiophoniques et dramatiques : Jeanne Moreau, Mireille, Peter Ustinov, Denis Manuel, Claude Rich…), chefs inspirĂ©s (Claudio Abbado, Ferenc Fricsay, Semyon Bychkov, Lorin Maazel…) musiciens solistes ou collectifs (les pianistes Jean-Marc Luisada, Alberto Neuman, Orchestre de chambre d’Europe, Orchestre de Paris, Orchestre Lamoureux…).

 

 

 

Pierre, Babar, Polichinelle, La FlĂ»te enchantĂ©e… FlorilĂšge des contes mis en musique

7 histoires musicales pour petits et grands

 

La sĂ©lection parle d’elle mĂȘme et promet des heures d’Ă©coute, de narration, de complicitĂ© enchanteresse. Rien de tel qu’une musique inspirĂ©e, un texte drĂŽlatique et poĂ©tique et aussi, en complĂ©ment, comme ici, un livre de coloriage Ă  l’adresse des plus jeunes, pour revivre pour soi les sentiments Ă©prouvĂ©s pendant la dĂ©couverte de l’histoire…
Au programme du coffret “Raconte-moi en musique…” : Pierre et le loup (musique de Prokofiev), Le Carnaval des animaux (musique de Saint-SaĂ«ns), L’histoire de Babar l’Ă©lĂ©phant (musique pour piano de Poulenc), La BoĂźte Ă  joujoux de Debussy (ballet pour enfants, ici dans sa version pour piano, composĂ© en 1913 pour sa fille Claude-Emma dite “Chouchou”), sans omettre, le cycle indĂ©passĂ© depuis sa crĂ©ation en 1956, destinĂ© Ă  faire dĂ©couvrir l’orchestre par tous les curieux, petits et grands : “Piccolo, Saxo et compagnie, ou la petite histoire d’un grand orchestre” d’AndrĂ© Pop (oĂč l’humour pincĂ©, allusif du rĂ©citant Peter Ustinov sait exprimer les nuances du texte de Jean Broussolle) ; “Variations et fugue sur un thĂšme de Purcell” de Benjamin Britten (crĂ©Ă© en 1946, aussi intitulĂ© “The Young Person’Guide to the Orchestra” avec la voix du jeune Lorin Maazel) ; enfin opĂ©ra magique par excellence, – et aussi conte initiatique et philosophique, c’est le propre des Ɠuvres les plus fascinantes d’ĂȘtre aussi des leçons de vie outre leur caractĂšre poĂ©tique et d’enchantement, une version Ă©courtĂ©e mais irrĂ©sistible de La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart (l’ultime opĂ©ra de Wolfgang crĂ©Ă© en 1791), dans la version berlinoise de Ferenc Fricsay (texte de Lucien AdĂšs, dit par Claude Rich). MĂȘme pour les mĂ©lomanes les plus avertis, chacun des contes musicaux rĂ©unis ici affirme une force poĂ©tique irrĂ©sistible oĂč la musique, langage universel, touche immĂ©diatement l’esprit et le cƓur de chaque auditeur. On est constamment saisi par le chant des instrument et le langage de l’orchestre. GrĂące Ă  la musique, la magie opĂšre. L’Ă©ducation musicale des enfants et de leurs parents est ainsi magistralement rĂ©alisĂ©e. Coffret Ă©vĂ©nement alliant dĂ©couverte, amusement, jubilation… le coffret, par son contenu, relĂšve d’un mĂ©dicament nĂ©cessaire, d’un baume pour l’esprit : un must pour votre santĂ© culturelle et musicale. Heureuse rĂ©Ă©dition. A ne manquer sous aucun prĂ©texte.

 

 

 

CLIC D'OR macaron 200CD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce : “Raconte-moi en musique….” (4 cd Deutsche Grammophon). Parution du coffret : le 12 fĂ©vrier 2016. Coffret CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016, grande critique Ă  venir dans le mag cd livres dvd de classiquenews.com

 

 

 

CD, compte rendu critique. Placido Domingo 2016. The 50 greatest tracks / Double coffret des 75 ans (2 cd Deutsche Grammophon)

Domingo placido the 50 greatest tracks placido domingo 75 ans review critique cd CLASSIQUENEWSCD, compte rendu critique. Placido Domingo 2016. The 50 greatest tracks / Double coffret des 75 ans (2 cd Deutsche Grammophon). Vaste tour d’horizon du plus cĂ©lĂšbre tĂ©nor au monde aprĂšs Pavarotti et qui comme lui, combine longĂ©vitĂ© vocale et intelligence artistique. Pour ses 75 ans en 2016, Deutsche Grammophon rend un (premier) hommage par ce double coffret commĂ©moratif, Ă  Placido Domingo (nĂ© Ă  Madrid le 21 janvier 1941), traversant les multiples rĂŽles d’une carriĂšre marquante par sa pertinence, son sens de la justesse poĂ©tique, son constante quĂȘte de la sincĂ©ritĂ© dramatique. Domingo n’est pas seulement un tĂ©nor Ă  la voix prodigieuse, c’est surtout un acteur nĂ©, douĂ© de subtilitĂ© qui lui permet d’aborder chaque personnage avec un souci expressif d’une rare sĂ©duction. Devenu aujourd’hui baryton, et malgrĂ© une usure de la voix repĂ©rable, le madrilĂšne doit sa gloire lĂ©gitime Ă  des phrasĂ©s millimĂ©trĂ©s dans toutes les langues, en particulier, singuliĂšrement dĂ©tectable dans le français romantique de Don JosĂ© (Carmen de Bizet) ou surtout d’Hoffmann dans les Contes d’Hoffmann d’Offenbach ici, courte Ă©vocation de 1972 (l’une de ses plus anciennes gravures dans la prĂ©sente sĂ©lection : plage 20 cd1). Outre son sens du texte, son dramatisme linguistique, Domingo est capable d’aigus ardent et mĂ©talliques d’une tenue impeccable (comme en tĂ©moigne, plage 21 cd1, de 1984, l’air de Manrico : “Di Quella pira”, sous la direction de Giulini).

Les 75 ans de Placido Domingo

Parmi le florilĂšge Ă©tendu donc qu’offrent les 2 cd commĂ©moratifs du tĂ©nor vĂ©nĂ©rable autant que miraculeusement tenace, citons ici les grands rĂŽles de son rĂ©pertoire, bien reprĂ©sentĂ©s dans le choix de ce double coffret :
Rodolfo (avec Cotrubas : Brindisi de La Traviata de Verdi, sous la direction de Carlos Kleiber de 1976) ; Samson de Samson et Dalila de 1978 sous la direction de Georges PrĂȘtre : ample extrait oĂč le tĂ©nor dĂ©fend un sens du texte en français exemplaire (plus de 6mn, reflĂ©tant la complexitĂ© humaine et hĂ©roique du protagoniste, Ă©pris de Dieu). Fervent et blessĂ© Werther de Massenet (Chailly, 1979) d’une totale vĂ©ritĂ©. Comme son JosĂ© de Bizet dĂ©jĂ  citĂ© (1975, avec Solti Ă  Londres) : soit deux immenses rĂŽles qui suffiraient Ă  imposer dĂ©finitivement l’interprĂšte, superbe acteur, rĂ©vĂ©lant une intensitĂ© intĂ©rieure dĂ©chirante. Hoffmann donc dĂ©jĂ  citĂ© et dans un plus large extrait sous la direction de Seiji Ozawa en 1986 (triomphant et clair dans le fameux air “Dans la cour d’Eisenach”.

Distinguons aussi ses Wagner tout aussi convaincants : Lohengrin avec Solti en 1986 (air confession rĂ©vĂ©lation oĂč le chevalier Ă©lu rĂ©vĂšle son identitĂ© : “In fernem Land, unnahbar euren Schritten” : l’articulation sobre de l’allemand y dĂ©montre l’instinct du diseur, son sens de la ligne qui fera l’admiration de l’un de ses Ă©mules, Villazon. Domingo est ainsi, ce que l’on oublie parfois, un immense wagnĂ©rien. Son Parsifal que nous avons eu la chance d’Ă©couter Ă  Bastille relevait du mĂȘme mĂ©tier, prĂ©cis, nuancĂ©, ciselĂ©).
Aux cĂŽtĂ©s de Verdi, oĂč il est naturel et flexible, convaincant et ciselĂ©, Puccini se taille une autre part du lion : Mario Cavaradossi de La Tosca (Sinopoli, 1990, et Zubin Mehta en 1990), Edgar (2005), Des Grieux (Manon Lescaut, Sinopoli, 1984).

