Aleksandra Kurzak chante Madame BUTTERFLY Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo

monte carlo opera madame butterfly nov 2021 opera annonce critique classiquenewsMONTE-CARLO, PUCCINI : Madame Butterfly, 16, 18, 21 nov 2021. Comme Traviata (Verdi), Madame Butterfly eut du mal Ă  se faire comprendre et apprĂ©ciĂ© du public. C’est aujourd’hui l’un des titres les plus aimĂ©s du rĂ©pertoire lyrique, qui exige une soprano aux rĂ©els talents lyriques et tragiques. Il nous parle aujourd’hui avec autant de force qu’il y a plus d’un siĂšcle. A travers l’image d’Epinal, celle d’une petite geisha trop naĂŻve qui confond mariage et serment sincĂšre (Ă©changĂ© avec son « mari » occidental Pinkerton, et opĂ©ration commerciale Ă  ses dĂ©pens, les thĂšmes Ă©voquĂ©s par le drame de Puccini, rĂ©sonnent dans notre Ă©poque : rĂ©cit des inĂ©galitĂ©s produites par l’impĂ©rialisme, prĂ©dation sexuelle par les adultes d’adolescents Ă©conomiquement fragiles, abandon des mĂšres-filles par des gĂ©niteurs « de passage », difficultĂ©s de comprĂ©hension entre les diverses cultures et religions, exploitation des minoritĂ©s fragiles par les touristes coloniaux, dĂ©tenteurs d’argent et de pouvoir
 L’opĂ©ra de Puccini souligne aussi l’illusion que produit l’amour chez un ĂȘtre trop loyal, trop tendre, trop passionné  VoilĂ  qui rend le destin de Cio-Cio San, dite « Madame Butterfly », jeune papillon qui finit par se brĂ»ler les ailes

« CĂ©citĂ© comprĂ©hensible chez une jeune fille de quinze ans ou dĂ©ni de rĂ©alitĂ© causĂ© par ses traumatismes passĂ©s ? » telle est la question de cette tragĂ©die japonaise pour laquelle Puccini renouvelle totalement l’orientalisme orchestral dont il fait une parure Ă©blouissante du dĂ©but Ă  la fin.
L’argument majeur de la nouvelle production monĂ©gasque demeure la prise du rĂŽle-titre par la soprano Aleksandra Kurzak dont la sincĂ©ritĂ© du timbre, l’intelligence expressive sĂ©duisent davantage Ă  chaque caractĂ©risation.

boutonreservationGiacomo Puccini : Madame Butterfly
SALLE GARNIER / OPÉRA DE MONTE-CARLO
16 novembre 2021 – 20h (Gala)
18 novembre 2021 – 20h
21 novembre 2021 – 15h

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INFOS et RÉSERVATIONS
https://www.opera.mc/fr/saison2021-2022/madame-butterfly-169

Tragédie japonaise en trois actes
Musique de Giacomo Puccini (1858-1924)
Livret intĂ©gral de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa d’aprĂšs la piĂšce de David Belasco Madam Butterfly, basĂ©e sur une nouvelle de John Luther Long (1898)
Création : Teatro alla Scala, Milan, 17 février 1904

PremiĂšre Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, le 23 mars 1912
DerniĂšre Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, le 30 mars 2004

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Madame Butterfly (Cio-Cio San) : Aleksandra Kurzak
Suzuki, sa servante : Annalisa Stroppa
F.B. Pinkerton : Marcelo Puente
Sharpless, consul : Massimo Cavalletti
Goro : Philippe Do
L’Oncle Bonzo : Fabrizio Beggi

ChƓur de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo
Orchestre Philharmonique De Monte-Carlo

Direction musicale : Giampaolo Bisanti
Mise en scĂšne : Mireille Larroche

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CRITIQUE, opéra. STRASBOURG, Opéra national du Rhin, le 24 juin 2021. Puccini : Madame Butterfly. Giuliano Carella / Mariano Pensotti.

Butterfly-puccini-opera-national-du-rhin-juin2021-critique-classiquenewsCRITIQUE, opĂ©ra. STRASBOURG, OpĂ©ra national du Rhin, le 24 juin 2021. Puccini : Madame Butterfly. Giuliano Carella / Mariano Pensotti. DĂ©couvert Ă  Strasbourg voilĂ  deux ans dans la crĂ©ation française de Beatrix Cenci de Ginastera (LIRE ici notre critique : http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-strasbourg-opera-le-17-mars-2019-ginastera-beatrix-cenci-m-letonja-m-pensotti/ ), le metteur en scĂšne Mariano Pensotti (nĂ© en 1973) frappe encore trĂšs fort en cette fin de saison avec sa vision trĂšs personnelle de Madame Butterfly. Venu du thĂ©Ăątre, l’Argentin dĂ©cide en effet d’enrichir le livret d’une histoire parallĂšle fictive, racontĂ©e au moyen des surtitres pendant tout le spectacle, le plus souvent lors des interludes orchestraux. Pensotti imagine le parcours de Maiko Nakamura, metteur en scĂšne d’origine japonaise ayant quittĂ© depuis longtemps son pays pour l’Europe, en pleine crise existentielle depuis le dĂ©cĂšs de sa mĂšre. Son travail sur Butterfly fait remonter son rapport oubliĂ© aux origines, en soulevant des questions bouleversantes comme les raisons de sa fuite ou sa capacitĂ© Ă  Ă©chapper au complexe du survivant (ses grands-parents sont morts dans les bombardements de Nagasaki). Si on peut regretter la place dĂ©mesurĂ©e prise par cette idĂ©e au dĂ©triment du livret de Puccini, force est de constater qu’elle apporte un indĂ©niable suspens, tout en s’entrecroisant avec le destin de Butterfly dans son dĂ©sir de mort.

On est bien lĂ  dans la volontĂ© affichĂ©e d’Alain Perroux, nouveau directeur de l’OpĂ©ra national du Rhin, de raconter des histoires, comme le proclame fiĂšrement la brochure de saison 2021-2022 : “Il Ă©tait une fois...”. Sur scĂšne, Ă  rebours du mĂ©lodrame, la mise en scĂšne de Pensotti joue la carte de la sobriĂ©tĂ© en noir et blanc, refusant toute concession au Japon fantasmĂ©, en un travail abstrait et Ă©purĂ© de toute beautĂ©. MalgrĂ© une direction d’acteur trop statique, on se laisse peu Ă  peu sĂ©duire par la poĂ©tique des symboles dĂ©voilĂ©s peu Ă  peu avec l’histoire parallĂšle de Maiko Nakamura : de l’arbre dĂ©racinĂ© Ă  la maison oubliĂ©e des grands-parents, les deux derniers actes fascinent par leur capacitĂ© Ă  renouveler finement l’expression visuelle des souvenirs oppressants – ce “passĂ© qui ne passe pas” (Pierre Bourdieu).

