CRITIQUE CD, Ă©vĂ©nement. CRÉATRICES : Duo Alma (1 cd Klarthe records)

DUO ALMA danchin Jbanova mel bonis marg CANAL Amy Beach critique cd review critique classiquenews KLARTHE records KLA136couvCRITIQUE CD, Ă©vĂ©nement. CRÉATRICES : Duo Alma (1 cd Klarthe records). L’engagement des deux interprĂštes (Clara Danchin, violon / Anna Jbanova, piano) rend justice Ă  3 Ɠuvres qui n’ont pas la place ni l’estimation qui leur reviennent. Le programme est une sĂ©rie de pĂ©pites rĂ©vĂ©lĂ©es. Ainsi la Sonate en si mineur de la toulousaine Marguerite Canal (1890-1978), Grand Prix de Rome 1920, d’une exceptionnelle sensibilitĂ© allusive Ă  laquelle le violon de Clara Danchin et le piano d’Anna Jbanova apportent une matiĂšre claire et souple Ă  une Ɠuvre qui remonte au sĂ©jour romain : l’angĂ©lisme secret du premier mouvement, d’une dĂ©licatesse debussyste, aux harmonies faurĂ©ennes ; les syncopes qui disent le dĂ©sir du second (« sourd et haletant ») ; surtout la langueur profonde du trĂšs bel Adagio espressivo, suivi par l’ampleur dĂ©terminĂ©e du dernier Allegro.

 

 

 

Beach, Bonis, Canal

Romantisme et modernité au féminin

Les 3 Romances opus 22 de Clara Schumann suscitent la matiĂšre du rĂȘve, entre enchantement et extase, chacune des piĂšces y suit une gradation dans l’emprise Ă©motionnelle, de l’Andante au passionnĂ©ment final, claire inspiration proche d’un Brahms et qui exploite certainement la proximitĂ© artistique avec le grand violoniste Joachim.
On apprĂ©cie tout autant le romantisme exacerbĂ© aux harmonies raffinĂ©es de Mel Bonis (1858-1937) dont la justesse et la finesse mĂ©lodique rappelle Ravel, rien de moins. Sa Sonate en fa diĂšse mineur de 1923 exprime une hypersensibilitĂ© ardente, Ă©conome cependant en lien avec sa personnalitĂ© sĂ»re, artistiquement trĂšs originale, comme en tĂ©moigne le 3Ăš mouvement « Lento », d’une gravitas pudique et mystĂ©rieuse, jouant d’un orientalisme filigranĂ© inspirĂ© d’un air grec, source d’une subtilitĂ© libre et inventive.
CLIC_macaron_2014Cependant que le charme tout en lyrisme pudique de la Romance finale (opus 23), signĂ©e de l’amĂ©ricaine Amy Beach (1867-1944) rĂ©active le romantisme fin de siĂšcle (1893), fusion rĂ©ussie entre Massenet, Brahms, Dubois grĂące Ă  la souplesse brillante du violon de Clara Danchin, grĂące Ă  l’élĂ©gance feutrĂ©e du piano d’Anna Jbanova. Beau parcours artistique, dĂ©fendu avec une ardeur sensible dĂ©lectable.

 

 

 

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CRITIQUE, CD Ă©vĂ©nement. CrĂ©atrices : Beach, Bonis, Canal, Clara Schumann
 Duo Alma (1 cd Klarthe records – enregistrĂ© Ă  PARIs, dĂ©c 2020). CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2022.

 

 

 

PLUS D’INFOS sur le site de Klarthe records :
https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/creatrices-detail

Programme
Marguerite CANAL – Sonate pour violon et piano‹  /  Clara SCHUMANN – Trois romances op.22‹  /  Mel BONIS – Sonate pour violon et piano en fa diĂšse mineur  /  Amy BEACH – Romance op. 23

DUO ALMA
Clara Danchin – violon‹  /  Anna Jbanova – piano

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Concerto pour piano de CLARA SCHUMANN

clara-schumann-piano-robert-schumann-concerto-pour-pianoARTE, dim 8 mars 2020, 18h55. CLARA SCHUMANN : Concerto pour piano, opus 7. En 2019, Ă  Leipzig, sous la direction d’Andris Nelsons, l’Orchestre du Gewandhaus interprĂšte le “Concerto pour piano” de Clara Schumann (1819-1896), nĂ©e alors il y a deux siĂšcles. L’épouse de Robert Schumann, compositrice comme lui, et surtout immense virtuose pour le piano, mĂ©ritait bien cet hommage pour son bicentenaire.
CrĂ©atrice prĂ©coce ĂągĂ©e de seulement 14 ans, le Concerto pour piano en la mineur indique un tempĂ©rament Ă©toilĂ©e, lumineux, d’une passion tendre et somptueuse mĂȘme, d’une Ă©tonnante vibration et sensibilitĂ© si l’on pense Ă  l’ñge de la jeune compositrice.

