CD, critique. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN 5 1 cd SONY classical)

nouvel-an-2019-concert-vienne-new-year-s-concert-2019-vienna-philharmonia-christian-thielemann-concert-cd-critique-par-classiquenews-582-the_vienna_philharmonic_and_chri_55-1CD, critique. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN 5 1 cd SONY classical). A 59 ans, le wagnĂ©rien et straussien (Richard), Christian Thielemann, plus habituĂ© de Dresde et de Bayreuth que de Vienne, affecte un geste un rien prussien, 
 possĂšde-t-il rĂ©ellement le sens de l’élĂ©gance viennoise, celle des Johann Strauss fils et pĂšre, Josef et Edouard aussi ? Car les valses et Ă©pisodes symphoniques de Johann fils, vedette viennoise majeure pour cet esprit lĂ©ger, et davantage, appellent un caractĂšre spĂ©cifique entre abandon et allusion, suggestion et subtilitĂ© qui doit Ă©blouir non pas dans cette « lĂ©gĂšreté » partout annoncĂ©e (qu’est ce que cette musique dite “lĂ©gĂšre” en rĂ©alitĂ© ? Le vocable comprend une infinitĂ© d’acceptations
). Ici, dans l’écrin dĂ©signĂ© du rituel Straussien, le Musikverein, il ne doit ĂȘtre question que de finesse, subtilitĂ© mĂ©lodique, orchestration raffinĂ©e, ivresse Ă©vocatoire


 

 

 

thielemann-christian-maestro-wiener-philharmoniker-concert-nouvel-an-2019-critique-review

 

 

 

AprĂšs les Welser-Möst, Dudamel, Jansons, … voici Thielemann : cravatte rayĂ©e, le directeur du festival de PĂąques de Salzbourg (les directeurs du Festival estival autrichien Ă©taient prĂ©sents dans la salle), qui est aussi le directeur musical de la Staatskapelle de Dresde, retrouve le Wiener Philharmoniker pour ce programme festif. Les connaisseurs retrouvent dans la disposition typiquement viennoise de l’orchestre, les 6 contrebasses placĂ©es en fond, face au chef sous l’orgue du Musikverein de Vienne, vĂ©ritable colonne sonore assurant une structure et une carrure emblĂ©matiques. Le chef a dĂ©jĂ  dirigĂ© les Wiener Philharmoniker : on ne peut donc pas parler de baptĂȘme orchestral. Le programme d’emblĂ©e est trĂšs classique : rien que des valses et des polkas ; pas d’étrangers, ni de chanteurs invitĂ©s (comme l’a fait Karajan Ă  son Ă©poque, Ă  la fin des annĂ©es 1980). Mis Ă  l’honneur aux cĂŽtĂ©s des frĂšres Strauss (Johann II, Josef et Edouard), une autre dynastie de compositeurs et musiciens viennois, les Hellmesberger, pĂšre et fils


Thielemann : UN GESTE UN RIEN MARTIAL ? Le programme annoncĂ© rĂ©solument austro-hongrois, commence par la Schönfeld March op. 422 de Carl Michael Ziehrer: le ton est donnĂ©, martial et un rien sec et tendu dans la scansion rythmique. Ziehrer a composĂ© opĂ©rettes et ballets (comme Johann Strauss II) : l’écriture est assez quelconque, dĂ©ployant un caractĂšre ronflant, fort en panache dĂ©monstratif, Ă  la façon d’une marche militaire, ou d’une parade appuyĂ©e, rythme et accents prussiens Ă  l’envi; baguette Ă©paisse et ronde, d’une martialitĂ© trop revendiquĂ©e, Thielemann n’est guĂšre dans le style Ă©lĂ©gantissime qui a fait les meilleurs fait qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ© dans cet exercice. Pourtant le Musikverein est plus connu pour l’élĂ©gance de sa programmation et la finesse des auteurs programmĂ©s. On craint le pire pour la suite


strauss josef portrait classiquenewsHeureusement, le chef respecte le code et l’esprit du rituel de l’an neuf Ă  Vienne avec la trĂšs belle valse qui suit, la premiĂšre du programme : « Transactions Waltz » op. 184 de Josef Strauß: Josef est le premier cadet malheureux de Johann : mort en 1870 (Ă  43 ans) : l’ingĂ©nieur qui rejoint l’entreprise familiale et orchestral en 1850 (Ă  23 ans car son ainĂ© Johann est lui-mĂȘme Ă©puisĂ©) – mort Ă©reintĂ© en tournĂ©e en Pologne
  Or le gĂ©nie de Josef musicalement est aussi Ă©levĂ© que celui de Johann : on s’en aperçoit Ă  chaque session de ce concert du nouvel an. Josef serait mĂȘme souvent plus sombre et ambivalent, riche et profond que son ainé  De fait, Transactions Wazl s’affiche immĂ©diatement plus sombre, et grave au dĂ©but, pour mieux faire surgir le thĂšme principal, dans le raffinement des timbres des bois, Ă©noncĂ© par les cordes et des flĂ»tes aĂ©riennes : la finesse s’invite enfin, enivrĂ©e dans cette sĂ©quence, qui s’avance Ă  pas feutrĂ©e en pleine magie
 saluons l’intelligence des climats, le raffinement de l’orchestration, la caresse de la mĂ©lodie principale, dĂ©licate nostalgie grĂące Ă  un Ă©quilibre trĂšs subtil entre cordes et les bois
 avec la harpe, d’une ineffable nostalgie. Soulignons la profondeur et la sensibilitĂ© Ă©tonnante de Josef Strauss fauchĂ© trop tĂŽt, son aptitude spĂ©cifique pour le dĂ©veloppement symphonique, Ă  la fois dramatique et allusif, et aussi de façon gĂ©nĂ©ral, une rĂ©flexion sur le sens mĂȘme de la valse, entre dĂ©sir et mort. Josef nous paraĂźt plus sombre encore que Johann II. Un maĂźtre Ă  mieux connaĂźtre et plus Ă©couter assurĂ©ment.

