CD événement,critique. SCHOECK: Das Schloss Dürande / Mario Venzago (3 cd Claves)

schoeck das schloss durande mario venzago 3 cd claves critique annonce review opera classiquenews musique classique actualite s infosCD événement, critique. SCHOECK: Das Schloss Dürande (3 cd Claves). Composé de 1937 à 1942, soit en pleine guerre mondiale (comme l’opéra La Femme sans ombre avait été conçu pendant la première) Das Schloß Dürande, est l’une des dernière grandes œuvres lyriques du tonalisme post romantique, directement inspiré de Richard Strauss justement, lequel avait marqué lui aussi Zemlinsky, Korngold… Le livret de Schoek est inspiré de Das Schloss Dürande de Joseph von Eichendorff (1788-1857) – fin janvier 2019, l’éditeur suisse CLAVES publie une nouvelle version de l’opéra de Othmar Schrœck, en première mondiale, véritable événement lyrique de l’année 2019. 3 cd Claves

L’oeuvre laissée par Schoeck ne pouvait pas être produite selon sa version originale : elle méritait d’être révisée pour assurer une vraisemblance. C’est le travail du chef Mario Venzago qui est demeuré surtout fidèle à l’esprit de la musique, son sens structurel et dramatique, « sa sincérité », tout en réadaptant le texte hérité du livret. De langue classique, – tonale-, la syntaxe musicale est moderne.
La version 2018 entend surtout rétablir la cohérence du projet musical, orchestral et lyrique du drame inventé par Schoeck d’après le texte d’Eichendorff. Forte de ses qualités ainsi recouvrées, argumentées, explicitées, la partition révisée par Mario Venzago gagne une unité nouvelle qui pourrait œuvrer pour son intégration au répertoire classique et lyrique.

 

 

 

SCHOECK, le Strauss bernois

 

 

 

schoeck-othmar-opera-durande-opera-concert-cd-critique-opera-par-classiquenews-582

 

 

 

Proche des nœuds tragiques et meurtriers des drames de Schiller (que Verdi a abondamment adapté à l’opéra), Eichendorff développe les avatars d’un couple mal assorti (une roturière, Gabrielle / un jeune aristocrate, Armand), que pourchasse sans fléchir dans sa haine vengeresse (et révolutionnaire), le propre frère de Gabrielle, Renald dont on peut s’étonner de l’obstination à empêcher l’amour entre les deux jeunes gens. A travers, les agissements désespérés et sanguinaires du drame, la Révolution française s’accomplit ; ses fureurs, son tumulte irrésistible composent l’arrière plan d’une passion maudite, sacrifiée, qui de Paris à Dürande, s’achève et se résoud par la destruction du château lui-même, emblème d’un monde à l’agonie, impuissant, aveugle (celui du jeune et du vieux comtes, de la Morvaille aussi, icône de l’ordre monarchique) : quand Dürande explose et s’écroule, ce sont tous les espoirs amoureux mais vains qui sont détruit face à la folie collective. L’histoire est aussi noire et tragique que les romans et pièces de Schiller.
Mario Venzago restitue ce vortex symphonique continu qui rapproche Shoeck de ses ainés Strauss et de Zemilinsky de son contemporain Korngold (lui aussi extrêmement doué pour l’opéra) : révélant le raffinement de cette écriture intense et dramatique qui tourne autour du verbe, rendant toute la matière linguistique parfaitement audible et aussi servante de la résolution de l’action ; en un sprachgesang (parlé chanté continu) fluide et pilote de l’action. Une action qui est celle d’un drame noir et sanguinaire, entre sacrifice et amour digne comme on a dit de Schiller. Le chef musicologue défend sa propre version de l’œuvre avec une sincérité et une honnêteté admirable. Les caracères se révèlent dans leur économie expressive : lyrisme incandescent des deux amants (Gabriele et Armand) très présent dans la denrière partie (cd3), contrastant avec le cynisme du baryton de Renald, voué au diabolisme le plus cru. Nicolas s’évertue à la fin à rétablir la vérité et l’ignominie perpétrée par l’infect Renald, comme pour mieux extraire l’injustice de cette sérénade nocturne et crépusculaire qui emporte le couple amoureux finalement impuissant. Tous les chanteurs sont parfaits, en cohérence et en expressivité : chaque tessiture personnifiant idéalement les enjeux du personnage ainsi rétabli. Efficace, sobre, aux équilibres éloquents, la baguette du chef réussit dans ce défi de l’exhumation. Une perle lyrique des années 1940 nous est ainsi (enfin) restituée. Découverte lyrique magistrale en ce début 2019. A classer au mérite du label Claves qui a entrepris depuis quelques mois et plusieurs cd, une juste réhabilitation de l’écriture d’Othmar Schoeck.