Le piano amoureux de Clara

Clara le joue Ă  Leipzig Ă  16 ans, en 1835, sous la direction de Felix Mendelssohn qui dirigeait alors l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig. RĂ©servĂ©e, secrĂšte, la jeune femme exprime une Ă©motivitĂ© pianistique qui respire et sait Ă©largir le champs musical. Son Concerto pour piano respire ample, rĂ©serve des plages d’éloquente langueur enivrĂ©e
 Trois mouvements enchaĂźnĂ©s : Allegro maestoso / Romance : andante non troppo con grazia / allegro non troppo. L’Andante « avec grĂące » et dĂ©jĂ  certaines sĂ©quences du premier Allegro font jaillir cette tendresse ardente (le violoncelle solo dans la Romance
 annonçant mais de façon aĂ©rienne Brahms qui a tant aimĂ© lui aussi Clara), effusion qui scellera le destin de Clara Ă  celui de Robert, union parfaite et lĂ©gendaire, unique dans l’Histoire de la musique europĂ©enne, et dont le vocable « RARO », personnage de l’imaginaire de Robert, reste l’emblĂšme. Ra de Clara, Ro de Robert, l’équation miraculeuse d’oĂč naĂźtront sous la plume des deux auteurs, tant de pages remarquables. En Ă©cho Ă  l’ivresse pianistique prĂ©coce de son Ă©pouse tant adorĂ©e, Robert Ă©crira lui aussi son Concerto pour piano, chef d’oeuvre tout autant, que crĂ©a Ă©videmment Clara en 1846
 au Gewandhaus de Leipzig.

 

 

 

ARTE, dim 8 mars 2020, 18h55. CLARA SCHUMANN : Concerto pour piano, opus 7 – LEIPZIG, 2019, concert pour le bicentenaire de CLARA SCHUMANN (1819-1896)

 

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NOTRE AVIS : pas sĂ»r que cette version convainc tout Ă  fait : la pianiste lettone Lauma Skride a un jeu Ă©pais et lourd, en rien nuancĂ© ni dĂ©taillĂ© et la direction d’Andris Nelsons malgrĂ© tout le bien que l’on pense de lui chez Chostakovitch ou Bruckner, peine lui aussi Ă  ciseler une Ă©criture qui regarde davantage vers Mozart, Chopin voire Tchaikovsky que Brahms et Rachmaninov
 Pour nous erreur de casting.

Autre Ɠuvre au programme la Symphonie n° 1 du mari de Clara, Robert Schumann.

 

 

 

 

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VOIR un extrait du concert CLARA SCHUMANN sur ARTE
https://www.arte.tv/fr/videos/091195-000-A/clara-schumann-concerto-pour-piano-en-la-mineur/

 

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VOIR sur Youtube : le Concerto pour piano de Clara Schumann / Beethovensaal Liederhalle Stuttgart, 2015 / Orchesterverein Stuttgart, direction : Alexander Adiarte / Diana Brekalo, piano. La séquence est trÚs mal cadrée, mais le son convenable révÚle un jeu expressif qui sait nuancer


https://www.youtube.com/watch?v=X4rhHiPUltE

 

 

 

 

 

CD, critique. SCHUMANN, Clara et Robert : Sonates. Margarita Höhenrieder, piano Pleyel (1 cd Solo Musica)