Thielemann nous rĂ©serve ensuite une surprise qui pourrait ĂȘtre rĂ©vĂ©lation : de Josef Hellmesberger (fils): Elfin Dance. ImmĂ©diatement saisissante, la finesse Ă©tincelante grĂące aux nuances aiguĂ«s, vibrĂ©es, rondes du « xylophone »d’une partition inscrite dans les nuages. Hellmesberger fut professeur de violon au Conservatoire de Vienne et aussi fondateur avec son fils du Quatuor Hellmesberger (1849). Avouons que le compositeur ne manque pas d’inspiration ni de subtilitĂ©. ÉthĂ©rĂ© et aĂ©rien est cet elfe, un pur esprit – le style et l’écriture sont trĂšs sensuels (pizz des cordes, doublĂ©es par les flĂ»tes) – comme Mendelssohn dans Le Songe d’une nuit d’étĂ© (envol et boucle aĂ©rienne de Puck)? Thielemann est dans son Ă©lĂ©ment : ambassadeur d’une musique pleine d’élĂ©gance et de finesse, rĂ©solument et littĂ©ralement « lĂ©gĂšre ».

Enfin voici le premier morceau du compositeur vedette : Johann STRAUSS II (fils): sur un rythme effrĂ©nĂ©, l’Express, polka schnell op. 311 est bien une Polka rapide – on regrette cependant la nervositĂ© un peu sĂšche ; un rien hystĂ©rique (lĂ  encore systĂ©matique et trop appuyĂ©e) de Thielemann qui dirige comme un prussien, vif, nerveux, droit. de toute Ă©vidence, et dans ce tableau prĂ©cis, il manque de souplesse comme de retenue.

Du mĂȘme Strauss fils, « Pictures of the North Sea », waltz op. 390 / Images de la mer du nord dĂ©veloppe Ă©criture et texture orchestrales. L’épisode symphonique Ă  l’essence poĂ©tique et chorĂ©graphique dĂ©bute dans le sombre 
 dĂ©roulant un premier tapis envoĂ»tĂ©, quasi tragique, puis un souffle profond grave pour que surgisse enfin l’éblouissante mĂ©lodie (wagnĂ©rien dans sa houle et ses phrases continues : d’emblĂ©e Thielemann le wagnĂ©rien est Ă  son affaire ici) : on admire le mĂ©tier du chef, capable d’heureux Ă©quilibres sonores, la finesse des flĂ»tes, le chant ciselĂ© des clarinettes parfaitement dĂ©taillĂ©es, comme enivrĂ©es, caressantes

Pourtant Ă  l’inverse, et dans le mĂȘme temps, regrettons quelques Ă©carts de conduite dans la direction : des contrastes trop marquĂ©s, et appuyĂ©s : la frĂ©nĂ©sie du geste empoigne la valse avec une duretĂ© prussienne propre au chef berlinois : il n’a pas la finesse de son aĂźnĂ© le regrettĂ© Nikolaus Harnoncourt (nĂ© en 1929 et dĂ©cĂ©dĂ© en 2016), spĂ©cialiste et passionnĂ© de valses viennoise qui dirigea le Wiener en de nombreuses occasions les Philharmoniker et le Concert du Nouvel An, Ă  2 reprises : 2001 et 2003. Ronflant, sec, Thielemann déçoit globalement, malgrĂ© les trouvailles sonores Ă©voquĂ©es prĂ©cĂ©demment. Sa baguette manque de fluiditĂ© malgrĂ© le sujet aquatique de la valse choisie.

Autre frĂšre, pas assez connu et mis dans l’ombre de Johann, leur ainĂ© : Eduard Strauß: « Post-Haste », est une polka schnell op. 259, pour laquelle Thielemann cisĂšle la coupe et l’esprit de syncope (Ă©vocation de la course de la diligence) ; ici encore, on remarque les limites du chef car Thielemann dĂ©taille certes l’instrumentation mais manque de prĂ©cision comme d’imagination: sa direction relĂšve d’un systĂšme mĂ©trique, militaire dans cette cadence au galop, trĂ©pidant, trop mĂ©canique

STRAUSS eduard edouard classiquenews valses de viennes concert nouvel an vienne 2019 220px-EduardStrauss edouard syraussFotoUn petit mot sur Edouard, le dernier fils Strauss et l’hĂ©ritier de la dynastie. Il est mort en 1916, en pleine guerre, trouve sa voie spĂ©cifique, comparĂ©e Ă  celle de ses deux frĂšres ainĂ©s, par une Ă©criture plus frĂ©nĂ©tique, qui s’est spĂ©cialisĂ© dans les polkas rapides / ainsi cette « Polka-schnell ». RongĂ© par le ressentiment contre ses frĂšres, et pourtant hĂ©ritier enviable de la dynastie familiale (et orchestrale), il dissout cependant en 1901, l’orchestre Strauss et, surtout, pendant trois journĂ©es (honteuses) d’octobre 1907, brĂ»le nombre de papiers, manuscrits et forcĂ©ment partitions de ses frĂšres Strauss : destruction catastrophique d’un hĂ©ritier insensĂ© devenu fou. Nombre de documents et de partitions de Josef et de Johann seraient ainsi partis en fumĂ©e.  L’histoire de la famille Strauss relĂšve d’un roman feuilleton, et l’on s’étonne malgrĂ© le succĂšs populaire de leurs valses et mazurkas, qu’aucune sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e ne soit encore emparĂ© de leur saga. A suivre


AprĂšs la pause de la mi journĂ©e (le concert a commencĂ© Ă  11h), reprise avec l’évocation du Johann compositeur d’opĂ©rettes : c’est Offenbach qui pourtant son rival en France, aurait exhortĂ© le Viennois Ă  composer des opĂ©rettes. Grand bien que cette proposition confraternelle et constructive. Ainsi l’ouverture du Baron Tzigane
 la plus cĂ©lĂšbre avec celle de La Chauve Souris, 
 ainsi le motif de la valse dĂ©passe la seule occurrence Ă©pisodique, pour atteindre une Ă©vocation pleine de nostalgie 
 tzigane et purement symphonique (par le motif ourlĂ© de la clarinette) ; dans cette piĂšce de caractĂšre, Ă  l’ambition dramatique manifeste, Thielemann soigne le panache sombre et grave, avec un trĂšs bel effet de texture caressant chaque motif, en particulier au hautbois, sinueux et pastoral. LĂ  encore on peut regretter le geste un peu lourd du chef plus prussien que viennois.

