CD, coffret événement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG)

barenboim berlioz complete berlioz recordings deutsche grammophon  10 cd critique cd review cd classiquenews actualite infos cd musique classique concerts livres opera festivalsCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG). Daniel Barenboim a dirigĂ© l’Orchestre de Paris de 1975 Ă  1989, presque 15 ans d’une complicitĂ© et d’un travail en profondeur au service des grands compositeur romantiques, en particulier du gĂ©nie de Berlioz. Pour les 150 ans du plus grand Romantique français en 2019, Hector Berlioz est mort en 1869, DG Deutsche Grammophon publie un coffret de 10 cd rĂ©unissant l’intĂ©grale des enregistrements de Barenboim et de l’Orchestre de Paris dĂ©diĂ© Ă  Hector Berlioz. AgĂ© de 33 ans, le maestro cĂ©lĂ©brĂ© internationalement, allie classicisme lumineux et souffle dramatique parfois d’une grande profondeur.
Au programme de ce coffret Ă©vĂ©nement : Symphonie Fantastique, RĂȘverie et caprice, ouverture du Carnaval Romain composent le volet orchestral ; la majoritĂ© des enregistrements concerne surtout l’opĂ©ra avec RomĂ©o et Juliette, La Damnation de Faust, BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dicte, sans omettre la cantate pour le prix de Rome, La mort de ClĂ©opĂątre et le Requiem
 PilotĂ© par le pianiste et chef, l’orchestre parisien a peut-ĂȘtre ici connu une dĂ©cade miraculeuse, par sa sonoritĂ© pleine et onctueuse, sons sens du dĂ©tail et de l’architecture
 A venir, mi fĂ©vrier 2019 dans le mag cd dvd livres de classiquenews : la critique dĂ©veloppĂ©e du coffret DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG).

LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019

Compte rendu concert. Paris, Philharmonie de Paris, le 2 septembre 2016. Wolfgang Amadeus Mozart : Concerto pour piano n° 24 ; Anton Bruckner : Symphonie n°4 « Romantique » ; Staatskapelle Berlin ; Direction : Daniel Barenboim piano et direction.

piano barenboim_copyright_monika_rittershaus_2Le public a rĂ©pondu nombreux, avec une salle pleine, Ă  l’ouverture de la saison symphonique de la Philharmonie de Paris. La direction artistique ambitieuse et l’excellence des interprĂštes choisis permet d’oser des cycles encore impensables il y a peu. Nous avons donc pu assister au premier concert proposĂ© par la Staatskapelle Berlin et son chef «  Ă  vie »,  Daniel Barenboim  dans le cadre du cycle de l’intĂ©grale des Symphonies de Bruckner dont ont peut dire que l’oeuvre symphonique n’encombre pas les programmes de France ou de Navarre. Chaque symphonie est associĂ©e Ă  un Concerto pour piano de Mozart. Lors de la lecture de ce programme, un petit sourire m’a fait tressaillir. N’y avait-il pas le risque entre dĂ©licatesse mozartienne et Ă©normitĂ© brucknĂ©rienne, de penser Ă  un Ă©lĂ©phant dans un magasin de porcelaine ? Ou convoquer les images si troublantes de Fantasia de Walt Dysney qui fait danser des Ă©lĂ©phants en tutu et pointes ? Comment passer d’un univers Ă  l’autre sans soucis ?

Daniel Barenboim Ă  la Philharmonie de Paris
Tout parait simple entre géants

Il convient juste de faire confiance. Tant Ă  chaque compositeur qu’aux interprĂštes d‘exception et tout particuliĂšrement Ă  Daniel Barenboim. Cet enfant prodige qui a donnĂ© ses premiers concerts publics Ă  dix ans, jouait les concertos de Mozart. C’est encore en observant Edwin Fischer jouer ses concertos en dirigeant l’orchestre que son dĂ©sir de chef d’orchestre est nĂ©. Plus que l’intĂ©grale des sonates de Mozart, c’est sa patiente intĂ©grale des concertos de Mozart qu’il joue et dirige avec l’English Chamber Orchestra qui reste un bijou incomparable Ă  nos oreilles. La logique de cette vie dĂ©diĂ©e Ă  la musique comme soliste, chambriste ou chef symphonique, comme d’opĂ©ra est donc Ă©vidente dans cette sĂ©rie de concerts. Bonheur Ă  suivre : l’intĂ©grale des symphonies de Bruckner s’étendra sur la saison 2016-2017.

Ce soir le Concerto n°24 de Mozart en cette rare tonalitĂ© de do mineur a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une interprĂ©tation sombre et passionnĂ©e trĂšs loin de tout style galant. L’osmose entre chef et orchestre a Ă©tĂ© totale, crĂ©ant des phrasĂ©s, des nuances et des couleurs d’une dĂ©licate musicalitĂ©. Daniel Barenboim, avec Murray Perahia reste le plus extraordinaire pianiste capable de diriger du piano de si belles oeuvres. Le jeu reste impĂ©rial et facile, comme Ă©vident dans une virtuositĂ© dĂ©licatement assumĂ©e. Avec un piano plutĂŽt chambriste et un orchestre tout Ă  l’écoute, d’une beautĂ© de chaque instant ; il paraissait donc tout naturel de voir ce dernier s’étoffer pour la deuxiĂšme partie du programme.

La Symphonie n°4 de Bruckner est la seule Ă  possĂ©der un titre : « Romantique ». C’est peut ĂȘtre une des raisons de son succĂšs dans les programmations symphoniques. DĂšs le dĂ©but du frĂ©missement subtil des cordes et le chant du cor solo, la magie a opĂ©rĂ©. Cette oeuvre si complexe et longue nous a entrainĂ© dans un voyage Ă  la fois dans la nature, le temps, l’espace, l’absolu du ciel. Daniel Barenboim dirige par cƓur et semble dĂ©guster chaque moment musical. Il a enregistrĂ© pas moins de trois versions intĂ©grales des symphonies de Bruckner. Avec les Berliner Philharmoniker, le Symphonique de Boston, la Staatskapelle Berlin .