CĂŽtĂ© voix, la soprano roumaine Brigitta Kele se saisit du difficile rĂŽle-titre avec aplomb, faisant oublier quelques approximations dans le placement de voix suraigu pour mieux nous rĂ©galer de son timbre charnu, de ses superbes graves. A ses cĂŽtĂ©s, la Suzuki de Marie Karall fait Ă©talage d’une technique sĂ»re, qui gagnerait toutefois Ă  davantage de prises de risque dans l’expressivitĂ©, tandis que Tassis Christoyannis (Sharpless) impressionne par sa classe vocale et son chant gĂ©nĂ©reux. On est heureux de retrouver ce bel artiste dans un rĂŽle Ă  sa mesure, de mĂȘme que l’impeccable Goro de LoĂŻc FĂ©lix, admirable de souplesse et de musicalitĂ© sur toute la tessiture. Tous les seconds rĂŽles se montrent Ă  la hauteur, bien servis par la direction subtile de Giuliano Carella, qui ne couvre jamais le plateau (il est vrai aidĂ© par la version “de chambre” proposĂ©e ici pour rĂ©pondre aux impĂ©ratifs de distanciation de la crise sanitaire). Le chef italien fait valoir un geste Ă©quilibrĂ©, aĂ©rien, admirable dans sa capacitĂ© Ă  faire ressortir les dĂ©tails et Ă  diffĂ©rencier les pupitres, bien Ă©tagĂ©s dans la construction des crescendos.

CRITIQUE, opĂ©ra. STRASBOURG, OpĂ©ra national du Rhin, le 24 juin 2021. Puccini : Madame Butterfly. Brigitta Kele (Cio-Cio-San), Leonardo Capalbo (Pinkerton), Marie Karall (Suzuki), Tassis Christoyannis (Sharpless), Nika Guliashvili (Il bonzo), EugĂ©nie Joneau (Kate Pinkerton), HervĂ© Huyghues Despointes (Yakuside), LoĂŻc FĂ©lix (Goro), Damien Gastl (Yamadori, Il commissario imperiale). ChƓur de l’OpĂ©ra national du Rhin, Orchestre philharmonique de Strasbourg, Giuliano Carella direction musicale / mise en scĂšne Mariano Pensotti. A l’affiche de l’OpĂ©ra national du Rhin, Ă  Strasbourg jusqu’au 28 juin et Ă  Mulhouse les 4 et 6 juillet 2021.

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra Bastille, 14 sept 2019. PUCCINI : Madame Butterfly. Ana Maria Martinez, Marie-Nicole Lemieux, Giorgio Berrugi
 Orchestre de l’opĂ©ra. Giacomo Sagripanti, direction. Robert Wilson, mise en scĂšne.

puccini-giacomo-portrait-operas-classiquenews-dossier-special-HOMEPAGE-classiquenewsCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra Bastille, 14 sept 2019. PUCCINI : Madame Butterfly. Ana Maria Martinez, Marie-Nicole Lemieux, Giorgio Berrugi
 Orchestre de l’opĂ©ra. Giacomo Sagripanti, direction. Robert Wilson, mise en scĂšne. Retour de la mise en scĂšne mythique de Madame Butterfly (1993) de Robert Wilson Ă  l’OpĂ©ra National de Paris ! La direction musicale de l’archicĂ©lĂšbre opus de Puccini est assurĂ© par le chef Giacomo Sagripanti. Une reprise qui n’est pas sans dĂ©faut dans l’exĂ©cution mais toujours bienvenue et heureuse grĂące Ă  la qualitĂ© remarquable de la production.

Madame Butterfly est l’opĂ©ra prĂ©fĂ©rĂ© de Puccini, « le plus sincĂšre et le plus Ă©vocateur que j’ai jamais conçu », disait-il. Il marque un retour au drame psychologique intimiste, Ă  l’observation des sentiments, Ă  la poĂ©sie du quotidien. Puccini pris par son sujet et son hĂ©roĂŻne, s’est plongĂ© dans l’étude de la musique, de la culture et des rites japonais, allant jusqu’à la rencontre de l’actrice Sada Jacco qui lui a permis de se familiariser avec le timbre des femmes japonaises ! Si l’histoire d’aprĂšs le roman de Pierre Lotti « Madame ChrysanthĂšme » fait dĂ©sormais partie de la culture gĂ©nĂ©rale et populaire, de propositions scĂ©niques comme celle de Robert Wilson ont la qualitĂ© d’immortaliser davantage et l’oeuvre, et l’expĂ©rience esthĂ©tique et artistique que sa contemplation reprĂ©sente.

 

Madame Butterfly de Wilson,
minimalisme tu me tiens !

L’opus, un sommet lyrique en ce qui concerne l’expression et le mĂ©lodrame, trĂšs flatteur pour les gosiers de ses interprĂštes sur scĂšne, pose souvent de problĂšme dans la mise en scĂšne. L’histoire de la geisha rĂ©pudiĂ©e aprĂšs mariage et idylle avec un jeune lieutenant de l’armĂ©e amĂ©ricaine est d’un cĂŽtĂ© trĂšs contraignante au niveau dramaturgique, et trĂšs excessive au niveau du pathos et de l’affect.
Une Ɠuvre aussi exubĂ©rante dans le chant et aussi tragique dans sa trame, se voit magistralement mise en honneur par une mise en scĂšne minimaliste et immobile comme celle que nous avons le bonheur de redĂ©couvrir en cette fin d’étĂ©. Ici, Bob Wilson, avec ses costumes et ses incroyables lumiĂšres (collaboration avec Heinrich Brunke pour les derniĂšres), se montre maĂźtre de l’art dans le sens oĂč l’utilisation de l’artifice, Ă©purĂ©, est au service de l’histoire. Rien n’y est ajoutĂ©, rien n’y est jamais explicité  De la froideur gestuelle apparente des personnages sort une intensitĂ© maĂźtrisĂ©e, qui captive et qui hante bien au-delĂ  des deux heures de reprĂ©sentation.