Pourtant, se dĂ©tache ensuite finesse et lĂ©gĂšretĂ© dans « La Ballerine » opus 227 de Josef Strauß, polka française, et ses fin de phrases, suspendues en deux accents, dĂ©tachĂ©s, retenus
 vĂ©ritable hymne Ă  la souplesse Ă©lastique. Avec La vie d’artiste opus 316, de Johann II, le ballet de l’OpĂ©ra de Vienne s’invite au concert : comme un rĂ©veil au matin, le premier couple du corps de ballet de l’OpĂ©ra (Wiener Staatsballet) s’ébranle sur la terrasse et dans les couloirs et circulations du bĂątiment : l’élĂ©gance et la facĂ©tie (gestuelles des mains) des 5 couples en blanc et noir imposent une leçon de souplesse acrobatique, – un moment de raffinement collectif magnifiĂ© Ă©videmment pas la somptueuse musique, moins allusive que descriptive, dans la cadre des dĂ©cors et intĂ©rieurs de l’OpĂ©ra viennois. L’institution fĂȘte ses 150 ans en 2019, ayant Ă©tĂ© inaugurĂ© en 1869. Prestige revendiquĂ© et histoire cĂ©lĂ©brĂ©e au moment oĂč ce sont deux français qui dirigent la Maison, Dominique Meyer, intendant gĂ©nĂ©ral et l’ex danseur Ă©toile Ă  Paris, Manuel Legris, directeur de la danse. Johann Strauss redouble de tendresse feutrĂ©e dans cette page trĂšs raffinĂ©e qui est l’objet d’une rĂ©alisation tĂ©lĂ©visuelle audacieuse (plans inclinĂ©s de la camĂ©ra dont jouent les danseurs, trĂšs complices).

Puis, d’Eduard Strauß: « Opera SoirĂ©e » / Une soirĂ©e Ă  l’opĂ©ra est une polka française op. 162 (Ă  deux temps), polka assez lente, au rythme plus appuyĂ© que la polka mazurka qui est encore plus lente et ralentie avec des temps suspendus
  : Une soirĂ©e Ă  l’opĂ©ra semble mieux convenir Ă  la carrure prussienne de Thielemann – sans Ă©carter facĂ©tie ni dĂ©licatesse avec une palette de nuances (piccolo) trĂšs finement dĂ©taillĂ©es ; voici la sĂ©quence oĂč le chef dĂ©voile une direction plus nettement enjouĂ©e, pleine de sous entendue comme d’élĂ©gance.

De Johann STRAUSS II (fils): « Eva Waltz », la valse d’Eva extrait de l’opĂ©ra Le Chevalier Pazman se distingue en un dĂ©but magnifique (somptuositĂ© profonde et noble des cors, puis en dialogue avec les contrebasses – valse attĂ©nuĂ©e comme un rĂȘve, une rĂ©itĂ©ration onirique liĂ©e au personnage d’Eva dans l’opĂ©rette de Johann II. C’est Cendrillon rĂ©inventĂ©e, sa prĂ©sentation au bal
 puis du mĂȘme opĂ©ra, Thielemann a sĂ©lectionnĂ© une nouvelle piĂšce de caractĂšre, extrait du mĂȘme opĂ©ra : « CsĂĄrdĂĄs ». Comme celle de la sublime Chauve Souris, celle qui permet Ă  la comtesse hongroise de s’alanguir jusqu’à la pĂąmoison, et aussi Ă  la soprano requise, d’éblouir par sa virtuositĂ© profonde, voici une autre facette du gĂ©nie de Johann II, pleine de facĂ©tie heureuse, d’intelligence sauve et lumineuse, de grĂące et de finesse. Le Concert tĂ©lĂ©visĂ© Ă©tant aussi une carte postale soulignant les trĂ©sors patrimoniaux autochtones, voici les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, soit dans un chĂąteau de basse Autriche, un couple de touristes, parodique, dĂ©calĂ© qui s’ennuie puis s’éveille Ă  la pure danse, en rejoignant 3 autres couples de danseurs dans la galerie haute Renaissance. LĂ  encore reconnaissons que la rĂ©alisation comme l’alliance de Strauss et de la danse sont idĂ©alement complĂ©mentaire, dans un tableau qui s’achĂšve en extĂ©rieur, sur une collection de rythmes et de folklores bien trempĂ©s, oĂč rĂšgne la noblesse du thĂšme hongrois principal (la czardas est de style aristocratique), jouĂ© selon la tradition par les paysans pour les moissons ou les noces villageoises.

Johann fils rĂšgne en maĂźtre absolu avec la Marche Ă©gyptienne op. 335 : festival de timbres et d’effets orientalisants et rutilants, parfaitement caractĂ©risĂ©s et utilisĂ©s Ă  bon escient : d’abord grosse caisse, clarinette mystĂ©rieuse, cordes voluptueuse : c’est une sĂ©quence entonnĂ©e comme une marche militaire, mais enchantĂ©e – panache onirique des trompettes et des cors, au souffle inouĂŻ, qui Ă©gale le meilleur Saint-SaĂ«ns, celui oriental de l’orgie / bacchanale dans Samson et Dalila. Thielemann est chez lui, dirigeant sans baguette avec une dĂ©contraction affichĂ©e, assumĂ©e ; lorsque les instrumentistes viennois entonnent en « la la la », le chƓur du motif Ă©gyptien (qui rappelle aussi Verdi dans ses ballets d’Aida). Tout s’achĂšve dans le lointain en second plan, superbe effet de spatialisation : festif et interactif, le tableau suscite l’enthousiasme de la salle, et la joie des musiciens, heureux d’avoir ainsi surpris l’audience internationale.

