COMPTE-RENDU, critique, concert. PARIS, salle Cortot, le 2 déc 2019. Le temps retrouvé / Li-Kung Kuo (violon), Cédric Lorel (piano)

COMPTE-RENDU, critique, concert. PARIS, salle Cortot, le 2 déc 2019. Le temps retrouvé / Li-Kung Kuo (violon), Cédric Lorel (piano). Au cœur du chambrisme français. Chausson, Saint-Saëns, Hahn, Ysaÿe… le duo Li-Kung Kuo (violon), Cédric Lorel (piano) à la faveur de leur récent cd édité par Cadence Brillante, intitulé « Le temps retrouvé » (récompensé par le CLIC de CLASSIQUENEWS), souligne l’âge d’or de la musique de chambre en France au temps de Proust dont ils ont proposé une certaine idée du goût musical, propre à la Belle-Epoque. Il n’y a aucun doute sur la qualité de cette musique évocatrice e poétique et l’on s’étonne toujours de ne pas l’écouter plus souvent dans les salles de concert.

 

 

Mille et une nuances du chambrisme français

 

 

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvéSur les traces de la légendaire et très littéraire Sonate de Vinteuil, mythe proustien par excellence, les deux artistes abordent plusieurs auteurs du programme de leur cd, mais dans un ordre différent, terminant par Eugène Ysaÿe dont il trace ainsi un portrait complet, comme interprète et comme compositeur.
 A l’époque de Proust, le chant de l’âme vibrante et désirante s’exprime au violon ainsi : virtuosissime (Caprice opus 52 n°6, d’après Saint-Saëns d’Ysaÿe) ; âpre et profond, jusqu’à l’expiration enivrée (très wagnérien et tristanesque Poème de Chausson opus 25 ; extatique éperdu en une volupté heureuse (Nocturne de Hahn) …
Le sommet du récital à Cortot étant la Sonate n°1 de Saint-Saëns (opus 75) de 1885, sa petite mélodie aérienne, fruit d’un génie français de 50 ans, qui aura certainement inspiré Marcel, lequel n’hésitait jamais, comme pour mieux brouiller les pistes, à dire sa détestation de… Saint-Saëns justement. C’est pourtant bien cet air qui semble jaillir de l’enfance, naturel et coulant en une innocence, intacte et vive qui surgit comme second thème du premier mouvement, saisissant par sa simplicité et son intensité sincère. Proust y détecte comme un leit motiv emblématique de La Recherche du temps perdu, la « masse » du piano sous la ligne violonistique, écrit-il transporté, « multiforme, indivise, (…), la mauve agitation des flots que charme et bémolise le clair de lune ». Au cœur de l’inspiration proustienne, la musique qui a ce don de jaillir comme une source fécondante, continue. Tout le génie de Camille s’exprime alors, organisant la forme Sonate en un diptyque qui marque les esprits par son souffle, ses crépitements vifs argents, son charme « intérieur », ce « chic à la française » qui surpasse même l’élégance viennoise par sa profondeur et la sensualité de ses couleurs… que Cédric Lorel, remarquable de couleurs fauves en effet, par son toucher suggestif, … « proustien », réactive d’un bout à l’autre au clavier.
Sa complicité et son écoute offrent une assise souple et articulée au chant direct et intense du violoniste taiwanais Li-Kung Kuo dont la franchise sonore sait libérer la tension et maintenir l’expressivité du son de façon continue. Et c’est peu dire que le violoniste aborde avec une superbe chauffée à blanc la séquence ivre de doubles croches qui s’électrise en cascades irradiantes jusqu’au finale, éblouissant de santé apollinienne. Du cran et de la constance marque ce programme régénérant. Un bain de romantisme français d’une hallucinante maturité poétique.
Le Chausson (que créa Ysaÿe) culmine dans l’évocation de paysages crépusculaires où plane l’idée d’un envoûtement mystérieux.