Un travail si particulier doit ĂȘtre un dĂ©fi supplĂ©mentaire pour les chanteurs, qui doivent se maĂźtriser et physiquement et psychologiquement, tout en chantant un petit Ă©ventail d’émotions souvent excessives ou exacerbĂ©es. En l’occurrence nous sommes mitigĂ©s par rapport Ă  l’exĂ©cution. Le tĂ©nor italien Giorgio Berrugi faisant ses dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra de Paris dans le rĂŽle du lieutenant F.B Pinkerton, a un chant dĂ©licieux : sa voix est trĂšs seine et le timbre est beau. Le duo d’amour qui clĂŽt l’acte 1 « Bimba, bimba
 dalli occhi pieni di malia
 vogliatemi bene » est un vĂ©ritable sommet d’expression musicale pour lui et pour la soprano, il le chante avec vaillance et sentiment. S’il est lĂ©gĂšrement plus audible qu’Ana Maria Martinez en Butterfly pendant ce duo, nous avons trouvĂ© son interprĂ©tation bouleversante d’humanitĂ©. Son air de l’acte II : « Un bel di vedremo » a Ă©tĂ© d’une grande intensitĂ© thĂ©Ăątrale, mais nous constatons en cette premiĂšre quelques problĂšmes d’équilibre entre la fosse et la scĂšne, et elle s’y trouve pĂ©nalisĂ©e.
Les nombreux rĂŽles secondaires paraissent parfois Ă©galement affectĂ©s par cette question, plusieurs de leurs performances se distinguent cependant : Laurent Naouri impeccable et implacable en Sharpless, Marie-Nicole Lemieux Ă  la prĂ©sence remarquable en Suzuki, ou encore le Goro plus-que-parfait de Rodolphe Briand ! Les chƓurs dirigĂ©s par Alessandro di Stefano, sont tout Ă  fait dans la mĂȘme situation, et nous fĂ©licitons ses efforts.

La direction de Giacomo Sagripanti pourrait ĂȘtre Ă  l’origine du dĂ©sĂ©quilibre notoire et regrettable pour une si magnifique production. Il s’agĂźt d’une impression que nous avons surtout au premier acte. S’il existe une certaine volontĂ© du chef d’apporter une lecture plus cristalline qu’émotive, bienvenue, l’orchestre rĂ©ussi Ă  vibrer plus Ă©quitablement au troisiĂšme acte.

Reprise mythique Ă  l’OpĂ©ra National de Paris Ă  dĂ©couvrir et redĂ©couvrir encore Ă  l’OpĂ©ra Bastille les 9, 12, 19, 26, 29 et 30 octobre ainsi que les 1, 2, 5, 6, 8, 9 et 13 novembre 2019 avec deux distributions.

COMPTE-RENDU, opéra. NANCY, Opéra, 23 juin 2019. PUCCINI : Madame Butterfly. Seo, Montvidas. Emmanuelle Bastet / PitrÚnas.

Nouvelle Tosca Ă  l'OpĂ©ra de TOURSCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. Nancy. OpĂ©ra National de Lorraine, 23 juin 2019. PUCCINI : Madame Butterfly. Sunyoung Seo, Edagaras Montvidas, Cornelia Oncioiu
 Orchestre symphonique et lyrique de Nancy. Modestas PitrĂšnas, direction. Emmanuelle Bastet, mise en scĂšne. Nouvelle production du chef-d’Ɠuvre puccinien, Madame Butterfly, Ă  l’affiche Ă  l’OpĂ©ra National de Lorraine. La metteur en scĂšne Emmanuelle Bastet signe un spectacle intimiste, d’une grande dĂ©licatesse et sensibilitĂ© et le chef Modestas PitrĂšnas assure la direction musicale de l’orchestre et des chanteurs superbement investis Ă  tous niveaux!

Madame Butterfly Ă©tait l’opĂ©ra prĂ©fĂ©rĂ© du compositeur, « le plus sincĂšre et le plus Ă©vocateur que j’ai jamais conçu », disait-il. Il marque un retour au drame psychologique intimiste, Ă  l’observation des sentiments, Ă  la poĂ©sie du quotidien. Puccini pris par son sujet et son hĂ©roĂŻne, s’est plongĂ© dans l’Ă©tude de la musique, de la culture et des rites japonais, allant jusqu’Ă  la rencontre de l’actrice Sada Jacco qui l’a permit de se familiariser avec le timbre des femmes japonaises !
L’histoire de Cio-Cio-San / Butterfly s’inspire largement du roman de Pierre Loti : Madame ChrysanthĂšme. Le livret est conçu par les collaborateurs fĂ©tiches de Puccini, Giacosa et Illica, d’aprĂšs la piĂšce de David Belasco, tirĂ©e d’un rĂ©cit de John Luther Long, ce dernier inspirĂ© de Loti. Il parle du lieutenant de la marine amĂ©ricaine B.F. Pinkerton qui se « marie » avec une jeune geisha nommĂ© Cio-Cio San (« Butterfly »). Le tout est une farce mais Butterfly y croit. Elle se convertit au christianisme et a un enfant de cette union. Elle sera dĂ©laissĂ©e par le lieutenant qui reviendra avec une femme amĂ©ricaine, sa vĂ©ritable Ă©pouse, pour rĂ©cupĂ©rer son fils bĂątard. Butterfly ne peut que se tuer avec le couteau hĂ©ritĂ© de son pĂšre, et qu’il avait utilisĂ© pour son suicide rituel Hara-Kiri.

 

 

 

Nouvelle Butterfly Ă  Nancy

Éblouissante simplicitĂ©
quand le mélodrame se soumet au drame

 

 

 

Madama-Butterfly nancy emmanuelle bastet Sunyoung Seo  critique opera par classiquenews la nouvelle Butterfly de Nancy opera critique classiquenews ©C2images-pour-l’OpĂ©ra-national-de-Lorraine-9-362x543La mise en scĂšne Ă©lĂ©gante et Ă©purĂ©e d’Emmanuelle Bastet, avec les sublimes dĂ©cors de son collaborateur fĂ©tiche Tim Northon, reprĂ©sente une sorte de contrepoids sobre et dĂ©licat Ă  la musique marquĂ©e par la sentimentalitĂ© exacerbĂ©e de Puccini. Les acteurs-chanteurs sont engagĂ©s et semblent tous portĂ©s par la vision thĂ©Ăątrale pointue et cohĂ©rente de Bastet. Dans ce sens, le couple protagoniste brille d’une lumiĂšre qui dĂ©passe les clichĂ©s auxquels on assigne souvent les interprĂštes des deux rĂŽles. La soprano sud-corĂ©enne Sunyoung Seo est trĂšs en forme vocalement et incarne magistralement , Ăąme et corps, le lustre de son aveuglement, derriĂšre lequel se cachent illusion et dĂ©sespoir. Elle est trĂšs fortement ovationnĂ©e aprĂšs le cĂ©lĂšbre air « Un bel di vedremo ». Le tĂ©nor Edgaras Montvidas est quant Ă  lui un lieutenant Pinkerton tout Ă  fait charmant et charmeur. Le Suzuki de la mezzo-soprano Cornelia Oncioiu se distingue par le gosier remarquable et sa voix Ă  la superbe projection, ainsi que par un je ne sais quoi de mĂ©lancolique et touchant dans son jeu. Le Sharpless du baryton Dario Solaris sĂ©duit par la beautĂ© du timbre et la maĂźtrise exquise de sa voix. Les nombreux rĂŽles secondaires agrĂ©mentent ponctuellement la reprĂ©sentation par leurs excellentes performances, que ce soit le Goro vivace et rĂ©actif de Gregory Bonfatti ou le passage grave et intense de la basse Nika Guliashvili en oncle Bonze.

