DVD, BLU RAY, critique. COPPELIA : Bolshoi Ballet HD collection (Vikharev, Sorokin 2018 – 1 dvd BelAir classiques)

coppelia-delibes-bolshoiballet-critique-danse-compte-rendu-review-dvd-ballet-classiquenews-musique-classique-classiquenews-bac163-cover-coppliarectoDVD, BLU RAY, critique. COPPELIA : Bolshoi Ballet HD collection (Vikharev, Sorokin 2018 – 1 dvd BelAir classiques). Depuis 2012, le Ballet du Bolshoi ressuscite une nouvelle version plus romantique, assurĂ©ment plus traditionnelle (dĂ©cors, costumes, pantomime trĂšs inscrits dans l’esthĂ©tique d’un XVIIĂš repensĂ© par la France des classes du XIXĂš, au dĂ©but des annĂ©es 1870). Ainsi dans cette chorĂ©graphie repensĂ©e par le moderne Sergey Vikharev, d’aprĂšs Enrico Cecchetti et Marius Petipa, la vision sociĂ©tale est simpliste parfois sommaire : les villageois dont font partie Swanilda (et son blĂ© proclamĂ©), et son fiancĂ©, un temps volage, Frantz. La soldatesque d’autre part, celle qui fait l’admiration du jeune homme, qui chahute un tantinet le vieux Coppelius au dĂ©but du II ; puis devant le seigneur, le spectacle, apothĂ©ose de la ballerina, la fiancĂ©e qui a su dĂ©masquer la poupĂ©e sĂ©ductrice, la naĂŻvetĂ© de Frantz, et aussi tuer le piĂšge dans lequel le professeur Coppelius souhaitait emporter jusqu’à l’ñme du jeune amoureux transi.

 
 
 

Coppelia version Vikharev (2009)

Le BolshoĂŻ, un certain Classicisme nostalgique

 
 
 

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L’astuce de Swanilda, sa loyautĂ© pour Frantz, son dĂ©sir de rompre l’enchantement dont est victime ce dernier, sa compĂ©tence pour faire Ă©chouer l’Ɠuvre machiavĂ©lique et mĂ©canique de Coppelius, tout en le trompant, 
 triomphent dans l’acte III. AprĂšs la scĂšne oĂč la danseuse prend la place de la poupĂ©e – tableau d’une ambivalence dĂ©licieuse oĂč la jeune fiancĂ©e illusionne la naĂŻvetĂ© du pseudoscientifique (en lui faisant croire qu’une mĂ©canique pouvait atteindre la vie elle-mĂȘme, et donc la grĂące d’une danseuse rĂ©elle), l’acte III est un tremplin somptueux oĂč rayonne cette mĂȘme Ă©lĂ©gance d’une Swanilda, jeune Ă©pouse victorieuse. Petipa rĂ©vise le conte originel d’ETA HOFMANN dont le fantastique noir et tragique rĂ©servait un destin diffĂ©rent au jeune couple amoureux.

La production filmĂ©e par Bel Air classiques a Ă©tĂ© diffusĂ©e en juin 2018 en direct au cinĂ©ma, depuis la scĂšne du Bolshoi. En voici la trace. Vikharev a dĂ©jĂ  traitĂ© parmi les grands ballets du XIXĂš : La Belle au bois dormant, La BayadĂšre, Raymonda
 en s’inspirant des tĂ©moignages d’époque, en particulier les usages et la pratique dansante Ă  Saint-PĂ©tersbourg. On se dĂ©lecte ainsi du ballet des heures totalement restituĂ© en dĂ©ploiement collectif et force groupes de danseurs.

La magie de la partition de Delibes concourt beaucoup Ă  la rĂ©ussite de ce spectacle : les danses Czardas, Mazurka (dĂ©but du II) – Ă©lĂ©ments du folklore d’Europe de l’Est, en gagnent une vivacitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e. PortĂ©s par le tapis orchestral, d’un raffinement inouĂŻ, et d’une trĂšs belle tendresse mĂ©lodique (proche des valses de Strauss), les deux rĂŽles principaux brillent par un naturel Ă©lastique, aussi acrobatique qu’élĂ©gant : Margarita Shrayner dans le rĂŽle de la courageuse Swanilda captive par sa grĂące constante : lĂ©gĂšre, sincĂšre, presque naĂŻve au I ; puis astucieuse et plus dramatique au II ; impĂ©riale et souveraine au III. L’intelligence de la danseuse suit pas Ă  pas l’évolution de son caractĂšre selon les pĂ©ripĂ©ties de l’action
 laquelle est beaucoup moins dĂ©corative qu’il n’y paraĂźt. Loin d’ĂȘtre nunuche, Swanilda ose dĂ©niaiser les mĂąles en prĂ©sence : l’amoureux transi et pĂąlot Frantz, le fou laborantin Coppelius, convaincu qu’il peut donner vie Ă  une mĂ©canique en lui transfĂ©rant l’ñme d’un mortel
 La victoire de la danseuse passe au III par la sublimation de sa chorĂ©graphie qui en fait une hĂ©roĂŻne de chair, une Ăąme valeureuse qui pense et agit.  Un modĂšle du genre. L’interprĂšte requise sait ciseler ses pas et ses figures avec une flexibilitĂ© admirable et un naturel qui rompt avec la pure technicitĂ©, ailleurs, froide et glacĂ©e. A ses cĂŽtĂ©s, malgrĂ© la fragilitĂ© et la minceur psychologique du personnage de Frantz, Artem Ovcharenko, habituĂ© de l’Ɠuvre, convainc lui aussi, comme le rĂŽle de comĂ©dien moins de danseur, de Coppelius dont le mĂ»r Alexey Loparevich fait une figure de caractĂšre, cependant parfois un peu caricaturale.
La volontĂ© de Vikharev est d’exalter le patrimoine russe quitte Ă  manquer parfois de lĂ©gĂšretĂ© ou d’équilibre dans costumes et dĂ©cors. Pour ĂȘtre concret, l’étalage de dĂ©tails et d’accessoires comme de couleurs dans l’essor des costumes brouille souvent la lisibilitĂ© des mouvements. Ce culte nostalgique d’un Ăąge d’or de la danse au BolshoĂŻ marque les esprits par cet hyper classicisme de la forme, auquel la souplesse naturelle des deux solistes (Swanilda et Frantz) apporte une sincĂ©ritĂ© salvatrice. A connaĂźtre indiscutablement.

 
 
 

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Delibes : Coppélia [DVD & Blu-ray]
Ballet en trois actes

Musique : LĂ©o Delibes (1836-1891)
Livret : Charles Nuitter & Arthur Saint-LĂ©on d’aprĂšs les contes fantastiques de E.T.A. Hoffmann

Swanilda : Margarita Shrayner
Frantz Artem : Ovcharenko
Coppélius : Alexey Loparevich
Huit amies : Xenia Averina, Daria Bochkova, Bruna Cantanhede Gaglianone, Antonina Chapkina, Anastasia Denisova, Elizaveta Kruteleva, Svetlana Pavlova, Yulia Skvortsova
Coppélia (Automate) : Nadezhda Blagova
Seigneur du manoir : Alexander Fadeyechev
Bourgmestre : Yuri Ostrovsky
Chronos : Nikolay Mayorov
Mazurka : Oksana Sharova, Alexander Vodopetov, Ekaterina Besedina, Dmitry Ekaterinin
Czardas : Kristina Karasyova, Vitali Biktimirov
Aurore : Anastasia Denisova
PriĂšre : Antonina Chapkina
Travail : Daria Bochkova, Ksenia Averina, Maria Mishina, Stanislava Postnova, Tatiana Tiliguzova
Folie : Elizaveta Kruteleva