Le CD2 regroupe tous les tubes latinos qui complĂštent les choix du cd1 mettant en avant ses grands rĂŽles Ă  l’opĂ©ra. Evidemment L’irrĂ©sistible et scintillant Granada de Lara (1975), le caressant El dia que me quieras d’aprĂšs Le Pera / Gardel, rĂ©vĂ©lant le crooner argentin (1981) ; sans omettre la sincĂ©ritĂ© recueillie du Panis Angelicus (en son souffle idĂ©alement gĂ©rĂ©) de Franck (2002) ; surprenant, la transposition d’un Wesendonck-lieder de Wagner (Der Engel, sous la direction de Marcello Viotti en 2002)
Mais l’instinct d’un canto sĂ©ducteur alliĂ© Ă  un legato envoĂ»tant s’affirment mieux qu’ailleurs, au registre plus lĂ©ger, proche de l’opĂ©rette, dans la zarzuela dont Domingo aura Ă©tĂ© un fidĂšle et long interprĂšte : l’ardeur tragique de No puede ser (La taberna del puerto de SorozĂĄbal, 1990) ou chez Lehar, faussement insouciant mais d’une poĂ©sie suggestive que le tĂ©nor (douĂ© d’un’ finesse naturelle rĂ©element dĂ©sarmante) savait comprendre intuitivement (Das land des LĂ€chelns, Dein ist mein ganzes Herz, 1990). Le tour d’horizon est dans sa diversitĂ© trĂšs fidĂšle Ă  l’Ă©nergie dramatique du tĂ©nor mythique, diseur, tragĂ©dien, d’une exceptionnelle vĂ©ritĂ© vocale. Et pour ce 21 janvier 2016, donc pour vos 75 ans, bon anniversaire Placido !

CD, compte rendu critique. Placido Domingo 2016. The 50 greatest tracks / Double coffret des 75 ans. 2h45mn. 2 cd Deutsche Grammophon 0028947953210

Visitez le site officiel de Placido Domingo :
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CD, coffret Ă©vĂ©nement. “111, The collector’s edition 1 et 2″ (111 cd). Deutsche Grammophon

coffret-deutsche-Grammophon-111-111-cd-review-critique-classiquenews-CLIC-de-decembre-2015CD, coffret Ă©vĂ©nement, compte rendu critique. The collector’s edition 1 et 2 (Deutsche Grammophon). Pour NoĂ«l 2015, Deutsche Grammophon publie une somme incontournable, en rĂ©Ă©ditant le fleuron de ses archives, cĂ©lĂ©brant 111 personnalitĂ©s parmi les interprĂštes qui ont fait son catalogue depuis les origines : le livret du cycle 1 (rouge) prĂ©sente l’historique d el saga DG depuis 1899 jusqu’en 2009 (11Ăšme dĂ©cennie de politique artistique et de rĂ©alisation discographique). Le mĂ©ga coffret des 111 ans de Deutsche Grammophon est de fait une boĂźte miraculeuse. En 2009, Deutsche Grammophon cĂ©lĂ©brait son 111 Ăšme anniversaire en publiant une premiĂšre Edition Collector (“111, The Collector’s edition 1″ en rouge) en 55 cd, suivie en 2010 d’un deuxiĂšme volume  (“111, The Collector’s edition 2″ en jaune)  comptant 56 cd. Le clin d’Ɠil n’a pas Ă©chappĂ© au mĂ©lomane averti : le nombre de disques des deux coffrets rĂ©unis s’élĂšve à
 111. Il fallait donc pour achever l’Ă©dition les rĂ©unir en un seul. Depuis leur publication de 2009 et 2010, les 2 Ă©ditions limitĂ©es sont Ă©puisĂ©es … mais Deutsche Grammophon rĂ©Ă©dite pour NOEL 2015, les deux cycles en un seul coffret (Ă©vĂ©nement).

Le coffret 2015, The Collector’s Editions en 111 cd, compose ainsi un best of de tout le trĂšs riche catalogue de la prestigieuse marque jaune, soit une discothĂšque Ă  part entiĂšre, l’anthologie des grands artistes de Deutsche Grammophon, prĂ©sentĂ©s ainsi alphabĂ©tiquement : chefs, chanteurs, solistes (pianistes, violonistes, guitaristes…),  – de Claudio Abbado et Martha Argerich Ă  Yuja Wang et Krystian Zimerman –, Ă  travers un rĂ©pertoire particuliĂšrement Ă©largi, faisant fi des Ă©poques et des formes musicales (musique sacrĂ©e, symphonies, concertos, musique de chambre, rĂ©cital lyrique, opĂ©ras, oratorios… –  de Monteverdi Ă  PĂ€rt.

Grands classiques, albums cultes, bestsellers
 c’est une cĂ©lĂ©bration de l’art de la musique et du gĂ©nie de l’interprĂ©tation musicale – provenant de la maison de disques berlinoise qui a rendu tout cela possible.

 

111 coffret deutsche grammophon 2 coffrets noel 2015RĂ©parties en quatre mini boĂźtiers intĂ©rieurs (jaunes et rouges selon l’Ă©dition concernĂ©e) les 111 disques, Ă©ditĂ©s avec leur visuels de couverture d’origine sont accompagnĂ©s de deux importants livrets de 140 pages chacun (jaune et rouge) oĂč figurent tracklistings, articles de prĂ©sentation, photos d’archives. Un vĂ©ritable trĂ©sor pour le discophile, amateur et connaisseur soucieux de (re)dĂ©couvrir des joyaux oubliĂ©s ; pour les curieux nĂ©ophytes dĂ©sireux de se constituer une premiĂšre discothĂšque ouverte et incluant les champions de toutes les esthĂ©tiques et de tous les rĂ©pertoires (par exemple au chapitre baroque figurent les acteurs majeurs qui ont participĂ© Ă  la formidable Ă©popĂ©e de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e : Goebel, Gardiner, Pinnock, Minkowski (et son formidable album Rameau symphonique par exemple…), McCreesh (dont une excellent Grande Messe de Mozart avec ses Gabrieli Consort & Players (2005).

Les lyricophiles seront tout autant comblĂ©s, redĂ©couvrant les indĂ©modables : Carmen par Berganza et Abbado ; Cotrubas et Kleiber dans La Traviata…, le duo Villazon et Netrebko, les mezzos Kozena et Von Otter, sans omettre les barytons Terfel ou Quasthoff, ni la version opĂ©ratique de West Side Story par Bernstein lui-mĂȘme (1985)…

 

 

FlorilĂšge Deutsche Grammophon
en 111 cd

 

 

CLIC D'OR macaron 200Parmi les perles de ce corpus incontournable : Argerich et Abbado pour le Concerto pour piano de Ravel ; Boulez, cristallin, prĂ©cis pour Petrouchka et le Sacre de Stravinsky ; Barenboim dans la Sonate Clair de Lune de Beethoven ; … et ainsi jusqu’Ă  Krystian Zimerman (incroyable funambule inspirĂ© dans les Concertos pour piano 1 et 2 de Liszt (avec Ozawa). Les anciens indĂ©modables d’une sensibilitĂ© inouĂŻe, souvent servis par une prise de son d’un relief saisissant malgrĂ© la date de rĂ©alisation, sont aussi bien prĂ©sents, porteurs d’une Ă©thique inspiratrice pour public et nouvelles gĂ©nĂ©rations de musiciens ; citons entre autres ceux qui nous touchent infiniment tels : un brahmsien oubliĂ© Ă©blouissant, Victor De Sabata (n°4 avec le Berliner, 1939) ; L’immense Ferenc Fricsay, Ă©lĂ©gantissime, incandescent dans un programme rĂ©unissant les valses des Stauss, Johann I et II (1961, Orchestre symphonique de la Radio de Berlin) ; la 5Ăšme de Beethoven par Carlos Kleiber (Wiener Philharmonic, 1975) ; superbe et si ciselĂ©e Symphonie n°6 “PathĂ©tique” de Tchaikovsky par Jewgenij Mrawinski (Philharmonique de Leningrad, 1961) ; le violon solaire, diamantin aux phrasĂ©s Ă©toilĂ©s de David Oistrakh (Concerto pour violon de Tchaikovsky (Staatskapelle de Dresde, Franz Konwitschny, 1954)…  et notre diva Ă©ternellement angĂ©lique, la divine coloratoure Rita Streich (rĂ©cital Mozart, Rossini, Verdi, 1954-1958).

