CRITIQUE CD Ă©vĂ©nement. ENCORES : Daniel Barenboim, piano. Schubert, Schumann, Liszt, chopin, Debussy
 (1 cd Deutsche Grammophon – Berlin, 2017, 2020)

encores daneil barenboim piano critique cd review clic de classiquenews deutsche grammophonCRITIQUE CD Ă©vĂ©nement. ENCORES : Daniel Barenboim, piano. Schubert, Schumann, Liszt, chopin, Debussy
 (1 cd Deutsche Grammophon – Berlin, 2017, 2020) – Somptueuse collection de bis / « encores » en anglais : Daniel Barenboim, chef lyrique de premier plan (son Tristan Ă  Berlin de 2018), comme maestro symphonique aussi dĂ©fricheur que convaincant (voyez chez Decca les Symphonies mĂ©connues, ou l’oratorio The Dream of Gerontius d’Elgar) est aussi un pianiste de grande valeur et haute sensibilitĂ© ; Ă  part Clair de Lune de Debussy de 2017, les 16 autres bis / encores ont Ă©tĂ© captĂ©s Ă  Berlin en avril 2020 en plein confinement, covid oblige ; voyage intĂ©rieur et jaillissement intime d’une finesse de ton
 miraculeuse (ses premiers Schubert sont saisissants de naturel et de pudeur enchantĂ©e : Impromptu D899/3 ; candeur insouciante de Moment musical D780) ; puis de Schumann, le pianiste Ă  l’écoute de ses propres rĂȘveries, fait surgir le songe de TrĂ€umerei des ScĂšnes d’enfant, prĂ©lude extatique, suspendu aux 4 sĂ©quences des FantasiestĂŒcke opus 12 : oĂč le questionnement du rĂȘve Ă©noncĂ©, infini semble se dĂ©rouler avec la mĂȘme simple subtilitĂ© des premiers Schubert, sans Ă©carter pour autant l’ñpretĂ© de questions plus agitĂ©es (Aufschwung).

« Encores » de Daniel Barenboim
Récital imaginaire et crépusculaire
d’une irrĂ©sistible rĂȘverie


Dans chacune des miniatures, Barenboim, contrastĂ© sans excĂšs, juste et nimbĂ© d’un mystĂšre impĂ©nĂ©trable semble exprimer la vĂ©ritĂ© secrĂšte de l’ñme humaine. Fruit d’une expĂ©rience et d’une carriĂšre unique aujourd’hui ayant soufflĂ© ses 80 ans en dĂ©c 2021
 C’est aussi l’offrande du rĂ©citaliste qui au terme de son concert, offre quelques piĂšces surprise dont il a seul la clĂ©, resserrant encore les liens partagĂ©s avec ses auditeurs. Au centre de cet acte gĂ©nĂ©reux qui dĂ©voile des sentiments imprĂ©vus, Barenboim ajoute une sĂ©lection de 6 piĂšces de Chopin Ă  partir de ses Etudes opus 10 et 25, celles lĂ  mĂȘme qui selon Gide, paraissaient comme « improvisĂ©es » et qui formaient le cƓur des bis d’un Arthur Rubinstein, au point de dĂ©passer souvent en nombre, le programme proprement dit du concert prĂ©cĂ©dent. SpontanĂ©itĂ© et prĂ©cision font merveille dans une sĂ©rie de piĂšces Ă  la fois puissantes et volubiles (dont l’activitĂ© et l’hypersensibilitĂ© sont annoncĂ©es par Schumann, dans « Traumes Wirren » Ă  la coupe Ă©chevelĂ©e). L’activitĂ© naturelle, l’éloquence poĂ©tique de Daniel Barenboim fait chanter chaque piĂšce de ce rĂ©cital imaginaire, aux intonations globalement introspectives et crĂ©pusculaires (« Consolation » de Liszt, ultime rĂ©surgence du rĂȘve schubertien et schumannien, Ă  l’égal du Noctune de Chopin, secret et magicien), oĂč se rĂ©vĂšle aussi la sonoritĂ© prĂ©cise et scintillante du piano choisi par le pianiste, un Bechstein grand piano », conçu pour Liszt en 1860 (repĂ©rĂ© Ă  Sienne en 2011) qui possĂšde aussi la rĂ©sonance des Steinway, grĂące Ă  une combinaison techno, rĂ©alisĂ©e spĂ©cialement pour l’interprĂšte.

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CLIC_macaron_20dec13CRITIQUE CD Ă©vĂ©nement. ENCORES : Daniel Barenboim, piano. Schubert, Schumann, Liszt, chopin, Debussy
 (1 cd Deutsche Grammophon – Berlin, 2017, 2020) – PLUS D’INFOS sur le site de Deutsche Grammophon :
https://www.deutschegrammophon.com/en/catalogue/products/encores-daniel-barenboim-12601

DVD, Blu-ray, critique : Wagner: Tristan et Isolde – Barenboim (Berlin, 2018 – Tcherniakov – 2 dvd Bel Air classiques)

TRSITAN-UND-ISOLDE-bel-air-classiques-barenboim-Berlin-2018-dvd-blu-ray-critique-opera-classiquenews-tcherniakov-classiquenews-critique-reviewDVD, Blu-ray, critique : Wagner: Tristan et Isolde – Barenboim (Berlin, 2018 – Tcherniakov – 2 dvd Bel Air classiques)  -  Berlin avril 2018. Daniel Barenboim en dirigeant cette nouvelle production de Tristan offre une leçon de direction subtile, profonde allusive d’une sincĂ©ritĂ© irrĂ©sistible qui enchante dĂšs le dĂ©but. L’ouverture saisit par l’intelligence des phrasĂ©s aux flĂ»tes et aux cordes (tempi Ă©tirĂ©s, suspendus, Ă©nigmatique, qui portent au mystĂšre de l’acte II), Ă  ce que disent les cors orfĂ©vrĂ©s, d’une incroyable couleur lumineuse et crĂ©pusculaire Ă  la fois, pleins et riches d’une ivresse et d’une langueur extatiques, Ă©noncĂ©es comme des questionnements sans fin, faisant jaillir le miracle et l’absolu de l’amour (et l’anĂ©antissement des Ăąmes qu’il produit). Avec le recul la pandĂ©mie ayant dĂ©construit tout un monde et un ordre mondial perdu, on se dit que ce son articulĂ©, ciselĂ© par un chef wagnĂ©rien de premier plan, en 2018, dit une plĂ©nitude Ă  jamais inatteignable.

 

 

 

Fosse et chanteuses somptueuses

 

 

 

Sur scĂšne, la relecture de Tcherniakov tire non sans rupture avec l’excellence orchestrale de la fosse, vers un thĂ©Ăątre rĂ©aliste : dĂ©cors modernes, oĂč le bateau du I se fait salon d’un jeune cadre trader de la classe moyenne supĂ©rieur et le jeune matelot, un invitĂ© Ă©garĂ© dans une soirĂ©e arrosĂ©e entre business men ; oĂč Isolde et BrangĂ€ne, ambassadrices d’une tragĂ©die Ă©motionnelle explosive, font incursion de façon artificielle dans un contexte trop dĂ©calĂ©. Fi du moyen Ăąge, des chevaliers, de cette Irlande des preux et gentes dames. Tcherniakov nous plonge dans une actualisation imposĂ©e Ă  coup de forceps car il faut quoi qu’il en coĂ»te, que la grille thĂ©Ăątrale retenue s’accorde au drame musical et aux situations originelles. Limites des mise en scĂšne actualisantes. Ce salon est celui d’un yacht qui vogue vers la cour du roi Mark de Cornouailles. Quel dommage que la scĂ©nographie soit aussi peu en phase avec les situations ; que les dĂ©cors Ă©cartent toute poĂ©sie de la lyre lĂ©gendaire et mĂ©diĂ©vale pourtant inscrite au cƓur de ce sommet romantique de 1865.
Heureusement, les chanteurs suivent le chef et partagent son souci d’articulation prĂ©cise exprimant du texte toutes les nuances de l’allusion et des connotations coupables, maladives, dĂ©primĂ©es. Isolde pleine de ressentiments (convaincante Anja Kampe), victime forcĂ©e d’une tractation qui la choque; BrangĂ€ne (excellente Ekaterina Gubanova) prĂȘte Ă  suivre et servir sa maĂźtresse ; leur duo est plus que convaincant. Leur complĂ©mentaritĂ© irradie tout le I ; en phase avec le tapis orchestral, les 2 cantatrices emportent l’adhĂ©sion par ce travail de justesse. Et l’on comprend que le I est l’acte qui cimente Isolde dans sa peine incommensurable ; qui expose la loyautĂ© maternelle et protectrice de BrangĂ€ne pour la princesse destinĂ©e Ă  ĂȘtre reine de Cornouailles.
CĂŽte hommes, s’il a le timbre et la projection d’une constante intensitĂ©, le Tristan d’Andreas Schager peine Ă  nuancer Ă  l’Ă©gal de ses partenaires fĂ©minines ; son vibrato trop prĂ©sent ici, finit par diluer toute les phrases ; telle affectation dans le style amollit la conception du personnage pourtant clĂ©. A 1h20: l’embrasement des 2 cƓurs qui se reconnaissent en dĂ©pit de tout [sous l'effet du philtre] au moment oĂč retentit l’hommage au roi mark Ă  l’approche de la Cornouaille, se rĂ©alise nĂ©anmoins dans une ivresse libĂ©ratrice, d’une force musicale saisissante.

Dans ce jeu de dĂ©construction pseudo creative et de rĂ©Ă©criture thĂ©Ăątreuse plutĂŽt creuse, tout n’est pas Ă  jeter pour autant, -chaque production peut rĂ©vĂ©ler ses surprises… ici en fin d’action. Le dĂ©but du III reste hypnotique grĂące Ă  un jeu dĂ©pouillĂ© proche du suĂ©dois Bergman oĂč dans une chambre close bientĂŽt rendue par Kurwenal Ă  la lumiĂšre du jour, attend malade anĂ©anti mais plein d’espoir un Tristan alitĂ©, mourant ; c’est moins Kurwenal aux phrasĂ©s indĂ©cis, aux lignes mal assurĂ©es (inconstant Boaz Daniel) que l’excellent jeune matelot de Linard Vrielink dĂ©jĂ  Ă©coutĂ© dans le mĂȘme rĂŽle Ă  Aix (retrouver ci dessous lien vers la critique Aix 2021), qui souligne ce travail millimĂ©trĂ© dĂ©veloppĂ© sous la conduite du chef orfĂšvre, lequel en fosse poursuit des merveilles d’intentions musicales ; ciselant une Ă©toffe orchestrale pleine de nuances et de connotations finement cousues par des instruments infiniment raffinĂ©s [le babil des flĂ»tes et clarinette quand Tristan croit voir Isolde arriver enfin sur les cĂŽtes bretonnes] ; oĂč le chant des instruments rappelle Ă  chaque mesure le poids et l’Ă©loquence d’un passĂ© inĂ©luctable [murmures caressants de la clarinette, du cor jaillissant ondulant, scintillant, melliflu...] , qui engage les protagonistes Ă  leur solitude, leur propre destin.

 

 

 

La fosse miraculeuse
sublimée par Daniel Barenboim

 

 

 

Le miracle Barenboim s’accomplit. Musique de la psychĂ© aux phrases puissantes et longues comme suspendues et interrogatives pour lesquelles en un arioso extatique le chant de Tristan (en malade hallucinĂ©) gagne une intensitĂ© remarquable : le jeu d’acteur, malgrĂ© des dĂ©faillance liĂ©es Ă  longueur du rĂŽle et l’ampleur de son solo tragique, est alors stupĂ©fiant.
Cette blessure tragique qui s’Ă©coule et dilue jusqu’Ă  l’essence du hĂ©ros, (comme plus tard l’autre maudit fautif Amfortas dans Parsifal), est au cƓur du dernier acte. Comme une psychanalyse qui surgit ; le hĂ©ros aux portes du trĂ©pas, interroge ses origines, ses parents, la nature du dĂ©sir qui le dĂ©vore et le conduit Ă  la mort, – vertige immense et sublime dĂ©voilĂ© par la direction saisissante de Barenboim. La soif d’amour de Tristan dĂ©possĂ©dĂ© d’Isolde finit par le tuer, avant qu’Isolde ne meurt elle aussi d’amour mais dans la lumiĂšre [ce qui est refusĂ© Ă  Tristan].