Corps de Ballet, Acteurs et Actrices du Théùtre Bolchoï
ÉlĂšves de l’AcadĂ©mie ChorĂ©graphique de Moscou

Orchestre et ChƓur du ThĂ©Ăątre BolchoĂŻ
Direction musicale : Pavel Sorokin

Chorégraphie Marius Petipa, Enrico Cecchetti
Nouvelle version chorégraphique Sergey Vikharev
Scénographie : Boris Kaminsky
Costumes : Tatiana Noginova
LumiĂšres : Damir Ismagilov

 
 
 

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Enregistrement HD : Théùtre du Bolchoï, 06/2018
RĂ©alisation : Isabelle Julien
Date de parution : 12 avril 2019 / 1 dvd, Blu ray Bel Air classiques

 
 
 

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COMPTE-RENDU, danse. MARSEILLE, le 5 janvier 2019. BIAC. Reflet dans un Ɠil d’homme, Cie Le Diable au corps

COMPTE-RENDU, danse. MARSEILLE, le 5 janvier 2019.BIAC. Reflet dans un Ɠil d’homme, Cie Le Diable au corps. Le titre de ce spectacle qui est autant danse qu’acrobatie, est repris de celui de l’essai de Nancy Huston, lui-mĂȘme reflet aussi, me semble-t-il, du Reflet dans un Ɠil d’or (1941) de Carson McCuller, dont John Huston tira un film avec Marlon Brando et Elisabeth Taylor : reflet et rĂ©flexion du dĂ©sir, du regard, du miroir : un homme ne semble plus voir sa femme, regardĂ©e nue, la nuit, par un homme invisible regardĂ© lui-mĂȘme, nu, par le mari, transfert et transgression du regard dĂ©viĂ© ou dĂ©voyĂ© de la femme, de la femelle, au mĂąle par le mari impuissant. Qui, dans un rigide et rigoriste monde militaire, tue son inavouable dĂ©sir, pour le voyeur de sa femme, en le tuant. Un trio fantasmatique, fondamental donc, liĂ© par le regard : de dĂ©sir, devenu amour/haine.

Reflets, réflexions

 

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S’écartant du postulat imposĂ© par Beauvoir, devenu credo fĂ©ministe, fondĂ© sur l’idĂ©e que l’identitĂ© sexuelle est construite moins par la nature que l’éducation, Nancy Huston estime que le sexe naturel conditionne certains comportements qu’il est vain de nier. Ainsi, elle s’attarde avec finesse Ă  la rudesse mĂȘme de certaines expressions masculines parlantes qu’une femme « nous a tapĂ© dans l’Ɠil. » Taper, attraper : mais qui attrape qui, dirai-je ? Le jeu du regard, de la sĂ©duction (qui l’a commencĂ©e ?) implique forcĂ©ment l’autre.

Et je soulignerai encore l’évidente (qui se voit) dimension « scopique » de la pulsion Ă©rotique de l’homme, voir, regarder la femme, strip-tease, peintures de nus, photos, vidĂ©os, cinĂ©mas le prouvent : la femme « objet », objet de dĂ©sir, est aussi sujet qui le suscite, qu’on le veuille ou nie hypocritement. Notre culture, qu’on s’en rĂ©jouisse ou le condamne, je le souligne encore, a placĂ© la femme au centre comme parangon de la beautĂ©, que certaines cultures, la redoutant, voilent, occultent, effacent. Longtemps, comme chez les Grecs, dans son idĂ©ale nuditĂ©, l’homme fut Ă©rigĂ© en modĂšle de la beautĂ©, celle de la femme y Ă©tant tardive. Aujourd’hui, les hommes, sans doute aussi « cƓur de cible » du marchĂ©, juste ou ironique retour, vivent la tyrannie comparative, dĂ©pressive, de la beautĂ© parfaite d’athlĂštes dĂ©nudĂ©s argument de ventes de sous-vĂȘtements ou autre.

La femme, du sol au ciel

Dans le noir, la vague luminescence murale de trois grands miroirs ovales : miroir que les trois protagonistes iront souvent consulter, pour se mirer, s’admirer. Au sol, en jeans, blouson de plumes et bottines rouges, bonnet cagoule couvrant la tĂȘte, une flaque forme inerte, oiseau ou femme abattus. Mannequin, puisqu’on voit entrer gracieuse silhouette, short et T-shirt rouge, cheveux courts, allurĂ©e, dĂ©lurĂ©e, sourire aguicheur, la Femme, suivie des deux hommes, pantalons, veste, barbouillĂ©s de barbe.

L’un saisit le simulacre, le reflet de femme Ă©teint ; l’autre Ă©treint, Ă©lĂšve l’ĂȘtre de chair sur ses Ă©paules. Il semble que ce double mouvement, femme au sol, femme au ciel, dĂ©clinĂ© dans un vertige apparemment infini de formes, informe implicitement tout ce spectacle. L’un par le pied, l’autre par le bras, on ne peut traĂźner que la traĂźnĂ©e : mais pied, pieds, bras, poings, mains sont aussi comme des articulations, des socles rĂ©pĂ©tĂ©s, inĂ©puisables de l’élĂ©vation de la femme toujours en pointe, toujours au sommet, dĂ©fiant la pesanteur, entre ciel et terre. Au sens littĂ©ral, la femme est toujours exaltĂ©e,toujours posĂ©e ou projetĂ©e en haut : exhaussĂ©e. Mais exaucĂ©e ?

Entre chorĂ©graphie et acrobatie, dans une continuitĂ© musicale, soutenue par la musique ou retenue par le silence et la suspension de notre souffle Ă©mu,c’est un enchaĂźnement presque ininterrompu, un maillage vertigineux qui semble pouvoir aller Ă  l’infini de figures acrobatiques dont la femme est pratiquement toujours la pointe extrĂȘme d’un obĂ©lisque masculin ; on lit toute une syntaxe gymnique dont nous dĂ©plorons de ne pas possĂ©der le lexique pour en dire la richesse et la complexitĂ©, la beautĂ©, sa vĂ©locitĂ© et variĂ©tĂ© dĂ©fiant la description, et mĂȘme la captation en notes forcĂ©ment succinctes sur un calepin dans le noir de la salle : femme jetĂ©e, projetĂ©e en sauts pĂ©rilleux, juchĂ©e sur des Ă©paules, une tĂȘte, sur un pied, sur une main, articulĂ©e aux hommes par la poigne, le poignet,gĂ©omĂ©trie de corps verticaux, de membres parallĂšles, tendus vers le ciel ou Ă©tendus au sol.

  
Femme, du ciel au sol

Si la tentation du ciel est Ă©vidente aspiration, pulsion de vie mais en instable Ă©quilibre conquis par la savante virtuositĂ© des corps,l’étalement au sol, pulsion de mort,semble parfois lĂ©tal : sur les accords de cordes dĂ©chirants et funĂšbres de La jeune fille et la mortde Schubert, en vive symĂ©trie avec le mannequin mort, s’engage toute une agitation morbide autour de la femme et son leurre. Peut-ĂȘtre en souvenir de la PoupĂ©e de Bellmer et ses avatars, s’instaurent des jeux sadomasochistes oĂč le sujet devient objet et vice(si vice il y a)versa : Ă  la femme manipulĂ©e, au sens physique littĂ©ral d’en jouer avec les mains, rĂ©pond la main de la femme sur l’homme, la gifle, doublĂ©e, triplĂ©e, multipliĂ©e Ă  la volĂ©e sur la joue de l’un des hommes qui la reçoit, symĂ©triquement subie par l’autre qui la ressent. Il y aura aussi la rĂ©volte de la bastonnade infligĂ©e par la femme Ă  l’un, comme la gifle, reçue en coupable symĂ©trie par l’autre.