Madama-Butterfly nancy opera montvideas pinkerton critique opera classiquenews ©C2images-pour-l’OpĂ©ra-national-de-Lorraine-1-362x241Le choeur de l’OpĂ©ra National de Lorraine sous la direction de Merion Powell est Ă  la hauteur des autres Ă©lĂ©ments de la production. La direction musicale de Modestas PitrĂšnas se prĂ©sente presque comme une rĂ©vĂ©lation. Il a rĂ©ussi Ă  maĂźtriser la rythmique de l’opus et Ă  fait scintiller le coloris orchestral d’une façon totalement inattendue ! S’il y a eu des imprĂ©cisions dans l’exĂ©cution ponctuellement chez les vents, la direction du chef et l’interprĂ©tation de l’orchestre sont tout aussi poĂ©tiques que la mise en scĂšne. Production heureuse d’un sujet malheureux, revisitĂ© subtilement par Emmanuelle Bastet et son Ă©quipe artistique.

 

 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. Nancy. OpĂ©ra National de Lorraine, 23 juin 2019. PUCCINI : Madame Butterfly. Sunyoung Seo, Edagaras Montvidas, Cornelia Oncioiu
 Orchestre symphonique et lyrique de Nancy. Modestas PitrĂšnas, direction. Emmanuelle Bastet, mise en scĂšne. Illustrations : Sunyoung Seo (Cio-Cio-San) © C2images pour l’OpĂ©ra national de Lorraine
 

DVD, critique. PUCCINI : Madama Butterfly (Chailly – Hermanis, dĂ©c 2016 – 1 dvd DECCA).

puccini butterfly hermanis chailly scala dec 2016 critique review dvd critique dvd opera par classiquenews 0044007439821DVD, critique. PUCCINI : Madama Butterfly (Chailly – Hermanis, dĂ©c 2016 – 1 dvd DECCA). DĂ©cembre 2016 sur la scĂšne scaligĂšne (de la Scala Ă  Milan), le nouveau directeur musical poursuit son intĂ©grale Puccini, avec Butterfly, aprĂšs La Fanciulla del West
 Choisir la version originale critique de 1904 (crĂ©ation de l’Ɠuvre) est un argument prometteur. Evidemment Chailly fait du Chalilly : direction engagĂ©e, ardente, hautement dramatique, mais peu dĂ©monstrative et boursouflĂ©e : une qualitĂ© chez le compositeur. Les dĂ©tails, la couleur scintillent d’une façon cinĂ©matographique, mĂȘme si du coup, livret oriignal oblige, certaines scĂšnes ont perdu la force et l’efficacitĂ© expressive de ce qui a Ă©tĂ© affinĂ© par la suite. Le profil de la geisha y semble moins subtil, parfois caricatural, Ă  la maniĂšre d’une carte postale ou d’une schĂ©matisation creuse, un rien artificielle. La musique est juste mais perd en souffle. En partie Ă  cause de rĂ©citatifs trop dĂ©veloppĂ©s qui ralentissent l’action, et affadissent la caractĂ©risation des protagonistes. Le couple Butterfly / Pinkerton (Siri / Hymel) reste engagĂ©, mais vocalement limitĂ©, et Ă©motionnellement trop lisse et rĂ©pĂ©titif. Ce qui nuit Ă  la vraisemblance de l’histoire
 un rien minaudante et anecdotique dans sa version originelle ainsi dĂ©voilĂ©e. Alvarez se distingue en Sharpless ; mĂȘme adhĂ©sion au Goro, impeccable de Carlo Bosi ; et l’on regrette d’autant plus, le format rĂ©duit d’Annalisa Stroppa qui manque sa partie en Suzuki : double, confidente, mĂšre trop faible et presque timorĂ©e aux cĂŽtĂ©s de sa protĂ©gĂ©e Cio-Cio-San.

Il est vrai que visuellement et dramatiquement, la mise en scĂšne d’Hermanis manque elle aussi de cohĂ©rence comme de clartĂ©. Les thĂšmes que dĂ©noncent Puccini : l’esclavage sexuel institutionalisĂ©, la manipulation d’une fillette trop naĂŻve, l’hypocrisie de la prĂ©sence occidentale en Orient
 tout cela est totalement Ă©cartĂ© en une succession de tableaux sans profondeur mais bavards et dĂ©corativement (trop) aguicheurs. Production insatisfaisante, surtout pour la Scala.

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DVD, critique. PUCCINI : Madama Butterfly (Chailly – Hermanis, dĂ©c 2016) – 1 dvd DECCA.

Cio-Cio San : Maria José Siri
Suzuki : Annalisa Stroppa
Kate Pinkerton: Nicole Brandolino
Pinkerton : Bryan Hymel
Sharpless : Carlos Alvarez
Goro : Carlo Bosi
Il Bonzo : Abramo Rosalen
Il Principe Yamadori : Costantino Finucci
Il Commissario Imperiale : Gabriele Sagona

Orchestre et ChƓurs du Teatro alla Scala
Riccardo Chailly, direction

Milan, Teatro alla Scala, tournage réalisé en décembre 2016
Mise en scĂšne : Alvis Hermanis
Scénographie : Alvis Hermanis et Leila Fteita
Dramaturgie : Olivier Lexa

Ermolena Jaho, bientĂŽt diva acclamĂ© d’Orange ?

DIVA D’ÉTÉ. Ermonela Jaho
 la diva dont on parle. Certains en France ne la connaissent pas encore vraiment : Ermonela Jaho, nĂ© en Albanie en 1974. Sa prochaine performance en Cio Cio San dans Madama Butterly de Puccini Ă  Orange (9 et 12 juillet 2016, sous la direction de l’excellent Mikko Franck, actuel directeur musical du Philharmonique de Radio France) pourrait bien ĂȘtre une opportunitĂ© pour se faire connaĂźtre du grand public et des mĂ©lomanes en gĂ©nĂ©ral.