schoeck das schloss durande mario venzago 3 cd claves critique annonce review opera classiquenews musique classique actualite s infosOTHMAR SCHOECK : Das Schloss Dürande (1937–1941) - Opéra en 4 actes d’après le roman de Eichendorff – nouvelle version 2018 de Francesco Micieli daprès le livret de Hermann Burte. Adaptation musicale de Mario Venzago qui assure aussi la direction musicale de cet enregistrement.

 

Distribution :
Renald Dubois – Robin Adams
Gabriele, his sister – Sophie Gordeladze
Count Armand, son of the old Count – Uwe Stickert
Prioress – Hilke Andersen
The old Count – Andries Cloete
Nicolas, the old Count’s valet – Jordan Shanahan
Countess Morvaille – Ludovica Bello
A gamekeeper / Buffon the innkeeper – Todd Boyce
A gardener’s boy, the orator of the mob, 1st huntsman – Michael Feyfar
1st nun – Jinsook Lee
2nd nun – Vilislava Gospodinova
A lawyer, 3rd huntsman – Nazariy Sadivskyy
Commissar – Andres Del Castillo
2nd huntsman, soldier – Carl Rumstadt
A policeman – David Park
A constable – Samuel Thompson
A Parisian – Carlos Nogueira
A voice – Bareon Hong

Orchestra BERNE Symphony
Mario VENZAGO, direction

Concert master – Alexis Vincent
Chorus master – Zsolt Czetner
Chorus Chor Konzert Theater Bern
Répétiteur, organisation – Hans Christoph Bünger

SCHOECK : Das Schloss Dürande (3 cd Claves)

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

CLIC D'OR macaron 200CD événement, critique. OTHMAR SCHOECK (1866-1957): Das Schloss Dürande – Berner SymphonieOrchester / Mario Venzago, direction – enregistrement réalisé à Bern, Suisse, en 2018 (3 cd Claves).

 

 

 

LIRE aussi notre présentation de l’opéra Das Schloss Dürande de Othmar Schoeck
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-schoeck-das-schloss-durande-3-cd-claves/

 

 

 

CD événement, annonce. SCHOECK: Das Schloss Dürande (3 cd Claves)

schoeck das schloss durande mario venzago 3 cd claves critique annonce review opera classiquenews musique classique actualite s infosCD événement, annonce. SCHOECK: Das Schloss Dürande (3 cd Claves). Composé de 1937 à 1942, soit en pleine guerre mondiale (comme l’opéra La Femme sans ombre avait été conçu pendant la première) Das Schloß Dürande, est l’une des dernière grandes Å“uvres lyriques du tonalisme post romantique, directement inspiré de Richard Strauss justement, lequel avait marqué lui aussi Zemlinsky, Korngold… Le livret de Schoek est inspiré de Das Schloss Dürande de Joseph von Eichendorff (1788-1857) – fin janvier 2019, l’éditeur suisse CLAVES publie une nouvelle version de l’opéra de Othmar SchrÅ“ck, en première mondiale, véritable événement lyrique de l’année 2019. 3 cd Claves : prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

________________________________________________________________________________________________

Précédent cd Schoeck édité par Claves :