Dans une troublante confusion entre femme et mannequin, le duo d’hommes traĂźnera ces corps flaccides sur le sol, les emportera sur l’épaule comme trophĂ©es glorieux ou dĂ©pouilles macabres d’une guerre des sexes. Certes, il y aura eu, narration plus simple, la paix vitale de l’amour, de l’érotisme de l’un face au miroir Ă  deux et trois. Toutes les combinaisons du jeu sexuel en trio, et mĂȘme au carrĂ© du mannequin, sont furtivement figurĂ©es : face Ă  face ou l’on agrĂ©e, mais pour agresser sexuellement, femme en sandwich, Ă©treinte, baiser entre les deux hommes, l’un couchĂ© sur le dos de l’autre ; elle, jouant avec le simulacre de femme. Amoncellement de corps enlacĂ©s sans lascivitĂ©.

 

 
 
 

Miroirs

 

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Une vivifiante chanson de Barbara moquant avec tendresse les hommes et d’autres rythmes dansants toniques sont, dans la tonalitĂ© sombre des Ă©clairages, des halos lumineux, des respirations moins oppressantes. Comme des regards, ces trois miroirs du fond de scĂšne sont Ă©galitaires : Ă  chacun son image, ils s’y dĂ©nueront et rhabilleront plusieurs fois, avec une cĂ©lĂ©ritĂ© qui laisse pantois, tenant ostensiblement culotte ou slips du bout du bras. Le miroir est le regard de l’autre rĂ©duit Ă  soi.

NuditĂ© partielle, entiĂšre, totale Ă  d’indiscrĂštes mains prĂšs cachant justement avec prestesse les bijoux indiscrets des sexes. C’est fascinant sans ĂȘtre jamais dĂ©rangeant. Le trouble, c’est cet Ă©quilibre acrobatique chaque fois dĂ©fiĂ© et vaincu mais jamais troublant sexuellement. D’ailleurs, comme un cache-sexe, il y a l’humour : se faire rĂ©curer le nez, sans doute pour laver du soupçon d’esthĂ©tisme ou de pornographie chasse, par des Ă©ternuements, toute nĂ©bulositĂ© libidinale : le physiologique vient dĂ©tourner du strictement physique. On le sait :il suffit d’à peine un rire pour casser l’ambiance collective la plus Ă©rotique.

Un vaste miroir rond tendu vers nous sert de bouclier, tel celui de PersĂ©e envoyant son reflet Ă  la MĂ©duse qui en est terrassĂ©e, vaste feuille de vigne, Ă  ces deux Adam et cette Ève dans le Paradis innocent de leur nuditĂ©. Dans une lumiĂšre caravagesque, clair-obscur, superbe fresque, frise plastique mouvante mais jamais Ă©mouvante sensuellement ; sa beautĂ© mĂȘme en neutralise l’impact charnel : l’esthĂ©tique sublime, sublime, Ă©pure l’érotique.

Les gymnastes, s’en cachant le corps nu, nous tendent ainsi, malicieusement, le grand miroir de nos fantasmes, qui ferait mieux de rĂ©flĂ©chir avant de renvoyer les images confuses de vagues dĂ©sirs frustrĂ©s. Si dĂ©sir il y a. Comme pour conjurer sans doute la charge Ă©rotique qu’ils prĂȘtent Ă  leurs corps Ă  la plastique parfaite en regard des canons gĂ©nĂ©raux du tout-venant, eux-mĂȘmes en font la critique ouvertement, Ă  haute voix, devant ce mĂȘme miroir. Mais pieuse prĂ©caution inutile selon nous : en effet, la stupĂ©fiante virtuositĂ© vertigineuse de leurs acrobaties capte toute notre attention, cristallise notre angoisse ; on craint tellement, sinon un accident, du moins un incident, qu’il n’y a plus d’incidence d’indĂ©cente voluptĂ©, et toute cette sexualitĂ© affichĂ©e dans sa somptueuse beautĂ© plastique est tout, sauf sensuelle.

 

 
 
 

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COMPTE-RENDU, danse. MARSEILLE, le 5 janvier 2019. BIAC. Reflet dans un Ɠil d’homme, Cie Le Diable au corps 

 

LA CRIÉE, MARSEILLE
DU 2 AU 6 JANVIER 2019
DANS LE CADRE DE LA BIAC
Reflet dans un Ɠil d’homme
Compagnie Le diable au corps

 

DISTRIBUTION

Michaël Pallandre : Direction artistique/Mise en scÚne et InterprÚte
Caroline Le Roy : InterprĂšte
Adria Cordoncillo : InterprĂšte
Samuel Matton : RĂ©gie son et lumiĂšre
Vincent Millet : Création LumiÚre
Judith Dubois : Accessoiriste / Création des mannequins
Anne Jonathan : Création costumes
MĂ©linda Salasar :Graphisme
Jean-Philippe Nicole : Outils Vidéo

Coproduction Circa, Pîle National Cirque – Auch Gers Occitanie / Le Verrerie d’Ales, Pîle National Cirque – Occitanie

Photos : 1, 7 , 8 ©Christophe Payot; les autres : ©lan Grandjean.

 

DANSE. 47Ăš PRIX de LAUSANNE : 4 – 10 fĂ©vrier 2019

lausanne-prix-de-lausanne-jeunes-danseurs-edition-2019-fevrier-annonce-palmares-sur-CLASSIQUENEWS-actualites-ballet-et-danse-classiquenewsDANSE. PRIX de LAUSANNE 2019, 47Ăšme Ă©dition. A Lausanne (Suisse), le Concours international pour jeunes danseurs a lieu au ThĂ©Ăątre de Beaulieu. La 47e Ă©dition du concours international de danse dĂ©bute aujourd’hui, lundi 4 fĂ©vrier 2019 au ThĂ©Ăątre de Beaulieu avec en point de mire des jeunes talents de la danse, la Finale, samedi 9 fĂ©vrier 2019. Cette annĂ©e, 75 jeunes danseurs de 19 nationalitĂ©s diffĂ©rentes participent au Concours. Les 75 participants ont Ă©tĂ© accueillis hier au ThĂ©Ăątre de Beaulieu. Ils passeront la semaine sous l’Ɠil attentif de professeurs et de coachs de renom, pour travailler variations classiques et contemporaines. Vendredi 8 fĂ©vrier 2019, ils prĂ©senteront leur travail devant les 9 membres du jury pour ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©s pour la Finale (le lendemain 9 fĂ©vrier 2019).

 
 

 

 

danseur-jeune-danseur-prix-de-lausanne-classiquenews-concours-finale-actualites-infos-musqiue-classique-danse-opera-sur-classiquenews EN DIRECT SUR LE NET… Suivez en live-streaming soit 6 heures de direct par jour, le travail des jeunes danseurs, les Ă©tapes de la compĂ©tition et le palmarĂšs final 2019, sur ARTE Concert et sur le site du Prix de Lausanne. Les SĂ©lections du 8 et la Finale du 9 fĂ©vrier 2019 sont retransmises dans leur intĂ©gralitĂ©. Tout comme en 2018, le public peut soutenir le jeune danseur de son choix en faisant un don via la campagne de crowdfunding en ligne et en votant pour son finaliste favori. La somme rĂ©coltĂ©e sera partagĂ©e entre le laurĂ©at du Prix du public (vote de la salle) et le laurĂ©at du Prix du public web. Cette somme les aidera Ă  rejoindre l’école ou la compagnie partenaire de leur choix.

