Journée CLARA SCHUMANN

clara-schumann-piano-robert-schumann-concerto-pour-pianoFRANCE MUSIQUE, ven 13 sept 2019. CLARA SCHUMANN, journĂ©e spĂ©ciale. hommage Ă  Clara Schumann Ă  l’occasion du bicentenaire de sa naissance. De 7h Ă  minuit sur France Musique. Clara Wieck, nĂ©e le 13 septembre 1819 Ă  Leipzig, est la fille d’un professeur de piano strict et sĂ©vère qui enseigne aussi la maĂ®trise du clavier Ă  Robert Schumann. Ce dernier très Ă©pris de Clara s’oppose très vite au père qui refuse de lui donner la main de sa fille. Après moult rebondissements dignes d’un roman de Jane Austeen, Robert peut enfin Ă©pouser Clara qui devient Clara Schumann : leur passion peut se rĂ©aliser et s’épanouir.
Mais la vie du couple qui devient une famille nombreuse n’épargne pas la vie de Clara, virtuose reconnue et célébrée, plus connue que son compositeur de mari, lequel peine à réussir dans les postes qui lui sont confiés : le désorde mental qui va l’emporter, se précise déjà. Clara Wieck, puis Schumann, devient une jeune veuve que l’admiration tendre du jeune Johannes Brahms, familier du couple à Dusseldorf, réconforte. Mère, épouse foudroyée, pianiste célèbre, CLARA SCHUMANN laisse aussi comme compositrice un catalogue de 40 partitions… à rédécouvrir d’urgence.

________________________________________________________________________________________________

logo_france_musique_DETOUREProgramme sélectif
Journée CLARA SCHUMANN

 

 

 

7h > 9h | MUSIQUE MATIN
Avec Brigitte François-Sappey, musicologue

13h > 13h30 | MUSICOPOLIS
1835 à Leipzig : création du Concerto pour piano en la mineur op. 7 de Clara Schumann

20h > 22h30 | LE CONCERT DE 20H
En direct du Gewandhaus de Leipzig pour l’ouverture du Festival Schumann
Betsy Jolas — Letters from Bachville (création mondiale)
Clara Schumann — Concerto pour piano en la mineur op. 7
Robert Schumann — Symphonie n°1 en si bémol majeur, op. 38 (« Le Printemps »)
Lauma Skride, piano
Orchestre du Gewandhaus de Leipzig
Andris Nelsons, direction

________________________________________________________________________________________________

ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLEANS : Ode Ă  Clara

clara-schumann-piano-robert-schumann-concerto-pour-pianoORLEANS, ODE à CLARA, les 15 et 16 juin 2019. L’Orchestre Symphonique d’Orléans célèbre le génie de la pianiste et compositrice Clara Schumann, figure majeure de l’histoire romantique allemande. Moins parce qu’elle fut l’épouse et la muse de Robert Schumann (et aussi de Brahms), qu’en raison de sa sensibilité et son esprit : un phare humain et artistique qui affirme l’intelligence au féminin. Marius Stieghorst, directeur musical de l’orchestre orléanais propose un nouveau programme prometteur qui rétablit la place et la dimension du génie de Clara à son époque. Clara parmi ses pairs et ses proches… Il s’agira moins d’écouter les œuvres de Clara Schumann que celles qui lui sont dédiées .. par les plus grands auteurs romantiques du siècle, des hommes qui ont reconnu sont immense valeur morale, humaine, artistique (dont ses dons de pianiste).
Avec « Ode Ă  Clara », l’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans clĂ´t sa saison 2018 – 2019, avec souffle et sensibilitĂ©, sous la direction de son chef et directeur artistique Marius Stieghorst. Pour l’occasion, le ChĹ“ur Symphonique du Conservatoire d’OrlĂ©ans se joint aux 50 musiciens de l’OSO pour le plus vibrant hommage Ă  Clara Schumann…
Schumann, rassemblant trois compositeurs qui ont gravitĂ© autour de la compositrice : son mari Robert Schumann; FĂ©lix Mendelssohn, qui connaissait Clara…

 

 