La maniĂšre dont la direction de Barenboim dĂ©roule une sorte de dramaturgie Ă©vidente, semble emporter les musiciens et le public Ă  voir large et grand. Regard intĂ©rieur poĂ©tique Ă©galement sur la beautĂ© de musique pure mĂȘme si des images naissent Ă  chaque instant. La Staatskapelle Berlin est le plus ancien et officiel orchestre de Berlin.  Peut ĂȘtre le plus ancien ayant survĂ©cu en s’adaptant Ă  l’histoire complexe de cette ville. L’entente avec Daniel Barenboim est totale, et c’est donc comme d’un grand instrument que le chef a pu jouer pour obtenir la subtile alchimie brucknĂ©rienne. Les instrumentistes sont parfaitement Ă©quilibrĂ©s, sans  rien cĂ©der Ă  une qualitĂ© de jeu personnel, c’est la maniĂšre de s’écouter et de se renforcer qui procure cette sĂ©curitĂ© d’écoute de chaque instant. L’équilibre obtenu par BarenboĂŻm est prodigieux et l’acoustique merveilleuse de la Philharmonie de Paris a permis d‘en dĂ©guster chaque nuance comme chaque couleur. DisposĂ©s Ă  l’extrĂȘme droite, les violons 2 ont su rĂ©pondre aux sollicitations de Daniel Barenboim obtenant un parfait Ă©quilibre avec les violons 1. Toutes les contrebasses au fond ont crĂ©Ă© une pulsion matricielle d’une force incroyable dont l’orchestre tout entier a bĂ©nĂ©ficiĂ©. Les bois solo ont Ă©mus, les cuivres grandement impressionnĂ©s. Le drapĂ© des cordes d’un Ă©pais velours ou d’un tulle arachnĂ©en, a Ă©tĂ© un vrai rĂ©gal.

Avec de tels interprĂštes ce cycle promet de grands moments à la Philharmonie de Paris. Le succĂšs public est total,  non loin de faire une standing ovation en ce soir du 2 septembre
 On ne peut rĂȘver dĂ©but de saison plus brillant, exigeant, magnifique. Au nord de Paris, la saison  2016-2017 de la Philharmonie dĂ©marre sous de prodigieux auspices.

Compte rendu concert ; Paris, Cité de la Musique, Philharmonie de Paris 1, le 2 septembre 2016 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre n° 24 en do mineur K.491 ; Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°4 en mi bémol majeur « Romantique » ; Daniel Barenboim, piano ; Staatskapelle Berlin ; Direction : Daniel Barenboim.

CD, annonce. Eward Elgar : Symphonie n°2. Daniel Barenboim (2015, 1 cd Decca)

elgar symphony 1 daniel barenboim cd decca review compter endu critique classiquenews mars march 2016 cd review critique cd 4786677CD, annonce. Eward Elgar : Symphonie n°2. Daniel Barenboim (2015, 1 cd Decca). DĂ©but mars 2016, Daniel Barenboim publie un nouvel enregistrement symphonique avec la Staatskapelle Berlin, dĂ©fendant une partition rare en France : la Symphonie n°2 du britannique Edward Elgar. GrĂące Ă  l’acuitĂ© instrumentale du chef comme Ă  son souci de la tension dramatique, la Symphonie crĂ©Ă©e au dĂ©but du siĂšcle, en mai 1911 Ă  Londres, Ă©blouit littĂ©ralement parce que le chef sait dĂ©celer sous la solennitĂ© impĂ©rialiste “totally British” (l’ouvrage est dĂ©diĂ© au roi Edouard VII qui vient de s’Ă©teindre), la finesse de l’Ă©criture, en particulier dans le mouvement lent, le Larghetto en ut mineur (dont l’esprit est directement dĂ©diĂ© au roi Edouard VII). En avant premiĂšre, voici un extrait de la critique de notre rĂ©dactrice Elvire James, qui en distinguant ce nouvel enregistrement, dĂ©cerne un CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016.

ELGAR symphony symphonie 2 review account of CLASSIQUENEWS Edward_Elgar_head2_copy2Extrait de la critique de notre consƓur Elvire James :  ”Bavarde ou d’une solennitĂ© raffinĂ©e, la Symphonie n°2 touche diversement, chacun selon sa sensibilitĂ©. La partition est crĂ©Ă©e en mai 1911 Ă  Londres sous la direction du compositeur. L’esprit de marche, l’ampleur majestueuse qui ouvre  tel un vaste portique, tout le cycle symphonique (en cela emblĂ©matique de l’adhĂ©sion d’Elgar Ă  l’idĂ©al impĂ©rial britannique) est conduit avec une ivresse dĂ©taillĂ©e instrumentale qui laisse la place Ă  de subtiles respirations, le chef sachant Ă©viter la lourdeur comme la grandiloquence : entre majestĂ© et sĂ©rĂ©nitĂ©, Barenboim insuffle une vraie tension, se gardant bien de rĂ©duire l’Ă©criture Ă  une seule dĂ©monstration de grandeur superphĂ©tatoire. AprĂšs l’Allegro initial dont la direction restitue la pulsion Ă©lectrique, c’est l’irrĂ©sistible Larghetto en ut mineur d’une plĂ©nitude enivrĂ©e, enchantĂ©e – autre rĂ©flexion sur l’esprit de la grandeur funĂšbre mais abordĂ©e dans l’esprit d’une musique de chambre oĂč rĂšgnent la clartĂ© et la transparence (superbes couleurs tristanesques aux cors et Ă  la magistrale harmonie des bois), comme la couleur sombre et de recueillement en conformitĂ© avec la dĂ©dicace de l’opus….

 

Prochaine critique complĂšte du cd Symphonie n°2 d’Elgar (1911) par Daniel Barenboim dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews d’ici le 20 mars 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016

DVD. Wagner : TannhaĂŒser. Waltz / Barenboim (Berlin, avril 2014)

tannhauser wagner barenboim seiffert pape mattei opera dvd review critique classiquenewsDVD, compte rendu critique. Wagner : TannhaĂŒser. Waltz / Barenboim (Berlin, avril 2014). DĂšs l’ouverture enchaĂźnĂ© Ă  la plage vĂ©nusienne, sorte de nocturne voluptueux, le TannhĂ€user de Sasha Waltz n’est pas aussi “catastrophique” que la chorĂ©graphe insatisfaite aprĂšs la sĂ©rie des premiĂšres reprĂ©sentations a souhaitĂ© le dĂ©clarer (prĂ©cisant que pour la reprise de cette production en avril 2015, elle aurait rĂ©visĂ© sa copie offrant une mise en scĂšne chorĂ©graphiĂ©e diffĂ©rente : l’histoire ne dit pas si un nouveau dvd en sortira). La combinaison danseurs et acteurs se dĂ©roule mĂȘme idĂ©alement : il est vrai que le ballet de VĂ©nus et cette Bacchanale, orgie problĂ©matique dĂšs le dĂ©but, se rĂ©vĂšle a contrario du pain bĂ©ni pour la chorĂ©graphe dĂ©sireuse de fusionner chant et danse : de fait dans une sorte de capsule monumentale suspendue, VĂ©nus (somptueuse Marina Prudenskaya) et le toujours excellent Peter Seiffert dans le rĂŽle-titre paraissent face aux spectateurs aprĂšs s’ĂȘtre frottĂ©s aux corps dĂ©nudĂ©s des danseurs, dans cette demisphĂšre nacrĂ©e. L’image est esthĂ©tique et l’action parfaitement claire. Donc pas d’Ă©chec Ă  ce stade.