CLIC_macaron_2014La baguette du chef et les chanteurs font la valeur de cette production berlinoise de trĂšs haut vol sur le plan artistique. La vision de Tcherniakov reste terre Ă  terre et thĂ©Ăątralement surjouĂ©e ; plutĂŽt que d’Ă©claircir l’action, Tcherniakov la charge d’une lourdeur maladive systĂ©matique [surenchĂšre de vidĂ©os au moment clĂ© de l'action] qui finit par dĂ©noter avec le miracle wagnĂ©rien. Musicalement, la production est splendide.

 

 

 

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DVD, Blu-ray, critique : WAGNER: Tristan et Isolde – Barenboim (Berlin, 2018 – Tcherniakov – 2 dvd Bel Air classiques). CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2022. Parution annoncĂ©e : le 27 mai 2022.

 

 

 

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VISIONNER LE TEASER VIDEO : 

 

 

 

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Wagner : Tristan et Isolde
[DVD & Blu-ray]
Opéra en trois actes, 1865
Musique et livret Richard Wagner (1813-1883)

PLUS D’INFOS sur le site de BEL AIR CLASSIQUES :
https://belairclassiques.com/catalogue/wagner-tristan-und-isolde-daniel-barenboim-dmitri-tcherniakov-anja-kampe-andreas-schager-dvd-blu-ray

Distribution

Tristan : Andreas Schager
Roi Marke : Stephen Milling
Isolde : Anja Kampe
Kurwenal : Boaz Daniel
Melot : Stephan RĂŒgamer
BrangÀne : Ekaterina Gubanova
Un timonier : Adam Kutny
Un berger / Un jeune marin : Linard Vrielink
(lire aussi notre critique de TRISTAN UND ISOLDE, Aix en Provence 2021 avec Lianrd Vrielink :
https://www.classiquenews.com/critique-opera-wagner-tristan-und-isolde-le-9-juil-2021-stuart-skelton-tristan-nina-stemme-isolde-mise-en-scene-simon-stone-lso-london-symphony-orchestra-direction-musicale-simon/ )

Cor anglais : Florian Hanspach-Torkildsen (Acte III)

Staatskapelle Berlin | Staatsopernchor Berlin
Daniel Barenboim, direction

Mise en scÚne et décors : Dmitri Tcherniakov

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CRITIQUE, concert du NOUVEL AN 2022. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2022. Wiener Philharmoniker, Daniel Barenboim : Strauss (Johann I, II, Josef, Eduard), Josef Hellmesberger fils…

new-year-concert-concert-nouvel-an-2022-daniel-Barenboim-wiener-philharmoniker-philhar-vienne-critique-annonce-classiquenewsCRITIQUE, concert. WIEN, VIENNE (Autriche), le 1er janvier 2022. CONCERT DU NOUVEL AN 2022 – Wiener Philharmoniker, Daniel Barenboim, direction  -  Sous les ors nĂ©oclassiques de la Salle dorĂ©e du Musikverein Ă  Vienne, et devant le public (aprĂšs son absence en 2021 en raison du confinement), les instrumentistes viennois retrouvent pour la 3Ăšme fois, le chef Daniel Barenboim, comme prĂ©cĂ©demment en 2009, 2014, et donc en ce jour inaugural de l’annĂ©e 2022… Au programme, les Wiener Philharmoniker dont les instrumentistes Ă©laborent la sĂ©lection des partitions jouĂ©es, un retour au fondamentaux de ce rituel de dĂ©but d’annĂ©e, que des Viennois pas de compositeurs europĂ©ens invitĂ©s comme ce fut le cas des Ă©ditions prĂ©cĂ©dentes. Avec une rĂ©fĂ©rence au milieu de la presse du XIXĂšme Ă  l’époque des Strauss : « premiĂšres feuilles », « petites chroniques », 
 autant de citations propres aux medias d’alors que les Strauss Ă©voquent avec un entrain proche de la frĂ©nĂ©sie. A croire que dĂ©jĂ , l’actualitĂ© bouillonnante n’attendait pas l’analyse et le recul, mais le spectaculaire et le sensationnel.

Le dĂ©but Ă©voque la figure du PhĂ©nix, oiseau fantastique capable de renaĂźtre de ses cendres, beau symbole de rĂ©silience, plutĂŽt opportun dans le contexte de pression sanitaire actuel. L’Autriche quelques jours avant NoĂ«l a du se reconfiner


 

 

Le génie straussien : Johann II et Josef

 

 

Barenboim a jouĂ© avec les Viennois en tant que pianiste ; il les a en de nombreuses fois dirigĂ©s comme chef
 cette entente naturelle, et l’expĂ©rience partagĂ©e qui suscite la complicitĂ©, s’entendent immĂ©diatement dĂšs la premiĂšre Ɠuvre (Marche du Phoenix de Josef Strauss) ; avec un sens de l’architecture dramatique, du dĂ©tail dans l’équilibre des timbres qui soulignent combien les Strauss ont su ciseler la parure orchestrale de chacune de leurs valses.

strauss josef portrait classiquenewsLe Concert 2022 met l’accent sur l’écriture de Josef, aussi Ă©lĂ©gante et raffinĂ©e que celle de son frĂšre ainĂ©, Johann II. AprĂšs le dĂ©clin physique de ce dernier, Josef pourtant douĂ© comme ingĂ©nieur, dut prendre la direction de l’orchestre familial et diriger Ă  son tour les musiciens de tournĂ©e en tournĂ©e. C’est extĂ©nuĂ© et lui aussi usĂ©, qu’il meurt entre deux concerts en Pologne
 triste existence mais Ɠuvre incomparable. La Phönix-Marsch, op. 105 est une marche enchantĂ©e, pleine de joie pĂ©tillante, lever de rideau idĂ©al oĂč brillent flĂ»tes, cors, l’excitation aussi de la caisse claire – c’est une introduction courte, pleine d’astuces et de facĂ©tie propre Ă  l’inspiration d’un Josef qui n’a rien Ă  envier Ă  son ainé 

Ce dernier dans « Phönix-Schwingen » op. 125 – les ailes du PhĂ©nix Ă©crit une grande valse : poĂ©sie ciselĂ©e instrumentale, parcourue d’éclairs, en un flux dramatique qui invite immĂ©diatement la valse orchestrale et symphonique d’une noblesse irrĂ©sistible. Johann II exploite Ă  dessein les contrastes flĂ»tes / violoncelles ; tandis que spĂ©cifique, la disposition du « mur des contrebasses » en fond de scĂšne, s’impose par son agilitĂ© magicienne (encore une spĂ©cificitĂ© viennoise) ; on savoure le piccolo mordant et la noblesse des cors
 la verve du compositeur-narrateur chante la fĂ©erie de cette matiĂšre orchestrale conçue comme un formidable livre de contes et lĂ©gendes ; Strauss enchante littĂ©ralement par l’intelligence de l’orchestration (scintillement du triangle et du piccolo, ajouts de la harpe et de la traversiĂšre) ; on remarque beaucoup de nouveaux visages dans les rangs du philharmonique, et toujours prĂ©servĂ© cette Ă©lĂ©gance et cette finesse de la sonoritĂ©, y compris dans les tutti, jamais Ă©pais.

La SirĂšne (Polka mazur opus 248) de Josef, montre combien l’ingĂ©nieur, Ă©tait douĂ© pour les polkas mazurkas (lentes) : cor nobles et majestueux, mĂ©lodies tziganes Ă©thĂ©rĂ©es et Ă©vanescentes ; nostalgie d’une dĂ©licatesse ciselĂ©e (harpe omniprĂ©sente), recherche de texture, de sensualitĂ© graduelle vers le tutti final des plus magiciens
 rien Ă  dire Ă  cette maĂźtrise qui Ă©gale celle de son frĂšre ainĂ©, Johann II. Barenboim a bien raison de mettre ainsi l’accent sur le talent de Josef.

Le programme Ă©voque l’activitĂ© de la presse de l’époque. C’est d’abord « Kleiner Anzeiger », Galop op. 4 (petites annonces) de Josef Hellmesberger (fils), premiĂšres rĂ©fĂ©rences Ă  la presse, galopante partition d’une frĂ©nĂ©sie 
 mĂ©diatique ; puis « Feuilles du matin » / MorgenblĂ€tter op. 279 de Johann Strauß II est une valse dĂ©veloppĂ©e qui Ă©voque les journaux partenaires du fameux bal Concordia (1864) organisĂ© par les journalistes : valse classique, ample et poĂ©tique, d’un raffinement emblĂ©matique du clan des frĂšres Strauss (triangle cristallin du matin, nostalgie et fanfaronnade du le tuba trĂšs en verve
). Enfin, pour conclure cette premiĂšre partie, « Petite Chronique » / Kleine Chronik opus 128 d’Eduard Strauß dĂ©roule sur un train d’enfer, une polka rapide et enjouĂ©e qui touche autant par sa motricitĂ© Ă©lectrisĂ©e que par la poĂ©sie des options instrumentales.

barenboim-daniel-maestro-classiquenews-compte-rendu-critique-concertsAprĂšs la pause (le temps du journal de la mi journĂ©e sur France 2), reprise avec plusieurs pĂ©pites dont la sĂ©duction va crescendo. Pianiste mozartien, mais aussi chef lyrique familier du dramatisme et de la suggestion, Daniel Barenboim dirige d’abord l’ouverture de La Chauve souris / « Die Fledermaus », sommet de l’élĂ©gance viennoise pour les planches, qui rĂ©vĂšle toute la science gĂ©niale de Johann Strauss II. Se distinguent surtout la frĂ©nĂ©sie et la nervositĂ© claire et dĂ©taillĂ©e d’une direction pleine de vivacitĂ©, plutĂŽt enjouĂ©e qui exprime l’esprit de fĂȘte et la pĂ©tillance d’un sublime lever de rideau. La direction est affĂ»tĂ©e, vive, surtout Ă©conome dans sa gestuelle millimĂ©trĂ©e. L’unisson souple et aĂ©rien des cordes frĂ©tille comme l’ébullition avant le saut du champagne ; c’est d’ailleurs toute l’énergie des bulles que fait surgir avec Ă  propos maestro Barenboim. Ainsi la polka qui suit « Champagner-Polka. Musikalischer Scherz », op. 211 du mĂȘme Johann II, fait directement rĂ©fĂ©rence Ă  l’hyperactivitĂ© des bulles. Ainsi en plus de son Ă©lĂ©gance et de son raffinement, la lĂ©gĂšretĂ© liquide est une autre vertu des Wiener Philharmoniker.

Puis aprĂšs une valse enjouĂ©e pareillement de Carl Michael Zieren, « NachtschwĂ€rmer. Walzer », op. 466, au bel aplomb militaire, Ă  l’élĂ©gance instrumentale toute 
 « impĂ©riale » (et qui cĂ©lĂšbre aussi l’ivresse hĂ©doniste des oiseaux de nuits ou fĂȘtards en diable), le programme aborde l’autre thĂ©matique phare de cette annĂ©e, l’orient ou plutĂŽt l’orientalisme, celui rĂȘvĂ©, fantasmĂ© par les compositeurs fin de siĂšcle comme GĂ©rĂŽme entre autres.

STRAUSS johann II portrait 2 Johann_Strauss_Jr._1880'sL’orient, aprĂšs la marche turc de Mozart
 et son opĂ©ra L’EnlĂšvement au sĂ©rail, inspire nos Viennois. De Johann Strauss II, la « Persischer Marsch », op. 289 (Marche persane) libĂšre le potentiel expressif et nuancĂ© des instruments, trĂšs en verve sur le thĂšme oriental : flĂ»tes et piccolos endiablĂ©s, cuivres racĂ©s, frĂ©nĂ©sie qui a du chien et du style sur le rythme enjouĂ© pointĂ© par la caisse claire. Puis du mĂȘme Johann Strauss fils, « Tausend und eine Nacht » / valse / walzer, op. 346, permet aux instruments rois, chacun finement caractĂ©risĂ©s de faire valoir leur personnalitĂ© : solo nostalgique du violoncelle ; chef et orchestre se font danseurs dans une musique de fĂȘte, littĂ©ralement magicienne ; leur rĂ©pond la chorĂ©graphie du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne dans une sĂ©quence dĂ©sormais incontournable filmĂ©e au soleil dans le parc de Schönbrunn, ce Versailles viennois
 Barenboim articule, chante ce rĂȘve Ă©veillĂ© qui rappelle l’énergie printaniĂšre de la valse du printemps que Karajan savait faire jubiler (mais sans la voix de Kathleen Battle) ; lĂ  encore, on note la splendide caractĂ©risation par l’orchestre.