CD, critique. SCHUMANN, Clara et Robert : Sonates. Margarita Höhenrieder (1 cd Solo Musica). NĂ©e le 13 septembre 1819 , Clara Schumann, aurait donc eu en septembre 2019 : 200 ans. Rien de moins. VoilĂ  qui mĂ©rite un programme spĂ©cifique. Celui dĂ©fendu par la pianiste Margarita Höhenrieder suscite l’adhĂ©sion car il est risquĂ© (clavier d’époque) et rĂ©ussit la maĂźtrise de l’instrument en dĂ©pit de sa mĂ©canique trĂšs dĂ©licate et de la sonoritĂ© imprĂ©visible qui en dĂ©coule.
hohenrieder margarita schumann clara solo musica cd review cd critique classiquenews portrait de clara schumann MH-01De plus, Ă  l’heure de la paritĂ© proclamĂ©e, espĂ©rĂ©e, affirmĂ©e ; Ă  l’heure du mouvement #metoo et aussi de la fĂ©minisation tant attendue des mĂ©tiers du classique, dont Ă©videmment celui de « cheffes » d’orchestre donnant naissance dĂ©sormais au nouveau terme « maestra », il est temps de rĂ©interroger le gĂ©nie musical
 au fĂ©minin. Voici un programme Ă  point nommĂ© ; qui affirme le gĂ©nie d’une femme admirable, pianiste virtuose et plus cĂ©lĂšbre que son mari Robert ; et donc aussi compositrice : CLARA SCHUMANN (18919 – 1896).  Margarita Höhenrieder a le cran de choisir un instrument historique (Grand Pleyel datĂ© de 1850) dont le timbre et la longueur sonore (un peu courte, surtout dans les graves) redessinent l’architecture et les relief des partitions de Clara : la (seule) Sonate, piĂšce maĂźtresse (surtout par son mouvement premier), mais aussi ici ses Trois Romances opus 11, d’une trĂšs riche vie intĂ©rieure et toutes de climats et contrastes exacerbĂ©s, parfois tendus.
Ainsi, tout le tempĂ©rament Ă  la fois tendre et exaltĂ©, mais d’une ivresse digne de son compositeur de mari, s’écoule, respire, enfle ; en particulier dans l’ample premier mouvement de plus de 8 mn, qui restitue l’ardeur et la passion, la profondeur sourde et la gravitĂ© aussi (Rondo final), d’une compositrice romantique de premier plan.
Mises en dialogue avec les piĂšces de son Ă©pouse, les Ɠuvres de Robert font valoir par contraste et comparaison (inĂ©vitable), l’écriture plus serrĂ©e, parfois mieux construite que celle de Clara ; ce qui frappe immĂ©diatement c’est l’éloquence dramatique directe de Robert, trĂšs habile Ă  contraster (qu’il soit Eusebius ou Florestan), quand Clara s’enivre et rĂȘve, plus lyrique et d’une Ă©criture qui se plaĂźt Ă  la langueur voire Ă  la voluptĂ© Ă  la fois grave (lĂ  encore) et secrĂšte (quoique que la coupe syncopĂ©e, si vive de l’Andante des Trois Romances semble embrasĂ©e, exaltĂ©e au plus haut point). VoilĂ  qui anticipe clairement son favori et futur grand ami intime, son cadet Johannes Brahms (et probablement fou amoureux de la musicienne). Le jeu de la pianiste sait Ă©quilibrer les difficiles plans sonores, d’autant que la mĂ©canique du piano requis reste fragile, dĂ©livrant cette tension et cet Ă©clat parfois sec, propres aux instruments historiques. L’attention et le souci d’une certaine vie intĂ©rieure ; mais aussi le nerf et l’énergie conduisent du dĂ©but Ă  la fin l’approche de la pianiste, chez Clara comme chez Robert dont elle sait exprimer le feu qui dĂ©vore dĂšs le premier mouvement So rasch wie mögliech de la Sonate n°2, de braise et d’ardeur ciselĂ©e. Clara / Robert ont composĂ© un couple magistral. Ils affichent et dĂ©fendent tous deux, deux tempĂ©raments ardents et trempĂ©s, absolument captivants. Sans que Clara dans la confrontation des Ă©critures, n’en souffre d’aucune sorte. Bel engagement du jeu. Ce disque nous le dĂ©montre encore.

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CD, critique. SCHUMANN, Clara et Robert : Sonates. Margarita Höhenrieder (1 cd Solo Musica) – Enregistrement rĂ©alisĂ© en Suisse en janvier 2019

Journée CLARA SCHUMANN

clara-schumann-piano-robert-schumann-concerto-pour-pianoFRANCE MUSIQUE, ven 13 sept 2019. CLARA SCHUMANN, journĂ©e spĂ©ciale. hommage Ă  Clara Schumann Ă  l’occasion du bicentenaire de sa naissance. De 7h Ă  minuit sur France Musique. Clara Wieck, nĂ©e le 13 septembre 1819 Ă  Leipzig, est la fille d’un professeur de piano strict et sĂ©vĂšre qui enseigne aussi la maĂźtrise du clavier Ă  Robert Schumann. Ce dernier trĂšs Ă©pris de Clara s’oppose trĂšs vite au pĂšre qui refuse de lui donner la main de sa fille. AprĂšs moult rebondissements dignes d’un roman de Jane Austeen, Robert peut enfin Ă©pouser Clara qui devient Clara Schumann : leur passion peut se rĂ©aliser et s’épanouir.
Mais la vie du couple qui devient une famille nombreuse n’épargne pas la vie de Clara, virtuose reconnue et cĂ©lĂ©brĂ©e, plus connue que son compositeur de mari, lequel peine Ă  rĂ©ussir dans les postes qui lui sont confiĂ©s : le dĂ©sorde mental qui va l’emporter, se prĂ©cise dĂ©jĂ . Clara Wieck, puis Schumann, devient une jeune veuve que l’admiration tendre du jeune Johannes Brahms, familier du couple Ă  Dusseldorf, rĂ©conforte. MĂšre, Ă©pouse foudroyĂ©e, pianiste cĂ©lĂšbre, CLARA SCHUMANN laisse aussi comme compositrice un catalogue de 40 partitions
 Ă  rĂ©dĂ©couvrir d’urgence.

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logo_france_musique_DETOUREProgramme sélectif
Journée CLARA SCHUMANN

 

 

 

7h > 9h | MUSIQUE MATIN
Avec Brigitte François-Sappey, musicologue

13h > 13h30 | MUSICOPOLIS
1835 à Leipzig : création du Concerto pour piano en la mineur op. 7 de Clara Schumann

20h > 22h30 | LE CONCERT DE 20H
En direct du Gewandhaus de Leipzig pour l’ouverture du Festival Schumann
Betsy Jolas — Letters from Bachville (crĂ©ation mondiale)
Clara Schumann — Concerto pour piano en la mineur op. 7
Robert Schumann — Symphonie n°1 en si bĂ©mol majeur, op. 38 (« Le Printemps »)
Lauma Skride, piano
Orchestre du Gewandhaus de Leipzig
Andris Nelsons, direction