________________________________________________________________________________________________

CONCERT « ODE A CLARA »ode a clara orchestre symphonique orleans concert presentation review classiquenews juin 2019 Juin-depuis-plaquette-170x170
Samedi 15 juin 2019 – 20h30
Dimanche 16 juin 2019 – 16h
Théâtre d’OrlĂ©ans – Salle Touchard
http://www.orchestre-orleans.com/concert/ode-a-clara/

Orchestre Symphonique d’Orléans
Chœur Symphonique du Conservatoire d’Orléans
Direction : Marius Stieghorst
Chef de Chœur : Élisabeth Renault

 

 

________________________________________________________________________________________________

Programme :

ROBERT SCHUMANN
Nachtlied, op. 108 (Hymne Ă  la nuit)

FÉLIX MENDELSSOHN
Ouverture du Songe d’une nuit d’été, op. 61

JOHANNES BRAHMS
Schicksalslied, op. 54 (Chant du Destin)

JOHANNES BRAHMS
Liebeslieder Waltzer, op. 52 et 65
(Chants d’amour en forme de valses)

ROBERT SCHUMANN
Symphonie n°3 en mi bémol majeur,
dite « Rhénane », op. 97

________________________________________________________________________________________________

 

ENTRETIEN AVEC MARIUS STIEGHORST, directeur musical

 

 ORLEANS-repetition-marius-stieghorst-direction-musicale-maestro-orleans-par-classiquenews-Orchestre-symphonique-Orléans-©-Michel-Perreau-2-750x400

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Pourquoi rendre hommage à Clara Schumann ? Que représente-t-elle pour vous ? Réponses de Marius Stieghorst

 

 

________________________________________________________________________________________________

Présentation des œuvres

 

ROBERT SCHUMANN
Nachtlied, op. 108 (Hymne Ă  la nuit)
En novembre 1849, Schumann vient d’accepter le poste de Directeur de la Musique à Düsseldorf, lorsqu’il compose cette très belle pièce pour orchestre et chœur, écrite d’après un poème de Friedrich Hebbel. L’hymne à la nuit est empreint d’un lyrisme profond et envoûtant, dont le chœur contemplatif rappelle les Scènes de Faust qu’il compose à la même période.

 

 

FÉLIX MENDELSSOHN
Ouverture du Songe d’une nuit d’été, op. 61
Mendelssohn rencontre Clara Wieck bien avant qu’elle n’épouse Robert Schumann. Il ne tarit pas d’éloge quant à son talent et l’invite plusieurs fois à se produire sur la scène du Gewandhaus qu’il dirige. Mendelssohn compose l’Ouverture du Songe d’une nuit d’été en 1826, après avoir lu la traduction du chef-d’œuvre éponyme de Shakespeare. Il en saisit toute la dimension féerique et traduit avec un génie précoce de l’orchestration les mystères de la nuit et les bruissements de la forêt.

 

 

JOHANNES BRAHMS
Schicksalslied, op. 54 (Chant du Destin)
Brahms commence l’écriture du Chant du Destin la même année que la création de son Requiem allemand, hommage à son grand ami Schumann disparu en 1856 et à sa mère morte en 1865. Après une gestation difficile, elle est créée en 1871. Brahms met en musique un poème en trois strophes de Hölderlin, extrait de son œuvre Hypérion. Une partition émouvante et injustement méconnue, qui joue sur les contrastes entre les misères terrestres et les sphères célestes.

 

 

JOHANNES BRAHMS : 
Liebeslieder Waltzer, op. 52 et 65 (Chants d’amour en forme de valses). 
Dans la seconde moitié du XIXème siècle, la valse fait son entrée sur la scène lyrique. Brahms sous-titre d’ailleurs l’opus 52 « valses pour pianoforte (et voix ad libitum) ». Ces pièces courtes cultivent la tradition de la valse viennoise et du Ländler (danse populaire à trois temps). L’ombre de la famille Schumann plane sur les deux cycles de chants d’amour Liebeslieder opus 52 et Neue Liebeslieder opus 65. Brahms compose d’ailleurs l’opus 52 au piano, aux côtés de Clara Schumann.