TrĂšs bien conçu, le programme de cette seconde partie enchaĂźne deux rĂ©vĂ©lations, orchestralement passionnantes, de deux compositeurs mĂ©connus, mais dont l’orchestration n’a rien Ă  envier de leurs confrĂšres plus cĂ©lĂšbres. D’abord, le dernier du clan Strauss, Eduard et sa « Gruß an Prag » / hommage Ă  Prague : Polka française, op. 144 pleine de saveur, dĂ©licatesse, Ă©lĂ©gance et aussi de facĂ©tie (flĂ»te traversiĂšre et piccolo, formant un gazouillis magistral) ; la direction de Barenboim est Ă©conome et trĂšs aĂ©rĂ©e, lĂ©gĂšre, prĂ©cise qui ne rate jamais ses ralentis amoureux ni les attaques prĂ©cises ni la tendresse des reprises. Les instrumentistes quant Ă  eux, outre le sujet, rendent un bel hommage Ă  Eduard, le cadet (trop) oubliĂ© de la fratrie Strauss, mort en 1916 aprĂšs avoir tentĂ© de poursuivre l’orchestre familial aprĂšs la mort de ses ainĂ©s 


 

 

Raffinement oriental selon Josef Hellmesberger II

 

 

Le clou de cette partie demeure « HeinzelmĂ€nnchen » / Les elfes de Josef Hellmesberger fils, Ă©tonnante premiĂšre fois dans un concert du Nouvel An, alors que le compositeur nĂ© en 1855 mort en 1907, rejeton d’un clan de musiciens, devint le chef du Philharmonique de Vienne de 1901 Ă  1903 ! Il Ă©tait temps de le rĂ©estimer d’autant que cette danse de caractĂšre diffuse un charme orientalisant enivrant ; plein d’humour et de panache, entre facĂ©tie et grotesque ; le chef dirige Ă  peine, tant l’écoute mutuelle, le plaisir collectif, la complicitĂ© et l’entente des instrumentistes rayonnent dans cette piĂšce cinĂ©matographique qui ferait un excellent Ă©pisode musical pour Agatha Christie ; fidĂšle hĂ©ritier de la tradition Strauss, Hellmesberger fils rĂ©alise ainsi un formidable condensĂ© des meilleurs Strauss, Johann II et Josef. Aux accents pucciniens aussi, colorĂ©e de fanfares dansantes qui cite l’extrĂȘme fin de siĂšcle. A mettre entre toutes les mains de 2022 pour vivre une Ă©ternelle vie optimiste et solaire.

Comme un hommage spĂ©cifique, Barenboim et les Viennois choisissent de terminer le programme 2022 par 2 partitions (sublimes) du frĂšre de Johann II, Josef, qui dut abandonner sa carriĂšre d’ingĂ©nieur pour reprendre la direction de l’orchestre familial, sacrifice et implication de « PĂ©pi », mort d’épuisement en 1870 aprĂšs une tournĂ©e extĂ©nuante en Pologne. Josef aussi raffinĂ© et inspirĂ© que Johann, la dĂ©monstration est faite si l’on en doutait encore. C’est d’abord la suprĂȘme Ă©lĂ©gance de « Nymphen-Polka », op. 50, un instant suspendu oĂč les musiciens s’accordent aux chevaux du ballet Ă©questre des Ă©talons blancs, sĂ©quence mĂ©morable de (trĂšs) haute technicitĂ© qui accorde animaux et hommes. La grĂące Ă  l’état pur. Puis, la valse « SphĂ€renklĂ€nge » walzer, op. 235 / Musique des SphĂšres, montre combien Josef maĂźtrise le genre : sublime Ă©veil Ă  la voluptĂ© – aux cordes seules
 dont le chant d’une pudeur Ă©thĂ©rĂ©e sous la rĂ©serve du chef connaisseur et presque malicieux (dĂ©licatesse des fins de phrases, avec flĂ»tes en gazouillis) ; la verve facĂ©tieuse de Josef signe lĂ  l’une de ses meilleures pages.

Puis, « Ă  la chasse » ( lancĂ© par un claquement prodigieux) de Johann Strauss II galope comme un cheval fougueux mais contrĂŽlĂ© ; l’orchestre jubile sur une foulĂ©e sidĂ©rante de souplesse et d’éloquence, en une Ă©nergie dansante, domestiquĂ©e ; la sonoritĂ© brillante et raffinĂ©e est d’une folle Ă©lĂ©gance, au faux dĂ©bridĂ©, d’une trĂšs savante libertĂ© fantaisiste.

Daniel Barenboim sublime ElgarRespectueux de la tradition et d’un rituel Ă  prĂ©sent bien rĂŽdĂ© avec le public, enfin de retour dans la salle dorĂ©e, le Beau Danube Bleu amorcĂ© puis interrompu comme il se doit, permet la proclamation des voeux de nouvel an. Maestro engagĂ©, Daniel Barenboim nous rappelle dans un court discours combien l’image d’un orchestre enchanteur peut inspirer encore et toujours: « 
 c’est la 3Ăš fois pour moi que je dirige l’Orchestre ; les musiciens forment une communautĂ© unique, exemplaire ; la crise sanitaire que nous vivons est une catastrophe humaine car elle met la distance entre chacun de nous ; ici nous formons une assemblĂ©e de frĂšres rĂ©unis : bel exemple d’une humanitĂ© fraternelle, resserrĂ©e, formant communautĂ© ; la musique permet de rapprocher les cultures et de rĂ©concilier les peuples ; ce concert souhaite ĂȘtre un hymne pour la paix universelle », prĂ©cise Daniel Barenboim. « Mais c’est une utopie difficile Ă  penser quand on constate la dissonance des Ă©tats Ă  trouver une solution commune face Ă  l’urgence climatique », ajoute le maestro trĂšs pertinent.

Le chef enchaĂźne ensuite l’intĂ©grale du Beau Danube Bleu dont l’élĂ©gance approche le sublime, entre onirisme et vĂ©ritĂ© (profondeur viscĂ©rale des cordes, et chant des violoncelles dĂ©chirant). La piĂšce initialement composĂ© pour voix d’hommes, dĂ©voile toujours Ă  l’orchestre son fort pouvoir attractif, c’est l’une des plus magiciennes qui soit. CD, DVD, Blu ray sont annoncĂ©s d’ici la fin janvier 2022, Ă©ditĂ©s par Sony classical. Prochaines critiques Ă  suivre dans le mag cd dvd livres de classiquenews.

 

 

 

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CRITIQUE, concert du NOUVEL AN 2022. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2022. Wiener Philharmoniker, Daniel Barenboim : Strauss (Johann I, II, Josef, Eduard), Josef Hellmesberger fils…

 

 

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VIENNE, Concert du Nouvel An 2022, 1er janv 2022, 11h (Barenboim)

CONCERT DU NOUVEL AN 2019VIENNE, Concert du Nouvel An 2022, 1er janv 2022, 11h. C’est le concert le plus mĂ©diatisĂ© au monde (diffusion dans 90 pays), rituel incontournable pour fĂȘter la nouvelle annĂ©e et rĂ©ussir le passage de l’ancien au nouvel an. La Salle dorĂ©e du Musikverein de Vienne est l’écrin de ce programme symphonique qui doit son prestige Ă  l’excellence de l’orchestre requis, le Philharmonique de Vienne, (nouvelle) cette annĂ©e 2022, sous la baguette de Daniel Barenboim, dĂ©jĂ  de service le 1er janvier 2014. Daniel Barenboim conclut ainsi sa coopĂ©ration avec les Wiener Philharmoniker, amorcĂ©e depuis 1965. AprĂšs les Ă©ditions 2009 et donc 2014, 2022 marque la 3Ăš fois que le chef dirige les instrumentistes viennois.

strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888 Rien de plus enivrant dans l’énergie, le raffinement, l’élĂ©gance (viennoise) que les Valses composĂ©es par le clan Strauss (pĂšre : Johann I) et fils (Johann II, Josef, Eduard). Diriger en cette occasion le « meilleur orchestre du monde » est une consĂ©cration ; revenir est un sacre que le maestro Ă  la triple nationalitĂ© (israĂ©lienne, argentine, palestinienne) mĂ©rite sans rĂ©serve tant il est l’un des rares artistes qui outre ses talents musicaux, prend le temps de s’engager pour rĂ©concilier les peuples (en particulier, faire jouer ensemble jeunes musiciens israĂ©liens et palestiniens). Une expĂ©rience qui reste encore un dĂ©fi, de moins en moins possible, tristement. Pourtant il n’est pas d’exemples plus Ă©loquents qu’un orchestre pour dĂ©montrer certes le pouvoir universel de la musique, surtout que l’utopie du vivre ensemble est bien possible. Unir et fĂ©dĂ©rer des individualitĂ©s distinctes voire affirmĂ©es (chaque instrument soliste) dans la mĂȘme direction : quelle preuve de cohĂ©sion et de fraternitĂ©, plus admirable ? Le symbole est fort, inestimable, irremplaçable en vĂ©ritĂ©. C’est le meilleur moyen actuel pour conjurer la violence, l’inquiĂ©tude que fait planer la crise sanitaire qui n’en finit pas
 Bonne annĂ©e 2022 !

 

 

 

NOUVEL AN Ă  Vienne : Un 1er janvier sans public

 

 

 

NOUVEL AN AU MUSIKVEREIN

NEW YEAR’S CONCERT 2022, VIENNAboutonreservation
CONCERT DU NOUVEL AN 2022 Ă  VIENNE
Samedi 1er janvier 2022, 11h
Musikverein, Golden Hall, Vienna, Austria

Orchestre Philharmonique de Vienne
Wiener Philharmoniker
Daniel Barenboim, direction

 

Diffusion en direct sur FRANCE 2 et FRANCE MUSIQUE.

 

Ɠuvres de Josef Strauß, Johann Strauß Jr., Joseph Hellmesberger Jr., Eduard Strauß, Carl Michael Ziehrer

 

 

 

PROGRAM/ME

Josef Strauß
Phönix-Marsch, op. 105

Johann Strauß II.
Phönix-Schwingen. Walzer, op. 125

Josef Strauß
Die Sirene. Polka mazur, op. 248

Josef Hellmesberger (Sohn)
Kleiner Anzeiger, Galop op. 4

Johann Strauß II.
MorgenblÀtter. Walzer, op. 279

Eduard Strauß
Kleine Chronik. Polka schnell, op. 128

Johann Strauß II.
OuvertĂŒre zur Operette “Die Fledermaus »

Johann Strauß II.
Champagner-Polka. Musikalischer Scherz, op. 211

Carl Michael Zieren
NachtschwÀrmer. Walzer, op. 466

Johann Strauß II.
Persischer Marsch, op. 289

Johann Strauß II.
Tausend und eine Nacht. Walzer, op. 346

Eduard Strauß
Gruß an Prag. Polka française, op. 144

Josef Hellmesberger (Sohn)
HeinzelmÀnnchen

Josef Strauß
Nymphen-Polka, op. 50

Josef Strauß
SphÀrenklÀnge (Music of the Spheres). Walzer, op. 235

 

 

 

Rituel de fin de concert. Chaque annĂ©e les instrumentistes viennois et le chef, fĂȘtent la bonne annĂ©e, aprĂšs avoir entamĂ© les premiĂšres mesures de la Marche de Radetzy (Johann pĂšre / avec la claque du public prĂ©sent dans la salle), puis enchaĂźnent avec la perle des joyaux straussiens… Le Beau Danuble Bleu de Joahnn fils…
/ Johann Strauß’ Radetzky March, op. 228, was first performed in a Vienna Philharmonic New Year’s Concert on January 1, 1946. Josef Krips was the conductor, and according to a note in the Vienna Philharmonic archives, the march was performed before the Blue Danube Waltz as a first encore.