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLEANS : Ode Ă  Clara

clara-schumann-piano-robert-schumann-concerto-pour-pianoORLEANS, ODE Ă  CLARA, les 15 et 16 juin 2019. L’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans cĂ©lĂšbre le gĂ©nie de la pianiste et compositrice Clara Schumann, figure majeure de l’histoire romantique allemande. Moins parce qu’elle fut l’épouse et la muse de Robert Schumann (et aussi de Brahms), qu’en raison de sa sensibilitĂ© et son esprit : un phare humain et artistique qui affirme l’intelligence au fĂ©minin. Marius Stieghorst, directeur musical de l’orchestre orlĂ©anais propose un nouveau programme prometteur qui rĂ©tablit la place et la dimension du gĂ©nie de Clara Ă  son Ă©poque. Clara parmi ses pairs et ses proches
 Il s’agira moins d’écouter les Ɠuvres de Clara Schumann que celles qui lui sont dĂ©diĂ©es .. par les plus grands auteurs romantiques du siĂšcle, des hommes qui ont reconnu sont immense valeur morale, humaine, artistique (dont ses dons de pianiste).
Avec « Ode Ă  Clara », l’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans clĂŽt sa saison 2018 – 2019, avec souffle et sensibilitĂ©, sous la direction de son chef et directeur artistique Marius Stieghorst. Pour l’occasion, le ChƓur Symphonique du Conservatoire d’OrlĂ©ans se joint aux 50 musiciens de l’OSO pour le plus vibrant hommage Ă  Clara Schumann

Schumann, rassemblant trois compositeurs qui ont gravitĂ© autour de la compositrice : son mari Robert Schumann; FĂ©lix Mendelssohn, qui connaissait Clara…

 

 

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CONCERT « ODE A CLARA »ode a clara orchestre symphonique orleans concert presentation review classiquenews juin 2019 Juin-depuis-plaquette-170x170
Samedi 15 juin 2019 – 20h30
Dimanche 16 juin 2019 – 16h
ThĂ©Ăątre d’OrlĂ©ans – Salle Touchard
http://www.orchestre-orleans.com/concert/ode-a-clara/

Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans
ChƓur Symphonique du Conservatoire d’OrlĂ©ans
Direction : Marius Stieghorst
Chef de ChƓur : Élisabeth Renault

 

 

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Programme :

ROBERT SCHUMANN
Nachtlied, op. 108 (Hymne Ă  la nuit)

FÉLIX MENDELSSOHN
Ouverture du Songe d’une nuit d’étĂ©, op. 61

JOHANNES BRAHMS
Schicksalslied, op. 54 (Chant du Destin)

JOHANNES BRAHMS
Liebeslieder Waltzer, op. 52 et 65
(Chants d’amour en forme de valses)

ROBERT SCHUMANN
Symphonie n°3 en mi bémol majeur,
dite « Rhénane », op. 97

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ENTRETIEN AVEC MARIUS STIEGHORST, directeur musical

 

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CNC / CLASSIQUENEWS : Pourquoi rendre hommage à Clara Schumann ? Que représente-t-elle pour vous ? Réponses de Marius Stieghorst

 

 

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PrĂ©sentation des Ɠuvres

 

ROBERT SCHUMANN
Nachtlied, op. 108 (Hymne Ă  la nuit)
En novembre 1849, Schumann vient d’accepter le poste de Directeur de la Musique Ă  DĂŒsseldorf, lorsqu’il compose cette trĂšs belle piĂšce pour orchestre et chƓur, Ă©crite d’aprĂšs un poĂšme de Friedrich Hebbel. L’hymne Ă  la nuit est empreint d’un lyrisme profond et envoĂ»tant, dont le chƓur contemplatif rappelle les ScĂšnes de Faust qu’il compose Ă  la mĂȘme pĂ©riode.

 

 

FÉLIX MENDELSSOHN
Ouverture du Songe d’une nuit d’étĂ©, op. 61
Mendelssohn rencontre Clara Wieck bien avant qu’elle n’épouse Robert Schumann. Il ne tarit pas d’éloge quant Ă  son talent et l’invite plusieurs fois Ă  se produire sur la scĂšne du Gewandhaus qu’il dirige. Mendelssohn compose l’Ouverture du Songe d’une nuit d’étĂ© en 1826, aprĂšs avoir lu la traduction du chef-d’Ɠuvre Ă©ponyme de Shakespeare. Il en saisit toute la dimension fĂ©erique et traduit avec un gĂ©nie prĂ©coce de l’orchestration les mystĂšres de la nuit et les bruissements de la forĂȘt.

 

 

JOHANNES BRAHMS
Schicksalslied, op. 54 (Chant du Destin)
Brahms commence l’écriture du Chant du Destin la mĂȘme annĂ©e que la crĂ©ation de son Requiem allemand, hommage Ă  son grand ami Schumann disparu en 1856 et Ă  sa mĂšre morte en 1865. AprĂšs une gestation difficile, elle est crĂ©Ă©e en 1871. Brahms met en musique un poĂšme en trois strophes de Hölderlin, extrait de son Ɠuvre HypĂ©rion. Une partition Ă©mouvante et injustement mĂ©connue, qui joue sur les contrastes entre les misĂšres terrestres et les sphĂšres cĂ©lestes.