 

 

ERMONELA JAHO, une CIO CIO SAN ATTENDUE

 

 

Ermolena Jaho chante Butterfly Ă  Orange

 

 

Pourtant la soprano albanaise s’est dĂ©jĂ  produite aux ChorĂ©gies d’Orange (MichaĂ«la dans Carmen en 2008 c’était elle). Ermonela Jaho connaĂźt bien le rĂŽle de la jeune geisha trompĂ©e sacrifiĂ©e et finalement suicidaire : elle l’a chantĂ© dĂšs 2015 Ă  l’OpĂ©ra Bastille dans la mise en scĂšne de Bob Wilson.  Une vision pourtant statique, et peut-ĂȘtre trop distanciĂ©e qui n’a pas empĂȘchĂ© la diva d’exprimer avec une rare intensitĂ© la jeunesse, la douceur, la tendresse dĂ©sarmante d’une amoureuse sincĂšre Ă  laquelle le monde des hommes ment en permanence
 Car c’est une jeune femme, adolescente encore (16 ans)
. comme Manon Lescaut (de Puccini, un rĂŽle qu’elle vient d’aborder en avril 2016 Ă  Munich) ou encore La Traviata (Violetta ValĂ©ry), autant d’hĂ©roĂŻnes tragiques et irrĂ©sistibles Ă  l’opĂ©ra, qui sont de trĂšs jeunes idoles.  Le chant tout en ciselure et finesse vocale devrait convenir Ă  la soprano particuliĂšrement exposĂ©e les 9 et 12 juillet prochains : un nouveau dĂ©fi dans sa carriĂšre, et certainement une revanche Ă  prendre pour celle Ă  qui on avait dit qu’elle y laisserait sa voix. Pourtant aprĂšs les Tebaldi, Scotto, Freni
 Ermonela Jaho ne s’en laisse pas compter et chante toujours en 2016, un rĂŽle taillĂ© pour elle; un rendez vous Ă  ne pas manquer cet Ă©tĂ© 2016 Ă  Orange.

 

AprĂšs Cio CIo San, Ermonela Jaho revient Ă  Paris, OpĂ©ra Bastille, pour y chanter Antonio des Contes d’Hoffmann (3-27 novembre 2016). Rappelons que la soprano albanaise a fait ses dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra Bastille dans La Traviata en 2014 dĂ©jĂ .

 

Applaudir aux ChorĂ©gies d’Orange, ThĂ©Ăątre Antique, les 9 puis 12 juillet 2016, 21h.
ECOUTER : sur France Musique le 12 juillet 2016, dĂšs 20h30; en direct d’Orange
VOIR : sur France 5 et culturebox, le 13 juillet 2016, 20h30

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation complĂšte de “Geisha  tragique, Madama Butterfly Ă  Orange avec Ermolena Jaho, soprano

 

 

 

 

Ermonela Jaho chante Madame Butterfly sur France 5

pucciniFRANCE 5. Le 13 juillet 2016, 20h55. Mikko Franck dirige Madama Butterfly de Puccini, aux ChorĂ©gies d’Orange.  Un Ă©vĂ©nement suffisamment important pour ĂȘtre diffusĂ© en direct sur France 3, France 5 et culturebox simultanĂ©ment. Il est vrai que le chef finnois sait embraser un orchestre, insufflant une puissance irrĂ©sistible sans jamais sacrifier la ciselure instrumentale : une attention parfaite d’autant plus adaptĂ©e Ă  la palette orchestrale du Puccini, immense orchestrateur dont les couleurs et les atmosphĂšres, dans Madama Butterfly ou dans Turandot (son autre opĂ©ra oriental, mais celui-ci se dĂ©roulant en Chine) Ă©galent les meilleurs peintres de son temps. Madame Butterfly, l’opĂ©ra japonais de Giacomo Puccini fait les beaux soirs du ThĂ©Ăątre antique d’Orange, par l’Orchestre philharmonique de Radio France, accompagnĂ© des chƓurs des opĂ©ras d’Avignon, Nice et Toulon sous la direction de l’excellent Mikko Franck, – chef charismatique taillĂ© pour le souffle lyrique et qui a prĂ©cĂ©demment marquĂ© les esprits Ă  Orange dĂ©jĂ , dans une Tosca (du mĂȘme Puccini), Ă  la fois grandiose et psychologique. Nagasaki, 1904. Un jeune officier amĂ©ricain de passage, Benjamin Franklin Pinkerton Ă©pouse une geisha de quinze ans, Cio-Cio-San (en japonais « Madame Papillon »). Simple divertissement exotique ou parodie nuptiale sans consĂ©quence pour lui, le mariage est pris trĂšs au sĂ©rieux par la jeune Japonaise. D’autant qu’aprĂšs la cĂ©rĂ©monie, Cio Cio San tombe rapidement enceinte
 mais l’insouciant jeune officier repart en AmĂ©rique. EspĂ©rant son retour, elle lui reste fidĂšle et refuse de nombreuses propositions de mariage. Trois ans plus tard, Pinkerton revient au Japon avec sa nouvelle Ă©pouse amĂ©ricaine. Quand Cio-Cio-San comprend la situation, – Pinkerton est mĂ©rite Ă  une autre et l’a donc tout simplement abandonnĂ©e, elle leur abandonne son enfant et se donne la mort par jigai en se poignardant.

 

 

 

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Dans le rĂŽle-titre de la tragique et bouleversante geisha, la soprano albanaise Ermonela Jaho incarne les blessures d’une hĂ©roĂŻne sacrifiĂ©e ; en elle, se cristallise les contradictions d’une sociĂ©tĂ© conquĂ©rante au fort parfum colonialiste, s’autorisant ainsi ce qui pourrait ĂȘtre assimilĂ© Ă  de la prostitution organisĂ©e ou au tourisme sexuel
 l’officier amĂ©ricain prend du bon temps sans penser Ă  consĂ©quence ; c’est pourtant tout un destin qui se joue pour la jeune femme. Le jeune tĂ©nor Brian Hymel chante la partie de l’officier amĂ©ricain Pinkerton. Rares les chefs capables de finesse orientaliste, et sous la couleur exotique, de profondeur psychologique. La sincĂ©ritĂ© du rĂŽle de Butterfly, la vĂ©ritĂ© qui Ă©mane de façon bouleversante de la fameuse scĂšne de son suicide est l’un des temps forts de l’opĂ©ra italien parmi les plus intenses jamais Ă©crits pour la scĂšne. Avec LiĂč (Turandot), Mimi (La BohĂšme), Cio Cio San Ă©claire dans l’écriture de Puccini, ce souci de vĂ©ritĂ© psychologique dĂ©diĂ© aux femmes spĂ©cifiquement, figures angĂ©liques et tragiques et sacrifiĂ©es mais d’une grandeur morale sans pareille. La soirĂ©e du mercredi 13 juillet 2016 est le temps fort des ChorĂ©gies d’Orange 2016.