 
 

 

 

Un mot de Kathryn Bradney, directrice artistique et exécutive

« Je suis trĂšs enthousiaste quant au dĂ©but de cette semaine ! Elle sera illuminĂ©e par le talent des jeunes et exceptionnels danseurs ! L’excitation sera palpable dans l’air lorsque les candidats danseront devant le jury, constituĂ© de directeurs et de grandes stars du monde du ballet. Le PrĂ©sident du jury de cette annĂ©e, Carlos Acosta, a remportĂ© la mĂ©daille d’or du Prix de Lausanne en 1990 et a continuĂ© son extraordinaire carriĂšre de danseur international. Cette semaine promet d’ĂȘtre une expĂ©rience inoubliable pour tous ! »

 
 

 

 

Life Time Achievement Award 2019
Hommage spĂ©cial Ă  Marcia HaydĂ©e
 AprĂšs la Finale, le Prix de Lausanne remettra le Life Time Achievement Award 2019 Ă  l’ex danseuse Prima ballerina, Marcia HaydĂ©e. NĂ©e Ă  Niteroi / Rio de Janeiro au BrĂ©sil, Marcia HaydĂ©e a inspirĂ© de nombreux grands chorĂ©graphes dont John Cranko, Maurice BĂ©jart et John Neumeier. Elle fut Directrice du Ballet de Stuttgart de 1975 Ă  1996 et Ă©galement Directrice du Ballet de Santiago de 1992 Ă  1995. Depuis 2004, elle occupe Ă  nouveau cette place. La lĂ©gendaire danseuse, qui s’est produite sur les plus grandes scĂšnes du monde et qui a Ă©tĂ© encensĂ©e par la critique internationale, sera prĂ©sente Ă  Lausanne lors de cette 47e Ă©dition.

 
 

 

 

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Prix de Lausanne 2019, 47e édition
Ouvert au public du lundi 4 au samedi 9 fĂ©vrier 2019 – ThĂ©Ăątre de Beaulieu

Infos & Billetterie
SĂ©lections : prixdelausanne.org/fr/concours/billetterie-programme/
Finale : complet

 
 

 

 

EN DIRECT sur INTERNET, du 4 au 10 février 2019
ArteConcert
sur le site du Prix de Lausanne

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RESUME de l’évĂ©nement : CrĂ©Ă© en 1973, le Prix de Lausanne est un concours international annuel pour jeunes danseurs ĂągĂ©s de 15 Ă  18 ans. Son objectif est de repĂ©rer, promouvoir et aider les jeunes talents. Parmi les plus prestigieuses Ă©coles et compagnies de danse du monde, plus de 70 d’entre elles sont associĂ©es au Prix de Lausanne et soutiennent ses activitĂ©s. La liste des partenaires du concours compte notamment : le Royal Ballet de Londres, l’École du Ballet de Hambourg (John Neumeier), l’École de danse du Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris, l’AcadĂ©mie Princesse Grace de Monaco, l’AcadĂ©mie de Danse Vaganova de Saint-PĂ©tersbourg, le Ballet de Hong Kong, l’école de l’Australian Ballet ou l’école du San Francisco Ballet. 
 

 

 

danseur-jeune-danseur-prix-de-lausanne-classiquenews-concours-finale-actualites-infos-musqiue-classique-danse-opera-sur-classiquenewsLe Prix de Lausanne est un concours unique qui reprĂ©sente depuis plus de 46 ans une extraordinaire expĂ©rience pour une sĂ©lection annuelle de jeunes talents Ă  haut potentiel. Il leur permet de renforcer leurs compĂ©tences, de continuer leur formation grĂące Ă  une bourse d’écolage et d’entrer dans le monde professionnel. C’est aussi l’occasion pour les professionnels de la danse de venir observer et rencontrer les candidat/e/s. Lausanne est ainsi la capitale mondiale des jeunes danseurs durant la semaine du concours.

 
 

 

 

47Ăš Prix de Lausanne : 4 – 10 fĂ©vrier 2019

 
 

 

 

DVD, annonce. THE ART OF OHAD NAHARIN (1 dvd BelAir classiques BAC159)

dvd NAHARIN OHAD the art of batsheva dance company critique dvd critique cd classiquenews critique par classiquenews bac159-cover-ohadnaharinrectoDVD, annonce. THE ART OF OHAD NAHARIN (1 dvd BelAir classiques BAC159). CrĂ©Ă©e en 1964 Ă  Tel-Aviv, la Batsheva Dance Company est dirigĂ©e depuis 1990 par Ohad Naharin. Le travail du chorĂ©graphe s’affirme ici dans deux de ses ballets (filmĂ©s Ă  Chaillot, lieu des premiĂšres rĂ©vĂ©lations du style Naharin) qui intĂšgrent Ă  l’évidence sa technique « gaga » qui prĂŽne « l’exploration des sensations et la disponibilitĂ© du corps ». En rĂ©sulte une cĂ©lĂ©bration du corps libĂ©rĂ© (et parfois disloquĂ©, mais Ă©trangement Ă©lastique), et collectivement rĂ©conciliĂ© ; c’est Ă©videment le cas du premier ballet, – NAHARIN’S VIRUS »  Ɠuvre commune, conçue en 2000 Ă  plusieurs (fruit de riches rĂ©flexions entre Naharin et les danseurs de la compagnie) ; c’est une offrande chorĂ©graphique et musicale Ă  partir du texte polĂ©mique de l’autrichien Peter Handke, « Outrage au public ». Comme l’engagement du chef isrĂ©alien, Daniel Barenboim, le chorĂ©graphe Naharin fait danser sa compagnie sur la musique traditionnelle conçue par un palestinien. D’oĂč la volontĂ© ici comme lĂ , de revendiquer qu’il ne peut y avoir de solution au conflit au Proche-Orient, sans une rĂ©conciliation des deux nations voisines. Dans cette volontĂ© d’exacerber la volute des corps au delĂ  de leurs possibilitĂ©s mĂ©caniques ou musculaires, n’y aurait-il pas au fond, l’activitĂ© d’un autre langage qui veut dire ici, dans cet espace oĂč ne jouent plus le langage habituel et la parole, ni la violence des armes, la fraternisation et l’arrĂȘt de toute haine ?

naharin ohad dvd ballet classiquenews critique dvd critique cd the art of ohad naharinLa fragmentation qui semble piloter le mouvement des danseurs dans la seconde chorĂ©graphie, « Last Work » (Dernier ouvrage et non Le dernier ouvrage), est lĂ  aussi un ballet manifeste dans lequel Naharin milite pour la paix, contre la propagande qui manipule les esprits ; l’un des danseurs en pleine transe techno semble se masturber
 en fait il astique le canon de son arme qui ne tarde pas Ă  projeter ses balles
 le chorĂ©graphe pose un regard brut, ciselĂ© sur notre monde sans valeurs, sans Ăąme, dont la barbarie croissante signe sa chute annoncĂ©e. Naharin en a composĂ© lui-mĂȘme la musique (sous le pseudo Maxim Warrat) : dans ce chaos protĂ©iforme oĂč chacun joue une partition dĂ©rĂ©glĂ©e, pĂšse cependant l’intelligence de la foule qui est une folie. Au juste quel est la direction et le sens d’un groupe humain ? Est-il un chorĂ©graphe aussi interrogatif que Naharin ? Grande critique du dvd NAHARIN’S VIRUS et LAST WORK Ă  venir dans le mag cdn dvd, livres de classiquenews.com

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DVD, annonce. THE ART OF OHAD NAHARIN : NAHARIN’S VIRUS et LAST WORK – Batsheva Dance Company – Ohad Naharin, chorĂ©graphie (1 dvd BelAir classiques BAC159)