Le Beau Danube Bleu, valse des valses conclut le programme viennois. LĂ  aussi, l’orchestre joue la premiĂšre mesure, s’interrompt pour souhaiter la bonne annĂ©e.

 

 

  

 

  

 

 

COMPTE-RENDU, critique, PIANO. PARIS, Philharmonie, 19, 21 janvier 2020. DEUX RÉCITALS Daniel BARENBOIM, piano. BEETHOVEN : fin de l’intĂ©grale des Sonates.

Daniel Barenboim sublime ElgarCOMPTE-RENDU, critique, PIANO. PARIS, Philharmonie, 19, 21 janvier 2020. DEUX RÉCITALS Daniel BARENBOIM, piano. BEETHOVEN : fin de l’intĂ©grale des Sonates. Il y a un an, Daniel Barenboim ouvrait Ă  la Philharmonie de Paris le cycle complet des 32 sonates de Beethoven avec au programme de ce premier concert, la Sonate n°1 opus 2 n°1, la Sonate n°18 opus 31 n°3, et la Sonate n°29 opus 106 « Hammerklavier ». Ne passant pas par quatre chemins, il donnait ainsi d’emblĂ©e la mesure de l’ouvrage, posant l’inaugurale sonate dĂ©diĂ©e au maĂźtre Haydn, dans sa forme conventionnelle, au pied de l’Everest opus 106, composĂ© vingt ans plus tard. Ce mois de janvier 2020, alors que la cĂ©lĂ©bration du 250Ăšme anniversaire de la naissance du compositeur n’a fait que commencer, il a refermĂ© le cycle avec deux concerts, au terme desquels bien sĂ»r la sonate n°32 opus 111.

 

 

 

BARENBOIM ACHÈVE À NOUVEAU SA LONGUE ASCENSION DU MASSIF BEETHOVEN

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Hors de leur ordre chronologique, Barenboim Ă©quilibre ses programmes piochant Ă  bon escient quatre sonates pour chacun d’eux, dans les diffĂ©rentes pĂ©riodes de composition. Ainsi l’auditeur occasionnel peut apprĂ©hender l’Ɠuvre du compositeur sous ses aspects successifs. Le 19 janvier, il commence avec la paisible sonate n°15 opus 28, dite pastorale. Il en brosse l’atmosphĂšre sans empressement, laissant dĂ©jĂ  apparaĂźtre de beaux et dĂ©licats pianissimos, jouant d’échos dans le scherzo, laissant Ă©clore le rondo allegro final comme un lever de jour, par la fraiche Ă©mergence de ses contrastes. Manifestement gĂȘnĂ© par les toux nombreuses et intempestives d’un public peu concentrĂ©, le pianiste signifie cette incommoditĂ© en agitant son mouchoir, geste hĂ©las devenu rĂ©curant. La sonate n°3 opus 2 n°3 en pĂątira par endroits, les tierces un peu « savonnĂ©es » manquant de nettetĂ©. Mais Barenboim est maĂźtre dans la science des phrases, qu’il sait conduire et soigner d’un bout Ă  l’autre, et il nous amĂšne dans un adagio jouĂ© mezza voce, sans sĂ©cheresse, sur les couleurs denses des basses, qui nous fait retenir notre souffle, jusqu’au scherzo espiĂšgle, puis Ă  l’allegro oĂč les accords de sixte s’amusent Ă  grimper puis redescendre non sans jubilation. La Sonate n° 24 opus 78 « À ThĂ©rĂšse » part mal, en dĂ©pit d’un dĂ©but trĂšs solennel, et D. Barenboim ne parvient pas Ă  la domestiquer, malgrĂ© sa technique et sa connaissance infaillible du texte. Elle sort maladroite, et il s’en faut de peu qu’elle parte dans le dĂ©cor. Dommage pour ce bijou en deux mouvements si attendu. La sonate n°30 opus 109 commence dans un halo de pĂ©dale, faisant Ă©cho Ă  la Pastorale entendue en ouverture, et dĂ©ploie ses arpĂšges expressifs sans prĂ©cipitation, loin du brio technique. Contrastent avec ces larges Ă©ventails de notes de touchants passages pp et mĂȘme ppp, murmures tĂ©nus du plus tendre effet. Dans leur foulĂ©e le Prestissimo un peu alourdi n’est que presto: il n’est pas ce tourbillon hallucinĂ©, cette course effrĂ©nĂ©e au souffle court, mais donne Ă  entendre ses moindres dĂ©tails contrapuntiques. Le thĂšme de l’Andante lui aussi arrive un peu plombĂ©, trop lent et appuyĂ©. les variations qui suivent trouvent malgrĂ© cela leur ton juste, et le temps qui leur convient. La fin avec le retour du thĂšme est poignante de recueillement.

Le 21 janvier, la salle Pierre Boulez accueillait une derniĂšre fois le public, y compris sur scĂšne, pour l’ultime volet de l’intĂ©grale. En premiĂšre partie, deux sonates des premiers opus. La sonate n°9 opus 14 n°1 en mi majeur rĂ©vĂšle sous son ton badin un toucher fin et rond. Barenboim ne dĂ©laisse aucunement le charme et l’esprit de cette sonate, soignant les phrases jusqu’au bout, changeant subtilement d’intonation dans le « da capo » de l’Allegretto, donnant vie Ă  l’Allegro comodo par des dynamiques savamment dosĂ©es, sur le lĂ©ger bouillon des basses en triolets. La sonate n°4 opus 7 lui emboĂźte le pas un demi-ton plus bas (en mi bĂ©mol majeur). Elle emporte notre enthousiasme, sans nul doute la plus rĂ©ussie du programme. Le premier mouvement est brillant, impĂ©tueux et contrastĂ©, jouĂ© dans l’urgence de son rythme ternaire, ponctuĂ© des Ă©clats de ses sforzando. Le largo est magnifique de retenue et de profondeur: Barenboim nous en offre les silences comme des miroirs de l’ñme, donne Ă  ses notes Ă©parses une densitĂ© expressive bouleversante, sort du piano des trĂ©sors de sons, des pianissimi miraculeux, suspend le temps. Le dernier mouvement est un enchantement, tout en dĂ©licatesse et rondeur de propos. Barenboim possĂšde cet art de l’enchaĂźnement, glissant avec souplesse d’un thĂšme Ă  l’autre, sans aucune rupture. La sonate n°22 opus 54, une autre de celles en deux mouvements qui Ă©maillent le corpus, tranche par l’austĂ©ritĂ© de ses octaves (menuetto) et frappe par ses contrastes et ses accentuations Ă  contre-pied. En particulier dans l’allegretto, Barenboim semble opposer deux Ă©lĂ©ments, la terre et l’air, et tendre l’Ɠuvre entre ces deux pĂŽles, alternant vision tellurique et impalpable atmosphĂšre, avant de culminer dans la jubilation de la coda « piu allegro ». Cette sonate et sa tonalitĂ© de fa majeur articule idĂ©alement le programme entre les prĂ©cĂ©dentes et la suivante, l’ultime sonate n°32 opus 111. Barenboim y marque Ă©galement fortement les contrastes: le premier mouvement Ă  l’ouverture massive (Maestoso) et au dĂ©veloppement tellurique, tenu fermement, est d’une rudesse et d’une Ă©nergie puisĂ©e Ă  la limite de ses ressources, telle une lutte acharnĂ©e; dans le second mouvement, l’Arietta chantant dans une douceur et une humilitĂ© infinies laisse place aux variations jouĂ©es dans des dynamiques trĂšs mesurĂ©es, jusqu’à la rarĂ©faction sonore maximale. Barenboim nous emmĂšne aux confins du son dans les deux derniĂšres variations, nous fait tendre l’écoute vers l’épicentre de la scĂšne, pour atteindre le firmament tĂ©nu des doubles croches perchĂ©es dans l’aigu du clavier, prenant un risque non nĂ©gligeable en abandonnant toute idĂ©e de projection fusse-t-elle minime dans le volume acoustique de la salle, celui de friser l’inconsistance sonore. Il n’en sera heureusement rien, et malgrĂ© des accrocs ici et lĂ , dans les octaves du premier mouvement notamment, et une erreur Ă  la fin de la deuxiĂšme variation, il n’aura cessĂ© de nous toucher par la profondeur et l’authenticitĂ© de son expression. Le rĂ©cital s’achĂšve sur le dĂ©risoire, mais ĂŽ combien symbolique, quart de soupir qui boucle le cycle des sonates. Par une ovation debout, le public tĂ©moigne de sa gratitude envers l’immense musicien pour avoir ainsi fait couler le fleuve des plus grandes sonates jamais Ă©crites. Hommage plus que lĂ©gitime quand on songe Ă  la somme que ce cycle reprĂ©sente et que Daniel Barenboim est l’un des rares Ă  le jouer de mĂ©moire, depuis l’ñge de 18 ans!

 

 

   

 

 

CD, coffret événement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG)

barenboim berlioz complete berlioz recordings deutsche grammophon  10 cd critique cd review cd classiquenews actualite infos cd musique classique concerts livres opera festivalsCD, coffret Ă©vĂ©nement, annonce. DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG). Daniel Barenboim a dirigĂ© l’Orchestre de Paris de 1975 Ă  1989, presque 15 ans d’une complicitĂ© et d’un travail en profondeur au service des grands compositeur romantiques, en particulier du gĂ©nie de Berlioz. Pour les 150 ans du plus grand Romantique français en 2019, Hector Berlioz est mort en 1869, DG Deutsche Grammophon publie un coffret de 10 cd rĂ©unissant l’intĂ©grale des enregistrements de Barenboim et de l’Orchestre de Paris dĂ©diĂ© Ă  Hector Berlioz. AgĂ© de 33 ans, le maestro cĂ©lĂ©brĂ© internationalement, allie classicisme lumineux et souffle dramatique parfois d’une grande profondeur.
Au programme de ce coffret Ă©vĂ©nement : Symphonie Fantastique, RĂȘverie et caprice, ouverture du Carnaval Romain composent le volet orchestral ; la majoritĂ© des enregistrements concerne surtout l’opĂ©ra avec RomĂ©o et Juliette, La Damnation de Faust, BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dicte, sans omettre la cantate pour le prix de Rome, La mort de ClĂ©opĂątre et le Requiem
 PilotĂ© par le pianiste et chef, l’orchestre parisien a peut-ĂȘtre ici connu une dĂ©cade miraculeuse, par sa sonoritĂ© pleine et onctueuse, sons sens du dĂ©tail et de l’architecture
 A venir, mi fĂ©vrier 2019 dans le mag cd dvd livres de classiquenews : la critique dĂ©veloppĂ©e du coffret DANIEL BARENBOIM : Complete Berlioz recondings on Deutsche Grammophon (10 cd DG).

LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019

Compte rendu concert. Paris, Philharmonie de Paris, le 2 septembre 2016. Wolfgang Amadeus Mozart : Concerto pour piano n° 24 ; Anton Bruckner : Symphonie n°4 « Romantique » ; Staatskapelle Berlin ; Direction : Daniel Barenboim piano et direction.

piano barenboim_copyright_monika_rittershaus_2Le public a rĂ©pondu nombreux, avec une salle pleine, Ă  l’ouverture de la saison symphonique de la Philharmonie de Paris. La direction artistique ambitieuse et l’excellence des interprĂštes choisis permet d’oser des cycles encore impensables il y a peu. Nous avons donc pu assister au premier concert proposĂ© par la Staatskapelle Berlin et son chef «  Ă  vie »,  Daniel Barenboim  dans le cadre du cycle de l’intĂ©grale des Symphonies de Bruckner dont ont peut dire que l’oeuvre symphonique n’encombre pas les programmes de France ou de Navarre. Chaque symphonie est associĂ©e Ă  un Concerto pour piano de Mozart. Lors de la lecture de ce programme, un petit sourire m’a fait tressaillir. N’y avait-il pas le risque entre dĂ©licatesse mozartienne et Ă©normitĂ© brucknĂ©rienne, de penser Ă  un Ă©lĂ©phant dans un magasin de porcelaine ? Ou convoquer les images si troublantes de Fantasia de Walt Dysney qui fait danser des Ă©lĂ©phants en tutu et pointes ? Comment passer d’un univers Ă  l’autre sans soucis ?