 

 

JOHANNES BRAHMS : ‹Liebeslieder Waltzer, op. 52 et 65 (Chants d’amour en forme de valses). ‹Dans la seconde moitiĂ© du XIXĂšme siĂšcle, la valse fait son entrĂ©e sur la scĂšne lyrique. Brahms sous-titre d’ailleurs l’opus 52 « valses pour pianoforte (et voix ad libitum) ». Ces piĂšces courtes cultivent la tradition de la valse viennoise et du LĂ€ndler (danse populaire Ă  trois temps). L’ombre de la famille Schumann plane sur les deux cycles de chants d’amour Liebeslieder opus 52 et Neue Liebeslieder opus 65. Brahms compose d’ailleurs l’opus 52 au piano, aux cĂŽtĂ©s de Clara Schumann.

 

 

ROBERT SCHUMANN
Symphonie n°3 en mi bémol majeur, dite « Rhénane », op. 97
FascinĂ© depuis l’enfance pour le Rhin, Robert Schumann compose en un jaillissement fluvial, la matiĂšre impĂ©tueuse et flexible de sa Symphonie n°3, lorsqu’il s’installe Ă  DĂŒsseldorf avec son Ă©pouse en 1850. En cinq mouvements, festive et chargĂ©e d’une grande densitĂ© Ă©motionnelle, la « RhĂ©nane » Ă©voque la vie au bord du fleuve, ses paysages, ses lĂ©gendes.

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INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu : Salle Touchard – ThĂ©Ăątre d’OrlĂ©ansorleans-orchestre-symphnique-ode-a-clara-annonce-critique-concert-classiquenews-orleans-Juin-depuis-plaquette-566x1024
Tarifs : Cat.1 : 28/25€ ; Cat. 2 : 25/23/13€
Horaires des Concerts : Samedi 15 juin Ă  20h30 – Dimanche 16 juin Ă  16h00
RĂ©servations : ThĂ©Ăątre d’OrlĂ©ans :
du mardi au samedi de 13h Ă  19h,
tel 02 38 62 75 30 Ă  partir de 14h
Billetterie en ligne (Cat.2 uniquement) :
https://www.helloasso.com/associations/orleans-concerts
TOUTES les infos et modalités de réservation sur le site Web : www.orchestre-orleans.com/

 

ENTRETIEN AVEC
 MARIE VERMEULIN : Ă  propos des Schumann, Clara & Robert Schumann…

CLIC D'OR macaron 200ENTRETIEN AVEC
 MARIE VERMEULIN : Ă  propos des Schumann, Clara & Robert. A l’occasion de la sortie de son nouvel album dĂ©diĂ© au couple Schumann, Clara et Robert Schumann (1 cd PARARY, CLIC de classiquenews de mars 2019), la pianiste française Marie Vermeulin nourrit sa propre rĂ©flexion sur l’écriture et le sens des oeuvres pour piano de chacun des auteurs. Deux sensibilitĂ©s, lumineuses, ardentes, spĂ©cifiques
 qui plus est, complĂ©mentaires et en affinitĂ©, qui ont formĂ© de leur vivant un seul cƓur ; et sur le plan musical, continuent de composer comme les deux faces d’une mĂȘme personnalitĂ©. A partir de leurs messages secrets, dĂ©cryptables d’eux seuls, dans leur musique, la pianiste dĂ©voile les aspects d’une conversation unique, singuliĂšre
 oĂč la musique, accomplie en « formes brĂȘves », est une mystique de l’amour, le flux naturel d’une complicitĂ© Ă  deux voix. Dans cette constellation oĂč les Ɠuvres de Robert sont mieux connues, jaillit le gemme de la Romance en la mineur de Clara, dĂ©claration et confession bouleversante
 Entretien exclusif pour CLASSIQUENEWS.

 
 
 

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CLASSIQUENEWS / CNC : Quelle image avez-vous du couple SCHUMANN, humainement et artistiquement ?

Marie Vermeulin : Les Ă©crits des deux Ă©poux sont assez Ă©loquents, et rĂ©vĂšlent un couple fort et uni quelques soient les Ă©vĂšnements tragiques qu’ils aient pu traverser. Ils Ă©prouvaient l’un pour l’autre une trĂšs grande admiration et un amour solide, qui les inspiraient et nourrissaient leurs Ă©nergies crĂ©atrices. Je pense notamment Ă  cette phrase cĂ©lĂšbre de Robert Schumann : « La postĂ©ritĂ© doit nous regarder comme un seul cƓur et une seule Ăąme. »
Depuis qu’est nĂ© ce projet de disque, j’ai du mal Ă  imaginer l’un sans l’autre. Les dissocier serait finalement les amputer d’une partie d’eux-mĂȘmes. Je crois que la musique a Ă©tĂ© pour eux le lieu d’une infinitĂ© d’échanges les plus intimes, ouvrant sur un accomplissement de leur couple, encore plus intense.

 
 
 

Clara et Robert : une conversation imaginaire


 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : Comment avez-vous conçu les piÚces de ce programme ? Sur quels critÚres ? Comment avez-vous réalisé les enchaßnements ?