UN AGE D’OR de la musique française… Rien n’est semblable à l’acuité expressive des compositeurs français que marque alors une nette volonté d’affirmer l’écriture nationale vis à vis des germaniques. Si Chausson, mort trop jeune, se forme en vérité en copiant les quatuors de Beethoven et de Schumann, saine vocation pour celui que son père força au droit, il nous laisse (avec Franck), une alternative au wagnérisme inévitable, que les deux interprètes ce soir, dévoilent avec une sûreté musicale et une grande finesse.
Et quelle belle idée de terminer le concert en jouant Lili Boulanger, très inspirée dans ce Nocturne (qui semble ainsi répondre à celui de Reynaldo Hahn, joué en ouverture). En un mot, superbe concert que l’auditeur retrouve dans le cd opportunément intitulé « le temps retrouvé ».

 

 

 

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LIRE aussi notre critique du cd Le temps retrouvé par Li-Kung Kuo (violon), Cédric Lorel (piano), édité en novembre 2019 chez Cadence Brillante.

Le temps retrouvé : Cédric LOREL, piano et Li-Kung KUO, violon

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450PARIS, Cortot, 2 déc 2019. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) – Cédric Lorel (piano) / 1 cd Cadence Brillante. A la recherche de Proust, et tout autant de la figure centrale d’Eugène Ysaÿe, le violoniste Li-Kung KUO et le pianiste Cédric LOREL mêlent avec intelligence et avec un vrai goût des filiations et des correspondances quatre compositeurs français aux tempéraments distincts ; tous se rejoignent sur un point : l’expression la plus juste et la plus précise du sentiment intérieur. A la fois expressifs (et mesurés), et introspectifs (sans appuis excessifs), les deux interprètes ressuscitent un âge d’or de la musique de chambre française à l’époque d’A la recherche du temps perdu. Musique et littérature dialoguent ici naturellement. De fait, dans cette vivacité aiguë qui creuse la charge émotionnelle de chaque morceau, sans rien omettre de chaque enjeu poétique, le duo rend justice à l’esprit Belle Epoque, sorte de romantisme tardif transcendé. S’affirment surtout deux sommets du chambrisme français (avec en volet final de ce triptyque imaginaire, le Trio de Ravel, absent ici car il faudrait un 3è complice) : le Poème de Chausson et la Sonate n°1 de Saint-Saëns, entre gravité et ravissement.

Le premier morceau (Caprice d’après La Valse de St-Saëns) affirme la virtuosité directe enflammée dont Ysaÿe était coutumier, habile à s’approprier chaque partition, avec une intensité et une articulation percutante, vive, précise, mordante. La personnalité inspire l’ensemble du programme ; c’est lui qui créa des pièces aussi prestigieuses que le Quatuor de Debussy, le Poème de Chausson. Avec Raoul Pugnol (piano), Ysaÿe joua la Sonate de Saint-Saëns dont il déduit une étude elle aussi saisissante par son nuancier expressif, ses crépitements d’une très haute virtuosité.

CHAUSSON, SAINT-SAËNS…
un âge d’or du chambrisme français

Chez Debussy, on relève dès « l’Allegro vivo » l’activité filigranée, inscrite dans le repli et la conservation du souvenir (chant et ligne du violon). « Intermède » est exprimé comme une pantomime, légère, d’une nervosité arachnénenne, précisément expressive, pure instant de poésie évocatoire, aux imprévisibles intentions, aux humeurs esquissées, changeantes.
« Très animé » laisse s’exprimer une agitation enivrée tout en délicatesse intérieure et pudique pourtant (réitération du thème de l’Allegro vivo), mais aussi presque lascive (hispanisme comme endeuillé et plein de panache).

Le piano choisi (Bechstein 1898) captive par sa qualité de rebond, velours allusif en particulier dans le climat de pluie suspendue qui installe ce calme inquiet et langoureux du Poème de Chausson. Préalable qui est amorce suspendue, d’une tristesse mesurée, elle aussi productrice d’un vrai climat poétique qui est propice à faire jaillir le sentiment : la ligne du violon est longue, sur le souffle, d’une infinie gravité, d’une profonde tendresse, d’un rayonnement peu à peu lumineux qui s’embrase littéralement. C’est sous les doigts du taiwanais Li-King Kuo, le déploiement de cette sensibilité claire et transparente, ligne éperdue, étirée jusqu’aux confins du souffle, essentiellement française.