Enfin, aprĂšs “la Valse entracte” de Joseph Hellmesberger fils: d’une dĂ©licatesse soyeuse et enivrante (les pizzicati dĂ©licats des violons), celle d’un rĂȘve Ă©veillĂ©, auquel Thielemann rĂ©serve son attention la plus nuancĂ©, ce sont deux pages parmi les plus raffinĂ©es des fils Strauss, Johann II, l’incontournable : « In Praise of Women », polka mazur op. 310 / Eloge des femmes : hymne fĂ©ministe qui tombe Ă  pic aprĂšs nos hontes contemporaines (cf les mouvements #Metoo, et #balancetonporc) oĂč rĂšgnent flĂ»tes, piccolo, clarinettes et bassons : (finesse d’élocution, irrĂ©sistible Ă©lĂ©gance et souveraine retenue
 en un Ă©quilibre impeccable cordes et cuivres)
 et le rythme trĂšs lent, le plus lent, de la polka mazurka ; puis la musique des sphĂšres opus 235 du cadet tout aussi gĂ©nial, Josef : grande valse, et la plus inspirĂ©e du compositeur, oĂč flĂ»tes / harpe se dĂ©tachent, signifiant lĂ  aussi une aube qui se lĂšve
 pourtant, le bas blesse : Ă  la dĂ©licatesse suggestive de la partition, nous regrettons l’enflure qui finit par ĂȘtre ennuyeuse, et mĂȘme agaçante du chef, 
 trop pompier, ignorant volontaire de toute lĂ©gĂšretĂ©. Quel dommage.
nouvel-an-2019-concert-vienne-new-year-s-concert-2019-vienna-philharmonia-christian-thielemann-concert-cd-critique-par-classiquenews-582-the_vienna_philharmonic_and_chri_55-1Enfin c’est le rituel de fin, pour tout concert du nouvel An qui se respecte. AprĂšs proclamer les vƓux de l’Orchestre, chef et musiciens jouent d’un seul tenant et sans interruption – quand les prĂ©dĂ©cesseurs commençaient les premiĂšres mesures, puis prononçaient les vƓurs, enfin reprenaient Ă  son dĂ©but la partition : voici l’extase fluviale promise et tant attendue, emblĂšme de l’art de vivre viennois : Le Beau Danube Bleu (Johann STRAUSS fils) : avouons que Thielemann sait Ă©carter toute Ă©paisseur et boursoufflure, instillant ce climat du rĂȘve qui fait briller les cors, recherche les effets de textures moins la transparence, d’oĂč ce sentiment d’opulence, de grain sensuel (les clarinettes) – sommet de naturel et de grĂące – la partition d’abord chorale, finit ainsi sa course d’une Ă©loquence et sublime maniĂšre, comme chant lĂ©gitimement cĂ©lĂ©brĂ© de l’élĂ©gance viennoise Ă  l’international.

Oui certains nous rĂ©torquerons : pourquoi boudez ainsi son plaisir ? Le Beau Danube Bleu suffit Ă  rĂ©pondre et militer finalement en faveur de la baguette explicitement symphonique de Thielemann. Nous ne parlons pas sciemment de La marche de Radetsky de Johann Strauss le pĂšre : bonus pour amuser un public qui souhaite participer en claquant des mains, soulignant encore et encore la frĂ©nĂ©sie rythmique d’un tube plus que cĂ©lĂ©brĂ©. Daniel Barenboim avait bien raison de bouder cette sĂ©quence car la partition fut composĂ©e pour cĂ©lĂ©brer la victoire sur des manifestants et Ă©tudiants tuĂ©s outrageusement contre leur appel Ă  libertĂ©. Qu’on se le dise.

Carrure prussienne mais sensibilitĂ© instrumentale d’un gourmand gourmet, Christian Thielemann nous ravit quand mĂȘme, dans ce concert qui sans ĂȘtre mĂ©morable – ceux de Georges PrĂȘte, Nikolaus Harnoncourt, Gustavo Dudamel, Mariss Jansons (2016) l’ont Ă©tĂ© – , nous permet de marquer dans la lĂ©gĂšretĂ© moyenne, Ă  dĂ©faut d’exquise finesse, ce 1er jour de l’annĂ©e nouvelle 2019.

Retrouvez le cd et le dvd du CONCERT DU NOUVEL AN Ă  VIENNE, 1er janvier 2019, sous la direction de Christian Thielemann, Ă  paraĂźtre mi janvier chez Sony classical.

 

 

 

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philhamroniker / CHRISTIAN THIELEMANN (1er janvier 2019) : Valses, polkas, extraits d’opĂ©ras, ouverture de Johann STRAUSS II, Josef STRAUSS, Edouard STRAUSS, Josef Hellmesberger…

 

 

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 Nos autres comptes rendus et critiques des CONCERTS DU NOUVEL AN à VIENNE :

 

Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. Wiener Philharmoniker, Mariss Jansons, direction. Valses de Strauss johann I, II; Josef ; Eduard. Waldtaufel


mariss-jansons_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. En direct de la Philharmonie viennoise, le Konzerthaus, le concert du nouvel An rĂ©alise un rĂȘve cathodique et solidaire : succĂšs planĂ©taire depuis des dĂ©cennies pour ce rendez vous diffusĂ© en direct par toutes les chaĂźnes nationales du monde et qui le temps des fĂȘtes, rassemblent toutes les espĂ©rances du monde, en une trĂšs large diffusion pour le plus grand nombre (les places sont vendues Ă  un prix exorbitant destinĂ© aux fortunĂ©s de la planĂšte) pour un temps meilleur riche en promesses de bonheur. Cette annĂ©e c’est le chef Mariss Jansons, maestro letton (rĂ©sident Ă  Saint-PĂ©tersbourg), autant lyrique que symphonique bien trempĂ© qui dirige les divins instrumentistes viennois, ceux du plus subtil des orchestres mondiaux et qui pour l’évĂ©nement cĂ©lĂšbre l’insouciance par la finesse et l’élĂ©gance, celle des valses des Strauss, Johann pĂšre et fils bien sĂ»r, ce dernier particuliĂšrement Ă  l’honneur, et aussi Joef et Eduard ses frĂšres (tout aussi talentueux que leur ainĂ©), Eduard dont 2016 marque le centenaire.