THE ART OF OHAD NAHARIN 
NAHARIN’S VIRUS
de Ohad Naharin
d’aprùs la piùce de Peter Handke Outrage au public
Avec William Barry, Omri Drumlevich, Bret Easterling, Iyar Elezra, Rani Lebzelter, Eri Nakamura, Rachael Osborne, Shamel Pitts, Oscar Ramos, Nitzan Ressler, Ian Robinson, Or Meir Schraiber, Maayan Sheinfeld, Bobbi Smith, Zina (Natalya) Zinchenko, Adi Zlatin
Musique originale et conseiller musical : Karni Postel
Musiques additionnelles : Samuel Barber, Carlos d’Alessio, P. Stokes & P. Parsons
Musique traditionnelle arabe : Jana Jana, Al Ghariba, Lesh Insfar interprété par le groupe Al Majad, fondé par Habib Alla Jamal
Arrangement, Oud : Shama Khader
Chant : Shama Mazen
Conception des costumes : Zohar Shoef
LumiĂšres : Avi Yona Bueno (Bambi)

LAST WORK
de Ohad Naharin
Avec Billy Barry, Yael Ben Ezer, Matan Cohen, Omri Drumlevich, Bret Easterling, Hsin-Yi Hsiang, Chunwoong Kim, Rani Lebzelter, Eri Nakamura, Ori Moshe Ofri, Nitzan Ressler, Or Meir Schreiber, Maayan Sheinfeld, Yoni (Yonatan) Simon, Amalia Smith, Bobbi Jene Smith, Zina (Natalia) Zinchenko
Musique originale : Grischa Lichtenberger
Musiques additionnelles : Sagat, Hysterics, MPIA3, Monkeys, Luminox, Lullabies-Of-Europe, Clara Rockmore
Scénographie : Zohar Shoef
Costumes : Eri Nakamura

FICHE TECHNIQUE
Enregistrement HD : Chaillot – ThĂ©Ăątre national de la Danse | 2014 (Naharin’s Virus) ‱ 2017 (Last Work)‹ / RĂ©alisation : Tommy Pascal
Date de parution : 25 janvier 2019
Distribution : Outhere Distribution France

1 DVD ‹RĂ©fĂ©rence : BAC159
Code-barre : 3760115301597
Durée : 129 min.
Naharin’s Virus : 63 min.
Last Work : 66 min.
Langue originale (Naharin’s Virus) : FR
Sous-titres (Naharin’s Virus) : ANG
Image : Couleur, 16/9, NTSC
Son : PCM 2.0
Code région : 0

1 BLU-RAY ‹RĂ©fĂ©rence : BAC459
Code-barre : 3760115304598
Durée : 129 min.
Naharin’s Virus : 63 min.
Last Work : 66 min.
Langue originale (Naharin’s Virus) : FR
Sous-titres (Naharin’s Virus) : ANG
Image : Couleur, 16/9, Full HD
Son : PCM 2.0
Code région : A, B, C

Jeunes danseurs : Ă  quoi rĂȘvent-ils ? Docu inĂ©dit sur France 3

france3 logo 2014docu-danse-320-406-home-tlee-france-3-reve-de-garcon,-jeunes-danseurs-documentaireFrance 3. Samedi 21 juin 2014, 15h20. Jeunes danseurs, docu. “Son rĂȘve Ă  lui
” Pour quelles raisons de jeunes garçons dĂ©cident-ils de se consacrer corps et Ăąme Ă  la danse ? Pression familiale, vocation personnelle
 Sous le regard d’une ancienne Ă©toile de l’OpĂ©ra de Paris, Patrick Dupond, trois jeunes danseurs en herbe tĂ©moignent face Ă  la camĂ©ra : aspirations, douleurs, dĂ©passement, passion
 Les dĂ©fis physiques valent-ils le plaisir d’ĂȘtre un jour une Ă©toile de la danse ? C’est quoi son rĂȘve Ă  lui ?

france3-reve-danseur-garcons-juin-2014-580

 

 

Notre avis. Passionnante immersion dans les rĂȘves du jeune danseur : pourquoi danser et devenir Ă©toile ? Que peuvent le corps et l’esprit face Ă  une « rĂ©vĂ©lation » (acte I) qui si elle s’appuie sur une forte « dĂ©termination » (acte II) peut aboutir Ă  la « consĂ©cration » (acte III)
 En trois volets, les rĂ©alisateurs interrogent Ă  Tours les rĂȘves du jeune Edgar (8 ans), que la duretĂ© et la trop contraignante discipline pour son jeune Ăąge finissent par faire capituler : il ne sera pas Ă©toile. Puis c’est Ă  Marseille que s’épanouit malgrĂ© la douleur du corps, l’austĂ©ritĂ© d’une vie Ă©tudiante amĂ©nagĂ©e et sans pauses, la vocation et la passion d’Alban (15 ans), vraie graine de star, encore enfant et presque adulte : un adolescent qui s’accroche Ă  sa vocation car la danse, malgrĂ© la technique et les codes stricts, ouvre une libĂ©ration du corps et de l’esprit. Son tĂ©moignage est de loin l plus bouleversant. Enfin, c’est Ă  Paris, le premier danseur Ă  l’OpĂ©ra de Paris, François Alu (20 ans) qui, frappĂ© par la figure de Patrick Dupond Ă  la tĂ©lĂ©, a souhaitĂ© dĂšs 6 ans ĂȘtre danseur. La vocation ne s’explique pas et c’est bien tout le mystĂšre de l’origine du danseur. François n’a pas le physique ordinaire du danseur classique pourtant Ă  en juger par les rares images de spectacle qui le fait paraĂźtre, il a des sauts d’une trĂšs impressionnante amplitude, un ballon spectaculaire qui rappelle combien l’exercice relĂšve d’un sport de trĂšs haute technicitĂ© (d’oĂč les sĂ©ances de massage qui peut aider Ă  la rĂ©cupĂ©ration du corps, entre deux reprĂ©sentations).

 

 

Alu_francois-premier danseurLe docu cible les aspirations et la rĂ©alitĂ© de la danse vĂ©cue par trois garçons, Ă  trois Ăąges diffĂ©rents. Chaque Ă©pisode est parsemĂ© de tĂ©moignages, celui des professeurs qui accompagnent chacun des trois hĂ©ros ; Patrick Dupond en tĂ©moin rĂ©fĂ©rence apporte son propre Ă©clairage sur une vie d’Etoile. Le regard est sans appel, parfois amer, souvent militant et engagĂ©, vĂ©cu donc prĂ©cieux : « pour le danseur, rien n’importe plus que la scĂšne ; et Ă  chaque succĂšs ou chaque Ă©chec, il faut penser Ă  faire mieux, y puiser une nouvelle source d’apprentissage et dĂ©passement » 
Torture et souffrance ou libĂ©ration et accomplissement ? La danse classique fascine par sa haute technicitĂ©. L’idĂ©e de se dĂ©passer et de se libĂ©rer grĂące Ă  l’expĂ©rience de la scĂšne, portĂ© par les saluts du public est l’autre aspect d’un art dont la quĂȘte de la grĂące habite chacun des 3 jeunes danseurs ici filmĂ©s.  Si certains dĂ©nonce une Ă©cole de la torture, le cas emblĂ©matique des trois sujets du reportage confirme que d’abord, il s’agit d’une dĂ©cision libre et personnelle. Passionnant.

Son rĂȘve Ă  lui… Film inĂ©dit d’Olivia N’Ganga et MikaĂ«l Dinic, 52 mn, 2014. Illustrations : les jeunes danseurs du doc : Edgar (8 ans), François (20 ans).