 

 

ROBERT SCHUMANN
Symphonie n°3 en mi bémol majeur, dite « Rhénane », op. 97
Fasciné depuis l’enfance pour le Rhin, Robert Schumann compose en un jaillissement fluvial, la matière impétueuse et flexible de sa Symphonie n°3, lorsqu’il s’installe à Düsseldorf avec son épouse en 1850. En cinq mouvements, festive et chargée d’une grande densité émotionnelle, la « Rhénane » évoque la vie au bord du fleuve, ses paysages, ses légendes.

________________________________________________________________________________________________

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu : Salle Touchard – Théâtre d’OrlĂ©ansorleans-orchestre-symphnique-ode-a-clara-annonce-critique-concert-classiquenews-orleans-Juin-depuis-plaquette-566x1024
Tarifs : Cat.1 : 28/25€ ; Cat. 2 : 25/23/13€
Horaires des Concerts : Samedi 15 juin Ă  20h30 – Dimanche 16 juin Ă  16h00
RĂ©servations : Théâtre d’OrlĂ©ans :
du mardi au samedi de 13h Ă  19h,
tel 02 38 62 75 30 Ă  partir de 14h
Billetterie en ligne (Cat.2 uniquement) :
https://www.helloasso.com/associations/orleans-concerts
TOUTES les infos et modalités de réservation sur le site Web : www.orchestre-orleans.com/

 

ENTRETIEN AVEC… MARIE VERMEULIN : Ă  propos des Schumann, Clara & Robert Schumann…

CLIC D'OR macaron 200ENTRETIEN AVEC… MARIE VERMEULIN : à propos des Schumann, Clara & Robert. A l’occasion de la sortie de son nouvel album dédié au couple Schumann, Clara et Robert Schumann (1 cd PARARY, CLIC de classiquenews de mars 2019), la pianiste française Marie Vermeulin nourrit sa propre réflexion sur l’écriture et le sens des oeuvres pour piano de chacun des auteurs. Deux sensibilités, lumineuses, ardentes, spécifiques… qui plus est, complémentaires et en affinité, qui ont formé de leur vivant un seul cœur ; et sur le plan musical, continuent de composer comme les deux faces d’une même personnalité. A partir de leurs messages secrets, décryptables d’eux seuls, dans leur musique, la pianiste dévoile les aspects d’une conversation unique, singulière… où la musique, accomplie en « formes brêves », est une mystique de l’amour, le flux naturel d’une complicité à deux voix. Dans cette constellation où les œuvres de Robert sont mieux connues, jaillit le gemme de la Romance en la mineur de Clara, déclaration et confession bouleversante… Entretien exclusif pour CLASSIQUENEWS.

 
 
 

VERMEULIN-marie-cd-paraty-schumann-clara-et-robert

 
 
 

________________________________________________________________________________________________

 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : Quelle image avez-vous du couple SCHUMANN, humainement et artistiquement ?

Marie Vermeulin : Les écrits des deux époux sont assez éloquents, et révèlent un couple fort et uni quelques soient les évènements tragiques qu’ils aient pu traverser. Ils éprouvaient l’un pour l’autre une très grande admiration et un amour solide, qui les inspiraient et nourrissaient leurs énergies créatrices. Je pense notamment à cette phrase célèbre de Robert Schumann : « La postérité doit nous regarder comme un seul cœur et une seule âme. »
Depuis qu’est né ce projet de disque, j’ai du mal à imaginer l’un sans l’autre. Les dissocier serait finalement les amputer d’une partie d’eux-mêmes. Je crois que la musique a été pour eux le lieu d’une infinité d’échanges les plus intimes, ouvrant sur un accomplissement de leur couple, encore plus intense.

 
 
 

Clara et Robert : une conversation imaginaire…

 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : Comment avez-vous conçu les pièces de ce programme ? Sur quels critères ? Comment avez-vous réalisé les enchaînements ?