Marie Vermeulin : On connait les messages voilĂ©s que s’adressaient constamment Clara et Robert Schumann Ă  travers la musique, et il m’est apparu intĂ©ressant de recrĂ©er une conversation imaginaire entre ces deux immenses musiciens.
J’ai sĂ©lectionnĂ© des Ɠuvres avec lesquelles j’avais eu des affinitĂ©s particuliĂšres en concert, et qui me paraissaient correspondre au propos du projet. La forme brĂšve m’a parue idĂ©ale pour souligner l’intimitĂ© de ce dialogue entre les deux Ă©poux.
Quant au choix de l’ordre des piĂšces, j’avais pensĂ© Ă  une alternance rĂ©guliĂšre, mais j’ai prĂ©fĂ©rĂ© respecter la chronologie afin d’ĂȘtre fidĂšle Ă  leur histoire, et mieux entendre les Ă©volutions de leurs langages.
Le dialogue se joue sur deux pĂ©riodes, de jeunesse d’abord, entre les SoirĂ©es musicales de Clara, dont certains Ă©lĂ©ments thĂ©matiques seront repris par Robert plus tard, et les ScĂšnes d’enfants de Robert , rĂ©ponse des plus poĂ©tiques Ă  un message de Clara : « Tu me fais parfois l’effet d’un enfant ! »
AprĂšs les premiers Ă©changes de jeunesse, le dialogue se poursuit au sein de piĂšces plus tardives, qui mettent en Ă©vidence l’évolution de leurs styles respectifs : les ScĂšnes de la forĂȘt de Robert qui, dans la forme, constituent le plus merveilleux des Ă©chos aux ScĂšnes d’enfants, augurent dĂ©jĂ  dans le fond les heures les plus sombres du compositeur. Mais l’évolution de langage est surtout remarquable dans la Romance en la mineur, composĂ©e par Clara pour Robert, vĂ©ritable chef-d’Ɠuvre de maturitĂ© qui vient ici clĂŽturer l’échange tel un adieu.

 
 
 
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CLASSIQUENEWS / CNC : Distinguez-vous des spĂ©cificitĂ©s entre l’Ă©criture de Robert et de Clara ? Des influences, des filiations entre les deux ?

Marie Vermeulin : Malgré leur proximité intellectuelle et physique, on perçoit bien deux esthétiques trÚs différentes. Le style de Clara Wieck-Schumann est assez original, se distinguant par un grand lyrisme, souvent teinté de nostalgie. On sent aussi une grande force, une autorité et une aisance naturelles, révélées tantÎt par une virtuosité affirmée, tantÎt par des modulations audacieuses.
Le langage de Robert me semble quant Ă  lui nourri par un imaginaire poĂ©tique et littĂ©raire, animĂ© de « personnages » contrastĂ©s, qu’il met en scĂšne avec une simplicitĂ© dont lui seul a le secret.
Mais chez les deux Ă©poux, on retrouve une Ă©nergie crĂ©atrice de mĂȘme nature et de mĂȘme importance, un besoin vital d’ĂȘtre tout entier dans la musique.
Les filiations et influences sont rĂ©ciproques ; ainsi, lorsque l’on Ă©coute une Ɠuvre d’un des deux compositeurs, le second n’est jamais trĂšs loin, figurant en filigrane dans la musique, par des citations, des allusions, des messages cachĂ©s

On pense souvent au couple Schumann en se reprĂ©sentant Robert en compositeur et Clara en muse pianiste. J’ai pris le parti dans ce projet de considĂ©rer les deux musiciens comme deux compositeurs pianistes, se dĂ©finissant chacun par un univers musical spĂ©cifique, mais enrichi de la proximitĂ© et de la complicitĂ© de l’autre et de la force du couple.

 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : Comment caractĂ©riser le flux musical de Robert Schumann ? Entre Florestan et EusĂ©bius ? Comment l’interprĂšte rĂ©ussit-il Ă  concilier les deux directions et caractĂšres ?

Marie Vermeulin : L’Ɠuvre de Schumann est une musique de l’instant, qui se lit comme un poùme jaillissant directement de l’imaginaire du compositeur. Souvent d’ailleurs tout est dit en quelques notes, et c’est pour cette raison que la forme brùve lui va si bien.
Mais c’est toute la difficultĂ© de l’interprĂ©tation que d’entrer immĂ©diatement dans la justesse du ton, en lui donnant le cadre propice, et de savoir changer instantanĂ©ment d’ambiance et de climat.
J’ai imaginĂ© ces petites scĂšnes en essayant d’ĂȘtre Ă  la fois l’acteur qui joue la scĂšne, en se mettant dans la peau de diffĂ©rents personnages, et le metteur en scĂšne qui leur donne un cadre. Ce dĂ©doublement de personnalitĂ© est finalement assez Schumannien !

 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : On sait que Clara Ă©tait une pianiste – plus cĂ©lĂšbre encore que Robert. Comment dĂ©finiriez-vous le pianisme de Clara (technique, inspiration, dĂ©veloppement formel… ?