Livres. Les Grandes Étoiles du XXùme siùcle (Buchet Chastel)

Livres. Les Grandes Étoiles du XXĂšme siĂšcle (Buchet Chastel). La vie d’une ” Ă©toile ” de la danse (le terme a Ă©tĂ© crĂ©Ă© pendant l’occupation par Serge Lifar), au sommet de ses possibilitĂ©s, ne dure guĂšre plus de 30 ans : c’est un papillon magnifique qui transcende l’instant avec cette habile combinaison entre haute technicitĂ©, style, Ă©lĂ©gance, et parfois une puissante expressivitĂ© celle plus rare, d’un vrai tempĂ©rament tragique ou pathĂ©tique. Les rĂŽles des ballets romantiques surtout offrent en effet des possibilitĂ©s rĂ©elles pour les danseurs qui sont aussi acteurs.

Les grandes Ă©toiles du XXe siĂšcle. GĂ©rard Mannoni
grandes_etoiles_XXeme_siecleVoici donc le trop court portrait de 50 artistes mĂ©morables ayant marquĂ© l’histoire de la danse au XXĂšme siĂšcle soit par le seul pouvoir de leur interprĂ©tation soit aussi comme maĂźtres de ballet et comme chorĂ©graphes… Tous, russes, français, britanniques, italiens… ont Ă©bloui sur la scĂšne du monde chorĂ©graphique Ă  la Scala de Milan, au Royal ballet de Londres, au Palais Garnier et Ă  Bastille Ă  Paris… ‹Pour chaque hommage Ă©vocation, comportant le portrait photographique des intĂ©ressĂ©s, l’auteur retrace les principales Ă©tapes de sa vie et de sa carriĂšre, tout en analysant les spĂ©cificitĂ©s de son art.
Parmi les anciens, souvent devenus lĂ©gendaires : Carlotta Zambelli nĂ©e en 1875, qui bissait avec quel Ă©clat, les pizziccati de Sylvia, sommet de la musique chorĂ©graphique et romantique française signĂ©e Delibes ; Isadora Duncan nĂ©e en 1877, pionniĂšre absolue d’une modernitĂ© dont sont redevables aussi LoĂŻe Fuller, Martha Graham… ; les divinitĂ©s russes Pavlova, surtout Karsavina nĂ©e en 1885 (muse poĂ©tique qui fit la grandeur des Ballets Russes de Diaghilev) ; mais aussi les hommes eux aussi acteurs d’une modernitĂ© encore admirable, souvent danseurs ET chorĂ©graphes tel Vaslav Nijinski (nĂ© en 1889 dont la carriĂšre fut aussi brĂȘve que gĂ©nial, entre autres au sein des Ballets Russes…) ; Fred Astaire (nĂ© en 1899 : un dieu plus du cinĂ©ma que de la danse classique mais adulĂ© des grands du XXĂš tel Roland Petit); les anglais racĂ©s Ă©lĂ©gantissimes  Anton Dolin (nĂ© en 1904) ou Anthony Dowell (nĂ©e en 1943, le partenaire de Noureev dans le film Valentino); Serge Lifar (1905-1986) qui choisi par RouchĂ© en 1930, assura Ă  Paris, la gloire toujours vacillante du Ballet parisien pendant l’occupation ; ce sont Ă©videmment les Russes triomphants comme Noureev ou Barychnikov… sans omettre Yvette ChauvirĂ©, Margot Fonteyn, et plus proches de nous encore, Patrick Dupont nĂ© 1959 (et sa carriĂšre fulgurante Ă©courtĂ©e), Charles Jude, AgnĂšs Letestu, Elizabeth Platel, Laurent Hilaire, Nicolas Le Riche … c’est Ă  dire les plus grand danseurs solistes du ballet de l’OpĂ©ra de Paris. MĂȘme si la place manque toujours pour un panthĂ©on aussi abondant en stars et Ă©toiles, il est inimaginable qu’une danseuse de l’importance de Marie-AgnĂšs Gillot ne figure pas ici. Un autre volume s’impose Ă©videmment tant celui ci, Ă©crit par un passionnĂ© accessible de la danse classique, stimule l’imaginaire et suscite l’envie d’en connaĂźtre davantage sur chaque interprĂšte ainsi Ă©voquĂ©. Publication incontournable.

Liste exhaustive des artistes prĂ©sents, par ordre d’apparition (et de date de naissance) dans le livre : Carlotta Zambelli – Isadora Duncan - Anna Pavlova - Tamara Karsavina – Vaslav Nijinski - La Argentina - Olga Spessivtseva - Fred Astaire - Anton Dolin - Serge Lifar - Kazuo Ohno - Galina Oulanova – Alicia Markova - Yvette ChauvirĂ©. – Margot Fonteyn – Rosella Hightower – Alicia Alonso – Serge Golovine - Zizi Jeanmaire – MaĂŻa PlissetskaĂŻa - Eric Bruhn – Claude Bessy - Antonio Gades - Carla Fracci - Rudolf Noureev – Natalia Makarova - Vladimir Vassiliev - Cyril Atanassoff – Ghislaine Thesmar – Anthony Dowell - NoĂ«lla Pontois – Suzanne Farrell – Peter Martins - Jorge Donn – MikhaĂŻl Barychnikov - Dominique Mercy - Charles Jude - Elisabeth Platel - Patrick Dupond – Isabelle GuĂ©rin - Laurent Hilaire - Alessandra Ferri – Manuel Legris – Sylvie Guillem - Julio Bocca - JosĂ© Martinez - AgnĂšs Letestu - Tetsuya Kamakawa - Nicolas Le Riche - Uliana Lopatkina - AurĂ©lie Dupont - Roberto Bolle – Svetlana Zakharova

Livres. Les Grandes Étoiles du XXĂšme siĂšcle (Buchet Chastel). SĂ©rie : Les Grands InterprĂštes. Date de parution : 16 janvier 2014. Format :14 x 20,5 cm, 360 p., 23.00 €. ISBN 978-2-283-02713-4

Gala du tricentenaire de l’Ecole française de danse

TĂ©lĂ©. Arte. Gala 300 ans de l’Ecole française de danse, 28 avril 2013,20h45

Ballet. Soirée chorégraphique.

Casse-NoisetteLe 11 janvier 1713, Louis XIV Ă  la fin de son rĂšgne, dĂ©crĂšte l’existence de l’institution qui est aujourd’hui, l’Ecole française de danse. La tradition chorĂ©graphique officielle en France remonte aux Valois et avant eux aux monarques hexagonaux qui avaient bien compris l’usage structurant des ballets de cour dans la vie politique. En 2013, pour le tricentenaire de l’Ecole, Arte diffuse une sĂ©rie (Graines d’Ă©toiles) dĂ©voilant le quotidien des jeunes danseurs de 8 Ă  18 ans, confrontĂ©s Ă  la discipline et Ă  l’Ă©mulation chorĂ©graphique. C’est aussi comme ce soir, la diffusion de la soirĂ©e de gala Ă  l’OpĂ©ra Garnier Ă  Paris, oĂč les Etoiles et le corps du Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris fait dĂ©monstration de son excellence technique et stylistique entretenue ainsi depuis 300 ans.

Les Petits Rats de l’OpĂ©ra (sĂ©rie tĂ©lĂ© sur Arte, 21 et 28 avril 2013)

TĂ©lĂ©, Arte. Les rats de l’OpĂ©ra de Paris. Les 21 et 28 avril 2013, 16h20

Comment les petits rats entrent dans la danse ?