Marie Vermeulin : On connait les messages voilés que s’adressaient constamment Clara et Robert Schumann à travers la musique, et il m’est apparu intéressant de recréer une conversation imaginaire entre ces deux immenses musiciens.
J’ai sélectionné des œuvres avec lesquelles j’avais eu des affinités particulières en concert, et qui me paraissaient correspondre au propos du projet. La forme brève m’a parue idéale pour souligner l’intimité de ce dialogue entre les deux époux.
Quant au choix de l’ordre des pièces, j’avais pensé à une alternance régulière, mais j’ai préféré respecter la chronologie afin d’être fidèle à leur histoire, et mieux entendre les évolutions de leurs langages.
Le dialogue se joue sur deux périodes, de jeunesse d’abord, entre les Soirées musicales de Clara, dont certains éléments thématiques seront repris par Robert plus tard, et les Scènes d’enfants de Robert , réponse des plus poétiques à un message de Clara : « Tu me fais parfois l’effet d’un enfant ! »
Après les premiers échanges de jeunesse, le dialogue se poursuit au sein de pièces plus tardives, qui mettent en évidence l’évolution de leurs styles respectifs : les Scènes de la forêt de Robert qui, dans la forme, constituent le plus merveilleux des échos aux Scènes d’enfants, augurent déjà dans le fond les heures les plus sombres du compositeur. Mais l’évolution de langage est surtout remarquable dans la Romance en la mineur, composée par Clara pour Robert, véritable chef-d’œuvre de maturité qui vient ici clôturer l’échange tel un adieu.

 
 
 
vermeulin-marie-piano-critique-cd-schumann-review-cd-critique-cd-classiquenews-clic-de-classiquenews-de-mars-2019  
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : Distinguez-vous des spĂ©cificitĂ©s entre l’Ă©criture de Robert et de Clara ? Des influences, des filiations entre les deux ?

Marie Vermeulin : Malgré leur proximité intellectuelle et physique, on perçoit bien deux esthétiques très différentes. Le style de Clara Wieck-Schumann est assez original, se distinguant par un grand lyrisme, souvent teinté de nostalgie. On sent aussi une grande force, une autorité et une aisance naturelles, révélées tantôt par une virtuosité affirmée, tantôt par des modulations audacieuses.
Le langage de Robert me semble quant à lui nourri par un imaginaire poétique et littéraire, animé de « personnages » contrastés, qu’il met en scène avec une simplicité dont lui seul a le secret.
Mais chez les deux époux, on retrouve une énergie créatrice de même nature et de même importance, un besoin vital d’être tout entier dans la musique.
Les filiations et influences sont réciproques ; ainsi, lorsque l’on écoute une œuvre d’un des deux compositeurs, le second n’est jamais très loin, figurant en filigrane dans la musique, par des citations, des allusions, des messages cachés…
On pense souvent au couple Schumann en se reprĂ©sentant Robert en compositeur et Clara en muse pianiste. J’ai pris le parti dans ce projet de considĂ©rer les deux musiciens comme deux compositeurs pianistes, se dĂ©finissant chacun par un univers musical spĂ©cifique, mais enrichi de la proximitĂ© et de la complicitĂ© de l’autre et de la force du couple.

 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : Comment caractĂ©riser le flux musical de Robert Schumann ? Entre Florestan et EusĂ©bius ? Comment l’interprète rĂ©ussit-il Ă  concilier les deux directions et caractères ?

Marie Vermeulin : L’œuvre de Schumann est une musique de l’instant, qui se lit comme un poème jaillissant directement de l’imaginaire du compositeur. Souvent d’ailleurs tout est dit en quelques notes, et c’est pour cette raison que la forme brève lui va si bien.
Mais c’est toute la difficulté de l’interprétation que d’entrer immédiatement dans la justesse du ton, en lui donnant le cadre propice, et de savoir changer instantanément d’ambiance et de climat.
J’ai imaginé ces petites scènes en essayant d’être à la fois l’acteur qui joue la scène, en se mettant dans la peau de différents personnages, et le metteur en scène qui leur donne un cadre. Ce dédoublement de personnalité est finalement assez Schumannien !

 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : On sait que Clara Ă©tait une pianiste – plus cĂ©lèbre encore que Robert. Comment dĂ©finiriez-vous le pianisme de Clara (technique, inspiration, dĂ©veloppement formel… ?

Marie Vermeulin : On sent indéniablement en jouant l’œuvre de Clara Schumann que celle-ci était pianiste, et une pianiste extrêmement douée, virtuose et passionnée. On relève clairement la difficulté d’exécution de certains passages, des audaces dans les déplacements notamment, qu’elle réussissait sans doute à jouer. Cela laisse supposer qu’elle était dotée de grandes mains, alliées d’une souplesse et d’une agilité hors du commun.
Formée par son père, grand pédagogue qui lui inculque toutes les ressources de l’harmonie,
Clara ose dans ses compositions des accords hardis, et des modulations inattendues.
Ses œuvres pianistiques de jeunesse notamment semblent s’inspirer beaucoup de Mendelssohn, et plus encore de Chopin : avec son thème « rubato » à trois temps, son expressivité pudique et tragique à la fois, la mazurka en sol mineur des Soirées musicales pourrait même être considérée comme un superbe hommage à Frédéric Chopin.