Pour le reste du drame, Waltz hĂ©site hĂ©las entre l’oratorio et l’Ă©pure il est vrai, ne dĂ©fendant pas une vision clairement dĂ©finie de son TannhĂ€user. La chorĂ©graphe metteure en scĂšne a-t-elle rĂ©ellement approfondi la question ? S’est-elle interrogĂ©e sur la mission du poĂšte / artiste que dĂ©fend ici Wagner ? Pour crĂ©er, l’artiste doit souffrir donc vivre, au sein de la communautĂ© des hommes, ses frĂšres…

Pourtant dĂšs le dĂ©but, les choses sont Ă©loquentes : devenu dieu aux cĂŽtĂ©s de VĂ©nus, le chantre TannhaĂŒser s’ennuie grave malgrĂ© les dĂ©lices voluptueux qu’il peut consommer sans limites.

Si visuellement le spectacle est beau, hĂ©las le parti dramaturgique reste flottant et imprĂ©cis : le jeu des acteurs Ă©tant  en dĂ©finitive… inexistant.

On passe rapidement sur l’Elisabeth d’Ann Petersen (maillon trop faible d’un cast quasi irrĂ©prochable : quel dommage !). Comme Pavarotti dont il partage sur le tard (Ă  60 ans) la corpulence, l’excellent et si subtil Peter Seiffert – dĂ©jĂ  remarquĂ© par la RĂ©daction de classiquenews dans le rĂŽle tout autant vertigineux et extĂ©nuant de l’Empereur dans la Femme sans ombre de Richard Strauss, est aussi piĂštre acteur qu’il est diseur exceptionnel. Son rĂ©cit de Rome est juste et sa repentance d’autant plus acceptable : le chant est stylĂ©, sobre, nuancĂ© : un contre-exemple rĂ©jouissant et passionnant des hurleurs criards habituels dans le rĂŽle. Belle prise de rĂŽle pour Peter Mattei qui fait un Wolfram lui aussi tissĂ© dans la finesse, la profondeur, la sĂ©duction sincĂšre (Romance Ă  l’Ă©toile). Herman acquiert lui aussi une puissante stature humaine grĂące Ă  la noblesse ductile de la basse RenĂ© Pape.

Dans la fosse, Daniel Barenboim, vrai champion de la soirĂ©e, conduit les instrumentistes de la Staatskapelle avec une tension profonde laissant se dĂ©ployer de superbes couleurs chaudes et enivrantes en un tissu orchestral fluide et souple, mĂȘme s’il ne s’agit pas de la version parisienne de 1861 car la version dresdoise premiĂšre (1845) pĂȘche par certains passages arides et brutaux, diminuant justement la continuitĂ© organique du drame musical. Le chef connaĂźt son Wagner comme peu (voir son Tristan entre autres). Il sait exploiter toutes les ressources expressives du plateau, en Ă©troite fusion avec le chant de l’orchestre.

DVD, compte rendu critique. Wagner : TannhÀuser. Opéra en 3 actes: version originelle de Dresde, 1845 (comprenant aussi la Bacchanale). René Pape, Peter Seiffert, Peter Mattei, Prudenskaya, Petersen, Sonn, Schabel, Sacher, Martinik, Grane. Staatskapelle Berlin. Daniel Barenboim, direction. Enregistrement réalisé en avril 2014 à Berlin. 2 dvd Bel Air Classiques.


GenĂšve, ONU. Daniel Barenboim, un chef pour la paix entre les peuples

Daniel Barenboim et le WEDO Ă  GenĂšve. Le classique pour la paix entre les peuples et l’accueil mondial des migrants syriens. Ambassadeur engagĂ© pour la paix entre les peuples, le chef Ă  la triple nationalitĂ© – argentine – israĂ©lienne – palestinienne (ce qui lui a valu rĂ©cemment d’ĂȘtre persona non grata en Iran, lire dĂ©pĂȘche de cet Ă©tĂ© 2015), DANIEL BARENBOIM, fondateur de l’orchestre composĂ© de jeunes musiciens israĂ©liens et palestiniens West eatern Diwan Orchestra (WEDEO), a dĂ©clarĂ© solennellement samedi 31 octobre 2015, qu’il fallait accueillir les rĂ©fugiĂ©s syriens, partout dans le monde.

 

 

 

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Fondateur du WEDO, Daniel Barenboim milite pour la pacification par la culture

Un chef, un orchestre pour la paix des peuples

Lors d’une confĂ©rence de presse, avant de donner un concert pour l’entente des civilisations et des droits de l’homme Ă  L’oNU Ă  GenĂšve en prĂ©sence de Ban Ki-Moon, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies , Daniel Barenboim a prĂ©cisĂ© que l’Europe ne pouvait pas accueillir tous les rĂ©fugiĂ©s syriens :  ” le reste du monde doit participer, notamment le monde arabe ». Le maestro lui-mĂȘme a rappelĂ© l’histoire de sa famille venue de Russie Ă  la fin du XIXĂš, s’installant en Argentine pour fuir les progroms.  “Dans mon pays, l’Argentine, il y a 3 communautĂ©s de Syriens, une musulmane, une chrĂ©tienne et une juive, chacune d’elle serait heureuse d’accueillir des rĂ©fugiĂ©s“, a-t-il ajoutĂ©.

A propos des conflits civils en Israel, Daniel Barenboim confirme ses propos prĂ©cĂ©dents : il n’y a pas de solution militaire aux conflits. Tant que Palestiniens et IsraĂ©liens ne se reconnaitront pas ensemble (reconnaĂźtre et connaĂźtre l’autre, telle est la clĂ© de tout processus d’apaisement et de paix), il n’y aura pas de rĂ©solution paisible : leur destin est liĂ© indissolublement. Pas de paix sans l’apaisement des deux cĂŽtĂ©s; depuis la crĂ©ation de son orchestre West-Eastern Diwan Orchestra en 1999, Daniel Barenboim ne cesse de montrer la nĂ©cessitĂ© de travailler et ici de crĂ©er et de jouer ensemble. Le chef milite activement et rĂ©guliĂšrement pour la pacification du conflit israĂ©lo palestinien.
L’escalade actuelle fait craindre le pire : «  le conflit n’a que trop durĂ©, et il est temps que l’ONU fasse pression pour rĂ©soudre le conflit ».