 

 

Parmi la nouvelle gĂ©nĂ©ration de pianistes (aux cĂŽtĂ©s de lang Lang, HĂ©lĂšne Grimaud, et des aĂźnĂ©s lĂ©gendaires Gilels, Benedetti-Michelangeli, Horowitz, Richter, Pollini… : Alice Sara Ott (Etudes d’exĂ©cution transcendante de Liszt), Yuja wang (Chopin, Liszt, Ligeti), et bien sĂ»r la fiĂšvre rythmique du latino Gustavo Dudamel (Album Fiesta, colorĂ©, nostalgique, impĂ©tueux)… Eclectique, et aussi pointue, la sĂ©lection opĂ©rĂ©e ainsi par Deutsche Grammophon offre une somptueuse entrĂ©e dans le classique par des interprĂštes inoubliables, quelles que soient les Ă©poques, les styles. A chaque interprĂšte, une leçon de sincĂ©ritĂ© et de vĂ©ritĂ©.

 

 

 

 

CD, coffret Ă©vĂ©nement. “111, The collector’s edition 1 et 2″ (56cd et 55cd = 111 cd). Deutsche Grammophon. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2015.

 

 

Nouvelle playlist digitale : Classique mais pas has been

cover CMPHB def

 

 

Uniquement accessible sur le net, la nouvelle playlist Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon s’affirme tel un modĂšle du genre  parmi les « purs digitaux » (d’oĂč l’obtention de notre label de qualitĂ© : le CLIC de classiquenews de dĂ©cembre 2015) : Ă©clectique mais cohĂ©rente, diverse et trĂšs attractive grĂące Ă  la sĂ©lection opĂ©rĂ©e d’autant plus facile Ă  Ă©couter que ses enchaĂźnements sont fluides, la playlist CLASSIQUE MAIS PAS HAS BEEN par son concept originel est la playlist pour (re)dĂ©couvrir les rĂ©fĂ©rences du classique, non pas les Ă©ternels standards usĂ©s et rĂ©utilisĂ©s mais ceux moins connus qui pourtant se rĂ©vĂšlent particuliĂšrement attractifs voire saisissants. L’ordre, le choix, l’idĂ©e gĂ©nĂ©ral en sont les fruits sĂ©duisants de la bloguese et journaliste SĂ©verine Garnier, avec laquelle Classiquenews s’est entretenu (lire notre entretien Ă  venir).

 

 

 

Nouvelle compilation digitale : « Classique mais pas has been »

Le HAS BEEN n’est pas CLASSIQUE

 

 

La compilation, conçue en collaboration avec Decca Records sous Ă©tiquette Deutsche Grammophon ne ressemblent pas les tubes cent fois entendus (dans des versions qui ont souvent plus de trente ans), mais souligne la grande sĂ©duction de morceaux spĂ©cifiquement choisis pour redĂ©couvrir la musique classique. Les chefs-d’Ɠuvre y sont interprĂ©tĂ©s par de jeunes artistes et enregistrĂ©s tout rĂ©cemment pour les labels Decca et Deutsche Grammophon.

cover CMPHB defSĂ©lection… Parmi les pĂ©pites de la playlist CLASSIQUE MAIS PAS HAS BEEN : le Printemps de Vivaldi en version remixĂ©e, une musique d’un film d’Emir Kusturica et une piĂšce de Nico Muhly, jeune compositeur amĂ©ricain de 30 ans
 Piano, opĂ©ra, violon, opĂ©rette
 rĂ©cital, musique de chambre, grands frissons symphoniques ou vertiges de l’opĂ©ra : il y en a pour tous les goĂ»ts. Une idĂ©e de cadeau parfaite pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e.

 

 

 

CONSULTER la playlist CLASSIQUE MAIS PAS HAS BEEN

 

 

 

 

 

 

cover CMPHB defPlaylist CLASSIQUE MAIS PAS HAS BEEN : genĂšse. Entretien avec la conceptrice de la compilation que Deutsche Grammophon propose en dĂ©cembre 2015, SĂ©vĂ©rine Garnier, blogueuse militante pour qui la musique classique, le vintage le plus tendance qui soit, a encore beaucoup de choses Ă  nous dire… Eclaircissement sur les coulisses de la playlist, sur les critĂšres qui ont guidĂ© le choix des Ɠuvres et de leurs versions sĂ©lectionnĂ©es.

 

 

 

 

 

A travers l’intitulĂ© « Classique mais pas has been »,  qu’avez-vous souhaitĂ© dĂ©montrer ?

 

SG, SĂ©verine Garnier : Il y a dix ans, alors que j’étais journaliste, j’ai trouvĂ© un travail qui me rapprochait de la musique classique, ma passion. Je pratiquais la musique en amateur et j’avais une vision assez vague des compositeurs, des artistes, des Ɠuvres
 ce que les mĂ©dias grand public en montraient, c’est Ă  dire une toute petite partie de l’iceberg ! En travaillant dans ce milieu, j’ai dĂ©couvert deux choses : d’abord, on s’y plaignait d’un public vieillissant, on Ă©voquait le passĂ© glorieux de la musique classique en soupirant de nostalgie. Pourtant, ce fut ma deuxiĂšme constatation, les interprĂštes Ă©taient souvent trĂšs jeunes. Je rencontrais des artistes exceptionnels qui n’avait que 25 ans – mon Ăąge Ă  l’époque. Ils Ă©taient prĂȘts Ă  dĂ©fendre des compositeurs moins connus comme Charpentier ou Scriabine, Ă  parler au grand public de leur passion, mais n’avaient pas ou peu de visibilitĂ© dans les mĂ©dias. Les directeurs de journaux faisaient la moue quand on Ă©voquait le classique et je ne comprenais pas pourquoi. Pourtant, cela ne chagrinait personne de voir un article sur l’indĂ©modable petite robe noire de Chanel (1926) ou sur le retour de la mariniĂšre ! Je me suis dit : la musique classique c’est le vintage par excellence ! Un Ɠuvre Ă©crite en 1715 est toujours jouĂ©e. Cette idĂ©e est au cƓur de ma dĂ©marche journalistique, celle que je veux dĂ©fendre dans les articles que j’écris dans la presse rĂ©gionale et nationale gĂ©nĂ©raliste. J’ai ouvert un blog en 2010 et lui ai donnĂ© ce titre : Classique mais pas has been !

 

 

 

 

De combien de plages différentes est composée la Playlist ? Quelle est sa durée ?

 

SG : La playlist « Classique mais pas has been – Deutsche Grammophon » sera vendue Ă  partir du vendredi 27 novembre en format digital. Elle sera disponible sur les plateformes de tĂ©lĂ©chargement tels que iTunes et Quobuz au prix de 8,99 ttc. Nous avons sĂ©lectionnĂ© 45 pistes
 un petit clin d’Ɠil au 45 tours pour le cĂŽtĂ© vintage ! Elle dure un peu moins de 4 heures. On pourra Ă©galement l’écouter gratuitement sur les sites de streaming – Spotify et Deezer – mais pas en intĂ©gralité : le 27 novembre, 25 titres seront disponibles et nous ajouterons 5 titres chaque vendredi jusqu’à NoĂ«l
 un calendrier de l’Avent en quelque sorte !

 

 

 

 

Dans quels fonds d’archives puise la compilation ?