France 5, en direct d’Orange. Puccini : Madame Butterfly. Mercredi 13 juillet 2016 sur France 5 à 20h30 et sur culturebox.fr/choregies

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 Au cours de l’étĂ© 1900, Puccini tombe en admiration devant la piĂšce de David Belasco, Madame Butterfly, adaptĂ©e d’une nouvelle de John Luther, plagiat du roman de Pierre Loti, Madame ChrysanthĂšme. Les librettistes attitrĂ©s de Puccini, Illica et Giacosa, transposent pour la scĂšne lyrique, ce drame exotique. Le compositeur tenait à un drame en deux actes, mais Giacosa Ă©tait persuadĂ© qu’une articulation en trois actes Ă©tait prĂ©fĂ©rable. L’opĂ©ra fut prĂ©sentĂ© en deux actes Ă  la Scala de Milan en fĂ©vrier 1904. Ce fut un Ă©chec retentissant pour Puccini. L’Ɠuvre disparut, dĂ©truite par la critique. Puccini tint compte nĂ©anmoins des avis exprimĂ©s et des rĂ©serves des auditeurs ; il remania son opĂ©ra en trois actes et le prĂ©senta dans sa version revisitĂ©e en mai 1904 Ă  Brescia. Dans sa seconde version, l’ouvrage connut cette fois un triomphe qui n’a jamais faibli.

France 5 et culturebox le 13 juillet 2016 — en direct d’Orange sur France Musique, mardi 12 juillet 2016, 20h30. Puccini : Madame Butterfly. DurĂ©e : 2h20mn- PrĂ©sentation : Claire Chazal – Direction musicale : Mikko Franck – Mise en scĂšne : Nadine Duffaut – ScĂ©nographie : Emmanuelle Favre

A voir ensuite sur France 3, deux soirĂ©es spĂ©ciales consacrĂ©es aux ChorĂ©gies d’Orange avec notamment la diffusion du Requiem de Verdi et de La Traviata de Verdi.

Ermonela Jaho
 la diva dont on parle. Certains en France ne la connaissent pas encore vraiment : Ermonela Jaho, nĂ© en Albanie en 1974. Sa prochaine performance en Cio Cio San dans Madama Butterly de Puccini Ă  Orange (9 et 12 juillet 2016, sous la direction de l’excellent Mikko Franck, actuel directeur musical du Philharmonique de Radio France) pourrait bien ĂȘtre une opportunitĂ© pour se faire connaĂźtre du grand public et des mĂ©lomanes en gĂ©nĂ©ral.

 

 

ERMONELA JAHO, une CIO CIO SAN ATTENDUE

 

 

Ermolena Jaho chante Butterfly Ă  Orange

 

 

Pourtant la soprano albanaise s’est dĂ©jĂ  produite aux ChorĂ©gies d’Orange (MichaĂ«la dans Carmen en 2008 c’était elle). Ermonela Jaho connaĂźt bien le rĂŽle de la jeune geisha trompĂ©e sacrifiĂ©e et finalement suicidaire : elle l’a chantĂ© dĂšs 2015 Ă  l’OpĂ©ra Bastille dans la mise en scĂšne de Bob Wilson.  Une vision pourtant statique, et peut-ĂȘtre trop distanciĂ©e qui n’a pas empĂȘchĂ© la diva d’exprimer avec une rare intensitĂ© la jeunesse, la douceur, la tendresse dĂ©sarmante d’une amoureuse sincĂšre Ă  laquelle le monde des hommes ment en permanence
 Car c’est une jeune femme, adolescente encore (16 ans)
. comme Manon Lescaut (de Puccini, un rĂŽle qu’elle vient d’aborder en avril 2016 Ă  Munich) ou encore La Traviata (Violetta ValĂ©ry), autant d’hĂ©roĂŻnes tragiques et irrĂ©sistibles Ă  l’opĂ©ra, qui sont de trĂšs jeunes idoles.  Le chant tout en ciselure et finesse vocale devrait convenir Ă  la soprano particuliĂšrement exposĂ©e les 9 et 12 juillet prochains : un nouveau dĂ©fi dans sa carriĂšre, et certainement une revanche Ă  prendre pour celle Ă  qui on avait dit qu’elle y laisserait sa voix. Pourtant aprĂšs les Tebaldi, Scotto, Freni
 Ermonela Jaho ne s’en laisse pas compter et chante toujours en 2016, un rĂŽle taillĂ© pour elle; un rendez vous Ă  ne pas manquer cet Ă©tĂ© 2016 Ă  Orange.

 

AprĂšs Cio CIo San, Ermonela Jaho revient Ă  Paris, OpĂ©ra Bastille, pour y chanter Antonio des Contes d’Hoffmann (3-27 novembre 2016). Rappelons que la soprano albanaise a fait ses dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra Bastille dans La Traviata en 2014 dĂ©jĂ .

 

 

 

 

Madama Butterfly Ă  Tours

pucciniTours, OpĂ©ra. Puccini : Madama Butterfly. Les 7,9,11,13 octobre 2015. Familier de l’OpĂ©ra de Tours, le metteur en scĂšne Alain Garichot s’empare de la tragĂ©die amoureuse qui met en scĂšne la jeune japonaise Cio-Cio-San, abandonnĂ©e par son Ă©poux rĂ©cemment rencontrĂ©, l’officier amĂ©ricain (Pinkerton), mais la jeune femme dĂ©soeuvree se voit contrainte au suicide par son sens de l’honneur, car le bel Ă©tranger qui l’avait Ă©pousĂ©e sans y croire, reparaĂźt Ă  Nagazaki mais au bras de sa vĂ©ritable Ă©pouse amĂ©ricaine … Madama Butterfly est un drame exotique qui passionna Puccini. La force du sentiment exprimĂ© dĂ©passe le fait divers.  AprĂšs l’extase amoureuse et l’ivresse sensorielle d’un mariage de pacotille auquel elle est seule Ă  croire sincĂšrement, Cio Cio San bientĂŽt enceinte, est condamnĂ©e Ă  l’abandon et Ă  l’attente… solitude, dĂ©sespoir, trahison, humiliation sont les Ă©tapes d’un cƓur juvĂ©nile et tendre qui avait cru Ă  la sincĂ©ritĂ© des sentiments Ă©changĂ©s avec l’Ă©poux Ă©tranger…
Exotique, l’opĂ©ra de Puccini Ă©carte les ficelles et les clichĂ©s d’un orientalisme anecdotique ou simplement dĂ©coratif : comme Turandot, autre drame extrĂȘme oriental (qui se dĂ©roule en Chine et qu’il laissera inachevĂ©), Puccini Ă©labore un langage orchestral inouĂŻ par son raffinement instrumental et ses harmonies imprĂ©vues, aussi moderne et colorĂ© que les partitions de Ravel et Debussy.
La force poignante de Butterfly, tragĂ©die intime dessine une gĂ©ographie personnelle et pudique que Puccini exprime avec une sensibilitĂ© inĂ©dite Ă  l’opĂ©ra. De sorte que grĂące Ă  la musique, l’Ă©pisode devient drame universel. Les vertiges de la jeune japonaise atteignent convulsions et grandeur des hĂ©roĂŻnes du grand opĂ©ra. OpĂ©ra Ă©vĂ©nement Ă  Tours et qui inaugure la nouvelle saison lyrique 2015-2016 du thĂ©Ăątre tourangeau.