Samedi 31 octobre Ă  GenĂšve, Daniel Barenboim a jouĂ© Mozart avec son orchestre : le West-Eastern Diwan Orchestra WEDO : au programme, trois symphonies composĂ©es par le gĂ©nie viennois KV 543, KV 550 et la fameuse et ultime partition symphonique de Mozart, la fameuse n°41 dite « Jupiter », manifeste lumineux portant l’espĂ©rance fruit de l’esprit des LumiĂšres.

 

 

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Le concert sera diffusĂ© le 10 dĂ©cembre 2015 en EUROVISION, Ă  l’occasion de la JournĂ©e internationale des droits de l’homme.

Daniel BarenboĂŻm et son orchestre WEDO  participeront au Concert pour la paix et les droits de l’homme des Nations unies Ă  GenĂšveen 2016, 2017, 2018 et 2019. Le concert a lieu dans la salle des droits de l’homme de l’ONU dont la coupole est une crĂ©ation poĂ©tique de l’espagnole Miquel Barcelo. Depuis 2014, la coupole aux reflets bleutĂ©s cĂ©lĂšbre chaque annĂ©e la JournĂ©e internationale des droits de l’homme.
Visitez le site de L’ONU à Genùve

Vistez le site de l’orchestre WEDO crĂ©Ă© par Daniel Barenboim

 

 

 

fayard daniel barenboim la musique est un toutLivres. Daniel Barenboim : La musique est un tout
 VoilĂ  un opuscule que beaucoup d’artistes devraient mĂ©diter, assimiler, rĂ©guliĂšrement consulter et interroger : leur place dans la sociĂ©tĂ©, la relation salvatrice de l’art et de l’engagement philosophique, sociĂ©tal Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre politique, y gagnent un manifeste qui vaut tĂ©moignage exemplaire. Il n’est pas d’équivalent en France Ă  la personnalitĂ© transnationale du chef charismatique Daniel Barenboim aujourd’hui : une telle hauteur de vue, une telle pensĂ©e musicale et artistique se font rare et qui dans sa suite dĂ©fendront les mĂȘmes valeurs ? Humaniste engagĂ©, en particulier au service de la rĂ©conciliation des peuples au Moyen Orient, Daniel Barenboim qui a la double nationalitĂ© (palestinienne et israĂ©lienne) s’exprime ici en textes choisis, dĂ©jĂ  connus et publiĂ©s, mais rassemblĂ©s avec quelques autres plus rĂ©cents (premier chapitre ” Ă©thique et esthĂ©tique ” oĂč l’acte musical est dĂ©sormais investi d’une exigence morale). Le chef argumente sa vision de la musique, une chance pour l’humanitĂ© de sauver son destin trop marquĂ© par la guerre, la destruction, l’incommunicabilitĂ©. En homme de paix qui a cĂŽtoyĂ© les plus grands politiques, Daniel Barenboim prĂ©cise aussi ici une maniĂšre d’idĂ©al de vie, une formule personnelle qui s’appuyant sur l’expĂ©rience et les rencontres, brosse le  (l’auto)portait d’un homme de bonne volontĂ©, prĂ©occupĂ© par le sens de l’histoire et de la sociĂ©tĂ©, l’avenir des peuples pour lesquels l’offrande musicale pourrait s’avĂ©rer salutaire. Une forme de vivre ensemble, de penser autrement le monde qui suscite Ă©videmment l’admiration. LIRE notre critique complĂšte de La musique est un tout par Daniel Barenboim (Fayard)

 

 

Musiques et tabous par Daniel Barenboim

barenboim maestro dirige scala de milan le-maestro-israelo-argentin-daniel-barenboim-dirige-l-orchestre-philharmonique-de-vienne-le-1er-janvier-2014-a-vienne_4925007arte_logo_2013ARTE. Dimanche 11 octobre, 23h15. Daniel Barenboim: Musique et tabous.   SoirĂ©e exceptionnelle avec le chef qui a la triple nationalitĂ© : argentine, israĂ©lienne et palestinienne. Il a toujours tentĂ© une conciliation entre les frĂšres ennemis : palestiniens et israĂ©liens. Mais au-delĂ  de cela, le chef Daniel Barenboim croit surtout Ă  la rĂ©solution pacifique des conflits au Proche Orient. Rien ne pourra s’apaiser sans dialogue et sans volontĂ© de pacification : la solution entre IsraĂ©liens et Palestiniens ne peut passer par les armes. Dans Les voies de la musique avec Daniel Barenboim (partie 1 & 2), le maestro, acteur principal de la vie lyrique et orchestrale de Berlin Ă  Milan,  milite viscĂ©ralement, indĂ©fectiblement pour l’amitiĂ© entre les peuples car c’est le seul moyen pour chacun de s’en sortir. Arte diffuse une sĂ©rie d’entretiens oĂč le chef et ses proches expliquent les enjeux qui se jouent ici, plaçant la musique au cƓur des rivalitĂ©s et des oppositions fratricides. L’épisode le plus saisissant demeure certainement le volet dĂ©diĂ© Ă  la musique de Wagner en IsraĂ«l. ConnotĂ©e hitlĂ©rienne, et clairement nazie en raison des opinions antisĂ©mites exprimĂ©es par l’intĂ©ressĂ© lui-mĂȘme, en raison de l’idĂŽlatrie radicale entretenue par Hitler pour Wagner,  la musique de Wagner n’a toujours pas sa place en IsraĂ«l, et le film dĂ©voile entre autres combien elle reste un sujet tabou, fortement clivant entre les gens, mĂ©lomanes ou non. Le tĂ©moignage des jeunes instrumentistes du West-Eastern Diwan orchestra, fondĂ© par Barenboim et composĂ© dans un esprit de construction et de dialogue fraternel de jeunes musiciens juifs et arabes, est particuliĂšrement poignant : dĂ©voilant l’envie d’avancer mais aussi la forte charge Ă©motionnelle qui naĂźt du fait de jouer Tristan und Isolde par exemple Ă  la fin d’un concert Ă  JĂ©rusalem… Au-delĂ  des thĂšmes abordĂ©s dans deux documentaires de la soirĂ©e, c’est tout le sens de la musique classique et de la culture en gĂ©nĂ©ral qui est ainsi analysĂ© et mis en question : doit-on se satisfaire d’une culture divertissante ou bien devons-nous prĂ©fĂ©rer malgrĂ© nos ancrages historiques et nos identitĂ©s, dĂ©fendre une culture engagĂ©e rĂ©solument fraternelle et pacifiste ? SoirĂ©e avec Daniel Barenboim en deux temps :

1. Musique et politique (52 mn)
Pour Daniel Barenboim, la musique, langue universelle, se joue des frontiĂšres. Avec elle pour seule arme, l’artiste cosmopolite tente de dĂ©passer tensions et conflits. Au sein de son jeune orchestre, le West-Eastern Divan Orchestra, il est ainsi parvenu Ă  faire jouer ensemble de jeunes musiciens venus d’IsraĂ«l et de pays arabes voisins. Un inlassable engagement dont sa visite dans la bande de Gaza l’an passĂ© a constituĂ© un point d’orgue au puissant retentissement.