Propos recueillis en avril 2019.

Illustrations : © William Beuacardet

 
 
   
 
 

________________________________________________________________________________________________

SCHUMANN clara cd critique review cd annonce classiquenews Paraty_219218_Vermeulin_Schumann_HM_COUVLIRE aussi notre critique du cd CLARA et ROBERT SCHUMANN par Marie Vermeulin, piano (1 cd PARATY) – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2019. « L’acuitĂ© du propos, l’enivrement poĂ©tique, la courbure rythmique, cette passion qui coule comme une eau trĂ©pidante et nerveuse… s’entendent ici de l’une Ă  l’autre crĂ©ateur/trice. Marie Vermeulin exploite et explore les resources expressives du piano viennois Bösendorfer 280. Le couple incarne un idĂ©al artistique et humain, malheureusement fauchĂ© par la maladie psychique de l’époux et complice… »

https://www.classiquenews.com/cd-annonce-clara-robert-schumann-marie-vermeulin-piano-1cd-paraty-2018/

 
 
   
 
 

CD, annonce. Clara & Robert Schumann : Marie Vermeulin, piano (1cd PARATY – 2018)

SCHUMANN clara cd critique review cd annonce classiquenews Paraty_219218_Vermeulin_Schumann_HM_COUVCD, annonce. Clara & Robert Schumann : Marie Vermeulin, piano (1cd PARATY). Enregistré par Hugues Deschaux, le présent album confirme la sensibilité suggestive de la pianiste Marie Vermeullin qui signe ici son 2è cd chez le label Paraty. Symptôme de notre époque en mal (justifié) d’égalité et de parité, l’interprète inspirée, met dans la balance à égalité, l’écriture pianistique de Clara et de Robert Schumann, couple à la ville comme à la scène… mais à la différence de maintenant, c’est la pianiste renommée Clara qui était plus connue que son mari de compositeur. Voilà un programme qui pourrait être repris dans tous les festivals de France et de Navarre pour répondre à la question délicate de la parité et du …talent, car Clara (Soirées musicales opus 6 de 1836) est loin de démériter face à l’éloquence ambivalente, une face Eusébius, l’autre Florestan / entendez contemplative / fougueuse-, de Robert.

Marie Vermeulin retrouve la complicité et l’entente du jeu dialogué entre Clara et Robert

Le couple SCHUMANN, en conversation

 

 

 

Ses Soirées conçues par une jeune compositrice interprète de 15 ans, sont jouées par un Liszt aussi engagé qu’admiratif. Lui « répond » en un dialogue retrouvé deux ans après (1838), les Scènes d’enfants / Kinderszenen opus 15 de Robert, père manifestement enchanté, inspiré… qui s’adresse aux petits enfants, étant lui-même un « grand enfant »… ces mêmes pièces, jaillissement et chant fiévreux de l’innocence, que joue Liszt pour sa propre fille de 3 ans. 9 ans séparent Robert de Clara ; et toujours dans leur correspondance, leur journal surtout écrit à 4 mans surgit la claire activité de deux écritures portées par le respect et la connivence.

L’acuité du propos, l’enivrement poétique, la courbure rythmique, cette passion qui coule comme une eau trépidante et nerveuse… s’entendent ici de l’une à l’autre créateur/trice. Marie Vermeulin exploite et explore les resources expressives du piano viennois Bösendorfer 280. Le couple incarne un idéal artistique et humain, malheureusement fauché par la maladie psychique de l’époux et complice, lequel laisse une œuvre inouïe par sa lumière et son inspiration dramatique. Mais le piano est ce lieu des confessions et des conversations que Marie Vermeulin sait questionner et éclairer d’une vitalité personnelle, passionnante.