Marie Vermeulin : On sent indĂ©niablement en jouant l’Ɠuvre de Clara Schumann que celle-ci Ă©tait pianiste, et une pianiste extrĂȘmement douĂ©e, virtuose et passionnĂ©e. On relĂšve clairement la difficultĂ© d’exĂ©cution de certains passages, des audaces dans les dĂ©placements notamment, qu’elle rĂ©ussissait sans doute Ă  jouer. Cela laisse supposer qu’elle Ă©tait dotĂ©e de grandes mains, alliĂ©es d’une souplesse et d’une agilitĂ© hors du commun.
FormĂ©e par son pĂšre, grand pĂ©dagogue qui lui inculque toutes les ressources de l’harmonie,
Clara ose dans ses compositions des accords hardis, et des modulations inattendues.
Ses Ɠuvres pianistiques de jeunesse notamment semblent s’inspirer beaucoup de Mendelssohn, et plus encore de Chopin : avec son thĂšme « rubato » Ă  trois temps, son expressivitĂ© pudique et tragique Ă  la fois, la mazurka en sol mineur des SoirĂ©es musicales pourrait mĂȘme ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un superbe hommage Ă  FrĂ©dĂ©ric Chopin.

Propos recueillis en avril 2019.

Illustrations : © William Beuacardet

 
 
   
 
 

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SCHUMANN clara cd critique review cd annonce classiquenews Paraty_219218_Vermeulin_Schumann_HM_COUVLIRE aussi notre critique du cd CLARA et ROBERT SCHUMANN par Marie Vermeulin, piano (1 cd PARATY) – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2019. « L’acuitĂ© du propos, l’enivrement poĂ©tique, la courbure rythmique, cette passion qui coule comme une eau trĂ©pidante et nerveuse
 s’entendent ici de l’une Ă  l’autre crĂ©ateur/trice. Marie Vermeulin exploite et explore les resources expressives du piano viennois Bösendorfer 280. Le couple incarne un idĂ©al artistique et humain, malheureusement fauchĂ© par la maladie psychique de l’époux et complice  »

https://www.classiquenews.com/cd-annonce-clara-robert-schumann-marie-vermeulin-piano-1cd-paraty-2018/

 
 
   
 
 

CD, annonce. Clara & Robert Schumann : Marie Vermeulin, piano (1cd PARATY – 2018)

SCHUMANN clara cd critique review cd annonce classiquenews Paraty_219218_Vermeulin_Schumann_HM_COUVCD, annonce. Clara & Robert Schumann : Marie Vermeulin, piano (1cd PARATY). EnregistrĂ© par Hugues Deschaux, le prĂ©sent album confirme la sensibilitĂ© suggestive de la pianiste Marie Vermeullin qui signe ici son 2Ăš cd chez le label Paraty. SymptĂŽme de notre Ă©poque en mal (justifiĂ©) d’égalitĂ© et de paritĂ©, l’interprĂšte inspirĂ©e, met dans la balance Ă  Ă©galitĂ©, l’écriture pianistique de Clara et de Robert Schumann, couple Ă  la ville comme Ă  la scĂšne
 mais Ă  la diffĂ©rence de maintenant, c’est la pianiste renommĂ©e Clara qui Ă©tait plus connue que son mari de compositeur. VoilĂ  un programme qui pourrait ĂȘtre repris dans tous les festivals de France et de Navarre pour rĂ©pondre Ă  la question dĂ©licate de la paritĂ© et du 
talent, car Clara (SoirĂ©es musicales opus 6 de 1836) est loin de dĂ©mĂ©riter face Ă  l’éloquence ambivalente, une face EusĂ©bius, l’autre Florestan / entendez contemplative / fougueuse-, de Robert.

Marie Vermeulin retrouve la complicitĂ© et l’entente du jeu dialoguĂ© entre Clara et Robert

Le couple SCHUMANN, en conversation

 

 

 

Ses SoirĂ©es conçues par une jeune compositrice interprĂšte de 15 ans, sont jouĂ©es par un Liszt aussi engagĂ© qu’admiratif. Lui « rĂ©pond » en un dialogue retrouvĂ© deux ans aprĂšs (1838), les ScĂšnes d’enfants / Kinderszenen opus 15 de Robert, pĂšre manifestement enchantĂ©, inspiré  qui s’adresse aux petits enfants, Ă©tant lui-mĂȘme un « grand enfant »  ces mĂȘmes piĂšces, jaillissement et chant fiĂ©vreux de l’innocence, que joue Liszt pour sa propre fille de 3 ans. 9 ans sĂ©parent Robert de Clara ; et toujours dans leur correspondance, leur journal surtout Ă©crit Ă  4 mans surgit la claire activitĂ© de deux Ă©critures portĂ©es par le respect et la connivence.

L’acuitĂ© du propos, l’enivrement poĂ©tique, la courbure rythmique, cette passion qui coule comme une eau trĂ©pidante et nerveuse
 s’entendent ici de l’une Ă  l’autre crĂ©ateur/trice. Marie Vermeulin exploite et explore les resources expressives du piano viennois Bösendorfer 280. Le couple incarne un idĂ©al artistique et humain, malheureusement fauchĂ© par la maladie psychique de l’époux et complice, lequel laisse une Ɠuvre inouĂŻe par sa lumiĂšre et son inspiration dramatique. Mais le piano est ce lieu des confessions et des conversations que Marie Vermeulin sait questionner et Ă©clairer d’une vitalitĂ© personnelle, passionnante.