2. Musique et tabous : jouer Richard Wagner en Israël (26 mn)
En IsraĂ«l, la musique de Richard Wagner est indissociablement liĂ©e au rĂ©gime nazi. En 2001, Daniel Barenboim essuie la fureur du public et de la classe politique israĂ©lienne, aprĂšs avoir dirigĂ© Ă  JĂ©rusalem le prĂ©lude et la mort d’Isolde de Tristan et Isolde. Comment dissocier la musique du gĂ©nial Wagner, du compositeur antisĂ©mite prĂ©fĂ©rĂ© d’Hitler ? Convaincu qu’il le faut, Daniel Barenboim tente de lever un tabou. Des rĂ©pĂ©titions du West-Eastern Divan Orchestra Ă  la rencontre avec des amis du chef d’orchestre, parmi lesquels Pierre Boulez et Joschka Fischer, le film offre un Ă©clairage sur le parcours engagĂ© du maestro et le sens qu’il rĂ©serve Ă  l’acte musical : un geste rĂ©solument engagĂ© en faveur de la rĂ©conciliation des peuples.

arte_logo_2013ARTE, dimanche 11 octobre 2015. 23h. Les voies de la musique avec Daniel Barenboim. Une rĂ©flexion sur la musique et son pouvoir en compagnie du chef d’orchestre, Daniel Barenboim. Documentaire de Paul Smaczny (Allemagne, 2012, 57mn et 26mn) . Production : Accentus music UG

Chefs. Le Chef Daniel Barenboim est interdit en Iran parce qu’IsraĂ©lien

Chefs. Le Chef Daniel Barenbpim est interdit en Iran parce qu’IsraĂ©lien. Probablement programmĂ© Ă  TĂ©hĂ©ran oĂč il envisageait de diriger son orchestre la Staatskapelle de Berlin, le chef Daniel Barenboim s’est vu interdire le territoire d’Iran parce au motif qu’il Ă©tait « israĂ©lien » selon un communiquĂ© transmis ce dimanche 30 aoĂ»t 2015 par le porte-parole du ministĂšre iranien de la Culture.

barenboim maestro dirige scala de milan le-maestro-israelo-argentin-daniel-barenboim-dirige-l-orchestre-philharmonique-de-vienne-le-1er-janvier-2014-a-vienne_4925007Nous n’avons aucune opposition quant Ă  la venue de l’orchestre national allemand en Iran, notre opposition concerne la personne qui dirige l’orchestre. Cette personne a plusieurs nationalitĂ©s dont la nationalitĂ© israĂ©lienne“, a dĂ©clarĂ© Hossein Noushabadi selon l’agence Isna. En vĂ©ritĂ©, le chef Daniel Barenboim qui oeuvre pour l’accĂšs de musique pour tous, au delĂ  des questions identitaires, religieuses, politiques est aussi palestinien et argentin. Une triple nationalitĂ© (avec celle israĂ©lienne) qui honore le combat d’une vie, celui qui ose contre tous, dĂ©fendre l’idĂ©e que la culture et surtout la musique est le meilleur rempart contre la guerre. Ses actions au sein du West-Eastern Divan Orchestra (orchestre fondĂ© avec son ami le palestinien Edward SaĂŻd aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ©), composĂ© Ă  son origine de jeunes musiciens juifs et musulmans tĂ©moigne aujourd’hui d’une vision universelle, tolĂ©rante, humaniste. ControversĂ©, critiquĂ© par les partis le plus radicaux de tous bords, Daniel Barenboim, 72 ans, continue de vouloir jouer Wagner en Israel, comme il avait dirigĂ© Ă  Ramallah (Cisjordanie) en 2005 un mĂ©morable concert

Notre enquĂȘte montre que le chef d’orchestre a un lien national et identitaire avec IsraĂ«l, il a Ă©tĂ© Ă©levĂ© en IsraĂ«l et ses parents vivent lĂ -bas. Il est suspectĂ© d’avoir un lien avec ce pays qui est illĂ©gitime“, a ajoutĂ© M. Noushabadi. Et de prĂ©ciser “toute personne, dans le cadre d’un groupe culturel, sportif ou touristique, suspectĂ©e d’avoir un lien avec le rĂ©gime sioniste“.

“Si l’orchestre allemand change de chef, il peut de nouveau prĂ©senter sa demande” pour venir en Iran » a conclu le reprĂ©sentant iranien pour la culture.

fayard daniel barenboim la musique est un toutDaniel Barenboim, 72 ans, nĂ© Ă  Buenos Aires en 1942 est une figure controversĂ©e en IsraĂ«l, notamment car il milite pour le rapprochement pacifiste entre IsraĂ©liens et Palestiniens, pour y vouloir jouer Wagner, « le compositeur d’Adolf Hitler ». Il a Ă©galement jouĂ© Ă  Ramallah, en Cisjordanie, Ă  l’étĂ© 2005, en dĂ©montrant la puissance de la musique classique comme moyen de pacification grĂące Ă  l’entente et l’expĂ©rience partagĂ©e au sein de l’orchestre entre les jeunes artistes de toute nationalitĂ©s et de toute confession.

LIRE aussi LA MUSIQUE EST UN TOUT, le dernier livre de Daniel Barenboim (Fayard). CLIC de classiquenews d’avril 2014.