 

schoeck othmar pecheur femme cd critique cd review vom fischer un syner frau 1930 cd review classiquenews iw39n8uy2fcxa_600CD, critique. OTHMAR SCHOECK (1886–1957) : «VOM FISCHER UN SYNER FRU» / Le pêcheur et sa femme (1 cd Claves). Comme Stravinksy ou Paul Hindemith, le suisse Othmar Schoeck dès 1916, bénéficie du soutien du mécène richissime Werner Reinhart (1884 –1951), très impliqué depuis Winterthur dans l’essor de la musique contemporaine. Ainsi le compositeur, figure majeure de la musique suisse au XXè est-il accueilli dans la maison sur le lac Morat pour achever sa nouvelle cantate dramatique qu’il fait écouter en première audition à ses chers protecteurs, en juin 1930, Reinhart et son épouse. L’œuvre est créée à Dresde en octobre 1930 sous la direction de Fritz Busch.

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

LIRE aussi  

schoeck_othmar_portrait_290Livres. Beat Föllmi : Othmar Schoeck (Papillon) … Les Éditions Papillon honorent non sans raison l’oeuvre d’un auteur suisse qui à l’époque de Strauss et Stravinsky attend toujours son heure, quoique que le présent ouvrage agit très efficacement pour sa proche réhabilitation. Tout au moins pour une meilleure compréhension de son écriture. Le  compositeur suisse Othmar Schoeck : classique ou rétrograde ?

________________________________________________________________________________________________

 

 

OTHMAR SCHOECK : Das Schloss Dürande (1937–1941)
Opéra en 4 actes d’après le roman de Eichendorff – nouvelle version 2018 de Francesco Micieli daprès le livret de Hermann Burte. Adaptation musicale de Mario Venzago qui assure aussi la direction musicale de cet enregistrement.

NOTRE AVIS : L’oeuvre laissée par Schoeck ne pouvait pas être produite selon sa version originale : elle méritait d’être révisée pour assurer une vraisemblance. C’est le travail du chef Mario Venzago qui est demeuré surtout fidèle à l’esprit de la musique, son sens structurel et dramatique, «  sa sincérité », tout en réadaptant le texte hérité du livret. De langue classique, – tonale-, la syntaxe musicale est moderne.
La version 2018 entend surtout rétablir la cohérence du projet musical, orchestral et lyrique du drame inventé par Schoeck d’après le texte d’Eichendorff. Forte de ses qualités ainsi recouvrées, argumentées, explicitées, la partition révisée par Mario Venzago gagne une unité nouvelle qui pourrait œuvrer pour son intégration au répertoire classique et lyrique.
Proche des nœuds tragiques et meurtriers des drames de Schiller (que Verdi a abondamment adapté à l’opéra), Eichendorff développe les avatars d’un couple mal assorti (une roturière, Gabrielle / un jeune aristocrate, Armand), que pourchasse sans fléchir dans sa haine vengeresse (et révolutionnaire), le propre frère de Gabrielle, Renald dont on peut s’étonner de l’obstination à empêcher l’amour entre les deux jeunes gens. A travers, les agissements désespérés et sanguinaires du drame, la Révolution française s’accomplit ; ses fureurs, son tumulte irrésistible composent l’arrière plan d’une passion maudite, sacrifiée, qui de Paris à Dürande, s’achève et se résoud par la destruction du château lui-même, emblème d’un monde à l’agonie, impuissant, aveugle (celui du jeune et du vieux comtes, de la Morvaille aussi, icône de l’ordre monarchique) : quand Dürande explose et s’écroule, ce sont tous les espoirs amoureux mais vains qui sont détruit face à la folie collective. L’histoire est aussi noire et tragique que les romans et pièces de Schiller.

 

 

________________________________________________________________________________________________

The Plot / Synopsis

ACT 1
ARMAND, jeune comte de Dürande, et Gabriele, la soeur du chasseur du Conte (RENALD) s’aiment passionnément. Mais Armand a pris soin de cacher sa naissance aristocratique car il veut être aimé pour lui-même et non son titre. Renald les surprend et de rage tire sur Armand qui s’enfuit, en laissant son pistolet. L’arme le dévoile car Renald identifie clairement l’amant de sa sœur : il enjoint celle-ci de rejoindre le couvent car il suspecte le comte de la manipuler et la trahir. Dans la nuit, Gabriele part seule rejoindre sa tante la Prieure dont elle implore le soutien. Au matin, le frère découvre l’absence de sa soeur : il maudit le Comte et toute sa famille.