 

SG : Universal m’a ouvert les catalogues des labels Decca et Deutsche Grammophon
 Vous imaginez ? Ce sont les deux plus importants labels de classique du groupe. Les plus grands interprĂštes y sont reprĂ©sentĂ©s, un rĂ©pertoire trĂšs large aussi. Que choisir ? Qui choisir ? Dans la lignĂ©e du propos de Classique mais pas has been, je ne voulais pas rĂ©aliser une nouvelle compilation du type de  « J’aime pas le classique mais  ». J’ai constatĂ© que, dans ces compilations, on retrouve non seulement les mĂȘme Ɠuvres, les chefs-d’Ɠuvre connus d’un grand nombre de mĂ©lomanes, mais surtout les mĂȘmes versions : La « ChevauchĂ©es des Walkyries » dirigĂ©e par Karajan, les « ScĂšnes d’enfants » de Schumann par Martha Argerich, etc.

 

 

 

 

 

Comment avez-vous composé le contenu ? Selon quels critÚres ?

 

SG : J’ai volontairement Ă©cartĂ© les parutions datant de plus de dix ans. Pour certains artistes, ce fut un vrai dilemme
 mais le but Ă©tait de surprendre, de faire des propositions diffĂ©rentes, de mettre la jeune gĂ©nĂ©ration en avant, comme les chanteuses Julie Fuchs ou Pumeza. Certes, il y a des « tubes » parus dans ces dix ans dont je ne voulais pas me passer, « Pourquoi me rĂ©veiller » de Jonas Kaufmann par exemple. La rĂšgle Ă©tablie est la suivante : les chefs-d’Ɠuvre sont interprĂ©tĂ©s par de jeunes musiciens, tandis que les musiciens plus cĂ©lĂšbres offrent des Ɠuvres plus rares ou surprenantes. Par exemple : « Rhapsody in blue » est jouĂ© par Benjamin Grosvenor et le « Concerto pour violoncelle » d’Elgar par Elisa Weilerstein. VoilĂ  pour les « tubes ». Et pour les stars : Max Emmanuel Cenčić chante un air de Hasse et Nemanja Radulovic joue un extrait de la bande originale d’un film d’Emir Kusturica. J’ai aussi essayĂ© de mettre en avant des compositeurs de tous les siĂšcles : Praetorius (nĂ© en 1571) et Nico Muhly (nĂ© en 1981). PlutĂŽt que de faire entendre la partition originale des « Quatre saisons » de Vivaldi, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© choisir cette Ɠuvre dans la version classique/tendance Ă©lectro de Max Richter.

 

 

 

Comment assurer Ă  la fois l’unitĂ©, la cohĂ©rence et la continuitĂ© des sĂ©quences ?

 

SG : Puisqu’il n’y a pas de thĂ©matique commune, je ne sais si l’on peut parler d’unitĂ©. En 45 pistes, j’ai essayĂ© de balayer un spectre trĂšs large : il y a beaucoup de piano mais aussi de la mandoline et de la clarinette, du lyrique et du symphonique, du baroque et du contemporain. Surprendre pour provoquer l’écoute. Avec l’équipe d’Universal, nous avons jouĂ© sur une alternance de genres et sur des rythmes diffĂ©rents. J’ai souhaitĂ© par exemple commencer par un extrait des « Variations sur un thĂšme de Paganini » de Rachmaninov par le pianiste Daniil Trifonov
 la piste dure 18 secondes ! La playlist termine sur une piste de 17 minutes qui est surement la plus longue de la compilation. Les pistes sont en moyenne de 4 ou 5 minutes. Je n’ai pas mis de concerto en entier et j’ai mĂȘme coupĂ© la Sonate en si mineur de Liszt
 sacrilĂšge ! J’ai bien sĂ»r demandĂ© son accord Ă  l’interprĂšte, Claire-Marie Le Gay.

 

 

 

A qui s’adresse cette Playlist ?

 

SG : Le succĂšs des compilations Ă©voquĂ©es plus haut montre qu’il y a un public demandeur d’une porte d’entrĂ©e dans cet ocĂ©an qu’est le classique
 soit cinq siĂšcles de compositions ! C’est encore plus vrai pour les utilisateurs de Spotify, Deezer, etc. Pour le genre classique, ces sites sont assez fournis mais le rĂ©fĂ©rencement est trĂšs incertain. Devez-vous chercher « ScĂšnes d’enfants » ou « Kinderszenen » ? « Rachmaninov » ou « Rachmaninoff » ? Le soliste ou le chef ? etc. Bon courage pour trouver le SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg ! Ces sites sont faits pour un format de musique liĂ© Ă  la pop : un groupe ou un artiste, un titre. RĂ©sultat : on passe Ă  cĂŽtĂ© des versions les plus belles. Il faut un fil d’Ariane pour commencer ou poursuivre la dĂ©couverte de ce style de musique si puissant qu’est le classique : la Playlist “Classique mais pas has been” est faite pour ca.

 

 

 

 

Propos recueillis par Alexandre Pham

 

 

 

 

CD, compte rendu critique. Coffret Stravinsky : complete edition (30 cd Deutsche Grammophon).

stravinsky complete edition deutsche grammophon review presentation account of compte rendu critique CLASSIQUENEWS CLIC de classiquenews octobre 2015CD, annonce. Coffret Stravinsky : complete edition (30 cd Deutsche Grammophon). SimultanĂ©ment aux autres coffrets Ă©vĂ©nement dĂ©diĂ©s Ă  Martha Argerich (the complete recordings on Deutsche Grammophon) et Sibelius Ă  l’occasion du 150 Ăšme anniversaire du compositeur finnois, DG nous gratifie en octobre 2015 d’un troisiĂšme somptueux coffret, celui lĂ  consacrĂ© Ă  Igor Stravinsky, regroupant l’essentiel de ses bandes prestigieuses globalement trĂšs convaincantes pour une intĂ©grale Stravinsky qui fera date. La boĂźte est d’autant plus miraculeuse et apprĂ©ciĂ©e qu’elle ne correspond en vĂ©ritĂ© Ă  aucune cĂ©lĂ©bration particuliĂšre… C’est de l’aveu du responsable Ă©ditorial, l’aboutissement d’un travail de recherche de plusieurs annĂ©es, Roger Wright, conscient dĂšs les annĂ©es 1990, quand il collaborait activement Ă  l’enrichissement du catalogue de la major, de la richesse exceptionnelle du fonds Stravinsky chez DG. L’idĂ©e d’une intĂ©grale discographique a donc trĂšs rapidement germĂ© : elle se concrĂ©tise aujourd’hui, permise grĂące Ă  un jeu d’enregistrements rĂ©alisĂ©s en divers lieux, Ă  diffĂ©rentes pĂ©riodes… afin de constituer Ă  terme, une intĂ©grale digne de son intention premiĂšre.

CLIC D'OR macaron 200Tour d’horizon. Piliers de ce coffret Stravinsky 2015 : Pulcinella d’Abbado, (1978), Les Noces de Bernstein (avec les pianistes Argerich et Zimerman, 1977), le Concerto pour violon par Anne-Sophie Mutter, surtout Oedipus Rex (1926) de 1991 enregistrĂ© Ă  Chicago par un James Levine Ă©ruptif et affĂ»tĂ© avec l’excellentissime tĂ©nor Philip Langridge (et Jules Bastin en narrateur français), l’Histoire du soldat avec Tom Courtenay, sans omettre The Rake’s progress pilotĂ© alors par Gardiner en1997 (avec deux chanteurs au sommet de leur potentiel expressif, Bryn Terfel, le baryton gallois en Nick Shadow et Ian Bostridge dans le rĂŽle-titre : Rake) ; les trois ballets pour Diaghilev par Pierre Boulez (nouvelles versions particuliĂšrement reprĂ©sentatives de l’engagement du chef français chez DG en 1990) ; soit un noyau de lectures aujourd’hui incontestables sur le plan interprĂ©tatif et artistique, que plusieurs complĂ©ments tout aussi avisĂ©s ont enrichi ensuite : Symphonie en mi bĂ©mol par Mikhail Pletnev (qui venait d’enregistrer une trĂšs sĂ©rieuse intĂ©grale des Symphonies de Tchaikovsky), le Baiser de la fĂ©e et un cycle dĂ©diĂ© aux Ɠuvres ultimes de Stravinsky par Oliver Knussen, fervent adepte du dĂ©tail, et tout autant fin dramaturge, pĂšsent aussi de tous leur poids.