LIRE aussi notre dossier Artistes engagés : Gustavo Dudamel, Fazil Say, Daniel Barenboim

WEDO West Eastern Diwan Orchestra : concerts de l’Ă©tĂ© 2014

West eastern diwan orchestra tournee datesWest-Eastern Diwan Orchestra. TournĂ©e 2014 : 3>24 aoĂ»t 2014. C’est l’orchestre modĂšle composĂ© d’instrumentistes israĂ©liens et arabes Ă  l’invitation de son crĂ©ateur, le chef humaniste engagĂ© Daniel Barenboim. Un symbole fort en ces temps de guerre radicale qui fait tant d’innocentes victimes entre les deux armĂ©es, entre Israel et la Palestine. Evidemment la prochaine tournĂ©e de cet orchestre de la rĂ©conciliation est Ă  suivre, d’autant que ses dates sont toujours fragiles en raison mĂȘme du profil de ses musiciens et de la raretĂ© des pays aptes Ă  les accueillir. Apprendre Ă  connaĂźtre l’autre, travailler et ressentir ensemble
 quoi de mieux pour reconstruire l’avenir ? Cette annĂ©e, le WEDO rĂ©alise une rĂ©sidence au TĂ©Ăątre Colon de Buenos Aires (Argentine, du 3 au 13 aoĂ»t) avant de rejoindre l’Europe Ă  Salzbourg, Berlin, Londres,  Lucerne
 Outre le message philosophique, fraternel, humaniste d’un orchestre pour la paix unique au monde, les mĂ©lomanes pourront goĂ»ter cette annĂ©e lors de la tournĂ©e du WEDO 2014, des extraits de Tristan et Yseult de Wagner, les concertos pour piano de Beethoven (avec Martha Argerich, argentine comme Daniel Barenboim) et de Mozart, sans omettre Stravinsky (L’Histoire du soldat), et les français : Saint-SaĂ«ns, Debussy (PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs midi d’un faune) et Maurice Ravel. Deux crĂ©ations contemporaines sont Ă©galement au programme de la tournĂ©e de l’Ă©tĂ© 2014.  Plus d’infos sur le site du WEDO (West-Eastern Diwan Orchestra). Daniel Barenboim, direction.

 
 
 

Tournée du West-Eastern Diwan Orchestra 2014

Argentine, Buenos Aires, Théùtre Colon
3 aoĂ»t, concert d’ouverture
Beethoven : Concerto pour piano n°1 (Martha Argerich, piano)
Maurice Ravel : Rapsodie espagnole, Boléro

 

4, 6, 10, 12 août
Wagner : Tristan und Isolde
Prélude, Acte II, Lieberstod (version de concert)
Tristan: Peter Seiffert
Isolde: Waltraud Meier
BrangÀne: Ekaterina Gubanova
Marke: René Pape

 

9 août
Stravinsky : L’histoire du soldat
Camille Saint-Saëns : Le carnaval des animaux
Daniel Barenboim, Martha Argerich, Les Luthiers

11, 13 août
Théùtre Colon, Mozarteum
Mozart : ouverture des Noces de Figaro
Kareem Roustom : Ramal (création mondiale)
Ravel : Rapsodie espagnole, Boléro

 

 

 

17 août
Festival de Lucerne
Kareem Roustom : Ramal (création mondiale)
Ayal Adler : Resonating Sounds (création européenne)
Wagner : Acte II de Tristan und Isolde

18 août
Festival de Lucerne
Mozart : Concert pour piano n°27. Daniel Barenboim, piano
Ravel : Rhapsodie espagnole, Boléro
Programme repris Ă  Berlin, WaldbĂŒhnenkonzert 2014, le 24 aoĂ»t

 

 

20 août
Londres, BBC Proms
Mozart : ouverture des Noces de Figaro
Kareem Roustom : Ramal (création mondiale)
Ayal Adler : Resonating Sounds (création européenne)
Ravel : Rapsodie espagnole, Boléro
concert retransmis sur BBC Radio 3

 

 

21 août
Festival de Salzbourg, Grosse festspielhaus
Kareem Roustom : Ramal (création mondiale)
Ayal Adler : Resonating Sounds (création européenne)
Ravel : Rapsodie espagnole, Boléro

 

 

4 avril 2015
Berlin, Philhamronie de Berlin
Staatsoper Berlin Festtage
Debussy : PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune
Boulez : DĂ©rive II
Berlioz : Symphonie Fantastique

 

CD. Elgar : Symphonie n°2 (Barenboim, 2013)

elgar symphony elgar symphony 2 Barenboim staatskapelle BerlinCD. Elgar : Symphonie n°2 (Barenboim, 2013). Plus proche de la nature ambivalente en rĂ©alitĂ© brahmsienne de son auteur, la Symphonie n°2 d’Edward Elgar (1857-1934) est l’ultime massif symphonique achevĂ© par le compositeur britannique
 l’ouvrage est crĂ©Ă© avec applaudissements polis en mai 191. De fait, l’ample Larghetto affiche une couleur hĂ©ritiĂšre de Brahms et de Wagner (la Symphonie n°1 n’était-elle pas estimĂ©e telle la 5Ăšme de Brahms?). La superbe noblesse du Staatkapelle de Berlin assure haut la main les dĂ©fis multiples d’une partition ambivalente aux climats souvent contradictoires voire opposĂ©s (c’est Ă  dire dĂ©concertants pour les premiers auditeurs). Fin interprĂšte elgarien, Barenboim fait vrombir le rugissement des cuivres (cors remarquables) comme la suractivitĂ© murmurĂ©e et liquide des cordes. EmblĂ©matique de la souffrance secrĂšte teintĂ©e de cette majestĂ© affleurant continument (la symphonie est un hommage au roi Édouard VII rĂ©cemment disparu, dĂ©cĂ©dĂ© en mai 1910), le second mouvement est l’un des plus aboutis du cycle (gloire des harpes). Les teintes Ă©vanouies et introspectives que sait capter et diffuser le chef rendent hommage Ă  une Ă©criture infiniment moins superficielle qu’on le dit abusivement.

Elgar et le Roi 


Le Rondo presto est un pur jeu rythmique magnifiquement contrÎlé par Barenboim auquel répond la coda maestosa, elle aussi finalement plus wagnérienne que strausienne du Moderato final -au panache trÚs Maßtres chanteurs.