Robert Schumann, d’une inspiration bouillonnante et spontanĂ©e, Ă©crit en 1838: “Vois-tu, j’ai quelquefois l’impression que je vais finir par Ă©clater de musique, tant les idĂ©es se pressent et bouillonnent en moi quand je songe Ă  notre amour.
Avant son mariage avec Robert, Clara Wieck note dans son journal en 1839: “Une femme ne doit pas prĂ©tendre composer, aucune n’a Ă©tĂ© encore capable de le faire, pourquoi serais-je une exception?”. Cette phrase est terrible car elle souligne les prĂ©jugĂ©s de cette Ă©poque, auxquels font Ă©chos les prĂ©conçus de la nĂŽtre. Les chemins de l’égalitĂ© sont encore sinueux. Mais le progrĂšs avance. Ce programme intelligent et cohĂ©rent en tĂ©moigne. A suivre.

 

 

 

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CD, annonce. Clara & Robert Schumann : Marie Vermeulin, piano (1cd PARATY – enregistrement dĂ©c 2018, PARIS).

 

 

 

 

 

 

CD, critique. SCHUMANN : Jean-Marc Luisada (1 cd RCA Red Seal – 2018)

schumann_luisada_rca-cd review critique cd par classiquenewsCD, critique. SCHUMANN : Jean-Marc Luisada (RCA Red seal). Jean-Marc Luisada revient Ă  Schumann, non sans arguments. On distingue surtout dans ce programme monographique, les contrastes (presque parfois percussifs) toujours pleins de facĂ©tie revendiquĂ©e et naturellement Ă©noncĂ©e, comme la brillante volubilitĂ© des « DavidsbĂŒndlertĂ€nze », dont la 15 par exemple, a des accents d’une noblesse Ă©perdue admirablement articulĂ©e, Ă©mise dans le clavier avec une franchise Ă  la fois sincĂšre et saine. Le rubato est habilement menĂ© avec des ralentis et des prĂ©cipitations Ă  la façon d’une marche Ă©branlĂ©e comme prise dans le tapis (la 16), prĂ©cĂ©dant une pause d’une absolue rĂȘverie enchantĂ©e (17) : « Wie aus der Ferne », Ă©tirĂ©e, alanguie, d’une extension extatique et la plus longue des sĂ©quences : plus de 4mn.

Soulignons de mĂȘme, la rĂȘverie plus dĂ©veloppĂ©e encore, non pas tant sur le plan de la durĂ©e que de l’itinĂ©raire et du dĂ©veloppement musical dans « TrĂ€umerei » opus 15 n°7
 d’une pudeur toute Ă©vanescente.‹L’esprit du songe suspendu reprend dans « Frölicher Landamann », retenu, caressant, intĂ©rieur qui appelle Ă  l’abandon suave. Tout Robert est prĂ©sent, dans cette immersion profonde dans les replis de la psychĂ© tenue cachĂ©e, secrĂšte.

Enfin viennent les 16 Ă©pisodes tout en contraste eux aussi de « Humoreske » opus 20, un autre accomplissement dans l’art pianistique si exaltĂ© et raffinĂ© du maĂźtre Schumann. Son amour en filigrane se lit Ă©videmment dans le jeu incessant, son activitĂ© – liquide, aĂ©rienne des mains requises ; elles citent la complicitĂ© et la passion de Robert pour son Ă©pouse Clara, elle-mĂȘme compositrice et immense pianiste. Jusqu’au dernier, «  Zum BeschluĂŸÂ Â» (le plus long en guise de conclusion, de plus de 6 mn), c’est un cycle surepressif, Ă©tincelant, formant une ronde enjouĂ©e, juvĂ©nile en sĂ©quences trĂšs rythmĂ©es et versatiles qui fanfaronnent et qui enchaĂźnent tension et dĂ©tente, exaltation, et songe
 ivresse parfois ;

SĂ»r, direct, sans emphase mais habitĂ© par le rĂȘve intĂ©rieur de Schumann, JM Luisada s’affirme comme un prince lyrique au clavier ; sa technique digitale prend en compte les ressources expressives et dynamiques de l’instrument. La clartĂ© de l’architecture, l’éloquence trĂšs caractĂ©risĂ©e du jeu l’imposent en indiscutable schumanien. Excellent programme.

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CD, critique. Robert Schumann (1810-1856) : DavidsbĂŒndlertĂ€nze op. 6 ; MĂ©lodie op. 68 n° 1 ; TrĂ€umerei op. 15 n° 7 ; Frölicher Landmann op. 68 n° 10 ; Humoreske op. 20. Jean-Marc Luisada, piano Steinway et sons. 1 CD RCA red seal. Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Berlin (Jesus-Christus-kirche) en janvier 2018. Notice : français, anglais, allemand. DurĂ©e : 1h10mn.