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker.  Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les tĂ©lĂ©visions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilĂ  assurĂ©ment Ă  un moment important de cĂ©lĂ©bration collective, le moment musical et symphonique le plus mĂ©diatisĂ© au monde. En plus des talents dĂ©jĂ  avĂ©rĂ©s des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est Ă©videmment le nouvel invitĂ©, pilote de la sĂ©quence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques). A presque 36 ans, ce 1er janvier 2017, le jeune maestro vĂ©nĂ©zuĂ©lien a concoctĂ© un programme pour le moins original qui en plus de sa jeunesse – c’est le plus jeune chef invitĂ© Ă  conduire l’orchestre dans son histoire mĂ©diatique, crĂ©e une rupture : moins de polkas et de valses tonitruantes, voire trĂ©pidantes, mais un choix qui place l’introspection et une certaine retenue intĂ©rieure au premier plan ; pas d’esbroufe, mais un contrĂŽle optimal des nuances expressives, et aussi, regard au delĂ  de l’orchestre, comme habitĂ© par une claire idĂ©e de la sonoritĂ© ciblĂ©e, une couleur trĂšs suggestive, mesurĂ©e, intĂ©rieure qui s’inscrit dans la rĂ©flexion et la nostalgie
? VoilĂ  qui apporte une lecture personnelle et finalement passionnante de l’exercice 2017 : Gustavo Dudamel dont on met souvent en avant la fougue et le tempĂ©rament dĂ©bridĂ©, affirme ici, en complicitĂ© explicite avec les musiciens du Philharmonique de Vienne, une direction millimĂ©trĂ©e, infiniment suggestive, d’une subtilitĂ© absolue, qui colore l’entrain et l’ivresse des valses, polkas et marches des Strauss et autres, par une nouvelle sensibilitĂ© introspective. De toute Ă©vidence, le maestro vĂ©nĂ©zuĂ©lien, enfant du Sistema, nous Ă©pate et convainc de bout en bout. Relevons quelques rĂ©ussites emblĂ©matiques de sa maestriĂ  viennoise. En lire PLUS

 

 

————————

Zubin Mehta / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2015
L’hommage au gĂ©nie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/

 

Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/

 

Mariss Jansons / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/

 

Georges PrĂȘtre / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2010

 

CD Ă©vĂ©nement. Concert du Nouvel An 2016 Ă  Vienne. Neujahrskonzert / New Year’s concert 2016. Vienna Philharmonic / Wiener Philharmoniker / orchestre philharmonique de Vienne. Mariss Jansons, direction (2 cd Sony classical).

jansons-mariss-concert-du-nouvel-an-2016CD Ă©vĂ©nement. Concert du Nouvel An 2016 Ă  Vienne. Neujahrskonzert / New Year’s concert 2016. Vienna Philharmonic / Wiener Philharmoniker / orchestre philharmonique de Vienne. Mariss Jansons, direction (2 cd Sony classical). Chaque 1er janvier c’est un rituel bien rodĂ© et depuis des lustres, unanimement plĂ©biscitĂ© au point d’ĂȘtre Le concert symphonique le plus mĂ©diatisĂ© au monde. Les happy few se pressent jusqu’au fond de la salle, dans les bas cĂŽtĂ©s de l’estrade qui accueille les musiciens du Wiener, pour avoir leurs fauteuils et ressentir de prĂšs, l’excitation collective d’un bain de raffinement musical… Car c’est confirmĂ© d’annĂ©e en annĂ©e et cette Ă©dition ne dĂ©roge pas Ă  la rĂšgle : le Wiener Philharmoniker est bien l’orchestre le plus enchanteur du monde, dĂ©livrant ainsi en dĂ©but de nouveau cycle annuel, cette bĂ©nĂ©diction par la musique : une onction quasi sainte qui rĂ©conforte les Ăąmes les plus sensibles, artistes et mĂ©lomanes, unis dans l’espĂ©rance d’un monde meilleur. Le jour des vƓux d’heureuse annĂ©e, impose une trĂȘve mondiale pour se recueillir et espĂ©rer de fait, une annĂ©e nouvelle plus bienheureuse que celle Ă©coulĂ©e. Et en France comme en Europe, cela n’est guĂšre difficile… sauf Ă  croire les plus sceptiques qui pensent que le pire est devant nous.

Nonobstant gardons espoir et savourons ce formidable moment de recueillement et de ferveur collective grĂące aux valeurs qu’expriment ici le Philharmonique de Vienne en 1er janvier en direct depuis la Philharmonie viennoise, transfigurĂ© par la direction Ă©lĂ©gantissime et finement caractĂ©risĂ©e d’un maestro dĂ©jĂ  habituĂ© de l’occasion et d’une subtilitĂ© Ă  toute Ă©preuve, Mariss Jansons.
Pour ceux et celles souhaitant revivre l’ensemble du programme tĂ©lĂ©visĂ© (avec l’adjonction des sĂ©quences dansĂ©es), nous les invitons Ă  consulter notre compte rendu du Concert du 1er janvier 2016 par Mariss Jansons diffusĂ© sur France 2 (et aussi se reporter au DVD du Concert du Nouvel An Ă  Vienne 2016, Ă©ditĂ© Ă©galement par Sony classical).