CLIC_macaron_2014ComposĂ©e quand Strauss et Hoffmansthal livraient l’enchantement nĂ©obaroque du Chevalier Ă  la rose (crĂ©Ă© en janvier 1911), la DeuxiĂšme d’Elgar ne manque ni de souffle ni de grandeur. Barenboim sait lui insuffler une prodigieuse vie intĂ©rieure,  les mauvaise langue diront bavarde, inutilement autobiographique, mais la sĂ»retĂ© articulĂ©e de la baguette du maestro argentino-israĂ©lo-palestinien sait surtout lui restituer son Ă©quilibre voire son flux organique. Entre solennitĂ© et affect plus intime,  le chef captive par une retenue et une pudeur imprĂ©vues (dernier mouvement dĂ©cidĂ©ment trĂšs convaincant par sa finesse). Au moment oĂč il publie ce nouvel album symphonique chez Decca,  Daniel Barenboim annonce le lancement de son propre label : « Peral Music », initiative 100% numĂ©rique oĂč les amateurs et connaisseurs du travail du maestro, retrouveront tous ses chantiers musicaux Ă  la tĂȘte de ses deux orchestres de prĂ©dilection : la Staatskapelle de Berlin et le West-Eastern Divan Orchestra, mais aussi ses derniĂšres rĂ©alisations comme pianiste solo ou concertant au sein de formations chambristes. Sont annoncĂ©es comme premiĂšres propositions de Peral Music : Symphonies 1-3 de Bruckner (Chicago Symphony, 1970 et Berliner Philharmoniker 1990)
  Ă  suivre.

Elgar : Symphonie N°2. Staatskapelle Berlin. Daniel Barenboim, direction.  1 Decca 0289 478 6677 0 CD DDD DH. Durée : 56mn. Enregistré en à la Philharmonie de Berlin en octobre 2013.

Livres. Daniel Barenboim : La musique est un tout (Fayard)

fayard daniel barenboim la musique est un toutLivres. Daniel Barenboim : La musique est un tout… VoilĂ  un opuscule que beaucoup d’artistes devraient mĂ©diter, assimiler, rĂ©guliĂšrement consulter et interroger : leur place dans la sociĂ©tĂ©, la relation salvatrice de l’art et de l’engagement philosophique, sociĂ©tal Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre politique, y gagnent un manifeste qui vaut tĂ©moignage exemplaire. Il n’est pas d’Ă©quivalent en France Ă  la personnalitĂ© transnationale du chef charismatique Daniel Barenboim aujourd’hui : une telle hauteur de vue, une telle pensĂ©e musicale et artistique se font rare et qui dans sa suite dĂ©fendront les mĂȘmes valeurs ? Humaniste engagĂ©, en particulier au service de la rĂ©conciliation des peuples au Moyen Orient, Daniel Barenboim qui a la double nationalitĂ© (palestinienne et israĂ©lienne) s’exprime ici en textes choisis, dĂ©jĂ  connus et publiĂ©s, mais rassemblĂ©s avec quelques autres plus rĂ©cents (premier chapitre ” Ă©thique et esthĂ©tique ” oĂč l’acte musical est dĂ©sormais investi d’une exigence morale). Le chef argumente sa vision de la musique, une chance pour l’humanitĂ© de sauver son destin trop marquĂ© par la guerre, la destruction, l’incommunicabilitĂ©. En homme de paix qui a cĂŽtoyĂ© les plus grands politiques, Daniel Barenboim prĂ©cise aussi ici une maniĂšre d’idĂ©al de vie, une formule personnelle qui s’appuyant sur l’expĂ©rience et les rencontres, brosse le  (l’auto)portait d’un homme de bonne volontĂ©, prĂ©occupĂ© par le sens de l’histoire et de la sociĂ©tĂ©, l’avenir des peuples pour lesquels l’offrande musicale pourrait s’avĂ©rer salutaire. Une forme de vivre ensemble, de penser autrement le monde qui suscite Ă©videmment l’admiration.

 

Penser la musique

l’acte musical, un humanisme concret

CLIC_classiquenews_2014En intitulant cet ouvrage ” La musique est un tout “, Daniel Barenboim relie l’activitĂ© artistique Ă  une pensĂ©e critique, soucieuse d’amĂ©liorer le destin des sociĂ©tĂ©s ; l’homme de lettres prend pour son compte, l’Ɠuvre de la musique dans nos vies, en particulier dans l’histoire belliciste des IsraĂ©liens et des Palestiniens, programmĂ©s Ă  une lente mais irrĂ©sistible autodestruction s’il n’Ă©tait des espaces d’Ă©changes et de reconnaissance comme ceux que permet la musique, en dehors du champs politique et militaire. La musique n’est pas une activitĂ© dĂ©connectĂ©e du monde et des hommes : Daniel Barenboim en son combat admirable nous le prouve ici dans le texte.
S’il y a une solution entre palestiniens et israĂ©liens, celle ci peut voir le jour par la culture et la musique : tel est son combat, la motivation premiĂšre de son orchestre abolissant les barriĂšres et les frontiĂšres, le West Eastern Diwan Orchestra, composĂ© de jeunes musiciens de toutes les nationalitĂ©s et toutes les confessions.

Dans ” Ă©thique et esthĂ©tique “, Barenboim prĂ©cise le statut et la mission de l’interprĂšte, au service de la musique, non de lui-mĂȘme (servir la musique plutĂŽt que se servir de la musique) ; la place active du spectateur qui rĂ©tablit le temps rĂ©el de la performance. Passionnantes les pages dĂ©diĂ©es Ă  Wagner et la question juive, l’hommage du chef aux habitants (de bonne volontĂ©) de Gaza, pris en otages par les IsraĂ©liens et leur blocus abusif.

Chapitres essentiels Ă  ce titre, le discours de Daniel Barenboim lorsqu’il reçut le prix Willy Brandt dont la personnalitĂ© politique reste un modĂšle Ă  mĂ©diter rĂ©alisant cet idĂ©al dont le chef fait son miel : «  vision, stratĂ©gie, courage » ; enfin on ne saurait trop recommander la lecture du chapitre intitulĂ© « Wagner, les IsraĂ©liens et les Palestiniens » : tout y est expliquĂ© et finement analysĂ©. Barenboim expose les sources de la haine des IsraĂ©liens envers les Palestiniens, remontant aux origines de l’Etat d’IsraĂ«l (1948) : un Ă©tat qui fut crĂ©er sans cependant chasser ni dominer un autre peuple
 A cela s’ajoute la question de jouer Wagner en IsraĂ«l : Barenboim sait de quoi il parle, lui qui a dirigĂ© PrĂ©lude et Mort d’Isolde devant un parterre d’IsraĂ©liens, non sans expliquer l’enjeu et le sens de sa dĂ©marche. Avant Hitler et les camps d’extermination, Wagner Ă©tait jouĂ© Ă  Tel Aviv par des juifs. La question n’est donc pas la musique de Wagner mais l’instrumentalisation qui en est faite par les extrĂ©mistes des deux bords.