voix-humaine-anne-sophie-duprels-tours-opera-classiquenews-copyright-2015Pourquoi ne pas manquer cette production de Butterfly Ă  Tours ? Pour la direction toujours cohĂ©rente, dramatique et dĂ©taillĂ©e de Jean-Yves Ossonce, le travail du metteur en scĂšne Alain Garichot toujours clair et respectueux de la partition, et dans le rĂŽle-titre, la soprano intense et fine musicienne Anne-Sophie Duprels, que les tourangeaux avaient pu dĂ©couvrir la saison derniĂšre dans la production mĂ©morable de La Voix humaine, couplĂ©e Ă  l’Heure espagnole… (Voir le reportage vidĂ©o : La Voix humaine et L’Heure espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours). Illustration : Anne-Sophie Duprels dans La Voix Humaine de Cocteau / Poulenc Ă  l’OpĂ©ra de Tours en avril 2015.

 

 

 

boutonreservationTours, Opéra. Puccini : Madama Butterfly
4 représentations à ne pas manquer
Mercredi 7 octobre 2015 – 20h00
Vendredi 9 octobre – 20h00
Dimanche 11 octobre – 15h00
Mardi 13 octobre – 20h00

 

 

Billetterie, ouverte du mardi au samedi : 10h-12h, 13h-17h45
02 47 60 20 20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Production Opéra de Tours
DĂ©cors, costumes et accessoires rĂ©alisĂ©s dans les ateliers de l’OpĂ©ra de Tours

 

 

 

Tragédia giapponese en trois actes
Livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa
Création le 17 février 1904 à Milan
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Alain Garichot
DĂ©cors : Denis Fruchaud
Costumes : Claude Masson
LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Cio-Cio-San : Anne-Sophie Duprels
Suzuki : Delphine Haidan
Kate Pinkerton : Pascale Sicaud Beauchesnais
F. B. Pinkerton : Avi Klemberg *
Sharpless : Jean-SĂ©bastien Bou
Goro : Antoine Normand
Oncle Bonze : Luc Bertin-Hugault *
Commissaire : Ronan Nédélec

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires

Présenté en italien, surtitré en français
* dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra de Tours

 

 

 

Conférence Madama Butterfly de Puccini
Samedi 3 octobre 2015,  14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

Compte rendu, opĂ©ra. Lille. OpĂ©ra de Lille, le 2 juin 2015. Puccini : Madama Butterfly. Serena Farnocchia, Merunas Vitulskis, Armando Noguera
 Orchestre National de Lille. Antonino Fogliani, direction. Jean-François Sivadier, mise en scĂšne.

Fin de saison passionnante Ă  l’OpĂ©ra de Lille ! La premiĂšre mise en scĂšne lyrique de Jean-François Sivadier revient Ă  la maison qui l’a commandĂ©e il y a plus de 10 ans. Il s’agĂźt de Madama Butterfly de Giacomo Puccini. Antonino Fogliani dirige l’Orchestre National de Lille et une excellente distribution de chanteurs-acteurs, avec atout distinctif, Armando Noguera reprenant le rĂŽle de Sharpless qu’il a crĂ©Ă©e en 2004.

 

Butterfly lilloise, de grande dignité

butterfly opera de lille sivadier critique compte rendu classiquenewsMadama Butterfly Ă©tait l’opĂ©ra prĂ©fĂ©rĂ© du compositeur, « le plus sincĂšre et le plus Ă©vocateur que j’aie jamais conçu », disait-il. Il marque un retour au drame psychologique intimiste, Ă  l’observation des sentiments, Ă  la poĂ©sie du quotidien. Puccini pris par son sujet et son hĂ©roĂŻne, s’est plongĂ© dans l’Ă©tude de la musique, de la culture, des rites japonais, allant jusqu’Ă  la rencontre de l’actrice Sada Jacco qui lui a permis de se familiariser avec le timbre des femmes japonaises ! L’histoire de Madama Butterfly s’inspire largement du roman de Pierre Lotti Madame ChrysanthĂšme. Le livret est le fruit de la collaboration des deux Ă©crivains familiers de Puccini, Giacosa et Illica, d’aprĂšs la piĂšce de David Belasco, tirĂ©e d’un rĂ©cit de John Luther Long, ce dernier directement inspirĂ© de Lotti. Il parle du lieutenant de la marine amĂ©ricaine B.F. Pinkerton qui se « marie » avec une jeune geisha nommĂ©e Cio-Cio San. Le tout est une farce mais Cio-Cio San y croit. Elle se convertit au christianisme et a un enfant de cette union. Elle sera dĂ©laissĂ©e par le lieutenant trop lĂ©ger, qui reviendra avec une femme amĂ©ricaine, sa vĂ©ritable Ă©pouse, pour rĂ©cupĂ©rer son fils bĂątard. Cio-Cio San ne peut que se tuer avec le couteau hĂ©ritĂ© de son pĂšre, et qu’il avait utilisĂ© pour son suicide rituel Hara-Kiri.