Daniel Barenboim Ă  la Philharmonie de Paris
Tout parait simple entre géants

Il convient juste de faire confiance. Tant Ă  chaque compositeur qu’aux interprĂštes d‘exception et tout particuliĂšrement Ă  Daniel Barenboim. Cet enfant prodige qui a donnĂ© ses premiers concerts publics Ă  dix ans, jouait les concertos de Mozart. C’est encore en observant Edwin Fischer jouer ses concertos en dirigeant l’orchestre que son dĂ©sir de chef d’orchestre est nĂ©. Plus que l’intĂ©grale des sonates de Mozart, c’est sa patiente intĂ©grale des concertos de Mozart qu’il joue et dirige avec l’English Chamber Orchestra qui reste un bijou incomparable Ă  nos oreilles. La logique de cette vie dĂ©diĂ©e Ă  la musique comme soliste, chambriste ou chef symphonique, comme d’opĂ©ra est donc Ă©vidente dans cette sĂ©rie de concerts. Bonheur Ă  suivre : l’intĂ©grale des symphonies de Bruckner s’étendra sur la saison 2016-2017.

Ce soir le Concerto n°24 de Mozart en cette rare tonalitĂ© de do mineur a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une interprĂ©tation sombre et passionnĂ©e trĂšs loin de tout style galant. L’osmose entre chef et orchestre a Ă©tĂ© totale, crĂ©ant des phrasĂ©s, des nuances et des couleurs d’une dĂ©licate musicalitĂ©. Daniel Barenboim, avec Murray Perahia reste le plus extraordinaire pianiste capable de diriger du piano de si belles oeuvres. Le jeu reste impĂ©rial et facile, comme Ă©vident dans une virtuositĂ© dĂ©licatement assumĂ©e. Avec un piano plutĂŽt chambriste et un orchestre tout Ă  l’écoute, d’une beautĂ© de chaque instant ; il paraissait donc tout naturel de voir ce dernier s’étoffer pour la deuxiĂšme partie du programme.

La Symphonie n°4 de Bruckner est la seule Ă  possĂ©der un titre : « Romantique ». C’est peut ĂȘtre une des raisons de son succĂšs dans les programmations symphoniques. DĂšs le dĂ©but du frĂ©missement subtil des cordes et le chant du cor solo, la magie a opĂ©rĂ©. Cette oeuvre si complexe et longue nous a entrainĂ© dans un voyage Ă  la fois dans la nature, le temps, l’espace, l’absolu du ciel. Daniel Barenboim dirige par cƓur et semble dĂ©guster chaque moment musical. Il a enregistrĂ© pas moins de trois versions intĂ©grales des symphonies de Bruckner. Avec les Berliner Philharmoniker, le Symphonique de Boston, la Staatskapelle Berlin .

La maniĂšre dont la direction de Barenboim dĂ©roule une sorte de dramaturgie Ă©vidente, semble emporter les musiciens et le public Ă  voir large et grand. Regard intĂ©rieur poĂ©tique Ă©galement sur la beautĂ© de musique pure mĂȘme si des images naissent Ă  chaque instant. La Staatskapelle Berlin est le plus ancien et officiel orchestre de Berlin.  Peut ĂȘtre le plus ancien ayant survĂ©cu en s’adaptant Ă  l’histoire complexe de cette ville. L’entente avec Daniel Barenboim est totale, et c’est donc comme d’un grand instrument que le chef a pu jouer pour obtenir la subtile alchimie brucknĂ©rienne. Les instrumentistes sont parfaitement Ă©quilibrĂ©s, sans  rien cĂ©der Ă  une qualitĂ© de jeu personnel, c’est la maniĂšre de s’écouter et de se renforcer qui procure cette sĂ©curitĂ© d’écoute de chaque instant. L’équilibre obtenu par BarenboĂŻm est prodigieux et l’acoustique merveilleuse de la Philharmonie de Paris a permis d‘en dĂ©guster chaque nuance comme chaque couleur. DisposĂ©s Ă  l’extrĂȘme droite, les violons 2 ont su rĂ©pondre aux sollicitations de Daniel Barenboim obtenant un parfait Ă©quilibre avec les violons 1. Toutes les contrebasses au fond ont crĂ©Ă© une pulsion matricielle d’une force incroyable dont l’orchestre tout entier a bĂ©nĂ©ficiĂ©. Les bois solo ont Ă©mus, les cuivres grandement impressionnĂ©s. Le drapĂ© des cordes d’un Ă©pais velours ou d’un tulle arachnĂ©en, a Ă©tĂ© un vrai rĂ©gal.

Avec de tels interprĂštes ce cycle promet de grands moments à la Philharmonie de Paris. Le succĂšs public est total,  non loin de faire une standing ovation en ce soir du 2 septembre
 On ne peut rĂȘver dĂ©but de saison plus brillant, exigeant, magnifique. Au nord de Paris, la saison  2016-2017 de la Philharmonie dĂ©marre sous de prodigieux auspices.

Compte rendu concert ; Paris, Cité de la Musique, Philharmonie de Paris 1, le 2 septembre 2016 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre n° 24 en do mineur K.491 ; Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°4 en mi bémol majeur « Romantique » ; Daniel Barenboim, piano ; Staatskapelle Berlin ; Direction : Daniel Barenboim.

CD, annonce. Eward Elgar : Symphonie n°2. Daniel Barenboim (2015, 1 cd Decca)

elgar symphony 1 daniel barenboim cd decca review compter endu critique classiquenews mars march 2016 cd review critique cd 4786677CD, annonce. Eward Elgar : Symphonie n°2. Daniel Barenboim (2015, 1 cd Decca). DĂ©but mars 2016, Daniel Barenboim publie un nouvel enregistrement symphonique avec la Staatskapelle Berlin, dĂ©fendant une partition rare en France : la Symphonie n°2 du britannique Edward Elgar. GrĂące Ă  l’acuitĂ© instrumentale du chef comme Ă  son souci de la tension dramatique, la Symphonie crĂ©Ă©e au dĂ©but du siĂšcle, en mai 1911 Ă  Londres, Ă©blouit littĂ©ralement parce que le chef sait dĂ©celer sous la solennitĂ© impĂ©rialiste “totally British” (l’ouvrage est dĂ©diĂ© au roi Edouard VII qui vient de s’Ă©teindre), la finesse de l’Ă©criture, en particulier dans le mouvement lent, le Larghetto en ut mineur (dont l’esprit est directement dĂ©diĂ© au roi Edouard VII). En avant premiĂšre, voici un extrait de la critique de notre rĂ©dactrice Elvire James, qui en distinguant ce nouvel enregistrement, dĂ©cerne un CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016.

ELGAR symphony symphonie 2 review account of CLASSIQUENEWS Edward_Elgar_head2_copy2Extrait de la critique de notre consƓur Elvire James :  ”Bavarde ou d’une solennitĂ© raffinĂ©e, la Symphonie n°2 touche diversement, chacun selon sa sensibilitĂ©. La partition est crĂ©Ă©e en mai 1911 Ă  Londres sous la direction du compositeur. L’esprit de marche, l’ampleur majestueuse qui ouvre  tel un vaste portique, tout le cycle symphonique (en cela emblĂ©matique de l’adhĂ©sion d’Elgar Ă  l’idĂ©al impĂ©rial britannique) est conduit avec une ivresse dĂ©taillĂ©e instrumentale qui laisse la place Ă  de subtiles respirations, le chef sachant Ă©viter la lourdeur comme la grandiloquence : entre majestĂ© et sĂ©rĂ©nitĂ©, Barenboim insuffle une vraie tension, se gardant bien de rĂ©duire l’Ă©criture Ă  une seule dĂ©monstration de grandeur superphĂ©tatoire. AprĂšs l’Allegro initial dont la direction restitue la pulsion Ă©lectrique, c’est l’irrĂ©sistible Larghetto en ut mineur d’une plĂ©nitude enivrĂ©e, enchantĂ©e – autre rĂ©flexion sur l’esprit de la grandeur funĂšbre mais abordĂ©e dans l’esprit d’une musique de chambre oĂč rĂšgnent la clartĂ© et la transparence (superbes couleurs tristanesques aux cors et Ă  la magistrale harmonie des bois), comme la couleur sombre et de recueillement en conformitĂ© avec la dĂ©dicace de l’opus….

 

Prochaine critique complĂšte du cd Symphonie n°2 d’Elgar (1911) par Daniel Barenboim dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews d’ici le 20 mars 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016

DVD. Wagner : TannhaĂŒser. Waltz / Barenboim (Berlin, avril 2014)

tannhauser wagner barenboim seiffert pape mattei opera dvd review critique classiquenewsDVD, compte rendu critique. Wagner : TannhaĂŒser. Waltz / Barenboim (Berlin, avril 2014). DĂšs l’ouverture enchaĂźnĂ© Ă  la plage vĂ©nusienne, sorte de nocturne voluptueux, le TannhĂ€user de Sasha Waltz n’est pas aussi “catastrophique” que la chorĂ©graphe insatisfaite aprĂšs la sĂ©rie des premiĂšres reprĂ©sentations a souhaitĂ© le dĂ©clarer (prĂ©cisant que pour la reprise de cette production en avril 2015, elle aurait rĂ©visĂ© sa copie offrant une mise en scĂšne chorĂ©graphiĂ©e diffĂ©rente : l’histoire ne dit pas si un nouveau dvd en sortira). La combinaison danseurs et acteurs se dĂ©roule mĂȘme idĂ©alement : il est vrai que le ballet de VĂ©nus et cette Bacchanale, orgie problĂ©matique dĂšs le dĂ©but, se rĂ©vĂšle a contrario du pain bĂ©ni pour la chorĂ©graphe dĂ©sireuse de fusionner chant et danse : de fait dans une sorte de capsule monumentale suspendue, VĂ©nus (somptueuse Marina Prudenskaya) et le toujours excellent Peter Seiffert dans le rĂŽle-titre paraissent face aux spectateurs aprĂšs s’ĂȘtre frottĂ©s aux corps dĂ©nudĂ©s des danseurs, dans cette demisphĂšre nacrĂ©e. L’image est esthĂ©tique et l’action parfaitement claire. Donc pas d’Ă©chec Ă  ce stade.

Pour le reste du drame, Waltz hĂ©site hĂ©las entre l’oratorio et l’Ă©pure il est vrai, ne dĂ©fendant pas une vision clairement dĂ©finie de son TannhĂ€user. La chorĂ©graphe metteure en scĂšne a-t-elle rĂ©ellement approfondi la question ? S’est-elle interrogĂ©e sur la mission du poĂšte / artiste que dĂ©fend ici Wagner ? Pour crĂ©er, l’artiste doit souffrir donc vivre, au sein de la communautĂ© des hommes, ses frĂšres…

Pourtant dĂšs le dĂ©but, les choses sont Ă©loquentes : devenu dieu aux cĂŽtĂ©s de VĂ©nus, le chantre TannhaĂŒser s’ennuie grave malgrĂ© les dĂ©lices voluptueux qu’il peut consommer sans limites.

Si visuellement le spectacle est beau, hĂ©las le parti dramaturgique reste flottant et imprĂ©cis : le jeu des acteurs Ă©tant  en dĂ©finitive… inexistant.

On passe rapidement sur l’Elisabeth d’Ann Petersen (maillon trop faible d’un cast quasi irrĂ©prochable : quel dommage !). Comme Pavarotti dont il partage sur le tard (Ă  60 ans) la corpulence, l’excellent et si subtil Peter Seiffert – dĂ©jĂ  remarquĂ© par la RĂ©daction de classiquenews dans le rĂŽle tout autant vertigineux et extĂ©nuant de l’Empereur dans la Femme sans ombre de Richard Strauss, est aussi piĂštre acteur qu’il est diseur exceptionnel. Son rĂ©cit de Rome est juste et sa repentance d’autant plus acceptable : le chant est stylĂ©, sobre, nuancĂ© : un contre-exemple rĂ©jouissant et passionnant des hurleurs criards habituels dans le rĂŽle. Belle prise de rĂŽle pour Peter Mattei qui fait un Wolfram lui aussi tissĂ© dans la finesse, la profondeur, la sĂ©duction sincĂšre (Romance Ă  l’Ă©toile). Herman acquiert lui aussi une puissante stature humaine grĂące Ă  la noblesse ductile de la basse RenĂ© Pape.