Les derniers chapitres rĂ©unissent plusieurs transcriptions de conversations entre 2008 et 2011 oĂč Daniel Barenboim, chef lyrique Ă  la Scala, s’exprime sur diverses Ɠuvres : Carmen, Don Giovanni, La Walkyrie. L’Ă©pilogue examine la question du tempo et du rapport mĂ©tronomique chez Verdi, conception personnelle qui rĂ©vĂšle l’admiration tardive du maestro pour le compositeur italien (pour son Requiem principalement). Le cas Barenboim rĂ©tablit l’espace libre, plein d’espoirs et d’espĂ©rance, oĂč la culture se fait action concrĂšte. Que vaut l’art sans conscience ? Un divertissement sans enjeux ni consistance. Pour ceux qui pensent que l’art et la musique peuvent changer notre sociĂ©tĂ©, et pour tous les autres qui en doutent encore, voici une lecture incontournable. L’offrande trop rare de l’un des derniers musiciens humanistes et engagĂ©s, soucieux de l’avenir de la culture et des hommes.

Rappel biographique. Pianiste et chef d’orchestre de rĂ©putation internationale, Daniel Barenboim est directeur artistique de la Scala de Milan et chef Ă  vie de la Staatskapelle de Berlin, aprĂšs avoir dirigĂ© entre autres l’Orchestre de Paris (de 1975 Ă  1989) puis l’Orchestre symphonique de Chicago (de 1991 Ă  2006). Il est l’auteur de La musique Ă©veille le temps (Fayard, 2008).

Daniel Barenboim : La musique est un tout. EAN : 9782213678085. Parution :  02/04/2014. 176 pages. Format :135 x 215 mm. Prix public indicatif TTC: 15.00 €

CD. Concert du Nouvel An Ă  Vienne 2014. Daniel Barenboim (Sony)

CD. Concert du Nouvel An Ă  Vienne 2014. Wiener Philharmoniker. Daniel Barenboim, direction. Il Ă©tait venu en 2009, le revoici en 2014 pour un nouveau concert du Nouvel An Ă  Vienne Ă  la tĂȘte des instrumentistes de l’Orchestre Philharmonique de Vienne (Wiener Philharmoniker) : Sony Classical Ă©dite derechef le cd de ce programme Ă©vĂ©nement qui avait ouvert avec Ă©lĂ©gance et raffinement l’annĂ©e nouvelle 2014. Pendant le programme du concert, ce sont les goĂ»ts du chef choisi par les musiciens de l’orchestre qui se prĂ©cisent.

Daniel Barenboim : retour viennois réussi

new-year-concert-Vien-Wien_concert_du-nouvel_an_vienne_daniel_barenboim_cd_sony_dvdCeux de Daniel Barenboim sont plutĂŽt traditionnels cette annĂ©e, faisant toujours la part belle aux Strauss cĂ©lĂ©brissimes (les deux Johann, pĂšre et fils) mais aussi cette annĂ©e, Josef, le frĂšre cadet de Johann II. On note aussi la prĂ©sence des Français, autres acteurs de l’Ă©lĂ©gance musicale dont Offenbach (La Belle HĂ©lĂšne inspire le Quadrille d’ouverture, signĂ© Eduard Strauss, l’autre frĂšre de Johann et de Josef), mais aussi le sublime LĂ©o Delibes, symphoniste de premier ordre, et ” roi ” lui aussi du ballet romantique (un extrait, trop court du Pizzicato de son ballet Sylvia est ici jouĂ© Ă  Vienne).
Les tĂ©lĂ©spectateurs du Concert hyper mĂ©diatisĂ© ce 1er janvier 2014 (80 pays diffuseurs) auront pu se rĂ©galer des sĂ©quences simultanĂ©es rĂ©alisĂ©es sur la musique par le Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, et aussi deux danseurs sportifs pour une version de salon de la valse enivrante ; ce fut aussi en fin de programme, les vƓux du chef et des musiciens adressĂ©s Ă  la salle et au monde, et aussi un nouveau rituel instaurĂ© par Barenboim lui-mĂȘme : saluer en fin de programme et alors que les musiciens entament le dernier morceau (La Marche de Radetzky de Johann Strauss pĂšre), chaque instrumentiste de l’illustre phalange.
Lire aussi notre compte rendu critique complet du Concert du nouvel An Ă  Vienne 2014

CD1
1 Helenen-Quadrille, Op. 14
2 Friedenspalmen, Walzer, Op. 207
3 Carolinen-Galopp, Op. 21a
4 Egyptischer Marsch, Op. 335
5 Seid umschlungen, Millionen, Walzer, Op. 443
6 StĂŒrmisch in Lieb’ und Tanz, Polka schnell, Op. 393
7 Waldmeister: OuvertĂŒre
8 Klipp-Klapp, Galopp, Op. 466
9 G’schichten aus dem Wiener Wald, Walzer, Op. 325

CD2

1 Vielliebchen, Polka francaise, Op. 1
2 Bouquet-Polka, Polka schnell, Op. 188
3 Capriccio: Mondscheinmusik

En plus du cd, Sony classical Ă©dite aussi le vd et le blu ray du Concert du Nouvel An Ă  Vienne 2014 sous la direction de Daniel Barenboim

Concert du Nouvel An Ă  Vienne 2014

Barenboim_250_une_teleFRANCE 2. Concert du Nouvel An Ă  Vienne, mercredi 1er janvier 2014, 11h. Chaque annĂ©e, France 2 diffuse en direct depuis l’Autriche, dans la salle prestigieuse du Konzerthauss de Vienne, le cĂ©lĂ©brissime et trĂšs mĂ©diatique Concert du Nouvel An (diffusion par 80 chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision dans le monde) qui confirme outre l’excellence de l’orchestre Philharmonique de Vienne, la finesse d’une baguette, en l’occurrence celle de Daniel Barenboim, chef Ă  la triple nationalitĂ©, Ɠuvrant pour la paix au Moyen Orient : argentin, israĂ©lien et palestinien. Triple identitĂ©, vĂ©ritable dĂ©fi en soi et symbole pour la rĂ©conciliation des peuples ennemis. Un idĂ©al de fraternitĂ© bienvenu pour ce 1er janvier 2014. Le programme du concert est annoncĂ© de façon dĂ©finitive sur le site du Musikverein le 27 dĂ©cembre 2013

logo_france2_2014La diffusion en direct se dĂ©roule en deux parties, offrant outre la performance de l’orchestre, celle du corps de ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, dont les ballets sur les standards signĂ©s Johann Strauss I et II, sont rĂ©alisĂ©s dans les plus beaux lieux touristiques autrichiens (promotion touristique et culturelle oblige !). Cette annĂ©e, c’est Ă  nouveau Sony classical qui Ă©dite cd, dvd, blu-ray du concert Ă©vĂ©nement.