CLIC D'OR macaron 200Puis s’accomplit le miracle du Saint-Saëns (Sonate n°1, modèle présumé de la fameuse Sonate de Vinteuil): très complices, et même fusionnels, piano et violon réussissent dans le premier mouvement « Allegro agitato », le plus long (7 mn), agité en effet et même crépitant, d’une activité que l’on penserait rien que bavarde, jusqu’à l’émergence de la « petite phrase », motif chantant dans l’aigu, vrai jaillissement d’un souvenir de ravissement fugace, qui apaise du fait même de son énoncé. La suggestion, l’allusion, l’infini mélancolie qui portent au rêve et à l’abandon, contrasté avec les passages plus tendus voire âpres, structurent une partition qui relève du génie de Saint-Saëns. Même s’il n’aimait pas le compositeur, Proust a dû irrésistiblement être vaincu par l’infinie tendresse de la mélodie centrale, désormais entêtante et emblématique de tout son œuvre littéraire. Les interprètes laissent à l’œuvre de superbes plages de dialogues feutrés, comme enveloppés par la question et le sens du souvenir et de la mémoire. C’est un temps rétrospectif et intime, mais aussi dans la réalisation, une formidable énergie active qui résoud et libère (réitération du motif « mauve » dans le dernier « Allegro molto »).
D’un bout à l’autre on goûte le velouté diaphane du piano, son crépitement crépusculaire (« mauve » et lunaire, aurait dit Marcel Proust, in texto) ; comme le chant en extase d’un violon qui caresse ses souvenirs, accepte, s’émerveille. En phrases étendues, éperdues (Adagio). En crépitement halluciné, roboratif (dernier Allegro molto). La qualité du chant du violon (Testore 1700, « ex Galamian ») s’épanouit sans emphase en toute complicité avec le Bechstein, le piano préféré de Debussy.
La qualité d’articulation et de chant du violon, se manifeste pleinement enfin dans l’extase mélodique du Hahn, évidement un « Nocturne » pour mieux se glisser et dialoguer avec le motif crépusculaire de la petite phrase inventée par Saint-Saëns.

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CD, événement, critique. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante) – parution le 15 novembre 2019

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LIRE aussi notre présentation du cd LE TEMPS RETROUVÉ – Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano)

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AGENDA

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
Cédric Lorel (piano)

RÉSERVEZ

https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
Poème op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

Eugène Ysaÿe (1858-1931)
Caprice d’après l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-Saëns

 

 le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450

 

 

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GRAND ENTRETIEN

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvéLIRE notre entretien avec le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste Cédric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album édité par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalité musicale de premier plan, en lien étroit avec la composition et les auteurs de son temps… Eugène Ysaÿe et les compositeurs de son temps : la Belle Epoque (Hahn, Chausson, Saint-Saëns, Debussy…)

Propos recueillis en novembre 2019

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TEASER VIDEO

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PARIS, Cortot, 2 déc 2019. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante)

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450PARIS, Cortot, 2 déc 2019. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) – Cédric Lorel (piano) / 1 cd Cadence Brillante. A la recherche de Proust, et tout autant de la figure centrale d’Eugène Ysaÿe, le violoniste Li-Kung KUO et le pianiste Cédric LOREL mêlent avec intelligence et avec un vrai goût des filiations et des correspondances quatre compositeurs français aux tempéraments distincts ; tous se rejoignent sur un point : l’expression la plus juste et la plus précise du sentiment intérieur. A la fois expressifs (et mesurés), et introspectifs (sans appuis excessifs), les deux interprètes ressuscitent un âge d’or de la musique de chambre française à l’époque d’A la recherche du temps perdu. Musique et littérature dialoguent ici naturellement. De fait, dans cette vivacité aiguë qui creuse la charge émotionnelle de chaque morceau, sans rien omettre de chaque enjeu poétique, le duo rend justice à l’esprit Belle Epoque, sorte de romantisme tardif transcendé. S’affirment surtout deux sommets du chambrisme français (avec en volet final de ce triptyque imaginaire, le Trio de Ravel, absent ici car il faudrait un 3è complice) : le Poème de Chausson et la Sonate n°1 de Saint-Saëns, entre gravité et ravissement.