 

 

 

L’Onction philharmonique

 

 

mariss_jansons_0Ici, sans aucune “distraction visuelle”, l’Ă©coute se focalise sur les vertus d’une direction dĂ©taillĂ©e et dramatique, d’un allant et d’un charme irrĂ©sistibles ; la direction de Jansons confirmant la trĂšs forte empathie du chef pour la lĂ©gĂšretĂ© claire, la sĂ©duction ciselĂ©e, s’appuyant en particulier sur la virtuositĂ© enchantĂ©e de chaque soliste de l’orchestre philharmonique. En particulier dans la seconde partie (cd2), c’est un festival de nuances et de phrasĂ©s millimĂ©trĂ©s, Ă©clairant la dĂ©licatesse du collectif dans chaque Ă©pisode sĂ©lectionnĂ© par le chef et les membres de la phalange : Espana de Waldteufel Ă©tincelle par son panache sĂ©ducteur, son feu solaire et mĂ©diterranĂ©en de grande classe (d’autant plus apprĂ©ciĂ© et spectaculaire Ă  Vienne, que c’est la premiĂšre fois que l’oeuvre est jouĂ©e au Konzerthaus), hymne Ă  la fois tapageur, dĂ©bridĂ© et aussi finement calibrĂ© ; La Libellule de Josef Strauss est d’une suavitĂ© aĂ©rienne oĂč les cordes rayonnent par la perfection articulĂ©e et habitĂ©e de leur unisson ; superbe noblesse pour la Valse de l’Empereur et … aprĂšs les voeux cĂ©rĂ©moniels et rituels Ă©noncĂ©s par le chef et ses instrumentistes (aprĂšs avoir amorcĂ© les premiĂšres mesures), la divine onction du Beau Danube bleu d’une grĂące poĂ©tique infinie. Mais le succĂšs populaire et entier du programme ne serait pas accompli sans une interactivitĂ© directe entre musiciens, chef et spectateurs ; dispositif rĂ©alisĂ© grĂące Ă  La Marche de Radetzky de Strauss pĂšre, festival oĂč l’esprit de parade et de nation rassemblĂ©e fraternelle s’exprime librement, le chef battant la mesure et indiquant au public quand il est invitĂ© Ă  claquer des mains pour souligner le tempo. Inutile de souligner combien Sony classical a eu le nez creux et l’intuition juste d’enregistrer pour notre plus grand plaisir ce concert du Nouvel An 2016 Ă  Vienne, des plus enivrants. Les instrumentistes Ă©taient-ils d’autant plus inspirĂ©s qu’ils fĂȘtaient alors les 75 ans du Concert le plus attendu de l’annĂ©e ? Probablement car leur sens de la performance et de l’excellence incarnĂ©e, avec mĂȘme pour les tĂ©lĂ©spectateurs participation scĂ©nographiĂ©e, est ici indiscutable. Incontournable.

CLIC_macaron_2014CD Ă©vĂ©nement. Concert du Nouvel An 2016 Ă  Vienne. Neujahrskonzert / New Year’s concert 2016. Vienna Philharmonic / Wiener Philharmoniker / orchestre philharmonique de Vienne. Mariss Jansons, direction. 2 cd Sony classical. EnregistrĂ© le 1er janvier 2016.
CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2016.

Mariss Jansons dirige le Concert du Nouvel An 2016

JANSSONS-320-JANSONS-MARISS-nouvel-an-2016-konzert-wien-presentation-classiquenews-jansons1002_marco_borggreve_hochfrance2 logo-france2France 2. Concert du Nouvel An 2016 Ă  Vienne, le 1er janvier 2016, 11h. AprĂšs Barenboim (2014), Mehta (2015), Mariss Jansons dirige le concert orchestral le plus mĂ©diatisĂ© et populaire de l’annĂ©e : le Concert du Nouvel An Ă  Vienne Neujahrskonzert 2016. Le maestro avait dĂ©jĂ  pilotĂ© orchestre et concert festif Ă  Vienne en 2006 puis 2012. C’est donc sa troisiĂšme Ă©dition Ă  la tĂȘte du Philharmonique de Vienne pour le concert du Nouvel An. Au programme, sous la voĂ»te dorĂ©e de la salle viennois lĂ©gendaire, Grosser Saal du Musikverein, valses et Ɠuvres symphoniques de Robert Stolz, Johann Strauss fils, Carl Michael Ziehrer, Eduard Strauss, Josef Strauss, Èmile Waldteufel, Josef Hellmesberger pĂšre, Johann Strauss pĂšre
 Chaque annĂ©e, au premier jour d’un nouveau cycle, le monde classique se met en queue de pie, compositions florales et vues touristiques (viennoise) Ă  l’appui, dans ce style perçois kitch dont les Viennois entretiennent le secret et la flamme
. tĂ©lĂ©gĂ©nique. En complĂ©ment du somptueux Orchestre Philharmonique de Vienne, le meilleur orchestre au monde par sa fluiditĂ© et son Ă©lĂ©gance expressive, les danseurs de l’OpĂ©ra de Vienne participent aussi dans des dĂ©cors de rĂȘve.

musikverein saal concert du nouvel an 2016njk14_TRY_0497Au premier jour de l’an 2016, la culture et le fleuron du raffinement europĂ©en s’afficheront sur votre Ă©cran domestique – diffusĂ© en direct sur France 2, avec la prĂ©cision et le souci de la vitalitĂ© propre au chef letton Mariss Jansons nĂ© Ă  Riga en 1943 (72 ans). Le fils du chef Arvid (assistant de Mravinsky en 1960), se forme Ă  Riga, Ă  Vienne puis Salzbourg (oĂč il est assistant de Karajan en 1969). NommĂ© assistant de Mravinsky comme son pĂšre en 1973, au Philharmonique de Leningrad, Mariss Jansons devient directeur musical du Pittsburgh symphonique en 1997, Ă  la succession de Lorin Maazel. En 2004, il succĂšde Ă  Riccardo Cahilly Ă  la direction musicale du Concertgebouw d’Amsterdam.

 france2 logo-france2France 2. Concert du Nouvel An 2016 à Vienne, le 1er janvier 2016, 11h
 

Programme du Concert du Nouvel An 2016 – Neuejahrskonzert Wien 2016 sous la direction de Mariss Jansons

Robert Stolz
Uno-Marsch

Johann Strauß (Sohn)
Schatz-Walzer. op. 418
Violetta. Polka francaise, op. 404
VergnĂŒgungszug. Polka (schnell), op. 281