Outre l’intĂ©rĂȘt des interprĂ©tations ici rĂ©unies, soulignons aussi l’importante notice de prĂ©sentation avec essai biographique sur la personnalitĂ© multiple et complexe de Stravinsky, en français, anglais, allemand Ă  travers les grandes pĂ©riodes crĂ©atrices de l’ex Ă©lĂšve de Rimski, devenu amĂ©ricain en 1945 et qui cĂšde aprĂšs de multiples accents toujours visionnaires et modernistes aux potentialitĂ©s dodĂ©caphoniques au tournant des annĂ©es 1950-1960… (aprĂšs la mort de Schoenberg – son voisin lui aussi exilĂ© Ă  Los Angeles, et aprĂšs avoir crĂ©Ă© pour la Biennale de Venise, son opĂ©ra The Rake’s progress en 1951… qui demeure sa derniĂšre offrande nĂ©oclassique). L’Ă©clairage sur cette derniĂšre sĂ©quence de la vie si riche et dense de Stravinsky, celui dodĂ©caphoniste, prolongeant aprĂšs le dĂ©cĂšs de Schoenberg, les recherches sur le mĂ©tier sĂ©riel, reste captivant et fait entre autres, la grande valeur de ce coffret, Ă©ditorialement pensĂ© : les derniĂšres Ɠuvres, Abraham and Isaac – comme le Viennois Schoenberg avait composĂ© toute sa vie Moses und aron-, puis Variations enfin Requiem Canticles de 1965-1966, ces deux derniĂšres partitions jouĂ©es par Oliver Knussen, maestro rĂ©vĂ©lĂ© par cette intĂ©grale), enfin Agon, ballet pour Balanchine qui ne comporte certes qu’un seul Ă©pisode vĂ©ritablement dodĂ©caphonique, en tĂ©moignent particuliĂšrement. L’apport de cette somme est incontestable. Louons prĂ©cisĂ©ment le scrupule Ă©ditorial qui mieux qu’ailleurs, prĂ©sente en fin de livret, l’ensemble des enregistrements prĂ©cisant sur le mĂȘme page, numĂ©ro du cd, date et lieu d’enregistrement… une manne informative qui ici est heureusement synthĂ©tisĂ©e sur la mĂȘme feuille. Confort de lecture exemplaire pour l’amateur soucieux de suivre selon la chronologie, chaque lecture.

knussen_oliver_knussen_389487cAnalyse. Ainsi, les connaisseurs soucieux d’une sonoritĂ© limpide et dĂ©taillĂ©e pourront y goĂ»ter le geste millimĂ©trĂ© du français Pierre  Boulez cĂ©rĂ©bral et pointillisme,  Ă©pris de clartĂ© et de mesure : L’oiseau de feu  (1909/1910) Ă  la tĂȘte du Chicago Symphony orchestra; Petrushka, Le rossignol et le chant du rossignol, et Le Sacre du printemps avec le Cleveland orchestra; sans omettre les Symphonies en mi bĂ©mol ou celle d’instruments Ă  vents. Autre accomplissement anthologique :  l’Ă©poustouflant Oedipus Rex par James Levine avec dans le rĂŽle tire et dans celui de Jocaste, l’exceptionnel Philip Langridge, incantatoire, humain, hallucinĂ© et l’Ă©blouissante Florence Quivar, consoeur jumelle  d’une Jessye Norman si Ă©blouissante elle-aussi, dans le rĂŽle sous la baguette Ă©tincelante de Seiji Ozawa. Le plus surprenant ici demeure aux cĂŽtĂ©s des autres Claudio Abbado, Bernstein ou Chailly, l’excellent et rĂ©cent Oliver Knussen : Le baiser de la fĂ©e  (1928) avec le Cleveland orchestra, orcheste desormais si boulezien pour Stravinsky ; mais aussi Le DĂ©luge  (1961) avec le London sinfonietta ; Ode (1943), Variations (1963); Requiem canticles  (1966); Storm cloud  (1902); Faune et bergĂšre opus 2  (1906); et donc, Abraham et Isaac, ballade sacrĂ©e  (1963); autant de partitions relevant de la petite forme et de la grande forme qui affirme la justesse d’un geste musical.

stravinsky chef orchestre compositeur et maestroSoulignons la suite de L’Oiseau de feu (1945) par Mikhail Pletnev et l’Orchestre national russe. Soulignons aussi le palpitant The Rake’s progress dans la vision ciselĂ© dramatique de Gardiner qui outre les tĂȘtes d’affiche rĂ©unies pour l’occasion Terfel et Bostridge (Ă  leur sommet), sait aussi unifier la parure orchestrale d’une tenue fĂ©dĂ©ratrice et cohĂ©rente habitĂ©e par la fiĂšvre thĂ©Ăątrale. ComplĂ©ment jubilatoire Ă  ce coffret gavĂ© de joyaux  discographiques incontournables et nous pesons nos mots : L’histoire du soldat par Igor Markevitch et Cocteau en narrateur (1962); Ernest Ansermet pour Petrushka;  Pierre Monteux et Le sacre du printemps de 1956; la version dĂ©sormais lĂ©gendaire du duo Argerich et Barenboim pour la transcription pour 2 pianos du Sacre du printemps, sans passer sous silence l’enregistrement du Concerto pour violon de 1935 avec l’orchestre Lamoureux et Igor Stravinsky soi-mĂȘme Ă  la baguette (Samuel Dushkin au violon).

 

Stravinsky for everNotice livret captivante. Outre la valeur de cette intĂ©grale,servie par des chefs plus que convaincants, Deutsche Grammophon prend soin  d’Ă©diter une vraie notice comprenant plusieurs textes inĂ©dits d’un grand intĂ©rĂȘt documentaire et scientifique : en plus de la derniĂšre sĂ©quence de la carriĂšre du compositeur et l’Ă©clairage sur ses relations avec le sĂ©rialisme de Schoenberg, soulignons aussi au dĂ©but de la carriĂšre, la genĂšse Ă©claircie des premiĂšres partitions parisiennes : on y comprend parfaitement entre autres comment a pu se rĂ©aliser l’exceptionnelle collaboration Diaghilev et Stravinsky: duo  artistique improbable et pourtant miraculeux propre au Paris des annĂ©es 1910. C’est parce qu’il avait perdu son principale mĂ©cĂšne (le grand duc Vladimir Alexandrovitch), et son principal interprĂšte Chaliapine, que Diaghilev se concentra par dĂ©faut sur le ballet sollicitant le jeune Igor Stravinsky, aprĂšs avoir tentĂ© de sĂ©duire plusieurs compositeurs russes plus connus tels Glazounov, Liadov, Sokolov. … Son dessein Ă©tant alors d’inventer un nouveau type de ballet russe Ă  fort caractĂšre folklorique a contrario du ballet importĂ© signĂ© Tchaikovski lequel Ă©tait alors plus occidental que vraiment russe…. La rythmique diabolique, le chatoiement instrumental de l’orchestre de Stravinsky alors inconnu allaient se montrer pour Diaghilev, tout bonnement… miraculeux.

 

 

 

 

Les 30 cd sont divisés en 8 sections :
Oeuvres scéniques (cd 1-12)
Musique orchestrale (cd 13-18)
Musique chorale (cd 19-21)
Musique pour solistes vocaux (cd 22-23)
Musique de chambre (cd 24-25)
Musique pour piano (cd 26-27)
Enregistrements historiques dont ceux par Stravinsky lui-mĂȘme rĂ©vĂ©lant, soulignant l’exactitude du chef (aux cĂŽtĂ©s du compositeur) : cd 28-29
Bonus : cd 30 : Martha Argerich et Daniel Barenboim jouent la version pour piano et percussions du Sacre du Printemps

 

 

 

stravinsky complete edition deutsche grammophon review presentation account of compte rendu critique CLASSIQUENEWS CLIC de classiquenews octobre 2015Coffret Stravinsky : complete edition, 30 cd Deutsche Grammophon. InterprĂštes : Caludio Abbado, Leonard bernstein, Pierre Boulez, Riccardo Chailly, Robert Craft, John Eliot Gardiner, Oliver Knussen, James Levine, Masha Maisky, Anne-Sophie Mutter, Mikhail Pletnev, Maurizio Pollini, Bryn Terfel, Martha Argerich, Daniel Barenboim… 30 cd Deutsche Grammophon 00289 479 4650 Edition Stravinsky 2015. CLIC de classiquenews d’octobre 2015. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