Robert Schumann, d’une inspiration bouillonnante et spontanĂ©e, Ă©crit en 1838: “Vois-tu, j’ai quelquefois l’impression que je vais finir par Ă©clater de musique, tant les idĂ©es se pressent et bouillonnent en moi quand je songe Ă  notre amour.
Avant son mariage avec Robert, Clara Wieck note dans son journal en 1839: “Une femme ne doit pas prĂ©tendre composer, aucune n’a Ă©tĂ© encore capable de le faire, pourquoi serais-je une exception?”. Cette phrase est terrible car elle souligne les prĂ©jugĂ©s de cette Ă©poque, auxquels font Ă©chos les prĂ©conçus de la nĂ´tre. Les chemins de l’égalitĂ© sont encore sinueux. Mais le progrès avance. Ce programme intelligent et cohĂ©rent en tĂ©moigne. A suivre.

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

CD, annonce. Clara & Robert Schumann : Marie Vermeulin, piano (1cd PARATY – enregistrement dĂ©c 2018, PARIS).

 

 

 

 

 

 

CD, critique. SCHUMANN : Jean-Marc Luisada (1 cd RCA Red Seal – 2018)

schumann_luisada_rca-cd review critique cd par classiquenewsCD, critique. SCHUMANN : Jean-Marc Luisada (RCA Red seal). Jean-Marc Luisada revient à Schumann, non sans arguments. On distingue surtout dans ce programme monographique, les contrastes (presque parfois percussifs) toujours pleins de facétie revendiquée et naturellement énoncée, comme la brillante volubilité des « Davidsbündlertänze », dont la 15 par exemple, a des accents d’une noblesse éperdue admirablement articulée, émise dans le clavier avec une franchise à la fois sincère et saine. Le rubato est habilement mené avec des ralentis et des précipitations à la façon d’une marche ébranlée comme prise dans le tapis (la 16), précédant une pause d’une absolue rêverie enchantée (17) : « Wie aus der Ferne », étirée, alanguie, d’une extension extatique et la plus longue des séquences : plus de 4mn.

Soulignons de même, la rêverie plus développée encore, non pas tant sur le plan de la durée que de l’itinéraire et du développement musical dans « Träumerei » opus 15 n°7… d’une pudeur toute évanescente.
L’esprit du songe suspendu reprend dans « Frölicher Landamann », retenu, caressant, intérieur qui appelle à l’abandon suave. Tout Robert est présent, dans cette immersion profonde dans les replis de la psyché tenue cachée, secrète.

Enfin viennent les 16 Ă©pisodes tout en contraste eux aussi de « Humoreske » opus 20, un autre accomplissement dans l’art pianistique si exaltĂ© et raffinĂ© du maĂ®tre Schumann. Son amour en filigrane se lit Ă©videmment dans le jeu incessant, son activitĂ© – liquide, aĂ©rienne des mains requises ; elles citent la complicitĂ© et la passion de Robert pour son Ă©pouse Clara, elle-mĂŞme compositrice et immense pianiste. Jusqu’au dernier, «  Zum Beschluß » (le plus long en guise de conclusion, de plus de 6 mn), c’est un cycle surepressif, Ă©tincelant, formant une ronde enjouĂ©e, juvĂ©nile en sĂ©quences très rythmĂ©es et versatiles qui fanfaronnent et qui enchaĂ®nent tension et dĂ©tente, exaltation, et songe… ivresse parfois ;

Sûr, direct, sans emphase mais habité par le rêve intérieur de Schumann, JM Luisada s’affirme comme un prince lyrique au clavier ; sa technique digitale prend en compte les ressources expressives et dynamiques de l’instrument. La clarté de l’architecture, l’éloquence très caractérisée du jeu l’imposent en indiscutable schumanien. Excellent programme.

——————————————————————————————————————————————————

CD, critique. Robert Schumann (1810-1856) : Davidsbündlertänze op. 6 ; Mélodie op. 68 n° 1 ; Träumerei op. 15 n° 7 ; Frölicher Landmann op. 68 n° 10 ; Humoreske op. 20. Jean-Marc Luisada, piano Steinway et sons. 1 CD RCA red seal. Enregistrement réalisé à Berlin (Jesus-Christus-kirche) en janvier 2018. Notice : français, anglais, allemand. Durée : 1h10mn.