Dans la fosse, Daniel Barenboim, vrai champion de la soirĂ©e, conduit les instrumentistes de la Staatskapelle avec une tension profonde laissant se dĂ©ployer de superbes couleurs chaudes et enivrantes en un tissu orchestral fluide et souple, mĂȘme s’il ne s’agit pas de la version parisienne de 1861 car la version dresdoise premiĂšre (1845) pĂȘche par certains passages arides et brutaux, diminuant justement la continuitĂ© organique du drame musical. Le chef connaĂźt son Wagner comme peu (voir son Tristan entre autres). Il sait exploiter toutes les ressources expressives du plateau, en Ă©troite fusion avec le chant de l’orchestre.

DVD, compte rendu critique. Wagner : TannhÀuser. Opéra en 3 actes: version originelle de Dresde, 1845 (comprenant aussi la Bacchanale). René Pape, Peter Seiffert, Peter Mattei, Prudenskaya, Petersen, Sonn, Schabel, Sacher, Martinik, Grane. Staatskapelle Berlin. Daniel Barenboim, direction. Enregistrement réalisé en avril 2014 à Berlin. 2 dvd Bel Air Classiques.


GenĂšve, ONU. Daniel Barenboim, un chef pour la paix entre les peuples

Daniel Barenboim et le WEDO Ă  GenĂšve. Le classique pour la paix entre les peuples et l’accueil mondial des migrants syriens. Ambassadeur engagĂ© pour la paix entre les peuples, le chef Ă  la triple nationalitĂ© – argentine – israĂ©lienne – palestinienne (ce qui lui a valu rĂ©cemment d’ĂȘtre persona non grata en Iran, lire dĂ©pĂȘche de cet Ă©tĂ© 2015), DANIEL BARENBOIM, fondateur de l’orchestre composĂ© de jeunes musiciens israĂ©liens et palestiniens West eatern Diwan Orchestra (WEDEO), a dĂ©clarĂ© solennellement samedi 31 octobre 2015, qu’il fallait accueillir les rĂ©fugiĂ©s syriens, partout dans le monde.

 

 

 

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Fondateur du WEDO, Daniel Barenboim milite pour la pacification par la culture

Un chef, un orchestre pour la paix des peuples

Lors d’une confĂ©rence de presse, avant de donner un concert pour l’entente des civilisations et des droits de l’homme Ă  L’oNU Ă  GenĂšve en prĂ©sence de Ban Ki-Moon, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies , Daniel Barenboim a prĂ©cisĂ© que l’Europe ne pouvait pas accueillir tous les rĂ©fugiĂ©s syriens :  ” le reste du monde doit participer, notamment le monde arabe ». Le maestro lui-mĂȘme a rappelĂ© l’histoire de sa famille venue de Russie Ă  la fin du XIXĂš, s’installant en Argentine pour fuir les progroms.  “Dans mon pays, l’Argentine, il y a 3 communautĂ©s de Syriens, une musulmane, une chrĂ©tienne et une juive, chacune d’elle serait heureuse d’accueillir des rĂ©fugiĂ©s“, a-t-il ajoutĂ©.

A propos des conflits civils en Israel, Daniel Barenboim confirme ses propos prĂ©cĂ©dents : il n’y a pas de solution militaire aux conflits. Tant que Palestiniens et IsraĂ©liens ne se reconnaitront pas ensemble (reconnaĂźtre et connaĂźtre l’autre, telle est la clĂ© de tout processus d’apaisement et de paix), il n’y aura pas de rĂ©solution paisible : leur destin est liĂ© indissolublement. Pas de paix sans l’apaisement des deux cĂŽtĂ©s; depuis la crĂ©ation de son orchestre West-Eastern Diwan Orchestra en 1999, Daniel Barenboim ne cesse de montrer la nĂ©cessitĂ© de travailler et ici de crĂ©er et de jouer ensemble. Le chef milite activement et rĂ©guliĂšrement pour la pacification du conflit israĂ©lo palestinien.
L’escalade actuelle fait craindre le pire : «  le conflit n’a que trop durĂ©, et il est temps que l’ONU fasse pression pour rĂ©soudre le conflit ».

Samedi 31 octobre Ă  GenĂšve, Daniel Barenboim a jouĂ© Mozart avec son orchestre : le West-Eastern Diwan Orchestra WEDO : au programme, trois symphonies composĂ©es par le gĂ©nie viennois KV 543, KV 550 et la fameuse et ultime partition symphonique de Mozart, la fameuse n°41 dite « Jupiter », manifeste lumineux portant l’espĂ©rance fruit de l’esprit des LumiĂšres.

 

 

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Le concert sera diffusĂ© le 10 dĂ©cembre 2015 en EUROVISION, Ă  l’occasion de la JournĂ©e internationale des droits de l’homme.

Daniel BarenboĂŻm et son orchestre WEDO  participeront au Concert pour la paix et les droits de l’homme des Nations unies Ă  GenĂšveen 2016, 2017, 2018 et 2019. Le concert a lieu dans la salle des droits de l’homme de l’ONU dont la coupole est une crĂ©ation poĂ©tique de l’espagnole Miquel Barcelo. Depuis 2014, la coupole aux reflets bleutĂ©s cĂ©lĂšbre chaque annĂ©e la JournĂ©e internationale des droits de l’homme.
Visitez le site de L’ONU à Genùve

Vistez le site de l’orchestre WEDO crĂ©Ă© par Daniel Barenboim

 

 

 

fayard daniel barenboim la musique est un toutLivres. Daniel Barenboim : La musique est un tout
 VoilĂ  un opuscule que beaucoup d’artistes devraient mĂ©diter, assimiler, rĂ©guliĂšrement consulter et interroger : leur place dans la sociĂ©tĂ©, la relation salvatrice de l’art et de l’engagement philosophique, sociĂ©tal Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre politique, y gagnent un manifeste qui vaut tĂ©moignage exemplaire. Il n’est pas d’équivalent en France Ă  la personnalitĂ© transnationale du chef charismatique Daniel Barenboim aujourd’hui : une telle hauteur de vue, une telle pensĂ©e musicale et artistique se font rare et qui dans sa suite dĂ©fendront les mĂȘmes valeurs ? Humaniste engagĂ©, en particulier au service de la rĂ©conciliation des peuples au Moyen Orient, Daniel Barenboim qui a la double nationalitĂ© (palestinienne et israĂ©lienne) s’exprime ici en textes choisis, dĂ©jĂ  connus et publiĂ©s, mais rassemblĂ©s avec quelques autres plus rĂ©cents (premier chapitre ” Ă©thique et esthĂ©tique ” oĂč l’acte musical est dĂ©sormais investi d’une exigence morale). Le chef argumente sa vision de la musique, une chance pour l’humanitĂ© de sauver son destin trop marquĂ© par la guerre, la destruction, l’incommunicabilitĂ©. En homme de paix qui a cĂŽtoyĂ© les plus grands politiques, Daniel Barenboim prĂ©cise aussi ici une maniĂšre d’idĂ©al de vie, une formule personnelle qui s’appuyant sur l’expĂ©rience et les rencontres, brosse le  (l’auto)portait d’un homme de bonne volontĂ©, prĂ©occupĂ© par le sens de l’histoire et de la sociĂ©tĂ©, l’avenir des peuples pour lesquels l’offrande musicale pourrait s’avĂ©rer salutaire. Une forme de vivre ensemble, de penser autrement le monde qui suscite Ă©videmment l’admiration. LIRE notre critique complĂšte de La musique est un tout par Daniel Barenboim (Fayard)

 

 

Musiques et tabous par Daniel Barenboim

barenboim maestro dirige scala de milan le-maestro-israelo-argentin-daniel-barenboim-dirige-l-orchestre-philharmonique-de-vienne-le-1er-janvier-2014-a-vienne_4925007arte_logo_2013ARTE. Dimanche 11 octobre, 23h15. Daniel Barenboim: Musique et tabous.   SoirĂ©e exceptionnelle avec le chef qui a la triple nationalitĂ© : argentine, israĂ©lienne et palestinienne. Il a toujours tentĂ© une conciliation entre les frĂšres ennemis : palestiniens et israĂ©liens. Mais au-delĂ  de cela, le chef Daniel Barenboim croit surtout Ă  la rĂ©solution pacifique des conflits au Proche Orient. Rien ne pourra s’apaiser sans dialogue et sans volontĂ© de pacification : la solution entre IsraĂ©liens et Palestiniens ne peut passer par les armes. Dans Les voies de la musique avec Daniel Barenboim (partie 1 & 2), le maestro, acteur principal de la vie lyrique et orchestrale de Berlin Ă  Milan,  milite viscĂ©ralement, indĂ©fectiblement pour l’amitiĂ© entre les peuples car c’est le seul moyen pour chacun de s’en sortir. Arte diffuse une sĂ©rie d’entretiens oĂč le chef et ses proches expliquent les enjeux qui se jouent ici, plaçant la musique au cƓur des rivalitĂ©s et des oppositions fratricides. L’épisode le plus saisissant demeure certainement le volet dĂ©diĂ© Ă  la musique de Wagner en IsraĂ«l. ConnotĂ©e hitlĂ©rienne, et clairement nazie en raison des opinions antisĂ©mites exprimĂ©es par l’intĂ©ressĂ© lui-mĂȘme, en raison de l’idĂŽlatrie radicale entretenue par Hitler pour Wagner,  la musique de Wagner n’a toujours pas sa place en IsraĂ«l, et le film dĂ©voile entre autres combien elle reste un sujet tabou, fortement clivant entre les gens, mĂ©lomanes ou non. Le tĂ©moignage des jeunes instrumentistes du West-Eastern Diwan orchestra, fondĂ© par Barenboim et composĂ© dans un esprit de construction et de dialogue fraternel de jeunes musiciens juifs et arabes, est particuliĂšrement poignant : dĂ©voilant l’envie d’avancer mais aussi la forte charge Ă©motionnelle qui naĂźt du fait de jouer Tristan und Isolde par exemple Ă  la fin d’un concert Ă  JĂ©rusalem… Au-delĂ  des thĂšmes abordĂ©s dans deux documentaires de la soirĂ©e, c’est tout le sens de la musique classique et de la culture en gĂ©nĂ©ral qui est ainsi analysĂ© et mis en question : doit-on se satisfaire d’une culture divertissante ou bien devons-nous prĂ©fĂ©rer malgrĂ© nos ancrages historiques et nos identitĂ©s, dĂ©fendre une culture engagĂ©e rĂ©solument fraternelle et pacifiste ? SoirĂ©e avec Daniel Barenboim en deux temps :

1. Musique et politique (52 mn)
Pour Daniel Barenboim, la musique, langue universelle, se joue des frontiĂšres. Avec elle pour seule arme, l’artiste cosmopolite tente de dĂ©passer tensions et conflits. Au sein de son jeune orchestre, le West-Eastern Divan Orchestra, il est ainsi parvenu Ă  faire jouer ensemble de jeunes musiciens venus d’IsraĂ«l et de pays arabes voisins. Un inlassable engagement dont sa visite dans la bande de Gaza l’an passĂ© a constituĂ© un point d’orgue au puissant retentissement.

