CHAMBORD. Le Carnaval de Florence avec Léonard, nouvelle création de Doulce Mémoire

BLOIS carnaval de Florence avec leonard annonce programme concert classiquenews critique 30 ans doulce memoire classiquenews image-carnaval-500x500CHAMBORD, vend 28 juin 2019, 20h. 30 ans de Doulce Mémoire, création : Léonard au Carnaval de Florence. En ouverture de son 9è festival, le château de Chambord, dessiné par Leonard de Vinci affiche un nouveau spectacle prometteur : « Au Carnaval de Florence avec Léonard »… La tradition cultivée par l’imagerie populaire et la peinture troubadour depuis le XIXè (cf les tableaux de Ingres sur le sujet) ont imposé la figure monolithique du sage Vinci, talentueux et visionnaire ingénieur et peintre employé à Milan au service des Sforza ; puis du noble vieillard, premier invité arrivé à la cour de François Ier…

Le programme présenté par Doulce Mémoire et Denis Raisin-Dadre met plutôt en lumière le « fêtard », amoureux des sensations et nouvelles expériences que suscitent un nouveau type de plaisirs et de divertissements (dont il maîtrise aussi la conception). Jeune et fringuant, Léonard s’est affirmé aussi lors des fêtes de carnaval à Florence, foyer de la Renaissance italienne.

Frivole et libérée, Florence devient puritaine
Leonardo préfère Milan…

Léonard recueille les fruits inestimables de la Florence humaniste qui avait réussi la synthèse de la pensée néoplatonicienne et du christianisme. Il y connaît la joie de vivre, l’extraordinaire émulation artistique au début du XVIè, la folle gaîté et l’ivresse libre du carnaval et de ses mascarades avant la grande réaction piétiste emmenée par le moine Savonarole, lequel inquisiteur italien, remplace le carnaval par les processions de pénitents. Léonard préfère alors Milan où, à la cour des Sforza, la fête continue.

 

 

 

 

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CHAMBORD (41)
Château, vend 28 juin 2019, 20h
Le Carnaval de Florence avec LĂ©onard
RESERVEZ
https://www.doulcememoire.com/agenda/carnaval-28juin19/

 

 

 

 

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Instrumentistes et chanteurs de Doulce Mémoire ressuscitent les fêtes carnavalesques de la jeunesse de Léonard avec l’imagination et la verve qui les caractérisent. La liberté facétieuse du geste le dispute au raffinement des restitutions des danses, en costumes Renaissance. Les timbres rayonnants et savoureux des flûtes, bombardes, doulçaines, sans omettre la fameuse lira da bracio dont Leonardo était virtuose, les percussions et le luth enrichissent encore une palette flamboyantes de couleurs musicales.
La Renaissance est un âge d’or des peintres ; la couleur et le jeu visuel qu’elle permet, s’immisce aussi dans le spectacle de Doulce Mémoire.
Avant Caravage et ses fabuleux contrastes (vieilles suivantes, jeunes beautés héroïques), Leonardo au XVIè a la fascination des types humains et le réalisme difforme voire monstrueux ; il ose le premier affronter et exalter la beauté et la monstruosité comme les deux faces d’une même réalité poétique. Ainsi pendant le Carnaval et ses délires en cascades, défilent les figures grotesques qui parsèment ses carnets, figures qu’il a pu voir lors de ces fêtes où toute la cité paraît travestie, sur des chars en jouant et en chantant ; « où les poésies les plus sublimes de Laurent le Magnifique et de Poliziano côtoient des textes extrêmement lestes voire obscènes ».
La force de l’imagination rencontre le raffinement et la pensée universelle de Leonardo, jeune lion prophétique. Nouvelle production incontournable.

 

 

 

 

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Distribution
Bruno Le Levreur, alto
Hugues Primard, ténor
Matthieu Le Levreur, baryton
Marc Busnel, basse
Pascale Boquet, luth, guitare renaissance
Nicolas Sansarlat, lira da braccio
Elsa Frank, flûtes, bombardes, doulçaines
Johanne Maitre, flûtes, bombardes, doulçaines
Jérémie Papasergio, flûtes, bombardes, doulçaines
Bruno Caillat, percussions
Denis Raisin Dadre, flûtes, bombardes, doulçaines et direction

Spectacle événement repris à Ribeauvillé, le 5 octobre 2019

https://www.doulcememoire.com/programmes/au-carnaval-de-florence-avec-leonard/

 