ACT 2
L’Abbesse au couvent accueille sa nièce épuisée. Renald paraît et insiste pour la tante protège coûte que coûte Gabrielle des tentatives du Comte, quelles qu’elles soient. Mais le Comte Armand et sa troupe surgissent dans la cour conventuelle, interrompant la liesse des nonnes et des vignerons. Comme le veut le rituel, au Comte revient devant tout le monde de goûter le nouveau vin : Gabriele comprend alors qui est celui qu’elle aime : Armand, comte de Dürande. Devant partir pour Paris, Armand accepte cependant de quitter Gabriele : elle décide de se travestir en garçon afin de rester incognito auprès d’Armand (mais sans révéler son travestissement à ce dernier). Le vieux comte, père d’Armand paraît pendant la fête du vin : Renald l’accuse d’actes indignes vis à vis de Gabrielle ; furieux, il se décrédibilise devant tous ; mais jure de permettre bientôt l’avènement d’un nouveau monde. La fête s’achève brutalement.

ACT 3
PARIS : dans une taverne, Renald demande des nouvelles de Gabrielle à une horde de racailles excitées par un agitateur. Un avocat corrompu propose de l’aider. La police surgit. Nicolas, serviteur du Comte de Dürande paraît également. Renald veut sortir pour se rapprocher de la voix de Gabrielle que l’on entend depuis la rue : mais Nicolas le retient, vainement. Renald disparaît dans la nuit.
Le patron du café, Buffon prépare la table qu’a réservé un couple d’aristocrates. Gabrielle habillé en garçon survient puis se cache à l’arrivée de la Comtesse Morvaille, figure bien connue de l’Ancien Régime. A son bras, le jeune comte Armand : l’intrigante entend l’impliquer en politique, mais Armand ne veut qu’aimer celle dont il se pense éloigné.
Surgit Renald qui invective Armand, celui ci se défend ; la police arrive et arrête Renald.
Depuis sa cachette, Gabrielle a tout suivi. Elle est bouleversé car elle suppose que Armand la trompe avec la Morvaille ; abandonnant tout amour, elle s’inquiète du sort de son frère en prison. Mais il est libéré par la horde de racailles massée autour de la taverne : il prend la tête des révoltés et entend rejoindre le château de Dürande.

ACT 4
Le Château de Dürande : le vieux Comte, reclus dans ses appartements est visité par la Morvaille qui vient de Paris, et le supplie de la protéger de la foule. Elle chante un air qui leur rappelle leur bonheur perdu : mais les révolutionnaires assiègent le château. Surpris, le Comte a le souffle coupé et tombe sur le sol, mort. Les religieuses lui offrent la dernière bénédiction et fuient avec la Morvaille. Les révoltés pénètrent dans le château, quand Armand découvre le corps inerte de son père ; Gabrielle vêtue de blanc parâit pour concentrer les tirs sur elle afin de protéger Armand. Les hommes du Comte pensent voir un fantôme : mais Gabrielle se dévoile et tombe dans les bras d’Armand… pour expirer car elle a été blessée. Renald tire sur Armand et le tue. Nicolas accuse Renald d’avoir assassiné le comte ; Renald prend une torche et se dirige dans la tour qui abrite les munitions. Le Château explose et s’écroule sur lui-même à la manière du Crépuscule des dieux…

Résumé par Alban Deags © classiquenews 2019

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

Distribution :
Renald Dubois – Robin Adams
Gabriele, his sister – Sophie Gordeladze
Count Armand, son of the old Count – Uwe Stickert
Prioress – Hilke Andersen
The old Count – Andries Cloete
Nicolas, the old Count’s valet – Jordan Shanahan
Countess Morvaille – Ludovica Bello
A gamekeeper / Buffon the innkeeper – Todd Boyce
A gardener’s boy, the orator of the mob, 1st huntsman – Michael Feyfar
1st nun – Jinsook Lee
2nd nun – Vilislava Gospodinova
A lawyer, 3rd huntsman – Nazariy Sadivskyy
Commissar – Andres Del Castillo
2nd huntsman, soldier – Carl Rumstadt
A policeman – David Park
A constable – Samuel Thompson
A Parisian – Carlos Nogueira
A voice – Bareon Hong