Carl Michael Ziehrer
Weaner Madl’n. Walzer op. 388

Eduard Strauß
Mit Extrapost. Galopp, op. 259

entracte

Johann Strauß (Sohn)
OuvertĂŒre zu Eine Nacht in Venedig (Wiener Fassung)

Eduard Strauß
Ausser Rand und Band. Polka schnell, op. 168

Josef Strauß
SphÀrenklÀnge. Walzer, op. 235

Johann Strauß (Sohn)
SĂ€ngerslust. Polka francaise, op. 328

Josef Strauß
Auf Ferienreisen. Polka schnell, op. 133

Johann Strauß (Sohn)
FĂŒrstin Ninetta – Entr’acte zwischen 2. und 3. Akt

Èmile Waldteufel
Espana. Walzer, op. 236

Josef Hellmesberger sen.
Ball-Szene

Johann Strauß (Vater)
Seufzer-Galopp, op. 9

Josef Strauß
Die Libelle. Polka mazur, op. 204

Johann Strauß (Sohn)
Kaiser-Walzer, op. 437
Auf der Jagd. Polka schnell, op. 373

 

 

 

VOIR le site du Philharmonique de Vienne

VOIR la page dédiée au Concert du Nouvel An

Cinéma. Direct de Berlin : le Concert du Réveillon 2014 par le Philharmonique de Berlin, Simon Rattle

Rattle-berliner-philharmoniker-concert-simon-rattle-582

 

 

CinĂ©ma, live de Berlin : concert de rĂ©veillon du Philharmonique de Berlin, Simon Rattle, mercredi 31 dĂ©cembre 2014, 17h30. En direct de Berlin, l’Orchestre Philharmonique de Berlin fĂȘte le rĂ©veillon de 17h30 Ă  19h sous la direction de Simon Rattle, dans les salles de cinĂ©ma. Le Gala from Berlin propose un programme Ă©clectique comprenant la Suite des Indes Galantes de Rameau (pour commĂ©morer les 250 ans de la mort du gĂ©nie baroque nĂ© Ă  Dijon), puis aprĂšs la pause : la Suite tirĂ© de l’opĂ©ra Hary Janos de Zoltan Kodaly, et le Concerto pour piano n°23 de Mozart en la majeur avec Menahem Pressler K 488. Outre l’excellence stylistique et esthĂ©tique de l’orchestre berlinois, le programme rĂ©vĂšle la prise de risque des instrumentistes de Berlin en particulier dans le choix de jouer une Ɠuvre baroque de surcroit française : Rameau reste l’un des compositeurs les plus difficiles Ă  aborder Ă  l’orchestre, d’autant plus sur les instruments modernes : tenue d’archet, jeu de cordes, attaques, ornements doivent nĂ©cessairement ĂȘtre repris du tout au tout : un dĂ©fi pour les instrumentistes plutĂŽt familiers du rĂ©pertoire classique et romantique. C’est le mĂȘme dĂ©fi orchestral que dĂ©fend aujourd’hui le jeune maestro Bruno Procopio, qui a rĂ©cemment dirigĂ© le Simon Bolivar Symphony orchestra et l’Orchestre philharmonique royal de LiĂšge dans un programme entiĂšrement dĂ©diĂ© Ă  Rameau. Le concert Ă  Berlin pour ce 31 dĂ©cembre devrait de ce point de vue ĂȘtre passionnant. D’autant que les musiciens du Philharmonique de Berlin ont dĂ©jĂ  jouer Rameau
 dont Les BorĂ©ades. Approche dĂ©jĂ  audacieuse et porteuse de prouesse reconnue.

 

 

Gala from Berlin, en direct de Berlin, dans les salles de cinéma, mercredi 31 décembre 2014 à 17h30. Réservations sur www.akuentic.com

 

 

Zubin Mehta dirige le Concert du Nouvel An 2015

neujahrskonzert4.5113996VIENNE, Concert du Nouvel An. 1er janvier 2015, 11h15. Zubin Mehta dirige le Phil. de Vienne. Le Concert du nouvel an Ă  Vienne jouĂ© par l’Orchestre philharmonique de Vienne est un Ă©vĂ©nement qui a lieu traditionnellement chaque annĂ©e le matin du 1er janvier dans la Goldener Saal (Salle dorĂ©e) du Musikverein. Le programme musical met Ă  l’honneur les joyaux orchestraux de la famille Strauss : le pĂšre Johann, son fils surtout Johann II – exceptionnel gĂ©nie qui Ă©tait le premier rival de son pĂšre avec lequel il entretint une mĂ©salliance tenace; ses frĂšres Edouard et Josef, trĂšs douĂ©s eux aussi. Tous incarnent l’élĂ©gance, le raffinement artistique de la Vienne impĂ©riale, celle de François Joseph quand Johann Strauss II Ă©tait nommĂ© Ă  juste titre « Empereur de la Valse ».  Aux Valses, Polkas, Galops, marches
 l’Orchestre philharmonique de Vienne ajoute aussi les ouvertures des opĂ©rettes dont le sommet inĂ©galĂ© Ă  ce jour : l’ouverture de La Chauve Souris de Johann II.

mehta zubin portrait maestroLe maestro indien Zubin Mehta (77 ans) dirige la nouvelle Ă©dition du Concert du Nouvel An 2015. AprĂšs 1990, 1995, 1998 et 2007, c’est sa cinquiĂšme participation Ă  l’évĂ©nement. Avec Willi Boskovsky, Clemens Krauss, Lorin Maazel, il fait partie du cercle des chefs qui comptent le plus grand nombre d’invitations Ă  l’évĂ©nement, il est d’ailleurs membre honoraire de l’Orchestre : trĂšs mĂ©diatisĂ©, le Concert du Nouvel An Ă  Vienne est un exercice de haute voltige, qui expose tout maestro choisi. Pour les instrumentistes viennois, Zubin Mehta doit son charisme Ă  un humanisme puissant qui exalte et fĂ©dĂšre.

