Compte-rendu, opĂ©ra. Toulon. OpĂ©ra, les 27, 28, 30 & 31 dĂ©cembre 2014. Jacques Offenbach : La Belle HĂ©lène. Karine Deshayes, Cyrille Dubois, Olivier Grand, Yves Coudray, EugĂ©nie Danglade… Bernard Pisani, mise en scène. Nicolas KrĂĽger, direction.

toulon-offenbach-orphee-enfers-plan-generalAvec cette production de La Belle HĂ©lène de Jacques Offenbach – que nous avions dĂ©jĂ  vue Ă  Toulouse il y a deux saisons – Bernard Pisani rend hommage, avec l’aide de son dĂ©corateur Eric Chevalier et de son costumier FrĂ©dĂ©ric Pineau, au Septième Art, et plus exactement Ă  la glorieuse pĂ©riode des pĂ©plums hollywoodiens, en pratiquant un art de l’anachronisme que n’aurait certainement pas reniĂ© le compositeur allemand. On retrouve ce goĂ»t anachronique dans les dialogues parlĂ©s ici rĂ©Ă©crits : Chronopost, le fort de BrĂ©gançon ou l’Airbus A380 – qui prend la place de la « locomotive » dans la fameuse charade – font l’objet de clins d’œils appuyĂ©s qui rĂ©jouissent le public. Se souvenant enfin qu’il a dĂ©butĂ© comme danseur, Pisani parsème le spectacle de chorĂ©graphies dĂ©calĂ©es qui Ă©gayent un peu plus l’atmosphère.

 

 

 

 

Réjouissante Belle Hélène

 

 

offenbach-toulon-orphee-enfers-karine-deshayes-cyril-dubois-opera-de-toulon

 

Karine Deshayes ne fait vocalement qu’une bouchĂ©e du rĂ´le d’HĂ©lène, avec son mezzo soprano ample et clair Ă  la fois, admirable de souplesse et dĂ©concertant de lĂ©gèretĂ© dans l’aigu. Il en va de mĂŞme pour le Pâris du jeune Cyrille Dubois – nominĂ© aux prochaines Victoires de la Musique dans la catĂ©gorie RĂ©vĂ©lation lyrique de l’annĂ©e – qui continue de nous Ă©tonner et de nous ravir. Il s’amuse ici des envolĂ©es aiguĂ«s de ses « Évohé ! » dans le fameux rĂ©cit du jugement et les accents enjĂ´leurs de son chant donnent une magnifique noblesse au non moins attendu duo du deuxième acte. Antoine Garcin, un Calchas un poil trop hâbleur, et Yves Coudray, un MĂ©nĂ©las très en voix – contrairement Ă  une discutable tradition – complètent parfaitement le quatuor des protagonistes. EugĂ©nie Danglade campe un Oreste tout de fraĂ®cheur vocale et d’effronterie alors que l’Agamemnon d’Olivier Grand sait ĂŞtre fort drĂ´le tout en chantant juste. Enfin, l’Achille de Vincent de Rooster et les deux Ajax d’Yvan Rebeyrol et Jean-Philippe Corre jouent eux aussi la carte de la dĂ©rision, dans la joie de vivre prĂ´nĂ©e par Offenbach, toujours heureux de rabattre leur caquet aux puissants du jour.

A la tĂŞte de l’Orchestre et des ChĹ“urs de l’OpĂ©ra de Toulon, le chef français Nicolas KrĂĽger dirige avec une dynamique qui jamais ne se relâche, une rĂ©activitĂ© immĂ©diate aux situations et un vrai esprit d’Ă©quipe. Surtout, il sait trouver les couleurs les plus justes, qui conservent Ă  l’ouvrage son immortelle jeunesse.

 

 

Compte-rendu, opĂ©ra. Toulon. OpĂ©ra, les 27, 28, 30 & 31 dĂ©cembre 2014. Jacques Offenbach : La Belle HĂ©lène. Karine Deshayes, Cyrille Dubois, Olivier Grand, Yves Coudray, EugĂ©nie Danglade… Bernard Pisani, mise en scène. Nicolas KrĂĽger, direction.

 

 

Illustrations : © FrĂ©dĂ©ric StĂ©phan l’OpĂ©ra de Toulon