Orchestra BERNE Symphony
Mario VENZAGO, direction

Concert master – Alexis Vincent
Chorus master – Zsolt Czetner
Chorus Chor Konzert Theater Bern
Répétiteur, organisation – Hans Christoph Bünger

SCHOECK : Das Schloss Dürande (3 cd Claves)

________________________________________________________________________________________________

 

 

CD, critique. SCHOECK : «VOM FISCHER UN SYNER FRU» / Le pêcheur et sa femme (1 cd Claves, Winterthur 2017).

schoeck othmar pecheur femme cd critique cd review vom fischer un syner frau 1930 cd review classiquenews iw39n8uy2fcxa_600CD, critique. OTHMAR SCHOECK (1886–1957) : «VOM FISCHER UN SYNER FRU» / Le pêcheur et sa femme (1 cd Claves). Comme Stravinksy ou Paul Hindemith, le suisse Othmar Schoeck dès 1916, bénéficie du soutien du mécène richissime Werner Reinhart (1884 –1951), très impliqué depuis Winterthur dans l’essor de la musique contemporaine. Ainsi le compositeur, figure majeure de la musique suisse au XXè est-il accueilli dans la maison sur le lac Morat pour achever sa nouvelle cantate dramatique qu’il fait écouter en première audition à ses chers protecteurs, en juin 1930, Reinhart et son épouse. L’œuvre est créée à Dresde en octobre 1930 sous la direction de Fritz Busch.

 

 

 

Otmar Schœck :  postwagnerisme suisse

 

 

 

Inspiré de Grimm, dans une version du Pêcheur réécrite par Otto Runge, l’ouvrage lyrique de Schoeck affirme l’emprise wagnérienne que son écriture cultive. Un style flamboyant comme le sont les voeux / souhaits / désirs, de plus en plus ambitieux du pêcheur et surtout de sa femme… vanité humaine, orgueil confinant à la folie, puis morale où les deux êtres misérables réapprennent la valeur de l’essentiel, l’amour et l’humilité, dans le renoncement le plus extrême. Tout le drame est construit sur une arche de tension qui s’accentue, de variations qui se complexifient… à mesure que la femme demande et exige toujours plus, jusqu’au dénuement / dénouement final.  Schoek sait suggérer le monde flottant de l’océan primordial, d’une calme grandeur, avant la réalisation de l’action (Prélude marin) ; chaque épisode orchestral suit la gradation du désir de la femme, de son ambition démesurée (au 4, majesté de leur nature royale ; au 6, quand elle devient papesse !… avant de devenir déesse).
Schoeck othmar chef maestro concert opera cantate pecheur et sa femme classiquenews cd critique review cd 8S’il assume pleinement l’héritage de Wagner, Othmar SchÅ“ck (1886–1957) se réfère ostensiblement à son maître, Max Reger (1873-1916) avec lequel il étudia scrupuleusement en 1907 / 1908 à Leipzig. L’apprentissage d’une sévérité, d’une rigueur surtout dont SchÅ“ck déduit la construction impeccable de sa « cantate dramatique ». Cet enregistrement de juin 2017 enregistré à Winterthur en Suisse allemande (et réalisé par les ressources locales de Winterthur), défend avec beaucoup de précision et de sobriété la partition de SchÅ“ck, son essence chambriste qui en fait une cantate et non pas un acte d’opéra. Il en résulte de la part de tous les interprètes (dont le plateau vocal, plutôt convaincant dans la caractérisation du pêcheur et de sa femme), une concentration qui éclaire de l’intérieur la partition, l’une des plus passionnantes composées en Suisse, portant et la discipline d’une forme dramatique, très proche du texte, et la tension d’une époque appelée à imploser. Au début des années 1930, SchÅ“ck démontre sa maestrià – à la fois épurée et expressive, dans le genre lyrique. Captivant.