 

 

 

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Compte rendu, concert. Chambord, le 1er juillet 2016. Charpentier, Haendel. Le Concert Spirituel; Hervé Niquet, direction

Niquet herveDepuis 2011, le majestueux château de Chambord accueille un festival qui s’est, depuis ses dĂ©buts, solidement implantĂ© dans le paysage musical rĂ©gional, voire national. Vanessa Wagner, sa directrice artistique, lance la dĂ©jĂ  sixième Ă©dition du festival, en fanfare en invitant Le Concert Spirituel et son chef HervĂ© Niquet. Pour ce concert d’ouverture, dont le final accompagne le feu d’artifices royal qui doit illuminer le château, le maestro se concentre sur deux des plus grands compositeurs de la pĂ©riode baroque, chacun en son siècle, XVIIè et XVIIIè : Marc Antoine Charpentier (1643-1704) et Georg Friedrich Haendel (1685-1759). Si la pluie qui s’est invitĂ©e juste avant le concert suscitant quelques craintes, elle a eu la courtoisie de s’en retourner rapidement d’oĂą elle venait. HervĂ© Niquet entame la soirĂ©e avec le Te Deum de Marc Antoine Charpentier (1643-1704). S’il n’en dirige que l’ouverture et des extraits des marches “pour les trompes“, nombreux morceaux devenus cĂ©lĂ©brissimes grâce Ă  l’Eurovision, HervĂ© Niquet donne d’emblĂ©e le ton de la soirĂ©e : la direction est ferme, dynamique, concentrĂ©e; le concert est menĂ© tambour battant avec un entrain bienvenu.

En ce dĂ©but de soirĂ©e, la musique de Charpentier rĂ©sonne joyeusement sous un ciel apaisĂ©; si HervĂ© Niquet a bien du mal Ă  tenir en place, il arpente le plateau pour diriger ses musiciens d’une main de fer, il n’en maĂ®trise pas moins parfaitement son sujet.

Après Charpentier, c’est Georg Friedrich Haendel (1685-1759) qui est Ă  l’honneur. NĂ© Ă  Hanovre oĂą il a dĂ©butĂ© sa carrière, Haendel a beaucoup voyagĂ© avant de s’implanter dĂ©finitivement Ă  Londres Ă  l’invitation du roi de l’Ă©poque. Water Music a Ă©tĂ© composĂ© en deux fois pour agrĂ©menter les promenades nautiques du souverain et de sa cour sur la Tamise; les concertos n°4 et n°5 datent des annĂ©es de maturitĂ© du compositeur qui achève ainsi l’un de ses chefs d’oeuvres les plus connus. Bien que le Concert Spirituel ne donne lĂ  encore que des extraits des deux derniers concertos, ils sont jouĂ©s avec une rigueur et une prĂ©cision inĂ©galables. Au retour de l’entracte, car il fallait laisser Ă  la nuit le temps d’arriver, le Concert Spirituel entame la dernière Ĺ“uvre du programme de ce concert d’ouverture: Music for the royal fireworks; Ĺ“uvre qui accompagnait les feux d’artifices du roi d’Angleterre. Et, au sujet de feux d’artifices, celui qui se dĂ©clenche peu après le dĂ©but de la seconde partie est digne en tous points des rois de France et de leurs homologues anglais. A mesure que la musique se dĂ©roule, les feux couleurs rouges, bleues, or ou argent s’Ă©lèvent dans le ciel d’un noir de jais avec une prĂ©cision millimĂ©trĂ©e. Les artificiers rĂ©alisent une composition remarquable accompagnĂ©e par l’électrique HervĂ© Niquet et son orchestre.

MalgrĂ© un temps incertain en dĂ©but de soirĂ©e, la sixième Ă©dition du festival de Chambord connaĂ®t ainsi une entrĂ©e en matière fracassante avec un concert dirigĂ© par un chef remontĂ© comme une pile Ă©lectrique. Le Concert Spirituel a donnĂ© le meilleur de lui mĂŞme dans un rĂ©pertoire qu’il connaĂ®t parfaitement.

Chambord. Parc du château, le 1er juillet 2016. Marc Antoine Charpentier (1643-1704) : Te Deum (ouverture), Marches pour les trompes (extraits), Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Water Music (extraits des concertos N°s 4 et 5), Music for the royal fireworks. Le Concert Spirituel; Hervé Niquet, direction.