 

Opera de poche : la nouvelle Playlist de Decca et Deutsche Grammophon

opera-de-poche-decca-deutsche-grammophon-playlist-cdINTERNET. Decca / DG lance la Playlist OpĂ©ra de poche. A l’occasion de l’actualitĂ© lyrique en France, Universal music lance une nouvelle offre numĂ©rique. En complĂ©ment Ă  l’opĂ©ra de Puccini, Madama Butterfly, actuellement Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra Bastile Ă  Paris, (jusqu’au 13 octobre 2015), composez votre propre playlist, constituĂ© d’extraits, les sĂ©quences les plus fortes de l’ouvrage, Ă  partir des meilleures interprĂ©tations enregistrĂ©es chez Decca, Deustche Grammophon
  le principe est simple : (re)dĂ©couvrir un opĂ©ra Ă  travers ses tubes dans des versions de rĂ©fĂ©rence en un peu plus d’1h. Avant Madama Butterfly, dĂ©couvrez les ressources de ce projet avec Don Giovanni, l’opĂ©ra des opĂ©ras signĂ©s Mozart et son librettiste, Da Ponte. DĂ©couvrez parmi les trĂšs nombreuses versions disponibles, les extraits et les temps forts de celles qui sont les plus convaincantes


DĂ©couvrez la playlist OPERA DE POCHE #1 DON GIOVANNI : une histoire entre comĂ©die et tragĂ©die oĂč le cĂ©lĂšbre sĂ©ducteur Don Juan (accompagnĂ© de son fidĂšle servant Leporello) court les femmes avant d’ĂȘtre rattrapĂ©e par ses pires dĂ©mons.

En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/playlists/opera-poche-1-don-giovanni/#dsUoOq7WhCbAYc0D.99

Opera de poche : la nouvelle Playlist de Decca et Deutsche Grammophon : (re)dĂ©couvrir un opĂ©ra Ă  partir des versions lĂ©gendaires de Decca et Deutsche GrammophonDisponible en streaming sur toutes les plateformes, connectez-vous oĂč que vous soyez et dĂ©veloppez votre culture musicale en un seul clic. Appuyez sur Play et laissez-vous emporter comme par magie. Libre Ă  vous par la suite de continuer en profondeur la dĂ©couverte de l’opĂ©ra en cliquant sur les versions de rĂ©fĂ©rences choisies sur notre playlist.

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CD, annonce. Coffret Martha Argerich : the complete recordings on Deutsche Grammophon (48 cd)

argerich martha imperatrice du clavier coffret evennement major box complete recordings deutsche grammophon presentation review account of CLASSIQUENEWS clic de classiquenewsCD, coffret Martha Argerich : the complete recordings on Deutsche Grammophon (48 cd). FĂ©line, fantasque, noctambule
 l’impĂ©ratrice du piano, 74 ans en 2015, Martha Argerich ex Ă©lĂšve de Friedrich Gulda Ă  Vienne est l’objet d’un portrait majeur en 48 cd, soit l’intĂ©grale de ses enregistrements pour Deutsche Grammophon, label avec lequel la pianiste argentine travaille et enregistre depuis le dĂ©but des annĂ©es 1960 (1961, premier album dĂ©diĂ© Ă  Chopin, Brahms, Liszt, Ravel
) alors que la jeune prodige avait remportĂ© les Premiers Prix de Bolzano et de GenĂšve (1957), pas encore celui du Concours Chopin de Varsovie en 1965. Au total, c’est le rĂ©pertoire essentiellement romantique qui se dĂ©voile sous ses doigts de velours : de 1960 Ă  2014 (dont le fameux duo avec Daniel Barenboim Ă  la Philhamronie de Berlin dĂ©diĂ© entre autres Ă  la version pour 2 Pianos du Sacre du printemps de Stravinsky, cd 43
, voici l’hĂ©ritage discographique d’Argerich chez Deutsche Grammophon. Chopin, Ravel, Liszt et Prokofiev on ensuite concentrĂ© son travail d’interprĂšte
 en tĂ©moignent les premiers enregistrements symphoniques qui ont suivi ; pour DG, Argerich conçoit plusieurs rĂ©citals en solo, surtout en duo (avec le violoniste Gidon Kremer et le violoncelliste Mischa Maisky entre autres). Figurent donc tous ses grands Concertos romantiques pour piano et orchestre (Beethoven, Liszt, Ravel, Tchaikovski, Schumann, Rachmaninov sous la baguette de Sinopoli, Abbado, Dutoit, Rostropovitch, Kondrashin, Chailly, et aussi les prolongements et accomplissements menĂ©s avec ses partenaires familiers aux sin de son festival de Lugano pour le Progetto Martha Argerich, Ă  partir de 2002.

Poétesse impériale du clavier

Martha Argerich : les notes fauves

argerich martha cd review and presentation on CLASSIQUENEWS.COM CLIC de classiquenews complete_recordings_on_dg_48cd-34669713-frntlLe coffret trĂšs complet sur les goĂ»ts et le jardin secret de la pianiste lĂ©gendaire comprend en fin de cycle plusieurs enregistrements des dĂ©buts chez DG, propres aux annĂ©es 1960 d’oĂč se distinguent ses lectures hypnotiques de FrĂ©dĂ©ric Chopin, compositeur de la nuit comme elle. Parmi les pĂ©pites remarquables de ce coffret Ă©vĂ©nement, citons son duo avec Nicolas Economou (Rachmaninov et Tchaikovski : transcriptions pour 2 pianos des Danses symphoniques et de Casse-noisette, 1983). Martha Argerich, musicienne affective travaille en famille : elle a toujours aimĂ© s’entourer d’une troupe de partenaires avec lesquels le jeu musical devient partage en affinitĂ©, complicitĂ© stimulante. En tĂ©moignent ainsi des transcriptions rares telles les exceptionnelles Ma MĂšre l’Oie et la Rhapsodie espagnole pour pianos et percus rĂ©alisĂ©es avec Nelson Freire, son frĂšre en musique (1993, cd 31), Les Noces de Stravinsky (version pour 4 pianos, solistes, choeur et perdus sous la direction de Diego Fasolis, juin 2004. Parmi les derniĂšres offrandes discographiques, les Concertos 20 et 25 de Mozart fixĂ©s en 2013 avec Abbado, un an avant la disparition du maestro italien, restent incontournables. Coffret Ă©vĂ©nement. CLIC de classiquenews d’octobre 2015. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

CD, annonce. Coffret Martha Argerich : the complete recordings on Deutsche Grammophon (48 cd)

CD, compte rendu critique : coffret Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon).

sibelius-jean-portrait-classiquenews-eero-jarnefelt-582-594-sibelius-edition-2015CD, compte rendu critique : coffret Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon). Le 8 dĂ©cembre 2015 marque les 150 ans de la naissance du plus grand compositeur finlandais post romantique Jean Sibelius (1865-1957). C’est aussi aprĂšs Malher, l’artisan de la plus stimulante Ă©popĂ©e symphonique du XXĂšme siĂšcle, aux cĂŽtĂ©s des Français Debussy et Ravel. Auteur d’un catalogue resserrĂ© portĂ© par une exigence formelle de plus en plus radicale, le symphoniste fait Ă©voluer le langage musical Ă  l’époque de Mahler et aprĂšs lui : Deutsche Grammophon Ă©dite en un coffret Ă©vĂ©nement, l’hĂ©ritage musical dĂ©tenu dans ses archives sonore. Une somme incontournable qui souligne l’accomplissement de l’écriture orchestrale pure (7 Symphonies par Bernstein, Okko Kamu et surtout Karajan qui dirige ici les Symphonies 4,5,6 et 7). C’est aussi l’occasion de mesurer l’ampleur poĂ©tique de son cycle pour orchestre, choeur et solistes (soprano et baryton) :  Kullervo opus 7 (version originale par Jorma Panula, Turku Philharmonic orch), tous les poĂšmes symphoniques (En saga, Rakastava, Finlandia, l’excellente ChevauchĂ©e nocturne et aurore opus 55
), Ă©videment le Concerto pour violon par Anne Sophie Mutter et AndrĂ© PrĂ©vin, sans omettre les subtiles mĂ©lodies pour basse et bartyon (solistes : Kim Borg et Tom Krause) ; le coffret comprend Ă©galement la musique de chambre (Quatuor Voix intimes / Voces intime opus 56 (Emerson Quartet) et bien sĂ»r les musiques de scĂšne dont la Suite Christian II par Neeme JĂ€rvi (Gothenburg Symphony Orch), PellĂ©as et MĂ©lisande opus 46 par Horst Stein et l’Orchestre de la Suisse romande ; les ScĂšnes historiques I et II (opus 25 et 66), Scaramouche et Le Cygne blanc opus 54, surtout les deux Suites de La TempĂȘte (Jussi Jalas, Hungarian State Symphony Orch). Un festival orchestral variĂ© et affĂ»tĂ© au service d’un maĂźtre de l’écriture symphonique dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂšme siĂšcle. Les amateurs seront comblĂ©s, les curieux non encore convaincus, trĂšs intĂ©ressĂ©s et mis en appĂ©tit. Coffret «  Sibelius Ă©dition » , 14 cd Deutsche Grammophon, CLIC de classiquenews.com (livret notice en anglais et allemand).