 

 

 

Programme du Concert du Nouvel An 2015
En direct du Musikverein de Vienne, sur France 2 et France Musique

france2 logo-france2 logo_francemusique

1Ăšre PARTIE Ă  11h15
Franz von Suppé, ouverture Ein morgen, ein Mittag, ein Abend in Wein
Johann Strauss Jr, MĂ€rchen aus dem Orient. Valse, op.444
Joseph Strauss, Wiener Leben. Polka française, op. 218
Eduard Strauss, Wo man lacht und lebt. Polka rapide, op.108
Joseph Strauss, Dorfchawalben, aus Osterreich. Valse, op.164
Johann Strauss Jr, Vom Domaustrande. Polka Rapide, op.35

 

2Ăšme PARTIE Ă  12h15
Johann Strauss Jr, Perpetuum mobile. Musikalischer Scherz, op.257
Accelarationen. Valse op. 234
Elektro-magnetische Polka, op.110
Eduard Strauss, Mit dampf, Polka rapide, op.70
Johann Strauss Jr, An der Elbe. Valse op.477
Hans Christian Lumbye, Champagner-Galopp, op.14
Johann Strauss Jr, Studenten-Polka. Polka française, op.263
Johann Strauss sen., Freiheits-Marsch, op 226
Johann Strauss Jr, Annen-Polka, op.117
Wein, Weib un Gesang Valse, op.333
Eduard Strauss, Mit Chic. Polka rapide, op.221

Zubin-Mehta-4-aprile-2011-Mosca-672x372ZUBIN MEHTA,biographie.  NĂ© Ă  Bombay en 1936, Zubin Mehta poursuit son Ă©ducation musicale Ă  Vienne. De 1954 Ă  1957, il Ă©tudie la direction d’orchestre auprĂšs du “fabricant de chefs d’orchestre”, Hans Swarowsky, professeur Ă  l’AcadĂ©mie de musique. AprĂšs ses dĂ©buts aux États-Unis en 1960, il est nommĂ© directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Los Angeles en 1962, alors qu’il est ĂągĂ© d’à peine 26 ans. Puis le New York Philharmonic lui offre le poste de directeur musical, qu’il occupe dĂšs 1978 (42 ans), succĂ©dant Ă  Pierre Boulez. Il y reste jusqu’en 1991, soit pendant 13 annĂ©es, – un record. En 1998, Zubin Mehta prend la direction musicale de l’OpĂ©ra d’État de BaviĂšre, oĂč il reste jusqu’en 2006.

 

 

 

Approfondir

Decca vient de publier en dĂ©cembre 2014, un sublime coffret de 64 cd retraçant une partie de l’histoire discographique du Philharmonique de Vienne : ses grands chefs, ses compositeurs favoris dont Ă©videmment l’emblĂ©matique Johann Strauss II, mais aussi les 4 “B” de l’Ă©cole romantique viennoise : Beethoven, Brahms, Bruckner… (c’est qu’ici, le Philharmonique de Vienne est plus idoine et mieux expressif par son Ă©lĂ©gance racĂ©e que le Philhamronique de Berlin… Ă  chacun son goĂ»t)…
 

wiener-philharmoniker-decca-coffret-the-orchestral-edition-decca-CD, coffret. Wiener Philharmoniker : The Orchestral Edition (64 cd DECCA). Depuis 1842, l’Orchestre Philharmonique de Vienne, le Wiener Philharmoniker, crĂ©Ă© par Otto Nicolai, incarne le rĂȘve de tout orchestre : la phalange, vĂ©ritable mythe musical, enchante le monde par ses qualitĂ©s interprĂ©tatives et surtout une sonoritĂ© fluide, voluptueuse, coulante, magistralement onctueuse qui ne cesse de convaincre : chaque Concert du Nouvel retransmis sur toutes les chaĂźnes du monde renouvelle le miracle attendu : on y dĂ©cĂšle l’éloquence oxygĂ©nĂ©e de ses cordes  flexibles, la puissance ronde et chaude de ses cuivres (les cors en particulier), la clartĂ© individuelle de son harmonie (bois)
 et l’on se dit Ă  chaque concert, voici indiscutablement le meilleur orchestre au monde. Et pourtant depuis l’essor des orchestres sur instruments d’époque, notre perception a changĂ© : timbres petits, dĂ©licats caractĂ©risĂ©s contre puissance et cohĂ©rence lisse voire creuse. Or parmi les phalanges sur instruments modernes, le Wiener Philharmoniker se distingue toujours par son Ă©loquence suprĂȘme, majestueuse et raffinĂ©e, une Ă©lĂ©gance superlative (la respiration des cordes, ce matelas sonore transparent et ductile qui s’accorde idĂ©alement Ă  tous les solistes qu’ils soient chanteurs ou instrumentistes
- qui fait le plus souvent les plus grandes expĂ©riences au concert comme Ă  l’ opĂ©ra
 VoilĂ  pourquoi l’Orchestre outre ses compĂ©tences symphoniques, excelle dans le ballet et donc le programme de musique lĂ©gĂšre infiniment Ă©lĂ©gante et subtile qui caractĂ©rise essentiellement les valses de Strauss II
 Superbement Ă©ditĂ©, le coffret publiĂ© par Decca pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e ravira tous les passionnĂ©s de symphonisme  grande classe, dont les annĂ©es d’enregistrements couvrent au final une pĂ©riode riche en maniĂšres personnelles, celles des grands chefs du XXĂšme siĂšcle , des annĂ©es 1950 aux annĂ©es 1980: c’est donc une mine, une somme passionnante qui constitue aujourd’hui la mĂ©moire vive de l’orchestre viennois. Evidemment pas de romantique français, ni mĂȘme d’impressionisme debussyste ni ravĂ©lien
 mais un rĂ©pertoire “viennois” depuis l’aprĂšs guerre centrĂ© sur Haydn, Mozart (Concertos pour piano, clarinette, Symphoies
), Beethoven, quelques Schubert, Bruckner, surtout Brahms
 dont les intĂ©grales s’agissant des B (Beethoven, Bruckner, Brahms, constituent les piliers du rĂ©pertoire). LIRE notre critique complĂšte du coffret Wiener Philharmoniker : The Orchestral Edition (64 cd DECCA), paru pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e 2014