2. Musique et tabous : jouer Richard Wagner en Israël (26 mn)
En IsraĂ«l, la musique de Richard Wagner est indissociablement liĂ©e au rĂ©gime nazi. En 2001, Daniel Barenboim essuie la fureur du public et de la classe politique israĂ©lienne, aprĂšs avoir dirigĂ© Ă  JĂ©rusalem le prĂ©lude et la mort d’Isolde de Tristan et Isolde. Comment dissocier la musique du gĂ©nial Wagner, du compositeur antisĂ©mite prĂ©fĂ©rĂ© d’Hitler ? Convaincu qu’il le faut, Daniel Barenboim tente de lever un tabou. Des rĂ©pĂ©titions du West-Eastern Divan Orchestra Ă  la rencontre avec des amis du chef d’orchestre, parmi lesquels Pierre Boulez et Joschka Fischer, le film offre un Ă©clairage sur le parcours engagĂ© du maestro et le sens qu’il rĂ©serve Ă  l’acte musical : un geste rĂ©solument engagĂ© en faveur de la rĂ©conciliation des peuples.

arte_logo_2013ARTE, dimanche 11 octobre 2015. 23h. Les voies de la musique avec Daniel Barenboim. Une rĂ©flexion sur la musique et son pouvoir en compagnie du chef d’orchestre, Daniel Barenboim. Documentaire de Paul Smaczny (Allemagne, 2012, 57mn et 26mn) . Production : Accentus music UG

Chefs. Le Chef Daniel Barenboim est interdit en Iran parce qu’IsraĂ©lien

Chefs. Le Chef Daniel Barenbpim est interdit en Iran parce qu’IsraĂ©lien. Probablement programmĂ© Ă  TĂ©hĂ©ran oĂč il envisageait de diriger son orchestre la Staatskapelle de Berlin, le chef Daniel Barenboim s’est vu interdire le territoire d’Iran parce au motif qu’il Ă©tait « israĂ©lien » selon un communiquĂ© transmis ce dimanche 30 aoĂ»t 2015 par le porte-parole du ministĂšre iranien de la Culture.

barenboim maestro dirige scala de milan le-maestro-israelo-argentin-daniel-barenboim-dirige-l-orchestre-philharmonique-de-vienne-le-1er-janvier-2014-a-vienne_4925007Nous n’avons aucune opposition quant Ă  la venue de l’orchestre national allemand en Iran, notre opposition concerne la personne qui dirige l’orchestre. Cette personne a plusieurs nationalitĂ©s dont la nationalitĂ© israĂ©lienne“, a dĂ©clarĂ© Hossein Noushabadi selon l’agence Isna. En vĂ©ritĂ©, le chef Daniel Barenboim qui oeuvre pour l’accĂšs de musique pour tous, au delĂ  des questions identitaires, religieuses, politiques est aussi palestinien et argentin. Une triple nationalitĂ© (avec celle israĂ©lienne) qui honore le combat d’une vie, celui qui ose contre tous, dĂ©fendre l’idĂ©e que la culture et surtout la musique est le meilleur rempart contre la guerre. Ses actions au sein du West-Eastern Divan Orchestra (orchestre fondĂ© avec son ami le palestinien Edward SaĂŻd aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ©), composĂ© Ă  son origine de jeunes musiciens juifs et musulmans tĂ©moigne aujourd’hui d’une vision universelle, tolĂ©rante, humaniste. ControversĂ©, critiquĂ© par les partis le plus radicaux de tous bords, Daniel Barenboim, 72 ans, continue de vouloir jouer Wagner en Israel, comme il avait dirigĂ© Ă  Ramallah (Cisjordanie) en 2005 un mĂ©morable concert

Notre enquĂȘte montre que le chef d’orchestre a un lien national et identitaire avec IsraĂ«l, il a Ă©tĂ© Ă©levĂ© en IsraĂ«l et ses parents vivent lĂ -bas. Il est suspectĂ© d’avoir un lien avec ce pays qui est illĂ©gitime“, a ajoutĂ© M. Noushabadi. Et de prĂ©ciser “toute personne, dans le cadre d’un groupe culturel, sportif ou touristique, suspectĂ©e d’avoir un lien avec le rĂ©gime sioniste“.

“Si l’orchestre allemand change de chef, il peut de nouveau prĂ©senter sa demande” pour venir en Iran » a conclu le reprĂ©sentant iranien pour la culture.

fayard daniel barenboim la musique est un toutDaniel Barenboim, 72 ans, nĂ© Ă  Buenos Aires en 1942 est une figure controversĂ©e en IsraĂ«l, notamment car il milite pour le rapprochement pacifiste entre IsraĂ©liens et Palestiniens, pour y vouloir jouer Wagner, « le compositeur d’Adolf Hitler ». Il a Ă©galement jouĂ© Ă  Ramallah, en Cisjordanie, Ă  l’étĂ© 2005, en dĂ©montrant la puissance de la musique classique comme moyen de pacification grĂące Ă  l’entente et l’expĂ©rience partagĂ©e au sein de l’orchestre entre les jeunes artistes de toute nationalitĂ©s et de toute confession.

LIRE aussi LA MUSIQUE EST UN TOUT, le dernier livre de Daniel Barenboim (Fayard). CLIC de classiquenews d’avril 2014.

LIRE aussi notre dossier Artistes engagés : Gustavo Dudamel, Fazil Say, Daniel Barenboim

WEDO West Eastern Diwan Orchestra : concerts de l’Ă©tĂ© 2014

West eastern diwan orchestra tournee datesWest-Eastern Diwan Orchestra. TournĂ©e 2014 : 3>24 aoĂ»t 2014. C’est l’orchestre modĂšle composĂ© d’instrumentistes israĂ©liens et arabes Ă  l’invitation de son crĂ©ateur, le chef humaniste engagĂ© Daniel Barenboim. Un symbole fort en ces temps de guerre radicale qui fait tant d’innocentes victimes entre les deux armĂ©es, entre Israel et la Palestine. Evidemment la prochaine tournĂ©e de cet orchestre de la rĂ©conciliation est Ă  suivre, d’autant que ses dates sont toujours fragiles en raison mĂȘme du profil de ses musiciens et de la raretĂ© des pays aptes Ă  les accueillir. Apprendre Ă  connaĂźtre l’autre, travailler et ressentir ensemble
 quoi de mieux pour reconstruire l’avenir ? Cette annĂ©e, le WEDO rĂ©alise une rĂ©sidence au TĂ©Ăątre Colon de Buenos Aires (Argentine, du 3 au 13 aoĂ»t) avant de rejoindre l’Europe Ă  Salzbourg, Berlin, Londres,  Lucerne
 Outre le message philosophique, fraternel, humaniste d’un orchestre pour la paix unique au monde, les mĂ©lomanes pourront goĂ»ter cette annĂ©e lors de la tournĂ©e du WEDO 2014, des extraits de Tristan et Yseult de Wagner, les concertos pour piano de Beethoven (avec Martha Argerich, argentine comme Daniel Barenboim) et de Mozart, sans omettre Stravinsky (L’Histoire du soldat), et les français : Saint-SaĂ«ns, Debussy (PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs midi d’un faune) et Maurice Ravel. Deux crĂ©ations contemporaines sont Ă©galement au programme de la tournĂ©e de l’Ă©tĂ© 2014.  Plus d’infos sur le site du WEDO (West-Eastern Diwan Orchestra). Daniel Barenboim, direction.

 
 
 

Tournée du West-Eastern Diwan Orchestra 2014

Argentine, Buenos Aires, Théùtre Colon
3 aoĂ»t, concert d’ouverture
Beethoven : Concerto pour piano n°1 (Martha Argerich, piano)
Maurice Ravel : Rapsodie espagnole, Boléro

 

4, 6, 10, 12 août
Wagner : Tristan und Isolde
Prélude, Acte II, Lieberstod (version de concert)
Tristan: Peter Seiffert
Isolde: Waltraud Meier
BrangÀne: Ekaterina Gubanova
Marke: René Pape

 

9 août
Stravinsky : L’histoire du soldat
Camille Saint-Saëns : Le carnaval des animaux
Daniel Barenboim, Martha Argerich, Les Luthiers

11, 13 août
Théùtre Colon, Mozarteum
Mozart : ouverture des Noces de Figaro
Kareem Roustom : Ramal (création mondiale)
Ravel : Rapsodie espagnole, Boléro

 

 

 

17 août
Festival de Lucerne
Kareem Roustom : Ramal (création mondiale)
Ayal Adler : Resonating Sounds (création européenne)
Wagner : Acte II de Tristan und Isolde

18 août
Festival de Lucerne
Mozart : Concert pour piano n°27. Daniel Barenboim, piano
Ravel : Rhapsodie espagnole, Boléro
Programme repris Ă  Berlin, WaldbĂŒhnenkonzert 2014, le 24 aoĂ»t

 

 

20 août
Londres, BBC Proms
Mozart : ouverture des Noces de Figaro
Kareem Roustom : Ramal (création mondiale)
Ayal Adler : Resonating Sounds (création européenne)
Ravel : Rapsodie espagnole, Boléro
concert retransmis sur BBC Radio 3

 

 

21 août
Festival de Salzbourg, Grosse festspielhaus
Kareem Roustom : Ramal (création mondiale)
Ayal Adler : Resonating Sounds (création européenne)
Ravel : Rapsodie espagnole, Boléro

 

 

4 avril 2015
Berlin, Philhamronie de Berlin
Staatsoper Berlin Festtage
Debussy : PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune
Boulez : DĂ©rive II
Berlioz : Symphonie Fantastique

 

CD. Elgar : Symphonie n°2 (Barenboim, 2013)

elgar symphony elgar symphony 2 Barenboim staatskapelle BerlinCD. Elgar : Symphonie n°2 (Barenboim, 2013). Plus proche de la nature ambivalente en rĂ©alitĂ© brahmsienne de son auteur, la Symphonie n°2 d’Edward Elgar (1857-1934) est l’ultime massif symphonique achevĂ© par le compositeur britannique
 l’ouvrage est crĂ©Ă© avec applaudissements polis en mai 191. De fait, l’ample Larghetto affiche une couleur hĂ©ritiĂšre de Brahms et de Wagner (la Symphonie n°1 n’était-elle pas estimĂ©e telle la 5Ăšme de Brahms?). La superbe noblesse du Staatkapelle de Berlin assure haut la main les dĂ©fis multiples d’une partition ambivalente aux climats souvent contradictoires voire opposĂ©s (c’est Ă  dire dĂ©concertants pour les premiers auditeurs). Fin interprĂšte elgarien, Barenboim fait vrombir le rugissement des cuivres (cors remarquables) comme la suractivitĂ© murmurĂ©e et liquide des cordes. EmblĂ©matique de la souffrance secrĂšte teintĂ©e de cette majestĂ© affleurant continument (la symphonie est un hommage au roi Édouard VII rĂ©cemment disparu, dĂ©cĂ©dĂ© en mai 1910), le second mouvement est l’un des plus aboutis du cycle (gloire des harpes). Les teintes Ă©vanouies et introspectives que sait capter et diffuser le chef rendent hommage Ă  une Ă©criture infiniment moins superficielle qu’on le dit abusivement.

Elgar et le Roi 


Le Rondo presto est un pur jeu rythmique magnifiquement contrÎlé par Barenboim auquel répond la coda maestosa, elle aussi finalement plus wagnérienne que strausienne du Moderato final -au panache trÚs Maßtres chanteurs.

CLIC_macaron_2014ComposĂ©e quand Strauss et Hoffmansthal livraient l’enchantement nĂ©obaroque du Chevalier Ă  la rose (crĂ©Ă© en janvier 1911), la DeuxiĂšme d’Elgar ne manque ni de souffle ni de grandeur. Barenboim sait lui insuffler une prodigieuse vie intĂ©rieure,  les mauvaise langue diront bavarde, inutilement autobiographique, mais la sĂ»retĂ© articulĂ©e de la baguette du maestro argentino-israĂ©lo-palestinien sait surtout lui restituer son Ă©quilibre voire son flux organique. Entre solennitĂ© et affect plus intime,  le chef captive par une retenue et une pudeur imprĂ©vues (dernier mouvement dĂ©cidĂ©ment trĂšs convaincant par sa finesse). Au moment oĂč il publie ce nouvel album symphonique chez Decca,  Daniel Barenboim annonce le lancement de son propre label : « Peral Music », initiative 100% numĂ©rique oĂč les amateurs et connaisseurs du travail du maestro, retrouveront tous ses chantiers musicaux Ă  la tĂȘte de ses deux orchestres de prĂ©dilection : la Staatskapelle de Berlin et le West-Eastern Divan Orchestra, mais aussi ses derniĂšres rĂ©alisations comme pianiste solo ou concertant au sein de formations chambristes. Sont annoncĂ©es comme premiĂšres propositions de Peral Music : Symphonies 1-3 de Bruckner (Chicago Symphony, 1970 et Berliner Philharmoniker 1990)
  Ă  suivre.