Contenu du coffret. Aux cĂŽtĂ©s de l’intĂ©grale des 7 Symphonies dominĂ©es par Karajan et son sens du dĂ©tail et du scintillement orchestral, chacun des 14 cd recĂšle de nombreuses pĂ©pites. Nous mentionnons ici les interprĂ©tations qui nous paraissent les plus mĂ©ritantes, dans un coffret globalement incontournable. Kellervo (cd 6) de plus d’1h de durĂ©e, enregistrĂ© en 1996 jaillit tel un gemme au souffle Ă©pique qui est aussi portĂ© par des ondulations psychiques souterraines, ce que la lecture en provenance du fonds Naxos manifeste clairement, affirme la pensĂ©e narrative et dramatique de Sibelius. D’autant que la baguette de Jorma  Panula ne manque ni de prĂ©cision et d’une saine vitalitĂ© jamais creuse. L’approche tout en soignant l’illustration d’une geste national – ancrĂ©e par son sujet et la langue des solistes et du choeur dans les brumes nordiques finnoises sait aussi dĂ©ployer une formidable tonalitĂ© poĂ©tique qui outrepasse le propos historique et narratif : le dernier tableau  (la mort de Kellervo) est d’abord un superbe poĂšme symphonique aux Ă©clairs choraux d’une profondeur dĂ©lectable.

CLIC D'OR macaron 200Cd 7. En saga  (Marriner 1972) fait retentir ce grand souffle naturaliste qui fait de Sibelius le grand chantre de la nature, un poĂšte symphoniste d’une trempe  exceptionnelle, orchestrateur millimĂ©trĂ© au diapason de son extraordinaire sensibilitĂ© instrumentale. MĂȘme ciselure  et justesse de ton dans le triptyque Rakastava opus 14 (mĂȘme chef, mĂȘme annĂ©e). L’ultra cĂ©lĂšbre FINLANDIA par Neeme JĂ€rvi (1995) rĂ©tablit sous le sujet patriote, l’intention et la sensibilitĂ© panthĂ©iste du compositeur dont la science instrumentale et le souffle Ă©vitent fort heureusement tout acadĂ©misme : le style houleux et ocĂ©anique du grand Sibelius s’y dĂ©verse avec une sensualitĂ© gĂ©nĂ©reuse.

La chevauchĂ©e nocturne opus 55 fait toute la valeur du cd 8 (JĂ€rvi, 1995) : le chef toujours inspirĂ© explore Ă  l’envi l’imaginaire sans limite du formidable conteur Sibelius menant tambour battant et avec un souffle haletant sa narration si singuliĂšre. L’ouverture Les OcĂ©anides dĂ©ploie un mĂȘme sens Ă©perdu et lyrique, entre extase et illuminations en sĂ©rie : le feu millimĂ©trĂ© de Neeme JĂ€rvi dĂ©cidĂ©ment trĂšs inspirĂ© se montre trĂšs convaincant.

Cd 9. Autre argument du coffret le Concerto pour violon par le violon cristallin vif argent d’Anne-Sophie Mutter  (1995) portĂ©e par le geste amoureux de PrĂ©vin, lui-mĂȘme pilote de la Staatskapelle  de Dresde : du trĂšs grand Mutter.

sibelius-edition-sibelius-coffret-14-cd-critique-presentation-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-4795102_Sibelius_Edition_PackshotLe cd 11 a une toute autre pertinence : il rĂ©vĂšle l’acuitĂ© sibĂ©lienne dans le registre chambriste avec point d’orgue l’excellente lecture par les Emerson du Quatuor opus 56 “Voces intimae” / voix intimes (opus majeur de la maturitĂ©, commencĂ© Ă  Londres, achevĂ© Ă  Paris en avril 1909),  fleuron des Quatuor du XXĂš avec l’apport d’un Janacek (Lettres intimes) : l’art de la quintessence, de la litote, si prĂ©sent chez Sibelius fait merveille, dans une langue Ă©conome, sobre, prĂ©cise, affĂ»tĂ©e que le Quatuor Emerson (2004) sait articuler avec une vivacitĂ© jamais tranchante : vive, sincĂšre, juste (Ă©clairs introspectifs, Ă  la fois mordants et flexibles de l’Adagio ; sauvagerie aĂ©rienne du Scherzo).

jarvi neeme maestro sibelius clic de classiquenews edition sibeliusL’expĂ©rience symphonique, l’une des plus excitantes du XXĂšme, vĂ©cue Ă  l’Ă©coute des oeuvres de Sibelius, se poursuit avec les derniers cd de cette intĂ©grale DG oĂč Ă  la diversitĂ© des partitions, formellement de mieux en mieux dessinĂ©es et structurĂ©es, rĂ©pond le geste de plusieurs sibĂ©liens, chefs dĂ©sormais reconnus depuis les Bernstein, Karajan Ă  juste titre lĂ©gendaires. Cd 12 : la Suite Roi Christian II opus 27 culmine par son lyrisme radieux d’une opulence instrumentale irrĂ©sistible grĂące Ă  la direction vive et dĂ©taillĂ©e, structurĂ©e et dramatique, trĂšs oxygĂ©nĂ©e de Neeme JĂ€rvi (lequel confirme ainsi ses affinitĂ©s sibĂ©liennes tout au long du coffret : Gothenburg symphony orch., Ă©tĂ© 1995). De mĂȘme, le souffle rĂ©gĂ©nĂ©rateur et la force tellurique mesurĂ©e, toujours dans le sens d’un scintillement instrumental intimiste et panthĂ©iste de Horst Stein demeure anthologique pour les 9 sĂ©quences de l’Ă©blouissante fresque pour PellĂ©as et MĂ©lisande, offrande de Sibelius Ă  l’onirisme de Maeterlinck. Ouverture incandescente, portrait fĂ©erique de MĂ©lisande puis sa mort d’un renoncement maĂźtrisĂ©, entre abandon et accomplissement, sont l’insigne d’un immense sibĂ©lien (Orchestre de la Suisse Romande, juin et juillet 1978).

jussi_jalasLe cd13 dĂ©voile l’ardente fiĂšvre communicative qui anime l’excellent maestro Jussi Jalas (1908-1985) et l’Orchestre d’Ă©tat Hongrois (ses archives viennent du fonds Decca ici intĂ©grĂ© aux bandes DG pour l’exhaustivitĂ© de l’intĂ©grale Sibelius 2015 : les ScĂšnes Historiques (2 Suites) opus 25 et 66 ; surtout la musique de scĂšne pour la piĂšce de Strindberg : Le Cygne blanc (Suite opus 54 – Budapest juin 1975) : que le chef fait palpiter d’une nĂ©cessitĂ© intĂ©rieure Ă  la fois lumineuse et impĂ©rieuse. Rayonne dans le cd 14, ultime composante de l’intĂ©grale Sibelius Deutsche Grammophon, les visions Ă  prĂ©sent bien identifiĂ©es et Ă©lectrisantes des deux chefs parmi les plus sibĂ©liens de ces derniĂšres annĂ©es, deux tempĂ©raments qui demeurent les piliers de cette intĂ©grale : Neeme JĂ€rvi et Jussi Jalas. Le premier sait exprimer toute l’ivresse suspendue des deux Valses triste (opus 44) et romantique (opus 62b) quand le second marque les esprits par un sens prodigieux de l’intensitĂ© et de l’incandescence pour les deux Suites de La TempĂȘte opus 109, musique de scĂšne pour la piĂšce de Shakespeare dont Sibelius fait surgir ce fantastique enchantĂ© d’une totale sĂ©duction (dont l’enchantement inquiĂ©tant de la chanson d’Ariel entre autres…,  enregistrement de 1971). Coffret Ă©vĂ©nement, Ă©lu CLIC de classiquenews d’octobre 2015.

