ZaĂŻs de Rameau Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles

Castor et Pollux de Rameau (1737-1754)Versailles, OpĂ©ra royal. Le 18 novembre 2014, 20h. Rameau : ZaĂŻs, 1748. Oeuvre du compositeur officiel de Louis XV, rĂ©cemment couronnĂ© par ses contemporains pour l’insolente, mordante, dĂ©lirante PlatĂ©e (comĂ©die lyrique de 1745), Rameau livre les divertissements de la Cour la plus raffinĂ©e et la plus innovante l’Europe en matière musicale. Pour preuve, le ballet-hĂ©roĂŻque ZaĂŻs sur un livret de Cahuzac, complice de Rameau dans la modernitĂ© : rien que l’Ouverture qui organise le Chaos est un dĂ©fi orchestral inouĂŻ Ă  l’Ă©poque ; il souligne combien Rameau est ce gĂ©nie expĂ©rimental soucieux d’exprimer les phĂ©nomènes naturels comme l’expression des passions humaines. Propre Ă  la lĂ©gèretĂ© sensuelle et pastorale de l’Ă©poque de La Pompadour, l’intrigue amoureuse Ă©voque en quatre actes les Ă©preuves qu’impose l’amant soupçonneux ZaĂŻs (Julian PrĂ©gardien) Ă  l’endroit de sa maĂ®tresse ZĂ©lidie (Sandrine Piau)… d’acte en acte, le gĂ©nie aĂ©rien redouble de manigances et d’intrigues (avec la complicitĂ© de son confident le roublard Cindor) pour confondre celle qu’il aime mais dont il doute… Ă  force d’Ă©preuves et de dĂ©fis masqĂ©s, ZaĂŻs ne risque-t-il pas de dĂ©truire le lien qui le lie Ă  ZĂ©lidie ? L’amour Ă©prouvĂ© fait contraste ici avec les danses et les divertissements qui permettent le dĂ©ploiement de la souveraine musique, celle du gĂ©nie ramĂ©lien riche en enchantements formels des plus divers.

 

 

 

L’amour Ă©prouvĂ©

 

Prologue. Après que le roi des gĂ©nies Ă©lĂ©menaires Oromazès ait dĂ©brouiller le chaos, l’Amour vient s’emparer des cĹ“urs pour mieux les Ă©prouver.

Acte I. ZaĂŻs, gĂ©nie de l’air aime la belle mortelle ZĂ©lide, simple bergère : il lui apparaĂ®t comme un berger rĂ©pondant Ă  sa flamme.

Acte II. Cindor, confident de ZaĂŻs, Ă©prouve l’amour de ZĂ©lide : il l’emporte dans sa cour cĂ©leste : lui avoue son amour, l’effraie par un tonnerre, lui offre l’immortalitĂ© ; rien n’y fait : ZĂ©lidie rĂ©clame ZaĂŻs qu’elle pense en danger car il est restĂ© sur terre. ZĂ©lidie parvient Ă  dĂ©noncer Cindor Ă  ZaĂŻs : la loyautĂ© de la bergère semble sans dĂ©faut.

entracte

Acte III. ZĂ©lidie ainsi Ă©prouvĂ©e douteĂ  prĂ©sent des sentiments de ZaĂŻs. D’autant que zaĂŻs dĂ©guisĂ© Ă  prĂ©sent en Cindor propose Ă  la bergère de se venger de l’infidèle… ZĂ©lidie dĂ©truite, Ă©mue, s’enfuit.

Acte IV. en un geste final d’apaisement, ZaĂŻs rassurĂ© dĂ©clare aimer Ă  jamais ZĂ©lidie, et renoncer Ă  son immortalitĂ© comme gĂ©nie : car comme l’a prĂ©cisĂ© l’oracle : “Le vĂ©ritable amour se suffit Ă  lui-mĂŞme”. Mais pour rĂ©compenser une amante si dĂ©vouĂ©e, le roi Oromazès restitue Ă  ZaĂŻs son immortalitĂ© et l’Ă©tend mĂŞme Ă  ZĂ©lidie. Le couple par la puretĂ© partagĂ© de son amour a conquis l’immortalitĂ©.

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Rameau : ZaĂŻs, 1748 Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles
version de concert

Julian Prégardien, Zaïs
Sandrine Piau, Zelidie
Aimery Lefèvre, Oromasès
Benoît Arnould, Cindor
Amel Brahim-Djelloul, Sylphide, la Grande prêtresse de l’amour
Hasnaa Bennani, L’Amour
Zachary Wilder, Un Sylphe

Choeur de Chambre de Namur
Thibaut Lenærts, direction du choeur
Les Talens Lyriques
Christophe Rousset, direction et clavecin