6 Ă©pisodes sur la formation des jeunes danseurs Ă  l’OpĂ©ra de Paris…

En 6 Ă©pisodes de 26 mn chacun, Arte souligne les 300 ans de la naissance de l’Ecole française de danse Ă  travers une sĂ©rie documentaire sur l’apprentissage des jeunes danseurs de 8 Ă  18 ans…

rats_opera_garcons_danseursDe Septembre 2011 Ă  juillet 2012, les jeunes apprentis danseurs de l’OpĂ©ra national de Paris apprennent les rudiments du mĂ©tier Ă  travers une discipline exemplaire voire spartiates que beaucoup ont un temps dĂ©criĂ©e et dĂ©noncĂ©e… Immersion dans le quotidien de l’effort esthĂ©tique, de l’athlĂ©tisme chorĂ©graphique au service du vocabulaire classique et des grandes oeuvres du rĂ©pertoire… Les 21 et 28 avril Ă  16:20. InĂ©dit. Feuilletons documentaires Ă  l’occasion du tricentenaire de l’Ecole française de danse en 2013. (Arte, 6x26mn).

Les petits rats de l’OpĂ©ra

Une annĂ©e au cƓur de l’Ecole de Danse de l’OpĂ©ra de Paris, de septembre 2011 Ă  juillet 2012. La rĂ©alisatrice Françoise Marie filme les premiers pas des jeunes rats de l’OpĂ©ra : apprentissage, discipline, confrontation Ă  la magie et Ă  la duretĂ© de la scĂšne mais aussi pour l’Ɠil de la rĂ©alisatrice, passage de l’enfance Ă  l’adolescence et au monde adulte… L’Ecole de Danse de l’OpĂ©ra national de Paris, fondĂ©e il y a 300 ans, est aujourd’hui un lieu mythique, de rĂ©putation internationale. Elle s’est trouvĂ©e pendant 150 ans au cƓur mĂȘme du prestigieux Palais Garnier Ă  Paris. Aujourd’hui, l’école se trouve Ă  Nanterre, en banlieue parisienne, dans un lumineux bĂątiment signĂ© Portzamparc. Elle compte 130 Ă©lĂšves ĂągĂ©s de 8 Ă  18 ans, portĂ©s par un mĂȘme dĂ©sir : danser un jour dans le corps de ballet de l’OpĂ©ra de Paris. ‹TĂ©moin privilĂ©giĂ©, la camĂ©ra de Françoise Marie les a accompagnĂ©s le temps d’une annĂ©e scolaire.

Arte, les 21, 28 avril 2013, 16h20 
Diffusion des Ă©pisodes
Dimanche 21 avril 2013, 16h20
3 Ă©pisodes: 1, 2, 3.
1)   La rentrée
Septembre 2011. Une nouvelle annĂ©e dĂ©bute Ă  l’Ecole de Danse de l’OpĂ©ra qui compte 130 enfants ĂągĂ©s de 8 Ă  18 ans. Il y a ceux dont c’est le premier jour. Il y a ceux qui retrouvent avec satisfaction un univers familier. Il y a ceux qui viennent de loin : Italie, Finlande, Chine
 le film explore les sentiments, attentes, craintes des Ă©lĂšves danseurs en ne privilĂ©giant aucun en particulier.
Chaque matin, Ă  8 heures, dans le bĂątiment dĂ©diĂ© Ă  la scolaritĂ©, les Ă©lĂšves de l’Ecole grimpent les marches qui vont les mener de l’école primaire Ă  la terminale.  L’aprĂšs-midi est, lui, dĂ©diĂ© Ă  la danse. DĂšs la rentrĂ©e, Ă  peine achevĂ© le discours de bienvenue prononcĂ© par la Directrice et danseuse Ă©toile, Elisabeth Platel, l’école entre en effervescence, avec la prĂ©paration du dĂ©filé : chaque annĂ©e depuis 1949, le corps de ballet et l’école de danse dĂ©filent ensemble sur la grande scĂšne de l’OpĂ©ra Garnier, sur l’air d’une marche militaire composĂ©e par Hector Berlioz. En faisant leurs premiers pas sur scĂšne, les petits rats goĂ»tent au paradis de la scĂšne


2 ) Au travail !
En participant au dĂ©filĂ© du corps de ballet de l’OpĂ©ra national de Paris, les Ă©lĂšves ont Ă©prouvĂ© le sentiment d’appartenir Ă  cette grande maison. Pourtant, rien ne peut les assurer qu’ils seront lĂ  l’annĂ©e prochaine et qu’ils cĂŽtoieront encore les Ă©toiles qui les font rĂȘver

La danse est l’Ă©cole de la discipline, de l’endurance, de la rivalitĂ© aussi, saine et inĂ©vitable compĂ©tition qui fait surgir les meilleurs d’entre eux, plus armĂ©s physiquement mais aussi plus mĂ»rs sur le plan psychologique.
Pour rester se maintenir parmi les rangs de l’Ă©cole, ils devront digĂ©rer les critiques, adhĂ©rer Ă  l’exigence, aux horaires, supporter l’effort quotidien, l’éloignement de leur famille, se responsabiliser… devenir adultes. Au fil des cours, ils vont apprendre de leurs professeurs, hĂ©ritiers d’une longue tradition, une technique et un style. En effet, depuis 300 ans, les maĂźtres transmettent Ă  leurs Ă©lĂšves les Ă©chauffements, les exercices, les conseils qu’ils ont eux-mĂȘmes reçus de leurs maĂźtres
 d’étoiles Ă  graines d’étoiles. Des exigences de discipline, de ports de tĂȘte en ports de bras, de bas de jambes, qui rendent reconnaissable dans le monde entier le style « OpĂ©ra de Paris » jusqu’Ă  la maĂźtrise d’une silhouette, acrobatique et souple Ă  la fois, prĂȘte Ă  rebondir et s’Ă©lancer sans entraves.

3)  Les progrÚs
Pirouettes, tours attitudes, brisĂ©s volĂ©s, cabrioles… C’est l’automne et quelque chose se prĂ©pare Ă  l’École de Danse de l’OpĂ©ra de Paris, qui va mobiliser tous les Ă©lĂšves danseurs. En dĂ©cembre, chaque division va prĂ©senter sur la scĂšne du Palais Garnier, un peu de son travail quotidien, pour un rendez-vous attendu du public : les dĂ©monstrations de l’École de Danse. L’enjeu est important. Dans le public, amateurs et professionnels scrutent en dĂ©tail les exercices et les progrĂšs des Ă©lĂšves. ‹Parmi tous les enseignements dispensĂ©s, cet Ă©pisode ce consacre aux plus inĂ©dits: chez les grands, les premiers cours d’adage, dans lesquels ils apprennent les pas de deux; chez les petits, les cours d’expression musicale oĂč ils ressentent l’importance du premier pas sur scĂšne et s’essaient aux exercices qui vont dĂ©velopper leur crĂ©ativitĂ©.