Le premier morceau (Caprice d’après La Valse de St-Saëns) affirme la virtuosité directe enflammée dont Ysaÿe était coutumier, habile à s’approprier chaque partition, avec une intensité et une articulation percutante, vive, précise, mordante. La personnalité inspire l’ensemble du programme ; c’est lui qui créa des pièces aussi prestigieuses que le Quatuor de Debussy, le Poème de Chausson. Avec Raoul Pugnol (piano), Ysaÿe joua la Sonate de Saint-Saëns dont il déduit une étude elle aussi saisissante par son nuancier expressif, ses crépitements d’une très haute virtuosité.

CHAUSSON, SAINT-SAËNS…
un âge d’or du chambrisme français

Chez Debussy, on relève dès « l’Allegro vivo » l’activité filigranée, inscrite dans le repli et la conservation du souvenir (chant et ligne du violon). « Intermède » est exprimé comme une pantomime, légère, d’une nervosité arachnénenne, précisément expressive, pure instant de poésie évocatoire, aux imprévisibles intentions, aux humeurs esquissées, changeantes.
« Très animé » laisse s’exprimer une agitation enivrée tout en délicatesse intérieure et pudique pourtant (réitération du thème de l’Allegro vivo), mais aussi presque lascive (hispanisme comme endeuillé et plein de panache).

Le piano choisi (Bechstein 1898) captive par sa qualité de rebond, velours allusif en particulier dans le climat de pluie suspendue qui installe ce calme inquiet et langoureux du Poème de Chausson. Préalable qui est amorce suspendue, d’une tristesse mesurée, elle aussi productrice d’un vrai climat poétique qui est propice à faire jaillir le sentiment : la ligne du violon est longue, sur le souffle, d’une infinie gravité, d’une profonde tendresse, d’un rayonnement peu à peu lumineux qui s’embrase littéralement. C’est sous les doigts du taiwanais Li-King Kuo, le déploiement de cette sensibilité claire et transparente, ligne éperdue, étirée jusqu’aux confins du souffle, essentiellement française.

CLIC D'OR macaron 200Puis s’accomplit le miracle du Saint-Saëns (Sonate n°1, modèle présumé de la fameuse Sonate de Vinteuil): très complices, et même fusionnels, piano et violon réussissent dans le premier mouvement « Allegro agitato », le plus long (7 mn), agité en effet et même crépitant, d’une activité que l’on penserait rien que bavarde, jusqu’à l’émergence de la « petite phrase », motif chantant dans l’aigu, vrai jaillissement d’un souvenir de ravissement fugace, qui apaise du fait même de son énoncé. La suggestion, l’allusion, l’infini mélancolie qui portent au rêve et à l’abandon, contrasté avec les passages plus tendus voire âpres, structurent une partition qui relève du génie de Saint-Saëns. Même s’il n’aimait pas le compositeur, Proust a dû irrésistiblement être vaincu par l’infinie tendresse de la mélodie centrale, désormais entêtante et emblématique de tout son œuvre littéraire. Les interprètes laissent à l’œuvre de superbes plages de dialogues feutrés, comme enveloppés par la question et le sens du souvenir et de la mémoire. C’est un temps rétrospectif et intime, mais aussi dans la réalisation, une formidable énergie active qui résoud et libère (réitération du motif « mauve » dans le dernier « Allegro molto »).
D’un bout à l’autre on goûte le velouté diaphane du piano, son crépitement crépusculaire (« mauve » et lunaire, aurait dit Marcel Proust, in texto) ; comme le chant en extase d’un violon qui caresse ses souvenirs, accepte, s’émerveille. En phrases étendues, éperdues (Adagio). En crépitement halluciné, roboratif (dernier Allegro molto). La qualité du chant du violon (Testore 1700, « ex Galamian ») s’épanouit sans emphase en toute complicité avec le Bechstein, le piano préféré de Debussy.
La qualité d’articulation et de chant du violon, se manifeste pleinement enfin dans l’extase mélodique du Hahn, évidement un « Nocturne » pour mieux se glisser et dialoguer avec le motif crépusculaire de la petite phrase inventée par Saint-Saëns.