Elgar : Symphonie N°2. Staatskapelle Berlin. Daniel Barenboim, direction.  1 Decca 0289 478 6677 0 CD DDD DH. Durée : 56mn. Enregistré en à la Philharmonie de Berlin en octobre 2013.

Livres. Daniel Barenboim : La musique est un tout (Fayard)

fayard daniel barenboim la musique est un toutLivres. Daniel Barenboim : La musique est un tout… VoilĂ  un opuscule que beaucoup d’artistes devraient mĂ©diter, assimiler, rĂ©guliĂšrement consulter et interroger : leur place dans la sociĂ©tĂ©, la relation salvatrice de l’art et de l’engagement philosophique, sociĂ©tal Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre politique, y gagnent un manifeste qui vaut tĂ©moignage exemplaire. Il n’est pas d’Ă©quivalent en France Ă  la personnalitĂ© transnationale du chef charismatique Daniel Barenboim aujourd’hui : une telle hauteur de vue, une telle pensĂ©e musicale et artistique se font rare et qui dans sa suite dĂ©fendront les mĂȘmes valeurs ? Humaniste engagĂ©, en particulier au service de la rĂ©conciliation des peuples au Moyen Orient, Daniel Barenboim qui a la double nationalitĂ© (palestinienne et israĂ©lienne) s’exprime ici en textes choisis, dĂ©jĂ  connus et publiĂ©s, mais rassemblĂ©s avec quelques autres plus rĂ©cents (premier chapitre ” Ă©thique et esthĂ©tique ” oĂč l’acte musical est dĂ©sormais investi d’une exigence morale). Le chef argumente sa vision de la musique, une chance pour l’humanitĂ© de sauver son destin trop marquĂ© par la guerre, la destruction, l’incommunicabilitĂ©. En homme de paix qui a cĂŽtoyĂ© les plus grands politiques, Daniel Barenboim prĂ©cise aussi ici une maniĂšre d’idĂ©al de vie, une formule personnelle qui s’appuyant sur l’expĂ©rience et les rencontres, brosse le  (l’auto)portait d’un homme de bonne volontĂ©, prĂ©occupĂ© par le sens de l’histoire et de la sociĂ©tĂ©, l’avenir des peuples pour lesquels l’offrande musicale pourrait s’avĂ©rer salutaire. Une forme de vivre ensemble, de penser autrement le monde qui suscite Ă©videmment l’admiration.

 

Penser la musique

l’acte musical, un humanisme concret

CLIC_classiquenews_2014En intitulant cet ouvrage ” La musique est un tout “, Daniel Barenboim relie l’activitĂ© artistique Ă  une pensĂ©e critique, soucieuse d’amĂ©liorer le destin des sociĂ©tĂ©s ; l’homme de lettres prend pour son compte, l’Ɠuvre de la musique dans nos vies, en particulier dans l’histoire belliciste des IsraĂ©liens et des Palestiniens, programmĂ©s Ă  une lente mais irrĂ©sistible autodestruction s’il n’Ă©tait des espaces d’Ă©changes et de reconnaissance comme ceux que permet la musique, en dehors du champs politique et militaire. La musique n’est pas une activitĂ© dĂ©connectĂ©e du monde et des hommes : Daniel Barenboim en son combat admirable nous le prouve ici dans le texte.
S’il y a une solution entre palestiniens et israĂ©liens, celle ci peut voir le jour par la culture et la musique : tel est son combat, la motivation premiĂšre de son orchestre abolissant les barriĂšres et les frontiĂšres, le West Eastern Diwan Orchestra, composĂ© de jeunes musiciens de toutes les nationalitĂ©s et toutes les confessions.

Dans ” Ă©thique et esthĂ©tique “, Barenboim prĂ©cise le statut et la mission de l’interprĂšte, au service de la musique, non de lui-mĂȘme (servir la musique plutĂŽt que se servir de la musique) ; la place active du spectateur qui rĂ©tablit le temps rĂ©el de la performance. Passionnantes les pages dĂ©diĂ©es Ă  Wagner et la question juive, l’hommage du chef aux habitants (de bonne volontĂ©) de Gaza, pris en otages par les IsraĂ©liens et leur blocus abusif.

Chapitres essentiels Ă  ce titre, le discours de Daniel Barenboim lorsqu’il reçut le prix Willy Brandt dont la personnalitĂ© politique reste un modĂšle Ă  mĂ©diter rĂ©alisant cet idĂ©al dont le chef fait son miel : «  vision, stratĂ©gie, courage » ; enfin on ne saurait trop recommander la lecture du chapitre intitulĂ© « Wagner, les IsraĂ©liens et les Palestiniens » : tout y est expliquĂ© et finement analysĂ©. Barenboim expose les sources de la haine des IsraĂ©liens envers les Palestiniens, remontant aux origines de l’Etat d’IsraĂ«l (1948) : un Ă©tat qui fut crĂ©er sans cependant chasser ni dominer un autre peuple
 A cela s’ajoute la question de jouer Wagner en IsraĂ«l : Barenboim sait de quoi il parle, lui qui a dirigĂ© PrĂ©lude et Mort d’Isolde devant un parterre d’IsraĂ©liens, non sans expliquer l’enjeu et le sens de sa dĂ©marche. Avant Hitler et les camps d’extermination, Wagner Ă©tait jouĂ© Ă  Tel Aviv par des juifs. La question n’est donc pas la musique de Wagner mais l’instrumentalisation qui en est faite par les extrĂ©mistes des deux bords.

Les derniers chapitres rĂ©unissent plusieurs transcriptions de conversations entre 2008 et 2011 oĂč Daniel Barenboim, chef lyrique Ă  la Scala, s’exprime sur diverses Ɠuvres : Carmen, Don Giovanni, La Walkyrie. L’Ă©pilogue examine la question du tempo et du rapport mĂ©tronomique chez Verdi, conception personnelle qui rĂ©vĂšle l’admiration tardive du maestro pour le compositeur italien (pour son Requiem principalement). Le cas Barenboim rĂ©tablit l’espace libre, plein d’espoirs et d’espĂ©rance, oĂč la culture se fait action concrĂšte. Que vaut l’art sans conscience ? Un divertissement sans enjeux ni consistance. Pour ceux qui pensent que l’art et la musique peuvent changer notre sociĂ©tĂ©, et pour tous les autres qui en doutent encore, voici une lecture incontournable. L’offrande trop rare de l’un des derniers musiciens humanistes et engagĂ©s, soucieux de l’avenir de la culture et des hommes.

Rappel biographique. Pianiste et chef d’orchestre de rĂ©putation internationale, Daniel Barenboim est directeur artistique de la Scala de Milan et chef Ă  vie de la Staatskapelle de Berlin, aprĂšs avoir dirigĂ© entre autres l’Orchestre de Paris (de 1975 Ă  1989) puis l’Orchestre symphonique de Chicago (de 1991 Ă  2006). Il est l’auteur de La musique Ă©veille le temps (Fayard, 2008).

Daniel Barenboim : La musique est un tout. EAN : 9782213678085. Parution :  02/04/2014. 176 pages. Format :135 x 215 mm. Prix public indicatif TTC: 15.00 €

CD. Concert du Nouvel An Ă  Vienne 2014. Daniel Barenboim (Sony)

CD. Concert du Nouvel An Ă  Vienne 2014. Wiener Philharmoniker. Daniel Barenboim, direction. Il Ă©tait venu en 2009, le revoici en 2014 pour un nouveau concert du Nouvel An Ă  Vienne Ă  la tĂȘte des instrumentistes de l’Orchestre Philharmonique de Vienne (Wiener Philharmoniker) : Sony Classical Ă©dite derechef le cd de ce programme Ă©vĂ©nement qui avait ouvert avec Ă©lĂ©gance et raffinement l’annĂ©e nouvelle 2014. Pendant le programme du concert, ce sont les goĂ»ts du chef choisi par les musiciens de l’orchestre qui se prĂ©cisent.

Daniel Barenboim : retour viennois réussi

new-year-concert-Vien-Wien_concert_du-nouvel_an_vienne_daniel_barenboim_cd_sony_dvdCeux de Daniel Barenboim sont plutĂŽt traditionnels cette annĂ©e, faisant toujours la part belle aux Strauss cĂ©lĂ©brissimes (les deux Johann, pĂšre et fils) mais aussi cette annĂ©e, Josef, le frĂšre cadet de Johann II. On note aussi la prĂ©sence des Français, autres acteurs de l’Ă©lĂ©gance musicale dont Offenbach (La Belle HĂ©lĂšne inspire le Quadrille d’ouverture, signĂ© Eduard Strauss, l’autre frĂšre de Johann et de Josef), mais aussi le sublime LĂ©o Delibes, symphoniste de premier ordre, et ” roi ” lui aussi du ballet romantique (un extrait, trop court du Pizzicato de son ballet Sylvia est ici jouĂ© Ă  Vienne).
Les tĂ©lĂ©spectateurs du Concert hyper mĂ©diatisĂ© ce 1er janvier 2014 (80 pays diffuseurs) auront pu se rĂ©galer des sĂ©quences simultanĂ©es rĂ©alisĂ©es sur la musique par le Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, et aussi deux danseurs sportifs pour une version de salon de la valse enivrante ; ce fut aussi en fin de programme, les vƓux du chef et des musiciens adressĂ©s Ă  la salle et au monde, et aussi un nouveau rituel instaurĂ© par Barenboim lui-mĂȘme : saluer en fin de programme et alors que les musiciens entament le dernier morceau (La Marche de Radetzky de Johann Strauss pĂšre), chaque instrumentiste de l’illustre phalange.
Lire aussi notre compte rendu critique complet du Concert du nouvel An Ă  Vienne 2014

CD1
1 Helenen-Quadrille, Op. 14
2 Friedenspalmen, Walzer, Op. 207
3 Carolinen-Galopp, Op. 21a
4 Egyptischer Marsch, Op. 335
5 Seid umschlungen, Millionen, Walzer, Op. 443
6 StĂŒrmisch in Lieb’ und Tanz, Polka schnell, Op. 393
7 Waldmeister: OuvertĂŒre
8 Klipp-Klapp, Galopp, Op. 466
9 G’schichten aus dem Wiener Wald, Walzer, Op. 325

CD2

1 Vielliebchen, Polka francaise, Op. 1
2 Bouquet-Polka, Polka schnell, Op. 188
3 Capriccio: Mondscheinmusik

En plus du cd, Sony classical Ă©dite aussi le vd et le blu ray du Concert du Nouvel An Ă  Vienne 2014 sous la direction de Daniel Barenboim

Concert du Nouvel An Ă  Vienne 2014

Barenboim_250_une_teleFRANCE 2. Concert du Nouvel An Ă  Vienne, mercredi 1er janvier 2014, 11h. Chaque annĂ©e, France 2 diffuse en direct depuis l’Autriche, dans la salle prestigieuse du Konzerthauss de Vienne, le cĂ©lĂ©brissime et trĂšs mĂ©diatique Concert du Nouvel An (diffusion par 80 chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision dans le monde) qui confirme outre l’excellence de l’orchestre Philharmonique de Vienne, la finesse d’une baguette, en l’occurrence celle de Daniel Barenboim, chef Ă  la triple nationalitĂ©, Ɠuvrant pour la paix au Moyen Orient : argentin, israĂ©lien et palestinien. Triple identitĂ©, vĂ©ritable dĂ©fi en soi et symbole pour la rĂ©conciliation des peuples ennemis. Un idĂ©al de fraternitĂ© bienvenu pour ce 1er janvier 2014. Le programme du concert est annoncĂ© de façon dĂ©finitive sur le site du Musikverein le 27 dĂ©cembre 2013

logo_france2_2014La diffusion en direct se dĂ©roule en deux parties, offrant outre la performance de l’orchestre, celle du corps de ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, dont les ballets sur les standards signĂ©s Johann Strauss I et II, sont rĂ©alisĂ©s dans les plus beaux lieux touristiques autrichiens (promotion touristique et culturelle oblige !). Cette annĂ©e, c’est Ă  nouveau Sony classical qui Ă©dite cd, dvd, blu-ray du concert Ă©vĂ©nement.