Ce soir, un trĂšs grand public a accĂšs Ă  la tragĂ©die puccinienne, puisque l’opĂ©ra est diffusĂ© en direct et sur grand Ă©cran sur la grande place Ă  l’extĂ©rieur de l’opĂ©ra, mais aussi retransmise sur plusieurs plateformes tĂ©lĂ©visuelles et radiophoniques. Une occasion qui peut s’avĂ©rer inoubliable grĂące aux talents combinĂ©s des artistes engagĂ©s. La Cio-Cio San de la soprano italienne Serena Farnocchia surprend immĂ©diatement par sa prestance, il s’agĂźt d’une geisha d’une grande dignitĂ©, malgrĂ© sa naĂŻvetĂ©. Elle rĂ©ussit au IIĂšme acte,  l’air « Un bel di vedremo », Ă  la fois rĂȘveur et idĂ©alement extatique. Si elle reste plutĂŽt en contrĂŽle d’elle mĂȘme lors du « Che tua madre », l’interprĂšte arrive Ă  y imprimer une profonde tristesse qui contraste avec la complexitĂ© horripilante de son dernier morceau « Tu, tu piccolo iddio ». Le Pinkerton du tĂ©nor Merunas Vitulskis a un beau timbre et il rayonne d’une certaine douceur, d’une certaine chaleur dans son interprĂ©tation, malgrĂ© la nature du rĂŽle. Il est appassionato comme on aime et a une grande complicitĂ© avec ses partenaires. Armando Noguera en tant que Consul Sharpless fait preuve de la sensibilitĂ© et de la rĂ©activitĂ© qui lui sont propres. Aussi trĂšs complice avec ses partenaires, il interprĂšte de façon trĂšs Ă©mouvante le sublime trio du IIIe acte avec Suzuki et Pinkerton « Io so che alle sue pene… ». La Suzuki de Victoria Yarovaya offre une prestation solide et sensible, tout comme Tim Kuypers dans les rĂŽles du Commissaire et du Prince Yamadori, davantage allĂ©chant par la beautĂ© de son instrument. Le Goro de François Piolino est trĂšs rĂ©ussi, le Suisse est rĂ©actif et drĂŽle et sĂ©vĂšre selon les besoins ; il affirme une grande conscience scĂ©nique. Remarquons Ă©galement le Bonze surprenant de Ramaz Chikviladze et la Kate Pinkerton touchante de Virginie Fouque, comme les chƓurs fabuleux de l’OpĂ©ra de Lille sous la direction d’Yves Parmentier.

Mme_Butterfly_plus_petitCette premiĂšre mise en scĂšne de Sivadier prĂ©sente les germes de son art du thĂ©Ăątre lyrique, dont les jalons manifestes demeurent la progression logique et le raffinement sincĂšre de la mĂ©thode qui lui est propre. Ainsi, les beaux dĂ©cors minimalistes de Virginie Gervaise, comme ses fabuleux costumes, ont une fonction purement thĂ©Ăątrale. L’importance rĂ©side dans le travail d’acteur, poussĂ©, ma non troppo ; dans une sĂ©rie de gestes thĂ©Ăątraux, parfois complĂštement arbitraires, qui illustrent l’Ɠuvre et l’enrichissent. Ce travail semble plutĂŽt rechercher l’aspect comique cachĂ© de certains moments qu’insister sur l’expression d’un pathos dĂ©jĂ  trĂšs omniprĂ©sent dans la musique du compositeur dont la soif obsessionnelle des sentiments intenses est une Ă©vidence. Le rĂ©sultat est une production d’une certaine Ă©lĂ©gance, tout en Ă©tant sincĂšre et efficace. Une beautĂ©.

L’Orchestre National de Lille participe Ă  cette sensation de beautĂ© musicale sous la direction d’Antonino Fogliani. Si hautbois ou basson se montrent ici et lĂ , Ă©trangement inaudible, la chose la plus frappante au niveau orchestral reste l’intention de prolonger l’expression des sentiments grĂące Ă  des tempi souvent ralentis. Un bon effort qui a un sens mais qui requiert une acceptation totale et une entente entiĂšre avec les chanteurs, ce qui ne nous a pas paru totalement Ă©vident. Or, la phalange lilloise se montre maĂźtresse de la mĂ©lodie puccinienne, de l’harmonie, du coloris. Les leitmotive sont dĂ©licieusement nuancĂ©s et le tout est une rĂ©ussite gĂ©nĂ©rale. Nous conseillons nos lecteurs Ă  dĂ©couvrir l’oeuvre de Sivadier et la gĂ©niale prestation des interprĂštes, sur les plateformes diverses (internet, radio, tv), ainsi que le 7 juin Ă  l’OpĂ©ra de Lille ou encore les 19, 24 et 26 juin 2015 au Grand ThĂ©Ăątre de Luxembourg.

Londres. Butterfly au ROH Covent Garden

pucciniLondres, ROH, Covent Garden. Puccini : Madama Butterfly. Du 20 mars au 11 avril 2015. La production londonienne est prometteuse. ScĂ©nographiĂ©e par le duo provocateur mais thĂ©Ăątralement toujours abouti, Leiser-Caurier, sous la direction de Nicola Luisotti, voici une lecture du drame de Cio Cio San qui devrait frapper l’audience grĂące entre autres Ă  la distribution apparemment cohĂ©rente : Opolais, Jagde, Viviani, Bosi, Shkosa. En 1904, Puccini aborde la rive japonaise en sachant Ă©viter les imageries caricaturales grĂące Ă  une Ă©criture d’un raffinement harmonique extrĂȘme dont le sens de la couleur et le chromatisme ciselĂ© rĂ©inventent la notion mĂȘme d’orientalisme plus qu’ils ne l’illustrent. Le compositeur renouera avec ce scintillement exotique Ă  l’orchestre presque 20 ans plus tard, Turandot, princesse chinoise crĂ© Ă  Milan en 1926, Ă  titre posthume…
A Nagasaki, si l’officier amĂ©ricain Pinkerton (tĂ©nor) se marie avec la geisha Cio Cio San dite aussi Butterfly (soprano), il vit tout cela comme un jeu sans consĂ©quence. C’est pourtant dans l’esprit de la jeune femme, un mariage rĂ©el dont naĂźt rapidement un garçon : Puccini, comme Massenet Ă  son Ă©poque, exploite les forces et mouvements contradictoires. FacĂ©tie insouciante de l’amĂ©ricain, chant tragique et solitaire puis suicidaire et dĂ©sespĂ©rĂ© de Cio Cio San. Le compositeur renforce par l’orchestre la psychologie des personnages, en particulier la figure de la geisha dont les relations avec ses semblables sont complexes et nettement dĂ©favorables. Jeune prostituĂ©e, elle inspire l’exclusion. C’est la solitude de plus en plus accablante pour l’hĂ©roĂŻne, et son abandon / trahison par Pinkerton qui achĂšvent toute rĂ©sistance. Au final, Cio Cio San n’a jamais existĂ© et son fils est mĂȘme repris par la femme vĂ©ritable de Pinkerton… La vraie revanche de Butterfly reste le chant orchestral exceptionnellement raffinĂ© que lui rĂ©serve Puccini qui n’a jamais semblĂ© plus inspirĂ© par une figure fĂ©minine. Ni Tosca, ni Turandot ni mĂȘme Mimi, ne semblent doublĂ©es par un orchestre aussi raffinĂ©, harmoniquement miroitant, d’une texture scintillante aussi sophistiquĂ©e que Ravel ou Debussy.

boutonreservationMadame Butterfly de Puccini au Royal Opera House de Covent Garden, Londres
8 représentations : les 20,23,28,31 mars puis 4,6,9 et 11 avril 2015
Production déjà présentée en 2011
Nicola Luisotti, direction
Patrice Caurier et Moshe Leiser, mise en scĂšne