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CD, événement, critique. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante) – parution le 15 novembre 2019

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LIRE aussi notre présentation du cd LE TEMPS RETROUVÉ – Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano)

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AGENDA

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
Cédric Lorel (piano)

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https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
Poème op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

Eugène Ysaÿe (1858-1931)
Caprice d’après l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-Saëns

 

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GRAND ENTRETIEN

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvéLIRE notre entretien avec le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste Cédric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album édité par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalité musicale de premier plan, en lien étroit avec la composition et les auteurs de son temps… Eugène Ysaÿe et les compositeurs de son temps : la Belle Epoque (Hahn, Chausson, Saint-Saëns, Debussy…)

Propos recueillis en novembre 2019

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TEASER VIDEO

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ENTRETIEN avec Li-Kung Kuo (violon) et Cédric Lorel (piano). Le Temps retrouvé…

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450ENTRETIEN avec Li-Kung Kuo (violon) et Cédric Lorel (piano). Le Temps retrouvé… Annoncé le 15 nov prochain, le CD «  Le temps retrouvé » suit les traces du violoniste légendaire Eugène Ysaÿe : un guide qui inspire ainsi le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste Cédric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album édité par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalité musicale de premier plan, en lien étroit avec la composition et les auteurs de son temps… Si Ravel trouvait leurs natures difficiles à faire dialoguer, les deux instrumentistes déploient a contrario une étonnante complicité qui fait chanter les partitions choisies : Ysaÿe, Saint-Saëns, Chausson, Debussy… A deux voix, Li-Kung Kuo et Cédric Lorel ressuscitent un âge d’or de la musique de chambre française. Entretien avec les deux musiciens à propos de leur premier album dont le programme est aussi le sujet d’un concert exceptionnel le 2 décembre 2019, à Paris, Salle CORTOT.

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 Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvé

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Que nous transmet aujourd’hui la figure du violoniste Eugène Ysaÿe ?

Li-Kung Kuo et Cédric Lorel : « Artiste aux dons multiples, immense interprète, professeur recherché et compositeur de talent, Ysaye a suscité nombre de créations et de collaborations artistiques à travers toute l’Europe. Il incarne un idéal de musicien qui dépasse les frontières, tout en étant profondément attaché à son pays et sa culture d’origine. Ses six sonates pour violon constituent un monument du répertoire pour l’instrument, aux côtés de celles de Bach et des caprices de Paganini. Par ailleurs son style est très représentatif de l’école franco-belge du début du siècle, avec une personnalité très marquée qui donne un caractère unique à ses interprétations. Ysaye demeure aujourd’hui encore une référence et un modèle pour tous les violonistes ».

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Quels aspects du musiciens souhaitez-vous éclairer à travers votre programme ?

Li-Kung Kuo et Cédric Lorel : « L’inspirateur, par son art unique de violoniste, de certains des plus grands compositeurs de son temps (étant le dédicataire et le créateur de nombre de chefs-d’œuvre, à commencer bien sûr par le Poème d’Ernest Chausson). Egalement, son talent -plus méconnu- de compositeur à travers son « caprice en forme de valse » d’après Saint-Saëns, un aspect de son art que nous aimerions davantage mettre en avant, peut-être pour un futur projet d’enregistrement… ; Ses poèmes symphoniques, rarement joués et enregistrés, méritent également d’être redécouverts ».

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Pouvez-vous nous présenter en quelques mots les défis et le caractère général des oeuvres de Chausson, Saint-Saëns, Debussy ?

Li-Kung Kuo et Cédric Lorel : « Dans la sonate de Debussy, il faut trouver les couleurs et l’atmosphère si typiques de ce compositeur, en gardant une certaine liberté dans le discours musical -un peu comme si l’on voulait donner l’impression d’une improvisation- mais tout en respectant à la lettre les très nombreuses indications. Ceci est rendu encore plus délicat par la brièveté et la densité de l’œuvre, et par le caractère volontiers fantasque du discours musical.

Pour le poème de Chausson, outre sa durée (environ un quart d’heure, d’un seul tenant) et la richesse de l’écriture violonistique, un des défis est de maintenir la tension (et l’attention !) de la première à la dernière note. Inspirée par la nouvelle de Tourgueniev « Le chant de l’amour triomphant », la pièce est en effet d’un post-romantisme exacerbé et parfois même dramatique. Une autre difficulté est bien sûr de faire sonner au mieux la partie de piano transcrite à partir de l’orchestre, en conservant le souffle et l’esprit de cette œuvre si originale.