________________________________________________________________________________________________

CD, critique. OTHMAR SCHOECK (1886–1957) : Vom Fischer un syner Fru, Dramatische Kantate, Op. 43 (1928-30) / Le Pêcheur et sa femme, cantate dramatique, Leipzig 1930. 1 cd CLAVES, Winterthur, 2017.

Othmar Schoeck (1886-1957)
”Vom Fischer un syner Fru”
Dramatische Kantate, op. 43 (1928/30)

Musikkollegium Winterthur

Direction : Mario Venzago
 


Die Frau : Rachel Harnisch (Soprano)

Der Mann : Jörg Dürmüller (Ténor)

Der Butt : Jordan Shanahan (Basse)


 


Text von Philipp Otto Runge nach dem Märchen der Brüder Grimm

 

 

 

CD, compte rendu critique. Cazzati : Messe et Psaumes opus 36 (Voces Suaves (1 cd Claves, avril 2015)

cazzati voces suaves 1 cd CLAVES records CLASSIQUENEWS 7619931160528_HR_RVB_1024x1024CD, compte rendu critique. Cazzati : Messe et Psaumes opus 36 (Voces Suaves (1 cd Claves, avril 2015). Quelle bonne idée de publier enfin de la musique du Lombard Maurizio Cazzati, maestro di cappella à San Petronio, mais si décrié de son vivant – dans les années 1660, par ses “confrères jaloux” (Lorenzo Petri, Giulio Cesare Arresti), en raison de ses audaces harmoniques, comme le fut aussi au début du siècle Monteverdi : l’église et l’écriture musicale sacrée concentrent un panier d’esprits étroits et particulièrement conservateurs. Le programme est d’autant plus réjouissant que l’on connaît davantage les Å“uvres purement instrumentales de Cazzati, et sa musique sacrée, écartée et donc mésestimée dès le XVIIè à Bologne (au point que l’auteur préfère publier à compte d’auteur ses propres recueils devenant le musicien autoéditeur le plus prolixe de son temps) souffre toujours d’un injuste préjugé.
Les chanteurs et instrumentistes de l’ensemble Voces Suaves enregistrent ici dans l’église du couvent suisse Saint Michael de Beromünster, un centre actif au XVIIè dont la collection d’imprimés musicaux comprenait d’après les inventaires, une copie d’époque de la Messe et des Psaumes concernés par cet enregistrement. Les partitions autorgraphes ont été certainement créées à Bologne pour la Saint Petronio, saint protecteur de la cité italienne (chaque 4 octobre). Pour éprouver les performances acoustiques et spéciales de leur nouvel orgue, édifié en 1692 à Beromünster, les moines musiciens ont acheté la musique de Cazzati, comportant de fait, un dispositif concertant idéal pour la configuration du nouvel instrument dans l’église, surplombant le chÅ“ur depuis le balcon gauche.
Allant, articulé, à l’écoute complice active, le collectif de chanteurs de Voces Suaves soigne l’intelligibilité de chaque partie, prenant appui sur un continuo souple et très expressif (augmenté d’un basson, non indiqué dans le recueil d’époque mais dont l’usage est attesté en Italie septentrionale à l’époque de Cazzati). Les interprètes respectent à la lettre l’éloquence moderniste et formellement très variée de l’écriture Cazzatienne. Importance structurante des ritournelles, fugues juxtaposées, tonalités variées et minutieusement agencées (Credo), mélange très intelligent des stile ancien et moderne (osservato et concertato, dans le Laudate Dominum) ; la cas du Magnificat, pièce ultime et récapitulatrice à la fois des caractères de Cazzati comme de l’approche interprétative, est emblématique : geste respectueux et vivant, souple et naturel. Formés dans une large part à la Schola Cantorum Basiliensis, les chanteurs et leur chef, Francesco Saverio Pedrini, témoignent de la qualité du niveau actuel en Suisse. Convaincant.

CD, compte rendu critique. Cazzati : Messe et Psaumes opus 36. oces Suaves. Francesco Saverio Pedrini, direction (1 cd Claves records, 2015).