Diffusion du 28 avril 2013, 16h20
3 derniers Ă©pisodes : 4, 5 et 6

danse_graines_etoiles_opera_paris_petits_rats4) Un monde à part
Les vacances de Noël sont terminées. Les applaudissements qui ont salué les démonstrations des élÚves au Palais Garnier appartiennent déjà aux beaux souvenirs.
Nourris d’enseignements riches et variĂ©s allant de la danse folklorique Ă  la danse de caractĂšre, de la danse contemporaine Ă  l’étude des styles chorĂ©graphiques Ă  travers les siĂšcles, c’est dans un cocon formateur et protecteur que garçons et filles vivent leurs annĂ©es d’adolescence. Pourtant le chemin des Ă©toiles est Ă©troit: n’ĂȘtre ni trop gros, ni trop maigre, ni trop petit, ni trop grand, exceller en danse, mais aussi prĂ©parer son baccalaurĂ©at, cela laisse bien peu de place aux rĂȘves et turbulences de l’adolescence
 ‹Les Ă©lĂšves se sentent dans une bulle, Ă  la fois protĂ©gĂ©s, mais aussi parfois contraints, enfermĂ©s, expĂ©rimentĂ©s, Ă  l’Ă©cart de la rĂ©alitĂ©. ‹Une fois par an, les portes de la bulle s’ouvrent aux enfants des autres Ă©coles, pour les “DĂ©monstrations Jeune Public”; se joue alors un jeu de regards entre deux mondes et deux jeunesses.5) En scĂšne
Des costumes, des personnages, voici venu le printemps et le temps des ballets. Le temps pour les Ă©lĂšves de briller comme de vrais professionnels.
Les petits vont participer aux cĂŽtĂ©s des Ă©toiles Ă  l’un des spectacles de la saison, « La BayadĂšre », donnĂ© sur la grande scĂšne de l’OpĂ©ra Bastille. ‹Les grands se partageront les rĂŽles dans les trois chorĂ©graphies prĂ©sentĂ©es au trĂšs attendu « spectacle de l’Ecole de Danse » qui aura lieu comme chaque annĂ©e Ă  l’OpĂ©ra Garnier : ‹- « Le Bal des Cadets », une chorĂ©graphie pĂ©tillante qui met en valeur les qualitĂ©s techniques et leurs talents d’acteurs de chacun. ‹- « Symphonie en trois mouvements », chorĂ©graphiĂ© par Nils Christe, invitĂ© par l’Ecole Ă  monter ce ballet aujourd’hui dansĂ© dans le monde entier. ‹- « Variations », piĂšce de Johannes Brahms dont Violette Verdy, ancienne Directrice de la Danse Ă  l’OpĂ©ra de Paris et danseuse Ă©toile de Balanchine a conçu la chorĂ©graphie.
Cette fois, il s’agira d’aller plus loin, d’endosser des rĂŽles, devenir des personnages, en costumes, dans des chorĂ©graphies renommĂ©es : enfin ĂȘtre des artistes. InterprĂ©ter, jouer…
 
6) Le temps des Ă©preuves
À l’École de Danse de l’OpĂ©ra de Paris, le mois de mai annonce le temps des Ă©preuves.  Tous les Ă©lĂšves doivent passer un examen pour accĂ©der Ă  la classe supĂ©rieure. La vĂ©ritable inquiĂ©tude n’est pas le redoublement, mais le renvoi
 ‹Mais pour les Ă©lĂšves de derniĂšre annĂ©e, se joue l’étape dĂ©cisive du concours d’entrĂ©e dans le corps de ballet. Les candidats qui ont moins de 18 ans pourront Ă©ventuellement rester une annĂ©e de plus pour retenter le concours l’annĂ©e d’aprĂšs. L’enjeu est dĂ©cisif pour ceux qui vont avoir 18 ans. Cette annĂ©e, l’OpĂ©ra de Paris ne recrute que 4 danseurs!
En plus des prĂ©parations au concours et au baccalaurĂ©at, les grands doivent aussi, comme chaque annĂ©e, encadrer les jeunes pour organiser la fĂȘte de l’Ă©cole!
C’est de l’extĂ©rieur, sur les feuilles de rĂ©sultats affichĂ©es sur la porte de l’Ă©cole ou sur une vitre de l’entrĂ©e des artistes de l’OpĂ©ra Garnier, que les jeunes danseurs apprennent s’ils seront admis pour l’annĂ©e prochaine, ou recalĂ©s voire Ă©cartĂ©s…  Les plus grands dĂ©couvrent le tournant que va prendre leur vie.

Les Petits Rats de l’OpĂ©ra

TĂ©lĂ©. Arte. Les Petits Rats de l’OpĂ©ra, le 21 avril 2013,16h20

Comment les petits rats entrent dans la danse ?

6 Ă©pisodes sur la formation des jeunes danseurs Ă  l’OpĂ©ra de Paris…

rats_opera_filles_danseuses_tutu_rosesDe Septembre 2011 Ă  juillet 2012, les jeunes apprentis danseurs de l’OpĂ©ra national de Paris apprennent les rudiments du mĂ©tier Ă  travers une discipline exemplaire voire spartiates que beaucoup ont un temps dĂ©criĂ©e et dĂ©noncĂ©e… Immersion dans le quotidien de l’effort esthĂ©tique, de l’athlĂ©tisme chorĂ©graphique au service du vocabulaire classique et des grandes oeuvres du rĂ©pertoire… Les 21 et 28 avril Ă  16:20. InĂ©dit. Feuilletons documentaires Ă  l’occasion du tricentenaire de l’Ecole française de danse en 2013.

De l’enfance Ă  l’adolescence, du rĂȘve Ă  la discipline

Notre avis. VoilĂ  une sĂ©rie qui laisse dubitatif sans pour autant desservir son sujet. OpĂ©ra de Paris oblige, la forme devait ĂȘtre trĂšs classique et formelle, structurĂ©e comme un exposĂ© scolaire. On suit sans privilĂ©gier aucun des Ă©lĂšves, les classes des petits rats et celles des grands, en parcourant les thĂ©matiques qui s’entrecroisent : discipline et plaisir, effort et dĂ©contraction, concurrence et Ă©mulation mais aussi solidaritĂ© et soutien (le systĂšme du parrainage oĂč les plus petits ont leurs “petits pĂšres ” et leur “petites mĂšres”, issus de la classe des grands…).

Au final l’alternance classes des petits puis classes des plus grands finit par lasser : les plus jeunes apprennent l’expression musicale par le chant, prĂ©parent le spectacle de dĂ©monstration avant de participer aux ballets rĂ©els de l’OpĂ©ra ; les grands (16-18 ans) rĂ©pĂštent pour le spectacle de l’Ecole de danse puis surtout le fameux Concours qui leur donne accĂšs au corps de l’OpĂ©ra.
Pour cette saison, 2 sur les 13 candidats feront leur entrĂ©e dans le corps de ballet: une sĂ©lection difficile qui reconnaĂźt au final le travail, l’endurance, la personnalitĂ©, l’esprit ” OpĂ©ra de Paris “, semĂ© d’Ă©lĂ©gance, de grĂące, d’excellence… La camĂ©ra saisit de rares moments de magie ou de connivence ; tout a Ă©tĂ© savamment rĂ©pĂ©tĂ© avant le passage camĂ©ra ; le travail avec les professeurs (cours le matin, danse l’aprĂšs-midi) est dĂ©voilĂ© sans excĂšs, par petites touches, et plus curieux, les Ă©preuves et les sessions du Concours d’entrĂ©e ne sont pas filmĂ©es :  ne pas perturber la mĂ©canique et surtout les Ă©lĂšves qui  parient sur leur avenir; le docu s’arrĂȘte donc aux portes d’une Ă©preuve qui reste l’objectif principal de tant de rĂ©pĂ©titions et de dĂ©passement.
Au final, le film dans sa globalitĂ© des 6 volets de 26 mn cible davantage le passage de l’enfance Ă  l’adolescence, du rĂȘve dĂ©sincarnĂ© Ă  la discipline qui impose au corps pubĂšre, une technique inenvisagĂ©e jusque lĂ . C’est lĂ  en dĂ©finitive le vrai sujet de la sĂ©rie. Qu’il rĂ©ussisse ou pas, le jeune danseur nous touche d’abord pas la conscience qu’il a des enjeux qui se joue avec lui : connaĂźtre ses limites par rapport Ă  un objectif fixĂ© et clairement identifiĂ©, voilĂ  peut-ĂȘtre le meilleur moyen de rĂ©ussir dans la vie. Pour grandir et vaincre, connais d’abord tes propres limites.

Dimanche 21 avril 2013 Ă  16h20: diffusion des 3 premiers Ă©pisodes (3 x 26 mn)