sibelius-edition-sibelius-coffret-14-cd-critique-presentation-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-4795102_Sibelius_Edition_PackshotCd coffret. Compte rendu critique, Sibelius edition (14 cd Deutsche Grammophon). Symphonies 1 Ă  7, Kullervo, En saga, Karelia Suite, Rakastava, Finlandia, ChevauchĂ©e nocturne, Luonnotar, Les OcĂ©anides, Tapiola, Concerto pour violon, mĂ©lodies, Quatuor Voces Intimae, Talvikuva, Suite Roi Christian II, PallĂ©as et MĂ©lisande, ScĂšnes Historiques, La TempĂȘte… Anne-Sophie Mutter, Neeme JĂ€rvi, Jussi Jalas, Okko Kamu, Leonard Bernstein, Herbert von Karajan. 14 cd deutsche Grammophon 00289 479 5102. CLIC de classiquenews octobre 2015.

CD, événement, compte rendu critique. Julie Fuchs : Yes ! (Deutsche Grammophon 2015)

fuchs-julie-soprnao-YES-deutsche-grammophon-septembre-2015-review--account-of-compte-rendu-critique-CLASSIQUENEWS-(c)-2015-Solene-Ballesta-02_HDCD, Ă©vĂ©nement. Compte rendu critique. Julie Fuchs : Yes ! (Deutsche Grammophon 2015). Ce pourrait ĂȘtre l’ossature d’une revue musicale imaginaire Ă  laquelle la jeune diva nous convie;  dĂ©jĂ  remarquĂ©e dans Ciboulette de Hahn (1923) oĂč elle incarnait avec un angĂ©lisme dĂ©terminĂ© et pĂ©tillant la lolita  des halles parisiennes (prĂ©sente ici Ă©videmment : “C’est pas Paris, c’est sa banlieue”), Julie Fuchs abandonne ses vocalises nĂ©oclasssiques et triomphantes  qui concluaient lumineusement l’opĂ©ra des LumiĂšres, Renaud de Sacchini, pour un premier rĂ©cital discographique, tout en savoureuse finesse. Son “j’ai deux amants”  (L’amour masquĂ© d’AndrĂ© Messager, 1923) pĂ©tille en vraie nouvelle diseuse aprĂšs Yvonne Printemps ; fĂ©ministe ce qu’il faut et plus encore, superbe actrice aux nuances dĂ©lectables et Ă  la prosodie prĂ©cise et fluide, insolente et mordante, dans l’air de ThĂ©rĂšse des Mamelles  de TirĂ©sias (1917) ; les deux Kurt Weill – en français -, surprennent par leur profondeur et la rĂ©ussite de l’alliance comĂ©die grinçante, amertume cynique  (complainte de Mackie, L’opĂ©ra de Quat’sous, 1928). Quand Ă  Phi-Phi  (ah, cher monsieur excusez moi, de Christine,  1918), la diva d’une articulation lumineuse lĂ  encore, revivifie le clin d’oeil Ă  la Manon de Massenet.

 

 

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Ce qui captive c’est la superbe couleur que la coloratoure sait insuffler Ă  des aigus toujours couverts, tenus, porteurs d’une Ă©motion sincĂšre, d’une Ă©lĂ©gance trĂšs suggestive.
Sous couvert de la lĂ©gĂšretĂ© parfois grivoise (le “premier tirage” de Phi-Phi, le “ça” de Casimir Oberfled, 1932), la soprano cultive une finesse d’intonation de bout en bout enivrante. D’autant que son articulation et son intelligibilitĂ© demeurent deux qualitĂ©s continĂ»ment prĂ©servĂ©es.
OpĂ©rette rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e sous l’influence du music hall,  du jazz et de la comĂ©die musicale, l’Ă©poque et le rĂ©pertoire que sert avec une subtilitĂ© trĂšs juste Julie Fuchs pour son premiĂšre album, soulignent l’essor du spectacle musical Ă  Paris marquĂ© par une insouciance fĂ©conde propre aux annĂ©es Folles.

Diseuse enivrĂ©e, d’une irrĂ©sistible sĂ©duction, la nouvelle diva française

Julie Fuchs dit Yes !

Nouvelle diva enivrante, Julie Fuchs dit " YES"

 

 

Il appartient aux jeunes talents du moment de nous Ă©tonner d’abord, de nous surprendre ensuite en dĂ©voilant par l’affinitĂ© de leur voix et du rĂ©pertoire choisi, tout un style expressif et la cohĂ©rence d’une sĂ©lection musicale, gageure Ă©noncĂ©e et remarquablement rĂ©ussie dans ce premier album qui nous Ă©pargne les sempiternelles premiĂšres Ă©ditions lesquelles souvent conçues comme des cartes de visite, abreuvent de pots pourris indigestes dans une auto cĂ©lĂ©bration toujours dĂ©cousue. Rien de tel ici tant la suave et facĂ©tieuse parentĂ© entre chaque air et mĂ©lodie fait rĂ©fĂ©rence Ă  une Ă©poque bercĂ©e de culture, de finesse, de fantaisie habile, d’une constante intelligence.
La cantatrice sĂ»re, au goĂ»t affĂ»tĂ©e, au style irrĂ©prochable sachant constamment jouer entre mĂ©lodie parodique et sĂ©ditieuse  et grand air d’opĂ©ra (sublime mĂ©lodie du Coq d’or de Rimsky de 1909 : le fameux Hymne au soleil, chnatĂ© en français comme l’ensemble du programmes) nous enchante par une maĂźtrise savoureuse entre chant lyrique et opĂ©rette : une telle fluiditĂ© captive mĂȘlant finesse et humour, ivresse et suavitĂ© … se filles tendres et faciles (qui ne cessent de dire yes) gagnentt une profondeur lyrique indiscutable et ses airs lyriques classiques (les deux Lehar) et surtout le Rimsky dĂ©jĂ  citĂ©, gravissent les marches de l’embrasement par un timbre de lyrique lĂ©ger virtuose.

 

 

CLIC_macaron_2014Chaque air lui va, chaque situation la valorise, dĂ©voile un tempĂ©rament taillĂ© pour l’intensitĂ© enivrĂ© du drame… L’instinct artistique s’affirme dans la finesse servie par une voix d’une ineffable sĂ©duction en rien artificielle et si profondĂ©ment humaine : voilĂ  qui nous  change de bien des lolitas pour lesquelles chant signifie performance. Ici la musicalitĂ© entre comĂ©die et sincĂ©ritĂ© confirme une somptueuse intelligence.
Magistral (Ă©coutez l’insolente agilitĂ© de son Ravel : L’enfant et les sortilĂšges, 1925, exhortation dĂ©lirante de l’animal/insecte vengeur). Pour finir le “ThĂ© pour deux” (No no Nanette, Vincent Youmans, 1925) Ă©blouit littĂ©ralement par son Ă©lĂ©gance suave. Un miracle de diction amusĂ©e piquante que n’aurait pas reniĂ© les plus exigeants parisiens, Cocteau et Guitry.
Alors face Ă  tant de finesse enjouĂ©e et stylĂ©e que dire Ă  cette nouvelle diva rĂ©jouissante qui a la super classe : ce qu’elle dit elle mĂȘme ressuscitant le Maurice Yvain de 1928 : un immense ” yes ” ! C’est donc un CLIC de classiquenews pour septembre 2015.

 

 

CD, Ă©vĂ©nement. Julie Fuchs : Yes ! (1 cd Deutsche Grammophon, enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Paris en avril et juin 2015). Yvain, Poulenc, Ravel, Honegger, Weill, ChristinĂ©, Youmans, Rimsky, Hahn… Orchestre national de Lille. Samuel Jean, direction.