Le discours musical de la sonate de Saint-Saëns est plus simple et direct, et l’effet sur l’auditeur immédiat – la difficulté réside surtout dans la précision de la mise en place et l’écriture très virtuose pour les deux instruments, notamment dans l’étourdissant final. Qu’est ce qui en fait le lien ?

Le caractère cyclique de l’écriture musicale : chez Debussy et Saint-Saëns, certains thèmes et éléments mélodiques se retrouvent d’un mouvement à l’autre, parfois de manière évidente, parfois beaucoup plus subtilement.
Chez Chausson, le thème principal apparaît à plusieurs reprises tout au long de l’oeuvre, instrumenté ou harmonisé différemment. Dans les trois cas, ceci assure une grande unité à des œuvres à la forme apparemment très libre. Mais le lien peut-être le plus évident est bien sûr l’admiration et l’amitié qu’ont nourri chacun de ces compositeurs pour Ysaÿe ».

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Vous évoquez Proust et la Sonate de Vinteuil… quel serait les caractéristiques principales de la musique française à l’époque de Proust, dont Vinteuil serait l’emblème ?

Li-Kung Kuo et Cédric Lorel : « Par rapport à la période romantique qui tire à sa fin et dont Saint-Saëns pourrait représenter un des derniers témoignages (tout en évitant certains de ses excès…), le tournant du siècle voit la musique se libérer et s’ouvrir à de nouvelles formes et influences : dégagée de l’emprise de Wagner – bien que son influence soit encore assez sensible chez Chausson, par exemple- un parfum fortement exotique (d’Asie notamment – effet des expositions universelles, mais aussi d’Espagne) imprègne nombre de compositions. Dans le même temps, l’exploration de nouvelles harmonies, un certain équilibre et des dimensions plus « raisonnables » se conjuguent heureusement avec un renouveau de la musique de chambre, dû d’abord principalement à César Franck , et qui poursuivra son accomplissement chez Chausson, Fauré, et nombre de compositeurs de première importance, inspirés et stimulés par des virtuoses exceptionnels ».

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Comment s’est formé votre duo ? Quels sont les caractères qui permettent votre complicité ?

Li-Kung Kuo et Cédric Lorel : « Nous nous sommes rencontrés à l’occasion des concerts d’inauguration du Centre de Musique de Chambre de Paris auxquels Li-Kung participait, en 2015. Ayant en commun une prédilection pour certaines oeuvres et le désir d’explorer un répertoire moins courant et fréquenté, nous avons rapidement eu envie de déchiffrer et jouer ensemble.

Li-Kung a également étudié le piano et a une grande connaissance de l’instrument, son répertoire et ses interprètes, ce qui permet à mon avis une écoute encore plus attentive et une parfaite compréhension mutuelle lors de notre travail. Pour ma part, j’avais déjà pas mal d’expérience de musique de chambre, notamment dans la formation violon/piano, mais je n’avais que rarement eu l’occasion de travailler si en détails, en profondeur et sur la durée, ces œuvres magnifiques et passionnantes, mais ô combien exigeantes également.

Ravel pensait que le violon et le piano étaient par nature des instruments tellement différents qu’il était extrêmement difficile de les assortir… nous essayons pour notre part d’aller toujours plus loin pour trouver l’harmonie nécessaire et rendre cohérent un tel ensemble. »

 

 

 Propos recueillis en novembre 2019

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LIRE notre présentation du cd Le Temps retrouvé par Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano) / (1 cd Cadence Brillante) – Parution le 15 nov 2019. Concert exceptionnel de lancement, Paris, salle Cortot, lundi 2 décembre 2019, 20h. Réservez votre place ici :

https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

 

 

NOUVEAU CD

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Parution du cd « Le temps retrouvé »
le 15 novembre 2019

+ d’infos sur le site Cadence Brillante :
http://cadencebrillante.com

 

Cédric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvé

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
Cédric Lorel (piano)

RÉSERVEZ

https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
Poème op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

Eugène Ysaÿe (1858-1931)
Caprice d’après l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-Saëns

 

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TEASER VIDEO